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♦ La greffe à l'arbre instruit

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Je garde mémoire et leçon des peuples dispersés

Leurs chansons de beauté triste mais à l’âme insistante

Tout ce qui rend libre même de rêves reportés

Tout ce qu’il nous faut garder comme flammes ardentes

 

J’y ai planté mon idéal, ne demandant rien d’autre

Et vivre et aimer et mourir, simplement, souhaitant 

Avoir au jour dernier l’heure apaisée de toute faute

La concession d’un endroit où me parlera le vent 

 

Bien sûr, je sais la chance répétée qu’il faut pour ça

Ne me fermez pas les yeux déjà sur ce qui n’est pas     

 

Je garde mémoire et leçon de peuples enchaînés

Par des voix ébène et coton qui ont mis l’espérance

Dans un creuset de temps double, long mais porté

A tout rendre gorges pleines des jours de délivrance            

 

J’y ai planté tout art vivant, le mouvement, la marche

La distance à parcourir par le corps et par l’esprit

La partance à choisir pour ne pas devenir lâche

La portance de tout rêve, génie ou utopie  

 

Bien sûr, je sais chaque pas difficile du combat

Mais ne dites pas ma voix se séparer d’autres voix

 

Je garde mémoire et leçon des peuples opprimés

Avant toute idée d’abandon refermé, bouches closes

Je dis des planches de salut à encore nommer

L’épi et l’olivier, l’enraciner de mille choses

 

J’y ai planté cent fois ma vie comme incroyable richesse

C’est toujours même culte rendu à l’air et à l’eau

A la terre qui me nourrit, au plumeau des caresses 

Au mystère de l’émotion, à l’instant fleur de peau

   

Bien sûr, je sais les drames, les grands malheurs et leur poids

Ne laissons pas aujourd’hui mourir de faim et de froid

 

Je garde mémoire et leçon de mon cher peuple incliné

Comme une prière ancienne et à l’adresse imprécise

Un espoir qui repousse tout non sens des destinées              

Un merci de paix profonde à toute science transmise

       

J’y ai planté ma vie forte comme un retour à la source

Comme une greffe à l’arbre instruit des vents et du temps

Un univers pénétré fait d’étonnantes ressources

De ce qui mène aux beautés, prime cœur des sentiments

 

Je sais ce qu’on peut perdre jusqu’au plus grand désarroi

Mais restez tout choix humain de l’alpha à l’oméga

 

© Gil DEF - 14.01.2011

- Manifestement Cherche-Monde -

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Le "Pantagruel" de Derain

En faisant les vieilles bouquineries, je suis "tombée en amour" devant le livre en fac-similé contenant les gravures sur bois de Derain illustrant Pantagruel.

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Voici ce que l'on peut lire sur ce livre sur le net:http://www.kb.nl/bc/koopman/nieuws/index-fr.html

" Le chef d'oeuvre d'André Derain (1943)

Une des pièces maitresses des livres d'artistes du vingtième sièce a été acheté par la Collection Koopman. Il s'agit d'un exemplaire unique du chef d'oeuvre d'André Derain, Pantagruel (1943) de François Rabelais (1494-1553). Pour cet ouvrage Derain a gravé sur bois 128 illustrations et 16 vignettes en couleurs, ainsi que 24 initiales monochromes, prenant exemple sur des cartes à jouer du Moyen-âge. Les gravures étaient imprimées une par une, page par page, et comme les planches étaient ré-encrées à chaque fois, chacune des illustrations est au fond une pièce unique. CePantagruel comporte une dédicace manuscrite de Derain à Rosa Bianca Skira, l'épouse de l'éditeur. Il comprend 18 dessins originaux (esquisses) sur 17 feuilles, 24 épreuves des gravures sur bois en couleurs, ainsi que 6 gravures rejetées, représentant des initiales et des 24 portraits de Rabelais. (Cotation: Koopm K 416)."

Bien entendu, jamais je ne pourrai me payer les originaux, mais ce fac-similé est très beau et je pense très fidèle à l'original.

Je ne résiste pas à vous faire partager mes émotions.

En voici les premières images: comme le scannage éclaircissait trop, les images sont corrigées de manière à s'approcher le plus possible des tonalités réelles du livre, cela donne à peu près cela ( à peu près) mais l'ambiance y est.Clin d'oeil

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J'écris pour toi

J'ai une amie, Simone Dézavelle, qui manie l'écriture aussi bien que le pastel.

Voici un de ses poèmes tiré du recueil "Imperceptible"

J'écris pour toi

J'écris sur un oiseau

Pour que mes mots s'envolent

Eclaboussant le ciel de ces phrases enflammées,

Et pour que les nuages

Par le verbe troublés

Construisent dans le ciel une arche de lumière,

J'écris au bord du soir

Quand le couchant s'éteint,

Sur l'étoile première au ciel des destinées,

J'écris en mots d'amour

Sur la terre endeuillée

Et projette les sons aux confins du lointain ;

J'écris pour toi, pour vous,

Pour l'éveil, la rosée,

Pour l'enfant endormi aux doux cheveux de soie,

Pour que chacun s' enivre de pages animées,

Pour que revienne enfin

La bonté puis la foi,

J'écris pour Toi, pour Vous

Les derniers mots de vie

Que tu liras peut-être

Au bord de l'Infini.

Simone Dézavelle

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Les couleurs ( comptine)

 

 Je m'anime face aux couleurs.

Noir, je ne peux rien voir.

Jaune, je sonne,

Rouge, je bouge.

Marron, je tourne en rond,

Gris, je souris

Blanc, je m'étends.

Bleu, je lève les yeux,

Vert, je dessers,

Orange, je mange.

Roux, Oh! je fais la roue,

Argent, je prends

Or, je ressors.

Violet, je m'en vais.

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BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS

                          BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS                   

 

Du 07-11 au 25-11-12, l’ESPACE ART GALLERY (Rue lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) vous invite à découvrir une exposition entièrement consacrée à l’œuvre de Madame BETTINA MASSA, intitulée ŒUVRES SUR PAPIER – PLUS INSTALLATION VIDEO.

BETTINA MASSA dont l’E.A.G. avait eu le plaisir de présenter les œuvres  en avril dernier nous revient avec des variations nouvelles sur un thème qui lui est essentiel : le rapport entre réalité et fugacité du temps fuyant.

Cette fois-ci, d’entrée de jeu, elle aborde son parcours par la couleur comme un retour vers le passé. Comme le précise l’artiste, elle a débuté son œuvre  par la couleur pour avancer ensuite vers le noir. Signalons, d’emblée, qu’aucun de ses tableaux ne porte de titre. Cette manière d’agir, elle la revendique au nom de la liberté du visiteur à laisser flâner son imaginaire au gré de ses toiles. Cette même démarche se retrouve dans les variations chromatiques qu’elle apporte à la couleur rouge dans deux tableaux montrant deux enfants jouant (1, 54 x 1, 39 cm - 2012)

 

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(1, 39 x 0, 76 cm - 2012).

 

Nous retrouvons ici la thématique du mouvement scandé en plusieurs segments que l’artiste avait préalablement abordé dans son tableau intitulé LE MARTYR DE SAINT MATTHIEU, présenté en avril dernier, lequel était une variation contemporaine sur le discours pictural du Caravage (1, 52 x 1, 38 cm).

 

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Les quatre panneaux formant la composition représentant des enfants dans l’activité ludique nous livrent l’expression d’un mouvement léger, aérien (1, 54 x 1, 39 cm). Un mouvement « enveloppant » en quelque sorte le corps de l’enfant, à l’avant-plan, grâce au flottement du drapé presque translucide mettant en exergue la posture inclinée de son corps. Tout est en variations dans cette œuvre : postures et couleurs obligeant le visiteur à « ajuster » son regard au fur et à mesure qu’il s’approche de la toile et en découvrir les réalités.

Placé juste à côté de cette œuvre, un second tableau représentant une jeune fille dans une posture évoquant la danse, nous propose le même discours féerique (1, 54 x 1, 39 cm).

 

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BETTINA MASSA voulait, à l’origine, réaliser un triptyque mais chemin faisant, elle a préféré s’en tenir à deux compositions distinctes.

Si dans l’œuvre similaire composée de quatre panneaux le mouvement, subtil et discret, est apparent, dans ce second tableau il sollicite l’effort visuel du visiteur qui le découvre au stade infiniment embryonnaire, prenant l’apparence du dessin sous-jacent apparaissant à la radiographie. Comme pour l’exposition précédente l’artiste nous présente des œuvres réalisées avec la même technique, à savoir l’utilisation de papier noir en provenance du Bouthan à l’adhérence rapide, lequel ne permet plus d’effacer quoi que ce soit une fois que les pigments s’y sont fixés.

A ces deux œuvres s’ajoutent quatre tableaux de dimension moyenne déjà présentés en avril dernier montrant quatre facettes d’un visage masculin, campées en une succession de phases sur lesquelles le temps a laissé sa trace. (0, 69 x 0, 77 cm) L’empreinte du temps fuyant s’est déposée sur le sujet à l’intérieur du cadre quatre fois répété, à la manière de quatre « segments » d’une même séquence, ainsi que par une polychromie à dominante sombre, aboutissant au noir absolu montrant la façon dont le temps lui a labouré les traits.

 

Mais le clou de l’exposition est constitué par une série d’œuvres à dominante bleue.

Elle s’ouvre sur un univers onirique à l’intérieur duquel la figure humaine apparaît telle une incrustation « calquée » comme une sorte d’ombre chinoise au cœur d’un monde à la matérialité presque minérale. A l’arrière-plan se profile un ensemble de colonnades antiques, ce qui confère à l’ensemble de la composition une dimension métaphysique. Les figures humaines partent du centre du tableau pour s’étaler sur les côtés de la composition jusqu’à être, pour ainsi dire, « coupées » par les bords du cadre. Cela s’explique par la volonté de l’artiste d’ « ouvrir » une porte vers l’inconnu. Une porte à la fois de sortie afin de libérer les personnages pour qu’ils s’évadent du tableau, et une porte d’entrée à l’attention du regard pour l’inviter à se transporter derrière le miroir (1,4O x 1,53 cm – 2012). Cette œuvre témoigne de l’expérience de l’artiste en tant que scénographe pour le théâtre.

 

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Elle a, en effet, conçu dans les années ’80 des scénographies pour des textes d’Aragon, d’Armand Gatti, de Garcia Lorca, mis en scène par NAJIB GHALLALE.

Et il y a certainement un effet théâtralisant dans la gestion spatiale de l’œuvre de BETTINA MASSA : le centre de la scène est vide. Ce qui permet au regard de se diluer pour se perdre enfin dans l’espace scénique.

Dans l’ensemble des œuvres à dominante bleue, le mouvement surgit comme un sursaut de l’âme, en ce sens qu’il survient comme un remous violent.

En cela, la notion de mouvement exprimée de telle façon renvoie à l’identité même de l’image : un abîme incertain enfouis au tréfonds de notre psyché qui se manifeste au contact d’un choc engageant tous nos sens et que nous interprétons dans des tons célestes ou marins. (1,53 x 2,04 cm – 2012)

 

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Tout ce que la nature nous offre et que notre for intérieur ne cesse d’interpréter comme les épiphanies d’un divin ancestral.

Comme le titre de l’exposition l’indique, celle-ci se termine avec une vidéo conçue et tournée par l’artiste. Elle s’intitule  A CONTRE –TEMPS.

Il s’agit d’une œuvre réalisée partiellement en pellicule 16 mm, transposée et terminée en bande vidéo. Deux projecteurs diffusent sur deux écrans opposés,  le même film projeté en décalage d’une minute, l’un par rapport à l’autre. Entre les écrans, le portrait d’une jeune fille exécuté au pinceau avec poudre de graffite tenue à l’aide d’un médium, trône en guise de référent. Car le personnage du film c’est elle. On la voit petite courir le long d’une  voie ferrée vers la caméra, une fois en vitesse normale, ensuite au ralenti. A la suite de quoi, on la voit adolescente pour la retrouver, assise près d’un projecteur en marche, en tant que spectatrice de sa propre évolution. En guise de fin, un fondu enchaîné avec double exposition réunit dans un même plan le personnage filmé dans les trois époques et pour conjurer une fin éventuelle, le film est remonté en marche arrière comme pour affirmer l’existence d’un éternel retour.

L’audace de ce film consiste à le diffuser en différant l’action d’une minute entre les deux projections. Cela peut sembler insignifiant pour le profane, néanmoins, soixante secondes de distance entre les plans, et arriver à harmoniser tout ça, c’est considérable !

De plus, un voile opaque couvre l’un des écrans. Ce qui contribue à donner une image volontairement floue d’un passé révolu. Cette pièce ajoutée confère à l’écran le rôle d’une fenêtre de laquelle surgit une sorte d’image onirique. Une plus-value sur le rêve. 

L’aspect technique du travail, à savoir le montage, l’artiste l’a confié à Madame LUISA GHERDAOUI, une monteuse professionnelle qui a assuré une parfaite continuité filmique à l’ensemble.

Ce film d’une durée de cinq minutes peut être qualifié d’ « expérimental », en ce sens qu’il interroge, à l’instar de l’œuvre picturale de l’artiste, la dialectique réalité-temps.

Il s’inscrit en plein dans la philosophie comme dans la poétique du cinéma muet d’avant-garde où l’écran pouvait, en quelque sorte, se « démultiplier » pour atteindre la « polyvision », dont parlait Abel Gance à propos de son NAPOLEON (1927), lequel n’hésitait pas à présenter trois segments d’une même action sur trois écrans alignés.

BETTINA MASSA nous est donc revenue avec un prolongement de son œuvre qui mène, le plus naturellement du monde, vers le 7èmeArt.

Cela était déjà présent dans les quatre tableaux exposés précédemment, présentant  quatre aspects différents d’un même visage, mentionnés plus haut. Ces œuvres dont l’aspect varie d’ailleurs en fonction de leur emplacement par rapport à la lumière via l’importance du chromatisme, rappellent le rendu filmique dans l’aboutissement du mouvement.

Quand débute le mouvement ? Quand s’arrête-t-il ? A l’instar de la droite, produit de l’imaginaire, le mouvement ne peut se concevoir que par la présence matérielle du segment qui sanctionne son existence.

BETTINA MASSAne cesse de le traquer dans sa fuite existentielle en plaçant devant sa face le miroir de la réalité.


François L. Speranza.

 

 Arts 
12272797098?profile=originalLettres

 

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si vous n'avez rien à me dire Victor Hugo‏

Chanson (L'Ame en fleur)

Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?
Pourquoi me faire ce sourire
Qui tournerait la tête au roi ?
Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?

Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?
Sur le rêve angélique et tendre,
Auquel vous songez en chemin,
Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?

Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?
Lorsque je vous vois, je tressaille :
C'est ma joie et c'est mon souci.
Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?

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Attente

 

 

À l'ami retiré

Assailli par une douleur,

Non soutenu par l'espérance,

Comment émerger du silence,

Penser rejoindre une âme soeur?

Non soutenu par l'espérance,

Plongé dans la triste noirceur,

 Penser rejoindre une âme soeur,

 Semble n'avoir plus d'importance.

Plongé dans la triste noirceur,

Vous laissez durer votre absence.

Semble n'avoir plus d'importance,

La tendresse, qui émeut les coeurs.

Vous laissez durer votre absence,

Sans penser être dans l'erreur.

                                                           La tendresse, qui émeut les coeurs,

Émousse pourtant la souffrance.

12 novembre 2012

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Tout a changé avec l’industrialisation

Quand je prenais le bus pour rentrer chez moi, je demandais « le charbonnage ».

Mon quartier avait pour joli nom : le charbonnage. Germinal était passé par là bien avant moi

Ma grand-mère racontait la mine, le temps des « fosses » avec la famille de mon grand-père (mort à 49 ans)

La famille de ma mère aussi était de la fosse, je n’ai connu personne, tous morts à ma naissance, tous des mineurs de fond.

Une photo de ma grand-mère maternelle Hélène, près d’un autel, au fond dans la fosse montre les femmes aux visages émincés, creusés et tristes, la souffrance sur leurs visages.

 

Quand j’étais petite (5 ou 6 ans) et un peu casse-cou, j’allais dans la cour du charbonnage. Celui-ci était entouré d’un mur très haut avec des caissons de bouteille par-dessus.  La grande entrée avait de hautes grilles fermées. A différent endroit, l’enceinte était ouverte soit en bas, juste pour qu’un homme puisse entrer ou en haut, les tas de briques étaient enlevés et faisait tomber la hauteur du mur.

 J’y allais avec un cousin de mon âge. J’entrais par ce trou dans le mur et je visitais. J’étais directement dans la cour du charbonnage, pleins de wagonnets sur de petits rails, des tas de bois, de la ferraille partout. Tout était à l’abandon.

 La « fosse » était devant moi, immense, comme une tour Eiffel en bois, cadenassée, toute noire. Bien qu’arrêtée depuis longtemps, le noir du charbon était encore présent sur tout.

Une allée de gros pavés, de chaque côté des bâtiments hauts et vides, conduisait dans la cour d’une jolie chapelle, bâtiment plus bas, en brique, avec la maison du sacristain. La chapelle avait une entrée sur la grand-route pour les jours d’affluence.

C’est là que j’ai fait la connaissance d’un jeune vicaire qui pratiquait là. La chapelle St Georges me paraissait grande, les vitraux filtraient la lumière. A cette époque, beaucoup des statuts et de peintures au mur, l’’atmosphère était feutrée et chaude, il faisait sombre. Seuls les cierges et les bougies illuminaient l’entrée. Le prêtre devait officier tous les jours à cette époque.

Petite, je voyageais sans faire de bruit dans cet endroit sacré.

En face du charbonnage, une cité ouvrière habitée par des travailleurs italiens. On l’appelait «  le petit Paris » elle a toujours ce nom aujourd’hui. Il était interdit d’aller jouer dans cette cité, et même de jouer avec ces « étrangers ». On racontait des histoires épouvantables sur eux.

A cette époque, chaque quartier avait son école communale ou catholique. C’est là que je retrouvais ces « étranges enfants venus d’ Italie »  qui ne parlaient pas français. Tous ces italiens sont vite devenus des copains et copines. J’en rencontre  encore qq uns aujourd’hui.

Mon père était faïencier, il avait une entreprise juste à coté de la maison de ma grand’mère. Ma mère et mes tantes étaient aussi dans la faïence. 

Je me souviens des rangées de poteries et d’assiettes sur les étagères où encore une fois, je n’avais pas le droit d’aller. Au fond du bâtiment, un four professionnel au mazout où l’on cuisait la faïence. Un travail de pro.

Avec la crise du canal de Suez, mon père a arrêté son activité pour partir dans la police.

 C’est à cette époque que les grosses usines sont venues s’installer dans le « zoning» dans la banlieue et dans les champs de coquelicots.

Beaucoup de petites entreprises ont fermé pour laisser place à des usines modernes et propres pour la santé. C’était inespéré pour beaucoup de personnes.

La famille de ma grand-mère paternelle venait de la campagne, ils étaient fermiers. Mes oncles avaient tous une petite ferme avec vaches, poules et des qq terres. C’est là que j’allais jouer aussi.

Ma grand-mère était fleuriste, elle faisait des bouquets magnifiques, des couronnes pour les mariages, les enterrements. Elle était toujours dans son jardin avec ses fleurs. Quand je suis née, elle avait 68 ans, elle était née en 1885.

Ma tante, une personne qui a beaucoup compté pour moi. J’ai vécu ma plus tendre enfance avec elle, c’était qq un d’aimant, de généreux, de tendre, de prévenant et  à l’écoute. C’était vers elle que je courrais me faire consoler quand je faisais des bêtises. J’étais toujours en sa compagnie. Elle aimait la musique, la poésie.  Les histoires qu’elle racontait avec tant de plaisir que l’on y entrait tout de go. Elle chantait souvent. Elle était gaie comme un pinson et un peu gaffeuse …un peu distraite, rêveuse peut-être.

Elle avait un cœur si grand que l’on pouvait y entrer et si perdre. Que de souvenirs restés vivants.

La vie leurs a donnés beaucoup de tristesse et de chagrin aussi. Des vies comme les autres, trop vite passées, trop courtes pour certains.

Au final, qq photos montrant simplement leurs visages sans savoir ce qu’ils ont réellement vécu et les qq souvenirs qu’il me reste.

On est peu de choses sur cette terre…On ne se souvient parfois que de l’amour que l’on a reçu ou donné, le reste n’est que du vent…

 

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Certes, depuis novembre 2012, Deashelle, notre chroniqueuse d’Arts et Lettres nous a gratifiés de nombreux billets culturels de qualité (théâtre, musique, expos, lecture, cinéma...) . L'actualité de ces billets est donc à consulter sur le lien direct que voici:

 

Et particulièrement dans les commentaires situés sous ce billet. Pour rappel, voici quelques « Oldies »

  

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EXPOSITION ART GENT DU 29-11-12 AU 04-12-12

Chères amies,

Chers amis,

Je serai présent dans le cadre de ART GENT 2012  avec la Galerie Balastra

Stand L 141

 

Du vendredi 30 novembre au mardi 4 décembre 2012 de 14h00 à 22h00

Preview et vernissage: 29 novembre (uniquement sur invitation - sur demande par mail) à partir de 19h00 jusqu'à 23h00

Lieu :

Flanders Expo, Gand – Belgique(GPS : Adolphe Pégoudlaan, 9051 Gent)

Avion :

L’aéroport de Zaventem (Brussels Airport) se trouve à 50 km seulement de Flanders Expo.

Liaisons directes par train entre Brussels Airport et la gare de Gand-St-Pierre (Gent Sint-Pieters).

Train :

Train au départ de Gand-Saint-Pierre. Correspondance en tram vers Flanders Expo.www.sncb.be

Tram :

Ligne 1 (Evergem – Flanders Expo), notamment à partir de la gare de Gand-St-Pierre (Gent Sint-Pieters).

Voiture :

Flanders Expo est directement accessible depuis la sortie 14 de l’autoroute E40 (Bruxelles-Ostende).

Flanders Expo, Gand – Belgique

(GPS : Adolphe Pégoudlaan, 9051 Gent)

http://www.artgent.be/fr/12272841484?profile=original

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EN ROUTE POUR BROCELIANDE

"Deux routes divergeaient dans un bois, et moi,
J'ai pris celle par laquelle on voyage le moins souvent,
Et c'est cela qui a tout changé."
Robert Frost. La route non prise.

 

Pour supporter un peu mieux la vie, j’ai pris le chemin de Brocéliande… La forêt magique et ses habitants. La simple transposition d’une réalité impossible à digérer.

Je me suis souvent perdue… j’ai chuté, je me suis arrachée les tripes au propre comme au figuré aux ronces de ma chienne de vie. J’ai beaucoup souffert. Peu s’en sont aperçu. Ils m’ont reproché de n’avoir rien dit… Comment aurais-je pu ? Les sons discordants ne sortaient pas. Ils m’auraient effrayée. Je suis si fragile sous mon masque bien confortable. Seuls ceux qui ont creusé ont vu et su… les autres m’ont fait fuir.

J’ai exploré les chemins de traverse, pris la route des écoliers, des sentes escarpées, des passages caillouteux…Je me suis éraflée le cœur, griffée l’âme… les larmes ont souvent coulé. Mais j’ai continué.

Il m’est arrivé de rencontrer d’autres brebis égarées. Nos expériences ont renforcé notre volonté d’encore et toujours marcher. Nous avons parfois fait un bout de chemin ensemble mais les routes finissaient toujours par se séparer. Et je me retrouvais toujours aussi seule, assise au bord de la route. Alors, parfois, une bonne étoile me remettait sur la voie, m’obligeait à me relever. J’avais les pieds en sang, je suais, souffrais, mais j’arrachais à mains nues les broussailles aux longues épines qui me barraient le passage…

Je n’ai pas encore découvert le bois magique mais je sais que cette fois, je suis sur la bonne voie. Peut-être la quitterais-je encore, peut-être aurais-je encore envie de suivre quelque luciole égarée. Mais je suis maintenant forte de mon expérience. Mes peurs se sont transformées en véritables victoires contre moi-même. J’ai déposé mes fardeaux, largués les poids inutiles et oublié de semer les petits cailloux qui m’auraient permis de retrouver l’ancienne route.

La métamorphose est telle que ceux qui ne sont pas partis à ma recherche me croisent sans me reconnaître. Tant pis pour eux s’ils ne voient en moi que ce qui leur déplaît quand ils se regardent dans le miroir de la vie.

 

 

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Le jouet

 

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En avançant, les yeux à terre,

j'ai aperçu le corps boueux

d'un minuscule militaire,

perdu ici, ne sais comment.

 

Je l'ai ramassé tendrement.

Fusil en mains, les yeux ouverts,

il est tombé en combattant.

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administrateur théâtres

 "Sous le Ciel de Paris"    12272845692?profile=originald'après LE BESTIAIRE DE PARIS  de Bernard DIMEY     et de nombreuses  chansons de Juliette GRECO du 6 au 10 novembre à 20h30

                Avec Amélie SEGERS   comédienne / chanteuse     accompagnée à l'accordéon par   Adriano Malaguarnera

                Mise en scène Bernard DAMIEN  à l'XL Théâtre         

« Le Bestiaire de Paris est sans doute l' oeuvre de Bernard DIMEY la plus ambitieuse et la plus achevée. Ce long poème, accompagné à l’accordéon par son ami Francis Lai, jette une lumière crue sur Paris, ses misères, ses crimes et ses vices. Portraits, croquis noirs à la Goya, grincements de dents d’un humour désespéré, détachement narquois d’un regard accoutumé au drame, imprécations prophétiques sur l’effondrement à venir de Paris, instantanés d’un passé magnifique, l’oeuvre de Dimey est effrayante et savoureuse. Interprété notamment par Juliette Gréco, Pierre Brasseur et Mouloudji qui, tour à tour, ont avancé dans ce Paris de nuit, de rouille, de fièvre et de compassion."

Bernard DIMEY  débute sa carrière à  la radio, puis - rapidement - écrit dans la revue ESPRIT . Il s'intéresse à la peinture (il a peint sous le nom de Zelter). Il s'installe à Paris à 25 ans sur la Butte Montmartre qu'il ne quittera plus ! Il y fréquente tous les bistrots à la belle époque où les touristes laissent encore place à la réelle identité de la Butte ... C'est là, aux belles heures de la nuit, qu'il côtoie "les poivrots, les putes, les truands, les artistes". Il commence à écrire ses poèmes, il les déclame à plein poumons dans ses repaires enfumés. Il propose ses chansons à Yves Montant, Charles Aznavour, Serge Reggiani, Henri Salvador, Patachou, les Frères Jacques, Mouloudji, Jean-Claude Pascal et ... à Juliette GRECO, à qui nous rendons hommage tout au long du spectacle. Bernard DIMEY  a également écrit des scénarios et des dialogues pour le cinéma. Avec sa  soif d'absolu, il aurait aimé croire au superbe paradis de son enfance. L'appétit de vie de cet ogre chaleureux qui brûla la chandelle par les deux bouts ne saurait cacher son mal de vivre et la menace obsédante de la mort qui pesait sur lui. Pour Bernard Dimey, la poésie c'est « mettre sa nuit en lumière ». Cette belle métaphore de Jean COCTEAU, il la reprend à son compte dans les poèmes du « Milieu de la nuit ». De l'avis de toutes ces vedettes qui l'ont bien connu, Bernard Dimey était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». Amoureux inconditionnel du monde de la nuit et de  Montmartre, Bernard DIMEY a composé - entre autres excellentes chansons -   Syracuse, Mémère, Mon truc en plume etc. qui ont été interprétées par des géants de la chanson française. Pour notre spectacle, Amélie SEGERS et Bernard DAMIEN se sont concentrés sur les chansons interprétées par Juliette GRECO, une autre "géante",  fer de lance de la très belle et très bonne chanson française.

L'XL Théâtre a choisi ce soir de s’habiller en tenue cabaret. Cabaret  Parisien qui plus est, ou  bohême qui n’est plus. Même si le ciel de Paris ne peut être que  le ciel  de Paris, éternel ! Le bord de scène n’est rien moins que  La Seine. « Accordez-donc l’aumône à l’accordéon… »  L’accordéoniste coiffé en titi de Paris effleure les boutons de nacre, un fin sourire Gabin fiché aux lèvres, comme une cigarette.

 C’est alors que surgit une voix profonde  et belle : mais où donc est  la chanteuse ? Enfin on l’aperçoit, elle marchait  droit dans le noir, surgit  telle un profil de belle  égyptienne et se fond en diva juvénile, an deux mille. Un fourreau noir découvre juste l’épaule et un bras, les jeux de lumière pétillent sur cette seule partie de physionomie dévoilée au public. Les yeux et les postures discrètes et déférentes pour les textes qu’elle va interpréter font le reste. La voix déclame et chante tour à tour. A capella parfois, dans un silence de salle gourmande de mystère qui ose à peine respirer. « Dans la rue des blancs manteaux… » Une chanson écrite par Jean-Paul Sartre pour la jeune Juliette Gréco.  La voix raconte, non, invite le public dans la confidence des quatrains en alexandrins du  Bestiaire de Paris  de Jean Dimey et celle des  vers d’Apollinaire. : «On a vu remonter du fond des eaux de Seine des femmes sans regard au masque mystérieux,
Filles mortes d'amour et que le fleuve entraîne, Lorelei à Paris n'a plus rien dans les yeux.»

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 »

La confidence de l’amour de Paris. Le Paris-Canaille de Ferré chanté par Juliette, non par Amélie Segers. On s’y perd !  Le Paris étourdissant, le Paris d’étranges mandigots.   Le Paris disparu de la folle ivresse de la jeunesse. Le Saint-Germain-des-Prés d’avant les pessimistes en service commandé par la sinistrose. La  diction de la jeune femme est aussi belle que ses yeux. Regard de biche ou de licorne ? Toute syllabe semble un lâcher de perles, les lèvres à peine fardées s’arrondissent sur de la beauté vocale qui transmet lentement son infusion de poésie. Une rivière perdue dans une prairie.  Le texte se cisèle, prend forme en ondes énigmatiques et ravit l’oreille. La musique soutient avec légèreté le propos qui est poésie en personne. On flotte dans l’intemporel, les mots font naître les images, on se promène dans le Montparnasse d’il y a 50 ans. "Un village autrefois s'appelait Montparnasse, le génie poussait là comme dans un jardin, Les femmes posaient nues au tarif de la passe pour Pablo l'Espagnol ou les peintres mondains."

C’est une épure d’une simplicité naturelle : une voix nouvelle a largué totalement  les accents parigots, saisit l’envers des mots et partage avec le public leurs intimes secrets.  

 

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Bof !

J'fais la médecine, j'ne mange jamais de fruits, ni de vitamines. 
Je viens de la banlieue de Paris, j'avoue que c'est bien mieux ici !
J'fais l'université, loin de mon quartier en espérant un jour être cité.
J'veux prouver à mon entourage que je peux réussir aussi. 


Ce matin, je n'vais pas bien, je ne comprends rien.
Je n'ai bu que deux redbull, il était vingt trois heures. 
Pas dormi cette nuit entre deux et quatre heures. 
Voir les news des potes sur Facebook, suis le seul réveillé ! 

J'suis dans mon lit, dans mon kot pas bien rangé. 
Je n'sais pas ce que j'ai, je suis tout le temps fatigué !
J'me couche tard, j'me lève tard, zut le cours à commencé !
J'traine les pieds, j'fais plus de 103 kilos depuis l'été dernier ! 

J'avoue être un peu paresseux, j'me prépare des pizzas surgelées.
J'mange dans des assiettes en carton pour ne rien devoir laver. 
J'lave mon linge en machine, et j'utilise le séchoir fabriqué en Chine. 
J'manque d'énergie, je suis épuisé, reste trente pages de biologie.

Faudrait que j'me remette en question, mon hygiène de vie est la question...
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administrateur partenariats

Facebook, une expérience !

Statut que je viens de publier sur Facebook, après une tentative de destruction de la part de facebookiens bien intentionnés.

Méfiez-vous de vos ennemis, ils peuvent se servir de vos publications non protégées pour vous nuire...une photo, un texte, bref, vous déclenchez sans le savoir la jalousie, la haine, le désir de vous détruire....Je suis à deux doigts de supprimer mon compte, les abrutis sont légion, il n'y a que ça...Après tout, FB est une saloperie qui bientôt sera payante, la plupart de nos publications ne suscitent qu'un intérêt restreint, il suffit de compter le nombre de "like" sur un statut intéressant , et le nombre de  "like" pour une débilité sans nom que quelqu'un publie....FB ne sert qu'à flatter un égo creux et défaillant, une nullité qui espère trouver écho chez quelqu'âme condescendante en mal de reconnaissance, et qui espère à son tour faire l'objet d'un intérêt qui ne durera que le temps de la lassitude. Fb est un outil, en principe. Un outil de recherche, d'ouverture, mais souvent hélas d'ouverture sur la débilité intégrale d'amis qui vous laisseraient crever dans la vie réelle, de gens qui ne n'avaient jamais cherché à vous retrouver , mais qui, oh ! par hasard, vous voient ici, avec toute votre vie privée, étalée, mise à nu, bien intéressante....enfin en principe ! Mais aussi d'amis véritables qui n'ont pas besoin de lire un statut pour savoir si vous allez bien ou pas, d'amis qui de toute façon sont heureux de vous revoir en vrai, se déplaceront pour vous, bref que FB aura permis de retrouver, mais qui ont compté et qui comptent encore aujourd'hui. Beaucoup en font partie ici, ils se reconnaîtront. Les personnes que je viens de bloquer ne liront pas ceci, ni plus jamais rien d'ailleurs, je les méprise profondément. Quant aux malheureux enfants qui hélas, sont déjà pris par le virus de FaceMerde, et ils sont légion, et je garde espoir qu'ils sauront développer des mécanismes de défense, à défaut de ceux non installés par leurs parents.
Je vous souhaite une bonne soirée à tous, enfin les quelques qui liront ceci, vu qu'un statut n'est lu que par 15% des "amis"

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Le genre de conneries que l'on me propose sur facebook

L'on me propose encore une fois de plus une crétinerie sur facebook:  un "essai"  sur l'amour:

http://livre.fnac.com/a4012560/Claude-Cognard-Facebook-love-une-nouvelle-facon-d-aimer

Voila de quoi "enrichir" ma bibliothèque paraît-il...

J'ai répondu au gugusse que je lui proposais plutôt ce genre de lecture:

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/derniers-poemes-d-amour-d-eluard

De quoi garder sa dignité dans le genre love affairs.

Vous avez le choix en cette belle matière

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Le jour du souvenir

 

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Ceux qui sont morts en combattant,
qui n'avaient pas choisi la guerre,
ont droit au moins une fois l'an,
à nos pensées, à nos prières.
Si les hommes devenus sages,
renonçaient aux combats sanglants,
les coquelicots, dans les blés,
seraient de simples fleurs sauvages,
comme marguerites, et bleuets.

 

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