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ROUGE...

Rouge, comme le liquide précieux qui coule dans nos veines

Comme la rose odorante au petit matin blême...

Comme le feu dévorant que ton regard rejette

Comme le soleil couchant qui dans la nuit se jette!

Rouge, comme les idées parfois que la colère professe

Comme des joues qui s'embrasent et l'émotion confessent!

Comme au milieu des blés ces fleurs trop fragiles

Qui posent la question des guerres inutiles!

Rouge, comme un désir brûlant qui cherche apaisement

Comme le peintre éploré qui découvre l'instant

Oubliant la douceur, laisse éclater son cœur

Et nous démontre ainsi qu'il ne sert d'avoir peur!

J.G.

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12273313892?profile=originalIl n’est plus secret gardé de prétendre que la méfiance fait partie de mon environnement. Si l’on me dit qu’untel ou qu’unetelle écrit remarquablement, je me refuse à le croire sans y avoir posé le regard.

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais de prendre le risque de décrire un ouvrage pour raison que l’écrivaine soit belle, que l’auteur porte le verbe haut perché, qu’il est petit, drôle, élégant, tremblotant ou même agonisant serait prendre le lecteur pour un idiot.  En raison du respect que je lui porte (au lecteur pas à l’idiot), je me dois de fréquenter un minimum de neutralité.  Pourquoi vous assommer avec ce genre de propos ?  En raison des quelques lignes qui vont suivre, en raison qu’il me semblait important de préciser que je n’ai aucune intention d’offrir un cadeau promotionnel à un ouvrage s’il ne m’avait pas séduit.

Lui, il n’est pas grand, il n’est pas petit non plus…  Ce n’est pas encore un homme et cependant, il semble dépasser, et de loin, la maturité de certains exposants rencontrés au fil de mon voyage autour de la francophonie. 

C’est dans le Salon organisé par sa maman, l’écrivaine et Chroniqueuse Virginie Rebujent, que j’ai fait la connaissance de son premier roman.  Il me l’a tendu d’une main ferme, sans fausse pudeur, mais tout de même, on sentait dans ce geste une forme de réserve, de timidité et si je ne lui avais pas sollicité un autographe, probablement qu’il n’y aurait pas songé.  S’il m’a tendu le fruit de son travail ce n’est pas par orgueil, au contraire, depuis longtemps (tout est relatif) je lui avais demandé de me réserver la primeur de ce livre qu’il m’avait annoncé.  Était-ce vantardise d’adolescent ?  Je ne pouvais le dire, j’avais comme un pressentiment.  Dans le secret de mes délires, j’étais en attente.  Étais-je fou d’y croire ?  Non, je l’en croyais capable, un éclat dans le regard démontrait qu’il n’abandonnerait pas le chemin qu’il venait d’emprunter.  S’il me donna raison, j’ignorais si ses écrits méritaient l’engouement de ses parents.  Allez savoir, entre le cœur et la raison, qui peut prétendre renier le fruit de son éducation ?

Clovis Rebujent-Rouquette est, si l’on en croit la définition du dictionnaire, encore un enfant.  La tête solidement posée sur les épaules (c’est une image, ne m’écrivez pas pour critiquer cette phrase en me décrivant l’anatomie, je sais très bien qu’il y a le cou, etc.) semblait méditer derrière une pile de livres.  Des heures durant, immobile et souriant, il attendait le lecteur sous un soleil méchant…  Plus loin, à l’abri des éléments, certaines plumes vieillissantes ergotaient sur les points et les virgules en revendiquant la perfection de l’écriture.  Ma mauvaise humeur fit germer l’envie de demander si cette perfection avait quelque chose à dire ou, au contraire, servait de somnifère aux lecteurs pris au piège de ce genre de babillage.  Cancre j’étais, cancre je suis resté, je préfère la liberté du ciel quitte à souffrir devant les révisions.  Le lendemain, après une journée de patience, Clovis revenait à sa table tandis que certains donneurs de leçon brillaient par absence.

Clovis Rebujent-Rouquette m’a donc offert son premier roman.  Pris au piège je ne savais que faire.  Je déteste les esprits faux, les compliments gratuits, j’allais donc le lire en offrant mon avis comme je le fais pour n’importe quel ouvrage.  Certes, je n’ai aucune intention de blesser (qui suis-je pour oser approcher le rôle du confident ?), mais en posant « ma » vérité, celle d’un lecteur pas si différent des autres.  J’avoue que ma lecture se fit plus critique que je ne l’aurais voulu.  En voulant éviter de tomber dans la démagogie, j’ai triché par excès de sévérité.  Ce n’est pas juste, et cependant, de cette attitude naîtra une conclusion sans appel.  Ce livre est une réussite.  Certes, vous y découvrirez quelques petits péchés de jeunesse (il y a des vieux qui n’ont jamais pu s’en débarrasser), mais la vie n’est elle pas faite pour nous permettre d’évoluer ?

Voici donc mes conclusions en vous rappelant cependant que je ne suis ni juge ni Dieu, juste un homme qui partage ses passions.

Avant d’ouvrir le livre, les yeux découvrent l’équilibre d’un premier de couverture construit avec intelligence.  Rien de trop, couleurs harmonieuses, titre se fondant dans une chorégraphie légère. 

Après ce petit plaisir, on tourne les pages pour découvrir l’histoire…  Le texte est surprenant de maturité.  Écriture incisive, modelant l’intrigue à l’aide d’un phrasé dépouillé.  La lecture se fait sans heurt…   Les personnages suivent leurs destins, l’intrigue vous invite à continuer et continuer encore jusqu’à ce que la dernière page se présente.  À cet instant précis, on dépose le livre les yeux collés au plafond, en espérant qu’une suite ne tardera pas à fleurir.

Je vous parlais de péchés de jeunesse, rien de grave, juste le temps que l’écrivain prenne ses marques.  Un peu moins d’empressement dans la narration offrirait un voyage de plus longue haleine.  C’est un peu comme si les détails dérangeaient le narrateur.  J’aimerais sentir les effluves des paysages traversés.  J’aimerais découvrir les vibrations des « non-dits ».  Bien entendu, ce ne sont que des détails, ils viendront avec le temps, ils viendront quand les obligations de la vie permettront à l’auteur d’avoir le temps de s’étendre plus longuement.  N’empêche, qu’importe les faiblesses ; c’est tout de même un instant précieux que de découvrir le premier roman d’un auteur qui semble avoir un bel avenir.  L’écrivain, Clovis, pourrait mettre en place un nouveau style à condition de prendre conscience de la force de son talent sans tomber dans la facilité de croire qu’il est devenu le nouveau grain d’oraison qui va changer le monde.  C’est à l’instant de la reconnaissance qu’il faudrait se remettre en question.  Clovis est un auteur en devenir, un écrivain sur lequel je pose la main en  toute confiance, car j’imagine qu’un jour on se le disputera, mais, à une condition, c’est qu’il garde l’humilité, qu’il se garde des compliments faciles et qu’à chaque mot écrit, il pose la question fondamentale :  Ais-je tout donné comme au premier jour ?  Vais-je me faire aimer par celle ou celui qui n’a rien à gagner à me couvrir de lauriers ?

Bienvenu dans le monde de la difficulté.  Clovis, parce que je te considère comme un fils adoptif, que puis-je écrire qui ne serait fébrile ?  Je pose le clavier en toute humilité  et je quémande aux dieux d’épargner  l’innocence.  Te voici plongé dans un milieu qui ne pardonne rien, surtout pas le talent car le talent dérange.  Prend garde de ne pas te faire briser par l’orgueil, ce pauvre costume usité par ceux qui ne mérite en rien nos regards.  Reste digne de ceux qui te lisent, c’est eux qui te font vivre…  En attendant, merci pour ce cadeau

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L’actualité littéraire n’est pas un chemin dénué d’obstacles. En effet, si l’on considère le nombre d’ouvrages publiés chaque année, nous sommes amené à faire des choix même si ces choix tentent de partager l’originalité. Au fil du temps, les yeux se posent sur des récits de vie, des témoignages poignants et si l’on en parle en mode homéopathique c’est que nos choix se posent lorsque le cœur s’anime…

Si J’ai découvert « L’échelle des Zagoria » édité par Académia c’est un peu par hasard.  Certes, un exemplaire presse m’avait été envoyé par la maison d’édition, mais tout de même, d’autres ouvrages attendaient ma lecture et malheureusement, mes journées ne font pas éternelles.  C’est donc dans la précipitation, parce qu’il y avait un avion à prendre, que j'étais en retard, que j’ai saisi le premier livre en attente.  Somme toute, le destin faisant bien son travail, j’ai abordé l’écriture de Marie-Bernadette Mars avec ce petit chatouillement au ventre, ce qui ne trompe jamais, car par ce signal,  on devine que ce livre mérite d’être compagnon précieux.

« L’échelle des Zagoria » par la qualité d’écriture est une sorte d’ensorcèlement et probablement la preuve que la solidarité intergénérationnelle est une source dans laquelle on peut trouver le plus tendre des trésors.  Une histoire d’amour, de tendresse, de respect certainement.  Ce livre allait m’aspirer au point que j’en oublierai de compter le temps et qu’une hôtesse me rappela à l’ordre en diffusant mon nom pour un dernier appel. Je me suis précipité avant que ne se ferme le comptoir d’embarquement.  Cette distraction me fit sourire, elle se mariait à merveille aux premiers chapitres.

Ainsi, sous l’ombre de l’oubli se met en place une quête de souvenirs ancestraux.  Le récit nous place en témoin, témoin d’une petite fille entourant sa grand-mère avec toute la tendresse qu’il est possible d’offrir lorsque la maladie transforme les souvenirs, change le caractère et use la patience.  Comme un spectacle triste qui panache les textes, se dévoile une copie du vivant, une copie qui ne porte pourtant plus les parfums d’autan.

Le roman de Marie-Bernadette Mars nous offre une sorte d’initiation ou plutôt, oui c’est cela, une quête à la recherche des silences du passé. Il a fallu que l’oubli s’en mêle, que les souvenirs se mélangent, qu’une grand-mère prenne conscience que la dégénérescence provoquée par la maladie risquerait, peut-être, de dévoyer la vérité. Un sursaut de lucidité, une éclaircie qui permet à Stamatia de proposer à Léa d’entreprendre un voyage aux Zagoria. Voyage par procuration au cœur des souvenirs désertés par amour et vers lesquelles elle n’est jamais retournée. Nous voici plongé au cœur de la Grèce, de l’histoire, de ces débordements qui broderont l’Europe en rappelant qu’il n’y a pas si longtemps que cela, la liberté s’appelait "espérance" et qu’il n’était pas toujours sage de possèder le "franc parlé".

« L’échelle des Zagoria »  est un livre que l’on déguste avec les yeux, le nez et toutes les perceptions.  Les femmes sont au cœur de la narration et pour cause, Marie-Bernadette Mars est, semble-t-il, sensible à la condition de la femme à travers les lieux et les époques.  Je vous avoue que ce roman mérite que l’on arrête le temps.  Lire et s’arrêter de lire,  poser de temps en temps les yeux sur la ligne d’horizon afin d’affronter mille et une questions sur ce que pourraient être les relations humaines.  Ah qu’il serait heureux de vivre si l’on possédait le courage de tourner nos priorités vers ceux qui nous ont élevés.  Et puis, il y a l’accueil, les portes ouvertes, le respect de l’autre…  Voilà, je ne vais pas plus loin, je vous laisse à cette découverte, une oasis posée là, sans faire de bruit mais dans laquelle coule une eau si fraîche qu’on la déguste en signe d’oraison.

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administrateur théâtres

Le spectaculaire Cyrano triomphe à Villers-la-Ville

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Figurant parmi les plus célèbres pièces du répertoire français, Cyrano de Bergeraca été écrit par Edmond Rostand et publié en 1897. Cette pièce s’inspire d’un véritable personnage  ayant réellement existé :   Savinien Cyrano de Bergerac, né en 1619, ayant  réellement participé au siège d’Arras en 1640 et mort en 1655.   A l’époque de Louis XIV.


Acte III, Scène X

Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?

Un serment fait d’un peu plus près, une promesse

Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,

Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;

C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,

Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,

Une communion ayant un goût de fleur,

Une façon d’un peu se respirer le coeur,

Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme!

 20.000 spectateurs attendus à l’Abbaye ! Formidable pied de nez à la morosité verbale et affective de notre siècle, voici sous les étoiles, en vers et en 12 pieds, le nez en l’air et l’air d’un soir, un voyage tout en poésie entre la Terre et la Lune… Voici : Cyrano, Roxane et Christian. Et le trio qui les incarne à la perfection : Bernard Yerlès, l’exquise Anouchka Vingtier et le très rebelle Damien De Dobbeleer.

Une magnifique aventure collective dirigée avec amour profond du théâtre  par Thierry Debroux, qui signe  tous les émois. On découvre Roxane, une jeune femme belle et distinguée, Christian de Neuvillette, un jeune noble qui l’aime en secret et le comte De Guiche (le formidable  Éric De Staercke), qui cherche à faire de Roxane sa maîtresse et veut la marier au vicomte de Valvert (Julien Besure), ce à quoi la jeune femme ne souscrit pas, bien évidemment. Jacques Capelle,  grand chorégraphe, signe  tous les combats.

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Verbe et Costumes hauts en couleurs

Comme des Accords mets vins…

Sachez que tous les costumes de l’ardente équipe d’Anne Guilleray aux doigts de fée,  racontent une histoire, jusqu’à la tenue du pâtisser poète… Rageneau : Michel Poncelet, dans toute sa splendeur. Ah ! Comme il nous plaît !  Et que chez tous les comédiens, la diction est belle!

La robe jaune vif, solaire couleur du pouvoir, parfum de jouvence et d’éternel été, se cache sous un lourd manteau de souvenirs. Il est fait de la moire de l’empire du deuil et des larmes.  Roxane, éplorée de bout en bout  n’en peut plus  d’enterrer le bonheur ailé de l’amour: Cyrano. L’homme-parole est vêtu de  cuir et d’humus. Mais sous sa cape d'argent, il voyage entre Terre et Lune sur des chemins semés d’étoiles. Une  cape d’argent? Pour mieux jouer la folie des rayons de lune et mieux tromper le monde terre-à-terre.

 Et l’habit gris, couleur de colère du ciel,  ventre-saint-gris ! C’est celui du pauvre Christian,  une pâle esquisse de son verbe déficient, mais tellemnet seyant!    

Les pourpoints brodés et enrubannés appartiennent à De Guiche et autre Carbon de Casteljaloux, pleins de suffisance et de mâle prétention.

Le fidèle et véritable ami Le Bret (Jean-Philippe Altenloh)  arbore des nuances d’été indien…

Oui, l’œil ne cesse d’être frappé par bien d’autres costumes encore ! Sur scène, comme Edmond Rostand le souhaitait,  ainsi que  feuilles au vent, une foule de bourgeois, marquis, mousquetaires, tire-laine, poètes, cadets, gascons comédiens, violons, pages et précieuses...Pittoresques,  agrémentés de  notes anachroniques, comme surgis d’une improbable  montgolfière, les époques se mélangent. Vive l'imaginaire! Voici  même un admirable Trissotin, des perruques qui s’envolent, et autres  délirantes coiffures façon  Tampon-Jex.   On reconnait Cédric Cerbara et ses rôles annexes,  une Béatrice Ferauge alternativement Duègne compassée et coquine Sœur Marguerite ! Tous  comédiens exaltants – excusez du masculin ! – une  fabuleuse équipe et Olivier Francart qui joue Lignière. 


Lieu d’exception

Thierry Debroux a fait le choix de présenter le chef d’œuvre d’Edmond Rostand en un seul lieu. Le lieu géométrique de tous les affects, la nef des joies et des larmes de tant d’humains, au cœur de l’antique Abbaye font sens. Personne ne se balade, tout le monde voyage  et prend l’air à pleines narines.

Que personne ne bouge ! Un écrin chargé d’histoire et de souvenirs, le choeur et la nef de l’abbatiale accueillent tous les changements de décor: de l’hôtel de Bourgogne où doit se tenir la pastorale du poète hypocrite et bête,  honni par Cyrano et qui débouche sur un duel, à la rôtisserie des poètes où Cyrano brûle de rencontrer Roxane, à la scène du balcon où deux cœurs brûlent pour une seule femme, au siège d’Arras où tout le monde meurt de faim, et enfin au  lieu de la mort de Cyrano, dans le Couvent des Dames de la Cour où Roxane a trouvé refuge.15 ans  après la mort de Christian, Cyrano va mourir aux pieds de celle qu’il adore, lui disant la Gazette du jour pour la dernière fois…  Et jamais le trou laissé par sa disparition ne se refermera. 

Le panache  

C’est désormais à l’abbaye de Villers-la-Ville que  flottera le panache du grand disparu. Un supplément d’âme. Le souffle du poète. Des tirades et des envois qui pourfendent la laideur et distillent la beauté. Mais qu’est-ce que le panache dira-t-on ? La plume, bien évidemment. Celle qui flotte glorieusement  au feutre du mousquetaire.

 «  Le panache n’est pas la grandeur, mais quelque chose qui s’ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d’elle. C’est quelque chose de voltigeant, d’excessif, — et d’un peu frisé. Si je ne craignais d’avoir l’air bien pressé de travailler au Dictionnaire, je proposerais cette définition : le panache, c’est l’esprit de la bravoure. Oui, c’est le courage dominant à ce point la situation qu’il en trouve le mot. Toutes les répliques du Cid ont du panache, beaucoup de traits du grand Corneille sont d’énormes mots d’esprit. Le vent d’Espagne nous apporta cette plume ; mais elle a pris dans l’air de France une légèreté de meilleur goût. Plaisanter en face du danger, c’est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l’héroïsme, comme un sourire par lequel on s’excuse d’être sublime. Certes, les héros sans panache sont plus désintéressés que les autres, car le panache, c’est souvent, dans un sacrifice qu’on fait, une consolation d’attitude qu’on se donne. Un peu frivole peut-être, un peu théâtral sans doute, le panache n’est qu’une grâce ; mais cette grâce est si difficile à conserver jusque devant la mort, cette grâce suppose tant de force (l’esprit qui voltige n’est-il pas la plus belle victoire sur la carcasse qui tremble ?) que, tout de même, c’est une grâce… que je nous souhaite. »

Celle dont se sert Cyrano pour écrire ses lettres d’amour. Celle qui va au vent comme un baiser vers l’infini.  

 Acte V, Scène VI

Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose!

Arrachez! Il y a malgré vous quelque chose

Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,

Mon salut balaiera largement le seuil bleu,

Quelque chose que sans un pli, sans une tâche,

J’emporte malgré vous, et c’est…

C’est?

Mon panache.

Dominique-Hélène Lemaire Arts et Lettres


Du 16 juillet au 10 août 2019. Mise en scène de Thierry Debroux – Chorégraphie de combat : Jacques Cappelle
avec
Bernard Yerlès – Cyrano de Bergerac
Anouchka Vingtier – Roxane 
Eric De Staercke – Comte de Guiche 
Michel Poncelet – Ragueneau 
Jean-Philippe Altenloh – Le Bret 
Damien De Dobbeleer – Christian 
Julien Bésure – Valvert 

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Si la lumière est bleue...

Et si ce soir est bleue la lumière

C'est qu'elle prend à tes yeux leur couleur

Aussi fait de moi cette guerrière

A jamais jalouse de ta chaleur!

La nuit est froide, j'ai le cœur glacé

Tu t'es perdu dans les étoiles

Je cherche le bleu que j'ai tant aimé

Et pourtant la douleur est un voile...

Alors oui, je franchis les barrières

Et l'esprit libéré, je revis...

Enfin compris que cette lumière

Ferait toujours partie de ma vie!

J.G.

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Artiste peintre de son temps et passionnée, Martine Belfodil - MA PEINTURE SUR TOILE - a fait le choix de créer des peintures dans un registre abstrait. Choisir la peinture abstraite  apporte à l'artiste une liberté d'expression totale dans sa créativité et sa transmission d'émotions vis à vis de celui qui la contemple. La musique est l'un des moteurs importants dans la création de ses tableaux contemporains, elle est dédiée  à des formes et couleurs particulières faisant ressortir les émotions les plus profondes de l'artiste à l'instant présent. 

Exposer ses oeuvres est important pour un artiste. Le plaisir de pouvoir partager sa passion, avoir un échange avec d’autres personnes sur l’appréciation de ses peintures est gratifiant. 


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administrateur théâtres

 My Fair Lady à Bruxelles 

Auriez-vous eu par hasard vent de  l’exposition sur la vie d’Audrey Hepburn, « Intimate Audrey »* , créée cette année à Bruxelles par son fils Sean Hepburn Ferrer, pour fêter  les  90 ans de sa mère, dans la ville natale de l’artiste ?  Celle-ci se tient  depuis le  1er mai et jusqu’au 25 août 2019 dans l’Espace Vanderborght. Sielle est passée inaperçue  et qu’elle ne vous a pas particulièrement fait dresser l’oreille, voici pour  l’artiste  comme pour nous, un merveilleux cadeau.

Il est  offert par le festival « Bruxellons » qui propose un « My Fair lady » éblouissant, vigoureux comme aux premières heures, débordant de verve et de bienveillance. Une splendide façon de fêter les 20 ans du festival !   Sous la direction artistique de Daniel Hanssens qui s’est saisi du sujet des charmes de la phonétique  anglaise et de la fable sociale,  ce cadeau vous attend au château du Karreveld à Molenbeek, dans une version de comédie musicale bruxelloise inédite, peaufinée et impeccable.

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La mise en scène est de Jack Cooper et Simon Paco. C’est un spectacle de haut niveau qui plaira au beau monde comme aux chats de gouttière. Tout y est beau et soigné : les décors, les costumes, la scénographie, les ensembles, les chorégraphies, le chant, et bien sûr la phonétique : irréprochable! Même transposée en français !

L’histoire

Qui ne se souvient donc pas des remarquables  talents d’actrice d’Audrey Hepburn en 1964 et de  sa présence  hypnotique  à l’écran, dans cette comédie musicale unique en son genre, même si pour les chansons,  sa voix avait été doublée ?   Elle sera à jamais associée au personnage d’Eliza Doolittle en interprétant  le parcours fabuleux  de l’insolente jeune vendeuse de violettes à l’accent cockney épouvantable, qui guettait quelques sous auprès de  grands bourgeois au  sortir de l’Opéra… dans le très pittoresque  Covent Garden du début du XXe siècle. Incroyable coup du sort,  Le colonel Pickering lui achète une fleur et son ami distingué phonéticien se prend au jeu de vouloir faire passer la gueuse pour une duchesse grâce à la qualité de ses manières et de son langage.

L’origine du spectacle

Georges Bernard Shaw avait commencé à écrire sa pièce « Pygmalion »  au printemps 1912.  La pièce  fut jouée la première fois en 1913 en allemand, en Autriche, avant d’atteindre les feux de la rampe à  Londres un an plus tard. Mais, toute sa vie, jusqu’en 1950, date de sa mort,  Georges Bernard Shaw refusa que l’on adaptât sa pièce « Pygmalion » en opérette, repoussa  tout essai d’adaptation cinématographique, hormis  celle de 1938 avec Gabriel Pascal, où il conserva une supervision constante de l’adaptation. Penguin is Penguin (books) of course, le texte c’est le texte ! Librement inspiré du mythe grec de Pygmalion et de Galatée (popularisé par le poète romain Ovide dans ses Métamorphoses), « Pygmalion » et  « My fair Lady » partagent beaucoup de points communs avec la satire sociale de Shakespeare, « The Taming of the Shrew », dans laquelle un homme brutal apparemment (mais pas tout à fait) se mesure à  une femme à l’esprit libre. Si bien que Georges Bernard Shaw se disputa avec les metteurs en scène qui osèrent à maintes reprises  vouloir donner une fin romanesque à l’histoire en l’ouvrant  sur le mariage du Professeur Higgins et de sa protégée.

Foin des romances à deux balles

Si la jeune femme s’est construite grâce au professeur, l’admire sincèrement, et a vécu une relation unique avec lui,  elle est devenue une autre personne et s’affranchit totalement de son influence. Shaw tient en effet à dénoncer la société anglaise où les femmes se laissaient soumettre. Si les femmes de plus de 30 ans peuvent voter en Angleterre dès 1918, Il faut attendre la loi de 1928 qui donna le droit de vote aux femmes à 21 ans quel que soit leur état de fortune. Vote For Women! La mise en scène  n’a pas raté l’occasion de le souligner !

Les textes

Cette version bruxelloise francophone** de la comédie musicale est fidèle aux textes et à l’époque. Quel bonheur ! La libre traduction de Stéphane Laporte est d’une grande  saveur et d’une belle empathie littéraire. La musicalité de la langue anglaise a trouvé des échos francophones pleins de charme et de vivacité.   Cette adaptation soignée sous la direction d’Olivier Moerens  donne une performance remarquablement aiguisée du flegme anglais, incarné par le très rusé professeur Henry Higgins dont l’excellent Frank Vincent  tire une interprétation très juste.  Le personnage  est  archi plein de lui-même, archi fier de sa condition de « vieux célibataire confirmé »,  psychologiquement  à côté de ses satanées pantoufles en matière de sentiments, inconscient du mal qu’il fait, mais étrangement sympathique. 

Sous les étoiles

 L’humour pétille sous les étoiles dans la cour du château du Karreveld. Les petites gens sont aussi bien campées dans le verbe, que les habitués d’Ascott.  Décernons aussi  de multiples  médailles pour les fabuleux costumes signés Béatrice Guilleaume et la scénographie de Francesco Deleo, les divines coiffures d’Olivier Amerlinck,  les maquillages et perruques de Véronique Lacroix. Aux chorégraphies Kylian Campbell, aux lumières Laurent Kaye.  A la direction musicale de l’orchestre, des solistes et des chœurs, la pétulante  Laure Campion assistée parJulie Delbart. L’image est retransmise sur des écrans discrets pour ceux qui s’intéressent à la magie de la baguette.  Un orchestre live de 12 musiciens   joue en effet dans la Chapelle du Château, respect aux instruments… mais  ils viendront  saluer le public qui trépigne de bonheur.

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Les voix

La vigoureuse gouvernante du Professeur Higgins, Mrs. Pearce,  a de l’ascendant. Elle  lui rappelle « qu’on ne ramasse pas une fille comme on ramasse un galet sur la plage !» Elle est une voix de la raison. Elle  représente la voix traditionnelle, maternelle, de la classe « inférieure ». Elle se rapproche rapidement d’Eliza qu’elle entend protéger…  Un rôle à la mesure de Laure Godisiabois au mieux de sa forme.

Mme Higgins, la mère du professeur représente aussi la voix de la raison. Elle est jouée par Jeanine Godinas, royale. Emouvante, et  sensible lorsqu’elle se prend d’amitié pour Eliza. Comme dans sa jeunesse, elle est féministe en  diable et finalement  insensible aux peines de cœur de son fils qui n’a toujours pas grandi malgré ses exploits linguistiques!

 La troisième voix de la raison est  bien sûr celle de  Mr. Pickering (François Langlois), subtilement paternel,  nanti de cette bienveillance qui lui fait traiter la bouquetière comme une duchesse, contrairement à son ami Henry Higgins !

Et puis il y a la voix du coeur, celle du « love at first sight », sublimement  «  love me tender ! » : Samuel Soulie dans le rôle de Freddy. Eliza succombera-t-elle ? Elle demande à voir…

Le rôle-titre

Eliza Doolittle,  affligée d’un parler populaire à couper au couteau, d’une phonétique branlante, d’une grammaire inexistante et d’un vocabulaire de charretier,  succombe à la promesse condescendante du rusé  linguiste, rêvant d’élévation sociale. Il   parie  que son entraînement intensif à la grammaire,  style et élocution transformeront Eliza en  objet désirable – l’œuvre dont il tombe en fait amoureux-  employable, une fois l’expérience réussie, pourquoi pas dans un magasin de fleurs avec pignon sur rue ? Mais le pari gagné, Eliza Doolittle se retrouve seule. Elle se rebiffe et s’en va en claquant la porte. Bel exemple d’expérience sociolinguistique réussie,  elle  est  dans une position délicate. Que va-t-elle devenir ? Comment subvenir à ses  besoins avec le genre de compétences qui lui ont été données ?  Elle est devenue « autre ».  Il n’y a pas que la main de l’homme qui fasse mûrir le fruit ! L’interprétation irréprochable de l’artiste française Marina Pangos est empreinte d’humanité profonde. Elle fait rire, elle fait pleurer, elle fait réfléchir, se poser des questions. Fera-t-elle fléchir la misogynie universelle ?  Ce rôle central est un catalyseur d’interrogations. Le maintien est celui d’une reine. Le jeu est sûr, la voix est belle, la métamorphose sublime, le résultat de la performance admirable : une force théâtrale et musicale surprenantes. Pourtant, à vrai dire, l’intrigue était finalement bien mince!

Mais pas que

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Le père de la jeune femme a aussi bien des choses à nous dire et à partager. La vis comica de l’éboueur  Doolittle (Daniel Hanssens) emporte par sa faconde et sa jovialité. Les petits ont autant d’arrangements que les grands bourgeois. A ses dépens,  le très philosophe Monsieur  Alfred Doolittle pleure la perte de sa liberté envolée, une fois contaminé par  l’argent  reçu d’un improbable héritage et dont il ne saurait se départir ! Le voilà obligé de vivre pour les autres au lieu de ne vivre que pour lui-même !   Mais malgré les coups de griffes à la bourgeoisie bien établie,  la bonne humeur reste. C'est le plus bel héritage de ce spectacle hors pairs, fable vivifiante et festive.

Dominique-Hélène Lemaire Arts et Lettres

crédit photos: Gregory Navarra

My Fair Lady

De Lerner & Loewe

MISE EN SCÈNE: JACK COOPER ET SIMON PACO – UNE COPRODUCTION DE BULLES PRODUCTION, COOPER PRODUCTION ET LA COMÉDIE DE BRUXELLES –
25 REPRÉSENTATIONS DU 11 JUILLET AU 7 SEPTEMBRE 2019


*Tous les bénéfices iront à Eurordis-Rare Diseases Europe et aux hôpitaux Brugmann et Bordet de Bruxelles.**On peut consulter  une version du texte néerlandophone sur écrans discrets.
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UNE QUESTION...

La vie ce n'est pas assez

Et c'est tellement trop parfois!

Entre présent et passé

Le futur fait-il la loi?

La question est insoluble

Car elle dépend du hasard

et qu'importe qu'on l'affuble

Des fantasmes les plus bizarres!

Si nous n'étions que jouets

Aux mains d'un Dieu tout puissant

Nous n'aurions plus comme projet

Que de nous fondre dans le temps!

Ce goût pour la liberté

Qui fait partie de nos gènes

S'il nous a été donné...

Il doit en valoir la peine?

J.G.

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la memoire et la mer

a mémoire et la mort
ce sont les mouettes qui font la mer
des marées basses jusqu'aux marées hautes
ce sont les mouettes aperçues dans des jardins perdus
comme les mendiants mendiant les yeux de Claire
il n'y a plus aucun doute
ce sont les mouettes qui cherche la mort
jusqu'à la mer ce sont les mouettes qui retrouveront la mer
dans les yeux sombres de ma star à la lèvre je me pends
puisque que les mouettes ont perdu leur ombre
comme un mendiant mendiant l'amer aimée tant aimer

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UNE ENVIE...

Envie de tendresse, de caresses

De ton regard taquin-câlin!

Envie de me sentir ton bien

Et d'enrouler nos vies d'ivresse!

Comme tu es loin, je manque d'entrain...

L'absence est forme de détresse

Même si l'amour n'est jamais vain

Et que n'ai pas goût de faiblesse...

Mais j'ai celui de l'impatience!

Et le temps précieux qui s'envole

J'en perçois toute la démence

C'est du bonheur que l'on nous vole!

Je m'essaie à Zen attitude...

Aussi à prendre de la hauteur

Et retrouve une certitude

qui a parfum fou du bonheur!

J.G.

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Ici

Ici
je ferai mienne
la lumière chaude
j’épuiserai les chemins
je bercerai
en marchant
les images fragiles
et les eaux lentes
des pensées
...............................
Martine Rouhart

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Le Babel-Art, revue artistique conçue par des artistes et pas que.

Créée en début d’année, gratuite, elle emporte un joli succès.  Certes, le nombre de lecteurs est encore limité, cependant il ne cesse de croître,  réparti entre la Belgique, la France, la Suisse et le Canada...

Quelques défauts de jeunesse à revoir, personne n’est parfait, nous faisons en sorte de nous améliorer à chaque parution...

https://www.yumpu.com/s/QzbK5BZJTlgD9VAX

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                                               LES VOIES DU SURREALISME : L’ŒUVRE DE MAX PARISOT

Du 05-10 au 25-11-2018, l’ESPACE ART GALLERY (83, Rue de Laeken, 1000 Bruxelles) a consacré une exposition au peintre français, Monsieur MAX PARISOT, intitulée : EQUILIBRE FINAL.

Nous nous situons, avec MAX PARISOT à la charnière entre surréalisme et esthétique numérique. Onirisme surréaliste et cinétisme numérique s’entrecroisent pour former un Tout paisible, annonçant déjà un premier équilibre, essentiellement stylistique. Vient ensuite un deuxième équilibre, strictement sémantique. L’œil parcourant le lexique pictural apprivoise l’univers de l’artiste, essentiellement composé de personnages tels que l’arbre, la lune et la mer.

L’arbre peut se présenter squelettique, comme dans VUE DE LA FENETRE D’UN TRAIN (65 x 95 cm).

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A’ travers une coupe radiographique évoquant l’intérieur d’une cage thoracique humaine, proposée dans POUMONS (60 x 85 cm).

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Sous la forme d’une composition cinétique blanchie par la neige à l’instar de PAYSAGE DE NEIGE AVEC LUNE (45 x 65 cm).

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La lune a pour constante d’être pleine et radieuse.

SORTIR (60 x 85 cm).  

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Malgré l'atmosphère nocturne, elle revêt totalement  son rôle d'astre, tellement sa présence est solaire. Quant à la mer, elle apparaît toujours calme pour ne pas dire immobile, sur laquelle tout ce qui s'y aventure est comme retenu en suspension. Cette oeuvre est une invitation au voyage. Une vague, d'un bleu "magrittien" déferle, à partir d'une zone obscure, renforcée en puissance dans le haut par le noir intense, vers une mer calme que l'écume engendrée par l'ivresse du bateau rend agitée. Cette vue à partir de la vague originelle est une métaphore de l'Homme qui veut sortir de sa condition pour toucher l'Absolu. Cette image porte en elle le mysticisme surréaliste. Un mysticisme axé sur l'introspection. Avec son univers filandreux, POUMONS (cité plus haut) pourrait, à l'extrême limite, être interprété comme une radioscopie de l'âme.  

La naissance de tout équilibre est garantie par le calme. Dans VUE (cité plus haut), la garantie de cet équilibre est assurée par la silhouette impassible et frêle du moine bouddhiste se profilant au loin sur la ligne d’horizon, vers la gauche de la toile. Cette œuvre est remarquable à plus d’un titre. Premièrement, elle distille un fabuleux trompe-l’œil par le fait que le cadrage de la scène se réalise, non pas à partir de l’arbre, lequel se trouverait à l’avant-plan mais bien par la présence matérielle de la fenêtre métallique, faisant office d’écran, à partir duquel l’image est, pour ainsi dire, projetée. Une autre métaphore de la présence du calme est suggérée par la nature profonde du chromatisme usité par l’artiste. Même conçus de brun vif (en dégradés), les nuages brûlés par le crépuscule, conservent une attitude de recueillement ne prêtant jamais à une narration dramatique. 

LE PRINTEMPS (45 x 65 cm) 12273316271?profile=original

nous transporte dans un monde inconnu, en ce sens que nous ne savons plus où nous sommes. Le premier plan, constitué par les fleurs rouges (des coquelicots) nous conduit vers un espace aquatique buriné par des ondulations aux tonalités bleu et vert que la lumière dorée du soleil, conçue en filigrane, a rendu brillantes comme les reflets d’un miroir.

CHAPELLE SOUS LA LUNE (80 x 120 cm)

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est une invocation à la nuit. A’ partir d’un paysage hivernal, la chapelle, traitée comme une ombre, avec sa masse architecturale sombre, surmontée d’une toiture noire, timidement illuminée par une lampe, se détache de l’arrière-plan nocturne pour acquérir son identité plastique et spirituelle propre. Aux deux extrémités de l’espace pictural, s’affirment deux formes : l’une figurative (sur la droite), l’autre abstraite (à l’avant-plan sur la gauche). La fonction du chromatisme consiste à appuyer la spécificité de ces formes. Le rouge vif indique qu’il s’agit d’une forme connue : celle d’un ensemble de fleurs (sur la droite). Tandis que le blanc à la consistance cinétique « électrise », en quelque sorte, l’idée de l’arbuste squelettique transi par l’hiver. Une opposition, à la fois symbolique et chromatique, s’installe dès lors entre le rouge de la vie (les fleurs) et le calme blanc de la mort augmentée par la conception serpentine du tronc de l’arbre. 

Conception picturale d’un rapport entre la notion d’un paysage « classique » et l’utilisation du traitement digitaliste dans son expression graphique.

EQUILIBRE FINAL (60 x 85 cm)

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synthétise tous les éléments évoqués dans l’œuvre de l’artiste, à savoir la mer, les rochers, le ciel, les nuages (ici menaçants), le bateau et la terre ferme. Un seul élément apparaît pour la première fois : la présence d’oiseaux toujours au nombre de huit, comme le montrent d’autres toiles sur lesquelles ils figurent, sans qu’il y ait (aux dires de l’artiste), la volonté d’une signification symbolique concernant le chiffre « huit ».  

Mais ce qui frappe avant tout c’est l’image du mariage mystique entre deux mondes : celui du haut et celui du bas exprimé par ces quatre rochers, divisés en groupe de deux, dont l’un provenant du haut « atterrit » sur celui du bas.

MAX PARISOT est à la base d’un mouvement qui utilise le digitalisme dont le but est celui d’assurer à l’artiste une liberté sans limites dans ses moyens d’expression. Né en 1950 du travail commun de deux mathématiciens, l’américain Ben Laposky et l’allemand Manfred Frank, cette forme d’art essentiellement numérique, peut être élaborée à partir de la scansion des photos, prises individuellement. Ce qui permet d’effectuer des retouches. Et nous savons que l’artiste dispose de toute une collection de « stills » qu’il retravaille à sa guise. Depuis maintenant des années, l’ordinateur a fait son entrée à la fois dans la peinture ainsi que dans la musique. Que ce soit dans cette deuxième discipline comme dans la peinture, cette nouvelle technologie assure leur essence contemporaine à la fois dans leur dynamique comme dans leur esthétique. De plus, le stockage des images permet à l’artiste de les modifier indéfiniment, exprimant sa volonté de les recréer. Evoluant simultanément entre surréalisme et numérique, force est de constater que ces deux écritures sont consubstantielles l’une par rapport à l’autre. Son but est, comme il le dit lui-même, celui de créer un « choc » chez le visiteur dans sa révélation de la beauté. Conscient, comme tout véritable artiste, de la complexité de la condition humaine, il s’efforce par son œuvre à donner de la joie. Cette joie, l’artiste l’exprime avant tout par sa connaissance des couleurs, laquelle lui vient de son parcours professionnel lorsqu’il s’occupait de la fabrication de meubles au sein de son entreprise familiale. Son travail consistait à s’occuper des couleurs et des formes. Sa technique se focalise principalement dans l’assemblage de photos considérées comme les collages d’antan, sur base d’une technologie nouvelle.

Il travaille, comme spécifié plus haut, à partir de sa propre photothèque en détournant les sujets de leur propre contexte pour les aligner vers une autre réalité. Surréaliste avant tout, il révère Dali (cela se voit, notamment dans la CHAPELLE, cité plus haut : sujet « classique » plongé dans une nature qui le transcende) mais il est également très attiré par les Impressionnistes (comme le démontre sa conception chromatique concernant LE PRINTEMPS (cité plus haut) ainsi que par Picasso. A’ la question de savoir s’il compte poursuivre ce chemin, il répond par l’affirmative. MAX PARISOT est un artiste qui a trouvé sa voie dans la matérialisation d’une poétique savante, héritière d’une culture qui a façonné le siècle dernier, mise en exergue par la technologie du 21ème siècle, exprimée dans l’intemporalité naturellement humaine de son essence.

François L. Speranza.

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                                                     Une publication
                                                              Arts
 
12272797098?profile=original                                                              Lettres

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable.

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Photo de l'exposition consacrée à Max Parisot à l'ESPACE ART GALLERY

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VOUS AVEZ DIT...MINGQI

Et suivre les fastes de la cour du Premier Empereur de Chine, il y a 15 siècles

Suivre alors dans le jardin parfumé du petit Musée des Arts Asiatiques de Toulon , retrouver le doux sourire de la joueuse de cithare , les Belles Dames de la cour  au port élégant les guerriers farouches et le  le molosse  gardien des tombes Ces merveilleuses figurines ont traversé le temps  , elles accompagnaient les Seigneurs vers l'éternité au galop  de leurs chevaux mongols qui chevauchaient les nuages (Ming qi signifie objet brillant brillant d'une lumière spirituelle )

Voir mon blog personnel  ARLETTEART blog spot  pour plus de détails

Visite enchanteresse qui ouvre l'Histoire d'une autre façon sous l'égide de Fréderic Pédron son distingué directeur

12273320482?profile=original12273320867?profile=original12273320499?profile=originalLaque d'or dans le hall peinture de N' guyen Van Minh  ( 2010)

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