Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16060)

Trier par
administrateur théâtres

BOX-OFFICE de David Mamet (théâtre le Public)

   12272709459?profile=original

                                  

             BOX-OFFICE  de David Mamet    DU 08/02/11  au 26/03/11

        

    

   Charly,  fidèle chien de chasse depuis dix ans, compagnon d’infortunes  de son  ami « Bo-oooob ! », un  producteur assez obscur à Hollywood,  lui rapporte un jour, le scénario d’un film prêt à consommer, cousu de violence et de salivation plébéienne, pour une superproduction qui leur donnera accès  enfin à l’argent avec un grand A, si pas au grand Art. Ils rêvent tous deux de s’installer enfin à « la table des Grands», tant convoitée.

 

12272723255?profile=original

 

Intervient alors au deuxième acte, cette figure féminine de rêve, une intérimaire. Envoyée du ciel ? Ange ? Personnification de la grâce, à qui Bob  demande, non sans intentions diaboliques et lubriques, de lui faire une « note de lecture » sur un ouvrage dont il est décidé d’avance qu’il n’a aucun avenir cinématographique. Pour le soir même, rendez-vous chez lui !  Il  lui explique qu’on lui a commandé une « lecture de courtoisie » et qu’il lui fait «  l’honneur » de lui déléguer la tâche. … Au bois sacré de l’argent, les dés sont toujours pipés! A Hollywood, le monde est fait de vent, qui souffle sur tout ce qui n’est pas empire des sens ou  de l’art-gent.

 

 Le titre du livre est étrange et prémonitoire. « Radiations » parle de fin du monde, de dernière chance offerte aux hommes pour être assis «  à la table céleste », de rôle à jouer pendant notre séjour sur terre, de contemplation du beau, du bon, du vrai, une fois notre monde d’illusions disparu. Selon la belle Karen, ce livre fabuleux doit avoir le feu vert, et devenir une œuvre cinématographique chargée de sens, contrairement au polar  abject proposé par Charly. Elle est idéaliste, croit au progrès, au changement, à la force de l’amour.  Illuminée par la beauté tant extérieure qu’intérieure, Karen représente toutes les illusions perdues de Bobby. La tentation est grande d’emprunter la voie étroite proposée par cette mystérieuse égérie qui, au début, n’avait que les apparences d’une intérimaire naïve et écervelée. Une joute pathétique, presque un pugilat, s’engage entre anges et démons. …. On ne dira pas la fin.

 

C’est le genre de pièce qui, en dépit de la simplicité de son canevas, fait rouler les pensées et la réflexion bien au-delàs du temps du  spectacle. Bien sûr, l’entrée en scène de la ravissante comédienne belge de 23 ans, Nina Drecq est captivante. On est  soufflé par sa grâce, sa voix d’argent, les courbes de  ses gestes et de son verbe gracieux…et les deux personnages masculins sont mis à  rude épreuve. Deux acteurs hors pair : Francis Lombrail  dont la métamorphose est stupéfiante et  Philippe Sivy, emblème du monde sans pitié.

 

 

Au début, la pièce semblait avoir du mal à décoller: un acte entier de dialogues de rupture,  chers à l’auteur américain, très  déstabilisants pour le spectateur. Ce discours, si difficile à traduire en français, avait un tour chaotique et plus que  masculin, fort énervant. Le décor jaune vif aux arêtes coupantes agaçait par son  agressivité, mais   dès l’entrée en scène de la fascinante porteuse de bonne nouvelle, l’espoir renaît. L’idéalisme retrouve sa place et le théâtre son plaisir.  On est scotché à son siège et l’on tend l’oreille au charme rédempteur du chant d’optimisme: simples paroles et manipulation,  ou vérité ? Prison ou libération ?  A la fin, l’homme est toujours l’homme…

 

Mise en scène: Anne Bourgeois / Avec Nina Drecq, Francis Lombrail et Philippe Sivy

 

12272723070?profile=originalUne création et production du Théâtre Le Public et du Théâtre du Lucernaire ( Paris ).

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=263&type=1

 

Lire la suite...

journal de bord, jeudi 10 mars 2011

Les publicités et le courrier s'entremêlent.

 

Par temps de beau froid, aujourd'hui ...

 

Faut tenir la barre. C'est pas qu'on dorme debout, non. Le vent est là pour vous ram'ner à la réalité. Mais ... les forces immunitaires s'en ressentent. Mesdames, mesdemoiselles, les hommes ont leurs règles, aussi.

 

Tiens ! Il existe des espèces de mat'las, qu'on place dans les baignoires. On les appelle : lifts. Suffit de poser ses fesses sur le matl'as, d'appuyer sur un interrupteur et de se laisser descendre. L'eau fait le reste. Les personnes âgées ne sont plus tenues d'enjamber le rebord de leur baignoire, avec leurs jambes, au risque de se casser la pipe. 

 

J'en apprends, encore et encore, sur les lieux de ma tournée.

Lire la suite...
Une bonne parution:
 
Catalogue d'exposition Le trait en majesté, musée Fabre 

"Le trait en majesté, dessins français du XVIIe siècle dans les collections du musée Fabre" expose pour la première fois l’exceptionnel fonds de dessins français du XVIIème siècle du musée.

transparent.gif
transparent.gif

Au coeur du cabinet des Arts graphiques du musée Fabre à Montpellier, les artistes français du XVIIe siècle forment un florilège d'exception.

De Poussin à Le Brun, en passant par Puget, Le Sueur ou Champaigne, les feuilles de la collection permettent d'explorer le rôle primordial du dessin au Grand Siècle. Dans la querelle qui oppose au XVIIe siècle le trait à la couleur, il est par excellence l'expression du classicisme français.

Fruit de recherches menées avec les meilleurs spécialistes du domaine, cette publication, premier catalogue raisonné de la collection, en présente l'intégralité -cent quatre-vingt-trois oeuvres dont de nombreux inédits- en apportant un éclairage nouveau sur ce précieux fonds français.

L’exposition illustre avec des feuilles magistrales le rôle fondamental du dessin dans l’enseignement académique ; elle est aussi l’occasion de publier le premier catalogue scientifique consacré à un des fonds majeurs des arts graphiques du musée.

Ce catalogue entame l’édition en plusieurs opus du fonds graphique du musée. Outre le point exhaustif de cet ensemble que permet ce catalogue, il aboutit à un classement plus fin : soixante et un dessins (sur les deux cent vingt étudiés initialement) ont été proposés au reclassement vers d’autres écoles ou d’autres époques, et ne seront donc pas inclus dans la publication. Par ailleurs, dix-neuf dessins, auparavant classés dans d’autres écoles ou sous d’autres époques, ont rejoint le fonds du XVIIe français. Cette publication est l’outil indispensable pour les chercheurs, les étudiants et les amateurs afin d’avoir une vue plus précise et actualisée des collections du XVIIe siècle français au musée Fabre de Montpellier Agglomération.

Editeur : Somogy

Lire la suite...

à vin nouveau outres neuves

Après avoir essayé d’envisager la modernité de manière critique pour en dégager des concepts et des outils qui nous aideront à la penser, j’aimerais, dans les prochains mois et avec l’aide de vos questions, poursuivre ce travail par une lecture également critique de l’histoire et du travail de ceux qui furent – souvent malgré eux - les grands acteurs de cette modernité après Courbet, Manet et Baudelaire … jusqu’à aujourd’hui ! Cela ne concerne donc pas seulement les peintres mais également les «littéraires», poètes et/ou penseurs, qui furent souvent méconnus de leur «grand public» contemporain. J’ignore si ce projet est possible, mais cela ne vaut-il pas la peine de l’envisager ne fut-ce que pour «tester» la pertinence de mes hypothèses. J’ai donc d’abord résumé dans «À vin nouveau outres neuves !» (le document pdf ci-dessous) l’essentiel de ce que j’ai pu «creuser» depuis janvier grâce à vos questions et réactions, en espérant que vous y percevrez assez de cohérence pour que cela ait du sens et puisse éclairer la «valeur» de nos travaux d’artiste. Je vous invite donc à le lire et le relire avant de me communiquer vos impressions, vos remarques ou vos questions. Merci.

 

Daniel Moline

 12272721876?profile=original

Portrait 2229 L  (2010)

vin%20nouveau%20outres%20neuves.pdf

Lire la suite...

La carte postale

On lui avait envoyé

Une jolie carte postale

Pour lui dire où la trouver,

Situation peu banale.

 

Il a été tout heureux

De recevoir ce courrier.

Cette fille aux doux yeux bleus

N’allait pas le contrarier.

 

Il est allé la trouver

Celle qui deviendrait sa femme.

Cette fille lui était destinée

Même s’il aimait d’autres flammes.

 

Elle était mère idéale

Pour éduquer des enfants.

Elle n’était pas femme fatale,

Il s’en arrangerait autrement.

 

Mais avec elle, il se devait

De calmer ses folles ardeurs.

La comédie il jouerait

Pour ne pas trop lui faire peur.

 

Par un matin de printemps,

Elle a osé l’affronter

Cet homme qui était l’amant

D’autres proies tant aveuglées

 

Par son discours de charmeur,

Ses mensonges et ses avances

Sortant de sa bouche en cœur,

Un vrai fourbe avec insistance.

 

C’est alors qu’il a rétorqué,

L’air de rien, pour faire mal,

« T’avais pas besoin de m’envoyer

Cette satanée carte postale ! »

 

Ne sachant de quoi il parlait,

Elle a nié ce courrier.

Sarcastique, il la narguait.

Elle n’avait rien envoyé.

 

C’était l’œuvre de sa chère sœur,

Seul moyen qu’elle avait trouvé

Pour s’approcher du joli cœur.

Secrètement, elle l’avait aimé.

 

Son plan avait été parfait.

Une fois devenu son beau-frère,

Sans mal, elle s’en approcha.

Elle savait qu’il la laisserait faire.

 

Mais elle avait perdu de vue

Qu’un infidèle ne change pas.

Elle s’en est pris plein la vue,

Rien que pour elle, ne l’aura pas.

 

Ce mariage complètement raté

S’est révélé si destructeur

Que l’épouse s’en est allée

Cherchant ailleurs le vrai bonheur.

 

10/03/2011

Lire la suite...

journal de bord, mercredi 9 mars 2011

J'aime les images photographiques, cinématographiques, fixes ou mobiles. J'ai tant vu mon père, quand j'étais gamin, quand j'étais ado, maniant sa caméra "8 normal" (et le "Super 8", ensuite).

 

J'en garde un appétit visuel assez considérable.

 

L'appareil photo, qui me suit, par monts et par vaux, en est témoin.

 

Et j'aime emporter, chez moi, sur mon PC ou dans mes albums traditionnels, des ambiances de quais de gare, des champs de blé qui s'étendent à perte de vue, des fleurs de toutes les couleurs, des ponts, des canaux, des gens que je croise ...

 

On n'arrête pas la liste.

 

Quand le hasard (qui n'existe pas) me (re)met face aux gens, que j'ai capturé, figé, immobilisé, le temps d'une photo, et dont le retour en images me séduit, je me fais une joie de leur dire ... que j'ai une trace d'eux chez moi et que je suis prêt à leur en faire cadeau, s'ils le souhaitent.

 

Pas mal d'entre eux sont contents.

 

Merci, merci, la vie !

 

Par contre ...

 

Un certain nombre de gens, parmi ceux que je (re)croise, marquent ou manifestent leur désapprobation. Faut le savoir dès le départ : tout le monde n'aime pas être pris en photo.

 

Y a quelques mois, je me trouvais sur un quai de la gare des Guillemins, à Liège.

Emporté par un élan photographique tourbillonnaire, lié à l'atmosphère locale, je saisis mon appareil, j'appuie sur la touche "clip", je capture en images : un train qui s'arrête, les escalators, le toit hypermoderne, des gens qui descendent, des gens qui montent, des gens qui marchent, des gens qui s'arrêtent, un voyageur (que j'aperçois de dos) qui

s'éloigne ...

 

Une voix m'interpelle soudain. "Vous ne m'avez pas pris en photo, au moins ?". Je repère une jeune ado qui, en r'pérant mon viseur, a baissé brutal'ment la tête.

 

Ca arrive, oui.

 

Tout comme ...

 

La tenancière d'un cabaret où je chantais régulièr'ment, qui ne voyait pas d'un bon oeil l'idée d'être prise en photo et d'être exposée sur INternet.

Alors que ...

La démarche, qui était la mienne, de la montrer sur Internet me paraissait cohérente.

 

"Mais enfin", lui dis-je, "c'est un lieu public, ici"

"Non", m'a-t-elle répondu, "ici c'est chez moi"

 

Evidemment, on se frotte à tous les points de vue.

 

Une dernière anecdote qui me revient ...

 

Y a une semaine ou deux.

 

J'effectuais ma tournée de facteur. Je retombe sur une pote, qui, en son temps, habitait dans une rue où je travaillais (et où je travaille encore).

 Quelques mois auparavant, avec elle, j'avais partagé, un soir, un très chouette moment avec elle autour d'une table, à une terrasse bien sympa.

J'avais pris des photos, ce soir-là.

J'avais appuyé, à un moment donné, sur l'objectif, sur la copine.

Quand j'avais revu les photos, par la suite, j'en avais été enchanté. Oui oui. La copine ressortait particulièr'ment bien, à mon sens, sur les photos.

Donc : c'est avec le plus grand des enthousiasmes que je lui en ai parlé.

 

Et ... le retour ne s'est pas fait attendre de sa part.

 

"Je ne suis pas d'accord avec toi ... je trouve que c'est un manque de respect ... mon image, ça fait partie de ma personne privée ... c'est important de demander l'autorisation à la personne ... on ne sait pas où les photos s'ren vont ..."

 

Bon bon bon.

 

Même si ça m'en coûte, sur le moment ...

 

Je garde, évidemment, quand je réexamine ces propos avec quelques jours de décalage, un profond respect, une profonde reconnaissance envers ces personnes qui me disent clair'ment ce qu'elles ont à me dire, sans détour, sans chichis, sans non-dits, et surtout ... sans me tirer dans l'dos.

 

Ceci dit, quand je me (re)positionne ...

 

Ces propos me dépassent quand même un peu, encore toujours.

 

Je n'ai pas de difficultés avec mon image (que du contraire, hélas ou heureus'ment). Forcément, j'ai du mal à imaginer les souffrances, les difficultés que d'autres éprouvent à ce sujet.

 

Je me demande souvent si on rend réell'ment service aux gens qui ont du mal avec leur image ... en s'abstenant de les photographier, de les filmer.

Que des gens aient du mal avec leur physionomie, OK.

Mais à partir du moment où moi, le spectateur, qui les aperçoit, qui les trouve beaux, attrayants, photographiqu'ment intéressants, qui sait qu'on voit parfois mieux les choses ... de l'extérieur, dois-je me renier pour eux ? Dois-je cautionner leurs complexes, leur manque de confiance en eux, leur égocentrisme (légitime, à leur échelle) ... et en payer les pots cassés ?

 

D'accord, je pourrais leur demander leur avis.

 

Mais là aussi, je marque des nuances.

 

Quand je connais les gens, dans leurs sensibilités, leurs limites, je peux toujours en tenir compte et m'arranger en connaissance de cause.

 

Mais quand je me trouve dans une ambiance de fête, de bal, de kermesse, de foire aux artisans, où y a du monde à n'en plus finir, et que plus d'un visage attire, excite mon objectif, je me vois mal, toutes les cinq minutes, aller interpeler la personne (qui me donne envie de la photographier) en lui d'mandant : "Madame, je peux bien vous prendre en photo ?". C'est pas que je rechigne à la tâche, mais, dans certains contextes, la tâche me paraît difficile, fatigante, épuisante et peu réaliste. Même si, dans l'absolu, cette solution serait adéquate, adaptée, je me doute que ... si je l'appliquais au pied de la lettre, je pass'rais les trois quarts de mon temps à demander des permissions, à balancer mes élans créatifs dans ma poche et je ne ferais plus de photos.

 

Maint'nant, la résistance que j'affiche est peut-être d'un autre ordre.

 

"j'aime pas qu'on me prenne en photo ... ça fait partie de ma vie privée ... faut demander l'autorisation à la personne"

 

Je prends note de ces trois demandes ... que je comprends, et qui me font mal, quelque part.

 

"Ca fait partie de ma vie privée", par exemple.

 

Mmm. J'ai du mal à entendre parler de "vie privée", non pas pour le sens profond que ça recèle, mais, sans doute, pour les résonnances que ça éveille en moi. Suffit, peut-être, que je creuse dans ma p'tite enfance. J'ai si souvent vu, dans le village où on avait notre maison de campagne, des touristes venus de la grande ville fermer leur porte, leurs grillages à double tour, avec un chien "méchant" pour garde du corps, et l'inscription "propriété privée", pour couronner le tout. J'aimais pas ça, quand j'avais huit, neuf ans. Malgré le temps qui passe (je deviens quinquagénaire dans treize mois), y a toujours un gosse, en moi, qui s'accroche et digère mal certaines images. Quand, aujourd'hui, des gens de mon âge, quand d'autres gens qui portaient encore des courtes culottes quand j'atteignais déjà l'âge civil de la majorité ... insistent, le plus sérieus'ment du monde, avec la mention 'vie privée", j'ai toujours envie de leur dire : "allez vous moucher !", "arrêtez de vous la petter !" ou "le cirque, c'est dans les académies que ça s'apprend et que ça se dév'loppe"

 

"Faut demander l'autorisation de la personne"

 

Celle-là aussi, je la retiens. D'accord, en tant qu'adulte, je la comprends, je la respecte. Mais dans les tripes, un scénario différent se noue aussi, chez moi. J'ai le sentiment bête de rev'nir au temps de l'école, quand on devait lever son doigt pour obtenir une faveur. Non, c'est p'têt pas ça. C'est vrai, c'est important de coinsulter la personne. Mon coeur le comprend. C'est une autre douleur qui me revient : l'idée d'être dépendant, de mettre mon coeur à nu, de m'exposer, de me sentir fragile devant la décision de quelqu'un, qui a le droit de me dire oui ou non, qui (quelque part) a droit de vie et de mort sur moi ...

Lire la suite...

Les contes

Mes rêves de petite fille,

Je les ai conservés,

N’ayant aucune envie

D’les voir se dissiper

 

Comme la fumée épaisse

Qui sort d’une cheminée

Où un feu brûle sans cesse,

Ne laissant que des cendrées.

 

Mon enfance a baigné

Dans cette magique ambiance

Issue des contes de fées

Qui finissent bien par chance.

 

Que ce soit Blanche Neige,

La belle au bois dormant,

Cendrillon, prises au piège,

Toutes ont ce prince charmant

 

Qui vient les libérer

De leur mauvaise emprise,

Qui sait comment aimer

Celle qu’il s’est promise.

 

Leurs bonnes qualités

Ont été jalousées

Et leur grande beauté

Par d’autres convoitée.

 

On a voulu leur nuire

Pour mieux les écarter

Et même les détruire

Pour s’en débarrasser.

 

Trop gentilles et trop bonnes,

Ces gentes demoiselles

Sont celles à qui on donne

Des coups qui les rendent belles

 

Là où personne ne sait

Détruire ce qui est

Un cœur pur quand on naît

Reste bien ce qu’il est.

 

Mais si le prince est de glace

Que leur faut-il donc faire

Pour sortir de l’impasse

Et ne plus se laisser faire ?

 

Affronter les obstacles,

En restant justes et vraies,

Croire en leur bon oracle

Pour retrouver la paix.

 

9/03/2011

Lire la suite...

D'une goutte de rosée...

Tous ces mots assemblés

Forment un long message,

Missive à envoyer,

Signe de bon présage.

 

D’une goutte de rosée

Perlant sur l’alchémille,

Cette eau pure convoitée

Pour oser la magie.

 

Ne pas envisager

De changer le plomb en or.

Simplement parfumer

Ces mots valant de l’or.

 

Pour moi qui les attends,

Avide de les lire,

Ils sont illuminant

Et chargés de sourires.

 

Petite goutte céleste,

Tu nais chaque matin.

Trop peu de temps tu restes

Sereine au creux de nos mains.

 

Tu te languis des mots

Qui naissent de nos cœurs.

Ils sortent de nos stylos

Et font notre bonheur.

 

Tu aides à diluer

L’encre qui coule de nos yeux,

Belle prose à partager,

Mots simples savoureux.

 

9/03/2011

Lire la suite...

Toi

Toi, tu es adorable !

Regarde dans le miroir.

Ce n’est pas une fable

Issue d’un vieux grimoire.

 

Au milieu de tes yeux

Brillent deux perles foncées.

Ton regard chaleureux

Est bon à savourer.

 

De tes lèvres tendres,

Tu déposes des baisers

Et sans plus attendre,

Tu allumes un brasier.

 

Ton épaule est solide,

On peut s’y appuyer,

Ne plus sentir le vide

Qui aime empoisonner.

 

Tes bras affectueux

Accueillent tendrement,

Se blottir en leur creux

Y passer de longs moments.

 

De tes doigts délicats,

Tu pianotes la peau.

Cette musique-là,

C’est ce qu’il y a de plus beau.

 

Tes douces mains habiles

Caressent les cheveux

Tu es un être subtil,

Trésor des gens heureux.

 

9/03/2011

Lire la suite...

Ce qu'est devenu l'érotisme

 

En hommage à Fabien Escalona

qui ose s’opposer.

 

Durant des siècles d’humanisme,

De talentueux créateurs,

Furent d’ardents adorateurs

De la beauté dans l’érotisme.

 

Les femmes étaient adulées,

Pour leur grâce et pour leur esprit.

Leurs soupirants avaient appris

L’art d’aimer et de cajoler.

 

Le mystère ajoutait au charme

De celles qui voulaient séduire.

Et savaient certes se conduire.

Leur rigueur provoquait des larmes.

 

Passion fougueuse souvent,

Partagée avec élégance,

Dans le monde et surtout en France,

L’érotisme était émouvant.

 

Il est dans l’art, impérissable.

Or, au siècle où tout évolue,

Sans que les jeunes l’aient voulu,

Il apparaît méconnaissable.

 

Les chairs sont exposées à nu,

Dans des poses nauséabondes.

Cependant les spectacles abondent,

Portant les amateurs aux nues.

 

8 mars 2011

Lire la suite...

journal de bord, mardi 8 mars 2011

 Les clés de produit, sur les ordis, ne s'attaquent pas, comme leur nom le sous-entendrait, aux serrures traditionnelles.

 

Il m'en aura fallu, du temps, pour le piger.

 

J'ai buté, sur mon PC, durant ... un mois, l'an dernier, lorsque je voulais accéder au trait'ment de textes.

 

"Tapez la clé de produit !"

 

Le slogan rev'nait indéfiniment et bloquait systématiqu'ment la suite des opérations. Oui, brusquement, l'ordi refusait d'avancer ... comme je le souhaitais.

 

Durant trois mois (les trois premiers suivant l'achat du bidule), le trait'ment de textes fonctionnait sans problèmes.

 

Jusqu'au jour où ... cale sèche, arrêt droit dans l'mur.

 

J'ai tenté tous les détours possibles en mon pouvoir. En vain. L'informatique est un champ vaste, si vaste (lapalissade !)

 

Je me suis renseigné chez le fournisseur qui m'avait vendu le PC.

 

En réalité, le trait'ment de textes (via le système "Word") était un programme vendu à part.

Y a quelques années, les ordis cont'naient, dès le départ, le système "Word", dans leur disque dur, mais des multinationales, entre temps, devant la concurrence des privés, auraient mis leur halte-là.

 

Mmm.

 

"Pourquoi ne m'avez-vous pas averti lorsque j'ai ach'té le PC chez vous ?", ai-je demandé.

 

"Monsieur, quand vous achetez une voiture, vous savez que vous avez besoin de carburant pour rouler. Vous me suivez. Le carburant, vous l'ach'tez à part. D'accord. On ne vous dit pas, à l'achat : Monsieur, on vous vend la voiture ... mais sans carburant"

 

Passons sur ce détail logique, pragmatique, terre-à-terre, frustrant et ... arnaqueur, quand même.

 

Hier, j'ai ach'té le programme en question.

 

Aujourd'hui ...

 

Je sais que la "clé de produit'" correspond à vingt-cinq caractères, qu'il faut repérer sur l'emballage. Mouis.

 

Je me lance dans une autre offensive : "Powerpoint" et "Windows 10". J'ai intégré les dénominations, mais quand je les prononce, ça reste du charabia ... indigeste à l'oreille.

 

Mais passons. On avance.

 

Je rêve déjà des diaporamas que je créerai, un de ces quatre, lorsqu'après avoir tâtonné sur le tableau de bord du porgramme "Powerpoint", entre "création", "insertion", "affichage", la Providence voudra bien m'accorder une porte de sortie.

 

Elançons-nous, que diable !

 

Sur ma chanson "Y A DES MAISONS CLOSES", j'imagine déjà le  diaporama où, au refrain, on apercevra, près d'un carrefour, à deux pas d'une grand'route où des éoliennes font recette, un établiss'ment de nuit, avec des néons sur les fenêtres, une Yolande exposant ses seins gonflés à mac, une voiture en diagonale traînant sur des cailloux devant la porte d'entrée.

 

Sur ma chanson "Y A DES MAISONS CLOSES", j'imagine déjà un diaporama parallèle (à l'autre), où les couplets garderont leurs images, leur support et où, au refrain, on apercevra, un jour de grand soleil, dans une village des Fagnes, à deux pas d'un lac et d'un terrain d'camping, une maison blanche discrète, avec un jardin où une dame taille sans doute une haie.

Lire la suite...

En prenant le risque d'être prise pour une sufragette sur le retour, l'histoire nous montre que rien n'est jamais acquis...!

 

A quand un huit mars où toutes les femmes du monde entier se lèveraient pour se donner une journée, 24 heures pour elles?

Oublier les tâches quotidiennes, ne pas aller travailler pour un moindre salaire, sous des sous-statuts de toutes sortes, laisser les mômes aux papas.

Je rêve de cette révolution silencieuse depuis des années, j'imagine les femmes qui s'arrêtent dans le monde entier.Elles se donnent du bon temps, elles prennent l'air, un bon bol d'air. Elles apprennent qu'il y a des artistes femmes, que Mozart avait une soeur qui l'a initié et qui fut sacrifié,( ce n'est pas la seule). Que des femmes chefs d'orchestre existent même si le monde musicale ne leur donne pas de contrat, qu'il y a des autrices, des sculptrices même si les commandes publiques se font rares, qu'il y a des scientifiques de haut vol, des chercheuses, des navigatrices, des exploratrices, non pas dans l'ombre des hommes....., lisez l'astronomie au féminin de Yaêl Nazee,  les institutions scolaires leur laissent peu de place.... qu'en même tant que Baudelaire et Verlaine, Au Chat Noir il y a eu Maria Kryzinska a qui nous devons le vers libre, etc...

 

Je rêve, j'imagine en ce jour de fête cette révolution, cette évolution silencieuse...

J'imagine un matin sourire où toutes les femmes s'occuperaient d'elles et rien que d'elles, il y a parfois des égoïsmes salutaires...

Jusqu'à ma mort je veux y croire... même si... pour ce matin sourire... le chemin est encore long pour toutes les filles du monde et par ce fait pour tous les petits garçon , même si...

Allez, au 8 mars en souvenir de la soeur de Mozart et des autres femmes... toutes ces célébres inconnues..

12dds- Dolorès Dupaix

Lire la suite...

Les heures du soir de Verhaeren

12272721280?profile=originalIl s’agit d’u recueil poétique d'Émile Verhaeren (Belgique, 1855-1916), publié à Leipzig chez Insel-Verlag en 1911.

 

C'est Stefan Zweig qui, invité habituel du "Caillou-qui-bique", le havre campagnard de Verhaeren, lut les poèmes en manuscrit, et les porta à l'éditeur allemand. Le recueil, commencé en 1906, "clôt le cycle des Heures [commencé avec les Heures claires (1896) et poursuivi par les Heures d'après-midi (1905)], conçu en dehors de toute préoccupation d'école, avec le simple désir de conserver à jamais la mémoire des instants les plus doux [...] qu'il soit donné de vivre à des êtres d'exceptionnelle bonté" (A. Fontaine).

 

La nature crépusculaire est complice de l'union des vieux amants: "Nous songions que c'était notre vie apaisée / Que ce beau soir nous dévoilait." Revient alors le souvenir d'un séjour fait à Glabeek, dans la Campine, en 1893, où leurs deux cours étaient "remplis jusqu'au bord de la ferveur du monde" (III). Ni l'âge ni le temps ne tuent le désir, mais lui donnent au contraire une seconde jeunesse, une "tiédeur dernière" semblable à celle du jardin à l'automne (IV, V). Ce jardin est à la fois le catalyseur de souvenirs flamboyants et la pierre de touche de la mort: "Mon être est comme entré dans sa ruine à lui / Et j'apprendrai ma mort en comprenant la sienne" (VI, VIII). La tendre intimité entre la lampe et l'âtre n'est pas cependant retrait ou fermeture au monde, mais conscience des autres, des gens des "vieux villages" (IX), et la présence diffuse de l'être cher chasse l'omniprésence de la mort dans la nature (XII, XIII). "Non, mon âme jamais de toi ne s'est lassée", tel est le murmure fervent du poète (XV), qui ne craint pas de rappeler ses fautes et ses incartades. La hantise lancinante de la décrépitude est ponctuée par un hymne à la neige et à la lumière (XIX). Les derniers poèmes sont imprégnés de la présence de la mort, jusqu'à l'adieu final à l'épouse: "Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière / Baise-les longuement car ils t'auront donné / Tout ce qui peut tenir d'amour passionné / Dans le dernier regard de leur ferveur dernière."

 

 

"Les Heures, c'est mon bonheur d'homme", a dit un jour Verhaeren. Cette appréciation s'applique particulièrement aux Heures du soir qui, des trois recueils dédiés "A celle qui vit à mes côtés", est sans doute le plus personnel, le plus intime. On a pu dire aussi qu'il n'y avait rien de systématique "dans ce mouvant et émouvant poème dont le créateur s'efface pour faire rayonner le visage de la femme aimée et l'essence de l'amour". Faire rayonner est l'expression juste car l'épouse est la détentrice et la dispensatrice de la lumière du monde ("Tes yeux qui n'ont peur d'aucune lumière") et le poète aspire "A finir en tes yeux ma belle vie humaine". On connaît le rôle capital joué par Marthe Massin dans la vie de Verhaeren, qu'elle aida à sortir de la phase d'autodestruction dans laquelle il s'était engagé à l'époque des Flambeaux noirs. Après vingt ans de vie commune, elle est encore pour lui "un calme et sûr asile". Sans doute le poète ne peut-il échapper à la conscience du temps et de la dégradation de l'image aimée: "Tout est changé, même ta voix / Ton corps s'est affaissé comme un pavois / Pour laisser choir les victoires de la jeunesse." Le miracle est que, à travers ces images de décrépitude, restent toujours présentes les splendeurs de jadis, et même, qu'elles sont comme démultipliées. C'est le plus bel hommage que la vieillesse puisse se rendre à elle-même, que de s'identifier à ce qu'elle n'est pas.

Robert Paul in arts et lettres

Lire la suite...

journal de bord, lundi 7 mars 2011

Les coupes de printemps vont débouler.

 

J'irai chercher, en fin d'après-midi, dans un magasin d'informatique, un programme favorisant le trait'ment de textes et la construction de diaporamas, sur fond musical.

 

En Libye, on a droit au statuquo ... si on peut dire.

 

Les chiens semblent toujours trouver leur bonheur en appuyant leur museau contre mes cheveux.

 

"Vous êtes chargé, facteur !"

 

Tiens, j'entends la voix de Monsieur Robert.

 

"Vous êtes chargé, facteur !

 

Je la connais, la maxime.

 

"Vous êtes chargé, facteur !"

 

Je le croise pratiqu'ment tous les matins, Monsieur Robert, quand je démarre mon périple sur les chemins (pas tristes) de ma tournée, quand je m'attarde (pas longtemps) au snack (tenu par des gens tous simples venus tout droit du Kosovo), histoire de me caler l'estomac, avec une délicieuse langoustine dans du pain banya (ou "bania" ou "baniat", je ne connais pas l'orthographe exacte).

 

"Vous êtes chargé, facteur !"

 

J'ai pris l'habitude, quand je casse la croûte au snack, de me prendre une table discrète (pour moi) et de concilier la saveur du r'pas, avec ... mes recommandés à inscrire, encore.

 

"Vous êtes chargé, facteur !"

 

"Combien de kilomètres faites-vous par jour, facteur ?"

 

"C'est vous qui devez porter tout ça ?"

 

"On vous paie, au moins, pour vos heures supplémentaires ?"

 

Je vous aime bien, Monsieur Robert, avec vos lunettes, votre regard d'une bonté inaltérable, votre voix grave, votre empathie dont la sincérité crève les yeux.

 

Malheureus'ment pour moi ...

Malheureus'ment pour vous ...

 

J'ai beaucoup de mal, certains matins, à inscrire mes recommandés et entendre votre voix (qui me désigne, m'interpelle) en même temps.

C'est nerveux.

Dépenser de l'énergie (physique) en inscrivant ses recommandés, après avoir trié durant quatre heures, après avoir traversé une rue en tirant un caddy et en tentant de franchir une bordure, dépenser une autre énergie (physique et mentale) en recevant vos informations si ... chaleureuses, que je ne capte que trop bien, c'est parfois trop pour un seul homme.

 

Mais ... vous n'y êtes pour rien.

 

J'ai décidé, y a quinze jours à peine, de changer un peu mon fusil d'épaule. J'inscris maint'nant mes recommandés au bureau, avant de sortir. C'est plus prudent. C'est plus sage.

 

Quand je vous croise, Monsieur Robert, je peux plus facil'ment me mettre à votre diapason, en toute légèr'té.

 

Vous savez, comme moi, que l'enfer est pavé des meilleures intentions du monde.

 

Rassurez-vous : je vous aime bien.

Lire la suite...

12272724253?profile=original« Germinal » est un roman d'Émile Zola (1840-1902), publié à Paris en feuilleton dans le Gil Blas du 26 novembre 1884 au 25 février 1885, et en volume chez Charpentier en 1885. Une adaptation théâtrale - drame en cinq actes et douze tableaux, en prose - de W. Busmach sera créée aux États-Unis en 1886 avant d'échouer à Paris au Châtelet en 1888.

 

Consacré mythe fondateur de la mémoire collective par une délégation de mineurs qui scanda le titre aux obsèques de Zola, à l'occasion desquelles Clémenceau salua la mémoire de celui qui fut "un moment de la conscience humaine", Germinal, treizième roman du cycle des Rougon-Macquart, reste à ce jour le roman le plus lu de Zola, jouissant d'un prestige égal à celui des Misérables. Ce roman épique, symbolique, fantasmatique, offrant une foisonnante complexité, dont le titre est riche de significations multiples, est aussi un extraordinaire roman-feuilleton et une enquête, où brille l'éclat d'un style. Plus profondément encore, la réussite de Germinal tient à l'art d'un Zola maître architecte. Tout passe par Étienne, substitut du romancier. Les sept parties amènent lentement mais sûrement l'accélération du dénouement, soigneusement annoncé par toute une série d'indices.

 

 

Première partie. Étienne Lantier, fils de Gervaise Macquart (voir l'Assommoir), arrive une nuit de mars à la fosse du Voreux, où l'accueille le vieux Bonnemort. Il prend pension chez une famille de mineurs, les Maheu. Les parents et les sept enfants, dont Catherine, Jeanlin et Zacharie, vivent entassés dans la promiscuité. Étienne trouve du travail à la mine, qu'il découvre. Intégré à l'équipe de Chaval, il comprend enfin que Catherine, qu'il avait d'abord prise pour un garçon, est une fille. Catherine initie Étienne au métier. Ce dernier lui raconte qu'il a giflé un chef après avoir bu et qu'il redoute son hérédité alcoolique. Au moment où il va embrasser Catherine, arrive Chaval qui impose un baiser à la jeune fille, en signe de possession. Catherine nie être l'amie de Chaval. L'ingénieur Négrel inflige une amende à l'équipe pour défaut de boisage. Les mineurs sont révoltés. Après avoir voulu quitter la mine, Étienne va au cabaret de Rasseneur, ancien mineur devenu chef des mécontents. Celui-ci loge le nouveau venu, qui désire partager la souffrance et la lutte des mineurs, et qui songe aussi aux yeux de Catherine.

 

Deuxième partie. Chez M. Grégoire, actionnaire de la Compagnie, on vit dans le confort et l'adoration de Cécile, la fille de la maison. Le cousin Deneulin, qui a tout investi dans la modernisation de la fosse Jean-Bart, vient pour emprunter, mais Grégoire lui conseille de vendre sa mine à la Compagnie. Il refuse. La Maheude tente en vain d'apitoyer les Grégoire, car l'épicier Maigrat, ancien surveillant protégé par la Compagnie, lui refuse tout crédit. Elle retourne chez Maigrat, qui exige que Catherine vienne chercher elle-même les provisions. Au coron, les commérages évoquent les moeurs et les liaisons des voisins. Mme Hennebeau, femme du directeur de la mine, qu'elle trompe avec Négrel, fait visiter le logement des Maheu à des Parisiens. Les mineurs commencent à rentrer de la mine. Il faut faire la soupe. Commence alors chez les Maheu une soirée comme les autres.

 

Troisième partie. Étienne devient un bon herscheur. Chez Rasseneur, il fait la connaissance de Souvarine, un réfugié russe anarchiste. En accord avec Pluchart, son ancien contremaître devenu responsable départemental, Étienne envisage de créer une section de l'Internationale et une caisse de prévoyance en prévision d'un prochain conflit. Nous sommes en juillet. Maheu propose à Étienne de le prendre dans son équipe comme haveur. Ayant dû accepter de mauvaises conditions de travail, les mineurs sont de plus en plus mécontents. Maheu propose à Étienne de le loger chez eux après le mariage de Zacharie. Étienne parvient à convaincre Chaval d'adhérer à son association. Étienne apprécie la vie familiale et désire Catherine. Malgré leur attirance réciproque, rien ne se passe. Étienne se cultive, et alimente ses rêves de révolution sociale pacifique. Chaque soir, il fait une causerie, éveillant chez les Maheu des rêves utopiques. Fin octobre, le mécontentement des mineurs s'aggrave, car la Compagnie baisse leur salaire. Des discussions sur l'opportunité d'une grève se déroulent chez Rasseneur. Jeanlin est victime d'un accident à la mine et reste infirme. Catherine doit accepter de vivre avec Chaval. Étienne est déterminé à agir.

 

Quatrième partie. En décembre, la grève éclate, le jour où les Hennebeau reçoivent les Grégoire pour préparer le mariage de Cécile et de Négrel. Hennebeau songe à profiter de la grève pour absorber la mine de Deneulin. Arrive une délégation de mineurs. Maheu, qui a accepté de la conduire, expose les revendications de ses camarades. Étienne exprime sa volonté de changement social. Deux semaines plus tard, la grève est générale, sauf au puits Jean-Bart. Le silence règne sur le coron. Les mineurs tiennent, bien que la caisse de prévoyance soit épuisée. Une scène violente se déroule chez les Maheu. Chaval accuse Étienne de coucher avec Catherine et la Maheude. Fous de rage, les deux hommes se défient. Étienne décide de demander l'aide de l'Internationale auprès de son délégué, Pluchart. Rasseneur, partisan de la négociation, s'oppose à Étienne et à l'Internationale. A l'issue d'une réunion clandestine, les dix mille mineurs de Montsou adhèrent à l'Internationale. En janvier, le froid et la famine accablent les mineurs. On tente de survivre grâce à des expédients. Maheu et Étienne convoquent une assemblée dans la forêt pour remobiliser l'énergie des mineurs. Au cours de la réunion, Étienne parvient à galvaniser l'enthousiasme des mineurs, malgré Rasseneur. Jaloux, Chaval annonce la grève à Jean-Bart.

 

Cinquième partie. Deneulin se précipite à Jean-Bart, et parvient à circonvenir Chaval en lui promettant une place de chef. Le travail reprend. L'équipe de Chaval travaille au fond, mais l'on apprend que les grévistes de Montsou ont coupé les câbles. Il faut remonter par les échelles. Les grévistes ont envahi la fosse Jean-Bart, et, malgré Étienne, qui tente de les calmer, ils sabotent le matériel. Étienne contraint Chaval à se joindre à la manifestation qui marche sur les autres fosses. La foule traverse la plaine et va d'une fosse à l'autre. Fuyant les gendarmes, la foule revient à Montsou pour réclamer du pain à la Direction. Hennebeau fait appel à l'armée alors qu'au cours d'une promenade, Mme Hennebeau et Négrel ont cru voir l'image de la révolution dans la foule des manifestants. On se barricade. Les mineurs hurlent leur faim. Pour faire diversion, Étienne lance la foule sur l'épicerie Maigrat. Les femmes tuent l'épicier et le châtrent.

 

Sixième partie. L'armée occupe les fosses. Maheu est renvoyé, Étienne se cache, et Jeanlin le nourrit. Étienne, dégoûté par la violence et la misère, ambitionne une carrière politique. Chez Rasseneur, Étienne et Souvarine échangent des nouvelles démoralisantes. Arrive Chaval qui annonce qu'il va diriger une équipe de mineurs belges recrutés pour briser la grève. Il se bat avec Étienne, qui l'emporte. Catherine désarme son amant, qui sort, au comble de la fureur. Catherine refuse de vivre avec Étienne. La foule des grévistes affronte les soldats, qui tirent et tuent. Maheu tombe.

 

Septième partie. La Compagnie veut mettre fin au conflit. Étienne est en butte à l'hostilité des mineurs qui le rendent responsable des morts. Chez les Grégoire, on célèbre les fiançailles de Cécile et de Négrel. Deneulin s'est résigné à vendre sa mine à la Compagnie. Étienne et Souvarine confrontent leurs opinions. Étienne tient pour le socialisme, Souvarine ne croit qu'à la violence anarchiste et nihiliste. Il fait ses adieux à Étienne, avant de descendre dans le puits du Voreux pour le saboter. C'est la reprise du travail. Par suite du sabotage, les galeries sont inondées. On évacue, mais l'équipe d'Étienne est restée au fond. La mine s'effondre dans un gigantesque cataclysme. Indifférent, Souvarine s'en va. Hennebeau reçoit la Légion d'honneur. Les mineurs tentent de sauver les survivants, mais Zacharie meurt dans les opérations de sauvetage. Les bourgeois organisent une excursion au Voreux. Cécile est étranglée par le vieux Bonnemort. Prisonniers au fond, Étienne et Catherine doivent cohabiter avec Chaval. Étienne tue son rival. Les deux survivants deviennent enfin amants, malgré la présence du cadavre de Chaval. L'obscurité, la faim, l'angoisse, le grisou ont raison de Catherine, Étienne est sauvé, et réapparaît au jour sous l'aspect d'un vieillard aux cheveux blancs, alors que la Maheude hurle devant le corps de sa fille. En avril, Étienne s'apprête à partir pour Paris où l'appelle Pluchart. Il vient saluer ses compagnons de lutte, qui lui ont pardonné et ont dû reprendre le travail sans avoir rien obtenu. La Maheude doit travailler pour nourrir sa famille avec la seule aide de Jeanlin. Elle garde l'espoir d'une revanche et se réconcilie avec Étienne. Ce dernier croit en l'organisation, en l'efficacité des syndicats et en une révolution prochaine. En s'éloignant, il croit pressentir une germination irrésistible.

 

 

Sans prétendre être le premier roman à évoquer le monde ouvrier, Germinal en donne l'une des images les plus puissantes. Peinture précise et épique à la fois de la vie quotidienne, du labeur et des souffrances des mineurs, il organise savamment une progression vers le point culminant de la grève et de la catastrophe finale, ouvrant sur la perspective utopique de la cité future. Zola avait déjà traité de la condition ouvrière dans l'Assommoir. Ces deux textes, liés "biologiquement", puisque Étienne est le fils de Gervaise Macquart et de son amant Auguste Lantier, fonctionnent aussi en parallèle. Aux malheurs et à la déchéance de la blanchisseuse, répondent les affres de son fils, menacé par le déterminisme héréditaire.

 

L'Assommoir avait déjà montré combien il est difficile de constituer le peuple en objet littéraire. Grand absent du roman balzacien, il a été cantonné dans les bas-fonds avec les Mystères de Paris d'Eugène Sue et les Misérables de Victor Hugo. Le monde du travail, quand il n'est pas édulcoré dans les romans ruraux, inquiète. Alors que les classes laborieuses apparaissent comme des classes dangereuses aux yeux d'une bourgeoisie pour qui le mouvement ouvrier, en voie de formation, fait planer l'horrible menace du chambardement, les faire accéder à la dignité littéraire, c'est à la fois conjurer symboliquement la menace et projeter un éclairage salutaire sur une réalité méconnue. En somme, c'est prévenir pour guérir. Telle est l'intention idéologique du romancier.

 

Il faut d'abord souligner la qualité de l'information de Zola, nourrie par une documentation livresque abondante, mais aussi par la documentation rassemblée sur le tas lors de son voyage à Anzin en 1884. Le monde des mineurs, leur environnement, leur mode de vie sont donc un matériau pris sur le vif. Corons, cabarets, fosses, tout a été vu, mis en fiches, retranscrit et retravaillé dans l'espace fictionnel. Là s'inscrit l'ambition scientifique du romancier, l'expérimentation d'une réalité par l'écriture. Zola a su rendre ce pays minier, continent noir de la France industrielle, elle-même terre presque inconnue pour les lecteurs de romans de l'époque.

 

La mine transforme hommes et femmes, par l'influence du milieu sur les individus, mais aussi par l'empreinte indélébile de l'aliénation sur les corps et les âmes. Celle-ci est montrée, mise en texte. Germinal parle de ce qui n'a pas encore de nom ailleurs que dans la philosophie politique et celle de l'Histoire: la lutte des classes. D'où la prise en compte romanesque du collectif. Dans cette lutte, le prolétariat des mines reçoit évidemment la meilleure part. Son premier représentant dans le roman annonce en quelque sorte son essence: Bonnemort. Ayant vécu par avance le destin de tous les autres, il symbolise l'exploitation séculaire, la déchéance, la maladie professionnelle. La famille Maheu élargit la perspective en incluant les sexes et les générations. Le travail repose sur l'équipe, où, suprême raffinement, les mineurs sont contraints de participer eux-mêmes à leur propre exploitation, dans les enchères du marchandage. Catégories, spécialisations, division d'un travail globalement exténuant et débilitant: la mine gâche les existences en autant de gestes répétitifs, en heures de sueur et de souffrance. Salaires de misère, système qui oblige à négliger la sécurité, amendes, dépendance totale à l'égard de la Compagnie (logement, santé, chauffage...): la mine a ses nouveaux esclaves.

 

L'espace social est celui des trajets: du coron à la fosse, du carreau au coron. A la lecture, le roman donne l'illusion de se passer le plus souvent au fond. Il n'en est rien. Le coron, c'est encore la mine. Le poids de la fatigue, celui de la pauvreté, de l'environnement: tout y redouble l'effet du travail. Mécanisation des comportements, dépossession du temps et de la force vitale, obsession de la routine: voilà l'illustration la plus convaincante de l'aliénation de la classe ouvrière. Seule la ducasse, avec ses tendances orgiaques, introduit une rupture dans cette réitération. Germinal dit magnifiquement cette privation de liberté: le mineur et sa famille sont prisonniers de la mine. D'où la force de l'opposition avec l'espace bourgeois, tout de confort, de chaleur, de jouissance égoïste. Plus importante encore est l'absence d'intimité dans le coron. Tout se sait, tout s'entend: on scrute les lits et les couverts. Promiscuité qui fait que le mineur est toujours à l'étroit comme dans sa taille. L'espace de la mine proprement dite est celui des taupes. Galeries, couloirs, puits, l'enfermement, la chaleur oppressante, l'obscurité, la poussière: tout indispose, tout métamorphose le mineur en un corps enchaîné et menacé d'écrasement. Violence contenue, qui explose parfois; langage sec, rapports humains durs. Lieu de l'énergie à la fois par son produit et son travail, la mine est aussi celui du rut. Seul plaisir qui ne coûte rien, le sexe renvoie aussi à l'angoisse existentielle. Germinal insiste, parfois lourdement, sur cette obsession de la reproduction. On y plante souvent des enfants, destinés à reproduire le destin des parents. Comme si les mineurs ensemençaient en permanence leur propre malheur.

 

Cette énergie s'investit aussi dans la conquête du jour. La grève, c'est cette libération des êtres de la nuit, qui envahissent la surface, qui courent, crient. Les mineurs forment une meute. Poussés par la faim, la colère et la fureur meurtrière, ils donnent libre cours à leur ivresse. Comme le torrent furieux qui envahit la mine, la foule barbare dévaste tout sur son passage. Meurtre, viol, destruction: le fantasme du grand soir acquiert chez Zola une ampleur extraordinaire. Cette humanité asservie prend une revanche éphémère, avant de retomber dans sa servitude. Car en définitive, la grève n'aura été qu'un rêve, un moment où l'ont peut croire tout possible. La vie des mineurs, hommes, femmes et enfants, s'épuise en une terrible frustration. Les rêves de la jeunesse, la quête d'amour, tout bute sur la réalité sinistre. Dans l'environnement noir, gris et rouge, dans la végétation pauvre, dans ce monde de brique et de charbon, il n'y a pas place pour l'Art, sauf celui du romancier. Quand il n'y a pas de pain, le rêve tourne vite au cauchemar. D'où l'importance d'un avenir de germination, sans lequel Germinal se définirait comme un voyage au bout de la nuit.

 

La vérité historique (Zola amalgame des événements qui ne se produisent pas ensemble dans l'Histoire et les débats au sein du mouvement ouvrier présentés dans le roman sont anachroniques) importe moins que la thèse à défendre. Aux conditions "réelles" de la lutte ou de la vie ouvrière se substitue une conception syncrétique, informée par une vision mythique. La composition travaille l'antithèse: celle du monde du Travail et du monde du Capital. Opposition irréductible qui dégénère en violence dont l'assassinat de Cécile par Bonnemort, atroce meurtre de l'innocence par l'aliénation au sens quasi clinique, dit en quelque sorte la force fantasmatique - plus encore que la fusillade. A cette opposition manichéenne et efficace, s'ajoute celle entre les différentes formes du capital. Le rentier (Grégoire) contre l'investisseur (Deneulin); le petit capital (Deneulin encore) contre le grand (la Compagnie)... La classe ouvrière, quant à elle, est divisée par la jalousie. La société est travaillée à tous ses niveaux par la loi d'airain de l'intérêt. Pour dynamiser cette lutte du capital et du travail, Zola utilise 52 personnages. Il faut leur ajouter des êtres ou des entités animées par l'imaginaire: les chevaux Bataille et Trompette, la fosse du Voreux, le "Capital-Minotaure" (belle expression de Colette Becker), l'eau... La construction romanesque obéit en partie aux préceptes du naturalisme: les personnages représentent des forces, des lois, mais là s'arrête la théorie. S'il est vrai qu'aucun d'entre eux ne domine vraiment, même pas Étienne, s'il est vrai qu'ils prennent une valeur symbolique, ils gardent une présence individuelle.

 

Zola obéit à des contraintes: la série, qu'il a définie en 1868, avec la loi d'hérédité, et l'influence du milieu sur les individus. Personne n'y échappe. De plus, l'arbre généalogique des Rougon-Macquart impose un Étienne marqué par l'irrépressible désir de tuer. Mais le personnage subit une mutation. Ce n'est pas seulement une force qui va, inconsciente d'elle-même, déterminée par la fatalité scientiste, mais surtout un héros qui s'attaque au Capital-Minotaure. Il vient d'ailleurs, et il repart ailleurs. Déjà en lutte avec le patronat, il apparaît comme un homme d'action, même si Zola le montre saisi par des sortes d'illuminations confuses. Contre Rasseneur, le réaliste tranquille, il incarne la force de la revendication immédiate, la colère des exploités. Étienne prend alors sinon l'allure d'un héros positif, du moins celle d'un initié et d'un initiateur. Germinal ressemble ainsi à un roman d'éducation. Chez les Maheu, il s'installe, devient un membre de la famille, à laquelle il va insuffler le désir de justice et de revanche. Il y a du mysticisme dans l'évolution d'Étienne. Il connaît d'ailleurs l'humiliation christique de l'abandon des hommes et la passion de la souffrance dans la mine, véritable descente aux Enfers. Contrairement à Souvarine, condamné à l'individualisme de l'action violente et désespérée, torturé par le souvenir d'une exécution, Étienne est un meneur et un éclaireur. Il annonce la libération de la classe ouvrière.

 

Cette évolution est aussi liée à une pédagogie: il faut peindre un milieu, des catégories, des différences spécifiques, des types (voir les Maheu). Le roman zolien est un système, ce qui garantit sa grande lisibilité mais accentue son côté un peu artificiel et didactique; à ces contraintes choisies et assumées, il convient d'en ajouter de plus subtiles, qui ressortissent à l'idéologie de Zola. Liée dans son esprit au sang, à la violence, la grève rejoue la tragédie de la Commune. L'ouvrier zolien est aussi un barbare dans une histoire de feu et de sang.

 

La tradition la plus contraignante reste celle du romanesque. Si le roman est social, il est aussi tributaire des situations, des schémas narratifs conventionnels comme ceux du mélodrame et du roman noir. D'où les stéréotypes, certes remotivés, et les oppositions de type dramatique, comme celle entre Étienne et Chaval, rivalité amoureuse qui se modalise en querelle politico-syndicale. Ce roman de lutte s'inscrit dans un espace surdéterminant. Le Voreux tire évidemment son nom des résonances qu'il autorise: le champ sémantique de la dévoration s'y épanouit. Le pays minier, tout d'obscurité et de platitude, prend en hiver sa vérité oppressante et désespérante. La vie semble condamnée dans ce monde à la fois minéralisé et esthétisé. Tout est houille, tout est charbonné. Il faudra attendre la fin du roman pour voir triompher la vie: la germination impose sa vitalité contre la mort et contre la fatalité. A la coloration sombre, aux tons de l'obscurité, s'ajoutent l'humidité et la boue. Pays froid, pays trempé: l'eau, on le pressent, jouera un rôle décisif. On ne cherchera pas là une vérité du Nord: c'est l'imaginaire de Zola qui transfigure le paysage, le crée en accord avec la tragédie glauque qui va s'y jouer.

 

Germinal organise le récit d'une catastrophe, comme nombre de romans des Rougon-Macquart. Une apocalypse est mise en scène. Elle synthétise la répression de la grève, la quasi-liquidation de la famille Maheu, la disparition du Voreux et le bouleversement de la société, qui, annoncé, prophétise l'imminence d'une fin du monde. Ce qui explique la place de Souvarine, incarnation des forces de destruction. Dans cette symphonie apocalyptique, les modalités traduisent les fantasmes et réincarnent les mythes. Combinaison de l'air et du feu, le grisou menace toujours, même s'il ne sera pas la cause du cataclysme final. Au feu, la terre ajoute sa puissance écrasante. De surcroît, c'est l'eau qui tue dans Germinal. L'inondation, sourde, constante, pernicieuse, prend soudain une allure irrésistible et effrayante. Les monstres (le Voreux, la Compagnie), les hommes (le meurtre) jouent en majeur cette partition de mort et de cataclysme, où seuls le sexe, cet exutoire, et le sommeil, ce luxe, offrent leur dérivatif.

 

Germinal développe une épopée, avec son cortège de grossissements, voire d'exagérations. Si elle comporte une cause et un héros, l'épopée implique aussi le merveilleux. Ici radicalement moderne, celui-ci transfigure machines et fosse, animées, animalisées, voire anthropomorphisées. L'épopée combine enfin les symboles: ils abondent. Cette épopée récupère bien des recettes du feuilleton. Il n'y manque pas le personnage pathétique et persécuté, incarnée par Catherine, qui mérite que deux hommes se battent jusqu'à la mort pour elle. On ne doit pas négliger cet aspect du roman: il constitue en grande partie son efficacité, et autorise sa dramatisation.

 

Roman épique, Germinal se définit aussi comme roman lyrique. Roman de la pitié, il sait faire appel aux sentiments du lecteur. Art de la description, du tableau, du contraste: le style de Zola est à la fois artiste et parfaitement adapté à un langage "populaire". Sans recourir au patois du Nord, Zola utilise un relâchement syntaxique, une certaine monotonie du vocabulaire qui combine une langue familière et une langue littéraire. Il s'agit d'une tentative de restitution d'un univers mental, d'une expérience, de moyens d'expression proches de ce que vivent les ouvriers. Enfin, le style de Zola évoque l'art du peintre. On mesure sa réussite à cette indéniable capacité à transmuer un paysage morne en objet esthétique. Germinal s'impose aussi, et peut-être surtout, comme roman poétique.

Robert Paul in arts et lettres Belgique

Lire la suite...

HAIKUS 3

 

                                                          Ludique lutin

                                                          Sur lutrin pathétique

                                                           Portée triolets

 

 

                                                                   Do fa fadaises

                                                                   Diezes des pipeaux, vent

                                                                   Ciel un ré rétif

 

 

                                                            Lupins en flèches

                                                            Coquelicots, sanguine

                                                             Carmina, couchant

 

 

                                                      Si croisé en Ut

                                                      Adagio mélodique

                                                       Lucioles d'été

 

 

                                                               Jetée de si, sol

                                                                Mouvement blême, morne

                                                                Blaue reiter modal.

 

                                                                                                     Raymond Martin

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles