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Après l'Orage

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a été inspirée par

Les Haïkus des Champs et de La Mer

de

Raymond Martin

Champs dorés ocrés

Papillons bleus voltigeant

Grains d’espoir éclos

 

 

Crêtes d’écume

Goélands virevoltant

Les golfes sont clairs

 

 

Du Mont Saint- Michel

Les matines sonnantes

Cancale au loin

 

 

Saint-Malo  Jean  Bart

Aux pirates d’eau douce

Canons essoufflés

 

 

Tempête calmée

Chalutiers arrimés

A marée basse

 

 

Le soleil rouge

A  l’horizon vengeur

Colore l’onde

 

 

 

 Raymond  Martin

Juin 2014

 

Un Partenariat Art

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Lettres

 

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Eugénie

Eugénie est en écoute ici : https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-chanson-fetiche-du-reseau-arts-et-lettres

Personne ne l’attend

Elle rêve pourtant

Que quelqu’un l’attend…

Pour rentrer chez elle

Elle s’invente des ailes

Elle voit sa vie en grand

Dans les journaux du vent

Se répète les mots

"Amour et braséro"

Un ange, à ses côtés

L’empêche de tituber

...Une présence née

De son solo salé

Alors, Eugénie
Appelle son génie
Pour alléger sa vie,
Eugénie...

Par les lignes de ses mains

Elle sait que quelqu’un vient

Elle parie juste un peu

Avec son cœur en deux

Qu’elle trouvera le feu

Qui brûlera ses maux

Ses fards (phares) et ses bobos

Fini de garder pour elle

Ses joies et ses querelles

Quand on est seul tout le temps

Il en faut du talent

Pour s’offrir du bon temps

Et louer de l’allant…

Alors, Eugénie

Appelle son génie

Pour alléger sa vie,

Eugénie…

Elle n’est pas vraiment elle

Avec personne à elle

Y’ a des bouts de sa vie

Qui manquent de folie…

Personne ne l’attend

Elle rêve
pourtant

Que quelqu’un l’attend…


Fabienne Coppens

Sabam 1998

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administrateur théâtres

« Comment je fais, avec ta mort, sans toi ? » Adèle pleure sa grand-mère Maria. Une femme immense, « au large de l’amour, posée sur l’autel de la mer… » comme le dirait Brel !12273200888?profile=original

Comment ne pas tomber immédiatement amoureux de la comédienne, de la jeune enfant bâtarde, de la jeune femme en quête de réponses, de sa grand-mère disparue, de son ténébreux amoureux voyageur, de ce village naufragé aux confins des terres, de ces embruns de vastes mers, de ce cœur féminin et vaillant qui bat à travers tout cela et ne rêve que d’indépendance ?

Nous voulons parler d’une histoire d’amour, de ce qui s’imprime dans le corps. Parler des choix de vie, des tournants, des rêves, des passions, de l’imprévu. Nous sommes faites de nos héritages et de ce que nous voulons devenir.

Le personnage d’Adèle apparaît à la croisée de ces chemins, entre deuil, projets et naissance.

Le texte de Veronika Mabardi a du souffle et la langue est primesautière. En marche sur le fil de la vie, sur l’écume des jours, il fait œuvre de transmission et de filiation. Le rythme d’interprétation d’Agathe Detrieux est une sorte de perfusion rafraîchissante continue, d’une fluidité parfaite, aux sonorités marines. Et au cœur des failles, entre les rocs du souvenir on voit briller les feux de cette histoire emblématique, l’histoire de cette pirate rebelle des années 1720, Anne Bonny. Une énergie fondatrice, qui autant que le personnage de la grand-mère, devenu, lui aussi légendaire, a fabriqué l’étoffe dont la jeune Adèle est faite. Cette toile de marin, à toute épreuve ! Rien à voir avec l’écharpe de Pénélope !

On pourrait écrire: « Ce à quoi elle croit, est lié à un attachement, et à une personne : Maria. Son point d’ancrage. Dans cette croyance, elle va pouvoir soutenir quelque chose qui, à son tour, la soutiendra et qui continuera à vibrer, bien après la disparition des êtres… » si on jouait avec les mots de Christian Bobin à propos d’Adèle. Sur la route noire du spleen, se profilent ses souvenirs, qu’elle rallume, patiemment, comme une fée ou une sorcière. Les grand-mères ne sont-elles pas toujours un peu les deux ? La jeune femme trimbale dans une carriole improvisée, tout ce qui a fait son enfance dans le village de bord de mer en Armorique : du moulin à café, au châle, à la mouette rieuse, aux paniers, au tabouret de cheminée ou de prairie, aux boîtes à malice, aux livres rescapés rouge et or, aux lampes de nuit, en fleurs ou en guirlandes, le tout arrimé en un énorme baluchon.

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Est-ce un cerveau gigantesque et mystérieux qui est juché sur le tricycle bleu ciel…ou un paquet de tripes soigneusement ficelé sur un trois roues, mère, fille et petite-fille… ? Et cela roule, sur les pointillés de la vie avec des arrêts sur image époustouflants de vérité, poudrés du plus pur bonheur. N’oubliez pas d’enrouler le cordage : ce lien qui lie la petite fille à sa grand-mère est indéfectible ! A l’encodage ! « Voici venu le temps de vivre. Voici venu le temps d’aimer » Encore Brel !

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Le message de la grand-mère tutélaire, elle l’assimile par petites goulées comme des gorgées de rhum, en fier matelot qu’elle est. Et quand cela descend dans le ventre… comme cela fait du bien ! C’est dans ce ventre que s’arriment et l’amour et la vie. Elle a tout compris. Elle est prête. « Laisse faire ton corps, Adèle ! » « Descends dans ton ventre, pirate ! » entend-elle les vagues lui dire ! Elle réplique, complice... Sois libre, mon enfant, comme le vent…

Ce spectacle ? Tu rigoles ou quoi ? Il vous envole et il vous envoie des paquets de mer, il vous sale du sel universel qui se mêle intimement à la vie et à ses embruns. Une bouteille à la mer qui arrive à bon port !

Un texte de Veronika Mabardi
Mis en scène par Patricia Houyoux
Avec Agathe Détrieux
Scénographie : Chloé De Wolf (Collectif Marvayus) 
Création lumière : Renaud Ceulemans
Assistanat à la mise en scène : Laure Tourneur...Le texte de la pièce est édité aux Éditions Émile Lansman.

Crédit Photos: Maxime Pistorio

Une coproduction du Festival Royal de Théâtre de Spa et du Théâtre des Riches-Claires - Remerciements à l’Infini Théâtre et au Centre Culturel d’Auderghem.

Du 10 au 26 novembre
Le mercredi à 19h
Du jeudi au samedi à 20h30
Lundi-Théâtre : le 14/11 à 20h30
Petite Salle

Infos et réservations : 02 548 25 80 - www.lesrichesclaires.be.

https://lesrichesclaires.be/une-rencontre-de-femmes-une-rencontre-de-pirates/

https://journaladele.wordpress.com/

http://www.comedien.be/agathedetrieux

 

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MÊME SI...

Même si ce n'est qu'un point

Sur l'i du verbe aimer

Non, ce n'est pas en vain

On peut le savourer...

Et si demain est gris

Y a des coins de ciel bleu

Qui sont comme un défi

A être enfin heureux!

Même si la vie s'enfuit

Et les jours trop comptés

Connaitre sous la pluie

Des minutes enchantées.

Et puis, complices et fous

Au milieu des tourments

Arriver à dire NOUS

Ce mot combien charmant!

J.G.

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administrateur théâtres

Première scène, Elle : Tu me prends pour une bille? Quelques scènes plus tard, Lui : Tu me prends pour une bille?

Pierre Arditi a triomphé dans « La Vérité »  en 2011, le voici écumant  dans les eaux marécageuses du nouveau spectacle de Florian Zeller : « Le  Mensonge ».  Paul, le mari d’Alice ment par habitude, par bonté d’âme, par bienveillance, comme preuve d’amitié et même d’amour. Peut-on l’accuser d’être hâbleur, roublard, hypocrite et dissimulateur ? Démonstration.

 In vino veritas. La vérité est dans le vin n’est-ce pas ? Pas étonnant que sa jeune femme ait  toutes les  peines du monde à avaler  le Château Mabille millésimé tant  l’humeur est tendue ce soir-là. Le Mensonge plane. L’heure est à la Vérité. La scène de ménage est prête à éclater.  Nous  en sommes  à quelques instants de recevoir à dîner  leurs meilleurs amis, Laurence et Michel. Trinqueront-ils dans la complicité à la fin de l’exercice ? On le leur souhaite! Qui, de fait,  souhaite pour soi ou les autres, déchirures,  humiliations,  et perte de confiance  mutuelle à cause des mensonges?

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Cette comédie sur  les 50 nuances de la vérité se reflète dans les magnifiques jeux de lumière sur un  décor  fait de panneaux translucides blancs qui composent l’intérieur très design de l’appartement. On est au salon, plus que dépouillé, quelques fauteuils identiques, deux dressoirs vides surplombés de peintures baroques luminescentes.  A droite une femme observe derrière son masque, à gauche une escalade de chairs nous renvoie le reflet d’une société aux mœurs légères et décadentes. Au fond, dans le dégagement qui mène à la cuisine est-ce un hologramme ou une toile à la Zubaran  qui représente des coquillages symboliques. C’est tout. Plus aucun changement de décor tout au long de la pièce mais une multitude de virages  lumineux entre les vérités de chacun. Du Pirandello de boulevard 2000. On n’est pas sorti de la caverne !  

La mise en scène de Bernard Murat  à la façon d’un étourdissant slalom, exploite les mouvements de scène et les mimiques  corporelles changeantes ad libitum. Body language never lies ?  Le public ne s’y fie pas ! Au contraire, c’est une occasion  pour lui d’observer à la loupe toutes les postures des menteurs et des menteuses ! Pleines lumières sur les ficelles utilisées et l’empreinte du faux. Mais les manipulateurs se trahissent par des lapsus, des actes manqués, des contradictions, des poses théâtrales, des intonations de bonne foi effarouchée. Et le dossier à charge se constitue… laissant la porte ouverte, pour celui qui l’écoute,  à la permission de mentir à son tour!  Le jeu s’emballe et se multiplie par 4 personnages, avec  la  répétition systématique  des  questions du partenaire, les généralisations de cas particuliers, la temporisation, la reprise des arguments de l’autre retournés contre lui, les doubles discours. Mais les bribes de vérité s’échappent comme d’un panier trop rempli et se fraient un passage dans les fractures - c’est le propre de la lumière -  malgré tous les efforts de dissimulation. Et c’est  fort  plaisant, car chacun peut s’entr’apercevoir dans ce miroir  éclaté.   Paul n’a pas l'intention de tromper, il veut protéger ses relations avec ses amis, avec sa femme. Il appelle cela la délicatesse !  C’est vrai. Le mensonge est inexcusable, c’est vrai aussi. Les vérités factuelles peuvent avoir des causes différentes, et le réel apparaît alors  différent pour tout le monde : quoi de plus vrai ?

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Avec les 30 ans d’amour de Pierre Arditi et Evelyne Bouix, Josiane Stoléru, Jean-Michel Dupuis, applaudis avec fracas par le public du Centre Culturel d’Auderghem, où l’on ne trouvait, le jour de la première, plus le moindre strapontin de libre. Pendez-moi, si  mon billet ment!

http://www.ccauderghem.be/index.php?mact=Agenda,cntnt01,DetailEvent,0&cntnt01id_event=59&cntnt01returnid=83

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administrateur théâtres

15068956_10153880064046039_966846187555137760_o.jpg l’on apprend que Saint-Ex est allé à New York en 1941 avec l’ambition de créer une alternative au général de Gaulle au sein de la résistance française où il rêvait de jouer un rôle majeur. Le fervent opposant au régime de Vichy se fait appeler « le résistant de la 5th Avenue » Et c’est ce lieu d’exil qui  devient  le berceau du Petit Prince, publié à New York en anglais en août 1943. L’histoire d’un homme tombé d’une  autre planète dans un lieu étrange  qui y dessine ses rencontres, ses amours, ses amitiés et sa destinée. «  La mort est une énigme qui les résout toutes  »

Saint-Exupéry à New York

Espérant pouvoir  jouer un rôle important dans l’entrée en guerre des Etats-Unis, l’aviateur renommé  ira jusqu’à lancer un appel radiophonique à ses compatriotes, le 29 novembre 1942, depuis New York, avec pour premiers mots : « Français, réconcilions-nous pour servir ». Des archives américaines récemment publiées  révèlent que les services secrets américains auraient tenté de remplacer le général de Gaulle par Antoine de Saint Exupéry à la tête de la Résistance.  Le message pro-américain sera incompris. Mais Le petit Prince deviendra une œuvre littéraire de renommée mondiale…

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Cela c’est le côté noble. Il y a aussi le côté détestable et violent de l’écrivain que l’on découvre au fil de la pièce, dans ses crises d’hystérie masculine qu’il déballe sans complexe. Le comportement d’un sale enfant gâté. De quoi refroidir le spectateur.  Comme quoi, le merveilleux humaniste est bardé de contradictions. Il mène auprès de sa femme Consuelo qui lui a tout sacrifié, une vie totalement dissolue et n’a de cesse de  la tourmenter, elle qui le trompe par désespoir à chaque incartade.  Stéphanie Van Vyve, en noir corbeau, chaussures assorties au rouge à lèvres,   l’incarne avec autant de   ferveur  que de fureur.  Son « Tonnio » (Frédéric Lepers)  comme elle l’appelle, avec un solide accent espagnol, très déroutant au début,  se désole d’être loin de la France. Et ce n’est pas à elle qu’il dédie le livre dont elle a soutenu la pénible construction pas à pas, mais à son ami juif resté en France, Léon Werth. Amitié ou plaisir pervers de persécution ?  Autre tourment, le pilote de guerre, artiste lucide, perçoit la montée de la culture de masse au détriment de la liberté individuelle…

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La pièce de Jean-Claude Idée reflète bien ces contradictions. Consuelo est la rose avec ses épines, ses migraines et son orgueil blessé. Le message humaniste fleurira sur scène : « Si je diffère de toi mon frère, loin de te léser, je t’augmente ». Le décor qui évoque les tentes du désert est déroutant puisque la genèse du Petit Prince, leur enfant à tous les deux se passe dans une villa de Long Island… Mais Stéphanie Van Vyve est très dans le rôle de la femme-Rose.

Denis de Rougemont (Frédéric Almaviva), le philosophe suisse des relations amoureuses  est là aussi pour représenter une facette du Petit Prince, la fameuse pose couchée sur le ventre,  car les trois personnages s’en réclament, unanimement. Comme nous tous. C’est ce qui et si beau dans l’œuvre de Saint-Ex.

Et pas facile donc de concilier, querelles domestiques, affres de la création, poésie et engagement politique. C’est ce dernier point qui dans le mélange des genres,  est interprété avec le plus de lourdeur.      

Par-dessus la terre et l'eau 
C'est l'histoire de Consuelo 
Celui qu'elle aime est parti 
Il s'est envolé dans la nuit 

Elle pleure, elle pleure 
Consuelo doucement elle pleure 
Son amour, son inquiétude 
Traverse l'Atlantique sud 
Dans un petit avion de fer 
Dans les orages et les éclairs 

Malheur, malheur 
Consuelo c'est pour ça qu'elle pleure 
A cause d'un amoureux ailé en Latecoère lourd 
Qui transporte des baisers, des lettres d'amour 

Il y a tant de choses à craindre 
Dans le tonnerre des huit cylindres 
Qui montent vers l'idéal…  

 ALAIN SOUCHON ET LAURENT VOULZY

Mise en scène et scénographie:  Jean-Claude Idée
Avec Frédéric Almaviva, Frédéric Lepers, Stéphanie Van Vyve

Crédit photos: Nicolas Janssens 

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administrateur théâtres

Je partage aujourd'hui cette magnifique aquarelle de Thomas Habermann : Like a bird....

Like A Bird On A Wire

Comme Un Oiseau Sur Un Fil

Like a bird on the wire,
Comme l' oiseau sur le fil
Like a drunk in a midnight choir
Comme  le saoulard dans  la chorale de minuit
I have tried in my way to be free.
J'ai essayé a ma manière d'être libre
Like a worm on a hook,
Comme un asticot au bout d'un hameçon
Like a knight from some old fashioned book
Comme un chevalier sorti d'un livre démodé
I have saved all my ribbons for thee.
J'ai gardé toutes mes  plus belles réussites pour toi
If I, if I have been unkind,
Si  j'ai été  méchant
I hope that you can just let it go by.
J'espère juste 12273194483?profile=originalque tu peux laisser  tomber

If I, if I have been untrue
Si  j'ai été déloyal
I hope you know it was never to you.
J'espère que tu sais que ce n'était jamais envers toi
Like a baby, stillborn,
Comme un bébé, mort-né
Like a beast with his horn
Comme une bête avec sa corne
I have torn everyone who reached out for me.
J'ai mis en pieces tous ceux qui tendaient les bras vers moi
But I swear by this song
Mais je le jure par cette chanson
And by all that I have done wrong
Et par tout ce que j'ai pu faire de mal
I will make it all up to thee.
Que je te   rembourserai tout cela
I saw a beggar leaning on his wooden crutch,
J'ai vu un mendiant appuyé sur sa béquille  de bois
He said to me, "You must not ask for so much. "
Il me disait " Faut  pas trop en demander "
And a pretty woman leaning in her darkened door,
Et une belle femme appuyée contre sa porte dans l'ombre
She cried to me, "Hey, why not ask for more ? "
Elle pleurait en disant "  Mais voyons, mais  pourquoi ne pas en demander plus ? "

Like a bird on a wire

Comme l'oiseau sur le fil
Like a drunk in a midnight choir

Comme le saoulard du Chœur


I have tried in my way to be free

J'ai essayé à ma façon, d'être libre

 

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12273193865?profile=originalVierge à l’Enfant

     Une œuvre m’a frappé par sa monumentalité, mais aussi par sa cohésion, son expressivité, sa sensibilité. Elle est le résultat colossal de Teofan Sokerov, un artiste bulgare inconnu chez nous. Et pourtant… Aussi ai-je voulu en savoir davantage. Mais je dois avouer que l’écriture cyrillique m’échappe complétement et que l’information en français manque cruellement. Qu’il me soit pardonné…
      Teofan Sokerov est né en 1943 à Lovech, une ville tranquille du massif du Balkan qui traverse la Bulgarie. Il a étudié à HXA Université de Sofia et à la National Academy of Art, où il enseigna par la suite. Formation classique, qui pourrait donc le qualifier de peintre issu du sérail, officiel presque, ce qui aux yeux des beaux esprits d’aujourd’hui n’est pas la meilleure carte de visite pour ceux qui prétendent bousculer l’art de leurs concepts ravageurs.
D’ailleurs son œuvre majeure vient d’une commande qui devait lui assurer gloire et notoriété. Une œuvre qui, d’une certaine façon, fut conspuée comme nous le verrons, mais pas suffisamment scandaleuse pour attirer l’œil et le soutien de la critique, le feu des projecteurs.
Il vit aujourd’hui paisiblement au pied des monts du Vitocha, paradis des randonneurs, à un jet de pierre de la capitale. Randonnons donc et poursuivons notre enquête.
      Ces fresques magistrales, puisqu’il s’agit de cela, se trouvent à Veliko Tarnovo, Tarnovgrad, capitale du Second Royaume bulgare de 1185 à 1393, rivale à l’époque de Constantinople sur le plan politique ou de Rome. Plus exactement dans l’enceinte de la forteresse de Carevec, dans l’église patriarcale située au sommet de cette butte qui domine la ville et la rivière Jantra. Le tsarevets, « le lieu des rois », abritait la cour, les boyards et le patriarche, jusqu’à sa prise par les troupes ottomanes en 1393.

12273194069?profile=originalLa citadelle de Carevec
et l’ancienne église patriarcale de la Résurrection du Christ

     L’ensemble patriarcal, avec l’Eglise de la Résurrection, de Carevec fut rénové en 1981, pour le mille-trois-centième anniversaire du Premier Royaume bulgare (681 ==> 1018), qui fut reconnu par le traité signé par le khan Asparux avec l’empereur byzantin Constantin IV Pogonat, le Barbu, s’affranchissant ainsi de la tutelle de Constantinople. Pliska en devint alors la capitale.
Les fresques modernes sont confiées au pinceau de Sokenov afin qu’il déploie l’histoire politique et culturelle de la Bulgarie médiévale. Et cela tombe bien car cet artiste considère que la peinture doit raconter une histoire que le peintre traduit par le cœur et par l’esprit. Mais l’histoire de la Bulgarie est complexe, l’histoire d’un peuple que rien n’a pu plier mais qui s’est souvent perdu et retrouvé. Aussi ne vous en raconterai-je que quelques épisodes, afin d’illustrer mon propos de faits marquants aussi bien que d’anecdotes.
      La commande est importante et brillamment honorée, mais l’église ne sera pas consacrée. En effet l’église orthodoxe considère que l’œuvre est par trop impie. La Vierge est fardée et arbore un décolleté provocateur. Avec un modelé… Une perspective que le patriarcat a toujours récusée, s’en tenant à la stricte planéité de l’icône.
Par ailleurs, les motifs païens y abonderaient, comme ce soleil thrace que l’on ne saurait voir ou cette croix discoïdale de l’hérésie bogomile…


« Par de pareils objets, les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées. »,

                                                                                                                       Molière

Quoi qu’il en soit, par une sorte d’accord sous seing privé, l’église désaffectée est devenue un musée peu fréquenté, mais gardé par une dame qui s’est mise à chanter en ma présence d’une voix céleste, habitée. Il y a vraiment des moments de grâce.

12273194691?profile=originalVierge à l’Enfant, détail
Choquante ? cette nudité qui lui va comme à Gand
dans une soyeuse peau de Florence…

     Qu’en est-il des vierges allaitantes, des vierges souriantes, des vierges au sensuel déhanché, au subtil modelé comme la Vierge en majesté ou Adam et Eve du retable de L’Agneau mystique de Van Eyck (ca 1395-1441) par exemple ? Et que dire de Masacchio (1401-ca 1428) et d’Adam et Eve chassés du Paradis de la chapelle Brancacci de l’Eglise Santa Maria del Carmine de Florence, ou du même thème héroïquement traité par Michel-Ange (1475-1564) pour la chapelle Sixtine, le saint des saints de l’Eglise romaine ?
Savonarole, l’imprécateur fou de Dieu, accusa Botticelli de peindre la Vierge comme une prostituée. S’en suivi le bûcher des vanités.
Van Eyck qui à Gand, pour la peinture de l’Europe septentrionale, et Masacchio, à Florence pour l’Europe méridionale, ont su rompre avec le style byzantin hiératique et millénaire, préparant l’entrée dans la Renaissance, installant la modernité.
Pourtant la Bulgarie est le berceau de la civilisation européenne, mais n’a peut-être pas encore su élever l’homme dans sa maturité, y compris dans la représentation de sa pure nudité.

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« Qu’est-ce que la sainteté ?
Rien d’autre que la résurrection dans l’homme pêcheur de
l’état d’innocence du premier homme »,
                                                                                         Récits d’un pèlerin russe

12273195500?profile=originalMichel-Ange, Adam et Eve
Chapelle Sixtine, Rome

     Bref, je vous en laisse juger. Quoi qu’il en soit il reçut pour cela les félicitations du pape Jean Paul II. Mais le pape de Rome n’est pas le patriarche de l’Eglise orthodoxe bulgare. Et s’il n’est pas prophète en son pays, Sokerov considère que l’artiste développe un sixième sens. Un visionnaire comme le fut un Breughel l’Ancien et son laboureur continuant à creuser son sillon, quand bien même ce dernier reste indifférent à la chute d’Icare.

12273195097?profile=originalNus d’anges déchus ?
ou nues d’anges de la terre dont
« La chasteté rend aptes à agir en toute chose
comme s’ils n’avaient point de corps,
comme si le Ciel leur était échu »,
                                                                                                   Jean Chrysostome 

                                                                                                               (Saint Jean Bouche d'or)

Il ne m’est pas donné de distinguer le sacré du profane, de ramener la brebis égarée dans de droits dessins. Il suffirait toutefois que Sophia*, la Sagesse divine, l’« éternel féminin », la « transfiguration de la matière » pour Soloviev (1853-1900), permette un rapprochement des différentes écoles spirituelles pour tendre vers la réunification universelle. Sophia, emblème d’Athéna, déesse grecque de la Sagesse, protectrice des Arts et Lettres, d’où dérive le nom actuel de la capitale, et celui de la basilique Sofija, qui fut le siège de l’Eglise orthodoxe bulgare jusqu’à la construction de la cathédrale Alexandre Nevski.

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L’art peut-il « éclairer et transfigurer le monde »
comme le concevait Soloviev ?

A suivre…

Michel Lansardière (texte et photos)

* Le hibou est aussi le symbole de la mort qu’il annonce, du triomphe de la nuit sur le jour. Superstition ! Ce n’est pas mon option. La mienne est plus chouette, non ? (De fait, le peintre a représenté un hibou, reconnaissable à son aigrette, et non la chevêche d’Athéna qui en est dépourvue. « La chouette de Minerve ne prend son envol qu’au crépuscule », Hegel, et protège la cité qui connut tant de temps troublés).

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Kipling: " l'histoire avant sa signification "

12273083675?profile=originalRudyard Kipling est de nature un écrivain jeune, et cela pour plusieurs raisons. Par tempérament il a toujours eu le sérieux, l'intransigeance morale, l'insatiable curiosité de l'adolescence et surtout son goût du jeu. Il est arrivé au-delà des frontières de l'Angleterre à une notoriété voisine de la gloire à un âge où la plupart des écrivains débutants cherchent encore à se faire entendre. Enfin il a été sauvé d'un injuste oubli par la mémoire des enfants qui furent toujours ses lecteurs de prédilection.

Le " petit d'homme "
Avec une humilité caractéristique il a dit de lui-même que le Destin avait distribué les cartes et qu'il ne lui était resté qu'à les jouer. Pour conserver la métaphore, le jeu était beau, mais la partie difficile. Fils d'un artiste qui devait devenir conservateur du musée de Lahore et d'une femme alliée à certaines des célébrités littéraires et artistiques du temps, le jeune Rudyard disposait d'un milieu d'incubation exceptionnel. Né à Bombay, il fut cependant arraché à une existence choyée dès l'âge de six ans pour aller recevoir son éducation en Angleterre. C'était l'usage des Anglo-Indiens, et il se justifiait autant par le climat que par l'insuffisance (plus sociale que pédagogique) des établissements d'enseignement existant en Inde.
Les onze ans de séparation qui suivirent ont marqué Kipling moralement, affectivement, physiquement même. On en trouve des échos dans des nouvelles comme celles du recueil Wee Willie Winkie (1888), notamment " Baa Baa, Black Sheep ", et des romans comme La Lumière qui s'éteint (The Light that Failed , 1891) ou Stalky and Co (1899).
Les études de Kipling furent brèves et ne se terminèrent ni dans une université, ni dans un collège réputé. A dix-sept ans, il retourna en Inde pour devenir journaliste à la Civil and Military Gazette de Lahore. Plus tard, il fut rédacteur en chef adjoint du Pioneer d'Allahabad et le resta jusqu'à son retour en Europe en 1888. Durant ces six années, il accumula le prodigieux trésor de connaissances, d'expériences, d'impressions sur l'Inde qui devait être pendant de longues années la source de son inspiration. Son père l'initia au folklore, à la vie des animaux, à la nature.
Pourtant, c'est l'étroite société anglo-indienne qui fut le cadre de ses premiers récits, les Simples Contes des collines (Plain Tales from the Hills , 1887), qui furent suivis de plusieurs autres, ainsi que de recueils de poèmes. Les contes de Kipling furent pour la plupart publiés localement, mais certains parurent dans l'édition du Pioneer destinée à la métropole, ce qui lui créa une notoriété qu'il ne soupçonnait pas, dans les milieux influents de son lointain pays.

Une vie comme les autres
Après 1888 Kipling découvre le monde. Il voyage et se fixe en Amérique pendant plusieurs années. Il est marié, a des enfants. C'est alors qu'il produit ses chefs-d'oeuvre, les premier et second Livres de la jungle (Jungle Books ) en 1894 et 1895. Il continue à écrire des poèmes que les amateurs trouvent parfois faciles et vulgaires, mais qui regorgent de vitalité et relèvent de cette poésie virile dont Byron et Browning sont, au XIXe siècle, les autres représentants.
En 1896, Kipling s'installe définitivement en Angleterre, dans le Surrey, qu'il ne quittera plus que pour des voyages en Amérique ou des séjours en Afrique du Sud où l'épopée des Boers le fascine. Il se détache de plus en plus des formes modernes, brutales et cyniques de cet impérialisme dont d'ores et déjà il est, bon gré, mal gré, considéré comme le chantre. L'excitation nationaliste du jubilé de diamant lui inspire des inquiétudes qu'il exprime dans son fameux poème Recessional , mais il n'est pas entendu ou du moins pas compris.
Il continue à écrire pour les jeunes, Kim en 1901, les Histoires comme ça (Just So Stories ) en 1902, puis une série d'oeuvres moins connues comme Puck of Pook's Hill (1906), Debits and Credits (1926), Limits and Renewals (1932), jusqu'à sa mort. C'est en 1937 que parut un de ses livres les plus attachants, sa discrète autobiographie intitulée : Quelque chose de moi-même (Something of Myself ).
Kipling y fait un bilan courageux et clairvoyant d'une existence qui n'a guère été marquée que par des tragédies familiales : la mort de l'aînée de ses filles aux États-Unis au cours de l'hiver 1899 et celle de son fils en 1915 à la guerre.

Le drame de Kipling
Il y a pourtant un drame de Kipling, mais il est d'un autre ordre. Journaliste plus que romancier, mettant, comme il disait, " l'histoire avant sa signification " (the story before the point ), Kipling est un admirable témoin, pénétrant, curieux, sensible, réceptif, mais il a la rigidité morale du vrai témoin. Ayant passé son enfance loin des siens, il leur a voué une fidélité d'autant plus totale dès son adolescence. Les siens, c'étaient les Anglo-Indiens qui ont été à l'Angleterre victorienne finissante un peu ce que les " pieds-noirs " ont été à la France du XXe siècle. C'est pourquoi Kipling a des accents qui parfois rappellent Camus.
Or, au tournant du siècle, ce petit monde cède devant la poussée d'un impérialisme âpre au gain et aveugle dans ses ambitions. L'honnêteté fondamentale de Kipling l'empêche de fermer les yeux sur ce changement, mais elle l'empêche aussi de se désolidariser. Il se tait donc. Cet homme qui jusqu'à la quarantaine fut le plus infatigable des touche-à-tout plante soudain sa tente. Il est tout jeune encore quand il obtient le prix Nobel de littérature en 1907 ; il est inchangé quand il meurt à Londres, trente ans plus tard, personnage fixé une fois pour toutes dans une légende, mais qui accepte cette légende comme son fardeau personnel.
Quelque temps avant sa mort, il fit à la Royal Society un discours où il expliquait qu'un écrivain n'a sur l'avenir de ses oeuvres aucun droit de regard, aucune puissance paternelle : " Le mieux qu'un écrivain puisse espérer, c'est qu'il survive de son oeuvre une part assez bonne pour qu'on y puise plus tard pour soutenir ou embellir la réaffirmation de quelque antique vérité ou la résurrection de quelque vieille joie. " Il n'est pas d'enfant au monde qui, pour l'amour de Mowgli, de Kim ou de l'Enfant d'éléphant, ne lui donnerait raison.

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LES CHÂTAIGNES

Une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a été inspirée par

les

HAÏKUS D'AUTOMNE

de

Raymond Martin

Le rouge est mis

L'ocre pigmente le ciel

Frémissent les bois

Bolets capucins

Girolles en trompette

Rousseur parsemée

Chantent les chênes

Lestés de leurs glands brunis

Châtaignes grillées

Fine pluie notée

Harmonie musicale

La bûche flamboie

Raymond Martin

14-09-2016

Un Partenariat Art

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Lettres

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Avec Jean ROUCH, chez les Fanti.

12273188900?profile=originalCe petit croquis comme celui en dessous, est extrait de l’une de mes pages consacrées aux pêcheurs Fanti. Avec eux, entre deux croquis ou aquarelles, j’ai ramené les filets sur la plage et poussé les pirogues sur le sable…

Mais la quête du petit objet que j’étais venu chercher ici, si elle m’a permis la découverte d’un peuple noble et courageux, m’a surtout apporté la chance d’une rencontre qui allait changer le cours de mon carnet en me révélant la route à la fois merveilleuse et initiatique sur laquelle j’étais sans même le savoir.

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Je vous en reparlerai plus tard, mais avec le soleil qui se couche chaque soir dans une magnificence d’embrasements où l’écume des vagues se mêle au corail du ciel sous le balancement des palmiers, je ne peux m’empêcher de vous amener avec moi voir (ou revoir) ce film magnifique du cinéaste et ethnologue Jean ROUCH « Mammay water ».

Il a su mieux que personne d’autre, nous dévoiler l’âme de ce peuple à travers son sens aigu de la narration dans un récit simple et efficace.

Celui-ci nous plonge dans l’ambiance même où je me trouvais, car depuis l’époque où son film fut réalisé, en 1956, rien sur ces rivages n’a changé : une Afrique authentique et intemporelle, une musique High Life qui est toujours à la mode dans les profondeurs du pays, les jeux de surf des enfants (ces « garçons de l’écume » comme il les appelait, si fiers de nous montrer les morceaux d’écorce de kapokiers sur lesquels ils surfaient), leurs sauts périlleux et autres culbutes sur la plage, sous les remparts des châteaux forts esclavagiste, mémoires silencieuses de très terribles secrets…

Chez les pêcheurs fanti du Ghana, si la pêche est mauvaise, c'est qu'il y a une raison. Au moyen de cérémonies et d'incantations, les pêcheurs du Golfe de Guinée invoquent les génies de la mer. Il faut dire que les villageois ont perdu leur prêtresse, une vielle femme qui incarnait la déesse de la mer et offrait à la communauté la protection des génies. On assiste aux funérailles, on accompagne le cortège funèbre...

Si dans le film nulle pirogue ne prend la mer jusqu’au festival du Roi de Chama, j’ai vu les pêcheurs, entièrement habillés de rouge (couleur de deuil dans ces communautés), remonter sur les pirogues en honorant l’un des leurs qui s’était noyé.

Dans le documentaire de Jean ROUCH, le roi à l’ombre de son parasol est transporté dans sa chaise à porteur, au son d’une fanfare endiablée à l’occasion du festival. On passe devant le fort esclavagiste d’Elmina en allant vers l’embouchure du fleuve Kra où au moyen d’offrandes, de cérémonies et d'incantations, on s’adresse aux génies de la mer…

- Que va-t-il se passer ?

Vous pouvez remarquer que j'ai donné aux images que j'ai prises sur place (en fond visuel derrière moi en introduction vidéo avant le visionnage du film) l'aspect suranné des premiers documents couleur tournés par les prédécesseurs de Jean ROUCH : c'est pour mieux vous faire partager l'impression de "remontée du temps" que j'ai ressentie en arrivant, et rester en conformité avec l'esprit qui se dégage du documentaire du cinéaste.

À présent, deux photos souvenir de mon passage parmi les pêcheurs Fanti, dans celle-ci, je suis à la manœuvre pour tirer les filets, il fallait bien qu'avant chaque séance d'aquarelle je donne un coup de main, c'était plus facile ensuite, d'être accepté...

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Dans celle-là, vous voyez ce que je fais, les croquis du début de ce billet en font partie  :

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                      VERS UN AUTRE SACRE : L’ŒUVRE DE RODRIGUE VANHOUTTE
Du 08 – 06 au 25 – 06 - 16, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) vous propose une exposition consacrée à l’œuvre du peintre et dessinateur belge Monsieur RODRIGUE VANHOUTTE, intitulée LE TRIANGLE DE KARPMAN.
Dès la première approche, l’œil du visiteur est saisi par un choc, au sens étymologique du terme. Le regard est envoûté par cet amas de chairs dévastées, putréfiées, lesquelles sont en réalité, le reflet peint à vif de divers états d’Etre.
Le « Triangle de Karpman », appelé aussi « triangle dramatique », sanctionne, dans l’analyse transactionnelle, la dynamique d’un jeu de pouvoir pervers, impliquant trois sujets (d’où le nom de « triangle »). La caractéristique de ces sujets réside dans le fait que leur position est interchangeable. Ils occupent, tour à tour, le rôle du persécuteur, de la victime et du sauveur. Comme précisé plus haut, rien dans ce jeu pervers n’est définitif : la victime peut devenir, à son tour, persécuteur et celui-ci peut se muer en sauveur.
Ce triptyque intitulé précisément LE TRIANGLE DE KARPMAN (325 x 175 cm – huile sur double papier),

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illustre le résultat d’une telle expérience interpersonnelle, laquelle, même si dans les études de Karpman, elle se déroule au sein d’un microcosme tel que l’entreprise, régit l’ensemble des mécanismes de ce que Balzac nommait « la comédie humaine ».
A la vue d’un tel spectacle scénique, une question envahit le visiteur : sont-ce encore des corps ? Assurément ! Mais ce sont des corps n’obéissant plus aux lois de l’harmonie (si tant est qu’elle existe !). Ce sont des études de décomposition progressive de la forme aboutissant à la matière première, à savoir la chair dans tout ce qu’elle a de concret et d’organique, tout en se plongeant dans les arcanes de la condition humaine. Ces chairs en ébullition, en fermentation, sont les témoins du talent de l’artiste, à la fois en tant que peintre et dessinateur. La première chose qui s’impose au regard, est la puissance du trait révélant les volumes à la lumière tant dans les contorsions musculaires que dans les plis des chairs. Il s’agit incontestablement de l’œuvre d’un dessinateur qui peint car c’est le dessin qui décide de la conduction de la matière peinte. La couleur est là pour souligner l’élasticité des chairs dilatées ainsi que pour conférer à la forme l’expression cadavérique qu’exige le sujet.
Stylistiquement parlant, cette peinture est une vision apocalyptique de l’excès, en ce sens que la musique qui se dégage de ce spectacle est une musique torturée, se révélant comme telle sans aucun complexe. Cette façon de procéder n’est pas sans évoquer l’esthétique d’Egon Schiele. Sauf que chez l’artiste autrichien, même squelettiques, même défaits, les formes restent entières ne détruisant jamais l’idée même du corps. Ici, le corps « explose » pour ne laisser que sa trace, sa « forme » originelle, désormais en total anéantissement pour aboutir à un étalement de la matière sur l’espace scénique. N’est reconnaissable que l’idée des jambes, des pieds et du torse (la « forme ») mais tout se dilate progressivement, au fur et à mesure que la figure s’étale sur la surface. C’est à partir d’un fond entièrement blanc que se façonne le corps à l’état présent, lequel par l’intermédiaire de la matière corporelle en souffrance, devient le corps malade du Monde. De larges notes noires, rouges (en dégradés), vertes et brunes entourent la partie supérieure de la forme étalée pour mieux la mettre en relief. Les chairs portent également dans leur chromatisme l’empreinte de l’esthétique schilienne faite de brun (en dégradés), de rouge, de vert et de jaune : tout ce qui dans la symbolique évoque la décrépitude et le pourrissement. La représentation de la matière se concentre parfaitement dans le panneau du milieu, lequel montre, dans sa partie supérieure, un étalement de chairs lesquelles (toutes proportions gardées), ne sont pas sans évoquer Rembrandt (souvenez-vous du célèbre BŒUF ECORCHE (1655), abrité au Louvre, qui depuis sa création n’a cessé de hanter des peintres tels que Soutine, Chagall ou Bacon, fascinés la symbolique du corps mort étalé, voire crucifié).
AUTOPORTRAIT (190 x 120 cm – huile sur double papier)

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nous offre, à l’instar des corps malades, la vision d’un visage dont les traits sont attaqués par l’épreuve et le temps. L’autoportrait est avant tout (du moins depuis Rembrandt) la matière nécessaire à l’établissement d’un « état des lieux » de la conscience à travers le temps. Le visage ravagé est axé sur trois éléments-clés de l’expression : les yeux (hallucinés, cerclés par des cernes, semblables à un terrain labouré). Le nez (droit que l’artiste fait dévier en situant la source de l’arête dans une anfractuosité complètement tordue, confinant avec la partie supérieure droite du front (gauche par rapport au visiteur). La bouche, entrouverte, édentée dont une crevasse laisse apparaître deux dents béantes, également à la droite du visage (à gauche par rapport au visiteur).
Le haut et le bas de l’espace sont plongés dans une zone blanche, carrément vaporeuse, laissant apparaître le visage comme un masque d’épouvante, lequel est parcouru sur les deux côtés par tout un réseau de sillons, augmentant l’effet de décrépitude physique, répondant à une protestation morale. Le chromatisme usité ne diffère en rien de celui du triptyque (jaune, rouge, blanc et vert, en dégradés). Remarquez le traitement spécifique des yeux, lequel fait toujours référence à Rembrandt, puisque c’est par ceux-ci que son visage acquiert à chaque fois une lumière nouvelle.
RODRIGUE VANHOUTTE est un artiste qui veut aller au-delà de l’image. La dissoudre pour atteindre la finalité de tout créateur : le Sacré. Le corps est le réceptacle du Monde. L’artiste le dénude pour le désincarner. Il touche au plus profond du sensible par un contrôle constant de la matière. Que faut-il entendre par là ? De prime abord (c'est-à-dire vu de loin), le visiteur a l’impression d’une surabondance de peinture, typique d’un travail au couteau. Au fur et à mesure qu’il s’approche de l’œuvre, il constate que l’apport de la matière sur le papier est très pauvre et qu’en réalité, c’est par la brillance propre à cette même matière, cernée par le trait, amplifiant le volume, que la lumière engendrée donne vie à la forme. C’est par l’appauvrissement constant de l’apport de matière sur le corps désincarné que l’artiste arrive à l’essentiel : l’essence même du Monde réfléchie dans la forme.
Même si le corps est torturé, il n’en demeure pas moins vivant ! C'est-à-dire protestant son indignation contre l’état actuel de l’humanité. Par « actuel », nous entendons une dimension devenue « contemporaine » de l’Homme.
L’œuvre de RODRIGUE VANHOUTTE se trouve au bout d’une chaîne de réactions à vif de la part de nombreux artistes de toutes disciplines depuis le 19ème siècle. C'est-à-dire depuis que la question sociale a commencé à habiter l’histoire de l’Art. Plus exactement, lorsque l’ordre social a commencé à être bouleversé par une remise en question de la société de la part de l’Art. Au fur et à mesure, cette dénonciation de l’état social s’est transformée progressivement en une remise en question de la place de l’Homme dans le Monde, c'est-à-dire au sein du créé, ouvrant ainsi la porte à un autre Sacré. Celui déposé dans l’intériorité même de l’Homme, en dehors de toute instance religieuse officielle. A titre d’exemple, LE TRIANGLE DE KARPMAN (mentionné plus haut), est un triptyque privé d’un système de lecture : on peut le lire dans tous les sens. Néanmoins, le simple fait que ce soit un triptyque est un emprunt direct à l’Art religieux, obéissant à d’autres impératifs.
Cette recherche d’un autre Sacré couvait depuis longtemps. Des œuvres telles que le célèbre CRI de Munch dénonçaient déjà ce qu’on allait appeler « l’aliénation de l’Homme moderne », empêtré au cœur de la Révolution industrielle, laquelle allait façonner le 20ème siècle naissant, en lui imposant d’abord une Première Guerre Mondiale ensuite un Krach économique planétaire, puis une Seconde Guerre Mondiale couronnée par une ère atomique. De tous ces événements, l’Art se faisait déjà le prophète bien avant leur déroulement. Sauf que ces symptômes ne sont perceptibles que bien longtemps après le déclenchement de la maladie. Une vue rétrospective nous permet d’observer que dès 1911, Henri Bergson proclamait que « le monde occidental a besoin d’un supplément d’âme ».
Concernant l’œuvre, en apparence désespérée, de RODRIGUE VAN HOUTTE, rappelons que nous avons affaire à une matière vivante, héritière, notamment, de l’esthétique schielienne, laquelle présente dans une certaine mesure, une variation expressionniste sur la figure humaine, dictée par le déchirement des chairs, lui-même signifiant celui du Monde. Il y a dans cette œuvre une filiation philosophique due au fait qu’outre sa formation académique (il a fréquenté les Académies de Tournai et de Liège), l’artiste a également suivi des cours de Philosophie et surtout d’Histoire de l’Art. Ce qui a énormément influencé son langage pictural, en ce sens que, comme nous l’avons spécifié, l’artiste veut aller au-delà du narratif. Car pour lui, le peintre est tout sauf un fabricant d’images. Il doit, à travers le geste pictural, atteindre la sphère littéraire, philosophique et historique avec laquelle le visiteur doit se confronter par le véhicule du sentiment à l’idée et à l’émotion que dégage le tableau. Nous avons fait observer, plus haut, que son œuvre est assurément celle d’un dessinateur qui peint. C’est précisément en tant que dessinateur qu’il a débuté son parcours artistique. Ensuite, ce fut la découverte du Greco et du Caravage, en matière de peinture dans la sphère classique.
Et lorsque nous abordions plus haut, l’impact de l’Art du 19ème siècle dans l’aboutissement vers un autre Sacré, rappelons que ce fut précisément à cette époque que El Greco et le Caravage (savamment enterrés et oubliés depuis leur mort), furent redécouverts à la lumière d’un nouveau langage à la fois humaniste et pictural.
L’artiste ne « surjoue » pas dans la mise en signes. Si ses œuvres comportent si peu de matière, c’est précisément parce qu’il veut éviter de les surcharger par une sorte de « maquillage » inutile dans le but de les rendre « lisses », au fur et à mesure que le regard les appréhende. La puissance du trait est là pour sublimer la matière.
L’artiste qui, à la manière d’un alchimiste, fabrique lui-même ses pigments, utilise la technique de l’huile sur double papier. Il ne donne jamais de titre à ses tableaux car il préfère laisser ce soin au visiteur qui doit les interpréter.
Ses œuvres résultent d’un contact « direct » avec le sujet, en ce sens qu’il ne peint jamais d’après photo. Il nourrit d’ailleurs pour la photographie une certaine méfiance, trouvant que, de manière générale, elle falsifie la réalité. Bien sûr, lorsqu’on lui fait remarquer que la lumière usitée par tel photographe n’est pas celle d’un autre, il se ravise et admet que dans ce domaine il y a eu de grands créateurs. Néanmoins, pour des raisons de pureté narrative, il refuse catégoriquement de mêler la peinture à l’objectif !
Il cherche aussi à redéfinir la notion de « portrait », car il estime qu’aujourd’hui, ce langage traduit plus les états du peintre que ceux du sujet « portraituré ». Il n’a certainement pas tort. Néanmoins, la création, quelle qu’elle soit, ne se réalise pas « sans y laisser les plumes » ! L’artiste y laisse fatalement (parfois à son insu) quelque trace de lui-même…quelque trace, indispensable pour mieux se fondre au sujet.
L’Histoire de l’Art, la Philosophie et la Peinture sont pour lui les outils par lesquels il cherche, en stigmatisant l’humanité d’aujourd’hui, à individualiser la possibilité d’un Homme nouveau. Sa peinture est l’expiation d’un Monde qui, par le corps martyrisé, cherche une issue.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Rodrigue Vanhoutte François Speranza:  interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(8 juin 2016 - Photo Robert Paul)

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Exposition Rodrigue Vanhoutte à l'Espace Art Gallery en juin 2016 - Photo Espace Art Gallery

Expositions choisies


1992          Ateliège Galerie, Liège

1993          Galerie Saint Luc, Liège

1994          Université du Sart-Tilman, Liège

1999          Abbaye du Val-Saint-Lambert, Belgique

2000          Abbaye du Val-Saint-Lambert, à l’occasion de l’inauguration de la Salle Capitulaire nouvellement restaurée

2001          Galerie Art-Home, Belgique, Exposition « Autoportraits » avec la participation du saxophoniste de Jazz Arthur Blyte en concert solo

2002          Galerie Art-Home, Belgique, avec lecture des textes de l’écrivain Michel Rabbin consacrés aux œuvres exposées

2003          Exposition « Mégalopaul », Galerie Art-Home, Belgique

2004          Temple Protestant Lambert-le-Bègue, Belgique

2005          ArtShok-Galery, Belgique

                   ArtShok-Galery, Amsterdam

2006          ArtShok-Galery, Amsterdam

                   ArtShok-Galery, Belgique

2008          Travail sur la pièce « Marat-Sade » de Peter Weiss, théâtre Armado, Paris

2012          Ayuntamiento de Castilléjar, Grenade, Espagne

2014          Galeria Cartel, Grenade, Espagne

2015          Galeria Castel, Grenade, Espagne

Retrato(s) de Granada

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N.D.R.L:

Rodrigue Vanhoutte vit et travaille à Grenade

Téléchargez le texte de François Speranza, traduit en espagnol:

HACIA OTRA CONSAGRA: LA OBRA DE RODRIGUE VANHOUTTE

HACIA OTRA CONSAGRA: LA OBRA DE RODRIGUE VANHOUTTE
Del 08 - 06 al 25 - 06 - 16, el ESPACIO ARTE GALLERY (Calle Lesbroussart, 35, 1050 Bruselas) le propone una exposición dedicada a la obra del pintor y dibujante belga Señor RODRIGUE VANHOUTTE, titulada EL TRIÁNGULO DE KARPMAN. Desde el primer enfoque, el ojo del visitante es cogido por un choque, con sentido etimológico del término. La mirada es hechizada por este montón de carnes devastadas y pudridas, las cuales son en realidad, el reflejo pinta- a -vivo de estados diversos de Ser. El " Triángulo de Karpman ", llamado también " triángulo dramático ", sanciona, en el análisis transaccional, la dinámica de un juego de poder depravado, implicando tres sujetos (de donde el nombre de "triángulo"). La característica de estos sujetos reside en el hecho de que su posición es intercambiable. Ocupan, por turno, el papel del perseguidor, de la víctima y del salvador. Así como precisado aqui arriba, nada en este juego depravado es definitivo: la víctima puede volverse, a su vuelta, perseguidora y éste puede cambiarse en salvador. Este tríptico titulado precisamente EL TRIÁNGULO DE KARPMAN (325 x 175 cm - aceite sobre papel doble), ilustra el resultado de tal experiencia interpersonal, la cual, aunque en los estudios de Karpman, se celebra en el seno de un microcosmo tal como la empresa, rige el conjunto de los mecanismos de lo que Balzac nombraba " la comedia humana ". A la vista de tal espectáculo escénico, una cuestión invade al visitante: ¿ todavía son cuerpos? ¡ Ciertamente! ¡ Pero son cuerpos que no obedecen más a las leyes de la armonía (por muy tanto que que existan!). Justo estudios de descomposición progresiva de la forma que acaban en la materia prima, a saber la carne en todo lo que tiene de concreto y de orgánica, sumiéndose en los arcanos de la condición humana. Estas carnes en ebullición, en fermentación, son los testigos del talento del artista, a la vez como pintor y dibujante. La primera cosa que se impone a la mirada, es la potencia de la raya que revela los volúmenes a la luz tanto en las contorsiones musculares como en los pliegues de las carnes. Se trata indiscutiblemente de la obra de un dibujante que pinta porque es el dibujo que decide la conducción de la materia pintada. El color está allí para subrayar la elasticidad de las carnes dilatadas así como para conferir sobre la forma la expresión cadavérica que exige el sujeto. Al hablar Stylistiquement, esta pintura es una visión apocalíptica del exceso, en el sentido que la música que se libra de este espectáculo es una música torturada, revelándose como tal sin ningún complejo. Este modo de proceder no es sin evocar la estética de Egon Schiele. Excepto que en el caso del artista austríaco,bien que esquelético,bien que deshechos, las formas quedan enteras jamás destruyendo la idea misma del cuerpo. Aquí, el cuerpo "estalla" para dejar sólo su rastro, su "forma" original, presentemente en destrucción total para llegar a una ostentacion de la materia sobre el espacio escénico.
Es perceptible sólo la idea de las piernas, de los pies y del torso (la " forma ") pero todo progresivamente se dilata, a medida que la figura se extiende sobre la superficie.
Es a partir de un fondo totalmente blanco que toma forma el cuerpo en el estado presente, el cual a través de la materia corporal en sufrimiento, se transforma en el cuerpo enfermo del mundo.
Matices anchas negras y rojas (en desvanecidos), verdes y morenas rodean el lado superior de la forma para obtener un relieve màs fuerte.
Las carnes también llevan en su cromatismo la huella de la estética schilienne hecha de pardo (en desvanecidos), de rojo, de verde y de color amarillo: todo lo que en la simbología evoca la decrepitud y la podredumbre. La representación de la materia se concentra perfectamente en la trampa del medio, el cual muestra, en su lado superior, un escalonamiento de carnes las cuales (todas proporción guardadas), no son sin evocar a Rembrandt (acuérdese del cèlebre BUEY DESOLLADO(1655), que se halla en el Louvre a Paris, que desde su creación no ha dejado obsesionar a pintores tales como Soutine, Chagall o Bacon, fascinados por la simbología del cuerpo muerto expuesto, incluso crucificado).
AUTORRETRATO (190 x 120 cm - aceite sobre papel doble) nos ofrece, a ejemplo de los cuerpos enfermos, la visión de una cara cuyas rayas son atacadas por la vida y el tiempo. El autorretrato es ante todo (por lo menos desde Rembrandt) la materia necesaria para el establecimiento de un " inventario " de la conciencia a través del tiempo. La cara asolada es orientada sobre tres elementos-claves de la expresión: los ojos (alucinados, cercados por ojeras, semejantes a un terreno arado). La nariz (derecha que el artista hace derivar situando la fuente de la espina en una cavidad completamente retorcida, confinando con el lado superior derecho de la frente (izquierda con relación al visitador). La boca, entreabierta, desdentada cuya grieta deja aparecer dos dientes boguiabiertos, también a la derecha de la cara (a la izquierda con relación al visitador).
El alto y el bajo del espacio son sumergidos en una zona blanca, en ángulo recto vaporosa, dejando aparecer la cara como una máscara de espanto, el cual es recorrido sobre ambos lados por toda una red de surcos, aumentando el efecto de decrepitud física, respondiendo a una protesta moral. El cromatismo usado no difiere en nada del del tríptico (amarillo, rojo, blanco y verde, en desvanecidos). Observe el tratamiento específico de los ojos, el cual hace siempre referencia a Rembrandt, ya que es por aquellos que su cara adquiere cada vez una luz nueva. RODRIGUE VANHOUTTE es un artista que quiere ir más allá de la imagen.
Disolverla para alcanzar la finalidad de todo creador: Lo Sagrado. El cuerpo es el receptáculo del mundo. El artista lo desnuda para desincarnarlo. Toca en lo más hondo de lo sensible mediante un control constante de la materia. ¿ Que hay que entender por eso? De buenas a primeras (es decir visto de lejos), el visitante tiene la impresión de una superabundancia de pintura, típica de un trabajo al cuchillo.
A medida que se acerca a la obra, comprueba que la aportación de la materia sobre el papel es muy pobre y que en realidad, es por la brillantez propria a la misma materia, llevada por la raya, ampliando el volumen, que la luz engendrada da vida a la forma.
Es por el empobrecimiento constante de la aportación de materia sobre el cuerpo desencarnado que el artista llega a lo esencial: la pura esencia del mundo reflejada en la forma. ¡ Aunque el cuerpo es torturado, no permanece menos vivo! Es decir protestando su indignación contra el estado actual de la humanidad. Por "actual", oímos una dimensión hecha "contemporánea" del Hombre. La obra de RODRIGUE VANHOUTTE se encuentra al cabo de una cadena de reacciones a vivo por parte de numerosos artistas de toda disciplina desde el siglo 19. Es decir desde que la cuestión social comenzó a habitar la historia del Arte. Más exactamente, cuando el orden social comenzó a ser revuelto por una puesta en cuestión de la sociedad por parte del Arte.
A medida, esta denuncia del estado social progresivamente se transformó en un cuestionamiento sobre lugar del Hombre en el mundo, es decir en el seno de lo creado, abriendo así la puerta a otra Consagra.
El depositado en la misma interioridad del Hombre, aparte de toda instancia religiosa oficial. A titulo de ejemplo, EL TRIÁNGULO DE KARPMAN (mencionado más alto), es un tríptico privado de un sistema de lectura: podemos leerlo en todos los sentidos. Sin embargo, el hecho simple sea un tríptico es un préstamo directo al Arte religioso, obedeciendo a otros imperativos. Esta búsqueda de otro Sagrado incubaba desde hace tiempo. Obras tales como el GRITO célebre de
Munch ya denunciaban lo que se iba a llamar " la alienación del Hombre moderno ", enredado en el corazón de la Revolución industrial, la cual iba a dar forma al siglo 20 naciente, imponiéndole primero una Primera Guerra Mundial luego una Quiebra económica planetaria, luego una Segunda Guerra Mundial coronada por una era atómica. De todos estos acontecimientos, el Arte ya se hacía el profeta bien antes de su desarrollo.
Excepto que estos síntomas no son perceptibles que sólo mucho tiempo después de la survenencia de la enfermedad. Una vista retrospectiva nos permite observar que desde 1911, Enrique Bergson proclamaba que " la gente occidental necesitaba un suplemento de alma ". Concerniendo a la obra, en apariencia desesperada, de RODRIGUE VAN HOUTTE, recordemos que estamos en relación con una materia viva y heredera, particularmente, de la estética schielienne, la cual presenta en cierta medida, una variación al significar expresionista sobre la figura humana, dictado por la aflicción de las carnes, al del mundo. Hay en esta obra una filiación filosófica debida al hecho que además de su formación académica (frecuentó las Academias de Tournai y de Lieja), el artista también siguió cursos de Filosofía y sobre todo de Historia del Arte.
Lo que muchísimo influyó sobre su lenguaje pictórico, en el sentido que, como lo especificamos, el artista quiere ir más allá del narrativo. Porque para él, el pintor no es un fabricante de imágenes. Debe, a través del gesto pictórico, alcanzar la esfera literaria, filosófica e histórica con la cual el visitante debe confrontarse por el vehículo del sentimiento con la idea y con la emoción que desempeña la obra pictural. Hicimos observar, más alto, que su obra es ciertamente la de un dibujante que pinta. Precisamente es como dibujante que empezó su trayecto artístico. Luego, fue el descubrimiento del Greco y de Caravage, en materia de pintura en la esfera clásica. Y cuando abordábamos más alto, el impacto del Arte del siglo 19 en el cumplimiento hacia otro Consagrado, recordamos que precisamente fue en esa época que El Greco y Caravage ( enterrados y olvidados desde su muerte), fueron redescubiertos a la luz de un nuevo lenguaje a la vez humanista y pictórico. El artista no dramatiza " en la puesta en signos. Si sus obras contienen tan poca materia, precisamente es porque quiere evitar sobrecargarlas por un tipo de "maquillaje" inútil con el fin de hacerlas "alisarlas", a medida que la mirada las aprehende. La potencia de la raya está allí para sublimar la materia. El artista que mismo, a manera de un alquimista, fabrica sus pigmentos, utiliza la técnica del aceite sobre papel doble. Jamás da título a sus cuadros porque prefiere dejarle este cuidado al visitante que debe interpretarlos. Sus obras resultan de un contacto "directo" con el sujeto, en el sentido que jamás pinta según foto. Alimenta por otra parte para la fotografía una desconfianza cierta, opinando que, de manera general, falsifica la realidad.
Por supuesto, cuando se le hace ver que la luz usada por tal fotógrafo no es la de otro, cambia de opinión y supone que en este dominio hubo grandes creadores. ¡ Sin embargo, por razones de pureza narrativa, categóricamente se niega a mezclar la pintura al objetivo! Procura también volver a definir la noción de "retrato", porque considera que hoy, este lenguaje traduce más los estados del pintor que los del sujeto " retratado ". Ciertamente no le falta razon. ¡ Sin embargo, la creación, sea la que sea, no se realiza " sin dejar parte de si mismo"! El artista mismo deja allí fatalmente (a veces sin saberlo l) algún rastro ,rastro indispensable para derretirse mejor en el sujeto. La Historia del Arte, la Filosofía y la Pintura son para él las herramientas por las cuales procura, estigmatizando la humanidad de hoy, individualizar la posibilidad de un Hombre nuevo. Su pintura es la expiación de un mundo que, por el cuerpo martirizado, busca una salida.
François L. Speranza.

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Nous voici déjà sur la route convoitée...

Cette fois c'est bon, on y est presque !

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Plus que par des images, c’est par des atmosphères, des sons, et des ambiances particulières que je vous invite à la découverte exotique de ce voyage en faisant suivre ici le dernier billet intégral de mon journal personnel.

-  Les aquarelles, les croquis ?

Je vous en reparlerai plus tard. Tout juste aujourd'hui, une simple aquarelle, témoignage d’un rivage battu par l’écume avec le paysage qui se fond dans une brume chaude et humide, et un petit montage que j'avais déjà publié ici…

C’est un premier contact essentiellement sensitif que je partage : celui qui m’a plongé dans l’univers très particulier de ce carnet de voyage. Une rencontre avec la force des symboles, la puissance de la vie, et le mystère des transmutations.

Aussi, c’est par une approche différente de l’image que je vous propose cette découverte : auditive avec ce billet, tant pis pour ceux qui ne prendront pas le temps d’écouter !

D'ailleurs, Internet ne pourrait-il être autre chose qu’une consommation effrénée d’images et de pseudo messages qui défilent à toute vitesse sans qu’on ait le temps de fermer les yeux et de s’immerger dans un rêve qui soit l’espace d’un instant la réalité transcendée, une réalité qui arrête le temps ? - Peut-il aussi être outil de rêve et de sublimation, pourvu qu’on s’en donne la peine ?

Faites une attentive parenthèse dans votre vie de seulement une minute dix secondes, là, maintenant, pour vous en tendant l’oreille et en écoutant, pour moi en vous proposant un enregistrement que je me suis donné la peine d’aller chercher là-bas, et dont je vous explique l’auditive perception.

Car les enregistrements et dessins que j’ai réalisés sur place, je voulais qu’ils soient plus forts que des images, qu’ils nous touchent autrement, avec la puissance de l’intériorité, du rêve et de l’imagination.

Je vous explique : d’abord, on entend au loin, mélangé au bruit de l’océan, des hommes qui halent des filets sur la plage. Les premiers sont dans l’eau presque jusqu’à la taille, ils se donnent du courage en scandant à la voix leur halage. On entend régulièrement un bruit de tambour. Ensuite, je me tourne vers le large : de gigantesques vagues viennent s’écraser sur le sable dans des nuages d’écume. On ne voit pas bien net, car une épaisse brume de chaleur, lourde et humide, donne à toute chose un aspect magique et irréel, tandis que de grandes pirogues monoxyles franchissent les rouleaux en s’éloignant vers le large. Enfin, je me tourne vers l’autre côté de la plage où l’on devine des paillotes sous de hauts palmiers qui se balancent dans le vent. Avec des cris d’enfants qui jouent, qui nous parviennent parfois distinctement…

Allez, fermez les yeux et écoutez, vous verrez, ce n’est pas évident, mais quand « on y entre », c’est envoûtant :

Maintenant, je vous dis où nous sommes : dans le Golfe de Guinée sur les rivages du peuple Fanti au Ghana. C’est une autre Afrique, différente de celle que nous connaissons, autre que celle des savanes, des grandes forêts, des animaux sauvages, loin des drames que nous savons, qui sont pourtant si proches à quelques dizaines de minutes d’avion.

Avant, nous sommes passés par Accra, ses rues animées et ses incroyables marchés. Nous avons pris la route. Une route qui va nous réserver d’étonnantes surprises, mais nous ne le savons pas encore. Pour l’instant, nous découvrons le rivage mythique de la Côte de l’or, comme si nous entrions dans les pages surannées du Tour du monde de Monsieur Édouard Charton…

Voici à présent d’autres sonorités qui traduisent bien l'impression que vous donne la population d'ici, sa jovialité, son enthousiasme, sa spontanéité : là, j'ai pour vous, une pépite musicale !

Il s'agit d'un morceau joué par la troupe "Maa Amanua And Suku" dans les années 70 (musique toujours d'actualité que l’on entend de-ci, de-là, sur les routes, dans les villages, sur les marchés).

Elle illustre parfaitement la musique populaire dite "Ga Cultural Highlife", des airs et sonorités influencés par la musique Ga (région d'Accra), s'inscrivant dans la droite ligne de la musique traditionnelle de la côte ghanéenne. Chants de marins, de travail, repris dans la musique populaire et à placer dans la tradition musicale Akan. Si elle est aussi unique et  fascinante c'est parce que le rythme highlife nous emporte directement dans son univers tout en nous paraissant familier, même si nous n'en comprenons ni les mots ni le sens.

L'atmosphère très joyeuse créée par le mélange des différents instruments est assez universelle. Le rythme est natif parce qu'il est profondément enraciné dans la culture musicale ghanéenne faite de joyeuse spontanéité.

À l'exception d'une guitare amplifiée, jouée dans le style "finger fingering" de cette région d'Afrique, les instruments sont indigènes, avec des flûtes en bambou "atenteben" et beaucoup de percussions locales traditionnelles incluant les tambours géants "gombe" dont j'ai dessiné un exemplaire page 38 de mon carnet de voyage, c'est eux qui fournissent une percussion ronde et profonde.

Je ne sais si comme moi vous tomberez sous le charme de ces sonorités, mais je les trouve tout simplement merveilleuses, parce qu'elle sont l'expression même de la vie.

Dans le prochain billet, je vous emmènerai au cinéma voir un magnifique film de Jean Rouch qui vous plongera dans la vie quotidienne des pêcheurs du peuple fanti comme si vous étiez venus avec moi, car depuis Jean Rouch, presque rien ici, n’a changé…

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Bonheur de vous retrouver après de longs périples !

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Voilà longtemps que je n'ai donné de nouvelles. Que je n'ai eu le temps d'en prendre aussi de mes amis (es) restés ici, pas plus que de celles et ceux des Arts et Lettres. Pourtant, je ne vous oubliais pas, mais quand on bouge beaucoup, qu'il y a mille choses à faire, le temps est compté, plus encore si on ne peut souvent se connecter...

Eh bien, écoutez cette musique :

Elle vous apporte un indice chaud et ensoleillé sur la nouvelle aventure que je vais partager avec vous.

Voyez dans le montage de cette photo, avec ces essais de couleur qui en dévoilent un petit bout, l’un des plus charmants voyages où je puisse vous emmener en cette fin d’année, au moment où l’Europe va être plongée dans le froid hivernal.

Ce voyage, je vais le partager avec vous pendant quelques jours, et j'espère bien qu'il va vous apporter lumière, chaleur, exotisme et évasion...

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Bonjour à tous,

Au sein de l'exposition MELTIN' ART SPOT organisée par l'Association com2Art de Cannes (avec un collectif d'artistes sélectionné par Bénédicte Lecat) Jos And Jan VanDuinkerk présenteront pour la première fois LES POESIES URBAINES ... quand la poésie rejoint l'art photographique.

Vernissage le 9 novembre 2016 en l'ESPACE ART GALLERY rue Lesbroussart à Bruxelles ... De 18h30 à 21h30... Venez nombreux.


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Propos en état second

Deux fois, j'ai dit son nom dans le silence.
En son élégant habit de concert,
Tenant sa baguette, la musicienne,
Auprès de moi aussitôt revenue.

Blonde comme la plus jeune des fées,
Fluette, avec de très petites mains
Elle est d'une délicate beauté
Surprend par son énergie mesurée.

Occasionnellement reprend son rôle.
L'en a dépossédée la providence.
Un rare hasard par chance lui offre
De révéler son savoir, son talent.

Ils m'apparaissent comme étant des dons.
Mystère de l'intelligence en art.
Certes je peux lui offrir un orchestre
Et un univers de sons à gérer.

Salzbourg! Ses années de conservatoire,
Le sublime dans l'ivresse reçu!
Ce soir, à diriger sera parfaite.
Vais me laisser enivrer à mon tour.

25 octobre 2016

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La Légende dorée est un célèbre recueil de vies de saints, composé par Jacques de Voragine (Jacopo da Varazze, 1230-1208) au milieu du XIIIe siècle ou, plus tard, aux environs de 1266. Dans les éditions primitives, le titre était: "Vies" ou "Légendes des saints", ou encore "Histoire Lombarde". Les manuscrits, les éditions, les traductions en toutes les langues européennes en sont innombrables. La meilleure édition critique latine est celle de Graesse (1846); elle servit de base à Arrigo Levasti pour la publication d'une version en toscan du XIVe siècle, éditée en trois volumes en 1924.

 

Après un prologue sur la division de l'année en quatre parties, symboliquement interprétée, viennent 177 chapitres consacrés chacun à la vie d'un saint ou à une fête de l' Eglise, en suivant l'ordre du calendrier. Les "Vies" sont plutôt des recueils d'anecdotes sur les vertus, les miracles, le martyre du saint (des apôtres à saint François, saint Dominique, saint Bonaventure), -empruntées à la littérature chrétienne et à ce courant de légendes qui circula auw XIe et XIIe siècles, et dont les prédicateurs tiraient les "exemples" pour leurs sermons. La foi des martyrs apprivoise les bêtes féroces, écarte les flammes, brise les roues, guérit les membres mutilés, met en fuite le démon, représenté sous les formes les plus imprévues -une belle jeune fille ou un dragon- ou bien l'enchaîne à son dépit et le livre à la risée de tous; c'est la foi également qui suggère à la vierge la plus naïve des réponses qui lui font tenir tête aux puissants, en les confondant dans leurs discussions et en niant leur autorité. Les chapitres relatifs aux fêtes ecclésiastiques groupent toutes les légendes se rapportant aux signes surnaturels qui accompagnent les faits commémorés, selon des classifications souvent subtiles. L'auteur cite ses sources: outre les Ecritures, Eusèbe, Cassiodore, saint Jérôme, Augustin, Bède le Vénérable, saint Bernard, et parfois il les compare. Les thèmes critiques ne manquent pas non plus: on se demande si trois soleils seulement, au lieu d'un apparurent la nuit de Noël ou à la mort de César; il n'est pas certain que les Sept Dormants d'Ephèse, qui avaient fui la persécution de Décius, ne soient réveillés dans leur caverne 372 ans plus tard, car en confrontant les dates, on ne trouve que 186 ans. De la trame de ce récit se détachent de solennelles déclarations. Témoin celle-ci: "Moi qui suis le froment de Jésus-Christ, dit saint Ignace, je serai moulu par les dents des bêtes, afin de devenir un pain pur et blanc"; ou les enseignements de la sagesse contemplative: "Celui qui reste seul en sa cellule, dit saint Antoine, il se repose et il est exempt de trois ennemis: l' ouïe, le parler et la vue. Il combat seulement avec son coeur". Peuplée de créatures vivant dans la familiarité de Dieu, dont elles tirent une force surnaturelle, la "Légende dorée" rend sensible l' idéal évangélique, reflète une aspiration vaste et collective, se nourrit de la foi naïve de siècles et, dans la fraîche limpidité de l'expression, donne un aliment de poésie aux esprits les plus incultes. Tout l'art des XIIIe et XIVe siècles en a tiré en abondance des thèmes et des sujets d'inspiration.

 

La Légende dorée de Jacques de Voragine Manuscrit de Beaune XIVème siècle

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administrateur théâtres

14670874_672015146291948_2373224485732231859_n.jpg?oh=5513eb5ea6ec679ee08b99d0ed9342c6&oe=58A5F23BQuête d’identité et cheminement vers la paix

Jean-Loup Horwitz est un comédien français, connu pour ses pièces de théâtre ainsi que pour ses doublages à la télévision. Il est aussi l’auteur de la pièce " Adolf Cohen " avec Isabelle de Botton, une femme qui en vaut trois. Bénies-soient-elles !  C’est le Centre Culturel d’Auderghem qui nous les a fait découvrir, et bien que ce spectacle ne soit resté qu’une mince semaine à l’affiche - ainsi le veut la formule de Paris-Théâtre - on éprouve le désir de revenir sur ce spectacle attachant qui a été créé au théâtre de la Bastille, à deux pas des fenêtres de Charlie Hebdo.

 Une énorme explosion tue Adolf Cohen. Sa mère pleure cet enlèvement brutal en temps de paix, alors que jadis la Shoah lui avait déjà ravi son mari et un autre fils. Puis c’est la rencontre avec Dieu, question de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Ils se parlent d’égal à égal, mais que répondra Dieu?  Le doute plane sur  toute la pièce et donne au propos fertilisé par l’humour, une belle dimension humaine. Fonte des préjugés assurée.

Flashback donc sur le récit de sa vie. On oublie dès le premières répliques que le personnage est mort assassiné et converse avec le Très haut ! Il est né dans le ghetto de parents juifs non religieux mais accoutumés aux traditions. Lorsque l’enfant est né, nul ne pouvait savoir que ce nom-prénom serait un oxymore! Il arrive en France et rejoint la communauté juive allemande. La guerre arrive et par précaution, l’enfant est recueilli à la campagne par Marcelle:  une nouvelle mère, totalement antisémite. Il devient diacre. De retour de déportation, sa vraie mère le recherche. Si la pièce est une fiction, l’affaire des enfants cachés juifs est une réalité. Au cours de la guerre, le couple Finaly, qui vit dans la région de Grenoble se sait menacé et confie ses deux enfants à une institution catholique. Les parents sont déportés et tués. Les enfants sont placés chez une tutrice catholique qui les fait baptiser. A la Libération elle refuse de les rendre à leur famille d’origine... Et  Adolf, là-dedans ? Il est perpétuellement déchiré entre le souvenir de ses racines profondes et son attachement à sa mère d’accueil !  Il a 25 ans et vit à Paris après les retrouvailles avec sa vraie mère. Le voilà dans le fracas de la jeunesse de Saint-Germain-des-prés, au caté Flore avec Boris Vian… Et non, on ne déflorera pas l’attachement qui le lie à  sa nouvelle terre, Israël et à une nouvelle femme, Leila,  sa fiancée palestinienne. Il meurt trop tôt, cet infatigable combattant de la paix, au coeur d'un attentat! C’est la que la comédie s’arrête.

Mais la pièce, heureux mélange d’humanité,  jamais on ne l’oubliera! Ni la présence en  scène  si émouvante de ce duo de comédiens bourrés de tendresse et de  talent, pleinement heureux de partager l’amour des hommes. Et de semer les graines de la paix. Un bouillon d'émotions, d'humour et de bienveillance, une véritable potion magique qui rassure sur notre humanité!  Humilité congénitale!  Nous sommes tous faits du même humus...  Qu’on arrête avec la violence des dogmes. Comme le disait Voltaire.

http://www.ccauderghem.be/saison-2015-2016/paris-theatre.html

http://www.ccauderghem.be/  

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REBOND!

Submergée, noyée sous la pluie

Pas très facile de rebondir

De mépriser ce qui ennuie

Et de survivre aux souvenirs.

Recroquevillée, les larmes aux yeux

Prendre la vie à bras le corps

Vouloir penser qu'elle est un jeu

Se relancer tel un ressort!

Ne pas vouloir laisser sa peau

A ceux qui aiment tant l'écorcher

Se dégager, le monde est beau

Et la joie facile à porter!

Après tant de force, la faiblesse...

Un besoin de s'abandonner

Désir de vie et de caresses

A recevoir comme à donner...

J.G.

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administrateur théâtres
Une brume d'or dans un temps de feu…
 
Entamée avec Enoch Arden, la Monnaie
poursuit son exploration de la musique de Richard Strauss avec Capriccio, opéra en un acte et son dernier, créé en 1942 à Munich.
Légère et vive, cette « conversation musicale » est un hommage crépusculaire et nostalgique à un monde disparu, et dont Stefan Zweig qui insuffla l’idée à Strauss dès 1934 est le représentant perdu. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur ce vieux compositeur âgé de 80 ans, retranché dans sa villa de Garmisch, fermant les yeux sur un monde à feu et à sang, tourné désespérément vers une époque depuis longtemps disparue ; et, cependant, écrivant encore et encore une musique d’où surgissent les plus belles et les plus bouleversantes émotions.

L’œuvre n’avait plus été jouée à la Monnaie depuis 1983. Son retour a été confié au chef d’orchestre allemand Lothar Koenigs à la tête de l’Orchestre symphonique de la Monnaie, et au metteur en scène David Marton. 

Le livret ne se limite pas à une mascarade amoureuse. Quel sera le genre du spectacle donné pour l'anniversaire de la Comtesse ? Un opera seria, avec des chanteurs italiens spécialisés dans le bel canto, comme le voudrait La Roche ? Un spectacle faisant la part belle à la poésie et mettant en valeur le jeu théâtral de mademoiselle Clairon, une actrice célèbre, ainsi que le voudrait Le Comte, frère de Madeleine ? « Prima la musica – dopo le parole ! », clame-t-on d'un côté. « Prima le parole – dopo la musica ! », réplique l'autre partie.

Le débat est illustré par une déclamation de sonnet par Olivier, une improvisation au clavecin de Flamand, un intermède dansé, un duo des chanteurs italiens. Le Comte met fin au débat en suggérant que soient relatées dans un opéra les aventures de la journée. La proposition est acceptée. Il est tard, les invités prennent congé. Un spectacle n'est qu'illusion, sur la scène règne l'éphémère et le rêve ne tient qu'à peu de choses. M. Taupe, le souffleur, qui s'était endormi et qu'on a oublié, le rappelle au Majordome, qui propose de le faire raccompagner à Paris. La comtesse est restée au château. Un rendez-vous a été pris avec Olivier, le lendemain à onze heures, à la bibliothèque. Le Majordome lui rappelle que Flamand l'attendra au même endroit et à la même heure. Que faire ? Lequel des deux choisir ? Doit-on d'ailleurs choisir entre la poésie et la musique ? La Comtesse se met à la harpe et s'accompagne en chantant le sonnet d'Olivier. Musique et poésie se fondent l'un dans l'autre. Madeleine est interrompue dans sa rêverie par le Majordome, qui l'invite à passer à table.


Pour David Marton, hongrois et berlinois d’adoption, les discussions menées dans la “Konversationsstück für Musik” de Strauss sont à prendre très au sérieux. Mais il constate que cette question séculaire à l’opéra de la primauté du mot ou de la musique est insoluble – du moins aussi longtemps qu’elle reste traitée en termes abstraits. En la replaçant dans le tangible d’une mise en scène particulière qui impose d’établir concrètement des priorités, le débat retrouve toute son actualité. Cette mise en scène à l’intérieur de la mise en scène place les frénétiques conversations des différents bretteurs sous un éclairage étonnant et parfois très drôle. Marton ne va jamais à l’encontre de l’esprit de l’œuvre grâce à sa manière pleine de vie d’aborder l’émotion, à une direction d’acteur tout en finesse et une utilisation intelligente du double espace théâtral.
 
La distribution rassemble une pléthore d’excellents chanteurs, à commencer par Sally Matthews qui interprétera pour la première fois le rôle de la Gräfin Madeleine. La soprano anglaise n’est plus à découvrir sur la scène belge où elle se produit régulièrement. Après avoir interprété le rôle-titre de Jenůfa, elle était une bouleversante Daphne dans l’opéra éponyme de Strauss.

Le frère, Der Graf, sera joué par le baryton allemand Dietrich Henschel. Présent à la Monnaie depuis le début du mandat de Peter de Caluwe, il y a incarné de multiples rôles, Wozzeck, Nick Shadow, Golaud et Œdipe, avant d’être un formidable Doktor Schön dans notre dernière Lulu et d’endosser le personnage de Peter dans Hänsel und Gretel (Humperdinck) en décembre 2015.

Le ténor lituanien Edgaras Montvidas incarnera le compositeur Flamand. Depuis ses débuts à la Monnaie dans le Requiem de Bruneau en 2012, il s’est produit à Glyndebourne, Berlin, Munich comme à l’Opéra Royal de Versailles.
C’était un autre habitué de la scène de la Monnaie qui devait chanter le poète Olivier mais le baryton français Stéphane Degout a malheureusement dû déclarer forfait. Son rôle est repris par le baryton estonien Lauri Vasar qui l’interprétait récemment encore à l’Opéra de Lyon. Il a interprété le personnage du Minotaure pour la création de Phaedra (Henze) en 2007, et Schaunard (La Bohème).  Il  accepté cette reprise au pied levé. 

Kristinn Sigmundsson fait ses débuts à la Monnaie dans le rôle de La Roche (Theaterdirektor). C’est un interprète très sollicité pour les grands rôles de basse, ceux de Wagner et Verdi notamment.

Charlotte Hellekant chantera Clairon (Schauspielerin). La mezzo-soprano s’est produite notamment dans deux des dernières créations de la Monnaie, Matsukaze (Murasame) qu’elle reprendra également cette saison et Au monde (la fille aînée).
Ce seront les quatre jeunes interprètes de l’Opéra de Lyon, coproducteur avec la Monnaie, qui viendront interpréter les rôles du souffleur, des chanteurs italiens et du majordome : le ténor suisse François Piolino (Monsieur Taupe) ; la soprano russe Elena Galitskaya(Italienische Sängerin) 3e Prix et Prix du public du Concours Reine Elisabeth 2011 et son compatriote le ténor Dmitry Ivanchey (Italienischer Sänger) qui font tous deux font leurs débuts à la Monnaie ; le jeune baryton Christian Oldenburg (Haushofmeister).
Parmi les huit serviteurs, nous pourrons entendre deux membres de  la MMAcademy, Pierre Derhet (MMAcademy Laureate) et Maxime Melnik (MMAcademy soloist), ainsi que Artur Rozek membre de l’International Opera Academy, aux côtés de Zeno Popescu, Nabil Suliman, Vincent Lesage, Bertrand Duby et Kris Belligh.
Agenda

03.11.2016 – 16.11.2016

Lieu

Palais de la Monnaie, Tour & Taxis

Tarifs

cat 1 - 129 € / cat 2 - 99 € 
cat 3 - 84 € / cat 4 - 59 € 
cat 5 - 34 € / cat 6 - 10 €

Présentation

Introductions une demi-heure avant les spectacles par Antonio Cuenca Ruiz (en français) & Reinder Pols (en néerlandais)

Langue

Chanté en allemand
Surtitré en français et en néerlandais

Durée

ca 2h 45’
(1h - entracte - 1h 25')

Streaming

live sur ArteConcert
10.11.2016
streaming sur lamonnaie.be
24.11 > 15.12.2016
sur Klara
03.12.2016
sur Musiq’3
03.12.2016

 

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