Trente et un décembre dix-neuf cent quatre-vingt-dix neuf
J’ai aperçu vagabonder dans les ruelles qui grimpent en haut de la ville une silhouette, son ombre vacille sur les remparts. Je poursuis mon chemin, la silhouette me précède, flottante comme une flamme.
Arrivé au parc Buffon, quelques réverbères sont allumés, les ombres des arbres gémissent. Une porte de voiture claque, sur la place de la petite église.
Du banc où je suis assis, je perçois le molto vivace de la symphonie de Beethoven.
Dans le jardin d’une église en larmes. Plus délicate que la rose de chine habillée de pastelle, tu portais un camée bleu sur le cœur et un sourire plus étincelant que ta robe blanche au seuil d’un siècle redouté.
Cette nuit, belle impatiente,
Ton inquiétude me gagne.
Ta chevelure où se baigne la lune m’ensorcelle.
Mais ta voix qui ruisselle
Berce mes pensées.
Dans la nuit de la Saint-Sylvestre
Quand la liberté se promène au bras de la justice
Sous les fenêtres des Jacquemards,
Tu embaumais la nuit de ton parfum de mandarine.
Plus gracieuse que le cétacé au dents bleues
Sorti de l’horizon écumeux
Tu m’as donné tes lèvres
Pour connaître
Le goût de ta douleur
Et celui de ton orgueil
31 décembre 1999, 15 rue de Buffon, Semur-en-Auxois
Lionel M.
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