Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16074)

Trier par

Octobre

 

Octobre---verso-051.jpg 

 

Ce sang ne séchera jamais sur notre terre

Et ces morts abattus resteront exposés,

Nous grincerons des dents à force de nous taire,

Nous ne pleurerons pas sur des croix renversées.

Mais nous nous souviendrons de ces morts sans mémoire,

Nous compterons nos morts comme on les a comptés,

Ceux qui pèsent si lourd au fléau de l’histoire,

S’étonneront demain d’être trouvés légers.

Et ceux qui se sont tus de crainte de s’entendre,

Leur silence non plus ne sera pardonné,

Ceux qui se sont levés pour arguer et prétendre,

Même les moins pieux les auront condamnés.

Ces morts, ces tristes morts sont tout notre héritage,

Leurs pauvres corps sanglants resteront indivis,

Nous ne laisserons pas en friche leur image,

les vergers fleuriront sur les prés reverdis.

Qu’ils soient nus sous le ciel comme l’est notre terre

et que leur sang se mêle aux sources bien-aimées.

L’églantier couvrira de roses de colère

Les farouches printemps par ce sang ranimés.

Que ces printemps leur soient plus doux qu’on ne peut dire,

Pleins d’oiseaux, de chansons, et d’enfants par chemins,

Et comme une forêt autour d’eux qui soupire,

Qu’un grand peuple à mi-voix prie levant les mains.

Jean Amy

N.B: Jean Amy est le nom que Paul Eluard avait pris dans la résistance.

Il semble que ce magnifique poème soit peu connu. Aurait-il été égaré?

J'en ai reçu une copie manuscrite à Alger en 1944

Lire la suite...

Coup de Blues for Bouffémont

Coup de Blues for Bouffémont

 

Arc-en-ciel de sentiments

Vague d'écume mêlée de gris

Forces insoumises, déchaînements

L'aménagement du dérisoire aigrit

Las, évacuer le sordide secourt

Difficulté de composer, trahir ou se renier

Mon tendre espoir, dernier recours

Faire coïncider le vécu et le rêvé

Passer la quarantaine sans rester à quai

Simplement être et ne rien posséder

Se perdre et se retrouver

Un homme, cet intestin alambiqué

Château de cartes bâti sur du stable

Petit miracle, grain de folie raisonnable

Et l'amour que l'on croyait mort meurt

Mais même mort dort et ressuscite.

Michel Lansardière


Quand la nostalgie vous étreint...

http://youtu.be/EpoXAPewNdY

Bud Powell, pianiste et compositeur de jazz américain, né à New York en 1924. Sa vie est émaillée de traits de génie et de drames personnels, avec de nombreux séjours dans des hôpitaux psychiatriques (le 21 janvier 1945, en compagnie de Thelonius Monk, il fut roué de coups par des policiers. L'alcool et la drogue n'arrangeront rien). Il s'installe à Paris en 1959. En 1963, il contracte la tuberculose, ce qui lui vaudra un séjour au sanatorium de Bouffémont en Seine-et-Oise (Val d'Oise). Il meurt à New York en 1966, rongé par la maladie, l'alcool et la malnutrition.

Une de ses dernières compositions (1964) fut ce Blues for Bouffemont. C'est dans ce petit coin de France où je suis né, mes amours mortes se rappellent à mon souvenir. Coup de Blues.

Lire la suite...
ADMINISTRATEUR GENERAL

12272839683?profile=original

 

Juliane Schack (All)

"Lumière et Mouvement"

Peintures

Exposition du 28/11 au 16/12/2012

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 28/11/2012

De 18h 30 à 21h 30

 

12272839871?profile=original

 

12272840283?profile=original

 

Anita Fleerackers (Be)

"Les couleurs vives"

Peintures et sculptures

Exposition du 28/11 au 16/12/2012

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 28/11/2012

De 18h 30 à 21h 30

 

12272840871?profile=original

 

Roselyne Delort (Fr)

"Les acidulés"

Peintures

Exposition du 28/11 au 16/12/2012

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 28/11/2012

De 18h 30 à 21h 30

 

12272840497?profile=original

 

Patricia Bailly (Be)

"Quand l’œuf se fait dentelle"

Sculptures

Exposition du 28/11 au 16/12/2012

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 28/11/2012

De 18h 30 à 21h 30

 

 

12272841652?profile=original

 

Claudine Celva (Be)

"Regards et robes habités"

Photographies

Exposition du 19/12 au 13/01/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 19/12/2012

De 18h 30 à 21h 30

 

12272842053?profile=original 

Collectif de la galerie

Exposition événement comprenant

sept artistes dans le cadre du 25ème

anniversaire d’Alzheimer Belgique A.S.B.L.

  

12272842263?profile=original

 

Marc Jalliard (Fr)

Peintures

 

12272842855?profile=original

 

Solange Onesta alias Sapphyre (Fr)

Peintures

 

12272843061?profile=original

 

Nikineuts (Fr)

Peintures

 

12272843663?profile=original

 

Patricia Normand (Be)

Peintures

 

12272844263?profile=original

 

Yves Guillaumond (Fr)

Créations numériques

 

12272844686?profile=original

 

Micaela Giuseppone (It)

Peintures

 

12272845463?profile=original

 

Andrée Van Leer (Be)

Sculptures

 

Exposition du 19/12 au 13/01/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 19/12/2012

De 18h 30 à 21h 30

 

Et qui sera agrémenté d'extraits de musique celtique

interprétée par la harpiste Françoise Marquet

 

 

 

 

Lire la suite...

APOSTROPHES

Apostrophes

O mon âme !

Capitale de mes amours mort-nés,

Comme ces papillons éphémères

Condamnés à une nuit.

O mon cœur !

Réceptacle de mes douleurs,

Morne et gris

Comme un ciel de septembre,

Sombre et sans pluie.

O mon corps !

Affalé de langueur

À longueur de tes jours

De solitude et d’ennuis.

O mes yeux !

Puits épuisés de pleurs et de leurres

Qu’au fil des heures traversent

Des averses de chagrin infini.

O mes mains !

Adresse oubliée des caresses de tendresse,

Ridées par les traces de sagesses

Englouties au fond des sillons

Cultivés par le temps

Qui longtemps les creusait

Impitoyablement

Pour y piéger les baisers.

O mes doigts !

Témoins par vos dures

Empreintes osseuses

Serrant la plume du verbe amoureuse

Qui, sur les draps immaculés du blanc papier,

Pleurent toutes les larmes de l’encrier.

O ma bouche !

Désert de sourires envolés

Volés par tant de frustrations

Toi qui te bats et qui défends

L’ignare, la veuve et l’orphelin,

Sauras-tu défendre ton seul bien :

Moi ?

O moi !

Quand te retrouverai-je enfin ?

 

Khadija, Agadir, vendredi 9 novembre 2012.

Lire la suite...

CLIN D'OEIL

12272844678?profile=originalQuelle voie à prendre?

vers quel chemin mes pas distraits se dirigeront- ils sans craindre la chute ?

Tel est mon destin ...

glisser sur les aiguilles de pins

Lire la suite...

Soliloque d'une agnostique

 

En accueillant certaines grâces,

Je dis souvent: merci, mon Dieu!

C'est ce que je trouve de mieux,

Si l'un de mes chagrins s'efface.

Je dis souvent: merci, mon Dieu!

Quand dans la vie, je me prélasse,

Si l'un de mes chagrins s'efface.

L'énergie crée le merveilleux.

Quand dans la vie, je me prélasse,

En éveil, l'esprit curieux,

L'énergie crée le merveilleux.

Ailleurs, la joie n'a plus de place.

En éveil, l'esprit curieux,

J'oublie la rage qui terrasse.

Ailleurs, la joie n'a plus de place.

Ô que les âmes comptent peu!

9 novembre 2012

Lire la suite...

12272843263?profile=original"Le pur et l'impur" est un essai de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié à Paris dans Gringoire du 4 décembre 1931 au 1er janvier 1932, et en volume sous le titre Ces plaisirs aux Éditions Ferenczi en 1932. Le titre actuel est celui d'une version augmentée, parue aux Armes de France en 1941.

 

Commencé dès 1930, cet essai est, avec Chéri, le seul ouvrage auquel Colette, très sévère à son propre égard, vouait une véritable estime. Il connut, lors de la parution en revue, des difficultés semblables à celles qui advinrent au Blé en herbe: Bunau-Varilla, le directeur de Gringoire, suspendit, sous la pression de ses lecteurs scandalisés par le caractère immoral, selon eux, de l'oeuvre, la publication de Ces plaisirs après le quatrième chapitre.

 

Le Pur et l'Impur est une méditation, abondamment agrémentée d'exemples, sur le plaisir amoureux. A travers portraits, dialogues, anecdotes et souvenirs, Colette propose une réflexion sur le désir, la jouissance et l'amour tels que les vivent - différemment - l'homme et la femme. Le livre s'ouvre sur l'énigmatique et attachante figure de Charlotte, rencontrée, en compagnie de son très jeune amant, dans une fumerie d'opium. Puis avec le vieux séducteur Damien, Colette s'interroge ensuite sur Don Juan, et se livre à un long examen des amours saphiques. Elle puise pour cela dans ses propres souvenirs - ceux de la période de sa liaison avec Missy, la duchesse de Morny - et s'attarde à décrire deux figures connues, celle de la Chevalière et celle de la poétesse Renée Vivien. Elle évoque aussi, notamment à l'aide du journal tenu par l'une d'entre elles, la vie des demoiselles de Llangollen, deux jeunes filles de l'aristocratie anglaise qui, au siècle dernier, s'enfuirent de chez elles pour partager, durant cinquante ans, une tendre et paisible existence. L'écrivain dépeint ensuite l'homosexualité masculine, radicalement différente des amours de Lesbos. L'ouvrage, après avoir étudié les rouages de la jalousie, se termine par un dernier hommage aux amours secrètes et pures des demoiselles de Llangollen.

 

Avec le Pur et l'Impur, Colette prétend «verser au trésor de la connaissance des sens une contribution personnelle». Sa réflexion s'étaie sur une expérience personnelle puisée dans la vie ou dans les livres, et que l'auteur évoque à l'aide de récits pittoresques, plaisants et émouvants, exemples destinés à illustrer la démonstration et à convaincre. Ils confèrent à cet ouvrage un tour concret qui en constitue le charme mais en approfondit aussi le sens: Colette cherche moins à proposer des vérités universelles et figées qu'à étudier les méandres mystérieux et complexes du comportement humain.

 

Pudique et vrai, ce livre, qui «tristement parlera du plaisir», sait faire fi des préjugés mais évite toujours l'écueil de la complaisance et du voyeurisme. Au fond, n'en déplaise aux pudibonds et obtus lecteurs de Gringoire, le Pur et l'Impur est un ouvrage très moral. Colette y présente moins le plaisir comme une fin en soi que comme une quête de la plénitude et du bonheur, en somme du véritable amour. Ainsi, Charlotte, qui feint le plaisir avec son jeune amant, fait preuve d'une abnégation et d'une délicatesse amoureuses exemplaires: rien de pervers dans cette attitude mais, au contraire, un tact et une tendresse extrêmes. De même, c'est comme malgré elle que la Chevalière inspire aux femmes le désir, car «la séduction qui émane d'un être au sexe incertain est puissante». «Ce qui me manque ne se trouve pas en le cherchant», confie-t-elle à l'amante dont «la petite main impure» veut l'entraîner vers le plaisir.

 

C'est cette soif d'un absolu encore à découvrir qui transmue l'impureté en pureté. Le Pur et l'Impur n'est ni un traité ni un plaidoyer mais véritablement un essai, au sens où l'entendait déjà Montaigne, c'est-à-dire le fruit des expériences d'une vie ainsi qu'une quête de la sagesse qui ne s'immobilise pas sur des certitudes définitives. Au terme de ses analyses, Colette, qui a contribué à lever certains préjugés à l'égard d'attitudes trop vite taxées d'«impures», avoue humblement que le pur, entrevu, demeure encore hors d'atteinte. Après avoir cité ces mots de l'une des demoiselles de Llangollen qui vient de perdre son amie - «Notre infini était tellement pur que je n'avais jamais pensé à la mort» -, elle laisse son livre ouvert sur une poétique aporie: «Le mot "pur" ne m'a pas découvert son sens intelligible. Je n'en suis qu'à étancher une soif optique de pureté dans les transparences qui l'évoquent, dans les bulles, l'eau massive, et les sites imaginaires retranchés, hors d'atteinte, au sein d'un épais cristal.»

 

Lire la suite...

Cher Ami,

 

 

Sur la pointe du cœur et sans nul bruit

je vous aime mon cher Ami,

à l’ombre, je vous donne mes pensées,

mes bruissements secrets, chantonnés,

jusqu’à ma peau, l’écrin diaphane de mes mots ;

Il existe le savez-vous des ombres claires,

solaires, des peaux un peu plus sombres,

plus chaudes, fluides, indélébiles ; ce sang d’encre,

qui oxygène mon cœur et puis mon corps,

 en même temps que les vôtres !

Oh, comme je l’espère !

Aimer, c’est apprendre à marcher entre

terre et ciel, à écrire ;

 cet entre-deux.

 

 

Lire la suite...

ECRIRE EN RYTHME...

Et si c'était la vie...

En quelques rimes choisies?

Ou bien peut-être un coeur

Qui veut confier ses peurs?

Et si c'était un rite...

Pour forcer ses limites?

Ou bien encore un jeu

Qui nous rendrait heureux?

Et si c'était le temps...

De rire de ses tourments?

Ou encore une façon...

D'un peu hausser le ton!

 

Et si c'était une voix...

Pour affirmer ses choix?

Ou bien plutôt l'espoir...

D'un jour croire au grand soir?

 

Peut-être l'éternité...

Dans un rêve éveillé?...

J.G.

Lire la suite...

Homme varie

 

Épître à un ami

Privé de la grâce d'aimer,

Quand il a perdu la mémoire,

Ne sachant rien de son histoire,

Un être végète à jamais.

Parents et amis, attristés,

Comprennent son indifférence.

Or, garde-t-il des préférences?

Ils essaient de le chouchouter.

Il ne mérite pas de blâme

Du fait qu'il ne nous fête plus.

N'a rien contrôlé, ni voulu,

Ne répondait plus de son âme.

Auriez-vous perdu la mémoire,

L'ami, qui longtemps fut fidèle?

Vous ne donnez plus de nouvelles,

Paraissez sourd. Que dois-je croire?

Vous gardiez mes poèmes lus,

M'écriviez de doux commentaires.

Lors vous étiez certes sincère.

J'essaie de ne vous aimer plus.

8/11/2012

 

Lire la suite...
administrateur théâtres

MONSIEUR Y PERD LA TETE au théâtre le Public

12272732654?profile=originalComi-tragédie musicale surréaliste

MONSIEUR Y PERD LA TETE

d'YVAN TJOLLE et STÉPHANE ORLANDO
Avec : Yvan Tjolle (jeu et chant), Benoit Bosschaert (guitare, glockenspiel, accordéon et ukulélé) et Sébastien Taminiau (violon et contrebasse).

DU 06/11/12 AU 31/12/12

C’est l’histoire d’un homme qui perd la tête, puis qui la retrouve… Mais ce n’est pas tout à fait la même ! Comi-Tragédie Musicale Surréaliste pour un acteur-chanteur et deux musiciens multi-instrumentistes, Métaphore burlesque et initiatique, « Monsieur Y » nous prend par la main et nous invite à un voyage fantastique. Dans son univers rêvé, il nous raconte une étrange journée, peuplée de personnages décalés, entre Tim Burton et Magritte, de l’homme sans tête à l’énigmatique chapeau boule, en passant par une noyée fascinante ou un homme à quatre bras. Illusions, mystères, présence ou fiction, rires et émotions façonnent les reflets d’une aventure intérieure où se joue de façon follement poétique une recherche de sens et d’amour…

Monsieur Y a perdu la tête ?  Y le pronom ou Y le prénom ?  Tout commence par là. Ou Ici, si vous voulez ! Un concert-spectacle fantastique et  déroutant ! Passez devant et suivez-moi!  C’est  sûrement sur  votre route. Une route en forme de Y , prenez-la ! Cela ressemble à un homme  debout sur la scène d’un  cabaret qui serait  soudain saturé  de poésie. Les mots jouent à se saisir, à se prendre les uns pour les autres,  à rivaliser de sens cachés, à suggérer l’invisible. A prononcer l’un, on tombe sur un autre ! Rencontres taquines !  Et les deux anges gardiens, musiciens de leur état, sont des complices rêvés pour la  chorégraphie onirique d’Yvan Tjolle.

Magie théâtrale et humour aidant, c’est un immense  sourire et une voix qui valsent avec des  instruments de musique qui sortent du noir pour vous surprendre dans votre maison Ikéa.  C’est de l’amour fusionnel  descendu sur des planches qui valse avec la mort. L’amor ? Tout  en découle. Coulé dans l’humour et la soif de  tendresse.   C’est prenant, c’est clair-obscur et noir-lumineux. On en ressort, l’esprit et le corps rincés à neuf. Un baptême d’amour pour foule sentimentale, son  eau miraculeuse a  jailli de toutes parts. Personne n’est exempt du regain de vie ! Ne cherchez plus,  vous y êtes, dans la maison invisible !

Les spectateurs applaudissent à tout rompre, l’artiste continue de bis en bis,  complices !

Lire la suite...

Derniers poèmes d'amour d'Eluard

12272841696?profile=original"Derniers poèmes d' amour" est in recueil poétique de Paul Éluard, pseudonyme d'Eugène Paul Grindel (1895-1952), publié à Paris au Club des libraires de France en 1962. Cet ensemble regroupe les principales plaquettes de poésie amoureuse publiées par Éluard après Poésie ininterrompue: le Dur Désir de durer, paru en 1946 avec un frontispice de Chagall chez Pierre Bordas; Le temps déborde, publié en 1947 sous le pseudonyme de Didier Desroches aux Cahiers d'Art de Zervos, avec des photographies de Dora Maar et de Man Ray, et réuni au recueil précédent chez Seghers en 1960; Corps mémorable, dont l'originale sous le pseudonyme de Brun est parue chez Seghers en 1947; le Phénix, publié en 1951 chez Guy Lévis-Mano avec des dessins de Valentine Hugo.

 

En 1946, lassé de la célébrité, Éluard adopte un nouveau pseudonyme, Didier Desroches, mais sa «manière» ne change pas pour autant. Quoique rassemblé par les éditeurs de manière posthume, ce recueil est homogène par l'unité chronologique de composition, puisque les trois premières sections, dédiées à Nusch, datent des années 1946-1947. «Le Phénix», hymne à Dominique, la dernière compagne d'Éluard rencontrée à Mexico en 1949, se rattache à l'ensemble par sa thématique amoureuse, formant un ultime canzoniere. L'ordre suivi n'est pas seulement chronologique: au chant d'amour du «Dur Désir de durer» succède la tragédie du «Temps déborde», traversée du «désert pourri désert livide» après la mort de Nusch, qu'il s'agit de faire revivre par la mémoire dans «Corps mémorable», avant de renaître à l'amour grâce à Dominique dans «le Phénix». Le recueil ainsi conçu retrace donc un itinéraire dialectique - bien que la logique n'en soit pas interne comme dans Poésie ininterrompue - où la mort est vaincue par l'amour.

 

Le recueil se construit donc autour de l'admirable «Le temps déborde», composé après la mort de Nusch, brutalement emportée le 28 novembre 1946, alors qu'Éluard se soignait à Montana, dans le Valais. Ainsi que l'observe le critique Georges Poulet, l'événement singulier, anecdotique fait irruption dans la lyrique amoureuse d'Éluard, qui jusque-là affranchissait l'amour des lieux et des circonstances pour le vouer à l'intemporel et à l'universel. «Le temps déborde» rejoint ainsi au plan personnel la «poésie de circonstance» collective de Cours naturel et d'Au rendez-vous allemand. Cet événement inacceptable, impensable même, qui faillit plonger Éluard dans la folie, est au coeur du poème, qui tente d'approcher l'indicible:

 

 

Vingt-huit novembre mil neuf cent quarante-six

Nous ne vieillirons pas ensemble.

Voici le jour

En trop: le temps déborde

Mon amour si léger prend le poids d'un supplice.

 

 

Unique dans l'oeuvre d'Éluard, la précision chronologique, faisant écho au «21 du mois de juin 1906», date de la naissance de Nusch évoquée dans Poésie et Vérité 1942, témoigne de l'irruption du «réel» annoncée par Poésie ininterrompue _ de la finitude dans un univers jusque-là optimiste. Le dernier vers, dont le vocabulaire perpétue la tradition pétrarquiste de l'Amour, la poésie, n'est cette fois, ni métaphorique ni hyperbolique. Le sens littéral marque le triomphe de la «dure réalité» sur l'image: à la mort figurée - «mourir de ne pas mourir» - succède la mort effective.

 

Le topos de la précarité de l'amour se trouve ainsi renouvelé par les circonstances. Par sa méditation douloureuse sur le temps - qui joue un rôle sans cesse grandissant depuis les Yeux fertiles - Éluard retrouve la grande tradition de l'élégie, dont la tristesse n'a d'égal que la simplicité de ton. Mais contrairement aux plus beaux poèmes de Chénier, de Lamartine, de Hugo, le temps poétique n'est pas celui de la mélancolie, nostalgique du passé révolu, mais plutôt de l'«excès», du «jour en trop» qui barre l'avenir, anéantit le présent et, même, invalide le passé: «Le temps me file entre les doigts / La terre tourne en mes orbites», «mon passé se dissout», «Et l'avenir mon seul espoir c'est le tombeau.» D'où l'admirable formulation du décalage: «La vie soudain horriblement / N'est plus à la mesure du temps.»

 

L'excès du temps arrêtant le cours d'une poésie qui se voulait «ininterrompue», comme l'amour qualifié de «poème vivant», ouvre le royaume des ombres. Éluard, ici encore, reprend les motifs de la poésie élégiaque pour les intégrer à son univers imaginaire, dominé par la lumière et par le regard, dont l'échange est la vie même. La mort de Nusch plonge donc le poète, «ombre dans le noir», dans les ténèbres et la cécité:

 

 

Mes yeux soudain horriblement

Ne voient pas plus loin que moi

Je fais des gestes dans le vide

Je suis comme un aveugle-né

De son unique nuit témoin

 

("les Limites du malheur")

 

 

La violence des images s'écarte alors toutefois de la douceur élégiaque, comme l'atteste la fascination pour le cadavre en décomposition  de l'aimée mais aussi du poète. Éluard se souvient de la poétique baroque de J.-B. Chassignet («Mortel pense quel est dessous la couverture...») ou de Jean de Sponde («Mais si faut-il mourir...»), abondamment cités dans la Première Anthologie vivante de la poésie du passé:

 

 

Doux avenir, cet oeil crevé c'est moi,

Ce ventre ouvert et ces nerfs en lambeaux

C'est moi, sujet des vers et des corbeaux,

Fils du néant comme on est fils de roi

 

("Un vivant parle pour les morts")

 

 

Après avoir tenté de dire non pas tant la mort de Nusch que le retentissement de celle-ci sur la conscience poétique, la poésie est vouée à la mémoire. C'est le propos de «Corps mémorable», qui tente de ressusciter la splendeur du corps disparu que les éléments ont assimilé. L'union cosmique présente dans tous les recueils reçoit ici une signification nouvelle, littérale: «Elle ne vit que par sa forme / Elle a la forme d'un rocher / Elle a la forme de la mer / Elle a les muscles du rameur / Tous les rivages la modèlent» ("Mais elle").

 

Quant à la dernière section, consacrée à la célébration de l'amour rené de ses cendres - «le Phénix», selon une image fréquente chez Maurice Scève (voir Délie) - grâce à Dominique, elle énonce une dialectique, toute baroque, métaphorisée par le feu. La mort de Nusch y est en effet surmontée par l'amour: «Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille» ("Je t'aime"). Ce nouvel amour par lequel le monde recommence transcende aussi la mort du poète vieillissant, dans son «dernier combat pour ne pas mourir» ("le Phénix"): «L'éternité s'est dépliée» ("Dominique aujourd'hui présente").

Lire la suite...

Nouveaux haïkus d'automne

 

Chagrin automnal

Le vent emporte avec lui

Tant de bleus au cœur

 

Ah si nous avions

Encore le cœur à l'ouvrage !

~ Notre chat s'étire

 

Petit jour d'automne,

La souris grise se cache

~ Un chat dans la brume

 

Matin froid d'automne

La rengaine est moins joyeuse

Que durant l'été

 

Des enfants construisent

Des châteaux battus par l'eau

~Mes pieds sont glacés

 

Partie perdue

Le doudou et les copains

Consolent de tout

 

Lire la suite...

Des choses simples

 

En hommage respectueux, à Mme Katia Granoff

La transcendance poétique

Peut avoir un charme envoûtant,

Créer un espace exaltant,

Mettre en un état extatique.

Je me grise facilement.

Lors, j'exprime, en phrases enfantines,

Mon merveilleux enchantement.

Ma poésie reste naïve.

Des choses simples, qui émeuvent,

Pouchkine en parlait simplement?

L'apprendre m'enchante vraiment.

Certains poètes ne le peuvent.

J'ai trouvé sur une étagère,

Supportant de trop nombreux livres,

Échouée comme un bateau ivre,

Une anthologie étrangère.

Katia Granoff, tendrement,

Y traduit les troublants murmures,

De jeunes âmes, toutes pures,

Disparues dramatiquement.

7 novembre 2012

Lire la suite...

Chaos

Ciel menaçant à Idlib
Mig largue un projectile à Alep
Tir à l'arme lourde à Deraa
Vacarme des bombes à Damas
Hôpitaux, écoles et mosquées
Frappés à l’aveugle à Homs
La mort surgit à chaque coin de rue
Nulle part où aller
Dix neuf mois depuis le début de la révolte
Images saisissantes de la Syrie détruite
Mon pays est livré au chaos
La paix ne trouve aucune issue
Comment en est-on arrivé là ?
Combien de victimes faudra-t-il encore ?

07/11/12

Nada

Lire la suite...

Rossignol de mes amours.

(A Grand-Mère qui en aurait beaucoup ri. A Luis Mariano aussi tiens !)

rossignol+de+mes+amours..jpg?width=240Donc, l'oiseau venait régulièrement se poser sur son appui de fenêtre. Elle l'attendait comme une promesse. Il venait paraît-il pour lui apporter l'amour.

A chaque fois qu'il chantait devant elle, elle tentait de comprendre son message mais n'y pigeait que dalle. Elle regrettait amèrement qu'un dictionnaire humain/oiseau ou oiseau/humain n'existe pas. Elle aurait pu plus facilement le comprendre.

Pendant qu'il pépiait, elle épiait ses fait et gestes à l’affût du moindre signe. La chanson disait que normalement, il devait se poser sur sa main pour chanter mais malheureusement, la bête s'y opposait farouchement.

La chanson ajoutait également qu' il devait se transformer en prince charmant qui deviendrait son galant. Elle essayait donc régulièrement des petits subterfuges pour que ce stupide volatile accomplisse son destin : des miettes de gâteau, un vermisseau bien frétillant, une mouche morte,...

Rien n'y faisait.

Il ne grimpait sur rien et c'était là le problème. Il revenait tous les soirs à la même heure pour siffler sa chanson ridicule en lui tournant le dos et en faisant le malin. Ce soir là, lasse d'attendre, elle lui planta tout simplement une fourchette dans les tripes et n'en fit qu'une bouchée . En se curant les dents, elle se dit que finalement, il n'y a rien de plus con qu'une chanson.

Lire la suite...

La faute à Ève.

Des copines avaient essayé et en étaient satisfaites. C'était, parait-il, très sensuel. Il suffisait juste d'oser.

J'ai donc choisi un quartier peu fréquenté, j'y suis entrée discrètement, je l'ai choisie pour ses courbes généreuses .

J'ai payé et suis partie avec elle sous l'oeil goguenard du tenancier.

Je n'osais pas la regarder.

Pour la célibataire que je suis, j'avais l'impression d'avoir touché le fond mais elle était tellement jolie que j'en avais maintenant très, très envie.

Il était déjà tard quand nous sommes rentrées à la maison et nous n'avons pas tardé à nous mettre au lit.

Timidement, je l'ai prise dans mes bras. Elle se laissait faire, douce, molle, chaude, souple.

Si ronde sous la couette. Tout mon corps frémissant l'appelait.

Je la voulais dans le creux de mon dos, je la voulais entre mes jambes, je la voulais dans mon cou, je la voulais à mes pieds, soumise à mes envies.

Le sommeil nous surprit blotties l'une contre l'autre.

Réveillée en sursaut, je ne la trouvai plus. Elle gisait à côté du lit.

"Meeeerde, ma bouillotte est froide" !

(publié dans la revue "Microbe" n°58 - Mars/Avril 2010 de Eric De Jaegher)

Lire la suite...

La feuille d'automne

La feuille d'automne

Que sommes-nous aux yeux du monde,

Où nous n'avons vécu qu'un été ?

A quoi bon se rattacher au passé

Quand le froid nous tend les bras.

Nous sommes jaunies, froissées...

Tremblantes dans cette nuit glacée.

Désespérées, nous nous accrochons

A celui qui nous a donné la vie.

 

Mais lui aussi est malheureux.

Il n’a plus la force de nous retenir.

Il nous regarde tout miséreux,

Nous recroqueviller et nous flétrir.

Seule, la rosée rafraîchit nos visages desséchés.

Elle nous enveloppe de sa fraîcheur

Mais pour combien de temps encore ?

 

Nous sommes si fatiguées.

La tête nous tourne.

Nous allons bientôt rejoindre nos sœurs,

Pour ensemble terminer en compost ou en fumée.

A moins que ce soit dans une décharge,

Ou dans un cahier de classe.

 

Nos prières n'ont plus aucun sens,

Il est trop tard pour nous.

Nous ne sommes plus que des objets

Avec lesquels s'amuse le vent

Qui nous arrache, en hurlant.

Marylise Grand'ry

Lire la suite...

Le jeu du prince des sots et de mère sotte

12272846657?profile=original

Il s'agit d'un jeu théâtral comprenant cri, sottie, moralité et farce et en vers de Pierre Gringore (vers 1475-1538), créé le mardi gras 24 février 1512, et publié la même année.

 

La devise figurant au frontispice de l'ouvrage: «Tout par Raison; Raison par tout; Par tout Raison» invite le public à écouter sérieusement les Sots qui s'entretiennent joyeusement des affaires politiques de l'époque.

 

Le cri appelle tous les Sots à se rassembler. On apprend que le Prince des Sots doit tenir sa cour: débute alors une revue des états, à laquelle prennent part nobles, puis prélats, avant qu'apparaisse le peuple, sous les traits de Sotte Commune. Survient Mère Sotte, dont les vêtements symbolisent la papauté; elle expose ses ambitions. Ses acolytes, Sotte Fiance [confiance] et Sotte Occasion, ainsi qu'un astrologue, tâchent de gagner seigneurs et prélats à ses projets. Ceux-là résistent; ceux-ci sont séduits. Ils combattent entre eux jusqu'au moment où l'on découvre Mère Sotte sous le costume de l'Église.

 

La moralité met en présence Peuple français et Peuple italique, tous deux sommés par Punition divine de se convertir au plus vite et d'abandonner leurs démérites. Tant de réflexion appelait détente: telle est la charge assignée à Doublette, épouse insatisfaite qui préfère les services amoureux de Faire à ceux de Dire, car «dire sans faire, il n'est rien pire».

 

Comme dans la Chasse du Cerf des Cerfs (1510), Pierre Gringore fait l'apologie de la politique de Louis XII, monarque qui s'emploie à contrer les effets de l'ambition du pape Jules II. Mais le jeu renforce la satire de l'Église: légèreté du prélat qui «mieux se connaît à chasser / Qu'à dire matines», vente des pardons, arrivisme du clergé évoqué sous les traits de Sotte Occasion, ambitions temporelles d'une Église qui fait concurrence au pouvoir du Prince, telles sont les allusions qui font dire que «l'Église a de mauvais piliers». Le peuple, à qui l'on reconnaît un certain bon sens, notamment quand il attaque l'Église, n'est pas épargné dans la satire de Gringore: ses préoccupations matérielles qui lui font soupirer que «faute d'argent, c'est douleur non pareille», son indifférence quant aux questions d'intérêt national lui valent quelque réprobation dont la moralité se fait elle aussi l'écho. Politique, ce théâtre l'est à plus d'un titre: la satire est explicitement au service de l'éloge royal. Louis XII, «lequel se fait craindre, douter, connaître», ennemi de bigoterie, est seul gardien de l'ordre et de la paix. Cette justification valait peut-être d'être précisée en une conjoncture économique difficile que le jeu évoque à plusieurs reprises.

 

La tension entre les réalités de la vie du temps, rendues avec une certaine licence, et le double masque, que constituent le personnage du sot et l'univers carnavalesque, laissent entrevoir le statut ambigu du théâtre de Gringore, en cet automne du Moyen Age. Le propos sérieux se déploie dans la fête du jeu verbal en un bouquet de calembours, et ce, dans l'immédiate proximité des débordements grivois de la farce justifiés par le pouvoir seigneurial chargé de juger le cas de Doublette à qui son mari demande raison de ses fredaines. «Ce n'est que jeu»: telle est l'expression qui clôt la farce et peut bien renvoyer à l'ensemble de l'ouvrage. Une signature de Sot, qui, quand tout est dit et qu'il va quitter la scène, prétend n'avoir exprimé aucune vérité qui vaille.

 

Lire la suite...
 


Souvenez-vous : j’étais arrivé en pleine nuit aux portes de la Gaspésie au milieu de la tempête, dans un petit gîte qui m’accueillait avec force sorcières et créatures effrayantes…
Mais ce n’étaient que les effigies des évocations fantomatiques de la fête d’Halloween, que les canadiens vont célébrer le 31 octobre mais dont de nombreuses
maisons arborent déjà le macabre mais paradoxalement "joyeux" décor !

Les propriétaires du petit gîte où nous venons d'arriver se préparent donc comme dans beaucoup d’autres familles à célébrer cette fête folklorique typiquement anglo-saxonne, et j’ai passé une excellente nuit dans cette agréable maison d'hôtes sans être dérangé par les sorcières, les fantômes, ou toute autre inquiétante entité.

Le lendemain, la tempête ne me permettant pas de sortir peindre ou croquer quoi que ce soit sous les trombes d’eau qui s’abattaient sur la région (n'oubliez pas que le mauvais temps est souvent une formidable opportunité pour le peintre carnettiste), j’ai commencé la journée en faisant connaissance avec Rejean, le maître de maison : et c’est là que j’ai découvert un personnage de grande valeur, qui fait autant honneur à ses origines amérindiennes qu’à sa nationalité québécoise et canadienne.
Vous trouverez en cliquant ici un intéressant site vous permettant de mieux connaître sa tribu d’origine : les Montagnais ou Naskapi, (très beau site également
ici).


Quant au gîte La Roseraie, je vous le recommande vivement, n’oubliez pas son adresse si de Québec vous montez en Gaspésie : 525 rue de la mer, à Sainte-Flavie
(tél. 1-88-418-775-1400/1-88-418-3513 et site web cliquez ici).


À présent le soleil est revenu, je vous dis «à bientôt» pour d’autres découvertes…


Régent pour montage Blog

Rejean, le sympathique maître de maison du Gîte de La Roseraie à Sainte-Flavie, que je remercie chaleureusement pour m'avoir accordé temps et confiance, autorisé l'interview, la peinture, et leur publication.

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles