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ÊTRE EN VIE...

Au fond de la mémoire

Quelques gouttes de sel

Reflet dans un miroir

D'un amour éternel!

Au creux de la poitrine

Un bruit désordonné

Quelques minutes divines

Que la vie sut donner...

Au bout des jours grisailles

Un soleil insolite

Et la vie qui tenaille

C'est la joie qui s'invite!

Au rendez-vous du temps

Oublier les dénis

Se fondre dans l'instant

Accepter le défi...

Être en vie...

J.G.

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administrateur théâtres

La ré-imagination au pouvoir !

L'amour intransigeant vs. la dictature? 

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Thierry Debroux a pris les armes, et des mousquetaires de taille : José Bresprosvany à la mise en scène et aux chorégraphies. A la musique,  c’est Laurent Delforge. Aux lumières séculaires et universelles : Marco Forcella. Aux costumes couleur terre : Bert Menzel. A la dramaturgie : François Prodhomme pour un partage de notre patrimoine universel : « Antigone » de Sophocle dans une sublime version contemporaine.  

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Re-création : Point de tenues gréco-romaines, ni de  décors encombrants, non plus ces tenues des années quarante qui ont fasciné Jean Anouilh ! Juste le limon, la terre et ses énergies vitales  et ce soleil, cette lumière  dont Antigone est si amoureuse, elle qui est au bord de la tombe qui mène au royaume des ténèbres. Et surtout une traduction du texte en grec ancien parfaite sous la plume harmonieuse de Florence Dupont, à part quelques écarts de langue familière !

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Le traitement des chœurs est une œuvre d’art en soi. On  peut y voir une dramaturgie  propre alors qu’il constitue  évidemment la respiration profonde et la structure de la pièce. La danse est le principal élément. Le ballet est réglé sur le mode éblouissant, comme dans nos souvenirs de Béjart et en même temps sur le mode an 2000 comme l’aiment nos jeunes adolescents.   La  troupe des 9  comédiens-danseurs  présente des chorégraphies  tracées au cordeau, extrêmement variées et d’une force de suggestion effarante au sens premier du terme. Se greffent sur ces jeux du corps une déclamation à l’unisson ou des dialogues incantatoires. Alternativement avec Tirésias transformé en coryphée,  l’exceptionnelle Coryphée féminine à la délicate diction - elle est aussi la mère d’Hémon -  mène le chœur avec une sensibilité poignante. C'est la très émouvante Isabelle Roelandt. Le garde et le messager se prêtent aux voix et aux mouvements pluriels.    Hémon, lui-même, le fils de Créon promis à Antigone, fait partie du chœur. Ismène, la sœur d’Antigone se fusionne dans le même ensemble. Il n’y a finalement que cinq danseurs de fond, tous magnifiques!  Et à chaque apparition, c’est comme si les personnages émergeaient et retombaient soudain de cette mer Egée, symbole de notre mouvante humanité,  qui se mire dans le ciel de l’Attique du 4e siècle av JC.

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 Car c’est l’humanité surtout qui entre en scène dans cette approche de l’œuvre de Sophocle. Une humanité  composée de toutes nos références culturelles de Jean Cocteau (1922) à Anouilh (1944), à Brecht (1948), à Henri Bauchau (1999).  Elle déclare fièrement : « Je ne suis pas née pour partager la haine, je suis née pour partager l’amour ».  Le personnage mythique d’Antigone questionne la loi des hommes et celle des dieux, les conflits entre la norme et la liberté,  le fossé des générations,  la lutte des sexes, le bien-fondé de la radicalité de l'amour,  la soumission aux valeurs fondamentales, prône en tout état de cause  la rébellion contre la dictature. Dans ce rôle, Héloïse Jadoul, assoiffée de justice se révèle être une héroïne attachante et adéquate. Son hypocrite relégation dans une tombe où elle sera enterrée vivante avec quelques vivres est une scène bouleversante. Et surtout son adieu déchirant à la lumière.  Jamais le rôle d’Hémon interprété par Toussaint Colombani n’a été aussi bouleversant. De prime abord, respectueux de la figure paternelle, il devient l’homme que l’amour d’une femme qui défend ses valeurs  galvanise et  enflamme,  pour le mener à son tour, sans la moindre crainte,  sur le chemin de la mort. Mais ainsi l'a décidé le destin! 

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Créon (Georges Siatidis), comme Antigone, ne fait jamais partie du chœur. Il est habité par la haine de quiconque lui résisterait!  En dictateur on ne peut plus crédible, il s’achemine quand même vers une conversion, hélas trop tardive.

Tirésias lui conseille (sous les traits et la belle voix de Charles Cornette) : "Fais sortir la fille du souterrain et puis, élève un tombeau pour le cadavre qui gît là-bas ! Créon : "Voilà la décision que tu me conseilles de prendre ? Tu veux que je me soumette ? J’ai du mal à m’y résoudre. Mais puisque j’en suis là ; j’y vais. Je l’ai enfermée, je la délivrerai!"

Mais ainsi parlent les forces de la Destinée,  jouées, chantées, clamées par le Choeur : « Que tu te caches dans une tour, que tu t’enfuies sur un vaisseau au-delà des mers, tu ne leur échapperas pas, il arrivera ce qui devait arriver». Le point culminant de la pièce est un point de non-retour. La tragédie doit se consumer jusqu’au bout. La loi non-écrite fondamentale dont le fondement remonte "à la nuit des temps" est celle de l'amour, à laquelle les dictateurs doivent, eux aussi, se soumettre. Créon admet enfin sa culpabilité et  restera seul à subir le désespoir devant l'hécatombe que lui seul a causé, lui qui, par  pur orgueil des puissants, et mépris des lois divines, a osé offenser l’ordre du monde souterrain, a osé braver la loi du  dieu des enfers, Hadès, le maître des morts. 

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La conclusion, nous l’avons entendue à l’ouverture du rideau : « Le bon sens avant tout donne le bonheur… » L’œuvre ainsi offerte et son illumination par le jeu des lumières, de la danse, de la parole et du feu théâtral est un miroir universel.  

Antigone au Théâtre du Parc du 19 janvier au 18 février.

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/57/42.html

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administrateur théâtres

Du Mercredi 11 au Dimanche 22 janvier PARCE QUE C’ÉTAIT LUI  “MONTAIGNE & LA BOÉTIE

Un texte à trois voix de Jean-Claude IDEE

 

Toutes les utopies ont engendré la violence...  

Surprise, enthousiasme, passion, philosophie, délices du corps et de l’âme, fraîcheur exquise,  la jubilation devant le jeu des trois larrons qui nous ont projetés avec tant de feu quatre cents ans en arrière,  et au bout,  l’envie folle de se procurer le livret si à propos  ou de revenir le lendemain pour re-savourer  à loisirs ce joyau du cœur et de l’esprit, contempler avec bonheur une perle de la scène !  Pendant ce court spectacle, bouillonnant d'esprit et de beaux costumes,  vous serez remués par la beauté de la langue, la justesse du propos, le ton comique et jouissif, la beauté des sentiments, la vérité des interrogations, la subtilité du discours ! Cinq étoiles et plus s’il y avait de la place dans le firmament de nos coups de cœurs pour la perfection de l'interprétation: Katia MIRAN, Emmanuel DECHARTRE, Dominique RONGVAUX !

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Jean-Claude Idée s’est attaqué à une œuvre maîtresse du capital culturel mondial : les Essais de Michel de Montaigne et aux doutes qui hantent son auteur. Il raconte des épisodes de la vie passionnante de Montaigne, l’homme des missions diplomatiques impossibles entre Catherine de Médicis, le duc de Guise, Henri III et le jeune Henri de Navarre. Il met en relief la  trahison ressentie vis-à-vis de son meilleur ami, Etienne de la Boétie, décédé à la fleur de l’âge, et  dont il a omis volontairement de publier les écrits comme il l’avait promis. Il  estimait que ce texte, le Discours de la servitude volontaire par Étienne de La Boétie (1549) était un véritable brûlot révolutionnaire  risquant  de ruiner une France déjà dévastée par 30 ans de guerres de religion sanguinaires.

... Il est « devenu le prince des accommodements » enrage le fantôme d’Etienne qui ne cesse de le hanter. Etienne l’accuse vertement d’avoir pondu 3 essais de 1000 pages narcissiques sur l’éloge du « rien ! » ... Philosopher n’est pas poétiser.  Montaigne  estime qu’Etienne, tout en voulant revenir aux valeurs d’origine de la société gréco-romaine,  pense plus loin que la république, souhaite une insurrection chronique, rêve d’une société libertaire. Il refuse de faire l’éloge de la violence. Seule la réconciliation peut éteindre les guerres. Etienne bataille pour une pensée neuve et radicale menant à la désobéissance générale.

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« L’amazone est une philosophe » raille Etienne ! La très jeune et pétillante  femme savante Marie de Gournay - la première grande féministe française - travaille pour gagner sa vie et se met au service d’un homme dont elle est tombée doublement amoureuse: pour les mots, d’abord, pour la chose ensuite. Elle fait son enquête et cherche à comprendre pourquoi Montaigne n’a pas publié le texte de son ami dans ses essais. Elle n’attend rien des autres hommes et veut tout de lui. Y compris un enfant, ou alors une tonne de souvenirs qui seront toute sa vie ! Et elle veut changer la société, abattre les privilèges. Tabula rasa. Tout comme Etienne ! Tiens, tiens !

Marie «Tu es le frère de tous les hommes, je suis la fille de ton âme ! » 

Etienne «  Quelle dérision, tu es mon pire ennemi ! »

Michel « Il y a quelque chose de « nous »   dans chaque français » 

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http://www.comedievolter.be/parce-que-cetait-lui-montaigne-la-boetie/

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PARIS - BRUXELLES...

Paris - Bruxelles, c'est un trajet

De quelques heures qui raccourcissent

Au fil du temps, comme un jouet...

En attendant que tout finisse.

Défilent l'enfance, l'adolescence

Et quelques minutes glorieuses

Déjà la maturité danse...

De ce ballet qui rend peureuse.

Paris - Bruxelles, mes deux amours

Si différentes mais si belles!

Indissociables pour toujours

Fortes même meurtries, et éternelles!

De quelques strophes veux vous chanter

Car quand la vie coulait en eaux...

Sur vous je me suis adossées

J'ai pu garder le goût du beau...

J.G.

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Une immersion cauchemardesque

  

Propos

Quand un élu, dans un pays,
Pour le gouverner est choisi,
La fête l'honorant est telle
Qu'il la suppose exceptionnelle.

Lors des grandes cérémonies,
On préconise l'harmonie.
Les oeuvres éternellement belles
Aux gens émus donnent des ailes.

Y rayonne aussi de la joie,
En bouffées parfumées parfois,
Ou en éclats de poésie
Qui renouvellent l'énergie.

En ce jour, aux États-Unis,
Un président fut investi.
Un vent de foi étourdissant
Perdura, devint agaçant.

Insupportable malveillance
Mais aussi manque de prudence.
Laissa à penser cette fête
De dévots priant à tue-tête.

20 janvier 2017

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administrateur théâtres

 Envie de rire ? En piste, trois petites gueules bien sympathiques Bertrand FOURNEL (Jean), Suzanne ELYSÉE (Juliette), Grégory COMETTI (Quentin).   Le vaudeville frénétique en forme de spirale met en scène Jean et Quentin, deux homos banalisés (et assez pathétiques…) et  Juliette une  lesbienne fougueuse et  vivifiante, à l’esprit libre et  totalement craquante.  L’envie folle  d’avoir un bébé  dévore ces messieurs depuis  bientôt trois ans et  ils sont prêts à commander à une mère porteuse trouvée sur  Internet, un rejeton, sans imaginer une seconde qu’ils pourraient se retrouver avec une rejetonne !

Cherchez l’arnaque, il y en a une au moins! Tout a l’emprunte du faux dans ce futur jeu du papa et de la maman…à trois. Les identités se dévoilent peu à peu malgré les savants maquillages.  Chacun voit trembler  les façades inventées de son château de cartes. On plonge alternativement  dans  l’hyper-réalisme et dans  le surréalisme total ! Cause évidente de rires.

 Donc, Quentin, le jeune mignon à chemise bariolée qui présente la météo sur Energie Douce,   cohabite avec  Jean, un policier profiler mal dans sa peau et mal à l’aise dans toutes les situations…  Dur dur, même de servir le thé sans  le renverser sur le tapis rouge! Rapidement hors-jeu,  irascible, et coincé à mort, il avoue assez marri  «  Ce soir, ça va pas la faire… »! Palabres sur qui sera celui qui «  devra mettre la graine dans la machine ! » Bonjour le sexisme !  La  gamine sexy en diable est d’une patience d’ange. Pourtant c’est elle qui mène  le jeu de pigeons ! Le texte est criblé de clichés, et crache  des déluges de vrai et de faux. On frôle le délire de la famille Adams !

Le décor est d’une banalité confondante,  voulue sans doute. Le sac et la blouse de Juliette sont assortis aux tons violacés des murs. Une vague fenêtre, quelques portes grises prêtes à claquer, un divan profond deux fauteuils un tapis rouge vif assorti aux couchers de soleil et palmiers chromos de salle d’attente  sur les murs en constituent l’essentiel. Le jeu physique plus que verbal des mecs fait rire … comme dans les comics. Un leitmotiv rampant : « c’est pas moi, c’est lui » traque le manque d’envergure et la lâcheté des deux mecs mais la  fille  sauve le tout, et le bébé avec!

Et toujours envie d'aller  au théâtre au Centre Culturel d'Auderghem qui programme de succulents spectacles parisiens! 

Footnote... Il faut savoir s'inventer des rêves!  

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http://www.ccauderghem.be/saison-2015-2016/paris-theatre.html

Une pièce de Fabrice BLIND, Michel DELGADO, Nelly MARRE, Carole FONFRIA
Avec Bertrand FOURNEL (Jean), Suzanne ELYSÉE (Juliette), Grégory COMETTI (Quentin)

Centre Culturel D'Auderghem

Boulevard du Souverain 183, 1160 Bruxelles

Le guichet est ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h à 15h , le mercredi de 13h à 17h et le samedi de 10h à 14h.
Réservation par téléphone : lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 17h, le mardi de 11h à 15h et le samedi de 10h à 14h.

02 660 03 03

 

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12273200479?profile=originalFresques de l’ancienne église patriarcale de Veliko Tarnovo (détail, 1981)

      S’il est des mystères que l’on ne saurait percer, continuons néanmoins à livrer quelques clefs.
Bien qu’animé par le sens de la narration historique, Sokerov n’est pas un peintre d’Histoire à proprement parler. Mais nécessité de la commande fut ici sa loi, sa profession de foi.
Mais ici, la Matière, œuvre du Démon, aurait-elle transgressée l’Esprit, l’œuvre de Dieu ?
L’iconostase, qui sépare la Terre du Ciel, le fervent de l’officiant, doit-elle pour autant nous priver de l’extase ?!

12273200857?profile=originalDamnation éternelle, le Ciel n’est jamais loin de l’Enfer
Prédelle (et de Toi mon Dieu) de la fresque « Célébration de la Ste Vierge Marie »
Entrée centrale de l’église principale du monastère de Rila.

Et faut-il pour cela brûler Sokerov ? le soumettre à l’ordalie ?


       Afin d’illustrer mon propos, je me contenterai de vous en conter un épisode oublié et spécifiquement bulgare. C’est l’histoire édifiante, triste et sanglante de l’hérésie bogomile…

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      En 864, l’Etat bulgare, fondé en 681, fut converti au christianisme orthodoxe sous le règne de Boris 1er, khan puis tsar de 852 à 889, qui la déclara religion officielle*1.

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Le pays prospère et connait son « siècle d’or » avec Siméon 1er le Grand, qui régna de 893 à 927, abandonne la capitale païenne de Pliska, prenant pour capitale chrétienne Veliki Presla.

12273201098?profile=originalSiméon 1er (864-927)
« Beach’art » au bord de la Mer Noire
(digue de Primorsko ; artiste non identifié)

Mais en 1018 la Bulgarie est conquise dans le sang par Byzance. Et connait des conflits internes autour d’une nouvelle hérésie, le bogomilisme…
       Les Bogomiles doivent leur nom au pope Bogomil, l’ami de Dieu, aux idées si bien arrêtées que, forcément, il ne pouvait rester en odeur de sainteté. Pour lui et ses disciples, pas de nuances, il y a le Bien (Dieu) et le Mal (Satan), point final, et le monde matériel tout entier est l’œuvre de Satan, point de salut. Plus dualiste tu meurs.
Ils prescrivaient l’ascèse totale et rejetaient la hiérarchie ecclésiastique officielle et son rituel. Ils connurent un certain écho. Voilà même que ces idées se répandirent comme oint béni sur un bas clergé prêchant contre l’autorité, les riches et les puissants. Et c’est là que le bât blessait. Mauvais Bougres (du bas latin Bulgarus, Bulgares !) pour l’autorité civile, sectaires et hérétiques pour l’autorité religieuse. Tant et si bien qu’en 1118, le prédicateur Vasili finit sur le bûcher, les traités du culte détruits, les derniers adeptes expulsés après le concile de Tarnovo en 1211.

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Ils essaimèrent. On les retrouva en Bosnie, où ils adoptèrent la religion musulmane, en Italie, avec les Patarins, dans le sud de la France, chez les Albigeois, autour de Bugarach, sur le sentier cathare… Ils s’y fondirent, subirent de nouvelles persécutions, mis au ban, puis disparurent.
Et on les oublia.

Trêve de vaine casuistique, de querelles byzantines !
Le souffle de l’Histoire ne s’accorde pas toujours bien avec le rigorisme religieux. Si des mystères demeurent, point de sacrements*2.

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      L’œuvre de Sokerov n’est pas un brûlot (et j’en connais de ces « brûlots », brandis par certains clowns, qui ne sont pas même des escarbilles), la controverse purement théologique, et ne requière pas la restauration d’un tribunal de la Sainte Inquisition. Elle est profondément ancrée dans l’histoire tourmentée de son pays, éclairante et tournée vers son avenir européen.

Une Europe que l’on souhaite libre, fraternelle et pacifiée. L’art, quel qu’il soit, devant y contribuer et animer la réflexion historique, ouvrant la voie du progrès. Et ces fresques sont un peu pour Sokerov et la Bulgarie ce que fut La liberté guidant le peuple pour Delacroix et la patrie, une allégorie.

" L’homme porte dans son âme des sentiments innés qui ne seront jamais satisfaits par les objets réels, et c’est à de tels sentiments que l’imagination du poète et du peintre donnera forme et vie."
                                                                                 Eugène Delacroix (1798-1863)

Une égérie dépoitraillée que l’on jugea de mauvais goût, pire, subversive, devenue une icône, un manifeste, un drapeau national sur les tours de Notre-Dame.
Osons, et poussons le parallèle un peu plus loin.
      Pour sa Liberté, avec « Cette tête sans caractère, ce corps à demi nu, ce sein déformé, dont les carnations sont flétries, ]qui[ ne répondent certainement ni à la pensée du peintre ni à l’idée que nous avons de la liberté noble et généreuse qui a triomphée le 28 juillet » selon le Moniteur universel après son accrochage au salon de 1830, Delacroix s’est inspiré du modèle grec. La Grèce libérée de l’occupant turc la même année. Il faut dire que l’émotion suscitée en Europe fut forte après le massacre de Chios de 1822 (cf. un autre tableau célèbre, Les massacres de Scio de 1824, du peintre). Et grande la soif d’indépendance. Ainsi la Bulgarie sera délivrée du joug ottoman en 1878.

« Au sein de l’Europe renaissait un peuple fameux. »
                                                                                        Guerrier de Dumast, 1822

Il suffit parfois d’artistes de cette détrempe-là ! Des artistes capables d’une vision, pas de produire de simples vues ou de fumeuses installations et autres performances, de fulminer une bulle !

« La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements.
C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. »
                                                                                       Pablo Picasso (1881-1973)

Porteuse de lumière, gardienne de la démocratie.
      Toutefois, à la fin des années soixante-dix, la République populaire de Bulgarie est toujours tenue d’une main de fer par le vieux président Todor Živkov. Mais sa fille Ludmila, indépendante, ouverte, mystique et peu appréciée du grand frère soviétique, lève un vent de libéralisation dans le monde culturel dont elle devint la grande prêtresse. Elle meurt, assez mystérieusement, à trente-neuf ans. Le parapluie s’est refermé.


« L’étymologie même de la notion de culture est un hommage à la lumière, ]…[ qui fait avancer la nature et l’homme vers les marches de l’évolution. »,
                                                                                   Ludmila Živkova (1942-1981)


      Dans ce contexte, on remarquera dans la peinture de Sokerov, cette ambiguïté et ce savant mélange, réalisme socialiste, douceur et tradition des icônes, modulations plastiques, traitement en grisaille et larges aplats pour les épisodes dramatiques… Son chromatisme s’accorde aux méandres de l’Histoire. Il adopte tous les styles pour mieux les interpréter, tout en gardant sa personnalité, son modernisme. Sa palette semble embrasser tous les styles et toutes les époques pour mieux les traverser, les transcender.

12273203487?profile=originalSortir du cadre, voir au-delà…
(Sculpture érigée en hommage à Tsanko Lavrenov, peintre bulgare, Plovdiv)

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume.
                                                                                            Jean Ferrat (1930-2010)

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      Quant à Sokerov, sans angélisme ni iconoclastie, sans même un repentir, il poursuit, en quête d’équilibre, rythme et beauté.

« Un ordre est harmonieux qui ne laisse rien au hasard »
                                                                                   Thomas d’Aquin (1225-1274)

Mais si on pense le mettre à l’Index, on se fourre le doigt dans l’œil.
      D’un coup, j’y songe… Peut-être eût-il fallu, pour trancher ce nœud gordien qui nous préoccupe depuis le début, un nouveau Daniele Ricciarelli da Volterra …?

En l’an 1564, quelques vingt ans après sa réalisation et à la veille du décès du divin Buonarroti, cet ancien collaborateur de Michel-Ange - et quand on sait qu’il fut l’élève de Sodoma - jeta, à la demande de la congrégation du concile de Trente, un voile pudique sur les parties honteuses du Jugement dernier de la Chapelle Sixtine. Pour sa peine et ses repeints il y gagna le sobriquet d’Il Braghettone, « le Culottier » ! Convenez que pour sa renommée, les trompettes sont depuis bien mal embouchées.

Alors, profane, Teofan n’en a cure.


« Oh sort inique, si le temps doit corrompre et détruire aussi ceci ! »
                                     Le Titien (ca 1490-1576), à propos du Jugement dernier.

      Pourtant, je vous le dis, Le chemin assuré de paradis passe par la renonciation de la volonté à regarder les femmes, comme l’écrivait en 1627 le capucin Alexis de Salo avec l’approbation de son supérieur Vincent de Caravage. Car, précise-t-il dans son chapitre, « L’appétit du plaisir qui est en la chair (dit le grand Saint Basile) sort comme d’une source, se dilate par tous les sens et touche les yeux comme avec certaines mains incorporelles tout ce qui est à son gré ; et ce qu’il ne peut des mains, il l’embrasse des yeux. »
Concomitamment, Jean Polman, chanoine théologal de Cambrai, on est plus à une bêtise près, surenchérit dans Le chancre ou le couvre-sein féminin, dont j’extraie ce dantesque et haletant morceau d’anthologie :
« Les mondains, les charnels, les enfants de Babylone dardent des regards lascifs vers le blanc de cette poitrine ouverte ; ils lancent des pensées charnelles entre ces deux mottes de chair ; ils logent des désirs vilains dans le creux de ce sein nu ; ils attachent leur convoitise à ces tertres bessons ; ils font reposer leur concupiscence dans ce lit et repaire des mamelles et y commettent des paillardises intérieures. »


Quelle peinture de mœurs ! Frères, serait-on dans le vestibule de l’enfer ?
Par Sainte Agathe*3, dire que je n’invente rien !

Pauvres prêcheurs… Charité, vertu théologale d’amour, figurée dans l’art par toutes les Maria Lactans et autres Galaktotrophousa*4, ne passera pas par ces prélats-là.

D’ailleurs, afin de mieux expier, je laisse le mot de la fin à l’inénarrable abbé Jacques Boileau (1635-1716) qui nous purge en égrenant son chapelet :
« Les femmes ]…[ par la nudité honteuse de leur gorge, de leurs bras, de leurs épaules ]…[ font ainsi triompher le démon dans les lieux mêmes destinés au triomphe de Jésus-Christ. », De l’abus des nudités de gorge.
Ironie de l’histoire, la Vierge pourrait bien corriger ces trois faux témoins de moralité à confesse. Un épilogue qui ferait bien rire Breton, Eluard et Ernst*5.

Bon, la peinture de Sokerov leur a pas plu, n’en parlons plus.
Enfin, moi, sous la torture, pour ne pas être cloué au pilori, ne pas être déclaré laps et relaps, j’avouerai que cette œuvre c’est quand même païen.


Quant à vous, vous pouvez retrouver mes deux premiers billets dédiés à cet artiste avant de vous prononcer :


Un monstre de la peinture moderne :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/teofan-sokerov-un-monstre-de-la-peinture-moderne-1-3

Une histoire contemporaine :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/sokerov-une-histoire-contemporaine-un-monstre-de-la-peinture

Michel Lansardière (texte et photos)

*1 Ce qui posa quand même un problème, auquel se dévouèrent les frères apôtres du verbe bulgare Cyrille et Méthode. En effet, la messe est alors dite en grec. Or, le peuple ne parle pas cette langue. Nos deux moines savants mirent donc au point un système de transcription en slavon, l’alphabet glagolitique, qui, simplifié, donna l’alphabet cyrillique, leur valant la vénération des fidèles et qui connaîtra une large diffusion puisqu’il fut adopté jusqu’en Mongolie, en 1941. « Progrès faciles grâce à la méthode à Cyrille. »
*2 Mystères et sacrements ont la même origine, les chrétiens ayant d’abord employé le mot « mystère », mysterium, puis le mot sacrement, sacramentum, « serment ». Même rapprochement pour bougres et Bulgares, qui ont la même étymologie, comme nous l’avons déjà vu. Si les sacrements sont administrés par l’église chrétienne, apostolique et romaine, pour les plus orthodoxes les mystères demeurent. Quant à boule de gomme

*3 Agathe de Catane, vierge et martyre, se vit sur le chevalet arracher les seins pour s’être refusée au puissant proconsul Quintien. Depuis les femmes outragées s’en recommandent. Elle est abondamment représentée en peinture, notamment par Zurbarán, Bellegambe, della Francesca, del Piombo, Tiepolo… et vénérée aussi bien par les Eglises orthodoxe que romaine.

*4 Vierge allaitante que l’on trouve aussi bien dans l’iconographie chrétienne d’Occident (Van Eyck, Van der Weyden, Rembrandt, Campin, Mabuse, Michel-Ange, Crivelli, Fouquet, Baldung, Le Greco…) que d’Orient (icônes grecques, turques, russes, chypriotes…). Charité que l’on retrouve dans l’Allégorie du bon gouvernement, telle une figure de proue torse au vent dominant l’effigie centrale, cette fresque de Lorenzetti du Palazzo Publico de Sienne. Tandis que dans les Effets du mauvais gouvernement règnent vices et Division. Sienne, Commune Saenorum Civitatis Virginis, ville de la Vierge.

« Ô glorieuse Dame

Assise plus haut que les étoiles

Tu donnas à ton Créateur

Le lait de ta sainte mamelle. »,

Venance Fortunat (530-607).

Subséquemment, ces directeurs de conscience, comme le caporal casse-pompon, cagots et militaires, aussi bien que punaises de sacristie, peuvent aller se faire lanlaire !

*5 Ce dernier réussit à être excommunié par l’Eglise catholique pour sa toile de 1926 La Vierge corrigeant l’enfant Jésus devant trois témoins, cités à comparaître, et exclu du groupe surréaliste en 1954 par le pape Breton ! Messieurs les censeurs, il est libre Max !


Nota : la documentation sur Teofan Sokerov étant quasi-inexistante, son interview par Zheni Vesilinova pour Europost en 2013 m’a servi de fil rouge. Mais, prêt à en découdre, je l’ai souvent perdu ! Alors, quoique méthodique, j’ai brodé (au point de croix).

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administrateur théâtres
FÉV 8 20:00  RÉCITAL  de STÉPHANE DEGOUT
CHANSONS MADECASSES
Mélodies de Francis Poulenc & Maurice Ravel CONSERVATOIRE ROYAL DE BRUXELLES
“Degout, a wonderfully patrician singer with a handsome, ringing tone, has an innate charm that can turn to menace in a flash: it’s a superbly accomplished characterisation.”
(
The Guardian)
 
Avec les Chansons madécasses de Maurice Ravel (1875-1937), écrites entre 1925 et 1926, Stéphane Degout nous fait entrer dans le monde exotique des îles de l’Océan indien du XVIIIe siècle, revu par un compositeur français du XIXe.
Le poète et voyageur Évariste de Parny avait publié en 1787 un recueil de textes en prose tirés de chansons malgaches. Bien qu’il ne connût pas l’île de Madagascar, il en donna une vision simple et aimable, dénonçant sévèrement les méfaits de la colonisation. Maurice Ravel en sélectionna trois sur lesquels il composa une musique extrêmement dépouillée pour baryton, flûte, violoncelle et piano. « C’est une sorte de quatuor où la voix joue le rôle d’instrument principal. La simplicité y domine. » écrivit-il dans son Esquisse biographique.
Nahandove et Il est doux sont des mélodies délicates, sensuelles et érotiques, Aoua une vigoureuse dénonciation de l’exploitation et de l’esclavage. Il affirma dans une interview tardive que ces trois chansons étaient parmi ses favorites.
Sur le même principe, Ravel mit en musique les petites Histoires Naturelles de Jules Renard en 1906. Ces scénettes à l’humour quelque peu étrange et à la prosodie volontairement simpliste avaient provoqué une certaine désapprobation le jour de leur création. Pourtant, cette faune si familière – Le Paon, Le Grillon, Le Cygne, Le Martin-pêcheur, La Pintade – prend des allures de fantastique basse-cour émouvante et fragile que la musique sait merveilleusement poétiser. « Mon dessein n'était pas d'y ajouter, mais d'interpréter » aurait dit le compositeur.
Des propos que l’on peut prêter tout aussi bien à Francis Poulenc (1899-1963) lorsqu’il entreprend en 1919 de composer son propre Bestiaire sur des poèmes de Guillaume Apollinaire. Là encore, il s’agit d’animaux – Le Dromadaire, La Chèvre du Thibet, La Sauterelle, Le Dauphin, L’Écrevisse, La Carpe – dont la banalité est transfigurée par la poésie des mots et des notes. Ces petits textes charmants et ironiques offrent à Poulenc l’occasion d’un exercice musical où s’exprime sa profonde tendresse pour la vie et ses aléas. L’accompagnement originellement prévu se composait d’une flûte, d’une clarinette, d’un basson et d’un quatuor à cordes.
Apollinaire fut une source d’inspiration inépuisable pour Poulenc qui mit en musique nombre de ses poèmes. Le poète français reste le fil rouge des mélodies qui composent la suite du programme avec Calligrammes (L’Espionne ; Mutation ; Vers le Sud ; Il pleut ; La Grâce exilée ; Aussi bien que les cigales ; Voyage) daté de 1948, les Quatre poèmes (L’Anguille ; Carte-Postale ; Avant le Cinéma ; 1904) datés de 1931, Banalités (Chanson d’Orkenise ; Hôtel ; Fagnes de Wallonie ; Voyage à Paris ; Sanglots) daté de 1940, ainsi que Montparnasse et Hyde Park composés en 1945.La langue d'Appolinaire trouve avec Poulenc un interprète en parfaite synergie avec cette ironie aux accents faussement naïfs et voilée de nostalgie caractéristique du poète. Des mélodies qui, pour Poulenc, devaient parler pour elles-mêmes et être chantées sans emphase.
Viendra s’adjoindre à ce programme le trio de Kaija SaariahoCendres, pour flûte, violoncelle et piano, qui lui fut inspiré par son double concerto …à la fumée et qui vient apporter une note plus grave à ce joli moment de plaisir fantasque.

 

S’il est un artiste dont le parcours révèle toute l’exigence de qualité, c’est bien Stéphane Degout qui était récemment l'invité de La Monnaie à Flagey pour un splendide récital* et une remarquable interprétation du Poème de l’amour et de la mer de Chausson. Ce chanteur et acteur d’exception, qui n’est jamais si à l’aise que sur une scène, a déjà treize rôles à son actif à la Monnaie où son talent dramatique et l’opulence de son timbre lui ont permis toutes les audaces.
Cela n’exclut pas pour autant le plaisir du récital chez ce grand mélodiste, qui, confronté à l’intimité du genre, sait parfaitement se mettre au service de la musique et de l’expression des sentiments, et transmettre avec une finesse remarquable la poésie de la langue et son alliance parfaite avec la mélodie. Des qualités qui devraient faire des étincelles dans ce nouveau récital dédié aux mélodies de Maurice Ravel et Francis Poulenc, que le baryton français présentera le 8 février au Conservatoire Royal de Bruxelles.

Avec la complicité de trois musiciens de grand talent, le pianiste Cédric Tiberghien, le violoncelliste Alexis Descharmes et le flûtiste Matteo Cesari, il a composé un ensemble très significatif de ces deux compositeurs qui se défiaient de tout romantisme et se dissimulaient souvent derrière l’humour et la légèreté.  

Cédric Tiberghien se produira également à Flagey dans le cadre du Flagey Piano Days du 9 au 12 février 2017

 


*Alain Altinoglu Requiem & Poèmes: Debussy, Chausson, Fauré Nov 26th 2016 Concert La Monnaie De Munt

 

Baritono - STÉPHANE DEGOUT
Piano - CÉDRIC TIBERGHIEN
Violoncelle - ALEXIS DESCHARMES
Flûte - MATTEO CESARI
 

 PROGRAMME
 
Francis Poulenc (poèmes de Guillaume Apollinaire)
Le Bestiaire
(Le Dromadaire ; La Chèvre du Thibet ; La Sauterelle ; Le Dauphin ; L’Ecrevisse ; La Carpe)(1948)
Montparnasse (1945)
Hyde Park (1945)
Calligrammes (L’Espionne ; Mutation ; Vers le Sud ; Il pleut ; La Grâce exilée ; Aussi bien que les cigales ; Voyage) (1948)
Quatre poèmes (L’Anguille ; Carte-Postale ; Avant le Cinéma ; 1904) (1931)
Banalités (Chanson d’Orkenise ; Hôtel ; Fagnes de Wallonie ; Voyage à Paris ; Sanglots) (1940)

Kaija Saariaho
Cendres (Trio pour flûte, violoncelle et piano) (1998)

Maurice Ravel
Chansons Madécasses (poèmes d’Évariste Parny) (1925-26)
 ( « Nahandove, ô belle Nahandove » ,« Il est doux de se coucher »
 ; Aoua )
Histoires Naturelles (textes de Jules Renard)
 (Le Paon ; Le Grillon ; Le Cygne : Le Martin-pêcheur ; La Pintade) (1906)
INFORMATION GENERALE
REPRÉSENTATION 
8 février 2017 - 20:00
 
CONSERVATOIRE ROYAL DE BRUXELLES
30, Rue de la Régence – 1000 Bruxelles
 

PRODUCTION De Munt / La Monnaie
COPRÉSENTATION Bozar Music
INFO & BILLETS
+ 32 2 229 12 11
MM Tickets, 14 rue des Princes, 1000 Bruxelles
www.lamonnaie.be - tickets@lamonnaie.be
 
PRIX
10 € à 44 €

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administrateur théâtres

 play_461_k57a1483.jpg"Vous désirez quelques notes biographiques sur moi et je me trouve extrêmement embarrassé pour vous les fournir ; cela, mon cher ami, pour la simple raison que j'ai oublié de vivre, oublié au point de ne pouvoir rien dire, mais exactement rien, sur ma vie, si ce n'est peut-être que je ne la vis pas, mais que je l'écris. De sorte que si vous voulez savoir quelque chose de moi, je pourrais vous répondre : Attendez un peu, mon cher Crémieux, que je pose la question à mes personnages. Peut-être seront-ils en mesure de me donner à moi-même quelques informations à mon sujet. Mais il n'y a pas grand-chose à attendre d'eux. Ce sont presque tous des gens insociables, qui n'ont eu que peu ou point à se louer de la vie."

La  Salle des Voûtes du théâtre le Public accueille un  portrait éclaté de Luigi Pirandello (1867-1936) à l’aide de  figures emblématiques  issues  des nouvelles  de l’écrivain sicilien : « Je rêve, mais peut-être pas », « Ce soir on improvise », « L’homme à la fleur à la bouche ».  Une petite suite de cauchemars interprétée avec  talent de rêve par un trio de  comédiens capables d'allumer et de  projeter à merveilles ces personnages de l’absurde : Axel de Booseré, Jean-Claude Berutti (mise en scène et adaptation ), Christian Crahay (en alternance avec Lotfi Yahya) et Nicole Oliver.

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Une fois donnés en pâture au public, les thèmes  iront se balancer librement dans son imaginaire,  lui qui devient, s’il se laisse faire,  créateur à son tour,  tout autant  que l’est le metteur en scène lorsque celui-ci  construit sa rencontre avec le texte. Le fil rouge c’est un outrecuidant chef de troupe à la Berlinoise nommé Hinkfuss.

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Théâtre dans le théâtre, que voit-on sur l’écran noir de nos nuits blanches ?  L’amour, la jalousie, la possession, la dispute.  Le mystère ou le rêve dans la voix de cette femme voilée comme dans les tableaux de Magritte ? L’inversion des rôles puisque c’est Luigi qui fut en butte à la jalousie morbide de sa femme ? Un credo : l’énergie de l’acteur libère les doutes, les mensonges, les tricheries, la cruauté. La tyrannie des conventions sociales.  La fourbe tyrannie du mâle : « Il voulait lui faire une surprise…» La robe de strass couleur rubis alanguie sur le tapis vert de la salle de jeu ou sur la méridienne verte  flanquée d’un pouf  répond mollement, absente de l’embrasement, tout à son désir d’un collier de perles et à ses rêves d’amants. Le drame couve. Soudain la comédienne  prend le pouvoir et explose les artifices…à la manière d’Alice.Lewis Carroll? Déchaînement!   

Dans la tentative d’une représentation impossible, il n’y a néanmoins  pas de couture apparente entre les pièces accolées du jeu de miroirs…comme chez  Picasso et les autres de la même époque.

Heureux qui communique : on suit sur l’écran noir et blanc  le visage, le regard de Mommina, devant une fenêtre ouverte sur un paysage, Magritte encore. Rico, Le mari qui la séquestre  referme la fenêtre. Il ne veut plus qu’elle pense ou pire, qu’elle rêve. Prisonnière, elle lui échappe même s’il la brutalise.   Ses sœurs, restées libres font scandale: elles chantent en public. Pendant qu’elle raconte à ses deux fillettes, l’histoire de cet opéra qu’elle chantait avec sa famille, des souvenirs heureux ressuscitent sous forme de marionnettes. Bonjour les géants de la Montagne !  Elle se met à chanter et meurt devant ses filles, sous l’émotion qui l’étouffe. Rico Veri la découvre morte  et  repousse le cadavre du bout du pied. Cruauté : Il l’a trompée en allant  seul à l’opéra voir  l’œuvre chantée par une de ses jeunes  sœurs, Totina restée libre. Paradoxe de la comédienne : elle n’a plus de souffle et n’arrive pas à mourir… Le cauchemar ! Poignant.

4130556538.jpgOn s’égare encore, l’ombre de  Delvaux  ou de Marceau se profile-telle ?  Chargé de cadeaux pour sa famille,  un  personnage  plein de certitudes a raté son train de trois minutes. Il rencontre ce  malade qui porte une fleur funeste à la bouche…dévorante comme le nénuphar dans  l’Ecume  des jours.    Il  a besoin de s’attacher à la vie de gens qu’il ne connaît pas, pour ne pas mourir. «  Moi Monsieur, je m’accroche à la vie par l’imagination. J’imagine la vie des gens que je ne connais pas et c’est bon pour moi ! La vie on l’oublie quand on la vit … mais la vie Monsieur  … la vie … surtout quand on sait que c’est une question de jours … »  Cauchemar. Edgar Poe es-tu là ? Non c’est Pirandello, Luigi de son prénom. Paradoxal de son surnom.

Freud enfin, es-tu là ? Ou Marcel? "Dans les personnes que nous aimons, il y a, immanent à elles, un certain rêve que nous ne savons pas toujours distinguer mais que nous poursuivons."Le temps retrouvé. Voilà la visite de la mère, morte, coiffée d’un large chapeau impressionniste voilé. Scène où  le  fils  pleure sa propre mort en elle. Désespoir de la solitude. Pour elle il ne sera plus jamais le fils ! Elle ne peut plus jamais le penser comme il la pense! Bouleversant.

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Très beau théâtre de réflexion sur l’incommunicabilité, vibrant de références, foisonnant  de vitalité scénique et esthétique… toutes choses qui ne peuvent laisser indifférent. Art is life. Dixit Kandinsky. 

https://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=461&type=1

          

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"ETIENNE DRIOTON, un savant du XXe siècle au Service de l'Egypte"

Il fut le dernier Français à occuper la haute fonction de Directeur Général du Service des antiquités d'Egypte, au Caire. Il disparaît victime d'une longue maladie le 17 janvier 1961. Le monde de l'égyptologie est en deuil.

Les hommages de l'ensemble des savants sont à la mesure de l'admiration qu'ils ont pour l'oeuvre du maître...c'est ainsi que le Professeur Jean Leclant écrivait "rarement carrière aura été plus complète que celle du chanoine Etienne Drioton (...) Chercheur, professeur, administrateur, conférencier, maître éminent en philologie aussi bien qu'en archéologie, critique d'art nuancé autant qu'exégète pénétrant de la religion, il a travaillé dans tous les domaines de l'égyptologie depuis les Textes des Pyramides jusqu'aux études coptes, où son apport a été de la plus grande importance"

  extrait de "Etienne Drioton, l'Egypte, une passion" Ed G. Louis Haroué.

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LE SOURIRE...

Toi et moi

Le hasard

Un regard

Une joute

Un doute...

Toi et moi

Fi de l'ennui

Des soucis

Sans lien

Être bien!

Toi et moi

Renier

Le passé

Un baiser

Et s'aimer...

Toi et moi

Improbable

Impensable

Très très fou

Mais si doux!

Toi et moi

Dans le vent

Face au temps

Apaisés

Magnifiés...

Toi et moi

Quant la nuit

Eblouit

Juste sourire

De plaisir!

J.G.

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Ces partenariats prennent fin maintenant. En effet le temps des vacances arrivant, leur suivi ne saurait continuer à être assuré. Ils reprendront en décembre, le temps de faire le point sur cette expérience.

Je me dois de remercier tout particulièrement Liliane Magotte que j'avais désignée comme administratrice des partenariats.

Cette tâche fut remplie par elle à la fois avec intelligence, maestria, une disponibilité et dévouement sans faille aux multiples demandes des participants et surtout une profonde diplomatie, bien nécessaire quelquefois, toutes les exigences n'étant pas recevables, vu les critères d'absolue qualité imposés à ce genre d'aventure.

Vous trouverez ci-dessous tous les billets de partenariats recencés par Liliane Magotte, une tâche qui fut fort lourde à remplir et qui lui prit plus de deux heures par jour, et pour laquelle il nous faut lui être infiniment reconnaissants.

Tous les noms des participants mentionnés dans cette liste méritent aussi nos meilleurs remerciements pour avoir fourni des communications d'une impeccable excellence, qui leur a valu de mériter le sigle de qualité des partenariats.

Enfin, je joins à ce billet le livret contenant l'ensemble de ces partenariats, une petite édition de 75 feuillets pour se remémorer ces belles pages livrées avec générosité par ceux qui se sont associés à l'aventure.

Robert Paul fondateur et administrateur général du Réseau Arts et Lettres

 

Voir en plein écran

 

 

"Songe d'une nuit d'été "

Partenariat poésie-peinture de Joelle Diehl et Liliane Magotte

 

 

" Lunes fortunes "

Partenariat poésie-peinture de Joelle Diehl et Chantal Longeon

 

 

" La nudité "

Présentation d'un poème de Jacqueline Gilbert

sur une aquarelle de Gisèle Seyller

 

 

" Téthys la mémoire de la mer "

Partenariat poésie-peinture de Michel Lansardière et Chantal Roussel
 

" Une petite touriste"

Partenariat poésie-peinture de Fabienne Vereecken et Adyne Gohy

 

 

" Eau et feu "

Partenariat poésie-peinture de Sandra Dulier et Chantal Roussel

 

 

" Sommeil d'amour "

Partenariat poésie-peinture de Joelle Diehl et Claude Hardenne

 

 

" Est-ce què vos mè r’connichez co bin "

Partenariat poésie-peinture de Claudine Quertinmont et Charles De Wit

 

 

" Phénix blanc "

Partenariat poésie-peinture de Claudine Quertinmont et Andrée Hiar

 

 

" Moderne aruspice "

Partenariat poésie-peinture de Claudine Quertinmont et Charles De Wit

 

 

" Ombres lunaires "

Partenariat poésie-peinture de Joelle Diehl et Chantal Longeon

 

 

" Prélude "

Partenariat poésie-peinture de Sandra Dulier et Adyne Gohy

 

 

 

" Bouleau au doux Amour et Vénus dédié "

Partenariat poésie-peinture de Rébecca Terniak et Liliane Magotte

 

 

" Lune coquelicot "

 Partenariat peinture-poésie de Joelle Diehl et Chantal Longeon

 

 

" Armageddon "

Partenariat poésie - peinture de Claudine Quertinmont

et Jean-Yves Le Breton

 

 

" Crépuscule" , l'âme au coeur.

Interprétations peinture-poésie entre les artistes d'Arts et Lettres

 

 

" Mouvance"

Correspondance des oeuvres entre Claude Hardenne

et Suzanne Walther-Siksou

 

 

" Si mémoire se lève "

Présentation d'un poème de Jacqueline Gilbert sur une aquarelle de Adyne Gohy
 

"L'âme est une larme"

Partenariat poésie - peinture de Michel Lansardière et Chantal Roussel

 

 

" Une âme"

Présentation d'un poème de Joelle Diehl

sur une aquarelle de Claude Caretta

 

 

"La muse de la vieille dame"

Partenariat peinture - poésie de Jacqueline De Ro 

et Suzanne Walther-Siksou

 

 

"Chute vespérale"

Partenariat poésie - photo de Sandra Dulier et Rebecca Terniak

 

 

"Démonia"

Partenariat poésie - peinture de Claudine Quertinmont et Adyne Gohy

 

 

"L'hiver"

Partenariat poésie - peinture de Rebecca Terniak et Liliane Magotte

 

 

" Le violon blanc "

Partenariat poésie - peinture de Claudine Quertinmont

et Maria Teresa Bertina

 

 

" Ailleurs "

Partenariat poésie - peinture de Joelle Diehl et Chantal Longeon

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Cassure JGobert

Du plus loin qu’il se souvient, il a toujours vécu les trahisons comme des coups d’épées. Sa compréhension n’a jamais voulu admettre ces mots, ces mensonges, ces actes. Les blessures engendrées sont restées à tout jamais gravées, tracées à l’encre rouge sur son âme. Pour avancer, il a fallu composer, pactiser, céder mais ne jamais oublier. Au fil des années, certaines douleurs se sont effacées, le temps les a gommés et en a allégé son cœur blessé.

Vulnérable malgré lui, il s’est forgé une carapace imprenable et ne l’a laissé percer que par des êtres dignes de confiance. Sa quête d’humanité a duré longtemps, très longtemps et parfois, son choix n’a pas toujours été à la hauteur de ses espérances.  Il a de nouveau ressenti cette inconstance comme une déloyauté, comme une infidélité à son égard.

L’amitié a été un passage plus doux dans le tumulte de sa vie. De beaux moments, intenses, qui lui ont fait oublier un instant la solitude et le silence.  L’amour aussi, pensait-il, est apparu. Il a voulu s’y jeter sincèrement. L’amour s’est terminé trop vite pour ne garder que des ruines, des larmes, des regrets.

Toujours debout, il suit sa route, solitaire, le cœur apaisé. Il a compris que l’homme est le plus complexe des êtres, qu’il faut beaucoup de patience pour le côtoyer, le comprendre et une grande âme pour l’aimer, que lui-même n’est pas aisé à vivre, toujours envahi du fantôme du passé. Les infidélités sont toujours aussi violentes, les déceptions inévitables mais il en assure le sens, l’intensité.

Le passé est à lui, les blessures aussi. Il s’en est accommodé et a fini par les admettre sans les accepter. Vivre cassé a été difficile. Et c’est pourquoi il veille au silence. Ce silence terrible que personne n’entend ou ne veut entendre.

 

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Bonjour à Mr Paul et son équipe, et tous les artistes.....  

 Je suis royalement en retard, mais je vous souhaite une merveilleuse année 2017, de la joie chaque jour ,une excellente santé et de la créativité aussi grande que les océans.....je ne perds pas de vue ce qui se passe sur arts et lettres, juste que j'ai manqué de temps

2017 est en préparatif d'expos.et de nouvelles créations......mais je garde le contact, car arts et lettres c'est formidables.

Au  plaisir d'admirer vos talents.

Amitiés et bisous

Créations Christiguey

 

 

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2017...

Une année de plus bat des ailes pour s'envoler...

Elle nous laisse un goût amer, souvent révolté!

Dans chaque jour pourtant se cache un fil d'espoir

On peut s'y accrocher et pourquoi pas? Y croire...

Le livre de la vie comporte bien des pages

A nous de les écrire. Arrêtons d'être sages!

Oui, une once de folie est porteuse de joie

N'oublions plus surtout de céder à l'émoi...

Il faut reprendre la main quand résonne l'échec

Garder les yeux ouverts mais jamais le cœur sec!

Afin trouvant les mots, de pouvoir souhaiter

Un Noël doux et tendre, une vie à inventer!

Et... Ici

A tous, une année 2017 inspirée...

Amicalement

J.G.

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OSER...

Se venger du passé

En bouffant le présent

Et d'un rêve éveillé

Prendre tout son content...

Vivre avec gourmandise

Et sans hésitation

Si les heures sont exquises

S'en servir une portion!

Apprendre de ses erreurs

Nous ouvre des chemins...

Et les petits bonheurs

Feront chanter demain!

Parfois se balader

Aux frontières du réel

Nous aide à constater

Combien la vie est belle...

J.G.

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HISTOIRE COURTE 38...

LA RUPTURE...

Ce mardi il tombe des cordes. Nous avons rendez-vous à 15 heures au  parc Montsouris sur notre banc, t'en souviens-tu?

Avec ce temps de chien le lieu semble absurde, pas pour moi! La pluie depuis si longtemps est une compagne même si le soleil est ma quête...

Alors aujourd'hui la météo est en accord avec mes résolutions. Je vais les dire ces mots définitifs, ceux qui rendent les retours, impossibles!

Après, je sais, j'aurai mal, tu me manqueras, toi et ton odeur de tabac blond, les taches colorées sur tes mains de peintre qui savent être si douces.

Ton regard moqueur lorsque naissent les questions, lui, je ne vais pas le regretter, ni ta désinvolture quand tes absences se prolongent, ton jardin secret qui m'a tellement fait souffrir, aujourd'hui il ne m'intéresse plus!

Oui, ma tête est saturée de questions, elle fait une overdose! Je veux me retrouver, moi et mes attentes, je veux croire aux partages autres qu'épidermiques, je veux croire en mes rêves, retrouver l'entrain à entreprendre et à mon tour, pourquoi pas? Créer.

Ta peinture torturée, incisive et parfaite me déplait aujourd'hui. Je vois la vie d'un regard plus impressionniste, plus humain, plus chaleureux. Même si tes élans passionnés vont me manquer, je veux me sentir apaisée, enfin libre d'être moi-même!

Tu es venu sous la pluie, tu es trempé, il me semble que tu as couru et dans tes mains, dégouline un bouquet de roses rouges. Sous la capuche ta tête est penchée, et je pense que tu ressembles ainsi à un personnage de ce projet de bande dessinée que je t'ai soumis il y quelques mois et pour lequel tu as souri, avec une condescendance qui une fois de plus m'a blessée. Est-il possible que ce soit un hasard?

Je me souviens de notre première rencontre sous un porche à l'abri d'un orage d'été aussi violent que bref et de tes mots si poétiques :" vous ressemblez à une aquarelle, j'adore"! Moi, j'ai adoré la patience dont tu sus faire preuve pour arriver à tes fins... et encore plus, la légèreté de tes mains inventives. Par contre cet égoïsme d'homme qui ne dépend que de son bon vouloir; cet étonnement dans ton regard lorsqu'une question précise ose franchir mes lèvres; la façon distraite presqu'à la limite du dédain que tu as de te pencher sur mon travail, et surtout ta certitude d'avoir toujours les réponses pour moi, m'ont menée à ma détermination d'aujourd'hui.

J'entends ta voix couler vers moi :

-Je n'ai pas oublié notre anniversaire tu vois, trois ans déjà!

Et je m'entends murmurer en montrant du doigt les roses :

-Elles ont besoin de soleil, comme moi!

-Tu n'aimes plus la pluie?

-J'aimerais me sécher, arrêter d'avoir froid!

C'est l'instant que tu choisis pour poser un genou dans la boue et sortir de ta poche une petite boite, mon cœur alors se met à battre follement...

Tes yeux me captent, ils me brûlent, vertige d'un bonheur impossible, d'un amour inconditionnel!

J'ai peur tout à coup de retomber dans mes travers de perpétuelles remises en question, de doutes...

J'ai symboliquement arraché les sparadraps qui recouvrent mes blessures avant de venir sous la pluie à ce rendez-vous qui se doit d'être le dernier. Il est évident que les plaies sont à nouveau vives et la preuve en est de ce cœur qui résonne jusque dans ma gorge!

Je décide de fermer les yeux et j'entends la phrase qui se veut magique :

-Epouse-moi mon ondine?

-TROP TARD!

La réponse a fusé, presque malgré moi et c'est d'un pas de plus en plus pressé que je m'éloigne avec toute la détermination dont je suis aujourd'hui enfin capable!

Notre histoire est finie... dans la rigole, quelques notes écarlates, les roses s'entrechoquent avant de disparaitre au gré du vent qui brusquement c'est levé...

J.G.

 

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Le Phare de Tévennec

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a inspiré

Le Phare de Tévennec

un poème de

Raymond Martin

Beg  ar raz que jalousement tu protèges dans la noble mer d’Iroise sereine ou intrépide,
Tu n’es point jalousé par ton alter égo de la Vieille,  encré lui aussi sur un roc invincible.
En toi l’unique  espoir,  en tempête, des vaillants  marins aux pieds surs mais aux visages livides,
Désireux d’atteindre Audierne ou d’accoster au mieux en Sein, pour un repos mérité et  possible.


On te cherche parfois, mais au long des hardies déferlantes, ton fantôme surgit accablé mais  serein.
Maudit, suspecté de l’être, pourtant  rien de maléfice  ne règne en tes feux apaisants et salutaires.
L’Ire bretonne hante encore tes entrailles granitiques,  chahutées par les flots  assassins.
Au passé, tes gardiens  t’ont aimé, t’ont haï, mais que de souvenirs en leurs êtres volontaires !


La crête de l’écume supporte un instant le goéland argenté, au bec traqueur de flets vaincus,
Tandis que les flots déferlants de la mer déchainée se fracassent sur ton roc rayonnant.
Près de toi, la baie des trépassés engendre cris et gémissements de ces marins disparus,
Ou des Druides morts, dont les corps reposeront en l’éternité de l’ile de Sein dignement.


Plogoff, la rebelle digne héritière de l’Armorique primitive d’où  Saint-Collodan règne,
Protège cette pointe mythique, paradisiaque, exhalant la bruyère, où nichent lapins
Et autre petits peuples faunesques,  gîtant dans la lande que les embruns salés  baignent.
Le temps apaisé, au ciel rougi du soir tombant, ta silhouette trône vers l’immensité sereine.


Avallon, tu es toujours encrée dans la mémoire marine, ils vont vers toi les feux de Tévennec,
Illuminant le couchant, suggérant ta présence mystique apaisée, sœur de, ou toi-même Atlantide.
Bombardes, binious  stimulés par le vent sonnent « Bro gozh ma zadoù « de Cancale au  Guilvinec.
Tévennec, phare de l’espoir, tes feux rayonnent  pour toujours vers le marin apatride.

A toi, trugarez…… !


Raymond   Martin   -   novembre   2016
 
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ILLUMINATIONS POUR LES FÊTES

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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A inspiré

Les Haïkus

OREE DU BOIS

de

Raymond Martin

 

Châtaignes  dorées

Glands élancés aux mousses

Mousserons  givrés

 

Lucioles  étoilées

Renardeau  reniflant

Clapotis du ru

 

Forêt  ouatée

Feuilles brunies ciel gris

Sapins bouleaux altiers

 

Ville dorée d’étoiles filantes

Lutins  endiablés

Les fées  s’ébrouent

 

Noël  dans les cœurs

Espérance du solstice

Sonnez  trompettes 

 

       Raymond  Martin

       Décembre  2016

Arts 

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Lettres

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A la Campagne

une aquarelle

d'Adyne Gohy

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a inspiré

Le Linge sèche

un poème

de

Raymond Martin

 

Au printemps, le linge sèche, flottant sur le fil tel un drapeau sous le regard du Pic Epeiche,

Fourbu par ses tambourinages territoriaux pour les désirs de sa belle Epeichette.

Lulu la taupe, en visite au jardinet, hume les senteurs de la terre retournée par la bêche.

Oscar le lombric, laboureur bienfaisant, se tortille lentement à la racine d’une blette.

 

Au printemps, le linge sèche, épinglé sur le fil, rayonnant de ses couleurs bigarrées au soleil montant.

De sa fraîcheur, il embaume l’espace, laissant tomber sur l’herbe une perle de rosée du matin.

Un trio caquetant, la crête élancée, guette l’apparition tardive d’un panache conquérant.

Au loin, la cloche de neuf heures résonne, un cocorico l’accompagne à la vue d’un butin.

 

 

Au printemps, le linge sèche, un vélo esseulé dans une ombre violacée  attend sa délivrance.

Doré, l’astre du jour, s’achemine lentement vers le haut point, faisant sécher torchons et fripes.

Lucky, alerte boxer, se frotte le dos sur l’herbe encore humide et verte en abondance.

Fichu sur la tête, la brune jardinière guette le facteur essoufflé tirant goulument sur sa  pipe.

 

 

Au printemps, le linge sèche, le sang de la treille rabougrie s’active pour lui redonner  vigueur.

L’antique muret du jardinet supporte avec peine la rudesse de l’astre, jaunissant son crépi.

Jojo, bourricot d’un âge certain, quémande de son puissant  « hi-han » le foin du bonheur.

Le bruit de la pétrolette s’éloigne, le facteur porte encore en sacoche, à donner quelques plis.

 

 

Au printemps, le linge sèche au rythme des heures égrainées dans le secret de la pierre.

Ainsi passe le temps, ainsi passe le linge, bleu d’un jour, blanc d’un autre, vert d’une chemise.

L’arc–en-ciel rayonne, tendu entre les pieux d’étendage au gré de la brune lavandière.

Le vent murmure au soleil son souhait chaleureux, prêt à l’aider à réchauffer la remise.

Raymond Martin      -     octobre 2016      

                                                         

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