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               ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DU LUXEMBOURG   

            Vendredi 04.03.2011 20:00         Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

    – Emmanuel Krivine direction –    – Vadim Repin violon

Modest Mussorgsky, Prélude (Khovanshchina)
Jean Sibelius, Concerto pour violon et orchestre, op. 47
Johannes Brahms, Symphonie n° 2, op. 73

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Après le lever du jour sur la Moskova, voici une musique pour un  géant qui joue sur un jouet,  le Guarnerius del Gesù " von Szerdahely" datant de 1736. C’est  le Concerto en ré mineur, op.47 de Jean Sibélius. La  haute taille  de Vladimir Repin domine presque  l’autre visage connu : Emmanuel Krivine, le directeur musical de l’orchestre philharmonique du Luxembourg, armé de sa baguette.  Vadim  a le visage impassible ou grave d’un guerrier de l’armée de Xian : la musique est sa vie, sa drogue, son combat. C’est le  soliste  qui ouvre de son archet infiniment léger ce concert où bouillonne le mystère romantique. Il construit des mélodies presque pathétiques cependant que  l’orchestre semble le combattre par ses registres sombres, parfois  carrément lugubres. Ce premier mouvement, l’ Allegro moderato, est le plus long et le plus complexe, le plus dramatique et sérieux.

 

 Le climat change avec le  deuxième mouvement. L’Adagio di molto prend des airs de romance, les envolées mélodiques du soliste sont suivies  de cascades de tristesse tendre, comme si tous les moments de douceur et de plaisirs n’étaient  jamais que rêves éphémères. Cela se termine sur le souffle d’une âme qui s’échappe.

 

 Le  troisième mouvement, l’ Allegro ma non tanto démarre sur des rythmes aux colorations presque …ibériques. Le tempo est soutenu, le rythme est presque sautillant et s’engage dans des galops impétueux. Soutenu par les timbales  et les basses le soliste rivalise de plus belle avec l’orchestre. Tout un peuple de sonorités répond à ses jaillissements poétiques quoique sobres et soudain,  tout se tait.

 

 

L’ovation qui suit, fait sourire le grand violoniste qui nous accordera un joyeux bis, débordant d’humour, par contraste, par jeu, par fantaisie et par virtuosité cabotine! C’est une chanson populaire autrichienne : «  Mein Hut, der hat drei Ecken »  qui a probablement inspiré Paganini dans un morceau intitulé « Carnaval de Venise ». Avec toute la beauté des cordes pincées, Vadim  emmène fougueusement une partie de l’orchestre dans ces  variations, interprétées  avec verve et délire sur son minuscule violon.

 

 Entracte

 

La vedette est maintenant au dynamique Emmanuel Krivine  sur son podium, dans la deuxième partie du concert qui nous présente tout le modelé et la  délicate complexité de la deuxième symphonie de Brahms en ré majeur opus 73. Quatre mouvements. Une musique pleine de voix mystérieuses ensorceleuses qui sans cesse entraînent et reviennent, plus pressantes. Une musique d’humeur joyeuse, brodée. Le chef d’orchestre tisse le  relief, forme une architecture musicale variée, tant les instruments ont l’occasion d’émerger en envolées lyriques surprenantes et vives: chants de  flûtes et de bassons. Suivent de chaleureux solos de cors, symbole pastoral?   Les mouvements prestes des violons, une véritable armée de cordes onctueuses, n’évoque rien moins que des danseuses en chaussons, virevoltant sous des arceaux de fleurs. Joie de jeux de cache-cache, joies printanières et bucoliques, accès de mélancolie soudaine, flots de sentiments, c’est la complicité idéale du chef d’orchestre et de son orchestre plein d’aisance qui se dégage.

 Le 4e mouvement, Allegro con spirito,  est une glorieuse explosion de joie, chaque ordre musical s’en donne à cœur joie, chacun marque tout son espace. Tout devient déferlement et scintillements et finit par un torrent de bonheur musical. Un triomphe.

 

 

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Emmanuel Krivine est l'un des plus grands chefs d'orchestre de notre époque ; il ne faut jamais, sous aucun prétexte manquer l'une de ses prestations.” (The Guardian /Londres)

 

 

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Où es-tu?

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Je sais, énorme cette toile, impossible de la balader sous le bras et même de la mettre dans votre cabriolet !

J’ai vu grand, vous êtes peinte plus grande que nature, c’est sans doute ma mégalomanie qui me fait rêver aussi grand !

Au fait, je suis un peu triste !

Une dame, sans la citer, m’a écrit que mes rêves posés, tant en dessins, en toiles et surtout en écritures, lui faisait penser à l'homme de sa vie, également sans le nommer. Enfin pas exactement cet élu puisqu’elle a ajouté ; celui dont elle rêvait avoir !

Et ce n’est pas la première, il y en a même qui voudrait en plus, être rêvée !

Vous voyez, Mademoiselle, moi qui cherche à trouver l’âme sœur, je ne dois pas chercher au bon endroit !

Voilà pourquoi cette tristesse !

Raz le bol de ce fil rouge puisqu’il ne me conduit nulle part !

Le jour où j’ai commencé à m’en servir, il m’a conduit au désespoir, à une rupture. C’est sans doute pour cela qu’ici il n’a pas de fin ni de commencement ?

C’est pourtant un fourbe, regardez par où il passe, il est pire que moi !

J’aime promener mon regard sur votre corps, je vous ai déjà expliqué percevoir des sensations, jusque vos réactions quand celui-ci se fait audacieux mais lui, il ose vous toucher !

La vie est faite d’espoir, de conquête, de célébrité, de richesse, d’amitié !

Mais l’amour, pourquoi est-il si souvent compliqué ?

J’ai lu ceci:

 

Je tisserai ta vie aux couleurs de l'amour

J’effleurerai tes nuits de mes doigts de velours

Je volerai au temps le cadran de la Vie

Pour t'offrir ces instants d’odyssée et d’envie

Je t'offrirai des fleurs parfumées de moi

Anisée de douceur comme unique promesse
J'écouterai tes yeux murmurer en silence

Une symphonie de mots en douce romance

J'éclipserai la lune pour te regarder

Je dessinerai les envies de ma pensée

Je fondrai le plaisir comme neige au soleil

Et me noierai sur tes lèvres

J'enfouirai mon passé dans le creux de tes bras

Ta voix, alors me bercera.

Et,

Je t'ouvrirai mon cœur pour y mettre le tien

 

C’était un texte de Lylas123 sur artblog 

 

Où es-tu, belle Dame ?

Où es-tu, pourquoi te caches-tu ?

Où es-tu ?

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« L’argent » est un roman d'Émile Zola (1840-1902), publié à Paris en feuilleton dans le Gil Blas de novembre 1840 à mars 1891, et en volume chez Charpentier en 1891.

 

L'idée originale du livre, dix-huitième de la série des Rougon-Macquart, était celle d'un récit sur la débâcle politique du second Empire. Puis le projet d'un roman sur la Bourse s'impose et se nourrit de souvenirs plus ou moins proches: d'abord celui du financier Mirès et des frères Pereire dont la chute se produisit sous le règne de Napoléon III, respectivement en 1861 et 1866-1867. Plus près du moment de la parution, il y a aussi l'affaire de l'Union générale, banque catholique créée par E. Bontoux et qui s'effondre en 1882. Le canevas tourne assez rapidement à l'épopée; et il lui faut un décor que Zola met en place grâce à la lecture d'un ouvrage d'E. Feydeau sur les milieux financiers, une visite à la Bourse et divers renseignements, obtenus par exemple auprès d'E. Fasquelle.

 

Parmi les boursiers et les spéculateurs attablés, Aristide Saccard attend l'âme damnée de son frère Eugène Rougon, qui ne veut pas vraiment l'assister dans ses projets. On découvre aussi d'autres personnages: le Juif Gundermann, puissance tutélaire de la Bourse, la baronne Sandorff, joueuse invétérée, la Méchain qui prospère dans les faillites douteuses, l'affairiste Busch qui récupère brutalement créances et impayés tout en protégeant son frère Sigismond, socialiste utopique ennemi de l'argent (chap. 1).

 

Saccard a loué une partie de l'hôtel d'une princesse philanthrope. Il devient l'ami de l'ingénieur Hamelin et de sa seour Caroline. Il va utiliser les ambitions du premier tandis que la seconde se donne à lui. Il y a aussi les Beauvilliers, voisines nobles et ruinées qui joueront leur va-tout sur les projets de Saccard (2).

Saccard crée la Banque Universelle: il s'agit, contre l'argent juif, de susciter une grande entreprise catholique qui saura vider les bas de laine des bien-pensants. Saccard s'entoure de l'agent de change Mazaud, du spéculateur Daigremont, d'autres encore, Bohain, Sédille et Kolb (3).

 

L'entreprise commence bien: Saccard tient bien ses affidés, répond aux solliciteurs et agioteurs inquiets dont la baronne Sandorff, les Beauvilliers et même un garçon de bureau; il croit sincèrement au succès et aux bienfaits de son action, mais Busch veut exploiter contre lui une vieille dette liée à un enfant naturel, Victor. Caroline fait écran entre eux. Pendant ce temps, la réussite semble se confirmer, par le biais notamment d'augmentations de capital et d'articles orientés grâce auxquels Saccard fait monter les cours de son action (4-6).

 

Il a aussi des affaires de coeur avec la baronne Sandorff ou avec une courtisane de haut vol. Il croise enfin les plus grands personnages dans les salons, dont Bismarck (7-8).

Malgré certains succès, des bruits inquiétants se font entendre. Sous un prétexte, Saccard se rend chez Busch qui poursuit un jeune écrivain ainsi que les Beauvilliers. Ses ennuis financiers, après une première victoire à la Pyrrhus, vont s'aggraver brutalement et aboutir à une catastrophe générale. Les associés se dispersent, l'agent de change se tue, Victor viole la fille des Beauvilliers. Mais Saccard veut monter une nouvelle affaire et il y a en lui une force qui lui permet d'espérer (9-12).

 

Ductile, malléable, levier neutre et puissant de toutes les intentions humaines, l'argent présente des aspects ambigus qui animent et différencient les personnages du roman. Il y a ceux, d'abord, pour qui l'argent est mauvais par principe, comme le frère de l'usurier pour qui "toutes nos crises, toute notre anarchie viennent de là [...]. Il faut tuer, tuer l'argent". Mais il y a surtout ceux qui le gèrent et s'en nourrissent, dans la grande jungle financière de la Bourse: Gundermann, milliardaire, dyspeptique et Juif (même si cette donnée "rapetisse" tout, selon Zola), joue froidement la logique financière, tandis que Saccard, jouisseur ambitieux, "capitaine aventurier", spécule, gagne et perd à l'excès. Sur le plan d'une morale économique simple, ce jeu est dangereux parce qu'il est illusoire, par opposition à l'argent sain du travail et de l'épargne. Saccard ruinera ceux qui lui ont fait confiance et l'on pourrait en ce sens le considérer comme un escroc. Mais, d'un autre côté, il est aussi un idéaliste qui sauve la mise d'un jeune écrivain et lance ses clients dans des rêves de colonisation de l'Orient catholique! Tout ce progrès par l'argent, Saccard finit par y croire en s'intoxiquant des illusions qu'il diffuse. L'argent prend alors une dimension mythique, à la fois complexe et structurante. A un premier niveau, il est le symptôme des réussites et des échecs, sous forme de bénéfices et de dettes. Il est aussi l'instrument de l'action, de l'entrepreneur qui en fait le nerf de sa guerre. Mais il est encore, au-delà, le symbole de l'échange organique et social de la cité, des commerces qui s'y lient, avec leurs malheurs et leurs miracles. Le récit, par exemple, est rythmé par les soubresauts du cours de l'Universelle, qui sont bien entendu le signe clair de la force de Saccard et de ce qui lui reste d'énergie vitale. Pour ce "poète du million", il n'y a que "le jeu qui, du soir au lendemain, donne d'un coup le bien-être, le luxe, la vie large, la vie tout entière". Au fond, Saccard est l'agent d'un renouvellement fécond qui passe par la vente et l'achat, le gain et la perte, la vie et la mort: "Sans l'amour, pas d'enfants, sans la spéculation, pas d'affaires", écrit Zola dans son Ébauche.

RP in "arts et lettres Belgique"

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journal de bord, samedi 5 mars 2011

 Paraît qu'il y a des solutions, quand on renverse un verre d'eau sur un "smartophone" tout neuf.

 

On aurait r'péré l'homme le plus représentatif de la race humaine.

 

Voler une voiture, dit-on, c'est simple comme tout.

 

Khadafi, en Libye, est en mauvaise posture. Dans les années 70, il était déjà au pouvoir. J'avais même entendu dire ... qu'il faisait couper les mains aux voleurs. J'ai froid, rien qu'en y (re)pensant. A l'époque, aussi, j'étais passionné de cinéma (héritage paternel !), je me créais des scénarios (en douce) et j'avais déjà imaginé un film, dont l'action se pass'rait en Libye, et dont le héros de l'histoire renverserait le chef de l'état local, le colonel ... Mutaga.

 

HIer, en rentrant du boulot, en retirant le courrier, chez moi, je suis tombé sur une facture de ... 702, 82 euros.

 

Coup d'froid.

 

C'est pas normal, autant de sous à rentrer, pour la société (qui gère mon immeuble), avant le ... 15 mars.

 

Je me sens compressé dans mon corps. Je me retiens de râler. Je me retiens de céder à la mauvaise humeur imbécile dans laquelle plongent tant de gens, dans des moments pareils. J'encaisse le coup, quand même.

 

"C'est pas normal de payer autant ! Tu dois faire quelque chose !"

 

Me disent, d'un bond, ceux (et celles) à qui j'en parle.

 

"C'est pas normal de payer autant ! Tu dois faire quelque chose !"

 

Me disent, d'un bond, les fantômes de ceux (et celles) à qui j'en parle ... mental'ment.

 

Je regarde à nouveau la feuille : décompte locatif de Monsieur Draye, répartition des charges communes pour la période du 01/10/10 au 31/10/10 ... frais nettoyage-produits d'entretien-contrôle ascenceur ... achats combustible ... prix de la quotité ... pour en finir avec la mention "solde en notre faveur : 702, 82"

 

"On abuse de toi !", disent encore les p'tites voix ?

 

La barbe, les fantômes !

 

Dix minutes ont le temps de s'écouler. J'ai le temps de reprendre la situation en main, de la regarder d'un peu plus près, cette feuille, cette facture. Final'ment, la conclusion : même si cet ensemble de choses notées sur la feuille ne m'est pas forcément accessible dans tous les détails, rien ne me paraît faux.

 

Quant à mettre sur la main sur "ce qui ne va pas", c'est une autre histoire. Se révolter, c'est bien, c'est fondamental, mais ... faut trouver les arguments solides, vérifiables.

 

Je réfléchis toujours.

 

Une idée me vient : téléphoner à la société pour en savoir un peu plus. Ah oui, ils pourraient toujours me dire, me confirmer qu'ils ont exagéré, à tort, dans leurs calculs, et qu'ils avaient l'intention d'écrire à tous leurs locataires, en vue de s'excuser pour le désagrément. Ca tient déjà un peu la route. Après tout, c'est crédible.

 

Une autre idée me vient : téléphoner à la société pour leur demander si je ne peux pas payer la même somme, par petites tranches, mensuell'ment, via un ordre permanent qui leur confirme mon paiement au début de chaque mois. Oui, plausible, aussi. Je risque, tout au plus, un oui ou un non.

 

Un autre déclic me vient.

 

En supposant que ... je doive verser les 702, 82 euros, comptant, avant le 15 mars prochain ...

 

En supposant que ... je les verse concrèt'ment, dans les temps voulus ...

 

Je n'ai final'ment pas trop de souci à me faire.

 

Quand je calcule les économies, franc par franc, que j'ai mises de côté, depuis quelques mois ...

 

Quand je retire, de ces économies, les maudits 702, 82 euros que je devrai cracher ...

 

Il me reste encore suffisamment d'argent pour profiter de mes vacances, en juillet. Je pourrais même, en m'organsiant, me débrouiller avec la moitié.

 

Mon coeur se déstresse déjà.

 

En continuant à économiser, dans les temps à v'nir, j'ose imaginer qu'une place, qui m'est nécessaire pour mes loisirs, ne s'en ira pas de sitôt.

 

Et que ...

 

Même si une facture de merde s'implante, comme un cancer, dans mes tripes ...

 

J'aurai (encore) de quoi la liquider, comme il se doit. Je m'assur'rai, encore pour un p'tit temps, un toit, un refuge, un chez moi, un lit (bref : le mimimum qui m'est nécessaire pour vivre et être heureux).

 

"Tu n'es pas réaliste !", me diront-ils.

 

J'ose croire et affirmer le contraire.

 

Aujourd'hui, après-midi ...

 

Je m'envole à Chiny, pour la Nuit des Contes.

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Poème du Temps présent pour un an2011 nouveau

COMPLAINTE POSITIVE 2011

 POUR UN AN NOUVEAU POETIQUE

 

Année qui s’achève, année qui commence

Dans quel avenir doucement je m’élance ?

Les souhaits sont présents dans tous les esprits...

Le ciel phénomène où mon cœur est bien pris

Chante les louanges poétiques des  premiers jours,

Et pluie cingle tranquillement toits des faubourgs.

 

Dans l’horizon astral d’une terre sans cratère,

Un bouquet de violettes à l’orée d’un bois,

Un coucher de soleil sur une terre aux abois,

La surface d’un lac de montagne, claire comme verre,

La beauté immaculée des pics enneigés,

Le chant délicieux et imprévisible d’un beau geai,

L’orange infini d’un champ immense de tournesols,

Délicates pâquerettes en blancs tapis de sol,

Brouillard du matin engrisaille hamamélis,

Minois des bergères penchant sur bouquet de lys.

 

Année qui commence, année qui s’achève ;

Vers quelle existence doucement je m’élève ?

La rousseur délicate des bourgeons verts d’hiver

Dessine sépia divine en murs de ville en fleurs.

Un puzzle emblématique, camaïeu de couleurs

Où les désirs des hommes en rêves femmes océanes

Célestement déposent leurs clartés diaphanes :

L’horloger Nouvel an remonte ses pendules,

Le paysan du Mont Pelas embrasse sa mule :

Les petits chanteurs nous enveloppent d’une langueur

Qui pénètre les atmosphères et touchent les cœurs,

Chœurs des enfants jetés aux vents des plaines,

Vieille en sari tricote ses petits bouts de laine,

Le grand facteur lissant ses noires et belles moustaches

Distribue les lettres de vœux : ah la belle tâche !

L’année commencée s’enveloppe de rouges en cavale,

Parfums enivrants faufilent fragrances et dédales,

Mois de janvier déjà quelque peu engourdi,

Et les poètes du soir rangent les porteplumes

Bien sagement, tout au fond de leurs vieux gourbis.

Il est tant de ranger aussi ma plume de fiel

Dans le plumier offert à Noël arc-en ciel.

Année qui s’achève et année qui s’élance,

Quoiqu’il arrive demain, vers poésie je m’avance.

 

Bien amicalement aux camarades d’ « Arts et Lettres »

Lugguy Guy-Joseph , alias Guy LHEUREUX (le jour du O Guy l’an neuf)

Extrait de l'ouvrage inédit: « Propos chuchotés à l’oreille des amateurs de poésies »


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FEUILLETS JAUNIS, FEUILLETS JEUNESSE!

 

Feuillets jaunis, feuillets jeunesse

Que d'absolu dans leurs détresses!

Ils parlent de ce temps passé...

Où nous ne songions qu'à aimer!

 

En s'oubliant à les relire...

On se surprend à en sourire!

Ils exaltent un temps révolu

Que l'on croyait avoir perdu...

 

Il se retrouve dans nos mémoires!

Soudain on a envie d'y croire...

Feuillets jaunis, feuillets jeunesse

Que de merveilles et que d'ivresse!

 

Ils nous rappellent qu'au temps présent

Pour l'amour il faut prendre le temps!

En oubliant tous nos déboires...

On se surprend à encore vouloir!

 

Ils nous ramènent notre jeunesse

Qui n'avait pas changé d'adresse!

Mais ce recul que l'on a pris...

Soudain sonne bien comme un défi!

J.G.

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journal de bord, vendredi 4 mars 2011

 C'était pas la grève pour tout l'monde, aujourd'hui. Les postiers en témoignent.

 

Le volume du courrier est même resté dans la norme habituelle.

 

A un moment donné ...

 

Un collègue, pendant qu'on prépare la tournée, arrive près de moi.

 

"Ecoute, je te préviens, rentre dans les temps, je viens d'avoir un avertiss'ment"

 

"Quand es-tu rentré, hier ?"

 

"Seize heures quinze"

 

L'ombre du futur "chef" se fait-elle déjà sentir ?

 

Mes fantômes me jouent-ils un tour de cochon, comme ils en ont l'habitude ?

 

On ne peut pas donner l'alarme, ni fermer le bureau avant que tous les facteurs ne soient rentrés.

La limite "tolérée" reste ... seize heures.

Les facteurs qui, par la force des choses, dépassent cette limite horaire, bloquent les employés au bureau, qui doivent rester pour scanner les comptes rendus (des facteurs)  et qui, malheureus'ment, ne peuvent pas rentrer chez eux avant.

 

Hier, en tournée ...

 

Sur le coup de quinze heures trente ...

 

Je me trouvais ... rue des Champs Elysées.

 

Je distribuais le courrier et ... je rêvais, sans doute, aux alouettes.

 

Arrivé en bas de la rue, j'ai filé en direction du bureau.

 

Les employées étaient ravies de me voir rentrer plus tôt que d'habitude.

 

J'ai liquidé mes comptes dans les temps.

 

Ensuite ...

 

J'ai flanqué, dans mon sac-à-dos, toute la série de lettres ... que je devais encore distribuer sur ma tournée.

 

Comme un explorateur ...

 

Je me suis (re)mis en chasse.

 

Place Flagey, Chaussée d'Ixelles, Rue des Champs Elysées.

 

Ca m'a fait drôle de distribuer le courrier, sans caddy.

 

 Avec le sac à dos, je me sentais soudain plus léger, plus détendu.

 

En somme, je ne faisais pas (vraiment) d'heures supplémentaires.

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L'appel de la sirène (2)

Pierre entrevoyait tour à tour de visage de Francesca, de Cécile, de Sixtine, et bien d'autres visages encore, au fur et à mesure que Nausicaa les lui présentait. Les mains de Pierre parcouraient avec lenteur le corps étrangement attirant de Nausicaa. La sensation de sa peau de dauphin au bout de ses doigts faisait sourdre de délicieux frissons qui lui remontaient dans les bras, se rassemblaient dans le haut de son dos, puis se jetaient vivement vers son cerveau. Les deux danseurs improbables échangèrent un regard sans équivoque. Le moment était venu. Sans hésiter une seconde, Pierre s'invita dans le ventre de Nausicaa. Ses oreilles furent aussitôt envahies par un essaim de soupirs :toutes les femmes que sa maîtresse polymorphe lui avait présentées vinrent en cœur lui murmurer leur impatient désir. Pierre aurait pu se sentir submergé par tant de voix simultanées, mais elles ne firent que renforcer son envie d'elles toutes. Il s'empara de la bouche de sa partenaire et elle lui répondit avec un mélange épicé de fougue et de soumission. Pierre sentit très vite les frissons s'accumuler dans ses reins somme des nuages d'orage au fond d'une haute vallée. Nausicaa dut le sentir elle aussi, car elle s'agrippa à son amant avec force, tandis qu'il fermait les yeux. Il n'en fallut pas plus pour qu'il jouisse avec violence, laissant Nausicaa opposer la souplesse de son corps à ses sursauts. Mais son amante n'en resta pas là. Tout en souriant de plus belle, Nausicaa maintint en elle son cavalier. Pierre ouvrit les yeux et lui lança un regard étonné. Il entendit la voix de Francesca lui dire « encore », bientôt suivie par celle de Céline. D'autres voix vinrent résonner dans sa tête, des voix jeunes, des voix douces, des voix qu'il ne connaissait pas – ou peut-être bien après tout – des voix de désir et d'impatience, des voix qui promettaient encore une nouvelle salve de soupirs à damner un saint. Pierre n'aurait pu dire si c'étaient ces voix qui le motivaient, ou la chorégraphie de Nausicaa, ou l'ivresse d'être sous l'eau, mais il se sentit aussitôt prêt à entrer dans la danse une fois encore. Nausicaa le comprit au premier coup de reins. Elle embrassa son partenaire avec passion puis se saisit des rennes. L'improbable amante prit la tête de Pierre avec empressement et vint la poser entre ses seins tandis que ses mouvements s'accéléraient. Face à tant de désir, Pierre se sentit redoubler d'énergie, mais Nausicaa la confina entre ses cuisses. Elle l'embrassa encore. Il voulut bouger, mais elle l'en empêcha avec une force insoupçonnée. Dans son regard vint briller un appel impérieux à la satisfaire. Prisonnier de son étrange chorégraphe, Pierre sentit toute l'énergie qu'il ne pouvait libérer s'accumuler à nouveau dans son bas-ventre. Une fois encore il lui sembla que Nausicaa anticipait cela, car elle fit en sorte de maintenir plus fermement encore son amant en elle, où l'instant d'après il se perdit avec une incroyable violence. Les voix dans sa tête se teintèrent d'accents de triomphe.
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L'appel de la sirène (1)

Pierre se sentait merveilleusement bien. La sensation d'épuisement qui l'avait accompagné durant son voyage avait disparu. Son corps était en apesanteur, et il n'avait pas froid. Il se souvenait vaguement d'avoir plongé depuis l'embarcadère. Pierre avait entendu le feulement de chat qu'il avait émis en prenant une profonde inspiration, puis tous les sons s'étaient tus en même temps. Pierre avait pénétré l'élément liquide comme au ralenti. Ni bruit, ni choc. Dans un silence absolu, l'eau s'était écartée sur son passage, puis l'avait enveloppé comme la foule laisse passer un cortège. La surface du petit lac n'avait même pas frémi.Pierre avait d'abord fermé les yeux et retenu sa respiration, mais après quelques secondes à peine, l'étrangeté de son nouvel environnement s'était imposée à lui. Il y voyait parfaitement, et n'éprouvait aucun besoin de respirer. L'eau à laquelle il s'était abandonné était étrange, différente: elle donnait l'impression d'être plus dense, d'avoir une consistance presque gélatineuse, mais en même temps son contact sur la peau faisait penser à une huile légère. Pierre demeurait en suspension : il ne montait pas, ni ne descendait. De la surface venait une lumière douce et blanche, qui tournait au gris foncé, puis au noir, au fur et à mesure que son regard s'orientait vers ses pieds. Il ne voyait plus les bords du lac, ni les pieds de l'embarcadère. Il fit un tour complet sur lui-même, mais ne vit pas la moindre trace d'une berge.— Je suis heureuse que tu sois venu.Pierre reconnut aussitôt la voix de son rêve. Il regarda sur sa gauche. Sa sirène échouée lui faisait face, nue, son corps en apesanteur tout comme le sien.Ses cheveux noirs ondulaient doucement dans l'élément liquide, et mettaient en valeur la pureté virginale de son visage. Il se dégageait d'elle une impression de calme et de sérénité à l'opposé de son souvenir. Pierre était trop loin pour distinguer la forme elliptique des pupilles de l'ange qui se présentait à lui, mais ses iris mauves étaient encore plus lumineux sous l'eau que dans son rêve.— Dans mon monde je n'ai pas de nom. Tu peux m'appeler Nausicaa si tu veux.Elle avait vaguement remué les lèvres, mais ses mots étaient parvenus à Pierre exactement comme dans un rêve : l'image – ou l'idée – avait navigué jusqu'à lui, et c'était son cerveau qui ensuite lui avait donné ce timbre de voix doux et très particulier.Sa silhouette était parfaite. Souple et athlétique, Nausicaa avait un corps fait pour vivre et aimer.Surtout aimer.Pierre s'était délesté de tout souvenir en pénétrant dans l'eau. Il savait que Nausicaa y était probablement pour quelque chose, mais il n'en avait cure. Elle était venue à lui et lui à elle, c'était tout ce qui comptait.En s'approchant, Nausicaa fit un discret geste de la main. Comme si l'eau changeait de consistance autour de lui, Pierre sentit comme une caresse en plusieurs endroits de son corps. Ses vêtements le quittèrent presque instantanément, livrant sa nudité à d'autres caresses auxquelles le regard de Nausicaa vint donner une nouvelle dimension.Pierre laissa l'étrange femme venir à lui. Elle arborait un délicieux et rassurant sourire. Si Pierre avait eu encore conscience de son rêve, il aurait presque cru ne pas avoir affaire à la même femme. Tout était douceur et chaleur dans la merveilleuse image qui lui était présentée, et qui s'approchait maintenant si près que Pierre redoutait presque son contact.Les ondes de plaisir que lui procurait l'eau sous les ordres de Nausicaa eurent bientôt raison de ses craintes. Au fond des étranges pupilles de la femme, Pierre vit palpiter comme une ombre qu'il ne connaissait que trop, même si tout-à-coup il se sentit incapable de se souvenir de celles qui lui avaient déjà offert un tel regard en frissonnant de plaisir.Nausicaa l'appelait.Elle disait viens, elle disait je te veux, elle disait je t'en prie, maintenant.Pierre se sentit prêt comme jamais il ne l'avait été.
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L'appel de la sirène (3)

Pierre était pris en étau entre les cuisses de son amante. Ses reins agissaient en solo et s'épuisaient à satisfaire sa belle avec une énergie aveugle. Nausicaa l'encourageait, lui donnait sa bouche, se saisissait des mains de Pierre et les plaquait sur ses fesses. Son corps tout entier n'était qu'un immense encouragement à ruer encore et encore contre elle, en elle, à la prendre pour qu'elle redonne, à s'abandonner pour mieux revenir. Le frénétique échange d'énergie semblait ne pas avoir de fin. Chacun de leurs mouvements en appelait un autre, chaque regard vers Nausicaa renvoyait à Pierre une décharge de désir pur. Et encore et toujours son visage angélique et fragile, son regard comme un appel, son sourire comme un encore, ses soupirs comme une supplique. L'étrange sirène se muait lentement en vampire, mais ce n'était pas son sang qu'elle convoitait. Pierre sentit qu'à l'exception de ses reins, le reste de son corps s'engourdissait comme il l'avait fait maintes fois ces derniers jours. Pour la première fois il prit vraiment conscience que Nausicaa en était la cause. C'était elle qui à chaque reprise l'avait paralysé – ou lui avait fait perdre conscience, comme la première fois. Ses pensées retrouvèrent un instant leur cours normal. Que faire ? Nausicaa revint aux commandes instantanément, et Pierre oublia jusqu'à l'idée d'y penser. Après tout, quelle importance cela avait-il ? Les lourdeurs passagères de ses membres ne lui empêchaient pas de lutter encore et encore pour le plus grand plaisir de son amante. Pierre décida de plonger une fois encore dans les eaux noires et violacées des yeux de Nausicaa. Il monta à l'assaut de sa cavalière, qui, feignant une délicieuse surprise, écarta les bras en croix, lui offrit sa gorge et sa poitrine en signe de soumission. Elle sentit monter en Pierre une nouvelle vague de plaisir, et feignit un abandon tel qu'une fois encore il ne put se retenir plus longtemps. Ses reins se vidèrent instantanément de toute leur énergie. S'il lui avait été nécessaire de respirer dans cet étrange environnement, il aurait dit à sa belle qu'il lui fallait reprendre son souffle. Toujours prisonnier, il voulut se dégager doucement. Elle le gratifia d'un sourire comblé, tandis qu'au fond de son regard vint se peindre la réponse sans équivoque à la tentative de Pierre. Non.
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Julia Perrin (c) Printemps des Poètes 11 Mars 2011 [19H00]
 Architecture et littérature : Infinis Paysages


Pour la deuxième année consécutive, la Cité de l’architecture & du patrimoine, en partenariat avec l’AFEX (Architectes français à l’export) et avec le concours de l’association «Textes & Voix », organise des rencontres entre architectes et écrivains dans le cadre du «Printemps des poètes».


Ces rencontres seront placées cette année sous le signe du thème de l’édition 2011 du «Printemps des Poètes» : «Infinis paysages». Elles entreront ainsi en résonance avec le cycle «Ville et nature» organisé par la Cité à compter du 23 mars 2011, avec notamment les expositions La Ville fertile et Roberto Burle Marx, la permanence de l’instable.

Les architectes et paysagistes invités à discuter avec un auteur de leur choix (sélection en cours) seront :

vendredi 11 mars : Marc Mimram, architecte et ingénieur, s’entretiendra avec Maylis de Kerangal, auteur de «Naissance d’un pont» (éditions Verticales – Prix Médicis 2010) - rencontre animée par François Chaslin, France Culture / Métropolitains ;

vendredi 18 mars : Pascal Cribier, architecte-paysagiste, s’entretiendra avec Valentin Retz, auteur de « Grand Art » et « Double » (éditions Gallimard / L’infini) - rencontre animée par Philippe Trétiack, Beaux Arts Magazine.

Chacun des échanges sera introduit et conclu par des lectures de textes d’auteurs choisis par les intervenants. Ces textes seront lus par le comédien Thibault de Montalembert.

Cité de l’architecture & du patrimoine - Paris

Auditorium
7 avenue Alber t de Mun - Paris 16e
Métro  Iéna ou Trocadéro

Entrée libre dans la limite des places disponibles

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Le labyrinthe du monde de Marguerite Yourcenar

12272717282?profile=original« Le labyrinthe du monde » est un récit autobiographique de Marguerite Yourcenar, pseudonyme de Marguerite de Crayencour (1903-1987), en trois volumes publiés à Paris chez Gallimard (Souvenirs pieux, 1974; Archives du Nord, 1977; Quoi? l'Éternité, 1988).

 

Après la publication de l'Oeuvre au noir, Marguerite Yourcenar entreprend, en 1969, le premier volume du Labyrinthe du monde, vaste fresque familiale à laquelle elle se consacrera jusqu'à sa mort.

 

Souvenirs pieux évoque les ancêtres maternels de l'auteur. L'ouvrage, qui doit son titre aux images religieuses traditionnellement envoyées à l'occasion d'un décès, est composé de quatre sections. Dans la première, "l'Accouchement", Marguerite Yourcenar conte sa naissance et la mort, survenue quelques jours plus tard, de sa mère, Fernande. La deuxième partie, "la Tournée des châteaux", retrace l'histoire de cette famille de l'aristocratie belge dont Fernande de Cartier est issue et dont l'auteur trouve les premières traces au XIXe siècle. Dans la partie intitulée "Deux Voyageurs en route vers la région immuable", Marguerite Yourcenar s'attarde sur le personnage d'un oncle de sa mère nommé Octave Pirmez, écrivain fade et bien-pensant mais d'une personnalité attachante, profondément marqué par le suicide de son jeune frère Fernand, dit Roméo. La dernière section, "Fernande", narre l'enfance et la jeunesse de Fernande puis sa rencontre et son mariage avec M. de C., un veuf d'une cinquantaine d'années qui sera bientôt le père de Marguerite Yourcenar.

 

 

Archives du Nord est le pendant paternel de Souvenirs pieux. La chronologie y obéit toutefois à un cheminement inverse: au lieu d'opérer, à partir de sa naissance, une remontée dans le temps, l'auteur part ici des temps les plus anciens pour arriver peu à peu à dessiner la figure de son père. Ainsi, la première partie dépeint tout d'abord la formation et l'évolution géologiques de ces terres du nord de la France dont son père est originaire ("la Nuit des temps") puis retrace, à partir du XVIe siècle, la généalogie de la famille paternelle des Cleenewerck de Crayencour ("le Réseau"). Dans la deuxième partie, Marguerite Yourcenar évoque longuement la figure de son grand-père. Elle reconstitue l'histoire de son adolescence ("le Jeune Michel-Charles") puis de son triste mariage avec la dure et sèche Noémie, issue de la riche bourgeoisie lilloise. Michel, le père de l'écrivain, est l'un des enfants nés de cette union ("Rue Marais"). Enfin, dans une troisième partie intitulée "Ananké", l'auteur conte l'histoire de son père: sa fuite du milieu familial pour embrasser une carrière militaire, sa désertion et son exil pour l'amour d'une jeune et belle Anglaise, son premier mariage avec Berthe puis, après la mort de la jeune femme, l'union avec Fernande et la naissance de Marguerite.

 

 

Le troisième volume, Quoi? l'Éternité, est demeuré inachevé, la mort de l'auteur en ayant interrompu la rédaction. L'ouvrage s'inscrit dans la continuité chronologique d'Archives du Nord. Marguerite Yourcenar évoque les premiers temps du veuvage de Michel dans la propriété familiale du Mont-Noir, à Bailleul ("le Traintrain des jours"), et la figure de la soeur de ce dernier, Marie, qui mourut jeune dans un tragique accident ("Necromantia"). Les quatre chapitres suivants ("Un grain d'encens", "le Trépied d'or", "la Déchirure" et "Fidélité") sont consacrés à Jeanne, une amie d'enfance de Fernande qui fut, durant quelques années, la maîtresse de Michel et qui incarna, pour la petite Marguerite, une sorte de mère idéale. Le personnage d'Egon, le mari de Jeanne, servira plus tard de modèle à l'écrivain lorsqu'elle composera Alexis ou le Traité du vain combat. Après avoir retracé ses premiers souvenirs d'enfance ("les Miettes de l'enfance") et les dernières amours de son père ("les Miettes de l'amour"), Marguerite Yourcenar dépeint les années sombres de la Première Guerre mondiale ("La terre qui tremble, 1914-1915", "La terre qui tremble, 1916-1918" et "les Sentiers enchevêtrés"). L'écrivain projetait de rédiger encore une cinquantaine de pages dans lesquelles elle aurait notamment relaté les fins respectives de Jeanne et de Michel.

 

Composé à l'aide d'archives et de témoignages, ce triptyque familial procède d'un type d'inspiration assez voisin de celui de Mémoires d'Hadrien ou de l'Oeuvre au noir. Dans tous les cas, en effet, la création romanesque de Marguerite Yourcenar se trouve étroitement liée à un travail d'historien et à un regard de moraliste porté sur la destinée et le temps humains.

Dans le Labyrinthe du monde, toutefois, la part de la fiction est fort minime. Certes, l'oeuvre est pour beaucoup le fruit de l'imagination de l'auteur qui parvient à redonner vie à des personnes disparues en se fondant sur une documentation souvent étique, aride ou fragmentaire. Mais cette imagination est avant tout au service d'une restitution et s'interdit la fabulation, l'écrivain préférant souvent le silence à l'invention pure et simple. Le vivant est ainsi laissé à sa complexité jamais démêlée, comme à ses mystères demeurés opaques. L'ouvrage, bien que fourmillant de personnages et embrassant de multiples époques, séduit par son aspect dépouillé. Au seuil de la mort, et une fois accomplies les grandes tâches romanesques de la maturité, projetées d'ailleurs pour la plupart dès la première jeunesse, Marguerite Yourcenar se consacre à une matière brute et humble. Après l'empereur (Mémoires d'Hadrien) et le philosophe alchimiste (l'Oeuvre au noir), elle choisit des personnages ordinaires que son travail extrait patiemment de l'anonymat et du dédale de la généalogie, non pour en détacher des aspects exceptionnels mais au contraire pour montrer l'inexorable flux de la vie, cette sorte de machine aveugle qui broie dans la multitude et engloutit dans l'oubli les existences individuelles. Les figures maternelle et paternelle sont certes privilégiées dans la mesure où elles sont le point de départ des recherches, mais le Labyrinthe du monde, livre sans héros, est aussi un livre dépourvu de personnages vraiment principaux. Les séductions et les mirages de la totalisation sont bannis, l'écrivain préférant laisser son ouvrage livré à l'éclatement, à l'inachèvement et à l'ordinaire qui sont le lot de la vie même.

 

Pour Marguerite Yourcenar, écrire l'histoire familiale, c'est moins chercher à vaincre le temps que prendre la mesure du caractère éminemment contingent de toute existence: "L'angle à la pointe duquel nous nous trouvons bée derrière nous à l'infini. Vue de la sorte, la généalogie, cette science si souvent mise au service de la vanité humaine, conduit d'abord à l'humilité, par le sentiment du peu que nous sommes dans ces multitudes, ensuite au vertige" (Archives du Nord). A cet égard, la dernière oeuvre de la vieillesse est aussi apprentissage de la mort.

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Sulfureux...

Indéchiffrable femme à ta lèvre orgueilleuse,
Rouge sang, j’ai cueilli, brûlant et sulfureux,
Le vénéré fruit mur d’un baiser langoureux
Et goûté du péché la saveur frauduleuse…

Adorable démon à l’ardeur scandaleuse,
Enivré par le jeu d’un amour dangereux,
A ta bouche, je bois du venin savoureux
Le nectar épicé de ta langue enjôleuse…

Emérite danseur d’un tango défendu,
Enflammé je titube animal éperdu
Et connaît du désir la coupable morsure…

Extatique victime encollée à ton corps,
Du plaisir immanent s’estompe le remords,
De ton sein je bénis la sublime luxure…
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Le Choeur Universitaire de Liège
a le plaisir de vous inviter à assister à son concert de printemps

"Le Requiem de VERDI"
Le samedi 2 avril 2011 à 20 heures
Eglise Saint-Jacques de Liège

*
Avec Margareth SITNIAK (soprano), Laura BALIDEMAJ (mezzo),
Alain GABRIEL (ténor) et Roger JOAKIM (basse)

*
Le Choeur, l’Ensemble Instrumental Tempus Musical
& les solistes sont placés sous la direction de Patrick WILWERTH

*
Le musicologue Jean-Marc ONKELINX présentera
une conférence d’introduction au concert
le vendredi 25 mars à 20 heures
à la Salle académique de l’ULg (place du 20 Août)
*
Réservations (places à 20 ou 15 euros)

 

FNAC Liège
Belle-Île – stand d’information
choeur@ulg.ac.be
0498/42 34 17

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