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administrateur théâtres

L’émotion est déjà sur le qui-vive quand  l’orchestre dirigé par Cyril Englebert, salue respectueusement le public avant de se mettre à jouer. Délicate attention ou respect ressenti pour l’auteur du personnage de Manon, la délicieuse grisette condamnée par la société, qui eut le malheur de savoir se donner?

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Entre opéra-comique et drame sentimental, la « Manon Lescaut » (1856)  de Daniel-François-Esprit Auber, celui qui écrivit aussi La Muette de Portici, est une œuvre rarement jouée de nos jours. C’est la dernière  production et la seule œuvre du compositeur se terminant  de façon tragique. Le livret se base sur la très profane œuvre de l’abbé Prévost, jugée scandaleuse à l’époque : l'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut qui fait partie Mémoires et Aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde (7 volumes, rédigés de 1728 à 1731). Ce joyau romantique aux immenses qualités humaines  emporte l’imaginaire et  a créé une légende intemporelle de la condition humaine qui inspirera encore Jules Massenet (1884) et Puccini (1893).

manon_lescaut_site_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-15.jpg?itok=rvYXcg2CEn 1830 apparaît un ballet-pantomime en trois actes de Jean-Pierre Aumer,  sur une musique composée par Jacques-Fromental Halévy. Cette œuvre insiste fortement  sur la légèreté et la frivolité de la dame. Le livret  d’Eugène Scribe utilisé par Daniel Auber gommera ces aspects et ajoutera un couple modèle de la bonne société bourgeoise de l’époque : Marguerite et Gervais qui représentent des valeurs morales édifiantes. Ils gagnent leur vie honnêtement et souscrivent aux valeurs familiales du 19e siècle. «Il faut, prudente et sage, devenir une femme de ménage » ! « Le ciel récompense la sagesse, le travail et l’amour ! »  Un rôle en or pour le beau timbre de l’excellente Sabine Conzen, toute en finesse, en fraîcheur et en spontanéité. Le ténor Enrico Casari interprète un Des Grieux  très juvénile.

 

A la fois grave et légère, l’écriture orchestrale est  très équilibrée et dirigée de façon très  souple et pétillante par le jeune chef Cyril Englebert. Il est même des moments où les yeux, quittant les protagonistes,  se portent vers la fosse de l’orchestre et la baguette du maître tant la musique souligne avec charme les sentiments qui se jouent sur scène. Le jeu des différents pupitres est précis et élégant …. Complètement dix-huitième!   Le travail des bois est admirable, la harpe émerge avec grâce pour célébrer l’union mystique dans le désert, la contrebasse inquiète cerne les dernières pulsations avant la mort de la belle.  

 Dans le rôle-titre, comme il  se doit, une voix de soprano colorature,  mais moins épanouie, moins charnue que ce que l’on pourrait rêver, sans doute à cause de la difficulté de la  diction française pour une jeune asiatique. Si la sentimentalité est quelque peu retenue par le masque poli du sourire, la technique des vocalises volatiles est superlative dans les cinq solos qui se  fondent en  chants d’oiseaux en délire: de la grive à la fauvette des jardins, en passant par les  timbres ludiques  du rossignol. La Manon interprétée par la coréenne Sumi Jo est peu passionnée ou voluptueuse, mais accroche par une technique d’acier trempé! Très malicieuse dans l’air des éclats de rires.  La dernière scène où Manon, changeant d’hémisphère, est  sauvée d’un tigre sauvage par Des Grieux, est splendidement interprétée. Elle est anéantie par le ciel en feu et meurt de soif dans un désert en Louisiane. Elle implore Dieu pour qu’il jette sur le couple un regard favorable «  Tu fis du repentir la vertu favorable, pardonne-nous! »  Vêtue  de la robe de mariée  de Marguerite, elle attendra son compagnon d’éternité au ciel, « Comme un doux rêve, ce jour s’achève… » murmure-t-elle sans pathos, toute à la volupté de l’amour et à l’art de la chanson.  Elle a cessé de vivre ici-bas, c’est ce que semble nous dire l’image de son corps épanché comme une larme sur la gravure d’une carte de la Louisiane en page de garde d’un immense livre ouvert vers le ciel. Un tableau inoubliable.

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Quelques frustrations cependant pour les textes parlés : la distribution pèche un peu par la disparité des  accents sauf bien sûr celui de Roger Joachim qui installe un  fieffé Lescaut, cousin de Manon,   joueur et profiteur, très fier en jambes et en voix. Le deuxième solo, lourd d’émotion,  du Marquis D’Harpigny (Wiard Witholt) est bien sombre et menaçant, enfermant la pauvrette dans un chantage crapuleux et machiste. La gargotière, haute en coiffure, Madame Bancelin, est interprétée avec superbe par Laura Balidemaj et pose le décor social. Très beau réalisme des costumes signés Giovanna Fiorentini. Les Chœurs de l’Opéra royal de Wallonie  sont dirigés par Pierre Iodice. Ils mettent bien en valeur la hargne des foules avides de boucs émissaire, alors que le marquis, succombant aux blessures infligées par Des Grieux, a pardonné aux amants.

La mise en scène très habile de Paul-Emile Fourny et les décors de Benoit Dugardyn  réussissent à capter l’éternité de la légende de Manon, car le point de départ  est une superbe bibliothèque 19 ème   sous des arcades de style Eiffel, fréquentée par des collégiens 20 ème   en uniformes que l’on dirait anglais, penchés sur  quelques portables 21 ème dans la salle de lecture antique, tandis que d’autres fouillent les rayons à la recherche d’un livre 18ème . Quelques meubles vont et viennent, l’action se trame, la Louisiane apparaît et l’histoire se clôt sur la vision de cette jeune  étudiante éternelle qui remet délicatement dans les rayons le livre de l’abbé Prévost.

Au retour, résisterez-vous à l’envie de  fouiller votre propre bibliothèque et d’exhumer l’édition de vos années d’adolescence en format poche N°460 présenté par Pierre Mac Orlan?

DIRECTION MUSICALE : Cyril EnglebertMISE EN SCÈNE : Paul-Emile FournyCHEF DES CHŒURS : Pierre IodiceARTISTES : Sumi Jo, Wiard Witholt, Enrico Casari, Roger Joakim,Sabine Conzen, Laura Balidemaj, Denzil Delaere, Patrick Delcour

NOMBRE DE REPRÉSENTATIONS : 5 DATES : Du mardi, 12/04/2016 au mardi, 19/04/2016

 http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/manon-lescaut

Et  le live, dès le 15 avril sur Culturebox : http://culturebox.francetvinfo.fr/festivals/opera-royal-de-wallonie-liege/manon-lescaut-d-auber-opera-royal-de-wallonie-237369

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Envie de créer du nouveau

Ponctuellement, le printemps
Prenant place dans la Nature,
Ranime la vie qui perdure
Mais à un rythme bien trop lent.

On le surnomme Renouveau
Il restaure, n'invente guère.
Chaque saison à sa manière,
Offre de fascinants tableaux.

Le jamais vu avant surprend.
C'est du nouveau que l'on découvre,
Une géode que l'on ouvre,
De l'amour, le commencement.

Voudrais inventer du nouveau,
M'étourdir en cette aptitude.
Je m'étiole en mes habitudes.
Ce sont celles de mon cerveau.

13 avril 2016

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administrateur partenariats

Retour vers le futur...

1980, je termine mon régendat en arts plastiques. Toute la vie est devant moi.

Durant ces 3 années d’études, un professeur, Pauline Claude, une dame d’une cinquantaine d’année, célibataire, un peu « vieille France » , éthique,  très à cheval sur les convenances, mais dynamique nous transmettait avec passion , à nous, la bande de jeunes rebelles de 20 ans, tout ce qu’une artiste complète et passionnée peut donner.

Tout y passait : aquarelle, huile, peinture sur soie, terre cuite, patines , moulages, toutes les techniques de pochoir, batik, shibori, la gravure, tout ce qu’elle pratiquait avec art et excellence.

De 1980 à 1985, je pratique alors l’huile et la peinture sur soie.

J’enseigne aussi, bien sûr, et dans mes temps libres, j’expose dans les nombreuses foires artisanales typiques de ces années 80, en ces temps oubliés quand le pouvoir d’achat était encore fort et l’art vénéré, mes foulards et écharpes en soie avec succès, toutes mes productions comme des écrins au cou des femmes élégantes qui craquent devant la matière noble et les couleurs chatoyantes de ma palette.

Puis vient le déclin de l’artisanat, et ma vie de femme et d’épouse, de femme et de mère, de femme et de chimères.

Tout au long de ma vie, je garde la nostalgie de la magie de la peinture fusant sur la soie délicate, freinée dans son élan gourmand par le trait de serti, implacable barrière de gutta transformant la flaque colorée insoumise en une forme strictement élégante, de la brillance de la soie sortant de l’autoclave, une fois fixée, et des mille reflets naissant de la lumière sur le tissus fluide…

2015. Une envie de réaliser un rêve.

Revivre à nouveau ces sensations, je les connais, je n’ai rien oublié.

Je me renseigne , achète la base, quelques teintes qui ont changé de nom, un matériel hors de prix,  désenchantement.

Tombée dans l’oubli, la technique se fait rare, les fixations de la soie incertaines, envoyer les productions loin, dans un délai incertain, la crainte s’installe. Mes recherches sont vaines, je ne trouverai pas le matériel nécessaire, je devrai me contenter de maigres créations.

Un mois se passe…

Un matin, un mail envoyé par une inconnue.

"Ma maman est décédée il y a quatre ans, mon père vient de faire son deuil. Il me charge de vendre tout le matériel de maman. Nous ne savons qu’en faire. Des caisses et des caisses de matériel. …J’ai trouvé votre mail en cherchant sur internet une personne qui pourrait être intéressée… C’est vous, c’est pour vous. Maman était une artiste comme vous, et du ciel là-haut, je sais qu’elle vous a choisie… Venez et emportez tout…Faites revivre tout ce qu’elle faisait."

Emue, je suis partie quelques jours après, loin, à 150km de ma maison, un matin.

Avec une somme qui me semblait convenir, afin d’honorer avec respect un matériel précieux aux yeux du souvenir.

Une émotion, la découverte de caisses ouvertes au fur et à mesure, une profusion de tout ce que je cherche, et une tonne de secrets artistiques, une myriade  de petits bonheurs accumulés au fil du temps, la vie et l’âme d’une artiste passionnée qui n’est plus.

Et le départ, avec ces trésors partant vers une nouvelle vie.

Un ange veillait...

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Je me demande si…oui, je sais où elle habitait.

"Allo ???  Mademoiselle Claude ? C’est Liliane Magotte !"

35 ans à rattraper, des heures de téléphone, une personne de 86 ans en pleine forme.

Mademoiselle Claude, vous avez fait de moi l’artiste que je suis. Vous m’avez transmise tout ce que je sais, je suis devenue vous.

Demain, je l’attendrai sur le quai de la gare.

Elle viendra me voir, voir mes créations, et nous parlerons du temps passé, du bon temps, et nous serons l’espace d’un instant heureuses.

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Mademoiselle Claude fut inquiète de la lettre que je lui remis.

C'est pour vous, lui dis-je, que je l'ai écrite.

Elle craignait surtout l'émotion.

Elle fut émue.

C'est mon plus beau cadeau depuis longtemps.

Elle a repris le train, emportant les souvenirs de cette après-midi,

et d'un signe de main qui voulait dire: on se reverra ,

nous nous sommes éloignées en souriant.

Le temps passa...

Juin 2015.


Ce lundi 15 juin à 13.30h,  Mademoiselle Claude m'ouvrit sa porte.

Elle me révéla ses secrets, des milliers de dessins, peintures aquarelles et pastels, des livres japonnais peints avec un pinceau magique et une encre plus noire que le charbon, dédiés aux paysages bretons où elle séjourne régulièrement. La maison regorgeait d'armoires craquantes sous les merveilles croquées au fil du temps. Savamment classées par thème, elles sortaient de leurs tiroirs, respiraient la lumière sous les doigts fébriles de mon ancien professeur. S'ensuivaient alors de longues discussions techniques, et  jamais encore, je n'avais eu ce rare privilège de découvrir les secrets d'atelier d'un peintre de talent. Elle me fit entre autres, découvrir des papiers inconnus, qui ne se trouvent qu'à Paris.

Nous dégustâmes sur un coin de table joliment décorée d'un napperon blanc, au  milieu de centaines d'oeuvres réparties ça et là dans la pièce, tartelettes au citron meringuées et un miroir au chocolat qui me fit rendre l'âme de plaisir gustatif.

Les yeux éblouis de subtiles couleurs et l'âme en ébullition de tant de créativité là exposée, je repartis longtemps après l'heure que nous avions convenue, avec une seule idée en tête: revenir, car mademoiselle Claude a décidé de m'apprendre ... une technique que je ne connais pas !

Juillet 2015.

12273094874?profile=originalJ'ai acheté ce fameux pinceau japonnais

et je m'inspire d'estampes japonaises,

je croque, je croque ...

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A très bientôt pour ma prochaine rencontre avec mon ancien professeur !

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administrateur littératures

12273165693?profile=originalhttp://www.edilivre.com/raconte-moi-mozart-1e74d412a7.html

  Alpes-de-Haute-Provence, printemps 2012, à l'approche de Pâques. Au terme de sa vie, Oscar, personnage grincheux, critique, détesté de tous, n'a certainement pas besoin de faire le point: le monde, c'est lui! Il n'a que faire des autres. Mais un petit événement, bien singulier, le chamboule soudain: elle est blonde, se prénomme Juliette, n'a que sept ans, tout l'avenir devant elle. Pourrait-il à 75 ans subitement s'ouvrir? Changer du tout au tout? Une chance sur un million...

  Cinquième roman de Thierry-Marie Delaunois, "Raconte-moi Mozart..." nous entraîne sur les rives de la Durance, où s'éveillent soudain les consciences face à un grave danger menaçant la région entière: un fragment d'astéroïde fou fonce droit sur la terre... Oscar et Juliette échapperont-ils à l'apocalypse?

  Né en 1959, Thierry-Marie Delaunois est à présent l'auteur de cinq romans et d'un recueil de textes (nouvelles et poésies) intitulé "Au fil d'Isis". Egalement chroniqueur, il publie ses ressentis sur ses lectures sur son site web, là où on peut aussi découvrir de courts textes toujours inédits.

  Un extrait de "Raconte-moi Mozart..."? Accrochez-vous:

  "Le monde dans lequel il évoluait? D'une absurdité sans pareille selon lui, quasi un cas de jurisprudence et encore! D'une complexité de lois et de sentiments dépassant l'entendement, un véritable enfer! Surtout frayer le moins possible avec le peuple, un peuple impossible à décoder, à comprendre. En ce qui le concernait heureusement tout était clair, la paroi de sa bulle solide. Du plexiglas.

  Se protéger, coûte que coûte, n'avoir que des relations utiles, ne jamais s'impliquer, éviter le plus possible les gens, petits et grands, employés comme ouvriers, tel était le credo d'Oscar soixante-quinze balais né un 11 septembre. Fameuse date mais fallait-il le mentionner?

  Les femmes? Toutes des éléments décoratifs - ou presque-, d'une ineptie illimitée, au verbiage incessant. Il en avait connu une, une seule, cela lui avait suffi. Pour la vie! Bien sûr, elles étaient nécessaires à la reproduction de l'espèce humaine. Sans elles, pas de génération future, il devait donc réfréner ses élans, ne pas exprimer son quasi dégoût de l'autre sexe. Toutes les mêmes à travers les siècles! Il avait fait le tour d'une seule, rapidement compris son intérêt à toutes. Lui se faire harponner? Jamais! Autant se cloîtrer, fermer à clé la porte de sa bulle. Elle était belle, l'humanité, bien souvent un bûcher de vanités..."

  NB: Mais rassurez-vous, chers lecteurs, Oscar changera au contact de Juliette...

Raconte-moi Mozart..., Thierry-Marie Delaunois, Edilivre Aparis, novembre 2013, livre papier et format numérique.

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SAISONS...

 Un rien mièvre...

Inconsistant!

Perclus de fièvre

Bouquet de printemps!

Beaucoup trop chaud

Le creux de l'été

Dans ciel au beau

Si vite fané!

Puis, les couleurs...

Qui pleurent et chantent...

Automne au cœur

Nul doute, il chante!

L'hiver s'enroule

Faut s'en repaitre...

Se mettre en boule

Demain renaître?

J.G.

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administrateur partenariats

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Aquarelle de Jean-Daniel Perrin

Plénitude

Quand à cet instant de grâce au petit matin,

Que chaque senteur me pénètre jusqu'au cœur,

Que l'angélus se noie dans le chants des oiseaux,

A la fontaine, d'où jaillit si pure l'eau,

Je me suis assise et en moi chante le chœur

Du monde, de la joie sous ce soleil câlin.

Sur le campus, d'où s'envolent les palombes,

Sereine, je m'ouvre à cette plénitude

Que ni rien ni personne ne saurait troubler.

La vie palpite et semble en moi se dédoubler,

Hier, demain? C'est ici... la certitude!

La paix sous le roucoulement des colombes.

Jdl

04/03/2016

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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"...écrasés sous pneu de jaguar"

Vient de paraître :

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… écrasés sous pneu de jaguar

poésie
par Barbara Y. FLAMAND

ISBN 978-2-930738-30-7 * 130 pages * 12,00€
format 12,5 x 20,5 cm

LE RECUEIL :

Une ligne de force traverse le recueil : le refus d’une réalité dominée par un individualisme étroit et égoïste, par un Pouvoir asservi à l’argent générant d’intolérables injustices. Dans « Le retour » poème dramatique qui clôt le recueil, le personnage incarne ce projet ; reprenant le flambeau des générations antérieures,  il prend place dans l’Histoire et donne sens à sa vie.
En 1968, date de (première) publication du recueil, B.Y.F s’indignait déjà contre une société qui glissait  dans l’oubli du passé, se complaisait dans le « vivre immédiat » et le « chacun pour soi », ferments d’une déshumanisation qui allait écarter de la conscience la question existentielle.

« …écrasés  sous pneu de jaguar »  rend hommage à des personnages dont la vie privée et politique n’a de valeur que dans la quête du sens, dans la volonté d’atteindre sa réalisation qui élève la collectivité et consacre l’accomplissement individuel. Ce premier titre suggérant l’insolente richesse et la violence qu’elle engendre était annonciateur, Les œuvres postérieures allaient révéler la lucidité  de la poétesse et sa force de frappe dans les accusations.
Toutefois, ce recueil, comme les suivants, prend en compte  la dimension intime de notre être, son importance charnelle et sa portée érotique, parfois, audacieusement pour l’époque.
Extrait de l'Avant-propos de Jana Cerna, éditrice du recueil traduit en tchèque
L'auteur : Barbara Y. Flamand

Auteure de 13 recueils de poèmes, de deux recueils de nouvelles, de deux essais, et de pièces de théâtre, Barbara Y. Flamand est une auteure prolifique.
La majorité de ses œuvres présentent un dénominateur commun : une critique souvent virulente de notre monde dans ses dimensions sociale, économique et politique. Notre condition humaine, en étroite relation avec l’Histoire, en dépendance même, soutient une œuvre dont la portée politique s’associe à l’éthique. Mais dans ce parcours de l’Histoire, prend place notre vie personnelle, de la naissance à la mort : les êtres, les bêtes, la nature, la vie… L’écriture s’adapte au sujet traité : lyrique, réaliste, satirique, caustique, ou encore, livrant la tendresse de l’auteure. Barbara n’a-t-elle pas révélé dans un de ses poèmes : « J’ai écrit parce que j’aime. » ?

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dès réception du virement du total au compte
IBAN : BE51 001 0220564 62
BIC : GEBABEBB

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- ou chez votre libraire : ISBN 978-2-930738-30-7

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Dust to Dust

Mais tu le sais, oh, tu le sais


Que sans amour on ne vaut rien.


Dans la violence de tes rues,


Sur l'incendie de cette vie,


Par l'illusion de ton théâtre,


Quand les victimes restent debout,

Oui, tu le sais, oh, tu le sais

Que tu as tué

Mais

C'est ta haine qu'on pulvérise.

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12273154460?profile=originalOu comment la mémoire de l’Orient revint à l’Occident…


Voilà qui pourrait être le titre de ce nouveau volet consacré à l’histoire de la Cappadoce.


      La Cappadoce demeura longtemps méconnue de l’Occident, jusqu’au Voyage du sieur Paul Lucas fait par ordre du Roi dans la Grèce, l’Asie mineure, la Macédoine et l’Afrique au début du dix-huitième siècle.
Paul Lucas (1664-1737), « antiquaire du roi » et négociant en pierres précieuses découvre les formations et l’habitat si singuliers de la région. Et en reste bouche bée… Pétrifié !

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     « J’avais fait déjà beaucoup de voyages, mais je n’avais jamais vu ni même entendu parler de rien de semblable. Ce sont quantités de pyramides qui s’élèvent les unes plus, les autres moins, mais toutes faites d’une seule roche et creusées en dedans de manière qu’il y a plusieurs appartements les uns sur les autres, une belle porte pour y entrer, un bel escalier pour y monter, et de grandes fenêtres qui en rendent toutes les chambres très éclairées. Enfin, je remarquai que la pointe de chaque pyramide était terminée par quelque figure. »

12273154295?profile=originalOui, ma chaumière je la préfère

avec toi, oui avec toi, au palais d'un roi

     Au point qu’il prend ces sortes de termitières pour des constructions entièrement faites de main d’hommes, et bien qu’altérées, ce sont pour lui, aucun doute permis, des pyramides. Toute une ville immense est ainsi construite, avec ses villages environnants et sa gigantesque nécropole.


     « Est-ce le cimetière de la ville de Césarée et de tous les environs, ou plutôt d’une ville d’une construction particulière, et la seule de cette espèce qui soit dans l’univers. »


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Il en fait, à son retour, une description exaltée. Qui laisse pantois, et incrédule.


                 - Ce ci-devant-là affabule !

12273155272?profile=originalComment ça, je travaille du chapeau ?!

Et, malgré une excursion sur le site de Roland Puchot, comte des Alleurs, ambassadeur à la Porte de 1747 à 1755, qui confirmait les dires du sieur Lucas, on resta circonspect.

 

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Il faut raison garder.

Pour autant qu'il ne soit jamais bon de trop tôt avoir raison...

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     Jusqu’à Charles Texier (1802-1871), archéologue et architecte, un homme incontestablement sérieux et pondéré, qui, lors d’une mission en Asie mineure, de 1833 à 1837, établit les faits. L’homme a de l’expérience et des connaissances en géologie, il reconnait cheminées de fées et autres formations d’origine volcanique, façonnées par les eaux de ruissellement, gel et vent, et aménagées par l’homme.


12273156855?profile=originalAvanos

et les avanies de l'Histoire

("avanie" : imposition infligée par les Turcs aux chrétiens)

     La vallée de Göreme, « Tu ne peux me voir »… Un lieu que Paul de Tarse, saint Paul, jugea propice aux missionnaires dès le milieu du premier siècle, et où nombre de Chrétiens se réfugièrent.

12273157087?profile=originalPour vivre en paix restons cachés aux yeux de l’Histoire.
Les villes souterraines sont peu à peu abandonnées
au profit de sites plus aériens mais toujours discrets.
(ici Derinkuyu, une ville souterraine qui compte huit étages s’enfonçant dans le sol)

12273157875?profile=originalFace aux coups de boutoir de la Sublime Porte,

mieux valait garder huis clos...

(fermeture ottomantique)

12273157472?profile=original... et prendre de la hauteur

De là, une grande concentration d’églises, couvents ou simples chapelles. Et souvent parmi les plus remarquables de ces édifices, comme l’Eglise à la Boucle et sa superbe Vierge à l’Enfant, lovée dans une niche, l’Eglise Obscure et son Christ Pantocrator, l’Eglise à la Pomme, l’Eglise aux Sandales… toutes joyaux de la Renaissance macédonienne. Ou d’autres, plus simples, plus primitives mais tout autant chargées d’émotion, telles l’Eglise de la Vierge Marie, l’Eglise Sainte Barbara, l’Eglise au Serpent, l’Eglise cachée…

Trésors que j’ai pour mission de dévoiler.

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Il suffira de franchir le seuil...


A suivre…


Michel Lansardière (texte et photos)

Vous pouvez retrouver ci-dessous mes deux premiers billets :
• Les origines :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-1-re-partie

• De l’ignorance à la renaissance :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-de-l-ignorance-la-renaissance-2e

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Le Phare d'Alexandrie

une aquarelle de

Adyne Gohy

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a été inspirée

par un poème de

Raymond Martin

Le Phare et La Raison

Porte vermoulue entr'ouverte au soir

D'où flamboient des raies de chandelles,

Lueurs d'espoir, du lecteur de nouvelles

Attentif aux ragots du glacial grimoire.

 

 

Un marque page coincé entre les mots

Retient son souffle interrogatif au terme « sarcophage »

Craintif qu'il est de la marche des chameaux,

Le long du Nil où s'étirent des roseaux hydrophages.

 

Ne disperse pas tes pensées en paroles inutiles

Suggéra un sage égyptien, face au délire de Pharaon

Car de la diversité, l'Unique est intangible.

Foutaises, s'écria l'Oracle ! Il en perdit la raison.

 

Après la nuit, le jour, parole d'Oracle !

S'écrie l'homme barbu à la foule en délire,

Fier qu'il est de sa sentence, sans miracle.

Mais déçue, la foule l'enfouit dans le sable.

 

 

Foi de philosophe, un marque page coincé,

Fût-ce-t’il quelque part près du Nil,

Ne présage rien de bon sous ce ciel étoilé.

Etrange endroit pour jouer l'imbécile.

 

 

Il n'est nulle part que l'esprit n'atteigne.

Une molécule de vie imprégnée de félicité,

Frisson mystique et magnanime de l'universel règne

Au sortir de la torpeur de l'être calomnié.

 

 

De l'Oracle digéré, surgit un point d'eau fraîche.

Trahisons, suspicions, guerre. Pour qui sera ce point tragique ?

Parents, cousins, amis s'envoyant des flèches,

Juraient par Dieu ne vouloir de ce combat inique.

 

Byzantines, grecques ou romaines, les voiles érigées

Ornaient l'immensité bleutée de la mare-nostrum.

Myrtes et pacotilles voguaient contre vents et marées,

Disputées pour parfaire l'insolente aisance de Rome.

 

 

Alexandrie, phare prolifique de Méditerranée

Para de ses feux les jeux du vent, des vagues et de la mer :

Fortes et juvéniles émotions de jeunesse de Ravel

Et de Trenet plongeant sans retenue dans la féerie du jardin extraordinaire !

 

Raymond MARTIN

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

 

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UN BUT!

 Ne pas être un fardeau

Un objet de soupirs...

Mais plutôt un cadeau

Qui donne envie de sourire!

Partir dans le néant

Distiller sa tendresse

Et faire que le présent

Se donne un goût d'ivresse!

Chanter même sous la pluie

En goûter la fraîcheur...

Oublier aujourd'hui

Les craintes et les peurs!

Entre lune et soleil

Ne pas vouloir choisir...

Une forme d'orgueil

Potentiel du désir!

J.G.

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De retour.....

Bonjour à tous, j'ai été silencieuse très longtemps ,le travail avait pris tout mon temps et quelques soucis de santé, bronchite, sciatique, tendinite, grippe intestinale enfin le quotidien de beaucoup.

Aujourd’hui je suis heureuse de retrouver du temps pour venir vers vous, avec beaucoup de retard ,je vous souhaite une belle année ,même si les événements nous dominent.

Une pensée d'abord pour les victimes, les familles ou les amis proches, n'oublions pas que nous avons la chance, de nous retrancher dans notre art, d'apporter une image positive, pour les combattre. On oubliera jamais !

 L'art, le travail, nous donne la force de combattre et d'avancer, de nous soutenir mutuellement, nous avons aussi la force de Mr Paul et de son équipe pour résister, à notre façon soyons des combattants de la Vie, de l'Art ,du Beau, de l'Interdit, de la Culture.

Je souhaite de bonnes fêtes de Pâques, la santé, beaucoup de créativité....

Merci à vous Mr Paul, je vous embrasse tous.

 

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Pour ma part, je suis bruxellois depuis 72 ans et compte le rester encore (une fois) jusqu'à 107 ans

R. P.

J'ajoute ici le texte que Béatrice Joly   nous a envoyé

Je souhaite présenter toutes mes condoléances et sentiments de fraternité aux familles victimes et au peuple Belge de votre drame et être avec vous en ces jours de douleur comme vous l'avez été en amis de la France. Nos deux pays si liés depuis des siècles par notre histoire commune fait de nous une amitié indissoluble que rien ne pourra dissoudre. Je suis avec vous de tout cœur et en mes âme et esprit me fait le chemin de votre douleur pour que cesse un jour cette rage contre l'homme au non d'idéologies mal pensées et ô combien destructrices ! Puissiez-vous trouver apaisement dans la colère qui nous saisit tous à cet acte de terreur renouvelé et dire que leur volonté de nous terrifier par les armes de feu et de métal ne sera jamais cette terreur espérée de leur part. Chers amis de Belgique, je pleure très sincèrement avec vous et avec vous suis touchée en plein cœur de cette volonté d'imposer ces horreurs qui n'ont de nom et d'appartenance qu'en la monstruosité sans jamais acter dans l'amour. C'est un drame que de passer son temps à haïr et détruire l'Homme comme ils le font sans trouver raison, ni sagesse et croire que leur seul point de vue est le monde ! Oui, avec vous de tout coeur car le coeur est notre patrie et notre appartenance, notre philosophie et notre destinée, notre chemin et notre volonté !

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22/03/2016

Évidemment quand on base son projet sur le sens de la vie, ce genre d'événements abrutissants de violence fait quelques dégâts à la motivation. À quoi bon, pour quoi faire, ca sert à quoi de...

Se rerendre compte - sans pouvoir encore s'en forger une arme - qu'on n'est qu'une petite personne dans un monde trop grand, trop rempli, trop maltraité, dans une société dont l'évolution vous échappe, dans un univers mystérieux, se sentir minuscule à nouveau et ne plus se voir, ne plus se ressentir que par un étrange silence noir (et jaune) et rouge rempli de points d'interrogation.

Se voir dans une perspective biscornue sans queue ni tete ni corps, flottant dans un liquide insipide, un rêve éveillé ni bon ni mauvais, boire goulûment de grands verres d'eau froide pour se remplir de quelque chose de tangible.

Une envie qui prime : se rouler en boule sous la couette et regarder des Disney pour ne plus se chercher aveuglément. Savoir très bien ce qu'il faudrait faire mais ne pas avoir encore le courage. Donner congé à sa détermination, pendant quelques jours. Se laisser aller entièrement au manque, au vide, à l'absence, s'oublier encore un peu avant de se ressaisir. Ressentir, jusqu'au creux des os, la bassesse et les cris – les écouter jusqu'à ne plus les craindre.


Entendez-vous, de là où vous êtes, mon grand éclat de rire sous mon masque de fer ? Les yeux plissés dans un rictus glacial, les poings serrés dans un sursaut bestial. Doux-amer comme goûtent les larmes, jaune pâle. Pas de fumée sans flamme, pas de sagesse sans mal, et la vague à l'âme qui attaque les barrages de l'espoir. Frisson de l'absurde. Poils hérissés, dents serrées sur la vie. Le temps, le temps qui court et vole, les secondes qui papillonnent. Un battement plus court que deux temps trois mouvements. Rugissement guttural - souffle court coupé - tenir bon, bondir. Et souffrir ensemble en priant que ce sang nous guide vers un meilleur avenir.


Oser. Vivre. Oser vivre. À grands coups d'éclats de rire, de banalité. A l'aide d'une bière, d'un repas, d'un sourire, d'un baiser. Ne rien lâcher.

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L'horreur absolue!

Le 13 mars : Attentat en Côte d’Ivoire, bilan 19 morts

Le 19 mars : Attentat en Turquie : bilan 4 morts 39 blessés, une semaine avant au centre d’Ankara, un autre attentat suicide avait causé la mort de 36 personnes.

Ce mardi à Bruxelles 30 morts et 200 blessés… Je suis anéantie...

La société est vraiment malade ! Aucun mot ne peut définir l’horreur et la souffrance des familles endeuillées. Quant aux survivants, en plus des séquelles physiques, il demeurera une souffrance psychologique indélébile.

 Ma réflexion est la suivante. Nous avons la chance d’être en vie alors vivons pleinement, jouons, humons notre belle nature, aimons, jouissons de ce que nous avons et n’attendons pas qu’il ne soit trop tard avant de dire « je t’aime »…

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   LA FEMME CELEBREE DANS LA FORME : L’ŒUVRE DE CATHERINE FECOURT

Du 10 – 03 au 27 – O3 - 16, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous faire découvrir TEMPETE SOUS LE CRANE, une exposition consacrée à l’œuvre de Madame CATHERINE FECOURT, une peintre et dessinatrice française qui ne manquera pas de vous stupéfier.

A travers toute une suite de pérégrinations linéaires que l’esprit du visiteur pourrait qualifier de « mystérieuses », apparaissent les premières esquisses d’un discours traduisant un univers personnel, intime et profond, axées sur un langage morcelé, construisant et déconstruisant à la fois, cette réalité que l’on nomme la « forme ». Passer devant un dessin de cette artiste, s’y arrêter pour repartir aussitôt, participe de l’inconscience ! Le pourrait-on d’ailleurs ? Car, une fois que le regard, prisonnier de la beauté de ces formes, décide d’entrer dans cet univers onirique, il ne peut que s’y enfoncer comme l’on s’enfonce dans une terre inconnue pour le besoin vital de s’y perdre.

CATHERINE FECOURT nous livre ainsi diverses facettes de son panthéon intime, peuplé de créatures fantastiques, révélant la complexité de sa mythologie personnelle. Qu’est-ce que cet assemblage d’éléments disparates créant la « forme » ? Le visiteur ne pourra qu’être étonné par ces rendus traduisant un « surréalisme » personnel, sorti des sentiers battus que l’histoire de l’Art a rendu conventionnel.

S’agissant de visages essentiellement féminins, l’on remarquera le contraste saisissant entre la fluidité de certains plans avec la rigidité de divers attributs de conception géométriques.

Au contact visuel avec PENSEES FAKIRIENNES (29 x 21 cm – encre de Chine/pastel),

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une sensation insolite titille le visiteur à la vue de ces deux visages de femme. Une fois désimbriqué visuellement chaque élément constituant la forme, nous remarquons que l’artiste nous offre deux visages superposés l’un au-dessus de l’autre, contrastant avec des éléments géométriques dans le bas de la composition. Ce qui, d’emblée, frappe le visiteur c’est la présence des seins, placés à chaque extrémité du corps. A partir de ces seins s’élancent les bras démultipliés en quatre temps, soutenant la tête surplombant la seconde. La tête du bas (comportant des seins à chaque extrémité) est agrémentée d’une large bouche aux lèvres proéminentes, un nez à peine esquissé et de gros yeux, lesquels ne sont, en réalité, que les seins du personnage du dessus.

A la gauche de la composition (à droite par rapport au visiteur), un visage dominé par un œil écarquillé apparaît de profil. Des éléments sinueux, des formes géométriques, remplissent l’espace, conférant à ce dernier la dynamique nécessaire à son existence.

Un trait stylistique commun à  l’œuvre de l’artiste est le fait que les couleurs usitées ne sont généralement pas agressives. Que du contraire. Elles sont tendres et discrètes au point de sembler subalternes à la folie engendrée par la forme.

L’ARBRE DE VIE (29 x 21 cm – encre de Chine/pastel)

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représente un corps à la fois déstructuré et ramassé, associant plusieurs éléments placés de façon « disparate », tels qu’un doigt courbé à côté d’un sein (dans la partie inférieure de la composition). En réalité, à la lecture de cette œuvre, nous voyons apparaître quatre visages : le premier, au milieu partageant un œil avec le second visage de droite (à gauche par rapport au visiteur), situé de profil. Le troisième visage n’est autre que l’arbre (souriant) adoptant la forme humaine dont le feuillage est conçu comme une coiffure. A la gauche de l’œuvre (à droite par rapport au visiteur), la moitié d’un cadran d’horloge apparaît. Le quatrième visage, situé vers le bas, à droite, par rapport au visiteur, est extrêmement stylisé, ne dévoilant qu’un profil surmonté d’un œil clos, un nez crochu ainsi que d’une bouche ronde. Le tout faisant penser à une flûte à bec. Cet enchevêtrement de visages est ponctué par un thème récurrent dans l’œuvre de l’artiste : celui du sein. On le retrouve exprimé, sous bien des formes, à plusieurs reprises. Etant donné qu’il s’agit, en définitive, d’une ode à la Femme, le sein, tributaire de toute une mythologie porteuse de vie, devient un organe transcendé par des millénaires de culture, indissociable, dès les origines de l’humanité, à la manifestation de l’Art.

Le titre de l’exposition est pertinent au plus haut point : TEMPETE SOUS LE CRANE. Il s’agit de l’animation d’images issues d’un onirisme (celui de l’artiste) à la recherche d’un autre onirisme (celui du visiteur).

TEMPETE SOUS LE CRANE, titre repris par l’exposition (29 x 21 cm – encre de Chine/pastel),

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est une œuvre dont la caractéristique est celle d’associer dans un hybridisme décapant, des vestiges humains épars avec, à l’avant-plan, l’esquisse d’une façade. Cette disposition architecturale se retrouve également (quoiqu’exprimée différemment) dans PENSEES FAKIRIENNES (mentionné plus haut), en ce sens qu’il y a déjà dans cette œuvre une dimension « portante », (le visage féminin du dessous « supportant » celui d’en haut).

La géométrie fait d’ailleurs partie intégrante de l’œuvre de l’artiste. Ces espaces fluides dans lesquels sont composés les visages rencontrent toujours l’élément géométrique comme une sorte de répondant antithétique, traduisant l’intérêt que l’artiste éprouve pour l’architecture.

Dans TEMPETE SOUS LE CRANE, la fonction architecturale portante est soulignée, notamment, par la présence de murs. Cet hybridisme, extrêmement original pour notre époque, n’est pas sans rappeler (toutes proportions gardées !) les créatures mythologiques de l’antiquité classique et proche-orientale, telles que le « centaure », association entre l’homme et le cheval en un tout harmonieux. Il y avait alors le désir de traduire plastiquement une symbiose, non seulement mythique mais aussi économique, dans la domestication du cheval par l’homme, d’où cette unité morphologique entre ces deux créatures. Ici, nous pourrions nous risquer à prendre en considération le titre du dessin pour associer mystiquement la maison qui est l’habitat de l’homme avec le crâne lequel est l’habitat de la pensée ainsi que le donjon du rêve. Remarquons que le crâne se termine par le téton d’un sein, ce qui en dit long sur l’impact de la pensée féminine dans la construction de l’Homme. 

CATHERINE FECOURT est une dessinatrice autodidacte qui crée depuis des années sous l’impulsion de l’écriture automatique, à la manière des surréalistes. Influencée, notamment, par la bande dessinée, elle aime apporter un côté androgyne à ses personnages spécifiquement féminins dans leur consistance émotive. Ceci, pour affirmer sa croyance en l’égalité des sexes. Cette tempête qui bouleverse l’intérieur du crâne n’est autre que la puissance créatrice qui anime tout artiste. Elle souffle sur le chemin du visiteur qui par le regard s’immerge dans ses œuvres. Car ce n’est que par le regard parcourant ces dessins que le visiteur s’abreuve au rêve de l’artiste pour atteindre son propre rêve.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza


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Catherine Fécourt et François Speranza:  interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(9 mars 2016 - Photo Robert Paul)

                                      

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Exposition Catherine Fécourt à l'Espace Art Gallery en mars 2016 - Photo Espace Art Gallery

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administrateur théâtres

                         Le vendredi 18 mars 2016 se  tenait au Studio 4 de Flagey une soirée caritative en faveur des enfants souffrant du cancer et de leucémie, organisée pour l’asbl SUN CHILD. Retour en arrière : en 1991, se constituait à l’initiative du Rotary de Waterloo, le Fonds Georges Kamp asbl, en reconnaissance à l'un de ses anciens présidents décédé des suites d’un cancer. Sun Child est aujourd’hui l’une des plus importantes œuvres d'aide à l'enfance  et est soutenue par la Fondation contre le cancer.  L’association prodigue aide sociale, morale et financière aux familles et soutient la scolarité des jeunes malades. Des volontaires font le lien entre l'école et l'hôpital. Sun Child organise aussi le transport des enfants gravement malades issus de milieux défavorisés vers les divers lieux de soins  avec 1000 missions de transport cette année.  L’association fournit une aide régulière à 150 familles précarisées et compte 1000 heures de présence auprès des enfants. Plus  de cent enfants accompagnés de leur famille participent chaque année aux séjours de vacances organisés par Sun Child. Un bel exemple de collaboration entre des sponsors dont l’aide matérielle est indispensable et une armée de volontaires très généreux de leur temps.

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  C’est  Palmo Venneri  le  directeur musical du HSCO Hulencourt Soloists Chamber Orchestra et  le directeur du Hulencourt Art Project  qui  a réalisé  pour la 5e année consécutive la  programmation de ce concert philanthropique  prestigieux. Un concert qui  prend  des airs de festival tant la programmation est variée et originale,  et accueille des artistes de tout premier plan.  Palmo Venneri  a pu réunir  le  pianiste  mythique Valery Afanassiev , le violoniste français Augustin Dumay attaché à la Chapelle Musicale,  et le chef d’orchestre japonais Sachio Fujioka. Il a fait appel à des chanteurs lyriques tels que la soprano  Julie Calbete  du Conservatoire Royal de Bruxelles, la  mezzo-soprano polonaise  Kinga Borowska, le baryton-basse Jean Delobel et  le chant soigné et approfondi d’Ivan Goossens, ténor  qu’accompagnaient  les Solistes d’Hulencourt, avec pour les chœurs, la participation de l’Ensemble vocal de l’Abbaye de la Cambre.

12525467_867328220061046_5421062698105856966_o.jpg Le concert commence avec une création mondiale. C’est une commande d’Augustin Dumay au compositeur belge Jacques-Alphonse De Zeegant : son  concerto n°2 pour violon et orchestre.  Quatre mouvements dont le premier débute par un solo d’Augustin Dumay. Une œuvre  très scandée par des accords de cordes, des cris fauves de vents, des percussions affirmées et de majestueux cuivres. Les solos roulent sur des échos de cordes et des éclats de bois  soutenus fidèlement par  la tendresse de la harpe. Des parties méditatives s’enchaînent, sortes de tableaux où se réveillent tour à tour des  tempi guerriers et des retours nostalgiques. Le quatrième mouvement  fourmille de pizzicati aux violoncelles, on repère quelques sonnailles de cloches et de chaleureux arpèges dans les cuivres. Le bouillonnement des percussions s’oppose au bruissement fruité des bois. Un bonheur sauvage saisit le violon soliste bondissant et  la salle sourit devant des syncopes un peu jazzy et  quelques  bruits d’ailes avant les derniers coups d’archet! Une composition  XXième siècle  qui entraîne dans le voyage musical sans effets dissonants et sans que le public ne soit perdu en chemin. C’est très appréciable.

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 On passe ensuite  au déploiement de couleurs  chatoyantes de la symphonie N° 1 (quatre mouvements en un) de  Samuel Barber, compositeur mondialement vénéré pour  son Adagio pour cordes.    L’occasion de se  laisser emporter par des  salves de sourires musicaux du jeune violoniste Stefan Tarara*  ou éblouir par un festival de papillonnements posés sur de fortes percussions. L’effervescence des cuivres festoie, les violons sonnent l’hallali ou entament des explosions printanières urgentes. Les bois regorgent de sève musicale, la répétition, la duplication est partout, des archets aux maillets. Après  le mouvement très apaisé de l’Andante tranquillo, presque paresseux, dominé par la harpe et les  hautbois, la direction du chef japonais Sachio Fujioka redevient  énergique pour la passacaille.  Le chef se donne corps et âme,  ne cessant  de  percuter fiévreusement sa poitrine de sa main gauche.  Les cuivres sont enveloppants, les violoncelles et contrebasses égrènent des arpèges ardents et insistants. La dramaturgie s’amplifie dans les crescendos de la finale. L’orchestre est soudé et les notes en cascades descendantes  déferlent et font penser à la chute d’empires orgueilleux. Tout semble consommé et les applaudissements rugissent dans la salle.

 

Ce n’est que la deuxième fois que l’on joue  l‘oeuvre suivante. Il s’agit de « la partition perdue… » la  Messe de Karol Kurpinski pour 4 voix, orgue et orchestre . Le programme nous dit que depuis près de 200 ans, il n'y avait plus trace de la partition de la messe de K. Kurpinski, compositeur polonais (1785-1857) jusqu'au  jour où elle réapparut lors d'une vente publique et fut acquise par M. Piotr Jeglinski qui, rencontrant le compositeur belge Jacques Alphonse De Zeegant, lui confia l'orchestration  pour la présenter   à Varsovie le 11 novembre 2015 à l’occasion de la Fête de l’Indépendance de la Pologne. Ce n'est qu'après avoir pris connaissance des œuvres de Kurpinski et étudié les méthodes de composition de l'époque  que Jacques-Alphonse De Zeegant entreprit d'orchestrer l’œuvre en y ajoutant quelques introductions, quelques passages entre les différentes phrases, tout en respectant l'écriture originale et en répartissant les parties vocales entre solistes et chœur. Jouer cette messe à l’approche des fêtes de Pâques confère sans doute à l’œuvre un climat particulièrement propice à une interprétation très intériorisée, et on peut dire que les 4 solistes et le Chœur ont donné toute leur richesse vocale à  la prestation. Particulièrement la soprano Julie Calbete a été remarquée par son rayonnement irrésistible de naturel et de fraîcheur,une voix légère et savoureuse, confondante d'aisance vocale dans des vocalises subtilement maîtrisées. La prestation de l' Ensemble Vocal de l'Abbaye de la Cambre a été remarquable dans sa dynamique  dramaturgique, conférant à cette messe un caractère envoûtant. Le public a eu bien du mal à s’empêcher d’applaudir après  l’interprétation extraordinaire du Credo, une dramaturgie en soi, avec un sublime équilibre entre le chœur et les solistes. L’orgue  a soutenu un Sanctus noble et grave, beau comme une cathédrale. L’Agnus Dei  sera bouleversant, vocalement de très haut niveau, particulièrement  grâce à Jean Delobel dont  le beau timbre lumineux a séduit l’assemblée. Tutti : Miserere Noooooo-bis!   

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Il n’y a pas le temps d’accorder un entracte, car voici la star pianistique de la soirée : Valery Afanassiev dont on redécouvre la rigueur précise, les clairs obscurs obsédants, les notes détachées, le jeu de mains et de poignets souple et élastique tandis que les doigts immenses semblent se raidir dans une frappe qui a la force de battoirs.  Son visage semble boire le clavier.  Ses embrasements font  presque oublier  qu’un orchestre est derrière lui dans cette interprétation magistrale du  Concerto pour piano n° 9, Jenamy dit Jeunehomme, K. 271, de Mozart écrit à Salzbourg en 1777, à l’âge de 21 ans.  Et ce n’est pas tout, il nous offrira ensuite un  autre Mozart en bis : la fantaisie en do mineur K 475.

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 Pour terminer cette splendide démonstration artistique,  voilà toute la fougue d’Augustin Dumay, incarnée dans un archet déchaîné,  étourdissant de couleurs et de variété dans une œuvre aux difficultés musicales apocalyptiques : Tzigane de Ravel pour violon et orchestre! Le public, ami de la musique, philanthrope  ou  simplement curieux aura été comblé par son langage très personnel.

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http://www.sunchild.be/index.php/fr/about

http://www.arthulencourt.eu/

http://www.dezeegant.com/fr

http://juliecalbete.eu

http://musicchapel.org/kinga-borowska/

http://www.jeandelobelbarytonbasse.portfoliobox.me/agenda

https://fr.wikipedia.org/wiki/Valeri_Afanassiev

* http://en.romania-muzical.ro/articole/art-index.htm?g=11&c=3271

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administrateur théâtres

1274660243.jpgVoyage métaphorique ?
Falling asleep? Eveil, ou réveil ?  « Falling: A Wake », c’est le titre original  de la pièce de l’auteur canadien Gary Kirkham. Traduction en français : « Une veillée ». Il est certain que vous ne vous endormirez pas! Le bruit infernal de l’explosion de l’avion qui s’écrase à côté d’une ferme « sur un point indéterminé de nulle part » a de quoi réveiller le spectateur en manque de sieste ! La pièce se base sur un fait réel : le crash dramatique du vol 103 de Pan Am suite à un attentat terroriste en 1988. Il y a presque trente ans. Les 150 victimes de l’airbus Germanwings, c’était l’année dernière, à Pâques.

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Au début de l’histoire, des pièces d'un avion commencent à tomber du ciel, et l'un des passagers, sanglé dans son siège. Un beau jeune homme au visage limpide. Le vieux couple du professeur de mathématique Harold et Elsie qui avait choisi de reprendre la ferme paternelle, découvre cette chose totalement ahurissante et apocalyptique dans leur univers clos, qu’ils annoncent avec humour, quelque part sur un chemin, par une pancarte surréaliste : « Si vous pouvez lire ce ci, c’est que vous êtes perdu !»   Et en avant les phrases sibyllines, surréalistes, vêtues de sens multiples, touchantes comme les galets littéraires semés par Samuel Beckett ou Harold Pinter. 825857779.jpgLe froid humide, l’absence de lumière de la cave souterraine où se joue la pièce contribue à l’atmosphère lugubre. Si on sort les couvertures sur scène, on les sort aussi dans les fauteuils de l’assistance, question de se mettre au diapason. Harold et Elsie réagissent à cet accident terrifiant, métaphore de la fin du monde, chacun à leur manière. Harold (Alexandre Trocki) s’empresse auprès de sa femme, en lui prodiguant mille attentions amoureuses et tendresse de longue date. Il fait la lumière à commencer par une torche, puis une lanterne puis une armée de bougies, photophores et chandeliers, pendant que la femme veille le mort, et se met à lui parler. Son âme et-elle encore là ou est-elle déjà partie ? Elsie (Brigitte Dedry) prend l’initiative d’une longue conversation à sens unique avec le jeune homme mort. Elle risque la prière. Lui, recrée minutieusement sur la scène de l’accident un semblant de vie  domestique quotidienne en amenant auprès de la femme qu’il aime, fauteuil de salon, tapis, chocolat chaud…A la façon de ces oiseaux fidèles, faiseurs de nids, indissociables et tendres.

3968818209.jpgEt puis, si tout cela n’était qu’invention commune? Recherche désespérée de sens? Une pure invention, comme le jeu des enfants, quand leur imagination est palpitante en regardant les étoiles et en entendant les cris féroces de la nuit. Et si, sur scène on voyait se réaliser la magie de l’amour? Et si ces comédiens vieillis étaient tout simplement en train de mettre en commun leur âme d’enfant ? Et si cette mise en scène était la catharsis d’une douleur ancienne innommable? Une perte insupportable? Peut-on nommer la douleur la plus grave pour des parents? Vous êtes bel et bien en plein voyage métaphorique! La dernière phrase tombe : comme une pièce détachée de métal brûlant. « Mais comment peut-on expliquer tout cela ?» « Il n’y a rien à expliquer !» 
La mise en scène de Virginie Thirion, jointe à la scénographie et aux costumes de Marie Szersnovicz ont de quoi glacer le corps mais pas le cœur…La création sonore palpitante, grande composante de la pièce, est signée Marc Doutrepont.

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UNE VEILLEE

De Gary Kirkham.
Avec Alexandre Trocki et Brigitte Dedry.

Belle comédie dramatique

DU 08/03/16 AU 30/04/16

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=420&type=1

Lire en +:
Pièce de résistance par Marie Baudet in La Libre, le 10 février 2016
Tendresse grinçante et résistance par Marie Baudet in La Libre, le 18 février 2016
Alexandre Trocki, la force tranquille par Catherine Makereel in Le Soir, le 20 février 2016
Les veillées de Gary Kirkham : le travail du deuil sous le masque du domestique par Sébastien Barbion in Le Rayon Vert Cinéma, le 21 février 2016
Une veillée *** par Eric Russon in Moustique, le 24 février 2016
«Une veillée» funèbre pour reprendre le fil de la vie par Catherine Makereel in Le Soir, le 2 mars 2016

Le mot de  Virginie Thirion :

Cette pièce canadienne, création mondiale en langue française que nous vous proposons, est une petite perle sensible et tellement humaine. Un duo porté par Alexandre Trocki et Brigitte Dedry, dans une mise en scène de Virginie Thirion. Souvenez-vous du tendre J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin, la saison dernière.

Ainsi commence l’histoire :

«Si vous pouvez lire ceci, c’est que vous êtes perdus». Voilà comment on arrive chez Harold et Elsie.

Le début de la nuit, il fait froid.

On entend le faible bruit d’un avion au loin.
Ensuite, le fracas sourd d’une explosion.
Silence.
Quelque part, un chien aboie.

Elsie : C’était quoi ce bruit ?
Harold : Je sais pas… un orage peut‐être.
Elsie : Quoi ?
Harold : Je disais, un orage peut-être.
Elsie : Il fait froid. Tu as mis quelque chose de chaud ?
Harold : Oui, j’ai un manteau.

Harold sort avec une lampe torche. Il porte des bottes en caoutchouc et le manteau de sa femme.

—

Quelque part entre Harold Pinter et Samuel Beckett, Harold et Elsie, fermiers par hasard, élevant des poules en pleine campagne, « un point indéterminé de nulle part, parce que si nous étions au milieu de nulle part, on pourrait encore nous trouver… », comme le dit si bien Harold, ancien professeur de mathématique qui a gardé le souci de la précision. Deux personnages tout en humour et tendresse. Si je devais pointer l’enjeu majeur de la mise en scène, ce serait celui-ci : servir la tendresse et l’humour présents dans le texte, dans l’histoire. C’est une vraie gageure, s’agissant de deux êtres confrontés à l’insupportable. Et pourtant. Ils résistent, chacun à leur manière. Elsie parle, elle raconte, elle choisit ce qu’elle veut croire, elle maintient le contact, elle parle pour tenir la tristesse à distance, pour maintenir son mari proche. Harold résiste en acte : d’accord, un événement imprévu et dramatique, emprunt de mort, les expulse de chez eux. Mais il ne s’avoue pas vaincu pour autant, il lutte pied à pied, accumulant fauteuil, lampe, tapis, pantoufles, bougies…. n’hésitant pas à recréer du confort et une possibilité de vie là où l’inimaginable et le traumatisant s’étaient imposés. Et à deux, unis par un amour nourri et construit tout au long de leur histoire et de leurs épreuves communes, ils font reculer l’insupportable injustice de la vie, l’adversité, le chagrin, l’isolement.

Brigitte Dedry et Alexandre Trocki sont les deux interprètes. Ils ont pour eux cette finesse, cette intelligence du texte, et cette belle capacité à en faire entendre les délicatesses. Avec eux, nous découvrons et explorons ce que les personnages se disent vraiment lorsqu’ils se parlent. Nous découvrons comment l’auteur a parfaitement construit leur histoire, lors de cette incroyable nuit, et comment il a subtilement balisé leur cheminement vers la paix et la sérénité.

– Virginie Thirion –

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A Spa

une aquarelle d'Adyne Gohy

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a inspiré

Promenade autour du Lac de Warfaaz

Haïkus de

Raymond Martin

 

Lac du soir hiboux

Hulule à la lune

Rousse étoilée

 

Lac du matin luit

Au soleil montant brume

Ouatée perfide

 

Lac  à la tanche

Le Carassin  frétillant

Brochet  esseulé

 

Lac du midi bleu

Ciel  suffocant  ses rives

Promenées  fanées

 

Lac aux  lestes  castors

Goûteurs  de racines

Des berges offensées

 

Une grenouille plonge

Onde dans  l’eau ridée

Noie feuilles  de hêtre

 

Wayai  boit  l’eau rouge

Vieilles  fagnes  honorées

Beautés  végétales

 

Spa la tranquille baigne

Les  corps  nonchalants

Douceur  du  santal

 

Voltige égayée

Des  papillons bleutés

Sur  les  feuilles  roussies

 

Feuillages  bigarrés

L’écureuil  virevolte

De branche  en  branche

 

Bleu  du ciel  serein

Dessine les feuilles mortes

Promenade boisée.

 

Le vent est tombé

Pie sautille excitée

Vermisseau au bec

 

                                                              Raymond  Martin  - Automne  2015

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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Telle une cuisse de nymphe émue !

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                                                     Telle une cuisse de nymphe émue !

    Elle exhale autour de lui
     Légère et céleste
                L'arôme de ses fruits défendus
                         Voluptueuse maladresse 
            D'une délicieuse mousseline

Charmé!

                         Il chavire sur les rondeurs intimes 
                  D'une callipyge.

 
Rosyline 16/01/2015

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