Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16062)

Trier par

Elle s’en vient à l’orée de la nuit, funambule ;

 

sa robe blanche quitte enfin ses limites.

 

La fraîcheur de sa chevelure dans ces ciels égarés ;

 

Aux yeux de certains, comme dans un long sommeil,

 

nous vivions alors sous sa protection.

 

Nos lèvres pouvaient la toucher,

 

ses flocons projetés par le vent

 

contre le visage. Et le son des pas

 

sur son manteau silencieux.

 

Lorsque nous arrivions à la lisière de la forêt,

 

accompagnés de certitudes et de doutes,

 

nous passions notre chemin, ici-même,

 

en composant cette chanson.

 

Julien Boulier        le 01 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre  3435338611

Lire la suite...

L’Homme qui voulait être Poète

Il lisait toujours. Ses plus beaux moments avaient trait à la lecture, à l’écriture, dans une communion extraordinaire avec son cher, très cher Ego. Vous ne connaissez pas « Ego » ? Il vous en parlera un autre jour. Peut-être. Il lisait à profusion, fronçant les sourcils, comme s’il peinait à comprendre. Assis, couché, debout, dans la rue ou au bistrot… Il lisait toujours : main gauche il tenait le livre, main droite il tournait les pages.

Il écrivait aussi. Parfois. Des poèmes. Ou n’importe quoi. Il n’aimait pas ce qu’il écrivait. Quelques lignes qu’il trouvait sans imagination, d’une platitude confondante. Ses mains dansaient sur le clavier. Les lettres émergeaient, une à une, voyelles, consonnes, voyelles, consonnes, s’ordonnaient pour dessiner les mots, inattendus, capricieux, déroutants…

Il rêvait d’une écriture somptueuse, raffinée, intelligente. Il ambitionnait d’étaler son érudition, son intuition avec un supplément d’ironie et une inflation de métaphores. Mais, toujours, sa déraison le portait à une écriture coupable de poésie.

La poésie, ce rendez-vous manqué, ce chemin de cendres, son accalmie entre deux tempêtes, son bourdonnement de plaisir, hantait ses rides. De sacrifices en éclaboussures, au cœur de la nuit, il rangeait ses peines dans ce continent sans cesse inexploré, pour les retrouver, au petit matin, appauvries dans l’éclat du jour. Et, dans cet espace de lumière, il relisait ses cogitations nocturnes. L’autre nom du rêve.

Dans la moiteur de l’été
Un keyaki effleure le ciel
Là sont les grands oiseaux
Dans ces rafales de feuillages
Saurons-nous enfin ce qu’ils nous crient ?

Keyaki : Arbre monoïque, 20 à 25 m. Un des plus beaux arbres à feuillage caduc du Japon.

Lire la suite...

Electre de Sophocle à Richard Strauss

Electre est le sujet de ma nouvelle série inspirée par l'opéra éponyme de Richard Strauss dans la mise en scène de Patrice Chéreau pour le festival d’Aix en Provence . Je reviendrai plus loin sur cet opéra et ce spectacle. Tout d'abord allons à la source qui a inspiré Hugo von Hofmannsthal le librettiste de l'opéra de Strauss.

Le thème de l'Électre de Sophocle qui se rapporte aux légendes troyennes, est celui-là même qui fut traité par Eschyle dans ses Choéphores à la différence notable que c' est Electre qui est au cœur de l'intrigue et non son frère Oreste.

Sophocle n'est pas le seul à avoir écrit sur le thème d'Électre. La richesse des légendes grecques a été une source inépuisable d'inspiration pour les Tragiques. Ils ont proposé chacun de leur côté leur propre version de tel ou tel mythe: par exemple, Eschyle et Euripide avaient écrit un Œdipe, perdu, comme, malheureusement, la plus grande partie de la production des poètes tragiques. S'agissant d'Électre, Eschyle et Euripide en ont fait le thème central d'une de leurs pièces, que nous possédons encore, ce qui permet de comparer, texte à l'appui, les différences de traitement, tant du point de vue de la psychologie des personnages que des modifications opérées dans le mythe.

Dans ses conférences sur l'art et la littérature dramatiques, Schlegel a fait une comparaison entre les femmes endeuillées imaginées par Eschyle et l'Électre de Sophocle. Il montre qu'Eschyle a traité l'aspect le plus sombre de l'histoire, évoquant en détails les divinités terribles de la vengeance, les Érinyes. Sophocle, tout en n'oubliant pas cet aspect, raconte l'histoire avec infiniment moins de cruauté, en focalisant l'attention sur la seule Électre, sa constance dans l'adhésion à ses convictions profondes, et son héroïsme dans la souffrance.

« Ce qui caractérise particulièrement la tragédie de Sophocle est le peu d'influence qu'ont les dieux dans cet environnement pour le moins effrayant. En fait, la fleur de la vie et la jeunesse imprègne tout le décor. Apollon, le dieu-soleil, semble jeter son éclat partout ; même le point du jour avec lequel la pièce débute est tout à fait significatif. Le monde des tombes et des ombres est gardé à distance ; ce qui dans Eschyle est inspiré par l'âme de l'homme assassiné vient ici du cœur d'Électre vivant, qui se livre à l'amour autant qu'à la haine avec une force égale. »

Sophocle donne à Oreste une individualité plus cohérente qu'Eschyle. Avant, ou après le meurtre, Oreste ne montre jamais la moindre hésitation. Aucun scrupule de conscience ne le ronge. Il est beaucoup plus inflexible que l'Oreste peint par Eschyle comme le prouve la mise en scène macabre auquel il se livre avec le cadavre de sa mère avant de tuer Égisthe. Mais c'est dans le rêve de Clytemnestre qu'apparait le mieux le traitement différent des deux tragédiens. Celui d'Eschyle, terrifiant, intimidant au possible, est au cœur même de l'intrigue, alors que le rêve évoqué par Sophocle est, certes, majestueux dans son horreur, mais apparaît comme un détail secondaire et peu déterminant. Le surnaturel y est moins intense. Au drame symbolique teinté de mysticisme propre à Eschyle succède donc le drame psychologique sophocléen.

Quant à l'Électre d'Euripide, nous savons, vraisemblablement, qu'elle était contemporaine de celle de Sophocle, sans doute très légèrement postérieure. On l'a datée avec certitude de 413 av. J.-C. ; la pièce de Sophocle daterait, elle, d'environ 415.

Les différences entre les deux Électre sont criantes, même si Sophocle reprend à son compte les nouvelles tendances théâtrales de son époque, marquée par les innovations d'Euripide. Par rapport à Antigone, on constate une plus grande importance de l'action et une peinture plus expressionniste des personnages centraux. Cependant, dans Électre, si Sophocle offre grandeur et noblesse à son héroïne, Euripide, lui, fait le portrait d'une femme, certes résolue, mais plus trouble, plus cruelle, et moins digne. Le traitement euripidien tend à exacerber le côté passionnel de l'Atride, ce qui est bien dans sa manière. Quant à Oreste, il apparaît plus indolent, plus hésitant que le personnage créé par Sophocle. Inversement, la Clytemnestre d'Euripide est plus humaine, plus touchante, plus ambiguë que celle de Sophocle, qui apparaît sous le jour d'une femme très minérale, que nul sentiment ne trouble, et qui va même jusqu'à se réjouir de la mort de son propre fils. Chrysothémis est une pure invention de Sophocle : à travers elle, le poète renouvelle la confrontation entre deux sœurs comme dans Antigone, où Ismène, bien qu'alliée à sa sœur, montrait une personnalité plus souple qu'Antigone. Dans Électre, Sophocle radicalise les positions, au point que Chrysothémis devient la symbole de la mollesse, de la complaisance, voire de la compromission au pouvoir, choses qu'Électre ne peut supporter.

Adepte du « tout ou rien », inconsolable absolue, Électre vue par Sophocle est l'une des personnalités les plus fortes de tout le répertoire tragique grec. On peut la comparer avec l'Antigone du même auteur dans la fermeté des convictions et le courage sans limite. Mais Antigone agit dans le sens de l'amour. Électre tourne ses regards vers le « côté obscur », avec une seule finalité, une obsession même, qui tient de la pathologie : venger son père et se débarrasser de meurtriers impies doublés de tyrans odieux. Une autre différence notable avec Antigone, sa rage continuelle, ses éruptions verbales, voire sa morbidité, qui n'ont rien à voir avec le calme, la « force tranquille » de l'héroïne thébaine qui marche au supplice avec une fière résignation.

Toutefois, Électre a en commun avec Antigone la certitude d'être dans son bon droit, et elle n'éprouve visiblement aucun remords à réaliser avec Oreste son plan terrible, contrairement à l'Électre d'Euripide, un moment désarçonnée par l'horreur de son acte. Le meurtre d'Égisthe et de Clytemnestre ne semble pas avoir beaucoup choqué Sophocle, au point que sa tragédie exclut toute idée d'une vengeance divine, normalement consécutive à tout matricide. En effet, chez Eschyle et Euripide, les Érinyes, déesses de la vengeance, interviennent aussitôt l'assassinat perpétré. Dans les Euménides d'Eschyle, dernier volet de l'Orestie, Oreste devra procéder, non sans difficulté, à sa purification. De tout cela, nulle trace chez Sophocle, qui termine la pièce sur la fin de la malédiction des Atrides que ce meurtre, que l'on peut qualifier de légitime, a permise. La question d'une quelconque suite à donner à un acte si terrible, aussi lourd de conséquences dans la mentalité grecque, ne se pose même pas. Beaucoup d'auteurs antiques et même contemporains se sont d'ailleurs sentis troublés par une fin aussi brutale. D'aucuns y ont vu une justification tous azimuts de l'assassinat politique dans des circonstances particulières, comme Antoine Vitez dans sa mise en scène d'Électre en 1971 et 1986, qui a comparé, pour la justifier, la liquidation des deux Atrides avec les assassinats des plus ignobles collaborateurs à la Libération. Ainsi, dans le personnage d'Égisthe revu par Vitez, on reconnaît ouvertement Pierre Laval !

La pièce est remarquablement bien construite, avec une progression d'une grande intensité. La subtilité du ressort dramatique y est même supérieure à celle de l'Œdipe. De par ces qualités, Électre fut la tragédie la plus admirée par les érudits dès l'époque hellénistique.

Plus près de nous, l'œuvre a inspiré à Voltaire une pièce assez faible, puis au XXe siècle, Giraudoux et Hofmannsthal, dont le drame fournit la matière du livret de l'opéra le plus ambitieux et le plus noir de Richard Strauss, en 1909.

Avant de devenir un opéra emblématique de la modernité, Elektra est une pièce de théâtre de Hugo von Hofmannsthal. Comme Arthur Rimbaud, Hofmannsthal est un poète prodige qui a renoncé très tôt à la poésie, mais en continuant une carrière littéraire qu’il partagea essentiellement entre le théâtre et ses activités de librettiste. C’est au Deutsches Theater de Berlin, en octobre 1903, que Richard Strauss découvre la tragédie de Hofmannsthal, Elektra. Le point de départ d’Elektra sera donc identique à celui de Salomé (1905) adaptée de la pièce d’Oscar Wilde que Hofmannsthal avait vue à Berlin dans une production du même Reinhardt avec la même Gertrud Eysoldt… Mais si le musicien est d’emblée attiré par la pièce de Hofmannsthal qui fait écho à ses propres préoccupations artistiques, il hésite encore devant un sujet trop proche de celui de Salomé au moment où il souhaite explorer d’autres domaines. Le 11 mars 1906, le compositeur écrit au dramaturge : 

« Je suis plus passionné que jamais par ‘Elektra’ et j’ai déjà fait quelques coupures pour mon propre usage. La seule question que je n’ai pas encore décidée (…) est de savoir si, immédiatement après ‘Salomé’, j’aurai la force de traiter un sujet aussi semblable par maints aspects avec une entière fraîcheur d’esprit, ou si je ne devrais pas attendre quelques années avant d’approcher ‘Elektra’, jusqu’à ce que j’aie évolué suffisamment loin du style de ‘Salomé’ ».
Le 27 avril, Hofmannsthal, très désireux de travailler avec le musicien, lui répond de manière à dissiper définitivement ses doutes :
« 
Les « ressemblances » avec l’histoire de ‘Salomé’ me paraissent, si l’on y regarde bien, se résumer à rien (…). Le mélange des couleurs dans les deux sujets me paraît tout aussi différent dans leurs composants : dans ‘Salomé’, mieux vaut parler de mauve et de violet, l’atmosphère est torride ; dans ‘Elektra’, c’est au contraire le mélange de lumière et de nuit, d’obscurité et d’éclat (…) Mieux, la séquence, qui va rapidement crescendo, des événements relatifs à Oreste et à son acte (…) je peux (l’) imaginer bien plus forte quand elle est mise en musique qu’avec des mots écrits »



Sommet absolu de la tragédie lyrique, inspirée de la tragédie de Sophocle, Electre, associe une musique d’une grande audace et le crescendo d’une intrigue, d’une violence dramatique jusque-là inégalée. On reprocha souvent à Strauss ses excès d’orchestration. Ainsi, le rôle d’Electre, par la présence des tourments hystériques qu’il  commande, est l’un des plus éprouvants et exigeants du répertoire lyrique. Malgré un accueil réservé, insensiblement, l’opéra, dont le monologue final et la danse infernale d’Electre restent l’épicentre mélodramatique de l’ouvrage, fit la conquête des plus grandes scènes lyriques à travers le monde.

Avant d aller plus loin voici un résumé de l'ouvrage.

Electre, inconsolable, tout entière absorbée par le désir de venger la mort d'Agamemnon son père assassiné par sa mère Clytemnestre et son beau-père Egisthe pleure. Chassée du palais par Clytemnestre en proie à de terribles cauchemars prémonitoires, l’intransigeante Electre tente en vain d’obtenir l’aide de sa sœur Chrysothémis qui lui refuse. Cette dernière la met en garde contre Clytemnestre et Egisthe qui veulent l’enfermer. Electre espère aussi le retour de son frère Oreste , exilé loin du palais quand il était enfant. Seul son retour pourrait permettre d’accomplir enfin le châtiment des deux meurtriers du valeureux Agamemnon. Un mystérieux étranger arrive, qui n’est autre qu’Oreste dont on avait annoncé la mort. Il est venu  pour seconder sa sœur dans son implacable soif de vengeance.

La rencontre d’Electre et de sa mère révèle toute la haine et le ressentiment que se vouent les deux femmes, et combien Electre veut la voir mourir sous les coups de son frère. Après le départ de Clytemnestre, Chrysothémis vient annoncer à sa soeur la mort d’Oreste. Electre plonge alors dans un profond désarroi. Or l’un des deux étrangers porteurs de l’affreuse nouvelle n’est autre qu’Oreste lui-même, qui s’est fait passer pour mort afin de s’introduire au palais pour venger son père. La scène des retrouvailles, laisse paraître toute la tendresse et l’amour d’une sœur envers son frère. Oreste part accomplir Le châtiment. Le cri de Clytemnestre, suivi par le hurlement d’Egiste, confirment le double meurtre.  Electre, toute à sa joie, s’adonne à une danse frénétique avant de s’effondrer sans vie, laissant sa sœur désespérée et son frère silencieux.



Allons plus loin.



Opéra hors norme dont on a souligné à l’envie la démesure et l’éblouissante fulgurance, Elektra se déroule en un seul acte d’une tension extrême, centré autour d’une héroïne dévorée par une soif de vengeance obsessionnelle. L' orchestre porte jusqu’aux limites du langage tonal un drame qui puise sa part de ténèbres et de démence dans une antiquité primitive marquée par une sauvagerie troublante. Cette adaptation du mythe d’Electre, contemporaine des recherches freudiennes sur l’hystérie, offre une conception nouvelle des personnages requerant un langage musical dont la règle principale semble l’excès.

Romain Rolland écrit dans une lettre à Strauss datant de 1909 l’année de la création d’Elektra: « On est enveloppé et balayé d’un bout à l’autre par une force tragique. Plus qu’aucune autre de vos œuvres, celle-ci s’imposera à tous les théâtres du monde». C’est cette «force tragique» à la violence inédite qui induit une conception moderniste sollicitant toutes les ressources vocales de chanteurs menés aux limites de l’expression musicale.

La création d’Elektra eut lieu à l’Opéra Royal de Dresde le 25 janvier 1909. On peut parler d’un « succès d’estime » comme le note Strauss lui-même. Bien qu’il ait été repris sur de grandes scènes internationales dans les mois suivants, l’ouvrage était bien trop en avance sur son temps pour rencontrer un véritable triomphe.

Pour rendre l’atmosphère chargée d’agressivité et de démence qui caractérise cet opéra de la vengeance, Strauss fait se déchaîner un orchestre qui dresse une véritable barrière sonore, réclamant des chanteurs aux capacités exceptionnelles.

Dès les premières mesures de l’opéra, l’extrême violence de l’écriture rappelle certaines pages de Wagner. Une sorte de chaos orchestral traduit le chaos intérieur des protagonistes. Mais Strauss va encore plus loin. Il n'hésite pas à utiliser des procédés nouveaux, il s’engage résolument dans la recherche d’un « primitivisme musical » chargé de donner vie à un monde légendaire archaïque, au sens propre du terme, c’est-à-dire originel. Nous entrons avec Elektra dans l’univers de La Naissance de la Tragédie (1872) que Nietzche dédia à Richard Wagner. Nous retrouvons l’ivresse de Dionysos, l’impact foudroyant d’un mythe des origines, très loin de la sérénité apollinienne de la Grèce, modèle du classicisme. Elektra semble annoncer les déchaînements et les pulsations d’un rituel sauvage et primitif dont les rythmes inouïs et obsédants se feront entendre dans Le Sacre du Printemps (1913) de Stravinsky.

« Une force tragique »

Elektra s’ouvre abruptement. En guise d’ouverture s’impose un thème évoquant d’emblée Agamemnon, le héros qui à son retour de la guerre de Troie a été traîtreusement assassiné par son épouse et l’amant de celle-ci, Egisthe. L’auditeur est brutalement arraché au réel pour être emporté par «une force tragique» exceptionnelle pour un peu plus d’une heure et demie, jusqu’à ce que le vertige de la vengeance enfin accomplie submerge l’héroïne qui meurt dans les transes d’une danse sauvage et extatique. Elektra plonge ses racines dans la sanglante histoire d’une famille maudite, celle des Atrides qui régna sur une Mycènes légendaire, fascinante et inquiétante, symbole de la barbarie des temps immémoriaux. Richard Strauss, est attiré par cette Grèce des premiers âges mise en pleine lumière par le célèbre archéologue Heinrich Schliemann. Dans une Mycènes, « mélange de lumière et de nuit », Strauss et Hofmannsthal installent leur ouvrage commun. Les indications scéniques laissées par Hofmannsthal pour la représentation de sa pièce de théâtre étaient déjà sans ambiguïté. Elles éclairent aussi les enjeux de l’opéra où elles trouvent un prolongement aussi bien dans la construction du livret que dans les affrontements entre personnages :

« Le décor ne comporte absolument aucune de ces colonnes, de ces larges marches d’escalier, de toutes ces banalités antiquisantes qui sont plus propres à refroidir le spectateur qu’à agir sur lui de manière suggestive. Les caractéristiques du décor sont l’exiguïté, l’absence de possibilité de s’enfuir, l’impression d’enfermement(…) La grande cime d’un figuier (…) permettant de recouvrir la scène de bandes d’un noir profond et de taches rouges (…) Et l’on voit briller sur le mur ainsi que sur le sol de larges taches de sang ».

Comme je l'écrivais plus haut, on retrouve les principaux éléments de la légende des Atrides dans les poèmes homériques, puis chez les trois grands auteurs tragiques que sont Eschyle, Sophocle et Euripide. Hofmannsthal a privilégié la perspective retenue par Sophocle qui construit son drame autour d’une Electre animée par un inflexible désir de vengeance contrastant avec le droit à l’oubli que revendique sa sœur Chrysothémis. Comme l’Electre de Sophocle, celle de Hofmannsthal vit uniquement dans l’attente du retour de son frère Oreste, le seul  qui puisse accomplir son implacable volonté : venger le meurtre de son père Agamemnon en tuant ses meurtriers. Richard Strauss avait quant à lui une idée très précise du personnage d’Oreste auquel Hofmannsthal dut apporter quelques modifications à la demande expresse du musicien. Pour donner plus d’intensité au moment crucial où la sœur reconnaît son frère dont on vient faussement d’annoncer la mort, Strauss demande à son librettiste d’ajouter «quelques beaux vers». Cette scène de la reconnaissance entre les deux enfants de Clytemnestre et d’Agamemnon constitue un des sommets de l’ouvrage. Elle «touche au sublime du cœur» ainsi que l’écrivait Romain Rolland. Mais si Oreste apparaît comme la main du destin, sa présence n’égale pas celle des trois femmes dont la confrontation détermine le déroulement implacable du drame. Electre, Clytemnestre, sa mère meurtrière, et Chrysothémis, sa sœur trop humaine, dominent véritablement l’opéra.

Une histoire de femmes

L’opéra de Strauss comporte trois grands rôles féminins . Trois femmes unies par les liens du sang s’affrontent dans un grand déchaînement de violence sans pouvoir se comprendre. La mère et les deux filles sont à jamais séparées par le sang de l’époux assassiné, qui reste pour Electre un père dont l’absence est irremplaçable, tandis qu’il n’est pour Chrysotémis qu’un cruel souvenir à oublier pour tenter de vivre.

Rendue inflexible jusqu’à la sauvagerie par son obsessionnelle soif de vengeance, le personnage d’Electre semble d’ailleurs s’apparenter à l’un des cas cliniques décrits par Sigmund Freud et son collègue Josef Breuer dans les Etudes sur l’Hystérie qu’ils publièrent à Vienne en 1895. C’est en tout cas un des rôles les plus écrasants de tout le répertoire lyrique.  Electre fait sa première apparition sur scène d’une façon tout à fait saisissante dans un premier monologue. Elle sort de sa tanière comme chaque jour à son heure, « l’heure où elle pleure son père si fort que de ses hurlements tous les murs retentissent ». Sur un rythme de marche funèbre, la fille évoque le supplice du père dont elle invoque plusieurs fois le nom dans un appel déchirant qui scande son chant. A la fin de son monologue comme au début, retentira encore comme un cri le nom d’Agamemnon. Electre est aussi cette fille aimante qui implore son père avec la faiblesse de la tendresse : « Agamemnon !  Père! Je veux te voir, ne me laisse pas seule aujourd’hui ! Telle une ombre, montre-toi à ta fille là-bas, dans le recoin du mur, comme hier ! ». A cette douceur succède bientôt la violence des imprécations et la joie sauvage à l’idée de la vengeance qui va s’accomplir : « Ton fils Oreste et tes deux filles, nous trois quand tout sera accompli (…) Nous, qui sommes ton sang, nous danserons autour de ta tombe ». A la fin de l’opéra Electre sera emportée dans une transe sauvage, avant de s’écrouler, morte.

A côté d’Electre se tient sa sœur Chrysothémis. Elle ne partage pas la haine de sa sœur, mais craint les conséquences que son intransigeance pourrait avoir. Chrysothémis exprime des sentiments très différents : humaine, attirée par un bonheur maternel simple, elle représente la lumière et la volonté d’apaisement face à l’hystérie d’Electre. Le troisième personnage féminin de l’ouvrage est Clytemnestre, l’effrayante meurtrière hantée par le sentiment de sa culpabilité. Sa première et unique apparition constitue la scène la plus éprouvante de l’ouvrage. Le « visage blême et bouffi », Clytemnestre « littéralement couverte de pierres précieuses et de talismans », les « bras chargés d’anneaux, ses doigts couverts de bagues »,  s’avance à la tête d’un cortège sacrificiel cauchemardesque. La reine en proie aux rêves les plus terrifiants se lance dans un monologue halluciné et glaçant. Véritable décryptage psychanalytique du personnage, ce récit où se mêlent souffrances et obsessions est porté par un orchestre qui épouse tous les méandres d’une âme tourmentée. Tour à tour hautaine, inutilement maternelle ou effrayée, puis déchirée entre la terreur et la colère, Clytemnestre quitte la scène « gavée jusqu’au cou d’une joie sauvage » en se réjouissant trop vite de l’annonce de la mort d’Oreste.

Contemporaine des premières œuvres atonales d’Arnold Schöenberg , Elektra est une des partitions les plus représentatives du début du XXème siècle. On peut rapprocher le langage musical volontairement excessif de Strauss de la sauvagerie du Sacre du Printemps de Stravinsky ou de la musique convulsive d’Erwartung composé par Schöenberg . On peut voir dans l’extraordinaire tension de ces différentes œuvres la marque d’une époque qui allait sombrer dans la sauvagerie et le chaos de la guerre. Quoiqu’il en soit, la perception d’Elektra ne doit pas être faussée par la violence du sujet et du langage musical qu’il appelle. L’écriture vocale parfois proche du cri, l’abus des dissonances et l’audace des harmonies ont pu conduire Gustav Mahler à dire qu’«il ne pouvait plus suivre» Strauss dans une telle évolution. Mais le compositeur ne semble pas chercher systématiquement à «déconstruire» pour construire un langage musical moderne. Il cherche à repousser les limites de la musique pour trouver l’expression la plus adaptée aux émotions extrêmes dont son époque a voulu s’emparer.



En juillet 2013, trois mois avant sa mort, Patrice Chéreau faisait son grand retour au Festival d'Aix-en-Provence dans la mise en scène d'Elektra". C'était six ans après «de la maison des morts» de Janacek

Cette fois, il s'agit de la maison d'un mort. Celle d'Agamemnon

Dès le prologue, silencieux, on sent que Chéreau tient sa tragédie. Les balais des servantes sur les escaliers de pierre, l'eau dispersée sur le sol afin d’empêcher la poussière de voler, sont autant de rituels antiques. La musique entre en coup de vent avec l'ouverture d'une porte. Electre, en haillons, est reléguée dans la cour avec les domestiques, en proie à des visions de mort. Patrice Chéreau lui a donné un côté clocharde céleste. La soprano allemande Evelyn Herlitzius est d'une lumière et d'une grâce confondante. Cette bête fauve et rampante, raillée par les uns, crainte par les autres, ne se dresse plus que dans la douleur de l'imprécation, dans une quête désespérée de l'autre. Luttes et enlacements procèdent de ce combat : qu'Electre embrasse les genoux de sa mère qu'elle veut pourtant détruire qu'elle lutte avec sa sœur Chrysothémis pour la convaincre de tuer avec elle, ou qu'elle enlace amoureusement Oreste reconnu sous les traits du jeune étranger venu annoncer , par ruse, sa propre mort.

Le décor est d'une pureté classique. Une cour bordée de hauts murs lissés avec au fond ce qui ressemble à un grand mihrab, des portes basses, un portail en fer plein . Dans cet espace unique, chaque détail de la mise en scène prend un relief chorégraphique : chœur des servantes, travaillé de manière picturale sur la musique, lumières raffinées , la ronde des regards jamais arrêtée. Patrice Chéreau a donné à la danse, la marque d'Electre, des gestes sinueux, rageurs ou dégingandés jusqu'à la transe. Une fois le destin accompli, Electre restera coite, comme arrêtée.

Corps et voix hallucinés, l'impressionnante Evelyn Herlitzius tient le plateau sous sa coupe de sa voix singulière aux aigus vibrionnant, aux teintes fuligineuses. Loin du monstre d'impudeur si souvent campé, la Clytemnestre de Waltraud Meier est d'une beauté touchante et profondément humaine. Le récit de ses mauvais rêves a gardé quelque chose du songe. La voix est toujours d'un chaud galbe altier. Adrianne Pieczonka, est une Chrysothémis de rêve au timbre charnu, à l'émission pleine, la ligne belle et soutenue. Celle qui veut vivre, se marier, avoir des enfants a quitté l'habituelle petite-bourgeoise conformiste pour une femme de chair, de sang et de tempérament.







Chéreau apporte le mouvement, la vérité des êtres sur le plateau. Il focalise son énergie sur la direction d'acteurs, transfigurant systématiquement la plupart des chanteurs qui auront croisé sa route.

Elektra, chant du cygne qui nous occupe aujourd'hui est la preuve ultime de la démarche de celui qui fut écartelé entre le Théâtre, d'où il venait, et le Cinéma, où il voulait aller. L'Opéra n'aurait-il été pour lui qu'un entre-deux ? C'est à voir…

Artiste aux expressions multiples, humble artisan pétri par le doute, Patrice Chéreau cherche inlassablement ce qu'un personnage de 3.000 ans d'âge peut nous transmettre. Il ne se contente pas de l'autosatisfaction commode dont il se méfie. Il nous laisse aux prises avec l'imaginaire qu'il nous lègue. Ses films, étaient toujours passionnants, rarement aboutis, et l'ultime, Persécution, carrément gênant. D'où l'idée, au bout du compte et à son cœur défendant, que l'Opéra lui aura permis les plus grands accomplissements.






Comme on est loin, avec cette Electre du monstre assoiffé de sang que l'on nous avait vendu et que l'on aurait jamais souhaité croiser au coin d'un bois ! Alors qu'ici, on découvre que l'on a tant à échanger avec elle.











Lire la suite...

Reflexion

tout être vivant s'inscrit dans le monde comme être d'action, de proposition, d'anticipation - on oserait dire d'invention ( Alain Cugno )

le dernier mot m'interpelle !

oui écrire est une forme de renaissance , puiser dans le vivier des mots pour libérer sa pensée créatrice..... Rien de plus délectable.

Lire la suite...
 

Qui ne souffle mot sur ces branches ?

 

Je ne sais si, par la fenêtre,

 

le regard porté sur ces arbres les fera,

 

tout comme hier, toucher les étoiles.

 

Vois-tu, maintenant, le cœur chante sa complainte,

 

rempli d’illusions et d’espérances.

 

Nous serons invisibles.

 

Et l’écharpe d’une bourrasque apportera

 

les premiers flocons de l’hiver.

 

L’image est flottante, perchée en l’air

 

et éblouit bientôt nos yeux.

 

Sur un chemin, l’herbe et les jonquilles sauvages.

 

La fraîcheur d’un soir.

 

Julien Boulier le 28 février 2018

 
poème déposé Sacem code oeuvre 3435296411

Lire la suite...
administrateur théâtres

1._le_domino_noir_officielles_logo_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-25.jpg« O douce soirée! Moment enchanteur!  Mon âme enivrée renaît au bonheur! » Chaque année, une jeune et riche  aristocratique nommée Angèle quitte le couvent pour se rendre à un bal masqué sous le  couvert d’un «Domino noir». Horace  est tombé amoureux d'elle, l’an dernier au bal de Noël donné par la Reine sa cousine,  et  il la retrouve aujourd’hui. Angèle porte bien son nom…  « Qui je suis? Une fée, un bon ange qui partout suit vos pas, dont l'amitié jamais ne change, que l'on trahit sans qu'il se venge,  et qui n'attend pas même, hélas un amour qu'on ne lui doit pas! » Tout l’art sera de faire tomber un à un les masques afin que les deux amants  soient capables de s'unir. 

2._le_domino_noir_officielles_logo_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-26.jpg

 Daniel-François-Esprit Auber a écrit de la musique sur un livret de Scribe qui est léger et brillant, Berlioz le décrivant comme "vivant et amusant, une de ses plus belles partitions". Avec Anne-Catherine Gillet et Cyrille Dubois dans les rôles principaux, nous avons été enchantés. Mais le reste de la production n’est pas moins scintillant. Un brillant François Rougier dans le rôle de Juliano, le compagnon d’Horace et Brigitte la suivante d’Angèle forment un  duo  jubilatoire mi-paon, mi-mimosa comme en témoignent leurs incroyables parures. Antoinette Dennefeld,  tellement primesautière dans son air  "Au réfectoire, à la prière" à l’acte III.

14._le_domino_noir_officielles_logo_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-28.jpg 

 Beaucoup moins poétique et un peu lourdeau, ce faux accent anglais de Lord Elfort qui, gonflé de jalouse possession a laissé sa femme à l’hôtel et vient faire des ronds de jambe au bal masqué, déguisé en  prétentieuse pintade/hérisson, grossissant ses plumes après chaque réplique ou couplet, en vertu de la ponctuation. Mais il faut bien que l’on se moque… Beau masque!  

3._le_domino_noir_officielles_logo_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-3.jpg

Dans un jeu d’aiguilles fantastiques,  le temps s’emmêle et Angèle,   ayant perdu son amie et fuyant le bal comme Cendrillon,   se retrouve à jouer le rôle de servante Aragonaise auprès de la plantureuse Jacinthe, une ultra généreuse Marie Lenormand,  gouvernante  de  Juliano le vieux garçon…  Un morceau de choix, où courtisée par quarante gaillards, et contrefaisant un accent du terroir,  elle leur tient la dragée… haute!  Horace qui est arrivé, la reconnait… Quelle imposture et quel supplice! Se pourrait-il qu’elle ait la cuisse légère? Pour récupérer les clefs du couvent elle se présente en noir fantôme à  Gil Perès (un  drolatique Laurent Kubla), l’amoureux de Jacinthe et concierge du couvent,  qu’elle terrorise… Encore une métamorphose  réjouissante! Pire encore, la voilà  devenue Abbesse surmontée d’une tiare en forme de tout Eiffel… à qui le jeune Horace confie ses peines de cœur, cette fois sans la reconnaître!  Mais il suffira d’un coup d’ordonnance royale pour réordonner cette ludique et malicieuse  Midsummer night’s dream à la française. Coup de chapeau à dame Ursule sous la voix bien timbrée de Sylvia Bergé.

9._le_domino_noir_officielles_logo_c_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-9.jpg   

 

Les décors, les costumes façon Boris Vian, et les mélanges techno / opéra de nos grands-parents ont de quoi faire rire et  combler nos attentes d’univers féerique en Absurdie.  Ce  beau morceau de dépaysement lyrique et visuel est mis en scène par  les metteurs en scène Valérie Lesort et Christian Hecq, l’homme de Nivelles qui habite à Paris et  dont c’est la première mise en scène lyrique. Il est Sociétaire de la Comédie Française.  Ensemble, ils déploient  une belle verve dans la construction et un esprit de gaieté éblouissant!  

 

 

Ainsi le théâtre caracole  joyeusement , les comédiens-chanteurs sont engagés, la musique  joue gaiement les quadrilles sous la baguette enjouée de  Patrick Davin  tandis que les portes  mystérieuses du Bal et du couvent, s’ouvrent et se referment gracieusement et qu’un chapelet ininterrompu  de voix  charmeuses et cabotines, de timbres ravissants naviguent  avec aisance  sur une partition  que l’on croyait oubliée. Qui donc  pourrait prétendre que l’on n’entend que de la musique italienne à L’Opéra de Liège? 

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/stefano-mazzonis-di-pralafera-une-figure-remarquable-directeur-de

Une presse unanime! 

https://www.forumopera.com/le-domino-noir-liege-0-de-matiere-grasse-100-de-plaisir

  

http://toutelaculture.com/spectacles/opera/domino-noir-opera-romantico-vaudevillesque-servi-belle-legion-de-chanteurs-comediens/

 

http://www.crescendo-magazine.be/retour-brillant-dun-chef-doeuvre-parfait/

 

https://www.olyrix.com/articles/production/1811/domino-noir-daniel-francois-esprit-auber-opera-royal-liege-wallonie-avis-critique-chronique-article-compte-rendu-patrick-davin-valerie-lesort-christian-hecq-anne-catherine-gillet-cyrille-dubois-antoinette-dennefeld-francois-rougier-marie-lenormand-laurent

http://www.lalibre.be/culture/scenes/opera-un-domino-drolatique-poetique-et-magique-5a91479bcd70f0681dd6bd72#.WpNE5KTI3ls.facebook

Lire la suite...
ADMINISTRATEUR GENERAL

Mes événements à venir … à vos agendas…

Mes événements à venir … à vos agendas…

 

La galerie a le plaisir de vous inviter le

 

27 février de 18h 30 à 21h 30 pour sa 8e rencontre littéraire,

28 février de 18h 30 à 21h 30 pour son vernissage d’exposition,

 

17 et 18 mars de 11h 30 à 18h 30 pour son finissage d’exposition,

21 mars de 18h 30 à 21h 30 pour son vernissage d’exposition,

27 mars de 18h 30 à 21h 30 pour sa 9e rencontre littéraire,

 

21 avril de 11h 30 à 18h 30 pour son finissage d’exposition,

 

03 mai de 18h 30 à 22h 00 pour son vernissage de la nouvelle galerie,

26 mai de 18h 30 à 22h 00 pour la 6e fête de remise des recueils 2017,

29 mai de 18h 30 à 21h 30 pour sa 10e rencontre littéraire,

 

02 et 03 juin de 11h 30 à 18h 30 pour son finissage d’exposition,

07 juin de 18h 30 à 21h 30 pour son vernissage d’exposition,

26 juin de 18h 30 à 21h 30 pour sa 11e rencontre littéraires,

30 juin de 11h 30 à 18h 30 pour son finissage d’exposition,

 

Juillet et août vacances annuelles

 

Au plaisir de vous voir nombreux

Bien à vous,

Jerry Delfosse

Galeriste

Créateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery

& Les Éditions d’Art EAG

GSM: 00.32.497. 577.120

eag.gallery@gmail.com

 http://www.espaceartgallery.eu/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu/

Lire la suite...

Edgar Degas, classique ou moderne ?

Il y a un peu plus de cent ans, le 27 septembre 1917, mourait le peintre Edgar Degas Si l’on retient volontiers de lui qu’il était “le peintre des danseuses”, sa carrière a en réalité été bien plus vaste, de la peinture à la sculpture, en passant par le dessin et la photographie.

C'est en visitant la fondation de l’Hermitage à Lausanne que j'ai eu l'idée d'une série de créations en hommage à Degas. En effet s'y tenait une exposition consacré au pastel qui est un médium fascinant à la croisée du dessin et de la peinture. Cette exposition rassemblait 150 chefs-d’œuvre de collections suisses publiques et privées. Offrant une véritable histoire de cette technique originale, la présentation traversait près de cinq siècles de création, des maîtres de la Renaissance aux artistes contemporains. De Degas, on pouvait y admirer entre autres les Danseuses au repos.

Cent ans après sa mort, l’artiste résiste à toutes les tentatives de classification de son œuvre.

Edgar Degas est l’homme des paradoxes; peintre par excellence de la vie contemporaine, des cafés et des salles de spectacle, il est passionné par la culture classique et la peinture ancienne qu’il collectionne avec talent. Lui qui incarne parfaitement la double modernité prônée par Baudelaire, celle du sujet et celle des moyens plastiques, est en même temps celui qui dessine patiemment en atelier des scènes que l’on dirait surprises par un appareil photographique. Mieux encore, l’artiste que le poète Paul Valéry évoquait dans son ouvrage Degas, danse, dessin affirme qu’il faut regarder la tradition pour mieux être moderne! Il fut toutefois l’un de ceux qui renouvelèrent le plus profondément la thématique de la peinture.



Il fréquente les cafés, où il fait la connaissance d’artistes comme Manet, figure emblématique de la modernité, Manet, qui joue un rôle d’initiateur, le pousse à se détourner de la peinture d’histoire aux références mythologiques ou religieuses pour se consacrer aux scènes de la vie contemporaine.

Ces années marquèrent l’explosion de l’impressionnisme. Degas participa à la première exposition du groupe en 1874 bien que fort éloigné de la poétique de ses amis en particulier leur goût pour la nature.

«L’ennui me gagne à contempler la nature. À vous, il faut la vie naturelle, et moi la vie factice», écrit le peintre, qui préfère les lieux clos des spectacles et des plaisirs, soumis aux éclairages artificiels. Ses rares scènes d’extérieur s’intéressent plus au mouvement rapide des chevaux qu'il capte en une lecture nouvelle et en traits rapides comme dans «à l'hippodrome»

Il se consacra exclusivement aux scènes d’intérieur rendues avec des cadrages de plus en plus novateurs (Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans, 1873); le monde du théâtre, les chanteurs, les musiciens et les ballerines constituent des thèmes récurrents de sa peinture. Les danseuses sont saisies en pleine répétition étudiées comme purs effets de mouvement, devenant plus tard essence de couleur vive. Degas représente également des repasseuses (Deux Repasseuses, 1884), des modistes et tous les types de figures féminines. De ses études réalisées au pastel émane une poésie embuée : les plans colorés y sont de plus en plus saturés jusqu’à la fin de sa vie. Très graphique dans les années 1860, le style de Degas se distingue tout au long de sa carrière par une grande sûreté de mise en page et par des compositions aux espaces coupés ou décentrés de plus en plus originaux qui le situent dans la grande tradition classique.



En dépit de son appartenance au groupe du Café Guerbois, Degas demeura toujours un artiste figuratif. Condamnant néanmoins les sujets académiques, il s’intéressa de façon privilégiée aux loisirs de la haute bourgeoisie, notamment l’opéra et les courses de chevaux. Degas cependant rejoignant en cela l’approche du courant réaliste, était loin de rester indifférent aux problèmes sociaux. Le travail de ses repasseuses, baignant dans une atmosphère embuée et malsaine, est comme l’antithèse des scènes de fêtes de Renoir.



La modernité des peintres impressionnistes est évidente. Stimulés par la comparaison avec la photographie, ils essaient de trouver une solution alternative aux méthodes traditionnelles de représentation de la figure humaine au cours des siècles.

Edgar Degas se passionne pour la photographie, qui l’aide dans ses efforts pour «résumer la vie dans ses gestes essentiels». Le peintre n’hésite pas à désaxer le point de vue central, à fractionner le champ visuel, à laisser d’importants espaces vides, à montrer les sols, à tasser les formes, comme dans sa série de nus de femmes, un ensemble de pastels présentés en 1886 à la dernière exposition impressionniste, dont le plus emblématique –LeTub– montre une femme accroupie dans une bassine. Les figures nues occupent une place importante dans l’œuvre de Degas et reflètent son évolution stylistique, de ses premiers dessins de «nu idéalisé» aux représentations du corps beaucoup plus incarné et sexuel réalisés à la fin de sa vie. Inspiré par les décompositions photographiques du mouvement d’Eadweard Muybridge, le peintre va donner une vie au corps comme jamais cela n’a été fait auparavant. Son observation minutieuse du mouvement à travers la danse le distingue également des impressionnistes. Degas privilégie la vie quotidienne des danseuses, qu’elles soient sur scène, en coulisse lorsqu’elles se déshabillent ou pendant leurs répétitions. Il peint leur fatigue après l’effort, leur souffrance physique, et s’emploie à reproduire fidèlement leurs gestes. Avec L’Orchestre de l’Opéra , il signe une composition audacieuse grâce à une superposition de plans : au premier plan, la fosse des musiciens, au second, la scène avec des danseuses sans tête formant un tourbillon de jambes et de tutus.

Une grande partie des peintres impressionnistes consacre également ses toiles aux scènes de la vie moderne, avec un naturel et un réalisme immédiat. Ils reprennent dans ses œuvres les « scènes de genre », très répandues dans la peinture ancienne, même si on les considérait alors comme des œuvres mineures, presque à la limite entre l’art et l’artisanat, peu appréciées, parce qu’on les estimait d’un niveau culturel très bas et destinées à un public peu cultivé et raffiné. Dans les compositions de Degas, le geste le plus banal prend une particulière douceur poétique et une intimité familière d’une extraordinaire spontanéité. Nous sommes très loin des grandioses évocations historiques qui triomphent sur les murs des Salons.



Habitué assidu à l’Opéra, Degas nous fait respirer l’atmosphère toujours frénétique et chargé d’émotion qui précède la «première». À partir de 1871, les danseuses vont devenir les seuls personnages des tableaux de Degas pendant qu’elles s’entraînent dans la salle de répétition ou derrière les coulisses, tandis qu’elles se préparent pour son entrée en scène. Il nous transmet avec réalisme et naturel les gestes des jeunes filles, même les moins gracieux et les moins féminins, pour nous faire comprendre qu’elles sont comme toutes les autres jeunes filles et que la grâce et l’élégance que le public admire sont le fruit de longs et fastidieux entraînements. Degas est fasciné par le point de rencontre subtil du mouvement et de l’équilibre d’une danseuse sur les pointes. Il accentue leurs gestes et les souligne par des touches rapides. Sa façon de distribuer les couleurs du fond semble aussi créer une sorte de tourbillon autour d’elles, comme si notre perception visuelle était conditionnée par le tournoiement rapide de leurs bras et de leurs jambes, au point d’avoir l’impression que toute la salle se déplace.

Au fil des ans, Degas tend à abandonner les ambiances raffinées et élégantes et porte son attention sur le monde des humbles. Après le voyage à la Nouvelle-Orléans (1873) il commence à s’inspirer de la vie quotidienne et austère des lavandières, femmes de chambre et couturières dans des appartements modestes. L’exposition de 1874 qui se tient dans l’atelier de Nadar, marque l’apogée du mouvement impressionniste mais aussi la fin d’une saison de grande créativité pour certains maîtres. Après cette date, une nouvelle époque s’ouvre pour Degas. Dans le tableaux «L’absinthe», la désolation du café reflète l’absence de perspectives humaines pour la jeune femme désemparée, perdue dans une solitude et un néant qui semblent se répandre autour d’elle. il peint la solitude d’une femme devant un verre d’absinthe, prise dans l’étau de l’alcool. Le réalisme de la scène se trouve renforcé par un cadrage décentré qui donne l’impression au spectateur d’être assis, en face, à une table voisine. Après avoir écrit son roman L’Assommoir, Émile Zola avouera au peintre: «J’ai tout bonnement décrit, en plus d’un endroit dans mes pages, quelques-uns de vos tableaux.»Dans son étude du corps humain, il découvre la gestuelle des repasseuses, des femmes qui se coiffent, qui se lavent dans un tub. La touche de Degas devient rapide, presque sténographique, car sa vue commence à décliner. Enfin, quasiment aveugle, il se consacre définitivement à la sculpture sur argile et en bronze.

Degas est aussi sculpteur, avec plus de cent cinquante œuvres en cire ou en terre. Partagé entre féerie des costumes et situation sociale misérable des danseuses, l’artiste, guidé par sa recherche de l’essentiel, réalise des sculptures parfois incomprises du public. Ainsi, quand il présente au Salon des impressionnistes de 1881 la célèbre Petite danseuse de 14ans, dite aussi Grande danseuse habillée, les critiques s’offusquent devant cette œuvre au réalisme cru.



Quelques années avant sa mort, Degas est atteint, comme Monet, du plus grand malheur des peintres: la cécité. Le 25 septembre 1917, le poète Paul Valéry, apprenant le décès de son ami, déclare: «Le travail, peu à peu, lui devint impossible, et sa raison de vivre s’évanouit avant sa vie.» Edgar Degas laisse plus de deux mille tableaux. Bien qu’il s’en soit toujours défendu, l’artiste est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands créateurs de l’impressionnisme. Ses recherches sur la lumière et le mouvement, son rejet de la peinture d’histoire, ses cadrages novateurs inscrivent son œuvre dans la modernité. S’il n’a pas eu d’élève, Degas a fortement influencé les artistes de l’avant-garde, de Gauguin à Matisse et à Picasso, des Nabis aux expressionnistes allemands.

Je terminerai en citant ces mots qu’il adressait au marchand Ambroise Vollard : "J'ai passé toute ma vie à essayer".

Lire la suite...

Ce jour auréolé

À Jacques, Danièle et Michèle

 

Aujourd'hui mes pensées vont celle

Que jeune, j'appelais Marçou

Ô combien, il nous serait doux

D'être réunis auprès d'elle!

 

Nous ne pourrons pas la fêter,

Chanter joyeux anniversaire,

À sa santé, lever nos verres,

Ma grande soeur nous a quittés.

 

Elle était gaie, infatigable.

Relevait de constants défis.

Se chargeait de nombreux soucis.

Son dévouement fut remarquable.

 

Or par ses enfants cajolée,

Elle vieillit dans l'allégresse.

Ce jour doit être sans tristesse.

Il me paraît auréolé.

 

28 février 2018

Lire la suite...

En attendant

 

de revoir ce ruisseau,

 

de passer le gué

 

par le pas du japonais.

 

Quelques mots

 

flottent au vent.

 

Les idées, à l’improviste,

 

courent se cacher dans les arbres

 

puis sortent de leur chrysalide.

 

Musique et espace.

 

Gravité et apesanteur.

 

Les racines vers le sol

 

Et les branches vers le ciel.

 

Julien Boulier    le 27 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre  3435251811 

Lire la suite...

Il y a ceux dépourvus du vouloir




Sales, obscurs dans le noir, ce sont nos enfants.

Ils dorment à même le trottoir à tout vents,
Sous des cartons, leur maison, imaginons-nous
Devenus ce qu’ils sont, ce qu’ils pensent de nous…

Ces hommes bouffis de froid, même des femmes,
Honte suprême, des femmes dehors sans lit !
Et pour taire l’impatience de ce drame
Une boisson chaude au regard qui sourit !

Ils n’ont pas voulu ceux-là, c’est leur punition,
Pas voulu apprendre, se plier, marcher droit,
Faire comme les autres, aller au cinéma,
Mais défier le monde et soûler leur condition.

Ils n’ont pas voulu et toujours sans le vouloir,
Peu leur importe si, sales, obscurs dans le noir
Seront trouvés leurs cous raidis indifférents,
A l’aube quand poindra la rosée du printemps.

Lire la suite...
administrateur théâtres

Il a remporté le concours Reine Elisabeth en 2013,  il est maintenant en résidence à Flagey et ses liens avec la Belgique sont privilégiés. Il  jouera ce soir  son fameux 3e concerto pour piano de Prokofiev.  Cela se passe  à l’occasion  des  Piano Days à Flagey,  un rendez-vous de l’avant printemps qui devient maintenant une tradition de 5 jours de festival  où se succèdent grands pianistes de musique classique  et de jazz mais également de jeunes virtuoses…  Par élection,  nous avions épinglé le concert du samedi soir, sachant qu’il y participait,  avec au programme :

  • Guillaume Connesson — Kadath & Le soleil couchant (2017)
  •  Igor Stravinsky — L’Oiseau de feu (suite) (version 1919)
  •  Sergei Prokofiev — Piano Concerto no. 3 in C, op. 26

Nous ne serons nullement déçus par  l’exécution brillante, dense et corsée  de l’opus de Guillaume Connesson sous la baguette follement imaginative de Stéphane Denève qui embarque les spectateurs dans un univers  méphistophélique cuivré où se côtoient des plaintess d’âmes en détresse, un cité d’or perdue dans un désert  où pleuvent des cascades de sons en forme de glaçons ou de sable, un éparpillement de voix confuses et des bourdonnements de vie domestique paisible,   avalés par la fièvre subite  d’assauts guerriers sur un rythme de sacre du Néant. Les mesures finales éblouissent dans de sombres ricanements.  Voilà une puissante et fantastique  introduction au conte de L’oiseau de feu créé  par Stravinsky.

 Quelques mots sur l’histoire d’Ivan Tsarévitch  qui aperçoit un jour un oiseau  fantastique fait d’or et de flammes. Il le  poursuit et il réussit  à lui arracher une de ses plumes scintillantes. Sa poursuite l’a mené jusque dans les domaines de Kachtcheï l’Immortel,  une  redoutable  puissance qui s’empare de maints preux chevaliers pour les changer en pierre. Les filles de Kachtcheï et les treize princesses captives, intercèdent et s’efforcent de sauver  le jeune homme. Par chance, l’Oiseau de feu survient et dissipe les  sortilèges. Le château de Kachtcheï disparaît laissant les jeunes filles, les princesses, Ivan Tsarévitch et les chevaliers délivrés …s’emparer des précieuses pommes d’or du jardin. La version 1919  de Stravinsky débute par des murmures fantomatiques, des enlacements tendres et un festin de gloussements et de pépiements d’où émegent et fusent violons et flûte.  Un climat de torpeur solaire s’installe avec  la langueur des cordes  et la harpe rêveuse encadrée par les flûtes.  Stéphane Denève, tout comme dans l’exécution précédente,  ordonne  des frappes fantastiques, une parade de fracassements bercés par le battement élégant des violoncelles. L’expressivité aérienne du chef d’orchestre se transforme en pulsations et en vibrations intenses. Les sons claquent, la terre tremble. Ce qui semble être une apothéose spectaculaire se métamorphose en un filet de sonorités humbles, en courbes souriantes apaisées, illuminées d’or. La forme des plumes magiques?   Le tempo est lent et majestueux, indolent presque imperceptible et se fond dans le chatoiement de la harpe.  Ainsi se clôt la berceuse avant le final rutilant gorgé de vitalité et de couleurs. Le chef d’orchestre est flamboyant.

Et enfin, rencontre avec le musicien de nos rêves, un façonneur de beauté  un architecte virtuose de la musicalité: Boris Giltburg que l’on écoute avec le Brussels Philaharmonic en  troisième partie  de programme, une apothéose. Boris  Giltburg entre dans le jeu du concerto de Prokofiev, bondissant. Il roule des pointillés précis, tresse des notes incandescentes. Evoque des accès de tendresse et de rêve, enlace  des torrents de cheveux d’anges puis se pet è construire de façon trépidante. Il a un tempérament de feu il catalyse des coulées de lave brûlante des éclaboussures sismiques des jaillissements de Stromboli en délire. L’orchestre propose un chant séculaire aux accents paisibles. Boris reprend au clavier, façon séraphique. La promenade se transforme en course d’obstacles  franchis avec grâce, pour déployer un jeu de douceur  et de rêverie lisse et lumineuse.  A travers l’errance,  des paysages s’évanouissent et  la saveur de l’éphémère infuse.  Encore une  reprise de l’aventure paroxystique et un ralentissement subit et le reste est silence…   Les spectateurs sont suspendus au temps.

 

 La  souplesse brillante de l’orchestre entoure les gouttes de bonheurs simples au clavier, leur humilité, leur délicatesse et  l’écoute de L’Univers.  Lorsque le pianiste reprend le thème ou le joue à l’unisson, c’est une véritable amplification poétique qui naît sous les doigts du magicien. Le clavier est devenu une divine monture,  nimbée de voiles transparents et lumineux.  L’aventure musicale, menée dans un train d’enfer à travers la poussière d’étoiles, est fougueuse, maîtrisée  et impeccablement souveraine. Et le jeune virtuose reste,  malgré les applaudissements et l’adoration du public, modeste et heureux de donner encore : deux bis où l’orchestre  entier écoute et savoure,  les yeux fermés deux interprétations à grande intensité émotive : deux  Études-Tableaux  de  Rachmaninov op. 39 - no. 8  en ré mineur et  no. 6 en la mineur. 

Lire la suite...
administrateur théâtres

Couleurs du temps

Point ne suis 

Monsieur, Madame et la boîte de petits pois,

Point ne suis

Avalanche de jeux cinématographiques

Point ne suis

Les chemins balisés

Point ne suis 

Les tristesses amoncelées

Point ne suis

Les errances des âmes dupées

Point ne suis

Le mensonge des hypocrisies

Point ne suis 

La princesse au petit pois

Point ne suis 

Les jeunes années

Point ne suis 

Les douces vallées

Point ne suis 

Les hautes futaies

Point ne suis 

La mathématique infinie 

De lois physiques envahie

Digitale je suis

Boutant la plume enflammée

Aux impostures

Corsant le mot vibrant

De passion et de cœur

Dansant le silence

Pensant  les nuages

Rêvant les mirages

Dormant les rêves...

Friande de couleurs,

Mâchant les pigments

A en mourir

Respirant en suivant 

Les parfums de la vie,

Soufflant les graines 

Légères comme le vent. 

DH ELLE

12273274881?profile=original

Lire la suite...

Ressourcement

Pantoum

Le ciel, d'un blanc bleuté, s'étend à l'infini.
La lumière suave émeut telle une grâce.
Ce jour sera heureux. Ma rue est un espace
Silencieux, sans faste, empli de poésie.

La lumière suave émeut, telle une grâce.
Maisonnettes et arbres existent en harmonie.
Silencieux, sans faste, empli de poésie,
Ce jour sera heureux. Mon âme s'y prélasse.

Maisonnettes et arbres existent en harmonie.
Des rayons lumineux font scintiller la glace.
Ce jour sera heureux, mon âme s'y prélasse.
L'air apporte l'écho d'une ample symphonie.

Des rayons lumineux font scintiller la glace.
Les arbres et leurs ombres parfois sont désunis.
L'air apporte l'écho d'une ample symphonie.
Mon amour de la vie, ardent, refait surface.

26 février 2018

Lire la suite...

En toi, le bateau a franchi l’espace. Il s’est ensuite amarré

                     

à son arrivée aux lointains horizons de ton passé.

 

De jours en jours, en te penchant sur ces images resurgies,

 

tu as senti que tes yeux revoyaient à travers le temps.

 

Comme lorsque les mots traversent le livre et font revivre

 

les voyages de leurs auteurs, imaginaires ou réels.

 

Les rivières apparaissent, on les touche du bout des doigts.

 

Le soleil se lève et éclaire le paragraphe qui l’a fait apparaître.

 

Les films de vies antérieures te sont dévoilés au détour de ces pages.

 

Au gré des chemins, feuilletant de livres en livres,

 

films de mots, mots qui glissent sous le crayon.

 

Des lignes et des phrases. De longs cheveux dansant autour de silhouettes

 

qui reprennent vie à chaque nouvelle lecture.

 

Julien Boulier   le 26 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre  3435185711

Lire la suite...
administrateur théâtres

Tout est dans les regards...

L’image contient peut-être : plein air et eauDH ELLE

Malgré la glace, l'eau vive, 

Malgré le silence, la musique, 

Malgré la graine déséchée, la plantule,

Malgré la rose jalouse, les blés, 

Malgré le désert, les merveilleux nuages, 

Malgré le cri, la mouette, la rébellion et la liberté. 

 

En dépit de l'espoir, la foi dans le regard, 

Les fleurs dans le vase sur la toile,

La présence contre l'absence.

Le mensonge de l'art comme  breuvage,

La vérité dans le fruit inondé de lumière, 

Et cet oiseau qui jamais ne se laisse prendre

Et  ces couleurs si tristes  qui se dissipent... 

DH Elle

Lire la suite...
administrateur théâtres

Fra_Juan_S%C3%A1nchez_Cot%C3%A1n_001.jpg

Certes la spécificité du  Bodegón espagnol naît de la diversité : sans l’influence d’artistes de nos régions, comme Joachim Beuckelaer (ca. 1535–1575) et Jan Brueghel, et d’artistes italiens tels que Margherita Caffi ou Giuseppe Recco, la nature morte espagnole n’aurait tout simplement pas existé. On situe la  naissance du genre en Espagne vers 1590–1600 dans le contexte tolédan, au moment où des artistes comme Caravage ou Bruegel l’Ancien faisaient des essais comparables en Italie et aux Pays-Bas. Voici la vie secrète des natures mortes …et leurs Métamorphoses silencieuses à travers 400 ans d’art en en Espagne. 

L’exposition « Spanish Still Life » au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles s’est ouverte  le 23 février 2018  et refermera ses portes le 27 mai 2018 avant de voyager ensuite vers Les Musei Reali à Turin.  L’idée d’une exposition consacrée au genre de la nature morte en Espagne est née après le succès de l’exposition Zurbarán, maître de l’âge d’or espagnol, organisée par la Palais des Beaux-Arts (BOZAR) et la Fondazione Ferrara Arte en 2014. Cette exposition a pu voir le jour grâce à une intense collaboration avec d’autres musées européens, tels que le Museo Nacional del Prado à Madrid, le Centre Pompidou à Paris, le Museo Nacional de Arte Antiga à Lisbonne ou le Staatliche Museen à Berlin.

 En ce qui concerne le titre choisi, il est intéressant d’apprécier la différence de vocables utilisés dans nos langues européennes pour caractériser cet art  considéré par beaucoup comme « mineur » même s’il fut très apprécié par les amateurs d’art.  Si on parle de  "nature morte" en Français et en Italien,  Still life en Anglais, Stillleben en Allemand, stilleven en Néerlandais... mettent l'accent sur la vie! Et l'espagnol se distingue en parlant de " los bodegones" un pluriel de "victuailles"… donc de vie. 

 Mais dès la première salle on est confronté avec  l’intransigeante pureté du mysticisme ascétique espagnol qui remonte aux temps de  sainte Thérèse d'Ávila,  réformatrice de l'ordre du Carmel (1562 ) et de son compagnon spirituel Jean de la Croix,  l'un des plus grands poètes du Siècle d'or espagnol.  On pourrait même  oser  un parallélisme entre le mysticisme séculaire espagnol et la pensée du bouddhisme : où l'espoir d'une aurore lumineuse ne peut naître qu'après le dépouillement absolu, l’aventure dans le Rien (Nada).

Les objets ne sont plus partie d’un décor, ils sont devenus les protagonistes de la toile.  Ainsi cette fenêtre noire sur laquelle se détachent quelques humbles légumes baignés de lumière  dans le premier tableau de l’exposition, signé Juan Sánchez Cotán, artiste de Tolède (1560-1627).  L’art du silence ? Ce tableau n’est pas sans évoquer  La Nuit obscure qui est le lieu privilégié où l’âme peut faire son chemin vers Dieu. En 1603 il devient frère convers à la Chartreuse,  menant  une vie contemplative à l'écart du monde, dédiée à la prière d'intercession, d'adoration et de louange. Dieu a laissé la beauté aux objets de ce monde, comme les légumes avec lesquels on fait la soupe. La Beauté est faite pour être contemplée,  comme la frugalité et l’intensité de cette toile… (Coing, chou, melon et concombre -vers 1602- Musée d'art de San Diego). 

On se retrouve à Séville, dans l’ombre de  Pacheco qui fut chargé par le saint Tribunal de l'Inquisition de « surveiller et visiter les peintures sacrées qui se trouvent dans les boutiques et lieux publics, et de les porter si besoin devant le tribunal de l'Inquisition » Nous voici devant une œuvre de Velasquez « Le Christ dans la maison de Marthe et Marie » qui décrit l’oppositions des nourritures spirituelles et terrestres. Quatre poissons rutilants, des éclats d’ail en train d’être épluchés… et le choix qui nous est offert!  

Et pourtant, l’empreinte des cruautés  de L’Inquisition depuis Torquemada, triste confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d’Aragon…  et d’autres violences successives  ne cessent  de transparaître. Le sang et la mort.  Cela se voit particulièrement dans  la section du 18e siècle,  alors que  l’Europe  des lumières explosait de toutes parts   mais que l’Espagne subissait de lourdes guerres de succession et des conflits civils  meurtriers. En 1814, L’Espagne est exsangue.  Deux toiles de Goya, précurseur des avant-gardes picturales du xxe siècle, décrivent  avec la modernité du geste expressionniste un dindon raide mort et ensanglanté et un plat de poissons pourrissants, des dorades bien mortes,   pour symboliser toute l'horreur de la guerre et de la violence. On y  retrouve la souffrance séculaire de l'Espagne : depuis son invasion par les Maures, depuis  la tragédie de la  liquidation de la communauté juive,  et le salut illusoire qu'elle a cherché dans la religion en s'engouffrant dans l'Inquisition. Les guerres civiles quasi-permanentes, et les guerres de succession ont semé la souffrance.  L'amour-haine avec les Portugais.  Et sous silence: la mort portée outre-mer, et les richesses coloniales rapportées qui  ont bâti sa splendeur.

12273272063?profile=original

 Le parcours est donc chronologique à travers quatre siècles d’art en métamorphose.  Certains tableaux comme les deux Zurbaran symbolisent la passion du Christ. Le Lys, la Rose, l’Oeillet … la grenade, le raisin ne sont pas choisis par hasard, ils ont valeur symbolique!

Aucun texte alternatif disponible.

Juan Van de Hamen y Leon " Nature morte avec fruits et objets de verre" 1629

12273272101?profile=original

 Francisco de Zurbaran "La vierge enfant endormie " 1655

12273272286?profile=original

 Francisco de Zurbaran "Nature morte avec panier en osier et pommes"

Une grande section est consacrée aux « Vanités ». Du latin vanitas (« vide, futilité, frivolité, fausseté, jactance »), terme issu du Hébreux « Hevel » qui signifie littéralement « souffle léger, vapeur éphémère ». « הֲבֵל הֲבָלִים הַכֹּל הָֽבֶל »  « Vanité des vanités, tout est vanité » Les désillusions du monde, l’inanité, la futilité de l’amour profane, de l’argent des bijoux, du pouvoir avec les couronnes et les sceptres, du plaisir, du jeu, des armes… face au triomphe de la mort ! L’occasion de méditer sur le passage éphémère de la vie et sa nature « vaine ». Ainsi ce prince à la peau si blanche, couvert d’un habit de dentelles «  Il vient et il s’en va si vite »… est-il écrit, parmi les tiares, mitres, couronnes,  les instruments de science,  la beauté des fleurs et les  gloires de la guerre!

12273273061?profile=original

Antonio de Pereda "Le songe du gentilhomme" vers 1640

12273273656?profile=original

Dans l'Allégorie de la Vanité,  de Juan de Valdes Leal,  les illusions de la vie temporelle et même du savoir,  sont confrontées à la vérité de la vie éternelle - salut ou damnation -, un ange tourné vers le spectateur soulevant une tenture pour dévoiler un tableau représentant le Jugement dernier.

12273274072?profile=original

Pablo Picasso; "La casserole émaillée "1945

12273274486?profile=original

Joan Miro "Nature morte avec vielle chaussure" 1937

Ce cortège de chefs-d’œuvre, réunit les plus grands noms de l’histoire de la peinture universelle, de Velázquez à Picasso, en passant par Dalí. La nature morte au XXe siècle explose. Elle est multiforme, elle passe par l’art abstrait, la photographie, l’expressionnisme. Et toujours avec Miro, les douleurs de la guerre.  Le dernier tableau de l'expo présente  des agapes …surréalistes et presque palpables,  que l’on vous laisse découvrir.

https://www.bozar.be/fr/activities/126682-spanish-still-life

Lire la suite...

Avec un peu de ces légendes,

 

vas-tu renaître de tes disparitions ?

 

Devenues invisibles, les lumières

 

de sa silhouette te hantent.

 

Oui, la naissance de pensées que l’on perçoit d’abord diffuses,

 

rapproche ton cœur de son âme.

 

Bientôt le jour reviendra où,

 

habillée en tenue d’été, cette sensation renaîtra,

 

comme une danse prolongée.

 

Pour l’heure, ce sont ces silhouettes qui vacillent

 

en contre-jour tout au bout des vagues,

 

Emmitoufflées,

 

dans ce froid soleil d’hiver.

 

Julien Boulier   le 25 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435152311 

Lire la suite...

Au ghetto du vieil âge

Les yeux fermés, je me réveille.
N'ai aucun souci de l'instant.
Silencieux, coule le temps.
Mon inertie reste pareille.



Soudain, de la douce lumière,
L'énergie venant lentement,
Me sort de l'engourdissement.
Lors je lève mes paupières.

Il a neigé pendant la nuit.
De nouveau sévit la froidure.
Mon indifférence perdure.
Rien ne me sauve de l'ennui.

Pourtant hier, exubérante,
J'avais préparé des couleurs.
Elles mènent en un ailleurs,
Parfois, je les entends qui chantent.

J'eus certes longtemps l'avantage
De prévoir et de décider.
Tout choix doit être validé,
Conçu au ghetto du vieil âge.

J'y vis sous ses lois détestables,
Régissant les métamorphoses
Des êtres vivants et des choses.
Certains y deviennent minables.

25 février 2018

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles