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  "Les questions les plus intéressantes restent des questions: elles enveloppent un mystère. A chaque réponse, on doit joindre un "peut-être". Il n'y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive". Paroles extraites de "Oscar et la dame rose" de E-E. Schmitt, et l'on peut ajouter que les réponses fluctuent au fur et à mesure de l'évolution de nos pensées ou tout simplement de nos humeurs. Nos pensées ont une vie, donnent la vie: les questions sans réponse concrète alimentent notre réflexion sur le monde et nous-mêmes, Rainer Maria Rilke: "Soyez patient envers tout ce qui n'est pas résolu dans votre coeur et essayez d'aimer les questions elles-mêmes, comme si elles étaient des salles verrouillées ou des livres écrits dans une langue qui vous est étrangère. Ne cherchez pas les réponses maintenant car elles ne peuvent vous être données, vous ne seriez pas en mesure de les vivre. L'important, c'est de tout vivre! Vivez les questions maintenant! Peut-être serez vous alors progressivement capable, sans même vous en apercevoir, de vous approcher doucement des réponses." Rilke, a-t-il raison ou tort? Plus l'un que l'autre probablement et il y a le fait que nos pensées conditionnent considérablement les réponse, nos débuts de réponse.

  L'état d'esprit? Essentiel: l'un estimera qu'il n'est que poussière animée à sa naissance, avec le seul but, un but louable, de gagner sa vie par le travail quel qu'il soit; l'autre se verra un être doté d'une âme qui a la force de s'extraire de sa condition ou du quotidien dans le but de mener ce qu'il appellerait sa mission suprême.

  L'un stagnera, forçat d'une certaine manière, pour gagner sa croûte, réussira ainsi sa vie par sa persévérance et sa détermination, une réussite comme une autre; l'autre, animé intérieurement par on ne sait quel génie, évoluera, souvent en marge, s'élèvera, partagera ses idées, les développera, fera des adeptes, un autre type de succès qui sera surtout bénéfique pour lui-même, son âme, son esprit, son coeur, et il rayonnera intérieurement à faire pâlir d'envie les autres, la plupart ne comprenant probablement pas d'où vient cette motivation.

  La question sans réponse? Le premier, surtout préoccupé par ses investissements et ses comptes en banque, passera à côté de celle-ci, ne se posant que des questions pratiques, d'ordre matériel, éludant les questions existentielles la plupart du temps mais avec malgré tout un but souvent honorable: la constitution d'un capital. Le second, pas nécessairement plus intelligent mais habité par on ne sait quel diable du point de vue du premier, apportera avec le temps des esquisses de réponse, chercheur et aventurier de l'être dans l'âme. Une coexistence pacifique entre le premier et le second? Pas toujours malheureusement, la frustration aidant, des divergences émergeant quant aux réponses...

  Les Arts? Les Lettres? Les livres? Peuvent-ils apporter des réponses? Mark Twain: "Le danger, ce n'est pas ce qu'on ignore, c'est ce que l'on tient pour certain et qui ne l'est pas." Devrait-on laisser les livres clos? Ne pas les lire par crainte des réponses données qui ne nous satisferaient point, ou d'y découvrir des vérités qui n'en sont point? Schmitt a cette réponse, sur les livre clos, dans sa nouvelle "Un amour à L'Elysée": "Il en est des destins comme des livres sacrés: c'est la lecture qui leur donne un sens. Le livre clos reste muet; il ne parlera que lorsqu'il sera ouvert et la langue qu'il emploiera sera celle de celui qui s'y penche, teintée par ses attentes, ses désirs, ses aspirations, ses obsessions, ses violences, ses troubles. Les faits sont comme les phrases du livre, ils n'ont pas de sens par eux-mêmes, seulement le sens qu'on leur prête."

  S'écarte-t-on ici de notre sujet "les questions sans réponse"? Livre clos, esprit clos: pas de question soulevée, point de réflexion, point de réponse! La meilleure des solutions? L'ouvrir ou le laisser clos irrémédiablement? Voici une question qui a une réponse claire et nette, qui nécessite une réponse: un choix est à faire, ferme! S'ouvrir ou se fermer comme une huître? La réponse est en vous et, en théorie, qui cherche trouve...

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administrateur théâtres

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« Tout ce qui ne me transporte pas me tue. Tout ce qui n’est pas l’amour se passe pour moi dans un autre monde, le monde des fantômes. Tout ce qui n’est pas l’amour se passe pour moi en rêve, et dans un rêve hideux. Entre une heure d’amour, et une autre heure d’amour, je fais celui qui vit, je m’avance comme un spectre, si on ne me soutenait pas je tomberais. Je ne redeviens homme que lorsque des bras me serrent ; lorsqu’ils se desserrent je me fais spectre à nouveau. »

La Mort qui fait le trottoir (Don Juan), Acte II, scène 4

Henry de Montherlant


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Un concert dans un auditoire ? Mais oui, cela nous parle et nous rajeunit!  Le concert « A Musical Feast » à l’auditoire des sciences de Louvain-La -Neuve est sold out, une assistance impatiente attend  que la fête musico-nomique  commence. Les papilles d’écoute se pourlèchent déjà même si les sièges sont un peu durs et les tablettes sans syllabus. Le programme conçu par Daniel Lipnik est une entreprise audacieuse. Il nous présente dans son splendide florilège, un périple  à travers les  correspondances : tout, pourvu que l’étreinte de la musique et de la poésie nous fasse oublier notre statut de mortels.  Ce programme regorge de poésie, d’humanité et de feu prométhéen. Les jeux de lumière pendant le concert et les applaudissements de  salle comblée en témoignent.

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 Des rubans de choristes  se placent sur le plateau exigu déjà occupé par les musiciens, enfin le chef d’orchestre, Daniel Lipnik, le sourire musical aux lèvres salue brièvement avant de lever sa baguette pour entraîner l’effectif très imposant du chœur, de l’orchestre et des solistes! Les premier rangs sont dans la proximité immédiate de la Res Musica, comme on ne l’a jamais été, les derniers rangs jouissent d’une vue de théâtre antique. Chaque pupitre est bien visible, les bois sont vifs et charmeurs, les violons enjoués et plein de bravoure dans une salle dont l’acoustique musicale n’est pas la raison première,  l’orchestration très contrastée, cohérente, ferme et joliment expressive. Les choristes déploient toute leur noblesse vocale dans leur voyage de l'ombre à la lumière.

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La pente des gradins est forte et le regard que l’on a sur les musiciens et les choristes donne déjà un certain vertige. Il y a aussi le vertige inhérent au programme qui promène l’auditeur de Virgile à Mozart, en passant par Purcell, Haendel, Gluck, Montherlant, Rimbaud : « Ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient… »  . L’antiquité et ses mythes tissent des liens indestructibles avec les grandes figures de la musique classique. Quatre solistes  de tout premier plan ont lié leur art musical avec ceux-ci - une histoire d’amour, finalement.

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 Daniel Lipnik, qui dirige depuis  plus de trente ans  La Badinerie, le chœur mixte de 90 choristes à Louvain-la-Neuve, s’est adjoint  le très beau timbre et la  voix  vertigineuse et fraîche  d’Aurélie Moreels, soprano. Remarquable dans la Reine de la Nuit! Elève de Marcel Vanaud, nous l’avions applaudie en jolie veuve de 20 ans dans  l’Amant jaloux de Grétry en 2013.  Elle chante sous la direction de Guy van Waas, Parick Davin et dans des salles prestigieuses : au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, au théâtre  des Champs-Elysées, à l’Opéra Royal de Wallonie…

 La prestation de la  mezzo-soprano Anaïs Brullez a elle aussi, été remarquable et largement applaudie. C’est elle, le courageux Orphée et son lumineux désespoir,  dans  « Che faro senza Euridice ? » Elle se produit avec l’Opéra Royal de Wallonie, De Munt, le Chœur de Chambre de Namur, le Grand-Théâtre de Verviers, la Chapelle des Minimes, Le Petit Sablon Consort, le Festival de Wallonie, le Grand-Théâtre du Luxembourg…

L’humour s’est invité en force, avec le Baryton, Kris Belligh flanqué par un ténor malicieux, Michiel Haspeslagh. Son expérience en récital et oratorio comprend les Passions et la Messe en si de Bach, Le Messie, les Requiems de Mozart, Fauré et Brahms, le Stabat Mater et la Petite Messe Solennelle de Rossini, La Création de Haydn, Italienisches Liederbuch et Winterreise. Lors de cette soirée  à Louvain-La-Neuve, c’est sans doute son interprétation du Génie du froid dans le « King Arthur » de Purcell et son duo avec Aurélie Moreels « Al fin siam liberti, la ci darem la mano » du « Don Giovani » de Mozart qui auront été les plus acclamées. 

La Badinerie a enfin démontré ses grandes qualités musicales dans  son interprétation du « Dixit Dominus » de Haendel. Dans le « Kyrie » extrait du « Requiem » de Mozart, même les instrumentistes, pris par le vertige de la prestation et la profondeur de l’intériorité, et en particulier, Bernard Guiot au clavier,  accompagnaient de leur voix  dans un même élan de ferveur solidaire.

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Liens utiles:

http://www.labadinerie.be/

http://gdegives.wix.com/eclecticsingers#!mezzo-sopranes/cknc

  

     

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administrateur théâtres

Une des oeuvres majeures de la musique sacrée française du XIXème

Oratorio commandé à Théodore Dubois (1837-1924), maître de chapelle à l'Église Sainte-Clotilde à Paris pour le vendredi saint, « Les sept paroles du Christ » ont connu un vif succès à la fin du XIXe et au début du XXe siècle et sont  toujours chantées, aux États-Unis et au Canada aujourd'hui, spécialement pendant la Semaine sainte. Plutôt délaissé au XXe siècle, ce compositeur est l’auteur de plus de 500 œuvres de musique romantique française. Cet oratorio était dédié à l'abbé Jean-Gaspard Deguerry, curé de la Madeleine, fusillé en 1871 par les Fédérés à la prison de la Roquette. Théodore Dubois a assuré la direction du Conservatoire de Paris , de 1896 à 1905, succédant à Ambroise Thomas et précédant Gabriel Fauré.


Avec la permission de la famille, Anthony Vigneron, maître de chapelle à l’abbaye de la Cambre, a reconstitué suite à un long travail de 4 ans la version orchestrale originale de l’œuvre qu’il a présentée ce 10 mars 2016 à L’Abbaye de la Cambre, avec l’ensemble vocal de l’Abbaye de la Cambre et l’ORCW. La partition originale ayant disparu il a fallu reconstituer l’œuvre prévue pour « un quintette à cordes, une flûte, un hautbois, une clarinette, un basson, un cor, trois trombones, une harpe, une paire de timbales et l’orgue.»

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Une émotion palpable circule  dans l’église remplie d’un bout à l’autre, jusqu’au chœur. Dans l’assistance, les descendants du compositeur. Pour la première fois un petit fils écoute la musique réorchestrée de son arrière-grand-père: Francis et Pénélope sont venus exprès de Montpellier. Le concert s’ouvre sur les frémissements bienveillants du  "Pie Jesu" de Théodore Dubois pour chœur a cappella qui subjuguent l’assemblée et la plongent dans un climat de spiritualité intense. C’est alors qu’a lieu une dramatisation fracassante de l’oratorio en français sur le mode de la tragédie antique. Sombre et dramatique. Paroles cueillies aux quatre coins des Evangiles elles disent la trahison, la souffrance, l’infamie de la passion du Christ, l’injustice insupportable de ce que l’humain peut subir de pire. Le père Jacques t’Serstevens soulignera qu’à l’instar de la tradition orthodoxe, cette œuvre souligne que le Christ est aussi « Souverain de la miséricorde jusqu’à pardonner à ses bourreaux, ouvrir les portes du Paradis au larron, confier sa mère à son disciple, pardonner aux cœurs fermés par l’ignorance, traverser dans une espérance confiante le silence même de Dieu. »


Tout est consommé avant même les premières mesures de l’Oratorio, on est prêt pour l’écoute du texte latin enlacé à une orchestration riche, élégante et passionnée. Une entrée dans le Paradis. Les lignes mélodiques sont bien dessinées, la richesse des sonorités se déploient avec exaltation et grande générosité. Les divers instruments sont bien équilibrés, la harpe est divine, les cuivres ont des sonorités éclatantes et les effets des percussions sont cinématographiques. Lumineux et dramatique. Les cordes décrivent la lumière rayonnante. La soprane, Julie Calbète met toute sa nature spontanée au service de l’œuvre. Si elle articule sa douleur profonde devant la passion de Jésus, elle apparaît comme transfigurée par une joie intérieure, enchantée et vibrante de lumière. Aucun artifice, aucune vanité, elle a dénudé son âme dans ses phrasés naturels et fait briller l’espérance. Le chœur, composé de choristes professionnels, est immobile au fond du plateau et crie vengeance. Il fait œuvre de brutalité organisée. Sa haine et sa soif de sang sont tranchantes. Il exprime  la joie mauvaise de la puissance justicière, l'exultation vengeresse devant le bouc émissaire. Face au chœur, Marcel Vannaud, le baryton apparaît, comme le porte-voix du Seigneur Dieu, dans toute sa solidité et sa fragilité à la fois. Impressionnant de présence, de sérénité communicative, il est d’une justesse parfaite dans tous les registres de la compassion, il renvoie en continu une image apaisante de l’amour et de douceur infinie. Ce qu’il chante, c’est le projet et l’avènement d’un autre homme, capable de surmonter la haine.

L’assistance est exaltée par l’urgence d’une telle musique, traversée par l’énergie bouillonnante du chef d’orchestre qui fait œuvre de transmission dans tous les sens du terme. Anthony Vigneron se donne tout entier, non seulement à l’orchestre dans sa globalité mais à chacun en particulier, à chaque instrumentiste et à chaque chanteur. Chacun, dans l’assistance, reçoit personnellement un cadeau humain et spirituel inestimable. La toile musicale est en effet la plus infinie qu’il soit. On peut y lire l’indicible. La foule a changé de côté et de cap, elle applaudit à tout rompre et « Le cantique de Jean Racine » de Fauré donné en bis achève le programme sur le sourire intérieur dans le cœur de chaque participant à cette inoubliable soirée.

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440px-Bmr_41_theodore_dubois_musica.jpg?width=220Orchestre Royal de Chambre de Wallonie,
Ensemble Vocal de l’Abbaye de la Cambre
Anthony Vigneron, direction musicale
Julie Calbète, soprano
Ivan Goossens, ténor
Marcel Vanaud, baryton
Mathias Lecomte, Orgue

Concert organisé par l’A.S.B.L. « Les Grandes Heures de la Cambre »

Liens utiles :

http://www.theodoredubois.com/biographie

http://www.lesgrandesheures.be/

http://www.orcw.be/events/les-grandes-heures-de-la-cambre/

interview: http://www.rtbf.be/musiq3/emissions/detail_l-odyssee/accueil/article_anthony-vigneron-les-grandes-heures-de-la-cambre?id=9234635&programId=8774

Enregistrement par le Grand Chœur de Montréal: http://www.allmusic.com/album/th%c3%a9odore-dubois-les-sept-paroles-du-christ-mw0001847550

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FRAGILE...

Tout hélas est si fragile

Qu'on ne peut que prendre peur.

Serons-nous assez agiles

Pour vivre avec nos ardeurs?

La vie n'est que gymnastique

Alors... se plier à sa loi?

Il n'est rien de plus tragique

Que courbature de l'émoi!

Tout hélas est si fragile...

Sentiments qui vont et viennent!

Ils peuvent sembler inutiles...

A l'image d'une valse de Vienne!

Quand beauté est de passage

Sur un rythme scandé et doux

Ne gardons de son image

Que celle de l'amour... même fou!

J.G.

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administrateur partenariats

Madison, 14 ans, se suicide après des années de harcèlement, à l'école, dans la rue et sur les réseaux sociaux.

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Cette jeune fille était pour mes élèves une amie, une voisine, une ancienne compagne de classe...

Au sein des classes, la problématique du harcèlement et des réseaux sociaux est souvent évoquée. Elle fait partie du quotidien de la jeunesse.

De nombreuses actions sont mises en place dans certaines écoles comme la mienne pour lutter contre la discrimination, le harcèlement, le racket, la loi du silence.

Protéger la jeunesse en l'écoutant et en l'informant.

Ce drame très proche de l'école et des élèves aura sensibilisé davantage encore la jeunesse au danger de ces réseaux sociaux.

Ces panneaux sont réalisés par mes élèves de 3e P, à leur demande, en hommage à Madison

Les élèves participent à la marche commémorative organisée à Herstal ce dimanche 13 mars, elles ont souhaité réaliser ces panneaux reprenant des poèmes, acrostiches et photos au cours d'éducation artistique.

Internet leur est venu en aide pour les textes, poésies et citations, ils furent relus et corrigés et écrits à la main pour la plupart, et nous avons réalisé ensemble l'acrostiche.

Une belle façon pour ces jeunes de témoigner leur soutien à la famille

mais aussi et surtout, de soulager leur peine.

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administrateur théâtres

 6.jpgL'AVARE de Molière.

                 

                     

                             Le bonheur retrouvé du théâtre de répertoire emporte.

La mise en scène emporte aussi, avec l’illustre de Guy Pion dans le rôle-titre.

Il est extraordinaire.

Aussi bon qu’un Michel Bouquet ou Louis De Funès au cinéma.

Fondateur du théâtre de l’Eveil, il a été nommé Meilleur Acteur pour Richard III au Théâtre du Parc en 2013-2014. Et la distribution qu’il emmène avec sa comparse Béatrix Férauge,    

est éblouissante elle aussi. Une jeune première dans le rôle d’Elise :

Aurélie Alessandroni.  

 

11.5.jpgAvec la mise en scène de Patrice Mincke dont la lecture dramatique est très contemporaine et la scénographie très romanesque, et les décors et costumes signés Thibaut De Coster et Charly Kleinermann, voici « L’AVARE » de Molière plongé dans un néoréalisme  presque fantastique bourré de rebondissements.

Un renouveau qui décoiffe, pour une pièce classique qui se jouait jadis en perruques dans les dorures de Versailles. Un décor d’épouvante  revisité par Charles Dickens ou Mary Shelley ? La musique (Laurent Beumier)  qui accompagne fait penser à Frankenstein.

 Les dix comédiens du théâtre de l’Eveil expriment tout dans leurs mots, dans leurs corps, dans leurs courses, leurs élans, leurs chutes et leurs fuites funambules sur  la double volée d’escaliers branlants  de cette sombre demeure aux  vitraux cassées qui sert d’unique décor. Un monde cassé.  Une véritable maison hantée par l’avarice, par l’absence d’amour, mangée par les lézardes de l’incompréhension, viciée par les machinations infâmes pour économiser quelque sou ou pour procéder à  quelque affaire juteuse. Au mépris total des gens. Tout le potentiel comique de Molière est là pour faire exploser l’imposture de l’argent et  libérer un rire généreux face à l’avarice et aux avaricieux.  Partout dans le monde maintenant, la maladie de la cupidité s’est étendue comme une perverse moisissure s’empare des moindres fissures et Cupidon, a bien du mal à se faire entendre!

 

1avare.jpg Ce que l’on voit corrobore ce que l’on entend, les images scéniques se succèdent avec un sens aigu du rythme. Le placement et le mouvement des comédiens qui dévalent et remontent sans cesse  les escaliers souligne le furieux désir de vivre et d’être. La menace de l’ensevelissement des jeunes rêves est palpable. La maison porte les traces de la misère et de l’abandon. C’est la mort de la mère de Cléante et Elise qui a fait basculer le père dans l’obsession de l’avoir. « Hélas mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privé de toi, et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi , et je n’ai plus que faire au monde ! Sans toi, il m’est impossible de vivre ! » Des  rosiers grimpants morts courent sur la façade  et renforcent le propos, et pourtant le propriétaire  des lieux est richissime.   Seul le maigre poêle à bois au centre du plateau semble  pouvoir réchauffer les acteurs débordant de désir de vivre et d’aimer. On se croirait dans une pièce de Tchékhov!

Les jeunes ont un jeu en crescendo fantastique pour sauver l’amour et confondre la sordide cupidité. Patrice Mincke: «Après deux lignes, j’étais pris : je vibrais avec cette famille qui s’aime et se déchire, je m’attachais à ces ados si attendrissants et si insupportables, à ce père aigri mais touchant malgré tout et, surtout, je ressentais l’absence de cette mère défunte qui résonne dans chaque réplique. Le plateau devint alors, non plus cet endroit de passage indéfini qui permet de respecter l’unité de lieu, mais la pièce de vie centrale d’une maison concrète, un endroit où on se croise, on mange, on parle, on déballe, on s’engueule. Une maison avec une âme, qui jadis était habitée par un couple et ses deux enfants et qui est peu à peu partie à la dérive, devenant un lieu d’enfermement pour les jeunes et un terrain vague jonché de souvenirs pour le vieux. » Et  en définitive,  cet Harpagon,  malgré ses richesses recouvrées,  n’est-il pas infiniment seul,  pauvre et pitoyable? Pathétique, sûrement.  « Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve pas mon argent je me pendrai moi-même ! »

 

Lettre d’outre-tombe, le texte est magnifiquement compris, dynamisé, polarisé. A aucun prix on ne peut se priver de ce spectacle fondateur et de son message humaniste. Et oui, les racines de cet arbre qui court sur le balcon,  sont loin d’être mortes! Plongez dans le bonheur actuel  d’écouter Molière au mieux de sa forme!  

 

   Du jeudi 25 février au samedi 26 mars 2016 au théâtre du Parc

Avec :

Stéphane Fenocchi

Béatrix Férauge

Othmane Moumen

Guy Pion

Freddy Sicx

Simon Wauters

Yasnaïa Detournay

Patrick Michel

Camille Pistone

Aurélie Alessandroni

Photos d'Isabelle DE BEIR

         

http://www.theatredeleveil.org/lavare/

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/35.html

 

 

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administrateur théâtres

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"Le 7ème continent" de Thierry Janssen - Photo Bruno Mullenaerts
Autour du cercueil de l'homme de leur vie, trois femmes assemblent petit à petit les pièces d'un puzzle affectif et envisagent le monde à l'aune des relations humaines.

Franck, Jack, Mick ? Shocking ! 

Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans sont acheminés par les courants marins vers un nouveau "continent" boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km². A l'image d'un puissant siphon marin, le vortex attirerait vers lui tous les résidus de notre société de surconsommation. Toutefois, contrairement au siphon, les déchets ne sont pas "aspirés" mais accumulés et bien visibles. Voilà pour le titre! C’est  aussi le nom d’une œuvre d’art présentée à l’exposition : «  2050. Une brève histoire de l'avenir ». Source d’inspiration de l’auteur de la pièce?  

L’histoire raconte la rencontre de trois veuves (des résidus ?) amoureuses du même homme, sûrement très extraordinaire pour avoir su mener une triple vie sans jeter le moindre soupçon.  Shocking. La double vie ne semblant, par les temps qui courent,  pas assez palpitante pour intéresser le public, Thierry Janssen lance l’idée d’une troisième femme dans  le tableau, histoire de secouer un peu les esprits et d'amorcer une nouvelle dynamique.

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 Et cela marche du tonnerre. Le public se passionne pour trois « être » différents. Kristin, 40 ans, Miss Météo est bon chic bon genre, coincée et maladroite. Anaïs, 35 ans, est activiste chez Greenpeace, elle écume de colère et de révolte. Lola, 21 ans,  est  handicapée, elle souffre  du  syndrome  d’Asperger qui fait d’elle un robot encyclopédique incapable d’éprouver la moindre émotion. Bien sûr, les trois  femmes se reconnaissent toutes comme l’unique objet de désir de l’homme défunt  et se disputent son souvenir et  leur avenir à coups de mots cinglants.  En crêpages de chignon successifs  bien  caustiques, les caractères se dessinent, toutes griffes dehors, le charme en bandoulière, le sabotage amoureux et le dépit au fond du cœur. Mais sous le choc du deuil de l’homme et la découverte du triple mensonge, commenceraient-elles à s’écouter ? Elles sentent soudain qu’elles ont besoin l’une de l’autre pour comprendre. Femme des années 2020, qui sont-elles? Vont-elles accoucher d’un nouveau monde ? La mémoire archaïque leur dit que nous avons besoin de la nature et que  la nature a maintenant besoin de nous. Et si ces dames se mettaient à réinventer et l’homme et la planète ?

Et si au lieu des luttes de pouvoir, elles s’unissaient pour refaire un monde différent, capable d’enrayer la prolifération  de  cet odieux 7e continent?  Et si  l’intérêt de la planète se tricotait dès la naissance, au cœur des relations familiales ou intimes avec pour  premier horizon le respect de l’autre, comme modèle affectif pour changer le monde ? Loin du chacun pour soi, de l’intérêt personnel, de  la vanité et de la puissance ? Si on décidait d'inventer  d'autres relations humaines?  Question de court-circuiter  l’histoire humaine telle qu’elle se déroule depuis les origines ?  Quelle utopie fantastique dans la plume de ce comédien rêveur d’un monde vraiment meilleur et sous l’œil du metteur en scène inventif qu’est Michel Kacenelenbogen. Tout a commencé avec Louis Aragon : « Le poète a toujours raison / Qui voit plus haut que l'horizon / Et le futur est son royaume / Face à notre génération / Je déclare avec Aragon / La femme est l'avenir de l'homme ». Et bien sûr, Jean Ferrat. Thierry Janssen continue:

Comment prendre soin de la terre alors qu’une grande partie des habitants de celle-ci est opprimée, souillée, brutalisée ? Comment respecter et jouir des dons de la nature alors que la plupart des êtres humains se crachent haine et violence au visage ? Face à notre mère terre comme face à un miroir, elle nous renvoie notre lâcheté, les conséquences de nos actes irréfléchis et la laideur de nos âmes corrompues... 

Spectacle écrit par un homme qui grâce au théâtre, raisonne par l’absurde.  Le raisonnement fort tiré par les cheveux frise le délire artistique, mais  le funérarium espère enterrer le pire de notre monde et ouvrir sur une page que l’on brûle chacun d’écrire. Spectacle-choc des idées, choc amoureux de la présentation, choc crucial  de l’innovation. Une écriture sur mesure pour cette formidable trinité de femmes de choc : Bénédicte Chabot, Kim Leleux et Inès Dubuisson, soutenue par une  mise-en scène délectable.

"Le 7ème continent" de Thierry Janssen - Au théâtre le Public

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http://theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=419&time=tom

Rue Braemt, 64-70
Brussels, Belgium
0800 / 944 44 (numéro gratuit)
Jusqu'au 30 avril (relâche du 29/03 au 09/04)
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Du 29 – 04 au 17 – 05 - 15, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous présenter une exposition consacrée à l’œuvre du peintre et dessinateur Français, Monsieur GUY BERAUD, intitulée CAPRICES DE L’AME.

GUY BERAUD nous invite à une réflexion, parfois déroutante, sur la forme   considérée comme expression picturale par excellence, car elle aboutit à une remise en question de celle-ci dans une déclinaison de son sens, à la fois plastique et psychique. 

La forme, dans le cas de l’œuvre de cet artiste, prend exclusivement les traits du corps humain. Il n’y a dans aucun de ses tableaux la moindre trace, même au stade d’ébauche, d’une quelconque architecture. Tout se joue autour du corps, considéré selon le titre de l’exposition, comme le réceptacle de l’âme. Les personnages présentés ne sont autres qu’une vision psychique de ces caprices, qui ont parsemé l’Histoire de l’Art, considérés comme un dialogue plastique à propos des rêves et cauchemars de leur auteur.

Le discours de l’artiste est axé sur un jeu de construction et de déconstruction à partir de la représentation du corps humain.

Des œuvres telles qu’UN BEAU SACRIFICE (111 x 90 cm – acrylique sur toile)

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et FANTOMES BAVARDS (111 x 90 cm – acrylique sur toile)

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sont extrêmement éloquents à ce sujet.

Le visiteur reste médusé par cette myriade de corps, à la fois enveloppés de chairs et décharnés, parfois jusqu’au pourrissement.  Ces corps, physiques et célestes, sont des états d’âme plastiquement exprimés par une écriture provenant directement de la bande dessinée. Oscillant entre volume affirmé et silhouette éphémère, ils s’humanisent par une gestuelle évoquant la danse voire la transe (MEMOIRES – 88 x 84 x 2 – acrylique sur toile)

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Dans ce diptyque dont le titre indique parfaitement la route à suivre, la silhouette blanche, carrément fantomatique, au centre du panneau de gauche est plongée dans une attitude de total abandon. Une autre silhouette également de couleur blanche, campée à l’extrême droite du panneau droit, semble écrasée contre l’arrière-plan.  

Un personnage que l’on retrouve comme un leitmotiv, tout le long de ce parcours, carrément initiatique, est celui de la Femme exprimée dans toute sa féminité, représentée par des seins volumineux.

Les personnages de GUY BERAUD sont sculpturaux dans leurs chairs, parfois conçus comme des statues antiques, à l’exemple de cette femme privée de bras et de tête, ruisselant de sang (UN BEAU SACRIFICE).

Le chromatisme est capital pour souligner les tensions rythmiques. Il fait corps avec la forme et se décline dans des tonalités vives, souvent agressives, telles que le rouge-sang, le noir intense et le bleu-foncé.   

Revenons un moment sur ce concept de construction-déconstruction déterminant pour comprendre le discours de l’artiste. Reprenons, par exemple, UN BEAU SACRIFICE et FANTOMES BAVARDS. Campés dans un même univers, les personnages « flottent », pour ainsi dire, dans un espace « criblé » de détails et rehaussés souvent d’une calligraphie mystérieuse, créant des strophes illisibles. Concernant UN BEAU SACRIFICE, le traitement du corps trouve son expression dans un amas de chairs adipeuses, mues par une sauvagerie sensuelle. Nous constatons également la dimension volontairement « inachevée » de certains de leurs membres. Néanmoins,  les chairs, même en lambeaux, demeurent dans leur matérialité. Elles restent des éléments solides propres au processus de construction. FANTOMES BAVARDS, par contre, nous montre des êtres décharnés, fantomatiques, comme le titre le laisse deviner, conçus (à l’instar des deux personnages « en transe » du diptyque) dans la couleur qui sied le mieux à la mort : le blanc. Tandis que les chairs habillant les personnages du SACRIFICE sont, elles, réalisées dans des couleurs outrageusement vives.   

LE DOYEN (88 x 88 cm – acrylique sur toile).

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Concernant cette œuvre, il convient de parler de peinture « agressive ». Un chromatisme violent « assiège » la toile. De légers traits rouges formant une écriture, illisible aux « non initiés », se retrouve dans le bas du tableau. De même des traits au fusain parcourent la veste du personnage, créant un champ d’entrelacs noirs « ligotant » son buste. Quant au visage, il sanctionne l’apothéose de la composition, signifiant de façon catégorique le processus de déconstruction.   

Ce visage, à l’allure assez porcine, amorce sa phase de pourrissement par l’érosion de sa partie gauche, dans un rendu plastique rappelant le style de Francis Bacon.  

Néanmoins, le commun dénominateur entre le construit et le déconstruit  réside dans la présence du trait.

Ce trait fiévreusement prononcé par la pointe su fusain, assure la viabilité des volumes, en liant les diverses parties corporelles.

Nous avons, en guise de présentation, précisé que l’artiste est à la fois dessinateur et peintre.

Nous avons eu cure à faire précéder le dessinateur par rapport au peintre. Car il y tient. Et pour cause ! Il est passé du croquis à la toile tout en gardant son âme de dessinateur et de caricaturiste. Il a projeté ses codes sur la toile et le résultat est que la perception de l’image change du tout au tout. Ainsi, cette écriture produisant cette langue mystérieuse trouve son origine à l’intérieur des bulles, servant de dialogue entre les personnages (physiquement campés de la même façon) évoluant dans les cases de ses bandes dessinées. LES PREMIERS BAIGNEURS (87 x 87 cm -)

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nous montre une série de cases issus de B.D. dont il est l’auteur. Certaines d’entre elles dépassent l’espace scénique de la toile pour se retrouver carrément à l’extérieur, sur le cadre même du tableau. Cela trahit une volonté de liberté et d’évasion. En réalité, les cases à l’intérieur de la toile formant l’ensemble de la composition, bien que structurant parfaitement l’espace, ne sont en rien respectées dans leur limites. L’écriture, indéchiffrable, déborde de partout pour envahir d’autres cases. Cette projection allant du croquis à la toile répond à une autre projection : celle du croquis placé à l’intérieur d’un projecteur, dont se sert l’artiste, lequel va projeter l’image de petites dimensions sur le grand écran. Ce qui va, par la force des choses, l’agrandir et par conséquent la déformer pour lui conférer la force qu’elle aura, une fois reproduite sur la toile. Un jeu de déformations (lequel n’est autre qu’une volonté de dépassement du réel) s’opère pour se matérialiser dans l’œuvre créée. L’artiste déteste s’attarder sur une case : très vite, il éprouve le besoin de passer à autre chose. Il considère être plus à l’aise dans le croquis et se définit comme un dessinateur qui peint en s’abandonnant au geste.   

Un dessinateur influencé, d’ailleurs, par la sculpture (qu’il ne pratique pas mais dont il comprend la nécessité). Et cela se constate précisément dans les rendus des volumes que l’on croirait sortis d’un moule.

L’artiste qui dessine depuis ses quinze ans et peint depuis des années, n’a jamais fréquenté l’académie. Il a, néanmoins, effectué un passage aux écoles des Beaux Arts de Macon (où il obtient un 1er Prix) ainsi qu’à Dijon. Sa technique, mixte, affectionne particulièrement l’acrylique et le fusain.

La forme, prise dans son essence, n’est autre que la marque de tout artiste. Elle ne vit que par la sensibilité de celui-ci car elle détermine le destin de l’œuvre. 

GUY BERAUD part de la figure humaine, c'est-à-dire, d’une forme établie par la nature et codifiée par la culture (dans une perspective anthropocentriste - ex. : l’Homme de Vitruve), pour aboutir à la libération de celle-ci, en l’imposant sur l’étendue spatiale de la toile.  

Vie – mort/construction – déconstruction : deux bipolarités menant à la création, comme étendard de l’âme dans une flamboyante effervescence picturale et psychique.

Le corps, l’artiste refuse de le voir dans sa réalité physique, car pour lui, il incarne l’âme dans la forme, exprimée dans la folie créatrice du caprice.


François L. Speranza
.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

 

A voir: 

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Guy Béraud et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles 

(29 avril 2015  -  Photo Robert Paul)

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Guy Béraud - Vue d'ensemble (photo Espace Art Gallery).  

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Le petit pêcheur d'amour

                                                       Le petit pêcheur d'amour

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Le petit pêcheur d'amour
dans sa pirogue rouge 
a dans sa manche plus d'un tour !

Quand le vent sous sa chemise
d'un élan trousse ses mâts
d'un souffle le défrise

Le ciel courbé à ses ailes
étarque cet oiseau blanc
aux sillages en dentelle

Lorsque vos larmes chantent
Et que votre voix en sanglot
S'emporte hoquetante 

Le petit pêcheur d'amour 
dans sa pirogue rouge
arrive à votre secours !

Il a dans sa sacoche
des atouts et des mots doux
des verbes qui nous accrochent



mi cachou, mi bantou
sans sa langue dans sa poche
Son collier à votre cou

A la corde de sa main
Il emporte dans son panier
Votre coeur dans son écrin

Le petit pêcheur d'amour 
dans sa pirogue rouge
disparaît au petit jour 
dessinant sur l'horizon 
la silhouette de son passage
" des perles en nuages"

Rosyline 20/02/2015

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LES FLEURS...

Joyaux éphémères

Rêveries assumées

Eclats de lumière

Grâce sublimée...

Les fleurs...

Heureuse détente

Coroles éclatées

Splendides et ardentes

Et soudain pâmées...

Les fleurs...

Rien que mots très doux

Au sortir des lèvres

Si je pense à vous

Comme un goût de fièvre...

Les fleurs...

Le monde est trop triste

Quand il vous oublie

La beauté existe

Rétines éblouies...

Les fleurs...

J.G.

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12273156295?profile=originalA la croisée des influences.


Reprenons le fil de l’histoire…


     Longtemps persécutés, les chrétiens verront leur religion légalisée en 313. Religion qui deviendra la religion officielle de l’Empire romain en 380. Constantin fonde sa capitale, Constantinople, en 330, scindant l’Empire romain en deux.


Cappadoce, terre de saints et de martyrs…


      Saint Paul de Tarse, au premier siècle déjà, après s’être converti, en avait fait une terre de mission. Saint Mammès de Césarée (aujourd’hui Kayseri) fut, quant à lui, livré aux lions en 275. Saint Blaise de Sébaste y mena une vie érémitique au début du IVe siècle.
Et, tandis que Jean-Baptiste crie dans le désert, son écho se fait entendre, se répercute, pour que d’autres préparent le chemin du Seigneur. Ainsi, Saint Basile le Grand (329-379), également de Césarée, fonde les premières communautés de Cappadoce et prône la vénération des icônes. Alors que Saint Grégoire de Nysse (ca 331-394) et Saint Grégoire de Nazianze (329-390) prolongent l’œuvre d’évangélisation.

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     L’Empire romain d’Occident, de plus en plus décadent, est mis à sac par Alaric et ses Wisigoths en 410. Un empire qui s’effondrera définitivement avec l’abdication de Romulus Augustule en 476 après un an de règne, laissant s’épanouir un Empire romain d’Orient, avec une Byzance toute-puissante depuis le schisme de 1054. Jusqu’en 1453, lorsque Constantinople fut prise par les Ottomans.
Mais les incursions arabes sont de plus en plus nombreuses, les habitants se terrent dans des villes, une quarantaine au moins, qui comptent jusqu’à dix-huit niveaux souterrains.
Puis, de 726 à 843, l’iconoclasme se répand comme vérole sur le bas-clergé tandis que les cénobites se replient.

12273156685?profile=originalDans un paysage façonné par une éruption ultra plinienne,
des caches offrent un abri à l’anachorète.
Et vivre comme saint Blaise le reste de son âge sous les replis de sa fruste cappa…

     Les images impies sont détruites ou, au mieux, recouvertes de chaux, remplacées par de simples symboles comme la croix.

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Une période trouble qui ne favorise pas l’épanouissement.

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     Heureusement la paix revint au Xe siècle et avec elle les arts renaissent et prospèrent. C’est à cette époque bénie que fleurissent les plus belles églises rupestres et leurs fresques d’influence byzantine.
Epoque sur laquelle nous nous attarderons bientôt et qu’on appelle parfois la Renaissance macédonienne.
En 1071, la Cappadoce est conquise par les Turcs seldjoukides.

12273158685?profile=originalLa petite mosquée d’Ürgüp (XIIe)…

12273159281?profile=original… est aussi creusée partiellement dans le tuf


     Des mosquées s’édifient et, dans la plaine là-bas jouxtant le plateau cappadocien, sur la route de la soie, des caravansérails s’érigent tous les quarante kilomètres environ, offrant gîte, couvert et protection aux marchands caravaniers.

12273159477?profile=originalLe caravansérail de Sultanhan

construit par les Seldjoukides près d’Aksaray

12273159867?profile=originalLe passé nous éclaire.
Le caravansérail de Sultanhan, bâti en 1229, couvre 5000 m2

     En 1299, Osman 1er fonde la dynastie ottomane qui conquiert peu à peu tout le territoire anatolien. Beaucoup de chrétiens quittent le pays ou se convertissent sous la pression. Jusqu’en 1923 où les derniers d’entre eux sont expulsés.


Un passé mouvementé, brossé en quelques traits hâtifs car la région connut encore bien des révolutions, à donner le tournis à un derviche !
Nonobstant, les communautés chrétiennes perdurèrent longtemps et ornèrent la vallée de Göreme notamment de leurs plus riches peintures.


A suivre…

Michel Lansardière (texte et photos)

En attendant d'ouvrir une nouvelle fenêtre...

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... vous pouvez retrouver la première partie de cet article, enrichi de nouvelles photographies, sur :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-1-re-partie?xg_source=activity


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La Hoëgne

Une aquarelle d'Adyne Gohy

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a inspiré

La Hoëgne promenée

Un poème de Raymond Martin

 

Voici   une gare qui porte un nom ! Sart, où l’odeur de la fumée carbonée a disparu  hélas.

L’eau de la Hoëgne  nourrit  en son temps les entrailles des  monstres  de fer.

Ce ru royal procure au promeneur  silence, quiétude,  le gratifie d’une atmosphère  mystérieuse 

Offerte par la silhouette élancée vers le ciel atone, des bouleaux frêles en quête de lumière. 

 

Un clapotis harmonieux  s’échappe de l’onde claire  soufflée par un vent léger et odorant,

Laissant deviner le suintement  mousseux, rougeâtre des pierres  émergentes. 

Peut-être même  ouïr le bruit  grinçant des roues  endiablées des chars              Romains sur la voie

 Fraîchement tracée, encore devinée malgré le temps passé. Pax Romana  d’alors !

 

Quiétude ardennaise, ornée de  cascades  et de petits ponts de bois, vallée pittoresque

Où l’on voudrait à chaque détour de sentier,  surprendre une fée humant  ici  une  renoncule,

Là une  campanule à la clochette élancée vers  le ciel, en quête d’un rai de soleil.

La cavalcade d’un cerf  solitaire et craintif trompe la quiétude de cette ambiance magique.

 

Un renardeau joueur au nez  effilé course une musaraigne qui, négligemment,  se désaltère 

Dans le creux d’une souche d’un  aulne gisant  sur la rive, mais sans hargne incisive.

Une reinette enjouée par ce ludique spectacle, sautille de pierre en pierre jusqu’à son nid douillet,

Affolant  à son passage  une demoiselle en train de s’abreuver sur un brin de roseau.

 

Une  Nymphe aux cheveux d’or dans la brume exhalée, orne ceux-ci d’une branche de gui

Dans l’espérance de plaire aux dieux  maîtres de la forêt et s’offrir à eux  sous la nuit argentée.

Alanguie sur  un tapis de mousse au pied d’un chêne millénaire, elle tend ses bras vers la voûte

Céleste étoilée de  divines certitudes.

 

Ô   Höegne  millénaire, tu offres  à qui sait recevoir,  les  mystères des hôtes de ta forêt

Ardennaise aux multiples facettes, mais tu gardes encore de l’inconnu en toi.

 

 Raymond Martin  

Novembre  2015

 

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

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« Deux étions et n’avions qu’un cœur » semble nous dire Patrick Pelloquet lorsqu’il met en scène la série de pièces courtes écrites par l’écrivain français …qu’il n’a jamais connu de son vivant : Louis Calaferte. Patrick Pelloquet produit donc Les Mandibules, Une Souris grise, La Bataille de Waterloo, L’Entonnoir, Trafic et en 2014 il crée pour la première fois au théâtre Le serment d’Hippocrate. Une métaphore puissante et hilarante qui met en scène la relation des simples  gens avec le monde médical, non pas « Le médecin malgré lui », mais « Le médecin, parce que c’est lui » !  

En fervent admirateur, Patrick Pelloquet soutient par son talent de metteur en scène et de comédien, le travail de  Miguette, l’épouse de Louis,  qui s’est attelée à éditer et rassembler  l’intégralité des œuvres de son mari. Sa fameuse autobiographie  « Septentrion » jugée « pornographique »  fut  interdite à la vente  par la censure en 1963.  Patrick Pelloquet fait œuvre d’affectueuse  réhabilitation car il ne s’en cache pas, il  aime par-dessus tout  l’écriture de Louis Calaferte pour son sens aigu de l’humain, sa défense inconditionnelle de l’individu face aux systèmes qui le dévorent.

 « L’art, c’est la vie ! » Il savoure les parlers familiers et dépouillés d’artifice des braves gens.  Louis Calaferte est dans la lignée de Feydeau qui glisse des grains de sable dans la mécanique  des certitudes.  Il jongle avec la musicalité et la rythmique de  la langue où un mot pousse l’autre à grands coups de balai  pour enfoncer même des portes ouvertes. Ouvertes sur le vide et l’angoisse et notre petitesse. Ce langage « anodin » recouvre bien souvent une réalité plus profonde, comme vue soudain en transparence.  Il pointe que le danger pour l’homme ne vient pas toujours nécessairement de l’extérieur mais aussi hélas de dysfonctionnements physiques qui atteignent le corps. En effet  l’écrivain a été  victime de maladie chronique depuis ses 13 ans et aux prises avec une médecine qui lui a laissé, comme à Molière ou à Jules Romain de fortes désillusions sur la profession de médecin et un arrière-goût très amer. Son théâtre est du « constat expérimenté » vécu dans la chair. 

Louis Calaferte, comme ses illustres prédécesseurs,  est fasciné et horrifié  par l’autoritarisme du monde médical, le  refus d’écoute et les abus de pouvoir de la « Science ».  Il est d’une sensibilité brûlante pour l’humanité des individus  victimes de tous les pouvoirs. Dans la pièce, l’auteur est à la fois le vieux père qui  pratique avec délices la désobéissance culinaire et la vieille mère qui dit non à tout ce que peuvent dire les docteurs qui viennent l’examiner. Il  dénonce la dangereuse manipulation de la Faculté vis-à-vis des   familles  qui ont appelé au secours et il constate avec horreur que la même manipulation  terroriste finit par  infecter à son tour des êtres normalement sains, soudain pris de la même folie manipulatoire, oubliant toute dignité et tout respect vis-à-vis de leurs géniteurs. Le  traitement que l’on inflige parfois à  nos « anciens »  est symptomatique. Le message s’impose : « Il est urgent d’apprendre à vivre et à aimer. » Il est urgent qu’on ne se laisse pas avaler par le brassage puissant  des moulins à vent ! Broyés par la « nécessaire »  soumission aux machines infernales : la violence de toute origine, médicale, éditoriale, familiale, parentale, filiale, viscérale, cardinale, hexagonale, coloniale,  capitale, provinciale, internationale, mondiale, sociale et radicale.

Metteur en scène et comédien dans le rôle de Lucien, Patrick Pelloquet avec ses très brillants comparses du THEATRE REGIONAL DES PAYS DE LA LOIRE, épouse parfaitement ce plaidoyer pour que retentissent « le dérisoire» , « le désarroi » et « l’intime ». Il se réjouit que le public belge trouvé sur sa route, accueille avec  tant d’empathie le texte et ses filigranes. Il ne manque pas de souligner  que le public français est par contre beaucoup plus sensible à l’impact et aux ressorts comiques de tout ce que la pièce décrit comme « un peu bancal» ! Ceci n’est pas une farce.  Et pourtant on rit goulûment, à tout propos, à toutes cascades de postures et impostures. Et pris dans le tourbillon d’énergie  formidable dégagée par des acteurs absolument justes dans leurs interprétions du tonnerre de dieu, on rêve bien sûr de rébellion.

Le Serment d’Hippocrate

de Louis Calaferte

Mise en scène Patrick Pelloquet
Avec Gérard Darman, Pierre Gondard, Patrick Pelloquet, Christine Peyssens, Yvette Poirier, Georges Richardeau

  • Accueil français en exclusivité
  • 1er au 9 mars 2016
  • Théâtre Jean Vilar
  • Durée : 1h20

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administrateur partenariats

"Touche printanière"

de Marie-Josèphe Bourgau

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Dans le jardin, de l'aube à la nuit.

Des éclaboussures roses. Une lueur de commencement.
Les vies repliées s'étirent,
trilles et chants d'oiseaux
premières sonorités vibrantes,
un nouveau jour se lève
sur le bassin de pierre.
J'écoute le chœur de l'aube
cadeau ordinaire extraordinaire,
comme si c’était le dernier.

Un bleu de cotonnade. La clarté prend le ciel.
De branche en branche
bruissements et jeux de plumes,
des mésanges viennent boire,
les tourterelles s'envolent
dans un battement d’étoffe au vent.
Je les vois monter vers le soleil,
s'alléger dans la lumière
et c'est moi qui m'élève dans les airs.

Les ombres mauves. L’aile du soir se déploie.
Invisible dans le feuillage
un rossignol se met à chanter
l'or rouge du couchant,
la douceur tiède du bain suprême
dans le bassin de pierre.
Je regarde se dissoudre les matières,
mes pensées se détendent,
l'esprit s'apaise.

Sous le cerisier en fleur,
changeante et immuable,
hors du temps du monde
loin des tumultes,
la vasque de mon jardin,
arrosée d'averses blanches.

Martine Rouhart

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Plume son courrier du cœur et ses petits bonheurs

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Assis au bureau de ses pensées, 
sur le coton rose des mots doux.
Plume sourit, l'humeur enchantée,
s'affaire et s'active sans tabou.


Honore ses dames de cœur . 
Ses doigts légers pianotent.
Les partitions tel un jongleur,
s'enveloppent, tournicotent.


En rythme, accorde ses vers,
sur l'archet de sa poésie.
Eparpille dans l'univers,
ses petites fantaisies.


Dans un souvenir si lointain,
se fredonne une hirondelle.
Qui d'un geste très enfantin,
l'emmenait dans sa marelle.


Chante, dans le bleu de son ciel,
en belle opérette, sa mouette.
Elle vocalise ses voyelles.
S'impatiente au pied de ses lettres.


Elle espère le lendemain,
la venue de sa messagère.
Elle ouvre sa bonbonnière,
découvre sur son parchemin,
la fragrance d'un joli destin !


Mais c'est à Mirabelle, sa chatte,
qui avec beaucoup de finesse,
le taquine de sa patte.
Qu'il offre ses plus belles caresses.


Rosyline 07\07\2012



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Vers un univers parallèle

Une aquarelle d'Adyne Gohy

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Inspirée d'un poème de

Raymond Martin

Confus, Touffus

 

Rien dans le rire ne présage  un futur hilarant, ni même un fou rire circonstancié.

Du  ricochet de la pierre sur l’eau au riz  de Camargue, rien n’oblige à la poule d’être au riz.

Car elle a des plumes, cette poule non désireuse d’être au pot, même un dimanche de fête. 

 

Cocu le chef de gare confus ; s’étant trompé de voie, il se retrouve sans voix, ne sachant où aller.  

L’art et la manière importe  peu au cochon lors de sa transformation en boudin ou en saucisson.

Le lard lui sied comme un gland, comme la sardine va à l’huile d’olive.

 

Deux gouttes d’eau se ressemblent, vision humaine certes, mais qu’en pensent-elles ?

Naviguer dans l’univers, c’est  long et très ennuyeux, mais graviter  autour de Miss Monde,

Que le temps passé se fait court ! Il court, il court le furet. Mesdames, attention au furet!

 

Le lait motive l’agriculteur comme le leitmotiv, un politicien soucieux  en période électorale.

Gris, le ciel est gris  comme la fumée s’échappant de la pipe en bruyère du matelot Malouin,

Sans larme à l’œil devant la Saint-Jacques asphyxiée dans la cale du chalutier repu  de pèche. 

 

Minuit, l’heure du crime, les moustaches de Poirot frétillent d’impatience. Tant pis pour Miss Marple, à ce moment là peut-être perdue dans les bras du Colonel Lawrence, de retour d’Egypte.

Même en courant à rebours, le temps passé  ne se rattrape pas, d’où l’éternelle  fuite en avant.

 

L’important c’est la rose, chantait Bécaud ! Mais de laquelle s’agit-il ? La trémière  en corolle ?

Celle d’Ispahan  qu’honorait la  fille du grand Vizir, la délicieuse et courageuse Shéhérazade,

Ou celle de Damas, au  voluptueux parfum, rapportée à Provins par Thibaud IV de Champagne ?

 

Peut-être  cette Rose Mystique poussée par décret divin dans le hameau de Nazareth ?

Celle chère à Platon et Socrate, maintenant  bannie par une partie de l’humanité    ?

Ne serait-ce pas l’éternel questionnement de William Shakespeare ? To be or no to be ?

 

Qui fut le premier ? la poule ou  l’œuf ? Qu’importe, pourvu que l’on déguste  une omelette !

Un  œuf  dans l’espace  restera-t-il  ovale, ou sera-t-il  rond ?  Et dans un univers plat, alors ?

L’œuf retiré de l’espace,  la résultante ne serait-elle pas  un trou noir ?

 

La nature ayant paraît-il horreur du vide, par quoi  ce trou noir sera-t-il comblé ? 

Ce  trou  est  peut–être un aspirateur  vers un univers parallèle, passé ou à venir !?

Nouveau nom de Dieu !!  Boson de Higgs ! De quoi  en perdre son Latin ! Mais pourquoi pas ?

 

Quant à moi !  Je pense  donc je doute !

 

 

Raymond MARTIN

 

Mes remerciements à :

Messieurs : Platon, Spinoza, Teilhard de Chardin,  Michel  Onfray.

octobre 2015

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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administrateur théâtres

12745977_1156764844368409_7958470845572117_n.jpg?oh=8c091799e102dea0edf1e7139baf2886&oe=575BD9A0Ernestine ou Célestine? Sous la lucarne, une soubrette bretonne très ... trouble!  On ne  sort pas indemne de cette vivante peinture naturaliste  - le décor est signé Noémie Breeus - car question hypocrisies de toutes natures,   voilà une époque qui n’a rien à envier à la nôtre! Voilà une humanité  avare, égoïste, hypocrite, aux allures nationalistes et antisémites. Mais on rit! Les coincés gloussent faiblement, les femmes réagissent sans tabous!  Et tous ovationnent la comédienne! Les littéraires jubilent.  Les historiens et les sociologues s’inquiètent. Et ils ont raison de le faire.  

 La langue fleurie de la plébéienne « sans instruction » s’est déliée et affirmée dans un journal intime « légèrement retravaillé » par Octave Mirbeau (selon ses dires), et édité en 1900 sous forme de feuilleton sulfureux.  La jeune Célestine croque  à belles dents les travers de la société  bourgeoise à l’aube du 20ième siècle,  la dépravation généralisée  des mœurs familiales, religieuses, sociales et politiques. La guerre.

« La mercière m'a expliqué que, sous Napoléon III, tout le monde n'étant pas soldat comme aujourd'hui, les jeunes gens riches «tombés au sort» avaient le droit de «se racheter du service». Ils s'adressaient à une agence ou à un monsieur qui, moyennant une prime variant de mille à deux mille francs, selon les risques du moment, leur trouvait un pauvre diable, lequel consentait à les remplacer au régiment pendant sept années et, en cas de guerre, à mourir pour eux. Ainsi, on faisait, en France, la traite des blancs, comme en Afrique, la traite des noirs?... Il y avait des marchés d'hommes, comme des marchés de bestiaux pour une plus horrible boucherie? Cela ne m'étonne pas trop... Est-ce qu'il n'y en a plus aujourd'hui? Et que sont donc les bureaux de placement et les maisons publiques, sinon des foires d'esclaves, des étals de viande humaine? »

 Cela fait beaucoup pour une seule femme qui,  craignant  de ne pas avoir le succès  rêvé dans la galanterie de haute  lice, a préféré se tourner vers le métier  plus humble de femme de chambre. Mais elle ne mâche pas ses mots et ne manque  ni de courage, ni de clairvoyance. Toutefois,  Célestine s’avère être un personnage très ambigu, car dès l’entrée de jeu, elle affiche  une perversité assumée qui ne fera qu’embellir.

« J’adore servir à table. C’est là qu’on surprend ses maîtres dans toute la saleté, dans toute la bassesse de leur nature intime. Prudents, d’abord, et se surveillant l’un l’autre, ils en arrivent, peu à peu, à se révéler, à s’étaler tels qu’ils sont, sans fard et sans voiles oubliant qu’il y a autour d’eux quelqu’un qui rôde et qui écoute et qui note leurs tares, leurs bosses morales, les plaies secrètes de leur existence, tout ce que peut contenir d’infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens. Ramasser ces aveux, les classer, les étiqueter dans notre mémoire, en attendant de s’en faire une arme terrible, au jour des comptes à rendre, c’est une des grandes et fortes joies du métier, et c’est la revanche la plus précieuse de nos humiliations... »

  Malgré sa condition de domestique-travailleuse sexuelle à domicile,  elle écrit un journal intime  on ne peut plus cartographié, acerbe et lucide, et foisonnant d’érotisme qualifié à l’époque de nauséabond.  C’est donc un rôle très complexe que Stéphanie Moriau prend à bras le corps et à fleur de peau, aussi facilement, semble-t-il que si elle allait innocemment pendre une lessive fraîche au jardin !

 L’espace miteux et glauque  de la soupente où  Célestine se réfugie est son espace de liberté, où grâce à la plume, elle s’humanise mais révèle, presque malgré elle, le développement sournois d’un esprit immoral et manipulateur. Pour tromper son ennui, dans la solitude glacée de sa retraite sous les toits,  Célestine se fait un véritable théâtre : jouant   les provocations, les  cajoleries, la  férocité, l’humour, la moquerie, le dédain, la duplicité  avec, au bout de tous les contes, l’engrenage fatidique de l’humiliation-haine-vengeance.  Le rythme verbal adopté  puise activement dans des parlers  divers, ce qui a le don de divertir, question d’alléger quelque peu l’intense  tension naturaliste. Cette vivacité verbale contraste  elle, de façon presque comique,  avec la gestuelle et les déplacements  très étudiés qui jouent sur une sorte d’inventivité tranquille, à la manière d’un strip-tease particulier longuement prémédité. La dynamique est puissante et implacable. Comme  Célestine astique, range innocemment, déplace de menus objets, se met au lit épuisée,  s’habille et se déshabille mille fois pour le service ! Quel art consommé  de poser sa coiffe de domestique de mille façons  et  d’endosser les bretelles de son tablier immaculé par-dessus une robe sévère dont le boutonnage rappelle ceux des noirs habits ecclésiastiques.

Le personnage, une vraie réjouissance littéraire, est incarné par une  comédienne en armes, une vraie  vedette en la matière.  Stéphanie Moriau, joutant avec elle-même, est passée maître dans le pouvoir narrateur, l’enchaînement des flashbacks les changements de ton abrupts. La comédienne possède  l’art de  ballotter le spectateur entre le chaud et le froid. Faisant miroiter sans aucun répit  les tonalités sombres ou rebelles de Célestine, elle  lui sert le poison  des souvenirs amers, douloureux,  parfois  même totalement effroyables, à la façon d’une cynique prestidigitatrice. La complicité entre Stéphanie Moriau et la metteuse en scène Danielle Fire est évidente.

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Malgré l’huis-clos, on en a plein les yeux. L’imaginaire  prend alors  ses quartiers  dans cette petite ville de  Normandie où  Célestine a échoué -pourquoi- ? Par ses yeux on  contemple la richesse véreuse  d’une demeure que l’on appelle château, on s’attarde chez l’épicière ou la mercière, on parlotte avec les voisins, on surprend les secrets sordides des alcôves, des monastères et des églises. On court à Ostende (la honte !) et on se retrouve  à Cherbourg, en fin de parcours, là où  Célestine a achevé sa métamorphose et  s’avère pire  que toutes ses dénonciations! La chaleur suffocante de la dernière scène fait froid dans le dos et rappelle étrangement  les  conclusions désabusées de l’auteur Georges Orwell dans  son «Animal Farm».

 

journal-web-200x300.jpg?width=394du Mercredi 24 Février au Dimanche 13 Mars 2016

LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Octave MIRBEAU

Figure tragique du début du XXème siècle, Célestine, quitte Paris pour la province et entre au service de riches bourgeois. À travers son journal, elle brosse avec humour l’étrange galerie de portraits et d’événements qui colorent son quotidien.

Son attirance pour l’énigmatique jardinier cultive l’intrigue jusqu’à la fin…

Avec : Stéphanie MORIAU

Mise en scène : Danielle FIRE

Décors : Noémie BREEUS

Création lumière & Régie : Sébastien COUCHARD

Représentations du Mardi au Samedi 20h15, Dimanche à 16h

Durée du spectacle : 1h25 sans entracte

LE 8 MARS : JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES 

Débat après la représentation

 Avec : Danielle FIRE (Metteur en scène), Stéphanie MORIAU (comédienne)

&  

Thilde BARBONI (Psychologue clinicienne, Professeur à L’Université de Mons et Écrivain)

ANIMATIONS SCOLAIRES  conçues autour de l’œuvre de Mirbeau et proposées en classe avant ou après la représentation. Réalisées par la comédienne, elles sont vivement conseillées pour favoriser l’intérêt, l’écoute et la compréhension des élèves durant le spectacle. Et, un dossier pédagogique, spécialement conçu, est envoyé dès la réservation de l’animation. Il est possible d’organiser les animations au théâtre, complétée d’une visite guidée.

Ces animations sont gratuites pour les écoles de la Région de Bruxelles-Capitale, sinon 8€ par élève à partir de 10 élèves. Vestiaire obligatoire compris.

La place est offerte au professeur accompagnant le groupe.

Cette année, les animations s’inscrivent dans le cadre de la Journée internationale des Femmes, la richesse du texte de Mirbeau offre très nombreuses ressources pour les outils pédagogiques.

Instaurée pour souligner les progrès en terme d’égalité, la journée met aussi en relief les nombreux défis pour une véritable parité des sexes à l’échelle mondiale.

Le 8 mars 1917, les femmes russes ont réclamé du pain et le retour de leurs maris, dont deux millions étaient morts durant la Guerre 14-18. En 1921, Lénine décréta le 8 mars Journée des femmes, les Nations Unies l’officialisèrent en 1977. La 1ère  journée Internationale des femmes eut lieu  en 1975.

 

 http://www.comedievolter.be/

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Le rêve en héritage

Poètes et compositeurs
Entendent des chants romantiques,
Quand leur esprit les mène ailleurs,
En des espaces mélodiques.

Le rêve d'amour de Verlaine
Est demeuré attendrissant;
Il laisse deviner sa peine.
Celui de Liszt est frémissant.

Hommage à ceux qui ont capté
L'harmonie, ardente ou légère,
D'une symphonie écoutée,
Chargée d'un fascinant mystère.

C'est un héritage sans prix
Que nous ont légué des rêveurs.
Leurs oeuvres transcendent la vie.
On les accueille avec ferveur.

28 février 2016

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12273146501?profile=originalDes siècles et des siècles en contemplation…

Avant même de pénétrer au cœur de notre sujet, attardons-nous un peu, si vous le voulez bien, à l’histoire de cette mystérieuse contrée. Quant à moi, géologie, art et histoire, voilà un cocktail qui me convient.


     Le paradoxe de la Cappadoce, c’est qu’elle fut toujours un lieu de passage ou un lieu de repli. Les invasions s’y sont succédées, les influences mêlées, les échanges développés. Tout à la fois plaque tournante et havre de paix propice à la protection comme à la méditation dans ses vallées reculées.

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     La Cappadoce, le « Pays des beaux chevaux » pour les Perses, est une terre contrastée née du feu et de la cendre.
Des nuées pyroclastiques, issues des volcans environnants, les monts Erciyes, Hasan et Göllü, déposant un tuf (ignimbrite) plus ou moins poreux, alternant avec des émissions basaltiques laissant, érosion aidant, des vallées profondes, plateaux et cheminées de fées.


12273148652?profile=originalLe mont Erciyes culmine à 3916m.
Cest l’Argyros, l’Argenté, ou Argée des Anciens.

12273148689?profile=originalCheminées de fées, plateaux et vallées profondes, la Cappadoce...

     C’est ce tuf qui a permis, pour ceux qui n’étaient pas à la fête, de creuser cônes, surplombs ou sous-sol pour y installer des habitations troglodytiques ou des pigeonniers, couvents, ermitages ou églises rupestres, villages fortifiés ou villes souterraines.

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     Et c’est ce basalte, dur mais fractionné, qui a protégé ces niveaux de tuf tendre et coiffé ces demoiselles qu’on appelle cheminées de fées.

12273149081?profile=originalRegarde bien petit
Regarde bien
Sur la plaine là-bas…

     Des abris sûrs dans une terre volcanique, cela signifie aussi un riche limon qui a permis aux hommes de se sédentariser dès le néolithique.
Des gorges, des vallées, une plaine favorisent aussi le passage, les échanges de richesses, la conquête. Et là le bât blesse.
     Feu et cendres. La Cappadoce a connu bien des affrontements, bien des invasions. Hittites en tête, qui la colonisèrent dès le deuxième millénaire avant Jésus-Christ.
     Puis vinrent les Assyriens, les Phrygiens, qui volèrent aux demoiselles qui en étaient coiffées leurs bonnets, les Lydiens, les Mèdes, les Perses, ces derniers laissant à la Cappadoce son nom et une certaine autonomie. Elle devint même indépendante sous Ariarathe 1er qui prêtât pourtant allégeance à Alexandre le Grand. La région alors s’hellénise.
     Plus tard, alliée des Romains, Tibère l’annexe à l’Empire en 17. Petit à petit, elle se christianise, des monastères s’y implantent, qui correspondent à une première période artistique. A l'ascétisme des premiers temps succède un monachisme où la vie s'organise...

12273149300?profile=originalPrintemps, été, automne, hiver...

passent les saisons...

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... d'où surgiront les plus enthousiasmantes réalisations.

Que bientôt nous découvrirons...

12273150889?profile=originalGöreme et son Eglise Obscure où nous nous rendrons bientôt...


A suivre…


Michel Lansardière (texte et photos)

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