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mes stages dans le Queras en 2011

Avis aux amateurs et... amatrices. Un stage plein soleil à 1000m d'altitude, plus gastronomie, plus peinture sur la terrasse que l'on voit sur la photo.. Le patron de cette auberge est un champion.. de cyclisme.. champion de France même.. Ca n'a rien à voir avec l'art que vous pratiquerez ici mais c'est pour vous dire que nous serons servi par un champion..!

 Nous serons donc à l'auberge de l'Auchaugette à l'intérieur du fort de Mt Dauphin (forteresse Vaubanisée..)

 voir plan sur google maps

Les paysages ne manquent pas de charme ici, la lumière est au rendez vous, la chaleur de l'été atténuée par l'altitude.

   Mais j'ai l'intention de vous proposer  le matin ou l'après midi une thématique autre, au delà des simples paysages. Peintures de portrait , figures sous l'ombrage de la terrasse.

Dites moi entre nous si l'idée vous tente..

 

Dates retenues :  Fin du mois d'Août et Septembre en  1ere semaine.

 Les inscriptions  se feront dès la mois d'Avril avec un acompte de 200€ par personne  (Chèque )

 

auberge de l'echauguette

 formule forfaitaire de 650€ tout compris (cours et pension complète) pour la semaine du dimanche soir au vendredi soir

 

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administrateur théâtres

Appel à projets: La vitrine de l'artisan

          Un concours destiné à mettre les artisans en valeur !

 

Vous êtes UN ARTISAN BELGE et vous désirez mettre votre travail à l’honneur ? Inscrivez-vous ! Vous connaissez quelqu’un qui répond à ces critères ?

 

                                                         Encouragez-le à participer !

 

La 6e édition du concours national « La Vitrine de l’artisan » vise à promouvoir l’artisanat auprès du grand public et à susciter des vocations auprès des jeunes. « La Vitrine » et ses nombreux partenaires publics et privés, issus tant du nord que du sud du pays, distinguent dix lauréats qui constituent des exemples de réussite sur tous les plans : la qualité et l’originalité de leur produit, leur parcours, leur management, leur marketing.

 Cette année, deux nouveaux prix renforcent les traditionnels prix attribués par le jury. Le prix du public (un ordinateur portable d’une valeur de 1.000 euros) sera attribué à l’artisan préféré du grand public. Celui-ci pourra voter sur Facebook et sur un nouveau site internet www.lavitrinedelartisan.be  qui sera disponible début juin.

 Le prix export, avec la collaboration de nouveaux partenaires comme l’AWEX, Brussels Export et le FIT, récompensera ou encouragera dans chaque région du pays un projet effectué ou à concrétiser vers l’étranger. Tous les artisans participants sont référencés sur le site www.lavitrinedelartisan.com. Les dix lauréats connaissent ainsi une réelle mise en évidence de leur travail.

 Parmi eux, certains sont distingués plus  articulièrement par l’un des nombreux prix :2.500€, 1.500€, un ordinateur portable, le prix multimédia ou le prix export.

 

 Inscriptions jusqu’au 15 mars sur le site internet

 

 

                                                            www.lavitrinedelartisan.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                 www.lavitrinedelartisan.com

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L'eau court à la mer

 

 

Ecoute frémir la mort,

frileuse vigne vierge...

 

Au seuil des maisons

l'ombre glace la pierre.

 

Où sont les roses rouges

fanées à la fenêtre?

 

Vie sourde, ma solitaire!

Le jour charrue la peine...

 

Ne plus vouloir d'hier

lors demain est absent!

 

(extrait des Roulettes Russes)

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HISTOIRE COURTE 3...

 

 

                 MI-JEANNE.

 

On l'appelait Mi-Jeanne, aussi loin qu'elle s'en souvienne...

C'est son père qui le premier avait ainsi déformé son prénom, probablement à cause de sa petite taille...

Son esprit était vif et l'enfant avait très vite acquis une maturité étonnante pas du tout en rapport avec sa petite taille... Oh! Rien d'anormal et puis tout ce qui est petit est mignon disait son père : Tu es comme ta mère! Dans notre jeunesse je l'appelais mon minuscule amour pour la taquiner, mais elle savait bien qu'elle était mon grand amour et le resterait toujours!

Ainsi parlait le père de Mi-Jeanne. Il faut reconnaitre que c'était un homme qui savait parler aux femmes et sa fille garderait longtemps la nostalgie de son humour et surtout de sa si chaude tendresse.

Après des études d'un niveau mieux que moyen, elle se retrouva bibliothécaire à l'université.

Fierté de sa famille, mais déjà indépendante, la voilà qui se cherche un appartement. A proximité de son travail était l'excuse!

Le nez dans un bouquin, elle déjeunait chaque midi dans un bistrot non loin de l'avenue Louise et voilà que chaque midi s'y trouvait aussi un jeune homme plutôt introverti mais qui la remarqua au premier regard. Ce qui devait arriver, arrive toujours et quelque mois plus tard, Mi-Jeanne épousa le fougueux Walter.

Dans sa petite tête de petite femme aimante, la moitié de Jeanne se fit bien entendu tout un cinéma : Le film était à la hauteur des comédies américaines qui fleurissaient à cette époque sur la plupart des écrans Bruxellois! Une fois mariée, l'héroïne était comblée par les attentions d'un homme toujours aux petits soins, et très bientôt un beau bébé venait satisfaire ses désirs les plus fous!

Mais hélas, il faut bien reconnaître que la vie n'est pas du cinéma, surtout quand la frilosité aux engagements contraignants est la qualité principale d'un mari d'autre part pourtant toujours aussi amoureux! Des enfants! Nous verrons plus tard, franchement il nous faut d'abord être plus sur de l'avenir!

Où donc étaient la passion et l'insouciance, la foi dans l'autre et surtout où était le regard vivant sur le monde? Mi-Jeanne était déçue et même parfois effrayée par la violence contenue qu'elle découvrait dans un homme trop anxieux pour être agréable à vivre et trop timoré pour changer tant soi peu ses comportements! Mi-Jeanne se crispa si bien que le contact de son mari lui fut bientôt désagréable, elle fit la grève de l'amour sans qu'aucun changement ne survienne dans le comportement de Walter qui n'y comprenait rien!

Etait-ce de l'obstination ou un réel besoin? Mi-Jeanne ne le saurait jamais! Mais, lorsqu'une amie israélite lui présenta son frère et que celui-ci subjugué se mit à délaisser ses affaires pour la séduire..., elle prit cela pour une vraie preuve d'amour. Léo était d'accord sur tout et il désirait une grande famille même avec elle qui n'était pourtant pas juive!

Mi-Jeanne un beau matin fit donc ses bagages et laissa à Walter un petit mot très explicite!

Tu n'as pas su m'aimer comme je le désire, je ne t'aime plus, je m'en vais et je te demande comme un service de divorcer rapidement car je suis enceinte et pas de toi!

Walter fut effondré mais il obtempéra et si le divorce fut rapide son traumatisme ne s'effaça jamais et sa confiance dans les femmes fut pour toujours perdue. Il ne refit pas sa vie. Devint de plus en plus irascible et ne pu garder que très brièvement des maitresses qu'il ne pouvait s'empêcher de comparer toujours à son Tanagra, comme il avait coutume d'appeler sa femme au temps de leur tendresse.

De son côté Mi-Jeanne s'était de toutes ses forces mise au bonheur, comme elle avait coutume de le confier à sa belle-soeur et amie.C'est ainsi qu'elle eut en cinq ans 4 fils et pu goûter jusqu'à la lie le plaisir de pouponner! Léo était un vrai père, un rien autoritaire mais au fond très aimant et fier de sa progéniture. Alors tout va bien de ce côté? Hélas non, son dernier fils rentré à l'école MI-Jeanne se sentit à nouveau insatisfaite... il est vrai que Léo s'était un peu calmé dans ses ardeurs...

C'est alors qu'à la bibliothèque, Mi-Jeanne un soir eut une conversation avec l'assistante du professeur de littérature anglaise qui était venue chercher toute l'oeuvre d'Oscar Wilde. Une conversation qu'elles prolongèrent le soir en allant boire un verre près du cimetière d'Ixelles dans un bistrot estudiantin. Une conversation qui ouvrit à Mi-Jeanne des horizons dont elle n'avait jusqu'ici eu aucune conscience! Mais ce bien-être qui était le sien lorsqu'elle était en compagnie de Loulou lui fut bientôt indispensable et elle ne fut même pas étonnée de se retrouver un jour au lit avec elle!...

Alors, une nouvelle vie a commencé pour Mi-Jeanne! Fini la respectable mère de famille! Bienvenue à la femme libérée de toute contrainte mais pourtant toujours aussi attentive au bien-être de sa progéniture, pourquoi tout compliquer pensait-elle, mes enfants ont un père qu'ils peuvent voir lorsqu'ils le désirent et maintenant en plus ils ont 2 mamans, ces enfants sont très chanceux je trouve et ils finiront bien par s'en apercevoir!

A 15 ans, le plus jeune de ses fils Tom avait un ami Pascal avec qui il passait le plus clair de son temps. Ils étaient tous deux très sportifs et semblaient parfaitement heureux. Ainsi se trompait Mi-Jeanne.

C'est incroyable ce que les parents les plus attentifs peuvent parfois se tromper! Seule Loulou avait un jour suggéré : Ce Pascal n'a pas l'air bien dans ses baskets...

Et pour cause, un soir après l'école, Tom revint à la maison avec un énorme sac et demanda à sa mère: Tu veux bien que je mette le lit de camp dans le petit grenier? Je voudrais que tu accueilles Pascal, il est parti de chez ses parents? Il ne sait où aller et il te trouve formidable, tu ne voudrais pas qu'il puisse faire une bêtise? Alors, Mi-Jeanne une fois de plus écouta la voix de son coeur et elle accepta! Loulou écrivit une lettre aux parents de Pascal et avec le tact qui la caractérisait elle su trouver les mots, il n'y eut pas d'objection!

Alors, la vie continua à 7 à nouveau, car l'aîné Paul était parti travailler chez son père et ne revenait que le week-end pour le passer en famille, bien souvent avec Juliette, sa ravissante petite amie... La vie est pleine de jolies surprises pensait Mi-Jeanne...

Elle avait raison, car le jeune Pascal sous son aile, se remit à travailler sérieusement et quelques années plus tard obtint sans problème un diplôme de kiné. Il ferait toujours partie du clan mais partirait très vite à l'autre bout du monde engagé dans des causes humanitaires. Il avait ce goût de l'aventure qui avait tellement déplu à son père et été l'objet de leurs discordes mais que l'indépendante et fantasque Mi-Jeanne avait compris, accordant son attention et sa tendresse, les 2 choses dont le jeune-homme avait seulement besoin et qui lui faisait dire : J'adore ma faible maman mais j'aime infiniment ma Mi-Maman!

Pourtant le seul et grand amour de Pascal serait toujours son indépendance et son égoïsme qui cherchait des excuses dans l'altruisme! L'être humain est bien la choses la plus étonnante qui s'agitte sur cette terre!

Tom, resta toujours en contact avec lui et, pendant son service militaire qu'il fit comme coopérant, il le revit sur l'ile de la Réunion.

Tom est devenu un grand médecin, c'était des 4 fils le plus intelligent et le plus altruiste! Il s'est marié mais n'a pas eu d'enfant. Sa femme était aussi médecin et ils ont consacré leur vie à la recherche sur le cancer. Ce cancer dont un jour il a du soigner sa mère sans parvenir à la sauver...

Loulou est aujourd'hui une très vieille dame. Elle est toujours le nez dans un livre et reçoit chaque dimanche la visite d'un des membres de son clan. Malgré leurs vies parfois très compliquées, jusqu'à aujourd'hui, ils se sont donnés le mot et n'ont jamais failli! Peu de famille traditionnelles peuvent se vanter de cette réussite. Pourtant Loulou n'espère qu'une chose depuis 20 ans déjà... rejoindre sa moitié de Jeanne8...

J.G.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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partenariat

Bonjour;

Nous sommes une nouvelle A.S.B.L. qui a comme but de fournir aux artistes un outil d'expression.

Situé à Anderlecht nous y avons acquit des lieux qui permettent aux artistes de s'exprimer: www.espacereperes.be.

Nous y disposons de quatre lieux : une salle de spectacle 200personnes,une salle de réunion 20 personnes, une salle d'exposition, et un atelier pour une dizaine d'artistes plasticiens.

Après un an de mise en ordre administratif nous avons obtenu de la commune le feu vert pour nos activités.

Tout est possible et nous souhaiterions trouver des partenariats avec différentes organisations en manque d'espaces.

Nous pourrions en parler sur place à votre convenance pour cela prenons rendez vous sur les lieux : 0485 83 00 02

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Vous aimez chanter? Vous voulez apprendre à chanter ou vous suivez des cours de chant? 

Le nouveau site www.moncours.be est fait pour vous!


Ce site est gratuit, privéindépendant et géré par une passionnée du chant et de la chanson. Vous y trouverez un répertoire de professeurs de chant en Belgique francophone ainsi que des infos sur les stages, ateliers (dont des ateliers d'écriture de chansons) et scènes ouvertes qui pourraient vous intéresser.

 

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Découvrez un espace fait pour et par tous les amoureux du chant et de la chanson en Belgique :

 

Vous donnez des cours de chant? Vous organisez des scènes ouvertes, des spectacles ou des concours où les jeunes chanteurs ont l'occasion et de se produire? Vous donnez des ateliers sur l'écriture de chansons? Contactez-nous et nous publierons gratuitement l'info!

 

Vous chantiez?

 Et bien surfez maintenant,

 mais sur moncours.be!


                            
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journal de bord, samedi 19 février 2011

 

 Je dormirai sans doute toute la journée, aujourd'hui. La Foire du Livre, je suis déjà moins enthousiaste.

 

Pas trop besoin de vie publique. Je ne m'appartiens plus. Ca chang'ra peut-être lorsque j'aurai récupéré.

 

Du côté de la colonne vertébrale, de légères attaques sans suite reviennent, lorsque je suis en tournée.

J'aim'rais quand même passer une visite lundi.

 

Je repense au témoignage d'une dame d'une septantaine d'années qui m'a dit, le week-end dernier, qu'on ne pouvait plus l'opérer de sa colonne vertébrale, dont les écarts (entre les vertèbres) ne sont plus de 20 centimètres, mais de ... 7.

 

Je tiens à ma santé. Je tiens à prendre les dispositions tant qu'il est temps. Je tiens à ma vie.

 

Et ce boulot qui recommence à me surmener.

 

J'ai fini, aujourd'hui, à ... passé 17 heures. Les nerfs en compote. Sans souffle. Sans énergie.

 

Et je me suis farci le chef, au bureau. "Tu ne saurais pas rentrer plus tôt ?" Je la connais, la maxime. J'ai beau dire "j'ai des problèmes de respiration, de colonne vertébrale", rien n'y fait. J'entends : "c'est que tu n'es plus fait pour ce boulot". J'entends : "c'est pas normal de rentrer à des heures pareilles", suivi de "tu es le seul" (suis-je retourné à l'école ?). J'entends : "tu ne rentres pas dans nos objectifs". Et cela ... en fin de journée. Evidemment, je me suis fâché.

 

J'ai téléphoné à un collègue, délégué syndical, qui m'a compris. Et qui m'a demandé : "que comptes-tu faire ?" Il m'a dit de ne pas m'en faire, d'attendre lundi et ... qu'il me défendrait. Décider, comme ça, sur le champ, c'est dur. Une heure plus tard, je me suis dit que ... je f'rais bien de repasser une visite médicale. Je dois dormir, dormir, dormir.

 

Ca m'est dur de passer le cap de me mettre en indisponibilité. J'y arriv'rai. Mais ... à p'tits pas.

 

L'idée d'être débouté du boulot, du jour au lend'main, ça me fout le vertige. Mais bon ... le manque d'heures de sommeil accentue p'têt l'état dans lequel je suis.

 

Quand je suis rentré du boulot, j'avais à peine une heure pour reprendre un bain, m'habiller et filer dans le Centre Ville, à la soirée contes où je m'étais inscrit (pour chanter).

 

Et je ne le sentais pas, quand je me suis (quand même mis en route).

 

Faut dire aussi que, ces derniers temps, les contrats chanson patinent. Aussi. D'accord, c'est une passe. Mais dans les tripes, je suis stone.

Le légendaire cabaret, à Bruxelles, rue du Marché aux Fromages, où je chante chaque année, ne m'a pas proposé de date. J'en ai déjà  parlé dans un "journal de bord". La tenancière, en émettant ses critiques, manifestait peu d'enthousiasme, brusquement. Quinze ans de participation, chaque année, en arrivant à remplir le lieu, s'effacent-ils du jour au lend'main ? Sans doute que oui. Sans doute que non. En tout cas, je me sens mis à l'écart. Et ça fait mal.

 

Quant aux soirées contes, qui se déroulent une fois par mois ...

 

J'étais persuadé qu'en arrivant, les animateurs allaient me dire, le plus diplomatiqu'ment du monde, que je n'étais plus souhaité dans leurs soirées.

 

Ce n'était pas le cas.

 

Un autre chanteur s'était égal'ment inscrit.

Quand je l'ai entendu, celui-là, j'ai aimé. J'ai cru reconnaître Guy Béart. Une de ses deux chansons s'appelle ... "Salaire".

 

Céline, une conteuse, m'a plu dans son histoire évoquant un homme, dans un village, dont on avait raconté (à tort) qu'il avait mis une fille enceinte.

 

Elisabeth, une autre conteuse, nous a emm'né en Ardenne, du côté de Mortehan (joli village, je connais), avec des sangliers, des couleurs blanches et noires et des sorcières. Le public rebondissait volontiers.

 

Je me suis lancé à l'eau en chantant avec mon ukulélé (youkou-laid-laid, pour reprendre l'orthographe de Dominique, l'animateur). Et les gens ont écouté.

Quand j'ai entamé "JE COURS PLUS APRES L'TRAM", y en avai(en)t qui riaient. Faut dire : l'expression fait rire (ou sourire). Faut dire : on a envie de prendre l'expression au premier degré.

 

Une fois de plus ...

 

J'ai manqué de tact, de patience envers, au moins, deux artistes de la soirée, deux artistes talentueux qui avaient (encore une fois) une tendance à se sous-estimer.

"Je n'ai pas été trop nul", disait l'un.

"J'ai mal fait" ou "C'était mieux la fois passée", disait une conteuse (même quand plus d'un conteur lui manifestait de l'enthousiasme).

 

Intéressant, d'accord ! Je suis bien placé, en tant que chanteur, pour savoir ce que signifie ... ne pas se sentir en forme, ne pas se sentir bon.

Mais ... y a quand même des seuils que je n'ai plus envie de franchir.

Comme celui de ces artistes très bons, potentiell'ment parlant, qui se dénient, qui reviennent avec le même déni pendant uen demi-heure, qui insistent avec ce même déni ... sans prendre le temps de s'apercevoir que, même dans ces moments-là, des gens ont apprécié.

Ca reste un manque d'écoute des autres. Ca reste de l'ego mal placé.

"C'est parce qu'ils ne sont pas sûrs d'eux", me dira-t-on.

C'est sûr'ment vrai.

Mais ... quand on s'efforce de les rassurer (parce qu'on se met à leur place), ils s'obstinent dans leur déni. Et les autres en perdent leurs plumes.

Le public doit-il cautionner ce genre de déni ?

 

Je pleure.

 

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journal de bord, vendredi 18 février 2011

 
 Très tôt, le matin ...
 
Dans le tram qui m'emmène au boulot ...
Dans le tram qui m'emmène vers mon destin ...
Dans le tram qui m'emmène vers le futur, vers l'inconnu ...
 
Le pantin désarticulé (que je suis) entame sa croisière.
 
Ca va, j'émerge. Les rites, ça a du bon. Les frissons familiers tiennent autant la route qu'avant-hier. Je sens (probablement) les rails du tram. Pas de voiture(s) à l'horizon. Les parkings sont encore disponibles, à cette heure-ci.
 
Je porte presqu'un sac ... hyper lourd. Même si mes épaules sont vides.
 
Un feu rouge. Un s'cond feu rouge. Un arrêt.
Un s'cond arrêt : Place Saint-Antoine.
 
Un oiseau vert s'attarde près de la fenêtre du tram (stationnaire).
Un oiseau vert (ou une oiselle) me sourit.
Le petit oiseau vert (ou la dernière fée en date) monte dans l'tram.
 
Hugues, ne te retourne pas ! Hugues, ne te laisse pas attendrir !
Les demoiselles, tu le sais, ont l'habitude de sourire, d'être polies et d'éveiller des chimères ... dans des proportions acceptables (leur condition, leur éducation veut ça).
Le petit oiseau vert (non, la demoiselle) qui est entrée dans le tram ira (poliment) s'asseoir sur un siège ... dans la direction opposée à la tienne (et ce s'ra sûr'ment voulu).
Le petit oiseau vert (ou la demoiselle) ne viendra pas s'asseoir à côté (ou en face) de toi.
Rêve pas comme ça, Hugues !
 
Et je ferme les yeux. Je m'oblige à regarder droit devant moi. Je m'apprête déjà, je me mets déjà en condition pour opérer mon premier deuil de la journée.
 
Quatre secondes.
 
Le petit oiseau vert arrive à ma hauteur et s'assied ... sur le siège en face de moi.
Le petit oiseau vert est équipé(e) de deux sacs. Lourds. Un bloc de dessin émerge d'un des deux sacs.
"Je suis scénographe", dit-il (ou dit-elle).
J'avais compris "sérographe". Association avec "sérigraphie" ?
 
"Je vous ai vu à Tripalium Bodello"
 
Dit-elle.
 
"Je vous ai vu à Tripalium Bodello"
 
Mon coeur se remplit soudain d'étonn'ment, de joie.
 
"Je vous ai vu à Tripalium Bodello"
 
Des mots latins, ai-je entendu. Ca me rappelle le début de mes humanités, en ... 1974. "Petrus Paulum amat". Monsieur MIchel MOreaux, prof' de latin, à l'Athénée de Thuin, vous en souvenez-vous ?
 
"Je vous ai vu à Tripalium Bodello"
 
J'établis le lien avec ... une comédie musicale que je suis allé voir, à Mons, y a maint'nant quinze jours.
 
J'aime les répercussions spontanées, au présent, d'instants passés, vécus déjà avec raviss'ment.
Ce sont des applaudiss'ments ... multiplié par cent, mille et davantage.



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administrateur théâtres

Une exposition qui dérange….

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C’est encore l’hiver, et pourtant la lumière printanière caresse les verrières des immenses salles Horta, un écrin pour la rétrospective de l’œuvre de LUC TUYMANS  dans une unique escale en Europe : Bruxelles. Les curatrices sont deux éminentes expertes, Madeleine Grynstejn, directrice du Musée d’Art contemporain de  Chicago et  Helen Molesworth,  curatrice en chef du Musée d’Art Contemporain de Boston.  Elles soulignent l’immense honneur qui leur est fait d’accueillir cette rétrospective dans des salles aussi prestigieuses : « It is an absolutely gorgeous installation. » L’atmosphère architecturale, ainsi que les variations atmosphériques contribuent grandement à faire vibrer les œuvres. Ensemble elles ont fait la sélection des œuvres de Luc Tuymans mais c’est Luc Tuymans qui a présidé à la mise-en-scène et à l’accrochage : un shadow curator. C’est lui d’ailleurs  qui a été choisi pour présenter les œuvres de l’artiste belge francophone Angel Vergara, désigné pour le Pavillon belge à la Biennale des Arts visuels de Venise 2011. «  Retrospective » est organisée par the San Francisco Museum of Modern Art et the Wexner Center for the Arts, Colombus.

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  Luc Tuymans, notre compatriote,  est un artiste de renom aux Etats-Unis et en Europe du nord, il est  très présent dans de prestigieuses  collections muséales de par le monde. Lui c’est l’explorateur du fossé entre la réalité et l’œuvre picturale, l’explorateur du non-dit, du non-peint. Il arrive à révéler la substance mystérieuse qui se loge entre  l’écorce et le bois dans la constitution des arbres, sauf qu’au lieu de la vie, c’est la mort qu’il couche sur la toile. Sa palette délavée faites de toutes les nuances de gris, terre, bleutés, vert d’eau, violacés et sables semble vouloir crier à mots muets le noir absolu de certains moments tragiques de notre histoire contemporaine, le noir, une  couleur qu’il refuse d’utiliser en peinture. On est dans le paradoxe. C’est probablement que ces moments d’absolue monstruosité sont impossibles  à  comprendre et à exprimer autrement. Si cette exposition semble reconstruire la genèse du cheminement de l’artiste,  elle plonge dans la rétrospective de moments d’histoire ou de quotidien douloureux. 

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« Ses peintures apparaissent à première vue comme des scènes relativement banales de la vie de tous les jours. Mais derrière ses intérieurs, paysages ou personnages aux allures plutôt  innnocentes, se cache presque toujours une autre signification. Les idées et évènements présents dans l’œuvre de Tuymans sont rarement explicites, mais plutôt suggérés par des allusions subtiles. Comme autant de souvenirs voilés, ces œuvres oscillent sans cesse entre cohérence et illisibilité, poussant ainsi le spectateur à remettre en question non seulement ce qu’il voit, mais aussi sa façon de regarder. Dans toutes ces œuvres, Tuymans s’attache à montrer « l’in-montrable » pour rendre les gens conscients de leur rôle de spectateurs et parfois, involontairement, de complices de l’histoire. »

 

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Les thèmes historiques qu’il travaille par prédilection sont la Shoa, les retombées des évènements du 11 Septembre, et l’histoire postcoloniale de la République Démocratique du Congo. Tuymans s’intéresse aux retombées de ces évènements et à la façon dont ils sont relayés par les médias de masse. Il développe les thèmes de la violence, de l’utopie du pouvoir, de la propagande et des abus en tous genres, dont la pédophilie.

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 Il puise son inspiration dans le rassemblement d’une documentation exhaustive trouvée dans les medias : photographie, cinéma, télévision.  Il s’approprie des images de diverses provenances qu’il recadre, encadre, agrandit et décline sous un nouvel éclairage. Un processus qui peut durer jusqu’à 4 mois de gestation pour une réalisation que ne durera pas plus d’une journée. Il punaise ses toiles sur les murs de son atelier de 450 mètres carrés à Mortsel, elles sont mises sur châssis par la suite. Il génère ainsi des natures mortes, des paysages et des portraits, aux demi- teintes pastel dont on ne peut pas considérer seulement la valeur faciale. Pour découvrir la symbolique cachée, l’utilisation du magnifique catalogue, une œuvre en soi, est presque indispensable. Il faut se poser sans cesse la question : « Mais qu’est-ce que j’ai sous les yeux ? » Il faut prendre le temps de s’arrêter sur l’image impassible qui nous est livrée et réfléchir sur le thème proposé.  Puisqu’il est vain de penser qu’à notre époque on peut encore être original, dans ce monde où l’on est noyé d’images aux couleurs foudroyantes ou en noir et blanc, tranchantes, coupantes, farcies  de millions de pixels.

 

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LUC TUYMANS RETROSPECTIVE    12272716294?profile=original

Adresse

BOZAR – Palais des Beaux-Arts

Rue Ravenstein 23

1000 Bruxelles

Dates

18.02.2011 > 08.05.2011

Heures d’ouverture

De mardi à dimanche, 10:00 > 18:00 /  Jeudi, 10:00 > 21:00 / Fermé le lundi

Catalogue Luc Tuymans. Retrospective 12272717256?profile=original

 

 

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Dépendance

 

 

Désirer changer d’attitude,

En refoulant une habitude,

Qui se joue de la volonté,

Demeure une velléité.

 

Or parfois, une ardente envie,

Inattendue, soudain surgit

Et accueillie pour son attrait,

Nous incite à nous libérer.

 

Vivre joyeux sous le soleil

Signifie rester en éveil,

Aller vers tout ce qui attire,

Espérer ce que l’on désire.

 

À son seul gré, gérer son temps,

Sans le gaspiller et pourtant

Aimer rester à ne rien faire,

L’âme au repos, l’esprit qui erre.

 

Une habitude préservée,

Fut rarement une corvée,

Souvent un plaisir délectable.

S’en priver semble regrettable.

 

Dès qu’on l’estime contraignante,

On devrait la mettre en attente.

Mais sortir d’une dépendance

Dépend vraiment d’un coup de chance.

 

17 février 2011

 

 

 

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Proust exemplaire, une conférence de Jean-Yves Tadié

12272718664?profile=originalL'avant-propos que Jean-Yves Tadié a écrit pour sa magistrale biographie de Marcel Proust porte trace de sa passion, de sa générosité et de sa modestie. Il y rappelle discrètement que cela fait 50 ans qu'il se consacre à cette œuvre. « Depuis 1959 que nous publions sur Proust, nous avons inspiré d'autres travaux ; en un sens, nous reprenons maintenant notre bien. C'est le cas, notamment, de notre édition d'À la Recherche du temps perdu dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1987, et de son introduction, dont on retrouvera des éléments ici, ceux qui racontent l'histoire de l'œuvre. Nous sommes simplement restés fidèle à nous-mêmes. Après avoir étudié l'art de l'écrivain dans Proust et le roman, peint un panorama de la critique dans Lectures de Proust et publié, avec une équipe, l'essentiel des esquisses préparatoires du roman, et un choix abondant de ses variantes, il ne nous restait guère qu'à aborder cet irritant problème : peut-on raconter la vie de Proust ? Comment ? Pourquoi ? On critique volontiers les biographies longues, érudites, « à l'américaine », et les professeurs qui les écrivent. On ne trouvera pourtant pas dans ce gros livre un seul fait sans signification, et peu qui n'aboutissent à l'œuvre : c'est ainsi que, le plus souvent possible, nous avons daté l'introduction d'un thème, d'une image, d'un personnage, dans le roman en gestation, puisqu'il s'agit d'un seul roman. Proust a tout réutilisé de sa vie et de sa pensée. Et nous-mêmes, quoique sans cesse dépassé par les surprises de son art, nous avons cru comprendre ce qu'il savait, ce qu'il pensait ou sentait, et avons voulu le transmettre aux lecteurs, à ceux, si nombreux à travers le monde, de l'Amérique à la Chine et au Japon, qui aiment cette œuvre et cet homme. »…

Une conférence à la Bibliothèque de Lyon: durée de l'écoute: 1heure 57':

 

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COMPARAISON...

 

Les nouvelles amours

ressemblent à la nouvelle cuisine...

Ils sont légers et craquent sous la dent!

Ce sont plaisirs qui vivent de l'instant.

 

Leurs saveurs étonnantes

charment nos fantaisies...

donnent plus de piment à nos vies

Mais trop fugaces, finissent en amnésie!

 

Les nouvelles amours...

ressemblent à des vacances!

Mais au bout de trop d'errances

on ressent comme une carence...

 

Alors, c'est vraiment fort cher payer

pour regarder l'âme se vider!

Et on constate bientôt, oh combien...

Que de vielles recettes on a toujours très faim!

J.G.

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Clérembard et les rugissants de lubricité

12272718058?profile=original« Clérembard » est une comédie en quatre actes et en prose de Marcel Aymé (1902-1967), créée à Paris à la Comédie des Champs-Élysées en 1950, et publiée à Paris chez Grasset la même année.

 

"Assiégé par les créanciers", le comte de Clérambard voue sa famille aux travaux forcés, en l'occurrence confectionner des "pulovères" et manger du chat, pour sauvegarder son hôtel particulier,ultime bastion de la grandeur passée. Le curé vient offrir le secours d'un mariage intéressant pour le vicomte Octave: Évelyne, la fille aînée de Me Galuchon. Mais il faudrait accepter "d'avoir un oncle quincaillier". On semble s'y résigner, quand saint François d'Assise apparaît au comte, lui laissant méditer le récit de sa vie (Acte I). Impressionné et repentant, celui-ci renonce à tuer la moindre bête, même une araignée, et décide de lier son fils à la Langouste, prostituée notoire. Aux Galuchon venus présenter Évelyne et convenir de la dot, il annonce qu'il a "visé plus haut" (Acte II). La pauvre chambre de la Ruelle-aux Brebis voit le comte s'extasier face aux vertus de celle qu'il veut pour "fille" en résistant de peu à la tentation; Octave, croiser Me Galuchon, tous deux "rugissant de lubricité"; enfin le comte, révéler, à l'incrédulité générale, ses projets d'avenir comme le miracle qui en est cause (Acte III). Au seuil d'une vie de mendicité, devant la roulotte achetée par Clérambard, les illusions se dissipent: point de miracle pour le comte; Octave suborne la dernière des Galuchon; la Langouste, amère, réclame son dû. Mais l'apparition du Poverello en majesté les jette tous, même le médecin aliéniste mandé par la comtesse, dans la roulotte qui "s'ébranle". Seul reste le curé qui, sans ses lunettes, n'a rien vu (Acte IV).

 

Sous le couvert d'une comédie fantaisiste, où les saints jouent aux passe-murailles et les nobles aux mendiants, se laisse percevoir une satire fort caustique des moeurs de la société bien-pensante, élargissant celle que composait Lucienne et le Boucher, chaque personnage incarnant un type de perversion sociale. Ainsi du curé, entremetteur des hommes, mais surtout pas homme de Dieu; de la comtesse, apôtre des apparences, et persuadée qu'une "compensation solide" peut susciter l'amour; du vicomte, raté pourvu des plus bas instincts; des Galuchon, bourgeois en mal de noblesse, tentant de satisfaire leur libido comme leurs devoirs; de Clérambard enfin, despote tonitruant, dangereux car excessif en tout. Le seul personnage en état de grâce malgré ses défauts semble être la Langouste, toujours lucide sur elle-même et sur les autres, qui parle le langage du bon sens avec humour, prouvant qu'il "y a encore du monde qui sait vivre" dans une société où "les manières raglan, ça devient rare" (I, 7).

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journal de bord, jeudi 17 février 2011

 

Soleil, toute la journée.

 

Toujours pas de gouvernement, dans notre pays.

 

On n'a toujours pas repêché le corps d'une petite fille, tombée dans la Meuse, du côté de Liège.

Y a quelques jours, on a célébré les funérailles de sa grande petite soeur.

 

J'ai pas eu l'temps, l'énergie, hier, de faire la vaisselle ... qui attend depuis deux jours.

J'ai pas eu l'temps, l'énergie, hier, d'ach'ter de nouveaux sacs poubelle.

J'ai pas eu l'temps, l'énergie, hier, de passer au guichet de la poste, afin d'ouvrir un nouvel ordre permanent. Je suis indexé de "même pas" neuf euros, à mon flat. Et je suis déjà en r'tard de paiement ... d'un mois.

 

La Foire du Livre, à Bruxelles, bat son plein, j'imagine. Je m'y rendrai sam'di. La grande Amélie Nothomb s'y trouv'ra entre 14 et 16 heures.

 

Sur les lieux du boulot ...

 

Le distributeur de boissons est en panne depuis quelques jours. Le responsable n'a pas l'air de se bouger.

 

En tournée ...

 

Quarante recommandés (pas moins, non) à distribuer.

 

Je ne serai pas de retour avant 16 heures 30. Faut pas se leurrer.

 

"Tu essaies de te dépêcher ?", me balanc'ra, sans doute, le chef, vers quatre heures, en me GSMant (je s'rai encore sur ma tournée, j'aurai encore au moins quatre pans de rue à desservir). Je s'rai sans doute tell'ment claqué que je n'aurai même pas (ou plus) le ressort de stresser, ni d'être dépendant de l'épée de Damoclès qui me menace si je ne rentre pas dans les temps. Merci, mon corps chéri !

 

Midi et demie.

 

Rue de Vergnies, 40.

 

Le charmant bistro populaire, où on m'offre gracieus'ment une soupe, était ré-ouvert, aujourd'hui. Apparemment, ils étaient partis en France, où ils ont mangé de la choucroute.

 

Le chat du coin grimpe sur une des tables.

 

Une dame passe avec une canne, dehors.

 

Je pass'rai chez Jessica, une fille qui habite cette rue et qui porte volontiers une casquette quand elle sort. J'ai deux paquets "P", scannés, à lui remettre. Tiens, tiens, c'est avec elle que je me suis imaginé, ce matin, sur une île déserte, au lend'main d'une fin de guerre (imaginaire). Tiens, tiens, c'est avec elle que je me suis proj'té dans une espèce de chambre d'hôtes, où le tenancier allait nous cueillir, pour notre repas du soir, des fraises dans son jardin.

 

Je n'aurai pas le temps, j'imagine, de me rendre chez le psy, vers 18 heures. Je me rabattrai enfin (sauf contr'ordre) sur les "gillettes" et les sacs poubelle à racheter.

 

Temps perdu pour temps perdu ...

 

Je me suis quand même autorisé à passer chez le photographe, Place Flagey, avant de démarrer ma tournée. Oui. Le temps que je pass'rais, si je m'abstenais (de passer chez le photographe), afin de gagner ... du temps, ne serait pas vraiment plus court que ... le temps "réel" que je m'attends à passer aujourd'hui, en tournée, en m'accrodant ces dix minutes pas prévues où je passe chez le photographe.

 

Treize heures trente.

 

Chaussée d'Ixelles.

 

Derrière la fenêtre d'une oisell'rie, trois lapins circulent. Il s'agit d'un clan, d'une famille qui prend son pied dans de la paille. Le plus p'tit de la bande essaie de manger, avant de retourner vers les deux autres (ses parents ?). Comme tout un chacun, il aime les câlins et il s'arrange, du mieux qu'il le peut, pour se rendre sourd au bus qui klaxonne de l'autre côté de la rue.

 

Bientôt quatorze heures.

 

Rue des Champs Elysées, près des immeubles.

 

Des feuilles recouvrent une partie des façades. Entre le vert qui les caractérise et le blanc qui s'agite au bout de leurs doigts, le mariage semble heureux.

 

Seize heures.

 

Le moment du coup de barre, du coup de hache. Je le sens dans mon dos, dans ma colonne vertébrale. Les idées noires (toujours les mêmes) se réveillent.

 

Rue de l'Ermitage, 50.

 

Mince : deux clients n'ont pas reçu le "Deze Week in Brussel". Je comprends pas. Je les ai tous classés ce matin. Ai-je sauté deux numéros ?

 

Rue des Champs Elysées.

 

Tiens la barre, Hugues !

Tiens la distance, Hugues !

La réceptionniste du cabinet de gynécologie (qui est entrée dans ta bulle et qui t'a un jour inspiré une chanson) ne t'appell'ra jamais par ton prénom.

 

Et le GSM sonne. Je m'autorise à ne pas répondre.


 

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administrateur théâtres

12272718867?profile=originalDans un décor presque  Beckettien - des grandes verticales  de murs  bleutés qui enferment,  un lit de fer, une table, une chaise -  erre un homme entre deux âges,  amnésique en robe de chambre.

 Une infirmière bien tournée, s’occupe de lui. Il a quitté l’hôpital mais ne sait pas vraiment qu’il est chez lui ni  même s’il aime le café ou le thé.  La présence, dans sa vision d’une commode kitsch, l’incommode et le fâche. Serait-il fou ?  L’infirmière est-elle vraiment une infirmière ? Tous les jours elle lui réapprend patiemment le quotidien, il doit faire des listes de ses goûts de ses envies, il doit écrire. Emerge une certaine misogynie, et de la misanthropie générale. Serait-il un vieux bougon dans la tradition des personnages de Molière ? Non, il exhibe dans ses réponses une candeur inattendue, qui désarçonne.   Elle veut faire renaître des bribes douloureuses du passé, il s’énerve, la voue aux gémonies, se montre odieux et autoritaire, mais elle démêle habilement l’écheveau du passé, elle veut savoir les détails de la tragédie qui l’a projeté contre un mur à 100 à l’heure. Bribes de passé, bribes de « tu » et de « vous », bribes de présent et peut-être d’amour et de charme. Il s’échange des phrases banales qui dramatisent et des phrases dramatiques banalisées.

 

 On est dans un entre-deux : pas la réalité vraie, pas le souvenir, mais une tension particulière, comme dans des vérités suspendues.  Mais l’être humain est incorrigiblement solaire, même meurtri au plus profond de sa chair, il est incapable de repli total sur lui-même. Soit il va vers l’autre pour s’offrir, soit il ne peut s’empêcher de recevoir.  Le jeu intense des deux acteurs est très touchant. Sobriété extrême, épure, il y a une souffrance commune qui se donne en partage, pâr effleurements de regards, par effleurements de mots, un élixir d’amour. La mémoire des faits et la mémoire des sentiments sont subtilement retracées, comme dans une énigme. Et tout d’un coup, le spectateur, conquis, comprend et apprécie. Il va jusqu’à prier que la guérison soit complète et que plus rien ne s’éteigne.

 

Deux acteurs parisiens, Guy Bedos et Macha Meril,  qui jouent avec une extrême connivence, même s'ils font mine de ne pas se connaître, nous donnent à boire de la beauté théâtrale. Allez les applaudir cette semaine, tant qu'ils sont encore au Centre Culturel d'Audergem!

 

Au Centre Culturel D’Auderghem

Du 14 au 19 février 2011 à 20h30 et le 20 février 2011 à 15h30 

 

Guy BEDOS est l'une des grandes figures de l'humour et de l'insolence de ces dernières décennies. Il trouve ici un rôle de comédien où il révèle une face inattendue de son talent aux côtés de la malicieuse et tendre Macha MERIL.

 

 

48,00€ - 38,00€ - 20,00€ (-26 ans en corbeille) + 1,50€ de taxe de réservation.

Réservations : 02/ 660 03 03 du lundi au vendredi de 11h00 à 17h00 et le samedi de 10h00 à 14h00 

http://www.cc-auderghem.be/index.php/component/redevent/details/64.... 

 

 

 

 

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NICHE B612 Associates, Dolez.

Conférence de Li Mei Tsien et Olivier Mathieu

Jeudi 17.02.2011 20:00

Palais des Beaux-Arts / Studio

Dans la série NICHE, Li Mei Tsien et Olivier Mathieu, co-fondateurs du jeune bureau belge B612 Associates, présentent leur projet de logement collectif Dolez.

Le projet de logement collectif Dolez, réalisé par les jeunes architectes belges du bureau B612 Associates, fera l’objet de la prochaine conférence NICHE au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles du 18.02 au 30.09.2011. L’ensemble de plus de 5.000 m2 abrite 34 appartements. Par sa volumétrie, la composition de ses façades et son implantation, il s’intègre au quartier tout en s’en distinguant. Situé à l’angle de rues traditionnelles, à l’orée du Kauwberg, le projet s’inscrit dans l’alignement des fronts bâtis. Mais à la fermeture de l’angle, les architectes ont préféré ouvrir l’espace sur l’épaisseur de la frange qui sépare la rue des bois. La maquette du projet Dolez sera exposée dans l’un des dégagements de la salle Henry Le Bœuf durant toute la saison.
 
Li Mei Tsien est ingénieur civil architecte diplômée en 1993 de l’Université Catholique de Louvain-La-Neuve. Elle a suivi une maîtrise en urbanisme à la Taiwan University ainsi qu’un master en théorie et histoire de l’architecture à l’Architectural Association de Londres. Avant de co-fonder B612 Associates en 1997, elle travaille au sein des bureaux CK Tcheng et IM Pei associates à Taiwan et Bruno Albert à Liège.
 
Olivier Mathieu est ingénieur architecte diplômé en 1994 de l’Université Catholique de Louvain-La-Neuve. La même année, il obtient un diplôme en philosophie à l’UCL. Avant de co-fonder B612 Associates en 1997, il travaille au sein du bureau Charles Vandenhove and Associates à Liège.
 
Guide exposition Niche Jeune architecture belge:
 
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Le mythe secret de la forêt.

 

-          Crac !

La branche murmure sa douleur. L’homme trébuche et continue son chemin.

 

Perché au sommet d’un gros chêne, Jean le solitaire se perd dans sa vie. Il regarde l’agitation des chiens et des hommes à ses pieds.

Le cœur froid et sans espoir, l’homme pense…

 

-          Craac !

Une branche se plaint dans un chuchotement.

 

Dix jours que Jean passe d’arbre en arbre, à fuir ses tragiques souvenirs vécus avec elle.

Elle, la Dame-en-noir ayant jeté son dévolu sur lui, l’homme des bois. Sa femme pour le meilleur et pour le pire. Surtout le pire !

L’a-t-il aimée un jour, cette dame de la ville arrivée un matin de guerre ?

Il ne sait pas. Il ne sait plus.

Ce dont il se souvient, c’est que Betty a eu une vie dissolue de serveuse de bar et de maîtresse attitrée d’un notaire ou d’un médecin. Il ne sait plus très bien.

Ce dont il se souvient, ce sont ses robes, ses sorties et l’argent jeté par les fenêtres, cet argent qu’il gagne à la sueur de son front, dans le dur labeur des saisons et des bois ingrats.

Et puis, elle sait se plaindre Betty. Elle se plaint encore et toujours de ses jambes.

Ses jambes, elles la perdront et ça, Jean le sait. Il attend, avec cette patience propre aux hommes de la terre.

Il sait attendre Jean. Ce jour viendra. Il en est convaincu.

 

-          Craaac !

La plainte monte dans la nuit lourde et noire.

 

Ce matin-là, l’acariâtre mégère vociférait du haut de l’escalier, hurlait dans toute la maisonnée. D’un geste brusque, ses jambes lâches l’abandonnèrent.

La chute fut brutale.

Jean, sans un regard pour sa femme étendue à ses pieds, attrapa une cordelette et l’étrangla. Elle n’eut pas le temps de souffrir. Dans un rictus, elle s’éteignit.

Un soupir de soulagement siffla dans l’air aigre de la petite ferme où le calme s’invita sans y être convié.

 

-          Craaaac !

La ronde des chiens et des hommes en bleu rythment le secret de la lune au travers des nuages sombres.

 

Jean se laissa choir sur une marche de l’escalier, ralluma avec maladresse son mégot qui pendouille à ses lèvres fanées et se prit la tête entre ses mains rugueuses pour réfléchir.

 

-          Craaaaac !

 

D’un pas pressé, Jean dévala les ruelles du village pour se rendre chez Anna, l’épicière.

-       Deux litrons de chaux suffiront, c’est qu’elle n’est pas bien grosse Betty, chuchota l’homme placide aux hirondelles perchées sur les fils.

 

-       Craaaaaac !

Les pas vont et viennent. Ils vont. Ils reviennent.

 

Le corps du délit enfoui et la chaux vive éloignèrent à jamais Betty de Jean.

Et l’homme pense.

Il pense à l’histoire qu’il va devoir raconter. Dans les villages, les « on dit » se répandent très vite, il va falloir ruser.

L’homme, tel un renard à l’affût, sait ruser.

 

Il n’a pas peur.

Il a la paix. Il ne pleure pas sa chère épouse, mais il faudra bien justifier son absence.

Il en est sûr. Les langues vont se délier. Le boucher va s’étonner de ne plus livrer la viande de Betty, le boulanger aussi et Anna, la fameuse Anna !

Anna, épicière et épouse du Maire.

Anna, née dans le sang de sa mère, le 06.06.06… la marque du Malin !

 

-       Betty a pris le train à la petite gare voisine, la vie est si dure dans nos contrées.

Voilà ce qu’il racontera Jean, si quelqu’un lui demande des nouvelles de Betty.

 

-       Craaaaaaac !

 

La vie continue.

Elle pourrait enfin couler des jours heureux la vie de Jean, mais c’est sans compter sur la langue de vipère d’Anna.

Les rumeurs courent dans le petit village.

-       L’homme des bois a tué la Dame-en-noir.

-       Qu’il dise ce qu’il veut ! Betty, c’est lui qui l’a tuée !

Anna surenchérit avec fougue à chaque passage de paysan faisant tinter la clochette de l’épicerie.

-       J’lui ai vendu deux litrons de chaux vive !

 

 

-       Craaaaaaaac !

Les branches hurlent sous les souillures des pas sur leur robe brune.

 

Jean a le sang chaud. Il empoigne d’un geste rageur sa hache de bûcheron, cette amie de tous les jours et descend d’un pas léger à l’épicerie.

 

La clochette se plaint au passage de l’homme bourru.

-       Anna va pouvoir causer à bon escient maintenant ! se dit Jean.

 

Il quitte le village à vive allure.

 

-       Craaaaaaaaac !

 

Dix jours que Jean est recherché par la police pour tentative de meurtre et puis, grâce aux « on dit », elle semble de plus en plus persuadée qu’il a aussi tué sa chère épouse, la Dame-en-noir.

 

Jean a fui. Il se réfugie auprès de ses seuls amis. Les arbres hurlent leur peine dans cette nuit de lune pleine.

 

Dix jours qu’il fait la nique à la centaine d’hommes débarqués des quatre coins du pays, pour lui mettre la main au collet.

Question de prestige !

Jean adore le jeu du chat et de la souris.

Dix jours déjà qu’il gagne toutes les parties… C’est vrai, il a un sacré avantage sur les hommes, il sait tous les coins et recoins de la forêt. Il la connaît comme sa poche.

 

-       Craaaaaaaaaac !

Les bouts de bois pleurent des larmes de sève.

 

Jean sait qu’il doit se cacher à l’orée de la forêt car les hommes baisseront  la tête, les yeux sur le sol, pour entrer dans ce monde hostile.

Ils se promènent à la recherche du moindre indice, mais personne parmi tous ces hommes en bleu ne constate que les champignons ne poussent pas cette année, qu’il n’y a plus de baies sur les arbustes ou de fruits dans les vergers, que les sources sont taries.

Non, personne ne le remarque. Personne…

 

-       Craaaaaaaaaaac !

 

Jean peut vivre de longs mois dans ce refuge feuillu.

Plus il s’amuse Jean, plus la sympathie de ce pays campagnard l’accompagne dans son dangereux périple au travers les fourrés.

 

-       Craaaaaaaaaaaac !

La forêt hurle sa détresse.

 

Dix jours déjà qu’il est là, perché au sommet d’un gros chêne.

-       Zut ! Une envie pressante, murmure-t-il tout en se soulageant avec diligence.

Question de pudeur !

 

Un chien plus futé que la dizaine d’autres, mit fin à cette cavale.

 

L’homme en bleu caresse le héros de cette nuit lourde et noire, ses yeux se fixent sur le nez aiguisé de l’animal.

-       Euh… Ils font les mêmes pour les hommes ? murmure-t-il à la lune bienveillante.

 

Les branches se sont tues… S’en est fini du mythe secret que Jean a laissé derrière lui,  un vaurien au grand cœur, rusé comme un renard une nuit de lune pleine !

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