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Publications de Deashelle (971)

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AU théâtre Poème: François Emmanuel était l'invité de Pascale Seys dans Le Grand Charivari sur Musiq'3 ce samedi . Pour l'écouter ou le réécouter : http://www.rtbf.be/radio/player/musiq3?id=1886891
"Joyo ne chante plus", notre 2ème spectacle de François Emmanuel - avec Gwen Berrou dans une mise en scène de Pascal Crochet, commence ce jeudi !! Pour les plus curieux, il y  a eu même une avant-première mardi 21 à 14h ! Réservation souhaitée : reservation@theatrepoeme.be ou 02/538 63 58

Courir au théâtre Poème pour se baigner dans la musique des mots, ce que l’on adore. Entendre une voix qui les caresse, les exalte, les consume, les fait frétiller, les adule, les capte et les relance dans l’univers. C’est du moins ce que l’on attendait du spectacle de mots créé par le texte de François Emmanuel, un personnage bien sympathique entr’écouté sur nos ondes récemment.

Et ressortir du spectacle la gorge feutrée d’inconfort, de malaise et de frustration de n’avoir rien compris. Avoir rencontré l’auteur, François Emmanuel, et lui avoir conté, complètement catastrophés, le malheur de n’avoir été ni émus, ni touchés par cet étalage répétitif de solitude ou de folie. Dites-moi où sont les codes d’accès ? Y a-t-il des clefs ? On est désemparés. Le but du jeu est-il de causer le désarroi du spectateur ? Lui confier aussi que l’on s’est presque endormis, par trois fois. Que ouf, le texte est dans la boîte que l’on tient sous le bras et que l’on va prendre le temps de le ré-appréhender chez soi, par une lecture attentive, l’esprit prêt à la découverte. Dommage ! Une phrase de Nietzche a été malheureusement prononcée : « L’art n’est pas pour tout le monde ». On a discuté avec ce même professeur de cinéma qui explique : "Dans ce spectacle il n’y a rien à comprendre, rien à emporter. Ne croyez pas que vous avez un prêt à consommer, all inclusive ! Il faut rassembler les fragments (du long caquetage proposé) - vous me suivez ? - et faire son tissage personnel." Cheminer en solitaire, c’est là tout l’intérêt de cette nouvelle approche cocasse du théâtre. C’est le spectateur qui est mis à contribution et qui doit se référer à lui-même, à son vécu personnel et ainsi partir en voyage… Bonne chance !

Le décor est morne et triste à mourir : un deux-pièces suranné, chichement meublé, couleur terres. Lumières aussi faiblardes que la voix. Au début, la comédienne semble surgir d’une muraille des grottes de Lascaux et, dans sa robe sans manches droite et courte, figure des lents gestes d’échassier. A un autre moment le jeu de lumières donne l’illusion d’une longue table couverte de pièces comme un immense échiquier – la terre vue de l’univers ? - Il s’avère que ce n’est qu’une mince étagère couverte de figurines grossières en terre cuite. Hommes ? Oiseaux ? Epars et renversés à la fin du spectacle. La gestuelle est d’une lenteur exaspérante, la voix est sèche, monocorde, infra-communicative sauf pour l’impression de tristesse et d’exclusion du monde ou celle de folie désespérante. Joyo ? Il ne s’agit ni de l’albatros de Baudelaire, encore moins de l’oiseau bleu de Maeterlinck ou de l’oiseau de Junon ou d’Athéna. Les oiseaux à connotation sexuelle de Miro ? Peut-être. On cherche vainement à se raccrocher à quelque chose ! Qu’on me donne une branche ! L’oiseau dont on parle pourrait tout aussi bien être un chat, un chien ou un cochon d’Inde. La femme qui joue pourrait être un homme…

L’histoire, s’il y en a une, après en avoir rassemblé les débris épars est un fait divers. Une femme encore jeune, triste et sévère à mourir, se prépare à faire une cérémonie d’enterrement de son oiseau sans cage, qu’elle vient de perdre. Elle est excédée par les bruits divers de ses voisins et surtout le martèlement des talons aiguilles de sa voisine du dessus. Elle est harcelée par des huissiers qui vont bientôt procéder à son expulsion. Elle s’adresse à plusieurs reprises à un juge imaginaire et singe à merveilles le jargon judiciaire. Qui sait… des références à Kafka ? C’est tout. Le détail intéressant : si le spectateur en quête de clefs va voir dans la boîte à cigares où elle a enfermé l’oiseau avant de le conduire au bûcher, il y a (on le savait) des photos de jeunesse, quelques fils à broder et 6 fonds de montres anciennes ayant perdu leurs aiguilles que l’on aurait pu prendre, vus de loin, pour des hosties. Cela, aucun des spectateurs ne l’aura deviné. Sauf les très curieux qui ont osé poser la question après.

Loin de nous l’idée de mettre à mal l’excellente comédienne Gwen Berrou. Elle a eu bien du courage de se mesurer à un texte aussi dilaté et soporifique ! C’est une mission impossible de construire un jugement critique pour quelque chose qui ne vous parle pas et que l’on ne comprend pas. Donc, donnons juste …le bénéfice du doute ! Il faut sans doute avoir lu le texte avant d’aller au spectacle !

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administrateur théâtres

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Prince, aux dames parisiennes,
De bien parler donnez le prix;
Quoy qu'on die d'Italiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.
François Villon (Ballade des femmes de Paris)

Voici une petite pièce de derrière les fagots tout-à-fait exquise. Un duo de Penney nouveau genre, déclamé par un couple improbable la nuit au pied d’un réverbère : un écrivain célèbre catastrophé par le décès de sa femme. « Deux étions et n’avions qu’un cœur… » François Villon encore ! Il a perdu toute joie de vivre et le voilà qui rencontre une gueuse! Elle est vêtue très légèrement, la légèreté de l’ange ? Son parler est encore plus léger! La danseuse est-elle à la recherche de turbin? Ou a-t-elle une mission plus noble? Elle est à la fois la joyeuse vestale de l’amour et l’ange gardien d’une langue fleurie. Son nom - à part Marie - c’est Gueule d’ange. Un nom que lui a donné son souteneur, le Paulot!


1601276_471342572977279_1812207777_n.jpg?width=302Elle sait tout de Laurent, lui pique ses clefs de voiture par enchantement, a loué son appart à des saltimbanques polonais… lui en fait voir des vertes et des pas mûres. Envoyée du ciel ? Née en 14, placée en 1942 pour devenir la môme de ce Julot qui lui a troué la peau. Elle change de coiffure et de tenue, on est en 2000, non ? Féminine en diable. Laurent est perdu par le déferlement de la langue fait pour l’ébaudir! le spectateur jubile, voudrait retenir le flot de paroles, et cela fracasse… come un musique en ébullition. Des vannes d’argot pittoresque remontent à la surface de l’an 2000. On se croirait au cabaret du Char Noir, on entend Maurice Chevalier, George Brassens, toute la clique de parleurs fleuris. Zazie dans le métro en personne se plaint qu’on argutie plus à notre époque. Elle donne une leçon de vocabulaire pour pleurer, parler, mourir et parler de fesses…sans complexe. « Un peu, mon neveu, faudrait qu’tu’t mouilles dans la relation ! » Tout un programme, Laurent est abasourdi ! Elle le conseille « Ramone-moi les esgourdes que j’aie des étoiles dans les mirettes ! » Ah ? le spectateur en reçoit plein la vue !

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La salle est comblée de fleurs de poésie, tout droit sorties du pavé. Et pourtant ce n’est pas1526582_469619399816263_609082520_n.jpg?width=203 le décor qui fait bombance! Il est réduit à quelques grands cubes empilables à merci, utilisés pour refaire une nouvelle histoire ludique à chaque changement de scène! Miroir magique, beaux jeux de lumière, humoristiques même ! Il faut le faire ! Chaque nouvelle « histoire » rapproche de l’heure du grand dégel! Une dégelée de mots caustiques, tendres ou colériques va faire fondre le cœur le plus apitoyé ou le plus rétif.1009965_10151959850997857_641393394_n.jpg?width=170 Une théâtralité intense, jouissive, aux sources de l’émotion et du plaisir chatouille l’imaginaire du spectateur. Une magie théâtrale comme on en voit peu ! Les deux comédiens sont plus craquants l’un que l’autre dans leur genre: du pathétique bonhomme … à la divine enchanteresse! Merci Paris!

1607004_10151959850892857_1579636188_n.jpg?width=189  Disons tout de même comment les artistes se nomment dans la vraie vie. Lui, c’est Anthony Michineau, le sympathique auteur de la pièce. Elle, c’est Armony Bellanger et on les adore! Mission accomplie!

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Et que cela se joue à Bruxelles:

Jusqu’au 26 janvier 2014 au  

CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM

Boulevard du Souverain  183  - 1160 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 660 03 03

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http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/paris-theatre-1314/details/207-gueule-dange.html

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12272949289?profile=originalCommuniqué: Indomania – de Rembrandt aux Beatles

Derniers jours!

A voir jusqu’au 26 janvier 2014 au Palais des Beaux-arts de Bruxelles.

Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Le jeudi jusqu’à 21h.

L’exposition phare   Indomania   illustre l’inspiration de la culture indienne sur les artistes occidentaux. Artistes plasticiens, mais aussi écrivains, musiciens et danseurs sont depuis toujours fascinés par ce pays.  

En 1498, Vasco da Gama ouvre la route maritime de l’Inde. Les Jésuites et les commerçants qui débarquent en grand nombre sur les côtes indiennes décrivent les fastes de l’empire Moghol et relatent toutes sortes de coutumes et de rituels étranges. La fascination pour l’Inde est totale. Au retour, les navires transportent épices, textiles, diamant, nacre et animaux exotiques qui viennent inspirer les artistes de nos contrées.

Cette époque est le point de départ d’Indomania, une exposition qui étudie la rencontre entre l’Europe et l’Inde, à travers le regard des voyageurs occidentaux où perce tour à tour la fascination, la supériorité, l’angoisse et trop souvent l’ignorance. Quelles sont les conséquences artistiques et culturelles de ces rencontres ? Quelle perception l’Occident a-t-il aujourd’hui de l’Inde, et quelles sont les facettes de cette imagerie séculaire qui jouent encore un rôle actuellement ?

Pour la première fois, cette question est abordée dans un contexte temporel très large qui va du XVIe siècle à nos jours. Toile de fond de l’exposition, l’histoire de cette époque offre au visiteur une narration passionnante et méconnue, qui commence sous l’empire Moghol (1526 - 1857), traverse l’époque coloniale et se poursuit jusqu’à l’indépendance (1947) et à l’Inde  d’aujourd’hui. 

La diversité des artistes, œuvres, disciplines et médias traduit quasi littéralement les nombreuses strates, si difficiles à pénétrer pour l’Occident, de la culture indienne : les somptueux bijoux des XVIe et XVIIe siècles, les dessins de Rembrandt d’après des miniatures indiennes, les dessins et gravures de rhinocéros indiens par Dürer et ses épigones, les textiles et cachemires des XVIIe et XVIIIe siècles, les tableaux indiens représentant castes, paysages et rites, peints sur commande pour les Britanniques ; la photo (depuis les premiers documents jusqu’aux grands noms comme Henri Cartier-Bresson) ; l’architecture (Le Corbusier, Jeanneret,...).

La suite est ici: http://www.europalia.eu/fr/article/indomania_91.html

http://www.bozar.be/activity.php?id=13022

Profitez aussi de visiter l'autre exposition phare   Le corps de L'Inde ,  la porte à côté! Derniers jours aussi!

Deux billets y  ont été consacrés sur Arts et Lettres:  

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blog/show?id=3501272%3ABlogPost%3A1067846&commentId=3501272%3AComment%3A1068495

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/24th-international-art-festival-europalia-india-du-04-10-2013-au

Bonnes visites!

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12272991680?profile=originalLE CARNAVAL DES OMBRES

Texte : Serge DEMOULIN

Interprétation : Serge DEMOULIN

Avec les voix de : Nicolas Buysse, Michael Delaunoy, Muriel Legrand et Magali Pinglaut.
Mise en scène : Michael Delaunoy
Assistante à la mise en scène : Laurence Adam
Stagiaire à la mise en scène : Andrés Cifuentes
Lumière : Laurent Kaye

Travail musical : Muriel Legrand
Prise de son et mixage : Lorenzo Chiandotto
Direction technique : Raymond Delepierre
Régie : Gauthier Minne

Une production du Rideau de Bruxelles en coréalisation avec le Festival Paroles d’Hommes et l’AMAPAC (Malmedy), et en partenariat avec l’Atelier 210 (Bruxelles).

 


Dégeler le silence

L’acteur Serge Demoulin a fait ses études au Conservatoire  et s’est résolu à  rendre hommage à  ce passé enterré, à sa région, à ses racines. Le spectacle qu’il a écrit dévoile avec tendresse, humour et détermination  cette annexion des Cantons de l’Est par l’Allemagne nazie en 1940 et le silence surprenant de l’Etat belge.


La première du Carnaval des ombres a eu lieu au Malmundarium de Malmedy le 2 février 2012. Une pièce qui invite à faire quelques recherches : lors du congrès de Vienne de1815 après la défaite napoléonienne, la Prusse obtient la Rhénanie avec les cantons d’Eupen, de Malmédy et de Saint Vith.
Ainsi, Malmédy, commune romane, se retrouve-t-elle en Prusse. Jusqu’en 1870, les relations entre l’Administration prussienne et Malmédy sont cordiales : administration et enseignement restent en langue française et les industries de cuir, papier, mobilier... sont prospères.
Après la création de l’empire et le développement du nationalisme allemand, la situation change. La nouvelle politique bismarkienne brime les minorités linguistiques. En 1879, la langue allemande est imposée à l’école primaire et en 1889, l’enseignement du français est supprimé.
Après la grande guerre, par le Traité de Versailles du 28 juin 1919, l’Allemagne cède à la Belgique les cantons d’Eupen et de Malmédy, y compris Saint-Vith. Les Cantons de l’Est sont rattachés à l’arrondissement de Verviers.
Advient la douloureuse épreuve de 1940-1945 quand le 18 mai 1940, Hitler proclame unilatéralement l’annexion des trois Cantons à l’Allemagne, rattachés à la Rhénanie. Sans transition, les lois belges sont remplacées par la législation allemande.
Trois changements de nationalité sont  vécus par cette population entre 1920 et 1945. Cela laisse des traces. Serge Demoulin, enfant de Waimes va faire œuvre de mémoire. Ecrire et jouer pour évoquer les 8000 soldats wallons envoyés au front russe contre leur gré pour combattre au nom de l’Allemagne. Comme son oncle Charles, né belge le 16 décembre 1923, tombé en soldat allemand le 14 novembre 1943 à Krivoy Rog en Ukraine. Evoquer aussi la boucherie de la bataille des Ardennes...

2012. Un soir de fête à Bruxelles.   Serge se fait traiter de Boche par Jean-Luc. « Ah tu viens des cantons rédimés, de chez les … ». Jean-Luc a visé juste. Il ne sait pas que  son grand-père et ses deux oncles ont été enrôlés de force dans la Wehrmacht. Le plus jeune allait avoir vingt ans. Comment meurt-on sous cet uniforme-là ?  A Waimes, dans son village, on ne parle  plus  jamais de cela. On rit, on chante, on rêve  on fait la fête en wallon, surtout au Carnaval. Et alors dans la liesse populaire des bribes de  souvenirs émergent, décapés par l’ivresse et la musique de la fanfare… « La mousse de la bière est proportionnelle à la couche de silence qui recouvre les blessures de l’histoire. » 


Serge maîtrise le drame, l’autodérision, le comique, le bucolique, le grave, le profond. Le carnaval et la fanfare non officielle qu’il dirige vont lui permettre d’aérer le placard honteux où se cachent les fantômes du passé. Avec une belle dose d’humour et de compassion, il fait resurgir sa famille, l’accueil chaleureux de sa mère bien wallonne qui lui offre du cassis et le repassage de ses chemises à chacun de ses retours au pays. La justesse de ton est frappante et la multiplicité des personnages qu’il évoque avec une adresse de jongleur sont les qualités principales de ce one-man show où le comédien-écrivain met à nu l’Histoire autant que les failles de l’histoire familiale.


Si le spectacle part parfois un peu dans tous les sens d'une mosaïque à reconstruire, il ne cesse d’étonner le spectateur par son inventivité. Le travail de mémoire semble se faire sur scène à l’aide de quelques accessoires. Objets, avez-vous une âme ? Une âme qu’il n’a de cesse de ressusciter. Et peu à peu cet homme attachant reconstitue patiemment et avec grande franchise le grimoire de cette sombre période. Les ombres surgissent et se profilent dans l’imaginaire du spectateur en empruntant les chemins surréalistes d’une fête de carnaval ahurissante des années 90. « Je suis un enfant du silence. Ce que je sais : mon nom. Après, rien n’est moins sûr ! » Comment reconstruit-on ? Comment se reconstruit-on ? Ensemble avec des spectateurs forts coopératifs, la vérité se recompose, fragments par fragments. La puissance d’évocation du comédien est évidente, son désir de témoignage, omniprésent.

Les Prix de la critique lui ont attribuent le prix du meilleur comédien de la saison 2008-2009.

http://www.atelier210.be/programme_information-A210-158.html

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administrateur théâtres

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La mythologie grecque et l'opéra baroque


George Petrou direction - Myrsini Margariti soprano - Mary-Ellen Nesi mezzo - Irini Karaianni mezzo - Armonia Atenea


Georg Friedrich Händel Ouverture (Alessandro, HWV 21), Aria "Se nel bosco" (Arianna in Creta, HWV 32), Recitativo & aria "Dove son - qui ti sfido" (Arianna in Creta, HWV 32)
Johann Adolf Hasse, Sinfonia (Artemisia)
Christoph Willibald von Gluck Aria "Non so frenare il pianto" (Antigono), Dance of the blessed spirits - Dance of the furies (Orphée), Recitativo & aria "Ma fille, Jupiter" (Iphigénie en Aulide)
Giovanni Paisiello Recitativo & duet "E mi lasci cosi ? Ne giorni tuoi felici" (L'Olimpiade), Terzetto "Sciogli oh Dio le sue catene" (L'Olimpiade)
Jean-Baptiste Lully, Suite (Phaeton)
Antonio Vivaldi Aria "Vedro con mio diletto" (Il Giustino, RV 717), Aria "Siam navi" (L'Olimpiade, RV 725)

La musique, source d’émerveillement ? La culture, message d’apaisement ! Voici un orchestre que l’on a très  envie de revoir sur nos scènes de Belgique et qui  a eu le privilège d’inaugurer la nouvelle présidence de l’Union Européenne ce 14 janvier dernier au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Il s’agit de l’ Armonia Atenea dirigé par un fougueux chef qui adore les périodes baroques, classiques et romantiques et dont la discographie est saluée par la critique internationale, George Petrou. L'orchestre a été fondé en 1991 par les Amis de la Société de musique d'Athènes avec l'inauguration du Megaron, la salle de concert d'Athènes. Orchestre résident du Megaron, il se partage depuis 2011 entre le Centre culturel Onassis et Megaron d'Athènes.
Ses anciens directeurs artistiques sont des figures prestigieuses : Neville Marriner, Christopher Warren-Green et Alexander Myrat.
L'orchestre parcourt l’Europe du  Musikverein au Théâtre des Champs - Elysées , à l'Opéra Royal de Versailles, au Concertgebouw, à la Salle Pleyel…
L'orchestre a une longue liste de cd enregistrés chez DECCA, SONY CLASSICAL, EMI Classics, MD G ou ECM Records et  a reçu de nombreuses distinctions internationales («Diapason 5», BBC musique «enregistrement du mois» et l'Opéra- «Découverte»). Les parutions récentes comprennent les premiers enregistrements mondiaux de Alessandro Severo de Haendel et Il Trionfo di Clelia de Gluck (OMD).

Le concert de ce soir va mettre en lumière la mythologie grecque à travers les siècles et particulièrement au 18e. Tout d’abord avec l’ouverture d’ «Alessandro » de Haendel (HWV21 (1726) où l’illustre génie guerrier d’Alexandre est remplacé par un personnage plutôt comique, mégalomane et naïf…L’ouverture est énergique, sous-tendue par une armée de cordes, un théorbe et deux flûtes aux modulations magiques. On entendra aussi un clavecin dans la suite joyeuse du Phaëton applaudir en cours de route pour son charme et sa grâce brillante.

 

On a tout de suite  craqué pour la voix exquise de Myrsini Margariti  la soprano  de l’aria « se nel bosco resta solo » de l’Arianna in Creta de Haendel.  Une belle voix douce, juvénile et claire qui  jette des frissons dans les violons qui l’accompagnent. Sa maîtrise de la diction est impeccable et précise et les notes élevées sont d’une fluidité extraordinaire : de subtiles  caresses lyriques qu’elle accompagne  de gestes gracieux des mains. Mais elle est aussi capable de registres dramatiques très toniques. Une voix qui enivre comme un parfum de figues. Ses harmonies semblent gorgées de soleil alors qu’elle porte une robe bleu nuit à bustier imprégné d’étoiles.  La mezzo soprano Mary-Ellen Nesi lui donne une réplique passionnée dans une belle voix expressive, faite pour la chaleur et la volupté de la nuit. Elle a endossé une robe turquoise évoquant la mer à midi.  La musique de Haendel palpite  sous les  très beaux légatos et écume de colère et d’indignation dans le récitatif et l’air : « Qui ti sfido, o monstro infame ! » C’est un Poséidon  furieux au féminin.  Le son coule, débordant de puissance, d’humanité et de présence musicale. Les cordes soulignent le drame de façon précipitée.  

Irini Karaianni, dans une somptueuse robe aux reflets orientaux mordorés va interpréter Antigone dans  un extrait de l’opéra de Gluck (1756) « Non so frenate il pianto ». Elle va interpréter la révolte et les lamentations d’Antigone avec beaucoup d’adresse, sans être aussi convaincante que les deux premières dont le  duo (un extrait de Olimpiade (1786) de Paisiello) est le moment phare du concert. Les deux chanteuses complices font surgir dans l’imaginaire tout un chœur de femmes qui oscillent entre raison et sentiment, orgueil et volupté. Dans les extraits de  Vivaldi, la mezzo expose son allure noble, offre sa voix souple qui témoigne d’une grande sensibilité, les modulations de l’orchestre simulent des vagues de désir. On croit voir Nausicaa à l’œuvre avec Ulysse! Puis c’est au tour de Myrsini Margariti d’offrir à nouveau ses vocalises vertigineuses, son souffle inépuisable qui couvre trois octaves. L’atmosphère est lourde et menaçante dans Iphigénie en Aulide  de Gluck (1774), les cors lancinants suggèrent les ténèbres et les prémices du sacrifice. Un trio final  «Sciogli of Dio le sue catene » (Giovanni Paisiello, le compositeur préféré de Napoléon Bonaparte) rassemble les trois chanteuses applaudies avec force par une communauté de spectateurs ravis et un chef d’orchestre rayonnant.  Ah le soleil de Grèce, et la fascination de  ses mythes immortels qui ont façonné le capital culturel européen!  

Le lien de ce concert: http://www.bozar.be/activity.php?id=14292&selectiondate=2014-01-14

Notre prochain rendez-vous:

http://www.bozar.be/activity.php?id=13432

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Récit de la servante Zerline

Hermann Broch

La Servante

Du 07 au 25.01.2014

Au théâtre des Martyrs

Prise dans l’étau de deux musiques sentimentales

Couple amoureux aux accents méconnus
Le violon et son joueur me plaisent.
Ah ! j’aime ces gémissements tendus
Sur la corde des malaises.
Aux accords sur les cordes des pendus
À l’heure où les Lois se taisent
Le cœur en forme de fraise
S’offre à l’amour comme un fruit inconnu.

(Louise de Vilmorin, Fiançailles pour rire, 1939)

 

Ce poème  pourrait sûrement se murmurer sur la musique d’ouverture de la pièce…tant l’invitation sentimentale est vive. Mais c’est tout le contraire qui accueille le spectateur. Voici au lever du rideau une pièce vide comme une cellule, ouverte sur une baie vitrée dont les châssis chuchotent le mot grille!  Jacqueline Bir apparaît dans la croisée, dure, austère épave rhumatisante presque émaciée, les cheveux collés au crâne, voûtée dans son tablier blanc dans les poches duquel elle ne cesse de plonger les mains pour retrouver le fil de son histoire. Une histoire lâchée soudain à un locataire muet, affalé au pied du mur.

 

Pendant tout le huis clos elle circule comme une figure naturaliste peinte par Daumier entre trois chaises grand siècle… trois personnages absents qui ont étayé sa pauvre vie. Sa parole contenue pendant des années explose enfin. On est loin d’ « Un cœur simple » ! Voici un cœur rebelle ! "Je suis intelligente!"  Elle est servante humiliée depuis l’enfance, objet domestique privé depuis le plus jeune âge de toute  vie affective qu’elle a passé une vie à composer et recomposer librement. Enfermée à jamais dans la folie  de la perversité. Comment mieux symboliser d’ailleurs le délabrement des valeurs de la société dans laquelle vivait Hermann Broch ?  Cet écrivain autrichien créa l'image d'« Apocalypse joyeuse » pour désigner le sentiment de désastre imminent et d'effondrement prochain de l'Empire austro-hongrois au début du XXe siècle. Une lecture  prémonitoire de délabrement des valeurs en ce début de  XXIe siècle? Sauf qu’ici l’apocalypse n’a rien de joyeux.

D’un bout à l’autre, la voix posée de l’actrice dissèque sa vie perdue, son absence de mariage et son manque d’enfants, ses infâmes machinations contre tous : son seigneur et maître le président de cour d’assises, son amant Von Janu qu’elle partage avec sa maîtresse haïe,  et l’enfant, Hildegarde,  fruit illégitime de celle-ci  et de cet « autre homme ».

Vindicative, elle étale avec passion et sans relâche la décadence, l'hypocrisie sociale, les dénis de justice, les complaisances douteuses, les silences coupables, les petites lâchetés et les grandes chimères qui tissent sa vie de domestique. Elle revit sa folle passion, son désir et son extase de dix jours, l’abandon de son amant et sa sombre vengeance. Les mots sont sa vie, pour se sauver de la perdition. Grâce à eux, elle affiche son indépendance amoureuse, sexuelle et morale. En amour  «  Des mains un peu rouges valent mieux que tout ce vacarme cérébral manucuré. »  D’un bout à l’autre du spectacle, elle glace le public par les violents aveux de ce monologue lucide et impitoyable. Les éclairages de Philippe Sireuil , le metteur en scène soulignent à merveille  la sombre et féroce confession qui fuse des lèvres de  notre toute grande comédienne belge qui réapparaît, souriante et mutine pour saluer un public mesmérisé après le deuxième morceau de musique qui conclut l’histoire.

Crédit photos 1 à 4: ZVONOCK

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece4.html

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AFF%20Vasarely%20BD.jpg?width=300VASARELY. Hommage à Vasarely, une très belle exposition  au musée d’Ixelles,  les derniers jours…  

17.10.2013 > 19.01.2014

 

Victor Vasarely, peintre d’origine hongroise,  a été l'un des artistes les plus célèbres de la deuxième moitié  de notre XXe siècle. Son œuvre picturale, riche et variée, appartenant au domaine de l'abstraction géométrique, est fondée sur la ligne et la couleur, le contraste et les rythmes. Ses réalisations dans l'architecture, de la Cité universitaire de Caracas jusqu'au bâtiment de sa Fondation à Aix-en-Provence, témoignent de sa volonté d'intégrer l'art dans la vie quotidienne et l'espace urbain.
Ses théories sur le multiple, la reproduction industrielle et la mission sociale de l'art ont marqué son temps. Ses recherches sur la forme et le côté expérimental de sa pratique l'ont conduit à s'intéresser à la perception de l'œuvre d'art et aux phénomènes liés à la vision : elles ont fait de lui l'un des chefs de file de l'art cinétique qui allait devenir l'un des principaux courants artistiques des années 1960 en Europe et dans le monde.


L'exposition du Musée d'Ixelles (Belgique), en partenariat avec le Museum Haus Konstruktiv de Zurich (Suisse) et le EMMA - Espoo Museum of Modern Art (Finlande), est la première organisée depuis longtemps exclusivement consacrée à la peinture de Vasarely.

Elle est forte de plus de soixante tableaux magistraux mettant en lumière l’originalité et la perfection de son art. De 1947 à 1979, les deux composantes essentielles de son œuvre sont  le travail avec le noir et blanc, et celui avec la couleur. L’exposition  met en scène les principales familles de composition et d'arrangement des formes auxquelles il a eu recours. C’est rigoureux et fondé sur des verticales, horizontales et obliques à 45 degrés, mais les combinaisons semblent infinies.  On est saisi par  la richesse visuelle et la beauté incontestable des tableaux présentés, une production abstraite géométrique très féconde qui invite au dialogue avec les jeux de lumières.  C'est le  travail minutieux d’un roi de la ruche qui aurait pris le pouvoir et qui de ses yeux d’insecte travaillerait à la loupe pour produire des diamants.  

 Une occasion pour le papyboom de replonger dans  sa jeunesse – lequel d’entre eux n’a pas acheté à l’époque un poster de Vazarely ?- et pour les plus jeunes de remonter le temps. L'exposition, sous le commissariat  du français Serge Lemoine, remonte en effet le temps, depuis les premiers essais du graphiste travaillant, dans les années 1930, pour des agences de publicité comme Havas, jusqu'à l'élaboration de l'alphabet plastique, en passant par la phase noir et blanc, les périodes Belle-Isle et Daguerre et le retour à la couleur.

Lors de notre visite des groupes d' enfants étaient  particulièrement fascinés par ces  compositions parfaites (les couleurs sont éblouissantes comme aux premiers jours)  où se combinent, s’emboîtent, se permutent et s’assemblent couleurs, formes et systèmes géométriques visuellement rayonnants. On est médusés par les palpitations, les pulsations, les embrasements de camaïeux de couleurs qui occupent la surface dans sa totalité, les illusions de tiroirs qui sortent et qui se transforment aussitôt en  chambres tricolores creusées dans la toile et qui résonnent dans le vide.

 À travers cette vaste sélection de peintures abstraites venues de toute l’Europe, l’univers de Victor Vasarely produira sur votre vision ses effets optiques toujours saisissants, et parfois hypnotisants. Comme cette très belle œuvre au centre de l’exposition faite de lignes noires mystérieuses sur une sorte de de paravent de verre. On oscille entre le futurisme et la grecque antique.

L’hommage rendu à ce grand artiste vous invite à redécouvrir le talent d’un peintre exceptionnel et une œuvre singulière, foisonnante, radicalement moderne  et certainement pas « has been ». Un très beau catalogue accompagne cette très belle exposition que nous avons tardé à vous présenter, mais… il est temps encore !

Bruxelles, Musée d'Ixelles, October 2013 - January 2014
Zurich, Museum Haus Konstruktiv, February - May 2014
Helsinki, EMMA, September 2014 - January 2015

http://www.museedixelles.irisnet.be/fr/bannerother/expositions/expositions-en-cours-1/vasarely-hommage

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administrateur théâtres

12272985487?profile=originalVoici une savoureuse infusion d’Agatha Christie, de costumes des années 40, de promenades dans les coulisses du Phantom of the Opera (on scrute quand même le lustre sous lequel on passe lors des déambulations), un soupçon du charme discret de « Remains of the Day » et un à-bras-le-corps avec le personnage principal de l’ « Inspector Calls » de JB Priestley, …que vous interpréterez vous-même! La morale de l’histoire s’avérera d’ailleurs être la même que celle de la première pièce en anglais que vous avez  dû lire jadis quand vous étiez au collège. Au collège ? Mais oui, c’est là que cela se passe ! Ou plutôt au théâtre du collège Saint-Michel où il vous sera demandé de résoudre l’énigme de qui a réellement tué le baron d’Arras, fraîchement réfugié dans le théâtre avec toute sa domesticité, sous l'occupation allemande en 1944.


Il n’y a pas de metteur en scène à féliciter mais toute une compagnie de gens du théâtre (quatre anciens de l'IAD), qui se connaissent bien et se plaisent à écrire et à jouer ensemble. La compagnie  LAZZI véhicule un art totalement vivant, plein d’humour et de brio, aussi éphémère que la musique d’un concert, mais combien vibrant. Chaque représentation est différente selon les réactions du public partagé en quatre groupes de spectateurs qui arpentent les lieux de la représentation. Le spectacle fut créé au château de Modave en 2003, un lieu certes riche en salons, corridors, chambres, bibliothèque et autres recoins secrets.


En 2013 c’est la découverte des dédales d’un autre lieu d’histoire, le Théâtre Saint-Michel, qui nous guette des caves aux combles… en passant par d’anciennes classes de ce collège mythique qui a vu s’écraser à deux pas de ses murs un V2 meurtrier en 1944. Le cœur du spectateur palpite d’ailleurs dès les premières sirènes, les mêmes que celles entendues par nos aïeux.


Les quatre groupes voient le spectacle dans un ordre différent, menés chacun par un domestique sarcastique en diable qui ferait bien dans un thriller. La proximité jette des frissons d’effroi. Il n’est pas interdit de prendre note - ce que firent certains, à tout hasard - et évidemment tout se résout à la fin, sur la scène principale, entre rires et larmes, sous le regard critique des quatre impayables domestiques. On a vite un suspect en tête… on a le temps d’échafauder entre les scènes et on a envie de se laisser prendre au jeu. Les spectateurs n’hésitent pas à confronter leurs impressions pendant leur périple labyrinthique. La fin du jeu est le nom d’une pièce célèbre d’Eugène Ionesco qui virevolte dangereusement sur un bouquet de citations musicales parodiques complètement surréalistes! Ouf un peu de détente en même temps que la morale de l’histoire!


12272985666?profile=originalEn plus de cette approche insolite, le public est comblé par la très belle dramatisation. Le majordome, Matthias fourbe et splendidement servile malgré la rage sociale qui lui étreint le cœur est plus vrai que nature sous les traits de Thomas Linckx. La baronne Marguerite prend des airs de Marlène, oscillant entre alcool et femme fatale ou femme délaissée. Elle est merveilleusement croquée par une excellente Evelyne Rambeaux. La gouvernante Adèle, qui n’a rien d’une grande sèche, s’est glissée sous les traits joviaux de Pascale Vander Zypen, une femme diabolique ? Tandis que son comparse, Christian Dalimier incarne parfaitement le grand échalas de peintre de salon, Henri Rolin, épuisé d’être aux petits soins d’un mécène qu’il méprise.

12272986660?profile=originalMalgré les pérégrinations, on ne perd jamais le fil de la toile où sont enfermés les personnages. Au contraire la mosaïque de la comédie de mœurs se fait de plus en plus lumineuse, jusqu’au(x) coup(s) de théâtre de l’apothéose. Mais qui a donc tué d’un coup de couteau dans le dos, le Baron d’Arras dans le bureau?


La mise en espace très habile des scènes recrée minutieusement l’atmosphère de l’époque. Clap, moteurs ! Va-t-on être filmés avec les acteurs? Un vidéaste n’a pas cessé d’accompagner le groupe rouge! Et finalement  le concept vivant du spectateur obligé d’arpenter l’énigme dans tous les sens, replongeant à chaque fois dans un nouveau bain de mystère, est  fort porteur. Si vous allez au théâtre pour vous endormir… c’est raté ! Le résultat est une pétarade de fiction romanesque et de petit bonheur théâtral de grande qualité. Entre nous, c’est vif, c’est enlevé, c’est acéré et grinçant à souhait, comme une ghost story! De quoi clore avec brio une année 2013 qui n’a pas toujours plu à tout le monde!

Quanddu 26 décembre au 31 décembre
Horaire20h15
Théâtre Saint-Michel
2 rue Père Eudore Devroye
1040 Bruxelles
Prix12-22€ / 14-24€ (le 31/12)
Réservation02 737 04 40
Réservation par emailbilletterie@theatresaintmichel.be

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administrateur théâtres

12272981453?profile=original

 LA GRANDE-DUCHESSE DE GÉROLSTEIN
Un spectacle sur-mesure pour vos fêtes de fin d'année!
Du 20 au 31 décembre 2013 au Théâtre Royal de Liège
Direction musicale: Cyril Englebert | Mise en scène: Stefano Mazzonis di Pralafera
Ou comment sabrer le champagne avec panache!

A la guerre comme à la guerre! Bruxellois, si vous voulez un dépaysement courrez à Liège, à pied, à cheval ou en voiture, en train pourquoi pas (ils font une offre à 5 euros aller-retour pour les fêtes, renseignez-vous à la SNCB!) Pas de traîneaux, y pas de neige! C’est à deux pas de la place de la République ou de la rue Joffre, des noms qui ont des airs de France, on s’y croirait déjà ! Où donc? Mais à l’Opéra, c’est là où l’on fête avec brio liégeois, l’Esprit Français. On y mange aussi, et délicieusement de surcroît, dans un valeureux décor fraîchement rénové digne des salles Viennoises, pour un prix très doux.

12272980299?profile=originalChorégraphies aux reflets passé-présent, musique des folies parisiennes, parole franche et légère, parodie au premier et au second degré sont au rendez-vous. En effet le directeur général de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège qui est aussi metteur en scène, remet l’œuvre au goût du jour, Frères Taloche  à l’appui pour la mise en abyme, ou abîme, comme vous voudrez, (on accepte les deux orthographes…) Quoi ? Un vieil opéra bouffe du Sieur Offenbach qui signa en 1866 un œuvre sulfureuse à propos de la hiérarchie dictatoriale et de l’esprit belliqueux des va-t’en guerre de l’époque, dans la plus pure tradition de l’opéra-comique. Il veut retrouver le genre primitif et vrai d’une grande musique qui amuse et qui émeut, où c’est le public raillé qui le louange ! « Napoléon III et l’impératrice Eugénie, le tsar Alexandre II, le prince Bismarck, les rois du Portugal et de Suède, le vice-roi d’Egypte ou le prince de Galles se pressent aux premières représentations de cet opéra-bouffe! Et pourtant à l’époque nul ne sera dupe: ils sont la cible d’Offenbach. Lui seul pouvait réussir le tour de force d’être adulé par ceux dont il s’inspirait si cyniquement! »

Stefano Mazzonis di Pralafera a décidé de monter une « Grande-Duchesse de Gérolstein » (1867) revisitée, en réécrivant le texte dans le style de la téléréalité culinaire (si cela vous dit quelque chose, sinon, allez juger sur pièce !) Après la mise en bouche succulente des frères Talochenous pénétrons dans les grandes cuisines de la duchesse avec moultes tables roulantes et fourneaux étincelants, un âtre dans lequel rôtit un agneau, des serveuses en noir et blanc, des poêlons de cuivre, des bacs de bière sur roulettes. « Dansons, dansons, c’est la danse du cuistot » chante une joyeuse foule de bon-vivants à cœurs déployés. Décors astucieux de Jean-Guy Lecat. Parfois, oui on chante, on boit et on danse par nostalgie de la fin-de-siècle ou pour des années folles à venir! Pour conjurer la guerre! Quand tout est perdu, il vaut mieux… rire!

act_1_3.jpg?width=452Le chef Boum (un  Lionel Lhote très  convaincant) se rengorge: « Qu’il est bon d’être MOI! » Tout un programme ! Mais pour le plongeur Fritz (Sébastien Broy, pour la première fois sur la scène de l’OPRLW) et sa chère Wanda (qui n’a rien d’un poisson, l’exquise Sophie Junker) : « Au diable la consigne et vive l’amour !». La Dame duchesse est bien en émoi, car elle veut son Fritz ! En tailleur de brocard jaune la dame au p’tit chien promène son Pékinois ou ce qui en tient lieu avec des airs de Madonna. Patricia Fernandez est débordante d’« esprit » regorgeant de lascivité et de sensualité. Son désir rime avec empire, sa dictature élève et abaisse ses serviteurs, la loi est au fond de la voix. « Ah que j’aime les militaires! » entonne-t-elle avec légèreté ! On est à deux pas de la guerre de 1870. Et nous « fêtons » bientôt le centenaire de 14-18… cette guerre qui a changé définitivement la face du monde! Et nous regardons impuissants, les images de conflits qui sévissent d’un bout à l’autre de la planète…

Même si la duchesse peut tout acheter selon son bon plaisir, cette jeune domestique, la petite Wanda, lui porte vraiment sur les nerfs! Mais c’est l’histoire du Sabre qui soudain fait resurgir la voix de nos aïeuls dont l’enfance a été bercée par ces musique de la Belle Epoque « Voici le sabre ; voici le sabre tu vas le mettre à ton côté ! » Tout-à-fait ce que chantait mon grand-père s’exclame une sexagénaire, pendant la pause, il m’en souvient encore! Ici la parodie de la parodie rend le spectacle encore plus pétillant qu’au temps des crinolines! La maîtresse de la chorégraphie est Laurence Fanon qui valse spirituellement entre jeux d’amour et de massacre…   

12272981885?profile=original La réécriture est très adroite, entre sabre, plumeaux, panache, cocarde, toque et tire-bouchon. On est franchement menés joyeusement en bateau! Le vocabulaire culinaire et militaire filent le parfait amour ! Immanquablement il y aura une histoire de vengeance, puisque dame Jalousie se cache dans tous les couloirs! Mais sur le ton de la fantaisie,  précise la Grande Dame ! « Il faut qu'il tombe, sous nos coups! » rugissent les conjurés déconfits (Paul, Puck et Redbul)! Ah la perte de pouvoir, quel détestable affront! Il y a ce superbe ballet de préparation de la chambre nuptiale du jeune couple  avec une troupe de danseurs fascinants. La chambre des mariés sera tour à tour envahie par les vœux de bonheur nuptial de l'armée de danseurs et par les cris d’une foule guerrière : « Au fourneau, au fourneau ! Il faut aller vaincre ou mourir ! »

part_1_4.jpg

  Il y a cette longue scène d’aveu pathétique où la duchesse s’adresse à Fritz pris au piège de son glorieux palace, et le supplie en cachant son identité : « Ah dites-lui que je l’aime et que je suis belle » ! Un air de nos aïeules ? Il y a les costumes inventifs de Jérôme Bourdin… Il y a cette finale de réalisme matérialiste : le bonheur est peut-être là, « quand on n’a pas ce que l’on aime, on aime ce que l’on a ! » Sagesse populaire, conclue par des folies bergères de Moulin ...Liégeois, tailles et couleurs de guêpes courte vêtues, très toniques qui vous donneront la frite! Il n’y a plus qu’à sabrer le champagne! Et joyeux centenaire à tous!

12272981283?profile=original(©Croisier)

LA GRANDE-DUCHESSE DE GÉROLSTEIN
Un spectacle sur-mesure pour vos fêtes de fin d'année!
Du 20 au 31 décembre 2013 au Théâtre Royal de Liège
Direction musicale: Cyril Englebert | Mise en scène: Stefano Mazzonis di Pralafera

Ou comment sabrer le champagne avec panache !

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/la-grande-duchesse-de-gerolstein

 

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administrateur théâtres

Georges Feydeau

Tailleur pour dames

Librairie Théâtrale, 1887.

 

Cette saison, Bruxelles fait la fête aux boulevards. On a mis en scène un bouquet  de vaudevilles étincelants, pas moins d’une douzaine.  Un antidote contre la dureté des temps? La similitude des époques, si bien raillées par James Ensor ? « Tailleur pour dames » de Georges Feydeau n’échappe pas à la règle des bons mots, de la vivacité du verbe, du langage perlé ou diamanté,  à vous de choisir! La caricature sociale  correspond  bien à notre 21e siècle débutant… L’emprise de l’argent, la souveraineté des vanités, les appétits du pouvoir couplés au sexe bien plus qu’à l’amour. La volatilité des couples, sans nul doute, une nouvelle moralité! Le cynisme, le sarcasme et le rire libérateur sont restés les mêmes dans notre monde survolté.  La langue chatoyante, par contre, est moins  courante à notre époque. Chez Feydeau elle prend des airs féeriques et fait  grand  bien à  entendre!

C’est ainsi que malgré le nombre d’œuvres proposées on se presse au guichet pour aller voir « Tailleur pour dames » de Georges Feydeau, au théâtre des Martyrs.  C’est une toute jeune compagnie qui a monté ce chef d’œuvre : « La Compagnie des abîmés » °2005. Ils sont  réjouissants, d’une tonicité et d’un enthousiasme contagieux. Nous les avons vus  dans leurs débuts au Théâtre Mercelis avec "Venise sous la neige". Un spectacle délirant à propos de Chouchous et de Chouvénie  qui  met en scène un dîner de  couples où l’une des convives s'invente une langue et un pays imaginaire. La soirée prend alors une tournure très houleuse et  tout vole en éclats comme dans tout vaudeville qui se respecte.

530496_10151812020912087_38321042_n.jpg?width=357Leurs talents explosent dans cette interprétation magistrale  et savoureuse  de « Tailleur pour dames ». Le décor ? Couleur « 50 shades of grey », cela vous dit quelque chose ? Il cache dans ses jupes des portes qui claquent tout à fait invisibles. Le plateau est une case d’un  damier noir et blanc où vont s’entredéchirer  messieurs et dames broyés dans le laminoir burlesque de l’infidélité. Jeu de dames oblige!  Les costumes aussi sont dans les teintes de gris noir ou blanc, à la façon des films muets. Esthétique très graphique et dictions parfaites virevoltent autour d’un divan rouge et rond comme une pomme perfide.  Au deuxième acte, quelques notes de bleu, le septième ciel ? …Dans un entresol improvisé, atelier de couturière désaffecté. Ah les voilà dans de beaux draps, ces personnages déchaînés,  splendidement costumés,  ayant tous  troqué leurs identités pour camoufler leurs méfaits conjugaux ! Unchain my heart !   Il faut suivre! Monsieur Machin, vous connaissez ? Médecin ou tailleur ?   Enlevez le bœuf, c'est de la vache ! Qui connait encore l’expression?  Allez vous ressourcer dans ce bonheur de scène de haute voltige ! Au troisième acte, retour à la case départ : vivent les postures et les impostures! Trois incomparables couples de scène: l’irrésistible Justine Plume et Gauthier de FauconvalCédric Lombard et Sylvie Perederejew, Nicolas Mispelare et  Elisabeth Wautier  et deux personnages totalement désopilants, la tyrannique Claudie Rion et Etienne, l’inénarrable valet, Mychael Parys.   A nouveau une splendide mise en jeu par Victor Scheffer, maintenant dans la très belle grande salle du théâtre des Martyrs!

http://fr.wikisource.org/wiki/Tailleur_pour_dames

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administrateur théâtres

A Robert Paul, special wishes for a special friend

 La fête de NOËL « Elle est, cette bonté folle, ce qu'il y a d'humain en l'homme, elle est ce qui définit l'homme, elle est le point le plus haut qu'ait atteint l'esprit humain. »

 

« Le temps glisse et frémissent les ruisseaux », du givre à la neige, voici bientôt N O Ë L !

Ce White Christmas rêvé qui dit notre besoin de renouveau, ce besoin, chaque année, d'une nouvelle  page blanche et immaculée où nous pouvons chacun écrire la suite de notre histoire ! Notre art de vivre et l'art dans notre vie. Notre empreinte d'humanité.

Les festivités de Noël  se préparent doucement et chaleureusement, nous fêtons tous Noël à notre manière.  A l’approche de la saison hivernale, sombre et glaciale, nous avons  tant besoin d'un peu de lumière et de chaleur!  Si nos  traditions et croyances nous séparent parfois, nous avons tous au moins un point en commun, le rêve du renouveau. L’espoir de la vie en germination.  L'approche des fêtes de Noël  correspond au solstice d'hiver, la nuit la plus longue de l'année.

Une nuit fertile  d’espoir fou, pour certains, la folie d'amour. Un choix de vie, un choix pour la Vie, un refus radical du mortifère. Comme par magie,  à partir de cette date, les jours rallongent,  le soleil renaît. Le renouveau du printemps est bien là: subversif,  invisible et souterrain. La chaleur des lumières allumées dans nos maisons et dans nos cœurs, nous apporte ainsi amour, lumière, chaleur et espérance.

Joyeux Noël à tous les amis Artistes de ce Réseau hors de l’ordinaire, fondé par l’Ami de tous, Robert Paul, le fondateur si éclairé. Qu'il reçoive nos profonds remerciements pour sa généreuse disponibilité …   Je lui offre, en cette troisième semaine de l'Avent,  avec toute ma gratitude et la vôtre, ce très beau White Christmas de 1942,

 

Deashelle

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administrateur théâtres

A Liliane

12272984254?profile=original Le Temps Du Givre:

Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
Feuille à feuille
Se défeuillent
Les saisons

Nul rivage n'a consolé
Ce fier navire en liberté
En liberté
J'ai mal noué le fil d'amarre
Et chaque port qui s'en empare
Le voit brisé
Maintenant la pluie de l'automne
Mouille les feuilles qui s'étonnent
De leur couleur
La fontaine a bu mon image
Et ma jeunesse est en voyage
À bout de coeur

J'ai mal rêvé dans mes silences
Et la musique de l'enfance
Me fait sanglot
J'ai mal joué, j'ai mal su vivre
Voici venir le temps du givre
À mes carreaux

Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
La la la...
Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
Feuille à feuille
Se défeuillent
Les saisons

Nul rivage n'a consolé
Ce fier navire en liberté
En liberté
J'ai mal noué le fil d'amarre
Et chaque port qui s'en empare
Le voit brisé
Maintenant la pluie de l'automne
Mouille les feuilles qui s'étonnent
De leur couleur
La fontaine a bu mon image
Et ma jeunesse est en voyage
À bout de coeur

J'ai mal rêvé dans mes silences
Et la musique de l'enfance
Me fait sanglot
J'ai mal joué, j'ai mal su vivre
Voici venir le temps du givre
À mes carreaux

Feuille à feuille
Se défeuillent
Les ormeaux
Le temps glisse
Et frémissent
Les ruisseaux
Note à note
Je dénote
Ma chanson
La la la...  
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administrateur théâtres

12272980290?profile=original12272981059?profile=original12272981273?profile=original12272982695?profile=original 

 La pièce « Boeing-Boeing »  de Marc Camoletti  (1960) a été joué plus de 20.000 fois en français. Traduite et jouée de Londres à New-York en passant par Singapour, elle a  aussi fait l’objet de plusieurs films  au cinéma.  A l’instar des fringantes héroïnes qui peuplent l’histoire, ce texte  a  donc fait le tour du monde. Il  séduit encore toujours par sa  tonicité, l’abondance des mensonges inextricables, les quiproquos et  les malicieuses méprises, les  chassés-croisés périlleux, les arrivées intempestives des dames et les  interminables départs qui risquent à chaque instant de faire capoter le bel ensemble mensonger du Sieur Bernard. Au tour de Bruxelles d’accueillir ce joyau du rire dans une distribution détonante.  

« Dona e mobile ! » Et si donc  l’homme réussissait à se contenter  d’une seule femme? Rien que par le caractère changeant des femmes n’a-t-il pas là déjà, tout un harem à sa disposition?  Mais Bernard (un intrépide Thibaut Nève) n’est pas de cet avis et a besoin, au quotidien, de variété féminine palpable et concrète. Il n’est donc pas marié - la polygamie étant interdite -  mais il  s’est trouvé trois exquises fiancées étrangères. Sa vie est réglée sur les horaires d’avions qui  lui amènent ses trois hôtesses de l’air à point nommé sans  risque de fâcheuses rencontres. Il tient un agenda d’une précision diabolique. Une américaine, une espagnole et une allemande s’installent  alternativement au logis, juste le temps de  lui faire jouer le rôle de l’homme de leur vie  … et de  redécoller aussitôt. Carpe diem ! A part que toutes veulent lui extorquer un contrat de mariage !  

Hélas tout est par terre le jour où son ami Robert (Antoine Guillaume) remonte de son Midi natal pour tâter de la capitale parisienne et s’installe chez lui. Mis dans le secret, il va donc être aux premières loges pour apprécier cette joyeuse façon de vivre et y participer bien malgré lui… car voici soudain que les compagnies aériennes ont acquis des appareils plus puissants et plus rapides. Qu’adviendra-t-il du bel équilibre galant ?   

Nathalie Uffner signe une mise en scène remarquable, pleine de  trouvailles. Jamais cela  ne s’essouffle, le rythme devient de plus endiablé, pas de danse couleurs locales à l’appui. Tous les dérapages sont magnifiquement contrôlés.  Inutile de dire que les trois nationalités sont elles-mêmes  une source inépuisable de délire humoristique. Les stéréotypes arpentent le plateau  avec une rare candeur. Delphine Ysaye  fait une Américaine haute en sensualité et en verbe,  délirante d’assurance et de féminisme haut placé.  Myriem Akheddiou incarne une brûlante Espagnole, Juanita, plus explosive et passionnelle que jamais, tandis que Catherine Decrolier (notre préférée) joue  une Judith allemande totalement dévergondée et lascive qui fait tourner l’ami Robert en bourrique consentante. Sera-t-il le seul à l’être ?  

Comme dans tout vaudeville qui se respecte, la bonne, devenue spécialiste en plats internationaux, est imperturbable (ou presque), admirablement  revêche et grognon. Elle est le ciment  indispensable  à ce bel édifice.  L’époustouflante Odile Mathieu est une maîtresse femme qui ne mâche pas ses mots et se lance dans la manipulation pour  augmenter ses gages. Bernard,  Un manipulateur manipulé ?  C’est drôle, spirituel, volubile,  magnifiquement enlevé et distrayant à souhait. Et cela plaît énormément au personnel nostalgique de la Sabena invité dans la salle qui en profite pour remettre, qui son costume de commandant, qui son costume de chef de cabine vert sapin et bleu profond… et se rencontrer pour parler avec légèreté du temps passé et échanger avec un public attendri!

12272982253?profile=original

http://www.ttotheatre.com/programme/boeing-boeing

 

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administrateur théâtres

12272977657?profile=original12272977869?profile=original

Voici un Sacha Guitry tout ébaudi par son rêve d’amour. En plein milieu de la terrible guerre, il nous livre quelques bouffées d’insouciance dites par un chaleureux Don Juan amoureux de son rêve et fort attendrissant. On est prêt à le croire! « Faisons un rêve » fut crée au théâtre des Bouffes-Parisiens en 1916. Sacha dans le rôle de l’amant, bien sûr, Charlotte Lysès, sa première femme dans le rôle de la femme et Raimu dans celui du mari. Sa pièce la plus jouée sera reprise plus tard par un trio d’envergure: Robert Lamoureux, Danielle Darieux et Louis de Funès en 1957. Elle n'a cessé de passionner le public depuis, c'est une pièce qui ne vieillit pas.

12272977895?profile=originalComédie Claude Volter, décembre 2013. La scénographie de Noémie Breeus fait revivre un splendide décor des années 20 avec Sydney Bechet en trame musicale. La beauté et le luxe font plaisir à l’œil. Un divan art-déco porteur de livres se transforme au deuxième acte en couche extra-maritale, bouquet de lys virginaux à l'appui. Des objets précieux, un  meuble Boule, une vitrine d'objets en argent et des jeux de lumière tamisés qui rendent les femmes si belles. Le tout rappelle le raffinement exquis d'un appartement bourgeois à deux pas du Boulevard Haussmann! Un écrin pour que se développent la séduction de l'amant et l'éblouissement progressif de la femme... Deux rôles qui vont comme un gant au comédien Michel de Warzee et à la fine et spirituelle Stéphanie Moriau. L'intrigue est simple: la femme mariée se réveille affolée chez son amant et le mari arrive lui aussi ayant découché  et sollicite un alibi...auprès de l'amant! Les répliques sont délicieuses. Le long monologue du Don Juan du deuxième acte est une véritable page d'anthologie à propos de l'attente et de l'impatience. C'est plein d'humanité tout en faisant  fuser les rires. Les interventions du majordome (Sergio Zanforlin), les aléas des pneumatiques, ceux du téléphone relié à une standardiste, le taxi dans lequel roule un russe émigré, tout contribue à peindre une époque victime de ses inventions et toujours à la recherche d'elle-même, tout comme la nôtre.

12272979260?profile=originalLe spectacle vous embarque dans du léger, dans le charme désuet de la bourgeoisie... revisité avec grand bonheur théâtral. Le mari, un méridional naïf et  mauvais menteur incarné par Bruno Georis est très bien campé. Les timbres de voix sont  bien posés, le ton est naturel,  les postures et la gestuelle sont étudiée dans les moindres détails ( tout comme le décor) les regards se noient dans le pétillement de l'amour et celui des mots. Le plaisir du spectateur se mesure à l'aulne du rêve... Le jeu trempe ses racines dans la rêverie duelle: une fantaisie où langue et théâtre se donnent la main pour mieux dire les variations de l'amour et comment le dire.

12272979092?profile=originalSi tu veux, faisons un rêve :

Montons sur deux palefrois ;

Tu m'emmènes, je t'enlève.

L'oiseau chante dans les bois.

Je suis ton maître et ta proie ;

Partons, c'est la fin du jour ;

Mon cheval sera la joie,

Ton cheval sera l'amour.

Nous ferons toucher leurs têtes ;

Les voyages sont aisés ;

Nous donnerons à ces bêtes

Une avoine de baisers.

Viens ! nos doux chevaux mensonges

Frappent du pied tous les deux,

Le mien au fond de mes songes,

Et le tien au fond des cieux.

Un bagage est nécessaire ;

Nous emporterons nos vœux,

Nos bonheurs, notre misère,

Et la fleur de tes cheveux.

Viens, le soir brunit les chênes ;

Le moineau rit ; ce moqueur

Entend le doux bruit des chaînes

Que tu m'as mises au cœur.

Ce ne sera point ma faute

Si les forêts et les monts,

En nous voyant côte à côte,

Ne murmurent pas : « Aimons ! »

Viens, sois tendre, je suis ivre.

Ô les verts taillis mouillés !

Ton souffle te fera suivre

Des papillons réveillés.

L'envieux oiseau nocturne,

Triste, ouvrira son œil rond ;

Les nymphes, penchant leur urne,

Dans les grottes souriront ;

Et diront : « Sommes-nous folles ! »

C'est Léandre avec Héro ;

En écoutant leurs paroles

Nous laissons tomber notre eau.

Allons-nous-en par l'Autriche !

Nous aurons l'aube à nos fronts ;

Je serai grand, et toi riche,

Puisque nous nous aimerons.

Allons-nous-en par la terre,

Sur nos deux chevaux charmants,

Dans l'azur, dans le mystère,

Dans les éblouissements !

Nous entrerons à l'auberge,

Et nous parlerons à l'hôtelier

De ton sourire de vierge,

De mon bonjour d'écolier.

Tu seras dame, et moi comte ;

Viens, mon cœur s'épanouit ;

Viens, nous conterons ce conte

Aux étoiles de la nuit. (Victor Hugo)

Du Mercredi 4 décembre au Mardi 31 décembre 2013

http://www.comedievolter.be/index.php?page=faisons-un-reve

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administrateur théâtres

12272976692?profile=original12272977453?profile=original12272979888?profile=original12272980084?profile=originalLe  nouveau Musée de Bruxelles :  le « Musée Le Fin-de-Siècle Museum »

Après l'inauguration en 2009 du « Musée Magritte»,  dont les recettes témoignent de l’excellente santé touristique, voici  enfin inauguré depuis le 6 décembre 213, le « Musée Le Fin-de-Siècle Museum ».

Il fait partie des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB).   Il a pris ses quartiers dans les salles de l'ancien Musée d'Art moderne qui n'avaient plus été rénové depuis 1989 et fut  fermé depuis février 2011. De nombreuses plaintes se sont succédées, estimant que Bruxelles, capitale de l’Europe, se devait de  posséder un musée d’Art moderne digne de ce nom.

12272978275?profile=originalCONSTANT MONTALD, Nymphes dansant, v. 1898, huile et détrempe sur toile.

 Enfin !  Plus de 400 œuvres allant de 1865 (date de la fondation du  cercle artistique la Société libre des Beaux-Arts) à 1914  sont désormais exposées sur quatre niveaux et  un espace de 4.500 mètres carrés. Nous  ne possédons pas comme en France  la verrière lumineuse  d’une  gare d’Orsay pour accueillir les merveilles de nos années 1900 mais vous viendrez  néanmoins admirer des  artistes comme Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren, James Ensor, Fernand Khnopff et son célèbre tableau énigmatique « Les caresses », Léon Spilliaert, Victor Horta, Octave Maus, Henri Van de Velde, Maurice Kufferath, Guillaume Lekeu... Vous découvrirez les instants fugitifs et grandioses des marines de Louis Artan.  De belles  confluences se retrouvent avec des œuvres d’artistes étrangers tels que  Paul Gauguin, Auguste Rodin, Georges Seurat ou Pierre Bonnard.

12272980893?profile=originalPierre Bonnard : « Nu à contre-jour », ca. 1908

Cette  nouvelle institution culturelle belge met en évidence une  Belgique des plus rayonnantes sur le plan culturel à cette brillante époque et se veut très éclectique. Une des  salles est aussi  prévue pour des expositions  temporaires. Cette salle accueille dès aujourd’hui la dernière (26e) exposition à ouvrir ses portes  dans le cadre d’Europalia. Une exposition consacrée à  des photographes d’époque qui ont rapporté vers l’Occident les premières photos du Taj Mahal et de la vie quotidienne en Inde  en 1900.

Une section entière de cette entité muséale est consacrée à 230 œuvres Art-déco issues de la collection cédée par la famille Gillion Crowet  qui seront exposées en permanence dans ce nouveau musée : vaisselle, mobilier, vases d’une incomparable beauté. Cet ancien ensemble privé regroupe plus de 100 verreries (Gallé, Decorchemont, Daum, Val Saint-Lambert), des pièces d’orfèvreries (Wolfers), de mobilier (Majorelle, Gallé et Horta) et de nombreux tableaux (Khnopff, Mellery, Carlos Schwabe, Mossa et Delville). Un don d'un million d'euros a permis de dessiner l'architecture de la salle et la collection est estimée à 20 millions d'euros. Une salle entière est consacrée à James Ensor. Une autre à Spilliaert.

 Le caractère pluridisciplinaire est évident. C’est ce qui attire  en particulier le visiteur étranger.  La Monnaie a prêté des enregistrements et des maquettes sur l’opéra de l’époque. Le musée du Cinquantenaire prête une partie de sa collection de photographies anciennes. La Bibliothèque Royale expose de précieux documents littéraires. La Cinematek projette de petits films du début du 20e siècle. Des écrans tactiles permettent d’explorer des édifices Art-Nouveau caractéristiques de la Fin-de-Siècle dont la bourgeoisie florissante de l’époque s’enorgueillit et se passionne.

12272977488?profile=originalEugène LAERMANS (1864 - 1940), Les émigrants, 1894, Huile sur toile, 150 x 211

De l’impressionnisme au  réalisme social de Constantin Meunier et d’Eugène Laermans ou de Léon Frédéric, au post-impressionnisme, partout souffle l’esprit d’avant-garde de l’époque. Tandis que l’onirisme des  nymphes gracieuses du peintre symboliste  Constant Montald  fait rêver et songer à ce que peut être un âge d’or. « Age éblouissant mêlant décadence et espoir, splendeur et mélancolie, l’art «fin-de-siècle» rassemble un grand nombre de chefs-d'œuvre de la création belge et européenne entre 1880 et 1914, dans les différentes disciplines artistiques (la peinture, l’architecture, la photographie, les arts décoratifs, la littérature, l’opéra et la musique). » L’objectif  a été  de redéployer les collections fédérales en unités muséales précise Michel Draguet, directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts et de présenter Bruxelles au visiteur  comme le carrefour  de l’effervescence créative  de l’Europe. Le salon des XX (1883-1894) et La Libre esthétique (1894-1914) des courants particulièrement ouverts sur les artistes étrangers.

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Fernand KHNOPFF (1858 - 1921), Des caresses, 1896, Huile sur toile, 50.5 x151

La réorganisation des collections publiques se poursuivra avec l'inauguration en 2016 d'un nouveau musée consacré aux œuvres postérieures à 1914, a assuré Michel Draguet. Cela étant, de nombreuses instances culturelles continuent à  déplorer le manque de moyens financiers et humains  mis à la disposition des musées pour entretenir les trésors inestimables  que recèlent leurs caves, où la conservation même des œuvres devient un sérieux problème. Les infrastructures ouvertes au public sont elles aussi menacées par la vétusté  … ou les  infiltrations d’eau. On est encore sous le coup de la fermeture de la splendide exposition L'HERITAGE de Rogier van der Weyden  qu’il a fallu fermer précipitamment  après quelques semaines à peine  d’ouverture,  pour cause d’insalubrité pour les œuvres exposées.  L'œuvre d'une vie de deux chercheuses émérites, le Dr Véronique Bücken et le Dr Griet Steyaert.   Hélas, on ne peut imputer ces situations dramatiques  qu’à  à la  complexité  du système de gestion mais surtout à  un manque chronique d’intérêt de la part des instances politiques.  

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Paul Gauguin, Le calvaire breton, Le Christ vert, 1889

Huile sur toile, 92 x 73,5 cm © MRBAB, SABAM 2011, [Photo d'art Speltdoorn & Fils]

 

http://www.fine-arts-museum.be/fr/les-musees/musee-fin-de-siecle-museum

Musée Fin-de-Siècle Museum

rue de la Régence, 3
1000 Bruxelles
+32 (0)2 508 32 11
http://www.fin-de-siecle-museum.be
info@fine-arts-museum.be
Itinéraire

http://visitbrussels.be/bitc/static/front/img/db/ContentArticle_408/img_6882.pdf

 

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administrateur théâtres

 Jean et Irène Ransy ayant laissé leur oeuvre et leurs avoirs à la Province de Hainaut, en souhaitant l'attribution d'un prix de peinture figurative, il est institué par décision testamentaire un concours biennal dénommé Prix Jean et Irène Ransy—Prix de peinture figurative dont l'organisation est confiée au Secteur des Arts plastiques de Hainaut Culture Tourisme.

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Vous êtes peintre figuratif, âgé de moins de 45 ans, né ou résidant en Belgique depuis au moins trois ans ? Le Secteur des Arts plastiques de Hainaut Culture Tourisme lance l’édition 2014 du prix biennal Jean et Irène Ransy.  

Inscrivez-vous avant le 27 janvier ! Une exposition collective et 5.000 euros à remporter.


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Ce concours a pour vocation de mettre en évidence la pratique de la peinture figurative comme moyen d’expression de l’art actuel en offrant aux plasticiens l’espace et les moyens de présenter leur travail au public à l’occasion d’une exposition collective. Le lauréat recevra une somme de 5.000 euros destinée à l’aider dans son projet artistique. Un jury d’experts établira une présélection sur base des dossiers reçus et le lauréat sera proclamé lors du vernissage de l’exposition en mars 2014 (lieu à déterminer en Province de Hainaut).


Plus d'information sur : artsplastiqueshainaut.tumblr.com

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administrateur théâtres

              "Roméo et Juliette" de  Charles Gounod à l'Opéra Royal de Liège. Roméo et Juliette, Opéra en un prologue et cinq actes, Livret de Jules Barbier et Michel Carré d'après Shakespeare,  créé à Paris au Théâtre-Lyrique le 27 avril 1867

la-coupole.jpg?width=250Mise en scène
Arnaud Bernard
Décors et Costumes
Bruno Schwengl
Lumières
Patrick Méeüs
Maître d'armes
André Fridenbergs

Juliette
Annick Massis
Roméo
Aquiles Machado
Stephano / Benvolio
Maire-Laure Coenjaerts
Frère Laurent
Patrick Bolleire
Tybalt
Xavier Rouillon
Mercutio
Pierre Doyen
Le comte Capuletopera-royal-de-liege.jpg?width=250
Laurent Kubla
Gertrude
Christine Solhosse
Gregorio
Roger Joachim
Le Duc de Vérone
Patrick Delcourt
Le comte Pâris
Benoît Delvaux
  
Orchestre et Chœurs de L'Opéra Royal de Wallonie
Chef des chœurs
Marcel Seminara
Direction musicale
Patrick Davin

 Dans le silence pacifique d’un immense écran bleu, deux amoureux se dévorent de désir cependant que rugissent des batailles  de rues  de jeunes jouvenceaux armés d’épées, une victime est déjà au sol. L’Amour et la Haine sont en présence. Le prologue commence. Le très sensible Patrick Davin,  à la direction musicale de l’orchestre, préfigure déjà avec grande finesse toute la dramaturgie  de Roméo et Juliette, où se mêlent l’amour désarmant et pur, la sensualité, le tragique et les féroces rivalités ancestrales avides de sang.  Les combats reprennent de plus belle. Cymbales, cuivres tragiques, cris, il y a maintenant six victimes et la septième s’écroule sans vie tuée par un mort vivant. Le chœur bordé des pleurs de harpe soupire comme dans les tragédies antiques : «  Vérone vit jadis deux familles rivales, Les Montaigus, les Capulets, De leurs guerres sans fin, à toutes deux fatales, Ensanglanter le seuil de ses palais. »

On sait que le livret de Gounod est au plus proche de la pièce de Shakespeare, et cela fait grand plaisir. Les personnages auront une profonde authenticité sans aucun chiqué, Ils sont fabriqués avec le tissu même de la réalité et des émotions humaines. Dès son apparition, Juliette est flamboyante, spontanée et gaie comme la jeune Juliette adolescente. « Tout un monde enchanté semble naître à mes yeux! Tout me fête et m'enivre! Et mon âme ravie S'élance dans la vie Comme l'oiseau s'envole aux cieux! » Juliette vocalise sur la harpe comme un oiseau posé sur la branche. Son ariette joyeuse émeut : « Je veux vivre, Cette ivresse De jeunesse Ne dure, hélas! qu'un jour! Puis vient l'heure Où l'on pleure, Le cœur cède à l'amour Et le bonheur fuit sans retour. Ah! - Je veux vivre! » Elle respire longtemps la rose dans une dernière vocalise.  La voix parfaite d’Annick Massis rayonne d’amour et de douceur.   Après la tendre scène du balcon où elle envoie son mouchoir à Roméo, la scène  de la bénédiction nuptiale par  le frère Laurent émeut profondément par l’espoir infini et insensé qu’elle inspire et par sa  profonde simplicité.  Une scène qui revêt les  qualités du sacré : c’est le recueillement absolu. Le frère Laurent, notre préféré, Patrick Bolleire,  en impose par  une  voix fabuleusement grave,  des gestes et  une  stature paternelles. Au quatrième acte  Juliette est devenue une  femme déterminée et profonde et sa voix s’élargit, s’assombrit et intensifie ses aigus puissants.  

Le personnage de Roméo (Aquiles Machado) se montre jovial et naturel et ne sombre jamais dans le mélodrame à défaut d’incarner  physiquement un jeune  jouvenceau.  Heureux caractère, il reste   candidement  illuminé par l’amour  et en oublie de répondre aux insultes de Tybalt (un excellent Xavier Rouillon). Ce n’est que lorsque Mercutio (Pierre Doyen) expire et que le silence de mort se fait que Roméo ose laisser libre cours à sa colère, suite à  un prélude orchestral  particulièrement lugubre.  « Remonte au ciel, prudence infâme, Tybalt il n’est ici d’autre lâche que toi !»  C’est un  amoureux plein de lyrisme que nous  voyons  dans la scène du balcon « De grâce demeurez ! Effacez l’indigne trace de la main par un baiser!»  et il est très  touchant lorsqu’il tombe à genoux en chantant « laisse-moi renaître un autre que moi! » Deux très beaux  rôles principaux émergent également, celui de la nurse et celui du père de Juliette, sa mère ayant été passée aux oubliettes par Gounod.  Une truculente Gertrude incarnée par Christine Solhosse et le père par Laurent Kubla.   

La poésie du livret touche autant que la musique qui oscille entre drame et lyrisme. La mise en scène contribue beaucoup à un sentiment d’harmonie et d’équilibre entre l’intime et les scènes  spectaculaires épaulées par la présence dramatique des chœurs.  Hommes et femmes de la maison Capulet  soulignent de façon très vivante et graphique  toutes les scènes de violence. Les scènes de combat mortel et de double mise à mort dans une lumière incandescente semblent réglées par le destin lui-même. La scène où le duc (un auguste Patrick Delcour) rend justice est aussi très impressionnante.  

 Les costumes sont d’époque, le faste des palais de Vérone  est bien esquissé mais de façon très aérienne et sobre. La cellule de Frère Laurent est un  laboratoire d’alchimie  perdu dans l’immensité bleue. La chambre de Juliette qui accueille la nuit d’amour est à la fois  épurée et symbolique: la couche d’un blanc immaculé est entourée d’un lys dans un grand vase à gauche et un cierge à droite. Leur duo bouleversant (Nuit d’hyménée, douce nuit d’amour) se conclut par la phrase désespérée «Non ce n’est pas l’alouette, c’est le doux rossignol, confident de l’amour! » La scène de l’union de Juliette au comte Pâris devant les prêtres est aussi un tableau inoubliable. Cette scène ménage un lent et douloureux suspense  lorsque  les innocentes  petites demoiselles d’honneur déroulent le   triste voile nuptial  dans la magnificence dorée  de la  musique jouée  à l’orgue. « Une haine  est  le berceau de cet amour fatal, que le cercueil  soit mon lit nuptial. » chante Juliette avant de s’écrouler, une phrase  prémonitoire et déchirante qu’elle avait déjà chanté au début.  Et dans la lueur des bougies autour du tombeau qui a remplacé la couche de Juliette, c’est le souvenir poignant  de leur nuit d’amour qui les réunit dans la mort « non ce n’est pas l’alouette, c’est le doux rossignol … Seigneur, pardonne-nous! » Ils ont fui hors du monde. Hors d’atteinte de la haine.

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Regardez les photos: http://www.operaliege.be/fr/photos/romeo-et-juliette-acte-ii-0

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12272971263?profile=originalJOYEUSES PÂQUES (CENTRE CULTUREL D'AUDERGHEM)

 

 « JOYEUSES PÂQUES » La pièce de Jean Poiret créée  en 1980 au Théâtre du Palais Royal de Paris  a été reprise par une troupe étincelante (Roland Giraud et Maaike Jansen dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau) et a été  présentée en avant-première parisienne au centre Culturel d’Auderghem devant un public aussi joyeux que le titre.

  On rit beaucoup. Car il s’agit du  mécanisme du rire originel. Gros plan sur le mensonge inénarrable du personnage principal affecté du démon de midi et splendidement lâche.  Pendant le week-end de Pâques, suite à une grève d’avion sauvage, Sophie (Maaike Jansen) surprend son mari Stéphane en compagnie d’une toute jeune femme, belle à croquer dans leur appartement, à une heure totalement  indue et qui ne sait pas où dormir car elle vient de rompre !  Stéphane finit par présenter Julie comme sa fille cachée, née d’un précédent mariage dont il n’avait jamais parlé. Pas si mal trouvé que cela! Vu que la réalité rejoint vite la fiction! Sophie qui,  dès le début, n’est  nullement  dupe va  se délecter et pousser dans ses ultimes retranchements l’homme qui ment et qui  s’empêtre dans ses inventions. A s’en étrangler de rire pour le spectateur ! Roland Giraud incarne le piteux mari de façon remarquable. Costumes très soignés  et décor  Art déco fort élégant.

 Le rythme du spectacle s’enfle dans un crescendo déchaîné qui mène aux frontières de l’absurde et le spectateur jubile ! L’homme est désarmant de naturel… doué d’autodérision, certes, mais  pathétique dans son ardeur et son incapacité  à cacher son aventure. Julie (Marilyne Fontaine) est  craquante d’authenticité et de vraisemblance dans  ce rôle d’étudiante années 2010 qui lui va comme un gant ! Elle a un de ces toupets extraordinaires. Une  façon de s’installer chez le quinquagénaire,  de créer une atmosphère ambiguë tout en n’ayant pas l’air d’y toucher, de croquer une pomme…avec le charme et la provocation qu’il faut. On pense tout de suite  à la pièce anglaise «  Educating Rita » ! Et de  se jeter sur le divan et  d’étudier ses postures et ses répliques  irrésistibles!

Elle est finalement tellement délicieuse que Sophie fait tout pour la garder d’abord  à dîner,  puis à dormir, et la prendrait bien sous son aile comme fille putative. Sophie est une femme de prestance  à la féminité solaire, qui pourfend les faux semblants et met à jour toutes les hypocrisies avec une palette d’émotions virevoltantes. Aparté avec le public : « J’aimerais voir comment mon mari va s’en sortir tout seul ! »    Elle fait rires aux larmes. Le verbe est spirituel et le jeu scénique est juste et bien étudié!  Elle possède à fond, tout comme son partenaire l’art de la comédie! Et la fin?  C’est un  miroir, où les hommes aimeront se voir et s’admirer!   

 

Mais on rit moins lorsque l’on sait que ce couple d’acteurs éblouissants, mariés dans la vie, ont dû faire face à l’impensable. Frappés par la mort brutale et inexpliquée de leur fille Géraldine, en 2004, Roland Giraud et son épouse Maaike Jansen, tous deux âgés de 71 ans,  trouvent  dans le théâtre un moyen de survivre à  leur douleur. L'acteur était monté sur scène le soir-même de la découverte du corps de son enfant : "J'étais aidé. Par ma fille, qui n'aurait pas aimé que je sois effondré", explique-t-il dans son livre « En toute liberté ». Les planches sont salutaires et il y a retrouvé sa femme pour cette nouvelle pièce, « Joyeuses Pâques » qui va se jouer, après Bruxelles,  en 2014 au Théâtre du Palais Royal de Paris.  Nos rires se doublent évidemment  d’émotion  et de tendresse  pour ce couple de comédiens qui affronte les planches tous les soirs avec un indéniable talent et célèbrent avec tant de conviction leur crédo dans  l’humanité du  théâtre. Une manière  pour eux d’affronter l’impensable. 

http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/paris-theatre-1314/details/211-joyeuses-paques.html

 

 

Genre : Comédie
Auteur : Jean POIRET
Mise en Scène : Jean-Luc MOREAU
Assistant Mise en Scène : Anne POIRIER-BUSSON
Musiques : Sylvain MEYNIAC
Costumes : Emmanuel PEDUZZI
Décor Charlie MANGEL
Avec : Roland GIRAUD, Maaike JANSEN, Sophie ARTUR, Olivier PAJOT, Isabelle TANAKIL, Claire CONTY, Xavier DELAMBRE et Marilyne FONTAINE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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la_dame_def_sans_vignette.jpg?width=280Le quotidien bourgeois du début du XX° siècle s’expose sur toutes ses coutures en cette saison au théâtre du Parc et jusqu’au 31 décembre !  « LA DAME DE CHEZ MAXIM » est l’un des joyaux de l’écriture de Georges Feydeau, une comédie burlesque au souffle épique  qui dénonce  le caractère grotesque, sinon absurde du conformisme social.

 En piste : Une Môme de Paris couleur crevette (une impayable Julie Duroisin) qui jongle avec la langue du ruisseau comme avec  celle de l’art poétique de Boileau ! « Non mais ! » Et qui enfile les cœurs des messieurs comme des perles en faisant révérences irrévérencieuses « et vas-y donc c’est pas mon père ! »  Elle va ébranler l’édifice tranquille d’un couple de la  bourgeoisie parisienne  bien-pensante.  La femme docteur Lucien  Petypon (prononcer « petit ») est certes une vielle toupie dévote qui adore le surnaturel  et croit aux apparitions religieuses ( Anne-Pascale Clairembourg, craquante étude de caractère). 5..JPG Ce médecin (un Stéphane Fenocchi d’une formidable humanité), flanqué de son ami Mongicourt (Nicolas Ossowski) se veut moderne et est prêt à utiliser le fameux  « fauteuil extatique » lors de ses séances de bistouri, une application moderne des recherches qui se font à l’époque, à Vienne. Allusion non déguisée aux méthodes du fondateur de la psychanalyse et utilisation récurrente de l’objet à des fins du plus haut comique de situation.  Mais là n’est pas la question. Le comique qui tourne au cauchemar est celui du  pauvre toubib - noceur d’un soir – qui va payer très  cher son unique écart nocturne avec la Môme Crevette. Entraîné dans l’aventure par son ami  et va entamer une chute aux enfers fulgurante dès le saut du lit, ou plutôt de la carpette. Pris en otage par  la jeune danseuse, il va devoir  faire bonne figure face à un oncle, le général Petypon  du Grêlé (John Dobrynine) venu lui demander d'assister au mariage de sa jeune pupille Clémentine avec l’un de ses officiers nommé Corignon (Sébastien Schmit), ex-amant de ladite Crevette. Décidée à se venger de l’abandon de celui-ci, la Môme Crevette va se faire passer pour la femme du docteur. La voilà  invitée  à la  noce, bien contre le gré du médecin qui n’arrive pas à arrêter la machine infernale dans laquelle il a été embarqué. C’est une occasion rêvée pour la Môminette  de se moquer de  la bêtise des dames  de province. 6..JPGElle ne se gêne nullement  pour  leur chanter à tue-tête une des  pépites de la chanson grivoise : Le Bonheur d'être demoiselle.  9..JPG Un  moment inoubliable, sans rien de vulgaire, qui fait  se  plier de rire le public du théâtre du Parc en entier. Un autre thème dans cette joyeuse partition est l’imminence perpétuelle de duels pour dettes d’honneur qui assaillent le pauvre mari, lui qui ne ferait pas de mal à une mouche!

 10..JPG Une cascade d’imbroglios et de coups de théâtre se succèdent à un rythme  de plus en plus effréné. Gabrielle, la très dévote  mère tourière  épouse du docteur est partout et le  pauvre  homme s’évertue à empêcher qu’elles se rencontrent. L’homme est ballotté comme un  jouet  dans l’océan de quiproquos par un destin comico-cynique. La mécanique de Feydeau est implacable. A la fin il n’y a pas assez de portes pour faire surgir les personnages en folie, ils tombent des murs, du ciel presque et viennent atterrir sur le dur plancher de la réalité. La mise en scène est  non seulement un  va et vient fulgurant entre portes tronquées, trappes, escaliers et cabinets dérobés mais elle  bouleverse les codes habituels du boulevard par les  mille et un détails inventifs qui cernent le cauchemar et frisent la folie. Avec  la metteuse en scène géniale qu’est Miriam YOUSSEF, on pénètre de l’autre côté du miroir. Et vous emporterez avec vous l’image inoubliable du  dernier tableau qui  est d’une qualité onirique à couper le souffle! Joli début d’année 2014, si vous y allez le 31 !

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2013_2014_002

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administrateur théâtres

12272969867?profile=originalJournée internationale des droits de l'enfant

La journée internationale des droits de l'enfant est la date anniversaire de la signature de la Convention internationale des droits de l'enfant le 20 novembre 1989 par 191 pays.

En 1954, l’Assemblée générale des Nations unies recommande que tous les pays instituent une Journée mondiale de l’enfance, sans pour autant en fixer le jour. Le choix du 20 novembre fait référence à la Convention internationale de droits de l'enfant du 20 novembre 1989, dont la date fait référence à la Déclaration des droits de l'enfant du 20 novembre 1959.

À cette occasion, un certain nombre d'événements sont organisés par les acteurs du monde de l'enfance.

Et nous, que faisons-nous? Allons-nous rester alertes au-delà de cette date symbolique?

Une convention et des droits

La Convention Internationale des Droits de l'Enfant est un texte de 54 articles, adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989. Elle affirme qu'un enfant n'est pas seulement un être fragile qu'il faut protéger mais que c'est une personne qui a le droit d'être éduqué, soigné, protégé, quel que soit l'endroit du monde où il est né. Et aussi qu'il a le droit de s'amuser, d'apprendre et de s'exprimer. Elle a été ratifiée par 191 pays sur 193. Seuls la Somalie et les États Unis ont refusé de s'engager.

Ce texte est très important, mais pas suffisant : il reste beaucoup à faire pour faire des droits des enfants une réalité. Les droits ne sont réels que dans la mesure où ils sont mis en pratique, pour les enfants comme pour tous. Promouvoir les droits des enfants, c'est tout d'abord créer les conditions sociales, économiques et culturelles afin que tous puissent y accéder. C'est à ce prix que les droits de l'enfant seront véritablement respectés.

L'UNESCO a toujours accordé une place significative à l'enfant au sein de ses programmes et de ses activités, qui visent notamment au développement optimal de la personnalité dès la petite enfance, au progrès social, moral, culturel et économique de la communauté, à l'appréciation des identités et valeurs culturelles, et à la sensibilisation au respect des droits et des libertés fondamentales.

La situation en France et dans le monde

La promotion et le respect des Droits de l'Enfant ne doit pas rester un simple idéal, mais doit devenir une réalité au quotidien, que soient enfin reconnus les droits essentiels de l'enfant : droit à la protection, droit à la santé, droit au développement harmonieux, droit à la culture, droit à l'éducation.
Enfant en France :

  • Un million d'enfants pauvres
  • 19.000 enfants maltraités
  • 76.000 sont en danger dans un contexte familial dégradé et qui menace leur développement éducatif et/ou matériel
  • quelque 240.000 enfants placés ou pris en charge
  • 85 000 sont touchés par le saturnisme
  • record des suicides des 15-24 ans.
  • 150 000 filles et garçons quittent chaque année le système scolaire sans aucune perspective
  • 15 000 ne suivent pas leurs cours alors qu'ils sont inscrits au collège ou au lycée et qu'ils n'ont pas encore 16 ans.
  • 15 % des enfants qui arrivent au collège ne comprennent pas ce qu'ils lisent

Même si la France traite globalement bien ses 15 millions de moins de 18 ans, elle "peut mieux faire", résumait récemment le Conseil français des associations pour les droits de l'enfant (Cofrade).

Le 14 décembre, l'Unicef sortira son rapport annuel intitulé "Enfants exclus, enfants invisibles", sur les enfants qui ne sont pas enregistrés à l'Etat civil ou les enfants de la rue. Fin 2004, le même rapport indiquait que plus d'un milliard d'enfants sur Terre, soit plus de la moitié au monde, "souffrent de privations extrêmes liées à la pauvreté, à la guerre et au sida.

En 2005, un enfant meurt encore toutes les 3 secondes. Sans parler des millions d’enfants privés d’éducation, de soins, de nourriture, d’eau potable… Parmi les nombreuses oeuvres qui agissent pour que soit reconnue la dignité des pauvres et des enfants du monde entier, l'UNICEF est surement l'une des plus connues, c'est pourquoi nous vous conseillons de découvrir, ou de redécouvrir, l'oeuvre de l'UNICEF.

 

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