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Un ciel si bleu, septembre exulte!
L'été recueille ses derniers feux
Quand soleil chante, douleurs s'occultent
Et la douceur s'empare du jeu...
Un beau regard tel un cadeau
Au bord du cœur s'éveille l'ardeur
Et se font plus légers les fardeaux
On dit adieu aux vieilles peurs...
Être mature et en goguette
Réaliser des rêves fous
Ne plus être une girouette
Et voir le monde à ses genoux!
Quand l'amour nourrit l'expérience
Et qu'il se targue de bonheur
C'est qu'on n'a plus qu'une exigence...
Respirer la vie comme une fleur!
J.G.
Vous avez bien vu: deux spectacles le même jour! Et une tournée jusque fin 2020!
Emotions, au Centre Culturel d’Auderghem, une généreuse ouverture de saison !
A l’endroit, le collège et ses misères, à l’envers, l’héroïque mousquetaire qui parle en taisant ses sentiments, se déclare en écrivant, se bat contre moulins à vent, cueille des étoiles, élégant, courtois et libre, tutoyant la lune comme nul ne sait le faire. Un tissu de bonheur.

Merveilleux spectacle de rentrée pour tous ces jeunes qui passent la grande porte de l’adolescence. Nouveaux dans la nouvelle école, le collège ou le lycée, se reconnaîtront-ils dans Colin, Maxence, Adélaïde, Benoît et les autres ? Tous nés après 2000…les voilà obligés de se découvrir, devant une prof de français charismatique, fou de théâtre et qui leur sert du Cyrano sur un plateau qu’ils se devront de conquérir. Le goût du sublime, le rêve de l’amour, la langue riche et raffinée, sont autant de mets qu’ils vont dévorer à belles dents sous la houlette bienveillante du prof, un authentique passeur de culture, version française du grand Keating. La mort de la société des poètes disparus en moins. Pourtant le jeune Colin a la mort de son père sur l’estomac, il a perdu tous ses moyens, rentre les épaules, redoute qu’on lui parle, veut se faire invisible et communique de façon à peine audible, redoublant la moindre syllabe. Va-t-il réussir à renaître, se transformer, s’envoler enfin ?
Mais la magie du texte de Cyrano veille. Les adolescents sont éblouis et se jettent corps et âme dans le feu des planches. Même Colin, statufié par la peur de l’autre, finit par se dégeler. Surprise: on comprend que Colin, dans le secret de sa chambre, retrouve ses moyens grâce à sa guitare et chante l’amour en pensant à son père disparu. Foin des logopèdes et autres psy, le sentiment d’amour ne demande donc bien sûr qu’à s’envoler… Le prof génial l’a bien compris, et fait éclore la personnalité blessée du jeune Colin, ravi de s’envoler, puisqu’il adore les papillons et la plus jolie fille du collège. « …Quels mots me direz-vous ? »
Fascinante magie de Nicolas. L’incipit en voix off intrigue : « Une histoire, c’est des personnages, et croire à une histoire, c’est faire une pause de soi et laisser la place à l’autre personnage…» Toute une philosophie. A chaque jeu d’épaule, de regard, ou de posture, le comédien au port de danseur fait surgir des fragments de personnages qui ont le temps de lâcher leurs répliques dans un flux d’énergie virevoltante. Durée : 1 h 15. Mines, mimiques, bruitages, humour, compassion se disputent avec un verbe qui déferle de toutes parts, comme l’émotion. Comment fait-il ? Le décor est inutile : le noir complet, une chaise d’école et un projecteur, cela suffit. Il a la comédie dans la peau!

Nicolas Devort, auteur et comédien virtuose, en est à son 780e spectacle depuis le off d’ Avignon qui l’encensa pendant 7 ans consécutifs! Il est seul en scène devant un parterre bruyant de jeunes super excités de se retrouver, parfois pour la première fois, au théâtre. On leur parle, ils trépignent. On joue, ils chuchotent, on termine, ils en voudraient encore, tant le talent de Nicolas les a séduits. Ils se précipiteront pour acheter son livre, un viatique pour certains? Ce prodigieux défilé tableaux de leurs congénères et des adultes qui gardent leur porte fermée est si habilement troussé, qu’il a emporté leur adhésion inconditionnelle. Et puis, le charme personnel, avouons-le!
Dominique-Hélène Lemaire, Arts et Lettres
Dans la peau de Cyrano, de et par Nicolas Devort. Lumières : Jim Gavroy et Philippe Sourdive Le jeudi 26 septembre 2019 à 20h30 Au Centre Culturel d’Auderghem
Urgence! Nous courons lâcher notre article !...
...Par monts et par vaux
Nous courons lâcher notre article ! Ah ! si les ballons pouvaient partir à l’assaut du ciel pour faire l’article de cette rare pépite trouvée au Grand Varia, hier soir ! On en a plein les yeux, plein les oreilles, ce spectacle enchaîne les vibrations : du son à la lumière, jouant sur le mouvement, le corps et la sonorité du verbe, évitant comme la peste les astuces de la technologie moderne. Bon débarras !
Tout se passe de planches en planches, comme par magie, dans un vagabondage temporel ultra-savoureux. Le téléphone a retrouvé sa cabine et son fil, le pneumatique renaît, on se sent libéré, l’énergie circule, libre comme l’air du temps. On respire, on hume la présence théâtrale, et c’est le cinéma qui revient ! Le ballet des sentiments est incessant. Mais le seul qui vaille la peine, palpitant comme l’oiseau, c’est l’amour, des griffonnages d’écolier élevé par sa grand-mère, aux baisers volés, au temps dilapidé. Un ravissement.
On craignait la lourdeur encyclopédique de l’entreprise … on est séduit par son absolue légèreté. On savoure l’enchevêtrement malicieux de centaines d’instants sublimes, tous croqués avec délices comme dans un jardin défendu.
Que de pétillements d’époque joyeuse nimbent l’enfance triste du poète cinéaste. Son credo, c’est l’art de la rencontre, celui de la séduction, celui de la recherche de l’absolu. Une jeunesse éternelle l’habite. Une jeunesse oubliée nous caresse l’âme, incognito. Un vent vivifiant a donc balayé les planches du Grand Varia au soir du 27 septembre, fête romane, par excellence. On revient le cœur habillé de bonheur.
Poétique, Insolite, Festif, Jubilatoire, Bondissant, Créatif, ce spectacle inédit nous invite à Sortir du Temps. A rejoindre dare-dare les Enfants Terribles. D’ailleurs, si l’on faisant comme si on était à l’opéra… personne ne trouverait le temps long ! Entrons donc de plein pied dans la vie de celui dont l’imaginaire était peuplé d’histoires qui le racontaient en mille bouts de pellicule, en centaines de répliques d’anthologie crépitantes. De plein pied, puisque les spectateurs sont assis en groupes comme dans un immense café-théâtre qui arborerait une demi-douzaine de plateaux communiquants. Les chaises pivotent, comme pour mieux embrasser le spectacle, pour mieux profiter des 360 degrés à la ronde. Et les surprises d’après l’entracte... abondent d'amour et de fleurs. Et pas seulement d’anthologie.
1959-1979. Sachez seulement que ce sont pas moins de cinq œuvres de François Truffaut qui communiquent entre elles et s’interpénètrent pour livrer une immense fresque du jeune 20e siècle délivré enfin de l’horreur de la guerre mondiale, ravi de découvrir le cinoche, le Coca-Cola et la vie estudiantine amoureuse et libre. C’est leur vertu et le génie kaléidoscopique du metteur en scène, Antoine Laubin qui composent par touches ultra-sensible l’attachant personnage d’ Antoine Doinel, alias François Truffaut ! A en tomber ! Un merci infini aux comédiens qui de la tête aux pieds - ah ! les merveilleuses chaussures et les mèches folles - se sont investis corps et âme dans l’aventure : Valérie Bauchau, Caroline Berliner, Coraline Clément, Adrien Drumel, Philippe Jeusette, Sarah Lefèvre, Jérôme Nayer, Renaud Van Camp, Adeline Vesse. En cohésion parfaite.
La suite ? In situ !

Du 24 septembre au 12 octobre 2019 Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles http://www.varia.be
reservation@varia.be
+32 2 640 35 50

24 septembre 2019, 19h, les prémices d'une soirée de Rencontres Littéraires "bien de chez nous" au coeur de l'Espace Art Gallery où se côtoient désormais Arts et Lettres.
Gérard Adam, l'animateur hors pair et profondément investi des Rencontres, a formulé la thématique de cette soirée: "Ceux de chez nous", les trois écrivains sous les feux des projecteurs: Rose-Marie François, Daniel Charneux et Bozidar Frédéric, une fois de plus un choix judicieux.
Poète, philologue, romancière et dramaturge ayant à son actif une trentaine de livres dont plusieurs traduits en plus de dix langues, Rose-Marie François nous présente son roman "La Belle Enceinte, Nos amours de Flandre et de Picardie", l'oeuvre étant préfacée par l'écrivain et académicien Jacques De Decker. Le jeune Jan Frans a fui sa campagne rongée par la famine pour trouver fortune dans les charbonnages de Picardie; Jean-François, lui, est professeur d'hébrec (hébreux + grec), mais les deux (faux) frères aiment la belle Victorine... Une écriture hors du temps d'une écrivaine passionnée dès l'enfance par les langues étrangères.
Romancier et nouvelliste, auteur inspiré de deux romans, directeur de publication de nouvelles montoises, Daniel Charneux nous propose "Maman Jeanne", un roman imprégné d'abandon et de folie nous relatant le destin tragique d'une femme sans grâce qui a vécu un amour interdit. La parole est donnée à Jeanne, l'épouse d'un négociant qui se retrouvera rapidement veuve avec trois fils sur les bras, dont un lourdement handicapé. Charneux a obtenu un prix pour son roman "Une semaine de vacance."
Un Master en sciences du travail en poche ainsi qu'une formation en ressources humaines et en sophrologie, formateur en langue française, récitant et animateur de rencontres littéraires, Bozidar Frédéric nous présente ce soir "Ciel Seraing", un premier roman polar se déroulant dans un cadre social. Nous suivons ici l'enquête ultime et poignante d'un commissaire de police proche de la retraite. Le décor: le Seraing de Frédéric du temps de la fermeture de la phase à chaud. Né sur une île de Croatie, Bozidar y a passé son adolescence avant de réaliser son rêve: pouvoir naviguer en tant qu'officier de marine.
"Trois excellents livres!" nous annonce d'emblée Gérard Adam qui nous citera Georges Brassens au passage. Trois récits qui nous évoquent des statuts et situations de femme peu enviables et même pénibles.
Avec "Maman Jeanne", nous assistons à la reconstruction d'une vie, l'auteur utilisant ses propres souvenirs parfois imprégnés de secrets, une émotion à fleur de peau, quelque chose de Maupassant enveloppant son oeuvre. La forme du monologue n'est point absente; discret et posé, l'auteur nous révèle que, désoeuvrée, Jeanne entrera au service d'un curé auprès duquel elle trouvera tendresse, bonté et compréhension, ce qui ne sera pas sans conséquence car naîtra un quatrième enfant. L'enfant du péché. Charneux s'est ici inspiré de son arrière grand-mère pour son personnage de Jeanne, il nous l'apprendra.
De la traque sous différentes formes, des personnages "en miroir" - Jan Frans qui semble fuir alors que Jean-François est en quête -, d'autres encore traités par deux tels Rose et Victorine, le textile et la porcelaine en écho, "La Belle Enceinte" de Rose-Marie François est tout à la fois un conte, un récit, une épopée irracontable selon les dires de Gérard Adam, un labyrinthe habité également de nombreux méandres. Vive et volubile, François nous décrit non sans feu Victorine, femme à poigne, un des principaux personnages de son oeuvre qui ne manque point d'un certain ésotérisme, une descente dans les profondeurs de l'âme et une recherche de lumière s'offrant à nous en parallèle. En singulier contraste.
Qualifié de polar gigogne par notre animateur, "Ciel Seraing" est lui habité de tension, la présence de Ninjas dans le récit n'étant point faite pour nous rassurer. Autres particularités: le thé y est très présent, en cérémonie très codifiée; notre commissaire aime quant à lui pouvoir se ménager des siestes qui se révèlent inspirantes, constructives, mais ce n'est pas tout. D'un naturel pittoresque, Frédéric nous présente son ouvrage comme étant un polar aussi politique que social, et il trouve son origine dans le petit monde d' une entreprise pendant sa chute, sa fin, l'auteur se plaçant sans hésiter aux côtés des victimes de cet effondrement.
En fin de compte une soirée entre passé et présent? Effectivement nous avons bien voyagé et avec ceux de chez nous! Le prochain périple? Le 29 octobre à 19h!
Thierry-Marie Delaunois, le 27 septembre 2019
Si différents que nous soyons
La vie réserve ses surprises...
Elle peut éloigner les ronrons...
Et nous mener aux heures exquises!
Il en a fallu du chemin
Pour que j'arrive enfin à toi
Inattendu est le destin
Et la merveille de l'émoi!
Comme la rose avant que d'éclore
N'en finit pas d'être en bouton...
Avons patiné âmes et corps
Sommes enfin prêts à la fusion!
J.G.
« Villa dolorosa » Genre : chronique intemporelle
Sur les planches du Théâtre des Martyrs, dans une agréable scénographie et des costumes signés Renata Gorka voici un partage généreux et désespéré!

Oh le beau Samovar ! C’est le cadeau d’anniversaire détesté dans « Villa dolorosa » (2009), une comédie dramatique de l’auteur allemande Rebekka Kricheldorf qui met en scène une génération Y résignée, en panne d’inspiration devant la déliquescence du monde et l’absurdité du quotidien. Érosion des valeurs: les cadres aux murs sont intégralement vides. Pourtant les parents défunts ont abreuvé leur descendance de culture et l’on projetée dans ce que l’on appelle l’élite intellectuelle. Las, les jeunes Freudenbach sont totalement désœuvrés et pétris de mal-être. Ils n’ont aucune prise sur le présent. Soit ils batifolent dans le passé, soit, ils errent comme des âmes en peine dans un improbable futur. Les dessertes croulent sous la valse des bouteilles, l’alcool coule à flots. Le spleen est devenu du cuivre en fusion dont les reflets nimbent tous les costumes. Malgré la musique, l’enfer est proche.

Et pourtant la villa est si belle, avec son vieux Chesterfield si accueillant, sa splendide verrière donnant sur un jardin plein d’exotisme, et le saule imaginaire est …tellement pleureur. Mais sous le tapis, la pourriture gagne, ni poudre de Perse ni naphtaline n’en viendront à bout. Et les filles dont le patronyme signifie « Rivière de joie », s’ébattent dans le grand espace vide, dans un rythme endiablé, se mettant à nu comment si elles étaient à la plage. Se coupant la parole, gloussant, pleurant, se saoulant, dysfontionctionnant à qui mieux mieux, liées par le sang, les désillusions, et les désirs excentriques, dans un jeu vertigineux et sans merci semé de rires et de pardons mutuels. Mais la fête d’anniversaire est chaque fois un bien triste simulacre. Où il apparaît que peut-être l’homme n’est pas doué pour le bonheur. Surtout si le bonheur, c’est l’utopie travail et celle des enfants heureux.

Dans ce huis-clos déboussolé et délirant, le monde est vide et désenchanté, à la manière de celui des « Trois sœurs » de Tchékhov. C’est le nôtre. En plus grave encore? Olga dans son tailleur de prof ( ah! l’admirable France Bastoen!) est toujours cette femme fidèle à elle-même, qui, bien que névrosée, tente de tenir l’équilibre familial à bout de bras, Irina ( Anne-Pascale Clairembourg) à elle toute seule un symbole d’une jeunesse en mal d’avenir, Macha ( Isabelle Defossé, plus tragique que jamais), cette amoureuse tourmentée, mal mariée avec Fiodor alias Martin qui habite l’appart d’en face. Compliqué ! Quand, toute jeune, elle est partie avec lui, «C’étaient les hormones ! » avoue-t-elle. Maintenant elle meurt de désir pour le ténébreux et placide Georg ( Nicolas Luçon), marié par ailleurs, avec une neurasthénique sans cesse au bord du suicide.


Quand à la Natalia, la fiancée pétulante, celle-ci est ramassée dans un parc, puis devient la compagne d’Andreï ( incarné par le très charnel Thierry Hellin), leur frère à toutes, en constant mal d’écriture, et à court d’argent. Elle s’appelle très prosaïquement Janine. Une « pauvre » lance-t-il en s’excusant. Certainement la plus craquante et la plus galvanisante de la bande. Elle affiche une tendresse inconditionnelle pour son loser de mari, pour ses adorables enfants à la santé fragile, pour cette maison qui se lézarde. Mais qui sait ? Peut-être est-elle la plus riche de toutes? Celle qui fuit le privilège de glandouiller, réfléchir, être en dépression. Celle qui n’a renié ni le travail, ni les enfants.

La cruauté et le désespoir ont même envahi la langue. Un parler piquant, syncopé, brut, ivre, désillusionné, fait de bombes et de propos cinglants. Ultra modernes, comme la solitude du même nom. Tout le monde parle en même temps, comme si la « vita dolorosa », devait être expulsée au plus vite de leur être martyrisé. Mais quand s’écoutent-ils vraiment? Le public, lui, est toute oreille, devant ce déferlement d’affects si magnifiquement interprétés. La luxuriance des mouvements du corps et des postures fascine par leur modernité et leur présence. Cette pièce flirte avec l’intensité d’un thriller fracassant : le dehors fait peur, la villa les protège, mais elle s’avère de plus en plus fragile. Seul leur lien familial les console, ou les airs d’opéra, une chance ! Le jeu partagé est extraordinaire et longtemps on pensera à la voix, à la silhouette, aux postures de l’intrépide Janine ( l’exquise Deborah Rouach, on l’adore!), alerte et brillante, qui refuse de frire dans le chaudron du temps immobile.

Georges Lini dirige avec brio les désirs inassouvis de sa brochette de comédiens si bien choisis. Solistes émouvants, les orphelins de la vie vibrent à l’unisson dans cette épopée moderne du désenchantement. C’est magnifique et foisonnant.

Et si le paradis perdu était tout simplement de recommencer à travailler et à aimer? Champagne… ou vodka?
Mise en scène Georges Lini

Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres
De Rebekka Kricheldorf « VILLA DOLOROSA » Théâtre des Martyrs Bruxelles – 20.09 > 06.10. Trois anniversaires ratés Librement inspiré des “Trois sœurs” de Tchekhov
Personnages:
« La famille » : Irina Freudenbach, 28 ans Olga Freudenbach, 37 ans Mascha Klepstedt-Freudenbach, 25 ans Andrej Freudenbach, 38 ans
Les « outsiders » rebaptisés Georg, 45 ans et Janine, 20 ans
Make It Sound n’est pas une association comme les autres pour l’ARC. Non seulement parce qu’elle réunit tout ce qu’on aime – l’initiative citoyenne, l’art, la lutte contre la surconsommation et le bon son – mais aussi parce que nous avons eu l’honneur d’assister à ses débuts lors de l’un de nos repair cafés.
Collectif bruxellois d’artistes, de makers et de passionnés du son, Make it sound récupère et répare du matériel audio, organise un Repair Café Audio une fois par mois, loue du matériel de récup dans leur « Audiothèque » et fabrique des soundsystems en récup dans son « Fablab Sonore Durable ».
L’association grandit, innove, expérimente, mutualise, développe des communs et tente l’économie circulaire à l’échelle des quartiers et de leurs citoyens.
Nous sommes heureux de lui offrir nos locaux pour notre prochain apéro-expo, qui s’annonce plein de surprises. Sachez déjà qu’il y aura des choses à voir, à discuter et à expérimenter. Avec notamment un repair café spécial audio (dès 17h), une expo, l’audiothèque et des workshops. À suivre dans l’événement !
Entrée gratuite. Bar (avec grand choix de bières de microbrasseries, nanobrasseries et secteur association) et petite restauration à prix modiques.
Les parfums de fleurs de couteau. Rite funéraire. Sous le chapiteau, toute la Méditerranée en pleurs. Mantilles noires, mains jointes, les visages chantent un Kyrie Eleison bouleversant. Lux perpetua luceat eis. Pour qui ? On entoure la veuve. Le fils voudrait que la mère lui rende son couteau. Tout est là : le désir, la terre et le sang. On plonge d’un coup dans l’univers de Garcia Lorca. Derrière les bribes de mélopée qui vous prennent au ventre, surgit le fil rouge, l’instituteur rouge et libre penseur, ami du poète qui égrènera son hommage tout au long du spectacle. Cela aussi c’est un rite funéraire.
Le décor est fait d’une roulotte, un fois le voile noir levé, d’un plateau circulaire de bois blond sur lequel les chaises s’envolent comme des brassées de feuilles mortes. Décidément, Dominique Serron adore cela! C’est beau, on attend le développement. C’est alors que l’on est pris par la bourrasque théâtrale. Le parcours prend le rythme d’une traque. Le spectateur s’accroche aux racines pour ne pas tomber. Il est hors d’haleine, il vient de comprendre que trois histoires différentes s’entremêlent comme des battements de cœur régulier, pour souligner les thèmes favoris du poète espagnol. C’est ingénieux, parfois dur à suivre, mais tellement palpitant. Il va de soi que les dix-sept comédiens -danseurs,-chanteurs changent de peau et d’histoire à chaque tournant… L’inventive Dominique Serron à la mise en scène s’amuse et se repaît des apparences, des visions fugaces, fouaillant toujours pour atteindre le drame pur. Les yeux des spectateurs sont éblouis par les scènes de village, les chiens, la pleine lune,les malédictions, la discussion des brodeuses, le deuil omniprésent, le rêve de vie encore plus tenace, la campagne crucifiée par la sécheresse, les préparatifs de noces, le rapport fétide filles-mère, les personnages déchaînés, la folie, le mal, les danses, les ensembles vocaux. Le corps à corps des amants ennemis, un paroxysme de tension dramatique, est un sommet de la mise en scène. Béjart en aurait fait tout un spectacle.
Cette trilogie rurale de Lorca qui regorge de mauvais présages: « Les noces de sang », « La maison de Bernarda Alba » et « Yerma » se trouve ainsi déclinée en musiques chorales, danses et textes si brûlants de non-dits palpables qu'ils émeuvent au plus intime. Cette trilogie devient une bacchanale envoûtante. Utile de souligner combien Garcia Lorca a été un poète de la libération féminine, lui qui est tombé sous les balles des phalangistes, quelques mois après l’écriture de ces trois chef d’œuvres qui dépeignent l’âme féminine et l’Andalousie profonde.
- Chapiteau Des Baladins du Miroir
- Boulevard Baudouin Ier
- 1340 Louvain-La-Neuve
- Téléphone :
- 0800/25 325 - Réservation préférable
- Tarif :
- 10 à 22€
- Public :
- à partir de 12 ans
- Internet :
- https://atjv.be/Desir-Terre-et-Sang
D’après l'œuvre de Federico Garcia Lorca - Adaptation et mise en scène : Dominique Serron - Avec (en alternance) : Irène Berruyer / Léonard Berthet-Rivière / Andréas Christou / Stéphanie Coppé / Elfée Dursen / Monique Gelders / Aurélie Goudaer / Florence Guillaume / François Houart / Geneviève Knoops / Sophie Lajoie / Léa Le Fell / Gaspar Leclère / Diego Lopez Saez / David Matarasso / Virginie Pierre / Géraldine Schalenborgh / Léopold Terlinden / Juliette Tracewski / Julien Vanbreuseghem / Coline Zimmer (Sous réserve de modification. Voir www.atjv.be)
Du 19 septembre au 1er octobre 2019
Espace Art Gallery vous présente son prochain vernissage du 03/10/2019 et son agenda culturel 2019…
Espace Art Gallery vous présente son sommaire :
1.4 Actuellement à EAG
Exposition de septembre :
Vernissage : jeudi 05/09/2019 2019 de 18h. 30 à 21h. 30
Horaire d’exposition : mercredi au samedi inclus de 11h. 30 à 18h. 30
Finissage : 28 & 29/09 de 11h. 30 à 18h. 30
Sur le site de l’Espace Art Gallery à l’onglet « Expositions » vous trouverez les noms des artistes et affiches de l’exposition :
*
2.4 Prochainement à EAG
Exposition d’octobre :
Vernissage : jeudi 03/10/2019 2019 de 18h. 30 à 21h. 30
Horaire d’exposition : mercredi au samedi inclus de 11h. 30 à 18h. 30
Finissage : 26 & 27/10 de 11h. 30 à 18h. 30
Sur le site de l’Espace Art Gallery à l’onglet « Expositions » vous trouverez les noms des artistes et affiches de l’exposition :
La collection est disponible à la vente en septembre & octobre.
Événements à venir :
Exposition de novembre :
Vernissage le jeudi 07 novembre de 18h. 30 à 21h 30.
Finissage le 30 novembre de 11h. 30 à 18h. 30.
Exposition de décembre :
Vernissage le jeudi 05 décembre de 18h. 30 à 21h. 30.
Finissage le 28 & 29 décembre de 11h. 30 à 18h. 30.
*
3.4 Informations diverses
Ateliers QI GONG, événements, liens, adresses …
*
Le réseau Arts et Lettres, les Éditions M.E.O. et Espace Art Gallery
Présentent
Les Rencontres littéraires de Bruxelles :
Mardi 24 septembre 2019 de 19h. à 21h.
Mardi 29 octobre 2019 de 19h. à 21h.
Mardi 26 novembre 2019 de 19h. à 21h.
*
Nouveau ! Ateliers de QI GONG à partir d’octobre dans la galerie :
L’Espace Art Gallery élargit son éventail d’activités, qui tourne autour de l’art en générale, en ajoutant des « Ateliers de QI GONG » à sa programmation. Un « L’Art de mieux Vivre » à part entière dont les origines viennent de Chine.
Vendredi 11 octobre 2019 de 19h. à 20h. 30
Vendredi 18 octobre 2019 de 19h. à 20h. 30
….
Soyez curieux et venez nombreux vous en imprégner. Les séances seront prévues deux fois par mois : les deuxième et troisième vendredis du mois de 18h 30 à 20 h 30 suivi du verre de l’amitié. IMPORTANT la séance commence à 19h pile et il n’y aura pas de retardataires pour garder une bonne énergie et concentration dans le lieu. La PAF pour une heure de cours sera de 10 € tout compris. Le nombre de places disponibles est de 50 sièges au maximum. Les réservations se feront soit par Gsm : 0497 577 120 ou via mon E-mail : eag.gallery@gmail.com avec dans l’objet « Ateliers : L’Art de mieux vivre ».
Les séances débuteront à partir du mois d’octobre 2019. Soit pour ses premières dates les vendredis 11 et 18 octobre 2019 rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles entre la Place de Brouckère et l’église du Béguinage dans le centre de la ville.
Le cours sera présenté par Vienrendeels Jean-Jacques,
Diplômé par la Fédération Belge de QI GONG.
Lien des annonces sur le site Quefaire.be :
https://www.quefaire.be/membres/e_ind.php
&
Développement sur mon site Internet :
http://www.espaceartgallery.eu/category/evenements/
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4.4 Bruxelles Culture du 15 septembre
Le reportage de ce numéro de septembre du journaliste Daniel Bastié est sur le photographe belge Joël Jabbour. Lire en pages 1 – 3 /41.
La présentation de l’exposition de septembre, en la galerie, par Daniel Bastié. Lire en page 9/41.
Développement sur mon site Internet :
https://www.espaceartgallery.eu/articles/
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Espace Art Gallery rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles. Ouvert du mercredi au samedi de 11h. 30 à 18h. 30. Et le dimanche sur rendez-vous.
Adresse E-mail au : eag.gallery@gmail.com ou au Gsm : 00 32 (0) 497 577 120.
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Pour « Se désinscrire » : un simple e-mail à eag.gallery@gmail.com
Jerry Delfosse
Galeriste
Créateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery
& Les Éditions d’Art EAG
GSM: 00.32.497. 577.120
eag.gallery@gmail.com
http://www.espaceartgallery.eu/
http://www.espaceartgallery.eu/articles/
https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu/
Pour retrouver mes professeurs de français...
Sentinelle figée
Surréelle, étrangement belle, une cheminé de fée
Suspendue entre terre et ciel, cette demoiselle coiffée
Défie les hommes, la pesanteur, la forêt qui l’enserre
Sceptre dressé, dans sa cheire cachée, lovée, solitaire
Equilibriste, elle retient son chapeau, fière
Face au vent, aux eaux de ruissellement
Statufiée tel le commandeur, elle résiste noblement
Figure de pierre hautaine et désespérée
Elle attend patiemment que le temps s’écoule à son pied
Pour un dernier festin, golem déboulonné.
Michel Lansardière
Cheire : ancienne coulée de lave.
Golem : colosse de glaise (aux pieds d’argile, forcément) dénué de libre arbitre.
Cheminée de fée, Cotteuges, Puy-de-Dôme (Photo M. L.)
Lent phénomène d’érosion…
Inexorablement s’en retourne à la mer.
Oui, j’ose l’écrire, « Bleu Pyrène » s’est invité comme le ferait un amour foudroyant, un rendez-vous offert par une œuvre qui mériterait peut-être le titre d’œuvre majeure. Est-ce en raison d’une histoire qui nous porte vers l’originalité ? Est-ce pour la qualité de narration ? Les mots se bousculent et peinent à exprimer les fondements d’un coup de foudre pour un ouvrage d’une rare qualité narrative.
La couverture n’a rien d’ostentatoire, au contraire, d’une agréable sobriété, elle semble posée sur l’ouvrage comme le serait un gardien discret. Pas de couleur, juste un peu de gris étendu sur un blanc dominant. Cette tempérence invite le curieux à concentrer le regard sur une fenêtre chapeautée par une treille soigneusement taillée.
Cette discrétion ou cette réserve attire notre attention. Papier de qualité, un détail certes, mais un détail qui semble dire qu’ici le lecteur est respecté par moult détails exquis. Malgré notre curiosité, cette approche ne doit pas nous faire oublier que si le contenant nous invite à la découverte, le contenu ne peut démériter sous peine de discréditer la présentation choisie par l’éditeur.
Petit sourire en découvrant une citation de Sénèque : Tirons notre courage de notre désespoir même… Sourire ? Oui, j’imagine que Denise Déjean comprendra, je songeais à ces sommets gravis pour trouver porte close. C’est peut-être pour cette raison que l’on devient chroniqueur littéraire. Probablement, comme le serait la fièvre qui vous invite à continuer et continuer encore, à l’identique d’un chercheur d’or. Comme lui, nous sommes quelquefois perdus, souvent solitaires, réprouvés parfois, inlassablement à l’affut d’une pépite qui se dévoilerait un jour. Et c’est souvent le cas, comme ça, sans s’être annoncée, au moment précis des inévitables remises en question. Étrange statut social, impossible à définir, basé sur le bénévolat et qui porte la responsabilité de commenter le plaisir de lecture en fonction de ses goûts, de ses combats de vie, de ses sautes d’humeur et faut-il l’avouer, de lassitude lorsque l’intérêt ne trouve rien d’intéressant pour assouvir sa curiosité.
Je vous confiais que c’est peut-être pour cette raison que l’on accepte d’être au service d’une passion. En refermant « Bleu Pyréne » que nous offre Denise Déjean, je découvre l’horizon qui me pousse à continuer ma quête. « Bleu Pyrène » est un petit bijou. Le texte est joliment construit. Il semble façonné en dialecte précis, jamais précipité, juste l’harmonie des mots soigneusement posés sans tomber dans la facilité des banalités.
« Qui était cette femme, si belle, aux foulards vaporeux ? » On pourrait résumer l’ouvrage par cette simple accroche, mais ce serait léger. « Bleu Pyrène » est un condensé de femmes. Oui, je sais, l’expression est osée et pourtant… Ce récit, semble offrir sans avoir l’air d’y toucher, les clefs de la féminité. Femme, sa force et ses faiblesses, ses combats et ses détresses. Femme enfant, femme qui grandit, assoiffée de liberté, confrontée aux normes de société, à ses désirs, ses révoltes, son féminisme pas si féminin que cela puisqu’en y regardant de près, on remarque qu’Adam et Ève portent chacun de son côté les cicatrices oubliées par des siècles empoussiérés. On prétend que la femme est fragile, je n’en suis pas certain… Discréditée parfois, rabaissée quelquefois, battue ou dominée elle n’en reste pas moins l’indispensable maillon de vie sans qui rien ne serait possible. Honte à celui qui porte la main sur elle, honte à celui qui blesse par ses paroles. Mais vous l’aurez compris, voici que je m’égare… « Bleu Pyrène » est un récit précieux. Il ouvre nos regards sur un vocabulaire richement construit. Un ouvrage certes, un roman certainement et par-dessus tout, un régal pour le lecteur. Attention, en découvrant cette œuvre vous serez surtout surpris par la densité des sujets abordés. L’air de rien, en simple effleurement, l’auteure dévoile des silences sociétaux. Inutile d’en rajouter, vous l’aurez compris, « Bleu Pyrène » est un petit chef d’œuvre à lire sans modération.
Philippe De Riemaecker
Everest sous mes doigts perdus,
peau lumineuse et blanche,
baisers en avalanche, crus,
nudité infinie, sur laquelle je me penche,
l'un et l'autre reclus, dans cette
pièce à l'aube d'un dimanche.
Mots de nos lèvres retenus,
gestuelle chorégraphique, magnifique,
nos corps désarmés, en silence s'apprennent,
nudité absolue, contre laquelle je vole,
l'un et l'autre vois tu, dans ce matin
qui sonne, s'abandonnent et se donnent.
C'est l'automne des corps !
NINA
Si le temps court trop vite
Et qu'on oublie de vivre
Que les soucis s'invitent
Jusqu'à nous rendre ivre...
Où est passée la rage
Et les âmes rebelles?
Le monde est bien trop sage
Pour que la vie soit belle!
Sommes-nous devenus moutons
Qui courent vers la falaise?
La manipulation
C'est là qu'est le malaise!
Alors ouvrir les yeux
Flirter avec l'espoir
Et se sentir heureux
De ne plus vouloir croire!
Transcender les secondes
Et en faire des joyaux
Et que tourne le monde
Enfin devenu beau!
S'il nous faudra mourir
Que se soit donc repus
Surfant sur le souvenir
De bons moments vécus!
J.G.
Je règne sur votre peau un peu comme ;
le ciel sur le monde,
la terre sous mes pas,
un baiser sur des lèvres,
l'enneigement en hiver,
la musique dans les arbres,
la clarté dans l'enfance,
l'océan sur le sable.
Je suis pleine de vous un peu comme ;
une main lovée dans une autre,
une lumière dans une nuit légère,
l'enfance dans les bras d'une mère,
une mère attendant un enfant,
les rires dans la joie,
les sanglots dans la peine,
dans un désir la fièvre.
Je suis proche de vous, un peu comme ;
le soleil du ciel,
l'étoile de la mer,
l'ondée du mois de mars,
le rêve de l'Amérique,
le comique du tragique,
la naissance de la mort,
le fleuve de la mer,
Vous et moi, sommes tout cela à la fois.
Joie !
NINA
Le réalisme fantastique est un mouvement de contreculture des années 1960, relayé par la revue Planète. Il se présente comme un courant de pensée et de recherche à vocation scientifique, ayant pour objet l'étude de domaines considérés comme exclus à tort par la science officielle : phénomènes paranormaux, alchimie, civilisations disparues, OVNI, etc. Ses adeptes estiment parfois que le cerveau humain disposerait de pouvoirs sous-exploités, et que l'humanité a peut-être établi des contacts avec des extra-terrestres, notamment sous d'anciennes civilisations disparues.
Un courant de pensée
L'acte fondateur du réalisme fantastique fut le livre de Jacques Bergier et Louis Pauwels intitulé Le Matin des magiciens, publié en octobre 1959. C'est dans la préface de cet ouvrage qu'en apparaît le nom[1]. À l'origine de ce courant, l'ingénieur chimiste et écrivain doté d'une grande culture Jacques Bergier se posait en héritier intellectuel de Charles Hoy Fort, qui avait entrepris de recenser et d'expliquer divers phénomènes inexpliqués, et dont il a préfacé l'édition française du Livre des damnés. Bergier réussit à gagner à sa cause le journaliste Louis Pauwels (futur directeur du Figaro Magazine), qu'il a rencontré en 1954 et qui venait de publier un livre consacré au penseur ésotérique Georges Gurdjieff.
Dans leur ouvrage fondateur, Pauwels et Bergier soulignaient d'ailleurs que le terme « fantastique » devait être compris avec une autre définition : « On définit généralement le fantastique comme une violation des lois naturelles, comme l’apparition de l’impossible. Pour nous, ce n’est pas cela du tout. Le fantastique est une manifestation des lois naturelles, un effet du contact avec la réalité quand celle-ci est perçue directement et non pas filtrée par le voile du sommeil intellectuel, par les habitudes, les préjugés, les conformismes. »[4]
La revue Planète
Article détaillé : Planète (revue).
Le succès inattendu et rapide du Matin des magiciens[5] incita ses auteurs à créer en mars 1961 une revue consacrée entièrement au réalisme fantastique : la revue Planète, qui dépassera les 100 000 exemplaires par numéro.
La publication de cette revue va créer l'environnement favorable à l'émergence d'un mouvement culturel regroupant d'autres auteurs et des artistes comme Pierre Clayette, Monasterio, Triffez, Jean Gourmelin et Claude Verlinde. D'autres peintres sont revendiqués par les tenants du réalisme fantastique, comme Carel Willink[6] ou Escher[7].
La revue Planète met par ailleurs en avant plusieurs artistes qu'elle assimile au mouvement du réalisme fantastique, comme Soulages et Pierre-Yves Trémois ainsi que des photographes comme Édouard Boubat ou Lucien Clergue. En mai 1964, le peintre Mathieu publie dans la revue un article intitulé « Je vous rejoins ». En 1973, les éditions OPTA publient un livre d’art consacré aux peintres du réalisme fantastique[8] et en 1980, Jean-Louis M. Monod fait paraître Du surréel au fantastique - 13 peintres européens contemporains[9], un recueil de textes sur ces artistes, publiés auparavant dans Brès, l'édition néerlandaise de Planète entre 1973 et 1980.
Pierre Clayette (Paris, 24 mars 1930 - Colombes, 18 décembre 2005) est un peintre, lithographe, illustrateur et scénographe « Un peintre du rêve éveillé »
La collaboration de Pierre Clayette à la revue Planète, autant que les formes de sa peinture, ont conduit à l'associer au mouvement du Réalisme fantastique[2]. Toutefois, comme plusieurs artistes qui ont à un moment de leur carrière été associés au mouvement, la production picturale de Clayette ne s’est pas arrêtée aux thèmes propres au Réalisme fantastique. Même si l’insolite est une constante de son œuvre, celle-ci puise ses références dans de nombreux courants artistiques (Romantisme, Baroque, Symbolisme…).
Jean Gourmelin, né le 23 novembre 1920 à Paris et mort à Meudon le 9 octobre 2011 (à 90 ans)[1], est un dessinateur de l'idée, de l'absurde et du fantastique, évoquant un univers personnel unique et fort, d'influence surréaliste.
Claude Verlinde est un artiste français, né le 24 juin 1927, de parents flamands. Plus proche de la Renaissance, il cherche avant tout le lyrisme et la liberté d’expression. Il est très influencé par Jérôme Bosch, Cranach, Francisco Goya, James Ensor...
Maurits Cornelis Escher (17 juin 1898 - 27 mars 1972) est un artiste néerlandais, connu pour ses gravures sur bois, lithographies et mezzotintos, qui représentent des constructions impossibles, l'exploration de l'infini, et des combinaisons de motifs qui se transforment graduellement en des formes totalement différentes. Il aimait dire à ses admirateurs : « Tout cela n'est rien comparé à ce que je vois dans ma tête ! ».
Alexis et Edmond, un monde de connivences…
Nous voici à Paris, en décembre 1875, à l’époque où une grandiloquente Sarah Bernhardt déclame « La Princesse Lointaine » au Théâtre de la Renaissance. L’ennui est prodigieux. Edmond Rostand n’a pas le sou, deux jeunes enfants à nourrir et une fidèle épouse sage comme une image. Ses pièces sont une suite de fours sans précédent. Tout le monde court ventre à terre voir du Labiche ou du Feydeau. Les messieurs, en passant par la case des « Belles Poules ». Question d’époque ?

N’est pas Poquelin qui veut! Coquelin, nouveau directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin a déserté la Comédie-Française, pour se mettre à son compte en toute liberté, mais il est pourchassé par les huissiers. Premier clin d’œil autobiographique d’Alexis Michalik qui a fui le Conservatoire, dit-il, pour devenir freelance ? Sauf que les opus De Michalik ont fait immédiatement pleuvoir sur lui tous les Molières et nous ont portés au plus fort de la jouissance théâtrale. Comme ce fabuleux « Porteur d’histoire » l’an dernier joué au Public et à l’Atelier Jean Vilar.
Michalik a donc flashé sur Cyrano de Bergerac et se lance dans une amplification théâtrale foisonnante et savoureuse autour de son auteur, Edmond Rostand. Michalik fait flèche de tout bois dans de innombrables tableaux surprenants entourant la genèse de la pièce. A la fois souffrance et exultation, rien ne sort de la plume sans urgence, c’est le propre de la création… Le tout se trouve émaillé de substantifique moelle, celle des extraits les plus chavirants ou les plus drôles de la pièce de Rostand. Entre pastiche et vérité, il y a le rêve de la création littéraire et des tonnes de références culturelles incongrues.

Côté pastiche, on est servi ! Une vraie salade russe. La belle Roxane aux boucles blondes est jouée par une actrice prétentieuse que l’on croirait sortie des contes de Perrault. Elle est affublée de deux producteurs corses glauques qui en sont entichés au point de servir de papas gâteau a son jeune fils adoré, François. Au passage, on rencontre Tchekhov qui fréquente le poulailler rose qu’ils entretiennent: « Les Belles Poules ». Tchékov a soit-disant l’accord de sa femme car il prétend qu’il va mourir sous peu! …Maintenant ou plus tard, de toute façon on va mourir un jour ! Les deux Georges, Georges Feydeau et Georges Courteline se prennent pour Dupont et Dupond. Un certain Maurice offre un « boléro » pour la première… L’âme du « Dindon » se coince dans les claquements de portes. Gallégeades théâtrales ( champagne ou verveine ? ) persillée de joyeusetés telle le patron noir du café, Honoré, bien sûr, qui remet à sa place un fâcheux qui l’a traité de « nègre ». L’occasion de déclamer sur tous les tons… la magnifique tirade du nez! Voilà quelques exemples pétillants des chapelets de connotations littéraires et malicieuses.
Au dos du décors et au plus profond de l’action il reste …l’éternel panache, cette note bleue qui chante la hauteur des sentiments pour tout ce qui est muse ou idéal féminin, versus l’usure domestique de l’amour quotidien. Mais par-dessus tout, voici une vibrante ode à l’Esprit frappeur. Entre tous, l’Art théâtral, est le couronnement et le fondement de l’art vivant, loin des écrans de tout poil et autres « réalités » virtuelles. Le lieu par excellence de l’enthousiasme, comme le définit Madame de Staël. A bon entendeur, Salut !

La distribution impeccable rassemble une élite de la scène belge. Douze comédiens en goguette pour incarner pas moins de 38 personnages… De très connus : Maxime Anselin, la très joviale Perrine Delers, Inès Dubuisson, l’incomparable Itsik Elbaz, l’illustre Antoine Guillaume. Mais aussi: Tristan Schotte ( Edmond Rostand) , la délicieuse Elsa Tarlton (Jeanne et Rosine), Rézal Siellez, Sandrine Laroche, Mwanza Gautier ( inénarrable Monsieur Honoré) et David Dumont. Le tout sous l’aimable regard de Michel Kacenelenbogen, dans sa mise en scène virevoltante. Et un beau nombre de rappels enthousiastes. Presque comme au soir de la Première… le 28 décembre 1897.
Dominique-Hélène Lemaire pour Arts et Lettres

« EDMOND », la pièce aux 5 Molières d’Alexis Michalik, Comédie héroïque
Texte et direction artistique : Alexis Michalik.
Mise en scène : Michel Kacenelenbogen. Avec : Tristan Schotte (Edmond Rostand), Maxime Anselin (Jean Coquelin), Perrine Delers (Maria Legaut), Inès Dubuisson (Rosemonde Rostand), David Dumont (Léo Volny et le passant), Itsik Elbaz (Constant Coquelin), Mwanza Goutier (Monsieur Honoré), Antoine Guillaume (Georges Feydeau), Sandrine Laroche (Sarah Bernhardt), Réal Siellez (Marcel Floury), Elsa Tarlton (Jeanne), François-Michel van der Rest (Ange Floury).