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Ecrire,

Bonheur d’écrire,

 tu nous rends un peu fou,

nous restitue l’enfance,

 nous réinventes ;

 couronnement d’or massif

sur nos cheveux déliés,

 nos têtes légères, aériennes !

Cœur frêle, si plein de vous.

Ronde de couleurs dans nos têtes,

bleuets au fond des yeux,

 nos lèvres soudain faites pour embrasser le monde,

l’enlacer, le chanter !

Bonheur d’écrire,

 tu nous rends un peu fou,

nous restitue l’adolescence,

 nous réinventes ;

 couronnement d’or massif

sur nos cheveux déliés,

 nos têtes légères, aériennes !

Cœur frêle, si plein de vous.

Nuit noire redevenue blonde,

 porteuse en son sein du soleil empourpré,

 défiant de ses rayons superbes,

l’horloge de la terre, adolescente, déboussolée,

par l’astre insomniaque pénétrée !

Mots bleus vous tâtonnez,

 avancez dans la nuit blanche, déchirante,

 éclairés par le noctambulisme solaire,

 le souffle de ma mère.

.

 

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Souvenirs d'Ostende, 1965.

12272845882?profile=originalSouvenir de vacances en "1965" !

Maman avait préparé les valises pour le grand départ. Nous étions six enfants, quatre garçons et deux filles, c'était une réelle expédition !

Papa n'avait pas encore sa Volvo Amazone achetée d'occasion un an plus tard. Maman avait fait appel à un transporteur pour transférer nos bagages jusqu'à Ostende. Nous devions prendre le train, la mer nous paraissait si loin étant petit.

Nous passions le mois de juillet et d'août dans la petite maison que papa avait hérité de sa mère. Dès arrivés, nous étions pressés de connaître l' heure de la marée haute pour pouvoir confectionner de magnifiques châteaux de sable !

Mes soeurs avaient déjà préparé du papier crépon, des perles et du fils de fer pour pouvoir confectionner de magnifiques fleurs en papier. Elles espéraient récolter tant de poignées de coquillages en les vendant sur la plage !

Je me rappelle aussi que maman préparait le pique-nique, assise dans le sable, en-dessous du parasol derrière le paravent aux lignes horizontales bleues et blanches, elles beurrait nos pistolets et déposait une tranche de jambon ou de fromage.

Je me rappelle que lorsque nous les mangions, quelques grains de sable se broyaient sous les dents, il faut dire que souvent il y avait du vent ! Elle, elle avait achetée des crevettes à décortiquer au marché des pêcheurs près du port.

Mon papa, lui, prenait un grand plaisir à lire son journal allongé; de tant en tant il nous emmenait jouer à la pétanque sur le sable dur et dans l'après-midi nous allions boire de l'eau au thermes d'Ostende sur la digue un peu plus loin, cette eau avait un goût de blanc d'oeuf mais était bonne pour la santé !

Au loin, je regardais souvent les énormes malles se dirigeant vers Douvre, pendant que mon frère se battait avec les noeuds de son cerf-volant....

Merci, papa, maman pour ces souvenirs inoubliables.

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Une charmante connivence

 

  

À Émie Magne

Ambiance animée d’un beau centre d’achats.

Çà et là des fauteuils incitent à une pause.

Ravie, j’en choisis un, m’installe et m’y repose.

Une jeune maman s’assied près  de moi.

 

Elle garde, sur elle, un mignon garçonnet

Et, dans une poussette, une petite fille,

Qui reste sans bouger, somnolente, gentille.

Je ne crois pas qu’elle aie achevé trois années.

Un pouce dans la bouche, les yeux gardés ouverts,

Une poupée venue du Viêt-nam, je pense.

Je suis en face d’elle et veux tenter ma chance:

La faire réagir par des gestes divers.

Ma tentative est vaine, du moins en apparence.

J’insiste cependant, espérant l’amuser.

Les mains sur le visage, un truc utilisé,

Va-t-elle demeurer dans son indifférence?

Je cache, plusieurs fois, puis libère mes yeux.

Je suis émerveillée par son intelligence.

Elle fait comme moi, charmante connivence!

Elle a vite compris et accepté le jeu.

...

La maman a, bien sûr, saisi notre manège

Et, vraisemblablement, a dû s’en amuser,

Or, avant de partir, se levant de son siège,

Elle m’adresse un signe et sa fille, un baiser.

...

Laval, 5 septembre 2006

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L'instant

 

Les effets sont pareils venus des mêmes causes,

Agissent sur les êtres autant que sur les choses.

Paressant à souhait, je me tiens en éveil,

Ravie par les dessins que brosse le soleil.

Je contemple le ciel où voguent des nuages,

Près du fleuve ou d’un lac, apaisantes images,

Et fréquemment, flânant non loin de ma maison,

J'admire la beauté propre à chaque saison.

Il m'arrive, toujours, quand un émoi m’habite,

De capter les propos qu’une muse me dicte.

Je les transcris en vers, tels que je les entends,

Or, je conserve ainsi la grâce d'un instant.

En ce jour printanier, mon esprit se repose,

Je goûte satisfaite une nouvelle pause.

La sublime nature déborde d'énergie;

Tulipes et iris ont surgi par magie.

Le présent se déroule imperceptiblement.

Ma main, ensoleillée, trace rapidement

De nombreux signes noirs sur un reste de page.

Sans doute des éclats d'une joie de passage.

2 juin 2007

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Bettina MASSA peintures à l’huile sur papier + installation vidéo.

 

Née en 1957 en Corse, Bettina Massa a vécu, dès l’enfance, dans la proximité des grands maîtres de la peinture. Son père travaillait au Musée Fesch d’Ajaccio, ce qui lui a permis de fréquenter au quotidien, non seulement les primitifs italiens, Botticelli, Titien, les caravagesques napolitains… mais aussi les œuvres d’artistes moins connus, ou en attente de restauration, qui étaient entreposées dans les combles labyrinthiques et obscurs du bâtiment. Ce rapport privilégié aux œuvres va durablement nourrir son imaginaire, la confronter à différentes techniques et, tout naturellement, l’amener à développer, très tôt, une démarche personnelle de création picturale.

 

Viennent ensuite, à partir de 1978, les années de formation à Paris. Elle obtient une maîtrise d’Arts Plastiques à la Sorbonne, puis les concours d’enseignement du CAPES et de l’Agrégation d’Arts Plastiques.

 

Dès 1978, elle présente son travail dans diverses expositions à Paris et en Corse. Tout en poursuivant activement son travail de peintre, elle s’engage, dès 1986, en tant que scénographe, dans le domaine des arts du spectacle. Elle assure toutes les scénographies de la compagnie de théâtre « Prétexte » qu’elle crée avec le metteur en scène Najib Ghallale (sur des textes de Sophocle, Armand Gatti, Liliane Atlan, Mahmoud Darwich, Louis Aragon, García Lorca …). Les spectacles sont présentés en France, au Maroc, à Jérusalem…

 

Parallèlement à son travail d’artiste, elle entame, en 1992, une carrière dans l’enseignement des Arts Plastiques qui la mène d’Aubervilliers aux Ecoles Européennes de Luxembourg en 2002, puis de Bruxelles en 2005.

 

Après avoir expérimenté et maîtrisé les techniques de bases héritées des grands maîtres de la Renaissance et des peintres du XX° siècle, elle s’engage dans une recherche picturale traduisant, par la composition, la matière et la couleur ses questionnements sur la mémoire collective et la mythologie. Elle construit progressivement son propre style et développe une technique personnelle en approfondissant sa démarche par la recherche sur la matière et le support. Elle passe, par nécessité, de la toile au papier. Un papier particulier, qui a lui-même son vécu, son histoire...

 

Elle prévoit de présenter, par la suite, ses œuvres à Paris, au Luxembourg, en Corse…

 

 

Démarche artistique

 

« Mon travail de peintre s’inscrit dans un questionnement en relation avec le temps, à travers une réflexion sur la mémoire et le mythe. Mon action sur le support, en laissant la trace de mes outils, en l’érodant, le creusant, le transformant, marque le passage du temps. J’agis comme un archéologue qui creuse dans les strates du terrain pour y retrouver des débris du passé, la mémoire de l’immémorable.

 

Je procède par recouvrement, effacement, superposition de couches, parfois extrêmement ténues, tout en laissant une part importante à l’impulsion et à la spontanéité du geste. Cela me permet d’induire l’imprévisible et de dégager progressivement des images rémanentes puisées au tréfonds de ma mémoire. J’opère alors avec ces lambeaux, ces bribes de souvenir qui se superposent et s’entremêlent. Ces « images fantômes » faites des survivances de mon vécu et d’œuvres qui m’ont marquée, viennent s’entrecroiser, transformées par le temps et l’oubli, pour être « recyclées » dans le travail en train d’advenir. La résurgence de certaines œuvres dans mon travail va bien au-delà de la simple citation, elle fait partie de mon questionnement.

 

Dans mes premières réalisations, fortement imprégnées par les cultures méditerranéennes, je travaillais essentiellement à l’huile en épaisseur de matière, sur des toiles de lin blanches, pour aboutir à des œuvres qui pouvaient être qualifiées d’abstraites. J’ai toujours accordé une très grande importance à la qualité de la technique picturale et n’ai pas hésité à faire des recherches très approfondies dans ce domaine, à une époque où était annoncée, comme une évidence, « la mort de la peinture »…

 

Ma rencontre avec le théâtre et mes créations scénographiques m’ont permis d’élargir mon champ de recherches en passant du plan du tableau à l’espace de la scène, du temps immobilisé par la peinture au temps du spectacle qui s’écoule, de la relative pérennité de l’œuvre plastique à l’éphémère absolu du spectacle. Ces expériences ont bien sûr entraîné d’importes conséquences sur ma peinture.

 

L’évolution de ma démarche est intimement liée à mes recherches techniques. En passant de la peinture à la sculpture en bas-relief, de la toile au polystyrène, de l’huile aux pigments saisis par le plâtre frais, le besoin de revenir à la représentation du corps humain s’est imposé à moi. C’est ainsi que j’ai réalisé une série de travaux en relation avec les corps pétrifiés de Pompéi. J’ai utilisé la même technique pour essayer de restituer les traces profondes qu’a laissées sur moi le voyage à Jéricho.

 

Actuellement, je travaille à l’huile sur des papiers noirs fabriqués artisanalement au Bhoutan. Le choix de ce support légèrement irrégulier, dont le format peut varier de quelques centimètres, n’est pas fortuit. Travailler sur fond noir m’a amenée à modifier ma technique, en inversant le processus auquel j’étais habituée antérieurement. Ici je pars du fond noir pour faire émerger des figures, parfois à la limite du visible. Progressivement, le besoin de revenir à une forme de représentation s’est imposé à moi.

 

Je joue avec les contraintes … sans doute pour mieux les déjouer ! Ce papier absorbe très rapidement la couleur et saisit le geste dans son immédiateté, je travaille en laissant une grande part à l’imprévisible et l’inconnu.

 

Je déjoue le format « presque carré » de dimensions relativement modestes en juxtaposant plusieurs feuilles. Chaque feuille garde son autonomie, cependant, la composition se poursuit sur la feuille attenante. Chaque élément est un fragment de l’ensemble qui pourrait se continuer hors-champs, hors limites, entre infiniment grand et infiniment petit …ainsi est laissée ouverte la possibilité de poursuivre indéfiniment l’œuvre…

 

Le choix de travailler sous forme de polyptyques, de suites ou de séries, donc par continuité, juxtaposition et ruptures, renforce la mise à distance et permet d’éviter une interprétation anecdotique de l’image en ramenant à la question centrale du temps et de la mémoire. En somme, je tente de questionner le réel en cherchant à me saisir du temps, qui inéluctablement s’écoule et jamais ne se fige, sauf à être saisi dans un instant de grâce, où passé et devenir viennent, dans un geste éphémère, se conjuguer au présent. »

 

 

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 07/11 au 25/11/2012 l’exposition  événement de Bettina MASSA : « Œuvres sur papier » + installation vidéo.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 07/11 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Bettina MASSA (It) peintures sur papier + installation vidéo

« Œuvres sur papier »

 

http://mad.lesoir.be/event/234778-bettina-massa-ghallale-oeuvres-sur-papier/

 

Collectif de la GALERIE :

 

Philippe GENTILS (Fr) peintures

GEKAY (Fr) photographies

Claude ANTONIE (Fr) tapisseries

Pierre CONTENT (Fr) sculpture

 

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

Louis de VERDAL (Fr) sculptures

 

Exposition du 07 novembre au 25 novembre 2012.

 

INVITATION AU VERNISSAGE

 

Mercredi 07 novembre de 18 h 30 à 21h 30.

Drink de bienvenue et petits sandwichs fourrés.

 

Vernissage qui sera agrémenté d’extraits de Musique Celtique interprétée par la harpiste Françoise MARQUET.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles.

Ouvert du mardi au samedi : 11h 30 à 18h 30.

Et le dimanche sur rendez-vous.

GSM : 00 32 497 577 120

 

 

 

Documents

 

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Et à titre d’information voici les sept prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : MARCHI (It) peintures, Patricio VILANOVA (Pt) peintures, Nugzar KAHIANI (Rus) peintures, Ju CHOU (Corée du Sud) peintures, Igor MISYATS (Uk) peintures, Jean-Paul BODIN (Fr) peintures, Alexandra DE GRAVE (Be) peintures, Patrick de SAGAZAN (Fr) peintures, Mejias ALVARO (Venz) peintures et Kristeen VAN RYSWYCK (Fr) peintures. Philippes GENTILS (Fr) peintures jusqu’au 25/11.

Vernissages les 17/10, 07/11 et 28/11/2012 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 17/10 au 16/12/2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

-Titre : « Lumière et mouvement »

Artistes : Juliane  SCHACK (All) peintures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

&

-Titre : « Les couleurs vives »

Artistes : Anita FLEERACKERS (Be) peintures et sculptures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

&

-Titre : « Les acidulés »

Artistes : Roselyne DELORT (Fr) peintures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

&

-Titre : « Quand l’œuf se fait dentelle »

Artistes : Patricia BAILLY (Be) sculptures

Vernissage le 28/11 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 28/11 au 16/12/2012.

 

-Titre : « Regards et robes habités »

Artistes : Claudine CELVA (Be) photographies

Vernissage le 19/12 de 18h 30 à 21h 30 en présence de Françoise MARQUET (harpiste)

Exposition du 19/12 au 13/01/2013.

&

-Titre : « Collectif de la galerie » Exposition  événement comprenant sept artistes dans le cadre du 25ème anniversaire d’Alzheimer Belgique A.S.B.L.

Artistes : Marc JALLARD (Fr) peintures, Solange ONESTA alias SAPPHYRE (Fr) peintures, NIKINEUTS (Fr) peintures, Patricia NORMAND (Be) peintures, Yves GUILLAUMOND (Fr) créations numériques, Micaela GIUSEPPONE (It) peintures et Andrée VAN LEER (Be) sculptures.

Vernissage le 19/12 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 19/12 au 13/01/2013.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                         Jerry Delfosse

                                                         Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                         Voir:         http://espaceartgallery.be

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Le vendredi 9 et samedi 10 novembre, le Musée royal de Mariemont organise deux journées de colloque autour de la production de Jean-Léon Huens, illustrateur de la série "Nos Gloires", cette collection d’images consacrées à l’Histoire de Belgique publiée par la Société Historia.

Les sources d'inspiration, méthodes de travail, l'impact de la collection et sa pérennité seront au centre des considérations. De façon plus globale, le colloque s’interrogera également sur les tendances de l’historiographie en Belgique et ses évolutions.
Une exposition temporaire sera accessible à cette occasion dans la Salle carrée (sous-sol du Musée). Les visiteurs pourront y découvrir une sélection des aquarelles originales de Jean-Léon Huens, accompagnée d’ouvrages et de manuscrits conservés dans les collections de la Bibliothèque de Mariemont.
Une initiative du Musée royal de Mariemont, avec la collaboration du CRHIDI (Centre de Recherches en Histoire du Droit et des Institutions - Bruxelles) et du Cercle royal des Amis de Mariemont.

 

Le programme:

 

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La maison de mon enfance

J’arrive enfin, haletante, devant la maison de mon enfance où l’été, herbes folles et buissons en friches s’entremêlent. Le vent qui l’été d’un souffle chaud, balance les mêlées de fleurs, a tout cassé et couché. Il a laissé place à un brouillard froid, recouvrant tout. Ce capharnaüm si vivant sous le soleil est maintenant triste et sans vie, fané et bruni par le gel.

Dans cette cour fermée que j’aime tant, le froid s’engouffre. Le rosier orange a perdu ses jolies roses et c’est décharné qu’il m’apparaît, lui, si fier d’habitude. La haie n’abrite plus rien, elle est nue et laisse peu de place aux oiseaux transis. Le potager, à l’abandon, est dans un pauvre état et il n’est plus que l’ombre de son passé.

La maison avec ses volets clos est triste noyée dans ce brouillard givrant. Le lierre courant sur les murs est devenu pourpre et donne une touche couleur sang à cette cour pavée.

La clef est là, patiente et froide. La porte s’entrouvre dans cet espace aimé et laissé à l’abandon. J’ouvre les volets et la lumière se répand. Les objets sont à la même place, la table rustique, l’armoire, le vieux fauteuil, les étagères vides. Le thym et le laurier sec sont toujours pendus. Les fleurs séchées sont tombées.

Grand-père est là dans son cadre. Enfin je respire un peu le bonheur perdu de l’enfance.

Près de l’entrée, le panier d’osier avec son couvercle de fer forgé est toujours aussi imposant. Chaque visiteur avait la possibilité d’y déposer ses paquets, d’y mettre ses sacs et ses chagrins.

J’ai attendu longtemps que tu viennes y mettre les tiens et t’assoir près de moi, tu n’es jamais venu.

Les trois marches qui mènent à l’étage craquent sous mes pieds, le parquet si accueillant dans le passé crie sa douleur de toutes ses forces. Les deux immenses pièces sont là, intactes. La bibliothèque est poussiéreuse mais bien vivante, un peu de chaleur et tous ces livres d’une vie n’attendent qu’à être relus.

La porte de l’autre pièce s’entrebâille, c’est la chambre aux couleurs d’un temps révolu. Déserte et triste, elle a gardé son lit de palissandre retenant ainsi ses vieux trésors et ses secrets d’alcôve.

Ces pièces donnent par de grandes fenêtres sur le paysage automnal et assise sur le rebord de la fenêtre, j’attends et j’ai froid.

Le petit banc de bois est cassé, le temps a fait son œuvre. Le puits aussi a cédé et reste seul avec ses vieux seaux calcinés de rouille.

En réalité, je n’attends plus rien des chimères que je transporte depuis des lustres.

Dans cette chambre vide, la vie s’est arrêtée il y a bien longtemps. Il ne reste que le souvenir d’un temps accompli. Des heures chaudes s’envolaient les délicieux parfums, des heures froides s’échappent les plaintes des regrets et des remords.

Doucement la nuit tombe, le jardin disparaît peu à peu ne laissant que de grandes ombres. Au loin, déjà les lumières s’allument. La journée se termine froide comme elle a commencé. Je dois rentrer.

Tu ne viendras pas.

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Quelques Fondations d'art

IRIS2012
IRIS 2012 est née de la rencontre de passionnés, d’artistes et de mécènes souhaitant transcender les manifestations artistiques en une confrontation d’univers différents souvent proches, mais jamais associés.

Fondation Bullukian
Créée il y a 25 ans, la Fondation Léa et Napoléon Bulllukian est une Fondation Reconnue d’Utilité Publique depuis 2003, et « Abritante » depuis 2009.

Fondation Art Oxylane
Le site de la fondation d'Art Oxylane présente la fondation et ses projets qui mettent en avant les liens entre l'art et le sport

Fondation Kenza - Paris
La mission première de la fondation Kenza est d'accorder des bourses d'études supérieures à l'étranger à des étudiants en art et histoire de l'art de grands établissements parisiens

Kadist Art Foundation - Paris
Kadist Art Foundation est une fondation privée créée en 2001 ; elle a pour vocation de contribuer à promouvoir l'art contemporain à travers la constitution d'une collection et l'organisation d'expositions et de résidences dans son espace à Paris.

Fondation pour l'art contemporain de la Caisse d'Epargne
L'espace écureuil, devenu Fondation d'entreprise pour l'art contemporain en 2004 est mécéné par la caisse d'épargne de Midi-Pyrénées depuis plus de quinze ans, La Fondation s'inscrit dans un tissu régional culturellement actif.

Fondation Charles Oulmont
Fondation qui a pour mission de « soutenir et d’aider les artistes authentiques, qu’ils soient ou non au début de leur carrière, et de n’admettre aucune discrimination d’âge, de sexe, de nationalité, de religion ou d’idées politiques ».

Fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Mars Salomon
Collectionneurs d’art contemporain depuis plusieurs années, Claudine et Jean-Marc Salomon ont décidé de s’engager pour la création d’aujourd’hui en ouvrant un espace dédié à sa présentation.

Fondation Francès pour l'art contemporain
Fondation d'entreprise dédiée à l'art contemporain, implantée à Senlis

Humble Arts Foundation 
La mission de cette fondation est de promouvoir la carrière de photographes contemporains en organisant des expositions ou en éditant des livres.

Fondation Dexia
La démarche de mécène de Dexia BIL a pris une orientation supplémentaire avec la création en 1999 de la Fondation Indépendance pour promouvoir l'art et la culture à travers ses différentes formes d'expression, en particulier la création contemporaine

Fpndation De Pont
Site de la fondation De Pont, fondée en 1988 dont l'objectif est de développer l'art contemporain. Elle détient des oeuvres de Jeff Wall, Anish Kapoor, Charlotte Dumas, etc.

Fondation Keith Haring
Fondation de l'artiste Keith Haring

Fondation Cartier
Pour l'art contemporain. Organisation culturelle privée, dont la vocation est la promotion et le soutien de la création contemporaine.

Fondation Maeght
Art moderne et contemporain à Saint-Paul-de-Vence.

Fondation Robert Mapplethorpe
Fondation de l'artiste américain Robert Mapplethorpe, mort en 1989. Le but de cette fondation est de faire de la photographie un art au même titre que la peinture et la sculpture.

Fondation HCB - Henri Cartier-Bresson
Site de le fondation Henri Cartier-Bresson dont l'objectif est de "préserver et garantir l'indépendance d'une œuvre dans un esprit de vie".

Fondation Paul Ricard
La Fondation d’entreprise Ricard a pour vocation de soutenir les jeunes créateurs travaillant en France dans toutes les formes d’expression contemporaine : peinture, vidéo, installations, mode, photographie.

La Maison Rouge
Créée à l'initiative d'Antoine de Galbert, amateur d'art engagé sur la scène artistique française, la Maison Rouge est une fondation dont la vocation est de promouvoir les différentes formes de la création actuelle au travers la présentation d'expositions.

Fondation Pulitzer pour l'art
Située aux Etats-Unis, la fondation Pulitzer n'est pas seulement un lieu d'exposition. C'est aussi un lieu de discussion et de recontres sur l'art en général : peintures, photographies, musique...

Fondation d'art contemporain Helmut Newton - Berlin
La fondation Helmut Newton est une fondation internationale dont le but est de promouvoir, de préserver et de présenter le travail photographique d'Helmut et de June Newton.

 

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Effrayante arrivée en Gaspésie


M’y voici donc en Gaspésie, en même temps que la tempête, la nuit et la grande marée !
Mais cela n’est rien à côté de l’auberge où je me suis réfugié :
- voilà que ce sont des sorcières et des morts-vivants qui m’accueillent pour la plus inquiétante des pages de carnet !
Et puis dehors on entend dans le noir la pluie qui s’abat et le bruit des vagues du fleuve venant s’écraser dans un murmure étrange, lancinant et sourd, au pied des murs des maisons d’à côté…

Haloween

Pas eu le courage d’écrire le texte : je me demande comment la nuit va se terminer !

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28° salon des artistes de Paris 15ème

12272841473?profile=originalComme chaque année, je participerai à ce salon en présentant une huile sur carton inspirée par le vent d'automne "Tourbillon" 100 x 70 cm. Lieu : Mairie du XV° arrondissement. Dates 8 au 20 novembre. Je serai au vernissage : 7 novembre de 19h à 21h30 et aussi le 15 novembre entre 17 et 19 h.

J'ai eu le plaisir de recevoir trois distinctions à ce salon : le premier prix en 1990 et 1993, et la mention d'honneur en 2010 pour la toile ci-jointe ("Sèvres-Lecourbe" 92x73cm)

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Harmonie automnale

 

La joie qui est entrée, ce jour, dans ma maison,

Captivante, me tient dans la béatitude.

La nature, à son gré, change ses habitudes,

Peut rendre radieuse une morte saison.

J’accueille des rayons qui transforment les choses,

Éclairent les couleurs, non uniformément,

Déforment les tableaux, mais temporairement.

Mon esprit au point mort, je prolonge ma pause.

Des nuages figés, en masses abondantes,

Recouvrent, en partie, l'immense étendue bleue

Oh! ravissant décor que contemplent mes yeux!

Le soleil se montre, en lune fascinante.

Il brille intensément, face à moi, pas très haut.

De son feu, il dissout les montagnes célestes

Et disperse aussitôt les débris qui en restent.

Je n’ose le fixer, il perce les rideaux.

Mon bonheur, je le sais, dépend de la beauté,

De grâces émouvantes qui viennent me surprendre.

Quand il s’agit de prendre et non pas de comprendre,

J’existe en harmonie, quelques fois exaltée.

4 décembre 2011

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…..Chaque soir, après le dîner, tout le monde allait se coucher sauf Hassna et Youssef qui continuèrent à rester fidèles à leur rendez-vous sous le fameux pommier de leur première rencontre. Cet endroit était le théâtre ou l’une des merveilleuses scènes d’un destin qui a choisit s’y défiler seconde par seconde en diffusant une vague de tendresse et d’amour qui imbibait finement leurs âmes avides jusqu'à rasséréner leur soif d’amour. Durant cette campagne médicale, leur relation s’épanouissait et Hassna fleurissait comme une tulipe noire dans un jardin secret que seul Youssef savait l’itinéraire et le code d’accès. Jour après jour, ils savourèrent les belles soirées amoureuses. Un lien très fort et profond s’échenillait, ainsi devinrent-ils très attachés l’un à l’autre au fil du temps. Leurs châteaux romanesques prenaient forme et ils savouraient leurs projets sardanapalesques comme des enfants qui scrutaient leur sucette préférée. Durant leurs moments de transe romanesque, ils s’embrassaient longuement, corps à corps, ardant l’instant en un silence humble et complaisant. Les lèvres charnues de Hassna, son haleine fraîche, son parfum italien à fragrance de la sandale et d’herbes orientales, ses soupirs à souffles coupés et ses gémissements sensuels avec un marmottement de palabres indéfinies lors des apogées de plaisir submergeant leurs corps… leur nudité naturellement contrastée ne fut emmitouflé que par un silence nocturne attisant d’avantage leurs corps exaltés et leur âmes enchantés…. Sous un pommier donnant sur une vallée, un lointain babillage du ruissellement accompagnait leur transe où leurs corps fondaient comme une cire transparente sur les chandelles de leur temple, et leurs âmes flottaient par dessus leurs corps comme un halo qui couronnait des vénérables apôtres, gardiens du temple sacré. La nuit s’écoulait comme la vallée voisine…arrosant les bourgeons naissants dans leur jardin secret…. Et loin dans ce cosmos infini, qui avait gardé longuement le secret de son existence et de la vie…d’innombrables étoiles et astres qui naquirent il ya des milliards d’année lumières… étaient témoins silencieux de leur histoire, leurs moments sensuels, de désir et d’amour partagés qui les vampaient en attendant avec une impatiente inouï les hirondelles du prochain printemps….Une nuit juste avant qu’ils se précipitèrent de partir, alors que Hassna s’allongeait sur terre mettant sa tête sur une cuisse de Youssef qui lui caressa la chevelure, une pomme tomba entre les jambes de Hassna. Elle était rouge et mûre.- N’est-elle pas la pomme du pêché humain qui tombait d’un certain paradis !- Peut-être, mais tu insinue quoi exactement ?- Rien du tout, juste une réflexion. Je pense qu’il est temps de retourner continuât elle d’un air songeant- Mais comment cette réflexion est-t-elle parvenue ?, je sais maintenant qu’entre tes mots chiffrés réside parfois une histoire… sauf si je me trompe,- Dis moi Youssef, pense tu qu’on aboutira un jour… ?Il l’interrompit, il devina à quoi elle pensait- Certes ma belle, mais pas de fleurs sans épines, il faut juste y croire et le reste viendra par la suite.Hassna, baissa la tête et gribouillât des ronds avec un brin de bois mort sur le sol humide, elle susurra d’un ton abject- Je pense qu’il ne suffit pas d’y croire pour y arriver. Entre les deux il ya un parcours Sisyphien. Il est dur d’être condamné, dans ce monde ignominieux, à faire rouler éternellement jusqu'au toit du monde ce bloc excommunié d’un racisme non déclaré dans une société hypocrite avant qu’il ne te retombe, à chaque fois sur la tête. On a l’impression qu’on tourne dans un cercle vicieux…. vraiment harcelant...Tu sais Youssef, je vais t’avouer une chose, c’est un péché au regard de notre société hypocrite, mais pour moi il ne l’est pas quand on aime.- …Il ya bien quatre ans, je fus encore étudiante à la Faculté et amoureuse d’un ami que je qu’il prétendit me partager le même sentiment. Ensemble on avait passé de bons moments on avait partagé nos rêves âmes et corps. Un an plus tard, ça fût un désastre terrible. Imagine, qu’un petit détail physique, consommable en quelques secondes, fait émerger la partie profonde de tout un iceberg de schizophrénie culturelle et d’égocentrisme. Et toutes les bla-bla de modernité de libéralisme et progressisme ne furent qu’un amalgame indigeste qu’on vomit au premier virage d’une relation humaine. Néanmoins, je reste cohérente, et rien n’ébranlera mes valeurs d’une femme libre et responsable. D’ailleurs, je suis bien consciente qu’un vrai amour est plus noble qu’un simple détail physique, peu importe sa fonction biologique, et quoi qu’il en soit je ne regrette rien. Je suis fière que mon père m’ait ainsi éduqué. Il m’a toujours dis quand je quittais ma tribut en direction de Oujda : « Hassna, sois humble, et ai la certitude que tu es une femme libre et responsable, j’ai confiance en toi. Que Dieu te bénisse ma chère fille. ». J’ai toujours inspiré mes valeurs des siens, et j’en suis fière.Youssef, suivait Hassna avec beaucoup d’attention. Elle était une femme épanouie et sur d’elle-même. Sa personnalité l’exaltait, et son amour pour elle ne cessait de croître…. Ils croisèrent leurs doigts et se mirent debout pour revenir au tribut. Il était tard, et les aiguilles de montre avaient déjà consommées quelques minutes après trois heures du matin… Sur leur sentier ils s’arrêtèrent et s’embrasèrent longuement…. ils avaient un soif d’amour inextinguible et ardent….Arrivant à la fameuse fontaine, ils se séparèrent et Hassna continuait son chemin seule alors que Youssef contemplât l’éclat des étoiles sur la surface de l’eau de bassinet de la source effleuré par la brise pré-aurorale douce déclenchant de douces ondes scintillantes qui l’emportait dans un voyage chimérique loin dans ce cosmos constellé et infini…. De loin Hassna, retournait de temps en temps pour jeter un regard sur son amour en le saluant avant de disparaître pas à pas dans un noir dru qui l’engloutissait en silence. Sur le bord de la source, Youssef ne la quittait pas des yeux avant d’entamer lui-même ses premiers pas mollasses en retour vers le tribut.
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Une exposition de Jean-Gabriel Domergue

 

 

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Un peintre mondain remarquable,

Que je n'ai jamais rencontré,

Pour moi demeure inoubliable.

J'avais adoré ses portraits.

Il peignait des femmes réelles,

D'une gracieuse beauté,

Élégantes et sensuelles,

Osant pleinement exister.

Il provoqua des coups de coeur,

Les louanges des journalistes.

Or j'enviais les acheteurs.

Un désir, quelques fois, rend triste.

Avec une joie enfantine,

Après bien plus de quarante ans,

Je revis, chez une cousine,

L'un des charmants minois d'antan.

3 novembre 2012

 

NB: La photo m'a été envoyée par M. Robert :Paul

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Dans l'aire de l'oubli

 

Gisant dans le repos de la non existence,

Ne sus ce qu'il advint de moi dans mon errance.

Je refais, doucement, surface dans la vie,

Au coeur de ma maison qui me semble endormie.

 

Pas d'images venant colorer le silence,

Nulle trace d’émois, pas de réminiscences.

Le ciel est sans attraits, voûte d’un blanc uni.

Les oiseaux sont ailleurs ou cachés dans leurs nids.

 

Une durée vécue, privée de conscience,

Loin de l’effroi que cause, ailleurs, la violence.

Lors ce fut un coma ou une anesthésie,

Dans l’aire de l’oubli, vide sans énergies.

 

3 novembre 2012

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Les couleurs de l’Estrie


Je tenais à cette page avant de partir : c’est pour elle que je suis revenu !
Revenu pour ces couleurs de feu et de braise, pour ces moments comme suspendus hors du temps . Et puis pour ces petites vaches Highlands trop jolies, qui ne demandaient qu’à poser pour moi…
Plus tard dans l’hiver vous pourrez bénéficier des « démos » de cette vidéo dans leur totalité (commentées et expliquées avec méthodes de travail), je vous reparlerai plus tard de cette opportunité sur laquelle je travaille.
En attendant je voulais vous dédier cette page avant de cette fois monter pour de bon vers le nord puisque la neige s’arrête de tomber et que les pneus sont
chaussés pour affronter l’hiver canadien.

Je ne sais quand je pourrai écrire le prochain billet, mais je vous le promets : je ne vous oublie pas !
Page vache - feuille érable
Même la petite vache Highlands avait une robe blonde terre de Sienne brûlée !

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Pour ceux qui ont froid, je me lève !

0800 99 340 
Ces mots résonnent tel un murmure subsistant dans l’air. Des bonbons ou des coups de bâton, joyeux Noël, bonne année, ma sœur, mon frère.
Après le va-et-vient de cette magie inexplicable qui habite encore mon aire de repos, devenus sombres.
Guettant le moindre mouvement de pas, de faisceaux de lumière lunaire, à l’écoute d’un petit mot, à l’ombre.
J’espère bouger d’un millimètre, et retrouver ces bonnes humeurs passagères.
Une lumière grisâtre zèbre différents endroits de la rue, donnant l’impression d’une discothèque fermée avec quelques spots allumés.
Omit d’avoir été éteints par un membre du personnel trop fatigué après une nuit bien arrosée.
Ici au fond de mon puits, la nuit commence pour moi, le gardien des lieux. Le souffle expulsé à l’instant de ma bouche provoque un nuage blanc de glace, me rappelant ainsi que la nuit sera longue et froide, bon dieu.
Chacune de mes cellules entre déjà en hibernation. Je bouge à peine un cil et constate que mes muscles se mettent en action. Mes os fragiles comme de fins cristaux me crispent de douleur, sans concession.
Chaque spasme incessant m’alerte que la température de mon corps diminue petit à petit et qu’un nouveau combat commence, sans issue, c’est dit.
Je ne sais pas combien de temps je tiendrai, indépendamment de ma volonté, je ne sais si l’aube levée, c'est-à-dire à l’issue des heures lancinantes qui se seront écoulées tout au long de la nuit, la dernière peut-être, je serai disposé à ciller. Je me retrouve une fois de plus dans mon coin à minus vingt degrés.

Tout à l’heure, c’est Halloween, il est une heure du matin et j’envisage d’aller me coucher. Je repousse cet instant toujours un peu plus tard.
L’air pinçant les moindres parcelles de ma chair me menace de congélation si je reste dix minutes sans bouger. Ce qui rend forcément tout sommeil impossible, un vrai cauchemar.
Pourtant, je suis fatigué, j’ai tellement envie de dormir. Qu'est-ce qui me pousse à rester ici sous carton sans chauffage, ni confort ?
J’en ai oublié la raison. J’y suis, c’est tout. Qu’est-ce que je raconte. C’est ma raison qui gèle. Bien sûr que je m’en souviens, une partie je crois. Une longue histoire dont les détails s’affinent au fil du temps qui traine. Va savoir à raison ou à tort.
Je peux toujours ranger l’un ou l’autre journal, histoire de boucher les interstices qui laissent entrer le froid dans mon fourbi, c’est surtout pour passer le temps et me réchauffer les phalanges que le flux sanguins retrouvent son débit.
Non, c’est un mauvais plan, je verrai après. Car là tout de suite dans la seconde, si je m’extirpais de mes draps d’un coup de jambe, il est sûr que je devrais recommencer mon travail de concentration, d’accommodation, ma soumission à maître Celsius. Sans façon. Pourquoi prendre le risque de détruire ce que j’ai pris valeureusement le temps de construire. Je dirais même plus, ce que j’ai froidement pris le temps d’apprivoiser… le thermomètre, mon très cher Dominus.
En tout cas, je suis chanceux. Je ne sens pas de coup de vent ou de gel exécuteur. Cette nuit, la bise assassine ne viendra pas me chatouiller les pieds, n’apportera pas de giclée de neige sur ma couette de fortune. Allez haut les cœurs !
Ma richesse. Nous venons d’installer une tôle au dessus de ma voute, un espace en retrait dans une ruelle du centre. Mon Taj Mahal, c’est un endroit parfait. Un carré aménagé par mes soins, mon œuvre, mon chez-moi. Ma chouchoute.

On m’a promis une chaufferette. Si je tiens cette nuit, je l’aurai certainement demain. Que puis-je espérer de plus ? Tapons dans les mains. 
En attendant, je dois absolument occuper mon esprit à autre chose que dormir et penser froid, frigo, gel, tremblement ou magnum au caramel.
C’est bizarre, quand il fait froid on pense souvent à ce genre de choses et à leurs opposés. Par exemple, je me prendrais bien un seau de chocolat chaud et plus jamais de thé glacé.
Ou encore, comment certaines personnes peuvent-elles avoir envie d’investir dans des longs caleçons, une combinaison de ski, des moufles et se taper les Alpes autrichiennes pour pratiquer la glisse ?
Avec un tel budget vacances, j’investirais plutôt dans des draps de bain, un maillot, de la crème solaire, un ticket pour Hawaï et que le soleil me rôtisse.
Il paraît que quand on est face à la mort, on voit sa vie défiler. Je confirme, je me rappelle de tout chaque nuit. Je suis impressionné ! J’ose dire que je me connais par cœur, j’ai fait le tour de mon auto psychanalyse in fine.
L’ironie du sort c’est que chaque nuit je meurs à petit feu, de froid, pour renaître chaque matin. Je ne laisserai pas la nature me laisser fondre, provoquer la condensation de mon esprit, de ma volonté de vivre, c’est certains…
Demain matin, c'est-à-dire dans une bonne heure, je serai là. Nina Simone me rappellera à l’ordre.

Birds flying high you know how I feel. (Les oiseaux volent haut, tu sais comment je vais)
Sun in the sky, you know how I feel. (Le soleil dans le ciel, tu sais comment je vais)
Breeze driftin' on by, you know how I feel. (La brise dérive, tu sais comment je vais)
La chaleur reprendra sa place dans ma chaire pour quelques heures à nouveau, en fonction de ce que la météo m’accordera. Je ne suis pas fine bouche, ces quelques degrés me suffiront. Le temps pour moi de recharger mes idées, mon corps. Que demain soit bon et généreux avec moi et tous mes potes dehors. 
Voilà ma dernière volonté si cette nuit le gel devait figer mon corps et endormir mon âme à jamais. J’écrirais sur le verso de mon carton qui contenait 12 boîtes de lait : 
Le 0800 99 340 pour mes copains. Moi je m’en fous. Parce que :
It's a new dawn (c’est une nouvelle aube)
It's a new day (c’est un nouveau jour)
It's a new life (c’est une nouvelle vie)
For me (pour moi)
And I'm feeling good (et je vais bien)

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J'ai tant appris de toi

Doux ami

Me donner de la joie, te causait du plaisir.

Lors, tu n'hésitais pas, en ayant le désir,

À m'envoyer, toujours par voie prioritaire,

Un ouvrage récent, qui avait pu te plaire.

Je recevais émue, tes dons, venus du coeur.

Volumineux, souvent, ils faisaient mon bonheur;

Livres d'art ou coffret de disques remarquables,

Envois accompagnés de billets agréables.

En lisant Kundéra, en écoutant Gréco,

En reprenant, parfois, L'Irrel de Malraux,

Je pense à la ferveur que tu avais à vivre,

Et à te ressourcer, en acquérant des livres.

J'ai pleuré ton départ, subit, imprévisible,

Te sachant devenu tout à fait insensible.

Je te redis: merci! J'ai tant appris de toi!

Ton âme m'accompagne, apaisante parfois.

2 novembre 2012

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Epître à l'âme

12272846062?profile=originalEpître à l'âme

 

Petit chat mouillé mort

Noyé, perdu, happé par la bonde

De l'étang du temps, marre

Supplice de la goutte, de l'onde

 

Marais mouvant du vent

Qui exhale ses bulles fétides

Laisse sur le sable ses rides

Sur le rivage un visage absent

 

Et vous vide jusqu'à l'exhaure

Suaire, épithélium du corps

Souvenir à jamais conservé

D'une fratrie, d'une amitié

Michel Lansardière


A une amie trop tôt disparue, il y a vingt ans, elle en avait à peine plus, trop fragile pour ce monde.

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Le goût de la vue

Si fades et insipides que soient ses heures obscures,

Si longues et sans prénoms les routes des balanciers

De la pendule, qui courent vers d’incertains sentiers,

Elle essaie de garder le goût et la texture

 

De la vie qu’elle ne vit qu’avec procuration,

Puisque ce sont les autres qui guident ses moindres pas

Parfois vers des issues qu’elle-même ne choisit pas,

Mais finit par prendre par la force des vents.

 

Elle change les rayons des yeux des autres en siens,

Par leurs pieds elle emprunte de méconnues allées

Que lui dessinent ceux qui dans le noir condamnaient

Ses pas à ne sentir du sol tout le bien.

 

Si jamais son petit cœur rebelle n’aime les suivre

Elle ne peut point leur dire non ou les contester.

Par complaisance ou par abnégation elle tait

Ses désirs de marcher dans la lumière et vivre.

 

Alors elle substitue à ses pupilles cendrées

Un flair hyper puissant qu’on dirait un canin

Qui s’oriente à travers les monts et les jardins

En reniflant la terre et les fleurs de ses prés.

 

Pour chaque fleur elle donne non un nom mais un goût !

Elle a dans le palais une palette de tons :

Des couleurs elle connaît uniquement les noms,

Alors elle se retrouve là où d’autres se clouent.

 

Le rouge sous ses doigts fins devient ambre piment

Et le jaune solaire chaleureux curcuma

Ou safran aux saveurs du désert et des mâts

Allant à la recherche de valeureux diamants.

 

Le gris est pour elle mucre et le noir est du poivre,

Seul le rose est pour elle authentique et fidèle.

Aux bleus elle a donné le goût d’iode et de sel,

Cumin devient le vert et paprika le cuivre.

 

Celui qui la connaît sourit et la salue,

Ceux qui l’ignorent se disent qu’elle divague et s’enivre

A dérouter leurs sens déformés à la suivre,

Mais elle avance fière, sereine elle évolue.

 

Elle essaie de garder de la vie le secret

Que d’autres, plus aveugles, prétendraient bien savoir ;

Si par malheur hélas vous vous perdiez un soir,

Laissez-vous par son flair et par son goût guider.

 

Khadija, Agadir, Dimanche 28/10/2012 à 23H11

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LES MOTS DOUX...

On peut les dire

Les garder

Les chérir

les oublier...

 

On peut y croire

Les chanter

De mémoire

Les rappeler...

 

On peut penser

Les connaitre

Et puis être

Tout bousculé!

 

On peut les vivre

En frissons

Etre ivre

De ce poison!

 

On peut sans doute

Les jeter

Si un doute

Vient à passer...

 

On peut frémir

Les goûter

Réagir

Et les aimer...

 

Et puis écrire

Qu'ils sont fous

Qu'ils déchirent

Tous ces mots doux!

J.G.

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