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dejà l'hiver !

Il pleut,
le ciel enveloppe le soleil,
de son linceul clair,
mes yeux s'en émerveillent,
je vous revois ma mère,
il pleut encore,
la terre pense à la mer,
à ses vagues couleur vermeil,
aux îles solitaires,
où presque tout déjà sommeille,
Il vente,
la mer malmène les bateaux,
de ses déferlantes vertigineuses,
ici et là s'abritent les matelots,
alors que vocalise l'aurore majestueuse.
Il neige,
les roses pourpres de mon jardin
pâlissent et peu à peu s'alourdissent,
se taisent immaculés l'orme et le grand pin,
quand le rosier et l'aubépine en un soir défleurissent
C'est l'hiver en ce début d'automne !
NINA
 
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Sentinelle figée

12273316670?profile=original Photo M. L.

Sentinelle figée

Surréelle, étrangement belle, une cheminé de fée
Suspendue entre terre et ciel, cette demoiselle coiffée
Défie les hommes, la pesanteur, la forêt qui l’enserre
Sceptre dressé, dans sa cheire cachée, lovée, solitaire
Equilibriste, elle retient son chapeau, fière
Face au vent, aux eaux de ruissellement
Statufiée tel le commandeur, elle résiste noblement
Figure de pierre hautaine et désespérée
Elle attend patiemment que le temps s’écoule à son pied
Pour un dernier festin, golem déboulonné.

Michel Lansardière

Cheire : ancienne coulée de lave.
Golem : colosse de glaise (aux pieds d’argile, forcément) dénué de libre arbitre.

12273316864?profile=originalCheminée de fée, Cotteuges, Puy-de-Dôme (Photo M. L.)
Lent phénomène d’érosion…
Inexorablement s’en retourne à la mer.

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Oui, j’ose l’écrire, « Bleu Pyrène » s’est invité comme le ferait un amour foudroyant, un rendez-vous offert par une œuvre qui mériterait peut-être le titre d’œuvre majeure.  Est-ce en raison d’une histoire qui nous porte vers l’originalité ?  Est-ce pour la qualité de narration ?  Les mots se bousculent et peinent à exprimer les fondements d’un coup de foudre pour un ouvrage d’une rare qualité narrative.      

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La couverture n’a rien d’ostentatoire, au contraire, d’une agréable sobriété, elle semble posée sur l’ouvrage comme le serait un gardien discret. Pas de couleur, juste un peu de gris étendu sur un blanc dominant. Cette tempérence invite le curieux à concentrer le regard sur une fenêtre chapeautée par une treille soigneusement taillée.

Cette discrétion ou cette réserve attire notre attention. Papier de qualité, un détail certes, mais un détail qui semble dire qu’ici le lecteur est respecté par moult détails exquis. Malgré notre curiosité, cette approche ne doit pas nous faire oublier que si le contenant nous invite à la découverte, le contenu ne peut démériter sous peine de discréditer la présentation choisie par l’éditeur.

Petit sourire en découvrant une citation de Sénèque : Tirons notre courage de notre désespoir même… Sourire ? Oui, j’imagine que Denise Déjean comprendra, je songeais à ces sommets gravis pour trouver porte close. C’est peut-être pour cette raison que l’on devient chroniqueur littéraire. Probablement, comme le serait la fièvre qui vous invite à continuer et continuer encore, à l’identique d’un chercheur d’or. Comme lui, nous sommes quelquefois perdus, souvent solitaires, réprouvés parfois, inlassablement à l’affut d’une pépite qui se dévoilerait un jour. Et c’est souvent le cas, comme ça, sans s’être annoncée, au moment précis des inévitables remises en question. Étrange statut social, impossible à définir, basé sur le bénévolat et qui porte la responsabilité de commenter le plaisir de lecture en fonction de ses goûts, de ses combats de vie, de ses sautes d’humeur et faut-il l’avouer, de lassitude lorsque l’intérêt ne trouve rien d’intéressant pour assouvir sa curiosité.

Je vous confiais que c’est peut-être pour cette raison que l’on accepte d’être au service d’une passion. En refermant     « Bleu Pyréne » que nous offre Denise Déjean, je découvre l’horizon qui me pousse à continuer ma quête. « Bleu Pyrène » est un petit bijou. Le texte est joliment construit. Il semble façonné en dialecte précis, jamais précipité, juste l’harmonie des mots soigneusement posés sans tomber dans la facilité des banalités.

« Qui était cette femme, si belle, aux foulards vaporeux ? » On pourrait résumer l’ouvrage par cette simple accroche, mais ce serait léger. « Bleu Pyrène » est un condensé de femmes. Oui, je sais, l’expression est osée et pourtant… Ce récit, semble offrir sans avoir l’air d’y toucher, les clefs de la féminité. Femme, sa force et ses faiblesses, ses combats et ses détresses. Femme enfant, femme qui grandit, assoiffée de liberté, confrontée aux normes de société, à ses désirs, ses révoltes, son féminisme pas si féminin que cela puisqu’en y regardant de près, on remarque qu’Adam et Ève portent chacun de son côté les cicatrices oubliées par des siècles empoussiérés. On prétend que la femme est fragile, je n’en suis pas certain… Discréditée parfois, rabaissée quelquefois, battue ou dominée elle n’en reste pas moins l’indispensable maillon de vie sans qui rien ne serait possible. Honte à celui qui porte la main sur elle, honte à celui qui blesse par ses paroles. Mais vous l’aurez compris, voici que je m’égare… « Bleu Pyrène » est un récit précieux. Il ouvre nos regards sur un vocabulaire richement construit. Un ouvrage certes, un roman certainement et par-dessus tout, un régal pour le lecteur. Attention, en découvrant cette œuvre vous serez surtout surpris par la densité des sujets abordés. L’air de rien, en simple effleurement, l’auteure dévoile des silences sociétaux. Inutile d’en rajouter, vous l’aurez compris, « Bleu Pyrène » est un petit chef d’œuvre à lire sans modération.

Philippe De Riemaecker

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L'AUTOMNE DES CORPS

Everest sous mes doigts perdus,

peau lumineuse et blanche,

baisers en avalanche, crus,

nudité infinie, sur laquelle je me penche,

l'un et l'autre reclus, dans cette

pièce à l'aube d'un dimanche.

Mots de nos lèvres retenus,

gestuelle chorégraphique, magnifique,

nos corps désarmés, en silence s'apprennent,

nudité absolue, contre laquelle je vole,

l'un et l'autre vois tu, dans ce matin

qui sonne, s'abandonnent  et se donnent.

C'est l'automne des corps !

NINA

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EPICURE...

Si le temps court trop vite

Et qu'on oublie de vivre

Que les soucis s'invitent

Jusqu'à nous rendre ivre...

Où est passée la rage

Et les âmes rebelles?

Le monde est bien trop sage

Pour que la vie soit belle!

Sommes-nous devenus moutons

Qui courent vers la falaise?

La manipulation

C'est là qu'est le malaise!

Alors ouvrir les yeux

Flirter avec l'espoir

Et se sentir heureux

De ne plus vouloir croire!

Transcender les secondes

Et en faire des joyaux

Et que tourne le monde

Enfin devenu beau!

S'il nous faudra mourir

Que se soit donc repus

Surfant sur le souvenir

De bons moments vécus!

J.G.

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JOIE !

Je règne sur votre peau un peu comme ;

le ciel sur le monde,

la terre sous mes pas,

un baiser sur des lèvres,

l'enneigement en hiver,

la musique dans les arbres,

la clarté dans l'enfance,

l'océan sur le sable.

Je suis pleine de vous un peu comme ;

une main lovée dans une autre,

une lumière dans une nuit légère,

l'enfance dans les bras d'une mère,

une mère attendant un enfant,

les rires dans la joie,

les sanglots dans la peine,

dans un désir la fièvre.

Je suis proche de vous, un peu comme ;

le soleil du ciel,

l'étoile de la mer,

l'ondée du mois de mars,

le rêve de l'Amérique,

le comique du tragique,

la naissance de la mort,

le fleuve de la mer,

Vous et moi, sommes tout cela à la fois.

Joie !

NINA

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Le Réalisme Fantastique

Le réalisme fantastique est un mouvement de contreculture des années 1960, relayé par la revue Planète. Il se présente comme un courant de pensée et de recherche à vocation scientifique, ayant pour objet l'étude de domaines considérés comme exclus à tort par la science officielle : phénomènes paranormaux, alchimie, civilisations disparues, OVNI, etc. Ses adeptes estiment parfois que le cerveau humain disposerait de pouvoirs sous-exploités, et que l'humanité a peut-être établi des contacts avec des extra-terrestres, notamment sous d'anciennes civilisations disparues.

Un courant de pensée

L'acte fondateur du réalisme fantastique fut le livre de Jacques Bergier et Louis Pauwels intitulé Le Matin des magiciens, publié en octobre 1959. C'est dans la préface de cet ouvrage qu'en apparaît le nom[1]. À l'origine de ce courant, l'ingénieur chimiste et écrivain doté d'une grande culture Jacques Bergier se posait en héritier intellectuel de Charles Hoy Fort, qui avait entrepris de recenser et d'expliquer divers phénomènes inexpliqués, et dont il a préfacé l'édition française du Livre des damnés. Bergier réussit à gagner à sa cause le journaliste Louis Pauwels (futur directeur du Figaro Magazine), qu'il a rencontré en 1954 et qui venait de publier un livre consacré au penseur ésotérique Georges Gurdjieff.

Dans leur ouvrage fondateur, Pauwels et Bergier soulignaient d'ailleurs que le terme « fantastique » devait être compris avec une autre définition : « On définit généralement le fantastique comme une violation des lois naturelles, comme l’apparition de l’impossible. Pour nous, ce n’est pas cela du tout. Le fantastique est une manifestation des lois naturelles, un effet du contact avec la réalité quand celle-ci est perçue directement et non pas filtrée par le voile du sommeil intellectuel, par les habitudes, les préjugés, les conformismes. »[4]

La revue Planète

Article détaillé : Planète (revue).

Le succès inattendu et rapide du Matin des magiciens[5] incita ses auteurs à créer en mars 1961 une revue consacrée entièrement au réalisme fantastique : la revue Planète, qui dépassera les 100 000 exemplaires par numéro.

La publication de cette revue va créer l'environnement favorable à l'émergence d'un mouvement culturel regroupant d'autres auteurs et des artistes comme Pierre Clayette, Monasterio, Triffez, Jean Gourmelin et Claude Verlinde. D'autres peintres sont revendiqués par les tenants du réalisme fantastique, comme Carel Willink[6] ou Escher[7].

La revue Planète met par ailleurs en avant plusieurs artistes qu'elle assimile au mouvement du réalisme fantastique, comme Soulages et Pierre-Yves Trémois ainsi que des photographes comme Édouard Boubat ou Lucien Clergue. En mai 1964, le peintre Mathieu publie dans la revue un article intitulé « Je vous rejoins ». En 1973, les éditions OPTA publient un livre d’art consacré aux peintres du réalisme fantastique[8] et en 1980, Jean-Louis M. Monod fait paraître Du surréel au fantastique - 13 peintres européens contemporains[9], un recueil de textes sur ces artistes, publiés auparavant dans Brès, l'édition néerlandaise de Planète entre 1973 et 1980.

Pierre Clayette (Paris, 24 mars 1930 - Colombes, 18 décembre 2005) est un peintre, lithographe, illustrateur et scénographe  «  Un peintre du rêve éveillé »

La collaboration de Pierre Clayette à la revue Planète, autant que les formes de sa peinture, ont conduit à l'associer au mouvement du Réalisme fantastique[2]. Toutefois, comme plusieurs artistes qui ont à un moment de leur carrière été associés au mouvement, la production picturale de Clayette ne s’est pas arrêtée aux thèmes propres au Réalisme fantastique. Même si l’insolite est une constante de son œuvre, celle-ci puise ses références dans de nombreux courants artistiques (Romantisme, Baroque, Symbolisme…).

Jean Gourmelin, né le 23 novembre 1920 à Paris et mort à Meudon le 9 octobre 2011 (à 90 ans)[1], est un dessinateur de l'idée, de l'absurde et du fantastique, évoquant un univers personnel unique et fort, d'influence surréaliste.

Claude Verlinde est un artiste français, né le 24 juin 1927, de parents flamands. Plus proche de la Renaissance, il cherche avant tout le lyrisme et la liberté d’expression. Il est très influencé par Jérôme Bosch, Cranach, Francisco Goya, James Ensor...

 

Maurits Cornelis Escher (17 juin 1898 - 27 mars 1972) est un artiste néerlandais, connu pour ses gravures sur bois, lithographies et mezzotintos, qui représentent des constructions impossibles, l'exploration de l'infini, et des combinaisons de motifs qui se transforment graduellement en des formes totalement différentes. Il aimait dire à ses admirateurs : « Tout cela n'est rien comparé à ce que je vois dans ma tête ! ».

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administrateur théâtres

Alexis et Edmond, un monde de connivences…

Nous voici à Paris, en décembre 1875,  à l’époque où une grandiloquente Sarah Bernhardt déclame « La Princesse Lointaine » au Théâtre de la Renaissance. L’ennui est prodigieux. Edmond Rostand n’a pas le sou, deux jeunes enfants à nourrir et une fidèle épouse sage comme une image. Ses pièces sont une suite de fours sans précédent. Tout le monde court ventre à terre voir du Labiche ou du Feydeau. Les messieurs, en passant par la case des « Belles Poules ». Question d’époque ?


N’est pas Poquelin qui veut! Coquelin, nouveau directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin a déserté  la Comédie-Française, pour se mettre à son compte en toute liberté, mais il est pourchassé par les huissiers. Premier clin d’œil autobiographique d’Alexis Michalik qui a fui le Conservatoire, dit-il, pour devenir freelance ?  Sauf que les  opus De Michalik ont fait immédiatement  pleuvoir sur lui  tous les Molières et nous ont portés au plus fort de la jouissance théâtrale. Comme ce fabuleux « Porteur d’histoire » l’an dernier joué au Public et à l’Atelier Jean Vilar.

Michalik a  donc flashé sur Cyrano de Bergerac et se lance dans une amplification théâtrale foisonnante et  savoureuse autour de son auteur, Edmond Rostand. Michalik fait flèche de tout bois dans de innombrables tableaux surprenants entourant la genèse de la pièce.  A la fois souffrance et exultation, rien ne sort de la plume sans urgence, c’est le propre de la création… Le tout  se trouve  émaillé de substantifique moelle, celle des extraits les plus  chavirants ou les plus drôles de la pièce de Rostand. Entre pastiche et vérité, il y a le rêve de la création littéraire et des tonnes de références culturelles incongrues.


Côté pastiche, on est servi ! Une vraie salade russe. La belle Roxane aux boucles blondes  est jouée par une actrice prétentieuse que l’on croirait sortie des contes de Perrault. Elle est affublée de deux producteurs corses  glauques qui  en sont entichés au point de servir de papas gâteau a son jeune fils adoré, François.  Au passage, on rencontre Tchekhov  qui fréquente  le poulailler rose qu’ils entretiennent: « Les Belles Poules ». Tchékov a soit-disant l’accord de sa femme car il  prétend qu’il va mourir sous peu! …Maintenant ou plus tard, de toute façon on va mourir un jour ! Les deux Georges, Georges Feydeau  et Georges Courteline  se prennent pour  Dupont et Dupond. Un certain Maurice  offre un  « boléro » pour la première… L’âme du « Dindon » se coince dans les claquements de portes.  Gallégeades théâtrales  ( champagne ou verveine ? ) persillée de joyeusetés telle  le patron noir du café, Honoré, bien sûr,  qui remet à sa place un fâcheux qui l’a traité de « nègre ». L’occasion de déclamer  sur tous les tons… la magnifique tirade du nez!  Voilà  quelques exemples  pétillants des  chapelets de connotations littéraires et malicieuses.

Au dos du décors et au plus profond de l’action il reste …l’éternel panache, cette note bleue qui chante  la hauteur des sentiments pour tout ce qui est muse ou idéal féminin,  versus l’usure domestique de l’amour quotidien. Mais par-dessus tout, voici une vibrante ode à  l’Esprit frappeur. Entre tous, l’Art théâtral, est le couronnement et le fondement de l’art vivant, loin des écrans de tout poil et autres «  réalités »   virtuelles. Le lieu par excellence de l’enthousiasme, comme le définit Madame de Staël. A bon entendeur, Salut !


La distribution impeccable rassemble une élite de la scène belge. Douze comédiens en goguette pour incarner pas moins de 38 personnages… De très connus :  Maxime Anselin, la très joviale Perrine Delers, Inès Dubuisson, l’incomparable Itsik Elbaz, l’illustre Antoine Guillaume. Mais aussi: Tristan Schotte ( Edmond Rostand) , la délicieuse  Elsa Tarlton  (Jeanne et Rosine), Rézal Siellez, Sandrine Laroche, Mwanza Gautier ( inénarrable Monsieur Honoré) et David Dumont. Le tout sous l’aimable regard de Michel Kacenelenbogen, dans sa mise en scène virevoltante. Et un  beau nombre de rappels enthousiastes. Presque comme au soir de la Première… le 28 décembre 1897.

Dominique-Hélène Lemaire    pour Arts et Lettres

Au théâtre le Public

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« EDMOND », la pièce aux 5 Molières d’Alexis Michalik, Comédie héroïque

Texte et direction artistique : Alexis Michalik.
Mise en scène : Michel Kacenelenbogen. Avec : Tristan Schotte (Edmond Rostand), Maxime Anselin (Jean Coquelin), Perrine Delers (Maria Legaut), Inès Dubuisson (Rosemonde Rostand), David Dumont (Léo Volny et le passant), Itsik Elbaz (Constant Coquelin), Mwanza Goutier (Monsieur Honoré), Antoine Guillaume (Georges Feydeau), Sandrine Laroche (Sarah Bernhardt), Réal Siellez (Marcel Floury), Elsa Tarlton (Jeanne), François-Michel van der Rest (Ange Floury).

DU 05/09/19 AU 30/11/19

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administrateur théâtres

Musica vita est … La raison des sortilèges musicaux

– Causerie musicale –

Avec Jean-Yves Clément entretenant brillamment l’entretien, voici le duo improbable de Michel Onfray le Normand et la vierviétoise Eliane Reyes, pianiste émérite, nommée récemment chevalier de l’Ordre des Arts et de Lettres en pays de douce France. Mais  le lieu, dites-vous ?  Cela se passait au cœur d’une abbaye,  une des plus anciennes fondations monastiques de Belgique qui abrite le Musée Guillaume Apollinaire : Labbaye de Stavelot qui date du VIIe siècle.

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 La causerie  émaillée de moments musicaux intenses sous les doigts de la fée Eliane a lieu dans le réfectoire des moines , dans une atmosphère d’abbaye de Thélème. Michel Onfray, fondateur de l’Université Populaire  rêve d’une une communauté philosophique construite sur l’amitié et dans laquelle les adhérents s’engagent à construire leur existence comme une œuvre d’art…


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Pour Michel Onfray, la Musique commence à émouvoir le futur enfant, dès la vie intra-utérine. Il évoque les bruits organisés ou non, «  engrammés »  dans le système nerveux de l’enfant, dont il restera à l’évidence nombre de traces mémorielles… La musique naît donc avec la vie. La nature est le monde sonore par excellence et J.S. Bach, plus que tout autre compositeur, a su, dans sa musique superbement  organisée, capter la vibration du cosmos. Donner une sorte de cartographie du ciel. On comprend que Michel Onfray, bien que se réclamant de l’athéisme, ne rejette pas la transcendance. Il parle de l’immanence de la musique où se mêlent étroitement le matériel et l’immatériel pour créer une sculpture artistique du Monde sonore. Il souligne aussi l’inévitable interaction des pulsions physiologiques qui scandent l’écriture musicale du compositeur et qui influent forcément sur l’état physiologique de l’auditeur. Il y a le savoir-faire de l’interprète qui, ce soir d’exception, a joué « Jesu bleibet meine Freude » de façon bouleversante. Le tempérament d’Eliane Reyes, revisite le célèbre morceau de Bach dans une interprétation veloutée, voluptueuse, sensuelle, comme  vivifiée  par le romantisme, et la féminité.  Son  jeu nous revient au visage, comme une signature musicale. Musica vita est.

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Il apparaît que plus on se met à l’écoute du monde avec bienveillance, plus on le questionne, plus on devient philosophe. Plus on se nourrit de musique. Ah le mythe d’Orphée et le lien de Platon avec la musique! Ce qui est sûr c’est que la musique ne fait pas bon ménage avec le Diable. Entendez par là, la soif de pouvoir, le rêve de puissance, l’orgueil, la jalousie, la cupidité. Dans la valse de Chopin interprétée ensuite par Eliane, Michel Onfray a entrevu, une sorte de moment de suspension, « une levée»,  précise Eliane, qui préside à l’intuition philosophique. Ici, on peut entendre la vivante hypothèse   de « l’éternel retour »  point commun entre Nietzsche et le bouddhisme. « Une invagination du temps ».

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Michel Onfray se réfère au philosophe Schopenhauer pour qui « La musique traduit, dans sa libre explosion du sein de la conscience humaine, tous les mouvements du vouloir vivre qui anime l’univers. Elle est la langue universelle, aussi claire que l’intuition elle-même ; et pourtant, grâce à ce qu’elle touche de si près à l’essence des choses, elle a en elle on ne sait quoi d’ineffable et de mystérieux. « Elle passe à côté de nous comme un paradis familier, quoique éternellement lointain, à la fois parfaitement intelligible et tout à fait inexplicable, parce qu’elle nous révèle tous les mouvements les plus intimes de notre être, mais dépouillés de la réalité qui les déforme » (Le monde comme volonté et comme représentation, Livre III, §52) »

On écoutera ensuite la transcription  de « La mort d’Isolde » de Wagner  par Liszt, les yeux absolument fermés. Les trémolos de douleur sont soulignés par des accords légers des arpèges qui ressuscitent la vie. On sent son cœur battre plus fort dans le crescendo des sonorités qui  semble étreindre un inaccessible infini. Du désespoir sans fond, émerge le souffle lumineux.


Le chapitre suivant traite du romantisme, où la petitesse de l’homme disparaît dans le spectacle sublime de la nature, et s’éteint face à la toute-puissance de la Mort. Mais voici « le Dieu fluvial riant de l’eau qui le chatouille  » dans les Jeux d’eau de Ravel. Eliane Reyes envoie dans son interprétation de Ravel une musique apollinienne, hédoniste, composée de salves de scintillements sonores dans un temps suspendu. Pour Onfray, L’embarquement pour Cythère de Debussy doit verser dans le cérébral, l’abstraction, l’éthéré… Oh que non se rebiffe la pianiste ! Eliane propose pour l’île joyeuse, un jeu sensuel, dionysiaque, liquide, concret où naissent les morsures du désir, les plages inaccessibles, les criques secrètes du plaisir pour le yin et la souffrance, résilience, et danse de feu pour le yang. Eliane Reyes has it all. Le dandy Onfray, a théorisé – avec l’humour qu’on lui connait -, la musicienne Eliane a joué. Le public s’est exalté. La soirée est inoubliable et signe la foi du philosophe en la bienveillance universelle et la musique qui l’accompagne. Après la belle interprétation du bis, la gymnopédie de Satie, aux couleurs de l’été indien enveloppé d’un sourire de madone, on remercie l’organisateur de la rencontre, Virgile Gauthier.

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Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres

Michel Onfray à l’Abbaye de Stavelot – le vendredi 13 septembre 2019 à 20h

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Il vient

Il vient
sur la pointe des pieds
me touche
de son aile
de grand oiseau endormi
Il est au bord
de la fenêtre
à la lisière des cils
presque silencieux
à peine un cri d’hirondelle
ce jour
qui va encore
me donner
à rêver
................................
Martine Rouhart

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1914


Je suis née le premier jour de la "première guerre ",

Mon berceau était secoué sur un vélo de fortune.
Les gens fuyaient, quittaient dans un tonnerre,
Sous des cieux rouges leur terre avec amertume ;
Des enfants couraient ébahis et sales
Derrière des matelas, des meubles de famille,
Embarqués sur des charrettes, en guenilles,
Pleurant et criant  " non " à l'horreur qui s'installe.

Je suis née ce jour là pensant que c'est une " fête "
Aux couleurs arc-en-ciel et pétards qui fusent,
Je pensais déjà dans ma petite tête
Qu'ici courir, pleurer, abandonner seraient mes muses ;
Ce fut ainsi pendant quelques années,
Je grandissais les yeux éberlués,
Et puis, sortie de ce cauchemar,
J'ai rêvé à des cours d'école, des poupées, des jeux de hasard,
Une vraie robe, un morceau de vrai pain,
Un savon pour laver les mains,
N'ayant surtout pas l'idée, la moindre venue m'effleurer
Qu'en coulisses la scène s'apprêtait à être rejouée.


Une maman parmi tant d'autres. Celle-ci née le 11 janvier 1914.

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Ce jour là...

Le jour où je partirai

Les oiseaux dans le matin

Exprimeront leur gaîté

Avec un si bel entrain!

Et si quelques larmes coulent

En hommage de l'instant

Ce n'est qu'la vie qui déroule

C'est juste la fuite du temps!

Si quelques part je vous guette

J'aimerai encore vous dire...

Peu importe les tempêtes

Offrez moi donc vos sourires...

La vie n'est que dérision!

Tant qu'l'amour au cœur perdure

Oubliez donc la raison

Le temps roule et rien ne dure...

J.G.

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SOLITUDE

Je vous ai fait don de mon amour,

vous de votre blanc silence,

sur lequel mes minuscules et majuscules

musicalement s'élancent, non sans audace

et insolence !

Je vous ai fait don de mon amour,

vous de votre absence blanche,

depuis laquelle grandit votre obsédante présence,

lait de mes mots, sans vous, retombés en 

enfance.

Terrible incomplétude !

Je vous ai fait don de mon amour,

vous de votre imperturbable sagesse, 

face à laquelle, mon intimité par le biais

de l'écriture, s'exprime, vous crie son

isolement !

Je vous ai fait don de ma vie tout entière !

NINA

f

a

!

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Imbus

A tous ces étriqués du cul

Ces auteurs inconnus

Qui se pensent parvenus

Qui, de leurs conneries, ces "M'as-tu vu?"

T'ont clouée au pilori

T'ont conduite à l'hôpital

T'ont mise à mal

A cause de qui tu as failli faire un geste fatal

Je déclare qu'ils sont incompétents

Très souvent navrants

Quoiqu'ils pensent inconvenants

Et bêtement pédants

Ils sont désolants

Ils se pensent savants

Mais ne sont que mendiants

D'une gloire qu'ils espèrent trop souvent

Ils ont tiré sur toi à bout portant

A toi de recoller les morceaux maintenant

La jalousie les ronge ,l’incompétence également

Laisse les là sur le banc

Il y a des combats

Que peu de gens connaissent

Ce n'est pourtant pas un prétexte

Pour te mettre à terre

Passe sur eux un coup de Tipp-Ex...

Pascale Marlier

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ATTENTE

Mon Cher Ami,

Je voudrais être à vous, comme la racine de l'arbre appartient à la terre entière,

le soleil de septembre à la limpidité du ciel, où maintes fleurs blanches constamment s'y étirent !

Savez-vous mon Cher Ami, que les fleurs s'ennuagent pour déserter la terre ?

N'attendez pas que mon cœur s'y résigne, en succombe !

Puissent mes lèvres un jour, voler sur les vôtres, ne serait-ce qu'un baiser  ?

NINA

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TRISTESSE

J'ai le sentiment d'avoir déjà tout écrit, tout puisé en moi pour vous.

Le soleil que vous êtes, par la terre que je suis, tout entier enlacé, caressé,

tatoué de baisers fous, me fait don de sa lumière !

A force d'enlacer, la terre que je suis, s'est brûlée presque vive, car le soleil

que vous êtes ne brille pas que pour elle !

J'ai le sentiment d'avoir déjà tout écrit, tout puisé en moi pour vous.

Je me saisis alors de mes crayons de couleurs, peu m'importe l'heure du

jour ou de la nuit, juste pour dessiner cet infini désir, ce langage silencieux.

Bien à vous.

NINA

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RÊVE

Le ciel dort encore, les avions, les étoiles y avancent tout en silence, la terre bruit à peine et mes pas

sur elle, font un bruit d'enfer !

Le jour est encore loin, c'est le seuil du matin, sa chambre noire aux obscures feuillages ; la clarté de vous en moi

accentue tout cela, je redeviens petite, entourée par des louves noires.

Quand la terre redeviendra t-elle bleue à l'instar du soleil ?

La vie n'est-elle pas au fond un rêve éveillé, un décor traversé ?

Tout cela existe-il réellement, ne s'agit-il pas de tout autre chose ? 

Mais qu'importe si cela me nourrit, me fait grandir et bien mieux me faire écrire et donc exister !

Mon Cher Ami, savez-vous que mon cœur ne cesse ne s'adresser au vôtre ?

NINA

  

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MUSIQUE ET LETTRES

 

Cette musique existe dans ma tête, dans mon corps, partout en moi, jamais elle ne 

m'abandonne. Depuis mon enfance, je ne l'ai jamais perdue, j'écoute vivre et grandir

chacune de ses notes, jusqu'à devenir ce mot qui comblera vos yeux, votre regard tout

entier, dès lors qu'il vous sera écrit !

Cette musique n'est-elle pas le jardin de mes mots, cette extraordinaire terre bleue encre ?

Ecrire en littérature, en poésie, n'est ce pas, sans le savoir, composer de la musique ?

Composer de la musique, n'est ce pas un peu, entrer en littérature ?

Je ne sais pas, mais bon je m'interroge.

NINA

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Cher Ami,

Savez-vous mon cher Ami, que mon cœur n'est qu’indiscipline lorsqu'il s'agit de vous ?

Indiscipline logée au sein de ce corps carcéral, s'interdisant de pénétrer le vôtre ; pourtant

ce désir et cette nécessité lui somment de faire preuve de désobéissance !

Sans doute craint-il de se voir dédaigné, ignoré, que le désir du vôtre puisse exister et

grandir juste pour quelqu'un d'autre ?

Savez-vous mon cher Ami, que mon corps rapetisse à mesure que mon cœur s'agrandit

et que ma peine violente toute seule dans le noir murmure ?

Puisse un jour mon corps se mélanger au vôtre , jusqu'à ce que nos peaux, nos gestes

enfantent un alphabet nouveau.

NINA

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