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« Les bonnes », pièce en un acte et en prose de Jean Genet fut créée dans une mise en scène de Louis Jouvet à Paris au théâtre de l'Athénée en 1947, et publiée la même année (Ed. L’Arbalète)

Madame insulte sa bonne, puis la bonne se révolte contre «Madame» et manque l'étrangler... mais le réveil sonne. Les deux soeurs, Solange et Claire, Solange qui a joué Claire, et Claire qui a joué Madame, redeviennent deux soeurs, bonnes de Madame. Elles rangent la chambre et se disputent. Claire, qui a envoyé à la police des lettres anonymes afin de faire emprisonner Monsieur, l'amant de Madame, reproche à Solange de manquer de courage. Solange s'accuse de n'avoir pas tué Madame, lorsque Monsieur appelle pour informer qu'il est libéré et attendra Madame en ville. Les deux soeurs sont effondrées, s'apercevant que leur stratagème a été inefficace, et peut-être éventé. Claire se promet alors de tuer Madame. Lorsque Madame sonne, les deux soeurs s'entendent: il faudra que Claire mette dix comprimés de gardénal dans le tilleul. Madame, à son entrée, se désole devant Solange de l'incarcération de Monsieur. Claire entre, apportant le tilleul, mais Madame ne boit pas. Lorsque Claire et Solange annoncent que Monsieur est en liberté provisoire, Madame quitte la maison, sans avoir bu le tilleul. Claire redevient alors Madame et pousse Solange à la haine, qui se déchaîne progressivement. Claire demande grâce, mais Solange poursuit le jeu, s'entête dans le rôle de Madame, demande à Solange promue Claire, de lui verser le tilleul, qu'elle boit. Après quoi Solange aura à perpétuer toute seule, en prison, le souvenir de leurs deux existences.

Cette pièce, quoi qu'on en ait dit, n'a que peu à voir avec l'histoire des soeurs Papin, le meurtre sanglant de deux femmes par leurs servantes, que Lacan analysa comme l'accomplissement de facto d'un délire paranoïaque. Comme dit Genet dans «Comment jouer les Bonnes», il s'agit d'un «conte»: «Il faut à la fois y croire et refuser d'y croire»; c'est-à-dire que, comme dans toutes les pièces de Genet, il demeure problématique de démêler ce qui tient d'une intrigue complexe de ce qui ressortit à la sphère d'une représentation distanciée et consciente d'elle-même. Cabale contre Madame, projet d'assassinat, puis suicide compensatoire de l'échec du meurtre: les Bonnes s'envisagent comme un rituel où le poison peut n'être que du faux et le meurtre au «tillol», un avatar d'une représentation toujours reconduite du meurtre de Madame-Claire par Solange.

Huis clos à deux interrompu par l'apparition centrale de Madame, les Bonnes ont pour moteur la fascination-répulsion: d'une part les bonnes haïssent Madame et ne rêvent que de la détruire en faisant enfermer son amant; d'autre part, elles l'idolâtrent: Madame est pour les deux bonnes comme un totem devant lequel elles se prosternent ou qu'elles souillent. Il y a dans cette pièce, des traces, des réminiscences de la cruauté telle que l'a définie Artaud, les bonnes exerçant le sadisme comme l'instrument d'une nécessité qui les dépasse.

Donc le sadique n'est pas libre: une dialectique infernale gouverne le rapport intersubjectif des deux bonnes, qui, liguées contre Madame, ne parviennent jamais à se pardonner l'une à l'autre l'abjection où elles se trouvent. Lorsque, après la sonnerie du réveil, des moments d'attendrissement entre les soeurs succèdent à la violence rituelle contre Madame, on voit réapparaître entre elles deux l'antagonisme qui est le décalque de celui qu'elles entretiennent avec Madame.

Ainsi les personnages principaux sont-ils enfermés dans des mécanismes qui se traduisent jusque dans leurs déplacements à la surface de la scène. Selon la consigne de Genet lui-même, «les metteurs en scène doivent s'appliquer à mettre au point une déambulation qui se sera pas laissée au hasard: les bonnes et Madame se rendent d'un point à un autre de la scène, en dessinant une géométrie qui ait un sens».

D'où l'idée que le sadisme des Bonnes n'est au fond que l'expression de la théâtralité elle-même: la pièce annonce la dramaturgie radicale qui régit les macrocosmes du Balcon et des Nègres. Ainsi la structure de la pièce offre l'image d'un rituel impuissant à neutraliser le réel, et qui, en fin de compte, se retire en lui-même. Dans la première partie du conte, les bonnes jouent à Madame et sa bonne; dans la deuxième, Madame arrive et perturbe l'organisation rituelle des deux soeurs: c'est l'extérieur qui s'engouffre dans la pièce (encore Genet est-il tenté de déréaliser cette entrée finalement si théâtrale puisqu'il précise dans une note: «Je suggère que les metteurs en scène éventuels remplacent les expressions trop précises... par d'autres plus ambiguës»); dans la troisième, Madame repart et laisse les bonnes à leur échec, sublimé en suicide. Madame n'est pas l'Irma du Balcon: elle est une vraie Madame qui «ne sait pas jusqu'à quel point elle est bête, à quel point elle joue un rôle», tandis que les deux soeurs sont de part en part conscientes qu'elles sont les actrices et les metteurs en scène de leur situation: «Tu ne voudrais pas qu'on... qu'on s'organise dans le noir», confie à Solange Claire, qui semble réticente à nommer ce qu'il nous faut bien appeler jeu.

«Solange, tu me garderas en toi»: telle est l'une des dernières phrases des Bonnes dont l'intrigue évolue vers davantage d'enfermement et d'autarcie. La victime adorée et haïe -Madame- ayant disparu, reste aux bourreaux en jupons à se répartir la tâche, l'un restant bourreau, l'autre se muant en victime, pour accomplir l'acte meurtrier et résoudre concurremment la cérémonie théâtrale.

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Douleur essentielle

Pose ton regard

sur ce trop de silence

plus vieux que nous,

d’avant le jour,

avant l’exil

où tout sera peine.

Douleur essentielle,

inespérée.

Le lien se tord

et précise la cassure.

Nommer ce silence

et la tragédie n’est plus.

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SOIREE D'AUTOMNE...

Insidieux, le soir lentement descend

Par la fenêtre s'introduit la tiédeur...

Et je savoure pleinement ce moment

En appréciant sa vibrante douceur...

Des membres lourds qui se détendent

Ne rêver à rien d'autre qu'à s'étendre...

Et à une tête vidée de toutes questions

Qui laisse enfin place aux émotions...

Alors, troublant ma solitude

Ma plume se met à trépigner...

Ce n'est pas rien qu'une habitude!

Juste, un grand désir de partager...

J.G.

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Lumière orange

Deux corbeaux vêtus de velours noir
Se disputent sur une branche nue
Lorsqu’un ballon rouge s’échappe
Aux grands cieux de la ville
Il se frotte aux nuages gris
Ton ombre s’éloigne dans le vide
Telle une feuille de mimosa
Se dissipe dans le vent
Je tente d’évoquer ton image
De toucher les traits de ton visage
Tombe la nuit et ton nom s’efface
Je porte la relique de ton souvenir
Contre ma poitrine meurtrie

Prière d’amour à l’astre du petit matin
Bruine de larmes Je confie mon chagrin
Et J’avance vers une lumière orange

Nada
27/10/2010

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VENDREDI 29 ET SAMEDI 30 OCTOBRE

COLLOQUE : LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE
HISTOIRE ET PERSPECTIVES


Sous la direction de Nathalie Giraudeau (Centre Photographique d'Île-de-France)
et Michel Poivert (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

À l'occasion de son 20ème anniversaire et en liaison avec les travaux consacrés à la photographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le Centre Photographique d'Ile-de-France et l'Equipe d'accueil Histoire culturelle et sociale de l'art sont partenaires d'un colloque qui vise à faire un point sur la création photographique en France depuis une trentaine d'années, soit une période marquée par « la photographie contemporaine».

Quel fut le contexte d'une création qui a fait de l'art contemporain le lieu de la consécration sociale du photographe ? Comment la France s'inscrit-elle alors dans un contexte international qui voit la photographie envahir les lieux artistiques, le marché et mobilise l'action des pouvoirs publics ? Cette période est unique dans l'histoire tant elle tranche avec les difficultés de reconnaissance que connut la photographie par le passé.

Cette légitimité acquise, comment s'est affirmée une critique, comment se sont déroulés les débats, comment s'est opérée une distinction avec les autres pratiques photographiques ? Comment s'est transmis cet héritage dans les années 1990-2000 ? Quelles places pour la politique dans l'image, les recherches expérimentales sur le médium, la relation aux autres formes d'expression ? La photographie contemporaine a-telle définitivement extrait la photographie d'un microcosme d'amateur ? A-t-elle en revanche oublié les pratiques populaires ?

Autant de questions auxquelles tenteront de répondre historiens, critiques et surtout artistes, pour observer la création la plus contemporaine à la lumière d'une aventure encore récente.

PROGRAMME

Vendredi 29 octobre
Auditorium de lINHA- 2 rue Vivienne - 75002 Paris

Matinée

09h30 / Introduction par Nathalie Giraudeau et Michel Poivert

09h45 / Marie Gautier (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Le rôle de la critique d'art contemporain des années 1960 et 1970 dans la construction théorique et critique de la photographie

10h15 / Quentin Bajac (Musée national d'art moderne)
Quelle histoire ? La photographie française contemporaine à travers la politique d'acquisitions du Musée national d'art moderne, de 1977 à nos jours

Pause

11h00 / Emmanuel Hermange (Ecole supérieure d'art de Grenoble)
La photographie de rue : les mutations d'un genre

11h30 / Vincent Lavoie (Université du Québec à Montréal)
La création photographique contemporaine : laboratoire d'une critique des images de presse

12h00-12h30 : débat

Après-midi

14h30 / Présentation des débats et entretiens animés par
Nathalie Giraudeau, Michel Poivert et Patrick Talbot

14h45 / Entretien avec Jean-Luc Moulène

15h30 / Entretien avec Suzanne Lafont

Pause

16h30 / Table ronde en présence de Pierre Leguillon, Bruno Serralongue, Simon Boudvin

Samedi 30 octobre
Centre Photographique d'Île-de-France - 107, av. de la République - 77 340 Pontault-Combault
Navette aller-retour depuis Paris, départ à 9h30 de la place de la Bastille - sur réservation uniquement 01 70 05 49 80

Matinée

10h15 / Accueil des Participants

10h30 / Michel Poivert (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Une histoire de la photographie contemporaine en France ?

11h00 / Pascal Beausse (Centre national des Arts plastiques)
Le photographe comme self-media

11h30 / Dominique Sagot-Duvauroux (Université d'Angers)
Le marché des tirages contemporain, structure et analyse

12h00-12h30 : Débat

Après-midi

14h30 / Présentation des débats et entretiens animés par Nathalie Giraudeau, Michel Poivert et Patrick Talbot

14h45 / Entretien avec Gilles Saussier

15h30 / Entretien avec Karen Knorr

Pause

16h30 / Table ronde en présence de Valérie Belin, Carole Fékété, Patrick Tosani

Pour toute information complémentaire :

CENTRE PHOTOGRAPHIQUE D'ÎLE-DE-FRANCE
107, av. de la République - 77 340 Pontault-Combault
T : 01 70 05 49 80 -www.cpif.net
guillaume.fontaine@cpif.net - contact@cpif.net

(Communiqué)

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administrateur théâtres

Lettre d'une inconnue

De Stefan Zweig, avec Nathalie Stas.

Le drame intégral: « Tu ne m’as jamais reconnue! » Un message qui à force, va tuer cette belle inconnue car il lui manque le souffle conjoint de l’autre pour respirer, elle ne respire qu’à demi. Et pourtant le feu des regards se rencontrait, mais pas l’intelligence. Au cours de leurs quelques rencontres, l’amant passionné mais distrait, futile et ébloui à chaque femme sublime, ne la reconnaît jamais et il ne garde aucun souvenir. Il ne saura jamais qu’elle l’aime passionnément depuis l’âge de 13 ans, avec le mystère de l’adoration totale. Tragédie de l’amour : cécité et aveuglement conjugués. Privée de figure paternelle, à l’âge de l’absolu, elle a concentré sur cet écrivain rencontré au seuil de l’adolescence, toutes les cristallisations de son désir de femme et d’enfant. Un amour caché d’enfant, est plus fort encore que celui d’une femme.

Nathalie Stas en corsage et pantalons de dentelles pudiquement recouverts d’un peignoir de soie blanche, sa longue crinière sombre frôlant les chandeliers qui font encore croire à la vie, le visage défait, mais la vénération de son amant fichée dans les yeux, achève de lui écrire une lettre, plutôt une longue confession d’amour. Les reproches y sont presqu’absents tant son amour est vaste. Elle lui avoue leur enfant caché, mais il vient de mourir, à trois ans. Elle lui a caché son existence, s’épargnant une nouvelle non-reconnaissance, et se ménageant un seul espoir de vie, la trace vivante de leur amour… « Cet enfant, il était tout pour moi : il venait de toi ; c’était encore toi, non plus l’être heureux et insouciant que tu étais et que je pouvais retenir, mais toi pour toujours, pensais-je, m’appartenant, emprisonné dans mon corps, lié à ma vie… » Si l’enfant meurt, elle ne peut survivre.

Né du désespoir, ce texte est d’une finesse exquise, la description de cet amour fantasmé et malheureux y est analysé jusqu’au moindre frisson. Les joies et les extases alternent avec la douleur profonde, nous sommes au cœur d’un mystère intime, d’une symphonie déchirante et romantique. Lorsque l’écrivain lira enfin la longue missive, elle sera déjà de l’autre côté du miroir : « Son regard tomba alors sur le vase bleu qui se trouvait devant lui sur sa table de travail. Il était vide, vide pour la première fois au jour de son anniversaire. Il eut un tressaillement de frayeur. Ce fut pour lui comme si, soudain, une porte invisible s’était ouverte et qu’un courant d’air glacé, sorti de l’autre monde, avait pénétré dans la quiétude de sa chambre. Il sentit que quelqu’un venait de mourir ; il sentit qu’il y avait eu là un immortel amour : au plus profond de son âme, quelque chose s’épanouit, et il pensa à l’amante invisible aussi immatériellement et aussi passionnément qu’à une musique lointaine ».

Nathalie Stas incarne un théâtre de pure émotion, la mobilité de son visage est telle qu’elle annonce presque le texte qui lui passe par le corps. Sa voix épouse le trouble et la volupté, tremble l’indicible, révèle la profondeur du sentiment, galope dans l’azur du bonheur éphémère. Sa féminité absolue et sa beauté brune sous-tendent le texte à merveilles. Elle empêche presque le public de respirer… à moins qu’on ne se sente soudainement mal, tant le duo du texte et comédienne est intense et poignant.

XL Théâtre - Théâtre du Grand Midi Tél. : 02-513.21.78

http://www.xltheatredugrandmidi.be rue Goffart 7 1050 Ixelles

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Cobalt international gallery

Présente

BRIGITTE KERREMANS

GEORFELD

SANDRINE BOULEAU

EXPOSITION VISIBLE DU

7 NOVEMBRE 2010 > 21 NOVEMBRE 2010

VERNISSAGE LE 6 NOVEMBRE 2010 à 18H.

Cobalt international gallery rue Vandernoot 23/b2 1080 Bruxelles.

OUVERTURE DE LA GALERIE.

Le mercredi et le vendredi de 16h à 19h.

Le samedi et le dimanche de 13h à 18h.

Entrée gratuite

METRO /// SIMONIS

www.cobaltinternationalgallery.com

Email /// fmselection@hotmail.com

GSM// 0476 771 663



BRIGITTE KERREMANS

Brigitte Kerremans

Peintre

Brigitte Kerremans (1956) habite à Anvers, travaille à Bruxelles et consacre une grande partie de son temps libre à peindre.

Elle a été fascinée par la splendeur de la nature de son lieu de vacances à l'océan atlantique en France. Pour faire revivre ces images magnifiques et impressions pendant le restant de l’année elle suit une formation à l'académie des beaux arts à Berchem, Anvers.

La force et l'imprévisible de l'océan, la palette des couleurs infini sable, l'immensité et le mystère du paysage sont sa source d'inspiration.

Brigitte Kerremans a démarré sa formation académique en 2000 avec l’option initiation au dessin pendant 2 ans , a obtenu ensuite un certificat de qualification du degré supérieur de peinture et finalement en 2007 un du degré de spécialisation. Elle a suivi entre autres les ateliers. Rudiger Pincé, Hubert Marchand et Freddy De Vierman.

Les expositions

2004 l'exposition de groupe galerie Campo & Campo à Anvers dans le cadre du projet de fin d’étude degré supérieur en peinture

2005 la participation au marché de peintre `Lambermontmartre' à Anvers

2006 l'exposition `galerie Côté Phare' au Cap Ferret FR)

2007 l'exposition de groupe galerie Campo & Campo à Anvers dans le cadre du projet de fin d’étude degré de spécialisation en peinture.

2007 Exposition dans l'espace « `Convent » dans la cour de béguine à Lier.

2010 Cobalt International Gallery à Bruxelles


Brigitte Kerremans .


Brigitte Kerremans.


GEORFELD

GEORFELD

Artiste peintre

Nalinnes rue Grogerie, 79

GEORFELD développe une peinture abstraite expressionniste à partir de thématiques diverses : fleurs, fenêtres, …

A suivi les cours des académies des beaux arts de Châtelet et de Charleroi.

A participé à de nombreuses expositions depuis 1996.

A obtenu le premier prix de la Province de Hainaut en 1996.

Prochaines expositions personnelles :

Galerie COBALT à BRUXELLES en novembre 2010.

Galerie BALASTRA à BALATRE en avril 2012.

http:/georfeld.canalblog.com/


Georfeld.


Georfeld.


SANDRINE BOULEAU

Biographie Sandrine Bouleau

Née à Chimay, en Belgique, en 1964, Sandrine Bouleau, vit depuis une vingtaine d’années à Bruxelles.

Graduée en Art du Tissu, elle est devenue sculpteur par passion.

Diplômée de l’Académie RHOK où elle y poursuit une spécialisation en monumental.


Il est indispensable pour elle de se confronter le plus souvent possible au modèle vivant, et d’essayer de comprendre les rouages de cette fabuleuse « mécanique », dotée de raison et débordante d’émotions, qu’est le corps humain.

Ces dernières années, ses recherches sont axées sur la matière, la représentation de plus en plus abstraite du modèle. Expérimenter de nouvelles idées, techniques et dimensions. Apprendre et découvrir quelque chose de nouveau chaque jour.

Quelques récentes expositions:

2010:

Cobalt International Gallery,Bruxelles

X Art Charity, Bruxelles

X Espace Victoire, Bruxelles

X Salon ArtiBW, Wavre

X Artemptation, Galerie Avenue Louise

2009:

X Espac Art Gallery, Mons

X Galerie Artemplation, Bruxelles

2008:

X Cobalt International Gallery, Bruxelles.

X “festival de rue des artistes”, Uccle

X L’Oasis, Centre culturel et récréatif de la force aérienne, Evere

X Ferme Rose, Uccle

X Parcours d’artistes, Jette

2007:

X “Rencontre de l’art Bruxellois”, 8ème biennale, Halles Saint-Géry

2005:

X Biennale de la scultpure, centre culturel et récréatif, La Défense

X Parcours d’artistes, Louvain-La-Neuve


Sandrine Bouleau.


Sandrine Bouleau.


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« Le balcon » est une pièce en 9 tableaux et en prose de Jean Genet, publiée en 1956 et créée à Londres au Art Theartre en 1957. Dans un bordel de luxe, l'Évêque prolonge excessivement sa séance rituelle, pendant laquelle il pardonne ses péchés à une putain; Madame Irma, tenancière, l'avertit de troubles qui sévissent dans la ville, et le conjure finalement de sortir (1er tableau).

Le Juge reçoit les mêmes recommandations d'Arthur le bourreau, qui l'aide, à coups de fouet, à convaincre une putain qu'elle est voleuse, jusqu'à ce que celle-ci, à son tour, oblige le Juge à ramper et à la supplier de la reconnaître voleuse, pour qu'il garde lui-même son état (2e tableau).

Le Général, enfin, se prépare à sa séance devant Madame Irma et s'inquiète des troubles au-dehors. Arrive sa putain, qui se déguise en cheval et le mène tambour battant (3e tableau).

Un petit vieux se déguise en fille pour être fouetté par une femme (4e tableau).

Madame Irma et Carmen, sa favorite, font les comptes. Tandis que la tenancière célèbre les vertus de sa «maison d'illusions», mais craint la révolte qui gronde, Carmen ne pense qu'à sa fille. Survient Arthur, le bourreau, mac qui réclame ses gages, mais Madame Irma lui demande d'aller à la rencontre de Georges, le Chef de la police, qu'elle attend avec impatience. Arthur, apeuré par la révolte au-dehors, obéit tout de même. Dès qu'il est sorti, apparaît le Chef de la police qui annonce que la ville est à feu et à sang et que la reine se cache. Il demande si son image figure au bordel, mais la réponse d'Irma est négative. Après avoir rappelé leurs amours, Madame Irma et Roger s'inquiètent des événements. Arthur rentre, annonce l'arrivée de la reine, et meurt d'une balle... perdue, conformément aux prévisions d'Irma (5e tableau).

Roger et Chantal, échappée récemment du bordel, se déclarent leur amour, mais Chantal, qui est l'égérie de l'insurrection, doit quitter Roger (6e tableau).

Au bordel, l'envoyé de la reine fournit, aux questions du Chef de la police sur la situation de la reine, des réponses qui se contredisent, puis offre à Irma de devenir la figure même de la reine: elle accepte (7e tableau).

Tandis qu'un mendiant vient supplier les nouveaux dignitaires au balcon, Chantal est tuée (8e tableau).

Au bordel, après que les trois dignitaires, le Juge, l'Évêque, le Général se sont fait photographier, le Chef de la police attend son tour. C'est Roger qui arrive pour le contenter, puis, à la surprise apparente de Carmen qui organise son entrée, se châtre. Lorsqu'il a disparu, le Chef de la police décide de rester dans le «mausolée», et la reine redevenue Irma éteint les lumières (9e tableau).

Le Balcon est sans conteste la pièce la plus célèbre de Jean Genet, celle qui a séduit le plus de metteurs en scène, de Peter Zadek à Lluis Pasqual, en passant par Peter Brook et Georges Lavaudant; pourtant, du vivant de Genet, la plupart des mises en scène du Balcon ont provoqué son mécontentement et son explicite réprobation.

La difficulté du Balcon tient sans doute à la radicalité de sa dramaturgie. Lieu métaphorique du pouvoir, le bordel de Madame Irma est d'emblée désigné comme une maison d'illusions fonctionnant parfaitement, avec ses emboîtements de salons où se jouent les fantasmes pervers du commun des mortels (que nous ne voyons pas, sauf le supplice symbolique d'un petit vieux), et se figurent fastueusement ceux des tenants du pouvoir: Évêque, Juge, Général. Mais au-dehors gronde une révolution, dont on peut se demander, en déchiffrant la rhétorique dont la parent Madame Irma et Carmen dans le dialogue pivot du cinquième tableau, si elle est bien réelle, et si par contrecoup le bordel est un vrai bordel, avec de vraies putains et une vraie «maquerelle», ou une maison à illusions, un théâtre géant dont les maîtres sont les manipulateurs du spectacle global que nous offre la pièce. Très significativement, Irma refuse, à l'occasion, ce terme de bordel dans la bouche de Carmen: elle n'accepte que celui de «maison à illusions», qui, par sa métaphore, nous laisse sur notre faim, ou bien elle se vautre au contraire dans la surenchère des appellations argotiques: «bouic, boxon», au point que nous ne savons pas si justement cet objet qu'on encense bruyamment est réel ou pas. Symétriquement, les héros de la révolution paraissent plongés dans la même rhétorique, dont l'idylle Roger-Chantal n'est qu'une des variations, où le sentimentalisme naissant est constamment sapé par la distance et la parodie. Chantal elle-même est la cheville de cette dramaturgie de l'ambiguïté, puisque cette égérie de la révolution, est une «ancienne» du bordel de Madame Irma. De quel côté est Chantal? Pas plus d'un côté que de l'autre, puisqu'il n'y a plus de critère du réel, et que les deux côtés du monde s'engendrent et se représentent mutuellement, concourent symétriquement à leur absolue déréalisation. Lorsque le Chef de la police demande à l'envoyé des nouvelles des trois dignitaires du régime - le Général, le Juge, l'Évêque -, nous sommes tentés d'y reconnaître les figures simulées qui sont apparues successivement dans les trois premiers tableaux, et que nous pensions bien fictives. Et donc nous ne savons pas si ces figures appartiennent à la réalité du pouvoir, où à l'imaginaire en actes de la maison d'illusions. Cela est vrai de toute figure et de tout événement, extérieur ou intérieur au bordel, jusqu'à la mort d'Arthur, qu'une balle perdue de la révolution semble avoir vraiment tué: auquel cas on pourrait croire que la balle est réelle, et désigne l'extérieur comme l'espace du réel. Mais on se rappelle que juste avant, Irma a précisé à Arthur qu'il jouerait le rôle d'un «cadavre»: donc impossible pour le spectateur de trancher. Et c'est dans cet acte extrême commis par le révolutionnaire Roger, la castration, que l'on trouve la pirouette de ce jeu. Roger se castre pour castrer du même coup l'image qu'il est venu représenter dans le lieu dévolu au pouvoir. Est-ce une castration réelle ou figurée? Nous ne verrons jamais le sang dont Irma se plaint qu'il a taché sa moquette... Il n'est pas jusqu'au spectateur qui ne soit inclus dans la grande sphère de la représentation qu'inaugure le Balcon, puisque, par un système d'emboîtement de décors qui se succèdent, le public est placé dans la même situation que Madame Irma lorgnant du coin de l'oeil ses salons.

Dans ce jeu de renvoi de la révolution au bordel, et du bordel à la révolution, Genet réussit à créer un monde opaque sur scène, avec des personnages qui s'érigent (sur des cothurnes) en figures absolues et impénétrables, puisqu'on ne saura jamais s'il s'agit de personnes réelles qui jouent ou d'acteurs qui jouent à être réels. «Cette glorification de l'image et du reflet» est, selon Genet lui-même, qui après certaines mises en scène éprouva le besoin d'inclure un «Comment jouer le Balcon» à l'édition de la pièce, la condition sine qua non pour qu'une signification émerge de ce qui peut n'apparaître au quidam que sous la forme d'une dramaturgie systématique, et finalement codée, d'un code que la splendeur lyrique de la langue fait oublier et que le comique de la pièce nuance génialement. Le septième tableau est une grandiose scène de malentendu, où le Chef de la police cherche à cerner cet «objet» qui est la reine tandis que l'envoyé en propose des représentations burlesques qui la dissolvent dans une toujours plus profonde irréalité. Et c'est l'agacement scandalisé du Chef de la police qui déclenche le rire, selon un mécanisme au fond tout classique de décalage entre l'un des protagonistes et le spectateur, ce dernier étant au fait du jeu sur l'apparence qui sous-tend toute la pièce tandis qu'à ce moment précis le Chef de la police semble l'ignorer pour les besoins du rire.

Pour Genet, comme pour tout l'art contemporain, il y a loin de l'intention de signifier au langage, qui porte en lui-même sa part de diablerie, de terreur, et de naturelle inhumanité. Le Balcon renvoie dos à dos le discours du pouvoir et le discours de la révolution, précisément parce qu'ils sont discours, inconscients de l'être, et fossilisent la vie qu'ils croyaient, l'un dominer, l'autre métamorphoser. A l'art révolutionnaire naïf revient l'ambition de changer la vie en changeant un langage, à l'art exemplaire de Genet revient la mission d'être «travaillé par une recherche de l'immobilité». On comprend pourquoi Barthes crut bon de critiquer en Marie Bell: «une actrice qui est actrice», car si le spectateur croit un moment qu'Irma est réelle le théâtre de Genet est nécessairement trahi (mais le contresens est aussi grave s'il croit qu'elle ne l'est pas du tout). Il faut qu'Irma soit le monstre qui reflète notre propre monstruosité d'êtres tirés vers la représentation et vers l'image lors même qu'ils veulent s'en délivrer, d'êtres qui sacrifient la vie à l'ambition satanique de l'imager, et que cette ambiguïté figure sur scène, à jamais enclose en figures à forme humaine.

Ainsi le spectateur n'est-il renvoyé, comme le souhaitait vivement Genet, qu'à lui-même. Le théâtre n'est critique - et non pas révolutionnaire - que s'il fait jusqu'au bout se superposer la sphère de la représentation et celle de la mimésis. Si le théâtre peut bien englober la vie et en faire du théâtre, nous pourrions bien n'être pas réels, et c'est le théâtre en nous qui est le mal. Le Balcon est la glorification du théâtre, mais il en autorise aussi, voire en recommande, la haine. Aucun acte n'est à l'abri du théâtre, mais aucun acte de théâtre - et c'est ici qu'il convient de nuancer le pessimisme de Genet - n'est à l'abri de la vie. C'est avec cette étroite marge de manoeuvre, entre célébration et ascèse, que le Balcon demeure un pôle de fascination inépuisable pour les metteurs en scène contemporains.

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De ce sixième tome des Oeuvres complètes de Jean Genet - judicieusement intitulé l'Ennemi déclaré (Gallimard 1991)- on ne dira pas qu'il les résume et les remplace toutes. Mais qu'il les éclaire et les justifie. Car il nous fait découvrir, en profondeur, la véritable personnalité de l'auteur de cette oeuvre immense et insolite.

Jean Genet n'est ni un saint, ni un comédien, ni un martyr, comme le suggérait Jean-Paul Sartre. Il se révèle un écrivain de première importance, profondément engagé dans l'aventure politique de son temps, et qui sait jouer de la force magique de ses dons de poète pour nous faire partager ses positions et ses émotions, ses engagements et ses refus, ses options indéfectibles et ses haines implacables.

Recherchées, retrouvées, réunies, commentées, annotées et expliquées par Albert Dichy, avec une patience et une ferveur exceptionnelles, ces pages éparses ont été écrites au fil des ans de 1964 à 1985. Et quand on sait que les quatre-vingts premières pages de Notre-Dame des Fleurs ont été griffonnées au crayon et en prison, sur des sacs en papier!... Il y a longtemps, à l'époque, que Jean Genet ne s'intéresse plus à la littérature, encore moins au théâtre. Même les six cents pages touffues que lui a consacrées Jean-Paul Sartre l'ennuient profondément! Il se sait atteint d'un cancer incurable et, tel saint Augustin, qu'il cite volontiers, il emploie son temps, sans la moindre tristesse, à attendre la mort, dans les petits hôtels de Paris ou de Tanger, ou dans la campagne anglaise, ou encore sous les arbres d'Agloun, en Jordanie...

A travers les textes de Jean Genet, on peut suivre son itinéraire géographique et surtout politique, marqué, me semble-t-il, par trois étapes déterminantes. Sa découverte de l'Amérique d'abord. Mais Jean Genet n'est pas Christophe Colomb! L'Amérique, pour lui, ce sont ses frères noirs opprimés, exploités, révoltés, et particulièrement les Black Panthers, et particulièrement George Jackson et Angela Davis. Ce sont aussi ses frères hippies, à qui il enverra son explosif et admirable Salut aux cent mille étoiles.

C'est par eux, et avec eux, qu'il militera contre la guerre du Vietnam et pour ses frères massacrés, terrorisés, torturés du "Vietcong" (il ne dit jamais Vietnam), mais qui sortiront finalement vainqueurs du "bourbier d'enfer", face à une Amérique humiliée, déshonorée et à jamais désunie.

Enfin, et surtout, pendant les dernières années de sa vie, Jean Genet aura découvert et soutenu ses frères palestiniens, les jeunes et héroïques feddayins des camps de réfugiés jordaniens. Ce sont des circonstances hasardeuses qui lui ont permis de pénétrer, quasiment seul et unique Européen, le 17 septembre 1982, dans le camp de Chatila quelques heures après le massacre. Les bulldozers de l'armée libanaise sont en train de creuser les fosses communes, mais les cadavres n'y ont point encore été charriés. Pendant quatre heures, Jean Genet aura l'exceptionnelle liberté de les enjamber dans les maisons effondrées et les inextricables ruelles de la bourgade martyrisée. Il devra même contourner une jambe artificielle arrachée à son corps; il pourra ramasser des phalanges et des doigts coupés à la cisaille. Tous les cadavres - il dit bien: "tous" - ont été torturés. Il flaire et détecte la "fête barbare" qui s'est déroulée là, dans la rage, dans l'ivresse, sous les chants et les rites, sous les plaintes et les hurlements, dans l'odeur de la poudre, du sang et de la charogne.

Le texte que Jean Genet écrira alors: Quatre heures à Chatila, est un terrible et magnifique reportage, étayé avec la précision et la rigueur d'un acte d'accusation. A lui seul il donnerait son poids et son prix à l'Ennemi déclaré. "A Chatila, beaucoup de mes frères sont morts, et mon affection pour leurs cadavres pourrissants était grande... Noircis, gonflés, pourris par le soleil et la mort, ils restaient des feddayins."

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Ombre sans la moindre ombre d'une menace

Le fond et la forme.. encore et toujours, avec un lien ici entre ces 2 parties. L'ombre ferait l'interface...Pourquoi pas ?

J'ai envie de lui faire confiance à cette ombre si discrète, si secrète, toute en légèreté, sans l'ombre de la moindre menace. Une ombre qui deviendrait aussi vivante et respirante, souriante, avec ses réseaux lymphatiques et tout le tremblement..

Son ombre portée acry sur toile avec marouflage 100x100

son ombre


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P A R T I R !

PARTIR !

Tu ignores

A jamais à mentir les villes d’espérance

Et les ports

Les berges et les mers et les hanses

Et les ors

Et les couchants de flamme et les rumeurs de mort

Et les têtes de rois piquées au bout des lances

Et tu vas ton chemin crénelé d’habitudes

Sans savoir que ton sang s’écoule dans les fleuves

Que du soir au matin tes tendresses sont veuves

Que tes yeux sont marqués du gris des hébétudes

Jamais tu ne sauras l’impalpable secret

Qui taraude le vif des visages d’amantes

Pour te vriller au cœur t’infuser au plus près

Ce poison doucereux des certitudes lentes

Allons passant maudit loin des villes dorées

Tu iras ton chemin

Te heurtant aux gibets des dépouilles parées

Vers ces immenses ports

Forêts de mâts voiles claquant brises lointaines

Enfin ce bord

Où finir tous tes lendemains

Tes certitudes

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C H I F F R E

Ce que dit l'univers aux humains

Est écrit en petits caractères

Dans les plis sinueux de la terre

Comme dans les lignes de ta main

Tu le sais et ce n'est pas demain

Que tu déchiffreras ce mystère

Si le ciel continue à se taire

Et à te traiter comme un gamin

Ainsi du commencement des âges

Nous viennent de chaleureux messages

Dont le code est à jamais perdu

Ils passent de l'un à l'autre pôle

Doucement te saisir aux épaules

Le Mystère te parle - Entends-tu ?

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Au dedans d'elle même

La position est banale, cadrage qui donne la sensation de mouvement, composition en diagonale. Celle du fou, de la folle, de cette naturelle folie qui nous titille. Flo est menacée de folie. Son refuge est la folie.

Et pis quoi encore..!


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"Faitchiermerde", parce qu'on ne dit mot de sa présence sur la toile.

Parce que tout le monde s'en fout de toi..!

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A l'aube du 27 septembre, le prince Frédéric, en quittant Bruxelles, s'inclinait devant l'irrémédiable. La dure partie, menée par son père depuis quinze ans, était perdue. Le sort de la Belgique s'est joué pendant les quatre journées de Bruxelles.
Ces combats ont été meurtriers. Du côté de l'armée, les pertes furent de 108 tués et 620 blessés, tandis que les insurgés eurent 430 tués et 1.200 blessés. Moins bien armés, indisciplinés, ils souffrirent plus que leurs adversaires. La première journée fut la plus sanglante pour les Belges. C'est cependant le 23 que les insurgés étaient le moins nombreux, (quelques centaines pendant les premières heures du combat), mais la lutte était âpre et la protection malaisée.
Ainsi tombèrent à Bruxelles des journaliers, des ouvriers, des artisans, des petits commerçants, des domestiques, des employés et quelques membres des professions libérales, artistes ou écrivains, beaucoup de pauvres diables et peu de vrais bourgeois. Le petit peuple de Bruxelles fournit le plus fort contingent de combattants le premier jour. A ses côtés se battirent ce jour-là, avec l'énergie du désespoir, des bourgeois hardis, les volontaires liégeois et les petits groupes d'hommes décidés arrivés de la province depuis le début du mois ainsi que des étrangers, fanatiques de la liberté.
Quand l'armée fut bloquée dans le Parc, des bourgeois de Bruxelles reprirent courage, des paysans des communes voisines accoururent et s'amenèrent bientôt des villes, des bourgs et des hameaux du Brabant wallon et du Hainaut, des journaliers, des artisans, des ouvriers, des cultivateurs, d'enragés braconniers, conduits par d'anciens grognards, par des rentiers, par des avocats, par des industriels.
Aux portes de Namur, de Louvain, de Mons, de Tournai, de Liège des patriotes se sont battus avec ardeur. C'est animés d'un même esprit que dans les émeutes de Bruges, de Gand et d'Anvers de « petites gens » moururent sur les barricades. Les combattants de septembre veulent chasser le Hollandais, mettre fin à la domination du Nord, donner l'indépendance à la patrie qui protégera les libertés.
Le sentiment national est le seul qui rende raison de l'opiniâtreté de la résistance, de la sympathie agissante témoignée à Bruxelles par les provinces wallonnes, de la rapidité du ralliement des Flandres et de la Campine au régime nouveau.
Tous les observateurs étrangers sont unanimes à constater la violence de la haine des Belges pour les Hollandais à la fin du mois de septembre 1830 et au début d'octobre. « Au 1er octobre, il y a dans toutes les têtes une excitation patriotique dont aucun autre pays peut-être n'offrirait l'exemple dans les mêmes circonstances: « mort aux Hollandais! », est le mot de ralliement. La rupture entre les deux peuples est inévitable », écrit le ler octobre Staedtler, intendant du duc d'Arenberg. Deux jours plus tôt, revenant de Bruxelles, W. H. Lytton Bulwer au début d'une brillante carrière diplomatique, chargé d'une mjssion spéciale en Belgjque par Lord Aberdeen, écrit de Gand au secrétaire d'Etat: « Bien qu'il y ait une animosité décidée à travers ce pays à l'égard de la Hollande, je n'ai nulle part entendu exprimer un voeu en faveur de l'intervention ou de l'aide française. La lutte oppose les Belges aux Hollandais, et l'enthousiasme qui les anime augmente sans cesse ». Tandis que l'internonoce Cappacini, le 26 septembre, faisait savoir à Rome « que la résistance si acharnée des Bruxellois est la conséquence de la haine qu'ils nourrissent contre les Hollandais, et c'est cette haine qui les a amenés à se faire tuer et brûler vifs plutôt que de céder devant les soldats hollandais... L'aversion qui oppose les Belges et les Hollandais va devenir une haine implacable ». La désagrégation de l'armée royale, la chute rapide des places fortes sont dues aussi à cette ferveur patriotique qui explique le succès de la Révolution de 1830.
A l'origine cependant, les mouvéments d'opposition ont eu un caractère régional, communal même, nettement marqué. La variété des drapeaux en est le signe. Le 4 octobre, Namur désirait un représentant de la province au Gouvernement provisoire. A Gand, les autorités orangistes pour semer la discorde voulaient arborer l'étendard noir et jaune et former un Gouvernement provisoire flamand. Entre les villes, les rivalités et les égoïsmes subsistèrent. Chacune songea d'abord à sa défense et à sa sécurité. Des Hutois, le 18 septembre, ne souhaitaient pas l'arrivée de Liégeois dans leur cité, car cela devait provoquer une démontration militaire, tandis qu'à Verviers où l'on était pourtant plus avancé et prêt à défendre la ville, la Commission de sûreté décidait encore le 17 septembre que l'on n'enverrait pas de secours armés si Liège était attaquée.
Mais la disparition rapide ou du moins l'effacement de ce particularisme témoigne de la force du sentiment national à cette époque. Les couleurs brabançonnes et liégeoises l'emporteront et finalement le drapeau tricolore sera l'emblème de tous. Les divergences provinciales encore accusées ont cédé devant l'exigence de l'unité.
Fait remarquable: entre les deux anciennes capitales, Bruxelles et Liège, l'entente est parfaite. Les éléments les plus actifs y sont à la pointe du combat pour la liberté. L'hommage aux patriotes liégeois venus au secours de Bruxelles (12 septembre 1830), est significatif de cette fraternité:

« Nous allons donc, enfans de la patrie, Nous réunir chacun sous nos couleurs, Et protéger une mère chérie,
Dont les périls font battre tous les coeurs... ...En répétant qu'entre Liège et Bruxelles, C'est désormais à la vie, à la mort. »

La Révolution de septembre 1830 est essentiellement une révolution nationale, mais c'est aussi une révolution libérale: les libertés désirées par les « philosophes » et les « apostoliques » ne devant jamais mieux être réalisées que dans l'indépendance. Les conceptions politiques qui divisent les deux grandes tendances de l'opinion passent, à ce moment, à l'arrière plan. Les ministériels ont tout fait pour semer le désordre entre les unionistes. Leurs efforts astucieux, à Liège, notamment, ont été vains. Il est incontestable que parmi les hommes de la Réunion centrale et parmi les extrémistes, les libéraux avancés, les « Jacobins », comme on les appelait à l'époque, étaient les plus nombreux. Le très perspicace gouverneur Sandberg a finalement analysé, le 19 septembre 1830, les forces révolutionnaires à Liège: « Peu importe au fond où ce torrent a pris naissance, qui depuis trois ou quatre ans n'attendait qu'une occasion pour déborder, peu importe d'où est parti ce premier flocon de neige qui forma l'avalanche, mais Sire, encore une fois, ce ne sont ni les nobles, ni le parti prêtre, c'est le parti ultra libéral qui est vraiment redoutable et auquel la noblesse, ainsi que le clergé se sont adroitement adjoints: ce sont les jeunes avocats, les jeunes gens des classes secondaires, ceux qui veulent percer, les mécontents de toute espèce, et ce mouvement (quoique non français), a toute analogie avec les événements de France: haine à tout privilège, jury, langue, responsabilité ministérielle, partage d'emplois, cri contre les impôts, voilà leur drapeau et si un seul jour la noblesse et le clergé s'avisaient d'arborer un autre avis, ils n'oseraient plus se montrer ». Le comte de Mercy-Argenteau écrivait de même le 7 septembre: « Ce ne sont pas les armes de France qui triompheront de nous, effectivement, elle ne l'essayera même pas, ce seront les principes libéraux ».
La noblesse ne s'est guère montrée, mais de brillantes exceptions font ouvertement la liaison entre les « libéraux » avancés et l'opposition des milieux traditionalistes. Le comte Félix de Mérode est le plus remarquable de ces nobles gagnés au régime nouveau. Sa présence au Gouvernement provisoire, dès le 26 septembre, est d'un poids énorme pour le ralliement de l'aristocratie au nouvel Etat. L'ardeur patriotique l'anime, comme elle brûle son frère Frédéric. Celui-ci quittant sa femme à Chartres, le 25 septembre, pour aller se battre en Belgique et y mourir en héros, lui dit: « il faut être raisonnable, il y a des circonstances où on ne peut pas rester neutre et je ne peux pas oublier que je suis Belge ».
Quant aux étrangers, animés de la passion de la liberté, ils voyaient dans Guillaume 1er et son armée, l'avant-garde de la Sainte-Alliance et l'agent des oppresseurs des peuples. Brûlants d'ardeur libérale et démocratique, ils savent que l'expulsion des Hollandais apportera la liberté à leurs frères belges et ils feront le coup de feu pour la libération des opprimés. Ainsi Nation et Liberté sont indissolublement unies.
Enfin, la révolution de 1830 est-elle une révolution sociale? Incontestablement, dans les premiers jours, des manifestations résultant de la détresse des classes populaires se sont produites. Cependant, le choc initial était bien d'ordre politique et la bourgeoisie a réussi à calmer les soubresauts de la misère. Le malaise économique en 1830, l'aggravation des conditions matérielles de l'existence, dès le début des troubles, ont certes contribué à l'excitation du peuple, mais sa colère s'est tournée contre le Hollandais.
Néanmoins, un nouveau personnel politique, administratif et judiciaire s'empara des leviers de commande. Un rajeunissement radical des cadres fut réalisé. Comme au temps de Gambetta, on pourrait parler de « la venue et de la présence dans la politique d'une couche sociale nouvelle ». L'ordre équestre, dernier souvenir légal de l'inégalité, disparut, les idées démocratiques firent des progrès tant en Flandre parmi le clergé qu'en Wallonie chez les bourgeois. Ainsi, dans la phase constructive du nouvel Etat, y a-t-il un aspect social qu'il conviendrait d'étudier.
Dans sa phase destructive, la Révolution de septembre 1830 est l'exemple le plus clair de la force du sentiment de la liberté nationale chez les Belges, à un moment de leur histoire. Un combattant des barricades de Bruxelles, le brasseur Isidore Gillain, de Namur, a rendu, dans une lettre, témoignage de l'héroïsme des hommes à qui la Belgique doit plus d'un siècle de grandeur. « Je suis décidé de mourir plutôt que de céder à ces lâches Hollandais, écrit-il à ses parents le vendredi 24 septembre... Nous avons une grande quantité de braves qui sont morts pour défendre leur liberté. Mais en revanche, nous avons fait un massacre des jenfoutres qui veulent nous enchaîner. Peut-être que ce soir, nous serons maîtres du Parc; mon courage ne se ralentira pas et si je dois mourir, consolez-vous et vous direz que votre fils est mort pour la liberté.
» Adieu, je vole au combat.
» Je vous écrirai, si j'échappe, dimanche ou lundi.
» Adieu, ne vous mettez pas en peine.
» Ayez du courage, nous vainquerons.
» Je vous embrasse tous ».

 

Histoire de la révolution belge chapitre 1:

Histoire de la révolution belge de 1830: chapitre 2: Du côté de La Haye

Histoire de la révolution belge de 1830: chapitre3: Les divisions dans les camps des patriotes

Histoire de la révolution belge de 1830 -Chapitre 4: Le glas du régime

Histoire de la révolution belge de 1830 Chapitre 5: L'aube d'un Etat

Histoire de la révolution belge de 1830 Chapitre 6: Le soulèvement national

Histoire de la révolution belge de 1830 Chapitre 7: La Révolution et l'Europe

Histoire de la révolution blege Chapitre 8: Conculsion

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Dernier ouvrage d'une période de grande fertilité narrative avant un long silence dont Genet ne sortira qu'en 1955, contemporain de la pétition lancée par Sartre et Cocteau pour une grâce définitive de l'écrivain-voleur, le roman « Journal du voleur », publié en 1949, constitue un adieu en forme de bilan, ramassant, dans une codification plus réfléchie que jamais, la revendication du Mal dont les romans précédents tiraient parti.

Arpentant «une contrée de [m]oi-même [...] nommée l'Espagne» dans un va-et-vient de souvenirs romancés et de réflexions, le texte met en scène de façon décousue l'errance du jeune Genet en Europe durant l'année 1936-1937, après sa désertion de l'armée où il était engagé volontaire. Barcelone, Anvers, Trieste servent de cadre à une descente aux enfers (vol, mendicité, prostitution) qui proclame la gloire de l'infamie. Le minable Salvador, le manchot Stilitano, tous deux amants du narrateur, Armand et Robert, les mendiants, souteneurs et «tantes» figurent les personnages sacrés de cette liturgie biographique, magnifiant l'abjection pour une «victoire verbale» qui pervertit le genre du journal, et transforme la masse décousue des souvenirs en une messe poétique.

«Mais comprend-on? Il ne s'agit pas d'appliquer une philosophie du malheur, au contraire. Le bagne [...] m'offre plus de joies que vos honneurs et vos fêtes. Cependant ce sont ceux-ci que je rechercherai. J'aspire à votre reconnaissance, à votre sacre»: derrière la sainteté renversée qu'analyse la minutieuse description de la dégradation de l'âme comme du corps («J'énumère les plaies secrètes»), le Journal du voleur effectue un véritable travail de sape des habituelles catégories; la brutalité des amants est une délicatesse plus subtile, la dégradation est un sacre, et la splendeur d'une langue qui monte en bijou l'exploration du sordide vise d'abord la ruine de toute lecture réaliste ou naturaliste d'une expérience pourtant vécue. L'abandon du masque romanesque ne produit donc en rien une parole personnelle: l'écriture est un contrat avant d'être un aveu, et les faits y sont, à chaque fois, pervertis en des rites: «S'il parle des mendiants du barrio Chino, c'est pour agiter somptueusement des questions de préséance et d'étiquette: il est le Saint-Simon de cette cour des Miracles», écrira Sartre, à qui le livre est dédié. L'aventure du jeune Genet forme alors une odyssée existentialiste (voir Notre-Dame-des-Fleurs) préoccupée de la revendication de soi-même, et, surtout, d'un bouleversement des hiérarchies de l'être et du paraître. L'exclu s'y affirme contre l'ordre du monde en sanctifiant dans la langue ce qui d'ordinaire échapperait à la beauté. Conscience et liberté dépendent d'un acte, et c'est en quoi le caractère arbitraire de toute valeur permet de parler d'une vertu: il ne s'agit que de choisir, et de se choisir, loin de toute fondation des valeurs humaines. Mise en scène, assurément moins consciente dans l'écriture qu'elle ne le paraîtra après l'étude de Sartre, cette dimension philosophique affleure dans le texte par une théâtralité généralisée qui annonce la future transformation du romancier en dramaturge.

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administrateur théâtres

Roméo et Juliette (théâtre Royal des Galeries)


Le chef-d’œuvre de Shakespeare que l’on va écouter ce soir avec le plaisir d’une musique familière risque gros … car on porte dans son imaginaire toutes les autres rencontres théâtrales ou cinématographiques qui ont imprégné notre subconscient de tirades mémorables et de moment émouvants.

Aussi, cette mise en scène de Georges Lini très dépouillée, qui simule le retour aux sources antiques de la tragédie grecque, tout en évoquant des traces de costumes élisabéthains est une approche heureuse. Ce qui ne l’empêche pas de jouer avec la lumière du jour. Au propre et au figuré. Le fond de la scène est occupé par un ciel immense et changeant au rythme des passions humaines et de la violence des émotions. Ciel violet intense de deuil absolu, dans le prologue lorsque le chef de chœur vêtu de brocarts mauves annonce d’une voix sinistre l’issue fatale du drame qui va être décrit. Comme dans la tragédie antique, le Destin reste responsable des événements mais c’est surtout la haine obstinée entre deux maisons (households), deux clans, deux frères ennemis qui en est la cause : c’est la tragédie du monde qui se joue ici. Le pouvoir est une rage qui ne corrompt pas seulement, il tue. L’histoire commence par une presque bataille, « … S’ils nous mettent en colère, nous allongeons nos couteaux », puis la bataille devient omniprésente et tragique, et les clameurs de buveurs et menu peuple pour les changements habiles de décor de ponctuer les scènes où la parole s’envole.

Le décor et immuable, quatre immenses colonnes de style antique, et quelques marches pour souligner la fragilité des humains et définir deux espaces de jeu. Celui des amants maudits, éternels et lyriques, et celui du monde aveuglé par ses haines qui va et vient, des bals à la tombe. Autant de ciels que d’humeurs, pressentiments, songes, serments d’amour, clair de lune rousse géante, arc en ciel, nuages étincelants, verdeurs de jalousie et de haine, perfides orangés de villes incendiées… tout les registres de cieux y passent. Et le ciel, malgré toutes ses facéties, reste une immuable présence muette présidant à nos tristes destinées. Le plus beau et le plus tragique à la fois est sans doute celui qui accompagne le meurtre de Mercutio et celui de Thibalt, on se croirait dans une série de tableaux du Caravaggio. La lumière y est poussée jusqu’à un paroxysme d’incandescence.

Les jeux de voiles dans la deuxième partie du spectacle sont aussi très évocateurs du nimbe d’innocence et de rêve d’amour qui protège ce couple d’ineffables adolescents. Ces rideaux sont sauvagement arrachés quand il devient évident que la fin sera inévitablement mortelle. Le personnage de Roméo est joué avec une justesse remarquable, il a le physique passionné, il recèle en lui, la mélancolie, les chagrins, la fougue, les désespoirs, et l’adoration de sa bien-aimée. Juliette est un peu précieuse et moins naturelle, malgré ses colères de fille gâtée qui frisent parfois l’hystérie. Le couple parental est un peu trop stéréotypé à notre goût, mais c’et vrai que Shakespeare n’est pas tendre avec eux et que les paroles jetées sont rudes. La nourrice est une perle de tendresse, fine et aimante, humaine inconditionnellement acquise à la cause de sa protégée. Le frère Laurence est son pendant masculin, un pilier de sagesse populaire et un artisan ingénu de bonheur sur terre ! La tirade où il exhorte Roméo à ne pas se laisser aller comme une femme, mais à croire à la grâce insigne qui lui a été donnée, est d’un sang froid et d’un pragmatisme surprenants. Rien n’est pire que la mort. La scène finale du tombeau est d’un graphisme extraordinaire. Elle devrait être repeinte par un grand maître tant elle et aboutie, dans ses lignes, sa chorégraphie, ses ombres, sa dynamique et son désespoir qui touche tout le monde sans exception.

Capulet : - Je veux que Roméo soit auprès de sa femme dans la même splendeur : pauvres victimes de nos inimitiés.

Le Prince : - Cette matinée apporte avec elle une paix sinistre, le soleil se voile la face de douleur. Partons pour causer encore de ces tristes choses. Il y aura des graciés et des punis. Car jamais aventure ne fut plus douloureuse que celle de Juliette et de son Roméo.

Avec : Catherine Claeys - Yves Claessens - Toni d’Antonio - Cécile Delberghe - Damien De Dobbeleer - Emmanuel Dekoninck - Emmanuel Dell’Erba - Marc De Roy - Steve Driesen - Bruno Georis - Michel Hinderyckx - Thierry Janssen - Xavier Mailleux - Bernadette Mouzon - Nicolas Ossowski - Martine Willequet

Mise en scène : Georges Lini. / http://www.trg.be/Public/

Bureau de location ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h – 32, galerie du Roi, 02 / 512 04 07.

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Pinot noir ou Pinot Gris..?

Et ses effets, qu'il soit noir gris ou blanc, sont étonnants.. voyez vous -mêmes

J'ai eu un mal fou à cerner les trognes vigneronnes du jour.

Laurence et Fred étaient pourtant tout à faits normaux vers les 11h .. du matin.

Heure à laquelle nous avons allumé la chaudière...

Aujourd'hui dans le caveau de Mucelle, un portrait officiel du couple Péricard.

Gegout©2010


Fred et lolo

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