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Cours d'oenologie au Cameleon Coquet

Goûter le vin et découvrir ce   qu    il nous révèle.   

  

Nous proposons dinitier les amateurs de vins aux techniques de la dégustation et au monde du vin à travers 5 séances de dégustations didactiques et amusantes.

Ces séances ne sadressent pas à des experts mais à des personnes qui souhaitent découvrir ou redécouvrir le vin et comprendre ce quil nous révèle.

Les séances sarticulent autour de 5 thèmes :

1.      Le nez : découvrir les arômes et les informations quils nous révèlent

2.      La bouche : les saveurs, leurs combinaisons avec les arômes et les principes de laccord mets-vin

3.      La couleur : que nous révèle la couleur du vin ? Quels sont les diffrents types de vins mousseux et comment lesdéguster ?

4.      La typicité : dégustation des vins de différents pays pour découvrir la typicité des terroirs

5.      La qualité : découvrir les caractéristiques des vins permettant dapprécier leur qualité et leur possibilité de vieillissement.

Présentation de lintervenant : Yves Manche

Fils dun amateur de vin et baigné dès le plus jeune âge dans le monde des cavistes, ce juriste est revenu en 2005 au monde du vin. Soucieux dapproffondir ses connaissances, il a suivi les cours dœnologie organisés par lInstitut Roger Lambion de Bruxelles (CERIA) et organise depuis des séances de dégustations thématiques.

Amoureux du vin et de la cuisine il aime partager sa passion.

Les dates des séances (les cours commencent à 19h30) :

Soit les jeudis : 17/3 ; 31/3 ; 14/4 ; 28/4 et 12/5

Soit les vendredis : 11/3 ; 25/3 ; 8/4 ; 22/4 et 6/5

Prix des cours et paiement :

20,00 €/séances (vins compris) soit 100 € pour les 5 séances.

Les cours seront payés lors de la première séance.

Inscription : via email : cameleoncoquet@ymail.com 

Lieu des cours : Avenue A. Buyl, 12 à 1050 Bruxelles.

LE CAMELEON COQUET
12, Avenue A. Buyl 1050 Bruxelles
du mardi au samedi de 10h à 18h
http://www.lecameleoncoquet.eu
mail: cameleoncoquet@ymail.com


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Poème : Océan

 

  OCEAN

 

Les bajoues boursouflées du gardien de la dune

Refusent en l’instant les surplus de pitance

Offusquant leur hôte, cheminant sous la lune,

Droit vers l’horizon chahuté des roseaux d’espérance.

 

 

 

La mer frémissante ridée par l’assaut du zéphyr,

Susurre à l’envie la mélopée câline des naïades,

Dénudées  au couchant , emportées par le tragique soupir,

De la rivière déchirée par son ultime escapade.

 

 

 

Le sang d’Hélios s’enfonce lentement dans les entrailles d’Atlantide,

Au désespoir de Poséidon alangui au sein d’une mortelle.

Apothéose charnelle d’un dieu prolifique et placide,

Précédant la colère de Zeus annonçant le collapsus des  Hespérides.

 

 

 

L’âme de la terre aux parfums d’allégresse,

Cajole la nuit scintillante , tourmentée par de terribles doutes,

Face au miroir sans défaut dépourvu de promesse.

Espérance sacrée d’une fusion charnelle sous la céleste voûte.

 

 

 Raymond Martin

 

 

 

 

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Poème : Dérive spatiale

 

DERIVE SPATIALE

 

Hypothèse hasardeuse qu'un visage se devine

Sur le miroir du temps car l'oubli le patine.

Miroir de la mare aux fées où le faune cynique se contemple

Guettant dans ses yeux reflétés le mystère de son temple.

 

 

Sphère lumineuse colorée de regrets, la larme

Craintive, flotte au vent dont les forces désarment

La beauté vaporeuse de la sylphide wagnérienne

Chahutant les cirrus en désir d'une sérénité soudaine.

 

 

Sérénité soudaine égrainée par l'orage,

Calme éphémère au service de l'éclair,

Pour zébrer à nouveau dans l'espace sans âge.

Chanteclair en perdit son plumage solaire.

 

 

Lune et l'autre à l'unisson des saisons

Bercent les cieux par leur course subtile

Tout en jouant intrépides à cache-colline.

Fantômes blêmes aux regards polissons.

 

 

Le sanglier craintif puise sa force en Baranton

Dont l'eau rafraîchissante, matrice universelle,

Purifie le temporel en demande de pardon.

 

 

Ô rêveuse câline aux épaules dénudées,

Tu appelles, dans le flou de ton regard serein

Ton cupidon volage, à la flèche aiguisée,

Qui bravera, à la nuit, le contour de tes seins.

 

 

La muse intrépide le nez en trompette

Batifole sur un tapis de pâquerettes

Dans l'insouciance de la rime du poète

A la recherche des divins mots, en esthète.

 

 

Impression agronomique d'une citrouille atomique

En dérive spatiale sur la macrofaune du potager étoilé

Par le phare lunaire d'un Pierrot satanique.

Tape ici dit la taupe rieuse au mulot médusé,

Demain pour sûr, nous festoierons au lombric.

 

 

Raymond MARTIN

 

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Poème :A suivre

 

 

A SUIVRE …

Peindre avec le verbe, le verbe se fait cher

Par la pâte, pas chou, par la plume du fier major,

Pureté du brin d'herbe, Angelot joufflu enivré d'air

Défiant l'espace blanc d'un papier ligné d'or.

 

 

Du nuage d'antan à celui d'ici-bas,

Enlevé par ta fougue, assuré par ta rime

Poète, tes papiers jamais ne déploieras,

Une plume un pinceau, ce n'est pas un abîme.

 

 

La richesse de l'encre de poulpe ou de Chine,

Montre le chemin du sublime destin,

Du blanc, du jaune, du rouge, pureté câline

Et le vert, tudieu, nous invite au festin.

 

 

Que la farce est amère, sans un coup d'armagnac,

Tel le sous-préfet, je m'abandonne aux champs,

Chantonnant sous un chêne tel un Rastignac,

La mèche en l'air, fier comme d'Artagnan.

 

 

Ô, Andorinha légère du grand sud venteux,

Envole-toi là bas vers le pays de Poséidon,

A la recherche du continent malheureux

Frappé par le destin démon.

 

 

Pic-Pus, pic de la Mirandole, Pic-asso, Pic-abia….

Tiens, de drôles de piolets, de pics à glace,

Metamec, mec, dans ce joyeux charabia,

Foujita s'écria : « Vivent les kikis de Montparnasse »

 

 Raymond Martin

 

 

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Poème : Antinéa

 

Mes pensées voguent vers toi, ô énigme, source d'incertitudes,

Es-tu là, gisante, sous les sables d'ocre ardent ?

Je pense à toi, énigme cruelle que la raison rude

Occulte de la mémoire, ton visage rayonnant.

 

Déesse mythique, reine, tu obtins sensualité et beauté en héritage.

Ton royaume antique n'était pas celui de Saba

Mais, digne, Salomon t'aurait certes aimée et vénérée sans partage

Si même l'aurais-tu, cruelle, mené au fatal trépas.

Où es-tu, toi dont tout l'univers se jetait à tes pieds ?

Les Dieux t'auraient-ils oubliée dans ce royaume de dunes ?

Hantes-tu encore les mortels, les nuits fraîches par les étoiles irradiées,

A la recherche du dernier et insouciant amant au clair de lune ?

 

Hantes-tu encore, lascive dans ton palais lugubre du Hoggar

Cherchant d'hypothétiques indices du passé glorieux de ton aïeul Atlas

Qui régna de la grande île mystérieuse jusqu'à l'Egypte avec égards,

Procurant beauté et sagesse aux peuples bonasses ?

 

Tu régnas des sables fins aux rocs de l'Atlas,

Par la plume romanesque d'un chantre peut-être initié

Ô toi, Antinéa, reine d'Atlantide mystérieuse et salace,

Tu hanteras mon âme troublée pour l'éternité.

 

Raymond MARTIN

 

 

 

 

 

Raymond MARTIN

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Poème : Impressions d'automne

 

IMPRESSIONS AU SOLEIL D'AUTOMNE

 

 

 

Matins argentés, dominés de rosée perlée,

De la nuit automnale fraîche et odorante.

Toile ténue de l'araignée nocturne,

Piège le moucheron inconscient de la ronce ennemie.

 

 

Le pont erratique et effrité contemple, rêveur, la courbe

De son arche dans l'onde reflétée de la rivière encaissée.

Point rouge flottant du bouchon espérant

Son hypothétique odyssée sous-marine.

 

 

Le grincement lancinant de la roue vermoulue du moulin

Annonce la poudre blanche que devront pétrir

Les doigts d'un magicien hors d'âge.

On devine déjà l'odeur d'un joyau hérité du levain.

 

 

Dans le sentier au loin, un panier en osier se promène,

D'où débordent des chapeaux bruns, ruisselants et visqueux.

Une lueur jaunâtre scintille sur l'eau, annonçant

La montée rayonnante de l'astre du midi.

 

 

Un clocher furtif dans la cime des chênes égrène ses dix heures.

Ablettes et gardons s'émeuvent à l'unisson,

Prenant garde à l'asticot perché sur l'hameçon,

Tandis que l'eau émet ses dernières vapeurs.

 

 

Aujourd'hui, jour béni des dieux, la friture

Ravira grands et petits gourmands.

Au loin, la masse brune imposante de la brave

Limousine tire ses socs argentés,

Dessinant un sillon moelleux dans la terre meurtrie.

 

 

Dans un creux de la rive, le rosé aigrelet

De la bouteille rafraîchie attend son heure.

La menthe sauvage jette ses effluves sur l'herbe détrempée.

Un lézard repu profite du calme sur la pierre chauffée de la digue.

 

 

Et les frêles roseaux frémissent par le jeu du vent et de l'eau.

Les mousserons derniers nés de la nuit étoilée

Nourrissent le nonchalant limaçon à l'allure altière,

Assuré d'un festin extraordinaire.

 

 

C'était des matins argentés d'éphémères impressions.

 

 Raymond Martin

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Première suite de l'histoire

Quand on est jeune, bornée et naïve, on n’écoute que très superficiellement les conseils des parents, et bien sûr on en fait les frais.
Les enfants nous offrent les meilleurs moments de la vie en contrepartie d’amour, j’irais jusqu’à dire qu’ils aident à l’éducation de l’adulte, même si ce devrait être l’inverse.
Pendant bien des années je me suis posée toujours la même question :
Que veux dire je t’aime ? Aujourd’hui à 43 ans, l’évocation de cette simple phrase « je t’aime », me fait grincer des dents ou réveille chez moi tous les réflexes de méfiance ancrés dans ma mémoire, depuis très longtemps.
Dix ans en arrière l’amour m’est apparu comme une utopie, une énorme farce, un « attrape-couillon ».
Après plusieurs tentatives de vie en couple (parce que je suis du genre persévérante, quand je m’engage je vais jusqu’au bout), j’avais perdu confiance en l’autre, (qui que ce soit du sexe masculin).
Je ne pouvais plus aimer, je doutais de tous et de tout.


Chapitre 1
« Je t’aime » ne veut rien dire, c’est faux, ça sonne creux…

Je ne suis pas née avec ce dégoût du « je t’aime », dit et redit à la moindre occasion ; Au contraire, mes parents m’ont éduquée avec amour, même si parfois ils n’ont pas su me le dire. Même mon enfance a été sans problème grave. C’est ma vie de jeune adulte qui m’a appris à me méfier du « je t’aime », sans étancher cette soif d’amour qui me tient encore aujourd’hui.
Etre aimée est pour tout le monde je pense très important, pour moi c’est maladif, presque vital. Depuis toute jeune j’ai besoin de sentir, de savoir que je suis aimée, appréciée. Que ce soit par mes parents, mes ami(e )s mes collègues de travail etc… Pourquoi suis-je toujours avide d’amour? Afin de répondre à cette question je me suis penchée sur la façon que j’ai de me percevoir, sur l’image que j’ai de ma personne et bien entendu sur mon physique en particulier.
Les femmes s’identifient beaucoup trop à un idéal de beauté issu de la mode, et sans arrêt montré dans les magazines. En 1973, les préadolescentes avaient déjà ce souci, j’avais onze ans et je regardai mon corps avec une attitude de rejet, je le trouvai difforme, trop rond.
Mes parents étaient ni pauvres ni riches, mon père travaillait dans une usine de métallurgie et ma mère après avoir été longtemps employée comme femme de ménage avait cessé toute activité pour s’occuper uniquement de ses enfants, et même si les fins de mois étaient rudes mon frère et moi ne manquions de rien. J‘avais une affection particulière pour mon père, aussi le moindre compliment de sa part me réchauffait le cœur, et il m’en adressait souvent pour la tenue de mes cahiers de classe, l’assiduité à mes études, ainsi à germé l’idée que je pouvais faire oublier mon corps, en essayant d’être brillante sur le plan intellectuel.
A quinze ans, un peu plus enrobée que la moyenne, je faisais plus âgée, mais mon visage était resté agréable, juvénile. Le rejet de mon corps c’est amplifié par le regard des autres filles, ma difficulté à me mouvoir pendant les cours de gymnastique, et les vêtements que je devais porter : sweat-shirt large pour cacher mes formes un peu trop proéminentes, pantalons été comme hiver, pendant que d’autres se montraient en jupe ou en robe.
L’épreuve du maillot de bain était la plus horrible, impossible pour moi de me regarder dans un miroir, et encore moins de profiter des joies de la piscine. Je crois que l’adolescence fut l’époque la plus pénible sur le plan psychologique, mais ce fût aussi celle qui m’amena beaucoup de réflexions et d’enrichissement culturel.
Pour cause, afin de palier à ma déficience de beauté physique, je veillai à me rendre presque indispensable auprès de beaucoup de personnes, de par ma gentillesse et mes connaissances dans de nombreux domaines comme la voyance, l’astrologie, la psychologie, les soins par les plantes, les régimes, les soins du corps, tous ce qui touchait les jeunes filles.
Mon but, ne pas me retrouver à l’écart, plaire par tous les moyens, être intéressante par mes connaissances et les conseils que je pouvais donner, faire oublier mon corps, être aimée bien entendu. Et cela marchait, du moins me semblait-il, les garçons ne me regardaient pas, mais j’étais assez populaire, et surtout j’oubliai mon corps.
Les années qui ont suivi n’ont rien changé à mon comportement, mais j’avais en plus développé un orgueil qui commençait à me pourrir la vie.
L’angoisse de ne pas être à la hauteur intellectuelle des attentes de l’autre quel qu’il soit, peur de décevoir par la pauvreté de mes connaissances, faisaient de moi une personne irritable, toujours à la recherche d’informations sur tout. A bien y réfléchir j’aurai pu me faire un avenir professionnel dans la santé, l’écoute ou la communication, mais là encore et toujours la peur de l’échec de décevoir, je devrai dire le manque de confiance en moi, m’ont interdit de tenter le moindre diplôme. Un carcan social, dû à ma naissance dans le milieu peu aisé des ouvriers, et psychologique amené par un physique détesté, un complexe d’adolescente toujours présent dans ma vie d’adulte, un mal-être perpétuel, un amour de moi-même inexistant et non-envisageable.
L’homme est bien évidemment entré dans ma vie, mais les rapports physiques étaient très décevants à mon goût, sans amour réel, car jamais personne ne pourrait m’aimer entièrement, physique compris. Alors comment aimer sans réserve et en toute confiance? J’attribuai mes relations physiques à un besoin animal, un profit du genre joindre l’utile à l’agréable, autant se servir de ce que l’on a à la maison. Comment envisager un amour vrai pour moi, de leur part ? L’homme n’est que mensonge, et cela était inacceptable.....
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L'enlumineur d'étoile...

Nature funambule au fil des sentiments,
D’une main « arc-en-ciel, » le peintre, de pigments,
Est libre de suspendre, au pinacle, une étoile
Et du vide absolu d’enluminer la toile…

Virtuose indécis sur l’image à venir,
De l’esprit, son pinceau, garant du souvenir,
Dévoile avec pudeur les secrets de l’intime
Qui s’estampe sur l’œil et que le cœur estime…

Ineffable prodige, extase ou bien douleurs,
Ce qu’il est seul à voir divulgue ses couleurs,
Effleurant le divin de son imaginaire,
Il délivre de l’art l’écho visionnaire…

Plus tout à fait lui-même, en un état second,
Il peuple l’infini de son souffle fécond,
Lorsque tremblant, son trait dessine des visages,
L’espace se transforme au gré des paysages…

Sensible sa peinture embrase l’horizon,
Emu, tout un chacun y pose une oraison,
Pour l’un le monde est triste et l’autre en voit la flamme ;
Qu’importe le regard, de l’artiste : « il est l’âme ! »

………………………………….
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journal de bord, dimanche 27 février 2011

 

 

J'ignorais que le pays de Tournai, par endroits, était un peu moins plat que je ne l'imaginais. J'avais probablement oublié le légendaire "pays des collines", célèbre dans le coin. J'ai même eu connaissance d'un "Pays Blanc" ("Pays Noir", du côté de Charleroi, te serais-tu trouvé un double, un effet-miroir ?), du côté d'Antoing, ville de la région de Tournai, où il y a un château où, y a près d'un siècle, un certain futur Charles de Gaulle aurait entamé une partie de ses études.

 

Dans ces coins, tout à l'ouest de notre pays, y a des champs à perte de vue, des ballades à faire, par temps de pluie aussi.

 

Quand on s'accorde le luxe d'arriver à l'avance à une soirée-cabaret où on est programmé (ce qui n'était pas évident au départ), eh bien, on prend des dispositions : plutôt que de rester statique dans une espèce de tente raccordée à un mur  où les premiers arrivés (un duo de musiciens, un éventuel organisateur ...) s'occupent en vue de la soirée qui va v'nir et ne sont pas (trop) disponibles à votre présence, à ce moment-là (quoi de plus normal !), on se dégourdit les jambes, on s'accorde une heureuse chasse aux images (photographiques ou mentales), on parcourt un ou deux p'tits ch'mins en ligne droite, on repère un clocher dans le lointain, on va jusqu'au bout de la route, on consulte sa montre afin de rester dans les temps (quand même), on se ressource, on respire, on construit déjà en tête ce qu'on va présenter au public ...

 

Celles. Je retiens le nom du village à côté d'Anseroeul. En temps normal, on peut y parvenir en bus, en partant de la gare de Tournai. A savoir. Il suffit donc, ensuite, de marcher même pas deux kilomètres pour arriver à la Ferme du Harby. Hélas, le sam'di, c'est un peu différent : pas de bus qui roule.

 

Donc, j'avais révisé mes plans.

 

A seize heures, je me trouvais à Tournai. Après deux heures passées dans un train. Disposé à faire du stop pour me rendre à Anseroeul (c'était à même pas dix kilomètres). Par bonheur, y avait un plan de la ville, juste devant mon nez. Merci, Providence ! Le problème (faut en rire), avec les plans, c'est que la ville est représentée, dans sa configuration, avec le Nord au dessus et le Sud en dessous. Et ça ne correspond pas forcément à la disposition dans laquelle on se trouve, à ce moment-là. Sur le plan, après avoir repéré la gare, sur le plan, deux rues principales à gauche et à droite de la gare (une des Nerviens, une autre ... je sais plus), et la chaussée de Renaix (qu'en fait, je devais prendre) qui démarrait à partir d'une ces deux rues voisines (à gauche ? à droite ?) de la gare, je me suis (re)mis en route.

 

Après m'être trompé de rue (forcément, quand on doit lire à l'envers !), après être rev'nu sur mes pas, j'ai trouvé la bonne direction.

 

J'avais déjà ... faim.

 

Et je repère un resto. Avec une enseigne, qui n'est pas des moindres : "Le Grand Jacques". Avec des notes de musique pour l'accompagner. Evidemment, j'ai ralenti mon pas. Je suis entré. Avec scepticisme, soyons francs. Le grand Jacques Brel est devenu une image indétrônable maint'nant, les patrons de bistro et de resto le savent. Loi du commerce oblige. Evidemment, je suis en décalage par rapport à c'là. Moi qui suis (aussi) un chanteur, moi qui poursuit mes rêves (accessibles et un peu moins) à longueur de journée, moi qui attend souvent "Madeleine" ou "Mathilde" plus souvent qu'à mon tour, moi qui suis du signe du Bélier (comme le grand Jacques), je n'étais évidemment pas sûr (faut pas se leurrer), en pénétrant dans ce resto, d'y rencontrer l'âme du Brel ... qui m'appartient.

 

Eh bien, j'ai été accueilli comme un roi. A seize heures, je pouvais encore manger. Le gars était (et est) d'une chaleur incomparable. Il a été journaliste, a habité Paris, a croisé le grand Jacques (notamment), m'a raconté des anecdotes avec des gens connus (certains, mais ça je m'en rends souvent compte dans ce type de discussion, sont, paraît-il, des gens très sympas hors de la scène ... d'autres, un peu moins). J'ai voyagé avec lui. Il m'a même offert du vin après le repas. Ma difficulté n'était pas de rester dans cet endroit (charmant, où j'espère repasser un jour), mais dans la réalité qui me disait qu'il était déjà ... dix-sept heures, que je ne devais plus traîner si je souhaitais me trouver à Anseroeul, avant 19 heures.

 

Un pont de franchi. Une route.

 

Et le stop a final'ment, très bien fonctionné, avec un gars du coin, qui m'a pris en voiture (qui m'a dit ... suivre des cours d'économie pour adultes), qui s'est douté, rien qu'en voyant ma guitare, que je me rendais ... à la Ferme du Harby.

 

Oui, je souhaitais me trouver sur place, dès le début, vers 19 heures. Je savais que je ne passais pas avant vingt-deux heures, dans la s'conde partie. Raison de plus, en spectateur, pour découvrir (ou redécouvrir) ceux (et celles) qui passaient.

 

En arrivant à proximité de la Ferme du Harby, un chien (qui avait l'air de boîter) m'avait déjà souhaité la bienv'nue.

 

Le coup d'envoi était assuré par Freddy et Monique Sosson (mes amis de Bruxelles). Accompagnés, cette fois, par Camille, leur petite fille de huit ans, qui manifeste clairm'ent le désir de chanter. Avec leur gentillesse habituelle, ils ont mis le public en condition. Pour la première fois, Freddy interprétait ... Jacques Brel, avec son "PLAT PAYS". A sa façon, bien sûr (tout comme, dans d'autres contextes, il reprend le légendaire "JE L'AIME A MOURIR" de Francis Cabrel, avec ses marques). Monique a chanté deux morceaux en anglais. La p'tite Camille, sans faute, a chanté "SI, MAMAN, SI" de France Gall. Avec ... détermination. Coup d'envoi. Que dire de plus ? J'étais ravi.

 

Suivait un groupe du nom de ... Cocktail. Deux hommes et une femme. Des morceaux de Simon et Garfunkel (ravissants, bien sûr). L'éternelle "COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA" du groupe Beau Dommage (que le grand Félix Leclerc avait aussi, en son temps, repris), qui s'est greffée, une fois de plus, dans mes rêves, dans mes envolées, que je chantais, sur ma chaise, en même temps qu'eux. Je reconnaissais, dans le groupe Cocktail, le groupe qui avait chanté, la veille, sous le nom d'Astaffort. Je renouvelle mes propos à leur égard : présence scénique parfaite, harmonie des voix parfaite, choix des instruments adéquat ... mais aucune chaleur, aucune âme (d'eux à moi, bien entendu !). J'avais, hélas, quand je les observais sur scène, plus le sentiment de rencontrer trois bulldozers que ... trois artistes qui donnaient leur âme.

 

Oui, je suis avant tout sensible, lorsque je vois des gens sur scène (comme dans la vie), à l'amour, à la tendresse, à la générosité, à la vulnérabilité (aussi) que ces gens me communiquent. Le reste m'importe peu.

 

Justement, je me faisais la réflexion lorsque j'écoutais, avant le groupe Cocktail, mes amis Freddy et Monique Sosson, que je suis quand même depuis pas mal d'années. De spectacle en spectacle, ils amènent de nouvelles choses, de nouvelles chansons. Je sais, je m'aperçois, à chaque fois, que Monique, à partir du moment où, en chantant, monte sa voix vers le haut, a une tendance (nette, quand même) à chevrotter et ... fausser. Je ne suis pas dupe. Mais, avec le temps, ce détail ne me heurte plus. La gentillesse emboîte le pas et j'ose supposer qu'un certain nombre de gens, dans le public, dont l'esprit analytique ou "professionnel" ne l'emporte pas sur toute la ligne, pensent un peu comme moi.

 

Et pendant ce temps-là ...

 

Un chat et un chien se balladaient dans la salle. Mignon. Serdu, le dessinateur, reproduisait, comme la veille, des caricatures heureuses des artistes qui se produisaient. Blaise, le jeune pianiste de la maison, avec son chapeau, assurait, comme la veille, les intermèdes entre chaque passage d'artiste, comme un chef.

 

Un autre groupe (un duo) m'a séduit. Je nomm'rai ... Epicerie Fine. Tiens, quel nom ... original, qui sonne bien ! Deux filles qui chantent (l'une compose, l'autre écrit). Des chansons qui roulent, toutes bien écrites. Tiens, rien que cette chanson intitulée "CES GENS", chanson très brève, qui résume tell'ment bien. Des gens qui savent parler, réciter, se montrer, dire les mots qu'il faut, se faire valoir en société ... dans des moments où on ne trouve pas les mots pour parler et où tout le reste est cont'nu derrière un sourire, où personne, parfois, ne nous accorde un sourire quand on a le coeur qui chante. Evelyne au piano, Valérie au chant. Tiens, d'où vient, final'ment, leur appellation "Epic'rie Fine" ? La robe sombre et les ch'veux très courts de Valérie, c'est aussi ... de très bon goût (pour le répertoire qu'elles proposent et ... le plaisir des yeux, bien entendu).

 

Les styles se suivent, mais ne se ressemblent pas.

 

De la région de Tournai, on revient à Bruxelles. Avec un groupe de ... six. Tous avec un chapeau melon, un gilet ouvert noir mettant en évidence une chemise en couleur. Leur nom : Barberpeis. J'essaierai de ret'nir (leur nom de scène). Leur particularité : chanter a capella. Des morceaux qui, vocal'ment, étaient des bijoux. Des morceaux qui plaquaient, sur des airs "a capella", des appellations populaires typiquement bruxelloises : "kaberdouche", "snull", "il est complèt'ment clash" (et un des membres du groupe, devant cette expression, retire son chapeau melon et expose son crâne ... dégarni). Fallait le faire.

 

Et le temps passait. Je commençais, en tant que spectateur, à fatiguer, à saturer.

 

Je n'allais quand même pas me débiner quand mon amie EDith Barbieux, accompagné par Pierre à la guitare, était prévue, juste après. Je n'ai pas regretté, une fois de plus, d'assister à sa prestation. Edith a l'intelligence de choisir, dans son répertoire, des chansons "pas connues" de chanteuses "pas connues" (ou "plus connues). Béa Tristan, Christiane Stefanski, Anne Sylvestre (que nos radios boudent, évidemment !) sont régulièr'ment défendues, sur scène, par EDith, par son punch, son travail d'interprétation. Faut le faire. Et ... même s'il ne faut pas mélanger la vie publique et la vie privée, je sais, connaissant Edith en coulisses, à quel point les chansons qu'elle choisit ... lui ressemblent.

 

J'ai été subjugué par la deuxième chanson présentée par Edith. L'histoire d'une femme qui se regarde dans une glace (ou une vitrine) et qui aperçoit ses rides, son âge (avancé ?) qui lui saute aux yeux et une image d'elle, dans laquelle elle ne se reconnaît pas (ou plus). Et qui décide qu'à l'intérieur d'elle, elle n'a toujours pas de rides. Moment d'émotion. Je salue, le plus sincèr'ment du monde, Pierre, le guitariste d'Edith, tout en discrétion, d'avoir écrit ce texte en faveur de son interprète.

 

J'aurais pu encore puiser, là-bas. Edith a chanté en duo avec un gars qui s'appelle Sylvain. Une chanson mettant en scène deux qui personnes qui, a priori, se détestent, s'envoient des vannes à la figure ("râclure", par exemple), dans un langage "châtié", et finissent par se demander en mariage. Très très crédible. Très très ... réaliste.

 

Je fatiguais, je saturais de plus en plus.

 

Je n'avais plus, momentanément, d'énergie pour suivre l'artiste suivant. Je m'excuse auprès de lui.

 

J'ai filé dans la pièce à côté ... où y avait du monde qui causait, buvait, fumait et où les places assises étaient rares. Comme de bien entendu. Mon esprit était brusquement saoûlé. J'avais quand même du établir un constat : en regardant les artistes qui défilaient, la plupart débordaient largement du temps qui leur était imparti. Trois morceaux, telle était, à mon souv'nir, la consigne tacite ... pour chacun. En pratique, je n'en ai, pour ainsi dire, vu presqu'aucun présenter moins de cinq morceaux.

 

Que dire ?

 

C'est pas facile d'être artiste, je le sais. C'est tentant, quand le public accroche et en redemande, de pousser un (ou deux) morceaux de plus. C'est même tentant, pour certain(e)s, d'arriver sur scène, avec six morceaux préétablis à l'avance, en sachant que le public en redemandera. Faut-il parler d'ego surdimensionné, d'inconscience ... ou d'esprit pratique ?

 

Tout ce que je sais, c'est que ... la longueur inévitable du passage des artistes, qui dépassent le temps prévu, a des répecussions sur le public qui sature, à un moment donné. Je me suis, un jour, laissé entendre dire que ... quarante-cinq minutes était la limite d'écoute du cerveau humain. Bon. La longueur inévitable du passage des artistes, qui dépassent le temps prévu, qui ne s'arrêtent pas dans les temps, est nuisible aussi pour les autres artistes, qui ont quelque chose à présenter, qui ont effectué aussi le déplac'ment pour ça, et risquent de perdre (contexte oblige) un public qui pourrait, en d'autres temps, les adopter et ... leur sauter au cou.

 

Inutile de dire que je râlais sec. Dans une atmosphère où je n'arrivais plus à trouver une chaise pour m'asseoir, une personne avec laquelle je pouvais parler. Et il y avaient encore au moins trois numéros avant l'entracte. Des artistes qui allaient inévitablement déborder sur le temps, aussi. J'ai passé au moins vingt minutes, en bougonnant, en f'sant les cent pas, à me dire : quand ce s'ra mon tour, ce ne s'ra pas trois morceaux que je présent'rai, mais aussi un de plus (rien que pour le principe !), après tout à quoi ça sert d'être respectueux du timing, si c'est pour se faire baiser par les autres ?

 

Du côté de l'organisation, quand j'ai un p'tit peu signalé mon mécontent'ment, ils n'ont fait que me confirmer ce que je pensais : la veille, ils avaient été confrontés au même problème.

 

"On veut être gentils. On va pas leur dire casse-toi !", m'a dit, avec la plus grande des gentillesses, l'un d'eux.

 

En f'sant les cent pas, entre la salle où on buvait et celle où les artistes passaient, j'ai quand même vu des choses intéressantes.

 

Le duo Dusoulier-Hottekiet. DEs chansons picardes. Des chansons françaises traditionnelles. Une reprise heureuse de "L'AUVERGNAT" de Brassens. Un gars à l'accordéon, l'autre qui chante ... avec un chapeau d'paille. J'ai accroché. Je regrette juste de vous avoir découvert dans un moment où, circonstance oblige, je n'étais plus de première fraîcheur, dans ma disponibilité d'esprit. Ca durait, ça durait, ça durait. Je commençais à m'impatienter, à l'égard de ma prestation, prévue dans la s'conde partie. Et le chanteur qui dit, dès le début, un truc du genre : "Nous allons vous présenter ce que nous faisons durant une vingtaine de minutes". Là, ça m'est quand même resté un peu ... en travers de la gorge. Dès le départ, le groupe imposait son temps. Dès le départ, forcément, le groupe imposait, avec ce temps imposé, un nombre de chansons ... qui n'allaient pas se résumer à trois. Voyons, voyons ! Les autres, ils se démerderont toujours ! Voyons, voyons ! Je râlais d'autant plus en réalisant que le duo Hottekiet-Dusoulier aurait largement pu se limiter à trois morceaux, dans un esprit de respect, sans que les trois morceaux ne nuisent à leur prestation, ne nuisent à la crédibilité de leur talent et du spectacle qu'ils présentaient.

 

J'espère revoir Proserpine et Catherine dans d'autres circonstances. Au moment où elles passaient, j'étais dans les loges. Il était question de femmes ignorées, battues. Catherine intervenait notamment, vêtue d'un voile (comme dans ces pays où la burka est de rigueur).

 

Et je tournais de l'oeil. Dans les loges. Dans la salle. Partout.

 

"On veut être gentils, on va pas leur dire casse-toi !"

 

Cette phrase continuait à résonner dans mon cerveau.

 

Des souvenirs de chanson me sont revenus.

 

J'en ai déjà franchi, des lieux, des festivals, où des artistes sont programmés pour deux ou trois morceaux, où les techniciens sont déjà sur scène avant que vous ne terminiez le dernier morceau (certains, pour être sûrs que la machin'rie avance, vous coupent le son carrément).

 

Faut-il, dans un esprit de respect, en arriver à de telles extrémités ?

 

Bien sûr que non.

 

 

 L'idéal serait que tout un chacun, en étant conscient de sa valeur (et de celles des autres),  en étant conscient de la gentillesse qu'on leur accorde (et jamais je ne remettrai cette valeur en question chez Bernard, Maud, Laure, Pauline, Blaise ... et tous les autres qui se cassent le cul, chaque année, dans leur "Ferme du Harby", pour organiser une soirée-cabaret où tout le monde peut s'exprimer), se fasse sa propre discipline : on m'a demandé trois morceaux, rien de plus, et je prends la liberté d'accepter le challenge.

 

J'ai quand même eu mal au coeur pour le groupe Casanoé, venu tout droit de la région de Charleroi, qui entamé la s'conde partie. Juste avant moi. Chaque année, on les retrouve à la Ferme du Harby. Avec des morceaux bien balancés, musical'ment. Avec des textes qui tiennent la route. Tiens, le chanteur principal ne faisait plus partie du groupe ! J'ai quand même eu mal au coeur pour Casanoé, quand, après leur troisième morceau, on leur a demandé s'ils avaient l'intention d'en présenter d'autres. Comme quoi ... Voilà encore une répercussion, logique, des artistes qui prennent tout leur temps auparavant et qui en font pâtir les autres. Je ne conteste pas, fondamental'ment, la question qu'on leur a posée. Eux aussi pouvaient (ou ... auraient du, si on reste pragmatique) se limiter à trois morceaux. Mais pourquoi les limiter, eux, alors qu'on n'a pas pris ce soin avec d'autres ?

 

Malgré tout ça, j'étais heureux. L'ambiance restait. Enfin : mon tour allait arriver.

 

Avant d'arriver sur scène, j'avais déjà jeté au bac ce principe complèt'ment débile, complèt'ment puéril, de me dire : ils en font cinq, alors j'en fais cinq aussi. Plutôt que d'exiger le respect des autres, efforçons-nous d'abord de l'appliquer, c'est plus simple. J'avais décidé : je présente mes trois morceaux.

 

Et je les avais bien cogité(s), mes morceaux, toute la journée. L'un au piano, l'autre au ukulélé, le dernier à la guitare (et l'harmonica). Sans trop m'égarer sur ... autre chose que j'aurais pu présenter. Non, basta.

 

Et puis ...

 

En toute modestie, ai-je besoin d'en remettre sur cinq ou six morceaux, quand je suis déjà convaincu, sans me vanter, d'être crédible sur scène, rien qu'en respectant la règle ?

 

Non, facilitons-nous la vie. Centrons-nous sur ce qui nous est offert et voyageons pleinement dans cette galaxie-là.

 

Un piano pour commencer mon p'tit passage. Une aubaine, quand même ! Dieu sait si les pianos ne se trouvent pas dans tous les lieux de spectacle où on atterrit. Dieu sait si les pianos (même électroniques) ne sont pas évidents à transporter quand on se rend quelque part pour chanter. Autant sauter sur l'opportunité. Dieu sait à quel point ma chanson "LA GRAND MESSE", que j'ai écrite il y a plus de vingt ans (1988), que j'ai régulièr'ment retouchée, retransformée, j'ai déjà eu envie de la présenter sur scène, lorsqu'à la maison, sur mon piano électronique, je lui donne son amplitude avec une musique d'orgue. Carrément. Sur le piano de Blaise, au Harby, j'avais cette possibilité. J'ai foncé. Avec Laure, une des filles du lieu, qui me tenait le micro pendant que je chantais et qui se marrait devant certaines allusions, dans ma chanson. Le seul bémol : pendant que je chantais, mon nez coulait et je devais user de mille et mille stratégies pour que ça ne se remarque pas trop.

 

"Après l'office, le grand Benoît

Grande gueule avertie loin d'son père,

Le p'tit Pierre, petit blond narquois ..."

  

Le public d'Anseroeul (ou des environs), en m'applaudissant, a-t-il reconnu, au fil de ma chanson, des prénoms que j'y invoquais, des gens de leur cru qu'ils y r'connaissaient ?

 

Après le piano, le ukulélé. Ca va, j'avais pas fait trop de floches au piano. Mais tout n'était pas gagné. J'avais envie de risquer mes "TROMBES D'EAU" avec cette petite guitare à quatre cordes. Ca fait quand même un mois que je la joue ... presque non-stop, chez moi. Je l'avais jouée, dans une radio locale, avec le ukulélé, mais en me trompant, les deux derniers couplets, pratiqu'ment à chaque mot que j'abordais. Le souv'nir était encore cuisant. Une part de moi disait : "Hugues, tu n'attendrais pas d'être un peu au point". Une autre de part me disait : "fonce, risque, jamais tu ne seras à l'abri des trous !".

 

"Les trombes d'eau ne sont pas mes ennemies ..."

 

Je l'aime bien, celle-là. Cinq couplets (pas moins). Je me suis lancé à l'eau. Ca va, ça suivait. Parfois encore : une difficulté de placer convenablement les doigts au bon accord, pour que la note résonne clair'ment. Et le passage du troisième au quatrième couplet, en montant d'un ton, en repérant à temps les cases des accords où je devais poser mes doigts, ça, ça restait le détail qui me flanquait encore ... le trac. OK, on n'allait pas me tuer. Et quand j'ai du changer de ton, eh bien, j'ai pu assurer.

 

Je réservais ... ce que j'estime de meilleur, dans le troisième morceau.

 

Ma chanson "DOUCE".

 

A la guitare et à l'harmonica.

 

 

 

 Ce portrait d'une fille à l'âme tendre, dont l'enfance et l'adolescence sont plus que troublées (et loin d'être ... douces), qui tente de se débrouiller et de survivre comme elle le peut, que tout un chacun a déjà rencontré quelque part. Qui ressuscite peut-être la part de rêve, d'enfance qui vivent en nous et qu'on flanque au bac, la plupart du temps. Je l'aurai déjà fait voyager, mon héroïne, dans plus d'une salle.

 

"Douce, douce, elle est si douce ..."

   

Et je n'ai jamais trop de mal à demander au public de reprendre le refrain avec moi. Hier, j'ai encore été servi.

 

"Douce, douce, elle est si douce ..."

 

Si seul'ment ...

 

La princesse (gitane ou autre) qui m'a réell'ment inspiré cette chanson pouvait se trouver, un jour, dans une salle, quand je la reprends.

 

Si seul'ment ...

 

Elle ne s'offusquait pas devant mes allusions (délibérées) à l'inceste, dans le s'cond couplet. Evoquer les réalités telles qu'elles se passent, ça me paraît parfois un devoir. Surtout quand on s'est attaché à une personne et qu'on comprend très bien le pourquoi du comment de certaines réactions.

 

Si seul'ment ...

 

Elle se réjouissait, en s'apercevant qu'en spectacle, ma tenue de scène est ... une chemise rouge orange, qu'elle m'a un jour ach'té.

 

Si seul'ment ...

 

 

D'accord, avec des "si", on ne va nulle part. Mais ... on peut toujours rêver. La "DOUCE", à l'époque où je la fréquentais, me tenait pratiqu'ment les mêmes propos.

 

Je lève les yeux au ciel, je m'en remets à la vie, qui m'a toujours comblée et me comblera encore.

 

IL était temps, après la prestation, de repartir, hélas. Une voiture m'attendait. Fallait encore ranger les instruments, reprendre ses habits, sortir d'une loge ... étroite (où d'autres futurs artistes qui devaient passer arrivaient), passer entre le mur et le rideau (plus qu'étroit), éviter de déranger les gens, dans la salle, qui écoutaient.

 

Mille excuses à PIcardéon, couple attachant qui m'avait ravi, l'an dernier, avec des textes écrits en patois du coin. Mille excuses à Joachim et Joannes, guitaristes folks, sympas, talentueux, qui m'avaient emm'né en voyage, l'an dernier, sur leurs musiques. Cette année, vous passiez après moi, j'étais (hélas) tributaire d'un moyen de locomotion, les conducteurs (qui avaient aussi une route à faire et une petite fille à reconduire avec eux) estimaient que c'était l'moment, et ils avaient raison, aussi. Ce n'est que partie remise.

 

Mille excuses à ceux (et celles) que j'oublie et qui s'en rendront compte, s'ils lisent mon ... journal de bord.

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Flo au baiser effacé

 3  états de cette Flo au naturel.

 Sans idée préméditée, le coup du baiser hommage à Klimt n'a pas résisté bien longtemps. C'était juste une entrée en matière.

1er état de flo au baiser

1er état

 très vite effacé le baiser avec la tête posée sur le coté, on devine encore sa place sur le 3ème état.

état inter flo au baiser

2ème état 

3ème état flo au baiser

3ème état 150x120 acry  sur toile sans marouflage gegout©adagp2011

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Vicente Blasco Ibáñez, républicain et franc-maçon : une omission très volontaire des lettres espagnoles

Cours-Conférence par Jacques de Caluwé

 

Jeudi 26/05/2011 – 17h00

Les ouvrages de critique et d'histoire littéraire consacrés à des écrivains francs-maçons sont de deux types très différents. Les uns, écrits par des francs-maçons, s'accrochent avec force à l'aspect maçonnique en voulant le voir partout, même où il n'est pas. Les autres, écrits par des profanes, ignorent parfois ou font semblant d'ignorer l'appartenance maçonnique, même quand celle-ci est très connue. En outre, on constate chez ceux qui signalent le fait une tendance chronique à nier ou à minimiser l'importance qu'il peut avoir exercé sur l'œuvre ou sur la vie de l'écrivain. Tout se passe alors comme dans le cas du livret de "La Flûte enchantée" : pendant de longues années, avant le livre de Jacques Chailley - pourtant profane - on a voulu ignorer le caractère initiatique de l'œuvre et on a considéré ce texte comme un conte de fées simpliste et mal ficelé. Est-ce volontaire ou involontaire ? On peut se poser la question en étudiant certains cas assez clairs dans la littérature. Pour Choderlos de Laclos, par exemple, on omet d'établir une relation entre ses activités maçonniques bien connues et le message de ses "Liaisons dangereuses" ou de ses Traités sur l'éducation des femmes. Pour Vicente Blasco Ibáñez, on rappelle du bout des lèvres le succès incomparable des "Quatre Cavaliers de l'Apocalypse" ou d'"Arènes sanglantes" mais on occulte les quatre volumes "Vive la République" où la franc-maçonnerie joue un rôle essentiel.

Les leçons du Collège Belgique sont accessibles à tous, gratuitement et sans inscription préalable.


Palais des Académies

Rue Ducale 1, 1000 Bruxelles

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La mise en scène d'opéra, un miroir de l'actualité : analyse des principales évolutions au XXe siècle

Cours-Conférence par Michel Hambersin

Mercredi 25/05/2011 – 17h00

Ce cours-conférence a pour objectif d'expliquer l'évolution depuis le début du XXe siècle de la mise en scène d'opéra, ses objectifs, ses différentes tendances et les débats qu'elle suscite aujourd'hui.
Dans une seconde leçon sera abordée plus spécifiquement en compagnie de compositeurs la problématique de leur relation dans leur travail avec le metteur en scène.

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L'auteur des Liaisons dangereuses, féministe et franc-maçon

Cours-Conférence par Jacques de Caluwé

Mercredi 18/05/2011 – 17h00

Les ouvrages de critique et d'histoire littéraire consacrés à des écrivains francs-maçons sont de deux types très différents. Les uns, écrits par des francs-maçons, s'accrochent avec force à l'aspect maçonnique en voulant le voir partout, même où il n'est pas. Les autres, écrits par des profanes, ignorent parfois ou font semblant d'ignorer l'appartenance maçonnique, même quand celle-ci est très connue. En outre, on constate chez ceux qui signalent le fait une tendance chronique à nier ou à minimiser l'importance qu'il peut avoir exercé sur l'œuvre ou sur la vie de l'écrivain. Tout se passe alors comme dans le cas du livret de "La Flûte enchantée" : pendant de longues années, avant le livre de Jacques Chailley - pourtant profane - on a voulu ignorer le caractère initiatique de l'œuvre et on a considéré ce texte comme un conte de fées simpliste et mal ficelé. Est-ce volontaire ou involontaire ? On peut se poser la question en étudiant certains cas assez clairs dans la littérature. Pour Choderlos de Laclos, par exemple, on omet d'établir une relation entre ses activités maçonniques bien connues et le message de ses "Liaisons dangereuses" ou de ses Traités sur l'éducation des femmes. Pour Vicente Blasco Ibáñez, on rappelle du bout des lèvres le succès incomparable des "Quatre Cavaliers de l'Apocalypse" ou d'"Arènes sanglantes" mais on occulte les quatre volumes "Vive la République" où la franc-maçonnerie joue un rôle essentiel.

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Léonard de Vinci et Dürer : autoportraits sur le mont Ararat

Cours-Conférence par Chakè Matossian

Jeudi 07/04/2011 – 17h00

Léonard de Vinci, pris dans le déluge, se déclare ambassadeur en Arménie. Dürer se peint sur le Mont Ararat en compagnie des dix mille martyrs. Les visions et prophéties de ces deux artistes majeurs de la Renaissance ont donc en commun un lieu, le mont Ararat, l’Arménie. Pourquoi Vinci et Dürer ont-il choisi de se désigner, de se raconter là comme en un ailleurs familier ? Et pourquoi la relation si forte et étroite qu’ils établissent avec l’Arménie imaginaire reste-t-elle si peu connue, ignorée ou même passée sous silence? Pour Chakè Matossian ces artistes, hantés par les formes du déluge, habités par la question du devenir des âmes, du jugement dernier et de la résurrection, tissent un lien non seulement avec Noé sauvé sur l’Ararat mais encore, et plus secrètement, avec Platon, à travers le personnage d’Er l’Arménien.

Chakè Matossian, s’appuyant sur la Théorie de la science de Fichte pour montrer ce qu’il en est de la vision vivante, examine ces autoportraits en Arménie à la lumière de Platon et des écrits mystiques de Guillaume Postel. Lieu de coïncidence entre l’évanescence de la forme et la vie même, entre le génie païen et le cœur chrétien, entre l’Orient et l’Occident, l’Ararat des peintres se fait lieu de vision du réel.

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L’athéisme comme pensée populaire et non élitaire

L’athéisme comme pensée populaire et non élitaire

Cours-Conférence par Serge Deruette

Mercredi 06/04/2011 – 17h00

L’athéisme, aux Temps modernes, s’est d’abord affirmé comme un courant de pensée réservé à la grande bourgeoisie et à l’aristocratie. Il faudra attendre le XIXe siècle et la formation du monde industriel pour que des penseurs, tels Marx ou Bakounine, l’inscrivent dans un projet d’émancipation populaire.

Auparavant, dans les XVIIe et XVIIIe siècles, il se confond avec le libertinage, un courant de pensée qui ne manifeste aucune sympathie pour les masses asservies et s’adresse à la seule élite intellectuelle.

Pourtant, un penseur fait exception et anticipe la tradition d’athéisme populaire et contestataire : Jean Meslier (1664-1729). Ce penseur, encore fort peu connu hors des cercles de spécialistes, est un curé de village des Ardennes françaises ! Il laisse à la postérité la première théorie construite et achevée d’athéisme et de matérialisme philosophique.

La radicalité de son matérialisme athée procède pour une grande part de sa volonté de renverser la féodalité pour fonder une société égalitaire. Elle se nourrit autant de livres que de l’expérience de la vie paysanne, dont il tire souvent argument.

Meslier destine en effet ouvertement ses réflexions athées aux masses paysannes et asservies. Sa critique religieuse rejoint sa critique sociale du rôle de la religion et de l’Église pour maintenir les peuples en sujétion. Car c’est pour abattre la féodalité que Meslier, ouvrant la voie à une tradition athée populaire, s’assigne d’abord comme tâche d’abattre Dieu…

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journal de bord, samedi 26 février 2011

 

 

 
Eh bien, on ne m'avait jamais comparé à Bobby Lapointe. J'en prends quand même bonne note. Non pour l'éloge, le compliment qui m'a été adressé en coulisse (que je reçois aussi), mais pour l'image qui m'a été adressée en retour, suite à mon texte "IMBECILE, INUTILE ..." que j'ai dit, hier, à Anseroeul, à la Ferme du Harby, lors de la soirée-cabaret.
 
Honnêtement ...
 
Je n'y aurais jamais pensé. Je connais très peu Bobby Lapointe, sans dénigrer son talent et l'empreinte qu'il a laissée dans la chanson française. Je connais "et vanille et françoise ... sont les mamelles du destin". Plus : l'une ou l'autre chanson, construite avec des jeux de mots pas piqués des verts. Je dirai juste : je me suis rar'ment penché sur Bobby Lapointe, moi qui suis peu sensible (non : accessible) aux jeux de mots.
 
Mais voilà, une fois de plus : on sait comment on se vit, de l'intérieur, en tant qu'artiste.
Et voilà, une fois de plus : le spectateur (artiste ou non) vous voit avec ses images, ses repères.
 
"Ca ne doit pas être évident de passer le premier !"
 
M'ont dit des gens, là-bas.
 
Oui, dans le programme, je passais le tout premier. Juste après 19 heures 30. Je le savais dès le départ. J'ai accepté le challenge. après tout, dans une programmation, il en faut toujours un qui démarre.
 
"C'est frustrant, quand même !"
 
M'ont dit des gens, là-bas.
 
A priori, oui. Mais je n'étais pas frustré, en démarrant devant ... une vingtaine de personnes, assises (évidemment, d'autres gens, en grandes pompes, sont arrivées par la suite et les artistes suivants en ont bénéficié). Non, je le vivais bien. Le technicien, Xavier, était immensément gentil, à l'écoute. Un monsieur, charmant, dans le public, a accepté tout de suite ma demande ... quand j'ai signalé mon désir d'être photographié ou filmé. Je n'ai pas perdu les pédales, quand j'ai entamé le troisième et dernier morceau, lorsque le micro s'affaisçait toutes les dix secondes.
 
Etre frustré, quand on chante, ne dépend final'ment pas du moment où on est prévu, mais de l'état d'esprit dans lequel ons e trouve au moment où on preste.
 
J'ai déjà vécu des situations où je ne passais pas en premier, où je m'impatientais, nerveus'ment (trac ?), parce que mon tour n'arrivait pas assez vite et où je perdais une grande partie de mes moyens, en chantant, tell'ment j'avais attendu, tell'ment j'avais eu peur que les gens s'en aillent avant que je ne franchisse les feux de la rampe.
 
Etre passé en premier lieu peut aussi avoir des répercussions chouettes.
 
D'abord, en quittant les coulisses, en filant dans le public, je n'ai pas eu de mal à me trouver une chaise, pour m'asseoir et me mettre dans de bonnes conditions pour découvrir ceux (et celles) qui passaient après moi.
 
Un groupe de la région, Astaffort (ils étaient trois), reprenait les chansons de Francis Cabrel. Bel ensemble vocal. Habillés, tous les trois, en noir. Je trouve bien, cette idée de reprendre un nom de ville. Astaffort, pour ceux qui ne le savent pas, c'est la ville où Francis Cabrel habite (il en a déjà été le maire, je crois, et il y a déjà organisé des stages musicaux). Je regrette juste (mais ça reste mon impression) que, derrière des chansons joliment choisies, derrière une technique qui semblait au point, l'émotion et l'âme (ainsi que l'ébauche d'un sourire), de la part des trois interprètes, ne faisaient guère partie du programme.
 
J'espère atteindre, un jour, le paradis gaiement et rencontrer Max, ce terrien plus que coriace, dans les meilleures dispositions du monde. N'est-ce pas, Hafiz ? Avec ton éternelle chemise rouge (je devrais t'en demander la symbolique), en rôdant un sketch qui n'est pas encore au point (et que tu testais en public), tu nous emm'nais déjà. Pris par mes voyages intérieurs, mon pote, tu ne m'en voudras pas si je ne suivais pas ton histoire, graduell'ment. Mais peu importe : j'ai bien noté que le Seigneur tout puissant avait noté, sur une fiche, dans l'au delà, le nombre de morts, de trépassés qui étaient prévus, sans discussion possible, et de l'existence de Max, ce costaud, qui, par miracle, avait échappé à un accident de la route. A suivre.
 
La place Rihour (à Lille), la gare (de Lille) et le vieux Lille, où je me suis égaré quelquefois dans mon itinéraire de troubadour, me sont rev'nus, en photo-souvenirs, lorsque j'ai vu apparaître Olivier Marais, avec sa casquette et sa guitare. Le reste a suivi. L'évocation de la maladie d'Alzheimer, avec le public qui participe, oui. La télévision et les consommateurs plus que contents, oui oui. Mais alors, cette jubilation, traitée dans les règles de l'écriture, lorsqu'on se sent bien ... au p'tit coin. Olivier, si, un jour, nous nous accordons une soirée à deux, je te rendrai la pareille ; dans mon répertoire, je célèbre aussi, dans une chanson, la noblesse des ... toilettes.
 
Ma culture a égal'ment avancé d'un cran. Grâce à Mademoiselle Françoise Marquet. Merci, noble princesse ! Dans mon esprit, la harpe celtique (rien qu'en focalisant sur le nom), c'était une toute petite harpe (digne de celle d'Assurancetourix, le barde dans Astérix), qu'on pouvait transporter dans un sac à dos et que j'avais déjà repéré, en Bretagne, dans des rues où j'étais passé et où j'avais vu des musiciens (locaux) qu y jouaient et y obtenaient un franc succès. Mais non : il s'agissait d'une harpe de taille ... déjà moyenne (y a encore plus grand) qu'on transporte avec le plus grand soin, surtout lorsqu'il s'agit de la placer dans le coffre d'une voiture (un break, de préférence). Sur scène, notre Françoise transcendait l'atmosphère, avec la beauté de ses morceaux, sa jolie robe (j'ai envie de dire "médiévale", mais le terme n'est peut-être pas approprié) et ses cheveux qui ondulaient.
 
Et pendant ce temps, Serdu, comme chaque année, dessinait, avec son talent, dans un coin de la salle, les artistes au pied levé. Je n'ai pas repéré moins de cinq grands papiers me représentant. Evidemment, je les ai emportés avec moi.
 
Et pendant ce temps, aussi, Blaise, un des enfants des organisateurs, meublait, comme chaque année, avec son chapeau et le brio qu'on lui connaît, les intermèdes entre chaque artiste qui passait ... au piano.
 
Et pendant ce temps, aussi ...
 
Mon ventre criait famine. Je réalisais que je ne m'étais pas trop nourri, durant toute la journée. Je suis allé me restaurer dans la pièce à côté.
 
Et voilà que, dans la pièce à côté, où, déjà, les bières se f'saient remarquer, où plus d'un artiste (qui était déjà passé) faisait déjà la "causette" avec d'autres artistes (déjà passés), où des gens du coin surveillaient l'atmosphère (surtout lorsqu'un gars, dans les parages, tenait une cigarette en main), où les tickets étaient nécessaires pour se procurer une saucisse ou un sandwich à l'américain, un écran diffusant le spectacle était affiché au mur.
 
C'est ainsi que ...
 
J'ai pu repérer une place, assister à la suite du programme, et me sentir même mieux que dans la salle.
 
Un chanteur du nom de Mike m'a, grâce à ce biais, séduit. Avec des textes très sensibles (et une voix qui ne l'était pas moins). Je devrais réécouter. Son clin d'oeil au Costa Rica, en fin de programme, était bien placé.
 
Etre assis, dans un coin, même si je ne parle pas directement avec les gens, final'ment, ça me convient bien pour préserver mon espace, tout en restant à l'écoute de ce qui m'entoure. Un p'tit chat qui trônait sur une table, derrière une espèce de guirlande. Une gamine qui s'amusait avec le matou et s'évertuait à me prendre à témoin. J'avoue que, même si j'aime rencontrer des gens, l'idée de rester debout, durant un temps indéterminé, en causant avec eux (comme ils le font, pour la plupart), ça me fait perdre l'équilibre, ça me fout des tensions dans l'dos et ça m'empêche d'être à l'écoute.
 
Ma belle Proserpine, pour la troisième année consécutive, à Anseroeul, je te découvre, je te soutiens, avec ce sens humoristique, coquin, qui ne se dément pas, et fait ressortir une sensibilité à fleur de peau. Les lunettes rondes, que tu te mettais aux yeux, pour jouer ... un rôle d'institutrice. La belle robe "beige" ou "brune", avec des p'tits pois blancs (Gilbert Bécaud a-t-il désigné des espèces de disciples ?), elle t'allait bien. Et Sylvain, le guitariste, te mettait en valeur.
"LE ZIZI" de Pierre Perret pour démarrer, d'autres chansons coquines (bien foutues) que j'ai découvertes, "BRAVE MARGOT" de l'incontournable Georges Brassens. J'attends le jour, amie, où tu chanteras une chanson douce, sans retenue (je suis certain que tu m'arracheras les larmes). Et ce final, avec la "BIAISEUSE", classique de la chanson française (est-ce Marie-Paule Belle ?) ... j'ai souri en l'entendant, car j'ai pensé à Charlotte, une chanteuse de Paris, que j'ai déjà accompagné à la guitare, qui reprend aussi ce morceau ... d'une toute autre manière.
 
Entre temps ...
 
J'ai navigué avec une espèce de cymbale qui se retrouvait dans un évier (dans les loges), un rideau qu'on coinçait sur le mur, des états de fatigue qui se faisaient sentir au fil des heures qui passaient.
 
Les deux trois derniers groupes qui passaient, j'ai eu plus difficile. Quoique ... la chanteuse d'un groupe (avec des cheveux très courts), j'aimais son allant et les morceaux qui s'ensuivaient. Quoique ... le batteur du dernier groupe (il habite Ixelles et il me croise souvent, lorsque j'y distribue le courrier) m'a soufflé dans sa manière de tenir ses baguettes et de s'enflammer devant sa batt'rie.
 
Mais on n'en restera pas là.
 
Ce soir, à la Ferme du Harby, à Anseroeul, y a encore une soirée-cabaret. J'y participe égal'ment. A la seule différence que, cette fois, je suis programmé dans la seconde partie.
 
Il est 10 heures 37. Fauda que je songe, d'ici une heure, à me préparer (déjà). Je n'ai pas trouvé de voiture pour me rendre à Anseroeul. Pas grave : mon retour,quant à lui, est assuré. Et la journée, ensoleillée, déjà, promet d'être belle.
 
 Je prendrai le train jusque Tournai. En supposant que j'arrive dans cette ville aux environs de quinze heures (disons même : seize), j'ai encore trois heures devant moi pour arriver à Anseroeul. Même à pied, ça reste faisable, quand on sait que ça se trouve à une dizaine de kilomètres de Tournai. Bien sûr, je peux envisager le stop.
 
 Maint'nant, à pied, ça reste faisable : suffit de prendre la direction de Renaix. Moi qui aime la marche, la rando, j'y trouv'rai ma part, aussi.
 
En attendant ...
 
L'image d'un château dans les champs et d'une maison coquette, avant d'arriver à la Ferme du Harby, s'impriment déjà, ce matin, dans mes paysages.
 
Je remercie une charmante automoboliste, avec laquelle j'ai eu la chance de faire la route, hier, de m'avoir ouvert les yeux sur ces coins champêtres, pleins de poésie, devant lesquels je repass'rai peut-être encore, en f'sant attention, cette fois.

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Écrivains et voyous : crimes et procès de Villon, Sade, Verlaine et Genet

Cours-Conférence par Florence Richter

Mercredi 30/03/2011 – 17h00

Le courant Droit et littérature, très développé aux Etats-Unis, est encore peu connu dans le monde francophone. Or, c’est depuis l’origine que fiction littéraire et textes de juridiques n’ont cessé de se croiser : tantôt c’est le droit qui s’empare de la littérature (procès de presse, censure,…), tantôt c’est le droit qui emprunte à la littérature ses formes et son style (rhétorique judiciaire, herméneutique législative…), tantôt encore c’est la littérature qui remet en question les fondements de la loi, du pouvoir et de la justice.

L’ambition de ces deux leçons est de montrer en quoi cette approche est susceptible de renouveler à la fois les études littéraires et la théorie juridique. La première leçon pointera, à travers une histoire qui va de la Bible au polar en passant par la tragédie grecque, Robinson, Faust et Kafka, les points de convergence, mais aussi de divergence, entre imaginaire littéraire et imaginaire juridique. Elle se prolongera par une étude introductive du théâtre de Shakespeare pour y faire apparaître la question de la légitimité du pouvoir à travers le thème omniprésent du corps du roi : corps naturel et corps mystique, unis ou séparés, pour le meilleur et, souvent, le pire. La deuxième évoquera les procès de quatre grands écrivains qui furent aussi des hors-la-loi : Villon, Sade, Verlaine et Genet. On s’interrogera, à cette occasion, sur les rapports que la littérature entretient avec le mal et le crime.

Les leçons du Collège Belgique sont accessibles à tous, gratuitement et sans inscription préalable.

Palais des Académies

Rue Ducale 1, 1000 Bruxelles

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Arts et édition audio-visuelle

Par Michel Stockhem (Conservatoire royal de Bruxelles)

Mercredi 16/03/2011 – 17h00

Le cours-conférence concerne le rapport entre art et médias, abordé sous l’angle critique des enjeux de leurs interactions. Que devient, aujourd’hui l'art sous l'effet des médias ? Quelles puissances les médias donnent-ils à l'art ? Quelles contraintes et même quels dangers lui font-ils subir?

Montrer l’invisible, dire l’indicible, faire entendre l’inaudible, telles sont les fonctions habituellement attribuées à l’art. Si ces desseins relèvent avant tout d’un itinéraire intime de la part de l’artiste, l’histoire occidentale montre que les artistes dont elle garde la trace ont toujours été médiatisés d’une manière ou d’une autre, avec des conséquences fondamentales sur leur art.

De nos jours, les médias sont numériques, multimédias et s’établissent en multiples réseaux dans une logique de marché. Que deviennent les artistes et leurs œuvres dans ce contexte ?

L'objectif du cours-conférence est de préciser, à partir de trois contributions et des débats auxquels elles donneront lieu, ce à quoi il faut "faire attention", lorsque les artistes et leurs oeuvres se trouvent médiatisées. Ce souci implique de multiples acteurs : les artistes, les agents médiatiques, les pouvoirs publics et le public.

Le cycle comprend trois leçons. Dans la première, Thierry De Smedt, professeur et chercheur en information et communication, aborde les enjeux artistiques des nouveaux médias interactifs en réseau. La seconde leçon, assurée par Robert Wangermée, musicologue et ancien directeur de la radiotélévision belge, concerne la manière dont la radiotélévision médiatise l’art. La troisième leçon concernera les enjeux de l’art à travers la discographie et la vidéographie. Elle sera assurée par Michel Stockhem, professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles, mais aussi éditeur et producteur.
Chaque leçon comprendra un débat avec l’assistance.

Les leçons du Collège Belgique sont accessibles à tous, gratuitement et sans inscription préalable.

Palais des Académies

Rue Ducale 1, 1000 Bruxelles

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Début d'histoire

Je suis une femme comme tant d’autres, perplexe sur le devenir de ses enfants, donnant de l’importance aux sentiments, aux émotions…
Mais tout au long de ma vie, l’amour a toujours été le moteur de mes actions,
même si parfois la raison aurait dû l’emporter. Je ne regrette rien sauf peut-être de ne pas avoir compris plus tôt le sens du mot « je t’aime »…. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut d’abord que je vous raconte un peu de mon enfance, non parce que j’ai été malheureuse au contraire, mais pour que vous puissiez mieux peut-être comprendre, ce qui fait aujourd’hui ce que je suis.
A l’aube de mon dernier jour, ou serai-je ? Avec qui ? Que ferai-je ?
J’ai longtemps pensé que la mort n’existerait pas pour moi, je ne sais pas pourquoi, ma jeunesse sans doute.
Quand on est jeune on se sent invulnérable, plein de ressources. Bien sur cela n’a duré qu’un temps, car de la même façon j’affirmais à qui voulait l’entendre que je mourrai jeune, quarante ou quarante cinq ans, et plus j’avançais dans l’âge, plus j’étais persuadée que cet âge là serait fatidique pour moi.
C’est curieux quand j’y repense, je n’avais pas peur de mourir, je le souhaitais même quelquefois. Pourquoi cette attirance insensée vers les ténèbres? Es-ce le chagrin, ou un réflexe bête et incontrôlé d’adolescente confinée dans une féminité étouffée dans l’œuf ? Je ne
sais pas.
J’étais pourtant d’un naturel joyeux, mais réfractaire à tout ce qui n’allait pas dans mon sens. Mes parents disaient de moi que j’étais têtue, bornée, un sale caractère. Mais tant pis j’étais moi,  «  ils n’avaient qu’a être plus vigilants, après tout » pensais-je, «  c’est eux qui m’ont fait venir, moi je n’ai rien demandé ! »

Comme beaucoup d’adolescentes je suppose, j’imaginais avoir une « mission » à remplir, et tant que je n’aurais pas fini ce pourquoi j’étais sur Terre, je ne mourrais pas, le pire c’est que j’en étais, et en suis encore persuadée.
A ce moment-là j’habitais avec mes parents, une maison avec un petit jardin dans une cité aux abords d’une petite ville, dans le sud de la France, et mes seules fréquentations étaient deux ou trois filles de mon âge, et une voisine que je considérais comme ma grand-mère, puisque je n’en avais pas.
Solitaire la plupart de mon temps libre s’écoulait entre les promenades à vélo ou à pied, mes devoirs et la lecture. D’ailleurs ma mère se désespérait, je dévorais tous les livres que je trouvais Mais « il faut se méfier de l’eau qui dort » disait ma mère.
Ma mère, je vous en parle mais ne l’ai toujours pas présentée.
C’était une jolie brunette pas plus haute que quatre caisses de pommes, très vive et très protectrice. Fille d’Eve et de la DDASS, son enfance austère sans grande joie, lui avait forgé un caractère assez rude, mais un cœur énorme.
Une jambe plus courte que l’autre là faisait boitiller, un visage que Michel-Ange aurait adoré peindre, des yeux noirs et un sourire magnifique.
L’âge avançant n’a rien changé, bien sûr elle se déplace plus difficilement et sa hauteur a diminué. Trois caisses de pommes suffisent désormais à là mesurer, l’hiver sur ses cheveux a laissé ses neiges éternelles, mais c’est joli.

J’étais une eau dormante, et lorsque je me suis réveillée, cela n’a pas été de tout repos pour mes parents.
Très tôt séduite par la magie, l’ésotérisme, prédire l’avenir…
Demain, que nous réserve demain ?
J’avais hâte de grandir, hâte de savoir, ma « mission » devait être commencée et je n’en connaissais même pas les bases.
Pourquoi suis-je là ? Est-ce qu’il y a une vie après la mort ?
Si oui, est-ce que j’ai existé avant ? Qui étais-je ?
Ai-je choisi ma naissance ?
Si c’est le cas, soit j’étais vraiment bête, mais ce n’est pas possible. Ou alors je suis revenue parce que j’ai vraiment quelque chose à apprendre ou à faire, sinon j’aurais choisi d’être mieux physiquement, et riche si possible, je ne devais pas être si gourde que ça  dans ma précédente vie tout de même ! Adolescente toutes ces questions perturbent, et je cherchais les réponses dans les livres, auprès des personnes âgées, tout ce qui pouvait m’informer sur l’avenir étaient dévorés systématiquement.
Le bien, le mal, tout se mélangeait.
J’avais de grands espoirs pour mon avenir professionnel, car je voulais avant tout que mes parents soient fiers de moi, enseignante, avocate, policier…Pourquoi pas ?
Hélas ! Je nous ai déçu très tôt, puisque je me suis mariée à dix-sept ans, maman d’une petite fille à dix-huit ans, divorcée à vingt-et-un ans, remariée et maman une seconde fois, cette fois d’un petit garçon à vingt-deux ans, puis divorcée à vingt-quatre ans. Parcours très tumultueux d’une eau dormante devenue torrent déchaîné. Tout cela sans véritable amour, simplement par peur de moi-même et de mes ambitions qui c’était sûr n’aboutiraient jamais et ruineraient mes parents. Pendant ces deux échecs, et bien d’autres péripéties amoureuses ma mère me répétait sans cesse « qui trop embrasse mal étreint »
Elle avait raison : le fait que l’on dise « je t’aime » en toutes occasions, ne prouve pas la sincérité et la profondeur du sentiment que l’on ressent. Aime t’on sincèrement, du fond du cœur, dans les moindres détails et à tous moments l’être à qui on le dit ?
......................

 

Extrait de "Le prix de l'amour ou je t'aime"

livre à édité copyright SGDL

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Les sacrifiés

 

 

     

 

Ceux qui ont fait le choix, décidant par eux-mêmes,

D’être martyrisés ou de perdre la vie,

Pour mettre un terme, enfin, à la sauvagerie,

Possèdent, en s’unissant, une vigueur extrême.

 

D’être martyrisés ou de perdre la vie,

Afin de libérer les opprimés qu’ils aiment,

Possédent, en s’unissant, une vigueur extrême.

Les insurgés, mains nues, contre la tyranie.

 

Afin de libérer les opprimés qu’ils aiment,

Citoyens devenus des masses asservies,

Les insurgés, mains nues contre la tyranie,

S’exposent à mourir dans une foi suprême.

 

Citoyens devenus des masses asservies,

Ils défoncent, soudain, les portes qui enferment,

S’exposent à mourir, dans une foi suprême.

Glorieux anonymes, ils suscitent l’envie.

 

25 février 2011

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