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Publications en exclusivité (3136)

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LES FLEURS...

Joyaux éphémères

Rêveries assumées

Eclats de lumière

Grâce sublimée...

Les fleurs...

Heureuse détente

Coroles éclatées

Splendides et ardentes

Et soudain pâmées...

Les fleurs...

Rien que mots très doux

Au sortir des lèvres

Si je pense à vous

Comme un goût de fièvre...

Les fleurs...

Le monde est trop triste

Quand il vous oublie

La beauté existe

Rétines éblouies...

Les fleurs...

J.G.

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12273156295?profile=originalA la croisée des influences.


Reprenons le fil de l’histoire…


     Longtemps persécutés, les chrétiens verront leur religion légalisée en 313. Religion qui deviendra la religion officielle de l’Empire romain en 380. Constantin fonde sa capitale, Constantinople, en 330, scindant l’Empire romain en deux.


Cappadoce, terre de saints et de martyrs…


      Saint Paul de Tarse, au premier siècle déjà, après s’être converti, en avait fait une terre de mission. Saint Mammès de Césarée (aujourd’hui Kayseri) fut, quant à lui, livré aux lions en 275. Saint Blaise de Sébaste y mena une vie érémitique au début du IVe siècle.
Et, tandis que Jean-Baptiste crie dans le désert, son écho se fait entendre, se répercute, pour que d’autres préparent le chemin du Seigneur. Ainsi, Saint Basile le Grand (329-379), également de Césarée, fonde les premières communautés de Cappadoce et prône la vénération des icônes. Alors que Saint Grégoire de Nysse (ca 331-394) et Saint Grégoire de Nazianze (329-390) prolongent l’œuvre d’évangélisation.

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     L’Empire romain d’Occident, de plus en plus décadent, est mis à sac par Alaric et ses Wisigoths en 410. Un empire qui s’effondrera définitivement avec l’abdication de Romulus Augustule en 476 après un an de règne, laissant s’épanouir un Empire romain d’Orient, avec une Byzance toute-puissante depuis le schisme de 1054. Jusqu’en 1453, lorsque Constantinople fut prise par les Ottomans.
Mais les incursions arabes sont de plus en plus nombreuses, les habitants se terrent dans des villes, une quarantaine au moins, qui comptent jusqu’à dix-huit niveaux souterrains.
Puis, de 726 à 843, l’iconoclasme se répand comme vérole sur le bas-clergé tandis que les cénobites se replient.

12273156685?profile=originalDans un paysage façonné par une éruption ultra plinienne,
des caches offrent un abri à l’anachorète.
Et vivre comme saint Blaise le reste de son âge sous les replis de sa fruste cappa…

     Les images impies sont détruites ou, au mieux, recouvertes de chaux, remplacées par de simples symboles comme la croix.

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Une période trouble qui ne favorise pas l’épanouissement.

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     Heureusement la paix revint au Xe siècle et avec elle les arts renaissent et prospèrent. C’est à cette époque bénie que fleurissent les plus belles églises rupestres et leurs fresques d’influence byzantine.
Epoque sur laquelle nous nous attarderons bientôt et qu’on appelle parfois la Renaissance macédonienne.
En 1071, la Cappadoce est conquise par les Turcs seldjoukides.

12273158685?profile=originalLa petite mosquée d’Ürgüp (XIIe)…

12273159281?profile=original… est aussi creusée partiellement dans le tuf


     Des mosquées s’édifient et, dans la plaine là-bas jouxtant le plateau cappadocien, sur la route de la soie, des caravansérails s’érigent tous les quarante kilomètres environ, offrant gîte, couvert et protection aux marchands caravaniers.

12273159477?profile=originalLe caravansérail de Sultanhan

construit par les Seldjoukides près d’Aksaray

12273159867?profile=originalLe passé nous éclaire.
Le caravansérail de Sultanhan, bâti en 1229, couvre 5000 m2

     En 1299, Osman 1er fonde la dynastie ottomane qui conquiert peu à peu tout le territoire anatolien. Beaucoup de chrétiens quittent le pays ou se convertissent sous la pression. Jusqu’en 1923 où les derniers d’entre eux sont expulsés.


Un passé mouvementé, brossé en quelques traits hâtifs car la région connut encore bien des révolutions, à donner le tournis à un derviche !
Nonobstant, les communautés chrétiennes perdurèrent longtemps et ornèrent la vallée de Göreme notamment de leurs plus riches peintures.


A suivre…

Michel Lansardière (texte et photos)

En attendant d'ouvrir une nouvelle fenêtre...

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... vous pouvez retrouver la première partie de cet article, enrichi de nouvelles photographies, sur :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-1-re-partie?xg_source=activity


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La Hoëgne

Une aquarelle d'Adyne Gohy

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a inspiré

La Hoëgne promenée

Un poème de Raymond Martin

 

Voici   une gare qui porte un nom ! Sart, où l’odeur de la fumée carbonée a disparu  hélas.

L’eau de la Hoëgne  nourrit  en son temps les entrailles des  monstres  de fer.

Ce ru royal procure au promeneur  silence, quiétude,  le gratifie d’une atmosphère  mystérieuse 

Offerte par la silhouette élancée vers le ciel atone, des bouleaux frêles en quête de lumière. 

 

Un clapotis harmonieux  s’échappe de l’onde claire  soufflée par un vent léger et odorant,

Laissant deviner le suintement  mousseux, rougeâtre des pierres  émergentes. 

Peut-être même  ouïr le bruit  grinçant des roues  endiablées des chars              Romains sur la voie

 Fraîchement tracée, encore devinée malgré le temps passé. Pax Romana  d’alors !

 

Quiétude ardennaise, ornée de  cascades  et de petits ponts de bois, vallée pittoresque

Où l’on voudrait à chaque détour de sentier,  surprendre une fée humant  ici  une  renoncule,

Là une  campanule à la clochette élancée vers  le ciel, en quête d’un rai de soleil.

La cavalcade d’un cerf  solitaire et craintif trompe la quiétude de cette ambiance magique.

 

Un renardeau joueur au nez  effilé course une musaraigne qui, négligemment,  se désaltère 

Dans le creux d’une souche d’un  aulne gisant  sur la rive, mais sans hargne incisive.

Une reinette enjouée par ce ludique spectacle, sautille de pierre en pierre jusqu’à son nid douillet,

Affolant  à son passage  une demoiselle en train de s’abreuver sur un brin de roseau.

 

Une  Nymphe aux cheveux d’or dans la brume exhalée, orne ceux-ci d’une branche de gui

Dans l’espérance de plaire aux dieux  maîtres de la forêt et s’offrir à eux  sous la nuit argentée.

Alanguie sur  un tapis de mousse au pied d’un chêne millénaire, elle tend ses bras vers la voûte

Céleste étoilée de  divines certitudes.

 

Ô   Höegne  millénaire, tu offres  à qui sait recevoir,  les  mystères des hôtes de ta forêt

Ardennaise aux multiples facettes, mais tu gardes encore de l’inconnu en toi.

 

 Raymond Martin  

Novembre  2015

 

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

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« Deux étions et n’avions qu’un cœur » semble nous dire Patrick Pelloquet lorsqu’il met en scène la série de pièces courtes écrites par l’écrivain français …qu’il n’a jamais connu de son vivant : Louis Calaferte. Patrick Pelloquet produit donc Les Mandibules, Une Souris grise, La Bataille de Waterloo, L’Entonnoir, Trafic et en 2014 il crée pour la première fois au théâtre Le serment d’Hippocrate. Une métaphore puissante et hilarante qui met en scène la relation des simples  gens avec le monde médical, non pas « Le médecin malgré lui », mais « Le médecin, parce que c’est lui » !  

En fervent admirateur, Patrick Pelloquet soutient par son talent de metteur en scène et de comédien, le travail de  Miguette, l’épouse de Louis,  qui s’est attelée à éditer et rassembler  l’intégralité des œuvres de son mari. Sa fameuse autobiographie  « Septentrion » jugée « pornographique »  fut  interdite à la vente  par la censure en 1963.  Patrick Pelloquet fait œuvre d’affectueuse  réhabilitation car il ne s’en cache pas, il  aime par-dessus tout  l’écriture de Louis Calaferte pour son sens aigu de l’humain, sa défense inconditionnelle de l’individu face aux systèmes qui le dévorent.

 « L’art, c’est la vie ! » Il savoure les parlers familiers et dépouillés d’artifice des braves gens.  Louis Calaferte est dans la lignée de Feydeau qui glisse des grains de sable dans la mécanique  des certitudes.  Il jongle avec la musicalité et la rythmique de  la langue où un mot pousse l’autre à grands coups de balai  pour enfoncer même des portes ouvertes. Ouvertes sur le vide et l’angoisse et notre petitesse. Ce langage « anodin » recouvre bien souvent une réalité plus profonde, comme vue soudain en transparence.  Il pointe que le danger pour l’homme ne vient pas toujours nécessairement de l’extérieur mais aussi hélas de dysfonctionnements physiques qui atteignent le corps. En effet  l’écrivain a été  victime de maladie chronique depuis ses 13 ans et aux prises avec une médecine qui lui a laissé, comme à Molière ou à Jules Romain de fortes désillusions sur la profession de médecin et un arrière-goût très amer. Son théâtre est du « constat expérimenté » vécu dans la chair. 

Louis Calaferte, comme ses illustres prédécesseurs,  est fasciné et horrifié  par l’autoritarisme du monde médical, le  refus d’écoute et les abus de pouvoir de la « Science ».  Il est d’une sensibilité brûlante pour l’humanité des individus  victimes de tous les pouvoirs. Dans la pièce, l’auteur est à la fois le vieux père qui  pratique avec délices la désobéissance culinaire et la vieille mère qui dit non à tout ce que peuvent dire les docteurs qui viennent l’examiner. Il  dénonce la dangereuse manipulation de la Faculté vis-à-vis des   familles  qui ont appelé au secours et il constate avec horreur que la même manipulation  terroriste finit par  infecter à son tour des êtres normalement sains, soudain pris de la même folie manipulatoire, oubliant toute dignité et tout respect vis-à-vis de leurs géniteurs. Le  traitement que l’on inflige parfois à  nos « anciens »  est symptomatique. Le message s’impose : « Il est urgent d’apprendre à vivre et à aimer. » Il est urgent qu’on ne se laisse pas avaler par le brassage puissant  des moulins à vent ! Broyés par la « nécessaire »  soumission aux machines infernales : la violence de toute origine, médicale, éditoriale, familiale, parentale, filiale, viscérale, cardinale, hexagonale, coloniale,  capitale, provinciale, internationale, mondiale, sociale et radicale.

Metteur en scène et comédien dans le rôle de Lucien, Patrick Pelloquet avec ses très brillants comparses du THEATRE REGIONAL DES PAYS DE LA LOIRE, épouse parfaitement ce plaidoyer pour que retentissent « le dérisoire» , « le désarroi » et « l’intime ». Il se réjouit que le public belge trouvé sur sa route, accueille avec  tant d’empathie le texte et ses filigranes. Il ne manque pas de souligner  que le public français est par contre beaucoup plus sensible à l’impact et aux ressorts comiques de tout ce que la pièce décrit comme « un peu bancal» ! Ceci n’est pas une farce.  Et pourtant on rit goulûment, à tout propos, à toutes cascades de postures et impostures. Et pris dans le tourbillon d’énergie  formidable dégagée par des acteurs absolument justes dans leurs interprétions du tonnerre de dieu, on rêve bien sûr de rébellion.

Le Serment d’Hippocrate

de Louis Calaferte

Mise en scène Patrick Pelloquet
Avec Gérard Darman, Pierre Gondard, Patrick Pelloquet, Christine Peyssens, Yvette Poirier, Georges Richardeau

  • Accueil français en exclusivité
  • 1er au 9 mars 2016
  • Théâtre Jean Vilar
  • Durée : 1h20

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administrateur partenariats

"Touche printanière"

de Marie-Josèphe Bourgau

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Dans le jardin, de l'aube à la nuit.

Des éclaboussures roses. Une lueur de commencement.
Les vies repliées s'étirent,
trilles et chants d'oiseaux
premières sonorités vibrantes,
un nouveau jour se lève
sur le bassin de pierre.
J'écoute le chœur de l'aube
cadeau ordinaire extraordinaire,
comme si c’était le dernier.

Un bleu de cotonnade. La clarté prend le ciel.
De branche en branche
bruissements et jeux de plumes,
des mésanges viennent boire,
les tourterelles s'envolent
dans un battement d’étoffe au vent.
Je les vois monter vers le soleil,
s'alléger dans la lumière
et c'est moi qui m'élève dans les airs.

Les ombres mauves. L’aile du soir se déploie.
Invisible dans le feuillage
un rossignol se met à chanter
l'or rouge du couchant,
la douceur tiède du bain suprême
dans le bassin de pierre.
Je regarde se dissoudre les matières,
mes pensées se détendent,
l'esprit s'apaise.

Sous le cerisier en fleur,
changeante et immuable,
hors du temps du monde
loin des tumultes,
la vasque de mon jardin,
arrosée d'averses blanches.

Martine Rouhart

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Plume son courrier du cœur et ses petits bonheurs

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Assis au bureau de ses pensées, 
sur le coton rose des mots doux.
Plume sourit, l'humeur enchantée,
s'affaire et s'active sans tabou.


Honore ses dames de cœur . 
Ses doigts légers pianotent.
Les partitions tel un jongleur,
s'enveloppent, tournicotent.


En rythme, accorde ses vers,
sur l'archet de sa poésie.
Eparpille dans l'univers,
ses petites fantaisies.


Dans un souvenir si lointain,
se fredonne une hirondelle.
Qui d'un geste très enfantin,
l'emmenait dans sa marelle.


Chante, dans le bleu de son ciel,
en belle opérette, sa mouette.
Elle vocalise ses voyelles.
S'impatiente au pied de ses lettres.


Elle espère le lendemain,
la venue de sa messagère.
Elle ouvre sa bonbonnière,
découvre sur son parchemin,
la fragrance d'un joli destin !


Mais c'est à Mirabelle, sa chatte,
qui avec beaucoup de finesse,
le taquine de sa patte.
Qu'il offre ses plus belles caresses.


Rosyline 07\07\2012



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Vers un univers parallèle

Une aquarelle d'Adyne Gohy

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Inspirée d'un poème de

Raymond Martin

Confus, Touffus

 

Rien dans le rire ne présage  un futur hilarant, ni même un fou rire circonstancié.

Du  ricochet de la pierre sur l’eau au riz  de Camargue, rien n’oblige à la poule d’être au riz.

Car elle a des plumes, cette poule non désireuse d’être au pot, même un dimanche de fête. 

 

Cocu le chef de gare confus ; s’étant trompé de voie, il se retrouve sans voix, ne sachant où aller.  

L’art et la manière importe  peu au cochon lors de sa transformation en boudin ou en saucisson.

Le lard lui sied comme un gland, comme la sardine va à l’huile d’olive.

 

Deux gouttes d’eau se ressemblent, vision humaine certes, mais qu’en pensent-elles ?

Naviguer dans l’univers, c’est  long et très ennuyeux, mais graviter  autour de Miss Monde,

Que le temps passé se fait court ! Il court, il court le furet. Mesdames, attention au furet!

 

Le lait motive l’agriculteur comme le leitmotiv, un politicien soucieux  en période électorale.

Gris, le ciel est gris  comme la fumée s’échappant de la pipe en bruyère du matelot Malouin,

Sans larme à l’œil devant la Saint-Jacques asphyxiée dans la cale du chalutier repu  de pèche. 

 

Minuit, l’heure du crime, les moustaches de Poirot frétillent d’impatience. Tant pis pour Miss Marple, à ce moment là peut-être perdue dans les bras du Colonel Lawrence, de retour d’Egypte.

Même en courant à rebours, le temps passé  ne se rattrape pas, d’où l’éternelle  fuite en avant.

 

L’important c’est la rose, chantait Bécaud ! Mais de laquelle s’agit-il ? La trémière  en corolle ?

Celle d’Ispahan  qu’honorait la  fille du grand Vizir, la délicieuse et courageuse Shéhérazade,

Ou celle de Damas, au  voluptueux parfum, rapportée à Provins par Thibaud IV de Champagne ?

 

Peut-être  cette Rose Mystique poussée par décret divin dans le hameau de Nazareth ?

Celle chère à Platon et Socrate, maintenant  bannie par une partie de l’humanité    ?

Ne serait-ce pas l’éternel questionnement de William Shakespeare ? To be or no to be ?

 

Qui fut le premier ? la poule ou  l’œuf ? Qu’importe, pourvu que l’on déguste  une omelette !

Un  œuf  dans l’espace  restera-t-il  ovale, ou sera-t-il  rond ?  Et dans un univers plat, alors ?

L’œuf retiré de l’espace,  la résultante ne serait-elle pas  un trou noir ?

 

La nature ayant paraît-il horreur du vide, par quoi  ce trou noir sera-t-il comblé ? 

Ce  trou  est  peut–être un aspirateur  vers un univers parallèle, passé ou à venir !?

Nouveau nom de Dieu !!  Boson de Higgs ! De quoi  en perdre son Latin ! Mais pourquoi pas ?

 

Quant à moi !  Je pense  donc je doute !

 

 

Raymond MARTIN

 

Mes remerciements à :

Messieurs : Platon, Spinoza, Teilhard de Chardin,  Michel  Onfray.

octobre 2015

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

12745977_1156764844368409_7958470845572117_n.jpg?oh=8c091799e102dea0edf1e7139baf2886&oe=575BD9A0Ernestine ou Célestine? Sous la lucarne, une soubrette bretonne très ... trouble!  On ne  sort pas indemne de cette vivante peinture naturaliste  - le décor est signé Noémie Breeus - car question hypocrisies de toutes natures,   voilà une époque qui n’a rien à envier à la nôtre! Voilà une humanité  avare, égoïste, hypocrite, aux allures nationalistes et antisémites. Mais on rit! Les coincés gloussent faiblement, les femmes réagissent sans tabous!  Et tous ovationnent la comédienne! Les littéraires jubilent.  Les historiens et les sociologues s’inquiètent. Et ils ont raison de le faire.  

 La langue fleurie de la plébéienne « sans instruction » s’est déliée et affirmée dans un journal intime « légèrement retravaillé » par Octave Mirbeau (selon ses dires), et édité en 1900 sous forme de feuilleton sulfureux.  La jeune Célestine croque  à belles dents les travers de la société  bourgeoise à l’aube du 20ième siècle,  la dépravation généralisée  des mœurs familiales, religieuses, sociales et politiques. La guerre.

« La mercière m'a expliqué que, sous Napoléon III, tout le monde n'étant pas soldat comme aujourd'hui, les jeunes gens riches «tombés au sort» avaient le droit de «se racheter du service». Ils s'adressaient à une agence ou à un monsieur qui, moyennant une prime variant de mille à deux mille francs, selon les risques du moment, leur trouvait un pauvre diable, lequel consentait à les remplacer au régiment pendant sept années et, en cas de guerre, à mourir pour eux. Ainsi, on faisait, en France, la traite des blancs, comme en Afrique, la traite des noirs?... Il y avait des marchés d'hommes, comme des marchés de bestiaux pour une plus horrible boucherie? Cela ne m'étonne pas trop... Est-ce qu'il n'y en a plus aujourd'hui? Et que sont donc les bureaux de placement et les maisons publiques, sinon des foires d'esclaves, des étals de viande humaine? »

 Cela fait beaucoup pour une seule femme qui,  craignant  de ne pas avoir le succès  rêvé dans la galanterie de haute  lice, a préféré se tourner vers le métier  plus humble de femme de chambre. Mais elle ne mâche pas ses mots et ne manque  ni de courage, ni de clairvoyance. Toutefois,  Célestine s’avère être un personnage très ambigu, car dès l’entrée de jeu, elle affiche  une perversité assumée qui ne fera qu’embellir.

« J’adore servir à table. C’est là qu’on surprend ses maîtres dans toute la saleté, dans toute la bassesse de leur nature intime. Prudents, d’abord, et se surveillant l’un l’autre, ils en arrivent, peu à peu, à se révéler, à s’étaler tels qu’ils sont, sans fard et sans voiles oubliant qu’il y a autour d’eux quelqu’un qui rôde et qui écoute et qui note leurs tares, leurs bosses morales, les plaies secrètes de leur existence, tout ce que peut contenir d’infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens. Ramasser ces aveux, les classer, les étiqueter dans notre mémoire, en attendant de s’en faire une arme terrible, au jour des comptes à rendre, c’est une des grandes et fortes joies du métier, et c’est la revanche la plus précieuse de nos humiliations... »

  Malgré sa condition de domestique-travailleuse sexuelle à domicile,  elle écrit un journal intime  on ne peut plus cartographié, acerbe et lucide, et foisonnant d’érotisme qualifié à l’époque de nauséabond.  C’est donc un rôle très complexe que Stéphanie Moriau prend à bras le corps et à fleur de peau, aussi facilement, semble-t-il que si elle allait innocemment pendre une lessive fraîche au jardin !

 L’espace miteux et glauque  de la soupente où  Célestine se réfugie est son espace de liberté, où grâce à la plume, elle s’humanise mais révèle, presque malgré elle, le développement sournois d’un esprit immoral et manipulateur. Pour tromper son ennui, dans la solitude glacée de sa retraite sous les toits,  Célestine se fait un véritable théâtre : jouant   les provocations, les  cajoleries, la  férocité, l’humour, la moquerie, le dédain, la duplicité  avec, au bout de tous les contes, l’engrenage fatidique de l’humiliation-haine-vengeance.  Le rythme verbal adopté  puise activement dans des parlers  divers, ce qui a le don de divertir, question d’alléger quelque peu l’intense  tension naturaliste. Cette vivacité verbale contraste  elle, de façon presque comique,  avec la gestuelle et les déplacements  très étudiés qui jouent sur une sorte d’inventivité tranquille, à la manière d’un strip-tease particulier longuement prémédité. La dynamique est puissante et implacable. Comme  Célestine astique, range innocemment, déplace de menus objets, se met au lit épuisée,  s’habille et se déshabille mille fois pour le service ! Quel art consommé  de poser sa coiffe de domestique de mille façons  et  d’endosser les bretelles de son tablier immaculé par-dessus une robe sévère dont le boutonnage rappelle ceux des noirs habits ecclésiastiques.

Le personnage, une vraie réjouissance littéraire, est incarné par une  comédienne en armes, une vraie  vedette en la matière.  Stéphanie Moriau, joutant avec elle-même, est passée maître dans le pouvoir narrateur, l’enchaînement des flashbacks les changements de ton abrupts. La comédienne possède  l’art de  ballotter le spectateur entre le chaud et le froid. Faisant miroiter sans aucun répit  les tonalités sombres ou rebelles de Célestine, elle  lui sert le poison  des souvenirs amers, douloureux,  parfois  même totalement effroyables, à la façon d’une cynique prestidigitatrice. La complicité entre Stéphanie Moriau et la metteuse en scène Danielle Fire est évidente.

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Malgré l’huis-clos, on en a plein les yeux. L’imaginaire  prend alors  ses quartiers  dans cette petite ville de  Normandie où  Célestine a échoué -pourquoi- ? Par ses yeux on  contemple la richesse véreuse  d’une demeure que l’on appelle château, on s’attarde chez l’épicière ou la mercière, on parlotte avec les voisins, on surprend les secrets sordides des alcôves, des monastères et des églises. On court à Ostende (la honte !) et on se retrouve  à Cherbourg, en fin de parcours, là où  Célestine a achevé sa métamorphose et  s’avère pire  que toutes ses dénonciations! La chaleur suffocante de la dernière scène fait froid dans le dos et rappelle étrangement  les  conclusions désabusées de l’auteur Georges Orwell dans  son «Animal Farm».

 

journal-web-200x300.jpg?width=394du Mercredi 24 Février au Dimanche 13 Mars 2016

LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Octave MIRBEAU

Figure tragique du début du XXème siècle, Célestine, quitte Paris pour la province et entre au service de riches bourgeois. À travers son journal, elle brosse avec humour l’étrange galerie de portraits et d’événements qui colorent son quotidien.

Son attirance pour l’énigmatique jardinier cultive l’intrigue jusqu’à la fin…

Avec : Stéphanie MORIAU

Mise en scène : Danielle FIRE

Décors : Noémie BREEUS

Création lumière & Régie : Sébastien COUCHARD

Représentations du Mardi au Samedi 20h15, Dimanche à 16h

Durée du spectacle : 1h25 sans entracte

LE 8 MARS : JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES 

Débat après la représentation

 Avec : Danielle FIRE (Metteur en scène), Stéphanie MORIAU (comédienne)

&  

Thilde BARBONI (Psychologue clinicienne, Professeur à L’Université de Mons et Écrivain)

ANIMATIONS SCOLAIRES  conçues autour de l’œuvre de Mirbeau et proposées en classe avant ou après la représentation. Réalisées par la comédienne, elles sont vivement conseillées pour favoriser l’intérêt, l’écoute et la compréhension des élèves durant le spectacle. Et, un dossier pédagogique, spécialement conçu, est envoyé dès la réservation de l’animation. Il est possible d’organiser les animations au théâtre, complétée d’une visite guidée.

Ces animations sont gratuites pour les écoles de la Région de Bruxelles-Capitale, sinon 8€ par élève à partir de 10 élèves. Vestiaire obligatoire compris.

La place est offerte au professeur accompagnant le groupe.

Cette année, les animations s’inscrivent dans le cadre de la Journée internationale des Femmes, la richesse du texte de Mirbeau offre très nombreuses ressources pour les outils pédagogiques.

Instaurée pour souligner les progrès en terme d’égalité, la journée met aussi en relief les nombreux défis pour une véritable parité des sexes à l’échelle mondiale.

Le 8 mars 1917, les femmes russes ont réclamé du pain et le retour de leurs maris, dont deux millions étaient morts durant la Guerre 14-18. En 1921, Lénine décréta le 8 mars Journée des femmes, les Nations Unies l’officialisèrent en 1977. La 1ère  journée Internationale des femmes eut lieu  en 1975.

 

 http://www.comedievolter.be/

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Le rêve en héritage

Poètes et compositeurs
Entendent des chants romantiques,
Quand leur esprit les mène ailleurs,
En des espaces mélodiques.

Le rêve d'amour de Verlaine
Est demeuré attendrissant;
Il laisse deviner sa peine.
Celui de Liszt est frémissant.

Hommage à ceux qui ont capté
L'harmonie, ardente ou légère,
D'une symphonie écoutée,
Chargée d'un fascinant mystère.

C'est un héritage sans prix
Que nous ont légué des rêveurs.
Leurs oeuvres transcendent la vie.
On les accueille avec ferveur.

28 février 2016

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12273146501?profile=originalDes siècles et des siècles en contemplation…

Avant même de pénétrer au cœur de notre sujet, attardons-nous un peu, si vous le voulez bien, à l’histoire de cette mystérieuse contrée. Quant à moi, géologie, art et histoire, voilà un cocktail qui me convient.


     Le paradoxe de la Cappadoce, c’est qu’elle fut toujours un lieu de passage ou un lieu de repli. Les invasions s’y sont succédées, les influences mêlées, les échanges développés. Tout à la fois plaque tournante et havre de paix propice à la protection comme à la méditation dans ses vallées reculées.

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     La Cappadoce, le « Pays des beaux chevaux » pour les Perses, est une terre contrastée née du feu et de la cendre.
Des nuées pyroclastiques, issues des volcans environnants, les monts Erciyes, Hasan et Göllü, déposant un tuf (ignimbrite) plus ou moins poreux, alternant avec des émissions basaltiques laissant, érosion aidant, des vallées profondes, plateaux et cheminées de fées.


12273148652?profile=originalLe mont Erciyes culmine à 3916m.
Cest l’Argyros, l’Argenté, ou Argée des Anciens.

12273148689?profile=originalCheminées de fées, plateaux et vallées profondes, la Cappadoce...

     C’est ce tuf qui a permis, pour ceux qui n’étaient pas à la fête, de creuser cônes, surplombs ou sous-sol pour y installer des habitations troglodytiques ou des pigeonniers, couvents, ermitages ou églises rupestres, villages fortifiés ou villes souterraines.

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     Et c’est ce basalte, dur mais fractionné, qui a protégé ces niveaux de tuf tendre et coiffé ces demoiselles qu’on appelle cheminées de fées.

12273149081?profile=originalRegarde bien petit
Regarde bien
Sur la plaine là-bas…

     Des abris sûrs dans une terre volcanique, cela signifie aussi un riche limon qui a permis aux hommes de se sédentariser dès le néolithique.
Des gorges, des vallées, une plaine favorisent aussi le passage, les échanges de richesses, la conquête. Et là le bât blesse.
     Feu et cendres. La Cappadoce a connu bien des affrontements, bien des invasions. Hittites en tête, qui la colonisèrent dès le deuxième millénaire avant Jésus-Christ.
     Puis vinrent les Assyriens, les Phrygiens, qui volèrent aux demoiselles qui en étaient coiffées leurs bonnets, les Lydiens, les Mèdes, les Perses, ces derniers laissant à la Cappadoce son nom et une certaine autonomie. Elle devint même indépendante sous Ariarathe 1er qui prêtât pourtant allégeance à Alexandre le Grand. La région alors s’hellénise.
     Plus tard, alliée des Romains, Tibère l’annexe à l’Empire en 17. Petit à petit, elle se christianise, des monastères s’y implantent, qui correspondent à une première période artistique. A l'ascétisme des premiers temps succède un monachisme où la vie s'organise...

12273149300?profile=originalPrintemps, été, automne, hiver...

passent les saisons...

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... d'où surgiront les plus enthousiasmantes réalisations.

Que bientôt nous découvrirons...

12273150889?profile=originalGöreme et son Eglise Obscure où nous nous rendrons bientôt...


A suivre…


Michel Lansardière (texte et photos)

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administrateur théâtres

Histoires de ces gens-là, comme une lettre d'hier à aujourd'hui!

« Nous étions l’aile avancée d’un prolétariat qui rêve de ne plus l’être, mais n’entend pas pour autant s’arracher à ses racines. »

On reprend ces jours-ci au Varia (petite salle) "J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin" (novembre 2014) tirée du roman autobiographique "Spoutnik" de Jean-Marie Piemme, auteur wallon réputé. Malgré le titre prosaïque, on retrouve la grâce d’un siècle évanoui et la crasse d’un quartier pourri à Seraing, autour d’un instrument de production tari. Petite épopée sociale: l’histoire se répète, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle de la fermeture de Seraing avec celui d’Arcelor Mittal et la fin programmée du monde des usines, inéluctable et révoltante. Le décor très finement reconstitué fait penser à un chromo que l’on retrouverait sur une antique boîte à biscuit mettant en scène la belle et jeune ménagère des années 50 dans sa cuisine miteuse mais plus astiquée que jamais.

C’est là que s’invitent les madeleines des souvenirs et la polyphonie du jeu. Philippe JEUSETTE, épaulé par Virginie Thirion et les arrangements musicaux live d’Eric Ronsse, remonte le temps, se retrouve en culottes courtes, cerné par les attentes de sa parentèle ouvrière qui veille passionnément sur lui à feux croisés. Surveillance étroite, aucun relâchement vestimentaire n’est permis. La perte de l’enfance, de la croyance, survient lorsque la vie sarcastique de l’école primaire tue Saint Nicolas et ouvre la porte à toutes les désillusions. Mais les principes maternels sont inaliénables :

« Maman n’admettait pas l’impossible. Ou plutôt dans l’impossible elle voulait encore imaginer un possible. » « Il faut effacer aux yeux de tous qu’on vient de rien, qu’on n’est pas grand-chose, il faut effacer la basse extraction à nos yeux mêmes. » « L’image est tout ce que l’on a! »

Le récit à trois voix est émouvant et sonne juste. Pas de cris ni de violence pour dénoncer la violence de la jungle ouvrière, le ton est posé et d’autant plus crédible. «Il y a une aristocratie : celle de la production », disait le père! La voix de Philippe JEUSETTE est enveloppante. La mère résiste contre toutes les blessures. Sa mort prématurée sera  source de toute tragédie. Le spectateur se laisse guider avec complaisance à travers les décennies du siècle vécu et se prend d’amitié pour l’auteur Jean-Marie Piemme et les comédiens si soudés. On est réellement ému par l’humanité du propos. Et si tout ce qu’il raconte était fiction ? Quelle importance ? Comme le souligne l’auteur « Et si tout était inventé, qu’est-ce que cela changerait ? » Sauf pour les bâtisseurs d’espoir, pour qui, à l’instar de Boris Cyrulnik, le regard bienveillant est toujours gagnant et ce que l’on dit d’une expérience traumatisante, permet souvent de mieux en sortir!

Théâtre Varia

http://www.varia.be

rue du Sceptre, 78
1050 Ixelles

Adaptation et réalisation : Philippe Jeusette et  Virginie Thirion, comédiens

Composition musicale : Eric Ronsse /Scénographie : Sarah de Battice, avec l’aide de Philippine Boyard /Construction : Laurent Notte, Philippine Boyard, Margaud Carpentiers /Costumes : Elise de Battice /Réalisation des images : Bob Jeusette, Tawfik Matine /Création et régie lumière : Eric Vanden Dunghen/ Assistanat : Tawfik Matine

Un spectacle du Collectif Travaux Publics, avec le soutien du Conseil de l’Aide aux Projets théâtraux et du Théâtre Varia. Spoutnik est paru en 2008 dans la collection « Rivière de Cassis », éditions Aden.

http://www.demandezleprogramme.be/J-habitais-une-petite-maison-sans-grace-j-aimais-le-boudin-12358

 

Le texte de Jean-Marie Piemme : « J’ai des racines »

J’ai des racines. Elles enjambent la Meuse, s’accrochent à ses flancs. Et là où un pont joint les deux rives, des fumées noires flottent sur les cheminées des aciéries comme autant de drapeaux crasseux. Je suis de ce pays-là. Je suis du pays de l’usine. Je le dis sans fierté. On n’est pas fier d’une poussière noire qui tombe en permanence sur les cahiers. On n’est pas fier d’un paysage de grisaille. On n’est pas fier de la dureté qu’on perçoit parfois dans les yeux des grands sans comprendre encore – car on est petit – le pourquoi de celle-ci. L’usine faisait peur à mon père. Il y a passé presque cinquante années. Manœuvre à quatorze ans (nous sommes avant la guerre 14), chef de l’atelier de construction mécanique à soixante (nous sommes au début des années soixante). Son fils à l’usine ? Non. Jamais. Même comme ingénieur (on ne disait pas cadre à l’époque). Pas l’usine. Jamais l’usine. Une de ses profondes satisfactions : n’avoir pas laissé sa femme y travailler, à l’usine, avoir tenu ma mère à l’écart de ce monde-là. Je suis du pays de l’usine. Je le dis sans fierté mais je le dis aussi sans aigreur. Car une fois sorti de ce pays, il n’est pas indifférent d’en avoir été l’habitant. Il y a comme un savoir qui vous vient de cette vie-là, un savoir que personne ne vous apprend. Un savoir, un filtre, un point de vue. Pas besoin de passer par de longues interrogations pour comprendre ce qu’est un rapport de classe. On le sait intuitivement, on l’a dans le sang. Un exemple ? Quand on entre à l’athénée et que pour la première fois on se trouve en présence d’enfants de la bourgeoisie, on comprend tout de suite, immédiatement, sans détour, sans délai, ce qu’est un rapport de classe. On comprend, on sait. On voit des doigts qui se lèvent pour répondre à la question qui est Molière, qui peut donner le titre d’une de ses œuvres, et vous, vos mains sont de plomb parce que, ce nom-là, jamais vous ne l’avez entendu prononcer, jamais. Molière ? Quoi Molière ? Qu’est-ce que c’est Molière ? Hé, celui-là, ce qu’il est bête, il ne connaît même pas Molière ! Je ne connaissais pas Molière et vous voyez comme la vie est ironique : c’est au milieu de cette ignorance qu’elle vous enseigne quelques vérités bien sonnées. Car enfin, des situations comme ça, c’est un sacré signal, ça vous alerte, ça vous jette de la clarté au visage. On appréhende la géométrie sociale, on appréhende en tous cas la position qu’on occupe dans le rapport de classes ! Mal placé. Très mal placé. Heureusement, on ne sait pas encore qu’on le sait, sinon quel découragement ! Mais on le sait, on le ressent. On le vit. Pas même besoin de souffrir une quelconque humiliation, être là suffit. Dans l’inculture des pas grand-chose. Dans leur silence. Dans leur vocabulaire basique. S’apercevoir que l’on parle de sujets dont on ne dit jamais un mot à la maison, que pour certains le monde n’a pas la même configuration que pour vous. Oui, on sait, ça brule, ça s’inscrit dans la chair avant de passer dans le cerveau. Quand on voit une manifestation dans la rue, on sait exactement de quel côté on est, même si on ne comprend rien aux banderoles et aux cris, même si on est en peine de dire pourquoi le rouge du drapeau est la couleur de la dignité, même si le père, pris entre sa position dans la hiérarchie et son appartenance viscérale au monde ouvrier est évasif sur les explications. On sait. Ce savoir-là, ce sont mes racines. J’ai su ce qu’était un gréviste avant de savoir ce qu’était un Belge ou un Wallon. Pourtant, j’usais du wallon dans la vie quotidienne. Mais ce n’était pas pour moi la langue de la Wallonie, c’était la langue de l’usine d’en face, celle qu’on parlait et que pourtant je ne pouvais pas utiliser parce que justement c’était celle de l’usine d’en face. Je suppose qu’un jeune français et un jeune anglais qui apprend sa langue maternelle la ressent comme naturelle. Ce n’est pas le cas d’un jeune garçon né dans le bassin serésien. Je ne pouvais pas utiliser le wallon, je devais utiliser le français, comment aurais-je pu résister longtemps à cette évidence : l’usage d’une langue n’est pas naturel, jamais naturel, l’usage d’une langue s’inscrit dans un champ de forces, vous inscrit dans un champ de forces. (…) Parle, et j’identifierais vite ta place approximative dans la division du travail, ton ancrage social, « le lieu d’où tu parles ». (…) Mon père avait décidé pour moi : non au wallon, oui au français, oui à la langue de l’ascension. Étrange situation d’un enfant dont les membres de la famille (père et mère notamment) parlent le wallon entre eux, mais le français avec lui, répétant en français, pour lui, ce qu’ils viennent de se dire en wallon et qu’il a parfaitement compris. Quand j’y repense, il y a là comme une bouffonnerie de la vie, une redondance à la Dupont et Dupond qui a fait de moi un étranger dans sa propre terre. Somme toute, ai-je été dans une situation tellement différente de celle des enfants italiens qui venaient d’arriver en Belgique et qui habitaient à côté de chez moi ? Eux aussi devaient se dépendre d’une langue pour en adopter une autre. Du moins, avais-je l’avantage sur eux de n’avoir pas à changer de culture. On m’a arraché d’une langue. Mais le déracinement est encore une racine, un trait violemment identitaire. (…) Les notions de trajet, de passage, de trahison me sont donc constitutives. Leur présence en moi témoigne d’un ébranlement profond dont j’ai enregistré le choc très tôt, et qui est devenu la chair même de mon existence. Ce sont autant de traits distinctifs de mon identité et je crois bien que ceux-ci sont visibles dans la plupart de mes pièces. La trahison aussi ? Oui, la trahison aussi. Qui ne trahit pas (un peu) son identité sera (beaucoup) trahi par elle. Ce n’est évidemment pas affaire de psychologie ou de morale. C’est juste une façon de dire qu’une identité qui se répète indéfiniment dans la pureté fantasmatique d’elle-même ne m’intéresse pas. (…) Mais alors comment vous définissez-vous ? Je suis du pays de l’usine, ai-je dit. Façon de signifier que je ne réclame pas d’autres traits identitaires que ceux que j’ai pointés plus haut. Mais vous êtes belge ? Oui, je suis Belge, mais la Belgique ne fait pas partie de mes racines. Où et quand ai-je connu la Belgique ? Enfant, je suis allé à Anvers visiter le Zoo ; à Bruges, en excursion scolaire ; jamais à Bruxelles. Bruxelles n’était rien, n’éveillait aucun imaginaire, aucune envie. (…) Je n’y mettrai pas les pieds de manière significative avant l’âge de 30 ans. (…) Laissons la Belgique. D’accord. Mais tout de même, la Wallonie ? À tout le moins, vous êtes wallon ? Oui, je suis wallon, mais la Wallonie ne fait pas partie de mes racines. Mons et Charleroi ou Namur me sont longtemps restées terres inconnues. J’ignorais tout de ces villes. (…)

Donc, finalement qu’est-ce que vous êtes ? Ce que je suis ? Disons un habitant d’Europe, de langue et de culture françaises né devant une aciérie, ça vous convient ? (…) Ce n’est pas parce que la Belgique n’a pas d’Histoire (et qu’est-ce que c’est la Belgique ? Et d’abord où est-ce ?) que les gens n’ont pas d’Histoire. (…) Et ceux qui sont nés là où je suis né ? Ils ont aussi une histoire. Elle est faite de luttes, de coups, de combats, de défaites, mais une défaite, n’est-ce pas, est encore une Histoire ? Croyez-vous que ce soit tout le temps « bien », l’Histoire ? Qu’il advient que du notable ? Une Histoire n’est pas toujours une bannière (tragique ou heureuse) plantée dans l’amas des événements remarquables, c’est souvent un nœud obscur fait de contradictions, de ratages, de réussites partielles, d’espoirs et d’illusions, en tous cas quelque chose qui arrive aux gens dans leur chair. Oui, dans la chair des gens, c’est là qu’il faut chercher l’Histoire, lorsque selon toute apparence celle-ci semble manquer. (…) Plutôt que jugée ou déplorée, une filiation doit être assumée. Elle demande qu’on la prenne à plein bras. Eh bien, retrouvons-le ce passé, retrouvons l’Histoire telle qu’elle a saisi les corps, leur donnant désirs, blessures et impulsions, l’Histoire toujours infirme, toujours boiteuse, l’Histoire dans ses contradictions, et disons simplement, sans forfanterie et sans désespoir : je suis fils ou fille de cette Histoire-là. (…) Qu’elle ne soit pas triomphale n’a finalement que peu d’importance. Elle a eu lieu pour moi, cette Histoire. Je suis venu au monde en elle, j’ai grandi en elle, c’est pourquoi il m’importe d’y revenir dans la sympathie. "

 

Extrait de la pièce : « Je suis né dans la cave, sous les bombardements. Il était trois heures et demie, c’était la sortie des classes, je voyais défiler les jambes des écoliers devant le soupirail. « Poussez ! » Quelqu’un a dit « poussez! » et ma mère a poussé. Moi, je n’en demandais pas tant mais sous l’effet du mouvement, j’ai été forcé de sortir la tête. Quel jour sommes-nous, ai-je dit ? Avant tout, je voulais me donner une contenance devant tous ces gens qui m’attendaient. Le 16 novembre, imbécile. Ça m’a vexé. Oui, ça m’a vexé que mon père me parle sur ce ton. Après tout, on se connaissait à peine. Trente secondes, au plus ! Illico, j’ai alors décidé de marquer le coup. Il fallait qu’il comprenne tout de suite que je serais un enfant difficile. Mon Papa, malgré l’émotion qui nous étreint tous, ai-je dit en crachotant une saloperie qui me collait aux gencives, je n’oublie pas ce que tu m’as balancé quand Maman t’a dit qu’elle était enceinte. Il avait grogné ! Il avait pesté! Il avait hurlé : je n’en veux pas, on a déjà le chien ! Ai-je dit que c’était la guerre ? Le maréchal Von Rundstedt menait la contre-offensive allemande entre Arlon et Bastogne. On n’avait pas grand-chose à manger et le chien moins encore. Alors vous comprenez, il a fallu s’en débarrasser, a dit mon père à l’accoucheuse. « Ça a dû vous faire quelque chose. Même si c’est des bêtes, on s’y attache », a répondu l’autre, juste au moment où ma mère, trouvant probablement le sujet de conversation trop scabreux pour moi s’était remise à hurler. »

Source : le dossier pédagogique : http://www.atjv.be/IMG/pdf/dp_j_habitais_une_petite_maison.pdf ;

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administrateur théâtres

Le duo mélisme à la Clarencière

12628548_10153951639050559_8206029575434360892_o.jpg Il est bien agréable de s'apercevoir que l'art lyrique attire de plus en plus de monde! Dès que la qualité est là, le public vient,  enthousiaste! Et pas seulement un public élitiste habitué à fréquenter les salles d'opéra.   Une vraie réussite ce pari musical  tenu ce soir-là à la Clarencière qui invitait le Duo Mélisme à se produire.

Nous assistions à des noces musicales exquises où l’art lyrique  rejoignait l’instrument pastoral par excellence, la flûte traversière dans un répertoire du vingtième siècle.

Les deux jeunes demoiselles  réussissaient le défi de jouer  un subtil jeu de cache-cache distingué et de subjuguer la salle entière de la Clarencière. Fermez les yeux et demandez-vous quel est l’instrument qui prédomine : la voix humaine ou le flutiau? Il est parfois difficile de distinguer... C'est sans doute ce que l'on appelle le mélisme? A moins que le rapport soit au miel du texte empreint d'hellénisme: "Le sang des pavots, l'éblouissante  blancheur  des cheveux de pierre ondule comme des vagues marines..."

On est frappé par leur pratique chevronnée et la recherche passionnée de perles rares du 20e siècle  qui réunit  des pièces pour soprano soutenues par une unique flûte, cocktail inédit qui intrigue intensément. Le répertoire  très éclectique joue sur une variété de sonorités musicales et linguistiques accordée sur une même couleur, sorte de nervure musicale qui relie les deux musiciennes. La diction  de la soprane, Gwendoline Spies,  est  impeccable, quelle que soit la langue de la poésie.  12473635_970468023019276_5005389728661802676_o.jpg

La connivence joyeuse des partenaires musicales  contribue au  plaisir que le duo communique. Doublages, cadences, solos, tout s’enchaîne avec élégance et  charme.  Etonnamment, c’est parfois  la soprano qui donnera le La à la flûte, Adélaïde Baranger, en toute liberté.  Belles musiques raffinées, échevelées,  que l’on a le plaisir de découvrir, mais en serait-il autrement  avec des jeunes recrues diplômées du Conservatoire si passionnées?

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Peu de jeu scénique mais un concert de proximité dans ce laboratoire artistique caché au 20 de  la rue du Belvédère, juste derrière l’immense  paquebot du Flagey. Mais, Adélaïde Baranger, à la flûte traversière, a une paire d’yeux et un souffle enjoué qui vont de la partition à la partenaire sur une invisible onde de douceur que l'on ne peut s'empêcher de suivre  au gré de la musique. Et ce concert de souffle et de  bouches se savoure avec les yeux et les oreilles. Gwendoline Spies,  la soprano lui répond dans un superbe entrelacs d’harmonies perlées  et de confiantes vocalises. Certes,  le parcours de ces deux jeunes femmes solaires est fort  à suivre car elles regorgent  d'amour de la musique et de bienveillante générosité. 

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Crédit photo: Copyright Sylvia Huang

Programmation :


Monique Gabus, Quatre Esquisses grecques 
I- Sapho
II-Epitaphe de Seikilos
III-Chanson
IV-Vocalise

Albert Roussel, Deux poèmes de Ronsard I- Rossignol, mon mignon (3'50)
II-Ciel, Aers et Vens (2'50)

Peter Escher Naga-Uta op.48
(Praeludium - Jubel - Dauernde Erinnerung - Tagelied eines - Madchens - Erregunge - Die verlassene - Blutenschnee - Interludium - Der Liebeslaut - Bei Betrachtung des Mondes -
In Erwartung + Postludium)

Pause

André Caplet, Ecoute mon coeur

Jacques Ibert Deux stèles orientées I- Mon amante a les vertus de l'eau...
II- On me dit...


John Corigliano, Three Irish Folksong settings I- Salley Gardens
II-The Foggy Dew
III- She moved Through the fair

Tout public : Le samedi 20 février 2016 à 20h30

P.A.F. : 15 € - étudiant : 10 €- Article 27 : 1,25 €

Rue du Belvédère 20 1050 Bruxelles

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LES MIROIRS NE SONT PLUS MAGIQUES

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Un écrivain tchèque, Jan Lentcho a écrit : "BYF n'est en aucun cas un auteur mono-thématique." Son dernier recueil de nouvelles "Les miroirs ne sont plus magiques" contenant dix nouvelles, en est une nouvelle preuve.

Son regard critique sur notre société la porte souvent à la satire On la retrouve ici sur un ton tantôt persifleur, tantôt goguenard.Mais, de l'humour, l'auteur passe à la tendresse ("Mirette")., de la tendresse à la fantaisie dans "Rosa et Gaspar- le- Furet", de la fantaisie à l'émotion avec "L'exilé". Et, comme toujours, BYF reprend son interrogation sur le sens de la vie qui, ici, sera soulevé par les animaux d'une réserve.

Les animaux s'imposent encore dans d'autres nouvelles, et ils en disent de belles sur les humains..

Auteure de treize recueils de poèmes, d'un roman, de deux recueils de nouvelles, de deux essais, et de pièces de théâtre, BYF est une auteure prolifique..

La majorité de ses oeuvres présentent un dénominateur commun : une critique souvent virulente de notre monde dans ses dimensions sociales, économiques et politiques.

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A L'ECOUTE D'UN POEME...

Fermer les yeux pour écouter

Pour ressentir jusqu'aux tréfonds

Pour de chaque mot s'imprégner

Et en analyser le son...

Simples et anodins, tout ronds!

Acerbes, âpres, désespérés

Mots se déclinent sur tous les tons

En espérant nous submerger!

Si l'émotion est en partage

Et mène du sourire aux larmes...

C'est qu'elle nous renvoie des images

Qui nous interpellent et nous charment...

A l'aveugle pour quelques instants

On s'est juste laissé porter...

On a donné du temps au temps

On s'est enfin permis de rêver!

J.G.

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administrateur théâtres

Le Duo Mélisme,
Adelaïde Baranger et Gwendoline Spies 
au Festival des Mini-classiques
Festival de fin d'hiver 
Production : L'Etrier

 

C'est l'hiver, on le sait et on le sent. Mais qui dit hiver dit regroupement, dit échange et découverte des talents, de culture et de nouvelles sensations musicales !
Dans l'ambiance de cette saison unique, pourquoi ne pas vous réchauffer et vous laisser porter par les rythmes et les mélodies d'une flûte traversière et d'une voix chantée ? 
Cette fois dans le cadre des Mini-Classiques, le duo Mélisme sera des nôtres pour un concert original et surprenant !

LE DUO MELISME :
Mélisme, un duo complice où flûte traversière et voix, proches dans leur expression lyrique, leur tessiture ainsi que leur conduite mélodique, n'hésitent pas à échanger leurs qualités respectives. Alors que la voix chante comme un souffle, la flûte parle...
La voix de la Soprano Gwendoline Spies viendra ajouter des mots à cette rencontre mélodique exprimant ainsi les subtilités muettes du jeu de flûte d’Adélaïde Baranger.
Toutes deux, virevoltant entre des notes communes mais avec leurs timbres et couleurs propres, vont établir, à travers des oeuvres des XXème et XXIème siècles, la connexion entre leurs deux registres aigus.
C'est avec cet original dialogue que le duo Mélisme vous propose d'entrer dans cet univers intime, sensuel et plein de poésie…

Les Mini-classiques

Conçus par l’étrier asbl, le festival des Mini-classiques s’est défini comme point de mire de donner un espace scénique à des musiciens parfois en recherche de prestation, ainsi qu’à des personnalités du milieu de la musique classique, qu’ils soient professeurs ou musiciens d’orchestres, permettant ainsi leur rencontre. Il souhaite démocratiser la musique classique à tous. Les mini-classiques mettent un point d’honneur à la variété des instruments représentés : des saxophones au luth, en passant par le viole de gambe, la harpe, la flute alto et le violoncelle. Ainsi, un échange se produit avec le public, qui peut varier ses sensations au rythme des instruments. 
Créés début 2014, ils se basent sur un esprit de propagation et de l'élargissement de la culture et des arts de la scène en promouvant des jeunes artistes de tous horizons.

www.gwendolinespies.com

Présentation de la soirée par Pascale Vanlerberghe, 
animatrice des émissions Classic Box et La Fièvre du Samedi soir sur 
Radio Classique RTBF

 
RESERVATION EXCLUSIVEMENT EN LIGNE SUR WWW.LACLARENCIERE.BE ;
 
AVEC LE SOUTIEN DE LA COCOF ET DE LA FONDATION MARINETTE DE CLOEDT
Programmation :


Monique Gabus, Quatre Esquisses grecques 
I- Sapho
II-Epitaphe de Seikilos
III-Chanson
IV-Vocalise

Albert Roussel, Deux poèmes de Ronsard I- Rossignol, mon mignon (3'50)
II-Ciel, Aers et Vens (2'50)

Peter Escher Naga-Uta op.48
(Praeludium - Jubel - Dauernde Erinnerung - Tagelied eines - Madchens - Erregunge - Die verlassene - Blutenschnee - Interludium - Der Liebeslaut - Bei Betrachtung des Mondes -
In Erwartung + Postludium)

Pause

André Caplet, Ecoute mon coeur

Jacques Ibert Deux stèles orientées I- Mon amante a les vertus de l'eau...
II- On me dit...


John Corigliano, Three Irish Folksong settings I- Salley Gardens
II-The Foggy Dew
III- She moved Through the fair

Tout public : Le samedi 20 février 2016 à 20h30

P.A.F. : 15 € - étudiant : 10 €- Article 27 : 1,25 €

Rue du Belvédère 20 1050 Bruxelles

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administrateur théâtres

12273150671?profile=original17 et 21 février ’16 — 20:00

ADRIANA LECOUVREUR

Le sujet est puisé dans la rivalité, historiquement authentique, qui opposa la Princesse de Bouillon et la fameuse actrice Adrienne Lecouvreur, célébrée par Voltaire. Opéra en quatre actes, musique de Francesco Cilea, livret de Arturo Colautti, d'après la pièce Adrienne Lecouvreur (1849) d'Eugène Scribe,  l'un des auteurs dramatiques les plus joués du XIXe siècle, en France et dans le monde.  Créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902. Eugène Scribe est aussi l’auteur du livret de « La Muette de Portici ». Suite à une représentation en août 1830 de cet opéra à Bruxelles, des troubles éclatèrent qui allaient, quelques semaines plus tard, conduire à notre Révolution belge.

Un personnage réel

Fille d'une blanchisseuse et d'un ouvrier chapelier (Robert Couvreur, homme violent et alcoolique), elle vient à Paris, son père s'établissant dans le voisinage de la Comédie Française. Après être confiée aux filles de l'instruction chrétienne, Adrienne Couvreur intègre une petite troupe de comédiens. Elle séduit un officier de la garnison, Philippe Le Roy, avec qui elle a une petite fille, Élisabeth-Adrienne, baptisée le 3 septembre 1710. Adrienne se fait remarquer lors de ses débuts dans la cour de l'hôtel de Sourdéac. Le doyen de la Comédie Française Le Grand s'entiche d'elle, lui donne des cours de diction et ajoute un article à son patronyme qui devient Lecouvreur. Elle entre dans la troupe de la Comédie-Française et y joue pour la première fois dans Mithridate de Jean Racine le 14 mars 1717. Elle veut jouer Célimène dans Le Misanthrope, mais doit y renoncer, le public refusant de la voir dans un rôle de comédie tant elle excelle dans la tragédie. Elle innove en renonçant à la diction chantante traditionnelle dans la tragédie et adopte une déclamation « simple, noble et naturelle ».Elle collectionne les amants : elle a en 1720 une liaison amoureuse avec Maurice de Saxe, ce qui lui vaut la haine fatale de sa rivale, Louise Henriette Françoise de Lorraine, duchesse de Bouillon, femme d'Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne, et avec Voltaire dont elle interprète plusieurs tragédies. En 1730, sa santé se délabre ; elle s'évanouit pendant une représentation. Elle fait encore l'effort d'interpréter Jocaste dans l'Œdipe de Voltaire, mais meurt peu après. Le bruit court qu'elle a été empoisonnée à l'instigation de la duchesse de Bouillon. Voltaire demande une autopsie, dont les résultats ne sont pas concluants. Les comédiens étant frappés  d’excommunication, l'Église lui refuse un enterrement chrétien. Elle est donc enterrée à la sauvette par des amis du maréchal de Saxe et de Voltaire, dans le marais de la Grenouillère (actuel Champ de Mars). Voltaire, scandalisé, exprime son indignation dans le poème La Mort de Mlle Lecouvreur :

Et dans un champ profane on jette à l'aventure
De ce corps si chéri les restes immortels !

Dieux ! Pourquoi mon pays n'est-il plus la patrie
Et de la gloire et des talents ?
 

Paris, 1730. Adrienne Lecouvreur, célèbre actrice de la Comédie-Française, affronte une forte concurrence sur scène et en amour. Sa vie mouvementée se termine prématurément, dans des circonstances suspectes – une fois de plus, le monde impitoyable de l’art a détruit une âme pure. Cette histoire réelle a inspiré à Scribe et Legouvé une pièce de théâtre à succès qui, un demi-siècle plus tard, devient Adriana Lecouvreur, le chef-d’oeuvre de Francesco Cilea. Sa partition vériste offre un mélange entre la spontanéité mélodique de l’école napolitaine et l’écriture harmonique et orchestrale raffinée de facture française. « En art, l’italianità a toujours été la norme pour moi : certes modernisée, mais jamais étouffée ni déformée », tel est le credo artistique de Cilea. L’italianità est entre de bonnes mains avec le chef Evelino Pidò, fougueux défenseur de ce répertoire.

12273150689?profile=originalCOMPOSITEUR ET ŒUVRE 

En 1717, une jeune comédienne du nom d’Adrienne Lecouvreur entrait à la Comédie-Française et devenait une des meilleures tragédiennes de la troupe. Elle devenait également la maitresse du Maréchal de France Maurice de Saxe, ce qui devait lui vouer la haine implacable de sa rivale, la duchesse de Bouillon. Sa fin prématurée incita Voltaire à réclamer une autopsie sans résultat probant. De ce fait divers authentique, Eugène Scribe et Ernest Legouvé devaient tirer des décennies plus tard, en 1849, une pièce de théâtre qui inspira au compositeur italien Francesco Cilea (1866-1950), touché par la « variété de l’action et le mélange du comique et du dramatique ainsi que par l’amour passionné des protagonistes », son quatrième opéra Adriana Lecouvreur. Au contraire de nombreux contemporains, Francesco Cilea n’est pas un auteur prolifique. S’il fait preuve d’un talent précoce pour la musique qui le fait admettre au Conservatoire de Naples dès l’âge de 15 ans, il compose peu pour le genre lyrique et bien qu’il ait vécu jusqu’à l’âge de 90 ans, il cesse définitivement après 1907. Ses biographes attribuent la mélancolie qui habite souvent ses compositions au choc profond ressenti à la mort prématurée de ses parents. Il mène en parallèle sa carrière de compositeur et de professeur et directeur de conservatoire, et meurt en solitaire à Varazze où il s’est retiré.

Ecrite en 1899, Adriana Lecouvreur est une version romancée de la vie de la tragédienne, un imbroglio d’épisodes et de drames amoureux qui se clôt sur un dénouement fatal. Amoureuse de Maurice qu’elle croit être officier du comte de Saxe, Adriana est aimée sans espoir par son directeur Michonnet. Le prince de Bouillon est l’amant d’une autre actrice, la Duclos, elle-même servant d’entremetteuse entre le comte et la princesse de Bouillon ! Le drame va se nouer au cours d’une fête organisée par le prince et, de nombreuses péripéties plus tard, la rivalité entre les deux femmes touchera à son comble quand la princesse, par dépit, enverra des fleurs empoisonnées à Adriana qui s’éteindra dans les bras de son amant.

L’opéra est créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902 avec le grand Caruso dans le rôle du comte de Saxe, et Angelica Pandolfini dans celui d'Adriana. Mais c’est Magda Olivero, grande soprano éteinte récemment à l’âge de 104 ans, que le compositeur considérera comme l’interprète définitive de son personnage, au point de lui demander en 1951, alors qu’elle s’est retirée de la scène depuis 10 ans, de reprendre le rôle. 

Bien que le livret soit parfois confus, de nombreuses péripéties secondaires venant perturber l’intrigue principale, il n’en reste pas moins que Cilea a écrit là un puissant mélodrame conjuguant habilement romantisme et vérisme. Son style mélodique très napolitain se teinte d’influence française. L’orchestration est limpide et l’écriture vocale très nuancée, de la légèreté brillante de l’opera buffa à l’expression la plus profonde du drame. Cilea utilise des motifs récurrents qui viennent caractériser chaque personnage, une cantilène passionnée et juvénile pour Maurizio, et, opposé au motif sombre et rythmé de la princesse de Bouillon, le thème tendre, mélancolique et emprunt de spiritualité d’Adriana. De l’air d’entrée au final, les arias de l’héroïne transmettent une émotion qui bouleverse toujours.

Texte D’Isabelle Pouget 

ORCHESTRE SYMPHONIQUE et CHŒURS DE LA MONNAIE

Evelino Pido direction – Martino Faggiani chef de chœur – Lianna Haroutounian Adriana Lecouvreur – Leonardo Caimi Maurizio – Daniela Barcellona La Principessa di Bouillon – Carlo Cigni Il Principe di Bouillon – Raúl Giménez L'Abate di Chazeuil – Roberto Frontali Michonnet – Maria Celeng Madamigella Jouvenot – Maria Fiselier Madamigella Dangeville – Alessandro Spina Quinault – Carlos Cardoso Poisson – Bernard Giovani Un Maggiordomo

http://www.lamonnaie.be/fr/opera/574/Adriana-Lecouvreur-in-concert

                                                                              REPRÉSENTATIONS

17 Février 2016  20:00

21 Février 2016  16:00

 

PALAIS DES BEAUX-ARTS

 

PRODUCTION La Monnaie / De Munt, CO-PRÉSENTATION Bozar Music

 

INFO & BILLETS | + 32 2 229 12 11 - MMTickets, 14 rue des Princes, 1000 Bruxelles - www.lamonnaie.be - tickets@lamonnaie.be

REPRESENTATIONS : PALAIS DES BEAUX-ARTS | + 32 2 507 82 00 - 23, rue Ravenstein, 1000 Bruxelles - www.bozar.be

 

INTRODUCTION | Une demi-heure avant les spectacles

 

DIFFUSION RADIO | Musiq’3 (date à préciser) et Klara (samedi 26 mars 2016) 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

 

Espace Art Gallery vous présente sa programmation :

 

Vernissage le 27 janvier et finissage les 13 et 14 février 2016 (voir ci-dessous)

&

Vernissage le 17 février et finissage les 05 et 06 mars 2016 (voir plus bas)

&

Vernissage le 09 mars et finissage les 26 et 27 mars 2016 (voir prochain mail)

 

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 28/01 au 14/02/2016 l’exposition  événement des artistes suivant : Igor Tcholaria (Géorgie) peintures, Angelo Oliva (Ch) peintures et Christian Bajon-Arnal (Fr) peintures. 

 

Le VERNISSAGE a lieu le 27/01 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE de l’exposition a lieu les 13 & 14 février  2016  de 11h 30 à 18h 30. Vous aurez bien sûr le verre de l’amitié pour vous accueillir.

 

 

Igor TCHOLARIA (Géorgie) peintures

« La magie des couleurs »

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous annoncer la venue dans ses murs de l’artiste international Igor Tcholaria du 27 janvier au 14 février 2016. Ce peintre est bien apprécié auprès des galeries internationales. Ses œuvres font parties de prestigieuses collections privées entre autres Pavarotti, Christian Dior, Galiano, Claudia Schiffer, Pierre Richard, Gérard Depardieu, Le Queen Marry II, Volvo et l’hôtel le plus renommé de Londres Mayfair Hotel… Il est également présent à Lineart à Gand ainsi que dans les Millionnaires fairs à Amsterdam, Moscou, Rome…

 

Igor Tcholaria est un artiste immensément talentueux et possède une force créatrice inépuisable. C’est un magicien de la couleur. En réalité il ne renonce pas à son origine géorgienne : il ressent la vie comme une fête et en même temps comme un drame. Son imagination renouvelle et transfigure merveilleusement le monde de la danse, du ballet, du cirque avec sa cohorte de personnages tels que les clowns géniaux, musiciens angéliques et délicats, acrobates et célestes voltigeurs. Dans les tableaux du maître, tout devient mouvement et couleur, grâce et élégance. La phrase de Cézanne « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » convient parfaitement à définir ses créations.

 

Igor Tcholaria est né à Ochamchiry – petite ville de l’Abkhazie (Géorgie, URSS) – en 1959. À l’âge de 12 ans sa famille découvre son talent et il est envoyé à Sukhumi capitale de la Géorgie pour étudier à l’école d’art. En 1976 il va à Leningrad et entre à l’Académie d’art. 

 

Il vit et travaille en Russie à Saint-Pétersbourg et a participé à plus de 60 expositions dans le monde entier. Vous pouvez voir cela sur son site Internet : http://www.tcholaria.com

 

Angelo OLIVA (Ch) peintures.

 « Couleurs vives »

 

Christian BAJON-ARNAL (Fr) peintures.

 « Butterfly palette »

 

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

 

Louis de VERDAL (Fr) sculptures

 

Exposition du 28 janvier au 14 février 2016.

 

INVITATION AU VERNISSAGE

 

Le mercredi 27 janvier de 18 h 30 à 21h 30.

Drink de bienvenue et petits sandwichs fourrés.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

 

*****

 

Vernissage le 17 février 2016 et finissage les 05 & 06 mars 2016

 

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 18/02 au 06/03/2016 l’exposition  événement des artistes suivant : Victor Barros (Equat) peintures & sculptures et Vladimir Boustami (Be) photographies et un collectif d’artistes internationaux.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 17/02 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE de l’exposition a lieu les 05 & 06 mars 2016  de 11h 30 à 18h 30. Vous aurez bien sûr le verre de l’amitié pour vous accueillir.

 

 

Victor BARROS (Equat) peintures & sculptures

« Vibrations Cosmiques »

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous annoncer la venue dans ses murs de l’artiste international Victor Barros du 17 février au 06 mars 2016. L’artiste constamment en mouvement, sans cesse à la recherche d’un équilibre, triste et révolté par l’injustice dans le monde mais toujours tourné plein d’espoir vers l’avenir. L’œuvre de Barros a plusieurs aspects. Certains sont noirs et macabres, d’autres tendres et fragiles, d’autres amusants et légers. Sa maîtrise de la couleur lui permet souvent d’atténuer les aspects les plus durs et d’adoucir la tristesse devant la souffrance et la mort. Barros voit la vie comme une divine comédie. Des réminiscences du carnaval et des personnages du cirque apparaissent donc souvent dans ses œuvres. Une apparence d’allégresse et d’exubérance voilent souvent la tragédie et le drame.

 

Bien que sa formation et son évolution se voient déroulées en Europe. Barros n’a jamais renié ses origines : l’Amérique Latine, les Tropiques et les Incas. Il s’est gardé de se laisser complètement assimiler par le schéma culturel occidental et est resté fidèle à ses racines. C’est ce qu’attestent ses scènes préférées : le soleil et la lune, les réminiscences des divinités et des magiciens Incas, les chevaux sauvages et les oiseaux tropicaux.

 

C’est ce que montrent aussi certains personnages, tels que les cannibales, représentés avec une tête monstrueuse et couverts de décorations qui rappellent des personnages de dictature militaire. C’est ce que montrent aussi, enfin, les couleurs jaillissantes et violentes, comme le paysage équatorien, où le soleil dessine de violents contrastes : fines et claires comme des lacs, et peu à peu grises et noires sous l’influence de notre climat.

 

Victor Barros n’est pas seulement un Etre de la ligne et de la forme et un coloriste talentueux. Il est surtout un homme authentique, que la répression et l’injustice révolte, qui dénonce la corruption, la misère et la guerre, mais qui garde toujours une lueur d’espoir. Les œuvres de Barros sont plus qu’une simple décoration. Elles contiennent toutes une philosophie et un message et c’est cela qui les rend d’autant plus précieuses et universelles.

 

Infos : http://www.quefaire.be/exposition-de-victor-barros-585233.shtml

 

 

Vladimir BOUSTAMI (Be) photographies

« Constellations familières »

 

Moment musical proposé par

Randa-Sophie El Boustami à la Flûte traversière.

Elle interprètera cinq courts morceaux.

 

&

 

Un collectif international de la galerie : peintures & sculptures

 

Peintures

 

Chanon (Nl) « Inner Force of Nature »                                     

Christian Kubala (Fr) « La petite marre »*                                                       

Igor Misyats (Uk) « Poissons »                                                 

Ju Chou (CdS) « Les autres sont aussi moi »                            

Alexandra De Grave (Be) « Entrevoir »                                             

Alvaro Mejïas (Ven) « La Cancion del poéta »                     

Muriel Cayet (Fr) « Opus Mixtum »                                        

Cristian Sainz Marin (Esp) « There’s no place like home »             

Jacqueline Kirsch (Be) « Consolation » *

Christian Bajon-Arnal (Fr) « Femme Bleue III »**                                    

 

Sculptures

 

Pierre Content (Fr) « EL TORO »                                          

Carole Duffour (Fr) « Femme Lyre »                                        

Pierre Content (Fr) « Le Voyageur »                                      

Sophie – Mathilde Tauss (Fr) « Petit oiseleur »                       

Sophie – Mathilde Tauss (Fr) « Mère et l’enfant »                  

 

Les artistes en gras sont cotés

 

*Billet d’art de François Speranza qui sera publié par

Les Éditions d’Art EAG en mai 2016 recueil n° 4

**Idem mais publié en mars 2017 recueil n° 5

 

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

 

Louis de VERDAL (Fr) sculptures

 

Exposition du 18 février au 06 mars 2016.

 

INVITATION AU VERNISSAGE

 

Le mercredi 17 février de 18 h 30 à 21h 30.

Drink de bienvenue et petits sandwichs fourrés.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

INFOS ARTISTES ET VISUELS SUR :

 

Site de la galerie : http://www.espaceartgallery.eu

Le site de l’Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur

Le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)

Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery:  

Voir: http://ning.it/KHOXUa

Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :

Voir : http://ning.it/VpFh6C

La galerie est devenue éditrice d’art pour fêter ses 10 ans :

Voir : http ://www.espaceartgallery.eu/editions/

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        Voir:         http://espaceartgallery.eu

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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administrateur théâtres

Un ticket pour la Brunotie

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 L’hiver n’en  finit plus de sévir, vous mouille jusqu’aux os, et vous dégoûte de sortir ? Venez rire à en pleurer et rencontrer des personnages haut-en-saveurs que l’aimable Bruno Coppens soutire de son divan malin et vous a concoctés, pour l’espace d’un soir.  Marrez-vous, ne vous contentez plus de rire jaune d’oeuf. Esclaffez-vous orange amère, bidonnez-vous turquoise – il y aura  quelques têtes de turc au passage - gondolez-vous couleurs Venise, gaussez-vous caca d’oie, désopilez-vous gris souris. Vous en verrez de toutes les couleurs, chez ce rallumeur d’arc-en-ciel… Bruno Coppens décortique à toute vitesse le siècle à peine entamé, avec passion et justesse. Il ridiculise les euphémismes du langage « politically correct », pourfend les addictions  technologiques, déshabille les accros aux abdos, renvoie les  extrémismes dos à dos, ressuscite l’humain en un tour de mot.

 

 1218257466.JPGIl y a le décalage linguistique avec les enfants qui confondent Picasso et les voitures, les troubles du langage qui balancent tout de travers en vertu des grands sentiments, la solitude qui donne une âme humaine aux objets, le délire amoureux qui a peur de la Saint-Valentin, la patate story pour ceux qui n’ont pas peur de mâcher les mots, le ridicule qui, loin de nous tuer, nous rend plus forts (n’est-ce pas la Belgique?) ! Vous irez  aussi place Saint-Pierre écouter Le pape-a-dit ( en vertu des grands principes), vous frémirez de fierté devant  ce vieux savant qui enterra des statuettes antiques, vous pleurerez notre insouciance perdue, la fuite du temps et son inéluctable angoisse. Donc, tout n’est pas drôle!

 

Mais entre le Destin tout court et le Destin animé, Bruno Coppens choisit l’anima, la vie, la voix des mots, la fièvre du jeu, la récréation. T’es pas tout seul, Jef ! Nous aussi on rêve d’escrime! Bruno est visiblement « heureux-qui-communique » lorsqu’il  délire, le mot au bout de la langue, jouant avec son public ébaudi, comme s’il était à un dîner en ville!  Le bûcher des inepties du monde, allumé par ses jongleries verbales,  brûle alors à grand feu de joie. On  se réchauffe, on revit, on reverdit même à vue d’œil. Le printemps de la langue fait grimper la sève du rire au bon pays de la Brunotie. La jouissance verbale, le festin  phonétique s’installe pour deux heures de  friand plaisir. Essayez donc de trouver un bon mot moins bon que l’autre! Venez goûter des crêtes de rires sur poêle à (f)rire et vous en mettre jusque derrière les oreilles! Mais on vous prévient,  il sera très difficile, pour vous, comme pour lui, de s’arracher aux jeux de mots pléthoriques et à la très heureuse complicité d’un soir.

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http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=424&time=today

« De l’orfèvrerie ! Digne héritier de Raymond Devos. Une telle joie de vivre, on en redemande » (Pariscope)

« D’un enfant, Bruno Coppens a la spontanéité vive, le sourire innocemment charmeur et la poésie innée. Ses jouets sont les mots. Il les lance dans tous les sens, les dérange avec ironie, les transforme effrontément pour en faire des noeuds de mots qu’il sert et ressert à volonté au public. (Thierry Denoël/Le Vif –L’Express)

« LA VIE EST UN DESTIN ANIME »

Jusqu'au 05/03/16

 AU THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt 64-70 – 0800/944 44

Infos Réservations : 0800 / 944 44

Photos : Bruno Mullenaerts

      

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administrateur théâtres

Mais quel sujet terriblement sérieux et actuel que la survie des opéras, théâtres et arts vivants dans un monde culturel de plus en plus étranglé par les réalités économiques! Quant course au succès, il n'y a pas  affaire plus sérieuse, n'est-ce pas? 

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Si à notre époque, contrairement au 18e siècle, on fait l’économie de querelles de bouffons opposant le noble opéra séria aux morsures comiques de l’opéra qui se veut sédition, le discours de l’imprésario dans « L’Opera Seria » de Florian Léopold Gassmann,  est un vrai cri d’alarme pour que l’art survive, …au propre  comme au figuré.  Voilà la splendide voix de basse de Fallito (Markos Fink), interprétant  un directeur de théâtre que l’on nomme impresario en italien. Il est  cerné de toutes parts par ses chanteuses chamailleuses, imbues de leur virtuosité musicale  soutenues par leurs mères - tonitruantes vipères heureusement muettes*. Il est aux prises avec un  librettiste flagorneur et intransigeant sur la moindre virgule (Delirio/ Pietro Spagnoli ),  et avec un  compositeur tout aussi prétentieux, amoureux des moindres bémols de ses chansons enflées de  fioritures (Sospiro/ Thomas Walker). Il doit subitement faire face à (Passagallo/ Nikolay Borchev) et une invasion de danseurs de ballet qui lui tombent du ciel de Paris. Et comment gérer tout cela?  On vous recommande le duo de la  ballerine Hanna Al-Bender et son compagnon Maxime Melnik

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La vie d’artiste dans les coulisses nous est dévoilée à grand renfort de persiflage, de huées et de moqueries trempées dans le fiel ou le miel. La jalousie, l’hypocrisie, l’envie, et autres péchés capiteux s’emparent des protagonistes lâchés sur le plateau : ils répètent un spectacle devant être joué à la tombée du jour! Côté coulisses, elles se valent toutes! Les coulisses du pouvoir, celles des bureaux au faîte  des gratte-ciel, celles des salles de presse, de la salle des profs (de la basse-cour à l’université), celles des couloirs d’hôpitaux, et autres réseaux de chasse gardée n’ont  sans doute rien à leur envier. Les mêmes travers et les mêmes maux assaillent tous les hommes  et les femmes de notre planète sans exception. La portée est universelle.

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 Ce directeur bourgeois inquiet (Markos Fink) qui aimerait bien dormir sur ses deux oreilles et se retrouve à toute heure sorti de son luxueux plumard, il nous semble bien  pathétique,  coincé entre  sa peur panique de la dépense artistique  et celle de l’ombre de la  faillite. Mais vénal, empoisonné  et véreux comme tous ceux qui ont quelque pouvoir, il quittera en douce la Citadelle du théâtre, comme un fieffé coquin, abandonnant tout  ce beau monde à  ses sortilèges, en filant à l’anglaise avec la caisse, comme un vulgaire saltimbanque de villes du Far West.  Nul n’en doute: charité bien ordonnée commence par soi-même.

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 Nous avons donc aimé tout d’abord la musique  doublement parodique, revisitée par René Jacobs à la tête du B’Rock Orchestra : des sommets d’humour et de finesse, des timbres délicats, des sonorités de rêve, parfois troublées par des salves de caricature et  d’harmonies comiques  ou de  chaos organisé.  Le chef d’orchestre s’amuse énormément car le rire a déjà fait son nid  au cœur de la partition et il se prend même à chanter pour redonner le La à ceux qui l'ont perdu !  Le texte du livret de Calzabigi  pétille de faconde extravagante et de perfidie. Les couleurs lagunes prédominent dans ce carnaval raffiné et intelligent qui opère sur plusieurs plans, ce qui scéniquement donne de la magie aux glissements de décors,  et les chaises sont souvent musicales. Ajoutons différentes couches de ridicule qui se superposent les unes aux autres :  tantôt les noms sot-grenus des personnages et la gestuelle féroce gesticulée à souhait,  tantôt la nature grotesque des  admirables costumes de travestis,   mais aussi, la mise au point hilarante des  voix de fausset  si savamment imitées par les vedettes de vocalises en particulier,  le ténor Mario Zeffiri  et Alex Penda, la Détonnante Sonatrilla. Ajoutez à cela  la critique du genre épique poussée à son comble dans le troisième acte grandiose.  Et quelle mise en scène éblouissante  pour  toute cette  foireuse entreprise! A souligner, l’interprétation vocale ardente du librettiste Delirio par de Pietro Spagnoli, et  celle de Porporine par l’exquise Sunhae Im, si à l’aise en dauphin qui nargue les thons dans la lagune, une scène inoubliable.

 opera_seria_ii.jpg?width=163Mais bien sûr  nous avons adoré l’inénarrable scène de l’émeute live - de la pure perversion -  qui finit par  faire sorti de leurs gonds les spectateurs les  moins turbulents! On se plaît même à imaginer, que lors des répétitions du spectacle,  l'un ou l'autre  différend cocasse   a pu survenir entre René Jacobs, l’illustre oreille,  et le metteur en scène, Patrick Kinmonth  flanqué de  son comparse dramaturgique Olivier Lexa,   ...nécessitant soudain la médiation expresse du chef du théâtre en personne (Peter De Caluwe). sans pour autant aller jusqu'à mettre la clé sous le paillasson, bien sûr! Alors, la mise en abîme si bien orchestrée,  serait absolument parfaite!  

                                                                 Crédit photos: © Clärchen und Matthias Baus

 

* Magnus Staveland, Stephen Wallace et Rupert Enticknap

MUSIC: Florian Leopold Gassmann (1729-1774), LIBRETTO: 
Ranieri de’ Calzabigi (1714-1795) & Pietro Metastasio (or Trapassi, 1698-1782), 
commedia per musica ‘Opera seria’ (1796).


CAST: Markos Fink (bar-b, Fallito); Pietro Spanioli (bar, Delirio); Thomas Walker (ten, Sospiro); Mario Zeffiri (ten, Ritornello & Nasercano); Alexandrina Pendatchanska (sop, Stonatrilla & Rossanara); Sunhae Im (sop, Porporina & Rana); Robin Johannsen (sop, Smorfiosa & Saebe); Nikolay Borchev (b, Passagallo); Magnus Staveland (ten, Bragherona); Stefen Wallace (ten, Befana); Rupert Entiknap (ct-ten, Caverna);
Hanna al-Bender, Maxime Melnik and Kamil ben Hsaïn-Lachiri dancers;
Members of La Monnaie Symphonic Chorus; B’Rock Orchestra & Members of La Monnaie Symphony Orchestra; René Jacobs cond.
Patrick Kinmouth stage dir., set, cost.; Olivier Lexa dramat.; Fernando Melo choreogr.; Andreas Grüter light. 

http://www.lamonnaie.be/fr/opera/573/L-Opera-Seria

DATES: 09, 11, 12, 14, 16 and 17 Feb. 2016 
 
TICKETS :
rue des Princes 14 / B-1000 Brussels . 
tel.: +32 2 2291211 / fax: +32 2 2291384 
e-mail: tickets@lamonnaie.be
online ticketing: www.demunt.be/nl/tickets/573/1975/L-Opera-Seria

Box office  ‘Cirque Royal’:
rue de l’Enseignement 81 / B-1000 Brussels (Mon-Fri 10:30-18:00, or one hour before a performance). 
tel.: +32 2 2182015 

online ticketing: https://cirqueroyal.ticketmatic.com/addevent.php?a=zCk31bTsqxQ&e=l-kroaoqLE4&s=80cswBbInpo&l=nl

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administrateur théâtres

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Une  merveille d'humour et de musicalité pour terminer la saison: Voici venir ...de l’imagination en toute chose! Jean-Guy Lecat, le scénographe qui accompagne le metteur en scène Stéfano Mazzonis une fois encore, nous  explique que faire une énième représentation de « L’elisir d’amore » de Gaetano Donizetti n’allait pas sans chercher à innover  complètement et aller à la rencontre de l’imaginaire populaire. Quelle nouvelle boîte à musique choisir ?  Allait-il placer l’histoire au fin fond de la Chine antique, dans une tour de Manhattan, dans le Paris Belle Epoque, à Waterloo morne plaine? Bingo ! L’idée fertile et audacieuse à la fois lui vient d’installer l’intrigue légère - la pochade à vrai dire - au pays des dollars, dans un village de la belle époque du Far West! L’occasion de redoubler d’humour et de rires. 

 Vous verrez : un  shérif en chapeau étoilé, le saloon aux portes battantes, la rampe où l’on attache le piaffant cheval Sunshine (de Nathalie Trillet) , le croquemort qui ne cesse de mesurer ses cercueils, des brigands armés jusqu’aux dents, des Daltons emmenés à la prison boulet au pied, des dames de la campagne en robe empire, en crinoline ou en coiffes de la petite maison de la prairie menées par une généreuse Julie Bailly, des  vivandières de petite vertu, accrochées aux basques d’une garnison de militaires en costume bleu de la guerre de sécession.  Une délégation du  Moulin Rouge envoyée en stage de l’autre côté de l’océan.   De quoi constituer un chœur  extrêmement vivant, dirigé, pour la dernière fois hélas, par Marcel Seminara. L’élixir était de parfaite et rare qualité, et nous en aurions bien repris quelques rasades…

Lors de sa création en 1832 « La Gazetta di Milano »  écrivit : « Le style en est brillant, le passage du bouffe au sérieux est effectué avec des gradations surprenantes et les émotions sont traitées avec une véritable passion musicale… L’orchestration y est toujours brillante et appropriée aux situations. Elle révèle la main d’un maître et accompagne une ligne vocale tantôt brillante, tantôt vivante, tantôt colorée. Airs, duos, trios, morceaux d’ensemble, tant au premier qu’au second acte, tout est beau, très beau et fut très applaudi. Dire quel morceau est le plus beau serait une tâche bien difficile ».

 

Belcore, le joli cœur aux pectoraux bien saillants est interprété par un Laurent Kubla au meilleur de sa forme de surprenant superman et de belcantiste…Effets d’épaulettes, bouquet de fleur volé offert lors d’une demande en mariage expresse à la riche et capricieuse belle du Sud Adina (la sulfureuse Maria Grazia Schiavo), qui se complaît ...dans la lecture de Tristan et Yseult (Rires). Elle ne cesse de repousser avec railleries  les avances du timide Nemorino,  homme de rien, jeune paysan naïf, qui délire d’amour véritable pour elle.  Une interprétation très émouvante et poétique de ce personnage nous est fournie par  Davide Giusti. C’est craquant d’authenticité,  tant le drame vécu balaie  d'un coup la bouffonnerie de l’opéra. Ses duos avec la dulcinée sont pleins de rebondissements, au propre et au figuré. Ceux-ci sont figurés sur scène d’ailleurs, puisqu’un authentique  maître chien (Elodie Vercel)  s’évertue à taquiner son  pauvre chien (Guizmo) envoyé chercher et rapporter un gant batailleur. Malgré tout, cette activité sur scène ne distrait  nullement de la musique, elle la fait vivre de façon étincelante, dans un écrin d’humour et de joyeuse galéjade.

 

 

Et maintenant, le clou du spectacle : Adrian Sampetrean,  l’inénarrable  charlatan Dulcamara en chapeau rouge, costume à franges et lunettes de soleil Michael Jackson,  qui  promet à l’amoureux éconduit une nouvelle chance au travers d’un prétendu philtre d’amour... Vous le verrez pénétrer dans le village de Wallon Valley dans son équipage rutilant conduit par deux chevaux harnachés comme bêtes de cirque. Le tout dans un nuage de poussière et de cupidité aveuglante. Le charlatan des charlatans - un escroc à faire frémir la faculté - d’une stature extraordinaire, se gargarise de verbe, de vocalises et d’autosatisfaction, berne  un  village entier,  et abuse sans sourciller de la crédulité du jeune Nemorino tout en usant d'une certaine sagesse bachique. Mais si philtre il y a, il se trouve dans la cassette d’un notaire… « Il n’est pas de destin contraire qui ne puisse évoluer » chantent les pizzicati à tue-tête sous la conduite vive,  enthousiaste et harmonieuse de Bruno  Camanella  qui n’a pas hésité à injecter l’un ou l’autre « Old Mc Donald had a farm » joué sur clavecin. « Oublie ma froideur, je te jure un amour éternel ! » jettera la précieuse Maria Grazia Schiavo  dans un dernier air où brillent recettes et amour !   

 

Mais c’est l’air grave et tendre  de Nemorino « Una furtiva lagrima » Acte II sc 7 ... brodé sur harpe et basson, qui restera sans doute gravé dans nos cœurs, malgré les fous-rires dûs à la mise en scène et à la brillante scénographie. Ce dernier spectacle de la saison de L’Opéra de Liège est à la fois un clin d’œil sur la très brillante saison passée et une ouverture à encore plus de découvertes savantes et drôles pour l’année prochaine.

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/lelisir-damore

Saison : 2014-2015

Durée : 3h Langue : Italien  Direction musicale : Bruno Campanella  Mise en scène : Stefano Mazzonis di Pralafera  Chef des Chœurs : Marcel Seminara Artistes : Maria Grazia Schiavo, Davide Giusti, Adrian Sampetrean, Laurent Kubla, Julie Bailly

Nombre de représentations : 5

Dates : Du vendredi 19/06/2015 au samedi, 27/06/2015

http://www.opera-online.com/items/productions/lelisir-damore-opera-royal-de-wallonie-2015

Productions liées:

Dates de représentations 10 mars 2016 19:30:00

14 mars 2016 19:30:00

19 mars 2016 13:00:00

23 mars 2016 19:30:00

26 mars 2016 20:00:00

30 mars 2016 19:30:00

02 avril 2016 20:00:00

07 avril 2016 19:30:00

La distribution Aleksandra Kurzak Vittorio Grigolo Mario Chang Adam Plachetka Alessandro Corbelli Pietro Spagnoli Personnages de l'œuvre Adina Nemorino Nemorino Belcore Dulcamara Dulcamara -

See more at: http://www.opera-online.com/fr/items/productions/lelisir-damore-the-metropolitan-opera-2016-2016

 

 

 

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