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Eliminations pour un héritage, Jean-Louis Riguet

 

Éliminations pour un héritage

 

Un roman policier

De Jean-Louis RIGUET Carolus éditions

©Jean-Louis RIGUET, 2017

ISBN numérique : 979-10-262-1464-9

EAN papier : 9791026214656

Internet : www.librinova.com

 

 

Éliminations pour un héritage

 

Un original méconnu décède un premier janvier. C'était le président fondateur d'une association, le Carte Club Orléanais. Un testament est censé régler sa succession.

Il a institué pour légataires universels les membres du conseil d’administration de l'association. Or, des conditions particulières draconiennes sont à remplir par chacun des membres à une date limite. Si l'un ne remplit pas les conditions, il est éliminé. Si aucun n'y parvient, une autre association héritera.

L’avocat désigné comme exécuteur testamentaire mène l'enquête. Il va de soubresauts en rebondissements à travers les spécialités orléanaises. 

Un roman d’investigation pour une enquête quasi-policière étonnante où les péripéties abondent et où le suspense et l’humour ne sont pas en reste !

 

 

Pour commander le livre :

https://www.librinova.com/librairie/jean-louis-riguet/eliminations-pour-un-heritage-1

Merci d’avance

 

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Monsieur le Préfet

Après la lecture d'un roman, ma foi fort bien écrit et digne d'intérêt pour le lecteur à la mémoire sélective que je me complais d'être, je relevais au gré des pages le court chapitre que je vous recopie ci-dessous. Il m'entraîna vers une obligatoire comparaison de deux époques : celle de ce roman que je viens de lire, et qui se déroule au tout début du XXe siècle, et la nôtre que nous subissons un siècle plus tard, en cet an de mauvaise grâce 2017 ; an 2017, sous le règne de l'Europe des techno/burocrates, mais aussi de la planète terre dans sa globalité, au devenir non pas d'incertitude nous n'en sommes plus là, mais d'auto-destruction.

D'aucuns diront qu'il faut rester dans une attitude positive et faire confiance à l'humain. Mais à titre strictement personnel, je ne vois et n'entends dans les journaux, ou dans la boite à images et à mensonges appelée T.V, que des guerres, des violences, des arnaqueurs, des voyous et des tricheurs. Des punissables impunis, des condamnés en liberté et des victimes insatisfaites. Je me dis que pour remettre un peu d'ordre dans ce marigot glauque que devient la planète bleue, il nous faudrait la venue d'un nouveau prophète qui stériliserait l'humanité pour le siècle à venir.

Voici donc une partie du roman qui se déroule en l'an 1910 :

.../...

Monsieur le Préfet se leva et tendit la main à l'aubergiste. « Chère madame, je n'oublierai jamais ce déjeuner et je comprends à présent que l'on ait désigné la vigne comme l’arbre de vie par excellence. »

  • Oui monsieur le Préfet, dans nos petites communes nous avons une tradition de viticulteurs certes, mais aussi de bouilleurs de cru, et nous avons toujours eu à cœur de ne pas laisser perdre les énormes quantités de fruits récoltés en automne comme les pommes ou les poires, mais aussi les cerises et les prunes au printemps.

Le préfet reboutonna sa veste, et ajusta sa cravate en se dirigeant vers la porte. Déjà le chauffeur qui avait mangé seul à une table au fond de la petite salle se précipitait pour ouvrir la portière.

En ce début d'après-midi, le village bruissait de tous les métiers qui le faisaient vivre depuis des temps immémoriaux. Le tonnelier tapait sur ses douves, on entendait le bruit sec du hachoir du boucher dans son arrière-boutique, des éclats de voix provenaient du fournil de la boulangerie dont la porte était restée ouverte et, plus loin, le forgeron, habillé de son tablier de cuir, confectionnait une volute de fer chauffée au rouge, qui serait assemblée sur une rampe d'escalier destinée à la maison du meunier. Dans la cour de l'école, à quelques centaines de mètres de la mairie, des enfants jouaient à la marelle, en riant et en dansant joyeusement. Et au-dessus de cette vie dense et joyeuse, quelques oiseaux, blottis dans un des très vieux tilleul de la place datant de quelques dizaines d'années après la Révolution, pépiaient comme pris de timidité.

Puis un siècle passa, et l'arrière petit fils de l'écrivain revint dans le même village et décrivit la même scène.

.../...

AN 2017.

Monsieur le Préfet se leva et regarda discrètement le patron du food-truck installé sur la place vide. N'ayant pas eu le temps ni le courage de chercher un restaurant dans cette campagne paumée, une pizza très certainement congelée avait fait l'affaire.

- Merci cher monsieur, ce fut frugal, mais correct. Par contre vous devriez proposer quelques bouteilles de vins, j'avoue qu'un verre de rosé bien frais m'aurait fait plaisir !

Le garde du corps se dirigea vers la voiture, jetant des regards suspicieux sur cette foutue place vidée de sa substance, mais soucieux et aux aguets, intrigué par tous ces volets fermés pouvant cacher l'intrus, l'indésirable. Le patron du food-truck interpella l'homme public et lui dit :

- Vos lois m'interdisent de vendre du vin, que voulez-vous, je ne fais qu'obéir à la législation. Et oui, Monsieur le Préfet, dans nos petites communes, nous avions une tradition de viticulteurs certes, mais aussi de bouilleurs de cru et nous avions toujours eu à cœur de ne pas laisser perdre les énormes quantités de fruits récoltés en automne comme les pommes ou les poires, mais aussi les cerises et les prunes au printemps. De nos jours, tout le monde s'en fout ; les campagnes sont désertées de toutes vies et tous les fruits restent pourrir par terre à cause des hommes politiques et autres biens-pensants comme vous. Vous êtes assis derrière vos bureaux, vous créez des lois et instaurez des interdits sans connaître la vie du peuple qui fait vivre et respirer notre nation jadis belle et prospère. Nos traditions se meurent, nos savoirs-faire disparaissent car non transmis, et notre civilisation s'effondrera d'elle-même comme fond le beurre au soleil !

Le garde du corps claqua la portière et contourna le véhicule en jetant un regard noir sur le patron du food-truck, ravi de sa sortie.

En ce début d'après-midi le village était d'un silence inquiétant, plus de tonneliers, puisque plus de bouilleurs de cru, plus de boucher puisque la mode était aux Végans et aux cinq fruits et légumes par jour ! Des fruits bien calibrés, bien traités aux insecticides et peints à la cire pour bien briller. Les deux petites rivières traversant la commune, autrefois riches en truites, en vairons et autres goujons, ne charriaient plus rien sauf quelques écrevisses américaines qui avaient fini de détruire ce que le glyphosate des laboratoires chimiques n'avait pas empoisonné. Le fournil du boulanger était éteint depuis de longues années déjà, et la camionnette de la boulange du village d'à côté ne passait plus qu'une fois par semaine. Encore fallait-il se déplacer pour aller chercher son pain pour la semaine, car elle stationnait pendant 15 minutes sous le plus vieux tilleul et reprenait son chemin. Le forgeron ! n'en parlons même pas...... Tous les balcons se vendaient désormais dans la grande surface en zone sud de la grande ville située à 35 bornes. Et ce n'était plus le forgeron qui adaptait les mesures à la construction, car tout était normalisé, tout était identique et adaptable partout.

Reste l'école : depuis belle lurette elle avait été transformée en gîtes et s'ouvrait deux ou trois mois par an, pour quelques touristes de passage désireux de respirer l'odeur de la campagne, enfin ce qu'il en restait puisque la moitié des terrains étaient en jachère et broutés par quelques brebis égarées. Les autres étant réservés à la culture du maïs pour le fermier de la Rue Haute qui nourrissait quelques dizaines de vaches sans corne avec l’ensilage de ses cultures chimiquement traitées. Un drone passa à quelques centaines de mètres ; sans doute pour relever les points GPS nécessaires au repérage des voies, à moins que ce ne soit un appareil des services fiscaux repérant les agrandissements non déclarés comme par exemple une terrasse couverte, ou un abri de jardin de plus de 9 m2

Une feuille tomba en spirales du tilleul derrière la chariotte en tôle du sous-préfet qui s'éloignait doucement. Une feuille morte qui remplace un corbillard, pensa le patron du camion-bouffe. Une voiture arriva de la route des Combrailles ; certainement des usagers de l'autoroute qui avaient pris ce chemin pour pisser tranquillement sur les rares fleurs sauvages existant encore. Le véhicule se rapprocha doucement du food-truck et pour narguer le type qui vendait sa mal-bouffe, un passager jeta par la fenêtre un sac en papier contenant quelques frites, des gobelets et des boites en polystyrène achetés au drive de la station de l'autoroute.

  • Pauvres cons ! cria le « chef ».

Il avait raison ! Les « marchent debout » méritant de porter ce qualificatif sont légions. Les occupants de la voiture certes, mais aussi lui même ce brave chauffeur de saucisses et de steack congelé..... Mais ne nous oublions pas dans cette catégorie : nous, qui avons laissé faire, qui avons laissé perdre, laissé détruire nos richesses, nos savoirs-faire, notre patrimoine dilapidé aux plus offrants ; qu'ils soient : Russe, Asiatiques ou des pays ensablés et riches de leur or noir. Nous, qui avons fait confiance aux hommes politiques de tous bords à de rares exceptions près, aux industriels et aux soi-disant progrès qui en définitive nous ont conduit tout droit vers notre propre perte.

Mais chut.... Il ne faut rien dire..... Taisons nos états d'âmes.... Le CAC 40 serait en danger potentiel, ce genre de propos est inaceptable dans une société vouée à la stérilisation des idées et à l'obsolescence programmée des objets et des humains qui la composent.

Pour des fêtes de fin d'année, on peut faire plus gai ! Mais ce serait se mettre la tête dans le sable, emberlificotés dans des images subbliminales très généreusement distribuées par les médias et les dirigeants planétaires.

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Merry Christmas !!

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Ce dernier soir, était la fin de la descente dans la nuit
C'est à présent le début de la remontée vers la lumière
Face au mystère de la renaissance, au renouveau de la vie
On se tient tous devant l'arbre cosmique reliant le ciel et la terre

Des guirlandes de boules ascensionnelles
Embrassent les branches s'élevant vers le ciel
Où comme de gracieuses planètes libérant leur feu intérieur
Symbolisent par excellence la survit dans le cœur des aïeuls et des mineurs

Que ces étoiles lumineuses écoutent vos messages muets remplis de vœux
Et que demeure pour un instant la mosaïque du temps et des cycles
Pour lier au paradis céleste les rires d'enfants heureux
Nom d'auteur Sonia Gallet © 2017
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12273263870?profile=originalLes poissonniers
Vincenzo Campi
Musée de La Roche-sur-Yon

      On me dira que ce ne sont point-là de « grands peintres ». Point de mystères, de langage sophistiqué ou secret, de symboles qui nous sont parfois si difficiles à déchiffrer et qui, de là, nous transportent. Leur langue est verte, truculente voire triviale, leurs gestes un peu frustes. Mais c’est peut-être en cela qu’ils nous sont finalement si proches.
Grâce leur soit donc rendue, « Dieu aide toujours aux fous, aux amoureux et aux ivrognes. » (Marguerite de Navarre*, 1492-1549).
Cela ne manque ni de verve ni de sèvre et, de plus, c’est roboratif !


« Il n’est point tant de barques à Venise,

Ni de pardons à Rome un jour de fête,
Ni d’usuriers en toute la Lombardie,

Que vous avez de lunes en toute la tête. »
                                                                           Mellin de Saint-Gelais (1491-1558)


Et puis, parfois, « Le bon choix, de loin, c’est de préférer un peu de saveur à beaucoup d’insipidité. », Boccace (1313-1375). La cuisine italienne doit d’ailleurs beaucoup de son renom à deux maître-queux, Bartolomeo Scapi (ca 1500-1577) et Cristoforo di Messisbugo (ca 1490-1548), véritable MC, maître de cérémonies, banchetti i divertimenti.
Les peintres de la Renaissance développeront une autre rhétorique, inventio et dispositio, varietas et copia (abondance, ce qui ne saurait nuire).

12273264093?profile=original Mangeurs de fèves (détail)
Vincenzo Campi
Musée Calvet, Avignon
A table ! Faisons bombance !

      Je poursuis donc cette nouvelle série de billets sur les plaisirs de la table, la satire et le rire, citant des auteurs essentiellement François, je suis gaulois quoi qu’il en soit. Qu’il me soit donc permis ici de mettre mes pas dans ceux de maître François en illustrant Des pois au lard cum commento. De l’art et des mots.


12273265089?profile=original Grangousier à table
(gravure sur bois, 1542)
« L’appétit vient en mangeant… la soif s’en va en buvant. »,
                                                                                                                      Rabelais


Et ce en toute occasion.


« Ho ! mon petit fils, mon couillon, mon peton, que tu es joli !
Et tant je suis tenu à Dieu de ce qu’il m’a donné un si beau fils, tant joyeux, tant riant, tant joli. Ho, ho, ho, ho ! Que je suis aise ! Buvons.
Ho ! Laissons toute mélancolie ; apporte du meilleur, rince les verres, boute la nappe, chasse ces chiens, souffle ce feu, allume la chandelle, ferme cette porte, taille ces soupes, envoie ces pauvres, baille-leur ce qu’ils demandent, tiens ma robe que je me mette en pourpoint pour mieux festoyer les commères. »
                                                                              François Rabelais (1494 ?-1553)


12273265668?profile=originalLes poissonniers (Pescivendoli, détail)
Vincenzo Campi
Musée de La Roche-sur-Yon

      Voilà goûteux propos dans cette langue propre à vous guérir les goutteux. Pour peu que les mets soient accompagnés d’un frais clairet.

12273266277?profile=original Mangeurs de fèves
Vincenzo Campi
Musée Calvet, Avignon
« Verse en mon verre du vin
Pour étrangler la mémoire
De mes soucis après boire. »
                                                                                 Pierre de Ronsard (1524-1585)

12273267056?profile=originalLe mangeur de fèves
Annibal Carrache (1560-1609)
Ce grand peintre classique fut formé notamment par Bartolomeo Passerotti,
sujet de mon prochain article (photo captée sur le net).

      Comédie de masques, reflet d’une société démasquée, avec ses vieux libidineux, vecchi, son soudard furibard, le Capitan, ses amants galants, innamorati, la servante pétulante, servetta, les zanni, ces fripons factotons. Ces négatifs qui se développeront avec les personnages d’Arlequin, de Colombine, de Pantalon… multipliant les lazzis.

12273267279?profile=original Les poissonniers (détail)
Vincenzo Campi
Musée de La Roche-sur-Yon

Tentons ici quelques apparentements terribles avec :


12273267865?profile=originalLa pourvoyeuse de légumes (détail)
Joachim Beuckelaer (1533-1573)
(Musée des Beaux-Arts, Valenciennes)

12273267687?profile=original Le grand marché (détail)
Pieter Aertsen (Galerie nationale de Capodimonte, Naples)
Pieter Aertsen, que les Italiens appellent Pietro Longo (de son surnom Lange Pier dans sa langue maternelle), était l’oncle de Joachim Beuckelaer.

      Tout cela est propre et figuré, en mode mineur, à la fin du Cinquecento et au début du Seicento italiens (avec ce senso dell’umorismo, très baroque’n’roll-mops), et à la peinture de genre anversoise du XVIe siècle. Pourtant, au siècle suivant, même le raffiné Jordaens (1593-1678) n’hésitera pas à introduire une touche de vulgarité assumée dans certains de ses tableaux.


12273268469?profile=originalLe roi boit (détail)
… en attendant la galette. Bah ! le peuple trinque.
Jacob Jordaens (Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg)

De même pour le Français Carle Van Loo (1705-1765) dans…


12273268294?profile=originalL’ivresse de Silène (détail)
Silène, compagnon de Dionysos, et grand buveur devant l’éternel.
Carle Van Loo (musée des Beaux-Arts, Nancy)

Et le tendre Vermeer de Delft (1632-1675) parait lui aussi s’être souvenu de cette période.


12273268886?profile=original L’entremetteuse (détail)
Johannes Vermeer (Galerie de peinture, Dresde)

Fin de la 1ère partie.


Avant de reprendre quelques coquillages et crustacés, servis sur un plateau, les antipastis sont ici :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/frangipane-et-autres-menus-plaisirs-antipastis?xg_source=activity

Michel Lansardière (texte et photos, sauf mention contraire)

* Marguerite de Navarre (ou d’Angoulême, ou d’Alençon), reine de Navarre, sœur et conseillère de François 1er, grand-mère d’Henri IV, femme de lettres, protectrice de Rabelais et de Lefèvre D’Etaples, des humanistes en général, diplomate, elle sauva ainsi la mise aussi bien à Clément Marot qu’à son frère François fait prisonnier à Pavie. On lui doit notamment l’Heptaméron, le pendant, en français, du Décaméron de Boccace.

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Le choix de me sentir moi-même

En cette nuit de réveillon,
J'ai opté pour la solitude.
M'humilie ma décrépitude.
La ressens hors de ma maison.


À vingt ans, me combla de joie
Une phrase que ma mémoire,
Qui garde intacte mon histoire,
Peut prononcer à haute voix.


En mes instants de nostalgie,
Si mon âme se sent chagrine,
Elle intervient, se fait câline,
M'immerge dans la poésie.


Ce soir j'ai dîné détendue.
Dans le silence et la tendresse,
Me vint un souffle de jeunesse
Puis la voix longtemps restée tue.


24 décembre 2017

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Le plaisir de l'oisiveté

Flânant avec légèreté,
Je ne pense plus à personne.
Dans le confort, je m'abandonne
Au plaisir de l'oisiveté.


Je survis, parfois exaltée,
Rarement dans l'indifférence.
M'égaient à la fois la brillance
Et des nuages la beauté.


J'observe des métamorphoses,
Curieuses, instantanées,
D'autres à peine soupçonnées.
L'énergie ne prend pas de pause.

Les ombres de nombreux érables
Restent posées artistement,
Se modifient très lentement
La lumière demeurant stable.


Un vitrail, d'oiseaux encombré,
Fait qu'apparaissent sur ma page
Des morceaux déchirés d'images,
Portés par des rayons dorés.


23 décembre 2017

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En l'année prochaine , peut-être

- Lisez, n'attendez à demain!
Partout vous trouverez des livres.
Cueillez-les sur votre chemin!
- Devrait-on lire pour mieux vivre?


Ne le dit pas, monsieur le maire.
Maintenant au gouvernement.
Premier ministre populaire,
Maintient-il son engagement?


Il pense qu'il est important
Que les Français, de tous les âges,
À lire consacrent du temps.
On n'en sait pas les avantages.


Avec modestie, il confesse
Que continue à l'émouvoir
D'un drame, surtout la tendresse.

Il s'étonne de ce pouvoir.


La poésie moderne apporte
Un courant qui parfois enivre.
Il faudra que s'ouvrent des portes
Pour qu'elle se love en des livres.


22 décembre 2017

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ADIEU 2017...

Catastrophique ou bien joyeuse

Elle va résolument partir

Adieu aux promesses trompeuses

La terre se tourne vers l'avenir...

Pour en finir, elle crie : Noël

S'envoleront les cadeaux  fous

Qui feront vibrer lui ou elle

En leur offrant des moments doux.

Puis, s'égrèneront les derniers jours

Qui aboutissent à une veillée

Ultime élan des mots d'amour

A nos oreilles émerveillées!

Et pour les tympans fatigués

Qui ont perçu bien trop de bleus

Me vient l'envie de murmurer...

Quelques mots pour se sentir mieux :

Prendre la vie au jour le jour

Retrouver le goût des chansons

Ne plus médire de ces amours...

Qui font parfois perdre raison!

S'abandonner à son instinct

Et renoncer aux mots qui mentent

Ne plus vouloir être chagrin

Être ceux que la terre contente.

Et pour les amis d'Arts et Lettres

Un flot constant d'inspiration

Et tout ce qui leur permet d'être

Les gardiens fous des illusions!

Joyeux Noël et bonne année

J.G.

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Ne me surprend pas d'être heureuse

Je n'éprouve pas de regret
À vivre dans la solitude.
Entourée, j'avais l'habitude
D'errer en mon jardin secret.

Par une imprévisible grâce,
Un jour put se réaliser
Un bonheur longtemps désiré.
S'ouvrit un lumineux espace.

Il était empli de tendresse,
Et d'une énergie surprenante.
Ma vie redevint exaltante,
Comme aux étés de ma jeunesse.

L'ancienne amitié amoureuse,
Qui de sa source resurgit,
Jusqu'à son terme me ravit.
La mort est cruelle joueuse.

À nouveau seule, je vieillis,
Étant du passé oublieuse.
Ne me surprend pas d'être heureuse:
J'existe dans un paradis.

21 décembre 2017

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administrateur théâtres

Dialogues des Carmélites, l’opéra le plus célèbre de Francis Poulenc (1899-1963) fut créé à Bruxelles en 1959, soit deux ans à peine après sa création à la Scala et à Paris. C’est une œuvre tragique magistrale, musicalement et dramatiquement. Elle a cette qualité royale : «  la force » et « le dépouillement », pourrait-on ajouter.  L’histoire de ces carmélites décapitées durant la Révolution française est connue par le récit qu’en fit l’une d’entre elles. Sur la nouvelle "La dernière à l'échafaud", de Gertrud von le Fort (1931), Georges Bernanos livre un dialogue de film qui sera publié en 1949, quelques mois avant que la mort ne l’enlève à un public fervent qui n’avait cessé de s’élargir.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, mariage et intérieur

 

 Les nombreuses prières que comptent l’œuvre confèrent une aura sacrée à l’œuvre. Elles soulignent le refus du compromis et de la transaction. Elles cristallisent l’honneur chrétien : une relation fusionnelle de l’honneur humain et de l’amour du Christ pour les pauvres humains. Blanche incarne un miracle. La faiblesse, la fragilité et la peur sont transfigurées en héroïsme quand la terreur et la violence iconoclaste compromettent ce que nous avons d’élévation et de civilisation.

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A la mort prodigieuse de la prieure, crucifiée par le doute sur  la couche verticale de sa chambre  de nonne, la grâce inonde l’esprit de la jeune Blanche comme  une vague de tendresse éternelle. Ce mot « tendresse » effleuré par la sainte femme, mère de toutes les filles,   elle se l’était réservé comme ma seule chose à emporter.  Ce viatique pour l’au-delà est un trait d’union.  La mort des carmélites qui n’ont pas renoncé à leur foi est un manifeste contre tout ce qui blesse ou avilit l’être humain. La délicieuse sœur Constance, accède aux plus hautes valeurs sans jamais les trahir grâce à ce que Bernanos nommait « l’esprit d’enfance ». Un mélange de pureté, de joie pure, d’idéal et de goût absolu de Dieu. Les deux interprétations de ces  deux rôles de vestales sont immaculées, tout comme leur blanches robes!

 

Les tableaux intimistes d'Olivier Py se succèdent et  déploient de bouleversantes émotions. La tristesse du père qui voit sa fille se condamner au Carmel, la détresse physique et morale de la jeune Blanche qui est envahie par une peur maladive, les murs mouvants qui se referment sur les couleurs du monde, la  souffrance et la peur délirante de la mort de la prieure vue du ciel, l’ultime rencontre de Blanche avec le chevalier de la Force désespéré de voir sa sœur s’enterrer vivante, la déroute des priantes universelles de l’amour face à  la sauvagerie de l’invasion de la soldatesque, le caractère ambigu de l’aumônier démis de ses fonctions,  tout est suggéré de manière minimaliste mais tellement chorégraphique, au sens étymologique du terme. Le mythe brille dans la caverne! Le point culminant de l’opéra est un point d’orgue poignant et sans doute inoubliable par sa majesté.   Le sacrifice des nonnes sera libératoire lorsqu’elles s’éparpilleront une à une dans l’espace étoilé, à chaque coup de guillotine,  leur prison terrestre s’étant ouverte à l’infini de l’univers. Vision extraordinaire d’alpha et d’oméga sur l’onde musicale du Gloria Patri… On a le souffle coupé!

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  L’Orchestre symphonique et les Chœurs de la Monnaie (chef des chœurs Martino Faggiani)  

Il n’y a pas plus vivant que les nuances de gris… dit-on !  L’interprétation du chef d’orchestre Alain Altinoglu, directeur musical de la Monnaie, à la tête de l’orchestre ne cesse de fasciner par le scintillement des émotions et la souplesse des atmosphères. Il ne cesse d’allumer mille et un feux. La palette des sentiments aussi sombres que les costumes et le décor est faite de veloutés, de crépitements,  d’explosions, de signaux d’alarme prémonitoires, de plaintes, de craintes et d’héroïsme flamboyant, spirituel et charnel. 

Peter de Caluwe a réuni une  double distribution éblouissante, choisissant parmi les plus belles voix féminines  du chant français et belge : la soprano Patricia Petibon et la belge Anne-Catherine Gillet, dans le rôle de Blanche de la Force ; les sopranos Sandrine Piau et Hendrickje Van Kerckhove  pour Sœur Constance de Saint-Denis ; la mezzo-soprano Sylvie Brunet-Grupposo  pour Madame de Croissy ; les sopranos Véronique Gens et la jeune Marie-Adeline Henry dans le personnage de Madame Lidoine ; les mezzo-sopranos Sophie Koch et Karine Deshayes dans Mère Marie de l’Incarnation.  Pour les rôles masculins, nous avons admiré la prestance du  baryton-basse français Nicolas Cavallier dans le Marquis de la Force et l’intense  jeune ténor Stanislas de Barbeyrac (débuts à la Monnaie) dans le Chevalier de la Force. Guy de Mey dans le rôle de l’aumônier  … ce rôle, ambigu ?

Nous  nous interrogeons, au passage sur l’intrépidité de La Monnaie à oser présenter une œuvre qui met en scène l’héroïsme religieux et pour certains, une forme de fanatisme, qui devrait pourtant baisser pavillon  par les temps qui courent… Provocation? Le public n’a qu’à réfléchir ! Sans nul doute!

 DISTRIBUTION

Direction musicale ALAIN ALTINOGLU
Mise en scène OLIVIER PY
 
Décors et costumes PIERRE-ANDRÉ WEITZ
Éclairages BERTRAND KILLY
Chef des chœurs MARTINO FAGGIANI
 
Le Marquis de la Force NICOLAS CAVALLIER
Blanche de la Force PATRICIA PETIBON / ANNE-CATHERINE GILLET*
Le Chevalier de la Force STANISLAS DE BARBEYRAC
L’Aumônier du Carmel GUY DE MEY
Le Geôlier, Thierry, M. Javelinot NABIL SULIMAN
Madame de Croissy SYLVIE BRUNET-GRUPPOSO
Madame Lidoine VÉRONIQUE GENS / MARIE-ADELINE HENRY*
Mère Marie de l’Incarnation SOPHIE KOCH / KARINE DESHAYES*
Sœur Constance de Saint Denis SANDRINE PIAU / HENDRICKJE VAN KERCKHOVE*
Mère Jeanne de l’Enfant Jésus MIREILLE CAPELLE
Sœur Mathilde ANGÉLIQUE NOLDUS
Premier commissaire YVES SAELENS
Second commissaire ARNAUD RICHARD
 
ORCHESTRE SYMPHONIQUE & CHŒURS DE LA MONNAIE
ACADÉMIE DES CHŒURS DE LA MONNAIE s.l.d. de BENOÎT GIAUX
 

 

 

https://www.lamonnaie.be/fr/program/426-dialogues-des-carmelites

en live sur
operavision.eu
15.12.2017

diffusion sur Klara
13.01.2018

diffusion sur Musiq3
20.01.2018

streaming disponible sur
www.lamonnaie.be/fr/streaming
10.01 > 30.01.2018

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Un bon maître... un peu cocasse ( 9 )


                                                                  Ce genre de personnage à la moustache évocatrice dont la célébrité était répandue dans le village avait au moins un avantage c’est que je ne suis pas près d’oublier mes débuts sur la scène du théâtre scolaire. Ainsi que la grosse boule bleue près de la porte d’entrée avec toutes les mers du monde qui entouraient les continents et sur laquelle je ne vis pas ma maison. Encore une boule. Je me ” civilise ” de jour en jour à coups de punitions et de brimades, pardonnant volontiers à celui qui ne connaît rien à l’air pur que d’en être jaloux. Il y a des bons et des méchants. ” Il faut se méfier des oiseaux moustachus ” me dit ma mère, elle qui avait entendu à la radio les vociférations de ce type d’animal de foire qui effraie les enfants à cause des poils qui surplombent les baisers . "Ils ne sont pas normaux" me disait-t-elle. Les miens d’oiseaux n’ont pas de moustache. Ici, dans ma forêt je n’en vois pas et j’y ais moins mal au ventre que dans la classe du corbeau moustachu.

                                                                                     
                                                                                                    ***  

                                                                   Puis enfin le calvaire de l’instruction à coups de punitions a cessé pour laisser place à l’instruction du football. Ce n’était pas un frustré celui-là, un tourmenté de la citrouille qui rêve de jeter tout le monde par-dessus bord pour se glorifier devant le miroir de sa folie. Loin de là, mais un passionné de football, hanté par le ballon rond jusque dans l’exercice de son métier. Des posters partout de Just Fontaine, de Kopa… Et en prime pour nous, les provinciaux des années cinquante : la radio qui faisait à peine son apparition dans les chaumières. La retransmission des matches de football à la radio pendant les heures de classe. Que rêver de mieux quand les yeux des gamins s’échappent par les fenêtres pour suivre le papillon se posant sur la rose du jardin du directeur de l’école ou se sentir invité par le moineau qui picore à la gigantesque fenêtre, chauffé par le soleil du matin. C’était le “bon” parfait ce maître là. Un homme descendu de la lune, aimant les enfants comme les siens. Aimant aussi les mamans qui les fabriquent. Bref, il baignait dans l’amour. Il avait compris que l’amour ne donne pas mal au ventre, que le temps est accepté et non pas subi et surtout qu’à travers la joie et le jeu on donne envie d’apprendre.

                                                                   
                                                                                                      ***

                                                                    Il eut certainement envie d’apprendre les joies du ballon rond à ma mère car qui ne vîmes nous pas débouler un jour en vélo, ballotté par les ornières de notre forêt d’Emblise ? notre amoureux de la vie, pardi ! Curieux de nous connaître, surtout ma mère, il avait osé s’aventurer dans la forêt au mépris des bandits ou voleurs de grands chemins qui peuplaient l’imaginaire des ” gens de la ville, “qui voyaient disparaître peu à peu arbres, fleurs et papillons venus se réfugier près de chez nous. Pour ne pas se perdre, comme le petit Poucet guidé par les cailloux, son nez avait suivi l’odeur chaude et appétissante d’un chou qui mijotait parmi ses lardons. Il descend de son vélo en rattrapant son équilibre, balbutiant qu’il venait conter à ma mère, forcément à elle, mes résultats scolaires.Il fut accueilli par ce sourire que je lui connaissais bien et ce regard bleu-azur qui n’avait rien perdu de son éclat vivant, lui qui me contait quotidiennement l’odeur de la poudre, des fusillades et des brimades. Ma mère avait très vite saisi ce qui devenait important à cet instant : le chou ! Il embaumait à tel point qu’il me vint la crainte de voir arriver des escadrons de cyclistes pour réclamer leur part ! ” Vous prendrez bien un peu de chou ? ” lui proposa-t-elle. Et voilà mon amoureux de la vie qui pour toute réponse était déjà attablé guettant la précieuse casserole ! Je voyais mon maître engloutir sans nul souci de paraître dérangeant ou gourmand et se balancer en arrière une fois l’assiette vide comme pour en redemander. ” Je ne voudrais pas abuser et vous priver de votre repas “. Une réponse à une question qui n’avait pas été posée tant l’enfant que nous avions sous les yeux nous épargnait tout propos inutile. Ma mère remplit l’assiette et quand elle fut vidée le maître d’école dégoulinait de toutes parts de chou, sur le menton, les mains et sur l’imperméable qui emporterait les taches et l’odeur ! Il aurait vidé la casserole c’est sûr si nous avions un peu insisté. ” Ta maman est bonne cuisinière ” me dit-il en me tapotant le haut du crâne et il enfourche sa bicyclette précipitamment. Il était comique cet homme-là avec ses pinces à linge au bas des pantalons. ” Qu’est-ce qu’il voulait ton maître ? ” me demanda ma mère.” Parler de l’école, sûrement ” lui répondis-je !

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Le soldat

Mes yeux en crochets métalliques froidement ont harponné ceux du soldat,
pour l’obliger à me fixer.
Il a plaqué ses pupilles rêches sur mon front buté
en le poinçonnant du sceau infâme de sa barbarie.

Passer une main en torchon sur ce front violenté,
ignorer sur ma poitrine la pointe du fusil en gueule de chien enragé,
laisser mijoter à feu doux ma terreur de la mort,
ne pas plier les genoux en vieille affalée sur son prie-Dieu,
refouler l’image de mon corps disloqué dans un clac obscène,
les lambeaux de viande morte aspergeant l’univers d’un sang dentelé,
mes entrailles, mon cerveau, mon sexe percés à jour.

Me persuader dans un espoir stérile qu’il baissera son arme,
qu’il étouffera dans son sac en bandoulière
le feu de sa haine en buisson ardent.

Me réchauffer aux fausses certitudes qu’offre l’approche de la toute fin,
croire en la vertu de la repentance chez cet homme frustre,
jusqu’à l’ultime instant où la balle me frappe et me fauche.

Hélène Laly

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Je demeure certes la même

Songerie

Sans compagnie, je soliloque,
En phrases bien articulées.
J'ai des valeurs immaculées
Et des envies d'une autre époque.

Assez souvent, Je prends plaisir
À révéler ce que je pense
 Et je le fais avec aisance.
Parfois me dois de réagir.

Honorer m'est une habitude
Que j'exerce dans la tendresse.
Je dénonce ceux qui agressent, 
Avec vigueur et promptitude.

L'âge que j'ai n'affecte pas
Ma façon de sentir et d'être.
Chaque jour, j'ouvre une fenêtre
Et m'émeus de la vie qui bat.

19 décembre 2017

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administrateur théâtres

Le titre est franchement plus sarcastique en anglais : How the Other Half Loves… Mais la référence,  coup de griffe à l’œuvre proustienne, ne manque certes pas de sel…   La  pièce (1969) a lancé le succès fulgurant de l’auteur dramatique anglais Alan Ayckbourn, probablement le dramaturge anglais  le plus joué après Shakespeare, avec plus de 80 pièces. Il  fut anobli par la Reine Elizabeth II en 1997  "pour services rendus au théâtre".

Daniel Hanssens  en signe la mise en scène et l’adaptation.    Laure Godisiabois, Frédéric Nyssen, Catherine Decrolier, Pierre Poucet, Amélie Saye, Thomas Demarez sont les joyeux lurons qui feront de cette œuvre un festival d’humour burlesque féroce et se partagent le carnage domestique. Le réalisateur, producteur Francis Veber, auteur du « Dîner de cons »  en fit la première adaptation pour le théâtre de la Madeleine à Paris en 1971.  

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Il y a deux couples voisins : Frank et Fiona Foster, couple distant  bon chic bon genre,  vs Bob et Terry Phillips, plutôt peuple, orageux et déjanté!  On découvre la   relation adultère entre un homme marié (Bob) et la femme de son patron (Fiona)  et leurs tentatives  pour couvrir leurs traces en  utilisant un troisième couple, William  et Mary Featherstone qui doit être leur alibi.  Une série de malentendus, de conflits et de révélations ne manque pas d’éclore à chaque pas. Le terrain est miné et  fait trembler le plateau divisé en deux appart’ début des années 70dans les chaudes couleurs orange. Ils sont  tellement  identiques qu’ils se confondent et partagent la même table de cuisine ou de salle à manger, avec une même nappe, à  part sa couleur! All on the same boat ! Costumes d’époque.  L’effet de théâtre absurde bien inventé dure à souhait, conforté par  une  même sonnerie de téléphones fantômes. Les couples se frôlent sans se voir ni se cogner, se parlent sans savoir que les autres sont là! Sacré vertige pour le spectateur admis dans le secret des dieux!  C’est notre partie préférée.

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 On peut aussi pointer le contraste intéressant entre la nature des relations entre Fosters et Phillips  qui est  accentué par la différence visuelle dans leurs espaces de vie et leurs meubles respectifs, tout en coexistant dans le même espace  scénique. Jolie entourloupe : lorsqu'on leur a demandé où ils se trouvaient, Bob et Fiona mentent chacun à leur conjoint, prétendant avoir dû réconforter, respectivement, William et Mary Featherstone. Encore un couple très bien campé. Mary va-elle prendre sa revanche sur un mari qui la contrôle, et l’intimide à mort? Le conflit de Teresa et Bob culmine quant à lui lorsqu’ils s’arrachent sur une progéniture envahissante et intempestive qui enchaîne les bêtises. L’action burlesque violente sur scène  culmine autour de la table d’invités,  remettra-t-elle tous les compteurs à zéro ? La  sauvagerie comique délirante est grinçante à souhait.  Poivrez  le tout cela d’appels téléphoniques fantômes,  et vous aurez la recette d’une comédie pathétique et  désopilante, signée par notre amoureux des lettres anglaises, Daniel Hanssens et qui vous promène dans les mécaniques boulevardières  avec le plus grand sérieux sarcastique.  

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« Du côté de chez l'autre »
d'Alan Ayckbourn

Crédit photos : Grégory Navarra

 

Du 5 au 9 décembre au Centre Culturel d'Auderghem – CCA

Spectacle des fêtes 

 


Du 15 au 31 décembre au Centre Culturel d'Uccle

Infos & Réservations : 02/560.21.21 ou comediedebruxelles.be

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administrateur théâtres

Second Degré

...comme on les aime !

Déflagration : entre fable d’histoire naturelle et scalpel qui dépiaute les maladies de la société, Geneviève Damas se livre, sur papier et sur le plateau, au propre et au figuré, sans réserves comme si l’urgence était de sauver une espèce en voie de disparition, celle de la femme vivante, animale, animée de désir, prête à risque tout pour vivre sa vie de chèvre de Monsieur Seguin : enfin libre d’ « être », même au risque de se faite dévorer. Plutôt que de se sentir la corde au cou, corvéable à merci et d’être rangée parmi les robots nés pour servir les hommes. C’est dit. Bien qu’à demi-mots. Car la peine profonde reste toujours très silencieuse si pas muette.

LaSolitudeDuMammouth-DominiqueBreda5 Bérénice est une femme parfaite, comme dans American Beauty. Elle fait tout, contrôle tout, jusqu’au moindre brin d’herbe du gazon, jusqu’au nombre de pommes du pommier qui trône dans son paradis sur terre. Mais elle se meurt aux côtés de son professeur de mari, qui ne rêve qu’à ses palmes académiques. Sauf que, lorsque son mec, met les bouts avec une jeune et ravissante monture pour ses ébats amoureux, elle s’écroule d’abord, et croque ensuite avec délices, question de se relever, la pomme de la vengeance. Plus la violence est dissimulée, plus elle la galvanise. Elle perd tout principe moral, toute notion de civilisation et renoue dans un crescendo renversant, avec la sauvagerie originelle. Là est la fable. Le rire salvateur est au rendez-vous, il fuse à chaque ligne du monologue. Le jeu théâtral et la mise en scène sont succulents. On ressort rincé et rafraîchi par ce déluge de fantasmes qui déboulent sur scène et dans le texte, au rythme d’une révolution cosmique. Bousculant tous les codes, retournant toutes les médailles, faisant feu de la moindre convention, l’écriture est incisive et tranchante. Le texte se dévide, implacable. La mise en scène des frustrations et des désillusions sonne on ne peut plus juste …et la vengeance sophiste sur l’estrade sera caricaturale. Une fausse justice fait écho à une cause désespérée !

Geneviève Damas pendant une répétition de "La Solitude du Mammouth"

Grande habileté artistique due à la connivence des artistes, Emmanuel Dekoninck, le metteur en scène, joue un duo parfait de ce texte bourré de dynamite, avec la romancière et la comédienne, Geneviève Damas. L’action se précise au rythme corrosif d’un succulent thriller, qui n’est pas sans rappeler des nouvelles de Roald Dahl ou des romans de Barbara Abel.

25158013_1895501763798032_8434870910700125811_n.png?oh=c64d9c143c839e2fe8e7164aced5fcf8&oe=5A88EF33Aussi désillusionnée qu’une Madame Bovary, Bérénice déclare la guerre à qui lui a ravi son désir, rendu la vie étriquée, mis les sentiments aux abonnés absents …. Comme Médée, cette Bérénice a deux enfants. Ils sont invisibles, Rufus et Paëlla. Elle les laisse sans vergogne aux soins de la voisine. Qui sait, une chance pour eux ? Au passage, quelle preuve de désamour que ces noms-là ! Et comme la Médée antique, elle découvre la cruauté sans limites, se servant de la vengeance pour combler son abandon et y survivre. La loi sauvage du plus fort prévaudra. C’est comme cela, en histoire naturelle. La caricature est diablement efficace. Il n’y a rien d’innocent dans la démarche. Et il y a des plumes à perdre pour certains adeptes des robots féminins living in a Perfect World !

http://theatre-martyrs.be/saison/la-solitude-du-mammouth/8FE8AF55-D332-B17E-18F4-9A1A90CD7F22/

La solitude du mammouth

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