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journal de bord, mercredi 2 mars 2011

 

Une table avec une nappe rouge, un peu en désordre. Des restes de couques, sans doute.

 

Au boulot, le chef (principal) s'en va. Un autre "chef" est app'lé à lui succéder.

 

Comme à chaque départ (d'un chef qui file vers un autre bureau ou d'un facteur qui part à la retraite) , un petit drink a été organisé.

 

Comme à chaque départ, un autre chef de section, la veille (donc : hier), est passé dans les rangées des facteurs, avec une espèce de carte postale, en demandant à chacun s'il souhaitait laisser sa signature ou écrire, à l'attention du chef "principal" qui s'en va dans un autre bureau, un p'tit mot, en signe d'ouverture, de remerciement.

 

Dans les deux cas, j'ai répondu ... non.

 

Nous sommes mercredi.

 

J'ai repris, avant-hier, lundi, mon boulot après une semaine de maladie.

 

La forme reprend. Le tonus revient. Les feuilles, les fruits sur les arbres repoussent. Le printemps est tout proche.

 

J'ai du me rééponger, durant une semaine. Essoufflement.

 

Et ça ne s'était pas trop bien passé avec le fameux chef, le dernier vendredi, où j'étais rentré de tournée vers ... 17 heures.

 

"C'est que tu n'es plus fait pour ce boulot"

 

"Tu n'entres pas dans nos objectifs !"

 

"C'est pas normal de rentrer à des heures pareilles !"

 

Même si je ne suis plus à fleur de peau, même si j'ai eu le temps de vivre des journées heureuses depuis lors, même si je le prends de "qui ça vient'", je les retiens quand même, ces phrases, elles continuent de se ballader dans mes tripes, dans mon corps, dans mon coeur.

 

Et ça ne me fait toujours pas de bien. Mon coeur est encore chamboulé.

 

D'accord, d'accord, faut pas être rancunier. D'accord, d'accord, faut tout remettre dans le contexte. D'accord, d'accord, faut relativiser.

 

Mais encore ...

 

Mais encore ...

 

Non, il n'est pas méchant, le chef, au sens clinique, au sens pathologique.

 

Non, il doit sûr'ment rendre des comptes, le chef, à d'autres chefs.

 

Oui, il s'est p'têt fait taper sur les doigts par d'autres chefs, le chef ... à cause de moi.

 

Oui, il doit défendre sa place, son statut, le chef.

 

Et tout n'est peut-être pas objectiv'ment faux dans tout ce qu'il a dit, le chef.

 

OK. OK.

 

Maint'nant, maint'nant ...

 

Faut-il courber l'échine ?

 

 Quand on sait qu'on a fait ce qu'on a pu pour faire (encore) un travail correct, qu'on a essayé de reprendre en main, en trois jours, du courrier qui avait été stoppé, auparavant, durant trois jours, qu'on a marché, qu'on a essayé de garder le cap, avec le vent, les gens parfois ... esquintants, le temps de marche qui amenuise toujours un peu votre énergie physique (même quand vous en avez beaucoup) ... alors que d'autres (qui rentrent ... dans les temps) bâclent leur boulot, balancent les lettres parfois n'importe où (j'en entends sur ma route, des témoignages de clients) ...

 

Et que le chef, qui d'habitude, ne vous dit rien, utilise précisément ce moment-là, où vous rentrez fourbu, haché, pour vous balancer son vinaigre (avec des arguments qui, comme par hasard, tiennent la route).

 

Faut-il parler d'inconscience ?

 

Faut-il parler de calcul ?

 

Heureus'ment que j'ai encore eu le ressort de me barrer, ensuite, dans les temps, de pousser ma part de gueulante (c'est très sain, dans certains cas, et on ne risque pas trop gros, heureus'ment, quand on n'est nommé). Mes nerfs (et le reste) étaient à deux doigts de lâcher.

 

Alors ?

 

J'ai pris le temps de me calmer, de me soigner.

 

Avant-hier, lundi, j'ai repris le boulot dans de très bonnes conditions. Aujourd'hui, mercredi, j'ai continué sur ma lancée. Je suis très très positif envers demain, jeudi.

 

Le fameux chef, pour en rev'nir à lui, aurait très bien pu rev'nir vers moi, ces derniers jours, dans un moment où j'étais redevenu en pleine possession de mes moyens, pour re-discuter, gentiment, subtil'ment, du problème quiavait surgi. C'était le moment idéal pour se comprendre. J'aurais été le premier à admettre ma part d'exagération, j'aurais été le premier à trouver des solutions pratiques, au boulot, qui m'auraient permis d'éviter les problèmes que je cause à cause de mes arrivées tardives (certains employés doivent rester au bureau jusqu'au moment où le dernier facteur est rentré, et ne savent pas reprendre leur train), tout en me respectant. Je ne suis pas spécial'ment borné.

 

Un autre détail attire mon attention.

 

"Ce n'est pas normal de rentrer à des heures pareilles"

 

 M'a-t-il effectiv'ment dit, le vendredi, quand je suis rentré au boulot à ... passé 17 heures.

 

M'a-t-il dit quand je suis rentré à ... passé 17 heures, comme si c'était systématique.

 

Or ...

 

Tout en admettant que je réintègre le boulot, à mon retour de tournée, dans les derniers, je ne déboule jamais, en temps normal, dans le bureau, autour de 17 heures. Le vendredi cité plus haut est un cas à part : comme je l'ai dit, y avait eu, quelques jours auparavant, des pickets de grève au bureau principal, et, dans les jours qui ont suivi, fallait récupérer la totalité et se démerder pour mettre tout dans les boîtes aux lettres. Soyons réalistes : comprimer tout ça dans un temps normal, c'est ... de l'utopie.

 

En temps normal ...

 

Je réintègre quand même le bureau, après la tournée, avant seize heures (heure où il faut donner l'alarme). Je ne rentre même pas forcément le dernier.

 

Donc ...

 

Le chef a quand même abusé de la situation. Et ... ne me parlez pas d'inconscience, il savait ce qu'il faisait. Sans doute a-t-il agi par trouille, mais, avec toute la bonté du monde, évitons d'être les dindons de la farce. Il savait qu'il ne prenait pas trop de risque en me balançant son venin. Comme par hasard, il m'a balancé le rateau quand j'étais fragile, vulnérable. Il est quand même pas bête, le chef. Il est quand même ... un peu fin, le chef.

 

Je n'ai pas écrit de petits mots à son attention. Je ne suis pas allé, comme les autres (pas mal d'entre eux ont, à l'égard du chef, mon opinion) au drink.

 

"Tu le boycottes ?", m'a dit, dans un esprit de soutien (envers moi), un pote, parmi mes collègues.

 

Je n'irai pas jusque là. Je n'ai aucune rancune rancune envers lui. Loin de moi l'idée, l'envie ... de le boycotter. Je lui souhaite même le meilleur là où il s'en va.

 

J'ai juste eu très mal. J'ai agi, en me respectant, par rapport à cela. Trinquer à son honneur, dans un moment où mon coeur était chamboulé, c'était trop, trop, trop.

 

Je me suis écouté.

 

Mon coeur est ensuite redevenu serein.

 

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