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Proust, la négation de l'Homme Moderne ?

Qu’est-ce que le style chez un auteur ?

Le style, c’est un point de vue, un regard sur le monde qui lui est propre ; c’est un angle de vue particulier sur les choses, les êtres, la réalité ; un angle d’attaque aussi, pour peu que l'auteur soit guerrier.

Le style, c'est la culture de l'auteur : histoire et apprentissage.

En littérature, il y a « style » à chaque fois qu’il nous est donné à lire une langue re-construite, une langue recomposée et ré-assemblée.

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Proust par Jacques-Emile Blanche.jpg

Prenons Proust dont la tentative de réconciliation (même inconsciente !) des humanités avec les sciences sociales - la littérature avec la sociologie -, est un des grands mérites de l’auteur.

Proust donc ! Et à son sujet… tout ce qu'il n'a pas écrit et tout ce qu’il ignorait de et sur lui-même, ainsi que la question : pourquoi a-t-il fait cette œuvre-là et pas une autre ?

Proust et la fulgurance du passé ; fulgurance du souvenir - celui de l’enfance, de l’adolescence et des premières années de l’âge adulte -, qui vient comme un boomerang terrasser Proust et le clouer au lit.

Chez Proust, tout est passé, tout appartient au passé : ses personnages aussi - figures du passé de Proust, s’entend. Son présent ne lui sert qu’à se rapprocher du passé. Proust ne disait-il pas : " Un livre est un cimetière" ? Et ce passé, indissociable de sa personne, commence dès son plus jeune âge : à 20 ans, il est déjà dans le passé de ses 10 ans ; à 30, dans celui de ses 20 ans.

Pathologiques cette situation et tous ces souvenirs qui, sans contrôle, viennent envahir sa conscience d'être au présent. Chez Proust, le moindre rappel du passé lui fait l'effet d'un événement capital, d'une importance démesurée : une importance extra-ordinaire ; chez lui, chaque souvenir est un traumatisme en puissance, car son présent et son avenir, ne seront jamais à la hauteur de son passé, puisqu’il ne s’investit pas dans son propre avenir, faute d'en reconnaître la nécessité.

Proust.jpgEn tant qu’être humain - être humain au sens moderne du terme : s’entreprendre et advenir -, Proust a cessé d’avoir un avenir, très tôt. Pour cette raison, Proust ne peut que se retourner sur lui-même. Et plus il se retourne, plus il souffre, ou bien, plus ses souvenirs le terrassent d’émotion : ce qui revient au même.

Proust est né très vieux dans un monde très jeune. C’est le paradoxe. N’oublions pas que Proust a 29 ans en 1900 ; et ce siècle qui arrive est le siècle d’avenir par excellence, quand on sait ce qu’il adviendra. A l’entrée de ce nouveau siècle qui grandira très très vite, Proust est déjà un homme du passé dans sa manière de conduire son existence, de l’acheminer, en ne donnant… justement, aucune direction à cette existence, sinon une seule : celle qui le renvoie à son passé ; alors que l'avenir est la seule direction envisageable pour un individu de son âge - normalement constitué.

De là à penser que Proust (rentier-boursicoteur) serait la négation même de "l’Homme Moderne" : s’entreprendre, advenir, mettre en échec tous les déterminismes...

D'autre part, on ne manquera pas de noter que l'oeuvre de Proust est le plus souvent une oeuvre-refuge pour ses admirateurs inconditionnels ; un rempart, l'oeuvre de Proust, contre ce monde moderne dont la nécessité historique leur échappe : tout ce qui nous y a conduit et continuera de nous y conduire ; même si l’on se gardera bien de leur demander d’y adhérer.

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En effet, comment pourraient-ils, comment pourrait-on, nous tous ?

Sans oublier ceux pour qui Proust n'est plus qu'un auteur vers lequel on se tourne une fois que l’on a baissé les bras et que l’on s’est juré de ne plus porter aucun livre – à bout de bras, justement ! –, en y cherchant dans la lecture de son oeuvre, sa propre terminaison, prisonnier d’une chambre tombeau ; dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l’existence.

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Certes, vivre, c'est accumuler du passé. Etre capable, à tout moment, de convoquer ce passé, c'est prétendre à l'immortalité : adoration perpétuelle de soi jusqu'à l'extase ; grandissement épique de sa propre histoire familiale et sociale avec l'éternité pour leurre et le mensonge comme clé de voûte car, le plus souvent, se souvenir, c'est se mentir...

L’expérience existentielle de Proust - expérience initiatique -, c’est une vérité sur lui-même, et cette vérité le désarçonne, lui fait perdre tous ses moyens et le condamne très tôt, à son insu et tous ses personnages avec lui, à l'immobilisme, l'oisiveté et la mort - et pas seulement à cause d’une santé fragile...

proust-on-his-deathbed.jpg

Avec pour seul secours : l’écriture ; et seul recours : le souvenir et l’émotion suscitée par cet exercice épuisant de remémoration qui a tous les accents d’une... auto-commémoration.

Tel est son style.

“La nausée” de Sartre, à côté de cette expérience fulgurante qui frappe Proust de plein fouet et au plus profond, c’est trois fois rien : juste une petite déprime.

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Nietzsche ou l'autre "fin de l'Histoire"...

En continue ; éternel retour de l’être cyclique... face à lui-même, ressassements après ressassements compensatoires qui ne le sauveront pourtant pas.


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Nietzsche texte de Serge ULESKI.jpgSi une bonne partie de l’œuvre de Nietzsche annonce l’homme sans Dieu et les totalitarismes du 20è siècle - crimes de guerre, crimes contre l’humanité, holocaustes et génocides, en veux-tu en voilà…


Sa « pensée » annonce une nouvelle ère : celle des grands malades mentaux à la tête d'Etats totalitaires.


Nietzsche texte de Serge ULESKI 1.JPGManiaco-dépressif syphilitique puis psychotique faute d’attention et de soins - si tant est que la médecine et la pharmacopée de son époque aient été capables de lui venir en aide ; on a parlé de schizophrénie à son sujet...


Si Nietzsche est si populaire auprès des pensionnaires des hôpitaux psychiatriques qui sont, ne l’oublions pas, non seulement occupés par de pauvres bougres disgraciés mais aussi par des apprentis dictateurs et psychopathes car, on se soigne comme on peut - soit à l’hôpital, soit à la tête d’un Etat…


C’est que les fous n’aiment rien tant que l’ordre et la force.


Vous en doutez ?!


Ecoutez-les donc s’exprimer lorsqu’ils se mêlent de ce qui ne les regarde plus vraiment, à savoir de politique ! Leurs propos vous donneront la chair de poule même si l’on sera toujours tentés de se dire : « Bah ! Les pauvres, ils ne savent pas ce qu'ils disent : ils n'ont pas idée ! »


Et Nietzsche ne déroge pas à cette règle : quand il se pique de philosophie politique… la catastrophe n’est jamais bien loin.


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Si Nietzsche était né 50 ans plus tard, nul doute qu'il nous aurait quittés cinq et six ans plus tôt (faites le calcul, et vous comprendrez d'autant mieux pourquoi !) ; et nombre de nos contemporains se garderaient bien aujourd’hui de nous le servir à tout bout de champ et à toutes les sauces car… il n’est pas difficile de deviner sous quelle bannière notre poète-philosophe se serait rangé…


Même si… maigre des épaules et la poitrine creuse, Nietzsche serait sans aucun doute passé à la trappe le premier.


Pour une fois, les conseilleurs auraient subi le sort des payeurs...


Qui donc s’en serait plaint ?


Nietzsche 2 texte de Serge ULESKI.jpg


Nietzsche 2 texte de Serge ULESKI 2.JPG


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Nietzsche est coupable... a priori, comme tous les philosophes, auteurs et poètes qui se mêlent de politique ; et c'est une bonne chose car, les gens innocents n'intéressent personne.


Grand philologue mais… piètre penseur, si par penser on entend être un tant soit peu capable de poser les bonnes questions (ça, c’est pour la philosophie), tout en étant à même de proposer des solutions (ça c’est pour la politique) quant à l’organisation pacifique de notre existence à tous au sein de l’imbroglio politique, économique, religieux et psychique propre aux sociétés humaines...


Des solutions autres que les camps de la mort, la loi de la jungle et l’extermination de tous ceux qui traîneraient la patte - cela va sans dire ; mais tellement mieux en le précisant…


Nietzsche était un grand marcheur ; aussi pensait-il avec ses pieds et marchait-il le plus souvent sur la tête ; ce qui n’arrange rien, on en conviendra tous.


Que Nietzsche soit "à la mode" depuis une cinquantaine d’années dans cette partie d’Europe sur-protégée, ne change rien à l'affaire ! Europe repue, un rien blasée, peuplée d’européens courageux à souhait depuis qu’ils savent que l’on n’attend plus d’eux qu’ils soient téméraires - en effet, il ne viendrait à l’idée de personne de défendre Nietzsche dans l’ancienne Europe de l’Est ; européens complaisants qui, depuis qu’ils ne risquent plus rien, aiment se faire peur et s’encanailler - et d'aucuns ajouteront, se salir un peu : boue et bave -, auprès de penseurs et d’écrivains politiquement et philosophiquement très très incorrects.


Car, quand on sait lire, il n’est pas nécessaire d’être doté d’une intelligence supérieure pour voir, à titre d’exemple, dans l’ouvrage Antéchrist (1) et dont on n’aurait eu nul besoin de changer ne serait-ce qu’une virgule si d’aventure ces systèmes se l'étaient appropriés sans oublier de s’en vanter ouvertement (2) pas seulement une imprécation contre le christianisme, mais bien le manifeste de tous les systèmes totalitaires à venir.


Comme quoi… quand on ne veut pas voir… on reste aveugle et content de l’être.


1 - Rien de surprenant à cela : si on n’a pas la compassion, on aura les camps : et on les a eus.

2 - Faites le test : relisez Antéchrist tout en gardant à l’esprit ce qu’a été, par exemple, le régime nazi... et vous verrez : à tous les coups, ça marche ! De même avec « Les confessions de saint Augustin » et les Talibans : mais ça, c’est une autre histoire.


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Quant à tout ce que Nietzsche a bien pu écrire sur les femmes…


De femmes, il n’a connus, hormis sa mère et sa sœur, que celles des bordels - respectables au demeurant ;

Nietzsche sur un texte de Serge ULESKI.jpg

ce qui ne l’a pas empêché de disserter sans fin, fort de cet échantillon ô combien représentatif, sur l’éternel féminin et sa place dans le monde, ou bien plutôt dans la cuisine avec pour seul horizon… les fourneaux, sans oublier les couches culottes de marmots pleurnichards.

Nietzsche sur un texte de Serge ULESKI 3.JPG

Mais… tout compte fait et en comptant bien, ne parle-t-on pas toujours mieux de ce que l’on ne connaît pas ?


En effet, tout devient alors possible ! L’imagination peut s’ébattre sans entrave, libérée de la contrainte que sont des faits têtus et inhibiteurs.


Nul doute, l’ignorance a bien pour royaume la fiction car, une fois que l'on sait, on n’a qu’une tentation : baisser la tête et se taire.



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A titre de conclusion provisoire, on pourra faire le constat suivant : la dévotion rend bête, même et surtout séculière car, plus traître encore… tout auréolée d’une pseudo-liberté de pensée qui a souvent la fâcheuse habitude d’oublier de se débarrasser de ses œillères.


Et nombre de lecteurs de Nietzsche partagent cette regrettable habitude.


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Extrait du titre : Serge ULESKI en blogosphère

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Houellebecq : le Forrest Gump de la littérature




Forrest-gump-.jpeg


Un auteur c’est un plat qui se mange froid. Or, Houellebecq est un auteur froid :

c’est donc le moment.


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2008.06.09.Michel_Houellebecq.JPGSi "au commencement était le Verbe"...


Dans ses deux premiers titres - Extension du domaine de la lutte et Les particules élémentaires -, qu'est-ce que nous disait Michel Houellebecq (si d'aventure cet auteur tentait de nous dire quelque chose) ?


Ce chérubin semblait vouloir nous dire, avant de s'en désoler, qu'il vaut mieux être riche et beau (et puis, jeune aussi) quand on veut tirer (1) de belles nanas, que pauvre et laid.


Cette affirmation qui ne souffrira aucune contestation ferait donc de Houellebecq un grand écrivain doublé d'un grand moraliste.


Car, si Houellebecq avait été riche et beau à une époque où il ne l'était pas, il aurait bien évidemment et très certainement cherché à séduire des filles pauvres et laides...


C'est donc ça ?


1- Tirer des nanas : oui parce que... Houellebecq, les nanas, il voulait les tirer, c'est tout. Et elles ne s'y sont pas trompées bien sûr ! Elles qui ne supportent pas, lorsqu'elles en ont besoin, qu'on leur dise qu'elles en ont envie et vice versa. Mais ça................... Houellebecq l'ignorait.



Alors maintenant, à quand un auteur mais... de génie celui-là, qui nous expliquera, contre toute attente, combien il est préférable d'être issu d'une catégorie sociale dite "privilégiée" plutôt que d'appartenir à une catégorie sociale dite "défavorisée" ? (défavorisée ????? Qualificatif outrageusement euphémisant quand on constate l'ampleur des dégâts sur cette classe) quand on veut, non seulement séduire de belles nanas, mais aussi et surtout, se faire une place au soleil...


A quand cet auteur de génie ? Parce que... bon... on s'impatiente là !



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Plus tard, avec un titre comme Plateforme, et dernièrement avec "La Possibilité d'une île" et "La carte et le territoire", il semblerait que Houellebecq ait souhaité élargir quelque peu son champ de vision et qu'il se soit décidé à nous donner des nouvelles du monde.



Si Houellebecq connaît réellement notre monde contemporain en général, et l'Art en particulier (2), et si on oublie un moment une inspiration souvent absente ou poussive, force est de constater que les informations de l'auteur à ce sujet semblent avoir pour sources principales, sinon unique, le journal de 20H (TF1 ou France 2, c'est au choix), les émissions de Delarue, Envoyé Spécial pour s'être attardé devant son écran (somnolant ?), et maintenant qu'il est en Espagne : TV5 ; ce qui, tout le monde en conviendra, n'arrangera rien, bien évidemment.


2 - Houellebecq est un auteur très vague ! Aussi, gare au mal de mer ! Car... Houellebecq ne peut que bâcler les sujets qu'il croit traiter - et manifestement cela ne gêne pas grand monde puisque dans le milieu littéraire, tout le monde triche et bâcle : auteurs et critiques. Qui s'en plaindra ? Sûrement pas les lecteurs, nous affirme-t-on.

Tout comme il a une vague idée de la science fiction et des sectes dans "La possibilité d'une île", dans son dernier titre Houellebecq a juste une vague, très vague idée du fait que l'art contemporain n'est le plus souvent qu'une vaste fumisterie sans talent ; mais il ignore le plus important : c'est une fumisterie de la part d'individus (artistes mon oeil !) très sérieux qui n'ont aucun sens de l'humour et qui se préoccupent de tout et ne plaisantent avec rien ; ce qui aggrave sensiblement leur cas à tous (rien à voir donc avec la démarche d'un Marcel Duchamp).


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Mais alors...


A prendre ou à laisser Houellebecq ? Un Houellebecq qui est à l'écrit ce que Mylène Farmer est à la musique et à la danse (on me dit que tous les deux partagent le même fans-club !)...


Au diable la culpabilité !


Vraiment ! Sans regret et sans remords, on doit pouvoir laisser Houellebecq ainsi que les fossoyeurs de la littérature qui l'ont promu au rang d'auteur qu'il faut avoir lu sous peine d'être frappé d'inconséquence ou de nullité, là où ils ne seront jamais, à savoir : dans un lieu qui ressemble fort à un avenir car, il y a des auteurs qui savent voir loin et acheminer l'attention de leurs lecteurs plus loin encore, et surtout, là où personne ne peut décemment souhaiter être mené : à tous les drames et à toutes les tragédies, nous tous glacés d'effroi, face au pire.


En revanche - et on l'aura compris -, Houellebecq ne nous mènera guère plus loin que dans sa salle de bains qu'il ne fréquente que rarement, pour une douche qu'il ne se résoudra jamais à prendre en gosse mal léché, difficile et laborieux quant à l'acquisition des apprentissages de la petite enfance... et sur son pot aussi, lieu de toutes les rétentions, en pré-ado attardé...


Et ce, alors que le monde d'aujourd'hui et de demain a et aura besoin de titans !


Car, il faut le savoir : un auteur digne de ce nom, un auteur qui se respecte, se doit d'être sale à l'intérieur mais... impeccablement mis à l'extérieur, un auteur au linge irréprochable ; et à ça, Houellebecq ne s'y résoudra jamais !


houellebecq_ un doigt dans la bouche.jpgOui ! Propre à l'extérieur et sale à l'intérieur car, porteur de toutes les ignominies dont notre espèce est capable cet auteur ! Jusqu'à ce que... une fois la morale évacuée ou expurgée, il ne reste plus que des hommes, femmes, enfants, vieillards, pères, mères, soeurs, frères, filles, fils, bourreaux et victimes, eux tous terrés au fond d'un gouffre, les yeux tournés vers le ciel, et la nuit, les étoiles, à la recherche d'une lumière rédemptrice pour les plus coupables d'entre eux, et consolatrice, pour les plus humbles, face à un lecteur non seulement témoin mais... acteur, incarnant pour l'occasion...


Le dernier des hommes.

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Extrait du titre : Serge ULESKI en blogosphère

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Houellebecq et son chien.jpg
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Philippe Muray.jpg

Quatre ans après sa mort, l'écrivain et polémiste, dont on publie les «Essais», n'en finit pas de conquérir des adeptes.

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Après plus de 2000 pages de lecture de cet auteur... lecture de ce qui, pour faire court, s'avère être une critique apocalyptique de tout ce qui n'est pas Philippe Muray...


Ou comment cultiver l'art de jeter le bébé avec l'eau du bain et la baignoire avant de dynamiter la salle de bains et la demeure qui l'abrite, dans un... « Après-moi le désert ! » non-assumé faute de pouvoir être consciemment revendiqué comme tel...


Loin de toute tentative d'analyse d'aucune cause...


Misanthrope sympathique dans le meilleur des cas, ou bien aversion profonde pour le genre humain, dans le pire, et plus encore quand ce dernier n'a pas pour maître à penser un certain Philippe Muray (il faut toujours accueillir avec prudence les auteurs qui citent Céline à profusion, non pas pour son style mais bien pour ce qu'ils croient être sa "pensée)...


Ce qui fait de Philippe Muray ce qu’il est, ce ne sont pas tant ses choix "politiques" que le refus (ou bien l'incapacité) de comprendre la nécessité historique de ce monde dit "moderne" : tout ce qui nous y a conduits et continuera de nous y conduire ; même si l'on peut avoir de bonnes raisons de refuser, en totalité ou en partie, d'adhérer à cette "modernité"…


Mais… vous remarquerez que l'on peut toujours en concevoir une autre !


Un Muray incapable donc de proposer un avenir quel qu’il soit. En panne Muray ! De là sa frustration, son acharnement sur le présent et la violence de ses positions.


Et ceux qui, aujourd’hui, se réclament de cet auteur sont très certainement tout aussi en panne d’avenir que lui ; individus dont le tempérament – et ça existe : la preuve ! -, leur a fait très tôt prendre conscience qu’ils étaient nés tout simplement trop tard dans un monde décidément beaucoup trop jeune pour eux : d'où leur prédilection pour la thématique "Fin de l'Histoire"...

Et sans doute était-il là... question, tel un effet boomerang imprévu et insoupçonnable en eux, de leur propre fin à tous.


Quant au "dernier homme" (der letzte Mensch) de Muray, homme post-historique venu tout droit de chez Nietzsche et de son Zarazaza (autre dada de Muray), vraiment, si l'Histoire nous est d'un enseignement quelconque (même très quelconque), ce n'est sûrement pas demain la veille que notre espèce cessera de déjouer les prophéties même les mieux inspirées.


Non ! Ce qui fait de Muray ce qu’il est en tant qu’auteur (et non en tant qu'intellectuel car, il n'y a pas de « pensée Muray » mais bien plutôt des idées, des opinions « à la Muray »), c'est le caractère exclusivement a-politique ou anti-politique de ses choix, et ce à chaque fois qu’il est question de l’organisation de notre existence en société (pour ce qui est de la politique, se reporter à la définition d'Arendt); caractère qui nous renvoie à l'Ancien Régime, sinon au moyen-âge (oui ! sans rire) ; ou bien, plus proche de nous, à la "Révolution Nationale" d'un certain Pétain (à chacun ses casseroles !).

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Cible idéale d'un Julien Benda et de son ouvrage "La trahison des clercs", pour peu que la chronologie l'eût permis...


Véritable Lacenaire de toute idée de progrès et de justice (tout comme lui, très certainement à la recherche du châtiment suprême mais... introuvable depuis 1981 ; à son grand désespoir, sans doute !) la plus grosse erreur de Muray aura été de s’être laissé abuser et vampiriser tel Frankenstein, par sa propre création… Homos Festivus (1), jusqu’à penser qu’il s’agissait là d’un vrai projet de société et qu’il y avait, par conséquent, péril en la demeure ; projet durable qui recueillerait l’assentiment et le soutien sinon de la quasi-totalité, du moins, d’une importante majorité des électeurs (électeurs ou pas)...

Notre auteur, et parce que cela l’arrangeait, feignant d’ignorer que l’Homme sera toujours plus que ce qu’il croit savoir sur lui-même qui n’est - le plus souvent -, que ce que l’on a daigné lui enseigner ou bien, ce qu’on lui a laissé espérer... pour lui-même.


Quant à Delanoë, Maire de Paris, sa cour, son électorat bobos et leur influence supposée, fallait-il vraiment y consacrer autant d’années et autant de pages quand on sait que tout ce beau petit monde représente tout au plus que quelques centaines de milliers d’individus confinés, parqués dans une capitale qui ne nous appartient plus depuis longtemps déjà – Chirac n’ayant eu besoin de personne pour inaugurer cette dépossession.


1 - Homos Festivus : "Habitant satisfait de la nouvelle réalité ; mutant heureux qui n'a plus avec l'ancien réel que des rapports de plus en plus épisodiques" - PM

Erreur qui trahit une méconnaissance profonde du monde du salariat et des conditions de vie des classes populaires et des petites-classes moyennes de la banlieue parisienne et de la province rurale et urbaine qui se coltinent "cet ancien réel" ; et tous les jours en plus !

Muray aurait-il été, à son insu, plus parisien-rentier dans ses analyses que tous les parisianismes réunis - et notamment celui de ses adversaires ? Ou bien, aurait-il passé trop de temps devant son poste de télé, et ce faisant, sombrant dans le piège d’un vrai-faux nouveau réel beaucoup moins vrai et réel dans les faits parce que... souhaité et partagé par une infime minorité, au terme d’un "tel est pris qui croyait prendre" aussi comique que pathétique.


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Qui peut aujourd’hui douter du fait que si Muray avait été « au pouvoir », ses ennemis idéologiques n'auraient jamais pu bénéficier de la liberté d'expression et de publication qui fut la sienne ?!


Homme d’obsessions – la principale étant la sexualité, et plus particulièrement celle des autres… à la sexualité tout autre), on notera chez Muray l’absente de compréhension et de compassion à l’endroit de quiconque ne partage pas ses choix d’existence…


Car, le principal moteur de cet esprit hautement critique (critique plus que nécessaire, on en conviendra car, quiconque aujourd’hui n’est pas en colère est soit un salaud, soit un imbécile soit un escroc) aura été son intolérance congénitale jusqu’à l’aveuglement, telle une infirmité...


Intolérance qui a très tôt, et très certainement, décidé de tout. Et seule la mort a été capable de l’en délivrer (2).


Aussi…

Si l'on doit comprendre pourquoi Muray a fait cette oeuvre-là et pas une autre, reste à étudier, l’origine de cette intolérance (haine ?!) auquelle il a consacré toute son énergie créatrice, tout son talent et toute son intelligence aussi incontestables que rares.


Intolérance jamais assouvie de son vivant parce que… jamais rassasiée.

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2 -Vraiment, on est en droit de s’interroger sur le fait de savoir si des gens comme Muray ont eu vingt ans, ne serait-ce qu’une fois… et ce qu’ils en ont fait ! (Rapport à son traitement de la jeunesse).

Absence de don pour la vie ? Muray se vante d’avoir lu très tôt Céline ; cette inclinaison aurait dû alerter notre auteur et ses proches car, avec Proust, Céline est certainement un auteur que l’on ne devrait jamais lire avant 50 ans, sinon bien plus tard encore, lorsque, par exemple, le moment est venu d’aller chercher chez ces auteurs (et chez d'autres) sa propre terminaison dans une lecture-tombeau, dernière sépulture de vie pour des lecteurs convalescents et agonisants de l’existence.



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Ironie suprême... bien que relative... car les exemples ne manquent pas : cet auteur s'est voulu l'avocat de l'altérité et de la différence contre l'uniformité du monde alors que tout dans son œuvre laisse à penser que Muray avait beaucoup, mais vraiment beaucoup de mal avec tout ce qui n'était pas lui-même... Philippe Muray.

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Si derrière un auteur et son œuvre, on trouvera toujours une blessure, car les gens heureux et ceux qui ont réussi n’écrivent pas... ou bien, des imbécilités sans nom et sans lendemain…

Quelles interprétations donner à la haine célinienne, et pas seulement dans les pamphlets ?

D’aucuns s’interrogent sans fin, les raisons à la fois inavouables et inconscientes de cette haine semblant échapper à l’auteur lui-même qui, sur le fond, ne s’en excusera jamais : « J’ai eu le tort de l’ouvrir ; j’aurais mieux fait de rester à ma place. Mais aujourd’hui encore, je défis qui que ce soit de m’apporter la contradiction sur ce que j’ai pu écrire à cette époque ».

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Qu'à cela ne tienne !

Rien ne remplace une biographie ! Celle de l’enfance, sans oublier, en ce qui concerne notre auteur, la généalogie de la famille Destouches.


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Fils de Fernand Destouches issu d'une famille de petits commerçants et d'enseignants, et de Marguerite Guillou, famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler comme artisans…

Le Père de Céline, homme lettré mais incapable d'épargner à sa famille la hantise du prochain terme à payer (hantise qui sera très longtemps aussi celle de Céline) était opposé aux études, gardant à l'esprit sa propre expérience : « Les études, c’est la misère assurée » disait-il à son fils.

Une mère dentellière, travailleuse indépendante qui vivra péniblement de son métier et de sa boutique…

Lourd de sens, Céline ajoutera : « On a toujours été travailleurs dans ma famille : travailleurs et bien cons ! » (c'est là un fils de commerçant qui s'exprime, et non un fils d'ouvrier ; distinction importante).

Celine 2.jpgCertificat d’études en poche, un rien désœuvré, Céline joint l’armée très tôt, même si, en 1919, il reprend le chemin de l’école, passe son Bac - il a alors 26 ans -, avant d’embrasser la médecine, véritable vocation de Céline, et ce dès l’enfance ; il se dit « guérisseur dans l’âme ». Il étudiera la médecine dans les livres, seul, le soir, tout en travaillant le jour, même si jamais cette médecine ne lui permettra de joindre les deux bouts (… de payer son terme): il fermera son cabinet de Courbevoie très vite après son ouverture – fait lourd de conséquences.

Céline conjurera ce qui n’est pour l’heure qu’une déconvenue, en se lançant dans l’écriture, et entreprendra un long, un très long Voyage (1)

Il poursuivra sa vocation de médecin auprès des pauvres – dans les dispensaires -, non pas par charité mais tout simplement pour la raison suivante : de par son appartenance sociale, et après l’échec de son installation à Courbevoie, Cécile ne pouvait en aucun cas prétendre à une meilleure situation et à une autre clientèle.


1 - Il se vantera d’avoir écrit son "Voyage au bout de la nuit"… avec pour seul souci : être à l’abri du besoin, assuré qu’il était du succès de son récit : « cet ouvrage, c’est du pain pour un siècle de littérature, le prix Goncourt assuré pour l’éditeur qui s’engagera ».

Céline avait vu juste : ce sera le succès, mais le prix Renaudot pour consolation.


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louis-ferdinand-celine 3.jpg

Hormis son appartenance de classe (on y reviendra plus tard), sur un plan générationnel, Céline demeure un pur produit de la France de l’après boucherie de 14-18, avec le traumatisme de la trahison de l’espoir et les humiliés de Bernanos ; génération sacrifiée dont nul n’attendait le meilleur ; l’époque l’interdisait : elle n’en avait plus besoin (à ce sujet, difficile de ne pas penser au père de Céline). Aussi, ce meilleur dont l’époque ne savait que faire, cette génération l’a accumulé jusqu’à devenir une force. Et quand cette force s’est libérée, de quoi a-t-elle accouché ? De quelles actions vertueuses ? Ou bien, de quels desseins monstrueux pour avoir trop longtemps macéré dans la frustration, le ressentiment, l’impuissance, la retenue et le dépit ?

Ce meilleur-là a alors donné naissance au pire qui est souvent, en littérature, le meilleur.


Céline se dit athée et mystique ; craignant sans doute tout autant l’étiquette d’humaniste que celle d’anti-humaniste, il revendique le fait de ne pas s’intéresser aux hommes mais aux choses. Ecrivain et chroniqueur, pour Céline, écrire c’est mettre sa peau sur la table : la grande inspiratrice, c’est la mort ; à la fois risque et certitude que cette mort.


Homme sans joie, chez Céline, le vulgaire, c’est l’homme qui fait la fête ; l’homme qui souffre est seul digne de considération ; et pour cette raison, rien n’est plus beau qu’une prison, puisque les hommes y souffrent comme nulle part ailleurs. Et son Voyage s'en fera largement l'écho... jusqu'au bout de la nuit...


Nuit noire... pour une littérature de l'échec : échec en tant que médecin (sa seule véritable vocation : on ne le rappellera jamais assez !) ; échec de la mère de l'auteur qui mourra épuisée et aveugle à l’ombre du ressentiment d’un mari déclassé...


Et si... avant de mettre le feu à la littérature, l’exercice de cette médecine qui ne le mettait nullement à l’abri du besoin a pu contribuer à son dégoût plus social qu’humain (Céline n'a pas toujours su faire un tel discernement) pour cette société dans laquelle on ne fait décidément que l’expérience de l’échec…

Dans les années trente, nonobstant le succès littéraire en 1932 de son Voyage (à la fois succès commercial et succès d’estime), Céline devra faire face à un nouvel échec : celui de son intégration sociale malgré sa tentative désespérée de rallier à lui les classes dominantes (ou pour faire court : toutes les forces qui combattront le Front Populaire) à coups de pamphlets antisémites - antisémitisme largement partagé à cette époque ; et plus encore, pendant l’occupation (2), en commettant l’erreur (3) de soutenir un régime et une idéologie par avance condamnés à l’échec - encore l'échec !


2 - On pensera au suicide social d'un Céline aveugle pour qui le peuple n'est qu'une masse sans forme et sans distinction "... dont le sadisme unanime procède avant tout d'un désir de néant profondément installé dans l'Homme... une sorte d'impatience amoureuse, à peu près irrésistible, unanime, pour la mort" ; et à ce sujet, il semble que Céline ait partagé ce désir et cette impatience.

Quant à ce monde dans lequel il n'y aurait rien à sauver... Zola dont Céline aurait très bien pu être le fils naturel - il en avait toutes les dispositions, du moins jusqu'en 1935 -, n'a-t-il pas su, dans le ruisseau de l'humanité, y chercher et y trouver de l'espoir et parfois même, du sublime ?

Au sujet de Zola, se reporter au texte de Céline : Hommage à Zola - Médan octobre 1933


3 - Les ignorants plus que les imbéciles… osent tout ; c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît ; ce qui, par ailleurs, n’empêche nullement l’expression et l’épanouissement de leur talent, voire de leur génie.

A la décharge de Céline... on précisera : erreur due à l’absence de culture politique et historique au sein d’une classe dépourvue des outils conceptuels propres à la compréhension de l’organisation d'une société.



***

Céline Meudon.jpg

Céline n’a jamais vraiment quitté son milieu familiale ni sa classe : il n'a jamais cessé de "penser" comme elle ; il n’a jamais su s’en affranchir.

louis-ferdinand-celine 1.jpgL’aurait-il fait… nombreux sont ceux qui affirment qu’il nous aurait privés d’une œuvre incomparable. Certes !

Mais... échec après échec, ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, nous tous, n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

Céline 50.jpgEt si, pour citer notre auteur, l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches, Céline n’a jamais cessé d’être ce caniche et tous ses personnages avec lui ; personnages pour lesquels le calice de la réussite est passé loin, très loin d'eux ; calice qu’il ne leur a jamais été permis d'entrevoir, encore moins de saisir, eux tous pourtant à la tâche, jour après jour, indéfectibles, comme d’autres... au temple, zélés et fervents...


Choisissant alors de retourner toute la violence de son échec et celle d'un déterminisme social dont les parents de l'auteur furent les victimes muettes et résignées, non pas contre lui-même - ce qui nous aurait privés de son œuvre -, mais contre ses semblables - ennemis humains ; et les heureux élus auront pour noms : les plus faibles - les pauvres qu’il a soignés sans profit ; puis les juifs – minorité de tout temps bouc-émissaire ; mais aussi.. communauté incarnant l’excellence artistique, scientifique et philosophique, et plus important encore : la réussite sociale ; et en médecine, cette communauté n’était pas non plus la dernière à s’imposer…


Violence donc… bientôt étendue à toute la société ; et pour finir : à tout le genre humain.

***

N’en déplaise à Nietzsche…

Et si le ressentiment à son paroxysme qu'est la haine était le sel de la terre, un moteur créatif sans rival et qui ne cessera jamais de nous surprendre ? Après Matthieu, Céline accouchant d’un évangile d’un nouvel ordre : un évangile vengeur... même privé d’une revanche digne de ce nom...

sade.gifCar Céline est bien à l’humanisme ce que Sade (le marquis triste) est au romantisme : une fois déçus... parce qu'introuvables, amères, ils n’en sont et n'en demeurent pas moins, aujourd’hui encore, tous les deux, redoutablement les pourfendeurs impitoyables pour avoir été de ceux qui, à leur insu semble-t-il, auront longtemps poursuivi en vain une telle quête qui, nul doute, cache un besoin insatiable d'absolu dans une recherche effrénée de leur propre salut.


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Ursula ULESKI - La peinture dans tous ses états !


ULESKI Photo carrousel du Louvre.jpg


Architecte et artiste peintre franco-polonaise



"… je cherche à redécouvrir l’étrangeté magique et la singularité de l’évidence. Quand je dessine un trait, j’habite déjà le lieu. Extatique, obsédée, j’y cherche la lumière et l'équilibre...

... Pour moi l'Art, c'est la célébration de la vie : énergie et mouvement - jubilation, plaisir, joie. Quand je peins, je célèbre aussi la peinture."




ULESKI - A fleuret moucheté 140x120 acrylique sur toile.jpg

Galerie de l'Artiste : cliquez ULESKI

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La fête des morts

Pour ceux qui ne l’évoque plus


par pudeur


parce que l’enfance


à enfermé en eux


un manque


qui leur fait encore mal


un père parti trop tôt


une mère perdue


un frère, une sœur


indispensables confidents.



J’irai à la fête des morts


avec un pot de fleurs


dans un grand champ de pierre


à l’allure éphémère


d’un parc de Versailles.


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Il s’agit d’une «Clownerie» en un acte et en prose de Jean Genet publiée aux Éditions de L'Arbalète en 1958, et créée à Paris au théâtre de Lutèce en 1959.

Devant un catafalque drapé de blanc, sept acteurs noirs aux pseudonymes fantaisistes (Adélaïde Bobo, Augusta Neige, Félicité Gueuse-Pardon, Étiennette-Vertu-Rose-Secrète Diop, Archibald Absalon Wellington, Dieudonné Village et Samba Graham Diouf) achèvent les préparatifs d'un spectacle conçu comme un rite. Discrètement, un huitième Noir, Edgar-Hélas Ville de Saint-Nazaire, s'éclipse, armé d'un revolver. Puis, devant une cour dont ils s'efforceront de mériter la condamnation, les Nègres interprètent le meurtre d'une Blanche. Leur auditoire est également composé de comédiens: Noirs masqués de blanc, tenant le rôle de personnalités coloniales (la reine, son valet, le gouverneur, le juge et le missionnaire). La représentation est interrompue par une détonation suivie du retour de Ville de Saint-Nazaire; on comprend alors qu'aucun meurtre n'avait, jusqu'alors, été commis et qu'il s'agissait de captiver l'attention de la salle pendant que, en coulisses, les Noirs exécutaient un traître et accueillaient un mystérieux libérateur. Le spectacle reprend et s'achève par la mort des personnages de la cour. Après un rapide dialogue entre deux comédiens, la toile du décor se lève, découvrant des préparatifs identiques à ceux du début.

«Un soir un comédien me demanda d'écrire une pièce qui serait jouée uniquement par des Noirs. Mais qu'est-ce c'est donc un Noir? et d'abord c'est de quelle couleur?» (Préface): à l'arrière-plan des Nègres s'affirme cette évidence existentialiste qu'il n'y a pas de nature de l'homme, et que toute couleur de peau érigée en identité porte le nom de «racisme». Le théâtre, lui, «comme glorification de l'image et du reflet» (c'est la définition qu'en laisse entrevoir le Balcon) ne peut entrer en lutte avec l'idéologie que sur son propre terrain, et dénoncer le règne de l'apparence et de l'identification de l'individu à son apparence qu'en l'exaltant précisément, en l'enflant jusqu'au paroxysme. Donc les Nègres affirmeront qu'ils sont sur scène pour s'identifier, jusqu'à l'extrême, à cette nature de Nègre que la société et le discours officiel leur supposent: «Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons. Nous le serons donc jusqu'au bout, absolument», déclarera Archibald à la fin de la pièce. Mais de ce fait, parce que les Blancs participent de ce cérémonial à grande échelle qui célèbre et ridiculise leur idéologie, ils sont eux-mêmes réduits à l'état de reflet: d'une part, sur scène, ils figurent un tribunal constitué de Noirs revêtus de masques blancs; de l'autre, ils forment le public réel qui contemple sur scène l'image exacte de sa haine, de sa peur bornée. Les Nègres sont présents sur scène et s'obstinent héroïquement en leurs images, mais les Blancs ne seront jamais que des images, et qui meurent à la fin, aussi facilement que les ombres vaines des Enfers. La pièce a noirci les Noirs pour anéantir les Blancs.

La seule réalité temporelle des Nègres, finalement, c'est l'instant, et la seule vérité scénique tient à la situation farcesque: les Noirs, ni personnages ni comédiens, jouent à être ce qu'ils sont. D'où la duplicité perpétuelle qui gouverne la dynamique et la structure de la pièce: celle-ci s'affirme d'emblée rituel et déjoue toute velléité de fiction, ce qui ne l'empêche pas de jouer avec des niveaux de représentation extrêmement complexes et de tromper le spectateur sur le degré de réalité des événements réels ou supposés. Ceux qui sont sur scène sont des comédiens, ils ne participent d'aucune intrigue réelle. Mais étant impliqués dans l'organisation d'une «cérémonie» lourde de sens - le meurtre d'une Blanche - ils retrouvent sans cesse l'élan naturel de la fiction. Dès que le drame central revêt un semblant de réalité, le théâtre s'en empare et oblige à découvrir qu'il n'y a rien sous le drap. Dès que ce même drame se dénonce comme supercherie, des personnages porte-voix, comme Félicité, sont appelés à la rescousse pour déchaîner la violence et appeler au meurtre avec une puissance incantatoire qui réinjecte dans la pièce la dimension incontestable du vécu. La pièce dupe donc le spectateur: tantôt les acteurs affirment que le cérémonial est intangible et qu'il se reproduit selon les mêmes règles et le même ordonnancement, tantôt les acteurs nous laissent miroiter des variantes, des caprices même dans le rituel. Mais la plus grande préméditation et la plus grande improvisation se rejoignent et se confondent dans un théâtre essentiellement ludique.

Et pourtant la pièce ne peut jamais se satisfaire de n'être qu'une clownerie. Sans cesse reviennent la tentation de l'extériorité, du réel, de la chair, et l'espoir pour le théâtre d'un langage utopique, positif, voire révolutionnaire. A cette égard, la dimension qui échappe par essence à la clownerie dramaturgique, c'est la langue, superbe et lyrique, où les Nègres et les Blancs se rejoignent, à l'image de la reine et de Vertu dont les voix se superposent l'une à l'autre.

Aujourd'hui, les Nègres attirent moins les metteurs en scène que le Balcon ou les Bonnes, et il n'y a guère que Peter Stein qui se soit relancé dans l'aventure de Roger Blin et de la troupe des Griots dont Barthes louait la «gaucherie intelligente». Pour le metteur en scène emblématique du théâtre de l'absurde, les Nègres avaient cette cruelle opacité et invitaient à un ballet d'ombres non moins opaques. Aujourd'hui, la dramaturgie des Nègres, en dépit d'une complexité apparente, se laisse peut-être trop facilement appréhender.

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Un texte que j'aime.



Dans un monde dominé par le déplaisir, la peur économique et l'arrogance autarcique de certains pouvoirs politiques, religieux et financiers, que reste-t-il comme marge à la poésie pour réellement investir le monde ? Nous arrivons à la fin d'un premier cycle dans ce 21e siècle, celui de sa première décennie. Il aura été marqué par le retournement de l'Occident ainsi que de son opposition forcée à un certain Orient. Depuis le 11 septembre 2001 se sont succédé guerres, crises spéculatives, puis financières et économiques, retours en arrière sur les libertés individuelles, fuites en avant d'une surproduction planifiée pour "satisfaire" nos modes de consommation
inconscients, etc. A côté de cela, des tentatives positives ont bien vu le jour, visant à remettre en cause les systèmes dominants se déshumanisant.


Sans doute le poète, l'ouvrier-artisan et l'amateur de poésie ont-ils aujourd'hui plus que jamais à se sentir concernés par l'évolution du monde et du genre humain, afin d'éviter tout repli sur soi. La poésie pour ouvrir et oeuvrer sur chaque mot de chaque phrase de notre existence, cette aventure à la fois irréductiblement individuelle et collective. La poésie pour ouvrir et oeuvrer à un nouveau cycle, celui qui à présent s'invite, chez vous comme chez nous...


Et pour plus de cohérence, comment ne pas se soumettre soi-même à cela ? C'est pourquoi, lors des prochaines semaines et prochains mois, nous travaillerons à la re-fondation de notre projet même ici à la Maison de la poésie. Car si la poésie est trop vaste pour être contenue en une seule demeure, elle peut dans chaque foyer avoir cette nécessité de se déposer et depuis ce coeur renouvelé se déployer, irradier...

Nous vous souhaitons une belle lecture du BIP, chères amies et chers amis, ainsi que d'excellentes fêtes de fin d'année !

David Giannoni

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Un peu de prose pour changer...

EN PROVENCE...

Une journée...

Radio nostalgie en fond sonore... Le bruit de la sirène d'alarme d'une villa proche labourant la chaleur de l'été; le cri strident des cigales; le soleil implacable de midi et la valse des abeilles entourant la chaise longue d'une inconditionnelle de la bronzette!

Quel décor pour un repos... Cette agitation m'invite sans doute à reprendre une plume si paresseuse qu'elle en perd l'habitude et se lasse déjà des conversations trop proches, des reproches imbéciles, des questions sans intérêt! Oh ma quiétude quand donc te trouverai-je sans me réfugier dans la solitude?

Je voudrais pourtant saisir comme le peintre cette floconneuse chaleur moite qui s'enroule autour de la lavande, s'arrête au sommet de l'olivier, se repose au creux des vignes et rêve dans le vent léger qui fait frémir la glycine! Je voudrais apprécier les ombrages des pins ou du chêne vert du jardin en laissant errer mon regard dans l'infini si bleu... que toute autre couleur ne semble exister que pour en exalter la profondeur!

C'est pourtant dans la fraîcheur verte des quatre murs de ma chambre que je vais me réfugier et fermer le temps d'une sieste des yeux douloureux de regarder sans contempler jamais...

Une nuit...

La nuit était mouvante et bruyante. Elle criait des mille bruits d'insectes repus de soleil, proclamant leur bien-être dans l'apaisement du soir. Elle susurrait son plaisir en s'éveillant de sa torpeur...

Le vent n'était déjà plus de la brise mais un peu plus... Sous son souffle les branches gémissaient doucement, toutes langueurs...

Le ciel était en mouvance! Les légers nuages qui le parsemaient voilaient par instant la lune pleine et ronde qui semblait trôner sur un univers à la fois rendu paisible par le retour de la fraîcheur et suractivé par une vie souterraine et dense que les sens pouvaient percevoir à chaque instant!

La nuit était belle et mystérieuse comme une femme incertaine prête à tout donner et à tout reprendre! Douce et fraîche, l'haleine pourtant lourde des senteurs exhalées par une journée trop chaude, trop inerte, trop caniculaire, dont la libération avait le goût inquiétant d'une envolée vers demain... Un demain que ce présent superbe ne désirait pas vraiment!

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administrateur théâtres

Jalousie en trois mails (Théâtre Argan 42)




JALOUSIE EN TROIS MAILS

COMÉDIE D'ESTHER VILAR

06 Octobre 2010 >> 30 Octobre 2010

Une avocate d’âge mûr intelligente et sensible, une femme fatale architecte -la vamp irrésistible et blonde en robe noire, chignon sensuel et bouche peinte se refermant sur une éternelle cigarette dans un penthouse de rêve, et l’étudiante bouddhiste en jeans, végétarienne. Trois générations. Elles habitent le même immeuble. Epouse ou maîtresses, elles partageront inéluctablement les palpitations et les affres de la jalousie pour le même homme. Ce Lazlo, est omniprésent dans leur monde intérieur mais absent de la scène, sauf qu’il circule, habilement entre les étages, insaisissable. Les empoignades se font à coup de mails, de véritables argumentaires pleins de fiel, de poison et de verve : tour à tour des salves de perfidie, de désespoir, d’amour passionné tombent avec fracas dans les maibox. Les textes sont beaux, du Sacha Guitry version féminine. La rivalité entre ces femmes révèle en chacune la mesure de leur passion pour le même homme et la douleur insupportable de l’abandon. Pas de clichés, un crescendo de souffrance et de violence, boomerangs verbaux, bombes de détresse et de sarcasmes vengeurs. Les monologues se croisent et se répondent sans jamais réellement communiquer entre eux, chacune se croyant pathétiquement à l’abri dans sa bulle, jusqu’au dernier moment, à l’abri dans la croyance folle d’être aimée. Mais les déconvenues sont d’autant plus cruelles, jusqu’à friser le suicide. L’une lit avec effroi le texte qu’elle vient de recevoir, l’autre livre ses pensées aux fenêtres ou s’adresse virtuellement à sa rivale, l’une lit son texte en l’écrivant rageusement, chaque fois l’émotion est au paroxysme mais pas de confrontation réelle, ni de bagarre, le sentiment n’en est que plus aigu.

La voix de " l'autre" est prisonnière de l'écrit, comme un moustique coincé dans un microscope. C’est donc le verbe qui se charge de la vérité de l’émotion. Et de l’évocation des ravages du temps… mais les femmes, statistiquement, ne sont-elles pas gagnantes ? D’un bout à l’autre, la jalousie est disséquée avec brio jusqu’à la scène finale où paradoxalement il sort une véritable surprise rhétorique voluptueuse. Exaltation. Vive l’intelligence …

Le spectacle est aussi dans la salle : des spectateurs masculins, totalement inconscients des dangers des relations extraconjugales ont les yeux qui brillent, le sourire flottant, et se trémoussent d’une fesse sur l’autre. J’en ai vu saisir leurs accoudoirs et se lever à demi, transportés par le bonheur imaginaire de se sentir Lazlo – quelle erreur! – et des femmes soupirer d’aise quand à son tour la maîtresse, femme fatale « tombe »…

Rosalia Cuevas, Carole Weyers et Cloé Xhauflaire sont toutes trois, solaires!

Petit Théâtre Mercelis:Du 06/10/10 au 09/10/10 Et du 14/10/10 au 30/10/10 à 20h30
BOZAR: Le 12/10/2010 à 20h30
Infos et Réservations: www.argan42.be et 070/75.42.42

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Le plongeon



Dans mon dos
La brûlure du hululement de l’immense armée
Dix dés noirs
Seize mille combattants affûtés rompus à la réduction
De la volonté
Je reste au pas car devant

C’est le gouffre
Il ravale des vies et l’espoir
Expire

Le jour est un plat au goût de poussière
Bon pour les serpents
Ces reptiles qui rampent sur le ventre
Au temps de la mystification simulent les hommes
Qui se vendent
Criblant la morale de l’urgence d’une attraction des regards crédules

Le gouffre ravale des vies indécises et l’espoir des ventres vertébraux expire
Quand toutes les idées noires assiègent et rassurent sur l’unique choix restant
Le plongeon.

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Les races



L’aurore hypothéquée crépuscule le jour
Des âmes infâmes aux armes inexistantes
Les plaies des sous-vies piquées de rictus
Tant bombance se pointe ailleurs la poitrine pleine de promesses

La peine terriblement en crue
L’océan oculaire déborde
La vapeur des cordes liquides qui descendent en trombe
Élève un épais nimbus carbonique qui rapte leur penser

Ceux qui marchent dans les airs comme sur la terre rigide
D’un pas serein
Ont la force mentale résolue à moudre le roc pectoral
De l’immonde imperturbable qui barricade le fort de l’ultime espérance

Les lois de la matière diffèrent de celles de l’éther
Alors la terre subdivise ses hommes en ceux qui parlent
Ceux qui font
Ceux qui parlent et fondent.

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Des colibris ou des corps qui brillent



Et des colibris voletaient autour des flirts
Dont le fruit jaune tombait en graines
Sous les mèches fines du vent léger

Et le ciel gardait son visage calme des jours gris de froid
Qui acheminent vers un voyage intérieur où
Tout est sujet d’interminables méditations

Et des corps qui brillent voletaient autour des fleurs
Dont le rire jaune tombait en graines
Sous les flèches fines du vent léger

Transperçant les flancs de la vilénie
Le questionnement méditatif libérait du joug
De l’inaltérable immonde

Et des corps qui brillent voletaient autour des filles
Dont le rire jaune tombait en miettes
Sous les flèches fines de la vérité

Avaient-elles besoin d’être pénétrées de toutes ces richesses
Collectionner tout ce qui procure plaisir à l’excès
Greffer à la notion du bonheur coït à plusieurs ?

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Vous avez aimé le roman

de Pascale Hoyois.
Vous attendiez avec impatience le tome 2 : il est arrivé !

Après le tome 1 : « LES DISSIDENTS DU 16ème SIECLE »,

1521-1526 : Une forêt idyllique : la chênaie à jacinthes du Bois de Hal, au 16ème siècle. Lisbeth, fille d’une guérisseuse et petite-fille d’une érudite, est enthousiasmée par la pensée humaniste d’Erasme et par les idéaux de la Réforme. Sauvera-t-elle les premiers luthériens de Bruxelles, ville impériale où siège Charles-Quint, où sévit la sanglante Inquisition ?
Ce roman historique nous plonge dans une période charnière de la pensée occidentale.

Le roman de Pascale Hoyois m’a captivé du début à la fin. Elle aurait pu écrire le double de pages sur ce sujet, tant il est bien documenté et d’une écriture vivante. Cela sonne « vrai » et l’on vit au rythme des personnages attachants. C’est aussi une leçon d’histoire sur les « martyrs protestants » du 16ème siècle. (Florent L.)

Voici le tome 2 : « JOURNAL A QUATRE MAINS SOUS LA REFORME »


Les sœurs jumelles Louyse et Jenneken respecteront-elles le pacte secret qu’elles ont signé une nuit de pleine lune de décembre 1542 à La Chênaie à Jacinthes ?
Leurs aventures les mèneront à Bruxelles, où, bravant les dangers du voyage et les persécutions de l’Inquisition, elles trouveront l’amour et la révélation de leur propre destinée, s’inscrivant dans le vaste mouvement de liberté de pensée qui bouleverse l’Europe.
L’auteur propose un portrait fidèle des personnages historiques (Charles-Quint, Marie de Hongrie, le bienfaiteur bruxellois Gilles Thielemans,...) ainsi qu’une analyse fine des mœurs et nous plonge dans l’idéalisme et la cruauté qui existaient à l’époque.

Passionnant et émouvant ! (Bernard H.)
J’ai vu un film se dérouler devant moi. J’ai ressenti beaucoup d’émotions à travers un suspense où chaque chapitre réserve une surprise. On imagine bien les personnages. Je m’y suis fort attachée. J’ai eu de la compassion pour Jenneken et j’ai été impressionnée par l’injustice des emprisonnements arbitraires. La Réforme est très bien racontée dans sa vie quotidienne. (Vinciane D.)

Découvrez les deux tomes de « La Chênaie à Jacinthes »

sur le site www.parlerdetre.be ou en téléphonant à l’asbl Parler d’Etre au n° 02/478.81.78.

et recevez-les chez vous par la poste.
(Illustrations de Dina Kathelyn).

Au sujet de Pascale Hoyois:


PASCALE HOYOIS - BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

RECITANTE
Premier Prix d'Eurythmie au Conservatoire Royal de Mons, puis Premier Prix de Déclamation au Conservatoire Royal de Bruxelles en 1984, elle a fêté son 100e récital de textes en avril 1995. Elle est aussi soliste récitante dans des concerts classiques, avec la Chorale Royale Protestante de Bruxelles ou l'Ensemble Vocal Spivaïmo.

CREATRICE DE SPECTACLES
En 1993, elle fonde l’association Parler d'Etre, reconnue par les Tournées Art et Vie, où elle crée une douzaine de spectacles sur des thèmes psychologiques ou humanitaires, dont les théâtre-débats sur l’alcoolisme ou sur la dépendance amoureuse.

ANIMATRICE
Depuis 1984, après l’obtention d’un brevet d'animatrice-formatrice en arts du spectacle au Centre de Formation d’Animateurs, elle anime des ateliers de théâtre pour enfants ou adolescents. Elle propose également des groupes pour adultes d’épanouissement personnel et de scénothérapie (formation de deux ans à Paris) et crée des stages (Remotivation et orientation professionnelle, Groupes sur la Dépendance amoureuse, Thérapie par le texte, Affirmation de soi et communication, Jeu théâtral et expression de soi).

ACCUEILLANTE et ECOUTANTE AU TELEPHONE
Association 29 rue Blanche (problèmes sociaux des femmes),
SOS VIOL (viols et violences),
Parler d’Etre (dépendance amoureuse et alcoolisme).

AUTEUR
Après avoir rédigé - et interprété en tant que récitante - poèmes, chansons et pièces de théâtre, la forme du roman représente pour elle un aboutissement de trente ans d'écriture. Son sixième roman, « George et Moi» est paru aux Editions Convaincre en septembre 2004. Pascale Hoyois est membre de l’Association des Ecrivains Belges de Langue Française et de l’Association Royale des Ecrivains Wallons.

PRODUCTION LITTERAIRE
32 recueils de poèmes, 1 recueil de chansons et de composition de mélodies, 1 cd + livret de textes sur musique, 1 fiction radiophonique pour enfants, 2 recueils de nouvelles, 7 pièces de théâtre (dont 4 jouées), 10 romans.

LES ŒUVRES EDITEES DE PASCALE HOYOIS

1) Funambule au fil des mots
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. 1996.
Recueil de poèmes à la recherche de l’équilibre, sur les thèmes de l’amour, de la démocratie, du bien-être.

2) L’Aube du Troisième
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. Bruxelles. 1999.
CD et livret de textes tirés d’un spectacle créé par l’auteur avec la musique du groupe belge Zardoz, sur les peurs et les espoirs du Troisième Millénaire.

3) Les Pétales du Plaisir
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. 2003.
Recueil de textes, poèmes et chansons d’un spectacle créé et interprété par l’auteur sur le thème de la sensualité féminine.

4) George et Moi
Baudour. Editions Convaincre Belgique. 2004.
Roman sur la correspondance imaginaire entre George Sand et une jeune femme d’aujourd’hui, de l’admiration à l’identification.

Les extraits de presse :

L’Echo du Berry, France, 21 avril 2005
Cet ouvrage, un brin facétieux, use d’un subterfuge ingénieux pour évoquer de manière vivante Sand et son actualité. Mais les personnages de « George et Moi » possèdent leur propre épaisseur romanesque. Une évocation fraîche, vivante et pleine de fantaisie.

Michel Ducobu, écrivain belge
D’une écriture à la fois simple et très mûre, d’une clarté permanente, ce roman très documenté, très atypique, très personnel et vivant, est animé par un très grand idéal. C’est trop rare pour ne pas le saluer.

Daniel Berditchevsky, Le Bibliothécaire, mars 2005
Voici un roman épistolaire surprenant. Des lettres pleines de passion sont marquées du sceau d’une quête. La prose coule de source.

Sylvie Godefroid, Sabam Magazine, mars 2005
C’est un vrai petit bonheur, à lire, vraiment !

Florence Acke, psychologue-conseil
Pascale Hoyois scrute et découpe au scalpel un parcours initiatique et identificatoire avec une poésie envolée pleine d’inspiration.

Julie Braun, Wolvendael, avril 2005
Sa plume nous entraîne à la découverte de personnages en quête d’eux-mêmes, passionnés, déroutés et résolument vrais.
5) J’ai rêvé d’un monde sans ça
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. 2008.

Roman : Prônant une union mondiale pour la solidarité et la coopération, le 10ème roman de PASCALE HOYOIS va vous faire voyager au travers d’une idée aux horizons magnifiques !

Au début du XXIème siècle, à la suite d'une grave crise internationale, le Commissaire Européen des Relations Extérieures s’intéresse à une nouvelle théorie décrite dans un roman d’anticipation audacieux. Il s'en suit un grand changement mondial au cours duquel les personnages vivent des histoires qui parlent de révolution pacifique, d’amour et d’amitié, d’échanges culturels et de nouveaux choix de vie.

L’avis des premiers lecteurs :

Un livre révolutionnaire et percutant qui démontre la possibilité d’une autre société.
C’est aussi un roman d’aventure où les personnages sont attachants et très divers.
Christiane, animatrice culturelle, 47 ans

C’est vraiment EXTRA ! Je suis estomaqué par le parti, tant littéraire que philosophique, qui a été tiré de l’idée.
Bernard, ingénieur civil pensionné, 70 ans

J’ai dévoré ce roman passionnant. Je ne suis pas arrivée à le lâcher. S’il ne devient pas un best-seller, alors, je ne comprends plus rien.
Sophie, secrétaire dans un théâtre, 35 ans

J’ai vraiment été séduite par l’idée. Pour ma part, je vote oui.
Nadine, secrétaire d’une O.N.G., 53 ans

Ce roman se lit en une traite. J’ai cependant envie de creuser plus loin, d’avoir plus d’informations sur l’organisation de la Réunification.
Jean-Claude, ingénieur chimiste pensionné, 67 ans

Si un parti politique était basé sur l’idée de ce roman, je voterai pour lui. Les personnages sont très vivants. Ils m’ont touchée. Je verrai très bien cette histoire portée au cinéma.
Florence, psychologue, 38 ans

Vraiment, j’étais étonnée. Ce roman vaut tous les livres contemporains. C’est le chaînon manquant de mon utopie. A très bientôt, j’espère, sur toutes les chaînes de télé du monde !
Jessica, dessinatrice de BD pour enfants, 24 ans

J’ai adoré ! Ce roman est motivant, philosophique, plein de suspense. Le style est prenant et les personnages sont touchants. J’aimerais que cette fiction devienne réalité. J’en rêve !
Jennifer, lycéenne, 18 ans


Arts et Lettres invitera l'auteur pour une séance de signatures dans le courant du premier trimestre 2011.

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« Le Mouvement Coopératif, les Maisons du Peuple dans l’Ourthe-Amblève »

Une initiative du CLEO en collaboration avec le Foyer culturel de Sprimont

Sous les auspices de l’Administration communale de Sprimont

et avec le soutien du PAC de Liège.

Les mouvements coopératifs, toutes tendances confondues, font partie de l’histoire de Sprimont et ont certainement donné vie à bon nombre d’associations locales à vocation sociale et/ou culturelle.

La « cité des carrières » doit se souvenir de son passé afin de mieux envisager son avenir.

Par ailleurs, un projet immobilier risque d’effacer une des dernières traces de ce passé, puisque la « Coopérative » sera bientôt transformée en habitations…

Qu’en restera-t-il ?

Pour remettre en mémoire ce passé, diverses activités ont été programmées (exposition, conférence, soirée cabaret).

Au vu du succès rencontré par l’exposition,

celle-ci est prolongée jusqu’au 30 novembre

Exposition relative à la vie des Maisons du Peuple et du Mouvement coopératif. Pourquoi et comment les ouvriers ont été amenés à se regrouper au 19ème siècle dans notre région. Exposition réalisée par le PAC et agrémentée de documents divers (Musée de la Vie Wallonne, Musée de la Pierre, objets appartenant à des particuliers, photos, …)

L’exposition n’est accessible que sur réservation préalable au Foyer culturel 04/382.29.67

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administrateur théâtres

LE MEC DE LA TOMBE D'À CÔTÉ (théâtre Le Public)

LE MEC DE LA TOMBE D'À CÔTÉ de Katarina Mazetti


Mise en scène: Michelangelo Marchese / Avec Florence Crick et Guy Theunissen

DU 26/10/10 AU 31/12/10 au théâtre Le Public

Daphné Merlin, Bac+5, se rend régulièrement sur la tombe de son jeune Hugo de mari, un alter ego qui a eu le mauvais goût de mourir sur son vélo, la tête dans un casque où il écoutait des chants d’oiseaux. Bibliothécaire, et citadine en diable, elle vit dans un appartement impeccable, tout blanc, plantes vertes, très tendance, pas une tache. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence rustique l'agace souverainement, autant que la stèle orgueilleuse et son abondante vie végétale, digne d’un pépiniériste. La tombe où elle se recueille est nue et sobre, pas même un rosier, car le mec d’avant, amoureux du vide, en avait décidé ainsi, réglant tout dans sa vie, jusqu’à ses obsèques. Depuis le décès de sa mère, Jean-Marie vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il est fort affecté du vide laissé par la mort de sa mère, mais il a de l'humour et de l'autodérision et le rêve inavoué d’un « je t’aime, tu m’aimes, on sème… ». Chaque fois qu'il rencontre « la dame beige », bonnet ridicule fiché sur sa masse vaporeuses de cheveux, il s'énerve contre la 'Crevette' qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son carnet et son incroyable « stylo à plume !» « Est-ce qu’elle compterait les maris qu’elle a enterrés ? » Tout les sépare et pourtant, les monologues intérieurs sont éloquents, chacun éprouve un désir confus. « Un arc-en-ciel a surgit entre nous » dit-il au premier sourire involontaire de la belle. Une histoire d’amour démarre.

Ils vont se raconter tour à tour, se rencontrer, s’aimer, se séparer, se rattraper, se disputer copieusement, vivre une relation charnelle à la Lady Chatterley…. Mais le choc des cultures ! Le tournant ce sera cette phrase des moutons qui tue. Innocemment Jean-Marie lâche : « Il va falloir qu’on les rentre… » Totalement étrangère aux choses de la ferme, la crevette se cabre. Saisie d’une peur panique elle voit en un instant le piège épouvantable d’une vie de paysanne se refermer sur elle, et, devenue chevrette sauvage, elle prend la fuite. Et ce "ON", terrifiant pronom menteur, qui s'emble l'avoir inclue! Pourtant tous deux nourrissent des illusions romantiques…

Le duo Florence Crick et Guy Theunissen joue avec brio, malice et justesse, ces deux personnages un peu manichéens. C'est en fait cela leur problème: aucun lieu de rencontre, si ce n’est le lit de leurs amours et le cimetière de leurs illusions. La volubilité, et les mouvements de poursuite et d’esquives brillent comme des éclairs. Les yeux et les sourires parlent plus que déclarations. Les moments de tendresse sont profonds comme une meule de foin, et sublimes alors qu’ils sont assis sur une tombe. La lucidité de la paysannerie est là : « On va aussi bien ensemble que la merde et les pantalons verts, comme disait mon grand-père. Et je ne veux pas que ça s'arrête. A chaque jour suffit sa peine, je n'aurai qu'à apprendre à faire avec. » La campagne et ses odeurs tenaces, l’immense ferme un peu délaissée, la bibliothèque, le théâtre et la ville sont magnifiquement rendus par la parole et le geste. Dommage que le seul lieu de rencontre ne soit qu’un cimetière, s’ils pouvaient y enterrer leur ego une fois pour toutes, tout irait mieux. « Mieux vaut franchir les minutes une à une, les avaler comme des pilules amères, essayer de ne pas penser à toutes celles qui restent "» Qui fera le pas, et enterrera en même temps la hache de la guerre du couple ?

Daphné insiste cruellement : « Bien sûr que c'est possible de vivre comme ça, être les meilleurs amis du monde, chacun sur son étoile, puis s'amuser ensemble lorsqu'on sent le souffle de la solitude sur la nuque? Bien sûr que c'est possible? » Une attitude triste à pleurer, hélas typique de notre époque postmoderne, où l’engagement est devenu si difficile, où jamais on ne veut lâcher prise et se donner vraiment à l’autre, où «chacun vit sur une autre planète ! » Dans la peur panique du lien.

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=257&source=agenda&year=2010&month=10&day=26

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