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196 Résidences artistiques en France

Dans le cadre de ses missions de soutien à la création et d’information en direction des professionnels, le Centre national des arts plastiques publie 196 résidences en France, un guide pratique consacré aux résidences proposées aux artistes, aux commissaires d’exposition, aux critiques, aux théoriciens et aux historiens d’art. Il est publié dans la collection du CNAP intitulée « guides de l’art contemporain » et destinée à l’ensemble des acteurs de son domaine de compétence.

En réponse aux nombreuses demandes de renseignements sur les dispositifs de résidence, le Centre national des arts plastiques met ainsi à la disposition des professionnels un outil facile d’accès et d’usage.

L’édition papier est diffusée gratuitement dans tout le réseau de l’art contemporain en France et la version téléchargeable est disponible ci-dessous.
196 résidences en France
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Dans « Tel quel » (1941), Paul Valéry a rassemblé des fragments de journal intime, déjà publiés dans plusieurs plaquettes: tome I: "Choses tues" (1930), "Moralités" (1932), "Cahier B 1910" (1924), "Littérature" (1929); tome II: "Analecta" (1926), "Rhumbs" (1926), "Autres Rhumbs" (1927).

Toutes ces réflexions, groupées sans ordre, sur des sujets très divers, sont extraites des cahiers tenus par Valéry de 1890 à 1925: l'auteur les a livrées "tel quel", sans les récrire, ce qui ne manque point d'entraîner parfois quelque obscurité. Et néanmoins ces "incidents de l'esprit", ces "surprises de l'attention", -idées tombées comme par hasard sur le papier au fil de la pensée,-étonnent par leur forme particulièrement achevée: où l'on pensait ne trouver que des ébauches, on découvre des conclusions.

Tout rayonne ici de vérité universelle: l'auteur évite rigoureusement la moindre confession. Aussi est-ce très improprement qu'on peut parler de journal intime. Mais "Tel quel" n'est pas plus un journal métaphysique: livre de raison d'un artiste, uniquement préoccupé, malgré le champ immense de sa curiosité, de vérité morale et de technique esthétique.

Quelques thèmes se dessinent dans ce chaos: c'est d'abord, naturellement, l' intellectualisme de Valéry. L'écrivain insiste ici sur les dépendances, les limites de l' esprit, enraciné dans la matière, "attaché à un corps, à un camp, à un nom, à des nerfs, à des intérêts" ("Moralités"). Peut-être nos pensées n'ont-elles point de valeur universelle: elles gardent celle d'être l'expression de nous-mêmes, un des moyens de l' individu: "Il manque à la critique, qui les détruit facilement, la connaissance des besoins et des penchants de l' individu... On critique un outil sans savoir qu'il sert à un homme, auquel il manque un doigt ou bien qui en a six" ("Rhumbs"). Mais c'est là ce qui rend l'homme profondément invisible à lui-même. Le "Cogito" cartésien, l'identification de l'être et de la pensée, n'est rien de plus pour Valéry qu'un beau rêve irréalisable, "la traduction d'un intraduisible état". "Parfois je pense, parfois je suis", répond Valéry à Descartes, et cette absence de la pensée fait naître l' étonnement du néant, suggère que les puissances de notre esprit pourraient n'être en nous que "comme des biens extérieurs, des armes surajoutées, et des parures qui se détachent..."

Avec ces notes sur le problème de la connaissance, les extraits concernant la littérature et la poésie sont les plus intéressants du recueil. L'homme Valéry peut s'éloigner volontairement de la vie, il sait qu'à la vie la poésie est liée (comme l'esprit): quel autre sens pourrait avoir la poésie que de restituer par le langage la réalité de l'existence? "La poésie est l'essai de représenter, ou de restituer, par les moyens du langage articulé, ces choses ou cette chose que tentent obscurément d'exprimer les cris, les larmes, les caresses, les baisers, les soupirs, etc." Aussi le poème, devant traduire cette réalité totale que le sentiment porte en lui sans pouvoir la dire, est-il "toujours inachevé". Parce qu'elle donne la vie dans le langage, la poésie est indéfinissable: "La puissance des vers tient à une harmonie indéfinissable entre ce qu'ils disent et ce qu'ils sont. Indéfinissable entre dans la définition. Cette harmonie ne doit pas être définissable. Quant elle l'est, c'est l' harmonie imitative". Indéfinissable ne signifie d'ailleurs pas: culte de la singularité. C'est le reproche que Valéry adresse au romantisme; en ce qui le concerne, il maintient l'importance de la maîtrise, car il faut "commander aux moyens de l' art au lieu d'être commandé". "Entre classique et romantique, la différence est bien simple, c'est celle que met un métier entre celui qui l'ignore et celui qui l'a appris. Un romantique qui a appris son art devient un classique" ("Littérature").

Le grand intérêt de ce livre de fragments, comme de "Mélange" et de "Mauvaises pensées", est de nous montrer la pensée de Valéry dans son élaboration et comment, à aucun stade de sa réflexion, l'écrivain ne tolérait en lui le moindre flou, la moindre confusion. C'est là surtout le travail préparatoire aux grandes oeuvres, qui couvre toute la vie secrète de Valéry: ce dernier, qui demeure avant tout un artiste, ne cherche point à édifier un système rigoureux, mais à expérimenter une méthode en accord avec le réel. Aussi ces réflexions sont elles exemptes de toute tricherie. Le seul luxe de cette pensée exacte est de se faire toujours accompagner d'ordre et de musique.

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l'âme plutôt que l'image

Flo sort du Prado nue, un tableau sous ses bras qui n'existent pas, plus de bras et l'histoire s'arrête là sur les marches de l'escalier de pierres patinées. Ecrasées de soleil, les pierres brûlent les pieds nus de ces touristes venus voir les Velasquez, Goya et autres horreurs picturales.



Flo Ménine acry et marouflage sur toile 1er état

80x60

flo ménine 1er état

Pourtant parmi ce Flot incessant, quelques amoureux de la peinture ont encore les yeux humides, remplis de Ménines, monstres et gens de la couronne.

Ces gens qui aiment la peinture au delà de l'objet sont rares. Ceux qui aiment l'âme plutôt que l'image, le fond plutôt que la forme.

Ils sont ceux qui savent encore rêver.

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saoulitude

Au bout de la soirée, quand les barbecues épuisés par une soirée d'été se sont tus. Quand le dernier craquement du métal enfin refroidi résonne dans les solitudes, quand les derniers mégots s'éteignent, vers luisants relevants timidement la tête.


Tête de vers luisant, d'apprenti boucher charcutier. acry sur toile avec marouflage 2009

30x30

portrait-de-l-enfant-bouche.jpg

Vous avez déjà vu une tête de vers luisant.. c'est pas reluisant, les odeurs de merguez non plus.

L'été et ses relents, des bouts de gras entre les dents...

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pourquoi faire grand quand on est petit

Oh, rien de méchant, juste une petite aquarelle retrouvée entre deux grosses. Comment survivre dans ces conditions.. Faut vraiment être une bien bonne aquarelle pour revenir au grand jour.



Etude pour une Flo à venir aquarelle sur papier Ingres 20 x15

ptite aqua

Je vous dévoile cette survivante et je repense à un des artistes qui présente son travail à ST Gervais. Expo (même soleil). Il a lui aussi choisi l'option

"petit format deviendra grand"

Philippe Clapier a eu je le sais un choc en découvrant ces petits formats reproduits en très grand (3x2m environ) sur les bâches qui occupent le parc du Fayet.

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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du « 30/06/2010 au
31/07/2010 l’exposition « Salon d’ensemble des artistes de la galerie ».
Le VERNISSAGE a lieu le 30/06 de 18 h 30 à 21 h 30 et l’exposition du
mardi au samedi inclus de 11 h 30 à 18 h 30.

Les artistes de la galerie présents pour ce Salon d’ensemble sont par
ordre alphabétique :

Aldéhy (France), Artin (France), Baldelli Terence (France), Bayo Fodé
(Burkina Faso), Bazzoni Laura (Italie), Calichon Cécile (France), Calichon
Frédérique (France), CHIOCCA (France), Cavagnac Marie-Claude (France),
Content Pierre (France), Danno (France), de Baudus Isbé (France), Delfosse
Jerry (Belgique), Dion Martine (France), Douel Hélène (France), Duffour
Carole (France), Festor Astrid (France), Flaut (France), Gali Mahias
(France), Gillis Jérémie (Belgique), Granero Esteban (Argentine),
Husson-Pausole François (France), Jaboulin Florence (France), Ju Choi
(Corée du Sud), Laniez Philippe (France), Laydevant Jean - Pierre
(France), Kuentz Pascale (France), Launey Chrystine (France), Lapassouze
Emma (France), Leger Vincent (France), Litou Philippe (France), Maguer
Armelle (Allemagne), Matheu Simon (Espagne), Mejias Alvaro (Venezuela),
Merviel Philippe (France), Mesnage Christian (France), Michiels Cédric
(Belgique), Misyats Igor (Ukraine), Natan David (Belgique), Pétillion
Fabien (Belgique), Piu Adriano (Italie), Pozzi Isabelle (Belgique),
Riguidel Bertrand (France), Tauss Sophie – Mathilde (France), Thys Daniel
(Belgique), Turpin André (France), Van der Hart Alberto (Hollande), Fabien
(Belgique), Vanhoebroeck Benoît (Belgique), Van Ryswyck Kristeen (France),
Venet Isabelle (France), Vilanova Patricio (Portugal), Vogels Britt
(Belgique), Weigert Christophe (Belgique), Ya Wen Hsu (Taïwanaise
naturalisée Française).


A voir du 30/06/2010 au 31/07/2010 au 35 rue Lesbroussart à 1050 Ixelles.
Ouvert du Mardi au Samedi inclus de 11 h 30 à 18 h 30.
Et sur rendez-vous le dimanche.
Plus d'infos :
http://www.espaceartgallery.be

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big frêre is surveilling you

En avant première, une vision de mon travail de la journée.

2 Caméras vidéo de surveillance se surveillent mutuellement

Format grandeur nature avec béton cellulaire et qqs ingrédients high tech.

Ces pièces seront placés au long du parcours "art en campagne" entre 2 arbres, braquée l'une sur l'autre

big-brother-big-frêre-is-surveilling-yougrand-frêre-te-surveille




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Inauguration hier soir de cette belle initiative monté par l'énergumène et phénomène Christian Kaviiik.

Cet artiste fait un travail formidable afin de soutenir une forme d'art qui n'a pas sa place à l'extérieur.

La peinture qu'il défend, la voici ici dans ce parc thermal du Fayet au pied du Mt Blanc qui en voit de toutes les couleurs.. les invités de cette année ici


Superbe cadre de nature pour servir les œuvres choisies.







Voici la série de photos qui concerne mon travail, faut dire que j'étais un des seuls artistes présents lors de ce vernissage.



Le seul problème, un invité qui s'insinue partout, sous le chapeau, dans le dos, sous les pieds..Le froid et une pluie fine qui l'accompagne.

Nous reparlerons de cette expo pendant l'été, sous le même soleil..! Mais je crois savoir qu'une de ces expos est présentée actuellement en Belgique.

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Régis SIBRA à FREJUS VAR

Bonjour

Je viens de recevoir le mail signalant la première année d'Arts et Lettres

Bon Anniversaire!

Nous ici à Fréjus, nous avons annulé pour fin Juin toutes les fçetes en raison de la catatrophe que nous connaissons. Toute une plaine de milliers d'hectares avec les habitations, les animaux sous plus de trois metres d'eau. Des zones industrielles, des campings rayées de la carte.

Nous sommes tous abassourdis, hagards.

Fréjus avait déjà subit d'énormes dégats lors de la rupture du barrage faisans plus de 300 morts, j'avais alors 6 ans et voila que pour certaines personnes, nous avons l'impression de revivre ce cauchemar.

Le Général de Gaulle avait alors dit lors de sa venue "que Fréjus renaisse": c'est ce que nous allons nous efforcer de faire, une fois encore.

Pour ma part, je vais vendre des tableaux au profit de nombreux sinistrés.

Amicalement

Régis SIBRA

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les poissons on s'en fish..!

Vernissage de "air de bestiaire à la "galerie racines"

Vendredi 18 juin 18h30

J'ai proposer à 2 artistes de présenter ici un "best of" de best...ioles..

Si Jacques Guillon avoue un penchant pour le héron cendré, Tom Hallis batifole avec les papillons., papillonne avec les couleurs pétillantes de clins d'oeils

fish guillon


Jacques Guillon, un jeune homme de 81 ans rassemble et assemble des ingrédients, fait feu de tout bois..

Il y a chez lui, dans son bestiaire un homme qui sommeille les yeux grands ouverts sur les similitudes avec nos cousins à plumes écailles, ou à poils..


expo ouverte du jeudi au dimanche entre 15 et 18h

sous mon atelier à Bretigny , voir plan sur google en bas de page

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Comme ces poèmes ou ces tableaux qui se présentent sous le vocable indéfini"sans titre"- non parce que leur auteur manquait d'imagination, mais , au contraire, parce qu'il en avait franchi les limites et laissait l'oeuvre libre de s'ouvrir en tout sens, de se déployer hors d'elle même, Ludvik se sentait flotter dans l'innommé , dans l'inconnu.
Sylvie Germain- "éclats de sel"
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Nuit sans fin

Nuit sans fin.

Longue, sauvage,

Source de vérité.

J'ai mis ton cœur à nu,

Enlevée une à une

Les guenilles

Les tricots.

Le voilà tout tremblant,

Ses défenses en lambeaux.

J'ai gratté de ma plume

J'ai écorché la peau.

Et tu m'as laissée faire,

Docile.

Presque heureux d'avoir mal,

L'heure n'était plus au jeu.

Puis je l'ai recouvert

Ton palpitant usé,

De douceur,

De chaleur,

D'amour ou d'amitié.

J'ai mis mon cœur à nu,

Je t'ai donné mes mots.

Nad

27.05.2010

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entre pluie et rivière, brume et bruyère

10h.Il fait nuit ou presque dans mon atelier. La baie vitrée fait de son mieux

pour éclairer l'espace.


l'amant déchu 80x60 acry et marouflage sur toile

1er état en ce jour.

flo rouge cardinal

Pénombre cérébrale, horizon déprimé. je peux encore peindre sans le recours aux chandelles. Je profite des fonds d'assiette , je lèche les couleurs affamé de chaleur.

Pourquoi ce retour incessant à la fenêtre, l'oeil pendu au gris du ciel.

Ce tic, je l'entretiens à cause de l'hiver, et de ce désir permanent de voir se transformer la pluie en neige.


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le temps pastel..?

Eh oui, le temps passe, et avec le temps tout s'en va.. sauf les couleurs de ces vieux pastels que je sors d'un carton à dessins des années 70.

Ah..! j'aimais les femmes en dégradés à l'époque..

c'était mon coté antimilitariste... (dégradé..!)

65x50 pastel et sanguine sur papier canson ocre 1976

voici 2 de ces survivants à peine abîmés par les années..

pastel 76

pastel 1976

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Barrès explique lui-même, dans la préface, qu'il a pris le titre de ce livre sur la facade "rococo" de l'église "Santa Maria della Passione" à Milan. Il ne faut pas y voir seulement l'effet du hasard. "Amori et Dolori Sacrum" devait servir de prétexte à l'écrivain lorrain pour exprimer l'idée essentielle de sa propre philosophie esthétique: l'union de l' art et de la vie. "Toutes les réalités où s'appuient nos regrets, nos désirs, nos espérances, nos volontés, se transforment à notre insu en matière poétique". N'y a-t-il pas dans l'art rococo, si facilement décrié par tous ceux qui ne le connaissent point, un sens, voire un besoin du drame? Là où l'on ne voit que prétextes à décorations inutiles, n'y a-t-il pas, au contraire, tout le drame de l'homme, c'est-à-dire sa faiblesse devant le cosmos et sa précarité en face de son destin? Le drame de l'homme -Barrès nous l'apprend dès les premières pages de son livre -est qu'il n'y a pas de volupté profonde sans brisement de coeur. Amour, douleur et mort sont les trois dimensions du monde dans lequel l'homme joue, pleure, évolue. Ce drame de l' "impermanence" de l'homme dont les besoins sont par ailleurs "infinis", est évidemment romantique; mais il est aussi, pour nous qui le voyons avec le recul nécessaire, le drame du "rococo" où la recherche de l'espace et l'ordonnance quasi symboliste des décorations, des fleurs et des panaches cachent presque toujours une infinie tristesse.

"Amori et Dolori sacrum", qui est de la même veine que "Du sang, de la volupté et de la mort", comprend six chapitres: "La mort de Venise"; "Stanislas de Guaita"; "Une impératrice de la solitude"; "Souvenir de Pau en Béarn"; "Leconte de Lisle"; "Le 2 novembre en Lorraine". Les trois premiers chapitres sont les plus importants, car, indépendamment de l'abondance, au demeurant bien venue, de leur texte, ils montrent les qualités exceptionnelles de caractère et de passion de personnages que, sans Barrès, nous n'eussions peut-être pas connus et qu'en tous cas nous eussions moins aimés. -Venise, qui meurt lentement sur la lagune où croissent les fièvres paludéennes, apporte certaine mélancolie pernicieuse à ceux mêmes qui la choisissent pour y chager le cours de leur destin ou pour y mourir. Tour à tour, Maurice Barrès évoque le souvenir de Goethe, de Chateaubriand, de Byron, de Musset et de George Sand. Il parle de la mort du peintre lorrain Léopold Robert, "qui se sentait malade du mal de ceux qui désirent trop". Il nous dit que Richard Wagner, après être venu à Venise en 1857 pour y écrire le deuxième acte de "Tristant et Iseult" y meurt un quart de siècle après. Entre la Venise des doges, disparue depuis longtemps et celle des toutistes et des marchands, l'on préfère, à qui sait comprendre la beauté intérieure des choses, la Venise agonisante et pauvre où persistent, en dehors des sacrilèges des reconstitutions, tant de prestiges et de charmes. La Venise du Carnaval, joyeuse et brillante, celle des courtisanes, des loups et des intrigues, n'est pas nécessairement la plus authentique, et Barrès de nous donner à cette occasion l'une des meilleures définitions du drame "rococo", de ce drame qui tout entier se trouve, dans la musique de Cimarosa et de Mozart et qui nous force à penser, malgré nous, au destin de Don Juan: "C'est quand Venise met son masque de satin noir qu'elle multiplie ses puissances de tristesse".

"Stanislas de Guaita", occultiste, psychologue, philosophe, et pour tout dire poète, "s'enfermait dans la catégorie de l' idéal". Guaita, poussé par un sens religieux fort rare, devint historien des sciences occultes. Sa vie, avenue Trudaine à Paris et dans son château d' Alteville en Lorraine, montre les étapes parcourues par une âme qui voulait, avec la certitude confiante des obstinés et des idéalistes, une société régénérée, une beauté morale sans cesse plus pure, - "Elisabeth de Bavière": ces pages furent, dans leur forme primitive, destinées à préfacer un ouvrage du docteur Constantin Christomanos, un des familiers de l'impératrice. Cette femme belle, forte, sensible à l'excès, et qui devait mourir si bêtement poignardé par un imbécile, Luccheni, resta toute sa vie animée d'un "invincible dégoût de toutes choses", en communion perpétuelle avec l'idéal et la mort. -"Pau", comme Hyères et Menton, apprendrait-elle à ceux qui y viennent goûter la douceur de son climat, qu'il faut parfois mourir dans la quiétude et la paix d'un beau paysage? "Quel amour de la vie, quelle tristesse sans voix de se savoir périssable!" Ce pèlerinage de l'artiste aux cimetières, cette nécessité sentimentale de trouver des disciplines spirituelles là où la mort a vaincu l'homme tout chargé qu'il est du poids de son amour et de sa poésie, Maurice Barrès nous l'explique dans une simplicité tragique: "Je pense qu'il faut aller aussi dans les endroits où l'on meurt, pour apprendre à se résigner".

Ce livre est celui d'un voyageur et d'un amant. Il mêle, à la connaissance des choses, le "Moi" barrésien de l'artiste délicat et sensible jusqu'à l'émotivité et c'est pourquoi, malgré son romantisme apparent, il reste de tous les temps.

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