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Suite aléatoire des premiers billets

L’Amour, celui qui fait battre votre cœur dans votre tête avec un bruit de grosse caisse de fanfare, celui qui fait vibrer votre corps de la tête aux pieds, celui qui vous fait craindre et vous effrayer de mille choses lorsque vous allez d’un pas rapide au rendez-vous qu’il vous a donné, celui pour lequel vous vous apprêtez avec grand soin dans les moindres détails, l’Amour qui vous fait frissonner lorsqu’il vous touche, celui qui tord vos tripes quand il vous manque, qui vous rend douloureuse mais dans un cri de bonheur, celui-là est l’Amour sans partage, brut fort, sans concession, entier.Celui-là vous fait vivre et vous fait mourir, mais au moins vous savez que vous existez pour, avec, dans ou à travers l’autre, vous vous sentez vivant.Celui là arrive une fois dans votre vie, et vous pourriez mourir pour un « je t’aime » de cet amour là.Nous pouvons nous perdre dans cet amour, mais différemment que dans celui prôner par nos aïeux. Nous risquons d’y laisser notre individualité, si la personne aimée ne prend pas soin de nous protéger, de nous ramener à la raison, à la réalité, mais c’est tout. Alors que l’introduction de la tolérance et des concessions dans l’amour nous fait prendre le risque d’un engagement à vie avec une personne qui n’a rien en commun avec celle que l’on désirait aimer avant le mariage.Mais hélas ! Et j’en parlais au début de mon récit, ce « je t’aime » ne peut exister pour tout le monde, car nous ne sommes pas tous prêts à le vivre, il demande tellement de volonté et d’effort, mais surtout de remises en question par rapport à notre façon de vivre, nos principes nos scrupules même. Il demande de la confiance en nos propres choix. Et pourtant, tous nous en rêvons et en avons peur.Cet amour totalitaire nous fait ressentir une peur immense, viscérale de ne plus nous appartenir. S‘abandonner à l‘autre en toute conscience, en parfaite confiance, ressentir un tel amour ou l’inspirez, alors le « je t’aime » prononcé, égale en force et vérité celui d’une mère pour son enfant.Ce « je t’aime » là est l’idéal de l’amour. Je rappelle ici que tous ces propos sont uniquement personnels et le fruit de douloureuses introspections.Donc à mes yeux, et uniquement à mes yeux, aucun autre « je t’aime » n’a droit de citer, car j’ai connu l’Amour tel que je vous l’ai décrit, sans demi-mesure, j’ai sombré délicieusement dans la douce folie d’aimer de tout mon cœur, avec mon corps et mon âme ; Respirant chaque seconde du temps qui s’égrenait, dans l’espoir unique d’un regard posé, d’un sourire esquissé.Hélas ! Peureuse j’étais, le besoin utopique de sécurité un jour s’est réveillé, le doute a suivi amené avec un « mais », et l’humanité de ma personne, cette humanité qui se soucie du devenir, a ravivé et convoqué la raison.Les principes, les à priori, la prudence, la méfiance, cette cohue de réflexes humains, propres à la survie de tout être, a pourri la fusion de nos cœurs, et soudain…L’attachement, petit sentiment mesquin est apparu, laissant échapper un « je t’aime… mais… ».
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journal de bord, jeudi 3 mars 2011

 Redémarrer une semaine, dans les meilleures dispositions du monde, ne signifie pas : faire n'importe quoi.

 

Mardi matin, j'ai à nouveau été inconscient.

 

J'ai vu le tram arriver, de loin. J'ai couru à perdre haleine jusqu'à l'arrêt. Dans le but ... d'atteindre encore le tram dans les temps, avant que le véhicule n'arrive sur place, avant qu'il ne s'en aille ... pour éviter d'attendre un quart d'heure, le tram suivant.

 

N'ai-je pourtant pas écrit une chanson, dans laquelle je dis exactement le contraire ?

 

Tout ça, final'ment, pour ne pas perdre trop de temps. Tout ça, final'ment, pour être quand même sûr, arrivé à mon terminus, de disposer des cinq minutes qui me resteraient pour aller prendre mon café, Place Flagey, avant d'aller au boulot.

 

Final'ment ...

 

Oui, j'ai quand même atteint le tram, in extremis. Mais ... dans un état d'essoufflement pas possible.

 

Oui, je suis passé au p'tit bistro, Place Flagey, pour avoir mon café ... que je n'ai même pas terminé.

 

Arrivé, ensuite, au boulot ...

 

L'état d'essoufflement ne m'avait toujours pas lâché. Il m'a bien fallu une heure pour retrouver un souffle normal.

 

Je me suis surtout dit que ...

 

J'avais fait l'imbécile.

 

Surtout que ...

 

J'aurais pu prendre le tram suivant, en restant relativ'ment dans les temps. J'aurais pu, une fois n'est pas coutume, prendre un café à mon boulot (y a un service prévu là-bas aussi).

 

Que ça me serve de leçon, ce matin !

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administrateur théâtres

Cinq jours de théâtre sublime au théâtre du Grand Midi à Ixelles

Pour Tchékhov, il ne se passe rien ou à peu près rien dans sa vie d'écrivain, comme il ne se passe rien ou à peu près rien dans son théâtre. Mais ce rien a l’épaisseur de l’amour. Les tourments de la tuberculose qui l’étreint exaltent ses sentiments pour la jeune et ravissante actrice Olga Knipper.  Face à la médiocrité du monde, il découvre l’enchantement : « mes jeunes filles sont si artificielles dans mes œuvres ! » Il s’évade de sa piètre condition physique par le rêve et l’écriture, dans des lettres passionnées qu’ils s’échangeront pendant six ans.  Tournées théâtrales obligeant,  ils n’auront vécu ensemble que de rares et émouvantes semaines. Elle est sa mouette pendant que son  propre corps se consume sur les bords d’une rivière paisible à Yalta.  «  Sa présence, sa vitalité lui a serré la gorge »  quand il l’a vue jouer sa pièce à Moscou.

 

 Olga l’admire : « les gens mènent une vie plate, pas vous, vous avez une vie passionnante, lumineuse… ». Fiévreuse, en effet.  Loin de la ville brillante de Moscou, et des dangers de la tendresse, il stocke des phrases, telles l’odeur suave des étoiles, désespérant de jamais arriver à la hauteur de Tolstoï. Il est médecin et sait que ses jours sont comptés. Voletant dans des habits blancs, l’actrice lui déclare avec une grave simplicité : « Vous êtes grand et sublime, il y a votre mouette, un chef d’œuvre, notre triomphe ! » L’art sublime la vie, mais la liaison de Tchékhov avec le microbe est tenace.

 

 L’homme doit écrire pour libérer son cœur et son art. Loin d’Olga et comme elle, épris de liberté,  il compose ses dernières œuvres. « Maintenant je n’ai plus peur de la vie ! » Ils sont un couple «  d’oiseaux migrateurs que l’on aurait capturés et mis dans des cages séparées ». C’est tragique et romantique. Au cours de leurs échanges épistolaires poétiques et tendres, elle lui confie ses  doutes, ses souffrances, ses angoisses de scène, il lui confie ses angoisses de la page blanche. Mais il envie « le rat qui trottine sous les planches de votre théâtre ! » Tous deux savent que le quatrième acte est redoutable. Il est maintenant appuyé tendrement sur l’épaule d’Olga, le médecin impuissant lui donne du champagne. Il murmure « Ich sterbe » dans son dernier souffle. Olga continuera à lui écrire, c’est ainsi qu’elle l’a toujours senti « vivant ». Et il n’y a plus dans sa vie à elle, que le théâtre.

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Les deux comédiens , sensibles et émouvants, Fanny Jandrain et Frédéric Genovese jouent tout ceci, à ravir, mêlant admirablement  art de vivre et art théâtral.

  • du 1er au 5 mars 2011
  • 

http://www.xltheatredugrandmidi.be/

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journal de bord, mercredi 2 mars 2011

 

Une table avec une nappe rouge, un peu en désordre. Des restes de couques, sans doute.

 

Au boulot, le chef (principal) s'en va. Un autre "chef" est app'lé à lui succéder.

 

Comme à chaque départ (d'un chef qui file vers un autre bureau ou d'un facteur qui part à la retraite) , un petit drink a été organisé.

 

Comme à chaque départ, un autre chef de section, la veille (donc : hier), est passé dans les rangées des facteurs, avec une espèce de carte postale, en demandant à chacun s'il souhaitait laisser sa signature ou écrire, à l'attention du chef "principal" qui s'en va dans un autre bureau, un p'tit mot, en signe d'ouverture, de remerciement.

 

Dans les deux cas, j'ai répondu ... non.

 

Nous sommes mercredi.

 

J'ai repris, avant-hier, lundi, mon boulot après une semaine de maladie.

 

La forme reprend. Le tonus revient. Les feuilles, les fruits sur les arbres repoussent. Le printemps est tout proche.

 

J'ai du me rééponger, durant une semaine. Essoufflement.

 

Et ça ne s'était pas trop bien passé avec le fameux chef, le dernier vendredi, où j'étais rentré de tournée vers ... 17 heures.

 

"C'est que tu n'es plus fait pour ce boulot"

 

"Tu n'entres pas dans nos objectifs !"

 

"C'est pas normal de rentrer à des heures pareilles !"

 

Même si je ne suis plus à fleur de peau, même si j'ai eu le temps de vivre des journées heureuses depuis lors, même si je le prends de "qui ça vient'", je les retiens quand même, ces phrases, elles continuent de se ballader dans mes tripes, dans mon corps, dans mon coeur.

 

Et ça ne me fait toujours pas de bien. Mon coeur est encore chamboulé.

 

D'accord, d'accord, faut pas être rancunier. D'accord, d'accord, faut tout remettre dans le contexte. D'accord, d'accord, faut relativiser.

 

Mais encore ...

 

Mais encore ...

 

Non, il n'est pas méchant, le chef, au sens clinique, au sens pathologique.

 

Non, il doit sûr'ment rendre des comptes, le chef, à d'autres chefs.

 

Oui, il s'est p'têt fait taper sur les doigts par d'autres chefs, le chef ... à cause de moi.

 

Oui, il doit défendre sa place, son statut, le chef.

 

Et tout n'est peut-être pas objectiv'ment faux dans tout ce qu'il a dit, le chef.

 

OK. OK.

 

Maint'nant, maint'nant ...

 

Faut-il courber l'échine ?

 

 Quand on sait qu'on a fait ce qu'on a pu pour faire (encore) un travail correct, qu'on a essayé de reprendre en main, en trois jours, du courrier qui avait été stoppé, auparavant, durant trois jours, qu'on a marché, qu'on a essayé de garder le cap, avec le vent, les gens parfois ... esquintants, le temps de marche qui amenuise toujours un peu votre énergie physique (même quand vous en avez beaucoup) ... alors que d'autres (qui rentrent ... dans les temps) bâclent leur boulot, balancent les lettres parfois n'importe où (j'en entends sur ma route, des témoignages de clients) ...

 

Et que le chef, qui d'habitude, ne vous dit rien, utilise précisément ce moment-là, où vous rentrez fourbu, haché, pour vous balancer son vinaigre (avec des arguments qui, comme par hasard, tiennent la route).

 

Faut-il parler d'inconscience ?

 

Faut-il parler de calcul ?

 

Heureus'ment que j'ai encore eu le ressort de me barrer, ensuite, dans les temps, de pousser ma part de gueulante (c'est très sain, dans certains cas, et on ne risque pas trop gros, heureus'ment, quand on n'est nommé). Mes nerfs (et le reste) étaient à deux doigts de lâcher.

 

Alors ?

 

J'ai pris le temps de me calmer, de me soigner.

 

Avant-hier, lundi, j'ai repris le boulot dans de très bonnes conditions. Aujourd'hui, mercredi, j'ai continué sur ma lancée. Je suis très très positif envers demain, jeudi.

 

Le fameux chef, pour en rev'nir à lui, aurait très bien pu rev'nir vers moi, ces derniers jours, dans un moment où j'étais redevenu en pleine possession de mes moyens, pour re-discuter, gentiment, subtil'ment, du problème quiavait surgi. C'était le moment idéal pour se comprendre. J'aurais été le premier à admettre ma part d'exagération, j'aurais été le premier à trouver des solutions pratiques, au boulot, qui m'auraient permis d'éviter les problèmes que je cause à cause de mes arrivées tardives (certains employés doivent rester au bureau jusqu'au moment où le dernier facteur est rentré, et ne savent pas reprendre leur train), tout en me respectant. Je ne suis pas spécial'ment borné.

 

Un autre détail attire mon attention.

 

"Ce n'est pas normal de rentrer à des heures pareilles"

 

 M'a-t-il effectiv'ment dit, le vendredi, quand je suis rentré au boulot à ... passé 17 heures.

 

M'a-t-il dit quand je suis rentré à ... passé 17 heures, comme si c'était systématique.

 

Or ...

 

Tout en admettant que je réintègre le boulot, à mon retour de tournée, dans les derniers, je ne déboule jamais, en temps normal, dans le bureau, autour de 17 heures. Le vendredi cité plus haut est un cas à part : comme je l'ai dit, y avait eu, quelques jours auparavant, des pickets de grève au bureau principal, et, dans les jours qui ont suivi, fallait récupérer la totalité et se démerder pour mettre tout dans les boîtes aux lettres. Soyons réalistes : comprimer tout ça dans un temps normal, c'est ... de l'utopie.

 

En temps normal ...

 

Je réintègre quand même le bureau, après la tournée, avant seize heures (heure où il faut donner l'alarme). Je ne rentre même pas forcément le dernier.

 

Donc ...

 

Le chef a quand même abusé de la situation. Et ... ne me parlez pas d'inconscience, il savait ce qu'il faisait. Sans doute a-t-il agi par trouille, mais, avec toute la bonté du monde, évitons d'être les dindons de la farce. Il savait qu'il ne prenait pas trop de risque en me balançant son venin. Comme par hasard, il m'a balancé le rateau quand j'étais fragile, vulnérable. Il est quand même pas bête, le chef. Il est quand même ... un peu fin, le chef.

 

Je n'ai pas écrit de petits mots à son attention. Je ne suis pas allé, comme les autres (pas mal d'entre eux ont, à l'égard du chef, mon opinion) au drink.

 

"Tu le boycottes ?", m'a dit, dans un esprit de soutien (envers moi), un pote, parmi mes collègues.

 

Je n'irai pas jusque là. Je n'ai aucune rancune rancune envers lui. Loin de moi l'idée, l'envie ... de le boycotter. Je lui souhaite même le meilleur là où il s'en va.

 

J'ai juste eu très mal. J'ai agi, en me respectant, par rapport à cela. Trinquer à son honneur, dans un moment où mon coeur était chamboulé, c'était trop, trop, trop.

 

Je me suis écouté.

 

Mon coeur est ensuite redevenu serein.

 

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L’arrêt ‘Trinité’

Yeux grimés de brun noisette

Pommettes fardées de rose nacré

Parfum aux jasmins et lys blanc

Je vois ton beau sourire de loin

Alors que je t’attends à l’arrêt ‘Trinité’

Tu couvres mon visage de petits baisers

Main dans la main nous avançons empressés

Cheveux envolés dans le vent glacé

Mon cœur est remplit de joie

Hâte d’être dans tes bras

 

02/03/2011

Nada

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Regarder avril arriver

Regarder avril arriver,

Se pencher sur la terre,

Y percevoir les premiers frémissements.

Toucher d'un regard son éveil

Sentir gronder la sève de notre renaissance.

 

Les pointes du plaisir se dressent.

 Le soleil,

Pâle encore,

Attire.

 

Jacinthes blanches et suaves

L'azur des muscaris

Désirs de muguets  

De liberté

Echancrure des tulipes au secret de leurs feuilles.

 

Regarder avril arriver

Dans son écrin de perles froides.

Giboulées,

Orages,

Bourrasques,

Se disputent entre ciel et terre.

 

Regarder avril arriver.

Au rire d'un merle

Répond le Bruant fou.

La Marouette, le Pic, la Pie Bavarde,

De leurs chants baroques emplissent les matins,

Orchestrant les amours

Les promesses d'été

 

© Nadine-Lia LEJEUNE

Le Prochain

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Carnaval

Mystérieux

 

Légendes insolites et merveilleuses

 

Patrimoine historique

 

Symbolisme et Tradition

 

 

dans une chronique de PIERRE GUELFF

 

(Editions Jourdan, Paris/Bruxelles)

 

 

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Du lundi 7 au vendredi 11 mars 2011,

entre 8h15 et 8h30.

 

 

 

92.3 FM et 95.4 FM et en direct sur www.vivacite.be

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Prendre très doucement ta main

 

 

 

J'aimerais me glisser dans ta peau,

Dans ta vie,

Dans tes rêves,

Jamais sans toi,

Ni loin de toi,

Je voudrais respirer de ton souffle.

 

J'aimerais me glisser dans ton cœur,

Dans ton âme,

Deviner tes douleurs

Etre de tes bonheurs.

 

J'aimerais me glisser au creux de tes envies

Les devancer,

Prendre très doucement ta main,

Sans limite,

Explorer tes désirs, tes chemins,

Pécher de tes fantasmes.

 

J'aimerais faire de toi,

Pour le meilleur de moi,

Une île nue, déserte,

Accoster aux rivages de nos corps.

Aux sables de nos vies,

Laisser couler le temps.

 

J'aimerais t'aimer encore,

Aux aurores de nos âges,

A l'aube de nos morts.

Me glisser dans ton ombre,

Me coucher sous un chêne.

Aux poussières de nos rêves

Pouvoir t'aimer encore.

 

© Nadine-Lia Lejeune .

         Le Prochain

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Deux visages

Nappe de trèfles et pâquerettes

Bourgeons de forsythia luisent sous la rosée

Fragments de lumière caressent  nos deux visages

Dans la paume de tes mains

Je pose un petit baiser

Comme un papillon

Comme une brise d’été

J’ai retrouvé tes yeux

Ton odeur

Ta douceur

Le battement de ton cœur

Mais j’ai renoncé à ta peau

Nada

 

 


 

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Temps de vie

Le temps merveilleux amant
d’une jeunesse apprentie,
ne réserve ses tourments
qu’à tous ses anciens printemps.

A chair tendre, peau rosée
le prince d’éternité
accordera la beauté
au paradis dérobée…

Sera doux et languissant
aux baisers adolescents,
découvrant l’étreinte floue
de deux corps devenus fous.

A midi de notre vie,
le temps merveilleux amant,
soudain n’est plus notre ami,
nous faisant don d’un grand vent.

« Laissons rêves et envies,
pensons aux jours à venir.
Demain nous serons flétries,
l’Automne fait réfléchir ».

Le froid de l’hiver est là
sans bruit frôlant notre peau,
de la vie sonnant le glas,
alors il nous tourne le dos.

Douce nuit d’éternité,
le temps n’est plus le maître
de nos vies, de nos années.

Il nous fera renaître.

Lunessences

16/11/2006

 

 

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administrateur théâtres

Le Diable Rouge (théâtre Royal du Parc)

... pages  vivantes d’Histoire, des comédiens au jeu du "je" éblouissants!

Colbert : «Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…» 

-Mazarin : «Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison mais l’État… L’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette! Tous les États font cela.»

Colbert : «Ah oui? Vous croyez? Cependant, il nous faut de l’argent et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables?»

Mazarin : «On en crée d’autres».

Colbert : «Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà».

Mazarin :: «Oui, c’est impossible».

Colbert : «Alors, les riches?»

Mazarin :: «Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres».

Colbert : «Alors, comment fait-on?»

Mazarin : «Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d'un malade)! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus! Ceux là! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C’est un réservoir inépuisable.»

 

Et le public de sourire, d’un air entendu. Toutes les crises se ressemblent. Les ingrédients sont toujours les mêmes : le pouvoir, l’argent et l’amour.

Les costumes ont la brillance  du 17e   siècle et semblent surgis du pinceau de grand maîtres, tout en soieries, dentelles rubans et brocarts. Le décor  est un réel  chef-d’œuvre émaillé de corridors en miroirs, de hautes colonnes, de gobelins, peintures, astrolabe, sculptures,  et meubles précieux où glissent les merveilleux comédiens. Les sentiers de l’histoire sont vivants, sortis de la plume inventive d’Antoine Rault illuminés de bougies d'un autre siècle.

 

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Le bal du pouvoir commence. « Quand on n’est pas né roi, on avance masqué ! » Mazarin, son Eminence Le Diable Rouge, est subtil, intelligent, manipulateur, italien … en diable malgré ses accès de goutte et de gravelle….  « Je les aurai par la douceur, c’est ça, la politique ! »  Il espionne, surveille, soudoie, flatte, conspire. En orfèvre du mensonge et de l’intrigue  il arrive toujours à ses fins avec onction. C’est l’illustre Jean-Claude Frison qui interprète ce rôle, et  il est magistral dans la gestuelle et le phrasé italien. 

 

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 Mais il y a bien d’autres diables. Le jeune futur Louis XIV - la  beauté du diable incarnée -   est joué par un acteur juvénile et craquant… Toussaint  Colombani. Son  innocence tranquille déconcerte et renverserait les plans les plus machiavéliques.   Il émane  de lui une prestance, une confiance en soi, une façon de se mouvoir, royales. C’est qu'il a reçu l’éducation d’honnête homme dispensée avec amour par le cardinal.  L’éclosion de sa jeune personnalité lui fait saisir avec panache et naturel les rênes du pouvoir comme s’il s’agissait de  pas de danse galante, son passe-temps favori.  Il est tout aussi  diablement convainquant dans son histoire d’amour avec la sémillante Marie Mancini, que joue avec  passion et   vigueur, l’intrépide Morgane Choupay.

 

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 Mais en amoureux de la France,  Mazarin guette les amants: « Un homme est toujours seul devant les grandes décisions, mais il doit jamais être sous l’emprise d’une passion, et encore moins de celle d’une femme ». « Etre libre, c’est pouvoir choisir » dit Louis, « Vous devez choisir », répond Mazarin.  La paix n’a pas de prix quand la guerre dure depuis 30 ans!

 

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Anne d’ Autriche (l’impressionnante Rosalia Cuevas)  dans sa somptueuse robe dorée, c’est la mère du Roi-Soleil, régente de France et de Navarre pendant la minorité du jeune Louis. Elle est magnifique et pathétique lorsqu’elle se rend compte que son fils  si jeune va soudain échapper à son autorité et à jamais prendre son envol. Du haut de ses 14 ans il lui déclare, courtois mais ferme, qu’il estime profondément  Marie et refuse d’épouser l’infante.  Et que  diable, c’est lui le roi ! Son baudrier n’est-il pas  solaire ?

 

Et voici Colbert (Bruno Georis, tout en finesse), épiant toutes les scènes de son regard calculateur, sachant se rendre indispensable à la reconstruction de la fortune de Mazarin, habile, sarcastique, briguant sans jamais relâcher son étreinte mortelle, la place de Fouquet.  Ses réparties sont  vives et mordantes, ses saillies, piquantes, mais  il est surtout un livre de comptes ambulant et  un conseiller redoutable : « Il n’y a pas plus habile que vous ! » concède Mazarin.

 

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Diables, fripons et fripouilles mènent la danse vertigineuse du pouvoir. « On ne peut pas gouverner avec uniquement des gens honnêtes, on a besoin de fripons ! » C’est la leçon du Diable Rouge au jeune roi élevé avec tendresse et dévouement. Et le public d’applaudir le miroir qui lui est présenté, frénétiquement!

 

 

 

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2010_2011_004

Du 24 février au 2 avril 2011

 

 

 

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Un plaisir raffiné

 

Après avoir capté les saveurs d’un instant,

J’accueille, intéressée, les changements qui suivent,

Souvent imperceptibles et quelques fois troublants.

L’énergie en action est lente ou se fait vive.

 

J’aime à me souvenir de toute grâce offerte

Et de certains émois, engendrant du bonheur.

Mes mots appropriés les sauvent de la perte.

Ils sont toujours sincères et empreints de candeur.

 

J’ai fait bien des aveux, sous formes poétiques.

Ils errent au hasard, confiés aux courants.

Des rêveurs flânant, demeurés romantiques,

En prennent connaissance, émus ou souriants.

 

Ce sont leurs commentaires amusants, que je lis,

Qui me font rechercher de délicats poèmes.

Je les avais laissés recouverts par l’oubli.

Je ressens du plaisir à savoir qu’on les aime.

 

1 mars 2011

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journal de bord, mardi 1er mars 2011

 Le cinéma est en deuil. Annie Girardot s'en est allée. Alzheimer a décidé de lui foutre défintiv'ment la paix. Ce n'est pas une grande actrice qui franchit désormais l'au delà (et l'au delà de l'au delà), mais une personne "humaine", dans toute sa dimension.

 

"Je vous aime", disait-elle, encore, avec un rayonn'ment pas possible, à une époque où la maladie l'avait déjà atteinte.

 

Je m'incline.

 

Je n'ai même pas eu de tristesse, à proprement parler, quand j'ai entendu la nouvelle, ce matin.

 

J'ai plutôt éprouvé un sentiment d'apaisement, à l'égard d'Annie.

 

"MOURIR D'AIMER" était (et reste) le titre d'un de ses films.

 

"VIVRE D'AIMER" était (et reste) la suite qu'elle a donné à ce film, par sa présence, sa dignité (même ... et surtout quand les metteurs en scène ont commencé à l'ignorer), son humanité.

 

Les nuages sont bienveillants.

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Le tableau : Au bord du ruisseau sera exposé.....

Au bord du ruisseau 600x600

                                   Ce pastel sera exposé à la MAISON DU LIMOUSIN du 06 au 31 Mai 2011
          ( Exposition de Pastels de : Chaminade / Chris / Patrick Martin / Lionnel Asselineau / Jean Claude Baumier )
 
                   et au FESTIVAL INTERNATIONAL DU PASTEL DE FEYTIAT du 02Juillet au 04 Septembre 2011
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Stage en pays Bigouden ( Finistère / France ) du 25 Avril au 01 Mai 2011

 

Formateur : Jean Claude Baumier / Maître Pastelliste /membre et

enseignant de la Société des Pastellistes de France.                       

                               http://jcbaumier.com

S'adresser : '' le clos de Lande vallée '' en cliquant sur le lien ci-dessous

                     http://www.closdelandevallee.com

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Photo © 1989 La libre Belgique                                                                    

Un article dans la Libre Belgique (1989):

Une adresse pour découvrir les belles éditions de chez nous

Le Musée du Livre belge : une collection privée qui illustre notre patrimoine littéraire national

 

Depuis sa plus tendre enfance, c’est l’amour des livres, et spécialement des livres belges de langue française qui fait courir Robert Paul. « A l’école, nous dit-il, je n’entendais parler que des grands écrivains de France. C’est en visitant les bouquinistes que j’ai découvert les auteurs qui traitent de notre imaginaire national : les Verhaeren, les Maeterlinck, les Ghelderode… ». La découverte n’a pas tardé à se transformer en engouement, l’engouement en hobby, le hobby en passion.

 

Une singulière rencontre

Aujourd’hui, ce grand collectionneur, qui a huit bibliothèques chez lui, veut faire partager son enthousiasme et donner à ceux qui le souhaitent l’occasion d’admirer, d’ouvrir, ou de feuilleter les éditions originales, les éditions de luxe numérotés sur grands papiers ou les publications ornées par les meilleurs illustrateurs, certaines rares et précieuses, qu’il a rassemblées avec le temps et qui remontent jusqu’au milieu du siècle dernier.

« Devais-je faire comme l’avare de Molière et amasser pour mon seul usage personnel, ou au contraire faire en sorte que d’aures en profitent aussi ? », se demande-t-il. Le Musée du Livre belge, que chacun peut visiter sur demande au Manhattan Center de la Place Rogier à Bruxelles, est le fruit de cette singulière rencontre, en un seul homme, du bibliophile au militant.

Beaucoup de temps libre et surtout une motivation à toute épreuve ont permis à Robert Paul de mener à son terme cette entreprise où il s’est engagé à ses propres frais, sans en attendre la moindre conrepartie, délaissant même la trop complexe et trop incertaine course aux subventions oficielles. « Vous pouvez appeler cela du mécénat, si vous voulez… »

 

Classiques d’hier et de demain

Les visiteurs –pas plus de trois ou quatre, sauf pour les classes d’école- peuvent prendre rendez-vous en semaine ou le week-end et lire sur place, s’ils le souhaitent, l’un ou l’autre volume. « En général, ils sortent adeptes de la littérature belge »… et convaincus, comme Robert Paul, qu’un vrai beau livre n’est pas selement l’œuvre d’un auteur, mais aussi celle d’un éditeur.

Notre interlocuteur est intarissable sur les André Baillon, les Charles de Coster et les Geoeges Eeckhoud, les Marie Gevers et les Camille Lemonnier, les folklores régionaux et les grandes écoles littéraires, les publications confidentielles de Ghelderode aux « Editions de la Vache Rose » ou celles hautement prisées, de Max Elskamp, ce grand découvreur du génie populaire qui s’éait fait lui-même xylographe, renouant ainsi avec une grande tradition anversoise pour illustrer ses propres œuvres.

A découvrir aussi, cet exemplaire de la lettre pastorale publiée par le cardinal Mercier pour la fête de Noël 1914, et dont le titre, « Patriotisme et endurance », en dit assez sur la résonance qu’elle pouvait avoir en pleine occupation allemande. L’illustration, due aux moniales de Maredret, a été faite sur le modèle des enluminures médiévales afin de camouler en vénérable écrit des temps anciens le très contemporain propos du primat de Belgique.

Au besoin –notamment pour les écoles- Robert Paul se déplace lui-même avec ses vitrines, en compagnie de l’un ou de l’autre de nos écrivains actuels. C’est qu’il tient à faire connaître les jeunes talents autant que les grandes signatures du passé. Les classiques de demain sont déjà dans sa collection.

Paul Vaute (in « La Libre Belgique, 1989)

Le Musée du Livre belge n'est plus visible depuis de très nombreuses années. Néanmoins je puis en montrer quelques pièces maîtresses, uniquement sur rendez-vous et après demande écrite et très sérieusement motivée.

 

Article lié aussi ici

 

Voir aussi: A propos de Robert Paul

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journal de bord, lundi 28 février 2011

 

 Je reviendrai une nouvelle fois sur les deux merveilleuses soirées-cabarets, à la Foire du Harby, à Anseroeul (pas loin de Tournai), où j'ai chanté (parmi tant d'autres) le vendredi et le samedi.

 

Avec tout le bonheur que j'en récolte.

 

Même avec ma reprise au boulot, je suis encore un peu dans l'ambiance. C'est bon signe, non ?

 

 

Dans mon "journal de bord" précédent, j'avais abordé un point qui me paraissait ... triste, dommage. La plupart des artistes qui prestaient dépassaient souvent le temps qui leur était imparti (trois morceaux) et ça risquait de porter préjudice aux artistes qui suivaient. Et ... dans l'état de fatigue, de stress, de trac, je l'avais assez mal vécu.

 

 

J'ai eu une réaction à mon article, venant tout droit d'une des participantes à la soirée-cabaret.

 

Je la remercie notamment, je la remercie surtout ... de m'avoir fait part d'un détail, qui m'avait complèt'ment échappé : les artistes qui s'affichaient et se présentaient seuls avaient droit à trois chansons et les groupes, eux, disposaient de vingt minutes.

 

Ca change complèt'ment la donne.

 

Je renuanc'rai mes propos d'hier.

 

Final'ment, aucun artiste, aucun groupe n'a véritablement glissé sur le temps (sauf : dans des proportions normales).

 

Après une nuit de sommeil, et une journée hors contexte, on a le temps, aussi, de décanter.

 

Un groupe, admettons-le, a peut-être besoin de plus de temps qu'un chanteur solo, a priori. Comme il y a plusieurs personnes dans l'équipage, et que la qualité de spectacle réside dans l'équilibre entre tous ceux (et toutes celles) qui forment l'ensemble (y en a parfois quatre, cinq, six), on comprend mieux.

 

Je n'ai qu'à prendre l'exemple de Proserpine et Christine, qui se produisaient le sam'di. Dans la catégorie "groupes". Régulièr'ment, dans ce qu'elles présentaient, elles intervenaient succesiv'ment et séparément. Donc : ici, un "deux fois trois morceaux" est tout à fait de mise.

 

Il est normal, il est compréhensible que les groupes, qui disposaient de vingt minutes, saisissent l'aubaine qui leur est offerte pour avoir, quand même, un temps réaliste pour présenter quelque chose de qualité.

 

Et tout un chacun a donné le meilleur de lui-même.

 

Je garde peut-être juste une réserve (qui vaut encore ce qu'elle vaut).

 

Dans certains cas, je me demande où se situe la différence entre les groupes et les chanteurs seuls.

 

Je prends l'exemple d'un groupe qui passait sam'di : un duo de deux filles. Durant les vingt minutes où elles ont presté (avec brio), c'était toujours la même qui chantait et la même qui accompagnait au piano.

 

Si elles s'étaient limitées à trois morceaux (plutôt qu'à vingt minutes), ça n'aurait pas déprécié leur talent et ça aurait laissé aussi du temps, de l'air, de la respiration ... pour les artistes qui suivaient et le public.

 

Je me dis aussi que ...

 

Je pourrais très bien m'inscrire comme chanteur seul et être accompagné, musical'ment, par quelqu'un d'autre. A part l'appellation qui change, le résultat est ressemblant à celui de ... certains "groupes".  Sinon que ... l'un a droit à trois chansons, l'autre à vingt minutes.

 

Mon sens de l'égalité est parfois (malheureus'ment ? heureus'ment ?) très aigü.

 

D'accord, je titille.

 

J'irai encore un peu plus loin avec certains groupes qui passaient (et que j'appréciais ... et que je reverrais volontiers).

 

Un groupe de six qui chantait a capella. Magnifiqu'ment. Leurs quatre ou cinq morceaux, bien enl'vés, repris par le groupe, auraient aussi pu se limiter à trois. Vu que ... les six membres n'intervenaient pas séparément chacun leur tour.

Vu que ... la même atmosphère vocale, la même gestuelle rev'nait à chaque morceau.

 

Et dans leur cas, aussi ...

 

S'ils s'étaient limités à trois morceaux, ils ne seraient pas passés plus inaperçus, leur prestation ne perdait rien et ça laissait, au fil de la soirée, encore plus de temps, plus d'air, plus de réceptivité dans le public, et les nombreux artistes qui suivaient ... auraient été mieux desservis.

 

J'ai d'autres exemples en tête, de ce type, lors de la soirée.

 

Ceci dit ...

 

Je ne regrette rien.

 

Tout s'est bien passé.

 

Je sais que ce n'est pas facile de mettre sur pied une soirée-cabaret.

 

Je sais que l'idéal existe rar'ment, dans la pratique.

 

Je garde surtout des images de bonheur et d'amour. Des amis que je me suis fait. Des gens que j'ai retrouvés. Une envie de retourner sur place et, qui sait, revivre des situations (qui m'ont été pénibles et que je relate) avec d'autres yeux. C'est ainsi qu'on avance.

 

 

 

Je me suis réveillé comme un charme, ce matin, avant de filer au boulot. J'avais du peps, aujourd'hui. Les jours, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas.

 

Le chef, au boulot, va partir. Une nouvelle ère, de ce côté-là, se prépare-t-elle ?


 

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12272719082?profile=original« L'oeuvre au noir » est un roman de Marguerite Yourcenar, pseudonyme de Marguerite de Crayencour (1903-1987), publié à Paris chez Gallimard en 1968. Prix Femina.

 

Tout comme les Mémoires d'Hadrien, l'Oeuvre au noir est "un de ces ouvrages [...] avec lequel l'auteur aura vécu toute sa vie" ("Notes"). Le roman a pour origine un bref récit, "D'après Dürer", paru avec deux autres nouvelles, "D'après Greco" et "D'après Rembrandt", dans un volume intitulé La mort conduit l'attelage (1934). Ces trois textes étaient eux-mêmes des fragments d'"une ample fresque [...] s'étalant sur plusieurs siècles" ("Notes"), ambitieux projet auquel la romancière s'était consacrée entre 1921 et 1925. En 1955, après avoir achevé Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar décide de retoucher le recueil de 1934 en vue d'une réimpression. "D'après Dürer" s'amplifie et devient l'Oeuvre au noir, long roman rédigé, pour l'essentiel, entre 1962 et 1965.

 

Première partie. "La Vie errante". Henri-Maximilien Ligre a quitté sa ville natale de Bruges et sa riche famille pour courir les routes puis s'engager dans l'armée. Il rencontre en chemin son cousin Zénon parti, lui, en quête d'aventures spirituelles. Zénon est le fils naturel d'un noble prélat florentin et d'Hilzonde, soeur de Juste Ligre, un drapier et banquier flamand. Le jeune homme est promis à la cléricature mais son intelligence vive et audacieuse a tôt fait d'apercevoir les limites de l'enseignement théologique. Zénon quitte son pays. Il parcourt le monde, étudie les sciences, singulièrement la médecine, et l'alchimie. Les épidémies et les guerres, qui dressent les uns contre les autres peuples et religions, ravagent l'Europe. De multiples bruits circulent à propos de Zénon: le personnage fascine et inquiète. Recherché dans divers États, il est perpétuellement contraint de fuir pour échapper aux persécutions.

 

Deuxième partie. "La Vie immobile". Zénon retourne à Bruges. Il se fait désormais appeler Sébastien Théus et exerce la profession de médecin. Il vit au couvent des Cordeliers où il soigne les malades. Il prend soin de dissimuler ses véritables pensées, mais il a de longues conversations avec le prieur, un homme à l'esprit ouvert et généreux qui s'est pris d'amitié pour lui. En dépit de ses efforts, Zénon ne peut sauver le prieur, atteint d'une grave maladie. Avant de mourir, ce dernier lui conseille de partir. Zénon quitte Bruges mais, las de fuir et dégoûté par la mesquinerie des passeurs qui s'enrichissent aux dépens des fuyards, il regagne la ville. Plusieurs jeunes moines, dont son assistant frère Cyprien, qui rencontraient en cachette une adolescente, sont arrêtés. Les témoignages des moines compromettent Zénon qui est à son tour jeté en prison.

 

Troisième partie. "La Prison". Zénon, ayant de lui-même révélé son identité, est jugé pour athéisme et hérésie. Il peut avoir la vie sauve s'il consent à se rétracter. Il refuse et se donne la mort dans sa cellule.

 

Le titre de l'ouvrage est composé d'une formule alchimique qui désigne "la phase de séparation et de dissolution de la substance qui était, dit-on, la part la plus difficile du Grand Oeuvre". L'expression "s'appliquait à d'audacieuses expériences sur la matière elle-même ou s'entendait symboliquement des épreuves de l'esprit se libérant des routines ou des préjugés" ("Notes"). Zénon, à travers guerres, épidémies et persécutions, effectue en effet une sorte de parcours initiatique. Grâce au savoir, acquis parfois au péril de sa vie, il s'est formé un esprit ouvert et libre. Le titre de l'ouvrage, par la référence à l'alchimie, souligne le caractère difficile et périlleux de cette conquête de soi. La couleur noire introduit en outre une tonalité funèbre, en rapport avec le climat de violence et de mort dans lequel se déroule l'histoire du héros.

 

L'Oeuvre au noir est, de même que Mémoires d'Hadrien, un roman historique. Zénon, à la différence d'Hadrien, est certes un personnage inventé, mais Marguerite Yourcenar revendique le caractère historiquement vraisemblable de son héros. Elle s'est d'ailleurs inspirée, pour dessiner ses traits, de ceux de Léonard de Vinci, d'Ambroise Paré, d'Érasme, de Paracelse et de Campanella. Esprits ouverts et curieux, hommes d'action et de réflexion à la fois, Hadrien et Zénon sont tous deux des sages. De l'univers de l'empereur à celui du médecin alchimiste et philosophe, la distance est grande pourtant, comme si l'enfer des temps modernes avait succédé à l'âge d'or antique. A cet égard, le choix opéré par l'auteur quant à ses protagonistes est significatif: Hadrien, empereur, incarne l'ère de l'homme roi ou de l'homme dieu; Zénon, être fictif, enfant bâtard et personnage presque anonyme puisqu'il est contraint de cacher son identité, incarne l'ère de l'homme écrasé par l'obscurantisme et l'intolérance. Le choix des voix narratives est lui aussi symbolique: Hadrien parlait à la première personne mais l'Oeuvre au noir ne peut être qu'à la troisième personne, puisque le drame de Zénon est justement celui d'une privation de la parole: le savant doit taire ses opinions et il risque la mort pour avoir publié ses théories dans de rares ouvrages.

 

Marguerite Yourcenar révèle ainsi sans complaisance l'envers du décor d'un XVIe siècle humaniste dont l'image édulcorée se réduit trop souvent à la célébration de quelques esprits éclairés. L'Oeuvre au noir montre à quel point ces derniers n'ont pu exister que de haute lutte. Persécuté à travers toute l'Europe, Zénon est partout témoin de la victoire de la barbarie et de la mort. Misérable, mesquin, injuste, cruel, borné, le monde qui l'entoure est en proie à un profond désarroi qui se mue en rage destructrice. L'Oeuvre au noir qui, dans la production romanesque de Marguerite Yourcenar, fait suite à Mémoires d'Hadrien, prolonge à bien des égards ce précédent ouvrage. Ainsi, l'empereur y prophétisait ce qui s'accomplit ici: "Je voyais revenir les codes farouches, les dieux implacables, le despotisme incontesté des princes barbares, le monde morcelé en États ennemis, éternellement en proie à l'insécurité."

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