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Le Festival Artonov vous ouvre ses portes dans des lieux d'exception!

 Ce riche festival interdisciplinaire  mêle musique et arts visuels, musique et architecture, fashion design, danse et théâtre, des Arts regroupés dans une démarche interdisciplinaire, sans  jamais négliger leur individualité. Il trouve son inspiration dans la période Art Nouveau d'abord, Art Déco ensuite, périodes où l'art était appelé à enrichir et faire évoluer nos société. 

Jeudi 6 octobre, 20h

Première à la Villa Empain avec "La Route de la soie". L'Osuna Trio ( Thomas Baeté, Emre Gültekin et Raphaël Decock ) et l'artiste de sable Colette Dedyn emmèneront le public sur les traces de Marco Polo.

Pendant ce concert, vous entendez ce que Marco Polo aurait pu entendre lors de ses voyages en direction de l’est à la fin du Moyen Age.

Trois personnalités musicales se rencontrent ici: Thomas Baeté, joueur de viole médiévale et chanteur de paroles de troubadours, Emre Gültekin, virtuose du saz, qui a grandi dans la tradition de la musique anatolienne, et Raphaël Decock dont la fascination pour les chants diphoniques et le jeu du chatkan ramène en vie les steppes de l’Asie centrale.

Au total, 9 spectacles où jeunes et professionnels confirmés de renommée internationale seront mis en présence.

La « série FRINGE » proposera 3 performances de jeunes artistes/étudiants en Art. Les performances seront  produites autour de l’installation d'une maison de Jean Prouvé, dans l’espace du CAB le Contemporary Art Center, bâtiment Art Déco dédié à l’art contemporain.

 La « série ARTONOV » prévoit 6 spectacles d’envergure en collaboration avec des artistes et ensembles que nous sommes pressés de découvrir. Le dimanche, c'est Eliane Reyes qui sera la glamour pianist de cette seconde édition du festival.  Ce très original concert-conférence sans entracte aura lieu  au Musée van Buuren, durant lequel la pianiste et l’écrivain Yann Kerlau redécouvriront l’histoire de la mode associée aux compositeurs de l’époque Art Nouveau et Art Déco.

Un concert ponctué d’anecdotes alliant mode et musique, au cours duquel Eliane Reyes interprétera  des œuvres de Chopin, Saint-Saens, Massenet, Fauré, Debussy avant de terminer par  ‘Printemps’  de Nicolas Bacri.

          Retrouvez  le programme détaillé  sur www . festival-artonov.eu . 


C'est un réel plaisir et un honneur d'annoncer ce festival  pour Arts et Lettres  qui a  déjà été invité l'année dernière, lors de son lancement.  Ce festival est à la fois innovation, quête d'excellence et oeuvre de transmission.

 

Vincenzo Casale son directeur artistique et fondateur,  a été invité ce matin par Xavier Vanbuggenhout sur la Première dans «Entrez sans frapper » pour vous parler de son projet ambitieux où l'art et l'humain sont si solidaires.

http://www.rtbf.be/auvio/detail_entrez-sans-frapper-l-integrale?id=2147945

minute 1h 31 52

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DOUCEUR FRILEUSE...

Sous le matin pâle et frileux

La pelouse scintillant de mille feux...

Le doux froissement de l'écureuil

D'un bruit feutré frappant le seuil!

Déjà l'automne qui éclabousse

Dame nature si belle en rousse!

Et sous la couette tous deux serrés

Ecouter nos cœur chavirer...

J.G.

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administrateur théâtres

UN SECOND HYMNE NATIONAL

... symbole de l'unité italienne. Nabucco raconte l'histoire biblique de l'exil juif à Babylone. Le souverain cruel Nabucco devient impliqué dans une lutte de pouvoir avec sa fille Abigaille, dans laquelle il sera finalement vaincu et les Juifs  pourront retrouver leur liberté. 

Le génie de Giuseppe Verdi réside dans la formidable tension dramatique qui tend ses opéras et l’irrésistible beauté de ses mélodies. Nabucco, narrant un célèbre épisode biblique, contient en son sein les revendications d’indépendance du peuple italien soumis depuis trop longtemps à la domination étrangère. Parmi les passions humaines exprimées par les superbes airs, se trouve un chœur sublime. Le peuple juif y chante la nostalgie de son pays. Va pensiero, mélodie simple et pure par excellence devient, dès la création, un symbole de l’unité du peuple italien. Aujourd'hui, ce second hymne national a franchi les frontières et exprime la douleur de toutes les oppressions.

Pour ce chef-d’œuvre qui déclencha une véritable ferveur à La Scala de Milan lors de sa création en 1841 et qui fera de Verdi le musicien le plus célèbre d’Italie, une double et prestigieuse distribution s’impose. Nous retrouverons le grand Leo Nucci qui partagera le rôle-titre avec Ionut Pascu. Abigaille sera incarnée par les deux sopranos Virginia Tola et Tatiana Melnychenko. A la direction musicale, nous retrouvons Paolo Arrivabeni pour qui ce spectacle revêtira une signification particulière puisque c’est le premier ouvrage qu’il ait dirigé à Liège.

 Nabucco est de retour dans une mise en scène de Stefano Mazzonis di Pralafera pour une nouvelle coproduction de l’Israeli Opera de Tel Aviv et de l'Opéra Royal de Wallonie-Liège.
 

Le destin  a frappé Verdi encore une fois, le 18 juin 1840: ce jour-là, sa tendre et douce Margherita est emportée par une encéphalite, à 26 ans, huit mois après le petit Icilio, deux ans après la jolie Virginia, leurs deux enfants.

Verdi est effondré, seul, au bord du suicide En panne d'inspiration, écrasé par les coups du destin - ses deux enfants puis sa femme meurent à quelques mois d'intervalle -, le compositeur est au bord du gouffre lorsqu'on lui confie le livret de ce qui va devenir... Nabucco.

C'est dans cet état d'abattement qu'il doit achever la composition de son opéra bouffe: on imagine aisément combien la verve comique est éloignée de son esprit. Il vient pourtant à bout de la partition, en homme scrupuleux envers ses engagements. Et, le 5 septembre 1840, la Scala crée cette deuxième œuvre de Verdi, Un giorno di regno, en présence du compositeur, tout de noir vêtu, le cœur brisé, l'esprit martyrisé. C'est un échec complet. L'opéra ne sera représenté qu'une seule fois, comme si son titre, Un giorno di regno, avait été prémonitoire.

L'hiver vient. Un soir de décembre, Verdi traverse comme un somnambule la grande place du Duomo de Milan. Machinalement, il essuie de la main sa courte barbe noire où le brouillard se fige en gouttes au goût de larmes. Soudain, il manque se heurter à un homme. C'est Merelli, le directeur de la Scala. Ecoutons leur dialogue.

Merelli  - Ah! Ça alors! Verdi!

Verdi  - Bonsoir, monsieur Merelli.

Merelli  - Comment allez-vous, mon cher Verdi?

Verdi  - Mal...

Merelli  - Mais non, mais non, il ne faut pas vous laisser abattre. Il faut réagir, il faut rebondir. Tous les compositeurs connaissent des fours, vous savez! C'est bien malheureux pour nous mais c'est comme ça. Mais (il sort de sa poche une liasse de feuillets) tenez, cet imbécile de Nicolaï vient de me refuser ce livret, un livret superbe pourtant...

Verdi  - Je ne composerai plus jamais!

Merelli  - Allons, ne dites pas cela! Lisez-moi ce manuscrit...

Verdi  - Non, vous dis-je, plus une note, plus jamais, rien.

Merelli  - Ne soyez pas borné, que diable! et lisez-le au moins, cela ne peut pas vous faire de mal!

Verdi  - C'est inutile, je ne veux plus composer. Plus jamais.

Merelli  - Eh bien, lisez-le au moins pour me donner votre avis sur ce livret.

Avec un geste de lassitude, Verdi fourre la liasse de feuillets dans sa poche et s'éloigne lentement.

De retour dans sa chambre grisâtre, Giuseppe jette le manuscrit sur la table et ses yeux tombent sur quelques vers au milieu des pages éparpillées: «Va, pensiero, sull'ali dorate...». Il a relu récemment ce passage de la Bible narrant les malheurs du peuple juif jeté dans l'esclavage et l'exil. Dans la froidure de la nuit, le sommeil ne vient pas. «Va, pensiero...» Il se relève, rallume sa bougie et lit, relit et relit encore le manuscrit... Au petit matin, il pose quelques notes sous un vers, en griffonne d'autres durant la journée ; un autre jour, il trace une phrase mélodique pour un chœur... et, un an plus tard, l'opéra est composé. Les épaules encore voûtées par le malheur, Verdi se fait recevoir à la Scala par Merelli, qui lit son opéra, s'enflamme, s'exclame, appelle sa chère Strepponi, à laquelle il décide de confier le rôle féminin principal. Car il va le créer, cet opéra, et au plus vite, au moment du Carnaval.

Durant les répétitions, tout le personnel de la Scala est comme électrisé, chacun perçoit que c'est un tournant de l'histoire de l'opéra qui se dessine. Seul Verdi demeure sombre, comme si l'intérieur de son corps était vidé. C'est tout de noir vêtu qu'il se rend, le 9 mars 1842, à la Scala. Et la soirée n'est qu'un long triomphe: Nabucco fait renaître Verdi, qui pleure de joie - de désespoir, aussi, en songeant à celle qui n'est plus là, la belle Margherita, à ses enfants qu'il a portés en terre. Et pourtant les bravos ne cessent pas. Il doit venir saluer sur scène et le fait gauchement. Mais ces acclamations sans fin commencent lentement à lui réchauffer le cœur.

Ce sera le même triomphe à la deuxième représentation. Puis aux suivantes. Prévu pour huit représentations, Nabucco en atteindra 57 en trois mois: record absolu, et inégalé, pour la Scala ! un événement unique dans l’histoire du théâtre milanais et franchit ensuite les Alpes : Vienne, Lisbonne, Berlin, Stuttgart, Paris, Londres et même Barcelone. «Ma carrière a vraiment commencé avec Nabucco», dira-t-il quelques années plus tard. Après le terrible fiasco d'Un jour de règne près de deux ans plus tôt, c'est un règne de près de soixante ans, jusqu'à sa mort en 1901, qui débute pour Verdi.

Le 9 mars 1842, Nabucco, le troisième opéra de Verdi, est présenté à la Scala de Milan, après seulement douze jours de répétitions. Donizetti est dans la salle. Malgré la période du carnaval – Verdi s’était montré intransigeant sur le choix de la date, voulant absolument éviter la période du carême vu le sujet –, la représentation rencontre un énorme succès. Et ce malgré les conditions vocales difficiles de Giuseppina Strepponi – elle deviendra sa deuxième femme dix-sept ans après cette malheureuse représentation – qui incarnait alors le rôle ardu d’Abigaille aux côtés du baryton donizettien Giorgio Ronconi dans le rôle du roi babylonien.

 

Aujourd’hui, Nabucco a presque la saveur d’une lutte épique entre la providence qui lui a donné à voir la page la plus célèbre de l’opéra et Verdi lui-même qui, lecteur de la Bible, mais également agnostique tourmenté, s’est retrouvé envahi par une espèce de « fureur sacrée ». C’est d’ailleurs précisément sur cette image du chant des esclaves qu’il a libéré toute sa puissance créative. Ce chœur solennel, triste, puis lumineux, Va Pensiero, est le onzième numéro de l’opéra et anticipe la prophétie de Zaccaria, avec laquelle se clôture le troisième acte. Non seulement un adieu à la liberté, mais également un adieu à la vie. Adieu à la liberté et à la vie qu’il faudrait toujours débarrasser de la rhétorique et de tout lien à des faits politiques italiens passés et contemporains – également au niveau des arrangements scéniques – et ramener à la saveur biblique, plus dense, universelle et grandiose, associée au début de la captivité de Babylone, une prière entonnée par tout le peuple, comme l’a très justement fait remarqué Rossini, qui l’a définie comme « une grande aria pour sopranos, contraltos, ténors et basses ». Qu’a donc vu cet artiste – jeune (il n’avait que vingt-huit ans à l’époque), mais déjà plein de charisme et d’une « simplicité fascinante » – dans ce peuple enchaîné chantant à la « patria belle e perduta » (belle patrie perdue) et priant pour que cette « patire » (souffrance) se transforme en « virtù » (vertu) ?

Le psaume 137 est le seul des 150 psaumes à évoquer l'exil à Babylone qui a suivi la prise de Jérusalem par le roi de Babylone Nabuchodonosor en 586 av. J.-C. Selon la tradition rabbinique, il a été écrit par le prophète Jérémie. En latin: Super flumina Babylonis.

DIRECTION MUSICALE : Paolo Arrivabeni 

 MISE EN SCÈNE : Stefano Mazzonis di Pralafera 

CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice 

ARTISTES : Leo NucciIonut PascuVirginia TolaTatiana Melnychenko,Orlin AnastassovEnrico IoriGiulio PelligraCristian MogosanNa’ama GoldmanRoger JoakimAnne Renouprez,Papuna Tchuradze 

9 DATES : Du mardi, 18/10/2016 au samedi, 29/10/2016 

http://www.operaliege.be/fr/activites/nabucco

Va, pensiero, sull’ali dorate;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
Ove olezzano tepide e molli
L'aure dolci del suolo natal!

Del Giordano le rive saluta,
Di Sionne le torri atterrate...
Oh mia patria sì bella e perduta!
Oh membranza sì cara e fatal!

Arpa d'or dei fatidici vati,
Perché muta dal salice pendi?
Le memorie nel petto raccendi,
Ci favella del tempo che fu!

O simile di Solima ai fati
Traggi un suono di crudo lamento,
O t'ispiri il Signore un concento
Che ne infonda al patire virtù!

Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !

Salue les rives du Jourdain,
Les tours abattues de Sion ...
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !

Harpe d'or des devins fatidiques,
Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?
Rallume les souvenirs dans le cœur,
Parle-nous du temps passé !

Semblable au destin de Solime
Joue le son d'une cruelle lamentation
Ou bien que le Seigneur t'inspire une harmonie
Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances !

Sources

-(Extraits choisis de l’article de Luca Pellegrini dans le numéro spécial du magazine « L’Opéra » consacré, en septembre 2016, à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège)

-Alain Duault

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabucco

https://www.opera-online.com/items/works/nabucco-solera-verdi-1842

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Un bilan qui me satisfait


Songerie

Lumière! Éveil à la vie
Dans une joyeuse tendresse.
M'y lover est ma seule envie.
Bien installée dans la paresse.

Pareil aux autres, un nouveau jour,
Un cadeau de la providence.
Des doux plaisirs, j'ai fait le tour,
Aime observer dans le silence.

Je prends ma part de tous les dons
Que la prodigieuse nature
Offre sans cesse à profusion.
Ses fruits donnent des confitures.

Sans conteste, j'ai mérité
La liberté dont je dispose,
Aussi de rester en santé.
Je crois profitables mes pauses.

Bien sûr, j'ai rarement l'humour
De trouver drôles les disgrâces
Qui m'enlaidissent tout à tour.
Aimerais me voiler la face!

Je vis pleinement chaque instant
Certains attendus, désirables.
La nuit me revient, trop souvent,
Une souffrance détestable.

Alors, je refais le bilan
De ce que je dus accomplir,
Courageuse pendant longtemps.
Suis heureuse de m'applaudir.

30 septembre 2016

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administrateur théâtres

Après avoir dépeint le Japon dans Madame Butterfly, Giacomo Puccini met le cap sur la Chine, son dernier voyage, car il  mourra à Bruxelles,  laissant  son dernier opéra inachevé. Le compositeur parvenu au terme de sa vie déclare « Toute la musique que j’ai écrite jusqu’à présent me semble une plaisanterie en comparaison de la musique que j’écris en ce moment » Turandot a été composé entre 1921 et 1924. Toscanini en dirigea la première, en avril 1926.

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 Cet opéra est  l'un des plus  vibrants  exemples d’exotisme musical. Résolument moderne et stupéfiante, l’architecture orchestrale est particulièrement efficace  et souligne une judicieuse alternance entre l’atmosphère de conte et le drame insoutenable,  cette  marche  inexorable vers un destin fatal. Une ultime expression de souffrances  longuement tues.  Une débauche d’instruments à percussions,  une débauche de couleurs, une débauche de tableaux sonores.  Voilà ce qui nous est offert par  Paolo Arrivabeni dans la fosse  à la tête de   l’Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie. Les chœurs dirigés par Pierre Iodice,  sont composés de soixante chanteurs majestueusement costumés (Fernand Ruiz). Ils  sont placés de part et d’autre, dans les galeries mystérieuses qui entourent le palais de la Cité Interdite. Le luxe d’éclairages miroitants module à la perfection les mouvements sur le plateau et aux fenêtres du palais ainsi que  la débauche de sentiments exacerbés.   

  A Pékin, une princesse hautaine et cruelle, nommée Turandot,  promet d’épouser un prince qui résoudra trois énigmes. Les prétendants sont décapités s’ils échouent.

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Calaf, prince en exil rêve de reconstituer son pouvoir perdu. "Tu m’as pris mon royaume, tu nous as mis en cage mon père et moi, tu tues mon peuple, donc me voici pour te frapper en retour."  Mais il est fasciné par la princesse jusqu’au délire et veut tenter sa chance. En première partie, on la voit apparaître dans une tenue - large tunique et pantalon - d’une blancheur étincelante et glaciale. Elle est porteuse d’un sceptre qui ressemble à une faux. Comme la personnification de la mort. La mort blanche même, aussi  implacable et dévastatrice que la cocaïne ou l’héroïne. Le prince est halluciné. "Pour la dernière fois, vaincs cette fascination" supplie son père! Et les trois magnifiques mages...

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L’histoire de la femme de glace remonte à plusieurs générations. Une transmission toxique a eu lieu. Il y a des milliers d’années son aïeule a été trahie par un conquérant tartare. Après avoir mis la ville à sac, il l’emmena dans son lointain royaume  où elle mourut de chagrin. C’est pour venger cette infamie, que la princesse Turandot a imaginé l’épreuve. Elle porte avec elle le lourd fardeau d’un trauma transgénérationnel que pour rien au monde elle ne voudrait lâcher car il la protège de la capitulation face à l’homme. Et plus que tout, elle  rêve d’indépendance et craint l’amour charnel avec tout ce qu’il représente. Elle utilise le viol mythique de son aïeule pour haïr  tous les hommes…C’est un  être féroce mû par la vengeance « Je venge sur vous, cette pureté, ce cri et cette mort ! » Ironiquement,  la princesse a sauvagement  besoin de  victimes  expiatoires   pour parvenir à accepter la part féminine  d’elle-même qu’elle renie. L’interprète de Turandot est Tiziana Caruso, un rôle qu’elle maîtrise totalement.

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Le metteur en scène José Cura, incarne avec flamboyance le prince sans nom. José Cura est passé maitre à la fois dans le chant, la direction d’orchestre, la mise en scène et la scénographie.  Calaf, dont personne ne connaît l’identité, résoudra les trois énigmes mais ne veut pas forcer la glaciale beauté à qui il lance lui aussi un défi : il s’avouera vaincu et acceptera la mort si Turandot  réussit à découvrir son nom, ce dont elle ne doute nullement: elle possède toutes les armes de torture pour faire avouer le moindre de ses sujets.  Lui - péché d’orgueil ? -  ne veut recevoir la princesse que par amour. Il est sûr de sa victoire et bouillant d’impatience.  

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Une  seule personne connaît ce nom : l’esclave Liù, amoureuse de Calaf «Parce qu’un jour, dans le palais, tu m’as souri ! ».Elle est fragilité, innocence et  sincérité.  Elle se trouve dans la foule, avec son maître, un vieillard,  le roi détrôné Timur (Luca Dall’Amico), père de Calaf. Une foule bruissante comme en Chine,  qui commente, admire et  se repaît d’imprécations, comme dans la tragédie grecque.  Le  fameux air de Calaf Nessun Dorma  atteste que personne à Pékin n’est autorisé à dormir, sous peine de mort tant que le nom du prince  ne sera révélé. La tension est au maximum. Liù, la jeune esclave se sacrifie pour l’homme qu’elle aime. C’est  l’exquise Heather Engebretson,  jeune soprano américaine, diplômée de la célèbre Julliard School qui l’incarne. Liù est symbole de pureté, de bonté et de beauté morale. Archétype du sacrifice par amour. Celle par qui la malédiction familiale peut être vaincue.

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 Les magnifiques éclairages d’Olivier Wery font vivre cette cité impériale légendaire,  plantée en bord de scène,  d’enfants de notre siècle -  une quarantaine d'enfants de la Maîtrise de l'opéra-  qui construisent des maquettes, dessinent, peignent, dorment et chantent … sous le regard attendri d’un professeur-mandarin (Roger Joachim). Une façon élégante et astucieuse  de relier deux époques, de montrer que les enfants gardent cette capacité de voyager dans l’imaginaire, de  souligner  que tout ceci est un conte  mais que les contes ont toujours une morale!  La morale, c’est la jeune et bouleversante  Liù qui la détient : « Liù, bonté, pardonne et oublie ! »  Et Timur,  en habits noirs la suit dans le couloir de la mort « pour attendre à ses côtés, la nuit sans le matin. »

http://www.operaliege.be/fr/activites/turandot

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PAS DE SAISON...

Un peu de fraîcheur, une feuille morte...

Et cette lumière indécise

Quand bel automne franchit la porte

Les parfums du monde nous grisent.

Sur les épaules passe un frisson

Le vent léger nous a surpris

Nos pensées volent à l'unisson

De notre cœur soudain transi!

Comme un sourire une feuille flotte

Elle nous dépose sa blondeur...

Il semblerait que rien n'importe

Si la beauté est de rigueur!

Dans ton regard une étincelle

Elle dévore ma timidité

Aussi tendrement me rappelle :

Y a pas de saison pour aimer...

J.G.

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administrateur théâtres

Fifties, Sixties,  Seventies…

"Ces années-là"  ont été le terreau de notre société actuelle ! 

14322632_1202476509804224_6756012671517565687_n.jpg?oh=1328f52dc7de27a78f38730dfd050976&oe=58662DE1Clara Buflash est la  présentatrice d’une émission de télé incontournable : « Les conseils flash de Clara » où à l’instar de femmes comme  Coco Channel, elle s’investit pour donner à la femme une  nouvelle place dans la société et la libérer enfin  de l’esclavage des tâches  domestiques. Son discours est timide : vous allez, grâce aux innovations techniques, retrouver du temps libre… mais surtout, mesdames soignez votre cou,  vos bras et votre diction, en un mot, soyez toujours pimpantes pour charmer votre mari ! Voilà « Les secrets du bonheur »!

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 Mais voilà,  égarée parmi les hommes, la femme en fichu (noué sur chignon monté en banane) sanglée dans un  imper bleu pétrole rencontre Jean-Pierre Fleurimont, le chef de gare. On lui a fait entendre que l’audimat est sacré et  qu’il n’y a vraiment  pas loin  du Capitole à la roche tarpéienne.    Il faut qu’elle  innove encore, qu’elle utilise ce citoyen lambda, curieux naïf et serviable pour fabriquer  des émissions encore plus vivantes et captivantes. Le  texte  au passage en profite pour balayer de  coups de projecteurs  mi-amusés, mi désabusés  les grands tournants d'une époque  qui avance à grands pas (Perette es-tu là ?) tandis que  le pouvoir des médias infiltre toutes les strates de la société de consommation.

 

 Reconstitution d’une époque révolue, ce spectacle est une parodie la société contemporaine sous forme de sociologie souriante.  Le  duo absurde  fait nettement  référence à Jacques Tati, Pierre Etaix ou Marabout Flash, vous vous souvenez?   Des petits livres format carré: «  Savoir recevoir », «  Vacances sous la tente », « J’apprends toutes les langues », « Savoir acheter », «En pleine forme », « Réussir dans la vie »… Et les cadeaux Bonux, la famille Duraton, "Bonne nuit, les petits!" les golden sixties avec les transistors et tourne-disques, Salut- les-copains et les  yéyé! Toute une époque se trouve cristallisée dans ce spectacle vif, enlevé et drôle. Du sucre d’orge ! Un peu plus d’une heure passe dans une curiosité grandissante et sans la moindre sensation d’ennui. Au contraire, le plaisir évident  et la connivence dans la salle font bourdonner les rires. Et la fin poétique et profonde de la fin de la pièce laisse une empreinte  de dimension  universelle. Car  Marie-Christine Baeyens et  Luc Van Grunderbeeck alias Claire et Jean Pierre jouent, mine de rien,  une comédie de plus en plus sérieuse et poignante. 

http://lesrichesclaires.be/evenement/le-cha-cha-cha-du-chef-de-gare/

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Le Coin des Pêcheurs

 une aquarelle 

            d'Adyne Gohy                      

12273183474?profile=original                                               

a inspiré

Les Barques

un poème

de

Raymond Martin

Le capitaine au long cours marchant  le long du quai de misère,

Grommèle à la vue des rafiots désœuvrés et vermoulus,

Vestiges  d’un lointain passé où l’on  prenait la mer comme on prend le train.

Il n’y a pas de fumée  sans feu se dit-il, comme dans le foyer de la Pacific 231 ou dans la pipe en terre

De mon second  buriné par les embruns.

Des coups de tabac, nous en avons eu sans sombrer sur la ligne d’horizon.

Mille sabords! De Terre-Neuve à Camaret  par sept ou dix  Beaufort, le coup nous avons tenu.

De la crête endiablée des vagues  au tréfonds de celles-ci, toujours nos esprits avons  gardé.

 

Désœuvrés, désolidarisés de leurs chalutiers, les voilà maintenant à ce point du quai presque sans âme

Parmi ce fatras de  déchets maritimes auquel elles n’ont pas droit, pouvant encore servir comme un

Dernier honneur. Rien ne les habite. Si, un rat trottinant sur ce quai de misère, un squelette de hareng

Dans la bouche, loin de la dernière fraîcheur. Une mouette au loin bataille avec une autre  pour  gagner Le  dernier morceau de  l’encornet déchiqueté.

 

Leur destinée n’est pas encore  dessinée ; l’un flotte le long du quai avec l’espérance d’un nouvel

Avenir. Repartir solidaire du chalutier vers une énième course  aux maquereaux,  près des côtes

Irlandaises  où abonde aussi le merlan bleu qui deviendra « surimi », ou alors, armé d’équipements

A vocation touristique, pour les marins d’occasion  désireux d’une balade en barque dans un Aber

Protégé du vent mauvais.

L’autre, presque gisant sur le quai de misère, attend, attend, attend, jusqu’au jour où son corps

Vermoulu sera rongé par son passé qui ne sera plus qu’un souvenir pour le capitaine au long cours.

Irréversible et tragique avenir pour un passé si fertile en  majesté  marine.

Un partenariat d'

Arts 

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Lettres

 

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Dédicaces

Dans le petit monde des Lettres, l’auteur ne peut échapper à d’étranges rituels. Celui notamment de la dédicace du livre qui vient de sortir en librairie et qu’il faut accompagner pour qu’il fasse son chemin. Curieux exercice en fait que de rencontrer lecteur ou lectrice futurs. Il y a ceux qui passent et qui repassent, sans oser s’arrêter. D’autres qui vous guettent du coin de l’œil, livre ouvert entre les mains, entre deux rayons. Ceux qui se détournent, pensant - à raison peut-être - que l’auteur se prostitue en vendant ses livres. Il y a ceux qui viennent flairer le livre, en lire un extrait avant de s’en séparer sans un seul regard pour le malheureux auteur. Une signature est souvent une rencontre entre deux timidités : celle du lecteur que l’auteur perçoit et qui est du coup lui-même intimidé par l’extrême réserve de son lecteur. En fait, c’est une sorte d’intimité qui se tisse entre ces deux, chacun partageant un même amour de la lecture, car il n’y a pas d’auteur qui n’ait été – ou ne soit encore – lecteur. Je dirais même que l’auteur serait la forme accomplie du lectorat et qu’il ne chercherait bien qu’à rendre hommage au lecteur qu’il fut, entre huit-douze ans. Donc, une alchimie se crée, et la certitude partagée d’atteindre le domaine du rêve ou de la rêverie grâce aux mots écrits, porteurs d’une totale et infinie félicité. Quand l’auteur signe son ouvrage, il y a du mage en lui qui donne une clé secrète à son lecteur, parfois sans même échanger un mot. Un sésame muet, censé entrouvrir enfin la caverne d’Ali Baba au nouvel et tout friand adepte. Ce n’est pas un signe cabalistique, mais presque ! Mais il y a aussi de belles rencontres, bien rondes, bien goûteuses comme je sais les apprécier : ainsi, avant-hier, apparut, là devant moi, une charmante octogénaire, fraîche, espiègle, l’œil plein de malice, (j’ai pensé à la délicieuse Maud dans Harold et Maud), m’assurant que bien qu’elle ne fêtât jamais Noël – un bon point pour elle – elle voulait « marquer le coup » auprès de son Claude d’époux, éternel lecteur qui gardait le chien, mais avec une dédicace « humoristique » et en l’incluant aussi (« Je m’appelle Monique, on m’appelle Moon »). Un bonheur ! Je me suis exécuté, on le comprendra, avec délices, tâchant d’être à la hauteur. N’empêche, grâce à l’elfe de toujours qu’était Moon (« car je le lirais aussi » m’a-t-elle promis) j’eus le sentiment de n’avoir pas perdu mon temps ni ma journée. Mon après-midi en fut illuminé quoique n’ayant signé que six ouvrages !

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administrateur théâtres

12273071091?profile=originalIrvin Yalom (°1931), professeur américain émérite de psychanalyse, a écrit une œuvre importante sur la psychothérapie existentialiste, et voici un de ses romans  de fiction historique qui évoque les débuts de la thérapie psychanalytique.  Les  personnages historiques (1880) sont réels : le médecin viennois Josef Breuer,  précurseur de la psychanalyse et ses déboires conjugaux avec son épouse Mathilde,  le philosophe Friedrich Nietzsche et ses  douloureuses souffrances  sentimentales et le jeune Sigmund Freud et ses théories novatrices.

 Michel Wright, le metteur en scène belge, a fait de la  rencontre imaginaire entre Breuer et Nietzsche une adaptation théâtrale  percutante. Ce spectacle fort possède une intrigue saisissante, très bien construite et extrêmement vivante.  L’écriture très enlevée et  particulièrement alerte pour le sujet,  fourmille de réflexions intéressantes empruntées au "Gai Savoir"  dont la principale est peut-être que  nous sommes  souvent  incapables de voir dans l'autre, même dans  ceux dont nous nous soucions profondément.

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A travers le chantier de  dialogues spirituels et passionnés,  on recueille un bon nombre de perles Nietzschéennes qui ne peuvent que susciter au moment du spectacle et dans les jours qui suivent, des interrogations persistantes.  La phrase la plus interpelante est sans doute « Deviens qui tu es ! »  Quant à la création artistique, elle ne peut, on en a la preuve sur scène, qu’exister dans un espace de liberté. 

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Voici donc, tous affects dehors, un cocktail d'intelligence et de profondeur, joué avec une sincérité et une justesse effarantes. Art des nuances et de la tension dramatique poussé dans les sommets, une mise en scène éblouissante et un quatuor de comédiens sublimes! Comment font-ils pour retomber dans la vraie vie après une telle performance? La belle voix chaude et raffinée de Jean-Claude Frison et sa maîtrise théâtrale irréprochable, la présence sauvage d’Yves Classens au top du gymkana intellectuel, la présence élégante, féminine et passionnée à la fois de Rosalia Cuevas et l’étincelante complicité …admirative des plus grands, du jeune comédien Benjamin Thomas contribuent à faire de cette soirée, un brasier théâtral de toute grande envergure. 

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Progressivement et de plus en plus intensément, on se laisse  happer  par les exercices de psychothérapie en live, source de multiples rebondissements. On n’a plus qu’à se laisser porter et savourer le texte qui n’en finit pas de toucher juste, au cœur de l’humain. On rit beaucoup et souvent, alors que des plages d’émotion et d’intimité dévoilées se dessinent de façon de plus en plus dramatique. Vers la fin, on est cloué par un moment de tension impressionnant. À tout le moins, vous vous trouverez à réfléchir à  de nombreuses questions philosophiques pendant que vous observez le déroulement de duels verbaux et d'expériences fascinantes d’introspection, de projection et d’aide thérapeutique où on se demande un moment qui soigne l’autre et pour quel profit. Avec à la clé, la conclusion Nietzschéenne que la véritable amitié se trouve dans  la recherche commune  de vérités supérieures.  Et que le théâtre est un  lieu révélateur de vérité. 

http://www.comedievolter.be/saison-2014-2015/les-larmes-de-nietzsche/

Du 25 février au 8 mars
du Mardi au Samedi à 20h15, le Dimanche à 16h
Comédie Claude Volter  98 avenue des frères Legrain
1150 Woluwé St Pierre
 02/762 09 63

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Il y a plusieurs moteurs de recherche dans le site.  c'est très riche:

entre autres, par exemple cliquez sur le grosse loupe rouge: cela donne 10 pages de recherche en mode Google.

Si on clique dans le champ tout en haut à droite de la maître page

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(image non cliquable sur ce blog. Il faut faire la recherche sur la page de garde réseau).

cela donne tous les résultats. Le réseau est aussi une banque de données.

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Ce qui bien souvent me déçoit

Propos à Martine Rouhart

On ressent toujours du regret
Quand une joie qu'on espérait
Ne se réalisera pas.
Reste calme le coeur qui bat.

On montre ou non qu'on est déçu
Aussitôt qu'on s'est aperçu
Qu'une attente est devenue vaine.
S'attrister n'en vaut pas la peine.

Plus nombreux qu'on ne l'imagine
Sans cesse des maux nous chagrinent.
Les désagréments sont peu graves
Mais s'y attarder les aggrave.

Rien d'attendu n'est garanti.
Le temps rend les gens avertis.
Certains ne rêvent jamais plus
Lors ils sont rarement déçus.

Ce qui bien souvent me déçoit
Est la médiocrité qui croît.
Je la supporte à faible dose.
Elle me rend certes morose.

27 septembre 2016

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administrateur théâtres

Fabuleux! Du théâtre bilingue Fr/Es au théâtre de la Clarencière:  

b7abaff22890521ecd50d8b99ba9d0aeec32f1cf.jpg?wl=1024"Je m’appelle Federico García Lorca. Je suis né en 1898 près de Grenade. Grenade mes amours, Grenade blanche, Grenade mauresque, Grenade,
ma Grenade, Grenade des neiges, de l’olive et du vin. Je suis mort en 1936. Près
de Grenade aussi. Grenade pillée, déchirée, violée. Grenade noire, chrétienne,
balayée par le bruit des fusils et le silence des poignards dans la gorge."

Un texte époustouflant écrit en hommage à  F.G.Lorca, vibrant de résistance à toutes les dictatures, 5 comédiens, de la musique, de la tension, et tant de sincérité dans le jeu! Une création du théâtre de la Clarencière et un  superbe  spectacle, comme toujours! Avec Laurence Briand, régisseur et actrice passionnante.

Il y a 80 ans…

Le poète et dramaturge espagnol, ami de Manuel de Falla, Luis Buñuel, Salvador Dalí,  également peintre, pianiste et compositeur avait 38 ans quand il fut assassiné le 19 août 1936, il y a 80 ans,  à Viznar près de Grenade, par les milices franquistes. Il s’appelait Federico García Lorca.

Lorca, le vagabond du verbe… plutôt Laurence Briand  la vagabonde, ne veut pas mourir. Il/Elle n’est pas un(e) hérétique! Et pourtant son procès se tient bien au cœur souterrain de la Clarencière, un mur noir taché de sang plus noir encore, devant une  salle comble et silencieuse. Laurence Briand dans le rôle de Federico est entourée de François Mairet, Ruy Peres, José Peres et Marguerite Topiol.  

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 A la lumière de cierges, l’audience est prête à suivre le protocole habituel de la mise en accusation de l'hérétique, comme l'étaient avant le poète andalou, les Juifs, les Marranes, les Cathares.   Voici démontée la mécanique bien rodée d'un procès d'Inquisition, avec toutes ses étapes qui vont de la présentation de l'hérétique, de celle de l'Inquisiteur, de l'autodafé - temps de grâce pour l’« actus fidei » à l'exécution et à la mise à l'index des œuvres du poète en passant par l'indispensable délation. Après abjuration des convictions et des écrits de l’accusé, tortures à l'appui, on passe à  l’application  des peines dont on ne ressort jamais vivant et les écrits sont brûlés sur la place publique. Tout cela  ne se passe  pas  au Moyen-Âge, comme on pourrait le penser, mais il y a  moins d’un siècle, dans la très sainte et  catholique Espagne franquiste, que des milliers de personnes ont  dû quitter pour sauver leur vie et se réfugier dans d’autres pays.

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Jugements sommaires, exécutions sanglantes.

Entre 1998 et 2001 Les talibans détruisirent les 55.000 livres rares de la plus vieille fondation afghane et ainsi que celles de plusieurs autres bibliothèques publiques et privées. Au Mali en janvier 2013, en Irak en 2015, l'organisation djihadiste Etat Islamique brûle 2000 livres à Mossoul. « Art is the signature of civilizations.» La Turquie ne se prive pas d’user de méthodes similaires en 2015-2016.  La meilleure couverture de la dictature, c’est la foi ; la meilleure couverture de l’oppression de la femme, c’est encore la foi.

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Dans ce  spectacle où s’affrontent  les 5 comédiens exaltés,  le spectateur  est plongé malgré le sujet  terrifiant,  dans la douceur de vivre andalouse par le verbe poétique et la beauté de la gestuelle. On  y découvre en effet une très attachante Marguerite Topiol.    Elle danse, chante, mime, raconte  un rêve de  femme libre et belle. Elle est un  modèle de bonheur et de joie de vivre.  Elle est un modèle de larmes versées pour la terre qui l’a vu naître.    Car on plonge aussi évidemment dans la manipulation exécrable des tribunaux d’exception qui pratiquent une justice expéditive et destructrice, souvent aux noms de dieux ou d’idéologies meurtrières. Il faudrait se rendre compte qu’aucune  dictature n’a de place pour la femme.  Hommes et femmes, devraient s’en convaincre.  Si non, partout et toujours,   la femme sera  reléguée, privée de liberté de parole et d’action, interdite de toute manifestation de libre-arbitre sauf à être l’esclave de  l’homme. Voilà ce que   toutes les  dérives  extrêmes nous proposent. Voilà  ce qu’il est primordial de combattre.

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La pièce se déroule dans les tonalités chaudes des rythmes espagnols, la  mélodie de la langue espagnole est  fortement présente et chante la nature et la beauté. Même si on n’est pas bilingue on a l’impression de tout comprendre ou presque : la magie de l’interprétation?  La magie du lieu, qui oblige les comédiens à donner la quintessence de leur art. Chaque fois que l’on quitte La Clarencière, on a   goûté  une large rasade d’intense théâtralité de proximité qui vous pénètre et vous enivre jusqu’au fond de l’âme. Remercions son infatigable directrice, Fabienne Goovaerts qui trouve toujours la manière de galvaniser la pensée ou le cœur car  son théâtre est fait, ici ou ailleurs,  pour réenchanter le monde: le poète a dit la vérité…

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Et l’auteur s’appelle ...José Peres.

Site de la Clarencière

Drame de José Perez
Par : Laurence Briand, François Mairet, Marguerite Topiol, José Perez et Ruy Perez
Chant : Cécile Rigot 
Mise en scène : Laurence Briand
Assistanat : Marguerite Topiol 
Production : Toc Toc Art

  

Photos de Christian Snoeckx

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On entend, de loin en loin "Je suis déçue, elle me déçoit,…": Qu’est ce que cela signifie véritablement ? Il y a des amertumes qu’on se fabrique tout seul, d’autres qui sont des désenchantements vrais.

Oui, on peut être déçu de n’avoir pas atteint un objectif alors qu’on pensait sincèrement avoir tout mis en œuvre, y avoir impliqué toute son énergie et son cœur. Parfois, c'est simplement les occurrences, une sorte de fatalité, mises en travers du chemin. La déception, toute légitime qu’elle soit, porte alors plutôt vers l’action, à réagir pour faire échec à ce qui nous a fait obstacle. Notre persévérance finira par triompher!

Les défaites, de toute manière, proviennent de l’essence de l’humanité. La désillusion n’est parfois que le reflet de notre manque d’humilité, de n’avoir pas voulu reconnaître ce qu’on n’est pas … Il faut accepter que rien ne soit parfait.
Et puis, on dit que les échecs font grandir, et c'est souvent vrai.

En tout cas, je n’appellerais pas déception l’échec d’un projet qui survient tout simplement parce que l' on n’a pas mis en jeu toutes ses potentialités, pas été au bout de l’effort ; qu'en plus, on "n'a pas eu de chance"! Tant pis, alors. Il me semble qu’il y a une certaine mauvaise foi à "se dire déçu" de l’issue. On ne dit pas ce qu’on croit, et on ne croit pas ce qu’on dit. Il arrive naturellement ce à quoi il fallait s’attendre. Plutôt la " chronique d’une déconvenue annoncée"…

En fait, les déceptions les plus douloureuses sont peut-être celles qui nous échappent...Oui, on a le droit d’être déçu si "l’autre", en qui on avait investi une certaine confiance ou affection, agit mal envers nous, un peu gratuitement, et en sachant qu'il fait mal ; par des actes ou des paroles, ou par simple légèreté ou négligence quasi voulues.
Mais attention, l' égocentrisme serait pour une grande part responsable de la déception si on avait placé dans autrui, sans respect pour ses préoccupations et sa nature propres, des attentes disproportionnées ; lorsque la perception de l'autre ne s’accorde pas entièrement avec l’image qu'on en avait modelée.

Il faut bien se garder alors de ne pas réagir de notre côté par dépit, d’une manière qui pourrait vraiment "décevoir", de ne pas faire refluer comme une marée sans cesse grossissante les rancœurs, un cycle sans fin.
Mais sans céder à trop de complaisance ; à trop s’accommoder des manquements, à trop consentir, on finit par assécher la relation. Un équilibre subtil et fragile à atteindre, entre exigence et indulgence …

Quoiqu'il en soit, les vraies déceptions ne rendent sans doute pas meilleur, mais peut-être plus profonds, en nous incitant à nous remettre en cause et quelquefois, à faire le choix de se détourner de l’autre.

Martine Rouhart

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administrateur théâtres

Les « Petits lieux », créateurs de création, vous les connaissez à Bruxelles ? Sûrement que les noms suivants vous évoquent quelque chose : L’Arrière-scène , L’Atelier de la Dolce Vita, Le Cabaret aux Chansons, La Ferme de la Dîme, Le Théâtre de la Flûte Enchantée, Le Jardin de ma soeur, Le Petit Chapeau Rond Rouge, La Soupape, Le théâtre de Toone, qui n’est pas immense, et ? Le Théâtre littéraire de la Clarencière ...

http://www.laclarenciere.be/laclarenciereORIGINE.htm

Extrait d’une critique : « L’idée de départ était de mettre en scène une rencontre improbable entre intellectuels du XVIIIe siècle... Si le sujet peut faire peur à ceux qui ont gardé un mauvais souvenir des cours de philo, qu’ils se rassurent. Ce patchwork de textes et d’anecdotes savamment compilés touche le spectateur droit au coeur (et à la Raison). L’humour grinçant et la fausse légèreté qui règnent sur scène permettent à tous, adolescents comme adultes, d’aborder cet univers d’esprit et de réflexion des Lumières. Les talentueux… habilement mis en scène par …  sautent d’un personnage à l’autre avec une spontanéité assez déconcertante et procurent au spectateur une subite envie de (re)plonger dans les oeuvres des grands penseurs… »

Mais tout ceci pourrait subitement s’arrêter en juin 2017. Ne laissez surtout pas faire….

 

Les « Petits lieux » de programmation culturelle, ce sont des initiatives privées d’intérêt général. Elles sont nées de l’enthousiasme d’un ou plusieurs passionnés qui ont mis leur énergie au service d’autres citoyens - spectateurs et artistes -, ces structures atypiques font partie intégrante du tissu culturel de la Communauté française. Celle-ci les reconnaît sous le vocable assez flou de « petits lieux de programmation ou de diffusion ». Ils sont pour les artistes des tremplins vers une reconnaissance à grande échelle et des occasions de tourner un peu partout, avec un cachet assuré. L’accueil y est particulièrement chaleureux, l’ambiance conviviale et la proximité favorise la rencontre. Le public - qui ne se rendrait peut-être pas ailleurs et qui dépasse de loin le public local -, se presse à leurs portes pour découvrir avec bonheur les « coups de cœur » de ces « passeurs de culture » et partager leurs émotions. Ces petits lieux proposent une autre manière de vivre la culture et participent au renforcement du lien social. Les médias nationaux ne répercutent jamais leurs activités. Ces petits lieux ne disposent d’ailleurs pas de moyens promotionnels. Par contre, les médias spécialisés ou locaux leur consacrent souvent de larges espaces. Malgré les difficultés, ils réussissent à se maintenir parce qu’ils partagent une envie, un besoin : celui d’une culture à visage humain, loin de tout décor d’apparat, effet de mode ou manifestation de prestige.

 Hélas aujourd’hui, au théâtre de la Clarencière, l’humeur est sombre pour ne pas dire désespérante car il apparaît que  son infatigable directrice,  Fabienne Goovaerts,  ne pourra sans doute pas organiser sa saison  complète. Elle s’explique : «  Depuis 17 ans le petit théâtre de la Clarencière accueille les jeunes artistes issus des écoles d'art dramatique mais également les compagnies qui souhaitent créer un nouveau spectacle.
Depuis toutes ces années nous œuvrons avec passion pour maintenir la qualité et l'accueil dans des circonstances toujours difficiles avec un maigre budget.
Mais depuis 4 ans toute subvention de la Fédération Wallonie Bruxelles a été totalement supprimée. Et nos difficultés n'ont fait que s'accentuer. »
C’est pourquoi elle ose courageusement aujourd’hui faire appel à vous tous, politiques, institutions, privés, toute personne pour qui la transmission et la création font sens. Ecoutez son appel et engagez-vous à l’aider financièrement comme elle vous en conjure ! Voici la suite de son message, et je joins notre voix à la sienne :
« C'est pourquoi aujourd'hui, forts de notre expérience et toujours avec le même désir de création, nous avons décidé d'entamer un processus de crowdfunding auprès de Kisskissbankbank.

KissKissBankBank : Pour que vive en harmonie le théâtre de la Clarencière en 2016-2017


Nous nous permettons donc de venir vers vous pour vous proposer ce projet participatif afin de maintenir notre salle et l'accueil avec les résidences et les créations bruxelloises.
Nous n'avons jamais demandé aucun soutien et nous espérons vivement que vous répondrez " présent " à cette demande de partenariat.

Pour que vive la Clarencière et, que Fabienne Govaerts  puisse continuer les projets qui ont  donné du sens à sa si  généreuse  vie d’artiste!

Pour que continue la même dynamique d'accueil et de création avec le même enthousiasme, la même qualité et la même Joyeuseté !

Nous comptons sur vous et déjà vous en remercions chaleureusement car toute participation aussi infime soit elle apportera une énergie complémentaire à notre élan.

Au plaisir de vous accueillir pour cette nouvelle saison 2016-2017 dont nous formons le vœu et osons espérer qu’elle ne sera pas la dernière. »

 

                                                            Si la plupart des opérateurs culturels sont salariés, les artistes et les responsables de petits lieux ne le sont pas et partagent les mêmes problèmes de statut et de précarité. Pensez-y et agissez !  L’étape suivante pour nous tous, ses partenaires de cœur et d’esprit, c’est A G I R !  

C'est un havre de paix aux passions tourmentées
Du coeur, de la sueur donné par des âmes étoilées
Ca fait d'une cave voûtée un vaisseau déchaîné
Sur l'océan des mots, cinglant vers la beauté

Il n'y a ni fausses stars, ni vaines prétentions
Rien que des artisans, des faiseurs d'émotions
Qui allument au couchant des milliers de lampions
Et font cogner une heure nos âmes à l'unisson

C'est un petit théâtre en plein coeur de Bruxelles
Auprès de l'église, comme protégé par Saint-Michel
On s'y retrouve ensemble, le soir, entre fidèles
Nos spectacles chevauchent au-delà du réel
Les rêves jamais ne verseront dans l'ornière
Puisque Fabienne est là, on aime la Clarencière

Entrez public, entrez badauds, entrez chalands,
Vous trouverez ici bien plus que du talent
Au bout de la soirée, quand nous boirons une bière
Vous comprendrez pourquoi on aime notre galère

Allons, c'est l'heure, il faut descendre l'escalier
Hugo, Musset sont soigneusement couchés
Les retardataires, Geoffrey, sont enfin arrivés,
Monte la lumière, les comédiens viennent jouer

C'est un petit théâtre en plein coeur de Bruxelles
Auprès de l'église, comme protégé par Saint-Michel
On s'y retrouve ensemble, le soir, entre fidèles
Nos spectacles chevauchent au-delà du réel
Les rêves jamais ne verseront dans l'ornière
Puisque Fabienne est là, on aime la Clarencière

KissKissBankBank : Pour que vive en harmonie le théâtre de la Clarencière en 2016-2017

 

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Passé, mon présent t'efface !

Passé tu as vécu ! Mon présent t'efface !

En toute logique le passé est derrière nous, il ne nous poursuit pas ; il ne doit pas nous poursuivre, il est simplement présent dans notre mémoire inconsciente. Il a accumulé dans ses tiroirs toutes nos erreurs, nos débordements, nos bienfaits, nos coups de cœur ou de folies, nos amours, nos désamours, nos échecs, nos réussites, nos offrandes et nos vols, nos bonnes actions et nos méfaits, nos bonnes pensées et nos pensées négatives qui souvent sont dévastatrices car elles nous guident vers une mauvaise solution !

Mais ce passé n'est plus, puisque en toute évidence il est impossible de revenir en arrière, il n'existe que dans les moments ou en pensée consciente, nos souvenirs reviennent, et sortent des tiroirs. Et ce simple fait est souvent négatif, car l'humain est ainsi fait qu'il à souvent tendance à regretter certaines choses, plutôt que de se repasser en pleine conscience les bons moments. Ces bons moments du passé sont toujours présents en nous, ils sont notre source de joie ou de lumière, et nous font vivre au mieux le temps présent. A l'inverse les mauvaises pensées ou les regrets, influence notre temps immédiat.

Le passé dans sa globalité, n'existant plus, il nous faut vivre au mieux le temps présent. Si nous réussissons à l'améliorer en conscience et inconscience, nous améliorerons ainsi notre futur par simple acquis des expériences, échecs ou réussites qui sont sagement rangées dans les tiroirs de notre passé. Tiroirs qu'il faut savoir ouvrir et vider, car il ne sert à rien ne garder en soi, les mémoires grises qui empêchent nos mondes intérieurs de s'épanouir !

Tous les thérapeutes expliquent ces fameux tiroirs par trois mots simples : Faire le vide ! Ce ne sont que trois mots, certes, mais savoir faire le vide, c'est très long et difficile à programmer dans notre mental ; on vide un tiroir, et quelques temps après, il est à nouveau rempli. Alors il faut refaire le vide pour se sentir en paix. C'est une pensée mécanique que nous devrions toutes et tous apprendre à appliquer. Notre paix du temps immédiat ne dépend que de notre volonté à se servir des bases positives du passé, pour imaginer un futur construit sur des actions et pensées positives, offrant ainsi à notre présent la pleine conscience de nos mots, de nos gestes, et de nos maux, oubliés ainsi dans le délire des sens !

Enfin, ce que j'en dit aujourd'hui, 24 septembre 2016, c'est très certainement pour vider des tiroirs.   Voilà qui est fait !  

Gérard BRETON

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♦ Les amours de porcelaine

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Quand les amours se reconnaissent, il est plutôt improbable

D’y poser des mots, de percer leurs mystères en tourbillon

Il est plutôt rare qu’on leur accorde un droit à la déraison

Pourtant, la conjugaison d’aimer, c’est à l’invraisemblable

 

Tout a été dit des amours, mais je ne dirai pas, c’est trop

Je ne veux rien oublier de mes instances amoureuses

De celles qui m’ont fait la grâce d’y être les charmeuses

Du temps, des espaces, du sentimental à fleur de peau  

 

Quand les amours se reconnaissent, elles sont de porcelaine

Tremble le premier pas de se retrouver d’un coup sujet

A tant de maladresses, à tant d’accidents, de forfaits

Quand bien même la sincérité de l’aveu que l’on aime

 

Porcelaine précieuse et fragile, l’amour l’est d’autant

Ce passage de l’un à l’autre au besoin des accordances

Même pensées, mêmes gestes, mêmes vibrantes présences

De l’esprit et du corps pour s’apprivoiser au mieux le temps

 

La porcelaine, combien d’actes précis en cette matière,   

Mais d’un rien, elle se brise, et d’en ramasser les morceaux

C’est peine perdue, ainsi sont les amours, in extenso

Bonheur et malheur d’aimer, la loi des grâces éphémères

 

Quand les amours se reconnaissent, un et un qui font deux

De même façon à trembler et à compter l’un pour l’autre

En toutes circonstances, mais combien d’erreurs, de fautes

De méprises aussi pour se maudire d’être amoureux

 

L’amour est toujours à l’âge des apprentis de mille choses

Sans logique, sans certitude de savoir les besoins,

Les désirs, de l’un, de l’autre, tant tout peut changer d’un rien

Tant l’on peut aimer des rêves et s’absenter de sa cause

 

Quand bien même ce que l’on sait, et le bien que l’on fait

Au nom de l’amour, demeurent les questions incontournables

De chance et de malchance, des accidents inséparables

De la vie, et bien plus encore en tout attachement parfait

 

Combien d’amours à l’obligation de perdre leurs adresses

L’un part, l’autre reste, c’est une histoire brisée à mille regrets

Si dérisoires, c’est un accident, et rien d’un procès

Contre le sort n’empêchera les fleurs coupées de tristesse

 

L’un part, l’autre reste, et l’amour en vagues, si loin, si là

Si là et si loin, l’amour qui résiste et l’amour qui s’affale

Mais le mal n’est pas le même, de s’éloigner d’une étoile

Ou de l’éteindre à jamais même si on la garde en soi

 

Il est des amours à ne pas juger, amours impossibles

Amours brèves, amours qui ne veulent pas se refermer

Sur la conclusion amère des amours inachevées

Amours de trêve qui ne veulent pas des adieux pénibles

 

Il n’y a pas de long et délicieux voyage en amour

Sans un jour fatidique qui l’arrête, l’un part, l’autre reste

Mais vivre entièrement, c’est aimer toujours et on l’atteste

Tant à rire qu’à pleurer jusqu’au seuil de son dernier jour   

 

© Gil DEF - 25.03.2016

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Sans davantage vouloir crâner, je ne suis pas devenu ékraventuphile, juste fan, le sujet mérite d’être déployé...

12273186892?profile=originalVenderosas de rosquillas en un rincon de Sevilla, 1881.
Manuel Wssel de Guimbarda (1833-1907)

Musée Carmen Thyssen, Malaga.

« Manœuvrer un éventail… Les Espagnoles y excellent ;
l’éventail s’ouvre, se ferme, se retourne dans leurs doigts si vivement,
si légèrement, qu’un prestidigitateur ne ferait pas mieux. »
                                                      Théophile Gautier (Voyage en Espagne, 1843)

12273021066?profile=originalRecién casados, 1905
Ricardo Lopez Cabrera (1864-1950)

Musée Carmen Thyssen, Malaga.

« L’éventail les suit partout, même à l’église où vous rencontrez des groupes de femmes de tous âges, agenouillées ou accroupies sur leurs talons,
qui prient et s’éventent avec ferveur. »
                                                                                 Théophile Gautier (1811-1872)


     L’éventail permet à la belle Andalouse comme à l’hirondelle des faubourgs parisiens de se rafraîchir, quoi de plus anodin, dans les chaleurs de l’été, au bal ou aux terrasses des cafés. Mais aussi d’échapper au carcan imposé du chaperon ou de la duègne. En toute discrétion, de solliciter la conversation ou de répondre au larron ainsi émoustillé.


12273187072?profile=originalFemme à l’éventail (Après le bal, 1908)
Pablo Picasso

Musée de l'Ermitage, Saint-Péterbourg.

« Nous les Espagnols, c’est la messe le matin, la corrida l’après-midi, le bordel le soir. Dans quoi ça se mélange ? Dans la tristesse. »

                                                                           Pablo Picasso (1881-1973)

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     Sans chichi, sans flafla, ni lourd flabellum. Juste un léger, tout petit-petit triangle de tissu avec lequel on joue, qu’on plie et replie, qui déferle et papillonne dans un froufrou de dentelle devant le fringant fripon frissonnant.
Ainsi on pourra, dans le langage tel que codifié au XIXe siècle dont j’extrais ces cinq ou six conseils à la frétillante frivole :


Appeler à se montrer prudent,
en faisant tournoyer l’éventail dans sa main gauche :
Nous sommes épiés
Puis, le mettant devant son visage de la main gauche :
Si nous avions une conversation privée…
Alors, peut-être, l’éventail passant à main droite :
Suivez-moi !
Que déjà elle le porte à ses lèvres !
Embrasse-moi idiot !
Puis, le plaçant sur la joue droite…
Oui !…
Se pâme-t-elle aussitôt, emportée par le vent des soupirs…
… ?
Trop tard ! L’objet des désirs tournant dans la main droite :
J’aime un autre que vous !
Mon Dieu, quelle girouette, direz-vous ! Comme la plume au vent…
Mais que la coquette prenne garde, dans son courroux, de s’en battre l’œil !

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Avec pour tout langage

Rien qu’un battement aux cieux*

... Sans ambages, Maupassant, qui connaissait les vertus et ne s’en laissait pas conter par la première bécasse venue, se pavanant, se prenant pour Vénus, inscrivit :


Sur un éventail


… Je n’écrirai rien que mon nom ;
Pour qu’en vous éventant la face,
Votre œil le voie et qu’il vous fasse
Sous le souffle frais et léger,
Penser à moi sans y songer.
                                                                             Guy de Maupassant (1850-1893)

* Nota : les deux premiers vers sont empruntés à Stéphane Mallarmé (1842-1898)

A la parade, peut-être aurait-il été mieux inspiré s’il avait pensé à un de ses devanciers :


Cinq ou six soupirs, cinq ou six fleurettes,
Cinq ou six : Hélas, je meurs d'amour...

                                                                         Jean François Sarasin (1615-1654)

Bah, « Dans la douleur, les sentiments se déploient comme un éventail. Ce que l’on vit est terrible, mais décuple aussi les sentiments. »
                                                                                   Marie Deroubaix (1953-2011)

Car « Si les plaisir du corps sont si vifs, quels sont ceux de l’âme ! Je parle de cette tendresse pure, de ces goûts exquis qui semblent faire distiller la volupté goutte à goutte au fond de nos âmes. »

Julien Offroy de La Mettrie (1709-1751)

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Passant sur cette page, si cela vous a plu, déposez donc ici un petit mot.
Et retrouvez là mon premier billet à cet accessoire dédié :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-surprise-de-l-t-articles-de-fantaisie-et-mode-de-paris-1-4?xg_source=activity

Michel Lansardière (teste et photos)

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