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Sensualité.

Un bas noir s'étend et s'étire,

tombe sur la plaine murmurante, claire ;

crépuscule  hivernal ;

au loin le clocher bleu, aux sonorités limpides,

célèbre ce grand mariage à deux pas

de la mer somnolente déjà.

Opacité de l'air,

clair-obscur,

plaintes, car étreintes .

Chuchotis atténués de la nuit,

du corps de la terre, de son galbe ;

désirs partagés,

l'entre-deux n'existe plus alors,

perfection de deux corps ;

depuis l'écriture n'a plus sa place,

elle est sans voix !

Bruissements étouffés dans la brume,

demain des roses pourpres,

empreintes de longs baisers, laissés.

La peau étant mnésique.

Au loin est perceptible, le "chut" de la

mer qui s'endort, se fait douce et brune.

Un nouveau monde.

 

NINA

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DORS...

Dors, mon amour, mon regret, mon très doux poète

Dors, que ton âme si lasse puisse enfin s'envoler

Le jour est lumineux et c'est un jour de fête

L'été triomphe enfin, on pourrait s'en griser!

Dors, l'âge est venu de déposer les armes

Dors, et que notre histoire puisse enfin s'oublier

Le temps est aux moissons, il n'y a plus de larmes

Est doux se reposer parmi les champs de blé!

Dors, car l'hiver venu, ces champs seront glacés

Il faut de la douleur dénouer le manège

Même si rêvant à toi, le cœur sera givré

Quand oiseaux affamés glaneront sous la neige!

Dors, mon amour, mon regret, mon très doux poète

Emporte donc l'amour vers les nuits étoilées

Les pleurs ont trop coulés d'une brulante quête

Parts donc dans la douceur d'une heure ensoleillée!

J.G.

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administrateur théâtres

Quand les attentats de Bruxelles vous  ont fait perdre les pédales, ou le clavier…

On était sur le point d’écrire, quand soudain l’innommable se produisait aussi à Bruxelles, tuant en chacun de nous le sentiment de paix et de sécurité, dérangeant le berceau où éclosent les plus belles fleurs des Arts et des Lettres, toute musique tue, assourdie par les déflagrations barbares. Tant de respirations humaines disparues ou de familles blessées à jamais!  Vivons-nous désormais à contre-sens ? Le monde, le grand William l’avait bien dit, est un théâtre !

Nous  en avons mis du temps pour renouer avec le sens ! On a fait retraite dans un petit village de Savoie, question de s’éloigner de la folie humaine, s’approcher des nuages, se bercer du ciel des sommets. En phase avec la nature, se remettre au retour dans  un attelage d’une semaine aux travaux de la terre, dans un jardin défiguré par l’hiver. Loin des nouvelles du monde, dans les replis de la germination, dans le secret de l’humus prolifique.  Il a fallu ce contact intime avec la nature, travailler sans gants bien sûr,  pour que culture revienne, et que l’écriture renaisse. Et puis on s’est souvenu de ce petit bijou donné quelques jours avant le drame,  avec tant de générosité dans ce café-théâtre bruxellois, pourtant mythique, où nous n’avions jamais mis les pieds. Et le clavier s’est remis en route, même si l’âme est toujours cabossée, pour accompagner les artistes dans leur voyage.   

Tout commence par l’amitié avec l’un des deux comédiens, Marc De Roy. Il nous invite à déguster  quelques  textes exquis, servis sur canapés et chaises de bistrot,  interprétés avec brio avec son comparse non moins exquis : ValéryBenji lali, dans un petit lieu chargé d’histoire, La Soupape.  Ils vont mettre en scène  un choix de textes de Jean-Michel Ribès à l’humour corrosif, aux doubles sens pernicieux, sous des dehors bon enfant. Il est auteur et metteur en scène d’une vingtaine de pièces, dont Les Fraises musclées (1970), Tout contre un petit bois (1976, Prix des « U » et « Prix Plaisir du théâtre »), Théâtre sans animaux (2001, Molières de la meilleure pièce comique et du meilleur auteur) et Musée Haut, Musée Bas (2004, sept nominations aux Molières,  et Molière de la révélation théâtrale pour Micha Lescot). Pascale van der Zypen est à la mise en scène de ce théâtre de l’insolite.  

 Les saynettes mi-figue, mi-raisin, partent de situations courantes gonflées par l’absurde, irriguées par le non-dit, musclées par l’énergie théâtrale des comédiens. L’inventivité poétique des deux compères les fera adroitement éclater comme bulles de savon, les unes après les autres. Ils vont tirer sur tous les dysfonctionnements du monde et feront mouche. Il n’y a qu’à se d’ailleurs baisser pour ramasser tout ce qui est bancal, source de chagrin et de désillusion!

  Le « Je voudrais changer de rôle » au théâtre se retrouve bien sûr dans un bureau de change. Ce n’est qu’un exemple, tout est à l’avenant, un peu à la manière de Raymond Devos.  Il est mort le théâtre? Question on ne peut plus absurde, car les poètes des planches sont bien vivants et le texte se gorge de dérision. Les allusions cachées les références parodiques se succèdent dans un rythme de kaléïdoscope. L’observation de la gent humaine se précise, coups de griffes et coups de plumes se succèdent, Et vlan pour les frères ennemis, les présidents de la république, les parcours de musées, la pesanteur de l’attraction universelle, les peurs paniques que l’on voudrait mettre au frigo, la violence de l’instinct de survie, le sursaut de bonheur…  Ils sont les pionniers de la liberté,  Le pied de la lettre fait des pieds et des mains pour s’affranchir de l’aliénation, et volent les goélands!

  Les costumes s’endossent, s’enfilent et s’abandonnent  dans une incessante  recréation. Guitare et voix jouent les profondeurs de Serge Reggiani, Il n’est vraiment pas mort, ce théâtre tant il surprend! Et pourtant l’espace de jeu est exigu, mais la salle pleine à craquer est subjuguée par cet univers du non-sens, de l’espièglerie, et la cocasserie des situations. Bravissimo plutôt que Bravo, vous apprécierez vous aussi, si comme nous, vous  rêvez de sortir des chemins tout tracés, des ornières profondes, des habitudes de sérieux, du formatage des  conventions. Prendre le large, en prenant la tangente dérangeante, et direction « Je voudrais changer le monde! » Mais où est donc le bureau de change? Si vous riez, c’est gagné !   

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12273155876?profile=originalQuelques mots sur mon dernier ROMAN publié, SEPARATIONS (éditions Dricot 2015)

Le thème

"Que serait une vie sans séparations?
Les ruptures nous accompagnent dès le début en nous arrachant du ventre maternel, jusqu'à la fin ultime qui nous arrache à la vie, même si l'on n'est pas conscient de passer la première porte ni parfois la dernière.
Entre les deux, c'est une suite de dislocations et cassures qui façonnent l'existence et lui servent de repères, une ligne brisée avec, forcément, des hauts et des bas. Déjà la vérité et le mensonge, comme d'ailleurs tous les sentiments, rapprochent ou séparent. Le cheminement de la vie, la maladie, les passions et ce qui touche les êtres proches, sans parler du domaine des idées et de l'esprit, sont autant de coupures ouvertes dans la vie affective, sociale, ou au sein même de l’être. Toutes séparent de quelqu'un ou quelque chose, d'un avant et d'un après.Maintes fractures sont invisibles, passent sans que l'on s'en rende compte, opérant tout au fond de nous et presque à notre insu. Comme lorsque nous cessons d'aimer ou chaque fois que nous abandonnons derrière nous une part d'enfance.
Plus ou moins enivrantes ou tragiques, au fond, aucune rupture n’est vraiment neutre. Toutes laissent une trace. Les séparations renversent toujours. Soudain on est devenu autre tout en restant soi-même.
La vie est faite de ruptures ou, ce qui revient au même, de nouveaux départs. Rapprocher et recoller les morceaux, c'est toujours renaître, d'une certaine façon".

Le roman compte douze chapitres qui se suffisent à eux-mêmes, et on pourrait les prendre pour une succession de nouvelles, si elles n’étaient reliées entre elles par les personnages principaux, que l’on retrouve et perd de chapitre en chapitre, pour laisser s’avancer d’autres personnages qui deviendront centraux à leur tour. N’en va-t-il pas de même dans la vie ?

Autre extrait:
"A présent, Gabrielle, devenue plus fragile et vulnérable, sentait se cristalliser des angoisses qu'elle avait jusqu'ici plus ou moins refoulées. Le moment arrivait où la fille, suivant ses traces, rejoignait la mère et la détrône d'une certaine façon. Et ce n'était que le début d'une longue histoire, comme celle qu'avaient connue Gabrielle et sa propre mère et toutes les mères précédentes, une histoire indéfiniment répétée. Petit à petit, les rôles allaient s'inverser. Pourtant, plus tout à fait jeune et pas encore tout à fait vieille, n'est-elle pas, comme on dit, en pleine force de l'âge, au sommet de ses capacités? Oui, arrivée au sommet, justement, avant la descente inéluctable...
Gabrielle, qui avait toujours été sûre d'elle et savait se montrer si autoritaire avec ses employés, ses enfants et même son mari, la voilà qui se perdait dans un nuage de doutes. Elle ne savait plus se décider comme par le passé, tout semblait plus flou, moins définitif. Elle prenait parfois une direction qui lui paraissait la seule, la meilleure, et puis un mot, une réaction quelconque la faisait aller dans la direction inverse avec la même conviction. D'après Simon, il lui arrivait aussi de se répéter et elle s'irritait de devoir fouiller parfois tout au fond de sa cervelle pour trouver le mot juste. Mais bon, rien de bien grave, elle finissait toujours par retomber dessus. Son corps commençait de son côté à émettre de timides signaux ; indiciblement plus lent, capricieux. La machinerie de l'organisme imposait sa présence sans toujours répondre au doigt et à l'œil (....)
Elle avait en fait l'impression vertigineuse de ressembler de plus en plus à sa propre mère. C'était assez effrayant.
Tout passe à si vive allure. Et les enfants grandissent trop vite.
Oui, elle assumait mal l’indépendance naissante de Cécile, comme si sa fille lui jouait un mauvais tour et la prenait en traître. Cécile ne lui demandait plus son avis sur à peu près tout et rechignait à la suivre le samedi après-midi dans les magasins(...). Jusque dans leurs conversations, il arrivait à Gabrielle de se sentir larguée comme une vieille chose obsolète. Elle faisait pourtant des efforts louables pour rester dans le coup et continuait à bombarder sa fille de réflexions et de conseils. Mais il fallait croire qu'elle ne lançait que des inepties ou les questions à ne justement pas poser. Cécile l'écoutait de plus en plus souvent d'un air patient trop manifeste pour ne pas cacher l'ennui ou l'agacement, quand ce n'était pas d'avance un rejet pur et simple.
Gabrielle était toujours compétitive, mais un peu perdue. Elle sentait Cécile s'éloigner et ne reconnaissait pas toujours sa petite fille dans cette jeune femme un peu dure qui lui paraissait parfois lasse avant l'heure. Bientôt, se disait-elle, ma fille n'aura plus besoin de moi et c'est moi qui dépendrai d'elle, je ne servirai plus à rien. Avoir conscience que c'était le cours normal et même souhaitable des choses n'était pas une consolation suffisante."

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administrateur littératures

Ecrivains et auteurs, soyez fiers...

  Ah l'écriture! C'est penser, imaginer, chercher, encore réfléchir, se documenter mais c'est surtout créer! D'une toute simple idée, qu'elle soit basée sur un fait réel ou relevant du domaine du fantastique ou de la SF, peut germer un ouvrage puissamment structuré de plus de 300 pages, derrière cette structure toute une constructive réflexion avec à la clé un scénario parfois sophistiqué pour des personnages malmenés et hauts en couleur. L'écrivain? Un créateur!

  Mais le manuscrit une fois clôturé vient alors - si l'on est réfléchi et quelque peu consciencieux - la relecture, le contrôle méticuleux de l'oeuvre - excusez du peu! - accompagné à l'occasion de sueurs froides dignes d'un Hitchcock: ce mot est-il bon? Cette phrase est-elle correcte? Cette expression est-elle appropriée? Juste? Adéquate? Existent notamment les fautes grammaticales et les fautes de style, le créateur n'étant point à l'abri d'une coquille à moins qu'il ait le cerveau connecté à une mémoire périphérique équivalente au gros Robert. L'écrivain? Un correcteur de premier ordre...en théorie!

  Vient ensuite le temps - parfois de l'ordre d'un siècle dans l'esprit du candidat à la publication - de la prospection d'un éditeur et l'on commence par les "aristos-éditeurs" avant de descendre progressivement - dans 98% des cas - vers les "populos-éditeurs" - si je peux me permettre cette expression... - si par malchance (?) le manuscrit devenu tapuscrit se faisait refouler. Jeter. S'y faire? S'y habituer? Si l'on n'est point une personnalité en vue ou si l'on n'a point ses entrées chez l'un deux notamment. L'écrivain? Un croisé des temps modernes!

  Votre texte est subitement - Oh miracle! - accepté par un éditeur quel qu'il soit? Sautez de joie même si l'aventure, une aventure digne d'un Indiana Jones, est loin d'être terminée! Sautez de joie car vous allez être publié...et lu par vos amis et vos connaissances au minimum! Aventure loin d'être terminée? Car il faut d'abord lire et décortiquer toutes les clauses, grandes et petites, du contrat pour ne pas se faire avoir, rouler en d'autres termes; ensuite l'éditeur ou le prestataire de services peut exiger des retouches, voire un sérieux remaniement pour que l'oeuvre soit à ses yeux acceptable, c'est-à-dire "commerciable", c'est ainsi avec bien des maisons d'édition. L'écrivain? Un véritable aventurier!

  Enfin publié mais la promotion n'est pas suffisamment poussée? La visibilité de l'ouvrage, médiocre, ne mène pas loin? Les libraires le dénigrent ou votre livre passe complètement inaperçu? L'auteur n'a point une belle et forte image - capitale malheureusement - porteuse ou on ne le voit que trop peu en photo malgré la qualité, tant sur le fond que sur la forme, de son récit? Il doit alors... Vous devez alors vous retrousser les manches, partir sur le terrain, celui du numérique comme sur l'autre, pour vous faire connaître, diffuser, apprécier, reconnaître et tout et tout... un parcours du combattant! L'écrivain? Un producteur-présentateur-animateur-agent littéraire, personne multiples talents obligés! C'est dur, épuisant, stressant? Votre motivation, votre endurance, votre patience sont mises à rude épreuve? Soyez fiers malgré tout!

  Créateur, correcteur, croisé, aventurier et auto-agent littéraire, l'écrivain a du mérite, énormément de mérite mais beaucoup ne voient point - ou si peu - les efforts accomplis derrière une parution, une publication. Ecrivains et auteurs, vous êtes des héros et soyez fiers malgré les difficultés rencontrées et quel que soit le type d'éditeur qui vous a accepté: le fruit de votre réflexion si longue et si ardue est publié! Que ce soit en livre papier ou en format numérique, le résultat est à présent visible, à la portée de tous! Vous visez le succès? Comme les droits d'auteur ne sont généralement pas très élevés - signalons-le au passage! - , il faudra dans ce cas vous entourer d'une petite équipe énergique et efficace pour promouvoir et mettre en valeur votre livre ou vous métamorphoser en vendeur hors pair, une stratégie d'enfer à l'esprit!

  Mais, en fait, ne vous êtes vous point rendu compte que c'est déjà un succès d'être publié même si vous avez payé pour? Car vous avez créé, trouvé l'idée, les mots, les phrases! Bravo et mes sincères félicitations! Un ultime conseil si vous comptez vous jeter dans l'écriture - car c'est une plongée en apnée- ? Faites-le principalement pour vous-même, pas pour gagner des euros! Trouvez votre style, votre genre de prédilection; si vous y croyez, en vous et en votre talent, cela se verra ,cela se remarquera et l'on vous suivra! Votre imagination et votre enthousiasme? A mettre instinctivement en avant et surtout soyez FIERS de vous, de vos bébés! En conclusion? Point de lamentations...à moins que vous ne vous prénommiez Jérémie! Merci à tous de m'avoir lu jusqu'au bout!

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administrateur théâtres

L’émotion est déjà sur le qui-vive quand  l’orchestre dirigé par Cyril Englebert, salue respectueusement le public avant de se mettre à jouer. Délicate attention ou respect ressenti pour l’auteur du personnage de Manon, la délicieuse grisette condamnée par la société, qui eut le malheur de savoir se donner?

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Entre opéra-comique et drame sentimental, la « Manon Lescaut » (1856)  de Daniel-François-Esprit Auber, celui qui écrivit aussi La Muette de Portici, est une œuvre rarement jouée de nos jours. C’est la dernière  production et la seule œuvre du compositeur se terminant  de façon tragique. Le livret se base sur la très profane œuvre de l’abbé Prévost, jugée scandaleuse à l’époque : l'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut qui fait partie Mémoires et Aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde (7 volumes, rédigés de 1728 à 1731). Ce joyau romantique aux immenses qualités humaines  emporte l’imaginaire et  a créé une légende intemporelle de la condition humaine qui inspirera encore Jules Massenet (1884) et Puccini (1893).

manon_lescaut_site_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-15.jpg?itok=rvYXcg2CEn 1830 apparaît un ballet-pantomime en trois actes de Jean-Pierre Aumer,  sur une musique composée par Jacques-Fromental Halévy. Cette œuvre insiste fortement  sur la légèreté et la frivolité de la dame. Le livret  d’Eugène Scribe utilisé par Daniel Auber gommera ces aspects et ajoutera un couple modèle de la bonne société bourgeoise de l’époque : Marguerite et Gervais qui représentent des valeurs morales édifiantes. Ils gagnent leur vie honnêtement et souscrivent aux valeurs familiales du 19e siècle. «Il faut, prudente et sage, devenir une femme de ménage » ! « Le ciel récompense la sagesse, le travail et l’amour ! »  Un rôle en or pour le beau timbre de l’excellente Sabine Conzen, toute en finesse, en fraîcheur et en spontanéité. Le ténor Enrico Casari interprète un Des Grieux  très juvénile.

 

A la fois grave et légère, l’écriture orchestrale est  très équilibrée et dirigée de façon très  souple et pétillante par le jeune chef Cyril Englebert. Il est même des moments où les yeux, quittant les protagonistes,  se portent vers la fosse de l’orchestre et la baguette du maître tant la musique souligne avec charme les sentiments qui se jouent sur scène. Le jeu des différents pupitres est précis et élégant …. Complètement dix-huitième!   Le travail des bois est admirable, la harpe émerge avec grâce pour célébrer l’union mystique dans le désert, la contrebasse inquiète cerne les dernières pulsations avant la mort de la belle.  

 Dans le rôle-titre, comme il  se doit, une voix de soprano colorature,  mais moins épanouie, moins charnue que ce que l’on pourrait rêver, sans doute à cause de la difficulté de la  diction française pour une jeune asiatique. Si la sentimentalité est quelque peu retenue par le masque poli du sourire, la technique des vocalises volatiles est superlative dans les cinq solos qui se  fondent en  chants d’oiseaux en délire: de la grive à la fauvette des jardins, en passant par les  timbres ludiques  du rossignol. La Manon interprétée par la coréenne Sumi Jo est peu passionnée ou voluptueuse, mais accroche par une technique d’acier trempé! Très malicieuse dans l’air des éclats de rires.  La dernière scène où Manon, changeant d’hémisphère, est  sauvée d’un tigre sauvage par Des Grieux, est splendidement interprétée. Elle est anéantie par le ciel en feu et meurt de soif dans un désert en Louisiane. Elle implore Dieu pour qu’il jette sur le couple un regard favorable «  Tu fis du repentir la vertu favorable, pardonne-nous! »  Vêtue  de la robe de mariée  de Marguerite, elle attendra son compagnon d’éternité au ciel, « Comme un doux rêve, ce jour s’achève… » murmure-t-elle sans pathos, toute à la volupté de l’amour et à l’art de la chanson.  Elle a cessé de vivre ici-bas, c’est ce que semble nous dire l’image de son corps épanché comme une larme sur la gravure d’une carte de la Louisiane en page de garde d’un immense livre ouvert vers le ciel. Un tableau inoubliable.

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Quelques frustrations cependant pour les textes parlés : la distribution pèche un peu par la disparité des  accents sauf bien sûr celui de Roger Joachim qui installe un  fieffé Lescaut, cousin de Manon,   joueur et profiteur, très fier en jambes et en voix. Le deuxième solo, lourd d’émotion,  du Marquis D’Harpigny (Wiard Witholt) est bien sombre et menaçant, enfermant la pauvrette dans un chantage crapuleux et machiste. La gargotière, haute en coiffure, Madame Bancelin, est interprétée avec superbe par Laura Balidemaj et pose le décor social. Très beau réalisme des costumes signés Giovanna Fiorentini. Les Chœurs de l’Opéra royal de Wallonie  sont dirigés par Pierre Iodice. Ils mettent bien en valeur la hargne des foules avides de boucs émissaire, alors que le marquis, succombant aux blessures infligées par Des Grieux, a pardonné aux amants.

La mise en scène très habile de Paul-Emile Fourny et les décors de Benoit Dugardyn  réussissent à capter l’éternité de la légende de Manon, car le point de départ  est une superbe bibliothèque 19 ème   sous des arcades de style Eiffel, fréquentée par des collégiens 20 ème   en uniformes que l’on dirait anglais, penchés sur  quelques portables 21 ème dans la salle de lecture antique, tandis que d’autres fouillent les rayons à la recherche d’un livre 18ème . Quelques meubles vont et viennent, l’action se trame, la Louisiane apparaît et l’histoire se clôt sur la vision de cette jeune  étudiante éternelle qui remet délicatement dans les rayons le livre de l’abbé Prévost.

Au retour, résisterez-vous à l’envie de  fouiller votre propre bibliothèque et d’exhumer l’édition de vos années d’adolescence en format poche N°460 présenté par Pierre Mac Orlan?

DIRECTION MUSICALE : Cyril EnglebertMISE EN SCÈNE : Paul-Emile FournyCHEF DES CHŒURS : Pierre IodiceARTISTES : Sumi JoWiard WitholtEnrico CasariRoger Joakim,Sabine ConzenLaura BalidemajDenzil DelaerePatrick Delcour

NOMBRE DE REPRÉSENTATIONS : 5 DATES : Du mardi, 12/04/2016 au mardi, 19/04/2016

 http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/manon-lescaut

Et  le live, dès le 15 avril sur Culturebox : http://culturebox.francetvinfo.fr/festivals/opera-royal-de-wallonie-liege/manon-lescaut-d-auber-opera-royal-de-wallonie-237369

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Envie de créer du nouveau

Ponctuellement, le printemps
Prenant place dans la Nature,
Ranime la vie qui perdure
Mais à un rythme bien trop lent.

On le surnomme Renouveau
Il restaure, n'invente guère.
Chaque saison à sa manière,
Offre de fascinants tableaux.

Le jamais vu avant surprend.
C'est du nouveau que l'on découvre,
Une géode que l'on ouvre,
De l'amour, le commencement.

Voudrais inventer du nouveau,
M'étourdir en cette aptitude.
Je m'étiole en mes habitudes.
Ce sont celles de mon cerveau.

13 avril 2016

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administrateur partenariats

Retour vers le futur...

1980, je termine mon régendat en arts plastiques. Toute la vie est devant moi.

Durant ces 3 années d’études, un professeur, Pauline Claude, une dame d’une cinquantaine d’année, célibataire, un peu « vieille France » , éthique,  très à cheval sur les convenances, mais dynamique nous transmettait avec passion , à nous, la bande de jeunes rebelles de 20 ans, tout ce qu’une artiste complète et passionnée peut donner.

Tout y passait : aquarelle, huile, peinture sur soie, terre cuite, patines , moulages, toutes les techniques de pochoir, batik, shibori, la gravure, tout ce qu’elle pratiquait avec art et excellence.

De 1980 à 1985, je pratique alors l’huile et la peinture sur soie.

J’enseigne aussi, bien sûr, et dans mes temps libres, j’expose dans les nombreuses foires artisanales typiques de ces années 80, en ces temps oubliés quand le pouvoir d’achat était encore fort et l’art vénéré, mes foulards et écharpes en soie avec succès, toutes mes productions comme des écrins au cou des femmes élégantes qui craquent devant la matière noble et les couleurs chatoyantes de ma palette.

Puis vient le déclin de l’artisanat, et ma vie de femme et d’épouse, de femme et de mère, de femme et de chimères.

Tout au long de ma vie, je garde la nostalgie de la magie de la peinture fusant sur la soie délicate, freinée dans son élan gourmand par le trait de serti, implacable barrière de gutta transformant la flaque colorée insoumise en une forme strictement élégante, de la brillance de la soie sortant de l’autoclave, une fois fixée, et des mille reflets naissant de la lumière sur le tissus fluide…

2015. Une envie de réaliser un rêve.

Revivre à nouveau ces sensations, je les connais, je n’ai rien oublié.

Je me renseigne , achète la base, quelques teintes qui ont changé de nom, un matériel hors de prix,  désenchantement.

Tombée dans l’oubli, la technique se fait rare, les fixations de la soie incertaines, envoyer les productions loin, dans un délai incertain, la crainte s’installe. Mes recherches sont vaines, je ne trouverai pas le matériel nécessaire, je devrai me contenter de maigres créations.

Un mois se passe…

Un matin, un mail envoyé par une inconnue.

"Ma maman est décédée il y a quatre ans, mon père vient de faire son deuil. Il me charge de vendre tout le matériel de maman. Nous ne savons qu’en faire. Des caisses et des caisses de matériel. …J’ai trouvé votre mail en cherchant sur internet une personne qui pourrait être intéressée… C’est vous, c’est pour vous. Maman était une artiste comme vous, et du ciel là-haut, je sais qu’elle vous a choisie… Venez et emportez tout…Faites revivre tout ce qu’elle faisait."

Emue, je suis partie quelques jours après, loin, à 150km de ma maison, un matin.

Avec une somme qui me semblait convenir, afin d’honorer avec respect un matériel précieux aux yeux du souvenir.

Une émotion, la découverte de caisses ouvertes au fur et à mesure, une profusion de tout ce que je cherche, et une tonne de secrets artistiques, une myriade  de petits bonheurs accumulés au fil du temps, la vie et l’âme d’une artiste passionnée qui n’est plus.

Et le départ, avec ces trésors partant vers une nouvelle vie.

Un ange veillait...

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Je me demande si…oui, je sais où elle habitait.

"Allo ???  Mademoiselle Claude ? C’est Liliane Magotte !"

35 ans à rattraper, des heures de téléphone, une personne de 86 ans en pleine forme.

Mademoiselle Claude, vous avez fait de moi l’artiste que je suis. Vous m’avez transmise tout ce que je sais, je suis devenue vous.

Demain, je l’attendrai sur le quai de la gare.

Elle viendra me voir, voir mes créations, et nous parlerons du temps passé, du bon temps, et nous serons l’espace d’un instant heureuses.

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Mademoiselle Claude fut inquiète de la lettre que je lui remis.

C'est pour vous, lui dis-je, que je l'ai écrite.

Elle craignait surtout l'émotion.

Elle fut émue.

C'est mon plus beau cadeau depuis longtemps.

Elle a repris le train, emportant les souvenirs de cette après-midi,

et d'un signe de main qui voulait dire: on se reverra ,

nous nous sommes éloignées en souriant.

Le temps passa...

Juin 2015.


Ce lundi 15 juin à 13.30h,  Mademoiselle Claude m'ouvrit sa porte.

Elle me révéla ses secrets, des milliers de dessins, peintures aquarelles et pastels, des livres japonnais peints avec un pinceau magique et une encre plus noire que le charbon, dédiés aux paysages bretons où elle séjourne régulièrement. La maison regorgeait d'armoires craquantes sous les merveilles croquées au fil du temps. Savamment classées par thème, elles sortaient de leurs tiroirs, respiraient la lumière sous les doigts fébriles de mon ancien professeur. S'ensuivaient alors de longues discussions techniques, et  jamais encore, je n'avais eu ce rare privilège de découvrir les secrets d'atelier d'un peintre de talent. Elle me fit entre autres, découvrir des papiers inconnus, qui ne se trouvent qu'à Paris.

Nous dégustâmes sur un coin de table joliment décorée d'un napperon blanc, au  milieu de centaines d'oeuvres réparties ça et là dans la pièce, tartelettes au citron meringuées et un miroir au chocolat qui me fit rendre l'âme de plaisir gustatif.

Les yeux éblouis de subtiles couleurs et l'âme en ébullition de tant de créativité là exposée, je repartis longtemps après l'heure que nous avions convenue, avec une seule idée en tête: revenir, car mademoiselle Claude a décidé de m'apprendre ... une technique que je ne connais pas !

Juillet 2015.

12273094874?profile=originalJ'ai acheté ce fameux pinceau japonnais

et je m'inspire d'estampes japonaises,

je croque, je croque ...

12273095289?profile=original

A très bientôt pour ma prochaine rencontre avec mon ancien professeur !

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administrateur littératures

12273165693?profile=originalhttp://www.edilivre.com/raconte-moi-mozart-1e74d412a7.html

  Alpes-de-Haute-Provence, printemps 2012, à l'approche de Pâques. Au terme de sa vie, Oscar, personnage grincheux, critique, détesté de tous, n'a certainement pas besoin de faire le point: le monde, c'est lui! Il n'a que faire des autres. Mais un petit événement, bien singulier, le chamboule soudain: elle est blonde, se prénomme Juliette, n'a que sept ans, tout l'avenir devant elle. Pourrait-il à 75 ans subitement s'ouvrir? Changer du tout au tout? Une chance sur un million...

  Cinquième roman de Thierry-Marie Delaunois, "Raconte-moi Mozart..." nous entraîne sur les rives de la Durance, où s'éveillent soudain les consciences face à un grave danger menaçant la région entière: un fragment d'astéroïde fou fonce droit sur la terre... Oscar et Juliette échapperont-ils à l'apocalypse?

  Né en 1959, Thierry-Marie Delaunois est à présent l'auteur de cinq romans et d'un recueil de textes (nouvelles et poésies) intitulé "Au fil d'Isis". Egalement chroniqueur, il publie ses ressentis sur ses lectures sur son site web, là où on peut aussi découvrir de courts textes toujours inédits.

  Un extrait de "Raconte-moi Mozart..."? Accrochez-vous:

  "Le monde dans lequel il évoluait? D'une absurdité sans pareille selon lui, quasi un cas de jurisprudence et encore! D'une complexité de lois et de sentiments dépassant l'entendement, un véritable enfer! Surtout frayer le moins possible avec le peuple, un peuple impossible à décoder, à comprendre. En ce qui le concernait heureusement tout était clair, la paroi de sa bulle solide. Du plexiglas.

  Se protéger, coûte que coûte, n'avoir que des relations utiles, ne jamais s'impliquer, éviter le plus possible les gens, petits et grands, employés comme ouvriers, tel était le credo d'Oscar soixante-quinze balais né un 11 septembre. Fameuse date mais fallait-il le mentionner?

  Les femmes? Toutes des éléments décoratifs - ou presque-, d'une ineptie illimitée, au verbiage incessant. Il en avait connu une, une seule, cela lui avait suffi. Pour la vie! Bien sûr, elles étaient nécessaires à la reproduction de l'espèce humaine. Sans elles, pas de génération future, il devait donc réfréner ses élans, ne pas exprimer son quasi dégoût de l'autre sexe. Toutes les mêmes à travers les siècles! Il avait fait le tour d'une seule, rapidement compris son intérêt à toutes. Lui se faire harponner? Jamais! Autant se cloîtrer, fermer à clé la porte de sa bulle. Elle était belle, l'humanité, bien souvent un bûcher de vanités..."

  NB: Mais rassurez-vous, chers lecteurs, Oscar changera au contact de Juliette...

Raconte-moi Mozart..., Thierry-Marie Delaunois, Edilivre Aparis, novembre 2013, livre papier et format numérique.

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SAISONS...

 Un rien mièvre...

Inconsistant!

Perclus de fièvre

Bouquet de printemps!

Beaucoup trop chaud

Le creux de l'été

Dans ciel au beau

Si vite fané!

Puis, les couleurs...

Qui pleurent et chantent...

Automne au cœur

Nul doute, il chante!

L'hiver s'enroule

Faut s'en repaitre...

Se mettre en boule

Demain renaître?

J.G.

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administrateur partenariats

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Aquarelle de Jean-Daniel Perrin

Plénitude

Quand à cet instant de grâce au petit matin,

Que chaque senteur me pénètre jusqu'au cœur,

Que l'angélus se noie dans le chants des oiseaux,

A la fontaine, d'où jaillit si pure l'eau,

Je me suis assise et en moi chante le chœur

Du monde, de la joie sous ce soleil câlin.

Sur le campus, d'où s'envolent les palombes,

Sereine, je m'ouvre à cette plénitude

Que ni rien ni personne ne saurait troubler.

La vie palpite et semble en moi se dédoubler,

Hier, demain? C'est ici... la certitude!

La paix sous le roucoulement des colombes.

Jdl

04/03/2016

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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"...écrasés sous pneu de jaguar"

Vient de paraître :

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… écrasés sous pneu de jaguar

poésie
par Barbara Y. FLAMAND

ISBN 978-2-930738-30-7 * 130 pages * 12,00€
format 12,5 x 20,5 cm

LE RECUEIL :

Une ligne de force traverse le recueil : le refus d’une réalité dominée par un individualisme étroit et égoïste, par un Pouvoir asservi à l’argent générant d’intolérables injustices. Dans « Le retour » poème dramatique qui clôt le recueil, le personnage incarne ce projet ; reprenant le flambeau des générations antérieures,  il prend place dans l’Histoire et donne sens à sa vie.
En 1968, date de (première) publication du recueil, B.Y.F s’indignait déjà contre une société qui glissait  dans l’oubli du passé, se complaisait dans le « vivre immédiat » et le « chacun pour soi », ferments d’une déshumanisation qui allait écarter de la conscience la question existentielle.

« …écrasés  sous pneu de jaguar »  rend hommage à des personnages dont la vie privée et politique n’a de valeur que dans la quête du sens, dans la volonté d’atteindre sa réalisation qui élève la collectivité et consacre l’accomplissement individuel. Ce premier titre suggérant l’insolente richesse et la violence qu’elle engendre était annonciateur, Les œuvres postérieures allaient révéler la lucidité  de la poétesse et sa force de frappe dans les accusations.
Toutefois, ce recueil, comme les suivants, prend en compte  la dimension intime de notre être, son importance charnelle et sa portée érotique, parfois, audacieusement pour l’époque.
Extrait de l'Avant-propos de Jana Cerna, éditrice du recueil traduit en tchèque
L'auteur : Barbara Y. Flamand

Auteure de 13 recueils de poèmes, de deux recueils de nouvelles, de deux essais, et de pièces de théâtre, Barbara Y. Flamand est une auteure prolifique.
La majorité de ses œuvres présentent un dénominateur commun : une critique souvent virulente de notre monde dans ses dimensions sociale, économique et politique. Notre condition humaine, en étroite relation avec l’Histoire, en dépendance même, soutient une œuvre dont la portée politique s’associe à l’éthique. Mais dans ce parcours de l’Histoire, prend place notre vie personnelle, de la naissance à la mort : les êtres, les bêtes, la nature, la vie… L’écriture s’adapte au sujet traité : lyrique, réaliste, satirique, caustique, ou encore, livrant la tendresse de l’auteure. Barbara n’a-t-elle pas révélé dans un de ses poèmes : « J’ai écrit parce que j’aime. » ?

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- ou chez votre libraire : ISBN 978-2-930738-30-7

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Dust to Dust

Mais tu le sais, oh, tu le sais


Que sans amour on ne vaut rien.


Dans la violence de tes rues,


Sur l'incendie de cette vie,


Par l'illusion de ton théâtre,


Quand les victimes restent debout,

Oui, tu le sais, oh, tu le sais

Que tu as tué

Mais

C'est ta haine qu'on pulvérise.

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12273154460?profile=originalOu comment la mémoire de l’Orient revint à l’Occident…


Voilà qui pourrait être le titre de ce nouveau volet consacré à l’histoire de la Cappadoce.


      La Cappadoce demeura longtemps méconnue de l’Occident, jusqu’au Voyage du sieur Paul Lucas fait par ordre du Roi dans la Grèce, l’Asie mineure, la Macédoine et l’Afrique au début du dix-huitième siècle.
Paul Lucas (1664-1737), « antiquaire du roi » et négociant en pierres précieuses découvre les formations et l’habitat si singuliers de la région. Et en reste bouche bée… Pétrifié !

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     « J’avais fait déjà beaucoup de voyages, mais je n’avais jamais vu ni même entendu parler de rien de semblable. Ce sont quantités de pyramides qui s’élèvent les unes plus, les autres moins, mais toutes faites d’une seule roche et creusées en dedans de manière qu’il y a plusieurs appartements les uns sur les autres, une belle porte pour y entrer, un bel escalier pour y monter, et de grandes fenêtres qui en rendent toutes les chambres très éclairées. Enfin, je remarquai que la pointe de chaque pyramide était terminée par quelque figure. »

12273154295?profile=originalOui, ma chaumière je la préfère

avec toi, oui avec toi, au palais d'un roi

     Au point qu’il prend ces sortes de termitières pour des constructions entièrement faites de main d’hommes, et bien qu’altérées, ce sont pour lui, aucun doute permis, des pyramides. Toute une ville immense est ainsi construite, avec ses villages environnants et sa gigantesque nécropole.


     « Est-ce le cimetière de la ville de Césarée et de tous les environs, ou plutôt d’une ville d’une construction particulière, et la seule de cette espèce qui soit dans l’univers. »


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Il en fait, à son retour, une description exaltée. Qui laisse pantois, et incrédule.


                 - Ce ci-devant-là affabule !

12273155272?profile=originalComment ça, je travaille du chapeau ?!

Et, malgré une excursion sur le site de Roland Puchot, comte des Alleurs, ambassadeur à la Porte de 1747 à 1755, qui confirmait les dires du sieur Lucas, on resta circonspect.

 

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Il faut raison garder.

Pour autant qu'il ne soit jamais bon de trop tôt avoir raison...

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     Jusqu’à Charles Texier (1802-1871), archéologue et architecte, un homme incontestablement sérieux et pondéré, qui, lors d’une mission en Asie mineure, de 1833 à 1837, établit les faits. L’homme a de l’expérience et des connaissances en géologie, il reconnait cheminées de fées et autres formations d’origine volcanique, façonnées par les eaux de ruissellement, gel et vent, et aménagées par l’homme.


12273156855?profile=originalAvanos

et les avanies de l'Histoire

("avanie" : imposition infligée par les Turcs aux chrétiens)

     La vallée de Göreme, « Tu ne peux me voir »… Un lieu que Paul de Tarse, saint Paul, jugea propice aux missionnaires dès le milieu du premier siècle, et où nombre de Chrétiens se réfugièrent.

12273157087?profile=originalPour vivre en paix restons cachés aux yeux de l’Histoire.
Les villes souterraines sont peu à peu abandonnées
au profit de sites plus aériens mais toujours discrets.
(ici Derinkuyu, une ville souterraine qui compte huit étages s’enfonçant dans le sol)

12273157875?profile=originalFace aux coups de boutoir de la Sublime Porte,

mieux valait garder huis clos...

(fermeture ottomantique)

12273157472?profile=original... et prendre de la hauteur

De là, une grande concentration d’églises, couvents ou simples chapelles. Et souvent parmi les plus remarquables de ces édifices, comme l’Eglise à la Boucle et sa superbe Vierge à l’Enfant, lovée dans une niche, l’Eglise Obscure et son Christ Pantocrator, l’Eglise à la Pomme, l’Eglise aux Sandales… toutes joyaux de la Renaissance macédonienne. Ou d’autres, plus simples, plus primitives mais tout autant chargées d’émotion, telles l’Eglise de la Vierge Marie, l’Eglise Sainte Barbara, l’Eglise au Serpent, l’Eglise cachée…

Trésors que j’ai pour mission de dévoiler.

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Il suffira de franchir le seuil...


A suivre…


Michel Lansardière (texte et photos)

Vous pouvez retrouver ci-dessous mes deux premiers billets :
• Les origines :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-1-re-partie

• De l’ignorance à la renaissance :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/tr-sors-cach-s-de-cappadoce-de-l-ignorance-la-renaissance-2e

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Le Phare d'Alexandrie

une aquarelle de

Adyne Gohy

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a été inspirée

par un poème de

Raymond Martin

Le Phare et La Raison

Porte vermoulue entr'ouverte au soir

D'où flamboient des raies de chandelles,

Lueurs d'espoir, du lecteur de nouvelles

Attentif aux ragots du glacial grimoire.

 

 

Un marque page coincé entre les mots

Retient son souffle interrogatif au terme « sarcophage »

Craintif qu'il est de la marche des chameaux,

Le long du Nil où s'étirent des roseaux hydrophages.

 

Ne disperse pas tes pensées en paroles inutiles

Suggéra un sage égyptien, face au délire de Pharaon

Car de la diversité, l'Unique est intangible.

Foutaises, s'écria l'Oracle ! Il en perdit la raison.

 

Après la nuit, le jour, parole d'Oracle !

S'écrie l'homme barbu à la foule en délire,

Fier qu'il est de sa sentence, sans miracle.

Mais déçue, la foule l'enfouit dans le sable.

 

 

Foi de philosophe, un marque page coincé,

Fût-ce-t’il quelque part près du Nil,

Ne présage rien de bon sous ce ciel étoilé.

Etrange endroit pour jouer l'imbécile.

 

 

Il n'est nulle part que l'esprit n'atteigne.

Une molécule de vie imprégnée de félicité,

Frisson mystique et magnanime de l'universel règne

Au sortir de la torpeur de l'être calomnié.

 

 

De l'Oracle digéré, surgit un point d'eau fraîche.

Trahisons, suspicions, guerre. Pour qui sera ce point tragique ?

Parents, cousins, amis s'envoyant des flèches,

Juraient par Dieu ne vouloir de ce combat inique.

 

Byzantines, grecques ou romaines, les voiles érigées

Ornaient l'immensité bleutée de la mare-nostrum.

Myrtes et pacotilles voguaient contre vents et marées,

Disputées pour parfaire l'insolente aisance de Rome.

 

 

Alexandrie, phare prolifique de Méditerranée

Para de ses feux les jeux du vent, des vagues et de la mer :

Fortes et juvéniles émotions de jeunesse de Ravel

Et de Trenet plongeant sans retenue dans la féerie du jardin extraordinaire !

 

Raymond MARTIN

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

 

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UN BUT!

 Ne pas être un fardeau

Un objet de soupirs...

Mais plutôt un cadeau

Qui donne envie de sourire!

Partir dans le néant

Distiller sa tendresse

Et faire que le présent

Se donne un goût d'ivresse!

Chanter même sous la pluie

En goûter la fraîcheur...

Oublier aujourd'hui

Les craintes et les peurs!

Entre lune et soleil

Ne pas vouloir choisir...

Une forme d'orgueil

Potentiel du désir!

J.G.

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De retour.....

Bonjour à tous, j'ai été silencieuse très longtemps ,le travail avait pris tout mon temps et quelques soucis de santé, bronchite, sciatique, tendinite, grippe intestinale enfin le quotidien de beaucoup.

Aujourd’hui je suis heureuse de retrouver du temps pour venir vers vous, avec beaucoup de retard ,je vous souhaite une belle année ,même si les événements nous dominent.

Une pensée d'abord pour les victimes, les familles ou les amis proches, n'oublions pas que nous avons la chance, de nous retrancher dans notre art, d'apporter une image positive, pour les combattre. On oubliera jamais !

 L'art, le travail, nous donne la force de combattre et d'avancer, de nous soutenir mutuellement, nous avons aussi la force de Mr Paul et de son équipe pour résister, à notre façon soyons des combattants de la Vie, de l'Art ,du Beau, de l'Interdit, de la Culture.

Je souhaite de bonnes fêtes de Pâques, la santé, beaucoup de créativité....

Merci à vous Mr Paul, je vous embrasse tous.

 

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Pour ma part, je suis bruxellois depuis 72 ans et compte le rester encore (une fois) jusqu'à 107 ans

R. P.

J'ajoute ici le texte que Béatrice Joly   nous a envoyé

Je souhaite présenter toutes mes condoléances et sentiments de fraternité aux familles victimes et au peuple Belge de votre drame et être avec vous en ces jours de douleur comme vous l'avez été en amis de la France. Nos deux pays si liés depuis des siècles par notre histoire commune fait de nous une amitié indissoluble que rien ne pourra dissoudre. Je suis avec vous de tout cœur et en mes âme et esprit me fait le chemin de votre douleur pour que cesse un jour cette rage contre l'homme au non d'idéologies mal pensées et ô combien destructrices ! Puissiez-vous trouver apaisement dans la colère qui nous saisit tous à cet acte de terreur renouvelé et dire que leur volonté de nous terrifier par les armes de feu et de métal ne sera jamais cette terreur espérée de leur part. Chers amis de Belgique, je pleure très sincèrement avec vous et avec vous suis touchée en plein cœur de cette volonté d'imposer ces horreurs qui n'ont de nom et d'appartenance qu'en la monstruosité sans jamais acter dans l'amour. C'est un drame que de passer son temps à haïr et détruire l'Homme comme ils le font sans trouver raison, ni sagesse et croire que leur seul point de vue est le monde ! Oui, avec vous de tout coeur car le coeur est notre patrie et notre appartenance, notre philosophie et notre destinée, notre chemin et notre volonté !

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22/03/2016

Évidemment quand on base son projet sur le sens de la vie, ce genre d'événements abrutissants de violence fait quelques dégâts à la motivation. À quoi bon, pour quoi faire, ca sert à quoi de...

Se rerendre compte - sans pouvoir encore s'en forger une arme - qu'on n'est qu'une petite personne dans un monde trop grand, trop rempli, trop maltraité, dans une société dont l'évolution vous échappe, dans un univers mystérieux, se sentir minuscule à nouveau et ne plus se voir, ne plus se ressentir que par un étrange silence noir (et jaune) et rouge rempli de points d'interrogation.

Se voir dans une perspective biscornue sans queue ni tete ni corps, flottant dans un liquide insipide, un rêve éveillé ni bon ni mauvais, boire goulûment de grands verres d'eau froide pour se remplir de quelque chose de tangible.

Une envie qui prime : se rouler en boule sous la couette et regarder des Disney pour ne plus se chercher aveuglément. Savoir très bien ce qu'il faudrait faire mais ne pas avoir encore le courage. Donner congé à sa détermination, pendant quelques jours. Se laisser aller entièrement au manque, au vide, à l'absence, s'oublier encore un peu avant de se ressaisir. Ressentir, jusqu'au creux des os, la bassesse et les cris – les écouter jusqu'à ne plus les craindre.


Entendez-vous, de là où vous êtes, mon grand éclat de rire sous mon masque de fer ? Les yeux plissés dans un rictus glacial, les poings serrés dans un sursaut bestial. Doux-amer comme goûtent les larmes, jaune pâle. Pas de fumée sans flamme, pas de sagesse sans mal, et la vague à l'âme qui attaque les barrages de l'espoir. Frisson de l'absurde. Poils hérissés, dents serrées sur la vie. Le temps, le temps qui court et vole, les secondes qui papillonnent. Un battement plus court que deux temps trois mouvements. Rugissement guttural - souffle court coupé - tenir bon, bondir. Et souffrir ensemble en priant que ce sang nous guide vers un meilleur avenir.


Oser. Vivre. Oser vivre. À grands coups d'éclats de rire, de banalité. A l'aide d'une bière, d'un repas, d'un sourire, d'un baiser. Ne rien lâcher.

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L'horreur absolue!

Le 13 mars : Attentat en Côte d’Ivoire, bilan 19 morts

Le 19 mars : Attentat en Turquie : bilan 4 morts 39 blessés, une semaine avant au centre d’Ankara, un autre attentat suicide avait causé la mort de 36 personnes.

Ce mardi à Bruxelles 30 morts et 200 blessés… Je suis anéantie...

La société est vraiment malade ! Aucun mot ne peut définir l’horreur et la souffrance des familles endeuillées. Quant aux survivants, en plus des séquelles physiques, il demeurera une souffrance psychologique indélébile.

 Ma réflexion est la suivante. Nous avons la chance d’être en vie alors vivons pleinement, jouons, humons notre belle nature, aimons, jouissons de ce que nous avons et n’attendons pas qu’il ne soit trop tard avant de dire « je t’aime »…

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