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Le pouvoir est illusoire
On croit qu'on peut, on n'est rien!
Une goutte d'eau qui va choir
Et il fait un temps de chien!
Puis vent emportera...
Jusqu'aux empreintes de nous
Quand nous ne serons plus là
Pour rêver à l'amour fou...
J.G.
Le Babel Art Septembre-Octobre est disponible.
Écrit par des artistes pour des artistes.
Vous y retrouverez notament le programme des "Rencontres Littéraires" à l'espace Art Gallery"..
Pour lire le Babel-Art, suivez le lien Babel-Art
Surprendre en donnant par l'adresse et l'inattention d'aujourd'hui, le moyen de saisir la circonstance et distinguer le vrai .
Merci Madame.
Michelle Decoster.
Merveilleux billets avec songes dans le vent et brume sur les chemins enchantés
Internet, toile gigantesque, gargantuesque même par certains aspects, faisant la part belle aux réseaux dits sociaux tels que facebook, twitter, linkedin,...Internet, du bon et du moins bon dans lequel on s'immerge parfois jusqu'à la dépendance, un monde en soi pour certains, l'apnée car dans les moments de connexion, l'entourage proche disparaît: on ne voit plus, on n'entend plus, on ne parle plus aux autres, c'est l'hyperconnectivité au détriment de la communication, la vraie, l'authentique. "Réseaux @sociaux?" était la thématique brûlante des Rencontres Littéraires du 27 août 2019, sur le devant trois auteurs qui n'ont pas eu peur du grand plongeon: Tania Neuman-Ova, Frank Andriat et Thierry-Marie Delaunois.
Après avoir écrit pendant des années des textes et poèmes sur les personnes qui croisaient son chemin et sur d'authentiques faits d'actualité, Tania Neuman-Ova, de Bruxelles, s'est tournée vers le roman et ce soir elle nous plonge dans "Miss Patchouli", son premier opus: la famille de Lilou et Richard est en pleine tourmente, Lilou se sent perdue et Alana vit sa crise d'adolescence. Rebelle, elle porte le surnom de Miss Patchouli. Perd-elle en fait tout contrôle? Le récit se déroule sur deux plans, les souvenirs et la situation actuelle, les situations tendues au rendez-vous, l'enfer des réseaux sociaux inéluctable, le harcèlement au passage ainsi que l'effacement de tout repère. Une rebelle en apnée?
Ecrivain belge connu pour ses ouvrages tels que La Remplaçante et Rue Josaphat, romancier et enseignant, tous ses écrits étant soit témoignage soit hommage à la vie, l'amour, les autres sans lesquels rien ne serait possible, Frank Andriat nous immerge dans "Je voudr@is que tu...": Salomé, treize ans, aime chatter avec ses copains et copines de tout et de rien; Internet, c'est la vie réelle, la porte ouverte sur le monde et sur les autres. Faisant la connaissance de Michaël, seize ans, beau et bronzé, elle ira de surprise en surprise. Ceux avec qui l'on chatte sont-ils en fait toujours ceux que l'on croit?
Auteur de onze publications dont sept romans, chroniqueur littéraire et collaborateur culturel, l'humain avant tout et la passion des dialogues au coeur, Thierry-Marie Delaunois nous présente quant à lui "Connectée": après avoir usé d'un gsm de seconde zone jusqu'à ses seize ans, l'hypersensible et relativement naïve Marie obtient enfin son premier smartphone et aussitôt plonge à la découverte de la toile mais ce n'est pas sans heurts et malheurs surtout après ce terrible coup du sort qu'elle subit... Sorte de roman-choral, l'ouvrage met aussi en scène sa mère Béatrice, Thomas, professeur de français, un fleuriste et sa famille ainsi qu'un énigmatique personnage vivant reclus. Un présumé terroriste?
Après une introduction de Gérard Adam digne de figurer dans les annales - il nous a brillamment dressé une brève évolution de l'écrit depuis l'apparition de l'imprimerie -, c'est Thierry-Marie Delaunois qui a ouvert le bal avec sa Marie qui, aux prises avec le Net, n'en mène pas large, l'auteur s'exprimant posément sur les affres existentielles et virtuelles de son héroïne; ensuite la Salomé de Frank Andriat est entrée dans la danse, si l'on veut, Salomé qui aime discuter, qui comme Marie ne peut ni anticiper ni prévoir tous les pièges, l'écrivain lui aussi très au fait des sueurs que peut générer le Net, ce monstre tentaculaire; enfin la Alana de Tania Neuman-Ova est venue compléter le tableau, elle également vivant des situations parfois bien pénibles narrées avec brio par l'autrice.
Arnaques, harcèlement, insultes, faux profils, traquenards, tentatives de séduction...se connecter en toute quiétude est-ce envisageable? Des témoignages sont tombés au cours de cette soirée très conviviale et très interactive, venant de tous parts: côté auteurs, côté animateur, côté public. Ah ces réseaux sociaux, quand vous nous tenez...
Thierry-Marie Delaunois, auteur, chroniqueur, le 28 août 2019.
Ces chancellements
qui m’ont vu grandir
je les prenais
pour des heures perdues
des fleurs de regret
Maintenant je suis
comme l’eau des rivières
grossies par les pluies
je poursuis ma route
sans suspendre le pas
un chemin solitaire
dans la chaleur diffuse
de quelques autres
Que de temps il faut
pour comprendre qui on est
........................................
Martine Rouhart
Qui suis je
Je coule comme un long fleuve tranquille
Je tourne comme la mayonnaise
J'efface les faits en les oubliant
On se laisse pardonner grâce à moi
Je vais et je viens comme dans la chanson
Je passe dans les salles des pas perdus
Je peux troubler la conscience
Je peux rester suspendu à la langue
Je pense que parfois je pourrais faire une pause
D'ailleurs qui vous dit que je n'en fait pas
Mais le plus souvent on dit de moi que je file ou que je m'enfuis
Car oui JE SUIS LE TEMPS
Bonjour a vous tous .
Je reviens d'un très long périple artistique en France . Je ne manquerai pas de revenir plus souvent vous saluez .
Avec mes amitiés a tous
André Jongen
J'ai envie de coucher ces mots fous
Que l'on ne dit plus...
Qui disent tout!
Je t'aime, tu es ma vie...
Mon tout, mon moi...
Ma merveille, ma splendeur
Ma douceur... mon tourment
Mon désir infini...
Mon somptueux mirage!
Mon remord bien aimé,
Mon amant passionné...
Ma volupté, ma conscience
Ma prescience, ma continuité
Mon éternité, ma fulgurance!
Ma nuit étoilée...
Ma tempête indomptée!
Ma cuisante langueur
Ma subtile saveur
Mon immense désespérance...
Mon seul bonheur!
J.G.
La première lumière, née dans la nuit des temps,
N'eut ni mère ni père... Seul un lit de hasard
Duveté de ténèbres, dans un point quelque part
Suspendu dans le vide de l'univers latent.
Un rien d'une mi-seconde a largement suffi,
Et l'infini cosmos dût se casser en deux;
S'arrachèrent aux ombres les rayons lumineux,
En laissant derrière leurs moitiés assombries.
Et depuis, l'étincelle, blottie dans les esprits,
Dégoulina sur nous des gouttes de génie;
Le monde s'illumina d'étonnantes découvertes...
Le feu en fit partie; ce fût à l’âge de pierre.
Semant la bonne graine dans des terres désertes,
Edison inventa la troisième lumière.
Antonia Iliescu
Partout elle se faufile,
Et jamais ne se défile;
Le jour, elle fend la ville,
Traverse contrées et îles
Tapant toujours dans le mille!
Elle n'a pas vraiment d'heure,
Déclenche parfois le leurre,
Entre comme dans du beurre,
De jour se montre majeure,
De nuit la joue mineure!
Présente en toutes saisons,
Se frottant à notre raison,
Nous faisant quitter la maison,
Elle éveille les frondaisons;
Face à elle, nous nous taisons!
Et tout au long de l'année,
Elle nous est telle une fée,
A travers toutes contrées,
Faisant germer les pensées
Et nos plus belles idées!
La lumière...
Quel rapport entre ces deux là? pensez vous. Nooon, je ne l’ai pas vu dans le train. A ma connaissance, il ne l’a jamais pris. Pas à Paris. A mon avis, si c’était le cas, j’aurai provoqué un incident diplomatique franco-sénégalo-martinico-égyptien. C’est vous dire l’ampleur de mon statut de fan pour cet écrivain. Je vous décris la scène, Naguib Mahfouz essayant de semer une fan échevelée et presque aphone tellement elle hurle son nom « Naguiiiiiiibbbb« !!! Tout ça pour lui dire d’une voix aphone combien elle adooore ses livres. Tout ça dans un anglais rendu approximatif par l’émotion et s’évanouir à ses pieds. Comme une diva, bien sûr.
Ce n’est pas non plus le titre d’un roman. Quoique. Là, je rêve. J’aurai pu gagner le Pulitzer du meilleur écrivain inventeur de scènes psychédéliques. Pas de problème, je prends, du moment que c’est un Pulitzer. Même s’il est en papier mâché ou en glace à moitié fondue. Hum, je crois que je m’éloigne du sujet. Je m’en vais vous raconter l’histoire. Prenez une bonne boisson chaude ou qui réchauffe jusqu’aux cheveux, à la première gorgée. Enroulez-vous dans une couverture bien chaude, et….Let’s go! Oui, je parle anglais. Comme une brebis sénégalaise. Comme un colibri antillais. Comme une française.
Nous y voilà! Imaginez une presque vieille aide-soignante, à sa troisième nuit de douze heures, assise dans un train de Banlieue poussif. Cette aide-soignante, si vous ne l’avez pas deviné, c’est moi! Je sais trop de suspens…. Je vous assure qu’après trois nuits, la seule envie que l’on a c’est arriver rapidement chez soi, prendre un bain et se jeter sur son lit et ne plus bouger. Les anciens collègues ne me contrediront pas.
En attendant, l’urgence pour moi était de garder les yeux ouverts jusqu’à ma gare. Bataille que je savais perdue d’avance si je n’avais pas un livre. Fébrilement, je fouillais dans mon sac à la recherche du livre qui hurlera « vade retro satanas » à Morphée. Je sortis « l’amante du pharaon« . Je piquais du nez dedans au moment où le train s’ébranlait. je m’évadais. Oubliés malades, médecins, bips de machines, longs couloirs parcourus des milliers de fois. Les nerfs se relâchent en compagnie de mon écrivain.
Me voilà partie dans la ville cairote, dans les tribulations d’un trio amoureux épique. D’un coup, je me retrouve face à cinq, six personnes qui se coupent la parole, me désignent du doigt et parlent en arabe en répétant à plusieurs reprises « Naguib Mahfouz« . Pour une fois, c’est même pas moi qui l’ai dit . Alors… La surprise passée, et, je pense, vue ma tête d’ahurie qui essaie de comprendre, l’une des femmes calme hommes et enfants, et se met à me parler rapidement en arabe. J’essaie comme je peux de ravaler le fou rire qui me secoue silencieusement. En vain. Nous nous retrouvons tous embarqués dans ce langage universel. Celui du rire. Ils s’asseyent en face de moi et, tout comme moi, essaient de retrouver leur souffle, les larmes aux yeux. Tout le monde nous regardait. Cela nous importait peu.
Peu à peu, nous avons repris nos esprits. Pendant ce temps mon train se rapprochait de ma gare. Inéluctablement. La seule chose que je pus dire entre deux hoquets est « Let’s speak English, please« . La réponse fut « Ah, vous ne parlez pas français?« . Nouvelle crise de rires. Ces merveilleuses personnes ont, sans le savoir, illuminé ma journée. J’avais passé douze heures dans un service de réanimation où nous avions tenté, vainement, de tenir en vie une personne qui n’en avait pas la force. Le genre de nuit qu’on n’aime pas du tout. Où l’on attend d’être chez soi pour verser des torrents de larmes et éclater en sanglots. Le deuil appartient aux familles, pas aux soignants.
Ces anges ont effacé cette nuit dès le premier éclat de rire. Ils m’ont parlé de leur héros national. Ils en étaient fiers. Cela se voyait dans leurs yeux brillants, leurs sourires éclatants et les mots choisis tels que « Monsieur Mahfouz« . Eux, égyptiens, vivant en France et partant très souvent en vacances dans leur pays m’ont parlé de leur écrivain national. Ils sont allés le rencontrer dans son café préféré. A leur grande surprise, m’ont-ils dit, ils ont rencontré un homme discret, presque timide, qui ne comprenait pas leur engouement pour ses romans. Il s’était presque excusé de leur avoir fait plaisir, de leur avoir donné du bonheur. « Vous savez, m’ont-ils dit, nous nous excusons de vous avoir fait peur, mais nous pensions qu’il n’était connu que dans le monde Arabe. C’est un grand honneur que vous nous faites en le lisant ».
Je les ai rassuré car je n’avais pas eu peur et que j’étais honorée qu’ils aient partagé cette anecdote avec moi . Je me demandais tout simplement comment leur expliquer que je ne parlais pas l’arabe. A leur grande surprise, je leur déclarais que j’étais tombée dans la marmite de cet écrivain dès mes quinze ans, dans un pays aussi chaud que le leur. Nous nous sommes quittés dans de grandes effusions car j’arrivais à destination. Sur le quai, je me rendis compte que j’avais oublié de leur demander leur nom. Trop tard. Le train emportait ces merveilleuses personnes ainsi que leur belle histoire vers leur destinée, tandis qu’un sourire béat aux lèvres et mon roman toujours à la main, je me rendais vers l’arrêt du bus.
Seul avec la lune
on s’use les yeux
et le cœur
à tenter de comprendre
ce reflet de lumière
ce miroir des pensées
un nuage passe
l’efface
ou c’est le jour
qui nous apaise
...........................
Martine Rouhart
Vide comme la bouteille au lendemain de la fête
Comme la corbeille versée au matin des poubelles...
Comme la vie qui s'étiole et nous laisse tout bête
Oubliant un instant notre âme de rebelle!
L'été court vers sa fin et nos ambigüités...
Soleil ou bien la pluie, s'embrouillent les envies...
Monte le sentiment de la finalité
Si le diable s'amuse, se perd aussi la vie!
Alors, vidons bouteilles et froissons les papiers
Les souvenirs s'entassent au fond de nos poubelles...
A quoi peut-il servir de rester en dernier
Pour être loin de toi lorsque le jour s'éveille?
J.G.
Un moment d'éternité
Que j'aime apprécier
Sur le sable doré
M'effleurant les pieds
Quand l'étreinte de Râ
Descend à petits pas
S'étendre flamboyant
Vers la nuit qui l'attend
Signant le ciel orangé
De rubans effilés
Qui se diluent en reflet
Dans une mer apaisée
Étonnante sérénité
Que ce coucher de soleil
Qui d'un coup de pinceau
Libère mon cerveau
De tous ses fardeaux
Aux trémolos des vagues
D'un rêve paradisiaque
-Ø-
LD © Elea Laureen
Support ; Photo Pixabay signée Marijana1
De retour de vacances, un manque cruel se fait sentir...on est belge ou on ne l'est pas, mais il y a plus que cela.
Le chocolat Côte d'Or, c'est mon enfance, mes parents, le petit déjeuner sur la table de la cuisine avec le vrai pain du vrai boulanger, le lait de la ferme en face, le bon beurre bien jaune, l'odeur du chocolat fondu sur la taque de la cuisinière à charbon, ma mère en tablier, on n'était pas riche, mais on était heureux, et ce chocolat, c'était notre luxe à nous.
Et chaque bouchée, encore, me le rappelle....
Et si tout a changé, que la mondialisation est passée par là, que le charbon a disparu, ainsi que le vrai lait et le vrai pain, que mon enfance s'est envolée, les jours heureux sont à jamais gravés dans ma mémoire. Ils ont fait de moi ce que je suis, et ce que j'ai transmis à mes enfants, le lien du chocolat en fait partie et ils se souviennent tout comme moi de ces saveurs de l'enfance chez leurs grands-parents.
Nostalgie, quand tu nous tiens...
Douceur, chaleur, moiteur...
Le décompte de l'été...
Et cette rage au cœur
De vouloir profiter!
Dans le jardin paisible
Où pépient les oiseaux
Quelques souvenirs audibles
A l'ombre des arbrisseaux
Chercher, penser, rêver...
Poursuivre encore un peu
et se sentir bercé
Dans des bras amoureux...
Au fond de l'âme en peine
Une lueur d'espoir
Vers la vie nous entraine...
S'il suffisait d'y croire!
La terre, la mer ou l'air?
Qu'importe l'élément...
Au diable les mystères
Danser avec le temps!
J.G.