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journal de bord, mercredi 23 février 2011

 Neuf heures et demie (du matin).

 

On sonne.

 

C'est p'têt mon amie Delphine, qui avait prévu de me dire un p'tit bonjour vers ... onze heures et d'mie. Ses plans ont subi des modifications, sans doute.

 

C'est p'têt le méd'cin-contrôle. Oui, en cas de congé de maladie, on est sensé rester trois jours chez soi.

 

Je réponds.

 

"Facteur !", j'entends à l'autre bout.

 

"C'est pour un r'commandé !", j'entends (aussi) à l'autre bout.

 

Ca va, la journée commence bien. Le chèque-repas, qui m'est destiné, chaque mois, la dernière semaine, me parvient à domicile. Chouette, non ?

 

Je ne fais ni une ni deux. J'enfile juste un pantalon, je prends mes clés et descends l'ascenceur, pieds nus.

 

Je rencontre le facteur (il est sympa). Je signe.

 

C'est marrant de se trouver de l'autre côté de la barrière et d'observer, quelques instants, un collègue dans sa manière de travailler.

 

"Facteur !", dit-il.

 

"Facteur !", a-t-il déjà dit, y a deux jours, quand on a sonné chez moi, pour me remettre un colis.

 

Quand je pratique le métier ...

 

Quand je sonne chez les clients (que je connais ou non), pour leur remettre un colis, un recommandé, et qu'une voix répond au parlophone, je dis plutôt : "C'est le facteur !" ou "C'est Hugues, le facteur !". En m'efforçant de mettre de la douceur dans ma voix. Mais bon : chacun a son trip.

 

C'est pas tout.

 

Quand "mon" facteur m'a remis, ce matin, le chèque-repas (recommandé) et une autre env'loppe (normale) qui m'était destinée, et emporté ma signature, il a encore sonné chez une autre personne de l'immeuble.

 

On a répondu.

 

"Facteur ! C'est pour un r'commandé !", a-t-il introduit.

 

"Y a personne !", a répondu l'autre voix.

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Immonde idéal

 

Il est parti fier et innocent,

du haut de ses dix-huit ans.

Deux fois il s'est retourné et m'a souri.

Je l'ai regardé s'éloigner, droit comme un i.

J'ai levé la main bien haut, avec mes baisers pour l'accompagner.

Il est parti dans le monde et le bruit,

l'indifférence des gens et l'ennui,

il est parti.

Longtemps sur le quai de cette gare j'ai pleuré.

Il a grandit si vite,

le temps se précipite et nous enlève du ventre, la vie que nous allons donner.

Pour qui? Pourquoi?

Au nom de qui? Au nom de quoi?

Il fait froid, si froid.

Tombe la nuit...

Combien de temps suis-je restée sur le quai de cette gare?

Il n'est plus là, c'est vrai....

Il reviendra, je sais...

Il faut qu'il revienne.

 

Demain je lui écrirai combien il me manque,

demain je lui dirai, qu'il soit prudent.

Là-bas, il est parti comme tant d'autres déjà,

tels des apôtres,

pour que la paix soit notre...

 

Mères de tous pays écoutez ma prière,

nos enfants se battent, leur vigueur et leur jeunesse en bandoulière,

pour des idées ou une terre.

Avec courage et certitude ils se battent, à corps et à cris dans la foi

et la couardise de gradés planqués.

 

Ceux-là demain ne seront pas grands brûlés.

 

Dans quelques mois, quelques années,

mères de tous pays, nous reviendrons dans cette gare

Nous chercherons le fruit de nos entrailles.

Mais demain ne sera plus qu'une terre, construite

sur un tas de cendres et de morts,

génocide légal pour un immonde idéal.

 

Vos enfants... Nos enfants que nous pleurons,

mamans au coeur déchiré,

piétiné par l'envie et l'égocentrisme des hommes,

au nom d'un roi, d'un dieu ou d'un idéal...

Désirs primaires d'intellectuels primates,

rêvant d'absolu pouvoir,

ceux-là ne seront pas cul-de-jatte,

mais palabreront sur la patrie et le devoir...

 

Hélas ! Pour nos ventres,

ils n'auront aucun égard...

Faisant fi de notre désespoir,

toujours et encore

à nous,

ils demanderont de donner la vie à de futurs guerriers.

 

25/06/2006

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Jours d'hiver québécois

 

 

Au-dessus des toits blancs, le ciel clair est troué

Par l’astre éblouissant qui répand sa richesse,

En des rais radieux de lumière enjouée.

Je les reçois ravie, l’âme emplie d’allégresse.

 

Ma fenêtre est ouverte à sa pleine grandeur,

L’air demeure en repos et seule la lumière ,

Selon sa fantaisie, joue au décorateur,

En dotant chaque objet d’une ombre familière.

 

L’instant, qui se prolonge, a pour me satisfaire

Le silence parfait  dans l’immobilité.

La grâce ressentie loin de signes austères,

En ces jours lumineux, est une volupté.

 

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Boutons jaunes et bourgeons blancs

 

A la lueur de l’aube se teint le ciel d’azur

Grives musiciennes et merles noirs

Chantonnent leurs premiers amours

Alors que mésanges bleues et moineaux

Sautillent ensemble sur les bouts des rameaux

Douce brise caresse les jacinthes des bois

Primevères et violettes brochées de soie

Passionnément l’érable tend ses bras

Jeunes feuilles viennent d’éclore

Narcisse enjôle sa jonquille d’or

Nos pieds nus frôlent les crocus emperlés

Joue contre joue nous dansons avec le printemps

 

Nada

23/02/11

 

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Max Elskamp vu par Félix Valloton

"Voici une âme de Flandre et d’en haut. Dans les campagnes nues ou dans les cathédrales fleuries, qu’il regarde la mélancolie de l’Escaut jaune et gris ou la sérénité des vieux vitraux couleur de mer, qu’il aime les douces Flamandes aux bras nus ou Marie-aux-cloches, Marie-aux-îles, Marie des beaux navires, Max Elskamp est le poète de la Flandre heureuse. Sa Flandre est heureuse, parce qu’il y a une étoile à la pointe de ses mâts et de ses clochers, comme il y avait une étoile sur la maison de Bethléem. Sa poésie est charmante et purificatrice.

Je veux dire avec lui d’abord les chansons du pauvre homme de Flandre. Il y en a six, seulement  six, parce que le dimanche, c’est la chanson des cloches.

 

Un pauvre homme est entré chez moi
pour des chansons qu’il venait vendre,
comme Pâques chantait en Flandre
et mille oiseaux doux à entendre,
un pauvre homme a chanté chez moi.

 

Et à mesure que chantait le pauvre homme, le poète a écrit les chansons de la semaine de Flandre, ensuite a taillé dans le bois des images naïvement nouvelles, ensuite a fait avec tout cela un petit livre qui semble tombé par la cheminée un jour de Noël, tant il est miraculeusement doux. J’aime que les poètes aient le goût de la beauté extérieure et qu’ils vêtent de grâces réelles leurs grâces rêvées : mais que nul ne veuille la pureté d’art des Six chansons de Pauvre homme ; il ne saurait, — car la semaine est finie, et

 

À présent c’est encore Dimanche,
et le soleil, et le matin,
et les oiseaux dans les jardins,
à présent c’est encore Dimanche,
et les enfants en robes blanches
et les villes dans les lointains,
et, sous les arbres des chemins,
Flandre et la mer entre les branches…

 

 

Les idées se présentent presque toujours à M. Elskamp sous la forme d’images significatives ; sa poésie est emblématique. Vraiment, et surtout dans son premier recueil, Dominical, elle a l’air parfois de raconter les emblèmes dont s’ornaient les singuliers livres où l’on s’édifiait jadis, surtout en pays flamand, le Miroir de Philagie (Den Spieghel van Philagie) ou cette Contemplation du Monde (Beschouwing der Wereld) que l’art admirable de Jan Luiken diversifie à l’infini. L’âme, personnifiée en un jeune homme, une jeune fille, en un enfant, traverse des paysages, agit sur les éléments, subit la vie, travaille à des métiers, se promène en barque, pêche, chasse, danse, souffre, cueille des roses ou des chardons ; c’est très mièvre le plus souvent et diffamé par une naïveté qui a d’elle-même une conscience trop précise. Pourtant il y a une poésie mystique, en ces estampes et voici comment M. Elskamp la sent et l’exprime :

 

Dans un beau château,
la Vierge, Jésus et l’âne
font des parties de campagne
à l’entour des pièces d’eau,
dans un beau château.

 

Dans un beau château,
Jésus se fatigue aux rames,
et prend plaisir à mon âme
qui se rafraîchit dans l’eau,
dans un beau château.


Dans un beau château,
de cormorans d’azur clament
et courent après mon âme
dans l’herbe du bord de l’eau,
dans un beau château.


Dans un beau château,
seigneur auprès de sa dame
mon cœur cause avec mon âme
en échangeant des anneaux,
dans un beau château.

 

Ici, l’intention emblématique est évidente. L’emblème est une figure par laquelle on matérialise, mais sous leurs noms, les idées, les passions, les vertus des hommes, ainsi que les abstractions pures, et surtout l’âme qui alors se trouve dédoublée et jouant dans la vie son rôle d’âme vis-à-vis du corps qui joue son rôle de corps. Cela diffère donc du symbole, car le symbole monte de la vie à l’abstraction et l’emblème descend de l’abstraction à la vie…

(En réfléchissant sur cette question, je songe que  la littérature de M. Maeterlinck paraît emblématique, le plus souvent : La Mort de Tintagiles semble une vraie estampe de Luiken ; pareillement dans l’effroyable, le fiévreux, l’occulte, le génie de M. Odilon Redon est emblématique.)

… L’emblème pose tout d’abord l’abstraction ; il se sert de paysages, de personnages, de matérialités, mais vues selon des attitudes volontairement significatives ; tandis que le symbole présente la nature telle qu’elle est et nous laisse la liberté de l’interprétation, l’emblème affirme la vérité qu’il exprime ; il l’affirme avant tout et ne se sert de figurations que comme d’un moyen purement mnémonique.

Tels emblèmes peints comme enluminures dans les missels de M. Max Elskamp sont d’une obscurité magnifique et qui fait rêver longuement. Je ne crois pas que, depuis la Nuit obscure de l’âme, la poésie emblématique se puisse vanter de plusieurs aussi belles images :

 

Mais les anges des toits des maisons de l’Aimée,
les anges en allés tout un grand jour loin d’Elle
reviennent par le ciel aux maisons de l’Aimée ;

les anges-voyageurs, buissonniers d’un dimanche,
les anges-voyageurs se sont fait mal aux ailes,
les anges-voyageurs, buissonniers d’un dimanche ;

 

les anges-voyageurs savent le colombier,
et se pressent, au soir, vers le cœur de l’Aimée,
les anges-voyageurs savent le colombier ;


mais les plus petits anges se donnant la main,
les plus petits anges se trompent de chemin,
mais les plus petits anges sont encor très loin ;


et les anges plus las, sur leurs bateaux à voiles.


Et les anges ont froid parmi les hirondelles,

et la bien-aimée attend, inquiète, les anges attardés. M. Elskamp est familier avec les anges ; on dirait qu’il y en a toute une légion répandue autour de son rêve ; il les interpelle, il leur fait des aveux et des prières ; il les voit, il voit que les oiseaux leur mangent dans la main : poète, ces oiseaux, ce sont vos vers.

Le second livre des visions de Max Elskamp, en une légende « un peu plus dorée » salue la Vierge, mais la Vierge de Flandre, et il monte à la tour, à la « tour de sa race », qui est aussi la tour d’ivoire, si haut qu’il peut monter. De là, d’où les fanaux du fleuve sont des étoiles pareilles aux étoiles d’en haut, il salue  

Marie des choses ineffables,
Marie des pures senteurs,
Marie du soleil et des pluies,

et c’est avec bien de l’humilité qu’après de si charmantes litanies, il demande pardon :

 

Marie de mes beaux navires,
Marie étoile de la mer,
me voici triste et bien amer
d’avoir si mal tenté vous dire.

 

La mer, de sa tour, il la salue aussi, la mer et tous ses bateaux.

 

… Allez vos chemins,
Les tartanes, les balancelles,
Avec vos tout petits noms d’ailes,

 

Le dernier volet du Triptyque à la louange de la vie est un cantique d’amour et de bonté :

 

Et me voici vers vous, les hommes et les femmes,
avec mes plus beaux jours pour le cœur et pour l’âme

et la bonne parole où tous les mots qui s’aiment
semblent des enfants blancs en robes de baptême…



… ma douce sœur joie et son frère Innocence
s’en sont allés cueillir, en se donnant la main,
sous des oiseaux chantants les fleurs du romarin..

 

 

Le jour de joie est arrivé, cœurs, faites maison neuve, soyez bons, afin de mériter la vie heureuse qui va s’étendre sur les villes et les campagnes,

 

jusqu’aux arbres loins comme des tentures.


On va respirer enfin un air d’amour, tout s’apaise, tout se purifie, tout est printemps,

 

et, cloches de bonnes nouvelles,
lors, aux gens sur le pas des portes
dites qu’enfin Doctrine est morte
et qu’aujourd’hui c’est vie nouvelle.

 

Cette vie nouvelle bourdonne dans le cœur et dans la poésie de Max Elskamp, et dans le jardin bêché et semé de ses mains, dans le jardin fleuri par son désir. Si l’arrosoir du jardinier semble avoir été quelquefois rempli à cette rivière de grâce, Sagesse, c’est que la miraculeuse rivière a débordé de toutes parts et s’est infiltrée dans toutes les fontaines : le jardin de Max Elskamp est bien la création d’un jardinier original. Le sentiment religieux est moins large et moins profond dans la poésie d’Elskamp que dans celle de Verlaine ; mais il est plus intime, plus pur, plus de sanctuaire, de lampe, de cierges, de cloches ; ce n’est plus l’amour qui pleure d’avoir mal aimé ;  c’est tout au contraire l’amour qui s’exalte dans le sourire et le souvenir d’une pureté parfaite ; c’est l’amour chaste ; nulle trace d’une sensualité même mystique, que ceci :

 

Anges de velours, anges bons…
Anges, la chair du soir m’envoûte…
La reine de Saba me baise
sur les yeux ; anges très chrétiens,
dans le noir des maisons mauvaises…


et c’est tout, avec, à l’autre page, une allusion douce et triste à la plus aimée, qui plonge, ainsi que des fleurs, ses mains aux sources de ses yeux : mais, tentation charnelle, amour sentimental, également loin dans un paysage de maisons ou d’arbres.

Max Elskamp chante comme chante un enfant ou un oiseau de paradis. Il se veut un enfant ; il est l’oiseau des légendes qu’un moine écouta pendant plus de cinq cents ans ; et, de même qu’en la légende, lorsqu’on l’a écouté et qu’on revient à la vie, il y a du nouveau dans les gestes des hommes et dans les yeux des femmes ; les choses signifient des pensées qu’on n’avait plus, et même ce buveur du dimanche,  

au dimanche ivre d’eau-de-vie,


semble songer à une communion avec les puissances invisibles et belles. Qui sait,

 

car nous avons beaucoup voyagé, Théophile,
par les cœurs des hommes qui sont aussi des villes,


ce qu’il y a au fond des hommes muets et l’obscure chanson chantée en ces âmes qui sont tout de même des églises ? Cette obscure chanson, M. Elskamp la devine et la transpose, sous la protection de Saint-Jean-des-Harmonies ; il est tout musique, tout rythme ; on dirait ses vers presque toujours modelés sur un air ; parfois trop sévèrement, car poésie et musique c’est très différent, et il en résulte que le poète sacrifie la poésie à la musique, la langue au rythme, le mot à la mélodie. C’est un défaut assez fréquent dans les anciennes proses latines où le rythme et la rime riche empiètent sur le sens. Il ne faut pas chercher la beauté d’un vers en dehors de l’accord des mots et des significations ; le vers a naturellement une tendance à trahir la pensée : l’obscurité, si elle n’est pas volontaire, est une défaillance.

Il y a des traces d’obscurité spontanée dans la poésie de Max Elskamp et aussi des traces de  préciosité : l’expression, qui est toujours originale, l’est parfois avec gaucherie. Dans les pages parfaites, la pureté est délicieuse, nuancée comme un humide ciel flamand, transparente comme l’air du soir au-dessus des dunes et des canaux ; dans toutes, on a l’impression d’une constante recherche d’art, d’une passion charmante pour les nouvelles manières de dire l’éternelle vie.

On peut aller sans peur vers Max Elskamp et accepter la corbeille de fruits qu’il nous offre dorés « par un printemps très doux », et boire au puits qu’il a creusé et d’où jaillissent « des eaux heureuses », des eaux fraîches et pleines d’amour. On mangera et on boira de la grâce et de la tendresse."

Remy de Gourmont

 

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Charles Van Lerberghe. Entrevisions

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« Entrevisions » est un recueil poétique de Charles Van Lerberghe (Belgique, 1861-1907), publié à Bruxelles chez Paul Lacomblez en 1898.

 

Le manuscrit initial comprenait trois mille vers, et fut considérablement réduit par un "jury éditorial" composé par des amis de l'auteur: Albert Mockel, Fernand Severin, Maeterlinck. Ce dernier se montra particulièrement sévère pour les pièces auxquelles il reprochait "naïveté, rhétorique, fadeur, abus d'eau de rose, etc.". Le choix du titre lui-même donna lieu à de longues discussions, et même à un référendum. A "Trames", "Jeux et Songes", "Sous voile", fut finalement préféré le titre proposé par l'auteur: quoique constituant un néologisme, Entrevisions possédait le mérite de contenir à la fois l'anglais glimpse et l'allemand Durscheinende.

 

Le recueil est divisé en trois parties: "Jeux et Songes", "le Jardin clos", "Sous le portique". La première offre une panoplie de métamorphoses furtives, associées à toutes les incarnations de l'image féminine: l'amour s'éveille, disparaît, mais s'idéalise dans le souvenir ("Psyché"); des reflets de fleurs et d'anges s'évanouissent sous la buée d'une haleine ou d'un baiser ("le Miroir"); la nymphe dormant les yeux ouverts est surprise par l'éclair qui se mire en ses yeux: "Et tout un jardin ébloui / S'illumine au fond de la nuit / Dans le rapide éclair d'un rêve" ("Dans la Nymphée"); ou bien, par un mouvement lent et multiforme qui anime tout le poème, la Vierge "étoile de la mer", prend le visage de Vénus. La deuxième partie propose onze poèmes d'une unité remarquable. Chacun d'eux est précédé d'une épigraphe en latin, librement adaptée du Cantique des cantiques, qui d'ailleurs inspire l'ensemble. En un long monologue, la Femme s'éveille à l'amour dans un demi-songe où miroitent les ambivalences de sa propre image: "Je suis l'enfant qui tient des mondes / Et la Vierge qui tient des lys." Elle est miroir du cosmos ("Toute l'aurore brille en mes yeux") ou se fond en lui: "J'ai joué dans la neige en feu / Des étoiles du paradis / J'en suis toute revêtue." Enfin, elle n'est plus que la sensation éveillée par l'Époux. La dernière partie offre une série de variations sur les métamorphoses du temps - clair-obscur dans lequel, par un jeu d'avatars, alternent mort et renaissance ("l'Oubli", "la Mort", "In Memoriam").

 

Albert Mockel écrit à propos du recueil Entrevisions: "Les vers de Van Lerberghe font penser à des anges qui suivraient le cortège de Vénus; à demi voilés de leurs ailes, ils cachent leurs yeux bleus étonnés et leurs lèvres, à qui les délices des sens viennent d'être révélés. Ce sont des anges païens - ou si l'on veut, ce sont de simples jeunes filles." Sans doute cette dernière assertion est plus que contestable, car la "simplicité" de la jeune fille des Entrevisions n'est en réalité qu'une apparence. Pour le reste, le jugement est perspicace et suggestif. Van Lerberghe a dit lui-même qu'il n'a pas cherché à faire de l'étrange intentionnellement, mais qu'il a voulu composer un poème d'une "beauté, intense et mystérieuse". Le sujet de ses poèmes, il le cherche "aux confins de la vie". Car, dit-il, "je crois que toute profonde beauté est mystère, et que ce côté mystérieux est un signe qu'on l'a entrevue". C'est en effet l'originalité de ce recueil de côtoyer la métaphysique, sans que jamais le poète ne devienne philosophe. On peut cependant déplorer, dans cette poésie savante et parfois un peu artificielle, la monotonie d'un vocabulaire fade (abus des mots "rêve", "roses", "radieux", "doux"...) et la grandiloquence de l'image. Quant à l'aspect païen, il est à la fois omniprésent et fondamental, comme le prouve la métamorphose de la Vierge en Vénus, ou Psyché se donnant dans un murmure d'extase à l'Amour endormi.

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L’ECHANGE  (asbl)
a le plaisir de vous convier
à la 40e séance de Mère de guerre
 
Atelier Marcel Hastir Rue du Commerce, 51, 1000 Bruxelles (Métro Trône)
 
Dimanche 20 mars 2011, 17 h

MÈRE DE GUERRE de Adolphe Nysenholc
lecture-spectacle par l’auteur
animé de statuettes 
et accompagné à la clarinette par Guy Gérard,
membre honoraire de l’Orchestre national de Belgique
 
suivi d’un débat
 
 
Réservations  recommandées : ateliermarcelhastir@gmail.com
ou tél. 02.779.99.52 (soir/week-end)
 
Participation aux frais: 10 EUR (5 EUR pour enfants jusqu’à 12 ans)
 
Le verre de l’amitié vous sera offert après le concert, en compagnie de l'auteur et du  musicien.


Adolphe Nysenholc Finaliste du Prix Rossel pour Bubelè, l’enfant à l’ombre, un hommage poignant à de vieux Bruxellois qui sauvent un enfant durant la guerre. Auteur d’essais sur le cinéma (André Delvaux ou le réalisme magique ; Charles Chaplin. L’âge d’or du comique.) Prix littéraire du Parlement de la Communauté française pour la Passion du diable. <http://www.adolphe-nysenholc.be>
 
Deux mères se disputent un fils.
L’une disparut jeune en déportation. L’autre, vieille, l’a sauvé durant la guerre.
Elles se trouvent à son chevet en revenantes plus d’un demi-siècle plus tard.
Qui est la vraie mère ?
 
12272718265?profile=original 
Mère de guerre (Ed. Lansman) fut représenté à
Cracovie, Marseille, Bruxelles, Braine-l’Alleud, Poix-St-Hubert, Paris, Ashdod, Avignon, Spa, Sibiu (avec sur-titres en roumain), Jérusalem (avec sur-titres en hébreu), New Haven (USA, en anglais)…    par 7 compagnies, dans 6 pays, 29 lieux, 4 langues.
 
 
La séance aura lieu dans un haut lieu de la Résistance, l’Atelier de Marcel Hastir,
fréquenté par Youra Livschitz et ses deux camarades
qui ont arrêté le XXe convoi de Malines vers Auschwitz
le 19 avril 1943.
Cette action héroïque fut unique  en Europe.

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journal de bord, mardi 22 février 2011

 

 Debout très tôt, ce matin. Malgré mon congé de maladie.

 

Eh oui, au centre médical, où je devais me rendre, hier, afin d'obtenir un certificat, c'était bourré, rempli de monde. Des gens malades, y en a, y en a, et ils méritent tous, sans exception, d'être soignés.

 

Concrètement ...

 

J'étais arrivé sur place, hier, vers 17 heures. Je croyais être dans les temps. La seule alternative possible : attendre jusque ... 21 heures 30. Là, y aurait peut-être eu encore moyen de passer une visite. Ce n'était pas tout : il fallait que je sois présent, au centre, avant 19 heures, car les réceptionnistes, à l'accueil, fermaient la porte d'entrée. Ca signifiait : attendre deux heures et demie dans la salle (si pas plus ... on sait que les visites prennent souvent plus de temps que prévu).

 

On a beau avoir l'âme d'un héros (et ses performances, de temps à autres), on n'a pas forcément envie de forcer la dose.

 

Restait une autre alternative : être présent, au centre, le lend'main, à huit heures et demie.

 

Ca va, j'ai l'habitude des levers de bonne heure. J'ai su m'y atteler.

 

Arrivé sur place, je suis même passé le premier.

 

Avec, malgré tout, cette difficulté d'expliquer au méd'cin ce qui se passait vraiment chez moi.

 

Dès le départ, il m'a dit : "ce n'est pas normal qu'à quarante-huit ans, vous ayez des essoufflements ... quelqu'un peut très bien marcher quatre heures d'affilée sans s'essouffler, sauf s'il fait un effort"

 

J'entends bien.

 

"Votre asthme doit être traité"

 

Je ne demande pas mieux, docteur.

 

"Quand êtes-vous allé voir un pneumologue la dernière fois ?"

 

Là, je suis confus. Je ne m'en rappelle vraiment pas.

 

J'ai du souffler dans une espèce de tube, rapid'ment, après avoir inspiré. L'expiration (rapide) m'était particulièr'ment pénible.

 

Pour que mon asthme soit traité, je devrais refaire une visite dans trois semaines. Le médecin me conseille même la kiné.

 

J'ouvre bien mes antennes. POurquoi pas ?

 

Quand je lui explique mes dernières difficultés, il ne peut s'empêcher de dire : "si ça ne va pas, il faudra songer à nouvelle orientation professionnelle au sein de la poste"

 

J'essaie de ne pas "trop" prendre sur moi. Heureusement que j'ai appris, avec le temps, à ne plus décider trop vite.

 

J'ai droit à une semaine de repos. J'emporte un certificat. J'ai largement le temps, à la maison, de me raviser.

 

Un passage, chez le pharmacien, est recommandé. Du "Seretide Diskus Dos" (mon Dieu, Seigneur, toutes ces appellations scientifiques, comme ça peut me donner de l'urticaire, quand je les prononce !). Enfin : le méd'cin m'a montré le mécanisme : appuyer sur un bouton, inspirer dans un trou prévu pour ça. Paraît que c'est plus puissant, encore que le "Ventoilin", qui, paraît-il, agit déjà sur le corps durant quatre heures : celui-ci agit sur ... dix heures.

Un trait'ment, deux fois par jour, est valable. On verra.

 

Lundi prochain ...

 

Je reprendrai le boulot. En ayant pris le temps de réfléchir, une fois de plus, sur ma condition. Le trait'ment prévu par le méd'cin aura peut-être des répercussions sur mon rythme de marche, quand j'effectuerai ma tournée. Comme ça, à brûle-pourpoint, j'ai du mal à y croire, mais ... ne (re)partons pas battus (losers) avant d'avoir essayé, testé.

 

"Peut-être devrez-vous envisager une réorientation profesionnelle au sein de la poste"

 

J'ai bien entendu.

 

"C'est que tu n'es plus fait pour ce métier !"

 

Ai-je entendu, vendredi dernier, quand le chef m'attendait vers ... 17 heures.

 

Je ne peux m'empêcher d'amalgamer ces deux propos, avec les impressions, les images que ça me laisse. J'ai à nouveau peur. Vers où pourrais-je me diriger ?

 

Dans l'absolu ...

 

Il n'y a peut-être pas de raison(s) objective(s) de paniquer. L'avenir est peut-être en train de tracer, encore, dans mon avenir professionnel (aussi), des surprises heureuses, salutaires dont je n'ai pas idée.

 

Mais en attendant ...

 

Je n'y suis pas encore.

 

Et le sentiment d'être en stand by, vis-à-vis de mon métier de facteur ne s'efface pas comme ça, d'un coup de baguette magique. Aux dernières nouvelles, j'aime encore profondément mon métier, indépendamment des injonctions (débiles) auxquelles les facteurs (de mon espèce) sont soumis, les trois quarts du temps. Aux dernières nouvelles, les dés ne sont pas encore jetés tout à fait. Aux dernières nouvelles, un déclic peut encore opérer, quand je reprendrai le boulot, qui peut (encore) me permettre de reprendre le flambeau, malgré (ou avec) les difficultés qui m'y attendent.

 

Et ne nous voilons pas la face ...

 

Même quand on se trouve dans une alternative finale ...

Même, dans l'alternative finale, quand on trouve (ou qu'on a) la force de partir (ou de se recycler), la tête haute et le coeur (encore) plein d'espoir ...

 

Ca ne s'effectue pas sans déchir'ment.

 

Mieux vaut se préparer.

 

Allez, le ciel est bleu, encore aujourd'hui.

 

Et ... la poste m'a encore écrit, ce matin. Au programme : 50 participations gratuites et un "Small Tour" qui s'effectue en

35 kilomètres.


 

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administrateur théâtres

Lady Camilla (au théâtre des Galeries)

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La musique rock pour les battements du cœur et changements de scène, des comédiens lumineux pour l’histoire, où soufflent  le rêve… et l’horreur

 

Encore jusqu’au 6 mars, au théâtre des Galeries. La pièce « Lady Camilla » de Pascal Vrebos retrace avec brio  l’histoire très véridique qui se joue dans les  coulisses du  célèbre ménage à trois de Buckingham : le prince Charles, sa maîtresse envahissante, Camilla et sa jeune femme amoureuse, Diana.

 

Porteuse de bonnes et mauvaises nouvelles,  il y a l’oreille gourmande du  majordome, porteur de théières fumantes dans tous les coins du palais. Attentif à tout bruit qui court, il  note, photographie et enregistre, en vue d’un scoop planétaire qui le rendra multimillionnaire. Il rêve de s’acheter une île grecque et prendra  à son service, domestiques et majordome  à son tour! La reine, toujours de glace,  préfère  cyniquement ses chiens. La  jeune première, Diana,   éduquée par Barbara Cartland, déçue dès les premiers mois de la cour fort peu entreprenante que lui concède son prince, est vite effarouchée devant les principes obsolètes qu'on lui impose et devra revisiter sa mythologie amoureuse. Mais le rêve d’être princesse dépasse tous les scénarios de Barbara Cartland ! Elle ira même chasser s’il le faut ! Apprendra à se former au langage compassé et aux gestes stéréotypés d’une future reine. Le port du sac, c’est quelque chose ! Le prince, c’est autre chose : gauche, emprunté, raide,  coureur de jupons perfide, il passe sa vie à mentir royalement et à s’occuper des plantes  de son orangerie.  La future princesse deviendra vite l’idole du peuple. Et la chronique d’une mort annoncée de se profiler sur l’horizon bleu, rouge et banc du vaudeville royal.  L’atmosphère d’annus  horribilis est très bien rendue, l’humour  est grinçant à souhait, les morceaux d’angélisme public de lady D et ses colères homériques sont  absolument délicieux.

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 La plastique particulière des  très beaux tableaux vivants - les personnages qui posent dans tous les coins du plateau-  reste longtemps dans l’esprit, ce sont presque des scènes cinématographiques. Ce qui s’y dit est pure hypocrisie, ou pure violence. Et  l’ombre de Shakespeare n’arrête pas de chuchoter, « Hamlet, lady Macbeth, Ophélie … ».  Quelle persévérance dans les us et coutumes du royaume ! L’interprétation des rôles féminins est particulièrement croustillante, l’ineffable James est à croquer. Mais tout doit rentrer dans l’ordre, a dit la reine, et la mâchoire du piège se refermera pour faire place nette. La monarchie a quelque chose d’inébranlable, et d’indestructible en Grande-Bretagne ! Pas une minute d’ennui, lors de ce spectacle extrêmement rondement mené !

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Avec voir_comedien.gifStéphanie Van Vyve, Nicolas Buysse, voir_comedien.gifIngrid Heiderscheidt, Freddy Sicx et Louise Rocco. Mise en scène : Fabrice Gardin Décors : Anne Guilleray / Costumes : Françoise Van Thienen
Location : 02/ 512 04 07

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Découvrez ici les dates des prochains rendez-vous.

de_Changy.jpg Le dimanche 27 février à 15 heures à Rixensart
Bibliothèque communale de Rixensart (1 place communale).
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Animation : Nicole Debarre RTBF
En partenariat avec le Réseau des bibliothèques de Rixensart et le Centre culturel de Rixensart
Infos : 02 653 40 47

Le mardi 15 mars à 13h30 à Wavre
Librairie Calligrammes (7 rue Charles Sambon)
Rencontre avec Valérie de Changy , présentée par les élèves du Collège Notre Dame de Basse-Wavre. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Dans le cadre des Nuits d'encre.
Infos : 010 22 61 47

Le mardi 15 mars à 20 heures à Wavre
Librairie Calligramme (7 rue Charles Sambon)
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Animation : Sylvie Roland
Dans le cadre des Nuits d'encre.
Infos : 010 22 61 47

Le lundi 28 mars à 19h30 à Namur
Bibliothèque communale (6 venelle des Capucins)
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Animation : Christine Pinchart RTBF (à confirmer)
Infos : 081 24 64 40

Le jeudi 31 mars à 17heures à Louvain-la-Neuve
Librairie Agora (11 agora)
Rencontre avec Valérie de Changy, présentée par les élèves de l’Institut Saint-Étienne de Mont-Saint-Guibert. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Dans le cadre des Nuits d'encre.
Infos : 010 45 28 18

Le mardi 10 mai (heure à préciser) à Mons
Bibliothèque locale et principale (Grand Place - entrée rue Reghem) à Jemappes
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Dans le cadre de la création mondiale de L’homme qui s’efface, opéra de chambre de Pascal Charpentier, livret de Frédéric Roels d’après une nouvelle de Jean Muno.
Animation : à préciser
Infos : 065 56 22 20

Le vendredi 13 mai à 19 heures
Espace culturel de Grez-Doiceau à Néthen (place de Trémentine)
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL. Dans le cadre du goût des lettres (surprise culinaire de Eric Pierrard)
Accès gratuit. Le verre de l’amitié clôturera la rencontre.
Si vous le souhaitez, dès 19 heures, "Le Goût des lettres" et Eric Pierrard proposent une surprise culinaire inspirée par l’œuvre mise à l’honneur, pour un prix modique. Si cela vous tente, il est indispensable de réserver par téléphone au 010/ 86 64 04 ou par mail à ccvn@skynet.be.
Organisé par le Centre culturel de la vallée de la Néthen, la Bibliothèque communale de Grez-Doiceau, l’Echevinat de la Culture de Grez-Doiceau et la Maison du Conte et de la Littérature en collaboration avec le CCBW dans le cadre du Prix Jean Muno.
Les rencontres sont animées par Marianne Lambrechts et Eric Brucher. Infos : 010 86 64 04

Le mardi 20 mai à 19h30 à Ixelles
Bibliothèque communale (19 rue Mercelis).
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Animation : Marie Verwacht
Infos : 02 515 64 40

En Octobre à Liège (à confirmer)
Bibliothèque des Chiroux (contact : Georgette Grondal)
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Animation : à préciser

Novembre à La Hulpe (date à préciser)
Bibliothèque Will (contact : Jean-Pierre Leclé)
L’aventure d’un premier roman avec Valérie de Changy. Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Muno, la mer et moi avec Yvan Dusausoit
Lectures de textes par les comédiens du Plaisir du Texte ASBL.
Animation : à préciser

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Noir Café

 

Les matins sont les mêmes, dès la pointe du jour,

Arabesques de fumée s’élevant d’une tasse,

Où virevolte l’odeur légère et si glamour,

Café voluptueux et sucre s’entrelassent.

 

La maison endormie, la rue, un désert,

Et déjà la chaleur nous palpe du doigt,

Présage d’un cagnard comme le sud sait y faire,

On va s’escagasser tout près de chez moi.

 

Les cigales racontent qu’à des lieux d’ici,

Ce café solitaire s’avale à Paris,`

Dans un estaminet, Porte de Clichy,

Bruits et bruine mélés au ciel gris.

 

Les matins sont les mêmes et où que je sois

Mes souvenirs défilent, dans la tasse se noient,

Ce noir breuvage au regard de ma vie

N’aura plus de saveur que dans mon pays.

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administrateur théâtres

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 A l'occasion du bicentenaire de la  naissance de Liszt (1811) L'Orchestre national de Lille, que l’on ne présente plus, nous a offert  hier soir un magnifique concert au Palais des Beaux Arts de Charleroi.

En  première partie du programme nous sommes tout de suite tombés sous le charme du très jeune soliste australien d'origine taïwanaise Ray Chen - Premier prix au concours Reine Elisabeth en 2009 – dans son interprétation sensitive du deuxième concerto de Paganini.

Allegro maestroso

Adagio

Rondo

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Tout a débuté dans l’énergie du sourire : celui épanoui de Ray Chen conjugué au sourire engageant et charismatique du chef d’orchestre gallois, Grant Llewellyn. Il n’y avait plus qu’à y inscrire les notes chatoyantes après une ouverture joyeuse et feuilletée. On est frappé par les glissades légères, aériennes du violon de Rae Chen. Une aisance magnifique, une douceur inconnue et de l’élégance et de la grâce dans le phrasé. Le tout sans effets démonstratifs, en toute sobriété. Le son est d’une pureté exquise. Tantôt il caresse tendrement les cordes de son archet velouté, tantôt ses doigts empruntent l’agilité d’ailes de colibri et il nous livre du pur nectar! Il ne se fera pas prier pour nous offrir en prime, deux magnifiques bis, devant un public médusé.

 

 

 

Ensuite c’est la symphonie de Dante  écrite par Liszt et dédiée à Richard Wagner, pages instrumentales et vocales inspirées de la Divine comédie de Dante,  que nous avons pu écouter avec délectation. Aux côtés de l'ONL, dirigé avec l’autorité souriante Grant Llewellyn, nous avons pu admirer la performance grandiose du chœur de femmes du Chœur régional Nord-Pas-de-Calais (dirigé par Éric Deltour).

 

« Liszt s'attache en orfèvre à révéler de façon minutieuse la beauté des vers du poète italien par la transcription musicale de ce long chemin de l'ombre à la lumière. Il confronte ainsi tour à tour l'auditeur à la désespérance démoniaque de l'Enfer, au lyrisme méditatif d'une âme au Purgatoire et à l'illumination d'un hymne de louange rédempteur embrasant le ciel du Magnificat final. »

 

Grant Llewellyn déchaînera toute sa fougue, croquant, mâchant, mordant les notes alors que les cuivres attaquent  une longe ligne mélodique  descendante. « Vous qui entrez  ici, abandonnez tout espoir ! » L’atmosphère Faustienne,  sombre et dramatique, se répand  avec d’impressionnants roulements de tambours, et la participation de tout l’orchestre. Cela finit sur un dernier coup de maillet très feutré qui nous permet d’échapper à la tension terrifiante de L’Enfer.

 

 L’apaisement, l’intervention de harpes, les plaintes des violons, nous mettent dans un Purgatoire qui ressemble à du paradis.  Il y a une grande modernité dans les notes profondes et les rêveries qui s’enchaînent. Une succession de rythmes plus saccadés génère tout à coup, un volume qui avale le spectateur, on est prisonniers de la musique et de ses effets dramatiques. Le chef d’orchestre est habité par un tempo qui mène, on le croirait, à l’apocalypse.

 

Mais voici la  longue préparation au Magnificat final, faite de multiples couches de murmures en écho, d’arpèges interminables sur les harpes. Les instruments à vent y vont de leur modelé, avec le  soutien discret et chuchoté  des cordes, cela produit des gémissements et des soupirs de félicité. Tout un paysage de bonheur est en construction, autant de gouttes de bonheur égrené. Pour clore les phrases mystiques du magnificat, dites avec une  légèreté surnaturelle, il y aura une reprise en force des cuivres victorieux.  

C’était un concert splendide, très longuement applaudi.

 

 http://www.onlille.com/ 

http://www.charleroi-culture.be/Public/Spectacle.php?ID=1330

 

 

 

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journal de bord, lundi 21 février 2011

 

"Prends soin de toi !", me dit-on souvent.

 

Dans cette optique-là ...

 

En voyant, ce week-end, comment les évén'ments se déroulaient, comment je les vivais, comment (en tenant compte de ce qui s'était passé ... et de ce qui se pass'rait) il était préférable de réagir ...

 

Oui, je me suis demandé, pratiqu'ment à tout bout d'champ, si j'allais reprendre le boulot ce lundi ... ou si j'allais demander une semaine d'incapacité.

 

Oui, chez moi, c'était le dilemne. Ca ne m'a pas vraiment gâché le week-end (j'ai eu la chance extraordinaire d'être plus que bien entouré). Mais ... quant à la décision à prendre ... c'était plus difficile. Je me doutais bien que, le lundi arrivant, il y aurait quand même une solution qui allait surgir. Mais laquelle ?

 

Ca m'est difficile de me mettre malade, quand je sais que je peux repousser mes limites.

Ca m'est difficile de me mettre malade, quand je sais que j'aime mon boulot.

 

Mais ...

 

Y a le reste aussi.

 

Trois jours, la s'maine dernière, à récupérer, dans un délai horaire raisonnable, du courrier qu'on avait ret'nu au bureau central, à cause des grèves des centres de tri. Forcément, ça se répercute dans la quantité, ensuite. Forcément, ça se répercute dans le temps qu'on prend, par la suite, pour distribuer le courrier.

 

Les deux derniers jours, même si je suis arrivé à accomplir, en tournée, mon travail jusqu'au bout, ce ne fut pas sans mal, évidemment. Les essoufflements étaient au rendez-vous, le coeur qui semblait battre à du deux cents à l'heure, aussi. Et ... du côté de la colonne vertébrale, de légères douleurs se manifestaient.

 

Vendredi dernier, en tournée, je le reconnais, je me suis accordé plus d'une pause, en tournée. Evidemment, ce n'est pas justifiable, en cas de contrôle. Mais ... si je suis lucide, mes pauses n'étaient pas inconscientes. D'abord, en comparant le temps que j'aurais pris en f'sant ma tournée ... sans faire de pause ... et le temps que j'ai pris ce vendredi, en f'sant des pauses ... eh bien, je ne suis pas convaincu qu'au retour au bureau, la différence de minutage était si énorme que ça. Et c'est aussi en me requinquant, à mon échelle, que j'ai quand même pu finir mon service. C'était une question de survie.

 

Bien sûr, y a pas de miracle. Je suis bel et bien rentré au boulot à ... 17 heures 10. Et le chef m'attendait avec ses recommandations. "C'est pas normal qu'on doive t'attendre !", "C'est que tu n'es pas fait pour le boulot !", "Tu es le seul ..."

 

Que dire ? En plus, le chef, qui dépend d'autres chefs, il n'a même pas tort, si on analyse ses argumentations.

 

Bon bon.

 

Mais que faire ?

 

J'ai quand même vécu mon week-end avec le sentiment (dérisoire) d'être sans boulot, d'être brusquement privé de repères, de paniquer (quand même un peu) devant l'avenir (ou une vision de l'av'nir) qui se présentait.

 

Y avait quand même le choix qui devait se faire : irai-je bosser lundi ou non ?

 

J'ai partagé ma difficulté avec des amis. Qui m'ont tous extrêm'ment sout'nus. Avec, quand même, cette particularité inévitable : chacun me donnait son avis.

 

Certains m'ont conseillé, en toute gentillesse, de reprendre le boulot le lundi et d'organiser mon travail autrement. En y réfléchissant, en effet, c'était dans mes capacités.

 

Certains (c'est même la majorité) m'ont conseillé de me mettre en maladie, de me retaper, en insistant sur le fait que ... les conditions de travail dev'naient inhumaines, que ce n'était pas les travailleurs qui craquaient mais ... bien le système ...

 

Entre les avis de mes amis ...

Entre les miens qui se bousculaient d'heure en heure ...

 

Fallait encore faire un tri. Et j'y ai encore réfléchi toute la nuit.

 

Sur le coup de quatre heures du matin ...

 

Sous les couvertures ...

 

Je m'entendais respirer. Ma colonne vertébrale ne s'emballait pas (je n'ai plus eu d'attaque de ce côté-là, ce week-end).

 

Je pouvais tenter le coup, au boulot.

 

Mais il suffisait que je décide de me lever pour rester sur ma réserve. Oui, j'avais eu le temps de me retaper, ce week-end. Mais j'avais eu le temps de changer d'air, de dormir, de passer suffisamment de temps dans de bonnes conditions.

 

Je sais comment ça se passe, dès qu'on est au boulot. Qui peut me certifier qu'aujourd'hui, passé seize heures, je n'aurais pas été sur les dents ?

 

Mon cerveau fonctionne à l'aise, OK. Quant à mes épaules, elles me lachent. Ma respiration n'est pas au top. Je deviens particulièr'ment sensible (et irritable) dans ces moments-là. Je me connais. Pour moins que ça, je suis déjà passé ... aux mains, avec certaines personnes, dans d'autres contextes.

 

Je ne souhaite pas en arriver à de telles extrémités, dans mon boulot.

 

Je me sens physiqu'ment faible (fragile, même). J'ai besoin de récupérer. Et ces douleurs à la colonne, susceptibles de se réveiller à tout bout d'champ, il est important que j'y veille. J'ai bientôt 49 ans, je suis encore jeune, j'ai encore toute une vie devant moi, tout en n'ayant plus 20 ans (ni, peut-être, la capacité de récupérer ni de vaincre des obstacles comme j'ai pu le faire durant des années).

 

J'ai téléphoné au boulot.

 

Je me suis déclaré indisponible.

 

Tout à l'heure, j'irai voir un médecin.

 

J'ai confiance en la vie.

Je me fais confiance.

J'apprends à me faire confiance.

 

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administrateur théâtres

A la croisée des sensibilités musicales et architecturales 

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Après le concert donné  à Bruxelles par Bernard Foccroulle en la cathédrale Saint-Michel  ce 11 février dernier, nous avons interrogé Agnès Schoubben-Stein, ancienne élève de Jean Absil, une éminente musicologue, professeur de piano et d’harmonie,  et recueilli ses commentaires éclairés.  Elle nous parle d’abord avec délectation de l’instrument contemporain qu’elle découvre avec stupeur :  un vrai bonheur pour les yeux.  Il a été inauguré en 2000.

A S - Le facteur de  cet instrument monumental, Gerhard Grenzing, est d’emblée, parmi les meilleurs  et de réputation mondiale. C’est  un allemand connaissant parfaitement aussi les instruments espagnols, ce qui nous vaut  le jeu des trompettes en chamade : tuyaux étincelants implantés horizontalement. Impressionnant ! Regardez : cet orgue magnifique est véritablement suspendu dans le volume de la nef centrale, donc dans la tradition ancienne dite « nid d’hirondelle ». Je pense à Chartres et à Strasbourg ! L’instrument de Bruxelles  occupe les trois travées côté Nord.  Il se développe en hauteur, ce qui permet à la console d’être posée sur une sorte de balcon au milieu des tuyaux de la montre et de surplomber le positif. Il est encadré de deux tours  impressionnantes dans lesquelles se trouvent notamment les grands tuyaux du pédalier. Il comprend quatre claviers, plus le pédalier, soit 63 jeux. C’est spectaculaire et splendide.

DHL - Je vois, Agnès,  que vous êtes intarissable quant à la description de cet instrument que vous considérez à juste titre comme le roi des instruments…

AS – Ah Oui ! Maintenant, le programme. « Les maîtres de Bach » font partie du répertoire baroque dont Bernard Foccroulle  est un spécialiste réputé.  Dietrich Buxtehude était très admiré par Bach. Celui-ci en a recopié certaines œuvres pour s’imprégner de cette musique qu’il jugeait exemplaire à tous points de vue.  Il y travaillait des heures durant, à la bougie, jusqu’à ce qu’il tombe de fatigue. La Toccata en la majeur, bâtie sur l’accord parfait de ré, fait chatoyer à la fois la beauté  des timbres et  celle de larges plans sonores engendrés par l’écriture si complexe et si belle de l’époque baroque. Nous avons eu la chance infinie d’avoir un interprète intelligent et sensible qui a su gérer cette beauté sonore pendant tout le concert, car pour lui, la musique est une véritable vision de vie…

 DHL - Comme pour vous ?

AS – Effectivement (sourire radieux). Les deux Fantaisies qui ont suivi faisaient vibrer à la fois la joie de la Nativité et la douleur de la Crucifixion, le tout dégageant une véritable tension  d’atmosphère dramatique.

DHL – Vous connaissiez J.A. Reincken ?

AS – Evidemment, par l’histoire de la musique. Il était organiste  à Hambourg, l’auteur de la plus longue œuvre pour orgue qui nous soit parvenue de la période baroque. Le choral et fugue du programme est une illustration de ce que le dialogue entre les claviers et le caractère douloureux de certaines mélodies peuvent éveiller comme écho de l’affliction. Ici, celle du peuple juif face à son triste destin.

DHL- C’était plein de virtuosité…

AS- Le style reflète la pratique de l’improvisation si répandue au XVII siècle ! Cela donne en effet une virtuosité plus formelle…

DHL- Nous avons aussi pu écouter un autre compositeur dont je n’avais jamais entendu parler, Georg Böhm…

AS- Sa musique, de par son ornementation, entre autres, en fait le lien entre Buxtehude et Bach. Ses œuvres pour le clavier sont les plus remarquables de l’époque avant Bach. On a conservé 18 préludes de chorals et quelques cantates qui démontrent son influence sur Bach. Comme d’ailleurs une petite suite française en ré mineur et trois petites suites en mi bémol majeur qui prouvent la nette influence du style français dans son œuvre. Le choral mis au programme est un des plus beaux de l’époque baroque!

DHL- Et on arrive à Nicolaus Burhns…

AS- Un élève de Buxtehude. Il n’a laissé qu’une œuvre restreinte du fait de sa disparition prématurée mais la valeur exceptionnelle de sa musique éclate dans l’œuvre entendue : le  prélude en mi mineur. Portant l’influence de l’œuvre de son maître, ce prélude est tour à tour d’une écriture contrastée et violonistique, Nicolaus Burhns  étant en même temps violoniste, organiste et compositeur. La figure en forme de gigue qui clôture l’œuvre est joyeuse et véritablement dansante. Elle se présente comme un point culminant du style baroque allemand.

DHL  – Un mot sur Bernard Foccroulle ?

AS – Je n’ai qu’une envie, c’est aller le remercier de vive voix pour tout le bonheur que cette soirée m’a donné, dans ce lieu empreint de piété, où la diffusion sonore de l’instrument est une pure merveille ! C’est un moment inoubliable, ce dialogue avec l’architecture de la cathédrale, cet orgue qui résonne comme une Jérusalem musicale, une cité faite de belles sonorités chaudes, émouvantes. DHL - On dirait presque  la maquette d’une ville  mythique, qui ferait rayonner la  musique autour d’elle, suspendue dans les ogives…

AS - L’homme qui est au buffet, Bernard Foccroulle, est un homme de très grand talent qui a mis toutes sa générosité, son intelligence, sa sensibilité, sa culture et ses convictions au service de la musique.  Je suis pleine d’admiration !

DHL - qu’est ce qui le différencie donc d’autres organistes ?

AS  -  Son intelligence profonde des textes interprétés. On peut en effet suivre la complexité de l’écriture contrepointique de façon fluide et lumineuse, il nous en  donne une registration parfaite. Rien de cela n’est écrit dans les partitions, c’est là où joue toute sa créativité d’orchestration car c’est lui qui fait tous les choix, tous plus heureux les uns que les autres. Cela, c’est du vrai talent, hors du commun. En plus, le choix des sonorités et des nuances, fruit d’une sensibilité sans faille, a permis à l’instrument de montrer la richesse qu’il recèle, tout en révélant la beauté de cette musique des maîtres de Bach si splendidement interprétée…

DHL -  Oui ! Nous avons étés comblés par une variété inouïe de sonorités, des timbres les plus solides et  les plus profonds, jusqu’aux sons délicats et cristallins d’un orgue de verre. Nous avons fait le plein de bonheur  de sensations esthétiques et spirituelles! Cela tient du mystère !  Merci, chère Agnès, de vous être exprimée vous aussi, avec toute votre culture musicale, votre amour de la musique, votre sensibilité et votre intelligence.

 

 

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Frivole, volage, Alice vivait gaiement

Portant en son sein le lait pour ses enfants

Pansant sur son cœur les blessures de ses amants

 

Rien dans cette image ne laissait sous-entendre pourtant

 

Qu’en cette source de vie

La mort se terrait

 

Vilement !

 

Alice, si blême en ce jour gris-souris,

Rajuste son corsage, le médecin a donné son avis,

Ravale ses larmes, le combat débute aujourd’hui

 

Quel funeste présage l’assaille ici.

 

Comment en cette source de vie

La mort se terrait

 

Fourberie !

 

De guerre lasse, Alice songe à cesser de se battre

La peur au ventre, elle avance à petits pas,

Le rire des siens et surtout leur soutien,

 

Ramène l’espoir dans ses yeux noirs chagrin

 

Qui dans cette source de vie,

De la Belle  ou la Mort gagnera ?

 

Supercherie !

 

Alice, avait plus d’un tour dans son sac,

Et anticipé la contre-attaque,

Sans être hypocondriaque,

 

La prévention c’est pas l’arnaque

 

Et voilà, comment grâce à la mammographie,

La mort a perdu….

 

Cette fois-ci.

 

 

 

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quelques photos d'un de nos membres

Je voudrais vous présenter le travail d'un de nos membres "de la Plume aux Rêves" MARCO qui est aussi sculpteur - voici ce qu'il dit :

"Je vais chercher dans la nature

Ce que me donne à profusion

La rivière et ses alluvions :

De la matière à mes sculptures."

mais quel travail et quelle patience ! j'aime beaucoup et vous ?

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Tout est dit

12272719660?profile=originalSon regard s'embrume
Les néons s'allument
Elle caresse le verre glacé
Et la nuit emporte ses soupirs
Il fixe le vernis de ses souliers
Il ne sait que dire
Il a tout dit
Et elle aussi
Il coule un regard gêné vers elle
Elle balaye d'un geste nerveux une mèche rebelle
Elle n'a pas trempé ses lèvres dans le verre glacé
Il a avalé avec peine sa tasse de café
Elle saisit sa sacoche, prétexte un rendez-vous urgent
Il jette un coup d'oeil sur sa montre et comme elle, ment
Et s'envolent tous deux dans des directions opposées
Le serveur prend la tasse et le verre glacé,
Essuie la table en un tour de main
Elle reviendra peut-être demain©

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journal de bord, dimanche 20 janvier 2011

Ca valait quand même le coup, la Foire du Livre, à Bruxelles ... pour le peu que j'y sois passé, sam'di dernier.

 

La grande Amélie Nothomb, avec son chapeau, ses écrits, était fidèle au rendez-vous. Tel est le cas, chez elle, depuis au moins ... dix-sept ans (un bail, oui !)

 

Cette année, à son stand, elle était accompagnée, en douceur, en discrétion, et en force (aussi) par sa soeur, Juliette Nothomb, qui a sorti deux bouquins.

 

Bien sûr, la file était au rendez-vous. La rançon de la gloire, avec ses servitudes et ... ses avantages, aussi.

 

J'aurais bien voulu leur ach'ter (à toutes les deux), un bouquin. Je n'ai plus parcouru l'univers d'Amélie, en lecture, depuis belle lurette (on a tous des périodes). Mais ça n'empêche pas que ... l'estime (pour l'auteur et la personne qu'est Amélie) reste intact, avec les années qui s'écoulent à leur rythme. Mais je me ravise toujours, en venant à la Foire du Livre : je décide de n'ach'ter aucun bouquin parce que ... mon budget n'est pas inépuisable, les prix des livres (flambants neufs, qui sortent) sont loin d'être abordables, je n'ai pas forcément le coeur à faire la file pour obtenir une dédicace et allonger un billet (je peux être mal à l'aise dans ce rapport-là ...)

 

Mais une Foire du LIvre, devant un auteur connu, ça ne se résume pas à une dédicace, ni à un achat. Ca peut être (comme toute manifestation publique) une occasion de rencontrer des auteurs, de recroiser des gens qu'on connaît, de respirer des ambiances et de laisser la porte ouverte à des surprises, des étonn'ments, des joies ... éphémères ou pas.

 

Entre deux admirateurs qui venaient dédicacer leurs livres chez Amélie et se réjouissaient, chacun leur tour, en se laisant photographier à côté de la star (j'ai des réserves pour ce type de démarches, mais enfin, chacun se crée son île là où il le peut) ...

 

Notre Amélie, en ouvrant les yeux, en temps de pause, m'a regardé, reconnu (et ça m'a fait plaisir).

 

"Ca fait six ans qu'on ne s'était pas vus"

 

En effet, elle et moi, nous avons la mémoire des dates.

 

"La première fois, c'était en 1993", ai-je dit.

 

"L'homme au peignoir bleu !", s'est-elle exclamée.

 

Au quart de tour, mes souv'nirs (ou mon écriture intérieure) se sont retrouvés, en 1993, à la Foire du Livre (de Bruxelles) qui se déroulait ... au Heysel, pas loin de l'Atomium. A l'époque, déjà, je prenais ma guitare, je me rendais jusqu'au Heysel, je faisais mon tour dans la Foire, je filais jusqu'à l'allée entre la sortie du métro et le Heysel, je m'arrêtais à un point stratégique, j'installais ma guitare, je chantais (parfois cinq heures d'affilée) pour la grande joie des gens qui se rendaient ... à la Foire du LIvre.

 

 

 

Voici, à tout hasard, l'extrait d'une chanson que je chantais à l'époque :

"Vous les grands-pères aux yeux de feu

 

Vous les arabes en peignoir bleu ..."

 

 

Il se fait qu'à un certain moment (je l'ai compris ensuite) où je lançais ces mots et où des gens passaient dans le sentier,  une oreille (au moins) les a enregistrés.

 

Rien ne se perd ?

 

Non, Hugues, tout se gagne.

 

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