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La petite douleur lancinante

 

L'enthousiasme flamboyant des retrouvailles

S'est épuisé et s'est éteint

Presqu'aussi vite qu'il s'était allumé

 

La rencontre a sonné la débâcle

Et l'espoir d'un peut-être

N'est enfin qu'un mort-né

 

Nous ne sommes de la même eau

Du même bois ni du même métal

Et nos voix, et nos voies tellement dissemblables

Que même une amitié paraît invraisemblable

 

Qu'il est loin, qu'il est loin

Le temps de ces amours ardentes

Qu'on ne consommait pas ! ...

 

Il est de ces souvenirs  qu'on ne devrait jamais toucher

De peur de les voir s'évanouir

Comme cendre ou poussière ou fumée ...

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Si le destin n'était qu'une partie de notre devenir....

            Si le destin s'ouvre à nous pour nous préserver de notre avenir

             Si le monde n'est qu'une ronde où dansent nos âmes

 

 

             Alors je peux vous dire que le chemin est bien lomgt

            Alors je peux espérer que tout celà finisse par s'arrêter.

 

            Si le seuil de ma porte ne peut acceuillir la souffrance

             Si ma vie se résume à me battre , à survivre ....

 

 

            Alors je peux m'étendre et m'endormir sans réfléchir

           Le soleil n'est pas le seul à illuminer la nuit

           Je veux me réveiller dans un monde où tout serait serein

           en harmonie avec notre conscience et nos espérances...

 

           Un jour je partirai vers d'autres horizons

           où la lumière fusionnera à l'unisson

           où la colère sera enfouie dans l'oublie

           Où les regards reflèteraient la bonté.

 

           Un monde où l'incroyable serait possible

           où l'imaginaire serait extraordinnaire....

 

         Peu à peu je me réveille , les heures s'écoulent

         peu à peu comme les larmes sur mes joues

         je me réveille avec le coeur lourd

        Mais comment, comment vivre sans un sourire

       trop de chagrins dans un passé trop consommé

         

 

           Alors je reprends mon baton de pélerin

          voyager dans mes rêves, à l'abri des soucis.

 

         Dans mon monde tout est possible

         l'invible comme le visible

         Dans mon monde tout brille

          l'amour , seul ,donne un sens  à notre existence.

 

    

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En noir et blanc

  

Un soleil noir et des nuages tout autour
Mot pour corps 
Détaché du ciel
Sur ce rocher tu aiguises la lame
Présente comme de la porcelaine
Fragile et transparente
Pour exister habillée de blanc
La vie circule 
Aveugle ouvrant les paupières

C’est écrit
Comme une fin implacable
La peur

Le ciel tourmenté bouscule l’absence
Laisse filer les boîtes à musique
A travers les plis de la mer
Et toi qui cherches à tâtons
Qui donc es-tu ? Toi, l’aimé
Oubliant l’abîme
De cette forme liée au vent 

Le buste de papier
Offert au cimetière
Personne ne peut savoir
Quand cela bouge au creux du ventre 

La voix son cortège
Annonce le seuil d’une nouvelle demeure





B - 18-11-2011

 



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Un fantasme surprenant

 

Baudelaire prétendit qu’il maltraita un homme

Qui lui parut avoir perdu sa dignité.

Celui-ci réagit avec brutalité.

Un vieillard mendiant mais son en égal en somme.

 

Promptement, il conclut qu’en lui bouchant un oeil,

Il provoqua en lui une rage inouïe.

Son ancienne énergie qui s’était affaiblie,

Resurgit lui rendant sa force et son orgueil.

 

Redevenu lucide, écoutant sa raison,

Le poète eut voulu savoir si son remède

Pouvait réellement constituer une aide.

Que pourrait en penser le citoyen Proudhon?

 

La Fontaine souvent nous offrit des leçons.

La fourmi, dont il parle, en demeurant aimable,

Était bien peu prêteuse et jamais charitable;

Que s’aident en dansant les faiseurs de chansons!

 

La morale serait de laisser chacun faire,

Vivant, en fournissant de multiples efforts

Ou bien dans la paresse, en se fiant au sort,

Qui peut rendre à son gré misérable ou prospère.

 

Or « aide-toi, toi-même et le ciel t’aidera »

Nous paraît un adage à ne pas rejeter,

Un avis, dont nombreux ne peuvent profiter.

Les faibles, les maudits, qui les assistera?

 

22 novembre 2011

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L'état amoureux.

 

Imaginez une rose Baccara

ne cessant jamais de s’ouvrir,

d’éclore de la terre jusqu’au ciel,

offerte à l’univers, à vous ;

c’est pareil !

 

Point cueillie un instant, libre,

à conquérir tout le temps.

 

Imaginez cette insomnie florale,

sans fatigue,

 l’entrebâillement entre vos

doigts habiles d’un fourreau végétal,

puis l’écarlate cœur décoiffé un peu ivre,

 assoiffé de soleil, de pluies chaudes,

 d’inépuisables baisers.

 

Les vôtres.

 

 

.

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L’œuvre ultime de Giacometti : son vertige abyssal

L’œuvre ultime de Giacometti : son vertige abyssal

12272767485?profile=originalUNE SÉRIE ANIMÉE PAR JACQUES-LOUIS BINET, CORRESPONDANT DE L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS
Jacques-Louis Binet se penche sur les dernières œuvres du suisse Alberto Giacometti, mondialement connu pour ses dessins et ses sculptures de personnages longilignes aux surfaces accidentées. Issu d’une famille d’artistes, Alberto Giacometti vit une enfance heureuse. Il arrive à Paris à 21 ans à l’atelier Bourdelle après avoir suivi les beaux-arts à Genève. Et très vite on voit apparaître dans son travail le conflit entre la vision et le toucher, la vue et la main du sculpteur.

 

Durant les derniers mois, un vertige le saisit...

Les derniers mois de la vie de l’artiste : un vertige qui l’envahit complètement
Au début des années 1950, Alberto Giacometti part pour les Etats-Unis en bateau. Il se retrouve au milieu de l’océan « qui n’a pas de fin, qui n’a pas de nom, au milieu de cette eau noire dans laquelle je pourrais sombrer, dans laquelle je pourrais être mangé, dévoré par des poissons aveugles et sans nom » écrit-il.
« Il retrouve dans la mer cette vision du fond sans fond » fait remarquer Jacques-Louis Binet.
Pour son retour, il lui devient impossible de se concentrer, « la mer envahit tout » écrit-il.
« Ce fond sans fin devient une obsession, une phobie incarnée par la mer. Il se retrouve complètement noyé dans cette perspective. Ce n’est pas la folie qui l’a emportée en 1966, mais sa vision est à la fois ce qui l’a sauvé et ce qui l’a tué » conclut Jacques-Louis Binet.
L’œuvre ultime de Giacometti n’est pas unique, mais multiple. Elle concerne toute la série de dessins et de sculptures tournant autour du fond abyssal et de la profondeur résume-t-il.

Source: Canal académie

On écoute JACQUES-LOUIS BINET (document Canal académie) :

 

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Deux cousins en retard

 

Si l’on dépend des autres, un retard est possible,

Ou si l’on avait cru moins longue une distance,

Un obstacle surgit, parfois imprévisible.

Il peut être prudent de partir à l’avance.

 

Dans le cas où l’on voit qu’on manquera de temps,

On peut se résigner à tirer de l’arrière,

Croyant ne pas pouvoir parvenir à l’avant,

Ou bien imaginer ce que l’on devrait faire.

 

Deux cousins assurés qu’ils manqueraient leur train,

L’un se mit à courir voulant tenter sa chance,

Mais l’autre ralentit, trouvant que c’était vain.

Il resta sur le quai, face au train en partance.

 

Les proverbes nous rendent avertis et plus sages.

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point »

Est une vérité que parfois l’on partage.

Trop de temps gaspillé ne se remplace point.

 

19 mars 2011

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Premier baiser.

 

Depuis vous

mes yeux ont l’amplitude du Monde,

mes mains se féérisent,

le recomposent.

 

Alors jaillissent,

le sens et la richesse de l’instant,

traversé et vécu,

bouleversant,

jamais perdu.

 

Grandir, écrire,

devenir infinie,

à vous m’offrir.

 

Ma bouche,

pomme d’amour,

d’adolescente toujours,

par vous inabordée, désirée,

vous donne son encre rouge ;

d’abord l’aube d’un baiser,

puis l’entière étreinte

d’une vie.

 

Ce parfum palpable, qui se touche ;

ce peau-à-peau un peu timide, farouche,

 tâtonnant et sans mot,

fébrile.

 

Vie.

 

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Le prix de l'amour (Extrait)

Ce qui dérange l’opinion publique dans l’homosexualité, c’est uniquement la pensée et les images qui y sont associées défilant dans notre tête quand on en parle.
Si je vous dis lesbienne que voyez-vous, que pensez-vous ?
Pouvez-vous imaginer deux femmes se regardant tendrement, riant et vivant de façon normale leur sentiment d’amour sans vulgarité ?

Non ! Et si vous me dites oui, soit vous mentez, soit votre matière grise domine votre cerveau reptilien dans tous les domaines, autrement dit vous faites partie des exceptionnelles et rarissimes personnes qui réfléchissent avant de réagir.

De même messieurs, pouvez-vous imaginer deux hommes vivant et régissant les difficultés de la vie de la même façon que vous et votre épouse ? Disputes et pardons, tendresse et dialogue devant la télévision, etc.…
J’en doute fort, pour la simple raison que lorsque l’on dit les mots lesbienne, pédéraste, homosexuel, gay, ce qui fait l’objet de la répulsion est l’image de deux corps au sexe identique ayant un rapport sexuel. Nous employons alors des mots dont la vulgarité et l’obscénité n’ont d’égal que le dégoût que nous éprouvons juste à l’idée d’imaginer ou de nous imaginer dans cette situation.
Pour beaucoup le sentiment d’Amour ne peut pas exister dans la vie des homosexuels.
Seule l’idée du désir de luxure, de perversion et de dérive sexuelle, doit ou peut motiver ces gens. L’existence d’un sentiment d’Amour pour cette catégorie de personnes n’est pas légitime puisque certaines souhaitent éradiquer cette possibilité qu’ils nomment tare, dégradant l’être humain.
Nous entrons là dans l’homo phobie, (sait-on jamais, c’est peut-être contagieux…)
Un homme ne peut pas aimer un autre homme, de même une femme ne peut éprouver un sentiment d’Amour pour une congénère, ce n’est pas « normal », ni « légal », là nous assimilons l’Amour sentiment tel que la société le perçoit, à la légalité les lois écrites ou promulguées par l’homme.
Les homosexuels sont de ce fait relégués au rang des pervers et des satyres (malades victimes de déviance d’instinct et sexuelles), presque des hors- la- loi.

« Ils ont un défaut de conception, ils sont l’erreur, le grain de sable dans la mécanique bien huilée du conformisme, dans la mécanique humaine ! » disent les plus outrés.
Cela doit donc être corrigé, si la correction est impossible, ils doivent être éliminés car assimilés à des animaux forniquant à la moindre occasion.
Pensées homos phobiques bien entendues, qui n’ont aucun crédit à mes yeux.
C’est ici que je me pose une question : Va-t-on aller aussi loin que le kukuxklan dans la ségrégation la violence et la haine ?
L’homme a peur de l’inconnu. L‘incompréhension amène la terreur, c’est alors qu’il peut décimer un peuple entier.

Extrait de l'essai : "Le prix de l'amour" auteur Marie-Ange Gonzales

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Lettre de l’AEB novembre 2011

Les vertiges de l'innocence

Une vingtaine de nouvelles, les unes plus courtes que les autres, par un de nos auteurs dont de nombreux titres ont été traduits en tchèque. Il est vrai que Barbara a beaucoup voyagé non seulement en Europe, mais aussi, par exemple, à Cuba.
Barbara Y.Flamand a le sens du social et s’est souvent inspirée de conceptions politiques et philosophiques où l’on tient compte de cet aspect des choses.
Certaines de ces nouvelles vous prennent aux tripes, par exemple, la naissance et le cheminement érotique de la femme.
D’autres retiennent votre attention par la verve fantastique qui les inspire, la précision d’observation qu’elles révèlent, l’humour qui règne en maître, bref par une imbrication de la fantaisie, de l’imaginaire et du réel.
Quelques dessins qui révèlent à la fois la personnalité si séduisante de l’auteur, où s’entremêlent ingénuité et perspicacité.

 

Émile Kesteman

 

 

 

 

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administrateur théâtres

 

« How dark, ô Lord, are thy decrees… Seigneur, qu’ils sont obscurs tes commandements… »

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                                                 Georg Friedrich Händel

JEPHTHA
(1752)

An Oratorio; or Sacred Drama

Words by Thomas Morell

DRAMATIS PERSONAE

Jephtha (tenor)

Iphis, his Dauhghter (soprano)

Storgè , his Wife (mezzo-soprano)

Zebul, his Brother (bass)

Hamor, in love with Iphis (alto)

Angel (soprano)

                                                                                             Nous avons reçu le meilleur de William Christie et les Arts Florissants dans une œuvre sublime de G F Haendel, merveilleusement habitée,  hier soir aux Beaux-Arts de Bruxelles.

Le modelé, les couleurs et le souffle de l’orchestre qui joue sur des instruments anciens était un ravissement pour l’oreille. Le choix de solistes d’exception avait tout pour plaire. Pas étonnant alors que cette exécution magistrale  ait donné lieu à une ovation debout par un public enthousiaste et comblé.  Il s’agissait du dernier oratorio du prince de la musique anglaise: Jephta. Le thème principal est la soumission de l’homme à sa destinée.  « Whatever is, is right. »  

 

L’histoire est émouvante. C’est le sacrifice d’Abraham en version féminine. L’histoire figure dans l’Ancien Testament, Livre des Juges chapitre 11. Thomas Morel, le librettiste invente de nouveaux personnages, ajoute une histoire d’amour et adoucit le sanglant dénouement en consacrant la vierge prête au sacrifice, à Jehovah pour qu’elle le serve dans la pureté et la félicité et qu’ainsi sa vie soit épargnée. L’histoire repose donc sur le vœu imprudent de Jephta, qui, en échange de la victoire contre les Ammonites impies, sacrifierait la première personne croisant son regard au retour de la guerre. Hélas cette personne n’est rien moins que sa fille, Iphis (Iphigénie ?),  la fiancée d’ Hamor, son vaillant fiancé qui a accompagné Jephta à la guerre. L’ouverture à la française aux rythmes pointés et enjoués puis au caractère solennel nous emporte dans l’univers biblique avec majesté. Jephta chante : « God shall make me great ! » et les instruments d’acquiescer. Il a de la stature et du phrasé, ce demi-frère bâtard de Zebul, grand Juge des Israélites de Galaad soumis aux idolâtries des Ammonites.  Storgé, cette mère attendrissante et emplie de sagesse visionnaire,  est inquiète : la paix est délaissée. Elle dialogue tout en nuances, avec finesse et émotion avec la flûte traversière… un personnage en soi, tout au long du concert. Elle module avec gravité : « Scenes of horror, scenes of woe, Rising from the shades below, Add new terror to the night » Impuissante, elle attend « le retour à la liberté et à l’amour ».

 

 Mais le véritable sens dramatique du compositeur éclate dans les parties chorales. Surtout dans les phrases méditatives du chœur qui aborde des tonalités, des rythmes et des musicalités très différentes, véritables vecteurs de sentiments.  Chaque intervention fait avancer l’intrigue, permet de palper mieux l’ampleur des enjeux. Ce qui distingue, dit-on, l’opéra de l’oratorio, c’est  la présence du chœur rendant l’action scénique difficile, mais le charisme qu’il dégage se suffit à en faire un personnage à part entière dont on attend chaque fois  l’intervention avec émotion.  On a eu l’impression hier soir  que le chœur était composé d’autant de solistes tant la voix de chacun fabriquait une masse chorale puissante, ciselée et multiple. Ils n’étaient que 25.  De magnifiques morceaux très évocateurs nous restent fichés dans  l’esprit et dans le cœur.

Acte 1 , scène 4 :

O God, behold our sore distress,
Omnipotent to plague or bless!.

 Acte 2, scène 2 :

 In glory high, in might serene,
He sees, moves all, unmov'd, unseen.
His mighty arm, with sudden blow
Dispers'd and quell'd the haughty foe. 

 Acte 2 scène 4 :

How dark, O Lord, are Thy decrees,
All hid from mortal sight,
All our joys to sorrow turning,
And our triumphs into mourning,
As the night succeeds the day.
No certain bliss,
No solid peace,
We mortals know
On earth below,
Yet on this maxim still obey:
"Whatever is, is right."  

 

Le public est bouleversé. Mais revenons au  moment fatal, au moment terrible où Jephta, bien que, paralysé par la douleur de perdre sa fille prend sa décision inébranlable en phrases lapidaires, muettes de souffrance.

Acte 2 scène 3: 

Zebul
Oh, spare your daughter,

Storgè
Spare my child,

Hamor
My love!

Jephtha
Recorded stands my vow in Heav'n above.

Storgè
Recall the impious vow, ere 'tis too late.

Jephtha
I'll hear no more, her doom is fix'd as fate!

 

L’aria du père éprouvé sera déchirant lorsque s’ouvre le troisième acte  sur ses regrets éperdus :

 «Hide thou thy hated beams, O sun, in clouds
And darkness, deep as is a father's woe;
A father, off'ring up his only child
In vow'd return for victory and peace».

Iphis est toute sensibilité, pureté de voix et harmonie. L’adieu à la vie de la jeune vierge sacrifiée qui obéit au ciel nous arrache des larmes: «Farewell, ye limpid springs and floods,Ye flow'ry meads and leafy woods …» Shakespeare ou Haendel?  De la musique dans les deux cas. Elle sera sauvée par un ange à la voix radieuse, détachée l’espace d’un instant, de ce chœur fabuleux, après une petite symphonie instrumentale en ré majeur. Celle-ci, annonciatrice de bonheur, vibre de vivacité et de délicatesse. Ce sera  du Haendel exaltant quand à la fin, se seront ajoutées les trompettes de l’allégresse pour célébrer  une véritable ode à la joie: “Rejoice!”. Même le pauvre fiancé est d’accord : « Duteous to almighty pow'r, Still my Iphis I'll adore. » Et le choeur  de conclure: “So are they blessed who fear the Lord. Amen. Hallelujah. »

Les Arts Florissants

Dimanche 20.11.2011 20:00   Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

William Christie direction - Katherine Watson Iphis (soprano) - Rachel Redmond L'Ange (soprano) - Kristina Hammarström Storgè (contralto) - David DQ Lee Hamor (contre-ténor) - Kurt Streit Jephtha (ténor) - Neal Davies Zebul (baryton-basse) - Les Arts Florissants

Georg Friedrich Händel, Jephtha, HWV 70

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=11020&selectiondate=2011-11-20

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Petit texte philosophique

C’est toujours par un sommeil que
les grandes choses

Commencent.

C’est toujours par le plus petit
côté que les grandes choses

Arrivent.

L’évènement est la vie qui survient
dans la vie.

Il survient sans prévenir, sans
éclat.

L évènement à la forme d’un berceau.
Il en a la faiblesse et la banalité.

L’évènement est le berceau de la
vie.

On n’assiste jamais à sa venue.

On n’est jamais contemporain de
l’invisible.

Ce n’est qu’après coup, ce n’est que
longtemps après

Qu’on devine qu’il a dû se passer
quelque chose.

La vérité n’est rien d’extérieur à
nous.

La vérité n’est pas dans la
connaissance qu’on en prend,

mais dans la jouissance qu’elle nous donne.

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Lettre à… notre Mère à tous, Marie

Lettre à… notre Mère à tous, Marie


« Je te salue Marie, pleine de grâces… » lui a dit l’Archange Gabriel.
 
Je crois que Gabriel savait de quoi il parlait, lui que l’on appelle dans la Bible « le Messager de Dieu », vous ne croyez pas ?

Que vous croyiez ou pas, d’ailleurs, c’est votre affaire, c’est vrai, mais c’est aussi celle de Marie-la-Grande, ou Marie de Nazareth, ou Myriam pour certains, peut importe…

Mais je reviens à Toi, Marie, Notre Mère.

Tu es d’abord la Mère du Seigneur Jésus, que tu enfantas à Bethléem de Judée, au temps d’Hérode-le-Grand.
Tu es aussi Notre Mère, car Tu nous enfantas au pied de la Croix de Jésus, en la personne de Jean, le disciple bien-aimé, dépositaire de tes jours à partir de cet instant.
Ainsi, par ton acceptation à l’Ange Gabriel, envoyé du Père, et celle de Jean au pied de la Croix, tu es devenue la Mère de tous les humains : Notre Mère…

Dès lors, nous pouvons, plus intimement, t’appeler « maman », non ?
Car ma mère terrestre, c’est ainsi que je l’appelais…
Elle est maintenant près de Toi, alors, je n’ai plus que Toi qui m’entende et que j’invoque souvent : dans la prière du « Je vous salue Marie », d’abord, mais aussi plus librement, avec les mots qui se forment en mon cœur.

Ainsi, j’ai parfois tendance à vous confondre, ma maman d’ici-bas et ma maman du Ciel… mais je suis sûr que tu me pardonnes ce doux glissement de l’une à l’autre, car dans mon cœur je vous mélange parfois.

Dans mon enfance, te souviens-tu, je t’avais construit une petite grotte où la petite statue métallique que j’avais soigneusement repeinte avait trouvé sa place ?
près de 40 ans après, en retournant le jardin, comme l’avaient fait l’un ou l’autre locataire avant lui, celui du moment, creusant plus profond sans doute, a exhumé cette statuette tout à fait intacte, et l’a remise à maman, ignorant son histoire…

Maman, qui la connaissait, m’a remis cette statuette que j’ai considérée depuis comme « miraculeuse », car quelle autre statuette serait restée ainsi intacte après tant de temps ?
Depuis, je l’ai gardée bien sûr, comme venant de ma mère mais aussi de Toi…

C’est drôle, car cela me fait penser aux corps « incorruptibles » de certaines des voyantes à qui tu as fait l’honneur d’apparaître, comme la petite Jacinta Marto à Fatima, morte à 10 ans, ou Sœur Catherine Labouré (médaille miraculeuse), que l’on peut toujours voir à la rue du Bac à Paris, ou encore la célèbre Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes !

Bien sur, ce n’est pas comparable… mais pour moi, c’était comme un « clin d’œil » de ta part. J’en ai été assez retourné sur le moment. Et tellement enchanté de cette faveur ! Depuis, ta statuette trône à nouveau au jardin, pour le protéger, ainsi que la maison.

Comme tu nous aimes, Maman Marie, pour apparaître comme tu le fais depuis longtemps dans divers endroits du monde…

Les plus connus sont sans doute Lourdes et Fatima, mais nous savons qu’il y en eut bien d’autres, comme La Sallette, Pontmain, Beauraing et Banneux en Belgique, Garabandal et Medjugorge où tu apparais encore paraît-il ?

Et tant d’autres…
Bien des lieux où tu as chaque fois essayé de nous faire comprendre, à nous tes enfants, combien il t’était difficile de nous défendre du courroux de ton Fils et de Son Père devant la conduite des hommes.

Comme n’importe quelle Mère, tu défends tes petits, malgré leur indignité et leur indifférence.

Pardon, Maman, pour tout cela, et pardon de ma part d’y participer, car je ne suis qu’un faible pécheur, moi aussi. Donnes-nous des grâces pour résister aux tentations, et obtiens le pardon de ton Fils… puisqu’Il est notre Frère, après tout, non ?

Même si je ne voudrais pas abuser de ta bonté, je t’en prie, ne nous abandonnes jamais, quoi que nous fassions, nous les hommes, capables de tant de vilenies…

Apprends-nous l’Amour en changeant nos cœurs de pierre en cœurs de chair, de sang et d’Amour comme celui de Ton Fils Jésus.

Je t’aime, Maman, même si c’est très mal dans les actes : tu sais que j’essaie…

Assiste-nous à l’heure de la mort, s’il te plait, car si nous avons l’espoir de te retrouver de « l’autre côté », avec nos proches partis avant nous, cette heure-là nous fait tous un peu peur !

A-Dieu donc, Mère chérie.

 

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administrateur théâtres

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Amen  (Le vicaire )  la pièce écrite en  1963  par Rolf Hochhuth ,  au théâtre des Galeries

 « Rigoureuse, enlevée, érudite, la mise en scène de Jean-Claude Idée nous captive d'un bout à l'autre, avec des comédiens alternant à merveille entre SS et clergé italien. Une pièce trois étoiles, captivante et formidablement jouée. » Le Soir, 03/11/2011

 


La pièce de Rolf Hochhuth date de 1963 mais son histoire d'un prêtre en révolte contre le Vatican face à son silence assourdissant devant l'horreur de l'Holocauste, trouve encore une belle résonance aujourd'hui.
Un officier SS et un jeune prêtre refusent de dire ‘amen’ à la barbarie…
La pièce de Rolf Hochhuth dénonce l'attentisme du Vatican dans l'holocauste perpétré par le régime nazi. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kurt Gerstein, un officier SS allemand, épaulé par un jeune jésuite, Ricardo Fontana, tente d'informer le Pape Pie XII et les Alliés du génocide des Juifs organisé par les nazis dans les camps de concentration. Cette pièce montre qu'une histoire écrite avec le sang de millions d'innocents ne peut être frappée de prescription, elle attribue aux coupables leur part de culpabilité, elle rappelle à tous les intéressés qu'ils eurent la faculté de se décider et qu'en effet ils se sont décidés même en ne se décidant pas.

 

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Le décor est soufflant de vérité. Les costumes des prisonniers et des torsionnaires  donnent le frisson. Toute l’horreur des bruits de bottes revient à la surface. Les histoires de grands-parents qui ont vécu deux guerres élèvent leurs voix disparues. Et le cœur s’éprend aussitôt de Ricardo et de Kurt Gerstein deux héros qui disent non à l’horreur vécue par des millions de personnes à qui on avait arraché la dignité.

 

 La fresque est totale quand sous nos yeux se découvre l’envers du décor, le silence de l’église, les alliances douteuses, la peur du communisme. Du tout grand art de scène pour faire ouevre de mémoire, rappeler l’indicible. Œuvre utile et indispensable à une époque oublieuse. Les bruits sourds, les grincements évocateurs alternent avec un violon nostalgique qui égrène ses notes comme une vraie prière.  C’est la seule femme dans cette pièce uniquement peuplée d’hommes.

 

 Hélas le spectacle est terminé. On espère de tout cœur qu’ils le remettront à l’affiche. La salle était comble et les regards reconnaissants de rappeler ce qu’on ne peut ni oublier ni pardonner, ni recommencer où que ce soit. Le souvenir lancinant ne nous lâchera pas : au  fur et à mesure les décors deviennent de plus en plus bancals, les scènes deviennent, on l’espérerait, surréalistes. Un pape s'assied sur un autel.  Mais non, la fougue des comédiens nous montre bien la réalité de  ce moment insoutenable de l’histoire humaine.

 

« Le mal consiste à dénoncer le sens de la vie », parole dont s’enorgueillit un des personnages nazi. Terrible : « ce sont les traîtres qui sauvent l’honneur de l’Allemagne. » «  Ce meurtre, nous en sommes tous coupables» « Servir la paix ? Dieu punisse les pacifistes ! » « Ne rien faire est aussi grave que participer au crime. » On sort de ce spectacle bouleversés, incapables de formuler un seul commentaire.

 

Avec Steve Driesen,

 

 Nicolas d'Oultremont, Emmanuel Dekoninck, David Leclercq, Bernard Sens, Pascal Racan, Michel Poncelet, Damien De Dobbeleer, Marc De Roy, Gérald Marti, Frederik Haugness, Xavier Dumont, Frédéric Clou et Jean-Claude Frison.
Accompagnement musical : Anouk Ganzevoort.
Mise en scène : Jean-Claude Idée / Décors : Francesco Deleo / Costumes : Béatrice Guilleaume
Adaptation : Fabrice Gardin

 

http://www.trg.be/Public/Page.php?ID=3300&ancestor1=3192&saison=3180

 

 

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L'âme des choses et des lieux

 Vieille barque de pêcheurs

 dans un jardin retraitée

 dont le bois gémit et pleure

 sa jeunesse envolée

 

 Chapeau de paille déformé

 couvrant les vilaines pensées

 d'un jardinier guilleret

 et de sa voisine esseulée

 

 Tache d'encre irrévérencieuse

 dans un cahier d'écolier

 témoin de la fuite silencieuse

 de l'élève prisonnier

 

 Jardin fou, lieu enchanté

 havre de paix, de poésie

 d'où mon esprit sort rassasié

 des milles saveurs de la vie.

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VIVANCE

 

Revoici le brouillard de novembre

Avec son long cortège de douleurs

Mais, je ne veux plus être membre

Du club des défaitistes amateurs

 

Ils sont là-bas, ceux des cimetières

Et moi, ici, debout et enfin vivante

Gardez pour eux toutes vos prières

Et votre compassion dégoulinante

 

Bienvenue à vous dans mon monde

Acceptez que je ne sois plus l’autre

Et mon excentricité et ma faconde

Mes rêves très éloignés des vôtres        

 

Voici ma main : nous pouvons faire

Ensemble un petit bout du chemin

Je ne veux pourtant  vous déplaire

 Aussi j’arrête ici cet éternel refrain

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Les guignes de Cerise.

Cerise belle enfant les soirs de décrues, 

Louait les jours bénis de ses congés passés,

Aux fossés noirs pleins d’eau s’écoulant des rues,

Ultimes passages pour nuages pressés.

D’un élan guilleret elle sautait grues,

Imposants ferry-boats et pédalos graissés, 

Nageait dans l’océan auprès des morues,

Egrenait ses rêves et ses plaisirs blessés.  

 

Que faire de son temps d’enfant mal-voyante ? 

Une clameur des jeux libère le tabou,

Emporte la fiction loin de son aidante,

Rabat-joie altruiste traquant tel un hibou,

Tous les sports audacieux pour donzelle errante,

Inédits complotés avec son caribou.  

Noël et carnaval, gambade bruyante,

Musique rock n’roll, gigote alors boubou,

Ocelot de sa nuit d’ombre souriante.

Noirceur s’éparpillant au son pur du bambou,

Tout est plaisir dansé sur valse riante.

 

D’alors éperdument le bruit noya ses peurs.

 

Ans et jours répandus, fuis en ribambelle, 

Néant de longues nuits, de fols espoirs trompés,    

Déçue maintes fois, plis de sa glabelle 1,

Entre ses noirs sourcils, les succès détrompés.

Révoltes sévères, lionceau rebelle,

Les délais disparus, les émois estompés,

Une bonne vision, savante Anabelle,

Exploit admirable, nuits jours entre-trompés,   

Sa guigne 2 voit l’azur, son étoile est belle. 

 

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1) glabelle : espace entre les sourcils.

2) guigne : cerise rouge très sucrée, ou malchance persistante.

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Une autre lettre de ma fille ....

Je conserve tous les mots de ma fille ...

Elle a dix ans , et elle va partir deux semaines en ' classe des neiges ' .

Une semaine sur deux , elle est chez son papa ...garde partagée .

 

Voici : Maman ,

N'oublie pas de m'acheter une salopette de ski ,plus le manteau qui va avec , de couleur foncée S.T.P, des lunettes solaires, du beurre de cacao, de la crème NIVEA pour la peau, une écharpe , un bonnet,, une paire de gants qui ne transperce pas, une grosse valise , une couette et un oreiller, des après-ski mais pas des gros comme ça ' ( un dessin d'une énorme botte) mais des comme ça ( un dessin de bottes beaucoup plus fin ) ...un pic-nique pour le voyage pour lorsque l'on fera un arrêt , des bouteilles d'eau , et des bonbons ...pour les bonbons prend des paquets de dinosaures, des délichoc , des gommes, des boules rouges sûres, etc ... et ce n'est pas tout , une paire de pantoufles, un peignoir, un pyjama bien chaud, et si tu vois autre chose qu'il me faudrait , achète .

Tu dis que le voyage ne coûte pas cher , mais vois  tout ce que tu devras acheter  oui.

Tu viens jeudi midi à l'école , tu sais où est ma classe ?

Sur la place , il y a un escalier , tu montes , mais attention si ce n'est pas gelé ...Il y a une porte , tu rentres , c'est le couloir ...il y a une porte à droite , tu toques et tu attends que l'on dise  entrez ...et tu dis à mon prof que tu es ma maman et que tu dois me reprendre ...mais ne dis pas pourquoi , de toute façon papa a fait un mot ...

Ps: N'oublie pas  d'acheter un gros bloc de feuilles et des  timbres ...tu auras ainsi de mes nouvelles.

 

Gros bisous maman et à  jeudi .

 

 

 

 

 

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Le cueilleur des mémoires

 

Un roman de Charles Bottin publié chez Memory Press, août 2011

 

« Le rêveur est le gardien des mémoires. »

Voici un roman étrange et par là attachant car il sort des sentiers battus. Un roman qui fait vibrer les cordes intimes de l'être humain. Un roman qui entraîne le lecteur dans le foisonnement de l'Histoire tout en lui permettant d'explorer le rêve, l'imaginaire, la mémoire, l'essence que d'aucuns nomment âme.

L'histoire commence en 116 avant Jésus-Christ, en Gaule celtique dans une tribu éburonne avec la naissance de Bronde (« la Source »). Suite à l'assassinat de ses parents par une bande de pillards, Bronde et sa sœur Micha seront recueillis par le clan des Chantoires, terre de druides réputés qui cultivent la méditation par la voie des rêves. Bronde unira sa destinée à celle de Souffle (« l'Air »), une Chantoire. Le chemin initiatique pour devenir un druide célèbre ou une médecin, sage-femme reconnue, sera éprouvant et parsemé de nombreux rebondissements. La vie s'écoulera au gré des naissances, des deuils, des trahisons, des séparations volontaires ou contraintes, de longs voyages (après une visite chez les Esséniens, Bronde rencontrera César chez son ami Poseidonios à Rhodes), des retrouvailles flamboyantes à travers les convulsions de l'Histoire... avant que l'unité ne s’effondre sous les dissensions, les coups de buttoir des Germains et la colonisation sauvage de César.

Ce roman dense et très documenté nous fait découvrir l'histoire d'une civilisation méconnue, celle des peuples premiers, des mythes fondateurs.                                                               Sous une trame historique, l'auteur[1] touche à l'essentiel, « choisissant » (comme il l'écrit dans sa note en fin d'ouvrage) « le point de vue de ceux qui croient plus en l'être d'esprit que dans le faire tranchant. »                                                                                                                     A travers un questionnement humain l'auteur scrute le sens de l'Histoire et atteint par là l'universel. En nous invitant à mettre nos pas dans ceux de Bronde, le romancier nous fait découvrir le monde mystérieux et envoûtant des druides et des devins, détenteurs d'un savoir empreint d'une grande sagesse, explorateur de rêves parfois prémonitoires. Ces maîtres        ès-méditation, « cueilleur de mémoires », nous interrogent sur la connaissance intérieure et nous entraînent dans une spiritualité qui transcende le temps, les civilisations et les religions tout en vivant ancrés dans le fonctionnement de la société celte. Le passage par l'univers imaginé n'est-il la meilleure façon de faire émerger le réel ?

Véhicule de l'âme, la parole occupe aussi une place importante dans ce roman. Tantôt prophétique, tantôt récit des temps premiers, elle se veut rassurante et tendre. Parfois violente et provocatrice, elle suscite la haine, la trahison, la dissension et la guerre. Souvent conciliante, elle permet de structurer et de ritualiser la société avec ses nombreuses assemblées tribales. Experte, elle exerce sa diplomatie parmi des clans qui s’entre-déchirent. Dans tous les cas elle se fait libératrice des pulsions internes qu 'elles soient salvatrices ou destructrices. On ne peut s'empêcher d'établir un parallélisme entre ce roman et Œdipe sur la route d'Henri Bauchau où le roi aveugle et maudit au prix d'une longue errance faite d'épreuves initiatiques, de rêves porteurs de signes et de dépassement de soi parviendra à se libérer de son passé meurtrier pour atteindre la clair-voyance. L'une et l'autre œuvre explorent le champ de l'âme qu'elles sondent et scrutent avec acuité.

Roman du passage de l'enfance à l'âge adulte lorsque Souffle vit une expérience solitaire et fondatrice en pleine nature – une nature omniprésente décrite avec des accents poétiques –   Le cueilleur des mémoires pose aussi le problème de l'apprentissage avec ses tourments amoureux, ses doutes, ses découragements, ses questions lancinantes sur la formation reçue et son utilité voire encore sur le rôle du destin dévolu à chaque être humain.

D'ailleurs celui-ci immergé dans les vicissitudes de l'Histoire nous plonge dans une vaste réflexion sur son sens. Les peuples celtes après avoir vécu en paix et en bonne entente vont se disputer et se faire la guerre (préfiguration de la (dés)union européenne actuelle ?), attaqués d'un côté par les Germains, de l'autre par les Helvètes, envahis par la force brutale de César qui excelle à appliquer le principe de diviser pour régner. Le lecteur lira avec intérêt la description très vivante des batailles de César, un César bien différent de la vision propagandiste et scolaire de la Guerre des Gaules. L'auteur nous donne ici le point de vue des vaincus, ceux qui sont exclus de l'histoire officielle... Les « grandes » civilisations ne peuvent-elles se construire qu'à travers la violence, la destruction, le massacre, l'exclusion et la radicalisation ?

« Lire[2], c'est presque toujours se confronter à un personnage ou à une situation dont on éprouve intimement les vibrations. Rencontre, découverte, complicité, refus voire hostilité : quelque chose fait écho à sa propre subjectivité. »                                                      Longtemps encore après avoir refermé ce roman, les personnages de Bronde et de Souffle continuent à hanter la mémoire du lecteur et à féconder son âme.                                            La littérature, c'est de la force que l'on vous dit et de la force que l'on vous donne !

WILLD[3]



[1] Charles Bottin après une formation de céramiste, travaille pendant 7 ans parmi les Twas, un peuple premier d'Afrique centrale. Revenu en Belgique en 1987, il entame des études d'infirmier. Aujourd'hui ses activités autour de l'argile se partagent avec l'accompagnement de la fin de vie et l'écriture. Il est aussi l’époux de Ruhina et le papa (entre autres) de Jehan.

 

[2]Monique Verdussen, critique littéraire.

 

[3]Dominique Willem est professeur de français, latin et grec au collège Saint-François Xavier I de Verviers.

 

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