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Sous un soleil d'automne JGobert

Un soleil d'automne verse ses derniers rayons de lumière et inonde la terre de magie,  d’enchantement. Un hiver s'installe sur une nature où la végétation se sent mourir insensiblement et résiste encore. Un ciel pur dans un espace de beauté mêlé de couleurs flamboyantes, éclatantes, aux tons or et ocre. Un lac scintillant où les oiseaux se posent avant un long voyage.  

Non loin de là, à l’orée d’un bois, une petite demeure désertée, laissée à l'abandon par les propriétaires et qui n'intéresse plus personne. La porte est entrouverte et laisse entrer le vent. Les fenêtres ont des carreaux brisés, cassés. La toiture, en mauvais état, redoute le prochain hiver. Le bois craque, souffre et malgré cette désaffection, cette bâtisse respire encore l’odeur du passé, l’odeur du plaisir d'antan, l’odeur du bonheur.

Aux seuils de l'hiver, les esprits de la forêt en prennent possession. Ils s'installent, vont et viennent, animent cet endroit à leur façon. Cette maison solitaire est douce, tendre et recèle des trésors oubliés, effacés..

Un étrange génie y habite et se confond à la maison. Il y réside depuis toujours et a connu les derniers habitants partis. Les esprits de la forêt font bon ménage avec lui.  Il est la bonté même.

Les anciens locataires ont déménagé pour vivre en ville, dans la facilité, le confort. La vie dans la forêt était trop laborieuse, pénible pour eux. Ils ont échangé une liberté, une douceur de vivre, une sérénité d'être soi avec une nature généreuse pour un bien-être plus matériel.

Les esprits savent que la nature est rude, difficile, cruelle et que les hommes sont sots de partir et d'abandonner cette existence. Ils ont oublié l'essentiel : la magie de l'endroit.

L'hiver est arrivé rapidement avec son lot d'intempéries. La petite maison est malmenée, brimée  et souffre dans ce vent et cette pluie glaciale. Le froid ne l'épargne pas. La neige, le gel la transpercent, l’envahissent. Elle est triste d'être ainsi isolée. Les esprits de la forêt la réconfortent et l'entourent d'amour, mais la petite maison n'y parvient plus. C'est trop pénible cette année. Elle sent sa vieille charpente trop lourde pour elle.

Pourquoi ne pas appeler le génie et enfin le réveiller ?

Les esprits savent que ce n'est pas leur rôle et qu’ils n’ont pas le pouvoir de s’adresser au génie, mais c'est pour une bonne cause. Il faut aider la petite maison.

Celui-ci s’étire et enfin se réveille. Il se confond à l’environnement et en prend possession sans le moindre souffle.

La solitude rend vulnérable, précaire. Un secret bien gardé pour ne pas susciter la pitié de ceux qui clament haut et fort leur bonheur. La petite maison de la forêt souffre de solitude, d’isolement, de ce bonheur perdu dans les méandres du temps. De la routine qui a fini par tout effacer et qui a laissé partir au loin ce qui lui était si précieux. Des actes, des mots que le sens du temps a fait chavirer et tomber dans l’oubli.

Le génie, sorti de son repos, a des solutions mais il est difficile de reconquérir une foi, une confiance que l’on a laissé partir sans se battre, que l'on croyait acquise à tout jamais.

Au bord du chemin, un jeune couple que rien n'a épargné et qui cherche un endroit pour dormir, se reposer, arrive à pas lents sous la pluie. Ils sont seuls, démunis et au bord d'un gouffre que l'on nomme désespoir, misère. La vie et les hommes ne leur ont pas facilité l'existence. De promesses en mensonges, ils marchent depuis des heures sous le froid et se demandent ce qui va leur arriver.

Les esprits de la forêt les ont repérés et font en sorte de les attirer vers ce chemin abandonné. Le génie a déjà tout prévu et la petite maison, d’un coup, se relève, se réveille, scintille. C’est un cadeau du ciel que chacun prend avec joie. Le couple ne sait pas encore que dans quelques minutes, une maison va ouvrir son cœur pour les accueillir, les protéger, les aimer. Celle-ci va revivre enfin et accompagner ces gens dans une existence nouvelle, riche et pleine de beauté du cœur.

Mais le jeune couple ne cherche pas à s’installer ici, dans une vie rude. Il préfère passer son chemin. La petite maison, le génie et les esprits de la forêt sont stupéfaits de ce refus.

La tourmente a cessé. Une autre route se dessine au loin et des lumières s’allument. Une auberge chauffée attend les voyageurs sans bagages. Il reste une chambre libre. Ils seront bien le temps d’une nuit dans les bras des fées. Demain sera un autre jour avec les rêves d’un monde nouveau.

La petite maison, désespérée, se console et s’apaise. Seule au bord de la forêt, elle songe à ce qu’a été sa vie, ses bonheurs, ses jours heureux, enchantés. Le génie s’est rendormi et les esprits de la forêt s’activent. Ils préparent une grande fête aux couleurs du temps avec au centre la petite maison de la forêt.

Ce temps qui n’appartient plus aux hommes.

 

 

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Les diverses définitions classiques de l'homme prennent comme base son animalité à laquelle elles ajoutent la mention d'une différence spécifique: «animal politique», «animal doué de raison», «animal parlant» ou encore, comme dans la tradition indienne, «animal sacrifiant». Toutes, donc, impliquent un minimum de compatibilité entre le genre et l'espèce ou entre le sujet et l'attribut. Aux yeux d' Aristote, par exemple, le fait pour l'homme de ne pouvoir vivre qu'en société, loin d'abolir son animalité, la suppose, au contraire, et la ratifie dans la spécificité de ses besoins. En revanche, celui qui voudrait définir l'homme comme «animal capable d'ascèse» subvertirait complètement ce jeu du genre et de la différence spécifique sur lequel reposent les autres définitions. C'est qu'un seul cas, dûment attesté, d'ascèse pratiquée par un animal, fût-il «supérieur», nous apparaîtrait comme le miracle des miracles, alors que des ébauches de langage, de raisonnement, de sociabilité, etc., se laissent observer dans le comportement de maintes espèces animales. En se livrant à l' ascèse, donc, l'homme ne cherche plus à perfectionner son animalité mais bien à la renier, à la limite à la supprimer. Aussi, la coupure radicale entre l'homme et l'animal devrait-elle, pour autant qu'elle existe, se laisser au mieux appréhender à partir de ce singulier phénomène de l'ascétisme qui accompagne l'homme à travers toute son histoire. Phénomène essentiellement religieux, l'ascèse exprime le refus par l'homme de sa condition incarnée et son désir nostalgique de rejoindre en cette vie même un absolu soustrait aux vicissitudes de l'existence temporelle. Héroïque dans son essence même, volontiers habitée par un esprit d'orgueil et de démesure, son destin ordinaire est de déboucher sur une certaine forme d'insatisfaction, sinon d'échec. Aussi -tout comme le mysticisme auquel il a partie liée- l'ascétisme a-t-il été souvent jugé avec une certaine sévérité. En son absence, pourtant, toutes les valeurs morales et religieuses tendent à s'affadir et à se corrompre. Aujourd'hui, où une certaine surabondance de biens coexiste à l'échelle de la planète avec un extrême dénuement, les significations dont il est porteur paraissent plus précieuses que jamais. Après avoir fortement décliné en Europe, et dans de moindres proportions en Asie, l'institution monastique connaît aujourd'hui un réel regain de faveur. Il est vraisemblable, cependant, que, dans une société de plus en plus ouverte et individualiste, de petits groupes informels seront mieux à même que le monachisme traditionnel d'assurer la pérennité du mode de vie ascétique.

 

L'essence de l'ascétisme

 

Quiconque cherche à dégager l'essence de l'ascèse est d'emblée confronté à la variété infinie - au moins en apparence- des pratiques ascétiques à travers le temps et l'espace, ainsi qu'à la déconcertante diversité des idéaux religieux, philosophiques, politiques, etc., censés les justifier. Qu'y a-t-il de commun, par exemple, entre un shaman sibérien se livrant à d'effrayantes austérités dans le but avoué d'acquérir des pouvoirs magiques et un prisonnier politique d'aujourd'hui prêt à jeûner jusqu'à la mort afin d'arracher sa libération aux autorités de l'État? Et entre ces deux derniers et un moine cistercien ou un hésychaste du mont Athos? Ici, pourtant, l'étymologie du terme s'avère, comme souvent, d'un certain secours. Le mot «ascèse» vient -on le sait- du grec askèsis dont le sens propre est «pratique» ou «entraînement». Le terme s'applique en particulier aux athlètes qui s'exercent en vue des jeux du stade et, plus généralement, à ceux qui cherchent à se perfectionner dans un art à travers une pratique quotidienne. Mais, l'ascète -au sens religieux-, à quoi s'exerce-t-il exactement et dans quel but?

Les pratiques ascétiques ont beau se diversifier à l'infini en fonction des époques, des climats, des religions et même des tempéraments individuels, on constate que, partout et toujours, elles concernent certains secteurs bien spécifiques du comportement humain. Relèvent par excellence de l'ascèse -à condition d'avoir été librement consentis- le jeûne prolongé, les veilles, l'exposition aux rigueurs des éléments, les disciplines et austérités, le contact avec le répugnant, la solitude, le silence, la claustration, le dénuement matériel, l'abstinence sexuelle, la non-disposition de soi, le partage d'une condition sociale méprisée, etc.

Vu ainsi de l'extérieur, l'ascète fait l'effet d'un masochiste, voire d'un désespéré, et sa vie prend l'allure d'un lent et savant processus d'autodestruction. Mais ce genre de jugement, fort commun de nos jours, n'atteint guère que les dérives ou les aberrations de l'ascèse et laisse échapper son sens profond. On définirait au mieux l'ascète comme un homme en rupture avec les évidences du sens commun selon lesquelles nous sommes d'abord des vivants individuels, porteurs de besoins et d'intérêts spécifiques, et, à ce titre, légitimement désireux de prolonger notre existence, d'éviter la souffrance, d'accroître nos aises et notre jouissance. Or, aux yeux de l'ascète, il n'y a là qu'esclavage, car cette manière de vivre consiste, au fond, à poursuivre avec les moyens de l'intelligence humaine des buts qui sont déjà ceux de l'animal. Vivre ainsi reviendrait donc à s'avouer dépendant du milieu extérieur et de la volonté d'autrui, à mener jour après jour une lutte perdue d'avance contre la fatigue, la maladie, le vieillissement, la rareté, la concurrence externe et finalement la mort. C'est donc au nom de la liberté de l'esprit que l'ascète refuse d'entrer dans ce jeu. Et il le fait en s'efforçant d'abord de percevoir comme telles, puis de paralyser à la source ces réactions spontanées du corps, à base de plaisir et de déplaisir, qui nous indiquent d'instant en instant notre degré d'adaptation, ou de désadaptation, au monde extérieur. Cherchant à briser la logique binaire de l'agréable-désagréable, il se porte délibérément à la rencontre du désagréable, et le but de son «entraînement» -si paradoxal vu de l'extérieur- est de se démontrer à lui-même qu'il n'est pas forcé de réagir par le déplaisir à ce qui affecte négativement son organisme. Il réalise ainsi peu à peu que c'est lui-même qui fabrique ses douleurs et ses dégoûts, qu'il peut donc cesser à tout instant de le faire et qu'alors le monde extérieur n'aura plus le pouvoir de lui dicter ses émotions. Cet effort acharné de déconditionnement se heurte cependant à toute la puissance des mécanismes psycho-biologiques qui sont à l'oeuvre dans l'espèce humaine comme dans l'ensemble des espèces vivantes. Son aboutissement serait donc impossible, et l'idée même de l'entreprendre ne viendrait à personne, si d'emblée les privations ascétiques ne dévoilaient -d'abord sous forme de sensations insolites, puis de pressentiments, enfin de ravissements et d'extases- leur contrepartie positive inconnue du «monde». La justification ultime de l'ascèse est en effet de permettre un éveil à la vie mystique; comme si les mécanismes d'adaptation à l'environnement qu'elle s'efforce de briser -ou plutôt de démonter pièce par pièce- jouaient aussi le rôle d'écrans ou d'oeillères nous rendant aveugles à la présence au fond de nous-mêmes d'une mystérieuse réalité béatifique, prête à se manifester à tout instant.

Il n'y a cependant là aucune automaticité car l'entreprise ascétique comporte ses propres problèmes et contradictions, donc sa propre dialectique. D'un côté, en effet, l'ascète ne peut jamais tout à fait devenir le mort-vivant qu'il aspire à être. Quelles que soient les privations auxquelles il se soumet, il ne peut renoncer complètement à respirer, à dormir, à boire, à manger, etc. Une pratique qui renchérirait toujours davantage dans la voie des austérités physiques ne pourrait déboucher que sur la mort ou une sorte d'hébétude. En un sens, donc, l'ascèse purement corporelle aboutit à une impasse et à un échec. Aussi bien, une autre voie a-t-elle été explorée, sans doute dès les commencements de l'histoire de l'ascétisme. Elle consiste à pratiquer les renoncements et austérités «en esprit» et non plus toujours matériellement. Cela revient à supposer que les gestes physiques ne sont pas l'essentiel et qu'on peut, au moins dans certaines limites, laisser le corps suivre ses pulsions, à condition de conserver une attitude de pur témoin, de manière que cette participation de l'organisme au mouvement général de la vie demeure sans résonance affective immédiate. Sur un autre plan, l'ascèse elle-même peut être vécue comme une entreprise mondaine parmi d'autres, sous-tendue par la volonté de réussite et suspendue à l'espoir que les privations et humiliations endurées porteront fruit au centuple, par exemple sous forme de ravissements mystiques ou de salut dans l'au-delà. Face à cette éventualité d'une subtile revanche des instincts vitaux, la pratique ascétique n'a d'autre ressource que de se retourner contre elle-même dans une perspective de renoncement au renoncement ou de «lâcher prise» radical. C'est l'ensemble de ce jeu intérieur d'oppositions qui constitue la dialectique de l'ascétisme et justifie qu'il ait une histoire. Depuis toujours, en effet, les religions, les spiritualités et les traditions initiatiques se sont distinguées les unes des autres par la place qu'elles accordaient à l'ascétisme, notamment dans ses rapports avec la mystique et la morale, et par leur manière spécifique de résoudre ses tensions et contradictions internes.

 

L'ascétisme en Grèce

 

L'ascétisme a joué un grand rôle dans certaines des écoles philosophiques de la Grèce ancienne. On distinguera ici une tradition dualiste de l' ascèse-purification et une tradition «réaliste» de l'ascèse comme retour à la nature. La première remonte au pythagorisme et à l' orphisme. C'est la tradition du corps-tombeau (sôma =sêma) à laquelle Platon a donné ses lettres de noblesse dans le Gorgias (492 a) et dans le Phédon (67c-e). Le corps est ici le rempart de boue qui dérobe à l'âme la vue des intelligibles dont elle est parente et dont elle se souvient. La vie philosophique s'identifie alors à un long entraînement à «mourir et être mort» (Phédon, 64 a), c'est-à-dire que l'on s'efforce de vivre dans le seul exercice de l'intelligence, en refoulant les sensations confuses qui émanent du corps. Quant à la seconde tradition, elle se manifeste avec éclat chez les premiers représentants de l'école cynique, Antisthène et Diogène de Sinope. On a pu caractériser la voie préconisée par eux comme «une ascèse physique à finalité spirituelle». Aux antipodes de l'intellectualisme socratique, les cyniques posent qu'une vie de pauvreté, d' endurcissement physique et d'extrême frugalité est nécessaire et suffisante pour conduire l'âme à l'autosuffisance (autarkeïa) et à la félicité. Les cyniques ne se réfèrent à aucune instance transcendante. L'ascèse, selon eux, est ce qui débarrasse l'âme de tous les désirs frelatés déposés en elle par la vie dans la cité, lui permettant ainsi de retrouver le goût des choses les plus simples et toujours à notre disposition, telles que l'eau des torrents ou la pierre où reposer sa tête. Au-delà de cette fonction de permettre un retour à la nature, l'ascèse cynique est ce qui forge pour l'âme une cuirasse d'insensibilité (apatheïa) qui lui permettra de conserver une parfaite sérénité face aux tragédies de l'existence: deuils, infirmités, exil, déshonneur, maladies mortelles. C'est pourquoi Diogène n'hésite pas à présenter sa doctrine comme un hédonisme et un eudémonisme.

Ces deux grands courants demeurent présents à travers toute l'Antiquité mais interfèrent rarement. Le thème cynique de la modération des désirs se retrouve chez Épicure faisant l'éloge de la vie frugale. De son côté, l'exigence d'un endurcissement de l'âme, en vue de parer aux coups du destin, devient presque un lieu commun du stoïcisme tardif (Sénèque, Épictète, Marc Aurèle). Quant à la tradition dualiste de la catharsis, elle se prolonge chez les gnostiques et les manichéens, mais plus nettement encore dans le néo-platonisme. Toute la philosophie de Plotin, en particulier, se laisse interpréter comme une méditation sur le thème de la déchéance de l'âme, consécutive à son exil dans le corps: «C'est comme si un homme plongé dans la boue d'un bourbier ne montrait plus la beauté qu'il possédait et comme si l'on ne voyait en lui que la boue dont il est enduit. La laideur est survenue en lui par l'addition d'un élément étranger, et, s'il doit redevenir beau, c'est un travail pour lui de se laver et de se nettoyer pour être ce qu'il était» (Ennéades, I, 6, 5). La contemplation plotinienne -qui culmine dans l'extase- suppose donc une ascèse radicale, à la fois corporelle et spirituelle. Pour remonter à son origine -l'Un-, l'âme doit «retrancher toutes choses» (V,3,17).

 

L'ascèse chrétienne

 

L'histoire de l' ascétisme chrétien commence au IVe siècle avec le départ pour le désert d'Égypte de saint Antoine et de Pacôme, le futur organisateur de la vie cénobitique. À cette époque, le christianisme a acquis définitivement droit de cité dans l'Empire romain. Mais, si les persécutions ont cessé, la grande attente eschatologique du retour en gloire du Christ est demeurée d'actualité, avec la condamnation radicale qu'elle implique de la cité terrestre et de ses valeurs. En se détournant du monde de la manière la plus radicale, les premiers ermites du désert cherchent à vivre par anticipation dans la proximité immédiate de Dieu, prenant en cela le relais des martyrs qui, eux aussi, avaient conscience d'aller, en quelque sorte, à la rencontre du Christ. Jusqu'au VIIIe siècle environ, d'abord en Égypte et en Syrie puis dans tout le Proche-Orient, des milliers d'«hommes ivres de Dieu», vivant tantôt à l'intérieur de vastes communautés monastiques et tantôt en anachorètes, ont ainsi consacré leur existence à explorer toutes les modalités possibles de l'ascèse corporelle et spirituelle et en ont fixé définitivement le modèle, du moins pour l'Occident.

L' ascète du désert a pour compagnons naturels la faim et la soif. Non content de la frugalité que lui impose son cadre de vie, il s'acharne à multiplier les jeûnes temporaires et à diminuer toujours davantage sa ration quotidienne de pain rassis ou moisi, d'herbes sauvages, de graines, d'eau croupissante. Il ne dort que le strict nécessaire, et jamais allongé, mais de préférence dans une position inconfortable, telle que debout appuyé contre un mur. Il aime prier de longues heures en plein soleil, à genoux, les bras en croix, ou debout sur une brique. Il s'expose volontairement à la vermine et aux piqûres d'insectes. Sa cellule est étroite, obscure, étouffante. Parfois, il élit domicile dans un ancien tombeau, une grotte à flanc de montagne ou un puits asséché. Il peut aussi choisir de s'installer, comme les «dendrites», au creux d'un vieil arbre, ou dans une cage suspendue à ses branches, ou encore, comme Siméon le Stylite, passer des dizaines d'années au sommet d'une colonne, exposé à toutes les intempéries. Il peut même parfois régresser volontairement à un mode de vie animal, comme ces ascètes «brouteurs» qui hantaient les bords de la mer Noire au VIe siècle. Par ailleurs, la règle du silence prévaut largement dans les communautés tandis que certains anachorètes font voeu de ne plus jamais adresser la parole à personne. Beaucoup aussi mortifient le sens de la vue en s'imposant de garder toujours les yeux baissés vers la terre. Les uns et les autres, lorsqu'ils font leur noviciat dans une communauté, ou auprès d'un anachorète qui les a acceptés comme disciples, se soumettent aux épreuves initiatiques imposées, même les plus absurdes en apparence, comme de tresser et détresser sans cesse le même panier d'osier ou d'arroser des années durant un bâton sec planté en plein désert. Tous, aussi, recherchent l' anonymat, se cachent sous de faux noms, changent de lieu de retraite ou jouent au simple d'esprit dès que le renom de leur spiritualité, franchissant les déserts, commence à attirer vers eux des visiteurs plus curieux que fervents.

Ces hommes sous-alimentés, épuisés, fiévreux cherchent ainsi, selon le mot de l'un d'eux (saint Dorothée), à «tuer ce corps qui les tue» (Histoire lausiaque, II,3). L'ascèse, toutefois, ne représente jamais pour eux une fin en soi. Elle ne fait que les libérer pour une vie intérieure intense, faite de prières et de méditations continuelles. Leur but ultime est de se purifier si totalement qu'ils puissent devenir dignes de goûter, en cette vie même, un avant-goût du paradis. Et, de fait, beaucoup connaissent des illuminations, des ravissements, des visitations. Certains conversent familièrement avec les anges et les chérubins. Cependant, la redoutable ambiguïté, inhérente à toute forme d'ascèse qui se porte aux extrêmes, ne manque jamais de peser sur eux. Elle se manifeste par toutes sortes de «tentations» -celles de saint Antoine ne sont que les plus célèbres-, d'apparitions démoniaques et de visions infernales derrière lesquelles se devine la sourde angoisse de ces ascètes devant leur propre hybris. Et c'est pourquoi, sans doute, nombre d'entre eux, désespérant de venir à bout du péché d' orgueil et craignant pour leur salut éternel, ont finalement choisi de quitter le désert et de revenir à la ville mener une existence profane, en une apparente capitulation qui représentait peut-être la culmination de leur effort d'ascèse.

L' ascétisme médiéval demeure, en Occident comme en Orient, dominé par ce modèle des Pères du désert. Il est l'apanage exclusif de l'institution monastique dans laquelle le cénobitisme l'emporte de plus en plus sur l'érémitisme. Les couvents devenant des centres non seulement de prière mais aussi d'étude et de travail, ainsi que des foyers d'évangélisation, les formes extrêmes de l'ancienne ascèse disparaissent au profit de pratiques moins inhumaines et plus fortement institutionnalisées (règle de saint Benoît puis règle de Cîteaux). Vers la fin du Moyen Âge, cependant, on note une certaine recrudescence de l'ascèse physique (usage du cilice et de la discipline) en liaison avec la popularité croissante du motif de l'«Imitation de Jésus-Christ», notamment de Jésus humilié et crucifié. Cette forme d'ascèse, à la fois sentimentale et sanglante, connaît son apogée avec la piété «baroque» de la Contre-Réforme puis est emportée dans le mouvement général d'affaiblissement de la foi qui marque le XVIIIe siècle. Parallèlement, dans l'Europe du Nord, le succès du protestantisme déracinait l'institution monastique au profit d'une «ascèse dans le monde» (M. Weber), discipline personnelle d'ordre éthique et purement intérieure.

L'Église d'Orient a, dans l'ensemble, su mieux préserver l'esprit de l'ascétisme, et cela presque jusqu'à nos jours. Elle l'a fait en laissant une place à l' érémitisme, temporaire ou permanent, et en favorisant le développement de techniques de méditation telles que «la prière du coeur», où postures du corps, oraisons jaculatoires et contrôle du souffle sont associés d'une manière originale. Les notions d' apatheïa, ou indifférence au monde, et d' hésychia, ou silence de la pensée dans l'attente de Dieu, résument symboliquement cette orientation de la spiritualité connue sous le nom d' hésychasme.

 

L'ascétisme indien

 

Les origines de l'ascétisme en Inde sont très anciennes. Le Rgveda (XVe s. av.J.-C.) mentionne déjà diverses catégories d'ascètes: kesin («chevelus»), yati («disciplinés»), vratya («qui ont fait un voue»), muni («silencieux»), etc. Ces personnages ont en commun de pratiquer le tapas. Le terme évoque l'idée d'un échauffement provoqué violent. Il sert de désignation générique à toute une série de pratiques telles que le jeûne prolongé, l'abstention de sommeil, la station debout sur une jambe, l'entraînement à supporter la chaleur la plus torride comme le froid le plus glacial, à garder le silence, à contrôler sa respiration, etc. Au départ, il s'agissait sans doute d'un effort de concentration systématique des énergies du corps aux fins de connaître l' extase et d'acquérir des pouvoirs magiques. Les idées de «pénitence» ou de «mortification» paraissent en tout cas étrangères à ces premiers ascètes. Ce vieux fonds de pratiques -avec les spéculations qui lui furent de très bonne heure associées- s'est avéré être, tout au long de l'histoire de l' hindouisme, une mine inépuisable. On retrouve en particulier dans toutes les doctrines philosophiques et religieuses de l'âge classique au moins des traces de la double finalité présente dès l'origine: dans le prolongement de l'extase, une forme de connaissance de type mystique ou gnostique, supposée capable de soustraire l'adepte au circuit des renaissances ou samsara; dans la perspective des pouvoirs magiques, la conquête en cette vie de jouissances illimitées.

Une voie «intellectualiste» est représentée par des écoles telles que le samkhya et le vedanta. Elle suppose une rupture initiale avec le monde: le «renonçant» (sannyasin) abandonne ses biens, sa famille, sa caste et jusqu'à son nom, pour se consacrer uniquement à la poursuite de la délivrance ultime (moksa). Les adeptes de ces écoles se recrutent parmi les hautes castes, surtout les brahmanes. Leur organisation sociale est des plus variées. Elle comprend aussi bien des solitaires, gyrovagues ou sédentaires, que de vastes monastères, tels que les math védântiques fondés par Sankara au VIIIe siècle. Le mode d'organisation le plus courant est cependant celui des ashrams, forestiers ou périurbains, où un petit nombre de disciples vit, travaille et étudie auprès d'un maître. Si le régime de vie est ici en général fort austère -aucune possession d'objets personnels, vêture minimale, nourriture végétarienne, en principe mendiée-, ces renonçants brahmaniques ne pratiquent guère les austérités physiques. Leur grande occupation est l'étude des textes philosophiques de leur secte et, plus encore, la méditation constante des enseignements ésotériques des textes sacrés: Upanishads, Bhagavad-Gita, etc. Le yoga classique -celui des yoga-sutra de Patañjali- se rattache à ce courant, dans la mesure où les «réfrènements et disciplines» (yama-niyama) -du genre: ne pas voler, dire toujours la vérité, observer la continence, etc.- ne sont vus que comme des conditions préalables à remplir et où l'ascèse proprement physique (postures et contrôle du souffle) ne sert ici que de propédeutique aux efforts de méditation et de concentration de l'esprit.

À l'opposé se situe le vaste peuple des sadhu -«saints hommes»-, gens en général peu lettrés, plus tournés vers les pratiques extrêmes que vers la méditation. La plupart sont shivaïtes mais éparpillés en de multiples sectes. Les adeptes du hatha-yoga ou «yoga de l'effort violent», dans lequel les postures «acrobatiques», aux effets physiologiques importants, et les spectaculaires exercices de rétention du souffle jouent un grand rôle, se rencontrent surtout parmi eux. Beaucoup, cependant, se contentent d'un tapas des plus frustes. Une forme remarquable d'ascèse -traditionnelle dans ces milieux shivaïtes depuis les antiques Pasupata jusqu'aux modernes Aghorapanthi- est la recherche systématique de l'opprobre à travers le maniement de l'immonde (déjections, cadavres, etc.) joint à un comportement burlesque, voire obscène (ce dernier trait ayant des parallèles chez les cyniques grecs et dans la secte soufie des malamati). Les deux voies -celle de la méditation et celle de l'effort violent- tendent à se rejoindre dans le tantrisme où les pulsions biologiques, notamment la sexualité et l'agressivité, ne sont plus combattues de front mais utilisées, dans le cadre fortement ritualisé d'un «sacré de transgression», comme véhicules d'une prise de conscience de la félicité intrinsèque de l'âme.

Parallèlement à ce riche déploiement des techniques de maîtrise du corps et de l'esprit dans l'hindouisme, les deux grands mouvements «hérétiques» que sont le jaïnisme et le bouddhisme ont développé leur propre conception de l'ascèse. L'un et l'autre se fondent sur la distinction des moines, qui prononcent des voeux (en principe révocables) et sont soumis à une discipline conventuelle, et des laïcs extérieurs, soumis à des obligations plus légères que les moines, soutenus par les moines dans leur vie spirituelle et les soutenant en retour sur le plan matériel. Le jaïnisme s'est toujours montré le plus rigoriste des deux, surtout pour les moines de la secte des digambara qui, aux cinq grands voeux classiques (non-violence, véracité, honnêteté, chasteté, pauvreté) et à l'obligation de mendier la nourriture, ajoutent celle de la nudité. Toutes sortes de «gênes» sont aussi répertoriées (piqûres d'insectes, rebuffades, etc.), que les religieux doivent endurer sans broncher. S'y ajoutent des jeûnes temporaires et, dans certaines conditions, la possibilité du suicide par inanition (samlekhana). Les célèbres «jeûnes à mort» de Gandhi ne sont que la transposition de cette pratique, à des fins autant politiques que spirituelles, dans le monde moderne. Le bouddhisme, de son côté, est toujours resté plus modéré, à l'image de son fondateur qui commença sa carrière religieuse par des austérités extrêmes pour réaliser ensuite que c'était là une impasse et que seule une «voie du milieu», à mi-chemin du laxisme et de l'autotorture, pouvait le conduire à l'éveil et au nirvana. C'est pourquoi l'ascèse violente -de type «fakirique»- n'a guère eu cours (sauf peut-être au Tibet) dans les monastères bouddhistes où la culture des techniques d'éveil a toujours tenu la première place.

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Une troublante exaltation

Alors que j'étais dans l'oubli
De tout ce qui combla ma vie,
En ouvrant un superbe ouvrage,
J'y ai trouvé un court message.

L'énergie que j'en ai reçue,
Par battements de coeur perçus
M'a transportée dans l'allégresse
Auprès du puits de la tendresse.

Oh ce bonheur qui resurgit!
La mémoire souvent attendrit
Et incite à faire une halte.
Rien du passé ne nous exalte.

Se souvenir n'est pas revivre. 
Mais les ressentant, on s'enivre
D'émois devenus réversibles.
Je croyais cela impossible.

23 octobre 2016

 

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Les oiseaux



Novembre, dans le ciel bas et gris, les oiseaux.

Une nuée de points noirs côte à côte,
Aux ailes lentes d’un vent poussant des rameaux,
Sans bruit, tel un soupir, migre vers d’autres côtes.

C’est toujours en Novembre quand s’abat le gel,
Et que vibrent les frimas durs aux miséreux,
Qu’apparaissent les oiseaux tremblants dans le ciel,
Fuyants ,mais libres d’aller où leur âme veut.

Ils doivent migrer où nul ne peut les toucher.
Leur maison est bâtie au sein de l’azur,
Au creux d’un nuage qui les peut se coucher,
Tel un temple déifié, nid d’un air plus pur.

Leur voyage connaîtra de longues lunes,
Car nulle part le soleil ne dure vraiment.
Ils navigueront de lumières en brumes,
Et tomberont aveuglés d’un vain firmament.

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Berceuse de l'innocence

Est arrivé pour moi le temps
Devenu vaporeux espace.
À mon aise, je me déplace
Dans un nouveau commencement.

Devenu vaporeux espace,
Silencieux est mon présent.
Dans un nouveau commencement,
J'accueille de nombreuses grâces.

Silencieux est mon présent.
À l'imprévisible fais face.
J'accueille de nombreuses grâces.
Mon parcours demeure plaisant.

À l'imprévisible fais face.
Tout change subrepticement.
Mon parcours demeure plaisant.
Dans l'innocence, me prélasse.

22 octobre 2016

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administrateur théâtres
Une brume d'or dans un temps de feu…
 
Entamée avec Enoch Arden, la Monnaie
poursuit son exploration de la musique de Richard Strauss avec Capriccio, opéra en un acte et son dernier, créé en 1942 à Munich.
Légère et vive, cette « conversation musicale » est un hommage crépusculaire et nostalgique à un monde disparu, et dont Stefan Zweig qui insuffla l’idée à Strauss dès 1934 est le représentant perdu. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur ce vieux compositeur âgé de 80 ans, retranché dans sa villa de Garmisch, fermant les yeux sur un monde à feu et à sang, tourné désespérément vers une époque depuis longtemps disparue ; et, cependant, écrivant encore et encore une musique d’où surgissent les plus belles et les plus bouleversantes émotions.

L’œuvre n’avait plus été jouée à la Monnaie depuis 1983. Son retour a été confié au chef d’orchestre allemand Lothar Koenigs à la tête de l’Orchestre symphonique de la Monnaie, et au metteur en scène David Marton. 

Le livret ne se limite pas à une mascarade amoureuse. Quel sera le genre du spectacle donné pour l'anniversaire de la Comtesse ? Un opera seria, avec des chanteurs italiens spécialisés dans le bel canto, comme le voudrait La Roche ? Un spectacle faisant la part belle à la poésie et mettant en valeur le jeu théâtral de mademoiselle Clairon, une actrice célèbre, ainsi que le voudrait Le Comte, frère de Madeleine ? « Prima la musica – dopo le parole ! », clame-t-on d'un côté. « Prima le parole – dopo la musica ! », réplique l'autre partie.

Le débat est illustré par une déclamation de sonnet par Olivier, une improvisation au clavecin de Flamand, un intermède dansé, un duo des chanteurs italiens. Le Comte met fin au débat en suggérant que soient relatées dans un opéra les aventures de la journée. La proposition est acceptée. Il est tard, les invités prennent congé. Un spectacle n'est qu'illusion, sur la scène règne l'éphémère et le rêve ne tient qu'à peu de choses. M. Taupe, le souffleur, qui s'était endormi et qu'on a oublié, le rappelle au Majordome, qui propose de le faire raccompagner à Paris. La comtesse est restée au château. Un rendez-vous a été pris avec Olivier, le lendemain à onze heures, à la bibliothèque. Le Majordome lui rappelle que Flamand l'attendra au même endroit et à la même heure. Que faire ? Lequel des deux choisir ? Doit-on d'ailleurs choisir entre la poésie et la musique ? La Comtesse se met à la harpe et s'accompagne en chantant le sonnet d'Olivier. Musique et poésie se fondent l'un dans l'autre. Madeleine est interrompue dans sa rêverie par le Majordome, qui l'invite à passer à table.


Pour David Marton, hongrois et berlinois d’adoption, les discussions menées dans la “Konversationsstück für Musik” de Strauss sont à prendre très au sérieux. Mais il constate que cette question séculaire à l’opéra de la primauté du mot ou de la musique est insoluble – du moins aussi longtemps qu’elle reste traitée en termes abstraits. En la replaçant dans le tangible d’une mise en scène particulière qui impose d’établir concrètement des priorités, le débat retrouve toute son actualité. Cette mise en scène à l’intérieur de la mise en scène place les frénétiques conversations des différents bretteurs sous un éclairage étonnant et parfois très drôle. Marton ne va jamais à l’encontre de l’esprit de l’œuvre grâce à sa manière pleine de vie d’aborder l’émotion, à une direction d’acteur tout en finesse et une utilisation intelligente du double espace théâtral.
 
La distribution rassemble une pléthore d’excellents chanteurs, à commencer par Sally Matthews qui interprétera pour la première fois le rôle de la Gräfin Madeleine. La soprano anglaise n’est plus à découvrir sur la scène belge où elle se produit régulièrement. Après avoir interprété le rôle-titre de Jenůfa, elle était une bouleversante Daphne dans l’opéra éponyme de Strauss.

Le frère, Der Graf, sera joué par le baryton allemand Dietrich Henschel. Présent à la Monnaie depuis le début du mandat de Peter de Caluwe, il y a incarné de multiples rôles, Wozzeck, Nick Shadow, Golaud et Œdipe, avant d’être un formidable Doktor Schön dans notre dernière Lulu et d’endosser le personnage de Peter dans Hänsel und Gretel (Humperdinck) en décembre 2015.

Le ténor lituanien Edgaras Montvidas incarnera le compositeur Flamand. Depuis ses débuts à la Monnaie dans le Requiem de Bruneau en 2012, il s’est produit à Glyndebourne, Berlin, Munich comme à l’Opéra Royal de Versailles.
C’était un autre habitué de la scène de la Monnaie qui devait chanter le poète Olivier mais le baryton français Stéphane Degout a malheureusement dû déclarer forfait. Son rôle est repris par le baryton estonien Lauri Vasar qui l’interprétait récemment encore à l’Opéra de Lyon. Il a interprété le personnage du Minotaure pour la création de Phaedra (Henze) en 2007, et Schaunard (La Bohème).  Il  accepté cette reprise au pied levé. 

Kristinn Sigmundsson fait ses débuts à la Monnaie dans le rôle de La Roche (Theaterdirektor). C’est un interprète très sollicité pour les grands rôles de basse, ceux de Wagner et Verdi notamment.

Charlotte Hellekant chantera Clairon (Schauspielerin). La mezzo-soprano s’est produite notamment dans deux des dernières créations de la Monnaie, Matsukaze (Murasame) qu’elle reprendra également cette saison et Au monde (la fille aînée).
Ce seront les quatre jeunes interprètes de l’Opéra de Lyon, coproducteur avec la Monnaie, qui viendront interpréter les rôles du souffleur, des chanteurs italiens et du majordome : le ténor suisse François Piolino (Monsieur Taupe) ; la soprano russe Elena Galitskayae (Italienische Sängerin) 3e Prix et Prix du public du Concours Reine Elisabeth 2011 et son compatriote le ténor Dmitry Ivanchey (Italienischer Sänger) qui font tous deux font leurs débuts à la Monnaie ; le jeune baryton Christian Oldenburg (Haushofmeister).
Parmi les huit serviteurs, nous pourrons entendre deux membres de  la MMAcademy, Pierre Derhet (MMAcademy Laureate) et Maxime Melnik (MMAcademy soloist), ainsi que Artur Rozek membre de l’International Opera Academy, aux côtés de Zeno Popescu, Nabil Suliman, Vincent Lesage, Bertrand Duby et Kris Belligh.
Agenda

03.11.2016 – 16.11.2016

Lieu

Palais de la Monnaie, Tour & Taxis

Tarifs

cat 1 - 129 € / cat 2 - 99 € 
cat 3 - 84 € / cat 4 - 59 € 
cat 5 - 34 € / cat 6 - 10 €

Présentation

Introductions une demi-heure avant les spectacles par Antonio Cuenca Ruiz (en français) & Reinder Pols (en néerlandais)

Langue

Chanté en allemand
Surtitré en français et en néerlandais

Durée

ca 2h 45’
(1h - entracte - 1h 25')

Streaming

live sur ArteConcert
10.11.2016
streaming sur lamonnaie.be
24.11 > 15.12.2016
sur Klara
03.12.2016
sur Musiq’3
03.12.2016

 

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administrateur théâtres

14695587_1445099122186137_2258976398414716966_n.jpg?oh=5598aace944035af312da142c2c70f1a&oe=58A97712Viva Nabucco ! « Sur les ruines de Sion, le roi Assyrien ne s’installera pas. Et Baal, dieu mensonger disparaîtra » 

Vole ma pensée, sur des ailes dorées;

Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,

Où embaument, tièdes et suaves,

Les douces brises du sol natal !

 

Salue les rives du Jourdain,

Les tours abattues de Sion ...

Oh ma patrie si belle et perdue !

Ô souvenir si cher et funeste ! 

PRETENDRE que « Va, pensiero », le chant des esclaves hébreux dans Nabucco, a catapulté Giuseppe Verdi   vers les sommets de  la   renommée  universelle est loin d’être exagéré. Il reste l'un des plus grands moments de  l'opéra, et les Chœurs d'Opéra de Liège sous la direction de  Pierre Iodice  ont  exécuté ce moment tant attendu de façon remarquable  le soir de la première. Le public en était tout chaviré.  Un chant qui commence à l'unisson, devient un bouleversant gonflement nostalgique, pour s'amplifier à pleine voix et mourir dans des soupirs d’espérance. Le temps de méditer sur tout ce qui nous enchaîne ou pourrait nous asservir.  La mise en scène de Stefano Mazzonis Di Palafera de Nabucco est d’une simplicité  confondante pour un opéra de cette envergure!  La plèbe des Babyloniens et des Hébreux, dont se détachent les personnages bibliques, se meut dans de lentes  mobilités  menaçantes et font penser aux arrière-plans de grands tableaux du 17 siècle.

 

 LE DECOR lui-même est un chef-d'œuvre d’abstraction moderne, avec ce rideau d’étoiles de David censé véhiculer la Jérusalem antique - avant, pendant et après sa destruction. Au deuxième acte, la maquette aérienne couleur lapis lazzuli des jardins suspendus de Babylone faits d’escaliers, de colonnades et balcons  est  un travail d’artiste. La texture est   une dentelle d’octogones imbriqués qui symbolisent les palais splendides de la cité et le regard  des femmes à travers les moucharabiehs. Au troisième acte, les pieds des esclaves fouleront les flots du Jourdain, lieu de baptême et  de rédemption en live. L’eau lumineuse qui coule depuis  l’arrière-plan fait d’un rideau de joncs dorés par  le soleil levant, a noyé la splendeur envolée des palais babyloniens. Des décors d’une simplicité parfaite soulignés par de savants jeux de lumière plongent le spectateur dans  une rêverie intemporelle.

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LA DISTRIBUTION est bien sûr éblouissante, à la mesure de l’oeuvre avec en tête, Leo Nucci dans le rôle-titre. Le chanteur vibre d’une puissance prophétique sous ses 74 printemps. Il fait une entrée remarquée sur un fabuleux cheval de bois dont le pelage arbore des couleurs de fleurs rien moins que Chagalliennes, assorties au bleu munificent des palais. Il commettra l’irréparable péché d’orgueil qui le foudroie : « Moi qui suis Dieu, adorez-moi ! » Il deviendra dément, mais il se repentira avec ferveur et regagnera la grâce divine. Une fresque épique à lui seul. Son Dio di Giuda! arrache des clameurs à la salle!


   

 

 

 LA SOPRANO argentine Virginia Tola en tant que Abigaille, campe du haut du  majestueux cheval psychédélique, la violence, la soif de pouvoir qui s’est emparée d’elle et la destruction. Elle joue du dynamisme vocal et théâtral. Sa  voix est l’instrument  achevé de tout  pouvoir insatiable : brillante et tranchante. Mais elle est aussi capable de lamentations en présence de l’homme qu’elle désire. Elle criera « Mort aux Hébreux ! Rends-moi cette couronne ! Plutôt mourir ! »  Sa superbe s’achève après s’être discrètement empoisonnée. Un très émouvant sursaut d’humilité et de dignité survient, elle implore, vaincue,  le  pardon du Tout Puissant, trempant la main dans le fleuve Jourdain.

 

 L’EXQUISE  Nahama Goldman, pour la première fois sur la scène de l’Opéra Royal de Wallonieincarne la douce Fenena, l’otage assyrienne du grand-prêtre. Elle apparaît comme   la   noble  fleur des chants justes, souples et tristes alors qu’à tout instant, vivant symbole d’empathie ou de compassion,  elle voit sur elle le glaive de  la mort. A côté d’elle, Giulio Pelligra brille d’une belle puissance et  intensité dans le rôle d’Ismaele.

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ORLIN ANASTASSOV, superbe basse lyrique dans le rôle du grand prêtre juif Zaccaria, est une révélation. Un très magistral Vieni, o Levita! ... Il santo Codice reca! rallie l’adhésion de la salle entière après sa belle introduction aux violoncelles que l’on aurait cru plus profonde. La sagesse, l’humilité et le courage qu’il insuffle de sa voix puissante et magnifiquement posée, ont de quoi ébranler. La voix appelle à une alliance éternelle avec le Tout Puissant, loin des fausses idoles renversées.  

 

Mais bien sûr, il n’y a pas que la qualité des chanteurs ou des  40 choristes dirigés par Pierre Iodice, il y a aussi la tenue de l’orchestre par  Paolo Arrivabeni qui savoure la partition avec nuances, finesse et énergie, loin de tout fracas  prétentieux.

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NOTES:

DIRECTION MUSICALE : Paolo Arrivabeni  MISE EN SCÈNE : Stefano Mazzonis di Pralafera  CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice  ARTISTES : Leo Nucci, Ionut Pascu, Virginia Tola, Tatiana Melnychenko, Orlin Anastassov, Enrico Iori, Giulio Pelligra, Cristian Mogosan, Na’ama Goldman, Roger Joakim, Anne Renouprez, Papuna Tchuradze  

 9 DATES : Du mardi, 18/10/2016 au samedi, 29/10/2016

(Saison 2016-2017) : | Opéra Royal de Wallonie

www.operaliege.be/fr/activites
La complexité de la trame originale du Nabucco de Verdi a été ici revisitée pour en garder l'essentiel: l'amour, la quête d'indépendance, la justice et le pardon.

Le lien http://fr.allreadable.com/cb36EP9 vous permet de retrouver le texte du livret en français

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REBOND!

Submergée, noyée sous la pluie

Pas très facile de rebondir

De mépriser ce qui ennuie

Et de survivre aux souvenirs.

Recroquevillée, les larmes aux yeux

Prendre la vie à bras le corps

Vouloir penser qu'elle est un jeu

Se relancer tel un ressort!

Ne pas vouloir laisser sa peau

A ceux qui aiment tant l'écorcher

Se dégager, le monde est beau

Et la joie facile à porter!

Après tant de force, la faiblesse...

Un besoin de s'abandonner

Désir de vie et de caresses

A recevoir comme à donner...

J.G.

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lancement-16-octobre-2016-08.jpg?w=165&h=249&width=165Écrit par Jacob Fletcher : Lecteurs, amis, et amateurs de livres, aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre qui ne ressemble à rien d’autre que je n’ai jamais lu. Plus précisément, je parle de L’Attendue par Annik Couppez Véronèse d’Olrac, qui a été publié par Les Éditions Dédicaces en octobre 2016.

Notre histoire s’y lance avec Rudy Cambier, qui est un auteur, philologue et spécialiste en histoire médiévale. Quelque temps auparavant, l’historien Roger Prévost avait analysé certains textes de Nostradamus, qui, tout le monde croyait, avait prédit l’avenir, mais, ce faisant, l’historien a rendu compte que les écrits de Nostradamus portaient sur des événements passés, plutôt que ceux qui avaient encore à se réaliser. Après avoir passé un certain temps passé à décoder ses textes, Rudy découvre que les centuries ont été écrites non par Nostradamus, mais par Yves de Lessines, un moine de l’Abbaye cistercienne. De Lessines était situé, dans une perspective spatiale, à Cambron en Hainaut — et, dans une perspective temporelle, au XIVe siècle, et non pas du XVIe siècle, comme Nostradamus l’était. De plus, Rudy découvre en effet  que Nostradamus avait passé quelque temps à cette abbaye particulière.

Encore plus excitant, est le fait, selon les centuries, que les Templiers de Flandres avaient caché un trésor au début du XIVe siècle. Le trésor se trouve dans un champ à Wodecq, dans la province de Hainaut. Rudy apprend aussi que les soi-disant « tables de la loi » avaient été écrites sur l’église de Saint-Martin à Moustier. Les tableaux portent un cryptogramme — non pas un  simple cryptogramme, mais plutôt un qui identifie l’endroit où le trésor de Wodecq est enterré.

L’histoire du trésor est la suivante: 21 tonneaux de terre hennuyère avaient été cachés par l’ordre du temple, à l’époque où des terribles accusations étaient soulevées comme eux — des allégations et des actes comme la sodomie, l’idolâtrie et l’hérésie — afin qu’ils puissent être redécouverts dans des temps meilleurs. Cependant, avant longtemps, l’ordre a éclaté, et ces templiers qui n’étaient pas capturés par les troupes de Philippe le Bel ont fui en Écosse et au Portugal. Étant donné que les templiers n’avaient  jamais été en mesure de quitter leurs pays adoptifs, le trésor est toujours caché à Wodecq.

Ainsi commence une course autour du monde — et une course contre le temps — pour trouver ce mystérieux trésor. Un thriller avec beaucoup d’histoire attachée, ce livre apportera à l’esprit d’autres œuvres dans la même catégorie, tels que la série Robert Langdon par Dan Brown (qui inclut, notamment, Le code de Vinci).

En raison de la grande quantité d’excitation et de suspense, vous pourriez être inquiet de savoir s’il y a suffisamment d’impact émotionnel dans ce livre. Mais bon, je vous laisse savoir que cette crainte est sans fondement : malgré la forte énergie de ce livre, il est aussi authentiquement touchant d’un point de vue émotionnel. Les émotions vont réellement résonner pour les lecteurs lorsqu’ils partent en voyage avec les personnages. Le livre vous fera rire et sourire, en même temps que vous serez conscient que votre cœur bat fort dans votre poitrine.

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D’ailleurs, les éléments de suspense de ce livre ont été bien exécutés. Les scènes passent rapidement de l’une à l’autre, et l’action se déplace à un rythme à faire arrêter votre cœur. Cependant, en dépit de sa vitesse vertigineuse, l’action reste relativement simple à comprendre. Un lecteur ne se forcera pas en essayant de comprendre ce qui se passe dans l’histoire. Malgré le sujet complexe, tout a été expliqué d’une manière telle qu’un lecteur peut suivre l’histoire sans se stresser. Je me suis retrouvé accroché sur l’histoire de Rudy; je voulais continuer à lire pour découvrir comment l’histoire prend fin.

Ce n’était pas seulement l’action qui se déplaçait: les décors du roman changeaient aussi. Les personnages se déplaçant à travers, non seulement la France et la Belgique, mais aussi à travers le monde. J’ai trouvé que ceci fut un changement rafraîchissant ; beaucoup d’histoires que j’ai lues sont localisés dans un seul endroit. Bien que ces histoires soient très bonnes quand même, lire des histoires définies dans des endroits variées est l’une des composantes les plus enrichissantes d’un bon livre. On peut dire que le lecteur traverse le monde aux côtés des personnages.

En outre, j’estime que les personnages sont convaincants. Leurs actions étaient bien justifiées dans le cadre de l’intrigue. Parfois, lorsqu’on lit un livre, on constate qu’on aimerait s’asseoir aux côtés des personnages et leur expliquer toutes les raisons pour lesquelles ils agissent de façon irrationnelle (ou, plus simplement, jeter votre livre ou e-reader contre le mur). Je ne trouve pas que cela a été le cas ici. Tous les personnages ont réagi de manière réaliste à l’égard de leur situation, et je comprenais parfaitement leurs actions.

Maintenant qu’on a discuté du livre, il convient de parler de l’auteur. Un talent polyvalent, Annik Couppez Véronèse d’Olrac a étudié en journalisme, mais elle a aussi pris des cours de danse, de solfège, de la sculpture, et de théâtre. En Belgique, elle a travaillé pour un groupe de presse durant une vingtaine d’années. Lors d’une entrevue, elle a expliqué que, lorsqu’elle écrit, elle cherche une sorte de musique rythmique de l’ambiance dans sa prose. Je trouve que cela est véritablement le cas avec L’Attendue ; les phrases coulent ensemble d’une façon très belle, et les mots se déplacent ensemble comme les notes d’une bellissime composition musicale. C’était un plaisir de lire les phrases ; elles ne chancellent pas répétitivement, et ne manquent pas de passion – ce qui est malheureusement le cas avec la prose de nombreuses histoires. Au contraire, les mots se déplacent bien ensemble, et m’ont fourni assez d’atmosphère et de détail pour que je puisse saisir cette version du monde et de son peuple – mais pas d’une façon que je me sentais fatigué d’une surdose d’information. De plus, la qualité rythmique de l’œuvre assure que les phrases étaient toutes d’une longueur parfaite. Certaines étaient courtes, tandis que d’autres étaient plus longue. L’effet global est que les mots coulent aussi facilement que l’action.

lancement-16-octobre-2016-05.jpg?w=164&h=291&width=164Véronèse d’Olrac explique qu’une des sources de son amour pour la lecture était son père. Une personne lettrée, il a aidé sa fille quant à son amour pour les arts littéraires, et en particulier pour l’écriture. Par contre, la mère de Véronèse d’Olrac est une musicienne, et elle a accompagné sa fille alors qu’elle s’engagait dans la danse classique. Véronèse d’Olrac aime encore danser, jusqu’à ce jour; dans une entrevue, elle a fait remarquer que la danse lui permet d’harmoniser son corps et son esprit, qui a des similitudes avec le processus qu’elle subit lorsqu’elle crée de nouveaux secrets et de nouvelles aventures littéraires. Quand elle écrit, elle cherche le rythme, et elle emploie des mots de manière à ce que les phrases se passent d’une façon lyrique et musicale.

Véronèse d’Olrac a commencé à travailler sur sa passion pour l’écriture quand elle avait huit ans ; ses histoires étaient si impressionnantes que ses enseignantes les lisaient aux autres étudiants. Aujourd’hui, elle reste inspirée par les nombreux auteurs qu’elle lit actuellement. Certains d’entre eux comprennent Victor Hugo, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud, de même que le monde d’Harry Potter de J.K. Rowling.

Lorsqu’on lui a demande de décrire ses histoires, l’auteure explique qu’elle veut mettre en valeur la force des femmes courageuses qui se font connaître à travers leurs actions vaillantes. En tissant ses histoires, elle crée de nouveaux mots, qui s’harmonisent avec les émotions à l’intérieur de son esprit et de son moi intérieur. Via ses livres, elle veut donner à ses lecteurs une nouvelle compréhension, en plus que de concevoir des histoires qu’ils aimeront bien.

Elle a annoncé aussi qu’elle travaille sur un projet axé sur la légende du château de Farciennes. Selon cette histoire à venir, dans le milieu du 19e siècle, les ouvriers essayent de se débarrasser de la butte où se trouve la chapelle de Tergnée. Ils avaient pour but d’incorporer sa base dans la voirie de leur communauté. Ce faisant, ils trouvent cinq cavités, en forme de tombes, à l’intérieur desquelles il y avait deux cercueils et des squelettes humains — dont les têtes étaient tournées vers l’Orient. Comme les autres œuvres de Véronèse d’Olrac, cette légende promet d’être une histoire passionnante pleine de mystères et d’aventures.

Dans l’ensemble, la lecture de ce livre a été une excellent expérience dans laquelle je suis heureux d’avoir prit part. Il m’a aidé à voir les choses d’une nouvelle façon, et de penser à des concepts que je n’avais pas pensés auparavant. Je recommande ce livre aux lecteurs de tous les goûts et tous les intérêts; il y a quelque chose pour tout le monde — soit des idées qui suscitent la réflexion, soit l’excitation et l’aventure, soit une véritable profondeur émotionnelle. Ainsi, tout cela étant dit, la prochaine fois que vous cherchez un nouveau récit  — pour une nouvelle aventure, en d’autres termes, dans lequel vous aimerez vous perdre — vous devriez considérer acheter une copie de ce livre. Vous ne le regretterez pas.

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La providence fait ce qu'il faut


L'énergie créatrice a été programmée.
Ses réalisations sont incommensurables.
Elle agit en suivant des règles immuables,
Imposant des rapports établis à jamais.

Observant la beauté qu'il rencontre partout,
L'être humain en éveil ressent de l'allégresse
Et face au fantastique une grisante ivresse.
Lors, il évoque Dieu, avec ferveur le loue.

Après avoir chanté la juste providence
Depuis mon âge tendre à mon vieillissement,
Je me suis insurgée irrésistiblement
Contre l'inacceptable, infâme déchéance.

Mais la vie cependant fascinera toujours.
L'énergie agissant demeurera la même.
C'est une intelligence assurément suprême.
En plus de la splendeur, elle offre de l'amour.

Je regarde la pluie qui tombe sans tristesse
Sur les érables verts et le gazon doré.
Les jardins de ma rue demeurent colorés.
La tendresse sans bruit très doucement me berce.

21 octobre 2016

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De l'amitié amoureuse

Il faut pour en parler, en avoir savouré les grâces.
Si comme l'a écrit Desttut de Tracy: « L'amour n'est que l'amitié rendue plus vive par la différence des sexes » on devrait pouvoir dire que: L'amitié amoureuse n'est que l'amour dépourvu de l'attrait des relations sexuelles.
Antoine de St Exupéry a donné au verbe aimer une acception pour le moins surprenante, Pour lui : « Aimer n'est pas se regarder l'un l'autre c'est regarder ensemble dans la même direction » Et pourtant, quand on aime, on ne cesse de s'emplir le coeur et l'esprit de l'image de l'autre.
Il en est de même dans une amitié amoureuse. En plus du respect envers l'autre, elle crée une tendresse admirative réciproque et le goût d'entretenir un climat de séduction qui rend souvent exquis des échanges imaginatifs.
Selon Balzac « L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi».
La pudeur, le respect, font qu'une amitié amoureuse ne se change pas en désirs charnels. Elle donne toute la place, aux émotions et aux joies de l'esprit.
Autrefois, elle naissait souvent du badinage. Les mots avaient de la valeur et l'on s'en servait pour séduire. Ce jeu charmant existe-t-il ailleurs?
Des amis de jeunesse qui se retrouvent des années plus tard, enrichis par leur vécu, peuvent se sentir à nouveau attirés l'un vers l'autre et désirer entretenir une relation privilégiée. C'est une chance exceptionnelle. Lors, une correspondance entretenue peut être une source extrêmement stimulante.


 5 octobre 2009

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Rencontre.

 

Une petite fille sur un banc se balance,

d'avant en arrière tout le temps,

ses yeux grand-ouverts, verts

interrogent le noir tout autour d'elle ;

elle se sait seule malgré les grands arbres

qui lui murmurent des mots chauds roux et cuivrés.

Une petite fille sur un banc se balance,

d'avant en arrière tout le temps,

sa peau laiteuse et douce,

parfume de son été,

la rousseur de l'automne,

 encore discrète et vêtue ;

l'arborescence au dessus d'elle,

jette sur son épaule un grand châle couleur ciel.

Une petite fille sur un banc se balance,

d'avant en arrière, moins souvent,

ses yeux, par une éclaircie, traversés,

s'étonnent , puis pénètrent

les yeux tout maquillés d'un

beau chat qui, non sans tendresse,

la contemple, la caresse toute entière.

NINA

 

 

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Une tendresse savoureuse

Au temps lointain de nos vingt ans,
Durant notre vie d'étudiants,
Le destin nous mit en présence,
Nous donnant ainsi une chance.

Sans me montrer aucun émoi,
Il parlait souvent avec moi.
J'admirais son intelligence,
Lui, sans doute mon innocence.

Toujours avide de plaisirs,
M'octroyant de nombreux loisirs,
J'étais coquette, lui sévère.
On fêta la fin de la guerre.

Je reçus un billet de lui
Quand il nous quitta pour Paris.
Lors j'écrivis un court poème
Que je conservai pour moi-même.

J'entretins vive l'espérance
De le revoir un jour en France
Ou ailleurs, au gré du hasard.
Cela n'arriva pas trop tard.

Ô notre amitié amoureuse
Qui dura vingt ans savoureuse!
Tant de gestes qui m'ont comblée
Dont aucun ne reste oublié.

1/9/2013

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Dans le parc aux arbres géants

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À Nicole Duvivier

L'automne a rendu somptueux
Le vaste parc longeant la rive
Du Saint-Laurent à la dérive,
Qui scintille devenu bleu.

Se laissent emporter sur l'eau,
Par couple, en groupe ou solitaires,
Des canards, du lieu sédentaires.
Les mâles surtout sont très beaux.

Le vieux parc aux arbres géants,
En ces jours inondés de grâces,
Accueille en son immense espace
De grands oiseaux fort élégants.

Ce sont des oies dites outardes.
À l'aise, comme étant chez elles,
Elles ont replié leurs ailes

Et sur le vert gazon s'attardent.

Amicales, en confiance,
Elles se laissent côtoyer.
Le promeneur émerveillé,
Se ressource dans le silence.

20 octobre 2016

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Profondeur

A propos d'un tableau (50 x 50 cm) ...
 
"Un simple carré de toile tendue préalablement, lequel j'abreuve d'une huile immaculée, ressort moléculaire au zinc pour donner à la perspective des sens, une profondeur qui ne cherchera nullement l'ombre et la lumière à la façon des affres.
Pas de classicisme qui illuminent les paillettes à l'aide d'un or et d'un stuc outranciers qui dérivent, selon l'ordre établi, à une frasque roccoco !
Là, ici sous le toit d'acier et la pluie battante, le rythme du couteau est sous la musique d'un fou sans roi !
D'une pellicule de neige, j'offre à l'œuvre géométralement arrêté à l'œil, un qui-vive !
Un suroît tourné vers le Nord, tel qu'il va de soi.
Et puis, par touche, succion et étalement de la matière, cherchant la profondeur des temps perdus, je trouve là une commodité à énoncer.
Et c'est sous ce couvert de manifestation, que j'aperçois au fond des bois, l'aubois qui flute par l'octroi.
C'est une élocution sans Dieu, par besoin de souffle pour sentir le naturel et l'articulation d'une discrète pensée.
Je vois.
Je sens.
J'entends.
Seul le bleu me fait songer à l'occurrence des champs perceptibles de la vie.
Ce bleu que je confonds en une noirceur pour auréoler la profondeur matérielle et non plus spirituelle, transcendante.
Il n'est pas d'hypnose, mais seulement d'osmose, sans aucune alchimie, mais plutôt de cet ordre physique.
Ma palette est courte telle une onde musicale, une plaie acoustique.
Mon couteau grogne en quête du mélange sans que le blanc s'offusque d'une nudité.
Je le veux coloré telle une annonce vitale, une respiration conjuguée d'une expiration qui donne le sens de la pulsation, de l'irrigation sanguine et l'oxygène cérébral.
Une ventilation.
Une régulation.
Un corps en activité sous l'exhalation vitupérée d'essence, l'exsudation épurée.
Le mélange n'a pas cet air d'un ange narquois mais bien plus, une vérité, une charité et une solidarité.
Philanthropie qui s'enfonce dans la connexion des émotions, les allers-retours des mots et des références dans la lune des nuits synaptiques.
C'est plus qu'un optimisme qui me joint aux reflets du traité de Yuanye :
"Ceux qui aiment les jardins à la campagne demeurent au milieu des champs"
(Page 106 - Ji Cheng).
Et avec sérénité, personne croira que j'ai rencontré cette ardeur dans la teneur des propos, des écrits où, la senteur des émois est au comble des pétales épanouies dans leur candeur.
Oui, je crois que sur ce sujet plus proche d'un monochrome, il y est une tendance à un éclairage en profondeur".

* * * *

ED

Écriture prompte

16/10/201612273190470?profile=original

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L'homme et le feu

l'homme et le feu

                                                               Abstrait de Suzanne Walther-Siksou

Le feu jaillissant du soleil

Séduisit un homme en éveil.

Il comprit l'étrange mystère:

En gardait la force une pierre.

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administrateur théâtres

Brel is Brel

Jacques Brel, notre poète, chanteur, compositeur belge, à qui on aurait bien aimé décerner, comme à  Dylan ce jour-là, un  prix Nobel posthume bien mérité, a fait sa joyeuse entrée en fanfare au Wolubilis, à bord d’une vraie  Rolls : grâce à  la complicité du Brussels Jazz Festival  avec le chaleureux chanteur de jazz David Linx.

On a assisté à un spectacle de haute qualité, où rien n’est laissé au hasard, où rien ne manque, où tout est à emporter « sur l’île déserte », comme le disait son ami Georges.  Il s’agit d’un fervent projet sous forme de libres variations qui  rend un touchant hommage au Poète Lauréat des belges.

big

 La salle  est comble. Les musiciens du bateau ivre  en costume  Navy Blue sont rangés sur des gradins, derrière leurs sages pupitres de concert classique étoilés d’une loupiote, face au public. Comme pour  une  assemblée nationale musicale, on peut compter de bas en haut : un rang de quatre saxos et bois ; puis celui des trombones et enfin les trompettes. A gauche sur le plateau, il y a  la pianiste, Nathalie Loriers, seule femme de la Big Band ; entre deux,  la contrebasse et la panoplie de vibrantes  percussions. La prestation sera inoubliable. Le jazz est là. Les  musiciens  se déplacent et viennent chacun à leur tour faire leur Java devant le micro, pendant que David Linx, se promène de long en large avant de reprendre couplets ou refrains et longues harmoniques. Un souffle épique traverse le plateau, un vent de chaleur humaine.

Le CD est sorti en juin 2015. La surprise vocale vient de la tessiture du chanteur qui manie les octaves avec une aisance  vertigineuse, et rappelle tantôt Brel, tantôt Nougaro. Mais c’est du Linx bon teint, un capitaine musical particulièrement inspiré, artiste généreux en chemise  purple red, courtois et plein d’humour qui surfe sur les paroles et la musique du grand Jacques avec respect et joyeuse liberté, et qui chante des jazzy vocals et talking-singing tongues, les yeux dans les yeux avec la pianiste! Sacré Mathilde !

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 Plusieurs des membres du BJO se sont  succédé à l’arrangement des chansons mythiques du florilège : Pierre Drevet,  La chanson des vieux amants, Mathilde ; Dieter Limbourg, Le plat pays, Amsterdam,Vesoul ; Lode Mertens, Quand on n’a que l’amour, La valse à mille temps ; Gyuri Spies, l’ingénieur du son, Ces gens-là, Isabelle, dans une superbe version anglaise ; Frank Vaganée, La ville s’endormait, Bruxelles  and last but not least, Nathalie Loriers, la pianiste,  pour  Ne me quitte pas… David Linx invoquera aussi  la figure de Toots Thielemans, une autre grande figure belge  dont on a pleuré la disparition l’été dernier.

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 Et de temps à autre, cela swingue carrément  en langue originale,  avec Amsterdam, dans  une traduction anglaise magnifique de David Bowie. C’est dire que la boucle est bouclée, le cercle  refermé. Celui des poètes disparus ? Et on pleure tous  à chaudes larmes avec le titre nostalgique  tellement bouleversant de Oh ! mon amour! 

Le plat pays, un hommage au père de Linx, évoque quant à  lui, incontestablement, avec ce solo saxo méditatif puissant, ce pays qui est « le nôtre ». C’est ce qu’ont murmuré dans un même souffle, une salle totalement conquise et l’artiste sur scène.

big  

 

http://www.wolubilis.be/index.php?page=1&id=49&pid=666&year=2016&month=10

En tournée: 

 23 nov 2016
 
 20:00

Warschau (PL)

 17 mar 2017
 
 20:30

Théâtre Chassé, Breda (NL)

 18 mar 2017
 
 20:30

Centre Culturel, Huy (B)

 24 mar 2017
 
 20:00

Centre Culturel, Soignies (B)

 30 mar 2017
 
 20:00

La Ferme du Biéreau, Louvain-la-neuve (B)

 02 mai 2017
 
 20:00

Centre Culturel, Dinant

 

 

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Science fiction?

Robot série A48 -

Antoine avance à grands pas dans l'avenue Jean Jaurès. Il fait beau ce matin et il a enfin le loisir de pouvoir faire ses courses préférées en plein centre ville de Lémovice, sa ville natale. S'il écoutait ses papilles, il s'arrêterait bien devant la vitrine alléchante du fabricant de chocolats et entrerait faire remplir un sachet de ces belles boules noires ou marrons remplissant les étagères et... embaumant le trottoir. Seulement voilà, à presque 70 piges, les petits plaisirs sont devenus rares car avant, comme ce mot est triste, avant ce n'était plus un petit plaisir qu'Antoine s'accordait mais l'assouvissement d'une gourmandise effrénée pour tous les gâteaux de chez Georges et autres chocolats bien de chez nous, gras et sucrés à souhait. Ah ! les polkas de chez Georges, grosses comme des boules de pétanque et garnies de crème bien jaune recouverte de caramel maison, bien entendu. Pas cet insipide caramel liquide et ces crèmes fadasses et sans goût que les normes industriels et politiques ont lentement mis en place, afin de rentabiliser une production censée apporter autre chose... alors qu'en définitive elles n'ont fait que détruire ce que l'homme a de plus grand, sa sincérité : sa sincérité avec lui-même et ses valeurs et sa sincérité envers le travail bien fait que nos anciens baptisaient noblement... « dans les règles de l'art ».

Antoine avance vers le magasin de maquettes, le dernier de la ville, certainement même du département entier. Là aussi, le « progrès » a éliminé les fabricants français, les grossistes, les magasins spécialisés et a remplacé tout ce maillage grouillant d'emplois et de machines, par des containers arrivant à pleins bateaux, déversant leurs produits dans des semi-remorques, qui eux mêmes les basculent dans des entrepôts pour être livrés dans des chaînes de magasins portant toutes des enseignes différentes, mais vendant toutes les mêmes produits.....

C'est en passant devant le distributeur de pain qu'il remarqua que le A48 qui le précédait venait d'émettre le sifflement strident signalant un danger immédiat. Il l'appela :

- A48, que dois-je faire ?

Instantanément le robot pivota sur son flux magnétique et ce qu'Antoine craignait le plus arriva.

  • Où allez-vous BLG ? Vous êtes Positif ! Répondez !

  • A 20 mètres devant toi chez Mini-models.

  • Suivez-moi, entrez chez votre contact et faites appliquer la procédure 3.

Antoine pâlit, la procédure 3 était synonyme de danger immédiat, le A48 avait repéré soit des éléments électroniques suspects, soit des explosifs, soit des mouvements de BLG Négatifs. Antoine n'avait jamais eu l'occasion d'avoir l'impression sournoise de se retrouver soudain en apesanteur. « Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! avait écrit Lamartine. Mais qui s'en souvient aujourd'hui ? Wikipédia, sans doute, et quelques vieux profs de français ou autres collectionneurs de vieux bouquins qui sentent encore, peut-être, le papier d'imprimerie.

Le A48 me poussa doucement mais fermement dans la boutique, ferma la porte et je fis immédiatement appliquer la triste procédure 3. La boutique ferma ses volets roulants enfermant ainsi les clients à l'intérieur des locaux. Nous y sommes restés presque... 5 minutes, et ce que nous redoutions tous n'est pas arrivé. Le A48 avait détecté un porteur de mort, un kamikaze, disait-on dans un autre temps.

De nos jours, dans notre bonne ville de Lémovice, forte de ses 215000 habitants, presque un milliers de robot A48 surveillaient en permanence l'intégralité du territoire occupé par les citadins. Rien ne pouvait passer à travers les mailles de ce filet électronique qui détectait toute anomalie suspecte. Ce jour-là c'était malheureusement le cas, malgré tous les subterfuges de camouflage que pouvaient inventer les quelques irréductibles destructeurs de l'humanité, n'ayant plus aucune chance d'arriver à leurs fins. L'homme a dû, dans les années 2020, s'avouer incapable de juguler le terrorisme ; seule solution : créer des robots capables de détecter à distance l'intégralité des différents explosifs. Mailler comme une toile d'araignée l'intégralité des surfaces habitées par l'homme, y compris les villages, afin d'éradiquer définitivement les attentats qui avaient ensanglanté le début du 21ème siècle. Antoine se dit que si le A48 n'avait pas été présent sur son parcours, il n'aurait peut-être pas pu acheter cette boite de peinture qui lui faisait défaut pour finir une maquette en cours. Le robot avait détecté... le signal s'était automatiquement déclenché et moins de 8 secondes après, trois engins répulseurs étaient sur les lieux et noyaient leur cible sous des mètres cubes de mousse absorbante d'ondes de choc. Encore une invention pour protéger l'humanité ! Cette mousse se pulvérisait sur la cible, absorbait l'explosion et repoussait l'onde de choc en son centre... Un mot qui m'a toujours fait marrer, la force centrifuge entraîne vers l'extérieur du cercle et la force centripète vers l'intérieur ; « centripète », marrant, non ?

Après 5 minutes passées à discuter avec la marchande et les quelques clients présents lors de cet incident, Antoine sortit de la boutique. Rien n'avait changé, tout était calme, pas de sirène, pas d'ambulance, pas de vitres brisées ! Ah si....Là bas dans l'angle de la petite rue, une tâche sale, bleu/vert étalée au sol et sur une vitrine, que les B12 s'empressaient de laver.

Bienvenue dans le futur !

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