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VIE ET ECRITURE

Ne jamais dire que je suis triste, juste l'écrire sur cette terre d'exil, qu'est la page de mon

grand cahier vert ; qu'un jour peut être vous lirez ?

Ne jamais dire le fond de soi, mais rire, sourire, hurler, pleurer parfois, aimer et détester,

traverser cette putain de vie à laquelle je tiens profondément et que je voudrais bien pouvoir

recommencer dès la lettre A.

Cette vie qui serait exempte de cette maladie,dont je suis si proche, de cette violence en

pleine enfance, de ces morts prématurées!

Ecrire l’innommable, l'incompréhensible pour soi-même, parfois pour les autres, pour

essayer peut être au fur et à mesure de comprendre.

Ecrire simplement pour tenter d'exister.

NINA

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L'AUTOMNE DEJA !

L'automne ruisselle sur moi, m'enivre à l'instar d'un flocon de roses ;

baiser roux-rosé !

Désir dénué de peur, saveur de mes pensées,  dès lors qu'à vous seul elles songent,

sans lassitude aucune !

Puisse l'horloge de mon corps se mettre à la même heure que la vôtre !

Puisse le moindre de vos gestes sur moi tout entière me traverser, me

blesser à force de caresses, jusqu'à me faire devenir "vous" et vous faire

devenir "moi" !

Clarté intense et chaude, secondes, minutes et heures fécondes ;

naissance du "nous".

NINA

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"... Simone, elle est la fille de Marie Haillecourt  et de Marcel Seytres ; Elle, est la seconde, une petite sœur est morte huit mois avant sa naissance à elle le 14 mars 1924. Simone est têtue, frondeuse, souvent en opposition avec ses parents... À 17 ans, son père, pour tenter de la dissuader du mariage qui se profile à l’horizon avec Hervé Dumas, l'envoie dans une prison dorée : un studio à Monaco... Simone est fière, orgueilleuse, mais plastronner ne suffit pas... Elle épouse Hervé Dumas à Marseille en 1942 ; Monte à Paris en 1948, rencontre Didi (Henri Megglé) rue de Tournon... La personnalité de Simone Seytres est à l'origine de mon récit...

Extraits :

« Noël 1960 est fêté chez ma grand mère paternel, rue de Tournon, à Paris, dans cette grande maison bourgeoise, réunissant oncles tantes cousins et cousines. Le grand père Armand est mort en Mai 1959. C'est une fête de famille, la dernière, ma grand-mère meurt le 16 Février 1961.

Je me souviens avoir reçu en cadeau un louis d'or, que j'ai perdu le jour même ; dans mon souvenir j'en été très honteuse ; après l'avoir cherché vainement dans tout l'appartement, qui était fort grand avec un plancher en bois ciré, je me suis réfugiée près de la Fiancée du Nil, le moulage d'une statut originale, réalisée par le sculpteure égyptien Mahmoud MOUKTAR.  Le moulage en plâtre de la fiancée du Nil réalisé en 1929, et exposée pour l'ouverture du Musée du même nom inauguré au Caire le 27 Mars 1952, a été offert à mon Grand-père, alors qu'il habitait encore en Égypte. J'étais en amour devant cette femme si harmonieuse et douce, grande comme une vraie femme, à-genoux en bordure du Nil, couronnée d'une tête de faucon. Mon Père a hérité de cette statut, puis ce fut moi à mon grand bonheur.

"...Mes grands-parents, leurs parents, ont vécus longtemps en Égypte. Mon grand père a été naturalisé français au début du XXème siècle - Ainsi je suis un peu Égyptienne... 

Chapitre 16.

De merveilleux vagabonds en résidence à Château-Vallon (Extrait)

Je souris en pensant à ma vie de petite princesse, celle que j’ai imaginée pour moi il y a des années, princesse dans un château en ruines. Y étais-je heureuse ? Chez moi, je suis entourée par deux tableaux de Château-Vallon peints par Igor en 1949 ;

Il y a aussi un pastel réalisé par Lella, les couleurs sont passablement déla­vées mais je retrouve la délicatesse et la minutie de ses gestes ; et par une gouache de mon frère Didier peinte en 1955, ce dessin représente une scène familiale lumi­neuse et colorée devant la façade principale du château. Didier s’est peint à la fenêtre de la chambre-grenier et il regarde ses sœurs.

Dans cette grande chambre fraîche en été et avant qu’elle ne devienne l’antre de Girard et Lella, maman invite ses filles à y faire sécher des pétales de fleurs réservés pour la préparation d’un vinaigre parfumé. (...)

C’est la belle époque, celle de la confiance. Celle d’avant 1961 ! Nous serons cinq enfants, cinq frères et sœurs. Nous nous aimerons, nous aimerons nos parents, notre vie, la vie avec Didi et Simone. Avec Didier (mon frère aîné) nous n’en connaissons pas encore tous les aléas.

Lella et Henri Girard se sont rencontrés en 1949 et se sont liés d’amitié avec Henri et Simone en 1950 dans l’Île Saint-Louis où ils cohabitent tous les quatre. Une confiance véritable et réciproque unit les deux couples, et c’est ainsi que Didi leur confie les clefs de Château-Vallon.

Émerveillés par la beauté du site, ils y arriveront pour goûter au succès du Salaire de la peur, le dernier ouvrage de Georges Arnaud. Précédant de quelques jours Didi et Simone, hôte et hôtesse du lieu, Lella « Cette fille folle venue joindre sa tendresse à ma détresse… » témoigne de leur cheminement rocambolesque :

« Descendus en train jusqu’à Toulon, puis en autocar jusqu’à Valbertrand, nous rejoignons le château à pied (…) Je nous revois poussant une voiture-à-bras qu’on nous avait prêtée (…) » 

Tirant et poussant votre carriole sur une petite route bordée de pierres sèches, de figues en fleurs de barbaries, de ronces et de champs de vignes, vous passez devant La Ferrane, maison familiale des Megglé, puis devant la carrière de sable où travaillent des ouvriers étrangers. La route grimpe légèrement jusqu’au Clos de Château-Vallon, maison sentinelle au pied de ce vieux fortin qui émerge des pins et des genévriers. (Extrait)

Opération séduction !

J'ai 15 ans et Didi (mon père) propose de m'emmener en vacances en Dordogne chez une amie d'enfance. Les conséquences de la déportation sont encore très douloureuses à vivre pour lui et l'air de la Dordogne lui fera du bien.

Trop heureuse d'être enfin séparée de ma sœur si affable, si drôle, face à une Caroline boudeuse, j'accepte cette proposition, et maman ne s'y oppose pas ! Je les rejoindrai à Sanary plus tard. En Dordogne je découvre un père charmant, gentil, serviable, et comme il n'y a qu'un pas pour admettre que Simone (ma mère) est vraiment rabat-joie, je le franchis allègrement ! La maison est magnifique, pleine de lierre, de boiserie, de chocolat chaud, de grillades, d'attention, et je rencontre mon premier amour ! L'avant-veille de mon départ, Thalie, l'amie de papa, une adorable jeune femme mère d'un petit garçon de trois ans, organise une grande fête... Je suis aux anges.

"...à Sanary je pense avoir été "involontairement" odieuse avec maman, lui décrivant la disponibilité de Thalie, de Didi, et la présence de ce si gentil bambin, etc, etc.

Les vacances se terminent. Maman est sombre, triste, mon père repart à Paris, laissant seule Maman et ses quatre enfants.."

Extrait de la lettre à l'Auteure par Jacqueline Martinez

« À navire rompu, tous les vents sont contraires », dit un vieux proverbe italien. Que de vents contraires ont balayé ces pages que tu as noircies et moi défrichées. Le vent qui chante au petit matin dans la garrigue d’Ollioules, celui qui brûle à midi sur les roches de Sanary, celui qui caresse la peau au soleil couchant ; le vent glacial des tempêtes familiales, celui qui bouleverse à chaque déménagement.

Des vents contraires certes, mais jamais indécents. Pris tous ensemble, ils deviennent pare-feu et ne concèdent rien. Pas le moindre interstice où viendraient s’embusquer des yeux malveillants à la recherche d’un indice croustillant, dégueulasse, sur toute une vie ainsi mise en pâture. Le voyeurisme guette tout travail autobiographique comme si le questionnement de soi signifiait inévitablement une mise à mort.... 

Le livre se commande en ligne auprès de mes éditrices ou dans toutes bonnes librairies. Il est répertorié par la FNAC.

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AUTRE SONNET A SINOPE

SONNET A SINOPE


Si les nuages
Si les nuages, mignonne
Avaient ton âge
J’irai au balcon
Et te cueillir
Et m’engourdir
Si les nuages
Si les nuages ma belle Sinope
Avaient ton âge
Ton regard serait-il
Plus fluide et moins étourdissant
Sinope, dis-moi si les nuages avaient ton âge
Verrais-tu clair dans mon jeu
Si les nuages avaient mon âge
Oserais -tu venir me voir sur mon balcon
Avec ton ténébreux regard
Dont je suis tombé amoureux
Sinope si ton regard avait mon âge
Connaitrais-tu la douleur
De t’avoir trouvée
Ma belle Sinope
Tout là- haut dans les nuages
Sinope si ton visage
Avait ma rage saurais-tu
Prendre le chemin qui mène
À mon nuage, dis Sinope
Engage-moi engage moi
À t’offrir un nuage
Un courageux nuage
Qui brille la nuit dans le ciel
Près de son oreiller qui a ton âge

lyonel

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Un peu d'audace, mince !

                                                 
                                                             Le passé n'est qu'une sombre illusion. Rien ne sert d'y fouiller tout le temps comme de chercher une aiguille dans une botte de foin qui servirait à raccommoder un vieux tissu. Si d'aventure, avec de la chance, on trouverait l'aiguille on s'apercevrait vite que le désir de faire revivre ce tissu abîmé s'est évanoui  comme un rêve impalpable. Et pourtant c'est ce que nous faisons tous à longueur de vie : nous plonger dans notre passé, dans nos albums, nos films, nos livres pour y puiser la substance qui nous paraît nécessaire à construire le futur et surtout notre" petite survie ". Pourtant notre imagination, sans limites elle,  pourrait nous projeter plus loin, plus haut; Où est l'avenir dans toutes ces répétitions désuètes ? A part les vieilles recettes séculaires : paix, guerres, gagner de l'argent, se débarrasser de ses déchets où l'on peut sans être vu, philosopher sur le temps des guillotines ou rabâcher l'Histoire triste, toujours triste aux enfants qui nous regardent, se demandant pourquoi on leur a menti pour les endormir quand ils étaient petits.  N'y a-t-il dans notre imagination sans limites que la petite satisfaction d'une tasse de café ? N'attendions-nous que la venue messianique d'une enfant qui entraîne tous les enfants pour nous pointer du doigt et nous jeter à la figure nos impuissances ?  Impuissances que nous aimons qualifier de juridiques ! C'est incroyable ce que ce monde est triste à enfiler les perles du passé sans être capable d'inventer le vrai bonheur ! Un peu d'audace mince !

Pensée du jour - 08/09/2019

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le PUTOIS QUI AIMAIT

LARMES
A Valériane

Je vous aurais aimer
Car je vous ai pleurée

Vous souvenez-vous
La salle des albums
Des verres à pied qui pétille
Un liquide ambre et festif
Des lumières bruyantes
Et de vos enfants sages

Vous souvenez-vous
De cette salle d’occasion
Pour vous lire le serment
D’un putois qui tient ses
Promesses et fait ses prouesses
Dans les égouts occasionnels

Vous souvenez-vous, moi
Comme un prince habillé
Moi qui ne fréquente que le terrain
Des bas-fonds où prolifère le ragondin

Assis là ! Participant à la fête
Qu’engendrent les miracles de la lecture
Et des images d’Epinal de toutes les couleurs
Et qui font reluire mon enfance perdue ou gâchée
Avec les yeux de l’émerveillement que causent seules, les lucioles
Et les éclairs de Lune dans mon assiduité d’adulte
Vous ne vous souvenez-vous pas bien qu’ayant choisi
L’histoire du Putois qui lui seul ne pouvait m’aimer,
Puisque vous ne le pouviez pas, juste à sa façon !

Lyonel

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Quand la poésie tape
A votre fenêtre
Alors ouvrez !
Ce matin l’épicier
Est fermé pour cause de chaleur
Mais le boulanger
Est Ouvert
J’ai acheté deux bouteilles d’eau
Au marchand de croissants

Puis l’ennui a passé
C’est encore l’été
Mais pour moi s’est terminé

Soudain un papillon aux ailes
D’’ipomée a frappé la vitre
Je l’ai fait entrer
Et dans les pièces
Il a remué le parfum
De mes songes enfermés
J’ai posé mon 59
Sur ma tête
J’ai enfilé l’attelle
Avant que je ne ferme
Le papillon a pris ses ailes
Pour profiter du grand soleil

Après j’ai pris le chemin du lépidoptère
Et je suis arrivé au jardin
A l’ombre d’un cèdre
Je me suis assis
Les ombres des arbres
Font des tâches d’encre
Delperrier a dessiné un
Sourire sur le visage de Ronsard
Qui posait près d’un
Grand chien bavant de joie
J’ai fait un cliché
Un souvenir de bonheur
Est sorti d’un oubli
J’ai manqué de courage
J’ai souri au chien
Il a aboyé
Rue Estelle
Il y a des ombres sur le macadam
Celle d’une ouverture de porte est
Un arc de cercle
Celle d’une cheminée
Est à cette époque
Celle d’un bandit
Aux épaules carrées

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DISPARITION...

Le pouvoir est illusoire

On croit qu'on peut, on n'est rien!

Une goutte d'eau qui va choir

Et il fait un temps de chien!

Puis vent emportera...

Jusqu'aux empreintes de nous

Quand nous ne serons plus là

Pour rêver à l'amour fou...

J.G.

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administrateur littératures

Internet, toile gigantesque, gargantuesque même par certains aspects, faisant la part belle aux réseaux dits sociaux tels que facebook, twitter, linkedin,...Internet, du bon et du moins bon dans lequel on s'immerge parfois jusqu'à la dépendance, un monde en soi pour certains, l'apnée car dans les moments de connexion, l'entourage proche disparaît: on ne voit plus, on n'entend plus, on ne parle plus aux autres, c'est l'hyperconnectivité au détriment de la communication, la vraie, l'authentique. "Réseaux @sociaux?" était la thématique brûlante des Rencontres Littéraires du 27 août 2019, sur le devant trois auteurs qui n'ont pas eu peur du grand plongeon: Tania Neuman-Ova, Frank Andriat et Thierry-Marie Delaunois.

Après avoir écrit pendant des années des textes et poèmes sur les personnes qui croisaient son chemin et sur d'authentiques faits d'actualité, Tania Neuman-Ova, de Bruxelles, s'est tournée vers le roman et ce soir elle nous plonge dans "Miss Patchouli", son premier opus: la famille de Lilou et Richard est en pleine tourmente, Lilou se sent perdue et Alana vit sa crise d'adolescence. Rebelle, elle porte le surnom de Miss Patchouli. Perd-elle en fait tout contrôle? Le récit se déroule sur deux plans, les souvenirs et la situation actuelle, les situations tendues au rendez-vous, l'enfer des réseaux sociaux inéluctable, le harcèlement au passage ainsi que l'effacement de tout repère. Une rebelle en apnée?

Ecrivain belge connu pour ses ouvrages tels que La Remplaçante et Rue Josaphat, romancier et enseignant, tous ses écrits étant soit témoignage soit hommage à la vie, l'amour, les autres sans lesquels rien ne serait possible, Frank Andriat nous immerge dans "Je voudr@is que tu...": Salomé, treize ans, aime chatter avec ses copains et copines de tout et de rien; Internet, c'est la vie réelle, la porte ouverte sur le monde et sur les autres. Faisant la connaissance de Michaël, seize ans, beau et bronzé, elle ira de surprise en surprise. Ceux avec qui l'on chatte sont-ils en fait toujours ceux que l'on croit?

Auteur de onze publications dont sept romans, chroniqueur littéraire et collaborateur culturel, l'humain avant tout et la passion des dialogues au coeur, Thierry-Marie Delaunois nous présente quant à lui "Connectée": après avoir usé d'un gsm de seconde zone jusqu'à ses seize ans, l'hypersensible et relativement naïve Marie obtient enfin son premier smartphone et aussitôt plonge à la découverte de la toile mais ce n'est pas sans heurts et malheurs surtout après ce terrible coup du sort qu'elle subit... Sorte de roman-choral, l'ouvrage met aussi en scène sa mère Béatrice, Thomas, professeur de français, un fleuriste et sa famille ainsi qu'un énigmatique personnage vivant reclus. Un présumé terroriste?

Après une introduction de Gérard Adam digne de figurer dans les annales - il nous a brillamment dressé une brève évolution de l'écrit depuis l'apparition de l'imprimerie -, c'est Thierry-Marie Delaunois qui a ouvert le bal avec sa Marie qui, aux prises avec le Net, n'en mène pas large, l'auteur s'exprimant posément sur les affres existentielles et virtuelles de son héroïne; ensuite la Salomé de Frank Andriat  est entrée dans la danse, si l'on veut, Salomé qui aime discuter, qui comme Marie ne peut ni anticiper ni prévoir tous les pièges, l'écrivain lui aussi très au fait des sueurs que peut générer le Net, ce monstre tentaculaire; enfin la Alana de Tania Neuman-Ova est venue compléter le tableau, elle également vivant des situations parfois bien pénibles narrées avec brio par l'autrice.

Arnaques, harcèlement, insultes, faux profils, traquenards, tentatives de séduction...se connecter en toute quiétude est-ce envisageable? Des témoignages sont tombés au cours de cette soirée très conviviale et très interactive, venant de tous parts: côté auteurs, côté animateur, côté public. Ah ces réseaux sociaux, quand vous nous tenez...

Thierry-Marie Delaunois, auteur, chroniqueur, le 28 août 2019.

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Ces chancellements qui m'ont vu grandir

Ces chancellements
qui m’ont vu grandir
je les prenais
pour des heures perdues
des fleurs de regret
Maintenant je suis
comme l’eau des rivières
grossies par les pluies
je poursuis ma route
sans suspendre le pas
un chemin solitaire
dans la chaleur diffuse
de quelques autres
Que de temps il faut
pour comprendre qui on est
........................................
Martine Rouhart

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qui suis-je

Qui suis je
Je coule comme un long fleuve tranquille
Je tourne comme la mayonnaise
J'efface les faits en les oubliant
On se laisse pardonner grâce à moi
Je vais et je viens comme dans la chanson
Je passe dans les salles des pas perdus
Je peux troubler la conscience
Je peux rester suspendu à la langue
Je pense que parfois je pourrais faire une pause
D'ailleurs qui vous dit que je n'en fait pas
Mais le plus souvent on dit de moi que je file ou que je m'enfuis
Car oui JE SUIS LE TEMPS

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LES MOTS FOUS...

J'ai envie de coucher ces mots fous

Que l'on ne dit plus...

Qui disent tout!

Je t'aime, tu es ma vie...

Mon tout, mon moi...

Ma merveille, ma splendeur

Ma douceur... mon tourment

Mon désir infini...

Mon somptueux mirage!

Mon remord bien aimé,

Mon amant passionné...

Ma volupté, ma conscience

Ma prescience, ma continuité

Mon éternité, ma fulgurance!

Ma nuit étoilée...

Ma tempête indomptée!

Ma cuisante langueur

Ma subtile saveur

Mon immense désespérance...

Mon seul bonheur!

J.G.

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L'ampoule électrique

La première lumière, née dans la nuit des temps,

N'eut ni mère ni père... Seul un lit de hasard

Duveté de ténèbres, dans un point quelque part

Suspendu dans le vide de l'univers latent.

 

Un rien d'une mi-seconde a largement suffi,

Et l'infini cosmos dût se casser en deux;

S'arrachèrent aux ombres les rayons lumineux,

En laissant derrière leurs moitiés assombries.

 

Et depuis, l'étincelle, blottie dans les esprits,

Dégoulina sur nous des gouttes de génie;

Le monde s'illumina d'étonnantes découvertes...

 

Le feu en fit partie; ce fût à l’âge de pierre.

Semant la bonne graine dans des terres désertes,

Edison inventa la troisième lumière.

 

Antonia Iliescu

 

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