Assis au bureau de ses pensées,
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Publications en exclusivité (3151)
Vers un univers parallèle
Une aquarelle d'Adyne Gohy
Inspirée d'un poème de
Raymond Martin
Confus, Touffus
Rien dans le rire ne présage un futur hilarant, ni même un fou rire circonstancié.
Du ricochet de la pierre sur l’eau au riz de Camargue, rien n’oblige à la poule d’être au riz.
Car elle a des plumes, cette poule non désireuse d’être au pot, même un dimanche de fête.
Cocu le chef de gare confus ; s’étant trompé de voie, il se retrouve sans voix, ne sachant où aller.
L’art et la manière importe peu au cochon lors de sa transformation en boudin ou en saucisson.
Le lard lui sied comme un gland, comme la sardine va à l’huile d’olive.
Deux gouttes d’eau se ressemblent, vision humaine certes, mais qu’en pensent-elles ?
Naviguer dans l’univers, c’est long et très ennuyeux, mais graviter autour de Miss Monde,
Que le temps passé se fait court ! Il court, il court le furet. Mesdames, attention au furet!
Le lait motive l’agriculteur comme le leitmotiv, un politicien soucieux en période électorale.
Gris, le ciel est gris comme la fumée s’échappant de la pipe en bruyère du matelot Malouin,
Sans larme à l’œil devant la Saint-Jacques asphyxiée dans la cale du chalutier repu de pèche.
Minuit, l’heure du crime, les moustaches de Poirot frétillent d’impatience. Tant pis pour Miss Marple, à ce moment là peut-être perdue dans les bras du Colonel Lawrence, de retour d’Egypte.
Même en courant à rebours, le temps passé ne se rattrape pas, d’où l’éternelle fuite en avant.
L’important c’est la rose, chantait Bécaud ! Mais de laquelle s’agit-il ? La trémière en corolle ?
Celle d’Ispahan qu’honorait la fille du grand Vizir, la délicieuse et courageuse Shéhérazade,
Ou celle de Damas, au voluptueux parfum, rapportée à Provins par Thibaud IV de Champagne ?
Peut-être cette Rose Mystique poussée par décret divin dans le hameau de Nazareth ?
Celle chère à Platon et Socrate, maintenant bannie par une partie de l’humanité ?
Ne serait-ce pas l’éternel questionnement de William Shakespeare ? To be or no to be ?
Qui fut le premier ? la poule ou l’œuf ? Qu’importe, pourvu que l’on déguste une omelette !
Un œuf dans l’espace restera-t-il ovale, ou sera-t-il rond ? Et dans un univers plat, alors ?
L’œuf retiré de l’espace, la résultante ne serait-elle pas un trou noir ?
La nature ayant paraît-il horreur du vide, par quoi ce trou noir sera-t-il comblé ?
Ce trou est peut–être un aspirateur vers un univers parallèle, passé ou à venir !?
Nouveau nom de Dieu !! Boson de Higgs ! De quoi en perdre son Latin ! Mais pourquoi pas ?
Quant à moi ! Je pense donc je doute !
Raymond MARTIN
Mes remerciements à :
Messieurs : Platon, Spinoza, Teilhard de Chardin, Michel Onfray.
octobre 2015
Un partenariat d'
Arts
Ernestine ou Célestine? Sous la lucarne, une soubrette bretonne très ... trouble! On ne sort pas indemne de cette vivante peinture naturaliste - le décor est signé Noémie Breeus - car question hypocrisies de toutes natures, voilà une époque qui n’a rien à envier à la nôtre! Voilà une humanité avare, égoïste, hypocrite, aux allures nationalistes et antisémites. Mais on rit! Les coincés gloussent faiblement, les femmes réagissent sans tabous! Et tous ovationnent la comédienne! Les littéraires jubilent. Les historiens et les sociologues s’inquiètent. Et ils ont raison de le faire.
La langue fleurie de la plébéienne « sans instruction » s’est déliée et affirmée dans un journal intime « légèrement retravaillé » par Octave Mirbeau (selon ses dires), et édité en 1900 sous forme de feuilleton sulfureux. La jeune Célestine croque à belles dents les travers de la société bourgeoise à l’aube du 20ième siècle, la dépravation généralisée des mœurs familiales, religieuses, sociales et politiques. La guerre.
« La mercière m'a expliqué que, sous Napoléon III, tout le monde n'étant pas soldat comme aujourd'hui, les jeunes gens riches «tombés au sort» avaient le droit de «se racheter du service». Ils s'adressaient à une agence ou à un monsieur qui, moyennant une prime variant de mille à deux mille francs, selon les risques du moment, leur trouvait un pauvre diable, lequel consentait à les remplacer au régiment pendant sept années et, en cas de guerre, à mourir pour eux. Ainsi, on faisait, en France, la traite des blancs, comme en Afrique, la traite des noirs?... Il y avait des marchés d'hommes, comme des marchés de bestiaux pour une plus horrible boucherie? Cela ne m'étonne pas trop... Est-ce qu'il n'y en a plus aujourd'hui? Et que sont donc les bureaux de placement et les maisons publiques, sinon des foires d'esclaves, des étals de viande humaine? »
Cela fait beaucoup pour une seule femme qui, craignant de ne pas avoir le succès rêvé dans la galanterie de haute lice, a préféré se tourner vers le métier plus humble de femme de chambre. Mais elle ne mâche pas ses mots et ne manque ni de courage, ni de clairvoyance. Toutefois, Célestine s’avère être un personnage très ambigu, car dès l’entrée de jeu, elle affiche une perversité assumée qui ne fera qu’embellir.
« J’adore servir à table. C’est là qu’on surprend ses maîtres dans toute la saleté, dans toute la bassesse de leur nature intime. Prudents, d’abord, et se surveillant l’un l’autre, ils en arrivent, peu à peu, à se révéler, à s’étaler tels qu’ils sont, sans fard et sans voiles oubliant qu’il y a autour d’eux quelqu’un qui rôde et qui écoute et qui note leurs tares, leurs bosses morales, les plaies secrètes de leur existence, tout ce que peut contenir d’infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens. Ramasser ces aveux, les classer, les étiqueter dans notre mémoire, en attendant de s’en faire une arme terrible, au jour des comptes à rendre, c’est une des grandes et fortes joies du métier, et c’est la revanche la plus précieuse de nos humiliations... »
Malgré sa condition de domestique-travailleuse sexuelle à domicile, elle écrit un journal intime on ne peut plus cartographié, acerbe et lucide, et foisonnant d’érotisme qualifié à l’époque de nauséabond. C’est donc un rôle très complexe que Stéphanie Moriau prend à bras le corps et à fleur de peau, aussi facilement, semble-t-il que si elle allait innocemment pendre une lessive fraîche au jardin !
L’espace miteux et glauque de la soupente où Célestine se réfugie est son espace de liberté, où grâce à la plume, elle s’humanise mais révèle, presque malgré elle, le développement sournois d’un esprit immoral et manipulateur. Pour tromper son ennui, dans la solitude glacée de sa retraite sous les toits, Célestine se fait un véritable théâtre : jouant les provocations, les cajoleries, la férocité, l’humour, la moquerie, le dédain, la duplicité avec, au bout de tous les contes, l’engrenage fatidique de l’humiliation-haine-vengeance. Le rythme verbal adopté puise activement dans des parlers divers, ce qui a le don de divertir, question d’alléger quelque peu l’intense tension naturaliste. Cette vivacité verbale contraste elle, de façon presque comique, avec la gestuelle et les déplacements très étudiés qui jouent sur une sorte d’inventivité tranquille, à la manière d’un strip-tease particulier longuement prémédité. La dynamique est puissante et implacable. Comme Célestine astique, range innocemment, déplace de menus objets, se met au lit épuisée, s’habille et se déshabille mille fois pour le service ! Quel art consommé de poser sa coiffe de domestique de mille façons et d’endosser les bretelles de son tablier immaculé par-dessus une robe sévère dont le boutonnage rappelle ceux des noirs habits ecclésiastiques.
Le personnage, une vraie réjouissance littéraire, est incarné par une comédienne en armes, une vraie vedette en la matière. Stéphanie Moriau, joutant avec elle-même, est passée maître dans le pouvoir narrateur, l’enchaînement des flashbacks les changements de ton abrupts. La comédienne possède l’art de ballotter le spectateur entre le chaud et le froid. Faisant miroiter sans aucun répit les tonalités sombres ou rebelles de Célestine, elle lui sert le poison des souvenirs amers, douloureux, parfois même totalement effroyables, à la façon d’une cynique prestidigitatrice. La complicité entre Stéphanie Moriau et la metteuse en scène Danielle Fire est évidente.
Malgré l’huis-clos, on en a plein les yeux. L’imaginaire prend alors ses quartiers dans cette petite ville de Normandie où Célestine a échoué -pourquoi- ? Par ses yeux on contemple la richesse véreuse d’une demeure que l’on appelle château, on s’attarde chez l’épicière ou la mercière, on parlotte avec les voisins, on surprend les secrets sordides des alcôves, des monastères et des églises. On court à Ostende (la honte !) et on se retrouve à Cherbourg, en fin de parcours, là où Célestine a achevé sa métamorphose et s’avère pire que toutes ses dénonciations! La chaleur suffocante de la dernière scène fait froid dans le dos et rappelle étrangement les conclusions désabusées de l’auteur Georges Orwell dans son «Animal Farm».
du Mercredi 24 Février au Dimanche 13 Mars 2016
LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE
Octave MIRBEAU
Figure tragique du début du XXème siècle, Célestine, quitte Paris pour la province et entre au service de riches bourgeois. À travers son journal, elle brosse avec humour l’étrange galerie de portraits et d’événements qui colorent son quotidien.
Son attirance pour l’énigmatique jardinier cultive l’intrigue jusqu’à la fin…
Avec : Stéphanie MORIAU
Mise en scène : Danielle FIRE
Décors : Noémie BREEUS
Création lumière & Régie : Sébastien COUCHARD
Représentations du Mardi au Samedi 20h15, Dimanche à 16h
Durée du spectacle : 1h25 sans entracte
LE 8 MARS : JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES
Débat après la représentation
Avec : Danielle FIRE (Metteur en scène), Stéphanie MORIAU (comédienne)
&
Thilde BARBONI (Psychologue clinicienne, Professeur à L’Université de Mons et Écrivain)
ANIMATIONS SCOLAIRES conçues autour de l’œuvre de Mirbeau et proposées en classe avant ou après la représentation. Réalisées par la comédienne, elles sont vivement conseillées pour favoriser l’intérêt, l’écoute et la compréhension des élèves durant le spectacle. Et, un dossier pédagogique, spécialement conçu, est envoyé dès la réservation de l’animation. Il est possible d’organiser les animations au théâtre, complétée d’une visite guidée.
Ces animations sont gratuites pour les écoles de la Région de Bruxelles-Capitale, sinon 8€ par élève à partir de 10 élèves. Vestiaire obligatoire compris.
La place est offerte au professeur accompagnant le groupe.
Cette année, les animations s’inscrivent dans le cadre de la Journée internationale des Femmes, la richesse du texte de Mirbeau offre très nombreuses ressources pour les outils pédagogiques.
Instaurée pour souligner les progrès en terme d’égalité, la journée met aussi en relief les nombreux défis pour une véritable parité des sexes à l’échelle mondiale.
Le 8 mars 1917, les femmes russes ont réclamé du pain et le retour de leurs maris, dont deux millions étaient morts durant la Guerre 14-18. En 1921, Lénine décréta le 8 mars Journée des femmes, les Nations Unies l’officialisèrent en 1977. La 1ère journée Internationale des femmes eut lieu en 1975.
Poètes et compositeurs
Entendent des chants romantiques,
Quand leur esprit les mène ailleurs,
En des espaces mélodiques.
Le rêve d'amour de Verlaine
Est demeuré attendrissant;
Il laisse deviner sa peine.
Celui de Liszt est frémissant.
Hommage à ceux qui ont capté
L'harmonie, ardente ou légère,
D'une symphonie écoutée,
Chargée d'un fascinant mystère.
C'est un héritage sans prix
Que nous ont légué des rêveurs.
Leurs oeuvres transcendent la vie.
On les accueille avec ferveur.
28 février 2016
Des siècles et des siècles en contemplation…
Avant même de pénétrer au cœur de notre sujet, attardons-nous un peu, si vous le voulez bien, à l’histoire de cette mystérieuse contrée. Quant à moi, géologie, art et histoire, voilà un cocktail qui me convient.
Le paradoxe de la Cappadoce, c’est qu’elle fut toujours un lieu de passage ou un lieu de repli. Les invasions s’y sont succédées, les influences mêlées, les échanges développés. Tout à la fois plaque tournante et havre de paix propice à la protection comme à la méditation dans ses vallées reculées.
La Cappadoce, le « Pays des beaux chevaux » pour les Perses, est une terre contrastée née du feu et de la cendre.
Des nuées pyroclastiques, issues des volcans environnants, les monts Erciyes, Hasan et Göllü, déposant un tuf (ignimbrite) plus ou moins poreux, alternant avec des émissions basaltiques laissant, érosion aidant, des vallées profondes, plateaux et cheminées de fées.
Le mont Erciyes culmine à 3916m.
Cest l’Argyros, l’Argenté, ou Argée des Anciens.
Cheminées de fées, plateaux et vallées profondes, la Cappadoce...
C’est ce tuf qui a permis, pour ceux qui n’étaient pas à la fête, de creuser cônes, surplombs ou sous-sol pour y installer des habitations troglodytiques ou des pigeonniers, couvents, ermitages ou églises rupestres, villages fortifiés ou villes souterraines.
Et c’est ce basalte, dur mais fractionné, qui a protégé ces niveaux de tuf tendre et coiffé ces demoiselles qu’on appelle cheminées de fées.
Regarde bien petit
Regarde bien
Sur la plaine là-bas…
Des abris sûrs dans une terre volcanique, cela signifie aussi un riche limon qui a permis aux hommes de se sédentariser dès le néolithique.
Des gorges, des vallées, une plaine favorisent aussi le passage, les échanges de richesses, la conquête. Et là le bât blesse.
Feu et cendres. La Cappadoce a connu bien des affrontements, bien des invasions. Hittites en tête, qui la colonisèrent dès le deuxième millénaire avant Jésus-Christ.
Puis vinrent les Assyriens, les Phrygiens, qui volèrent aux demoiselles qui en étaient coiffées leurs bonnets, les Lydiens, les Mèdes, les Perses, ces derniers laissant à la Cappadoce son nom et une certaine autonomie. Elle devint même indépendante sous Ariarathe 1er qui prêtât pourtant allégeance à Alexandre le Grand. La région alors s’hellénise.
Plus tard, alliée des Romains, Tibère l’annexe à l’Empire en 17. Petit à petit, elle se christianise, des monastères s’y implantent, qui correspondent à une première période artistique. A l'ascétisme des premiers temps succède un monachisme où la vie s'organise...
Printemps, été, automne, hiver...
passent les saisons...
... d'où surgiront les plus enthousiasmantes réalisations.
Que bientôt nous découvrirons...
Göreme et son Eglise Obscure où nous nous rendrons bientôt...
A suivre…
Michel Lansardière (texte et photos)
Histoires de ces gens-là, comme une lettre d'hier à aujourd'hui!
« Nous étions l’aile avancée d’un prolétariat qui rêve de ne plus l’être, mais n’entend pas pour autant s’arracher à ses racines. »
On reprend ces jours-ci au Varia (petite salle) "J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin" (novembre 2014) tirée du roman autobiographique "Spoutnik" de Jean-Marie Piemme, auteur wallon réputé. Malgré le titre prosaïque, on retrouve la grâce d’un siècle évanoui et la crasse d’un quartier pourri à Seraing, autour d’un instrument de production tari. Petite épopée sociale: l’histoire se répète, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle de la fermeture de Seraing avec celui d’Arcelor Mittal et la fin programmée du monde des usines, inéluctable et révoltante. Le décor très finement reconstitué fait penser à un chromo que l’on retrouverait sur une antique boîte à biscuit mettant en scène la belle et jeune ménagère des années 50 dans sa cuisine miteuse mais plus astiquée que jamais.
C’est là que s’invitent les madeleines des souvenirs et la polyphonie du jeu. Philippe JEUSETTE, épaulé par Virginie Thirion et les arrangements musicaux live d’Eric Ronsse, remonte le temps, se retrouve en culottes courtes, cerné par les attentes de sa parentèle ouvrière qui veille passionnément sur lui à feux croisés. Surveillance étroite, aucun relâchement vestimentaire n’est permis. La perte de l’enfance, de la croyance, survient lorsque la vie sarcastique de l’école primaire tue Saint Nicolas et ouvre la porte à toutes les désillusions. Mais les principes maternels sont inaliénables :
« Maman n’admettait pas l’impossible. Ou plutôt dans l’impossible elle voulait encore imaginer un possible. » « Il faut effacer aux yeux de tous qu’on vient de rien, qu’on n’est pas grand-chose, il faut effacer la basse extraction à nos yeux mêmes. » « L’image est tout ce que l’on a! »
Le récit à trois voix est émouvant et sonne juste. Pas de cris ni de violence pour dénoncer la violence de la jungle ouvrière, le ton est posé et d’autant plus crédible. «Il y a une aristocratie : celle de la production », disait le père! La voix de Philippe JEUSETTE est enveloppante. La mère résiste contre toutes les blessures. Sa mort prématurée sera source de toute tragédie. Le spectateur se laisse guider avec complaisance à travers les décennies du siècle vécu et se prend d’amitié pour l’auteur Jean-Marie Piemme et les comédiens si soudés. On est réellement ému par l’humanité du propos. Et si tout ce qu’il raconte était fiction ? Quelle importance ? Comme le souligne l’auteur « Et si tout était inventé, qu’est-ce que cela changerait ? » Sauf pour les bâtisseurs d’espoir, pour qui, à l’instar de Boris Cyrulnik, le regard bienveillant est toujours gagnant et ce que l’on dit d’une expérience traumatisante, permet souvent de mieux en sortir!
Théâtre Varia
rue du Sceptre, 78
1050 Ixelles
Adaptation et réalisation : Philippe Jeusette et Virginie Thirion, comédiens
Composition musicale : Eric Ronsse /Scénographie : Sarah de Battice, avec l’aide de Philippine Boyard /Construction : Laurent Notte, Philippine Boyard, Margaud Carpentiers /Costumes : Elise de Battice /Réalisation des images : Bob Jeusette, Tawfik Matine /Création et régie lumière : Eric Vanden Dunghen/ Assistanat : Tawfik Matine
Un spectacle du Collectif Travaux Publics, avec le soutien du Conseil de l’Aide aux Projets théâtraux et du Théâtre Varia. Spoutnik est paru en 2008 dans la collection « Rivière de Cassis », éditions Aden.
http://www.demandezleprogramme.be/J-habitais-une-petite-maison-sans-grace-j-aimais-le-boudin-12358
Le texte de Jean-Marie Piemme : « J’ai des racines »
J’ai des racines. Elles enjambent la Meuse, s’accrochent à ses flancs. Et là où un pont joint les deux rives, des fumées noires flottent sur les cheminées des aciéries comme autant de drapeaux crasseux. Je suis de ce pays-là. Je suis du pays de l’usine. Je le dis sans fierté. On n’est pas fier d’une poussière noire qui tombe en permanence sur les cahiers. On n’est pas fier d’un paysage de grisaille. On n’est pas fier de la dureté qu’on perçoit parfois dans les yeux des grands sans comprendre encore – car on est petit – le pourquoi de celle-ci. L’usine faisait peur à mon père. Il y a passé presque cinquante années. Manœuvre à quatorze ans (nous sommes avant la guerre 14), chef de l’atelier de construction mécanique à soixante (nous sommes au début des années soixante). Son fils à l’usine ? Non. Jamais. Même comme ingénieur (on ne disait pas cadre à l’époque). Pas l’usine. Jamais l’usine. Une de ses profondes satisfactions : n’avoir pas laissé sa femme y travailler, à l’usine, avoir tenu ma mère à l’écart de ce monde-là. Je suis du pays de l’usine. Je le dis sans fierté mais je le dis aussi sans aigreur. Car une fois sorti de ce pays, il n’est pas indifférent d’en avoir été l’habitant. Il y a comme un savoir qui vous vient de cette vie-là, un savoir que personne ne vous apprend. Un savoir, un filtre, un point de vue. Pas besoin de passer par de longues interrogations pour comprendre ce qu’est un rapport de classe. On le sait intuitivement, on l’a dans le sang. Un exemple ? Quand on entre à l’athénée et que pour la première fois on se trouve en présence d’enfants de la bourgeoisie, on comprend tout de suite, immédiatement, sans détour, sans délai, ce qu’est un rapport de classe. On comprend, on sait. On voit des doigts qui se lèvent pour répondre à la question qui est Molière, qui peut donner le titre d’une de ses œuvres, et vous, vos mains sont de plomb parce que, ce nom-là, jamais vous ne l’avez entendu prononcer, jamais. Molière ? Quoi Molière ? Qu’est-ce que c’est Molière ? Hé, celui-là, ce qu’il est bête, il ne connaît même pas Molière ! Je ne connaissais pas Molière et vous voyez comme la vie est ironique : c’est au milieu de cette ignorance qu’elle vous enseigne quelques vérités bien sonnées. Car enfin, des situations comme ça, c’est un sacré signal, ça vous alerte, ça vous jette de la clarté au visage. On appréhende la géométrie sociale, on appréhende en tous cas la position qu’on occupe dans le rapport de classes ! Mal placé. Très mal placé. Heureusement, on ne sait pas encore qu’on le sait, sinon quel découragement ! Mais on le sait, on le ressent. On le vit. Pas même besoin de souffrir une quelconque humiliation, être là suffit. Dans l’inculture des pas grand-chose. Dans leur silence. Dans leur vocabulaire basique. S’apercevoir que l’on parle de sujets dont on ne dit jamais un mot à la maison, que pour certains le monde n’a pas la même configuration que pour vous. Oui, on sait, ça brule, ça s’inscrit dans la chair avant de passer dans le cerveau. Quand on voit une manifestation dans la rue, on sait exactement de quel côté on est, même si on ne comprend rien aux banderoles et aux cris, même si on est en peine de dire pourquoi le rouge du drapeau est la couleur de la dignité, même si le père, pris entre sa position dans la hiérarchie et son appartenance viscérale au monde ouvrier est évasif sur les explications. On sait. Ce savoir-là, ce sont mes racines. J’ai su ce qu’était un gréviste avant de savoir ce qu’était un Belge ou un Wallon. Pourtant, j’usais du wallon dans la vie quotidienne. Mais ce n’était pas pour moi la langue de la Wallonie, c’était la langue de l’usine d’en face, celle qu’on parlait et que pourtant je ne pouvais pas utiliser parce que justement c’était celle de l’usine d’en face. Je suppose qu’un jeune français et un jeune anglais qui apprend sa langue maternelle la ressent comme naturelle. Ce n’est pas le cas d’un jeune garçon né dans le bassin serésien. Je ne pouvais pas utiliser le wallon, je devais utiliser le français, comment aurais-je pu résister longtemps à cette évidence : l’usage d’une langue n’est pas naturel, jamais naturel, l’usage d’une langue s’inscrit dans un champ de forces, vous inscrit dans un champ de forces. (…) Parle, et j’identifierais vite ta place approximative dans la division du travail, ton ancrage social, « le lieu d’où tu parles ». (…) Mon père avait décidé pour moi : non au wallon, oui au français, oui à la langue de l’ascension. Étrange situation d’un enfant dont les membres de la famille (père et mère notamment) parlent le wallon entre eux, mais le français avec lui, répétant en français, pour lui, ce qu’ils viennent de se dire en wallon et qu’il a parfaitement compris. Quand j’y repense, il y a là comme une bouffonnerie de la vie, une redondance à la Dupont et Dupond qui a fait de moi un étranger dans sa propre terre. Somme toute, ai-je été dans une situation tellement différente de celle des enfants italiens qui venaient d’arriver en Belgique et qui habitaient à côté de chez moi ? Eux aussi devaient se dépendre d’une langue pour en adopter une autre. Du moins, avais-je l’avantage sur eux de n’avoir pas à changer de culture. On m’a arraché d’une langue. Mais le déracinement est encore une racine, un trait violemment identitaire. (…) Les notions de trajet, de passage, de trahison me sont donc constitutives. Leur présence en moi témoigne d’un ébranlement profond dont j’ai enregistré le choc très tôt, et qui est devenu la chair même de mon existence. Ce sont autant de traits distinctifs de mon identité et je crois bien que ceux-ci sont visibles dans la plupart de mes pièces. La trahison aussi ? Oui, la trahison aussi. Qui ne trahit pas (un peu) son identité sera (beaucoup) trahi par elle. Ce n’est évidemment pas affaire de psychologie ou de morale. C’est juste une façon de dire qu’une identité qui se répète indéfiniment dans la pureté fantasmatique d’elle-même ne m’intéresse pas. (…) Mais alors comment vous définissez-vous ? Je suis du pays de l’usine, ai-je dit. Façon de signifier que je ne réclame pas d’autres traits identitaires que ceux que j’ai pointés plus haut. Mais vous êtes belge ? Oui, je suis Belge, mais la Belgique ne fait pas partie de mes racines. Où et quand ai-je connu la Belgique ? Enfant, je suis allé à Anvers visiter le Zoo ; à Bruges, en excursion scolaire ; jamais à Bruxelles. Bruxelles n’était rien, n’éveillait aucun imaginaire, aucune envie. (…) Je n’y mettrai pas les pieds de manière significative avant l’âge de 30 ans. (…) Laissons la Belgique. D’accord. Mais tout de même, la Wallonie ? À tout le moins, vous êtes wallon ? Oui, je suis wallon, mais la Wallonie ne fait pas partie de mes racines. Mons et Charleroi ou Namur me sont longtemps restées terres inconnues. J’ignorais tout de ces villes. (…)
Donc, finalement qu’est-ce que vous êtes ? Ce que je suis ? Disons un habitant d’Europe, de langue et de culture françaises né devant une aciérie, ça vous convient ? (…) Ce n’est pas parce que la Belgique n’a pas d’Histoire (et qu’est-ce que c’est la Belgique ? Et d’abord où est-ce ?) que les gens n’ont pas d’Histoire. (…) Et ceux qui sont nés là où je suis né ? Ils ont aussi une histoire. Elle est faite de luttes, de coups, de combats, de défaites, mais une défaite, n’est-ce pas, est encore une Histoire ? Croyez-vous que ce soit tout le temps « bien », l’Histoire ? Qu’il advient que du notable ? Une Histoire n’est pas toujours une bannière (tragique ou heureuse) plantée dans l’amas des événements remarquables, c’est souvent un nœud obscur fait de contradictions, de ratages, de réussites partielles, d’espoirs et d’illusions, en tous cas quelque chose qui arrive aux gens dans leur chair. Oui, dans la chair des gens, c’est là qu’il faut chercher l’Histoire, lorsque selon toute apparence celle-ci semble manquer. (…) Plutôt que jugée ou déplorée, une filiation doit être assumée. Elle demande qu’on la prenne à plein bras. Eh bien, retrouvons-le ce passé, retrouvons l’Histoire telle qu’elle a saisi les corps, leur donnant désirs, blessures et impulsions, l’Histoire toujours infirme, toujours boiteuse, l’Histoire dans ses contradictions, et disons simplement, sans forfanterie et sans désespoir : je suis fils ou fille de cette Histoire-là. (…) Qu’elle ne soit pas triomphale n’a finalement que peu d’importance. Elle a eu lieu pour moi, cette Histoire. Je suis venu au monde en elle, j’ai grandi en elle, c’est pourquoi il m’importe d’y revenir dans la sympathie. "
Extrait de la pièce : « Je suis né dans la cave, sous les bombardements. Il était trois heures et demie, c’était la sortie des classes, je voyais défiler les jambes des écoliers devant le soupirail. « Poussez ! » Quelqu’un a dit « poussez! » et ma mère a poussé. Moi, je n’en demandais pas tant mais sous l’effet du mouvement, j’ai été forcé de sortir la tête. Quel jour sommes-nous, ai-je dit ? Avant tout, je voulais me donner une contenance devant tous ces gens qui m’attendaient. Le 16 novembre, imbécile. Ça m’a vexé. Oui, ça m’a vexé que mon père me parle sur ce ton. Après tout, on se connaissait à peine. Trente secondes, au plus ! Illico, j’ai alors décidé de marquer le coup. Il fallait qu’il comprenne tout de suite que je serais un enfant difficile. Mon Papa, malgré l’émotion qui nous étreint tous, ai-je dit en crachotant une saloperie qui me collait aux gencives, je n’oublie pas ce que tu m’as balancé quand Maman t’a dit qu’elle était enceinte. Il avait grogné ! Il avait pesté! Il avait hurlé : je n’en veux pas, on a déjà le chien ! Ai-je dit que c’était la guerre ? Le maréchal Von Rundstedt menait la contre-offensive allemande entre Arlon et Bastogne. On n’avait pas grand-chose à manger et le chien moins encore. Alors vous comprenez, il a fallu s’en débarrasser, a dit mon père à l’accoucheuse. « Ça a dû vous faire quelque chose. Même si c’est des bêtes, on s’y attache », a répondu l’autre, juste au moment où ma mère, trouvant probablement le sujet de conversation trop scabreux pour moi s’était remise à hurler. »
Source : le dossier pédagogique : http://www.atjv.be/IMG/pdf/dp_j_habitais_une_petite_maison.pdf ;
Il est bien agréable de s'apercevoir que l'art lyrique attire de plus en plus de monde! Dès que la qualité est là, le public vient, enthousiaste! Et pas seulement un public élitiste habitué à fréquenter les salles d'opéra. Une vraie réussite ce pari musical tenu ce soir-là à la Clarencière qui invitait le Duo Mélisme à se produire.
Nous assistions à des noces musicales exquises où l’art lyrique rejoignait l’instrument pastoral par excellence, la flûte traversière dans un répertoire du vingtième siècle.
Les deux jeunes demoiselles réussissaient le défi de jouer un subtil jeu de cache-cache distingué et de subjuguer la salle entière de la Clarencière. Fermez les yeux et demandez-vous quel est l’instrument qui prédomine : la voix humaine ou le flutiau? Il est parfois difficile de distinguer... C'est sans doute ce que l'on appelle le mélisme? A moins que le rapport soit au miel du texte empreint d'hellénisme: "Le sang des pavots, l'éblouissante blancheur des cheveux de pierre ondule comme des vagues marines..."
On est frappé par leur pratique chevronnée et la recherche passionnée de perles rares du 20e siècle qui réunit des pièces pour soprano soutenues par une unique flûte, cocktail inédit qui intrigue intensément. Le répertoire très éclectique joue sur une variété de sonorités musicales et linguistiques accordée sur une même couleur, sorte de nervure musicale qui relie les deux musiciennes. La diction de la soprane, Gwendoline Spies, est impeccable, quelle que soit la langue de la poésie. 
La connivence joyeuse des partenaires musicales contribue au plaisir que le duo communique. Doublages, cadences, solos, tout s’enchaîne avec élégance et charme. Etonnamment, c’est parfois la soprano qui donnera le La à la flûte, Adélaïde Baranger, en toute liberté. Belles musiques raffinées, échevelées, que l’on a le plaisir de découvrir, mais en serait-il autrement avec des jeunes recrues diplômées du Conservatoire si passionnées?

Peu de jeu scénique mais un concert de proximité dans ce laboratoire artistique caché au 20 de la rue du Belvédère, juste derrière l’immense paquebot du Flagey. Mais, Adélaïde Baranger, à la flûte traversière, a une paire d’yeux et un souffle enjoué qui vont de la partition à la partenaire sur une invisible onde de douceur que l'on ne peut s'empêcher de suivre au gré de la musique. Et ce concert de souffle et de bouches se savoure avec les yeux et les oreilles. Gwendoline Spies, la soprano lui répond dans un superbe entrelacs d’harmonies perlées et de confiantes vocalises. Certes, le parcours de ces deux jeunes femmes solaires est fort à suivre car elles regorgent d'amour de la musique et de bienveillante générosité.

Crédit photo: Copyright Sylvia Huang
Programmation :
Monique Gabus, Quatre Esquisses grecques
I- Sapho
II-Epitaphe de Seikilos
III-Chanson
IV-Vocalise
Albert Roussel, Deux poèmes de Ronsard I- Rossignol, mon mignon (3'50)
II-Ciel, Aers et Vens (2'50)
Peter Escher Naga-Uta op.48
(Praeludium - Jubel - Dauernde Erinnerung - Tagelied eines - Madchens - Erregunge - Die verlassene - Blutenschnee - Interludium - Der Liebeslaut - Bei Betrachtung des Mondes -
In Erwartung + Postludium)
Pause
André Caplet, Ecoute mon coeur
Jacques Ibert Deux stèles orientées I- Mon amante a les vertus de l'eau...
II- On me dit...
John Corigliano, Three Irish Folksong settings I- Salley Gardens
II-The Foggy Dew
III- She moved Through the fair
Tout public : Le samedi 20 février 2016 à 20h30
P.A.F. : 15 € - étudiant : 10 €- Article 27 : 1,25 €
Rue du Belvédère 20 1050 Bruxelles
Un écrivain tchèque, Jan Lentcho a écrit : "BYF n'est en aucun cas un auteur mono-thématique." Son dernier recueil de nouvelles "Les miroirs ne sont plus magiques" contenant dix nouvelles, en est une nouvelle preuve.
Son regard critique sur notre société la porte souvent à la satire On la retrouve ici sur un ton tantôt persifleur, tantôt goguenard.Mais, de l'humour, l'auteur passe à la tendresse ("Mirette")., de la tendresse à la fantaisie dans "Rosa et Gaspar- le- Furet", de la fantaisie à l'émotion avec "L'exilé". Et, comme toujours, BYF reprend son interrogation sur le sens de la vie qui, ici, sera soulevé par les animaux d'une réserve.
Les animaux s'imposent encore dans d'autres nouvelles, et ils en disent de belles sur les humains..
Auteure de treize recueils de poèmes, d'un roman, de deux recueils de nouvelles, de deux essais, et de pièces de théâtre, BYF est une auteure prolifique..
La majorité de ses oeuvres présentent un dénominateur commun : une critique souvent virulente de notre monde dans ses dimensions sociales, économiques et politiques.
Fermer les yeux pour écouter
Pour ressentir jusqu'aux tréfonds
Pour de chaque mot s'imprégner
Et en analyser le son...
Simples et anodins, tout ronds!
Acerbes, âpres, désespérés
Mots se déclinent sur tous les tons
En espérant nous submerger!
Si l'émotion est en partage
Et mène du sourire aux larmes...
C'est qu'elle nous renvoie des images
Qui nous interpellent et nous charment...
A l'aveugle pour quelques instants
On s'est juste laissé porter...
On a donné du temps au temps
On s'est enfin permis de rêver!
J.G.
Le Duo Mélisme, | |
C'est l'hiver, on le sait et on le sent. Mais qui dit hiver dit regroupement, dit échange et découverte des talents, de culture et de nouvelles sensations musicales ! |
ADRIANA LECOUVREUR
Le sujet est puisé dans la rivalité, historiquement authentique, qui opposa la Princesse de Bouillon et la fameuse actrice Adrienne Lecouvreur, célébrée par Voltaire. Opéra en quatre actes, musique de Francesco Cilea, livret de Arturo Colautti, d'après la pièce Adrienne Lecouvreur (1849) d'Eugène Scribe, l'un des auteurs dramatiques les plus joués du XIXe siècle, en France et dans le monde. Créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902. Eugène Scribe est aussi l’auteur du livret de « La Muette de Portici ». Suite à une représentation en août 1830 de cet opéra à Bruxelles, des troubles éclatèrent qui allaient, quelques semaines plus tard, conduire à notre Révolution belge.
Un personnage réel
Fille d'une blanchisseuse et d'un ouvrier chapelier (Robert Couvreur, homme violent et alcoolique), elle vient à Paris, son père s'établissant dans le voisinage de la Comédie Française. Après être confiée aux filles de l'instruction chrétienne, Adrienne Couvreur intègre une petite troupe de comédiens. Elle séduit un officier de la garnison, Philippe Le Roy, avec qui elle a une petite fille, Élisabeth-Adrienne, baptisée le 3 septembre 1710. Adrienne se fait remarquer lors de ses débuts dans la cour de l'hôtel de Sourdéac. Le doyen de la Comédie Française Le Grand s'entiche d'elle, lui donne des cours de diction et ajoute un article à son patronyme qui devient Lecouvreur. Elle entre dans la troupe de la Comédie-Française et y joue pour la première fois dans Mithridate de Jean Racine le 14 mars 1717. Elle veut jouer Célimène dans Le Misanthrope, mais doit y renoncer, le public refusant de la voir dans un rôle de comédie tant elle excelle dans la tragédie. Elle innove en renonçant à la diction chantante traditionnelle dans la tragédie et adopte une déclamation « simple, noble et naturelle ».Elle collectionne les amants : elle a en 1720 une liaison amoureuse avec Maurice de Saxe, ce qui lui vaut la haine fatale de sa rivale, Louise Henriette Françoise de Lorraine, duchesse de Bouillon, femme d'Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne, et avec Voltaire dont elle interprète plusieurs tragédies. En 1730, sa santé se délabre ; elle s'évanouit pendant une représentation. Elle fait encore l'effort d'interpréter Jocaste dans l'Œdipe de Voltaire, mais meurt peu après. Le bruit court qu'elle a été empoisonnée à l'instigation de la duchesse de Bouillon. Voltaire demande une autopsie, dont les résultats ne sont pas concluants. Les comédiens étant frappés d’excommunication, l'Église lui refuse un enterrement chrétien. Elle est donc enterrée à la sauvette par des amis du maréchal de Saxe et de Voltaire, dans le marais de la Grenouillère (actuel Champ de Mars). Voltaire, scandalisé, exprime son indignation dans le poème La Mort de Mlle Lecouvreur :
Et dans un champ profane on jette à l'aventure
De ce corps si chéri les restes immortels !
Dieux ! Pourquoi mon pays n'est-il plus la patrie
Et de la gloire et des talents ?
Paris, 1730. Adrienne Lecouvreur, célèbre actrice de la Comédie-Française, affronte une forte concurrence sur scène et en amour. Sa vie mouvementée se termine prématurément, dans des circonstances suspectes – une fois de plus, le monde impitoyable de l’art a détruit une âme pure. Cette histoire réelle a inspiré à Scribe et Legouvé une pièce de théâtre à succès qui, un demi-siècle plus tard, devient Adriana Lecouvreur, le chef-d’oeuvre de Francesco Cilea. Sa partition vériste offre un mélange entre la spontanéité mélodique de l’école napolitaine et l’écriture harmonique et orchestrale raffinée de facture française. « En art, l’italianità a toujours été la norme pour moi : certes modernisée, mais jamais étouffée ni déformée », tel est le credo artistique de Cilea. L’italianità est entre de bonnes mains avec le chef Evelino Pidò, fougueux défenseur de ce répertoire.
En 1717, une jeune comédienne du nom d’Adrienne Lecouvreur entrait à la Comédie-Française et devenait une des meilleures tragédiennes de la troupe. Elle devenait également la maitresse du Maréchal de France Maurice de Saxe, ce qui devait lui vouer la haine implacable de sa rivale, la duchesse de Bouillon. Sa fin prématurée incita Voltaire à réclamer une autopsie sans résultat probant. De ce fait divers authentique, Eugène Scribe et Ernest Legouvé devaient tirer des décennies plus tard, en 1849, une pièce de théâtre qui inspira au compositeur italien Francesco Cilea (1866-1950), touché par la « variété de l’action et le mélange du comique et du dramatique ainsi que par l’amour passionné des protagonistes », son quatrième opéra Adriana Lecouvreur. Au contraire de nombreux contemporains, Francesco Cilea n’est pas un auteur prolifique. S’il fait preuve d’un talent précoce pour la musique qui le fait admettre au Conservatoire de Naples dès l’âge de 15 ans, il compose peu pour le genre lyrique et bien qu’il ait vécu jusqu’à l’âge de 90 ans, il cesse définitivement après 1907. Ses biographes attribuent la mélancolie qui habite souvent ses compositions au choc profond ressenti à la mort prématurée de ses parents. Il mène en parallèle sa carrière de compositeur et de professeur et directeur de conservatoire, et meurt en solitaire à Varazze où il s’est retiré.
Ecrite en 1899, Adriana Lecouvreur est une version romancée de la vie de la tragédienne, un imbroglio d’épisodes et de drames amoureux qui se clôt sur un dénouement fatal. Amoureuse de Maurice qu’elle croit être officier du comte de Saxe, Adriana est aimée sans espoir par son directeur Michonnet. Le prince de Bouillon est l’amant d’une autre actrice, la Duclos, elle-même servant d’entremetteuse entre le comte et la princesse de Bouillon ! Le drame va se nouer au cours d’une fête organisée par le prince et, de nombreuses péripéties plus tard, la rivalité entre les deux femmes touchera à son comble quand la princesse, par dépit, enverra des fleurs empoisonnées à Adriana qui s’éteindra dans les bras de son amant.
L’opéra est créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902 avec le grand Caruso dans le rôle du comte de Saxe, et Angelica Pandolfini dans celui d'Adriana. Mais c’est Magda Olivero, grande soprano éteinte récemment à l’âge de 104 ans, que le compositeur considérera comme l’interprète définitive de son personnage, au point de lui demander en 1951, alors qu’elle s’est retirée de la scène depuis 10 ans, de reprendre le rôle.
Bien que le livret soit parfois confus, de nombreuses péripéties secondaires venant perturber l’intrigue principale, il n’en reste pas moins que Cilea a écrit là un puissant mélodrame conjuguant habilement romantisme et vérisme. Son style mélodique très napolitain se teinte d’influence française. L’orchestration est limpide et l’écriture vocale très nuancée, de la légèreté brillante de l’opera buffa à l’expression la plus profonde du drame. Cilea utilise des motifs récurrents qui viennent caractériser chaque personnage, une cantilène passionnée et juvénile pour Maurizio, et, opposé au motif sombre et rythmé de la princesse de Bouillon, le thème tendre, mélancolique et emprunt de spiritualité d’Adriana. De l’air d’entrée au final, les arias de l’héroïne transmettent une émotion qui bouleverse toujours.
Texte D’Isabelle Pouget
ORCHESTRE SYMPHONIQUE et CHŒURS DE LA MONNAIE
– Evelino Pido direction – Martino Faggiani chef de chœur – Lianna Haroutounian Adriana Lecouvreur – Leonardo Caimi Maurizio – Daniela Barcellona La Principessa di Bouillon – Carlo Cigni Il Principe di Bouillon – Raúl Giménez L'Abate di Chazeuil – Roberto Frontali Michonnet – Maria Celeng Madamigella Jouvenot – Maria Fiselier Madamigella Dangeville – Alessandro Spina Quinault – Carlos Cardoso Poisson – Bernard Giovani Un Maggiordomo
http://www.lamonnaie.be/fr/opera/574/Adriana-Lecouvreur-in-concert
REPRÉSENTATIONS
17 Février 2016 20:00
21 Février 2016 16:00
PALAIS DES BEAUX-ARTS
PRODUCTION La Monnaie / De Munt, CO-PRÉSENTATION Bozar Music
INFO & BILLETS | + 32 2 229 12 11 - MMTickets, 14 rue des Princes, 1000 Bruxelles - www.lamonnaie.be - tickets@lamonnaie.be
REPRESENTATIONS : PALAIS DES BEAUX-ARTS | + 32 2 507 82 00 - 23, rue Ravenstein, 1000 Bruxelles - www.bozar.be
INTRODUCTION | Une demi-heure avant les spectacles
DIFFUSION RADIO | Musiq’3 (date à préciser) et Klara (samedi 26 mars 2016)
Espace Art Gallery vous présente sa programmation :
Vernissage le 27 janvier et finissage les 13 et 14 février 2016 (voir ci-dessous)
&
Vernissage le 17 février et finissage les 05 et 06 mars 2016 (voir plus bas)
&
Vernissage le 09 mars et finissage les 26 et 27 mars 2016 (voir prochain mail)
L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 28/01 au 14/02/2016 l’exposition événement des artistes suivant : Igor Tcholaria (Géorgie) peintures, Angelo Oliva (Ch) peintures et Christian Bajon-Arnal (Fr) peintures.
Le VERNISSAGE a lieu le 27/01 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.
Le FINISSAGE de l’exposition a lieu les 13 & 14 février 2016 de 11h 30 à 18h 30. Vous aurez bien sûr le verre de l’amitié pour vous accueillir.
Igor TCHOLARIA (Géorgie) peintures
« La magie des couleurs »
L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous annoncer la venue dans ses murs de l’artiste international Igor Tcholaria du 27 janvier au 14 février 2016. Ce peintre est bien apprécié auprès des galeries internationales. Ses œuvres font parties de prestigieuses collections privées entre autres Pavarotti, Christian Dior, Galiano, Claudia Schiffer, Pierre Richard, Gérard Depardieu, Le Queen Marry II, Volvo et l’hôtel le plus renommé de Londres Mayfair Hotel… Il est également présent à Lineart à Gand ainsi que dans les Millionnaires fairs à Amsterdam, Moscou, Rome…
Igor Tcholaria est un artiste immensément talentueux et possède une force créatrice inépuisable. C’est un magicien de la couleur. En réalité il ne renonce pas à son origine géorgienne : il ressent la vie comme une fête et en même temps comme un drame. Son imagination renouvelle et transfigure merveilleusement le monde de la danse, du ballet, du cirque avec sa cohorte de personnages tels que les clowns géniaux, musiciens angéliques et délicats, acrobates et célestes voltigeurs. Dans les tableaux du maître, tout devient mouvement et couleur, grâce et élégance. La phrase de Cézanne « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » convient parfaitement à définir ses créations.
Igor Tcholaria est né à Ochamchiry – petite ville de l’Abkhazie (Géorgie, URSS) – en 1959. À l’âge de 12 ans sa famille découvre son talent et il est envoyé à Sukhumi capitale de la Géorgie pour étudier à l’école d’art. En 1976 il va à Leningrad et entre à l’Académie d’art.
Il vit et travaille en Russie à Saint-Pétersbourg et a participé à plus de 60 expositions dans le monde entier. Vous pouvez voir cela sur son site Internet : http://www.tcholaria.com
Angelo OLIVA (Ch) peintures.
« Couleurs vives »
Christian BAJON-ARNAL (Fr) peintures.
« Butterfly palette »
A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste
Louis de VERDAL (Fr) sculptures
Exposition du 28 janvier au 14 février 2016.
INVITATION AU VERNISSAGE
Le mercredi 27 janvier de 18 h 30 à 21h 30.
Drink de bienvenue et petits sandwichs fourrés.
Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120
*****
Vernissage le 17 février 2016 et finissage les 05 & 06 mars 2016
L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 18/02 au 06/03/2016 l’exposition événement des artistes suivant : Victor Barros (Equat) peintures & sculptures et Vladimir Boustami (Be) photographies et un collectif d’artistes internationaux.
Le VERNISSAGE a lieu le 17/02 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.
Le FINISSAGE de l’exposition a lieu les 05 & 06 mars 2016 de 11h 30 à 18h 30. Vous aurez bien sûr le verre de l’amitié pour vous accueillir.
Victor BARROS (Equat) peintures & sculptures
« Vibrations Cosmiques »
L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous annoncer la venue dans ses murs de l’artiste international Victor Barros du 17 février au 06 mars 2016. L’artiste constamment en mouvement, sans cesse à la recherche d’un équilibre, triste et révolté par l’injustice dans le monde mais toujours tourné plein d’espoir vers l’avenir. L’œuvre de Barros a plusieurs aspects. Certains sont noirs et macabres, d’autres tendres et fragiles, d’autres amusants et légers. Sa maîtrise de la couleur lui permet souvent d’atténuer les aspects les plus durs et d’adoucir la tristesse devant la souffrance et la mort. Barros voit la vie comme une divine comédie. Des réminiscences du carnaval et des personnages du cirque apparaissent donc souvent dans ses œuvres. Une apparence d’allégresse et d’exubérance voilent souvent la tragédie et le drame.
Bien que sa formation et son évolution se voient déroulées en Europe. Barros n’a jamais renié ses origines : l’Amérique Latine, les Tropiques et les Incas. Il s’est gardé de se laisser complètement assimiler par le schéma culturel occidental et est resté fidèle à ses racines. C’est ce qu’attestent ses scènes préférées : le soleil et la lune, les réminiscences des divinités et des magiciens Incas, les chevaux sauvages et les oiseaux tropicaux.
C’est ce que montrent aussi certains personnages, tels que les cannibales, représentés avec une tête monstrueuse et couverts de décorations qui rappellent des personnages de dictature militaire. C’est ce que montrent aussi, enfin, les couleurs jaillissantes et violentes, comme le paysage équatorien, où le soleil dessine de violents contrastes : fines et claires comme des lacs, et peu à peu grises et noires sous l’influence de notre climat.
Victor Barros n’est pas seulement un Etre de la ligne et de la forme et un coloriste talentueux. Il est surtout un homme authentique, que la répression et l’injustice révolte, qui dénonce la corruption, la misère et la guerre, mais qui garde toujours une lueur d’espoir. Les œuvres de Barros sont plus qu’une simple décoration. Elles contiennent toutes une philosophie et un message et c’est cela qui les rend d’autant plus précieuses et universelles.
Infos : http://www.quefaire.be/exposition-de-victor-barros-585233.shtml
Vladimir BOUSTAMI (Be) photographies
« Constellations familières »
Moment musical proposé par
Randa-Sophie El Boustami à la Flûte traversière.
Elle interprètera cinq courts morceaux.
&
Un collectif international de la galerie : peintures & sculptures
Peintures
Chanon (Nl) « Inner Force of Nature »
Christian Kubala (Fr) « La petite marre »*
Igor Misyats (Uk) « Poissons »
Ju Chou (CdS) « Les autres sont aussi moi »
Alexandra De Grave (Be) « Entrevoir »
Alvaro Mejïas (Ven) « La Cancion del poéta »
Muriel Cayet (Fr) « Opus Mixtum »
Cristian Sainz Marin (Esp) « There’s no place like home »
Jacqueline Kirsch (Be) « Consolation » *
Christian Bajon-Arnal (Fr) « Femme Bleue III »**
Sculptures
Pierre Content (Fr) « EL TORO »
Carole Duffour (Fr) « Femme Lyre »
Pierre Content (Fr) « Le Voyageur »
Sophie – Mathilde Tauss (Fr) « Petit oiseleur »
Sophie – Mathilde Tauss (Fr) « Mère et l’enfant »
Les artistes en gras sont cotés
*Billet d’art de François Speranza qui sera publié par
Les Éditions d’Art EAG en mai 2016 recueil n° 4
**Idem mais publié en mars 2017 recueil n° 5
A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste
Louis de VERDAL (Fr) sculptures
Exposition du 18 février au 06 mars 2016.
INVITATION AU VERNISSAGE
Le mercredi 17 février de 18 h 30 à 21h 30.
Drink de bienvenue et petits sandwichs fourrés.
Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120
INFOS ARTISTES ET VISUELS SUR :
Site de la galerie : http://www.espaceartgallery.eu
Le site de l’Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur
Le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x
Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)
Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery:
Voir: http://ning.it/KHOXUa
Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :
Voir : http://ning.it/VpFh6C
La galerie est devenue éditrice d’art pour fêter ses 10 ans :
Voir : http ://www.espaceartgallery.eu/editions/
Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.
Bien à vous,
Jerry Delfosse
Espace Art Gallery
GSM: 00.32.497. 577.120
Voir: http://espaceartgallery.eu
Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x
Un ticket pour la Brunotie
L’hiver n’en finit plus de sévir, vous mouille jusqu’aux os, et vous dégoûte de sortir ? Venez rire à en pleurer et rencontrer des personnages haut-en-saveurs que l’aimable Bruno Coppens soutire de son divan malin et vous a concoctés, pour l’espace d’un soir. Marrez-vous, ne vous contentez plus de rire jaune d’oeuf. Esclaffez-vous orange amère, bidonnez-vous turquoise – il y aura quelques têtes de turc au passage - gondolez-vous couleurs Venise, gaussez-vous caca d’oie, désopilez-vous gris souris. Vous en verrez de toutes les couleurs, chez ce rallumeur d’arc-en-ciel… Bruno Coppens décortique à toute vitesse le siècle à peine entamé, avec passion et justesse. Il ridiculise les euphémismes du langage « politically correct », pourfend les addictions technologiques, déshabille les accros aux abdos, renvoie les extrémismes dos à dos, ressuscite l’humain en un tour de mot.
Il y a le décalage linguistique avec les enfants qui confondent Picasso et les voitures, les troubles du langage qui balancent tout de travers en vertu des grands sentiments, la solitude qui donne une âme humaine aux objets, le délire amoureux qui a peur de la Saint-Valentin, la patate story pour ceux qui n’ont pas peur de mâcher les mots, le ridicule qui, loin de nous tuer, nous rend plus forts (n’est-ce pas la Belgique?) ! Vous irez aussi place Saint-Pierre écouter Le pape-a-dit ( en vertu des grands principes), vous frémirez de fierté devant ce vieux savant qui enterra des statuettes antiques, vous pleurerez notre insouciance perdue, la fuite du temps et son inéluctable angoisse. Donc, tout n’est pas drôle!
Mais entre le Destin tout court et le Destin animé, Bruno Coppens choisit l’anima, la vie, la voix des mots, la fièvre du jeu, la récréation. T’es pas tout seul, Jef ! Nous aussi on rêve d’escrime! Bruno est visiblement « heureux-qui-communique » lorsqu’il délire, le mot au bout de la langue, jouant avec son public ébaudi, comme s’il était à un dîner en ville! Le bûcher des inepties du monde, allumé par ses jongleries verbales, brûle alors à grand feu de joie. On se réchauffe, on revit, on reverdit même à vue d’œil. Le printemps de la langue fait grimper la sève du rire au bon pays de la Brunotie. La jouissance verbale, le festin phonétique s’installe pour deux heures de friand plaisir. Essayez donc de trouver un bon mot moins bon que l’autre! Venez goûter des crêtes de rires sur poêle à (f)rire et vous en mettre jusque derrière les oreilles! Mais on vous prévient, il sera très difficile, pour vous, comme pour lui, de s’arracher aux jeux de mots pléthoriques et à la très heureuse complicité d’un soir.
http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=424&time=today
« De l’orfèvrerie ! Digne héritier de Raymond Devos. Une telle joie de vivre, on en redemande » (Pariscope)
« D’un enfant, Bruno Coppens a la spontanéité vive, le sourire innocemment charmeur et la poésie innée. Ses jouets sont les mots. Il les lance dans tous les sens, les dérange avec ironie, les transforme effrontément pour en faire des noeuds de mots qu’il sert et ressert à volonté au public. (Thierry Denoël/Le Vif –L’Express)
« LA VIE EST UN DESTIN ANIME »
Jusqu'au 05/03/16
AU THEATRE LE PUBLIC
Rue Braemt 64-70 – 0800/944 44
Infos Réservations : 0800 / 944 44
Photos : Bruno Mullenaerts
Mais quel sujet terriblement sérieux et actuel que la survie des opéras, théâtres et arts vivants dans un monde culturel de plus en plus étranglé par les réalités économiques! Quant course au succès, il n'y a pas affaire plus sérieuse, n'est-ce pas?
Si à notre époque, contrairement au 18e siècle, on fait l’économie de querelles de bouffons opposant le noble opéra séria aux morsures comiques de l’opéra qui se veut sédition, le discours de l’imprésario dans « L’Opera Seria » de Florian Léopold Gassmann, est un vrai cri d’alarme pour que l’art survive, …au propre comme au figuré. Voilà la splendide voix de basse de Fallito (Markos Fink), interprétant un directeur de théâtre que l’on nomme impresario en italien. Il est cerné de toutes parts par ses chanteuses chamailleuses, imbues de leur virtuosité musicale soutenues par leurs mères - tonitruantes vipères heureusement muettes*. Il est aux prises avec un librettiste flagorneur et intransigeant sur la moindre virgule (Delirio/ Pietro Spagnoli ), et avec un compositeur tout aussi prétentieux, amoureux des moindres bémols de ses chansons enflées de fioritures (Sospiro/ Thomas Walker). Il doit subitement faire face à (Passagallo/ Nikolay Borchev) et une invasion de danseurs de ballet qui lui tombent du ciel de Paris. Et comment gérer tout cela? On vous recommande le duo de la ballerine Hanna Al-Bender et son compagnon Maxime Melnik.

La vie d’artiste dans les coulisses nous est dévoilée à grand renfort de persiflage, de huées et de moqueries trempées dans le fiel ou le miel. La jalousie, l’hypocrisie, l’envie, et autres péchés capiteux s’emparent des protagonistes lâchés sur le plateau : ils répètent un spectacle devant être joué à la tombée du jour! Côté coulisses, elles se valent toutes! Les coulisses du pouvoir, celles des bureaux au faîte des gratte-ciel, celles des salles de presse, de la salle des profs (de la basse-cour à l’université), celles des couloirs d’hôpitaux, et autres réseaux de chasse gardée n’ont sans doute rien à leur envier. Les mêmes travers et les mêmes maux assaillent tous les hommes et les femmes de notre planète sans exception. La portée est universelle.

Ce directeur bourgeois inquiet (Markos Fink) qui aimerait bien dormir sur ses deux oreilles et se retrouve à toute heure sorti de son luxueux plumard, il nous semble bien pathétique, coincé entre sa peur panique de la dépense artistique et celle de l’ombre de la faillite. Mais vénal, empoisonné et véreux comme tous ceux qui ont quelque pouvoir, il quittera en douce la Citadelle du théâtre, comme un fieffé coquin, abandonnant tout ce beau monde à ses sortilèges, en filant à l’anglaise avec la caisse, comme un vulgaire saltimbanque de villes du Far West. Nul n’en doute: charité bien ordonnée commence par soi-même.
Nous avons donc aimé tout d’abord la musique doublement parodique, revisitée par René Jacobs à la tête du B’Rock Orchestra : des sommets d’humour et de finesse, des timbres délicats, des sonorités de rêve, parfois troublées par des salves de caricature et d’harmonies comiques ou de chaos organisé. Le chef d’orchestre s’amuse énormément car le rire a déjà fait son nid au cœur de la partition et il se prend même à chanter pour redonner le La à ceux qui l'ont perdu ! Le texte du livret de Calzabigi pétille de faconde extravagante et de perfidie. Les couleurs lagunes prédominent dans ce carnaval raffiné et intelligent qui opère sur plusieurs plans, ce qui scéniquement donne de la magie aux glissements de décors, et les chaises sont souvent musicales. Ajoutons différentes couches de ridicule qui se superposent les unes aux autres : tantôt les noms sot-grenus des personnages et la gestuelle féroce gesticulée à souhait, tantôt la nature grotesque des admirables costumes de travestis, mais aussi, la mise au point hilarante des voix de fausset si savamment imitées par les vedettes de vocalises en particulier, le ténor Mario Zeffiri et Alex Penda, la Détonnante Sonatrilla. Ajoutez à cela la critique du genre épique poussée à son comble dans le troisième acte grandiose. Et quelle mise en scène éblouissante pour toute cette foireuse entreprise! A souligner, l’interprétation vocale ardente du librettiste Delirio par de Pietro Spagnoli, et celle de Porporine par l’exquise Sunhae Im, si à l’aise en dauphin qui nargue les thons dans la lagune, une scène inoubliable.
Mais bien sûr nous avons adoré l’inénarrable scène de l’émeute live - de la pure perversion - qui finit par faire sorti de leurs gonds les spectateurs les moins turbulents! On se plaît même à imaginer, que lors des répétitions du spectacle, l'un ou l'autre différend cocasse a pu survenir entre René Jacobs, l’illustre oreille, et le metteur en scène, Patrick Kinmonth flanqué de son comparse dramaturgique Olivier Lexa, ...nécessitant soudain la médiation expresse du chef du théâtre en personne (Peter De Caluwe). sans pour autant aller jusqu'à mettre la clé sous le paillasson, bien sûr! Alors, la mise en abîme si bien orchestrée, serait absolument parfaite!
Crédit photos: © Clärchen und Matthias Baus
* Magnus Staveland, Stephen Wallace et Rupert Enticknap
MUSIC: Florian Leopold Gassmann (1729-1774), LIBRETTO:
Ranieri de’ Calzabigi (1714-1795) & Pietro Metastasio (or Trapassi, 1698-1782),
commedia per musica ‘Opera seria’ (1796).
CAST: Markos Fink (bar-b, Fallito); Pietro Spanioli (bar, Delirio); Thomas Walker (ten, Sospiro); Mario Zeffiri (ten, Ritornello & Nasercano); Alexandrina Pendatchanska (sop, Stonatrilla & Rossanara); Sunhae Im (sop, Porporina & Rana); Robin Johannsen (sop, Smorfiosa & Saebe); Nikolay Borchev (b, Passagallo); Magnus Staveland (ten, Bragherona); Stefen Wallace (ten, Befana); Rupert Entiknap (ct-ten, Caverna);
Hanna al-Bender, Maxime Melnik and Kamil ben Hsaïn-Lachiri dancers;
Members of La Monnaie Symphonic Chorus; B’Rock Orchestra & Members of La Monnaie Symphony Orchestra; René Jacobs cond.
Patrick Kinmouth stage dir., set, cost.; Olivier Lexa dramat.; Fernando Melo choreogr.; Andreas Grüter light.
http://www.lamonnaie.be/fr/opera/573/L-Opera-Seria
DATES: 09, 11, 12, 14, 16 and 17 Feb. 2016
TICKETS :
rue des Princes 14 / B-1000 Brussels .
tel.: +32 2 2291211 / fax: +32 2 2291384
e-mail: tickets@lamonnaie.be
online ticketing: www.demunt.be/nl/tickets/573/1975/L-Opera-Seria
Box office ‘Cirque Royal’:
rue de l’Enseignement 81 / B-1000 Brussels (Mon-Fri 10:30-18:00, or one hour before a performance).
tel.: +32 2 2182015
online ticketing: https://cirqueroyal.ticketmatic.com/addevent.php?a=zCk31bTsqxQ&e=l-kroaoqLE4&s=80cswBbInpo&l=nl
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Une merveille d'humour et de musicalité pour terminer la saison: Voici venir ...de l’imagination en toute chose! Jean-Guy Lecat, le scénographe qui accompagne le metteur en scène Stéfano Mazzonis une fois encore, nous explique que faire une énième représentation de « L’elisir d’amore » de Gaetano Donizetti n’allait pas sans chercher à innover complètement et aller à la rencontre de l’imaginaire populaire. Quelle nouvelle boîte à musique choisir ? Allait-il placer l’histoire au fin fond de la Chine antique, dans une tour de Manhattan, dans le Paris Belle Epoque, à Waterloo morne plaine? Bingo ! L’idée fertile et audacieuse à la fois lui vient d’installer l’intrigue légère - la pochade à vrai dire - au pays des dollars, dans un village de la belle époque du Far West! L’occasion de redoubler d’humour et de rires.
Vous verrez : un shérif en chapeau étoilé, le saloon aux portes battantes, la rampe où l’on attache le piaffant cheval Sunshine (de Nathalie Trillet) , le croquemort qui ne cesse de mesurer ses cercueils, des brigands armés jusqu’aux dents, des Daltons emmenés à la prison boulet au pied, des dames de la campagne en robe empire, en crinoline ou en coiffes de la petite maison de la prairie menées par une généreuse Julie Bailly, des vivandières de petite vertu, accrochées aux basques d’une garnison de militaires en costume bleu de la guerre de sécession. Une délégation du Moulin Rouge envoyée en stage de l’autre côté de l’océan. De quoi constituer un chœur extrêmement vivant, dirigé, pour la dernière fois hélas, par Marcel Seminara. L’élixir était de parfaite et rare qualité, et nous en aurions bien repris quelques rasades…
Lors de sa création en 1832 « La Gazetta di Milano » écrivit : « Le style en est brillant, le passage du bouffe au sérieux est effectué avec des gradations surprenantes et les émotions sont traitées avec une véritable passion musicale… L’orchestration y est toujours brillante et appropriée aux situations. Elle révèle la main d’un maître et accompagne une ligne vocale tantôt brillante, tantôt vivante, tantôt colorée. Airs, duos, trios, morceaux d’ensemble, tant au premier qu’au second acte, tout est beau, très beau et fut très applaudi. Dire quel morceau est le plus beau serait une tâche bien difficile ».
Belcore, le joli cœur aux pectoraux bien saillants est interprété par un Laurent Kubla au meilleur de sa forme de surprenant superman et de belcantiste…Effets d’épaulettes, bouquet de fleur volé offert lors d’une demande en mariage expresse à la riche et capricieuse belle du Sud Adina (la sulfureuse Maria Grazia Schiavo), qui se complaît ...dans la lecture de Tristan et Yseult (Rires). Elle ne cesse de repousser avec railleries les avances du timide Nemorino, homme de rien, jeune paysan naïf, qui délire d’amour véritable pour elle. Une interprétation très émouvante et poétique de ce personnage nous est fournie par Davide Giusti. C’est craquant d’authenticité, tant le drame vécu balaie d'un coup la bouffonnerie de l’opéra. Ses duos avec la dulcinée sont pleins de rebondissements, au propre et au figuré. Ceux-ci sont figurés sur scène d’ailleurs, puisqu’un authentique maître chien (Elodie Vercel) s’évertue à taquiner son pauvre chien (Guizmo) envoyé chercher et rapporter un gant batailleur. Malgré tout, cette activité sur scène ne distrait nullement de la musique, elle la fait vivre de façon étincelante, dans un écrin d’humour et de joyeuse galéjade.
Et maintenant, le clou du spectacle : Adrian Sampetrean, l’inénarrable charlatan Dulcamara en chapeau rouge, costume à franges et lunettes de soleil Michael Jackson, qui promet à l’amoureux éconduit une nouvelle chance au travers d’un prétendu philtre d’amour... Vous le verrez pénétrer dans le village de Wallon Valley dans son équipage rutilant conduit par deux chevaux harnachés comme bêtes de cirque. Le tout dans un nuage de poussière et de cupidité aveuglante. Le charlatan des charlatans - un escroc à faire frémir la faculté - d’une stature extraordinaire, se gargarise de verbe, de vocalises et d’autosatisfaction, berne un village entier, et abuse sans sourciller de la crédulité du jeune Nemorino tout en usant d'une certaine sagesse bachique. Mais si philtre il y a, il se trouve dans la cassette d’un notaire… « Il n’est pas de destin contraire qui ne puisse évoluer » chantent les pizzicati à tue-tête sous la conduite vive, enthousiaste et harmonieuse de Bruno Camanella qui n’a pas hésité à injecter l’un ou l’autre « Old Mc Donald had a farm » joué sur clavecin. « Oublie ma froideur, je te jure un amour éternel ! » jettera la précieuse Maria Grazia Schiavo dans un dernier air où brillent recettes et amour !
Mais c’est l’air grave et tendre de Nemorino « Una furtiva lagrima » Acte II sc 7 ... brodé sur harpe et basson, qui restera sans doute gravé dans nos cœurs, malgré les fous-rires dûs à la mise en scène et à la brillante scénographie. Ce dernier spectacle de la saison de L’Opéra de Liège est à la fois un clin d’œil sur la très brillante saison passée et une ouverture à encore plus de découvertes savantes et drôles pour l’année prochaine.
http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/lelisir-damore
Saison : 2014-2015
Durée : 3h Langue : Italien Direction musicale : Bruno Campanella Mise en scène : Stefano Mazzonis di Pralafera Chef des Chœurs : Marcel Seminara Artistes : Maria Grazia Schiavo, Davide Giusti, Adrian Sampetrean, Laurent Kubla, Julie Bailly
Nombre de représentations : 5
Dates : Du vendredi 19/06/2015 au samedi, 27/06/2015
http://www.opera-online.com/items/productions/lelisir-damore-opera-royal-de-wallonie-2015
Productions liées:
Dates de représentations 10 mars 2016 19:30:00
14 mars 2016 19:30:00
19 mars 2016 13:00:00
23 mars 2016 19:30:00
26 mars 2016 20:00:00
30 mars 2016 19:30:00
02 avril 2016 20:00:00
07 avril 2016 19:30:00
La distribution Aleksandra Kurzak Vittorio Grigolo Mario Chang Adam Plachetka Alessandro Corbelli Pietro Spagnoli Personnages de l'œuvre Adina Nemorino Nemorino Belcore Dulcamara Dulcamara -
See more at: http://www.opera-online.com/fr/items/productions/lelisir-damore-the-metropolitan-opera-2016-2016
Chères, Chers amis (es) me revoici, je vous écris cette lettre sous forme de billet, car je viens de passer quelques jours un peu compliqués (problèmes de santé à présent résolus ...il faudrait que je travaille un peu moins), mais cela m'a empêché de rouvrir mon ordinateur pour valider vos commentaires, vous répondre et vous remercier !
Voilà qui est fait.
Je suis très heureux de faire partie de votre communauté, vous remerciant pour votre dynamisme, votre créativité, votre défense des arts et de la culture francophone, votre humanisme, votre gentillesse...
Je m'arrête là car je ne voudrais pas que vous considériez mes propos plus flatteurs que sincères, en regrettant de ne pouvoir m'impliquer davantage dans Arts et Lettres (essentiellement à cause de mes déplacements incessants, et de longues périodes coupées d'Internet).
Et je reviens à mon article et vidéo consacrés à Wang, sa grand-mère, à la petite fille du lac et au peuple Mosso, qui nous ont si bien reçus en Chine.
Ce peuple est étonnant, déconcertant, touchant, nous prouvant s'il en était nécessaire que nos rapports avec des sociétés très différentes des nôtres peuvent être harmonieux, constructifs et enrichissants, dès l'instant où nos comportements obéissent à l'écoute d'autrui, le respect, la volonté d'échange, le partage, l'estime de l'être par-delà toutes les différences...
Avant tout, je vous copie cette nouvelle aquarelle d'assez grand format (65 x 78 cm) extraite des travaux réalisés "post-voyage", s'appuyant sur études de terrain et photos.
Il s'agit d'une de ces jeunes femmes qui nous accompagnaient dans la traversé du lac, lorsque nous embarquions sur les belles pirogues monoxyle qui nous emmenaient sur l'île sacrée de Liwubi...
Pour m’aider en votant pour moi à partir de l’article précédent auquel je renvoyais lors de mon précédent billet : descendez en bas de page de cet article (après la vidéo), et cliquez sur http://www.easyvoyage.com/easygame (ce lien est situé au-dessus de la reproduction de mon aquarelle de la femme en pirogue au foulard rose de la fin d’article).
Quand vous arrivez sur la page d’EasyVoyage, cliquez sur "Voter", vous arrivez alors sur la première page de candidats participant au concours auquel je suis inscrit.
Passez ensuite 13 ou 14 pages (soit 14 listes environ) avant d’arriver sur la liste de candidats où se trouve la vignette de mon article (vous la reconnaîtrez car c’est l’aquarelle de Wang et de sa grand-mère) : normalement, je suis nommé "Alain" à gauche de cette vignette (le lien avec mon article étant en-dessous).
Cliquez maintenant sur "Je vote" (merci de le faire dans la « foulée » car il ne reste pas beaucoup de jours et il me faut au moins 10 votes pour être présenté au jury).
Il vous faudra mettre votre nom, prénom + adresse e-mail dans la fenêtre de vote qui s’ouvre, et c'est tout !
Si rien ne se passe à cette étape, il vous faut remonter dans la page pour arriver à cette fameuse fenêtre qui est peut-être hors d'écran quand vous votez.
Je vous assure que si par hasard le jury appréciait ma démarche vis-à-vis des voyages, le sens que je leur donne à travers l'aquarelle et la discipline des carnets, le nombre de voyageurs (néophytes ou confirmés) que j'entraîne et forme chaque année dans mon sillage à travers le monde, le partage que j'en fais dans les réseaux sociaux …et que je gagne, je réaliserais pour vous un carnet de voyage et un reportage vidéo - aquarelle dont je publierai ici les meilleurs extraits dans l'esprit de l’article consacré aux Mosso !
Il viendra s'ajouter aux nombreux reportages déjà consacrés ici aux voyages réussis grâce à l’art de aquarelle !
Rendez-vous donc sur EasyVoyage, votez pour mon article, je vous en remercie beaucoup :
Après le magnifique concert d’ouverture de la Présidence néerlandaise du Conseil de l’Union européenne pour l’année 2016, qui se donnait le 22 janvier dernier en présence des couples royaux de Belgique et des Pays-Bas, le Koninklijk Concertgebouworkest est revenu au Palais des Beaux-Arts ce 6 février. Sous la direction, cette fois, de Semyon Bychkov et dans un splendide programme : Cinquième Concerto pour piano de Beethoven et Une vie de héros de Strauss. L’Orchestre royal du Concertgebouw sera en effet en résidence au « Bozar » toute cette année. Le prestigieux soliste Jean-Yves Thibaudet a dû être remplacé à la dernière minute pour raisons médicales, par Nelson Freire: aucun regret, ce fut une soirée exaltante.
Dans le concerto de Beethoven, le soliste brésilien offre sa fluidité lumineuse à un orchestre scintillant dirigé par Semyon Bychkov, avec netteté et douceur à la fois. Les dialogues instrumentaux jaillissent avec majesté. Les cors anglais sont complices d’un rite mystérieux qui se confond parfois avec la légèreté de l’être. La tonalité en mi bémol arrache des larmes intérieures, le soliste brode avec minutie sa partition sur les notes sombres des cors. On écoute les couleurs de l’enluminure. A la fin du premier mouvement, après un crescendo plein de résonance, le jeu du pianiste rebondit sur les pizzicati des violoncelles en autant de coups de cœur et conclut par des bouleversants glissements chromatiques ponctués par les pianissimi des violons. Quel sens de l'équilibre! Le deuxième mouvement enchaîné au troisième se fera déferlantes. Semyon Bychkov, le chef d’orchestre dirige à la force des poignets et du bout des doigts, comme un timonier. La courbe de l’index volette pour entraîner le nectar musical. Jeu de colibri. Il remercie du regard les pupitres qui ont pressenti ses injonctions. Le pianiste étale des accords étourdissants, repris par un orchestre galvanisé par l’esprit de liberté. Ensuite, Nelson Freire livrera une cadence soyeuse devant le silence respectueux de la salle. L’orchestre devenu pneumatique, répond en échos à la finesse et l’élégance du jeu au clavier. Un écheveau de bonheurs magnétiques défile alors à grands pas et sème l’émoi bienfaisant. Quelques battements de percussion discrets avant les ultimes mesures de la finale. Le bis est offert, au cœur de l’intime, sur un plateau recueilli. Il s’agit de rivières de larmes souterraines, dont on rêve qu’elles puissent guérir le monde. C’est la plainte d’Orphée dans Orphée et Eurydice de Gluck.
Ecouter Une vie de héros (1898) de Richard Strauss en deuxième partie du concert est un deuxième cadeau que nous fait l’illustre Koninklijk Concertgebouworkest. Les cordes sont unies et soyeuses, les bois sont d’une précision et d’une justesse remarquables. L’expressivité règne en maître à tous les pupitres. L’interprétation poétique de Semyon Bychkov qui a maintenant saisi sa baguette rend la partition très évocatrice et lui donne une respiration naturelle bienvenue. Le phrasé est ample et lyrique, ménageant des sections bien contrastées et intelligibles. Les jeux de timbres surprennent, écoutez ces déferlements de flûtes acides qui s’écroulent comme châteaux de cartes, ces cors plus sérieux que sages antiques, des harpes qui taquinent les violons farceurs, le public est médusé. La bravoure du héros invincible s’installe sur les commentaires sombres des cors. Trois trompettes s’éclipsent, la rêverie langoureuse s’installe. L’esprit chevaleresque inonde l’orchestre, sans aucune grandiloquence, avec une énorme générosité. Des images de paix et de clémence flottent dans l’imaginaire, tandis qu’un catalogue de griefs se grave dans les archets et que la révolte, la colère, la guerre gronde. Un appel aux armes prend comme une traînée de poudre. Un ultime hommage à la vie qui s’échappe ou qui renaît, s’élève en action de grâce et se conclut par une dernière envolée des cuivres dans un impressionnant crescendo. La baguette du chef redescend au ralentissimo, comme un vaste soupir de gratitude qui pousse au recueillement intense de part et d’autre du plateau, avant les salves d’applaudissements.
Le lien avec l'événement: http://www.bozar.be/fr/activities/5696-koninklijk-concertgebouworkest
Les musiciens: http://www.concertgebouworkest.nl/en/orchestra/musician/
Notez que dans le cadre de la présidence néerlandaise du Conseil de l’Union européenne, l’Orchestre philharmonique de la Radio néerlandaise sera également accueilli à « Bozar » le 9 mars, sous la direction de Diego Matheuz, dans des œuvres de Rimski-Korsakov, Tan Dun et Stravinski.
La grande Pâque russe, Ouverture, op. 36 Nikolay Rimsky-Korsakov
Tears of Nature (création belge) Tan Dun
Le sacre du printemps Igor Stravinsky
Coproduction : Bozar Music, Klarafestival (09 mars '16 / 24 mars '16)
Dans le cadre de : La Présidence hollandaise du Conseil de l’Union européenne
http://www.bozar.be/fr/activities/5814-nederlands-radio-filharmonisch-orkest
« Rinaldo » Oratorio en trois actes HWV 7a (1711) de Georg Friedrich Haendel
Livret de Giacomo Rossi, d’après « La Jérusalem délivrée » du Tasse
Avec le pétulant Stefano Montanari à la direction de l’ensemble Il Pomo d’Oro. Avec les admirables solistes Franco Fagioli dans le rôle de Rinaldo, Julia Lezhneva dans le rôle d'Almirena, Karina Gauvin dans le rôle d'Armide, Daria Telyatnikova dans le rôle de Geoffroy, Andreas Wolf dans le rôle d'Argante, Terry Wey dans le rôle d'Eustache.
Sur le plateau, le public belge a pu découvrir Il Pomo d'Oro, un orchestre de musique classique créé en 2012, qui s’est produit à Paris, Londres, Lyon, Barcelone, Genève et qui a toujours eu vocation de travailler pour l'Opéra. Le petit orchestre rassemble une petite vingtaine de musiciens, parmi les meilleurs du monde. Ils travaillent sur instruments d'époque. Ensemble, ils forment un orchestre à l'immense exigence artistique, dans des répertoires extrêmement variés. Quel bonheur de les voir se produire ici, sur la scène du palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour interpréter une version concert de l’opéra « Rinaldo ». Tout ce gratin de jeunes artistes fougueux et charismatiques, représente, corps et âme, autant de personnifications d’Amour, Gloire et Beauté!
« Rinaldo » fut sans doute le plus grand succès d’Haendel de son vivant et fait désormais partie des œuvres du musicien les plus représentées au monde. « Rinaldo » est un événement considérable dans l’histoire de l’opéra en Angleterre, une œuvre conçue dès l’arrivée d’Haendel en Angleterre et qui connut dès sa création, un engouement sans précédent. Composé sur un livret reprenant l'épisode de Renaud et de la magicienne Armide, c’est un ouvrage réputé pour ses redoutables difficultés vocales. Mais pas seulement. L’orchestration sublime, nécessite une perception très fine de l’œuvre et une interprétation particulièrement vivante, qui met en relief fraîcheur et justesse, loin de toute afféterie. Ce à quoi s’emploie avec brio, le malicieux Stefano Montanari. L’équilibre de l’ensemble est cohérent et parfaitement organisé, et autorise des débordements d’humeur joyeuse ou parfois moqueuse même! Demandez au claveciniste !
L’intrigue simple et efficace est pleine d’une vitalité qui égaie agréablement le public de la salle Henry le Bœuf. La soirée sera captivante. C’est l'histoire de Goffredo (notre Godefroid de Bouillon), chef des Croisés chrétiens. Ce dernier promet au preux chevalier Rinaldo la main de sa ravissante fille Almirena en cas de conquête de la ville sainte, défendue par le roi Argante, général de l’armée sarrasine ennemie, et par la magicienne Armide, sa cruelle complice. Almirena sera enlevée, et Rinaldo parti à sa recherche, fait prisonnier. Argante tombe amoureux d’Alminera, Armide s’éprend du chevalier, les choses deviennent « compliquées ». La magie d’un sage chrétien aidant, Goffredo et son compagnon d’armes Eustazzio retrouvent les traces des prisonniers, et les arrachent à leur sort.
Les Croisés remportent la victoire, tandis qu’Armide et Argante, réconciliés, acceptent leur défaite. La clémence magnanime pour les anciens ennemis transparait dans un final majestueux. Un vrai conte de fée, ou une histoire de super héros, une histoire à rêver, sur les thèmes ...d’« Amour, Gloire et Beauté ».
Quand le musical prime sur le visuel. La version de concert s’avère un excellent moyen d’explorer plus en profondeur le répertoire lyrique. L’absence d’appui de mise en scène met la musique tout à fait en valeur, puisqu’elle devient seul centre de l’attention.
Mais le sextuor fabuleux des chanteurs de haute volée ne se prive pas de la dimension théâtrale dans les entrées, sorties, et postures dramatiques créées par le compositeur. Un public enthousiaste, s’amuse comme à l’opéra, dialogue avec les artistes par des bravi et des brava très bien placés, et l’on quitte la salle à reculons, après une telle fête de la musique, des chants d'oiseaux et de la félicité.
Car le mot « cœur » reviendra sans cesse comme un mantra dans cet opéra absolument cordial et généreux. Le cœur, siège du courage et de l’amour ou les deux faces d’un même concept d’humanité: pleine, vivante et digne. Une musique qui palpite d’un bout à l’autre et redonne à tous, du cœur à l’ouvrage! Une musique qui appelle à la miséricorde. L’ancien mot pour tolérance et paix.
Production Théâtre des Champs-Elysées
Concert en italien, surtitré en français
http://www.bozar.be/fr/activities/5680-il-pomo-d-oro ;
Le lundi 8 février à 20h00
au Palais des Beaux-Arts
23, rue Ravenstein
1000 Bruxelles
Tél. : 02/507.82.00
Liens:
Daria Telyatnikova http://www.bolshoi.ru/en/persons/opera/2526/
Franco Fagioli http://www.franco-fagioli.info/vita-142.html
Andreas Wolf http://www.andreas-wolf.info/
Julia Lezhneva http://www.julialezhneva.com http://www.terrywey.com
Karina Gauvin http://karinagauvin.com
Terry Wey http://www.terrywey.com
Il Pomo d'Oro http://www.concertsparisiens.fr/rubrique/detail_artiste/il-pomo-doro-riccardo-minasi.html?idArt=57
Songerie
Jadis, Renée Lebas chantait avec ferveur
Des vers qui me berçaient, emplis de confiance.
Je les avais appris, les disais sans erreurs,
Dés que me tourmentait une vive souffrance.
Calmait mon mal de dents la tendre mélodie.
Je ressentais alors un courant de courage,
Et l'intense plaisir né de la poésie.
D'où venait l'énergie que portait le message?
De la foi d'exilés, misérables errants
Persuadés qu'un jour cesserait leur errance,
Ils chantaient en dansant, exposés aux tyrans,
Accueillaient en tout lieu un hymne à l'espérance.
Le sort fit qu'il devint un chant patriotique.
Or ce sont sur ses notes que furent mis des mots
Tout aussi exaltants qu'ils étaient romantiques
Et qui m'avaient troublée car je les trouvais beaux.
6 février 2016
Après « Le Roi se meurt » donné l’année dernière au Théâtre des Martyrs, Pietro Pizzuti nous a replongés avec «Rhinocéros » dans l'univers surréaliste et prémonitoire d’Ionesco. Un texte qui pourrait paraître obsolète mais qui semble avoir hélas gagné beaucoup, en pertinence.
Avec la mise en scène fulgurante de Christine Delmotte, une experte de l’imaginaire, Pietro Pizzuti nous livre avec la compagnie Biloxi 48 une sublime interprétation du personnage de Bérenger cet homme très ordinaire qui aime boire un coup de trop. Sans cris, sans violence, avec une retenue étonnante, alors qu’à l’intérieur la révolte de l’acteur fait rage.
Le texte est prémonitoire car dans notre monde qui avait tellement juré d’être meilleur, l’uniformisation des consciences ne cesse de progresser insidieusement : on pense, on parle, on s’habille, on rêve tout pareil. Et l’artiste, le seul à avoir encore quelque velléité de révolte - en vrai comme sur scène - se retrouve seul, devant une armée menaçante de rhinocéros. Et il ne se résigne pas!

Car cette pièce dénonce l'hystérie collective des foules. L’action se déroule dans une petite ville de province soudainement touchée par une épidémie étrange et inquiétante de rhinocérite : les habitants commencent un à un à se transformer en rhinocéros, « cette bête immonde » ! Un phénomène de métamorphose qui avait déjà affecté les malheureux compagnons d’Ulysse soumis au pouvoir de Circé. Si vous y réfléchissez un peu, le discours politique se rhinocérise à vue d’œil, il perd la tête et se répand avec bonheur au cœur d’une jungle moderne investie par la finance. D’ailleurs vous voyez encore des épiceries quelque part?

Ionesco en profite pour couper court aux syllogismes et démontrer en passant que la logique est dangereuse et permet d'énoncer des vérités incohérentes telles que "Socrate est un chat". Rires. Une scène percutante et un admirable morceau de raillerie! Tragique et absurde font excellent ménage. M.Papillon, Mme Boeuf, M.Dudard ne sont-ils pas déjà au bord de l’animalité? Exquises interprétation des comédiens alertes et bien vivants ...jusqu’à leur petite mort!
Contemplez l'allégorie: voilà les valeurs humanistes, si péniblement accréditées, piétinées par mille pachydermes en folie. Feu l’honnête homme, l’être pensant et aimant est en train de fondre et de se retrouver ligoté dans une armure de cuir vert-de-gris, le dos courbé comme un ouvrier de la mine, le regard égaré dans le sol au lieu de le tourner vers le ciel! C’est l’érosion de l’être, que Pietro Pizzuti combat pied à pied, avec conviction, par le jeu du corps et du verbe, dans un crescendo dramatique très bien dosé.
Ami, entends-tu...?
Avec Christophe DESTEXHE(Dudard et le serveur), Fabrice RODRIGUEZ (Jean) , Aurélie FRENNET ( L’épicière et Madame Bœuf) , Gauthier JANSEN (Le logicien et Botard), Julia LE FAOU (La ménagère et la femme de Monsieur Jean) , Camille PISTONE ( L’épicier, le pompier et Monsieur Jean) , Laurent TISSEYRE (Le vieux monsieur et Monsieur Papillon) Lumières : Nathalie BORLEE | |
| Mise en scène et scénographie de Christine DELMOTTE | |
un spectacle de Cie Biloxi 48 http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece4.html |



Présentation de la soirée par Pascale Vanlerberghe, 

