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L'inquiètude

L’inquiétude

 

« Allongé à l’ombre d’un tilleul, contemplant un ciel presque sans nuages, j’ai vu ce ciel basculer et s’engloutir dans le vide »

Jean Grenier

 

J’ai mis ma douleur en veille

Et je suis sorti

J’ai marché

Le trottoir défilait comme un parchemin

Le ciel avait la couleur du vide

J’ai traversé le jardin des Prébendes 

Il n’est jamais très fréquenté à cette heure

Surtout à cette saison 

Aujourd'hui, Il tombe un crachin désagréable

Qui plonge tout dans l’inquiétude de vivre

Dans la salle d’attente il n’y a personne

Ni courant électrique

Elle est assise à son bureau

Elle a sur son nez des lunettes de maîtresse d'école

Elle porte un pull qui pointe sa poitrine 

Désolée elle laisse tomber ses bras 

Et me donne sa lassitude

Tenez.

Je sors

Je déteste ce temps, j'ai horreur de sortir du vide pour y retourner!

Je croise un chien famélique

Le ciel gris est tombé

Je parcours le chemin du retour

Nauséabond

Je vomis.

Rentré chez moi

Je dispose un vase sur le guéridon

Remplit de sa voix

En pull de cachemire grise

 

Lionel M.

 

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ET LES FLEURS DE LA BANQUISE?

LE SQUARE

ALLONS VOIR SI FLEURISSENT LES FLEURS DE LA BANQUISE

 

Le train a eu du retard. Dans le hall de la gare, les passagers courent dans tous les sens. Je me méfie des valises à roulettes. Flegmatique un lampiste au pull jacquard vaque à ses occupations en trainant son humeur noire. 

Dehors la place De la dernière chance baigne dans le soleil, et aujourd’hui le ciel est tout bleu comme un hortensia, je suis chanceux. 

Le rendez-vous est au Square Marguerite Duras. C’est à dix minutes, je suis en avance, je flâne, comme de coutume.

Je patiente sur un banc placé dans le parfum d’une Viorne. En face de la fameuse statue de La Beauté aux yeux bleus. Je sors de ma sacoche mon bloc-notes, et la dernière édition des Fleurs du Mal.

Des passantes déambulent, cueillent de ci de là de l’aspérule odorante. 

Des canins aux crocs entartrés s’entretiennent autour d’une langue de bœuf.

Au téléphone, je lui ai dit :

« Anaïde, il n’y a pas à se gourer. Quand tu es sur le Boulevard Des Ecureuils tu prends la première à gauche et puis tu passes la Ruelle du Pigeon Blanc et c’est indiqué sur ta droite :  Square Marguerite Duras, je t’attends. »

Je sors de ma lecture.  J’observe.

L’ombre verte des tristes conifères décline.  Je secoue mon impatience.  Je sifflote.

Une passante saisit d’un énervement sûrement habituel réclame des comptes à un homme en costume blanc.   « Tu n’as qu’à t’acheter une règle à calcul au lieu de faire des hypothèses » crie- t-elle de sa voix de crécelle à l’oreille de l’homme qui chausse des lunettes noires.

Le soleil est particulièrement généreux aujourd’hui.  Ses rayons traversent les bosquets de camélias. Serpentent au sommet des magnolias en fleur.  Flattent l’aigremoine. Dansent avec les iris et tissent autour du bassin d’eau accueillant de paisibles nénuphars le canevas d’un paysage bucolique.

La grille du square grince. 

C’est elle !

Elle est coiffée d'une touffe de gui

Une chaîne pourpre lui ceint sa taille d'hyménoptère.

De sa bouche s’échappe un nuage rêveur gonflé de sentiments.

Ses yeux sont deux myosotis.

Anaïde s’assoit près de moi.

« Je te reconnais à ta ponctualité et à tes chaussettes très raffinées. » s’exclame-t-elle.  

Sa robe est ouverte sur des cuisses pâles, blanche comme des fleurs de vanille.  Mauve, sa robe ample est une robe de jour de pluie, cependant elle s’accorde avec sa chevelure de maïs.  

De son sac à main, elle sort pèle mêle :

Un fard à paupières

Un stylo Bic

Un réveil

Un miroir

Un mouchoir blanc 

Une brucelle en vermeil

Et un revolver-allume cigarette.

Je la regarde sortir son bric-à-brac.

-  Mais pourquoi, déballes-tu tout ça, Anaïde ? 

- Mais ! parce que nous avons l’éternité ! » me déclare-t-elle heureuse. 

- Si tu le dis ! Tiens ! Voilà ce que je viens d’écrire en t’attendant.

Les nuages qui sont les images des rêves ont toujours l’odeur attachante et sucrée d’une lointaine allée de tilleuls où courent des souvenirs récompensés par des images d’Epinal et qui chahutent dans un bac à sable alors que défilent des camions bourrés d’armes menaçantes sur une grande avenue prioritaire »

Anaïde me reluque. Ses yeux étincellent de perplexités. Elle consulte le réveil.

Je poursuis :

Mes mains te supplient, comme la nuit la lumière qui voyage, comme le nénuphar soumis à l’hibiscus, comme l’ormeau devant le Bernard l'Hermite. Regarde les nuages qui se fatiguent à changer de position et de forme comme des enfants turbulents. En revanche, comme toutes les surveillantes, la surface de l’étang ne rigole pas.

Des chiens aboient et des tourterelles prennent leur envol.

Je me tourne vers Anaïde. Je poursuis ma lecture :

…  Les enfants rient de se voir vieillir dans les gares où leurs cheveux soyeux et gris descendent l'échelle des temps et coulent sur leur robe de velours bleues. Anaïde, je t’ai vu dans la salle des pas perdus, ton iris et tous les corpuscules de ta rétine me suggéraient les agates perdues dans les cours d'école, tu portais un camée sur la poitrine et ta ceinture te ceignait ta taille d’hyménoptère. Je t’ai rencontré une autre fois deux mois plus tôt peut être dans la rue où l’on cueille les cerises qui dansent impossiblement sur un adagio réclamé par l’éternité. Haute comme trois pommes toi et ton petit toutou australien me dévisagiez comme l’Emeu devant son kiwi. Et en mai, au pont des Oies tu es sortie coupable d’un livre de mille pages. Celui-là même que tu lisais dans la salle des pas perdus !

Anaïde me regarde bouche bée.

« Ça alors ! c’est aussi énigmatique que le message d’une mésange ligérienne. Alors ! nous ressemblerons à nos enfants ?

-Oui Anaïde, je préfère ressembler à l’avenir pour disparaître avec toi » 

J’observe, intrigué « la Beauté aux yeux bleus », c’est un buste de femme en marbre noir. Le visage est altier et les yeux sont fermés.

« Anaïde ! La beauté a-elle-vraiment les yeux bleus ? Finira-t-elle par ouvrir les yeux ? Faut-il attendre que le soleil se couche ?  

- Non ! Reste avec moi, je t’en prie ! Si tu restes avec moi, je garderais toujours les yeux ouverts ! Les miens sont bleus !

Lionel Morin (Tours 2025)

 

 

 

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Cybernétique

Cybernétique

 

 

Nous montons tous un escalier

dans nos machines

 

Nos robots se déplacent grâce aux informations

autoguidées et calculées

 

Chacun reçoit de sa mémoire environnante et génétique le message

respiration, digestion, action, marche

 

Un code auto suggéré capté, transmis, décodé, transformé

et le mouvement devient fluide, précis, accéléré ou ralenti

 

Cet escalier peut-être réel ou imaginaire

 

L’humain peut imaginer l’abstrait

 

Par qui a t’il été créé, il peut rêver qu’il est un univers fermé, il peut le croire,

beaucoup se contentent de vivre, ils ont certainement raison

 

Mais les humains ne sont pas identiques pour beaucoup de raisons,

leur génétique et leur environnement en particulier

 

El cet escalier rêvé peut prendre énormément de formes différentes,

avoir beaucoup d’argent pour se sentir bien,,

ne pas aimer cet argent qui transforme tout

 

 

Essayer d’exprimer ce qu’il ressent au plus profond de lui même,

afin de se comprendre et d’être compris et pourquoi, sa différence, sa maladresse l’handicapent tellement que sa machine n’accomplit même plus les tâches de vie et survie

 

Tout ce qu’il fait est absurde et pourtant il insiste grossièrement,

son corps est devenu un clône désarticulé

 

Serait il possible que ce message aide à une certaine amélioration,

ce serait vraiment orgueilleux d’y croire

 

Alors les robots humains pourraient être un peu plus Pascaliens et compassionnels en haut de l’escalier

 

le 22-12-2025

 

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AMANDINE

Amandine



J’ai vu le potiron d’Amandine ! 

Et il y a aussi des fleurs de la passion qui grimpent au mur 

Et du chèvrefeuille pour donner du parfum au macadam 

Il y a aussi des roses trémières comme à Saint Cyr sur Loire

Et de la morelle faux jasmin comme celle qui orne la rue Henri Barbusse 

Il y a des géraniums les mêmes qu'il y a dans les Pyrénées 

Il y a des herbes toutes écervelées 

Des herbes folles 

Mais elles n'ont pas le rire de Valériane 

D’ailleurs il y en a partout  

Même rue d'Entraigues 

Y a des fleurs qui poussent sur le trottoir

Pas loin il y a le jardin botanique et le soleil même en retraite y traîne ses pieds  

Sous l'arbre aux quarante écus pour revenir à Amandine 

Les jardiniers intelligents  

Font pousser des cucurbites 

Des citrouilles des potirons

Et des chrysanthèmes et des Dahlias  

Et dans le bac à sable 

Les gamins s'époumonent à faire des ballons 

Ils croient au père Noël !

Justement il y en a un dans la rue 

Où habite peut-être Amandine 

Où il y a aussi un chat percé de partout 

Qui regarde le père Noel justement 

Qui s'esquinte à grimper au mur 

Mais Amandine si elle dit qu'il monte au lampadaire 

Alors je veux bien la croire 

Puisque c'est bientôt Noël 

Pour les petits quéniots 

Comme dirait Jean Richepin 

Le confrère de celui qui habitait rue Lobin 

Et qu'est monté au ciel pour nous éclairer 

 

Lionel M.

 

 

 

 

 

 

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L'EXPLOITATION SERA BANNIE

 

A mon chat

 

Ce matin dans le ciel vagabondent des immortelles. J'ai cueilli deux nuages bleus et trois étoiles de nuit. 

Je mettrai les nuages à tes épaules et les étoiles réveilleront ta poitrine et le coquelicot endormi  

Ton cœur bat toujours dans ma poitrine 

Ton âme c’est la couleur de mon ombre

Tu es partout sur les chemins du soleil

Tes sourires d’émeraudes ont la chaleur de tes paroles lointaines  

Chaque jour il y a dans le ciel autant de nuages qui voyagent comme autant de souvenirs sur mon visage

 

Sur la route (1993-2015)

 

Lionel M.

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Il était une fois, une histoire vraie

Article du "Figaro" copié, il y a très, très longtemps, en oubliant les références.

Le Norvégien Roald Amudsen est entré dans l'histoire, le 15 décembre 1911 , en devenant le premier homme à atteindre le Pôle Sud et à rentrer sain et sauf avec son équipe, dans son pays. Il devança de 34 jours son challenger britannique Robert Falcon Scott et ses cinq compagnons qui moururent de froid et de faim  sur le chemin du retour.

Roald Admunsen était un homme soucieux du détail qui avait préparé son raid pendant des années. Il avait observé avec attention la manière de vivre des Esquimaux.Il avait emporté plus de vivres que nécessaire. pendant son raid, l'explorateur norvégien s'imposa une discipline de fer ; parcourir chaque jour  vingt à trente kilomètres peu importe les conditions météorologiques.

Robert Falcon refusa de s'entraîner en parcourant des milliers de kilomètres à ski dans les conditions les plus terribles. Il n'emporta   pas suffisamment de réserves. Il marchait longtemps quand le temps était beau et s'arrêtait quand le blizzard lui semblait trop terrible..

L'auteur de l'article dont , à l'époque, le nom m'intéressait moins que la leçon de vie, parlait alors surtout pour les entreprises et de réussir à s'épanouir à l'intérieur du chaos.. C'était les années 90. Mais...

Le chaos, le vrai, le voilà...

Relisant cet article après toutes ces années , je me suis dit  Pour 2026 ? Le seul choix.

Quel choix, pour protéger et faire avancer les siens ? " La marche de trente kilomètres" absolument...

Et...la Beauté...La beauté du monde, des siens, des choses

 

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