Publications en exclusivité (3147)
Sur le monde et sur Paris
Quel est ce spectre aux yeux gris
Qui surgit dans le silence ?
Fantômas, serait-ce toi
Qui te dresses sur les toits?
Robert Desnos

En ces temps troublés, voir un spectacle troublant : glaçant et désopilant en même temps. Fantômas: un cocktail explosif de mélodrame et d’action à la limite du burlesque, une feinte apologie du MAL, et un constat cynique des dérives de notre société. C’est pensé et pesé avec circonspection et vous serez emballés! Le théâtre « C'est de s'intéresser au regard que l'Autre (l'auteur par exemple) porte sur le monde actuel. C'est d'acquérir un autre regard qui finit par servir à la compréhension de ce qui se passe dans le monde... Le théâtre n'est pas une fin en soi, c'est un outil d'éveil. » confie le très regretté Jules-Henri Marchant, à La Libre Belgique, en 2007. Jules-Henri Marchant qui lui aussi se mesura au rôle de Fantômas, le super-vilain français, héros du panthéon littéraire bourgeois, prince des feuilletons dont le fonds de commerce est la peur de la peur qui fait peur.
Plus rapide que Speedy Gonzales, léger comme une plume - contrairement au sujet traité - , comédien né, adepte de la boxe anglaise, fulgurant, d’une précision imparable, voici avec Othmane Moumen, du théâtre mobile, frénétique, hyperactif et athlétique. Son jeu fascine et fait oublier quelque peu le contexte effroyable dans lequel nous sommes plongés depuis le vendredi 13 novembre 2015 et qui, immanquablement colonise notre monde intérieur.
On est loin de Bonnie and Clyde… la pièce met en scène un meurtrier démultiplié, impassible et insaisissable, aux mille visages, le mal absolu cagoulé et peut-être aussi, le mal qui est en chacun de nous. Comme l’affirme Etty Hillsemum, une jeune Hollandaise d’origine juive qui mourut à Auschwitz, à propos de la barbarie : “La saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d'autre solution que de rentrer en soi-même et d'extirper de son âme toute cette pourriture. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n'ayons d'abord corrigé en nous. L'unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs.”
Fantômas a une fille, Hélène, incarnée avec malice par Héloïse Jadoul. Elle est pétulante, généreuse, amoureuse du journaliste Fandor (finement joué par Damien De Dobbeleer). Elle a son franc-parler et a décidé de régler ses comptes avec son père. Qui a dit qu’il faut tuer le père? Qui a dit qu’il faut tuer la peur? Peut-être les deux d’un coup! Les coups pleuvent, les coups de théâtre se succèdent, les toits de Paris vibrent, les figures d’Arsène Lupin et de James Bond se mélangent dans l’imaginaire aux abois. Le mal deviendrait-il sympathique? Oh que non, On ne joue pas à Robin des Bois, c’est le cynisme, la cruauté, le barbarisme qui inondent la scène, tout comme la psychose d’insécurité. Le ferment délétère est visé : le rêve de pouvoir absolu, en passant par le rêve de la manipulation génétique.
Les apaches, incarnation médiatique des classes dangereuses, galeux comparses de Fantômas sont issus de la pègre parisienne du début du 20e siècle et sont proprement immondes. On est à deux doigts de la première guerre mondiale. Il y a notamment ce rôle terrifiant de La Toulouche, une fée Carabosse épouvantable, très louche « Vieillarde aux yeux dégoûtants », receleuse associée à la bande de Fantômas qui se rend coupable de méfaits grand-guignolesques jusqu’à se nourrir de chair humaine! Ah le merveilleux moderne ! Le monde des médias, quant à lui, est lestement stigmatisé par Didier Colfs qui interprète, Borglum, le cupide chef de rédaction! Et cela fait grand bien de pouvoir rire! Muriel Clarembourg contribue également à l’hilarité générée par le rôle burlesque de Lady Beltham. Bouzille, poivrot emphatique exerçant mille petits métiers, en fait ma foi, un peu trop... (Thierry Janssen, par ailleurs l'adaptateur génial de cette version 2015). La mise-en scène frénétique est signée Jasmina Douieb.
Dans le décor, vous verrez en contrepoint, le très élégant et sympathique redresseur de torts: l’inspecteur Juve (Jean-Marc Delhausse), de la Sûreté de Paris, ennemi acharné, voire obsessionnel, de Fantômas qui a voué sa vie à la capture ou à la destruction du monstre. Mais peut-il être détruit?
http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/31.html
crédit photos : @ Isabelle De Beir
Se joue jusqu'au 31 décembre 2015
« C’est la tendresse qui vous rend vulnérable, qui vous rend ouvert, qui vous rend sensible au mystère qui vous entoure ». Et ainsi, on ne passe pas à côté de la vie. Parfois aussi grâce au cinéma, ou à la musique, ou les deux! Voici des paroles et des musiques qui font rire, réfléchir, se projeter, s’apaiser, s’enchanter ! Esprit, es-tu là ? Ce nouveau spectacle mis en cœur par Laurence Briand ne peut décevoir. La dissertation très vivante vaut le détour!
L’expérience ludique intelligente est au rendez-vous, en tous cas. On reconnaît tout de suite une écriture trempée dans la sensibilité et l'humour, doublée d' une présence scénique toujours chaleureuse qui galvanise ses deux aimables complices. Une réalisation dans la lignée du non moins pétillant spectacle : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », bien que dans un registre totalement différent, hormis le climat poétique qui en découle. Travail de fourmi ou de cigale ? Ce cocktail de rigueur et de liberté a été créé à la Clarencière en décembre dernier devant une salle comble : what else? Vous voulez une définition charmante du cinéma ? Pour Cocteau, le cinéma, "c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière."
Le public frémit de plaisir devant ce rassemblement de pépites. Alice est au pays du cinéma. Le texte est sculpté, vivant, imagé, créatif. La mise en voix sonne juste. Les chansons et musiques de film soulèvent des tourbillons d’émotion pour certains, un fleuve de nostalgie pour d’autres. Une suite palpitante de rêves, de souvenirs, de connotations, menée tambour battant. C’est tonique, bien composé et bien rythmé. Tantôt, peinture de lumières dramatiques ou tendres, tantôt gratitude pour tout ce que le siècle cinématographique a apporté à notre culture. A l’objectif, le trio fougueux des artistes : Laurence Briand, Yvann Drion et Marie-Gaëlle Janssens, pour célébrer les merveilles du rêve, du bonheur, des émois amoureux, des premiers baisers et des longs sanglots. Le sablier égraine les monstres sacrés du vingtième siècle. Marilyn, Romy, Montand, Signoret, Reggiani, Gabin, Arletti, Pagnol, Sautet, Lelouch, Truffaut, Rohmer, Chabrol, Godard, Varda, sont conviés à un festival de phares dans l’océan cinématographique de notre jeunesse. La pluie bienfaisante des citations va droit au cœur.
Chaplin disait « Quand intelligence et sensibilité sont en parfait équilibre, on a de merveilleux acteurs ». A l’écran et sur les planches. Jetez-vous sur ce bateau ivre de lumières et de jolies voix.
"L'alchimiste de Coehlo, une lecture que je recommande vivement! Il y a tant de richesse dans cette oeuvre que j'en suis toute chose! Quel bouquin! J'en tremble encore quelque peu, je ne sais pourquoi..."
"Ah ces deux groupes! Abba et Queen! Je suis en transe dès que je les écoute mais ce sont de bonnes ondes! Le pied!"
"Stéphanie dans La Jeune Fille et La Mort de Dorfman est magnifique, magistrale! Un jeu remarquable pour un texte qui l'est tout autant! J'irai la revoir sur scène, elle me transporte!"
"Ce Picasso, il me touche, m'interroge, tandis que ce Mangano, il m'émeut par ses couleurs vives, ses oiseaux, par la joie et la simplicité qui s'en dégage..."
"L'allegro final de la cinquième de Beethoven, c'est de la foi, de l'optimisme malgré la douleur, de la combativité. Chaque fois que je l'écoute, c'est pareil: je me sens...il n'y a pas de mots!"
Du rêve, de la réflexion, des élans d'une grande spontanéité accompagnés de sensations peu communes, des bienfaits étonnants, du bien-être, de la jouissance, un état second proche de l'ivresse, les Arts et les Lettres ne laissent point de marbre les fibres que nous possédons et avons acquises souvent à notre insu, la génétique aidant, déclenchant chez nous sourires, rires, larmes même! Des émotions positives bénéfiques et libératrices également ressenties par le créateur lui-même, écrivain ou artiste de tout poil, plongé dans la naissance de son oeuvre. Normal? Humain: nous avons tous un coeur, une âme, une sensibilité. Comme une part de divin en nous.
La création, artistique ou littéraire, ne peut que nous mener au rêve, à l'exaltation, toutes émotions confondues, à même davantage le saviez-vous? Elle nous permet de découvrir nos propres vibrations, nos propres affinités avec le monde qui nous entoure; elle nous réveille, révélant au grand jour ce qui fait notre être, notre personnalité. Un être, un talent. Un être, une révélation par delà nos différences (religions, races, cultures,...), les Arts et Lettres nous élevant par cette prise de conscience que l'être l'humain est capable de bien belles réalisations (cathédrales, Chapelle Sixtine,...). Du meilleur! La littérature, par les salons, foires du livre et la lecture publique notamment, la musique classique et autre, par les concerts et le disque, la peinture, le dessin et la sculpture, par les expositions et les musées, le théâtre et le cinéma par l'intermédiaire des scènes et salles de projections, nous mènent - ô plaisirs! - au dialogue, aux échanges, aux partages, à la réflexion, à la création de mouvements, de groupes, effet boule de neige garanti, l'engouement manifeste, certains artistes devenant de véritables légendes, des mythes.
Les Arts et Lettres bienfait pour l'humanité? Posons-nous plutôt la question; un monde sans Arts ni Lettres serait-il viable? Survivrait-il? Un monde sans aucune créativité, est-ce concevable? Il existe des régimes où la censure est telle qu'aucun talent ne peut émerger ni vivre au grand jour sans se faire "décapiter" d'une manière ou d'une autre au nom d'un système de nature répressive à l'esprit étroit. Comment dans ce cas s'élever? Elever cette nation? Les Arts et les Lettres font un peuple, sa culture, son Histoire, deviennent patrimoine matériel, même immatériel parfois. La réponse est donc on ne peut plus évidente: aucun talent ne devrait être étouffé dans l'oeuf; il devrait pouvoir éclore en toute sérénité, pouvoir se révéler afin de nous transporter, de nous éblouir d'une part, de nous détendre et de nous déstresser, d'autre part, de la vie, ses contraintes et sa routine qui nous empêchent de nous sentir bien, en harmonie avec notre entourage, Arts et Lettres devenant ici détente, loisir, soupape, libération...
Libération? En nous délivrant de la plupart de nos maux par une sorte de purge nous permettant d'extraire de notre intérieur ce qui nous retient, nous étouffe, nous empêchant de vivre réellement. Ne voit-on point régulièrement des artistes plus équilibrés et plus heureux que des économistes? Des écrivains, même s'ils vendent peu, plus épanouis que des hommes d'affaires fixés sur leurs chiffres? Il y a tant d'insatisfaits, d'inquiets, de nerveux, de stressés; gageons que sans Arts ni Lettres, il y aurait encore davantage sur notre terre de malades et de pathologies recensées. Il est donc heureux que nous ayons des yeux pour voir, des oreilles pour écouter, des mains pour créer...notamment!
« La splendeur grave et splendide des anges musiciens
de Melozzo da Forli. »,
Robert Sabatier (La mort du figuier)
Nous avons tous, ou presque, découvert Melozzo da Forli sur Arts et Lettres, grâce aux deux superbes vidéos réalisées par Robert Paul.
Pourtant Melozzo reste une énigme, un voyageur incognito du Quattrocento.
Aussi, puisque l’heure est aux réjouissances et aux vœux, qu’il me soit permis de vous présenter à cette occasion Melozzo da Forli (Melozzo degli Ambrogi, dit ; 1438-1494), ce peintre italien né à Forli en Emilie-Romagne. Ses « Anges musiciens » seront nos aimables hôtes.
Au printemps les anges volent
Comme de jolis papiers
En laissant leurs auréoles
Tomber à leurs pieds.
Les anges.
Claude Nougaro
Pourquoi ce choix ? Outre le sujet qui se prête particulièrement bien à la célébration de Noël, j’ai trouvé que ce peintre, bien oublié, d’une grande délicatesse et surtout d’une grande modernité, valait bien d’être lui aussi honoré.
C’est aussi un hommage au créateur de notre réseau, véritable passeur, qui appréciera, je crois, que son travail soit ainsi relayé.
Car Melozzo demeure malgré tout un quasi inconnu. D’ailleurs « La cité idéale » aux divines proportions, celle que l’on voudrait bien advenir sur terre, de Piero della Francesca, qui pose les bases de la peinture moderne, pourrait bien lui être définitivement attribuée. Mais fi d’arguties, point d’analyse stylistique comparative ici, retournons à nos putti.
« Les anges musiciens », de cette œuvre peinte à fresque qui décorait l’abside de l’église des saints Apôtres à Rome, ne subsistent que 14 fragments. Exécutée vers 1480, elle fut détruite en 1711. Mais quels fragments !
Tout est aérien, tout est joie, intériorité, lumière. Le trait est assuré et fin, la perspective sublime, le mouvement palpable. Quand la distribution dans l’espace et la lumière laissent le spectateur hors du temps.
« La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe. »,
Oscar Wilde
Si nous admirons, à juste titre, ses illustres contemporains, Fra Angelico, Mantegna, Raphaël, Botticelli, Pérugin, della Francesca… pourquoi Melozzo est-il si négligé ?
C’est que de Melozzo il ne subsiste sinon rien, du moins son travail, tronqué ou détruit, a vraiment subi les outrages du temps. Ainsi, outre ces fragments aujourd’hui présentés, son ultime chef-d’œuvre, son couronnement, les fresques de la chapelle Feo de San Biaggo furent anéanties en 1944 lors d’un bombardement. Il avait atteint là la perfection dans le rendu de la perspective albertienne jusqu’à atteindre l’illusion, faisant de lui un maître du trompe-l’œil qui réussit même, par sa composition, à faire mentir Cioran, « La musique est une illusion qui rachète toutes les autres. »
Subséquemment, de Melozzo, nous nous ferons l'apôtre.
Il a osé des contre-plongées renversantes, des angles de prise de vue inédites à l’effet cinétique saisissant.
« Il n’y a pas de différence entre amour et musique :
l’écoute d’une émotion authentique égare absolument. »,
Pascal Quignard (Vie secrète)
Sa formation initiale, il la doit certainement à son concitoyen Ansuino da Forli, proche par ailleurs de Fra Filippo Lippi, avec qui il collaborera.
S’il fut influencé par Andrea Mantegna (1431-1506) ou Piero della Francesca (1410-1492), dont on dit parfois qu’il aussi fut l’élève, il influença à son tour Raphaël ou Michel-Ange, ce qui, avouons, n’est pas rien !
Outre ces Amours, que reste-t-il ? Un tableau (fresque transposée sur toile) représentant « Le pape Sixte IV nommant Bartolomeo Sacchi, dit Platina, conservateur à la bibliothèque vaticane », conservé à la pinacothèque du Vatican, un « Christ bénissant » au palais du Quirinal, « Notre-Dame de l’Annonciation » et « L’Ange de l’Annonciation » aux Offices, la décoration de la basilique de la Sainte Maison de Loreto… Ou le curieux « Pileur de poivre » à la pinacothèque de Forli, qui fut probablement… l’enseigne* d’un apothicaire !
Cheveux au vent…
Pourtant Melozzo, en son temps, n’est pas un inconnu, loin de là. Il a bénéficié de la faveur du pape Sixte IV (1414-1484), grand protecteur des Arts et des Lettres, qui sous son pontificat, de 1474 à 1484, embellit considérablement Rome. On pense à la chapelle Sixtine, bien sûr, ou à la création du musée du Capitole, premier musée public au monde, où on peut voir, entre autres, la fameuse Louve du Capitole, le symbole même de Rome. Un grand mécène donc, et politique retors, comme le fut son successeur Jules II (1443-1513), son neveu, qui fut pape de 1503 à 1513.
Fêtons donc cet homme de l’école ombrienne, cessons un instant de tourner autour du nombril de Vénus afin qu’il soit du nombre des convives, que la joie vienne et que Forli sorte de l’ombre de Vinci !
Je souhaite à tous de bonnes fêtes placées sous les souriants auspices des anges musiciens et une année 2016 heureuse et riche de créativité. Et continuons de faire d’Arts et Lettres un creuset culturel, un vecteur d’interactivité, un espace de liberté.
« La musique chasse la haine chez ceux qui sont sans amour. Elle donne la paix à ceux qui sont sans repos, elle console ceux qui pleurent. »,
Pablo Casals
Alors, alors
Nous devenons tous des anges
On se réveille à midi
Dans la superbe orange
Du soleil qui luit
Quand le bon Dieu nous sourit
C’est la vie, c’est la vie.
Claude Nougaro
Luth en main, chantons donc leurs louanges.
Au doux son de cette seconde vidéo de M. Robert Paul où chaque scène peut être visionnée putto à putto.
https://artsrtlettres.ning.com/video/la-part-des-anges-part-one-filippino-lippi
Mezzo voce, Melozzo piano, les anges…
https://artsrtlettres.ning.com/video/giacomo-fogliano-l-amor-dona-ch-io-te-porto-1
A vous tous artistes, peintres, musiciens, poètes... qui faites reculer les murs de la barbarie.
* A telle enseigne que c'est la plus ancienne enseigne, c'est insigne.
Michel Lansardière (texte et photos)
Dire aujourd'hui que j'ai gardé la foi dans l'homme...
Je voudrais, ce serait plus simple en somme!
Hélas, sur tant de dégâts le regard se pose...
Alors, tant le cœur que l'esprit vacillent, moroses!
Guerre, trahison, désamour, et en sus, bêtise!
Cette malédiction, faudrait qu'on avalise?
C'est trop demander à un regard conscient
C'est comme donner raison à l'éternel tourment!
Pourtant au fond du coeur, indemne de tout naufrage...
L'espoir nous met encore la tête dans les nuages!
Alors, la foi en soi, comme ultime recours?
Et cette force en nous, celle que nous donne l'amour!
J.G.
PLEINE LUNE EN MER
une aquarelle
d'Adyne Gohy
a été inspirée
par
HAÏKUS DE LA LUNE
de
Raymond Martin
La lune pourpre
Pour la visualiser
Via ma lentille
Peine à rire
Le troupeau va en lenteur
Le trèfle frémit
Vase bleu joufflu
Aux allures de bonze
La pivoine dort
Horizon marin
Vagues déferlantes
Impressions salées
A l’assaut du pic
Roches escarpées moussues
Rode marmotte
A l’ombre fraîche
Raton laveur effrayé
Pipistrelle dort
Calvaire trois croix
Sur le mont du Golgotha
Absence de foi
Roitelet chante
Roitelet tremblant
Vent sur la cime
Ile noire ile de Ré
Molène Aix Ouessant
Pas deux Saint-Michel
Curieuse voûte
Parsemée de lucioles
Vermisseaux repus
Raymond Martin
Décembre 2015
Un partenariat d'
Arts
Du 20 – 05 au 07 – 06 – 15, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, Bruxelles 1050) vous propose une exposition consacrée au peintre et sculptrice Suisse CLAUDINE GRISEL, intitulée LE TEMPS DE LA LUMIERE.
Ce qui, avec CLAUDINE GRISEL, laisse le visiteur émerveillé, c’est l’évanescence perceptible du trait, à peine matérialisé sur la toile. Et cette matérialisation prend forme dans un univers de brume, créé expressément par la dimension diaphane issue du chromatisme, réalisé à partir de couleurs, à la fois blafardes et rehaussées d’une lumière aveuglante (telles que je jaune et le blanc – traités en dégradés), à la limite de l’aquarelle ou du pastel. Les poses adoptées par les personnages participent de la sculpture. Et ce n’est pas étonnant car l’artiste est également sculptrice. Les poses que l’on retrouve sur la toile sont issues d’un académisme classique. Cela se constate dans le rendu des nus féminins : (ELLE PARAIT – 126 x 85 cm – huile sur toile)
station droite, laissant passer une ligne médiane imaginaire, du front vers le bas du torse, par-delà les jambes. Celle de gauche est discrètement avancée par rapport à l’autre. Cette conception se retrouve exprimée dans le rendu des « korai » grecques (première étape du nu féminin, à l’époque de la Grèce Archaïque, qui trouve son origine dans les bas-reliefs égyptiens de l’Ancien Empire). ELLE PARAIT, apporte, néanmoins, un détail « contemporain » dans la position des bras placés derrière le dos.
Il en va de même avec EN DEVENIR D’ANGE (126 x 85 cm – huile sur toile),
où la posture de la « Niké » (la Victoire) grecque se profile, perdue dans une brume intemporelle. La figure de l’Ange se confond avec celle de l’image classique de la Victoire, et ce n’est pas aller trop loin que de les associer, car l’Ange, de par son corps ailé et ses jambes décalées (l’une par rapport à l’autre), descend précisément de celle de l’Ange. Cette image « en devenir » nous parle d’une une mise au Monde en phase d’accomplissement.
Le chromatisme adopté par l’artiste est d’une telle délicatesse que l’on ne résiste pas à le qualifier de « sfumato » (dans le sens où les couleurs naissent et se perdent, translucides, dans un magma à la fois lisse et brumeux), tellement cet écran de couleurs empêche le visiteur de comprendre qui, du sujet et de l’arrière-plan, se distingue en premier.
En principe, l’arrière-plan est fait pour « projeter » le sujet vers le regard du visiteur. Ici, tout est « caché » dans une apparence en attente d’être révélée.
Mais pour mieux souligner la matérialité (en devenir) des ailes de l’Ange, l’artiste n’hésite pas à les travailler au couteau pour mieux en révéler la consistance.
Les personnages, dans le bas de ELLE PARAIT, errent tels des fantômes, formant un socle au-dessus duquel s’élève le personnage féminin, dans sa réalité immatérielle.
Il est à noter que les sujets de plusieurs toiles de l’artiste, s’élèvent à partir d’une hauteur presque olympienne, faisant office de « socle », dans un état intermédiaire entre le chtonien et l’ouranien, soit entre l’humain et le divin.
Une dimension hautement mythologique se dégage de l’œuvre de CLAUDINE GRISEL. Il s’agit d’une communion entre une mythologie, à la fois classique et personnelle. Classique, parce qu’au moment où elle fréquentait l’académie, elle a beaucoup copié les classiques. Personnelle, parce que, obéissant à ses émotions, elle a voulu les projeter, dans un langage propre, nourri de culture humaniste, sur la toile. En dernière analyse, les héros, dieux et demi-dieux, sont ses propres émotions. Et c’est en cela que son œuvre crée à elle seule, une mythologie dans son essence. Une mythologie dont elle est le panthéon.
Nous avons spécifié plus haut que l’artiste est également sculptrice.
Une constante unit l’œuvre sculptée à certains aspects de son œuvre peinte, à savoir la stylisation de quelques uns de ses personnages dans leur rendu physique. Là aussi, la dimension mythologique apparaît dans la recherche de l’humain, en adoptant une stylisation qui rappelle la figure humaine des origines. L’on songe aussi à Giacometti. Mais à un Giacometti qui aurait dénié le mouvement à ses sculptures, les laissant clouées au sol. Dans le cas de LA CHEVAUCHEE 2/7 (105 x 20 x 88 cm),
une dynamique se dégage de la ligne, réalisant un véritable « découpage » de la forme scandée sur plusieurs temps, à l’instar d’une action filmique. Cette façon de scander le mouvement n’est pas nouvelle. On la retrouve (diversement exprimée) dans les frises grecque et romaine : succession saccadée du mouvement vers la finalité de l’action. Cette œuvre, laquelle est, en fait, une commande du Musée de Neuchâtel, est la modernisation d’une sculpture d’Ernest Meissonier, réalisée en 1850. Il s’agit d’une chevauchée : celle de Napoléon fuyant l’adversité. Il convient de mettre en parallèle, dans un rapport stylistique, ses silhouettes filiformes avec celles de SAUVEUR IV (65 x 85 cm – gravure rehaussée).
Ces personnages sont affairés, telles des fourmis, à grimper le long d’un socle (encore un….), pour aboutir à la figure humaine, conçue dans la statue.
Mais ici, la figure humaine a quelque chose d’inaccessible car elle repose, statufiée, sur ce sempiternel « socle ».
Il est intéressant de noter que la présence de ce socle étonne énormément l’artiste lorsqu’on la lui fait remarquer. Précisons qu’elle a l’habitude de travailler très vite et qu’elle se laisse prendre souvent à son propre univers, en étant obligée de « déchiffrer » (comme elle le dit) ce qu’elle a peint pour en découvrir la clé. Néanmoins, ce « socle » n’est pas le fruit du hasard. Il est le piédestal sur lequel la psyché de l’artiste prend son élan dans son voyage entre terre et firmament.
Si maître-mot, concernant son œuvre, il y a, cela ne peut être qu’énergie. Plus exactement, interaction entre l’énergie donnée par le cosmos et celui qui la reçoit. Il s’agit, in fine, d’une mystique se déclinant dans un langage mythologique plastique. Ce langage plastique trouve son expression dans la lumière, en tant qu’état de grâce. Si l’arrière-plan vibre dans un chromatisme rendant trouble la perception du sujet, c’est que par la lumière qu’il émane, il exprime l’indicible. A l’intérieur de cet univers indicible, la forme acquiert un langage mythologique, à la charnière entre classicisme et discours contemporain. Un trait oscillant entre ces deux langages est celui du traitement des mains que l’artiste apporte aux personnages. Observez attentivement, que ce soit dans VERS LA VILLE (86 x 125 cm – huile sur toile)
ou dans LA CONVERSATION (80 x 86 cm – acrylique sur toile),
la morphologie des doigts terminant les mains. Sont-ce encore des « doigts » au sens anatomique du terme ? Cette façon de les concevoir « filants », exprime tout à la fois, l’idée de réceptacle et de diffusion de l’énergie cosmique. L’Homme est, simultanément, un récepteur et un passeur d’énergie. Ces mains « filantes » donnent et boivent le flux divin dont la pensée humaine est nourrie.
Chez CLAUDINE GRISEL, le corps est pris dans son immatérialité cosmique. Malgré cela, il est régi par les règles classiques de la sculpture antique, à l’instar de ce jeu délicieux des jambes légèrement pliées, souligné par une courbe à la couleur noire, accentuant la dynamique du trait (EN DEVENIR D’ANGE).
A l’inverse, le visage n’est qu’amorcé (sauf, peut-être, pour le personnage de droite de LA CONVERSATION, conçu de façon plus précise). Il est une constante chez l’artiste de « parsemer » l’espace de personnages fantasmagoriques, traités comme des ombres, où leur présence prend racine dans le bas de la toile pour se diluer vers le haut (vers la lumière). Ils sont généralement d’une présence extrêmement discrète que l’œil ne déchiffre que très tardivement lors de son parcours.
CLAUDINE GRISEL, qui possède une formation à la fois sérieuse et poussée (elle a, notamment, fréquenté l’Ecole d’Arts visuels de Bienne ainsi que l’Académie Maximilien de Meuron de Neuchâtel et le Centre de Gravure contemporaine de Genève), après avoir laissé sécher les premiers jets sur la toile, la reprend pour la retravailler, une fois que tout est parfaitement sec. Elle utilise une technique mixte, axée sur l’huile, la térébenthine, l’acrylique et le papier de verre.
Son univers est celui du mythe dont elle est le sensible démiurge. Elle le travaille et le transforme au gré de sa sensibilité. Par la lumière transcendée, elle porte le temps du rêve à notre regard.
Lettres
N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
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Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
François Speranza et Claudine Grisel: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
(20 mai 2015 - Photo Robert Paul)
Claudine Grisel - Vue d'ensemble (photo Espace Art Gallery).
Il s’agit d’un recueil de brefs textes en prose de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié à Paris au Mercure de France en 1930. Le même éditeur avait auparavant publié deux versions moins fournies de l'ouvrage: Dialogues de bêtes en 1904, et Sept Dialogues de bêtes en 1905. Les textes avaient tout d'abord paru en revue.
Dans Mes apprentissages, Colette évoque en ces termes la genèse des Dialogues de bêtes: «Je m'éveillais vaguement à un devoir envers moi-même, celui d'écrire autre chose que les Claudine. Et, goutte à goutte, j'exsudais les Dialogues de bêtes, où je me donnais le plaisir, non point vif, mais honorable, de ne pas parler de l'amour.» La Paix chez les bêtes (1916), nouvel ouvrage consacré, mais cette fois sous une forme non dialoguée, à la vie des animaux familiers, renouera peu après avec la même inspiration. En 1949, pour ses Oeuvres complètes (Flammarion), Colette rassemble, sous le titre Autres Bêtes, diverses pièces publiées entre 1929 et 1944.
Les deux protagonistes principaux des Dialogues de bêtes sont Toby-chien et le chat Kiki-la-doucette. Doués de parole, ils commentent, à travers l'évocation de scènes de la vie quotidienne, l'attitude de leurs maîtres, Elle et Lui.
Compagnes favorites de Colette, les bêtes sont souvent présentes dans son oeuvre. Les Douze Dialogues de bêtes et la Paix chez les bêtes en font les protagonistes principales d'un univers entièrement perçu et jugé à travers elles. Ce regard animal, qui met soudain la réalité en perspective et manifeste le caractère relatif de notre point de vue, est une sorte de posture philosophique de l'altérité. En outre, grâce à leur innocence et à la finesse de leur perception, les bêtes apparaissent comme porteuses d'une sagesse universelle. Elles sont, pour Colette, les ambassadrices d'un «paradis terrestre» plus fort que la barbarie humaine des temps de guerre: «J'ai rassemblé des bêtes dans ce livre, comme dans un enclos où je veux qu'"il n'y ait pas la guerre"», explique l'auteur dans l'Avertissement de la Paix chez les bêtes.
Ce sont toutefois le pittoresque et l'humour qui l'emportent dans ces bestiaires. Observatrice attentive et aimante des bêtes, Colette sait repérer telle posture caractéristique, telle habitude singulière. La polémique favorite des deux protagonistes sur les mérites comparés du chien et du chat comme les diverses situations anecdotiques évoquées confèrent à l'oeuvre une atmosphère de comédie légère. L'originalité du recueil réside dans cet art du trait vrai, du détail habilement croqué, teintés d'un humour à la fois badin et critique.
Et La Lumière fut
une aquarelle d'Adyne Gohy
a été inspirée
par
Philosophie à 10 centimes
un poème de Raymond Martin
Que le temps se rassure, je prends le mien
Et laisse la part de temps qui lui revient.
Prendre du temps à l’espace cela crée un vide,
L’observation des trous noirs n’est point stupide
Curieuse géométrie quand on parle de la terre
Qui est une sphère non finie, et aplatie aux pôles.
Alors que l’on se promène aux quatre coins de celle-ci !
Et qu’au Vatican sont étudiés les quatre points cardinaux.
Comment peut-on tourner d’une autre façon
Que celle de tourner en rond ?
Ce n’est pas la terre qui ne tourne pas rond
Mais ce sont plutôt ses habitants.
Le temps n’existe qu’en pensée humaine
Qui veut tout mesurer, tout analyser, tout quantifier.
Le temps part de zéro selon notre entendement !
Mais avant le zéro ? Le zéro moins quelque chose ?
Le temps était-il existant avant toute existence ?
Y a-t-il un temps dans l’infini ? Si, il y a un infini
Il n’y a pas de temps, pas d’Alpha pas d’Oméga
Donc pas de mesure du temps donc, pas de zéro.
Mais comme le temps se mesure il y a un infini fini
Donc mesuré en points Alpha et Oméga ! Relativement.
Si l’infini est sans limite, sans points de repères alors,
Ne parlons pas d’Alpha ni d’Oméga pour cet espace inquantifiable !
Cet espace est absolu ! Absolu fini ou absolu infini ?
Quelle que soit sa nature, cet absolu régit-il l’univers ?
Est-il substance régissant l’univers à l’infini ?
Est-il Alpha et Oméga pour tous les Eons des temps ???
La substance est-elle la substance existant avant l’existence ?
L’humain est-il une part de cette substance ?
Cette part est- elle faillible ?
Certes, puisqu’elle ne tourne pas rond !!
Fiat Lux et fuit Lux ! Que la monade soit !!
Un partenariat d'
Arts
Bonjour,
j'aimerai porter à votre connaissance
Une imminente naissance.
Mon fils, reporter photographe a un admirable projet : le projet Mosaïc.
Il est prêt d'éditer un magazine papier : la revue Mosaïc qui se présente ici :
Le calendrier vaut le coup (et le coût ) (visible ici pour les facebookiens).
Si vous pouviez le soutenir dans son appel de fonds par prévente sur Ulule ce serait formidable pour lui (eux car ils sont 2).
Il vient de repartir à Madagascar pour clore le premier numéro dédié à ce pays avec des articles issus aussi des reporter du lieu (un journal qui obtiendra peut-être un jour un label Fair-trade !)
Grand merci pour lui, il ya du sens, de l'âme et de la beauté dans son travail
Les Muses président aux Arts et aux Lettres. Aussi, chantons Uranie, muse de l’astronomie !
Le compas d’Uranie a mesuré l’espace.
Ô Temps, être inconnu que l’âme seule embrasse,
Invisible torrent des siècles et des jours,
Tandis que ton pouvoir m’entraîne dans la tombe,
J’ose, avant que je n’y tombe,
M’arrêter un moment pour contempler ton cours.
Antoine Léonard Thomas (1732-1785),
Ode sur le temps
Mais, des divinités hindoues, nous n’oublierons pas d’invoquer Sürya, ce soleil qui brille au firmament.
Commençons toutefois par un portrait de Sawai Jai Singh II (1688-1743), souverain qui veilla à l’édification de l’observatoire de Jaipur en 1727.
Sawai, « une fois un quart plus grand », est un titre qui fut donné à Jai Singh II par l’empereur moghol, le redouté Aurangzeb, pour sa vaillance. Voilà qui donne de la hauteur.
Jai Singh II monta sur le trône à l’âge de onze ans, à la mort de son père Bishan Singh, le maharaja régnant sur les Kachhawas du Rajasthan.
Enfant doué, il avait acquis de bonnes bases, que fort heureusement il consolida auprès des pandits (savants) dont il avait su s’entourer. Pandit Jagannat Samrat d’abord, polyglotte et omniscient, qui l’aida dans sa recherche des meilleures sources européennes en la matière. Pandit Keval Ramji ensuite pour la rédaction des éphémérides astrologiques, entre autres. Des pères jésuites portugais, comme Manuel de Figueiredo, français, tels Claude Boudier ou le rugueux père Pons, allemands, tel Anton Gabelsberger… lui rendirent visite, voire l’assistèrent.
Alors bien sûr, il s’illustra d’abord dans l’art de la guerre. Il fallait bien asseoir son trône, affirmer sa puissance.
Mais il s’intéressait particulièrement à l’astronomie, science pour laquelle il montrait de réelles dispositions. Il étudia toutes les sources disponibles, de la Syntaxe de Ptolémée, connue dans sa traduction arabe, l’Almageste, aux Principes de Newton ou aux Tables de La Hire, comme celles (Zij) d’Ulugh Beg. L’Inde se trouvant à la confluence de toutes les cultures tout en développant ses propres concepts.
Dans la longue tradition indienne, Jai Singh II s’inscrit à la suite de ses illustres prédécesseurs, Aryabhata (476-550), Varahamihira (505-587), Brahmagupta (598-668) ou Bhaskara II (1114-1185), le précepteur, que bien sûr il étudia. Tous ces brillants mathématiciens et astronomes qui fixèrent le monde du zéro à l’infini, sans pour cela évacuer l’irrationnel.
Son objectif était d’établir des thèmes astraux et d’en déduire les temps les plus favorables aux voyages qu’il devait entreprendre, aux mariages, aux semailles et aux récoltes… on n’est jamais trop prudent.
Plans sur la comète ? Peut-être, mais avec une précision scientifique tout à fait sidérante.
Le ciel ne saurait attendre, examinons quelques-uns de ces étonnants instruments de plus près.
Chakras yantras :
Construits dans un alliage insensible aux variations thermiques, deux cadrans gradués pivotant parallèlement à l’axe terrestre et pointant vers le pôle. On place un tube en leur centre pour connaître la déclinaison d’une planète, son heure de passage au méridien.
La roue (chakra) est associée à Vishnu qui incarne la force de cohésion de l’ordre cosmique, l’attraction vers le centre. Symbole solaire, les chakras sont, dans le yoga, les centres d’énergie.
Krantivritta yantra (au 1er plan) :
Cet instrument sert à mesurer la latitude et la longitude célestes. Il est constitué de deux cadrans mobiles concentriques formant avec leur base un angle de 27°.
Laghu Samrat yantra :
Construit en grès rouge et marbre blanc, ce "petit cadran solaire" sert à mesurer la déclinaison des astres. Ce cadran est flanqué de deux cadrans latéraux, chacun divisé en six heures, elles-mêmes divisées en soixante minutes, chaque minute en trois sections, donnant ainsi l'heure à vingt secondes près.
Cet instrument principal suit une inclinaison de 27°.
Un chiffre, 27, qu’on retrouve régulièrement et je remarque juste en passant que notre soleil, cœur battant du système solaire, tourne sur lui-même avec un période de 27 jours.
Rashivalayas yantras :
Un ensemble de douze instruments monumentaux portant chacun un cadran gradué hémisphérique. A chaque signe du zodiaque son cadran. Ils permettent l’observation de la longitude et de la latitude célestes toutes les deux heures depuis le signe du Bélier à 0° jusqu’au Verseau, en suivant une course selon un plan en trèfle. A quatre feuilles, évidemment.
Je vous présente ici deux de ces cadrans dédiés aux rashivavalayas (signes du zodiaque) :
Premier servi, le Lion, 23 juillet-22 août
Et le Sagittaire, 22 novembre-21 décembre :
Yantra Raj :
Le « roi des instruments », l’instrument du roi. Le favori du maharaja, qui écrivit deux volumes pour en préciser le principe et son usage. Son axe central représente l’étoile polaire. Plus-haut, à 27° exactement, pas à côté, pas n’importe où, se trouve la ligne correspondant à la latitude de Jaipur. La circonférence est divisée en 24 heures. Le cercle intérieur, exactement, juste en dessous, est gradué en 360°… Mon tout permet de calculer la position de plusieurs constellations. C’est sûrement un rêve astronomique, une extraordinaire carte du ciel, un disque doré de plus de deux mètres de diamètre.
Si sous le règne de Sawai Jai Singh II, les Lumières se répandirent sur son territoire, à sa mort ses observatoires menacèrent vite ruine. De celui de Mathura il ne reste d’ailleurs rien, ses instruments de cuivre ayant même été vendus au poids du vil métal. Funeste signe des temps !
Vous trouverez une présentation générale dans la première partie de cet article en cliquant ci-dessous :
Ce qui ne nous empêchera pas de poursuivre, instrument par instrument, la visite de Jangar Mantar, restauré une première fois en 1901, aujourd'hui sauvegardé comme Patrimoine mondial de l'UNESCO, dans le troisième et ultime volet de ce billet.
Michel Lansardière (texte et photos)
Pensive
Une aquarelle d'Adyne Gohy
a inspiré
Jardin de pensées
de Dominique Prime
Jardin de pensées
Mots frivoles
Chant de l’esprit
En émoi
Paix intérieures
Au fond de moi
Aux dernières lueurs
Voyage de l’être
Monde nomade
Loin des sortilèges
Tout en privilèges
Mélange d’alchimie
Magie des rêves
Parfums d’encens
Âmes de papier
S’évade l’imaginaire
Un partenariat d'
Arts
Ma muse aux yeux d'or
*
Tigresse miniature
discrète
vibrante sauvage,
déesse de ma vie
Petite tête
soyeuse avide
insistante,
douceur de mes jours
Regard doré
entêtant
sans piège,
phares de mes nuits
*
Martine Rouhart
Un partenariat d'
Arts
Encore une poignée de jours
Avant que l'année finisse
Pourquoi se font-ils si lourds?
C'est que des démons surgissent!
Cette année porte le deuil
Avant tout de la raison...
Et nous sommes sur le seuil
D'une vilaine évolution...
Les limites ont débordé
Le laxisme n'est pas payant!
Il nous faudra supporter
La fureur, les déchainements...
Encore une poignée de jours
Pour rassembler nos espoirs
Ne pas être aveugle, ni sourd
Mais, vouloir toujours y croire!
Pour l'année qui se profile
Arrêtons d'être ébloui
La vitesse nous rend fragile
quand l'impatience conduit!
Du recul est salutaire
Le temps de reprendre haleine
Soyons donc les volontaires
A combattre toute haine!
Encore une poignée... d'amour?
Des sourires... une connivence?
La vie triomphe toujours...
Cherchons donc la bonne cadence!
Bonne chance et bonnes fêtes à tous
J.G.
L'automne est un chant de couleurs,
une fusion de douceurs sommeillées,
un crépuscule lent et flamboyant,
parfum de terres et d'eau.
L'automne est ce chemin saisonnier,
parsemé de lumière et de brume
que consume l'instant lent.
L'automne quitte nos portes
pour laisser place aux hivernées
et quelques feuilles colorent
l'herbier des souvenirs.
© Sandra Dulier
Présenté sur " Magie d'automne en Lorraine "
de Françoise Buisson
Mise en page L.Magotte
Un parc dédié à la sculpture moderne ?
Miro, Brancusi, Dali, Gaudi… ?
Est-ce là, avec ces artistes admirés, où je vous emmène aujourd’hui. ?
Que nenni !
Non… au Rajasthan, avec un maharaja fou d’art et de science au XVIIIe siècle.
Jantar Mantar.
L’Orient et ses mystères, merci Lansardière.
Jantar Mantar, littéralement « Instrument de calcul », est l’observatoire astronomique de Jaipur.
Loin de moi l’idée de vous faire un cours d’astronomie, je n’en ai ni la compétence ni la vocation. Mais l’envie m’est venue de vous faire part de mes étonnements, de vous faire partager mes émotions artistiques autant que scientifiques.
Au passage quelques informations seront j’imagine bienvenues, aussi essaierai-je d’être précis dans ma relation. Mais, pour l’instant, je me contenterai de considérations générales et de vues d’ensemble.
Cet observatoire, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, a été conçu par et pour le maharaja Sawai Jai Singh II (1688-1743) et sa première pierre posée, concomitamment avec celle de sa nouvelle capitale de Jaipur, la « ville de Jai », en 1727.
Bien sûr, il y eut avant lui bien des astronomes, et des plus illustres. Aristarque de Samos (310-230 av. J.-C.) ou Autolycos de Pitane (ca 330 av. J.-C.) et toute une cohorte de savants qui firent croire au « miracle grec ». Ératosthène (ca -284, -192 av. J.-C. ; cf. « Vie Force Santé » https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/vie-force-sant-mes-voeux-pour-2015) qui, depuis Alexandrie, partit circonscrire le tour de la terre. Abn Al-Haytham (965-1039) ou Abd al-Rahman al-Sufi (903-986) inaugurent l’âge d’or de l’astronomie arabe. Copernic (1473-1543) et sa révolution, Galilée (1564-1642) et sa lunette, Kepler (1571-1630), qui harmonisa à sa manière la musique des sphères, excluant, au passage de la comète, définitivement l’astrologie du champ des sciences. Et tant pis pour le septième ciel, qu’on ne pourrhttps://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/vie-force-sant-mes-voeux-pour-2015ait plus atteindre par l’échelle des vertus, d’autres voies s’ouvraient pour connaître les anges. Newton (1642-1727) persévéra avec sa loi sur la physique de la chute des corps et du mouvement orbital des planètes. Un espace newtonien remis en question par Einstein (1879-1955), qui relativise le continuum espace-temps… Big bang de l’Univers avec Gamov (1904-18968), Friedmann (1888-1925) et Lemaître (1894-1966) ; tandis que le vent l’emporte avec Biermann (1907-1986) et que des moyens spatiaux permettent l’étude in situ du milieu interplanétaire… Longues théories de savants qui ont éclairé le monde de leurs idées révolutionnaires.
Mais je pense surtout ici à Tycho Brahé (1546-1601) et son observatoire d’Uraniborg sur l’île de Hven en mer Baltique. Le château d’Uranie, muse de l’astronomie, dont il ne reste malheureusement rien.
Les civilisations égyptienne, chinoise, babylonienne ont fourni des traces écrites de leurs observations.
« L’Empereur Jaune a fait des observations sur les étoiles et a mis au point un calendrier. Il a établi les Cinq éléments : le métal, le bois, l’eau, le feu et la terre, et a conclu à leur corrélation…
Ainsi, le peuple a pu jouir de la bénédiction du Ciel et mener une vie prospère. »
Sima Qian,
l’historien de la dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C., 25 apr. J.-C.)
Et aussi loin que la mémoire se perde, on peut évoquer la grotte de Lascaux, ou Stonehenge. Mais aussi extraordinaires soient les théories émises à ces sujets, on reste là dans le domaine de l’hypothèse. Même s’il ne fait aucun doute que l’homme a observé le ciel depuis les temps les plus lointains et que sa communion avec la nature était totale. Le mouvement apparent du soleil donna les premières horloges. Et les phases de la lune, les premiers calendriers. L’observation de tous ces phénomènes célestes donnait lieu à toutes sortes de prédictions.
La ligne qui va de l’extrémité ouverte du fer à cheval de pierres jusqu’à l’entrée
marque l’emplacement du soleil levant au solstice d’été
et du soleil couchant au solstice d’hiver…
Stonehenge, de 3000 à 1600 av. J.-C., Wiltshire.
J’ai toujours été séduit par la beauté d’un instrument scientifique ancien en laiton, microscope, lunette astronomique, trébuchet, astrolabe… aussi bien que par les observatoires modernes du Pic-du-Midi ou du Mont Palomar. Toujours plus près des étoiles avec Hubble…
Mais rarement la conjonction entre art et science m’a semblé aussi évidente, aussi séduisante. Comme si la beauté d’une équation me frappait l’œil, telle une évidence. Vous avouerez qu’une telle révélation, à mon âge, relève du prodige.
Et des lignes d’une telle légèreté, d’une telle modernité !
Dans une subtile alliance de marbre, de grès rouge, de bronze, d’acier et de béton.
Le tout parfaitement fonctionnel et signifiant !
J’en viendrais presque à penser qu’il y a chez certains de nos artistes contemporains comme un air de forfaiture, une imposture intellectuelle…
Mais ceci est une autre histoire.
Ici chaque instrument nous surprend autant par sa plastique que par sa précision mathématique. Aussi je m'y pencherai dans deux prochains articles qui, après cette vue générale, donneront quelques détails sur les plus importants d'entre eux.
Rashivalayas yantras : instruments solaires des 12 signes du zodiaque.
A bientôt donc...
Michel Lansardière (texte et photos)
Nous sommes donc arrivés au refuge des Espuguettes, superbe balcon dominant la vallée face au Cirque de Gavarnie ...
Tout de suite après la pub : la vidéo !
C’est maintenant que ma nouvelle série d’expériences de « créativité augmentée » (voir de précédents articles déjà consacrés à ce sujet dans ce journal).
La « créativité augmentée » ?
Je résume : c’est un état de réceptivité particulière et de conscience modifiée (je dirai « élargie »), permettant de passer d’une perception « ordinaire » du monde à une perception « sublimée » (en tout cas différente par les perspectives qu’elle offre et les horizons qu’elle dévoile — rien à voir avec sa signification dans le romantisme —) où les notions de temps et d’espace sont modifiées (généralement dilatées) et où (dans le domaine pictural qui nous intéresse ici), tout paraît d’une évidence et d’une facilité telles, que le pouvoir de l’artiste en est décuplé, puisque, s’approchant au plus près de l’essence des êtres et des choses il peut en révéler des dimensions cachées, un peu comme s’il pouvait voir au-delà des apparences et du monde matériel, se mettant en quelque sorte en état de « voyance »...
L’état modifié de conscience dans lequel je souhaite entrer pour mes expériences de créativité augmentée n’est donc qu’un moyen pour changer de plan de réalité.
Il est un outil et pas un état spirituel supérieur (plus proche de la définition qu'aurait pu en donner l’anthropologue Fernand Schwarz, que d’une quelconque pratique de spiritualité).
J’utilise pour y arriver différents moyens dont l’un des plus puissants est certainement « l’expérience optimale » (ou « état de flow » bien connu des sportifs, mais dont les conditions pour parvenir à son degré le plus élevé sont généralement difficiles à réunir, comme dans le cas de situations paroxystiques liées aux sports de l’extrême).
Mais ici et en ce moment, je dois me préparer différemment (un peu comme on le ferait en Yoga Nidra, par une mise en phase de profonde relaxation, de respiration entière et lente), mais sans me couper de l’environnement (surtout si celui-ci est naturel et paisible comme le lieu où se trouve le refuge), en entrant en fusion avec cette haute montagne, son paysage (sensation d’unifier ce qui est à l’extérieur du corps à celui-ci en percevant les deux en même temps), au moins avec d'abord un exercice simple de dessin ou d’aquarelle (sans recherche particulière de résultat) pour lier le premier sujet de son regard à sa main (en s’imprégnant de la lumière qui le révèle), enfin, en se fixant sur son (ou ses) sujet (s) définitif (s), qu’il faut intensément contempler (de façon passive et fixe avant de « lui laisser guider le pinceau »)...
Immense sensation de liberté et d’ouverture au monde !
Bien sûr, je résume là un processus plus élaboré, mais facilement reproductible, surtout avec un peu d’entraînement.
Il doit faire la transition entre les efforts physiques de la montée au refuge et les séances picturales suivantes plus directes et intuitives, et permettre une première immersion picturale dans le paysage montagnard.
Le but de ce premier exercice est aussi de remettre en phase le regard et la précision de la main, en créant une sorte de « laisser-aller » rapide et spontané dans lequel l’expression se libère sans réflexion particulière, pour laisser le paysage contemplé se « calquer » presque automatiquement sur le papier.Preuve aussi d’une fatigue physique éprouvante dont les effets néfastes (non stimulants picturalement) n’ont pas été éliminés (à éviter donc avant d’avoir récupéré).
Selon ma propre expérience, seule une activité physique fruit d’une énergie positive où les endorphines éliminent les douleurs générées par la fatigue est favorable à une entrée en état de créativité avancée, apte à produire un travail harmonieux et intense.
Mais exercice indispensable en préparation mentale pour favoriser la transition entre les états de conscience « ordinaire » et modifiée.
Le gigantisme des plissements géologiques, la chaude couleur des roches constituant ce sommet, l’atmosphère pastorale d’un incroyable romantisme, la prise de conscience de sa silencieuse immensité, contribuent immédiatement à créer d’autres rapports à l’espace – temps, ouvrant une parenthèse naturelle dans laquelle il est facile de se glisser pour entrer en créativité augmentée...
- Peut-être me prenait-elle pour un berger prêt à lui offrir une poignée de sel ?
Mais sa présence répétée, son insistance à m’observer en me tournant autour à moyenne et courte distance, me font à présent penser à ces expériences où dans la cosmologie chamanique, lors des premiers voyages qu’effectue le chamane, il connecte ses Esprits alliés qui sont l’Essence invisible de la nature où les animaux jouent un rôle déterminant.
J’avais lorsque je m’en suis aperçu l’impression d’entretenir malgré moi un échange mental, naturel, mystérieux et profond avec l’animal...
Peu importe la véritable raison du comportement de la brebis du Pic rouge de Pailla : ce que j’ai alors ressenti de cette « étrange communication » est quelque chose de magique que je ne saurai définir, mais qui me paraissait tout à fait « normal », naturel et évident en état de créativité augmentée, me prouvant par là même que les champs élargis de conscience repoussent réellement nombre de frontières, et pas seulement en matière d’expression artistique ou de créativité !
L’enseignement que j’en retire est que, comme lors du passage du phasme sur mon aquarelle pendant les expériences du Caroux (voir les dernières séquences de ma vidéo dans l'article « Aquarelle en créativité augmentée à la Tête de braque »), l’un des facteurs de réussite les plus importants pour réaliser un changement de conscience en expérience optimale « statique » (à la différence de l’état de « flow » produit d’une expérience optimale « dynamique » où entrent en jeu d’autres facteurs physico-chimiques et neuromédiateurs déterminants pour le conditionnement mental telles l’adrénaline, les endorphines, la sérotonine, les monoamines, etc.) est de se fondre dans la nature, s’harmoniser à elle, se laisser pénétrer par elle.
Et que cette nature soit la plus « pure » et authentique possible !
Mon Pic rouge de Pailla (réalisé en restant fidèle à mon intention : en quelques minutes seulement à l’aquarelle sans dessin ni repentir) n’a pas pour but de s’affirmer en tant qu’«aquarelle réussie» (d’ailleurs qu’est-ce qu’une aquarelle réussie ?), mais de prouver (au moins de le vérifier une fois de plus pour moi-même) combien l’expression est facile en état de créativité augmentée (même si elle n’atteint pas ici le niveau 4 des états de flow).
Elle doit surtout exprimer un « contenu » sans se laisser séduire par le « contenant », c’est à dire l’aspect visuellement séduisant et superficiel du produit pictural.
J’ouvre une parenthèse pour dire qu’en aucun cas je ne voudrais que l’égocentrisme ne prenne le pas sur la créativité, et que si je me mets en scène à travers ma démarche j’essaie de le faire sans que ce soit en me soumettant aux pulsions infantiles d’un ego aveuglant et réducteur, mais bien parce que celle-ci (ma démarche) doit être considérée dans son entièreté, afin aussi de partager mon expérience personnelle comme si j’en étais mon propre spectateur, tout en restant fidèle au sens que le veux lui donner.
L’objectif avec ce motif était de traduire le plus rapidement possible et de façon très synthétique la masse géologique complexe de ce sommet, avec ses plissements, couloirs, parois, fissures et dièdres en les simplifiant au maximum, mais en conservant leurs lignes de force, sans trahir pour autant toute la lumière et la force se dégageant du paysage.
Sachant que pour Jean-François Lyotard, « Tout art est re-présentatif […] : dans ce sens qu’il est renversant, qu’il renverse les rapports de l’inconscient et du préconscient, qu’il procède à des insertions du second dans le cadre du premier. » (Discours, figure, Paris, Klincksieck, 1971, p. 383), mes questionnements conservent tout leur sens puisque ces quelques exercices carnettistes (assez « basiques » somme toute), doivent prendre une nouvelle dimension dans le projet d’un travail qui symbolisera au retour la synthèse de l’ensemble de ces expériences réalisées lors du vol du Piméné, en se cristallisant autour de la quête du bleu du Cirque de Gavarnie.
Là, on passe à une nouvelle « dimension » de la démarche picturale, car il ne s’agit pas de « re-produire » (en plus grand et en « mieux ») ce qu’on a vu, ce qu’on a rencontré, ce qui a été réalisé en « créativité augmentée » sur le terrain, mais bien de tenter de révéler non seulement l’intériorité (ou l’âme sensible) des choses et des lieux qui nous ont touchés lors de ces expériences, mais aussi d’exprimer dans son ensemble ce que l’empreinte de ces expériences nous laisse dans notre propre intériorité : une sorte d’absolu auquel on chercherait à donner un visage...
Ici, le but de l’entreprise est (avec respect et modestie) de dire le pouvoir de l’homme, celui qui peut s’élancer dans l’espace pour saisir l’immensité, imaginer, penser, mais aussi de sentir sa propre petitesse, et cependant être la mesure du démesuré à travers l’auto-transcendance de l’œuvre, désigner le sublime qui pourrait être le pouvoir absolu de l’œuvre, mais qui lui échappe souvent en finalité, tout en lui conservant son pouvoir magique.
... Il faut croire qu’il n’est vraiment pas encore atteint ce but au moment où je vais rejoindre dans le refuge mes camarades pour un casse-croûte d’amitié et une bonne nuit de repos, car un épais brouillard s’est abattu sur la montagne où un vent perfide et glacial s’est levé !
- Que sera demain notre montée au Piméné, et plus encore l’hypothétique décollage de son sommet ?
J'en choisirai une que je placerai un mois sur la page de garde du réseau, accompagnée du nom de l'auteur.
Je la choisirai avec un tout petit comité de membres que je contacterai pour m'aider dans le choix de l'oeuvre.
Merci d'avance pour votre éventuelle participation.
Robert Paul
Notez bien: les oeuvres sont à télécharger sous ce billet en tant que commentaire






