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Propos en hommage affectueux et reconnaissant à Madame Marguerite Badiou

Alors que j 'étais élève au Lycée de jeunes filles de Casablanca, les cours de français me fascinaient.
Notre professeur me paraissait être une Muse.
Nous devions lui remettre chaque semaine une composition française qu'elle nous incitait à illustrer. Je n'ai jamais su dessiner or j'avais dû décalquer et colorier l'image du jeu de colin-maillard. pour embellir une rédaction.
Je me souviens qu'en me rendant ma copie corrigée, elle me dit : votre dessin a fait la joie de mon petit garçon. Il avait quatre années, je pense.
Je le connaissais car il traversait la cour auprès de son élégante maman pour aller au jardin d'enfants. C'était un petit prince d'un blond vénitien. Il se nommait Alain.
J'ai pu lui parler par la suite car il était invité avec ses parents chez des collègues de ceux-ci Mme et M .Hoyo dont la fille était mon amie. Alain avait un petit frère aussi beau que lui.
En l'An de grâce 2016, je découvre sur l'écran de mon ordinateur un géant aux yeux bleus
philosophe très connu. Aucun doute n'est possible ce vieillard fut le petit prince de mon enfance.
Je l'ai entendu dire que son père était un mathématicien lui ayant donné le goût de son savoir. J'aurais aimé l'entendre faire aussi l'éloge de cette remarquable personne qui lui a
certainement transmis la maîtrise du beau - parler.
Dans la biographie d'Alain Badiou le prénom de sa mère ne figure pas.
Elle portait le nom d'une fleur qu'on effeuille pensant à l'amour

3 février 2016

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administrateur théâtres

30/40 Livingstone ?


Un spectacle  bourré de vitalité et de poésie loufoque… Lopez est ici étourdissant.

Le Canard Enchaîné


L’un des spectacles les plus courus cette année.

Le Monde


Un duo qui fait penser aux grands burlesques américains.

Sceneweb.fr


Le malicieux Catalan emballe son monde.

L’Express


Cette fable surréaliste est le must d’Avignon à la Catalane. Les spectateurs jubilent.

Les Échos


Mieux vaut cervitude que servitude! Parole de cerf !
Arts et lettres


Sergi López, acteur catalan bien connu du cinéma, et Jorge Picó son alter ego, atteignent des sommets de poésie, de délire et de vérité dans leur farce-à-farce magnifiquement monté !

Ne cherchez pas l’histoire dans ce spectacle sportif, il y a juste le sens. Le sens critique, le sensoriel , le sensitif, le sensationnel, le sans dessus dessous, le sans tambour ni trompette, le sang versé, le sentiment, le sans pareille, le bonheur théâtral au centuple. Il y a ce vieux fils qui parle à son père sans âge ni visage ( Bonjour les sens interdits!), et son père ne le voit pas, ne l’entend pas, ne le sent pas! Mais le vieil enfant bedonnant sent ce creux infini au fond de son ventre et veut désespérément trouver son ‘truc’, le but dans sa vie, sa raison d’être.  Il part à la recherche mais, comme il a du mal à quitter sa famille pour aller vers l’inconnu qui l’aspire! Bouleversant Anthropologue vouant  son corps, son être  au service des autres, il entreprend une chasse légendaire, loin des sentiers battus,  il est à la recherche ... d'un animal  fabuleux, excentrique?  Et voilà  soudain la  Rencontre, dans un paradis vert, pavé de rêves d’enfant. Une créature  mythique à tête de cerf, muette, craintive et joueuse de tennis lui apparaît. Sans blague.


Une histoire qui fait penser au Petit Prince et à sa rose, 30/40 Livingstone est la chronique intelligente et drolatique d’un voyage initiatique à la découverte de soi et des autres.« Mieux vaut la cervitude que la servitude! Parole de cerf ! » « Mais pourquoi m’as-tu abandonné ? Mon ami, mon frère ? » La morale de l’histoire vous prendra aux tripes, tout au fond de l’intime, sans mentir, foi d'animal!


Depuis sa création, 30/40 Livingstone connaît un succès international : en Espagne, en France (Festival OFF d’Avignon en 2014), en Suisse et en Amérique latine, à Santiago?  A chaque fois, les éloges pleuvent pour ce spectacle fin et surprenant, où les interprètes se donnent sans compter! (...Un petit dernier pour la route, sans rancune!)

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Auteurs - metteurs en scène – interprètes :
Sergi López, Jorge Picó
Création musicale : Oscar Roig
Lumière : Lionel Spycher
Costumes : Pascual Peris


Renseignements :
Du 2 au 6 février 2016
A l'Atelier Théâtre Jean Vilar
Rue du Sablon (derrière la Place Rabelais)
B-1348 Louvain-la-Neuve
www.atjv.be

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administrateur partenariats

Mon tiroir à craies...mon métier.

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Mon tiroir à craies, marqueurs craies et effaçables etc...
pour de super croquis au tab
leau !


L'organisation !

Quel beau mot, mais qui signifie aussi "travail" !
Ranger, ranger, changer de place, réorganiser, jeter ce qui est inutile, recommencer encore et toujours, tous les jours, en fin de journée, prendre le temps nécessaire et fermer la porte sur une classe en ordre, armoires rangées, tables propres, tableau fait, sol balayé. Ouf.

Et le matin, arriver dans un paradis de propreté, faire entrer les élèves un à un, qu'ils essuient les pieds sur le grand paillasson, et exiger le respect d'un lieu sacré: ma classe. Bien plus facile alors de raconter la couleur, le dessin, la peinture, et tous les objets dont nous avons besoin pour réaliser un moment de créativité, petit entracte dans une journée rythmée par la sonnerie et les changements de classe.

Organiser le travail, donner des consignes, disposer le matériel ... Toute une méthode, qui permet de rassurer, coordonner, rendre confiance.


Mon métier.


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administrateur théâtres

4e921a77.jpgth?&id=OIP.M0f5267a9334a4243adf106db281a60b2o0&w=213&h=300&c=0&pid=1.9&rs=0&p=0Un conte chinois en hiver

Au Théâtre National, à Bruxelles. Musique tonitruante, comme en Chine. Mais pas vraiment les instruments traditionnels, ni les voix étranges de l’opéra. Dans la salle comble et sur scène, de vrais chinois fiers de leur patrimoine, venus fêter le printemps qui pointe déjà, rien qu’à l’évocation la Chinese New Year, toute proche  et qui tombe cette année le 8 février. Elle s’annonce sous le Signe du Singe. Un excellent signe où prédomine le sens de l’excellence et de l’intelligence. La troupe aura fait une courte halte dans notre capitale européenne avant de rejoindre Beijing.


Le spectacle dansé est dédié à la Route de la Soie maritime qui a été créée au premier siècle de notre ère. L'histoire se déroule au cours de la dynastie des Song, temps de l'expansion du commerce entre la Chine et le reste de l'Asie jusqu’en Afrique et en Europe. Sous la dynastie des Song, la ville de Quanzhou, dans l'actuelle province du Fujian, a été l'un des plus grands ports du monde. Les navires transportaient la soie, la porcelaine et le thé, faisant route en bravant tous les dangers, vers les ports éloignés du monde. La Route de la Soie par voie de mer a eu un rôle crucial en reliant l'Est et l'Ouest, et a été une source majeure de revenus pour les dynasties chinoises. Certains se rappelleront peut-être la magnifique exposition qui a eu lieu à Bruxelles sur ce sujet en 2010 : « A Passage to Asia,
25 Centuries of Exchange between Asia and Europe”. *

Revenons à l’histoire, ... très sentimentale.  Les artistes ont endossé les maquillages, les costumes chers à Pearl Buck, les étoffes soyeuses virevoltent, la taille parfaite des princesses s’élève à bout de bras amoureux. Tout un village ancestral s’anime et au loin la mer, les voiles, l’aventure. Une tempête se lève, le capitaine qui a juré fidélité à sa jeune épouse sauve une jeune femme des flots en colère. Elle voudra le retenir sur les côtes hospitalières de Ceylan, Il est le capitaine de son cœur. Le rendra-telle à son épouse adorée ? La magie est-elle au fond d’un mystérieux mouchoir  ou dans le creux des voiles? Les tableaux artistiques étrangement muets racontent tous les émois, la chorégraphie et le talent artistique des danseurs sont fascinants.

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Les corps en mouvement sont bien ceux d’un 21e siècle vigoureux, rompu à l’endurance et la souplesse, mais il se son prêté avec grâce pour raconter des millénaires de civilisation basée sur le commerce et sur le vivre ensemble harmonieux à l’intérieur de la cité. Les valeurs n’ont pas pris une ride : la fidélité en amour, la loyauté à la cité, le courage devant les éléments déchaînés, la solidarité, l’oubli de soi, le sens de la fête et l’hospitalité. Un programme éblouissant d’optimisme, qui célèbre la vie. Ce morceau d’Odyssée chinoise inventé en 2014 pour rapprocher les cultures extrême orientales et occidentales vaut le détour. Vous passerez une soirée de contes de fées, grand format, et vous vous délecterez de ces corps parfaits qui rivalisent d’agilité et de présence théâtrale. Des prouesses physiques, plus belle que le patinage artistique et les dernières étreintes du couple romantique qui se retrouve nous plongent au plus profond de l’imaginaire. Ils ne sont qu’une trentaine sur scène, mais leurs mimes et leurs postures sont aussi belles que certaines peintures murales que l’on rencontre souvent en Asie.

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Atlas presents ... "The Silk Road on the Sea" ! January 27 at Théâtre National in Brussels
27 / 01 / 2016   http://bcecc.be/index.lasso?Lang=Lang1&PageID=44&ID=1391

Trailer: https://www.youtube.com/watch?v=w_fJBAZkCeE

Les superbes photos: "Chinese dance drama performed in Brussels" http://www.china.org.cn/arts/2016-01/28/content_37682489_4.htm

Infos sur les festivités du Nouvel An. C’est une initiative de l’Ambassade en collaboration avec le Centre Culturel Chinois. Voici les infos du programme : http://www.chinaembassy-org.be/eng/zt/2016ChineseNewYearParade/t1331168.htm

Billetterie et presentation du spectacle: http://www.fnacagenda.be/fr/concours/97-silkroadonthesea

référence:

*A Passage to Asia
25 Centuries of Exchange between Asia and Europe
  https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-passage-to-asia-a-labour-of?id=3501272%3ABlogPost%3A70507&page=2

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administrateur théâtres

12273129470?profile=original CONCERT EN HOMMAGE AUX HÉROS ET VICTIMES DE LA GUERRE 14-   18 "Avant-première mondiale de la Symphonie le Chemin des Dames"

Bruxelles, jeudi 8 octobre à 20H à la Cathédrale Saint Michel et Gudule

 

 « Bien chers Mère, Frères et Sœurs,

Il est déjà quatre heures du matin, l’heure de notre mort est proche. Avec Alfred et Aloïs, nous sommes réunis dans la même cellule. Nous avons passé la nuit à prier, chanter et deviser. La messe va commencer, puis en route pour le tir national, pleins de force et de courage. Allons, maman chérie, bon courage.

Je vous donne de loin un dernier baiser. Adieu.

Votre cher fils Gustave qui  va mourir pour la Patrie »

Gand, le 10 août 1916 : dernière lettre de Gustave Mus à sa famille.

C’est  avec la lecture de cette lettre tragique que débutait samedi dernier un magnifique hommage AUX HÉROS ET VICTIMES DE LA GUERRE 14-18  à la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, Bruxelles. Au programme,

LA TROISIÈME SYMPHONIE de Saint-Saëns op.78

Le  CONCERTO POUR VIOLON ET ORCHESTRE de Mendelssohn op.64

LA SYMPHONIE "LE CHEMIN DES DAMES" de Jacques Alphonse De Zeegant sur un poème de Marguerite de Werszowec Rey

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L’univers simple et essentiel du jardin est accroché aux chapiteaux, les arches prient, les lumières de la ville s’invitent à travers les vitraux,  les grandes statues de saints  de  pierre blanche veillent sur une foule nombreuse, venue assister comme chaque année, à un concert exceptionnel organisé par  "Les Amis de la Cathédrale Saint Michel et Gudule", associés cette année  avec "le Hulencourt Art Project". L’intégralité des  bénéfices du concert sera consacrée à la restauration du vitrail du " Jugement Dernier "qui éclaire l’immense nef gothique abritant, depuis tant de siècles, des millions de fidèles et de visiteurs.

  

L’écrivain belge Philippe Marchandise accueille le public assistant à cette grande rencontre musicale, avec des mots vibrants  invitant à être en communion avec ceux qui ont donné leur audace ou leur vie pour la Liberté et la démocratie dans notre pays.  Il évoque les soldats au front, les prisonniers, les victimes de la guerre et surtout « ces femmes désemparées, qui ont perdu leur raison de vivre puis leur raison tout court. » Et c’est une femme,  Marguerite de Werszowec Rey qui a écrit le poème qui a inspiré la symphonie contemporaine  "Le chemin des dames" au musicien Jacques-Alphonse De Zeegant*. Elle le lira devant l’assemblée avant  son interprétation musicale. Cette œuvre,  inspirée par les champs de bataille de la Marne, est évocation, prière et appel à la paix, elle transcende les lieux et le temps. Elle a stupéfié, bouleversé, enflammé le public lors de sa création à la cathédrale de Laon  le 30 août 2014. L’émouvante  mezzo-soprano argentine Alicia Nafé a prêté sa voix avec les chœurs de l’Union Européenne pour l’interprétation de  la symphonie.  L’actrice Caroline Veyt, présentatrice en mai 2014 du Concours Reine Elisabeth,  introduit chaque  œuvre musicale.

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 Né en 1955, Alphonse De Zeegant compositeur belge  au parcours peu commun, a étudié au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Il fut l’élève du pianiste André Dumortier (lauréat du concours Eugène Isaye) et du pianiste Valéry Afanassiev (1er lauréat du concours Reine Elisabeth 1972). Depuis une dizaine d’années, Jacques-Alphonse De Zeegant s’est engagé dans les coulisses de la création, laissant courir son inspiration, librement, sans se soucier des modes et des courants esthétiques de notre époque. Jacques-Alphonse De Zeegant souhaite en effet  assurer la transition, entre musique classique et musique contemporaine.

12273131097?profile=originalIl est  le premier compositeur invité en  résidence auprès du Hulencourt Soloists Chamber Orchestra (HSCO) qui  rassemble chaque année la crème de jeunes talents internationaux afin de promouvoir la musique classique et offrir à de nouveaux publics une expérience directe et intime de la musique de chambre et d’orchestre.  Au programme,  une dizaine de concerts prestigieux de très haut niveau  dans des lieux réputés, comme cette fois,  le cadre exclusif de la Cathédrale Saint Michel et Gudule.  La recherche de l’excellence est le maître mot. Les artistes, musiciens solistes professionnels  qui jouent comme solistes et poursuivent leur propre carrière musicale au sein d’orchestres nationaux ou dans des ensembles reconnus, sont conviés aux quatre coins de l'Europe, à participer au programme selon leurs disponibilités. Ils se réunissent au Golf Club d’Hulencourt, un endroit de prestige et de calme situé en pleine nature,  pour les sessions de préparation des concerts et des tournées. Rencontre de 19 nationalités.

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Xavier Deprez, organiste de la cathédrale, et Augustin Dumay, violoniste de la Chapelle Musicale et futur directeur musical de l’orchestre  HSCO en 2016 ont tenu à s’associer à cette grande commémoration et prière pour les soldats de la guerre de 1914, en interprétant avec l’orchestre de solistes de chambre de Hulencourt sous la direction de Benjamin Ellin deux œuvres poignantes de Camille Saint-Saëns et de Felix Mendelssohn. Nous avons vécu une expérience musicale inoubliable,  authentique et unique,  ainsi que la  rêve, le directeur de l’Hulencourt Art Project: Palmo Venneri.

* www.dezeegant.com

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En savoir plus :

^Un haut lieu de souffrance

« Quand j’ai accepté de composer une symphonie sur le Chemin des Dames, je souhaitais y intégrer un texte, j’ai demandé à Marguerite de Werszowe Rey, avec qui j’ai souvent collaboré, de m’écrire un texte ou un poème », explique Jacques-Alphonse De Zeegant. Ce poème évoque la vie des soldats dans les tranchées mais il est aussi un appel à la paix. « Le texte mêle le français et l’allemand, mais on y retrouve aussi toutes les langues des peuples qui ont combattu sur le Chemin des Dames. » Cette voie, autrefois royale qui est devenue un haut lieu de souffrance, le compositeur l’a beaucoup arpentée avant de coucher ses émotions sur une partition. « Des amis me l’ont fait découvrir, j’ai été très marqué par la souffrance qui s’en dégage encore. Un gigantesque drame humain s’est déroulé ici, on sent bien que la terre n’a pas fini de digérer ses morts. »

En une trentaine de minutes, Le Chemin des Dames évoque les soldats, leurs souffrances, les coups de fusil, « la Chanson de Craonne apparaît en filigrane tandis que le 5 e  mouvement se transforme en danse macabre, poursuit le musicien. Ce qui compte pour moi ce n’est pas la beauté, mais l’émotion qui se dégage de l’ensemble. » Pour ceux qui seraient un peu inquiets, le compositeur se veut rassurant : « Ma musique est accessible à tous, elle est au service du texte, et reste un hommage aux souffrances des soldats qui ont combattu, il y a cent ans. »

^ http://gite-chemindesdames.fr/litterature.html

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administrateur partenariats

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Quelques pages parmi tant d'autres,

autant de poèmes illustrés en partenariat avec des artistes

d'Arts et Lettres.

Une tranche de vie et de couleurs à découvrir...

Un partenariat d'

Arts 

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administrateur théâtres

Une soirée et deux opéras en un acte. Couleurs, beauté et endurance!  Deux époques de styles farouchement différents mais  qui  exploitent  avec exaltation le thème  de la femme délaissée de tous temps. Deux destinées, deux actes de solitude.

Dans la première œuvre, « Il Segreto di Susanna » d’Ermanno Wolf-Ferrari,  l’homme (un fougueux Vittorio Prato) , vaque à ses occupations diurnes et nocturnes mais il est miné par  une  jalousie …risible. Dans la seconde, « La Voix humaine » de Poulenc,  l’homme est carrément absent, il a  fui celle qui l’aime à en mourir, pour vivre sa vie.  Les deux femmes vivent confortablement dans des intérieurs élégants intemporels,  mais comme elles se morfondent!

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 L’une  se découvre une passion qui enfin l’arrache  à l’ennui et l’affaire ne se termine pas trop mal  dès le moment où elle réussira à partager ses divagations avec l’homme qu’elle aime. Pathétique quand même,  la force de l’addiction,  qu’il s’agisse de cigarettes ou de drogues dures!  

L’autre, ivre de solitude et de désespoir, souffre de dépendance psychologique  pour l’homme qui l’a abandonnée. Une addiction non moins néfaste.  « Elle » est à deux doigts de se donner la mort pour cesser de souffrir. Elles sont toutes deux meurtries profondément par l’abandon, y en aurait-il une plus heureuse que l’autre?  

Et les voilà rassemblées  en une seule  et magnifique interprète : Anna Caterina Antonacci, une chanteuse lyrique  au palmarès exceptionnel  qui  réussit à sculpter les deux situations avec une immense sensibilité. Elle possède une virtuosité et une expressivité vigoureuse pour affronter ce grand défi pour toutes les grandes chanteuses que cette création lyrique  de « La voix humaine » de Francis Poulenc. Un mélange palpitant de voix parlée et chantée, entre violence des sentiments et  soumission. Le jeu scénique est d’une mobilité extraordinaire. De nombreuses séquences a capella font penser à une lente mise à nu de la victime.

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 Impressionnant travail de mise en scène et de lumières de Ludovic Lagarde et de Sébastien Michaud. Le décor épuré est de la main d'Antoine Vasseur.  Le passage d’un  opéra à l’autre est très subtil. De la bonbonnière vibrante de lumières pastel,  finement époussetée par un  fidèle domestique (qui rappelle quand même le salon bourgeois 19e), on passe à un moulin moderne aseptisé. La solitude éblouissante se déploie comme un sablier sur une scène tournante. Le logement d’origine  a été  démultiplié en trois pièces rutilantes de blancheur : hall, chambre et salle de bain couv’de mag’. Le progrès  et le  confort sont visibles.  Mais dans ce paradis artificiel, pulse partout   un  regard féminin affolé dont on peut lire  l’évolution des émotions  intérieures   sur le visage de  la femme en close-up projeté sur des écrans années 2000. Le souffle d’ Hitchcock semble souffler quelque part et  l’héroïne désenchantée promène son mal-être de pièces en pièces, attachée au fil sans cesse brisé de sa conversation!  L’utilisation d’un téléphone avec standardiste a quelque chose  de surréaliste dans tant de modernité. On est hanté par une image plus probable dans ce décor, celle d’un téléphone portable, addiction des temps modernes et modèle même de notre solitude à nous qui voulons à tout prix « rester connectés ».

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La standardiste est rendue vivante par  les instruments de l’orchestre sous l’élégante direction  de Patrick Davin. Le harcèlement  du piano lui rappelle la douleur de l’homme absent. Et ce sont des petites morts chaque fois que la ligne se coupe. Un enchaînement de ruptures et de brisures.  Le talent  de la  chanteuse réveille dans notre imaginaire un fondu enchaîné  de mille et une femmes éplorées, bafouées, totalement dépendantes. Dans ses poses, ses postures, son jeu tragique  elle  nous rappelle les souffrances et la tendresse excessive de grandes figures de l’histoire du cinéma  telles qu’Ingrid Bergman, Marilyn Monroe, Romy Schneider…

Si on rit de bon cœur dans le premier opéra « Il Segreto di Susanna », œuvre cocasse et divertissante - l’intermezzo fut  joué pour la première fois à Munich  en décembre 1909 -  il en est tout autrement dans le deuxième opéra où l’on assiste à une descente vertigineuse en enfer.

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 L’enfer c’est les Autres, l’absent, l’homme en fuite qui n’a laissé derrière lui qu’une femme épuisée, vidée de toute substance.  Cette  vaillante voix humaine  féminine  brave pendant 40 minutes,  et seule, l’orchestre omnipotent  dans ce  jeu de massacre conjugal. C’est moderne et réaliste.    Son combat  tragique bouleverse. Sauf si, reprenant soudain pied dans notre  réalité, on se prend à soupeser les avancées du combat féministe. La déchirante héroïne  ne serait-elle pas  d’une autre ère, espère-t-on avec soulagement, question de créer  un peu de distance avec l’intensité presque insoutenable du  spectacle.

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Mais on ne peut s’empêcher de se dire avec anxiété qu’il n’y a que dans les couches aisées et éduquées de la population occidentale que  les femmes peuvent se targuer d’être enfin libérées. Partout autre part, elle reste  un objet de plaisir, une valeur d’échange, un signe de richesse, une  simple procréatrice,  un  sujet de convoitise que l’homme traite à sa guise. Le malaise reste entier, si on pense à cette  autre moitié du monde, niée, foulée aux pieds, séquestrée, emprisonnée dans des codes immondes, lapidée dans certaines parties du monde. Et donc un regain d’amertume s’ajoute au fiel démoniaque dont est cousue cette oeuvre méconnue de Francis Poulenc créée en 1959 pour son égérie Denise Duval, à qui on vient de rendre hommage tout récemment, à l’occasion de sa disparition.

 

secret_de_suzanne_voix_humaine_-_site_opera_royal_de_wallonie_-_lorraine_wauters-18.jpg?itok=96KRXE2D&width=452Direction musicale : Patrick DAVIN

Mise en scène : Ludovic LAGARDE

 Décors : Antoine VASSEUR

Costumes : Fanny BROUSTE

 Lumières : Sébastien MICHAUD

Vidéo : Lidwine PROLONGE

Production Opéra Comique Coproduction Opéra Royal de Wallonie-Liège / Les Théâtres de la Ville de Luxembourg Partenaire associé Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française

Contessa Susanna / Elle: Anna Caterina ANTONACCI

Conte Gil : Vittorio PRATO

 Le Serviteur: Bruno DANJOUX

Et Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège

http://www.operaliege.be/fr

Crédit photos: L'opéra de Liège

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/il-segreto-di-susanna-la-voix-humaine

 

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DES IMAGES...

Des images si plein d'odeur

Qui nous entrainent vers ailleurs

Qui ravivent nos émotions

Nous éveillent à la passion!

Au détour d'une pensée

Sur des notes envolées

Elles évoquent le bonheur

Et font battre notre cœur.

Caché dans une atmosphère

Au creux d'un matin d'hiver

Voilà que printemps surgit

Et que le désir survit!

Il suffit parfois d'un mot

Qu'on entend à une radio

Et nous revient en bouffée

Des images un rien floutées...

Brouillard d'un passé lointain

Qui illuminent le matin...

Ecouter du bois brûler

Et Mozart s'émerveiller!

Vivre l'instant immobile

Dans cette douceur fragile...

Respirer à plein poumons

Même solitude à du bon!

J.G.

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administrateur théâtres

On the road... AVoilà un spectacle franc, ingénu et vrai. Plein de sel comique et émouvant ! Avouons-le, au départ on n’était pas trop partants pour un énième seul en scène sur le vivre ensemble. L’actualité nous rabâche assez de chapelets de violences, pour plonger une fois de plus dans le politically correct et remâcher indéfiniment nos infâmantes réalités. Mais voilà le sourire de RODA et sa quête d'identités. Un Roméo ? Roda on the road.  What’s in a name ? A l’endroit ou à l’envers ? On le découvre un être totalement à l’aise sur le plateau et on l'ADOR,  le cœur à l'endroit ou à l'envers. Le nom n'a rien à voir pour ceux qui, malencontreusement, penseraient à la margarine, bien sûr. Sautez plutôt dans la fraîcheur d’un conte moderne, racines à l’air. Du cèdre du Liban au sapin de Noël, une forêt entière y passe ! En passant par les oliviers made in Italy, ou presque!

On the road... ADans l’histoire mohametane, il devient Mimo. Il manque une syllabe pour en faire une fleur capiteuse que l’on offre en janvier. Son regard vous dévore, c’est le fuel de son tapis volant qui vous envole en un seul décor du Liban au Maroc, puis vers la Belgique oblige - profitons qu’elle existe encore - Paris, Portugal et toutes les senteurs et épices de la Guinée et bien sûr Jessica, un monde de différences !

Au fur et à mesure qu’il sort de sa chrysalide il devient de plus en plus attachant et enfile les observations d’une candeur désarmante, virevolte dans les personnages, multiplie les points de vue, traque l’inspiration, accumule les occasions de rire, fait capoter les moindres stéréotypes. Il fait penser à la générosité et à la poésie d’Emmanuel Schmitt, en un mot, on ne peut qu’être séduit !

On the road... AIl y a même Gemini le criquet, toujours rapport à l’Italie, non, on veut dire Slimky, l’ami imaginaire - cela s’écrit comment ? Et cela finira comment ? En tous les cas il n’y a pas que les ragazzi qui s’amusent ! Le public s’envole et perd de vue l’unique décor de vieilles carpettes. Oui cela rime avec Mohamed, d’accord ! Et vous entendrez partout des voix car le comédien jongle avec les registres : voix d’ici et d’ailleurs, voix imaginaires, voix au nom du père, voix de mère qui cogne comme des cuillers, voix des dieux ou de voisinage, et même de toutous belgo-belges que l’on promène dignement sur le trottoir. Il voix tout, tout ! Et c’est sidérant de justesse car il est aussi maître du geste ! A quand son prochain spectacle ?
Dominique-Hélène Lemaire

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                                                              http://lesrichesclaires.be/evenement/on-the-road-a-new/
De et avec

Roda

Mise en scène

Eric De Staercke

Assistanat à la mise en scène

Cécile Delberghe

Regard amical

Angelo Bison

Agenda magazine lire  l’interview  page 26,27

Du 14 au 30 janvier 2016
Le mercredi à 19h
Du jeudi au samedi à 20h30
Représentation le lundi 25 janvier à 20h30
Centre Culturel des Riches-Claires - Petite Salle
24 rue des Riches-Claires
1000 Bruxelles
02/548 25 80

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administrateur théâtres

Il est coproducteur et codirecteur artistique du Festival Bruxellons qui chaque année rassemble un public enthousiaste pendant l’été au château du Karreveld. 20.000 spectateurs l’année dernière ! Il signait la co-mise en scène de la comédie musicale « La mélodie du bonheur »  en 2015 et rempile cette année avec un nouveau spectacle magnitude 7 sur l’échelle de l’émotion avec « Evita ». Les auditions vont bon train ! Ce soir, dans le cadre  coquet et feutré du théâtre de la Comédie Claude Volter, un lieu phare pour les habitants des communes bruxelloises de la Woluwe, il joue de près et sans filets avec ses co-équipiers bien rôdés: Fred Vanco et Caroline Braeckman.

images?q=tbn:ANd9GcRuuh4gfVf7nultYeHvfna9jEEyWRXa8njcxtCvb_5Yk5hHF5B2WASon nom ? C’est Jack, le maxi Cooper, le Magicien Magnifique qui débarque avec son dernier spectacle « Illusions », un Best of de 15 ans de patiente élaboration de tours de magie les plus fous.


Les spectateurs n’y verront que du feu : numéros interactifs, mentalisme, grandes illusions, manipulations de jeune magicien devenu grand avec anneaux chinois et cordes d’illusionnistes truffées de poésie distractive, télépathie, ombres chinoises et lévitation. Un répertoire basculant du jeu de cartes aux mots mystère du grand dictionnaire Larousse, il n’y a qu’un pas! Les découpages de corps qui glaçaient nos jeunes années, le regard collé à la télé en noir et blanc ne déçoivent pas non plus… sauf qu’on a évidemment beaucoup moins peur !

images?q=tbn:ANd9GcSzXaBC87tVjACnXegl4u6ulBLlannkYhHWkaj5Zy5_KHbV35gBZwChercher le truc ? Vous n’y pensez pas ! La présence incontournable de l’artiste empêche toute velléité d’espionnage scénique. Il déborde de vitalité et travaille en trois D : Dialogue intempestif avec la victime, haute Dissimulation et Démonstration infaillible de son art. Il houspille les timides, canalise les extravertis, barricade ses trucages et ouvre la porte du mystère à un public conquis Dès les premières minutes. Musique pompeuse d'accompagnement garantie, pour les amateurs de parodie!  Mais combien d’entre nous ne sommes pas de doux rêveurs avides de mensonges magnifiques? Et ce sont les ombres chinoises qui sont les plus poétiques! Le silence  profond répond alors au talent.

du Mercredi 13 Janvier au Dimanche 31 Janvier

ILLUSIONS

Jack COOPER

http://www.comedievolter.be/saison-2015-2016/illusions/

Site de l'artiste:

http://www.jackcooper.be/

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Mon récit "Agir et accueillir", bientôt réédité(chez Brumerge, à Grenoble), préfacé et prolongé d'un chapitre "Six ans après".

4è de couverture: Le cancer. Le monde vacille et se teinte de couleurs incertaines. Ecrire Agir et Accueillir a d'abord été une manière de négocier avec les fantômes. Il ne suffisait pas de sortir de soi, il fallait encore pousser d'autres portes, partir se balader sur les chemins de ronde des rêves et de l'imaginaire, et y inviter les autres. Agir et accueillir…depuis fin 2008, ces mots ont été mes guides. Ce sont eux qui continuent à me faire avancer. Six années ont passé et je tiens plus ou moins la route. En attestent les dernières pages, écrites dans un nouveau présent forcément relié à l'ancien.

Pour les membres d'Arts et Lettres, un petit présent, un poème qui se retrouve dans le livre.

Pour vous

Des angoisses dans la tête épaisses comme la nuit,
une sensation de vide qui me tire vers le bas,
la vie qui s’échappe trop vite
comme du sable entre mes doigts

A ces moments je pense à vous inlassablement présents

Tant que nous partagerons nos rêves et nos peines
et qu’on me tiendra bien fort la main,
tant que je verrai de la douceur dans vos regards
et que vous m’accompagnerez dans mon voyage,

je surmonterai mes peurs et je regarderai devant moi

Et si un jour je vous prends dans mes bras,
ne me demandez pas pourquoi,
je profiterai simplement de l’instant,
de la force et de la joie et que vous m’offrez.

***

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VOUS, LES FLEURS...

Iris jaunes ou bleus, parfum subtil...

Tiges ambitieuses, coroles fragiles.

Coquelicots fous au vent d'été

Ephémères symboles de la beauté!

Marguerites fraîches au ras des pelouse...

Secrets d'amour que l'on jalouse.

Roses blanches ou rouges

Offertes au soir, quand rien ne bouge...

Lilas aux effluves qui dansent

Si le printemps est en partance!

Œillets rougis, senteur sauvage

Près de mon cœur pris en otage...

Et puisque je rêve aux bleuets...

Ne point oublier, je promets!

Quand mimosas en mousse s'élance...

Couleur poussin, ciel de Provence!

Tulipes aux branches sinueuses

Ardent printemps, humeur frileuse...

Superbe! Si fière branche d'orchidée...

Offrant beauté sophistiquée!

Les anémones, tels des drapeaux

Nous signalent que le temps sera beau!

Le muguet fait tourner les tête

Et tant pis, si c'est un peu bête!

Et puis, à celles que l'on oublie...

Petites splendeurs trop bien tapies

Merci, d'exister quelque part...

Sur les chemins de nos regards!

J.G.

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administrateur théâtres

Nom de coiffeur ou de maître-nageur? Pierre Kroll, crayons en main et sourire aux lèvres, salue la salle comble du Wolubilis et commence à nous conter son histoire. Il est né quelque part au Congo, quelques jours avant l’ouverture de l’Expo 58. Le choc culturel est immense quand le jeune bambin découvre les européens à son arrivée en Belgique. Entre le grand Saint-Nicolas impressionnant et le drolatique Père Fouettard, le choix est vite fait ! Au gré des mouvements de la famille, l’enfant voyage entre les réseaux d’enseignement belge : plusieurs aller-retours du libre au laïque. Car il est né de parents mixtes (… sans blague) qui de plus, s’entendent bien, l’un athée convaincu et l’autre catholique pratiquante. De quoi alimenter les conversations au dîner du soir et faire fleurir l’esprit de la controverse dès le plus jeune âge. Il se retrouve à l’athénée de Liège pour ses humanités mais le dimanche, se transforme en « belette rayonnante » car bien sûr, il va aux scouts!

11143192_10153810968535995_805020071184839580_o.jpg?width=450Vous vous doutez que depuis sa plus tendre enfance, il dessine pendant les cours, se faisant joyeusement réprimander par tous les corps enseignants. Son goût artistique le mène vers l’architecture à Saint-Luc à Liège en première année, puis les quatre suivantes à La Cambre à Bruxelles. Il cueille ensuite une licence en Sciences de l’Environnement à l’Université de Liège. Objecteur de conscience, il effectue service civil de 22 mois dans un théâtre de marionnettes. Mais à tout prendre il aurait été plus cool cantonné en Allemagne avec ses potes! Il fréquenta alors assidûment Le Cirque Divers, un haut lieu d’avant-garde, contestataire où se croisaient, exposaient, jouaient et buvaient ses copains artistes. Nous le connaissons maintenant comme dessinateur génial, présent dans à peu près tous les journaux et magazines belges francophones. On, le connaît bien sûr à l’antenne de la RTBF, aux émissions débats, à la télé. Partout ses dessins pénètrent au cœur de nos émotions grâce au plaisir immédiat qu’ils suscitent et à la pertinence profonde de leur observation.


Sur scène, l’artiste généreux virevolte entre les mots, les cartoons, et les rires chaleureux des spectateurs qui lui ont donné quelques thèmes sur lesquels improviser : la vague de froid, la semaine de quatre jours, l’inépuisable saga de Molenbeek, les soldats dans les rues, le personnel de la reine Fabiola toujours fidèle au poste… rien de très marquant en somme !

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Et pourtant le spectacle se construit à toute allure, l’artiste lance une à une ses œuvres encore mouillées dans une foule de fans aux anges et les premiers rangs recueillent avec délices les jolis papiers roulés en boule! Mais surtout le sieur volubile se fait l‘apôtre de ce nouvel art. L’art de l’amplification, mais aussi de la simplification à outrance, l’art de la communication fulgurante, et l’art de partager des émotions grâce à la virtuosité du crayon. L’art de percer des lignes de faille dans nos cuirasses. Juste pour y faire passer un peu de lumière… Ou pour aérer nos stéréotypes et nos préjugés ! Pas à pas, il commente sa technique avec humour dans un silence admiratif pendant la transformation de la page blanche sous la caméra. Mais quel nouveau métier passionnant, se dit-on! Quel outil fabuleux au service de la communication efficace ! Entre quelques extraits d’évangiles « revisités », il se lance dans de judicieuses incursions  dans l’histoire de la caricature de la Révolution française à Charlie Hebdo. Et de conclure, pour les allergiques aux « blasphèmes » et autres critiques au vitriol: « Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ? » …


Pierre Kroll explique alors le grand pouvoir des petits dessins de presse et des cartoons animés. Plus que des mots, ceux-ci touchent l’émotion et la sensibilité du lecteur dans son subconscient. Quelques traits simplifiés, outrés, ou apparemment imparfaits, quelques taches de couleur ouvrent la porte à cet instant de grâce qu’est l’émerveillement, l’urgence d’un questionnement, la prise de conscience d’une situation humaine intense. L’illustration ne serait-elle pas tout d’un coup une sorte d’illumination ? Une invitation à la détente, au recueillement, au recul, à la subversion ? On se sent soudain parcouru par le plaisir d’une liberté palpable. Que diable, ce diable de bonhomme nous livre des instants mémorables de belle humanité dans la foule de malheurs qui nous assaillent. Voilà que ce dessin primitif communique ce que les mots ne savaient dire! Un message s’est fiché au cœur de nos émotions, et notre mémoire s’en est emparé avidement. Cette soirée à faire des bulles au Wolubilis nous réconcilie avec les caricaturistes de tout poil. Elle a jeté aux orties 30 ans d’attitude politically correct, de pudibonderie et de censures de tous bords, Ouf on respire! L’artiste a réveillé notre humanité profonde et nous a rajeunis. "On ira tous au paradis, c'est vrai! ... " (Chanson) Aussi le titre de son dernier album.  Allez le voir, il est en tournée dans toute la Belgique!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Kroll

http://www.kroll.be/

Prochaines dates: Louvain-La-Neuve, le 21 avril 2016  "Pierre Kroll sur scène - 10 villes, 10 dates, et voilà !"

http://www.out.be/fr/evenements/331090/pierre-kroll-ma-valise-en-cartoon/

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Beauté de la nature

Une aquarelle d'Adyne Gohy

Inspirée par une photo

de

Raymond Martin

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a inspiré

un poème

de Raymond Martin

Calanche di Piana

Les Calanques de Piana

en Corse

 

Cathédrale Méditerranéenne façonnée  par les âges, aux  parures  d’ocres   de  différentes facettes 

 Selon le bon vouloir de l’astre solaire   ou du courroux sans bornes  de  Poséidon,

Tu nous  offres,  paisible, un peu des entrailles de cette sublime terre  Corse.  

 

Tes  flancs exacerbés  ressemblent aux jambes  des Titans,  dont les pieds  baignent  dans les reflets

D’un bleu profond de l’onde marine ,  calme ou intrépide de cette mer nourricière.

Onde bienfaisante calmant les esprits, face  à  l’ardeur du soleil   à son sommet. .

 

Un mélange de sons  se devine quand, fermant les yeux , on laisse libre cours à   son âme aux   

Aguets. Le dialogue du vent et  de la mer  cher à Debussy, se lie avec  les voix  venues du passé,

De Phéniciens  ou de Génois  ventant leurs marchandises  aux autochtones, myrte et pacotille.

 

Peut-être  aussi la voix allègre du pêcheur  satisfait par ses prises de rougets et  autres  mérous,

Accompagnée de la douceur  fruitée  d’un petit rosé local , pour faire  oublier la fatigue accumulée

A  manœuvrer le « pointu »,   garant d’une pêche respectueuse du  fond marin. 

                       

Nienti sta sera

nienti à punenti

nienti à l’alba

nienti

sta sera m’addurmentu in prosa

Rien ce soir

Rien au couchant

Rien à l’aube

Ce soir je m’endors en prose.

( Poème de Marianne Costa en Langue Corse )

Un partenariat d'

Arts 

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administrateur théâtres

Drame. Hermione (Anne-Pascale Clairembourg) est reine de Sicile, la belle épouse du roi Leontes et la mère aimante de Mammilius, un jeune garçon espiègle qui adore sa mère et « les histoires tristes que l’on raconte en hiver ».

12273148898?profile=original Injustement accusée de tromper son mari avec son meilleur ami Polixène, roi de Bohême, elle est jetée en prison, où elle donne naissance prématurément à une fille (Perdita) que le tyran Leontes fait disparaître dans un désert lointain. Une scène d’une violence inoubliable. On fait à l’épouse un simulacre de procès pour adultère et haute trahison. …Qu’on la lapide, non ? Version blonde de la Reine Margot d’Isabelle Adjani, elle reste d’une dignité inébranlable devant son accusateur assoiffé de vengeance. On nous dit qu'elle mourra de chagrin après l’annonce du décès de son fils chéri, Mammilius, à qui on a interdit de la revoir. Seize ans plus tard, cependant, elle sera "ressuscitée" et réunie avec sa famille dans l'une des scènes les plus étonnantes de Shakespeare, revisité avec éclat par l’inventivité de Georges Lini.

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Difficile de décider laquelle des trois femmes on préfère. Perdita ? Héroïne de conte de fées, façon Marylin Monroe, qui croit très peu aux princes charmants et est transformée en « daffodil virevoltant » par une exquise et solide Sarah Messens flanquée d’un pétulant Julien Bezure. Ou sa mère Hermione ? Noble victime expiatoire de la folie du soupçon. Ou l’intrépide suivante, Paulina, qui ose confondre et pourfendre le tyran? Va ! Pour la pure jouissance physique verbale et vocale, la palme de l’interprétation féminine va à Daphné D’Heur qui incontestablement dicte le rythme de l’affaire et préside à l’accouchement systématique des idées merveilleusement subversives. En s’opposant avec une vigueur vivifiante aux diktats mortifères du Tyran, on assiste à la démolition méticuleuse et sans appel de l’échafaudage insensé de ses arguments. Cette femme est une reine dans son impeccable rhétorique cinglante et juste.

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Face à elle, le tyran est un comédien flamboyant, ruisselant de vérité dans sa folie meurtrière. Itsik Elbaz, pour tout dire. Son jeu témoigne d’une urgence, d’un dynamisme rebondissant. Entêté comme un cabri, les accès de rage et de mauvaise foi de l’enfant gâté et mal élevé se cognent, impuissants, aux réalités. Pathétique, il tente même à plusieurs reprises de séduire le public dans des apartés charmeurs et de l’engager dans la complicité de ses crimes. Il finit aliéné et seul, confondu par l’oracle de Delphes qui le condamne irrémédiablement. Ou presque. Une phrase sibylline laisse entrevoir un espoir.


Car cette tragi-comédie se veut un vrai conte d’hiver. De bon ou mauvais augure? Est-ce une prédiction sinistre qui affirme que « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument... » ? Ou l’aveu optimiste que la pureté de la neige peut nous mettre sur la voie du pardon et peut effacer les blessures et rendre la dignité à l’humanité ? Miracle : la magie hivernale aura fait tomber la première neige dehors, dès la fin du spectacle. De quoi prolonger durablement la magie du texte. A moins que cela ne soit un clin d’œil en personne, de l’illustre dramaturge élisabéthain, touché par l’époustouflante mise en scène, les décors et les costumes résolument avant-gardistes de Georges Lini. Celui-ci utilise en effet la transparence d’une cage de verre qu’il manipule comme un diamant pour faire apparaître nombre de réalités, pas toujours bonnes à voir! Mais vous, spectateur heureux, malgré quelques soucis de sonorisation propres à une première sans doute, vous repartirez comblés par l’adresse, la finesse et la profondeur de l’interprétation de ce texte fabuleux dont les fibres poétiques jusqu’aux moindres fleurs sont littéralement mises à nu.

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Royale est la distribution. Le fidèle Camillo, vaillant creuset où siège la raison, c’est un Luc Van Grunderbeeck, au mieux de sa forme. L’autre roi, joué par Didier Colfs, n’est pas en reste car sa prestation très authentique de terrorisme familial au quatrième acte, scène 4, vaut vraiment le détour. Vous avez aussi ce capitaine Haddock devenu Berger sous les traits de Michel de Warzée, qui donne avec son comparse (Thierry Janssen) l’indispensable dose d’humaine bouffonerie propre au théâtre de Shakespeare. Et pour finir, l’exquise métamorphose du jeune enfant et du Temps - celui qui annonce, celui qui sait et qui raconte - un diamant vert planté sur la poitrine, c’est encore, Louise Jacob.

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/32.html

Crédit photos: Sébastien Fernandez

Un spectacle de la Compagnie Belle de Nuit, en coproduction avec le Théâtre Royal du Parc et l’Atelier Théâtre Jean Vilar

  • Création
  • 16 au 28 février 2016
  •  Au Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve
  • Durée : 2h25 entracte compris

http://www.atjv.be/Un-Conte-d-hiver

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« Il y a eu, par un après-midi de printemps, sur la pelouse d'un champ de course, ce doux ciel clair, cet attelage arrêté, cette jeune femme heureuse. Il y a eu ces garçons et ces filles autour de la table desservie dans une lumière radieuse, et la Marne à travers les saules, et l'aile blanche entrevue d'une barque, et tous ces jeunes corps transpirant et qui s'attirent : combinaisons fugitives d'air, de lumière, de créatures vivantes, indéfiniment défaites et recomposées depuis trois quarts de siècle, et des millions d'autres se reforment indéfiniment, mais que la plupart des artistes d'aujourd'hui ne cherchent plus à capter. »

Parmi tous les peintres impressionnistes auxquels Mauriac rendait ainsi hommage lors d'une exposition en 1955, Renoir a su exprimer le mieux, parce que ce fut son unique sujet, ce bonheur de l'instant. Son nom seul évoque l'idée d'un paradis. Aucun tourment, ici ; simplement, sous un constant soleil, la joie d'exister. Il connut cependant lui aussi le découragement, traversa de nombreuses crises morales, et vécut ses vingt dernières années sous la souffrance physique, provoquée par les rhumatismes et la paralysie. Il trouvait alors son réconfort dans le travail, et peignit la vie triomphante chaque jour, jusqu'au dernier.

Les débuts

Auguste Renoir est né à Limoges, sixième et avant-dernier enfant de Léonard Renoir, tailleur, et de Marguerite Merlet, couturière ; son grand-père paternel, François Renoir, était sabotier : milieu d'artisans modestes, possédant cette intelligence de la main qui va bien au-delà du métier, et incite au goût des belles choses. En 1844, la famille s'était installée à Paris, non loin du Louvre d'abord, puis dans le quartier du Marais. Après l'école, à treize ans, Renoir qui aimait le dessin fut mis en apprentissage chez un peintre sur porcelaine. Quatre années plus tard, l'impression mécanique remplaçant peu à peu le travail manuel, il dut gagner sa vie en décorant des éventails, puis des stores. Ayant amassé quelque argent, il put bientôt se consacrer à la peinture, devenue sa passion, et allait copier au Louvre, où ses parents l'avaient souvent mené. Il avait été attiré tout de suite par Rubens, et par les peintres français du XVIIIe siècle. « A Watteau et Boucher j'ajoutai Fragonard, surtout les portraits de femmes. Ces bourgeoises de Fragonard !... Distinguées sans cesser d'être bonnes filles. » En mars 1862, il se présentait et était admis à l'école des Beaux-Arts, et s'inscrivait en octobre de la même année à l'académie Gleyre, où il rencontra Claude Monet, Alfred Sisley, Frédéric Bazille. Ce dernier admirait beaucoup Courbet, et aussi Édouard Manet qui l'avait reçu dans son atelier. « Tu comprends, lui dit Bazille, Manet est aussi important pour nous que Cimabue et Giotto pour les Italiens du Quattrocento. Parce que c'est la Renaissance qui est en train de venir. Et il faut que nous en soyons. » A l'exemple de ces peintres, il était nécessaire de s'affranchir des sujets d'autrefois : « Les grandes compositions classiques, c'est fini. Le spectacle de la vie quotidienne est plus passionnant. »

Renoir, désormais, est pris dans le mouvement. Au début de l'année suivante, en 1863, il accompagne Sisley, Monet et Bazille à Chailly-en-Bière, en bordure de la forêt de Fontainebleau ; il y rencontre Narcisse Diaz, qui lui recommande d'éclaircir sa palette. Il quitte en 1864 l'école des Beaux-Arts, fait recevoir par le jury du Salon une Esmeralda dansant  (détruite ensuite) et exécute ses premières commandes, le Portrait de Mlle Lacau  (Cleveland Museum of Art), qui révèle son sens de la grâce féminine, et celui de William Sisley  (musée du Jeu de paume, Paris), le père de son ami peintre, tableau qui sera accepté au Salon de 1865. Ses parents étant retirés à Ville-d'Avray, il est accueilli par Sisley d'abord, puis, après le mariage de celui-ci, par Bazille. Tous ont pris maintenant l'habitude de se rendre à la campagne dès les premiers beaux jours, à Chailly de nouveau, puis à Marlotte, où les rejoint Pissarro et où Renoir fait la connaissance de Gustave Courbet ; à Bougival, Chatou, Argenteuil - sur les bords de la Seine. Renoir a peint ses amis à Marlotte, en 1866, dans le Cabaret de la mère Anthony  (Nationalmuseum, Stockholm), sa première composition importante. En 1867, il peint une Diane chasseresse  (National Gallery of Art, Washington), prétexte à un nu dans la nature vigoureusement traité à la manière de Courbet, et Lise à l'ombrelle  (Folkwang Museum, Essen), grande figure dans une lumière de plein air tamisée par les feuilles des arbres, qui fait suite aux Déjeuner sur l'herbe  de Manet et de Monet. Aux aspirations nouvelles (réalisme et goût de la nature de Courbet, sujets empruntés à la vie moderne de Manet, éclaircissement de la palette conseillé par Diaz) s'ajoute en effet l'intérêt de plus en plus vif pour toutes les variations de la lumière. Travaillant ensemble durant l'été 1869 à « La Grenouillère », dans l'île de Croissy près de Bougival, Claude Monet et Renoir tentent de rendre dans leur peinture le miroitement du fleuve, tous les reflets du soleil multipliés par le frémissement de l'eau. Monet transpose en touche de couleur chaque éclat lumineux, divisant hardiment et franchement les tons pour préserver leur vigueur : « capter la lumière, et la jeter sur la toile », tel est son projet. Renoir, plus sensible à la présence humaine et à celle des objets, attentif à l'ensemble, demeure plus nuancé. Chacun suit sa propre voie : « Ce que je ferai aura au moins le mérite de ne ressembler à personne, parce que ce sera simplement l'impression de ce que j'aurai ressenti, moi tout seul », écrivait Monet quelques mois auparavant, alors qu'il travaillait au Havre. Renoir, très attiré encore par Courbet, comme en témoignent La Nymphe à la source  (1869 ; National Gallery, Londres) et La Baigneuse au griffon  (1870 ; musée d'Art moderne, Sao Paulo, Brésil), analyse longuement aussi Delacroix, s'en inspire et lui rend hommage dans L'Odalisque, ou Femme d'Alger  (National Gallery of Art, Washington) exposée au Salon en mai 1870. En juillet, c'est la guerre. Bazille y trouvera la mort. Renoir, appelé à Tarbes puis à Libourne, est démobilisé en mars 1871. En janvier 1872, le marchand Paul Durand-Ruel, qu'il a rencontré par l'intermédiaire de Monet et de Pissarro, lui achète quelques tableaux ; il travaille en été à Argenteuil, avec Claude Monet et Gustave Caillebotte, et entreprend en octobre les Cavaliers au bois de Boulogne  (Kunsthalle, Hambourg), vaste composition terminée au printemps 1873. Soutenu matériellement par Durand-Ruel et par Théodore Duret, il peut alors s'installer dans un appartement de la rue Saint-Georges, à Montmartre. Il a trente-deux ans. Son tableau de La Loge  (Courtauld Institute, Londres) - admirable image de la fête du soir au théâtre, la femme vêtue d'une robe somptueuse, l'homme en habit - confirme à la fois son admiration pour les maîtres du passé et sa propre virtuosité. Il le présente lors de la première exposition des « impressionnistes » chez Nadar : ce noir qui fait jouer tout l'ensemble de la toile, et dont il dira un jour qu'il est « la reine des couleurs », est alors une note remarquable d'indépendance.

Le temps de l'impressionnisme

Renoir fait venir dans son atelier des modèles, Nini et Margot, Angèle, Estelle ou Jeanne, petites fleuristes, modistes et couturières de Montmartre. Les voici en train de lire, de coudre, d'ajuster un chapeau ; caressant un chat dans leurs bras, arrangeant un bouquet ; surprises encore par le peintre dans la rue ou au théâtre, avec une joie dans le regard et un intérêt passionnés : « Je ne savais pas marcher que j'aimais déjà les femmes », dira-t-il. C'est le début d'une suite éclatante de chefs-d'oeuvre. Anna, qui est aussi un modèle de Manet, a posé pour le Nu au soleil  (musée d'Orsay, Paris) et pour le Torse nu  (musée Pouchkine, Moscou). Dans ces deux tableaux se conjuguent l'ampleur de la forme et la richesse du coloris ; comme autrefois dans les nus de Watteau, un sein apparaît ici sous le bras levé : « Un sein, écrit Renoir, c'est rond, c'est chaud. Si Dieu n'avait créé la gorge de la femme, je ne sais si j'aurais été peintre. » Ces jeunes filles, il les invite à venir poser dans le jardin d'un vieux logis de la rue Cortot, loué par lui pour peindre la grande composition du Moulin de la Galette  (musée d'Orsay, Paris), où il va les voir danser. Renoir réussit à rendre sensible toute la séduction de ce bal par un après-midi de printemps, les taches de soleil se posant à travers les arbres sur les chevelures et les visages, les longues robes claires des danseuses, les vêtements plus sombres des danseurs. L'harmonie des verts et des bleus, ponctués de jaunes et de roses, est obtenue par touches superposées et fondues qui contribuent à restituer une scène pleine de vie et de mouvement. « C'est une page d'histoire, un monument précieux de la vie parisienne, d'une exactitude rigoureuse », écrira Georges Rivière lorsque le tableau sera présenté à la troisième exposition des impressionnistes, en avril 1877. Mais ces peintres rencontrent encore l'hostilité générale de la presse et du public. Pour subsister, Renoir accepte des commandes de décorations et de portraits (de femmes et d'enfants, surtout), que lui font l'éditeur Charpentier, les banquiers Paul Bérard ou Charles Ephrussi, le docteur Émile Blanche. Les figures se détachent sur un fond sobre, la tache rose ou bleu turquoise d'un ruban jouant avec la soie blonde des cheveux, ou sont surprises dans la diaprure de couleurs d'un paysage. Dans ses tableaux de plein air : Déjeuner au bord de la rivière  (Art Institute, Chicago), Sur la terrasse , Près du lac , Les Canotiers à Chatou  (National Gallery of Art, Washington), Renoir continue à utiliser la technique impressionniste qui fait étinceler toutes les lumières. Après un court séjour en Algérie, il termine au printemps de 1881 un tableau de grand format entrepris l'été précédent à Chatou, Le Déjeuner des canotiers  (Phillips Collection, Washington). Modèles et amis sont réunis sous la tente, autour d'une table somptueusement servie, dans la lumière de la belle saison. Sous la liberté apparente, qu'accentuent les attitudes familières des personnages, la composition est très étudiée ; le peintre conjugue ici la richesse de la technique impressionniste et la finesse de ses nuances avec la précision du dessin.

A la fin de l'année, il part pour l'Italie, s'arrête à Venise, dont il peint quelques vues, à Florence, Rome, Naples, Pompéi. L'esprit déjà inquiet d'une exactitude plus grande dans l'interprétation de la forme, il est très impressionné par Raphaël, « admirable de simplicité et de grandeur », et par les fresques de Pompéi, « riches avec si peu ». A son retour, il s'arrête à L'Estaque chez Cézanne, préoccupé lui aussi de donner plus de solidité à sa peinture. Après un second séjour en Algérie où il a, dit-il, « découvert le blanc » (« Tout est blanc, les burnous, les murs, les minarets, la route. Là-dessus, le vert des orangers et les gris des figuiers. »), il regagne enfin Paris au début de mai 1882. Il y retrouve une jeune femme, Aline Charigot, aperçue déjà dans Le Déjeuner des canotiers , qu'il épousera et dont il aura trois enfants, Pierre, Jean et Claude.

Crise et plénitude finale : la volupté de peindre

Les toiles de cette époque laissent apparaître le partage entre cette volonté de rigueur et la spontanéité native. La Baigneuse blonde  de 1882 (coll. G. Agnelli, Turin), variante d'un tableau peint à Naples, Les Enfants Bérard à Wargemont  (National Galerie, Berlin), et La Natte  de 1884 (coll. part., Baden) dénotent une certaine sécheresse par rapport aux paysages du Midi, de Guernesey ou de Normandie datant de la même époque. Renoir évoquera lui-même cette crise : « Vers 1883, il s'est fait comme une cassure dans mon oeuvre. J'étais allé jusqu'au bout de l'impressionnisme et j'arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre ni dessiner. En un mot, j'étais dans une impasse. » La mort de Manet, en avril 1883, l'a aussi vivement atteint, comme tous ses amis peintres. Il ressent une sorte de nostalgie du métier des maîtres anciens, avivée encore par la lecture du Livre d'art  de Cennino Cennini. Il se remet au dessin, utilisant le crayon dur et la plume, préparant d'une manière très serrée chaque tableau, limitant sa palette à quelques couleurs : ocre rouge, ocre jaune, terre verte, noir. Mais le dessin trop régulier des contours détache arbitrairement l'objet ou la figure de l'espace ambiant, et Pissarro peut écrire en 1887 : « Je comprends bien l'effort tenté ; c'est très bien de ne vouloir rester en place, mais il a voulu ne s'occuper que de la ligne, les figures se détachent les unes des autres sans tenir compte des accords, aussi c'est incompréhensible. Renoir n'ayant pas la faculté du dessin, et n'ayant plus les jolis tons instinctivement sentis d'autrefois, se trouve incohérent. » Les Grandes Baigneuses  (Philadelphia Museum of Art), présentées cette année-là, montrent l'importance de la recherche poursuivie, sa réussite dans la pureté formelle et l'harmonie des tons, son échec dans le défaut d'intégration des figures à leur milieu, qui explique la froideur des oeuvres de cette époque. Renoir comprend bientôt que, s'il ne peut laisser la forme se dissoudre dans la couleur, il ne peut non plus l'emprisonner dans un contour : il lui faut réaliser une fusion de ces éléments. De là cette technique de petites touches, lisses, effilées comme des laines, utilisée déjà pour unir les couleurs entre elles, mais plus souple encore, « nacrée », à quoi se substitue peu à peu la transparence des tons par superpositions très légères : « Un jour, je m'aperçois que Rubens avec un simple frottis avait obtenu davantage que moi avec toutes mes épaisseurs... » Renoir réalise ainsi cette unité entre le dessin et la couleur qu'il poursuivra jusqu'à la fin : « Je me bats avec mes figures jusqu'à ce qu'elles ne fassent plus qu'un avec le paysage qui leur sert de fond, et je veux qu'on sente qu'elles ne sont pas plates, ni mes arbres non plus. » Ce souci de liaison et d'unité est une des constantes de l'école française.

Entre-temps, l'intérêt du public est venu. Toujours soutenu par Durand-Ruel, qui avait organisé une grande exposition de Renoir en 1892, le peintre peut travailler librement. Malgré les rhumatismes qui, à partir de 1898, commencent à ruiner son corps et le condamneront à la paralysie, il poursuit jour après jour son effort créateur, à Paris, à Essoyes - le pays de sa femme, en Bourgogne -, dans le Midi surtout, où il se retire à Cagnes, et où il mourra. Paysages, fruits, fleurs : il en transmet la vie dans la lumière. « Il fait chanter la couleur au moyen de procédés renouvelés de Fragonard et de Delacroix : préparation des masses dans le ton, et des passages dans le gris », écrit Maurice Denis. « Si son métier est plus souple que celui de Cézanne, c'est qu'il traduit quelque chose de plus que les volumes : la fluidité de la forme vivante. Il se délectait à l'idée de peindre d'opulentes épaules ; on va pouvoir, disait-il, nager dans les modelés ! » Ses Baigneuses  dans le soleil amplifient ce type de beauté féminine qu'il a créé, « ces torses longs aux hanches élargies » dont parle Albert André, et exaltent dans l'exubérance et la joie « l'idéalisme de sensualité qui était au fond de toutes ses recherches ». « Ce que j'aime, disait Renoir, c'est la peau, une peau de jeune fille, rosée et laissant deviner une heureuse circulation. Ce que j'aime surtout, c'est la sérénité. »

                                   

                                   

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administrateur théâtres

 « Ni toi ni moi ne sommes faits

Pour la guerre »

Un Baby spectacle a  vu le jour hier aux Riches Claires. Baby,  puisqu'il n’avait droit qu’au jour de sa création. Baby, parce qu’on lui souhaite vivement de se retrouver en grand format sur de nombreuses scènes belges ou internationales. Le thème c’est le Temps de guerre lors de cette Première guerre mondiale, un conflit que l’on claironnait être la Der des Der! Et les innombrables Lost Boys! They were so young!

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 Dans ce spectacle dernier-né, beaucoup de fraîcheur vient de la musique et de  la mise en scène de la comédienne. Une musique perdue et retrouvée par les soins de celle qui a fait œuvre d’exploratrice dans les mille et un livres et partitions abrités dans notre Bibliothèque Nationale de Belgique et a retrouvé l’été dernier les partitions originales d’un certain compositeur liégeois, Charles Scharrès (1888-1957). Une entreprise de Marie-Laure Coenjaerts (artiste lyrique belge, mezzo-soprano que l’on a entendue notamment dans le rôle-titre de « L’enfant et les sortilèges » chef d’oeuvre de Ravel sous la direction de Pascal Rophé). Il n’y avait plus qu’à déchiffrer ces partitions jaunies, les mettre au piano avec la complicité de Flavien Casaccio, pianiste concertiste et leur prêter la voix profonde de Marie-Laure. Leur redonner les couleurs et les visages de notre temps en les tressant avec la fibre des mots et des jeux de scène originaux. Aux commandes des textes, on retrouve l’infatigable comédienne, Laurence Briand qui elle, peu friande de bibliothèques, contacte des gens, écrit des mails, reçoit des écrits et s’affaire à un nouveau montage dont elle a le secret, pour sortir l’ensemble de l’oubli. Cent ans ? La Belle au bois a certes bien dormi, mais il s’en est passé des choses depuis 14-18 et le monde n’est plus reconnaissable. Quant au prince charmant qui ramènera l’amour dans le monde, on l’attend encore! … « Cependant que le soldat inconnu a connu l’incandescence trop brève de l’amour » nous souffle la comédienne à genoux sur la scène en égrenant une poignée de sable.  

Ré-envisager cette époque tragique et sortir de l’oubli ses heurs et ses douleurs qui nous ressemblent parfois étrangement a beaucoup de sens. Les pépites exhumées - la musique comme les textes - ont une particularité, elles sont totalement belges et nées quelque part entre 14 et 18. Seul bémol : on remarque une absence criante, celle de l’écriture féminine belge, malgré les recherches intenses de Dame Laurence. A cette époque, mères, filles et épouses avaient bien d’autres chats à fouetter que l’écriture. Et au fond, avaient-elles même une âme ? C’est pourquoi, Laurence Briand en profite pour ajouter des textes d’une romancière contemporaine, Marianne Sluzny (°1954) qui lui donne accès au recueil de ses nouvelles, intitulé « Un bouquet de coquelicots ». Un bouquet impressionnant de « souvenirs » de jeunes gens captés au plus vif de la souffrance.

La musique est bien sûr le baume qui calme et qui réjouit, formant un contrepoint impressionniste dans ce fracas meurtrier. Les chants retrouvés parlent d’amour, de soleils qui hument la rosée…et forment un tableau très contrasté avec la détresse des jeunes gens envoyés se faire tuer au front, souvent à la place des nantis : "La victoire en chantant!" Les échos auxquels vous goûterez sont les accords complexes et les couleurs chromatiques de Ravel et Debussy, à s’y méprendre. Le temps que Laurence Briand, elle-même déguisée en jeune gavroche des tranchées, rende compte de toute l’horreur et de toutes les tragédies humaines de cette terrible époque. Avec poésie et humour et sa savoureuse présence théâtrale, vous vous en doutez!


Vous l’aimerez, ce nouveau Bébé, un trio de clavier bien trempé et de voix féminines chantées et parlées, plein de maturité!


Il n'y aura jamais assez
De caresses, de doux baisers
Sur cette terre
J'aimerais ne partager que
Tendresse, joie, sérénité
Ma vie entière
Ni toi ni moi ne sommes faits
Pour la guerre
Nous sommes faits pour marcher
Résolument vers la lumière
Je n' veux plus entre toi et moi
Une quelconque intifada
Je ne veux plus te parler sabre
Je veux la grande paix sous les arbres

Il n'y aura jamais assez
De caresses, de doux baisers
Sur cette terre
J'aimerais ne partager que
Tendresse, joie, sérénité
Ma vie entière
J' veux respirer l'air du matin
Tout frais, tout neuf, qui fait du bien
J' veux remplir mes poumons d'air pur
J' veux d' l'amour et pas des murs
De janvier jusqu'en décembre
Je ne veux naviguer que tendre
Je n' veux plus la moindre fusée
De longue ou de moyenne portée
Je veux un ciel bleu dégagé
Que le soleil puisse y jouer

Il n'y aura jamais assez
De caresses, de doux baisers
Sur cette terre
J'aimerais ne partager que
Tendresse, joie, sérénité
Ma vie entière
Ni toi ni moi ne sommes faits
Pour la guerre
Nous sommes faits pour marcher
Résolument vers la lumière
Je n' veux plus entre toi et moi
Une quelconque intifada
Je ne veux plus te parler sabre
Je veux la grande paix sous les arbres

Julos Baucarne

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Poète national

Laurence Vielle est une de nos meilleures comédiennes. Elle est aussi une poétesse admirée. Conformément à un usage réactivé voici quelques années, elle vient d’être élue pour deux ans « poète nationale ». En cette qualité un peu étrange, elle créera durant cette période six textes par an consacrés à sa vision de la Belgique. Ces textes poétiques seront publiés dans le journal « Le Soir ».
Associé à cette entreprise, ce journal publiait donc ce jeudi un entretien avec la po...étesse.
A la question angoissante, « C’est quoi être poète ? » Laurence Vielle répond : « Je me rappelle qu’à six ans j’étais dans une rivière, j’avais appris le son « u » à l’école et je criais plein de mots en « u ». La poésie et l’oralité ont toujours été pour moi complètement liés. Et être poète c’est une façon de se mettre en résonnance avec les vibrations du monde quelles qu’elles soient, avec les mots. Pour moi, la poésie est musicale, rythmique, orale. La poésie, c’est une force vive dont le monde a grand besoin ». D’ajouter plus loin que les enfants sont presque toujours sensibles à la poésie…
Certes, cette réponse évoque davantage la démarche poétique que la poésie elle-même : on peut en effet repérer tout ce que Laurence Vielle en dit dans la peinture, en musique ou encore dans le roman. Ce qui distingue sans doute le poète c’est que cette résonance présente chez les autres artistes "par surcroit", lui, le poète, la convoque à tous les instants de sa création.
Cette vocation tôt ressentie par la poétesse au bord d’une rivière m’évoque les premiers poèmes d’Hölderlin magnifiquement commentés par Ph. Jaccottet dans sa préface à l’édition des œuvres de ce grand poète.
Hölderlin a seize ans ; il est pensionnaire dans un séminaire et loin des siens, se remémore les bons moments passés avec son demi-frère :
« ö mon bon Charles ! C’est l’un de ces beaux jours
Que nous étions ensemble sur les grèves du Neckar,
Heureux de voir les vagues battre dans le rivage
Et jouant à creuser des ruisseaux dans le sable…
Puis je levai les yeux : dans le soir miroitant
Le fleuve paraissait. Une émotion sacrée
Me fit vibrer le cœur : soudain je ne ris plus,
Soudain, plus grave, je laissai nos jeux d’enfant
Et balbutiai, vibrant : il faut prier !
Ce qui a saisi le jeune enfant, c’est le fleuve et sa présence formidable : son mouvement et le jeu de la lumière à la surface de ses eaux dans la venue du soir. Présence et pressentiment qu’autre chose se révèle dans ce chant du monde.

C’est peut-être cela qui peut nous sauver : nos retrouvailles avec cette « émotion sacrée »

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12273144658?profile=originalWELCOME HOME est un film lumineux. Sur le motif du désir de tout larguer pour parcourir le monde, Philippe de Pierpont réussit le portrait juste et contrasté d’une jeunesse en mal de référents.

 

Lucas et Bert sont deux jeunes adultes en rupture. Leur environnement n’offre rien de motivant et ils ont la sensation de ne pas cadrer avec la route que l’on trace pour eux. Personne n’est là pour consolider une estime de soi défaillante.

L’énergie du désespoir et l’amitié qui les lie vont attiser une impulsion folle, celle de tout quitter pour faire face au monde, à la liberté.

Mais leur fugue se transforme rapidement en cavale, les événements s’enchaînant avec leur lot de dérapages.

Un apprentissage de la vie en mode accéléré avec des moments d’extase et des revers, un chemin au bout duquel de haltes en étapes, s’ébauche leur véritable naissance.

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Arthur Buyssens (Bert) et Martin Nyssen (Lucas) sont les révélations de ce tandem maladroit. Leur jeu instinctif nous les livre, démunis mais cabrés, tels deux funambules en équilibre instable entre les vicissitudes de la vie. Au plus près d’une caméra qui n’hésite pas à traquer leur moindre frémissement, ils fascinent et attendrissent.

 

Nous avons rencontré Philippe de Pierpont lors de la présentation de son film au BE.Film festival.

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Philippe de Pierpont : Ce n’est pas un film sur l’adolescence. C’est un film sur l’audace. L’audace du choix de la liberté !  …qui est toujours un choix difficile. Il y a des adultes qui n’ont pas d’audace. Il faut du cran pour cela et la liberté se paie toujours très cher. Mais c’est parce qu’ils ont fait ce choix, qu’ils ont pu vivre ce qu’ils ont vécu et prendre conscience de qui ils sont réellement.

 

C’est aussi un film où l’amitié, la solidarité compte autant que l’audace…

 

Philippe de Pierpont : Je les ai voulus un peu comme le petit et le grand frère. Bert à 18 ans, il est en apprentissage et Lucas a 16 ans et est lycéen. On croit à un moment que le plus jeune sauvera l’aîné alors que pas du tout. Les rapports s’inversent constamment. Le film bascule comme un thriller. Il y a un parcours initiatique. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils ne font pas ce à quoi on s’attend. Mais c’est parce qu’ils ont choisi la liberté, qu’ils peuvent s’en sortir. Et on constate à la fin qu’ils font des choix très différents.

 

Le fait d’enseigner et d’être en contact des jeunes, est-ce une source d’inspiration ? Le même thème pourrait être traité avec des adultes.

 

Philippe de Pierpont : Bien sûr, il y a des adultes qui n’ont pas d’audace. Et d’autres cinéastes l’ont très bien mis en scène.

Moi-même, j’essaie d’avoir un peu d’audace tous les jours. C’est certain que les jeunes m’inspirent. Quand mes étudiants ont vu le film, ils m’ont dit: « Cela parle de nous. Ce ne sont pas des ados de cinéma, c’est vraiment nous… » J’ai su que je ne m’étais pas trompé.

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Les deux comédiens ont-ils reçu une formation ? Avez-vous eu l’impression de les diriger ?

 

Philippe de Pierpont : Non, pas du tout. Mais ce sont de vrais comédiens. Ils ne sont pas du tout comme ça dans la vie.

Le plus important dans un film, c’est le casting.  Si on se trompe au casting, alors oui, on doit diriger mais sinon pas. Je pense même qu’ils sont les plus professionnels des acteurs de leur génération.

 

Vous venez du genre documentaire… Quel est l’apport du documentaire ?

 

Philippe de Pierpont : Le documentaire a été mon école. Cela m’a donné une aisance à saisir l’instant présent et ce qu’il peut apporter, mais aussi une sensibilité pour capter la lumière.

 

Avez-vous encore des projets de films documentaires ?

 

Philippe de Pierpont : Je travaille sur un documentaire que je tourne au Burundi depuis 25 ans. Nous avons commencé quand les protagonistes avaient 6 ans et depuis, on les suit. Mais eux, ce sont des parias de la société, donc on ne peut pas les sauver…

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Le film est monté comme un thriller. C’est un peu un jeu de pistes où tout peut basculer à tout moment. Quelle a été l’importance du montage ?

 

Philippe de Pierpont : Le film représente trois ans d’écriture et est passé par 17 versions de scénarios. Mais il est vraiment apparu au montage. C’est là qu’on a fait des choix décisifs.

Chez moi, instinctivement, la fin est généralement très sombre mais alors l’audace n’aurait pas été payante… On a beaucoup hésité…

 

Pourquoi ce film à ce moment-ci de votre vie ?

 

Philippe de Pierpont : Avec ce film, j’ai touché à quelque chose d’important pour moi et dont je ne suis qu’au début… J’ai la certitude d’être devant une porte qui s’ouvre. D’ailleurs, le prochain film sera un film sur l’audace.

Mais cela se passera en Afrique et ce sera un thriller…

 
Propos recueillis par Palmina Di Meo

 http://www.dailymotion.com/video/x38tp37

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