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La chute en cascade des autorités bruxelloises est remarquable. La Régence est sans pouvoir réel après la constitution de la Commission de sûreté le 11 septembre. Cette Commission se dissout le 20 et rien ne la remplace. Le Conseil et l'état-major de la garde bourgeoise ont été durement ébranlés par les mouvements populaires des 19 et 20. Le 21, d'Hoogvorst ne veut plus être qu'un chef civil et ne se soucier que du maintien de l'ordre intérieur. Plusieurs leaders, débordés par le peuple ou découragés, ont, nous l'avons vu, gagné la France. Quelques membres du Conseil de la garde sont cependant restés à leur poste et certains officiers des sections continuent à exercer leur mission. Le comte Van der Meere parti, c'est le baron Fellner qui le remplace dans la tâche d'organisation des forces mobiles. Des chefs de bande, Ernest Grégoire, Pierre-Joseph Parent, organisent des corps francs.
La Réunion centrale, le club révolutionnaire, a lancé à plusieurs reprises le projet de constitution d'un Gouvernement provisoire. Ces tentatives, nous le savons, ont toutes échoué et le 22, des membres de la Réunion centrale avaient aussi perdu confiance. Rogier du moins ne quittera la capitale que le 23 à neuf heures trente du matin pour y rentrer d'ailleurs à la fin de la journée.
Il ne reste plus d'autorités à Bruxelles. Dans la nuit du 22 au 23, d'Hooghvorst écrit au prince Frédéric une lettre désabusée: « Il n'y a qu'un instant lorsque j'ai eu l'honneur d'annoncer à Votre Altesse Royale que j'allais convoquer les chefs de sections, pour leur faire connaître la volonté de Votre Altesse sur la publication de sa proclamation, je croyais encore à quelque autorité. Mais je me trompais. Plusieurs chefs venaient de donner leur démission et l'effervescence générale dans la ville était devenue telle que je n'ai pu par là même remplir les promesses que j'avais faites à Votre Altesse Royale, et ainsi je me vois déchu par la force des circonstances du poste auquel j'avais été appelé par mes concitoyens ». Pletinckx et quelques membres du Conseil de la garde avaient constitué dans la soirée du 22 à l'hôtel de ville un vague comité de défense. Mais il s'est dispersé au cours de la nuit. Le 23 au matin, d'Hooghvorst est à son poste à l'hôtel de ville, ainsi que le major Fellner, mais « ils paraissaient attendre là les événements sans solution arrêtée et ils quittèrent les lieux ».
Dans l'après-midi, la mission de Gumoëns, dont nous avons parlé, est l'occasion de la formation du premier pouvoir organisé. Anne-François Mellinet, colonel de la Garde à Waterloo, fils d'un ancien conventionnel, a dégagé le malheureux hollandais des mains de ses agresseurs et l'a conduit à la caserne des pompiers. Il rencontre un ancien officier du génie Jolly : « Je cherche partout et ne trouve personne, lui dit-il, il faut cependant avoir un moyen de s'arranger; il faudrait tâcher de réunir quelques personnes notables qui se rendraient à la caserne des pompiers ». L'avocat Delfosse, qui avait participé aux palabres des 21 et 22 septembre, quelques bourgeois de la 3e section -le quartier de la Chapelle, -Jolly et Mellinet, s'en vont ainsi à la caserne des pompiers discuter avec le parlementaire du prince. Ils ne prennent sur eux aucune responsabilité, mais acceptent de transmettre un message du lieutenant colonel de GumÖens qui dépeint à son chef l'atmosphère bruxelloise, lui décrit la résolution des combattants de ne point céder et lui fait part du désir des notables de voir le prince retirer ses troupes.
Ces parlementaires bénévoles s'étaient donné rendez-vous à l'hôtel de ville, à sept heures du soir, afin d'y prendre connaissance de la réponse du prince à la lettre de Gumoëns. Lorsqu'ils s'y présentèrent, le concierge leur dit: « il n'y a plus personne, l'hôtel de ville est complètement vide ». Jolly se fit conduire au cabinet du bourgmestre. Bientôt l'avocat Delfosse, Michiels, commandant de section à la garde bourgeoise, Engelspach-Larivière, le baron de Coppin, Joseph Vanderlinden et quelques autres bourgeois y reçurent la réponse du prince apportée par le lieutenant Berten. C'était la proclamation « J'étais venu par l'ordre du Roi vous apporter des paroles de paix... ». Jolly, qui présidait la réunion, proposa la désignation de trois personnes chargées de demander au prince le retrait des troupes à quelques lieues de la ville. A ce moment, le baron Emmanuel d'Hooghvorst, entouré de quelques-uns de ses fidèles, Palmaert, Lippens, Anspach, l'avocat Van Hoorde, entrèrent dans la salle. Le baron d'Hooghvorst avait conservé la confiance de ces notables qui lui offrirent la présidence de la réunion et l'on continua la discussion qui se termina comme on le sait, par l'envoi de d'Hooghvorst, de l'avocat Delfosse et du baron de Coppin auprès du prince Frédéric. La première autorité était née: « la Commission provisoire d'ordre public ».
Le 24, à quatre heures du matin, les négociateurs rentrèrent à la maison de ville. Ils y trouvèrent Jolly et les notables de la veille au soir, qui déjà discutaient ferme. « Mais Rogier le plus remarquable, Rogier que je ne connaissais pas » a noté l'avocat Max Delfosse, Rogier «l'énergique et populaire commandant des volontaires liégeois» au dire d'un autre assistant, Rogier domine maintenant l'assemblée. Le tribun liégeois rentré la veille au soir de la forêt de Soignes où il s'était réfugié à la ferme de l'ancienne abbaye d'Aywières, veut qu'on se batte totalement. Il ne s'agit plus de parlementer avec la dynastie des Nassau: elle a cessé de régner en Belgique. « Il faut s'ensevelir sous les décombres de la ville plutôt que de se soumettre ». Il ne rallie pas tout le monde. Vermeulen-de Cock, par exemple, un membre du Conseil de Régence, craintif et royaliste, n'aime pas ces « enthousiastes outrés, étrangers à la ville ». Après un long débat, la proposition de créer une autorité centrale pour diriger le mouvement est acceptée. Puis une discussion s'engage sur les noms. Fait significatif: celui de Rogier, prononcé le premier, est acclamé. Le baron d'Hooghvorst est choisi ensuite d'une voix unanime. Jolly, enfin, sur les instances de Rogier et de Michiels, accepte. Le baron de Coppin et J. Vanderlinden sont désignés comme secrétaires de la « Commission administrative ».
Une proclamation au peuple de Bruxelles annonce la formation de cette « autorité constituée ». Il s'agit « d'assurer le triomphe d'une cause dont le succès, dès hier, a été assuré ». C'est « guidés par le seul amour du pays » que ces citoyens, Vanderlinden d'Hooghvorst, de Bruxelles, Charles Rogier, avocat de Liège, Jolly, ancien officier du génie, ont accepté provisoirement le pouvoir.
La tâche de cette Commission est délicate. Elle doit maintenir l'ordre à l'intérieur d'une ville assiégée. Heureusement, il n'y a pas de pillage et la répression de quelques excès ne sera pas malaisée. Elle doit songer à l'approvisionnement de la population. Engelspach-Larivière, désigné comme agent général, homme d'une activité inlassable, y veillera. Les paysans sont priés d'amener leurs denrées dans la ville. L'essentiel, cependant, pour cette Commission, est d'organiser la résistance à l'armée royale dans Bruxelles et de soulever tout le pays contre les Hollandais. Il faut des hommes, du matériel, de l'argent. Rogier appelle les bourgeois de Bruxelles par une proclamation enflammée où jl agite le spectre d'un pillage général hollandais. La Commission envoie des émissaires en province, exciter les populations et réclamer l'envoi de volontaires vers la capitale. « Depuis hier à dix heures du matin, les troupes sont tenues en échec dans le Parc et les boulevards. La liberté et l'honneur sont sauvés. Arrivez au plus tôt si vous n'êtes pas nécessaires à Louvain », cette dépêche de Ch. Rogier envoyée à la garde bourgeoise de cette ville, est transmise à Liège, à Verviers...
C'est encore l'agent général Engelspach qui règle les achats de fusils, de poudre, de planches, paie les travaux de défense, les frais de route aux hommes qui sillonnent la province. Quant aux fond, la Société Générale avance dix mille florins le 24, somme dérisoire. Le lendemain, deux membres de la Commission s'en vont conférer avec la direction de la banque pour obtenir la disposition des fonds du gouvrnement qu'elle détenait à titre de caissier de l'Etat et dont le solde s'élevait à près de quatre millions de florins. Mais ils se heurtent à un refus compréhensible de la part de la direction d'une société créée par le roi. Des dons d'abord et ensuite la transformation de la Commission administrative en Gouvernement provisoire régulier mettront des sommes importantes à la disposition des insurgés.
Restent à régler les rapports délicats avec les combattants, avec les gens de la ligne de feu. Ces bourgeois, ces chefs révolutionnaires, dont certains ont désespéré de la cause -mais combien de combattants le savent alors -réussiront-ils à faire reconnaître leur autorité par les hommes qui tiraillent autour du Parc? Le choix de don Juan Van Halen comme commandant en chef, fait taire les trop vives critiques. C'est désormais à l'état-major de Van Halen, formé de chefs de corps francs et d'officiers de la garde, que la Commission administrative envoie les chefs des détachements de volontaires qui arrivent de la province. Ainsi les relations ne sont pas directes entre l'autorité civile et les combattants, ce qui évite des froissements.


* **


Dans les journées du 24 et du 25 septembre, l'activité de Charles Rogier à la Commission a été débordante. Il s'arroge le titre de président et, en véritable dictateur, ce partisan résolu de la rupture définitive avec La Haye s'oppose à tout compromis. En déchaînant le patriotisme, il veut étendre le soulèvement à travers tout le pays. Dès le 25, il annonce l'érection d'un monument national aux héros des « mémorables journées de septembre ». Le soir descend et voici que reviennent de la promenade de Valenciennes les patrjotes qui avajent perdu confiance. Gendebien, du moins, avait accompli la mission dont il avait été chargé le 18. Il avait vu de Potter à Lille le 20. Le 22, les deux leaders étaient à Valenciennes, centre de l'émigration. Trois journées furent passées en palabres. Les nouvelles étaient mauvaises. Le 22 à midi, de Potter s'en retourna à Lille et son ami Levae l'accompagna. Le 24, la nouvelle courut de la résistance du peuple bruxellois.
Gendebien et Van de Weyer se proclamèrent membres du Gouvernement provisoire et ils ajoutèrent à leur nom celui de Félix de Mérode, suivant une convention antérieure. Ils rédigèrent une proclamation exhortant les braves Belges « au nom de la Patrie, de l'honneur et de la ljberté, de voler au secours des braves Bruxellois », et dans la nuit du 24 au 25, tous ces hommes reprirent le chemin de la capitale belge.
L'arriée « des hommes du lendemajn » provoqua de vives réactions à l'hôtel de ville. La nuit, des discussions orageuses divisèrent les leaders révolutionnaires. Finalement, le 26 au matin, une proclamatjon annonça au peuple la solution de conciliation à laquelle on s'était arrêté. Incontestablement, jusqu'à cette date, la Commissjon administrative n'avait pas proclamé qu'elle était un Gouvernement provisoire, tandis que le groupe de Valenciennes en avait pris le titre. Pour satisfaire toutes les susceptibilités, il est affirmé « que le gouvernement provisoire demeure constitué de la manière suivante: MM. le baron Vanderlinden d'Hooghvorst, Charles Rogier, le comte Félix de Mérode, Gendebien, S. Van de W eyer, Jolly, J. Vanderlinden, trésorier, baron F. de Coppin, J. Nicolay, secrétaires ». Il justifie son pouvoir par: « l'absence de toute autorité tant à Bruxelles que dans la plupart des villes et des communes de Belgique ». Il ne s'agit plus d'un organisme municipal, mais d'un « centre général d'opérations contre l'ennemi ». Pour soulever le pays, on envoie partout des émissaires. Ces hommes démentent les faux bruits lancés par les ministériels, gonflent les victoires remportées. Véritab]es agents de propagande nationale, ils sont les pourvoyeurs de la capitale en hommes et en munitions. Un même effort est fait auprès des soldats et des officiers belges de l'armée royale, que le Gouvernement provisoire délie du serment prêté à Guillaume 1er.
Bientôt le retour de de Potter accroîtra la popularité du Gouvernement provisoire dans les masses. Dès le 27 au matin, après le retrait des troupes hollandaises, celui-ci avait invité l'exilé à rentrer en Belgique. Le lendemain, son arrivée à Bruxelles a soulevé un fol enthousiasme, aussi le gouvernement s'empresse-t-il de se l'adjoindre. La popularité de Louis de Potter, le banni, était immense en 1830 dans tout le pays. Les journaux avaient pieusement raconté les étapes de son voyage en exil. Des collectes avaient été partout organisées en sa faveur. Sa rentrée était un précieux atout pour le gouvernement dont les membres n'étaient connus que dans des milieux restreints. Les Liégeois et les avancés de la Réunion centrale admiraient Rogier, les bourgeois libéraux avaient confiance en Gendebie et Van de Weyer, d'Hooghvorst et Félix de Mérode, revenu le 26 de son château de Trélon près d'Avesnes dans le Nord, jouissaient d'une réelle faveur parmi la noblesse et le clergé, mais aucun nom, à la fin de septembre, n'avait, chez les patriotes, l'éclat de celui du prisonnier des Carmes, du banni sur l'ordre de « l'odieux Van Maanen.
Tant que durèrent les combats, l'action du Gouvernement provisoire fut faite de menues besognes, de tâches obscures. Cependant dès le 25, Louis Bronne était chargé par la Commission administrative de l'organisation des postes et Coghen, désigné comme commissaire aux finances, s'occupa de la mission ingrate de premier argentier du futur royaume de Belgique. Le 29 septembre, il obtenait de la SociétéGénérale l'ouverture d'un compte au Gouvernement provisoire.
Mais, uue fois Bruxelles libérée, l'activité du gouvernement fut considérablement accrue. Une de ses premières tâches fut l'épuration des serviteurs dociles de Guillaume 1er. Les van maaniens obséquieux, les ministériels abhorrés furent révoqués. La magistrature et l'administration furent pourvues de nouveaux titulaires et, le 29, le Comité central, composé de Louis de Potter, Charles Rogier et Sylvain Van de Weyer, proclama que désormais « la justice se rendra au nom du gouvernement provisoire de Belgique ».
La presse nationale, en tête le Courrier des Pays-Bas, défendit les titres du nouveau gouvernement : « D'où vient la légitimité? Un peuple ne peut vivre sans gouvernement. A ce titre, aucun gouvernement n'est plus légitime que celui qui s'est établi le 25 septembre, après dix jours d'anarchie. Le pouvoir n'était nulle part. Ils n'ont supplanté aucune autorité constituée, toutes s'étaient retirées. Ils ont remplacé l'anarchie ». Mai cette défense indique bien que leurs titres sont contestés. Le danger pour le nouveau pouvoir sera, avant la réunion du Congrès national, l'impatience et l'ambition de certains chefs militaires. La tentation était grande pour des héros des combats, pour des hommes des barricades, qui n'avaient été ni dans la forêt de Soignes, ni à l'Hôtel du Grand Canard à Valenciennes, de prendre une place enviée. Il semble que Van Halen ait eu des visées personnelles. Mais il n'a pas été suivi et le gouvernement, très habilement, a réussi à l'écarter.
L'expulsion des troupes, la libération de la domination hollandaise, suffisaient à absorber les passions de l'opinion et le gouvernement partageait les sentiments et les vues de la masse. Mais, par quoi remplacerait-on le régime expirant? Des discussions s'élèveront vite au sein du gouvernement sur le grave problème de la Reconstruction.
Les observateurs étrangers remarquent, dès les premiers jours d'octobre, la formation de groupements, aux contours mal définis, de partis, oserait-on à peine dire, qui veulent soit l'incorporation à la France, soit l'indépendance sous le règne d'un fils de Louis-Philippe, soit la république. Le prince d'Orange a conservé des fidèles qui réclament la constitution d'un royaume séparé.
Cependant, Louis de Potter, le 28 septembre, s'est adressé à ses concitoyens. Très clairement, il leur a dit: « Peuple, ce que nous sommes, nous le sommes par vous; ce que nous ferons, nous le ferons pour vous ». Quelques jours plus tard, le 4 octobre, le Gouvernement provisoire répondant au vœu du peuple, proclamait l'indépendance de la Belgique et convoquait un Congrès national qui serait chargé d'examiner le projet de Constitution que le Comité central lui soumettrait.
Les conflits d'opinion, voire d'intérêts, au sein du premier gouvernement de la Belgique indépendante, avaient tous cédé devant l'ampleur et la profondeur du soulèvement de la nation, sans lequel rien ne s'explique des événements de septembre 1830.

Histoire de la révolution belge chapitre 1:

Histoire de la révolution belge de 1830: chapitre 2: Du côté de La Haye

Histoire de la révolution belge de 1830: chapitre3: Les divisions dans les camps des patriotes

Histoire de la révolution belge de 1830 -Chapitre 4: Le glas du régime

Histoire de la révolution belge de 1830 Chapitre 5: L'aube d'un Etat

Histoire de la révolution belge de 1830 Chapitre 6: Le soulèvement national

Histoire de la révolution belge de 1830 Chapitre 7: La Révolution et l'Europe

Histoire de la révolution blege Chapitre 8: Conculsion

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Du 28/03 au 29/04/06 Josette Laurent (peintures)

Du 05/05 au 08/07/06 Jerry Delfosse (encres de Chine)

Du 15/07 au 11/08/06 Robert Denis (peintures)

Du 16/08 au 16/09/06 Frédéric Bastié (peintures sous verre)

Du 16/09 au 30/09/06 Barbara Gransart (peintures)

Du 05/10 au 21/10/06 Michel Marinus (peintures), Paule Walthery (sculptures), Sylvain Farhi-Dassesse (techniques mixtes)

Du 24/10 au 10/11/06 Macella Gouldovski (gravures), Viviane Dermon (pastel), Camille Bourguignon (céramiques), Rosalba (collages)

Du 15/11 au 30/11/06 Geneviève Goulley (peintures), Pierre Dumoulin (sculptures), Jerry Delfosse (encres de Chine)

Du 05/12 au 20/12/06 Jean-Paul De Moor et ses élèves : Jean-Claude Crommelynck, Michel Van Den Bogaerde (peintures) et Gonzalo Gomez, Vesna Spoljaric, Roxane Enescu (sculptures)

Du 22/12 au 05/01/07 Jean Goor (sculptures), Renée Nicodème (peintures), Gyll (Ghislaine Claus) (peintures), Chizuko Demachi (peintures)

Du 31/01 au 31/01/07 Lydia Bintener (body painting)

Du 17/01 au 27/01/07 Jean-Paul Wanyberg (peintures)

Du 03/02 au 04/02/07 Betty Scutenaire et les élèves de son atelier : Alexandra Bertiaux-Dhont (fusains et pastels), Anne Claire (dessin et peintures), Eddy Verleysen (peintures), Yvan Richir (peintures)

Du 07/02 au 24/02/07 Ara Badalian et ses amis artistes : Astrik Sarkisian, David Pétrosian, Eduard Pétrosian, Jean-Paul De Moor (peintures)

Du 28/02 au 17/03/07 Teresa Zielonko (peintures), Sabine Cogniaux (sculptures), Laurette Succar (peintures), Jerry Delfosse (encres de Chine)

Du 21/03 au 07/04/07 Luigia Ponti (techniques mixtes et monotypes), Lisette Delooz (peintures animalières), Toma (peintures)

Du 11/04 au 28/04/07 Jacques Leinne et ses amis : Annick Terwagne (pastels), Manuela Hames (peintures), Jean-Fançois Collignon (photographies), Giovanni Giambra (sculptures)

Du 02/05 au 19/05/07 Natacha Marijnissen (peintures), Irina Trushkova (peintures), Eric Allaert (peintures), Benoît Vanhoebroeck (céramiques), Christian Cadelli (sculptures)

Du 23/05 au 09/06/07 Chavi (peintures), Fabien Godfrinne (peintures), Benoît Vanhoebroeck (céramiques), Potoka (sculptures)

Du 13/06 au 30/06/07 Pavlin Karadimov (peinture), Xavier Gobeaux (sculptures)

Du 04/07 au 14/07/07 ensemble sur le thème des clowns (collectif)

Du 18/07 au 28/07/07 ensemble sur le thème des chats (collectif)

Du 05/09 au 22/09/07 Aimé Venel (peintures), Elodie Haslé (aquarelles), Maria Léal (peintures de Mandalas), Jeanne-Marie Zele (gravures)

Du 26/09 au 13/10/07 Robert et ses amis : Fabienne Botte (digital art), Jean-François Collignon (photographies), Annick Terwagne (pastels), Béatrice Deridiaux (sculptures)

Du 17/10 au 03/11/07 David P. et ses amis : Patrick de Froidmont (peintures), Michel Devillers (sculptures), Michel Dircken (photographies), Luc Gazon (peintures)

Du 07/11 au 24/11/07 Helga Kahl (aquarelle et acryliques), Richard Lower (photos numériques), EFJI (Francine Jernander) (sculptures – céramiques – bijoux), Catherine Seghers (peintures)

Du 28/11 au 15/12/07 Grine (sculptures), Cheryl Jongberg (sculptures et céramiques), Marie Dupont (bijoux « Mariposa »), Aime Vé. (photographies argentiques), Mathieu M. (gravures), Laura Bazzoni (photographies)

Du 19/12 au 12/01/08 Frédéric Halbreich (laques), Luc Janetzky (peintures et cosmogonies), Jerry Delfosse (encres de Chine)

Du 17/01 au 02/02/08 Elisabeth Jaholkowska (céramiques), Tatiana Somoilova (peintures), Fabrice Beck (photographies numériques), Patzy Bailly (marqueteries)

Du 06/02 au 23/02/08 Igor Misyats (peintures, photographies, peintures sous verre, gravures)

Du 27/02 au 15/03/08 Daniel Thys (encres de Chines), Patrice Maistriaux (peintures)

Du 19/03 au 05/04/08 Olivier Delvigne (photographies), Alvaro Teixeira (artiste créateur), Linda Daspremont (broderies)

Du 09/04 au 26/04/08 François Antona (peintures) et Didier Magne (sculptures)

Du 30/04 au 17/05/08 Olivier Cornil (encres de Chine), Vinatier (céramiques), Simon Matheu (peintures), Eric Machtelinckx (crayons de couleurs)

Du 21/05 au 07/06/08 Nathacha (peintures), Mischa Wolinski (peintures), Sabine Londot (bijoux), André Coppens (peintures)

Du 11/06 au 28/06/08 Loco (acrylique et gouaches), Benjamen Félix (art-média), Stoul (peintures sur tissus), Alvaro Mejias (peintures)

Du 02/07 au 26/07/08 ensemble sur La Musique dans tous ses états (collectif)

Du 03/09 au 20/09/08 Pierre Dumoulin (sculptures), Alberto Van Der Hart (peintures), Esteban Granero (sculptures en bois),

Du 01/10 au 31/10/08 Le Salon des artistes de la galerie (collectif)

Du 05/11 au 22/11/08 Le Salon des artistes de la galerie (collectif)

Du 26/11 au 13/12/08 Irina Surzhan (peintures), Olivier Cornil (encres de Chine), EFJI Francine Jernander (sculptures – céramiques – bijoux), Marie-Christine Demeure (aquarelles et pastels)

Du 17/12 au 10/01/09 Cris Lam (peintures), Henri Deregnaucourt (peintures), Musika (peintures), Esteban Granero (sculptures en bois), Jean-Pierre Laydevant (sculptures)

Du 14/01 au 31/01/09 Ramzi Souani (photographies), Isabelle Venet (peintures), Astrid Festor (peintures), Mircea Titus Romanescu (peintures)

Du 04/02 au 21/02/09 Olivier Dumont (peintures), Patricio vilanova (peintures), Hervé Souffi (peintures), Tian Shi (sculptures)

Du 25/02 au 14/03/09 Alix de Valois et Claire Rodriguez (peintures), Francine Ridoux (sculptures), Laure Hammes Quittelier (gravures)

Du 18/03 au 04/04/09 Am’L (encres de Chine), Rim (peintures), François Milliex (peintures), Bertrand Leplae (encres de Chine)

Du 08/04 au 25/04/09 Emerich Meerson (peintures), Peter Mc Lane (art numérique), Muriel Cayet (peintures)

Du 29/04 au 16/05/09 Jack Fournier (peintures), Bernadette Mailleux (sculptures), Peter Mc Lane (art numérique), Muriel Cayet (peintures)

Du 20/05 au 06/06/09 Guy M. (peintures), André Englebert (sculptures), Dominique Pery (peintures)

Du 10/06 au 27/06/09 Chavi (peintures), Myriam Di Lorenzo (peintures), Ignacio Guzman (sculptures), Elodie Haslé (peintures)

Du 01/07 au 12/07/09 Le Salon des artistes de la galerie (collectif)

Du 15/07 au 31/07 Les artistes du 4ème (collectif)

Du 23/09 au 11/10/09 Gérard Duboc (art numérique), Philippe Merviel (peintures), Marc Aghemio (peintures)

Du 14/10 au 31/10/09 Effelec (techniques mixtes), Marie-Christine Demeure (aquarelle et pastels), Marie-Eve Stevenne (pastel), Liliana Bordoni (sculptures)

Du 04/11 au 22/11/09 Margret Riese (peintures et encres de Chine)

Du 25/11 au 13/12/09 Sylviane Tirez (peintures), Alain Larivière (peintures), Lou Delman (sculptures), Carole Duffour (sculptures)

Du 16/12 au 10/01/10 Artin (peintures), Brigitte et Jean-Marc Millet (céramiques), Roger De Bruyn (bijoux)

Du 13/01 au 31/01/10 Le Xiao Long (encres de Chine), Laura Bazzoni (photographies), Emma Lapassouze (peintures), Baldelli (sculptures), Adèle Vergé (sculptures)

Du 03/02 au 21/02/10 Pittorex (enduits gravés, laques et oxidations), Sophie S. (peintures)

Du 24/02 au 14/03/10 Daniel Thys (mines de plomb et encres de Chines)

Du 17/03 au 04/04/10 Monika Macken (peintures), Cloo POtloot (peintures), Sandrine Boutté (sculptures), Dominique Milleville (sculptures)

Du 07/04 au 25/04/10 Marie-Hélène Rochet (peintures), Philippe Litou (sculptures en verre), Fodé Bayo (sculptures en bois), Benoît Vanhoebroeck (céramiques) et pour « Le parcours d’artistes du Maelbeek » Halil Faïk (sculptures en bronze) et Pablo Merino (peintures)

Du 28/04 au 16/05/10 Eric Blanc (sculptures), Porentru (peintures)

Du 19/05 au 06/06/10 Marie-Claude Cavagnac (peintures), Félicia Trales Carlos (peintures), Ya Wen Hsu (peintures), Sylvestre Gauvrit (sculptures)

Du 09/06 au 27/06/10 Monique Jansen (photographies), Chanon (peintures), Kristeen Van Ryswyck (peintures), Sophie Raine (sculptures)

Du 30/06 au 31/07/10 Le Salon des artistes de la galerie (collectif)

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air de bestiaire

Je prépare la prochaine expo à la galerie racines

bestiaire


« Air de bestiaire »

Sans en avoir l’air, les 2 font la paire. Jacques Guillon, (un jeune homme de 81 ans) et Tom Hallis défient le temps.. Nous avons le plaisir de vous faire découvrir ce duo de magiciens, l’un avoue avoir un penchant pour les hérons cendrés, l’autre pour les papillons…

Peintures et sculptures assemblages feront bon ménage. Un repas suivra ce vernissage ou vous pourrez, avec nos deux compères, aborder le mystère d’un bestiaire.

Ne laissez pas votre rêve au vestiaire..


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Le 31 mai a eu lieu au Club de la Fondation universitaire une rencontre, présidée par Huguette de Broqueville : étaient présents William Cliff, Valérie de Changy, Serge Delaive et François Emmanuel, interviewés par Nicole Debarre de la RTBF

Valérie de Changy
Valérie de Changy est née en 1968, d’une mère belge et d’un père français. Agrégée de Lettres Modernes, elle a enseigné en région parisienne. Actuellement, elle vit à Bruxelles où elle se consacre à l’écriture.
Fils de Rabelais, publié en 2009 aux Editions Aden est son premier roman. Il a reçu le Prix de la première œuvre par la Comunauté française de Belgique en 2010.

Serge Delaive
Serge Delaive baigne dans les livres depuis toujours. Ecole normale en français et Histoire, puis maîtrise en communication à l’Université de Liège. Des années d’amours, d’amitiés et de voyages sur tous les continents. Boulots de courte durées : professeur, logisticien pour Médecins Sans Frontières en Afrique centrale, coordinateur de projet… chômage… passion de la voile, Moniteur de voile sur voiliers habitables. 1994, renconre avec Sandra. En 1997 naissance de Sann et boulot stable. En 2001, naissance de Célia. Etabli à Liège.
Parmi ses poèmes et ses romans : aux Editions La Différence : Café Europa ; Les Jours, suivi de Ici et là (prix Marcel Thiry 2007) : L’homme sans mémoire, 2008. Chez d’autres éditeurs, des poèmes : Monde jumeau ; Par l’œil blessé ; Revolver ; En rade ; Poèmes sauvages ; Le sexe des bœufs ; Une langue étrangère. Et Argentine aux éditions de La Différence, couronné par le Prix Rossel 2009.

Valérie de Changy et Serge Delaive

Willam Cliff
Etudes de lettres et de philosophie. Ses poèmes sont remarqués par Raymond Queneau et il sera systématiquement édité par Gallimard. Le style de William Cliff détonne dans la poésie francophone de son temps. On le rencontre chez Queneau ou dans les poèmes de Georges Perros ou Jean Genêt et même chez Charles Péguy. Cliff lui-même se range aux côtés de ses grands anciens de Moyen âge (Marguerite de Navarre, Charles d’Orléans), mais son existence est plutôt celle d’un François Villon.
Une trentaine de parutions dont : Homo sum ; Ecrasez-le ; Marché au charbon ; America ; En Orient ; Fête nationale ; Journal d’un innocent, tous chez Gallimard. Des romans : La Sainte Famille ; L’Adolescent ; Le Pain quaotidien ; Immense existence ; Epopées…
Nombreux prix dont : Prix triennal de poésie en 2004 ; Grand Prix de poésie de l’Académie française en 2007, et Prix Quinquennal pour l’ensemble de son œuvre.


François Emmanuel
Il est né à Fleurus le 3 septembre 1952. Etudes de médecine, il s’intéresse à la poésie et au théâtre. A partir de la publication de Femmes prodiges, en 1984, il en vient progressivement à l’écriture romanesque. Depuis 1989 des romans souvent graves, parfois légers, selon deux veines qualifiées parfois « d’été » ou « d’hiver ». La Passion Savinsen a obtenu le Prix Rossel et La Question Huaine, traduite en dix langues a fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Regarde la Vague a été couronné en 2010 par le Prix triennal du roman.
Depuis 2004, membre de l’Académie de Langue et de Littérature Française de Belgique. Parmi la vingtaine de livres : La nuit d’obsidienne ; La partie d’échec indiens ; Le Tueur mélancolique ; La Passion Savinsen ; Le sentiment du fleuve ; Le vent dans la maison ; Bleu de fuite ; Partie de chasse (théâtre) ; L’enlacement ; Jours de tremblement.

William Cliff et François Emmanuel


Huguette de Broqueville, Présidente du Pen Club de Belgique et Nicole Debarre de la RTBF

Huguette de Broqueville et Nicole Debarre

(Photos Arts et Lettres)

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Même soleil..

"Même soleil" le nom de cette expo collective qui sera inaugurée le 19 Juin
dans le parc thermal du Fayet . St- Gervais.

Quand on sait la difficulté à organiser et exposer différents artistes ( j'en sais quelque chose..!)

Je dis bravo à l'initiateur de cette manifestation. Kaviiik est un artiste généreux, un artiste qui va jusqu'au bout de ce qu'il décide.meme-soleil.jpg

L'expo est en plein air dans un environnement exceptionnel.

les oeuvres sont en fait reproduites en haute définition sur des bâches de grand format et accompagnées de textes imprimés eux aussi sur bâches.

Cette année encore , belle édition avec des tous grands qui ont accepté de jouer le jeu. Je pense F- Sepulveda, F Willm, E- Roux- Fontaine et d'autres encore dont ...L'inénarrable.. Gegout..!

nous en reparlerons bientôt




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arme blanche ou larmes noires

Dans tous les cas le même constat, ce sentiment d'impuissance qui va finir par avoir raison de notre raison.

Par encore tout à fait prêt pour un cynisme à toute épreuve, je me fais mal..

Et faut-il mourir ou pourrir en prison pour une idée un idéal..?

Allons Gegout, concentre toi sur ta carrière nom de dieu..! et fais pas chier avec tes états d'âmes.

larme noire acry et marouflage sur toile 46 x38
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Et pour que la pluie cesse de tomber on prend toutes les couleurs et on les jette par la fenêtre de l'atelier , celles qui passent entre les gouttes ont gagné un séjour dans le Sahel.

Flo après sa crise de jalousie 150 x120 acry et marouflage sur toile

flo après la crse de jalousie

Cette bruine alourdit mon coeur et nos prairies si riches en fleur..


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ADMINISTRATEUR GENERAL

« Du Clair - obscur aux Couleurs de la vie »

Artistes : Monique Jansen (photographies), Chanon (peintures), Kristeen Van Ryswyck (peintures) et Sophie Raine (sculptures).

Vernissage le : 09/06/2010 de 18 h 30 à 21 h 30.

Exposition du 09/06 au 27/06/2010.

« Salon d’ensemble des artistes de la galerie »

Artistes : Une quarantaine d’artistes de la galerie (peintures, sculptures, céramiques, photographies,…) présentent leurs œuvres.

Vernissage le 30/06/2010 de 18 h 30 à 21 h 30.

Exposition du 30/06 au 31/07/2010.

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Du Clair-obscur aux Couleurs de la vie

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 09/06/2010 au 27/06/2010 l’exposition « Du Clair-obscur aux Couleurs de la vie ». Le VERNISSAGE a lieu le 09/06 de 18 h 30 à 21 h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11 h 30 à 18 h 30.

Monique Jansen (Be)

Monique Jansen a délibérément sélectionné un nombre limité de photos en vue d’obtenir un impact maximum.

Ce que l'observateur constatera c’est, l'interaction entre la lumière et l'ombre, les zones sombres dans les images. Elle demande donc au visiteur plus qu'un regard oblique sur les images, mais de poser des questions, faire réfléchir le spectateur. Cette omission délibérée de certains éléments crée une atmosphère mystérieuse.

La plupart des photos ont été prises lors de ses voyages en Asie, y compris des destinations telles que l'Inde, le Tibet, le Myanmar (anciennement Birmanie). Monique Jansen n'a pas seulement une fascination pour la culture de ces régions où elle a vécu des contacts chaleureux avec les populations locales. C'est aussi la principale force qui émane de ses tableaux: une histoire derrière chaque image.

Elle participe à de nombreux projets, comme par exemple une collaboration avec Globereports.be et la coopération pour un livre pour enfants. Malcolm Arnold, un artiste australien qui vit au Bangladesh est l'inspirateur de ce livre.

Chanon Lauffer (Nl)

Chanon est une autodidacte. Elle est née et a grandi à Amsterdam, le 1er avril 1979.

C’est une peinture du cœur, une artiste expressive. Ce que son cœur lui dit se reflète dans sa vision de la vie et son identité.

Elle crée un art personnel, sans règles ni restrictions. Chanon veut s’émanciper de toutes les restrictions techniques et créer un espace pour le sentiment. Son travail puise son inspiration dans sa propre vie.

Au cours des 6 dernières années Chanon a raconté son histoire, principalement en utilisant l'acrylique, sur différents supports : carton, papier, résine acrylique, papier de couleur à l'eau, etc…

Kristeen Van Ryswyck (Fr)

« Quelques mots sur mon œuvre . . . .

Je peins les couleurs de mon âme avec mon tempérament, mes émois, mes ressentis, ma passion ...

Je tiens à captiver votre regard afin que vous puissiez me rejoindre dans mon univers fait d'ambiances poétiques, énigmatiques, surprenantes, curieuses, troublantes...

Univers imprégné de passion, de vie, d'amour, de joie, d'énergie, de rires, de soleil, de lumières...

Je vous ouvre la porte de l'irréel afin que votre sensibilité puisse y enfanter les plus belles histoires, les plus beaux voyages de votre imagination ...

Que vous ressentiez par mes harmonies colorées, mieux que par des mots, les émotions, les sens, les perceptions, les troubles, les réactions, les émois qui me sont propres...

Je vous ouvre la porte de voyages ensorcelants au plus profond de votre âme...

Laissez-vous guider, oubliez les mots "comprendre" et "expliquer"...

Simplement, laissez-vous imprégner, y être sensible, réceptif, perméable ...

Si ces œuvres vous parlent, vous touchent, vous troublent, vous captivent et vous attirent....

Alors laissez votre âme s'imprégner...

Laissez-vous porter...

Rejoignez-moi dans mon imaginaire... »

Sophie Raine (Fr)

« Je désire créer des figures humaines qui dansent et vous entrainent, communiquer ma joie de vivre en saisissant, l'espace d'un instant, l' « arrêt-sur-image » du mouvement. Je découpe, tords, polis, soude l'acier inox à mon rêve d'éternité ».

Ses dernières expositions :

2005

Exposition personnelle - Bouchemaine -Angers (France)

Exposition « L'Art du Trot » Vincennes – Paris

Foire de Paris – (France)

Art Fair International - Shanghai – (Chine)

Exposition Art Libre - Toit de la Grande Arche- Paris (France)

2006

Exposition « La Galerie » - Tourgeville (France)

Exposition « Art Cité » - Paris (France)

La Sculpture en Liberté- Roquebrune/Argens – (France)

Exposition personnelle Abbaye de Bouchemaine – Angers (France)

2009

« La Galerie » - Tourgeville (France)

Exposition de sculptures – Cogolin – (France)

L'art Abordable – Paris (France)

2ème prix du Concours « Art monumental » château d'Aine (France)

Art Shopping – Carré du Louvres – Paris (France)

GMAC – Paris (France)

Galerie Référence – New-York (USA)

Réalisation de Trophées

Pour « l'Art en Direct « pour :

Danone, Peugeot, Renault, BNP, Spie Batignolles, Total, Skoda, BMS SNAAM, Capital Image......

A voir donc du 09/06/2010 au 27/06/2010 au 35 rue Lesbroussart à 1050 Ixelles.


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Les Poèmes saturniens constituent le premier recueil publié par Verlaine, qui avait tout d'abord songé à l'intituler Poèmes et Sonnets. Les traits dominants de l'esthétique verlainienne - qui culminera dans les Romances sans paroles avant le retour, avec Sagesse, à des formes poétiques plus conventionnelles - y sont déjà très affirmés.

Après un poème liminaire qui explique le titre, le recueil s'ouvre sur un long "Prologue" en alexandrins consacré au poète, à la permanence de son art et au caractère sacré de sa mission: "Le Poëte, l'amour du Beau, voilà sa foi, / L'Azur son étendard, et l'Idéal, sa loi!" Vient ensuite une première partie, intitulée "Melancholia", que Verlaine avait sans doute songé un moment à isoler pour la publier en plaquette. Elle comporte huit poèmes, dont sept sont des sonnets et figurent parmi les textes les plus fameux du poète, notamment "Nevermore", "Après trois ans", "Lassitude" et "Mon rêve familier". La deuxième section, "Eaux-fortes", comprend cinq poèmes aux formes variées, certains, comme "Cauchemar" (II) et "Marine" (III), mêlant divers types de mètres, souvent impairs, conformément à "l'Art poétique" que le poète énoncera plus tard (voir Jadis et Naguère). La troisième partie, intitulée "Paysages tristes" et formée de sept poèmes, privilégie, ainsi qu'en témoignent certains titres, les moments de déclin: celui du jour avec "Soleils couchants" (I), "Crépuscule du soir mystique" (II), "l'Heure du berger" (VI); ou bien celui de l'année avec "Chanson d'automne" (V). La quatrième section, "Caprice", contient cinq poèmes, dont le ton humoristique va de la badinerie galante ("Femme et Chatte", I) à la satire ("Jésuitisme", II, "Monsieur Prudhomme", V). Vient ensuite une série de douze poèmes dépourvus d'un titre commun et non numérotés, de formes et d'inspirations diverses, généralement en alexandrins. Le recueil se clôt sur un "Épilogue", constitué de trois poèmes, dans lequel Verlaine dévoile sa conception de la création poétique.

Le poème liminaire définit en ces termes l'"influence maligne" qui préside à la destinée du poète: "Or ceux-là qui sont nés sous le signe SATURNE, / Fauve planète, chère aux nécromanciens, / Ont entre tous, d'après les grimoires anciens, / Bonne part de malheurs et bonne part de bile. / L'Imagination, inquiète et débile, / Vient rendre nul en eux l'effort de la Raison." Rien de romantique, toutefois, dans cette fatalité. Verlaine souligne avec ironie la distance qui le sépare par exemple d'un Lamartine ("Épilogue", III), et semble plutôt en accord avec l'esthétique parnassienne: "Ce qu'il nous faut à nous, les Suprêmes Poëtes / [...] A nous qui ciselons les mots comme des coupes / Et qui faisons des vers émus très froidement, / [...] C'est l'Obstination et c'est la Volonté!" (ibid.). L'ironie latente de certains vers invite toutefois à considérer avec circonspection une telle allégeance. En réalité, cette poésie ne ressemble à aucune autre et, en dépit du caractère composite du recueil et de la facture encore conventionnelle de certains poèmes, les Poèmes saturniens témoignent de l'originalité et de la modernité de la voix verlainienne.

Cette voix, le poète la caractérise lui-même dans "Sérénade": "Ma voix aigre et fausse." Privilégiant le déhanchement et la rupture, le vers se modèle au rythme des sons plus qu'il ne se plie à la logique du sens et engendre ainsi des harmonies inhabituelles, de surprenants effets de claudication syntaxique. C'est sans doute "Chanson d'automne" ("Paysages tristes", V) qui va le plus loin dans cette voie. Assonances et allitérations se mêlent pour engendrer un flux lancinant et grinçant à la fois. La brièveté des vers scinde la lecture, de multiples pauses retardant l'avènement du sens et laissant le poème dans un constant suspens: "Les sanglots longs / Des violons / De l'automne / Blessent mon coeur / D'une langueur / Monotone." L'angoisse, jamais nommée mais manifestée à travers diverses expressions - "Tout suffocant", "Je pleure" - est ainsi d'autant plus efficacement communiquée.

Univers de la sensation, de l'impression et du rêve, les Poèmes saturniens procèdent par touches successives plutôt qu'ils n'obéissent à une continuité narrative ou à une logique descriptive, à l'exception de quelques pièces telles que "Nocturne parisien", "Marco", "César Borgia" ou "la Mort de Philippe II". Ainsi, dans "Après trois ans" ("Melancholia", III), le paysage d'un jardin se constitue peu à peu mais demeure morcelé, formé d'éléments autonomes que le poème se borne à mettre côte à côte: une "humble tonnelle", un "jet d'eau", un "vieux tremble", des "roses", de "grands lys", des "alouettes", une "Velléda". Aucune vision totalisante n'organise l'espace, de même que le texte, refusant l'anecdote et l'expansion sentimentale, demeure muet sur les motivations de cette promenade et l'émotion qu'elle suscite. La nostalgie, l'oeuvre destructrice du temps sont au coeur du poème mais suggérées seulement, dessinées en filigrane à travers le spectacle de l'immuabilité de la nature et grâce à de brèves notations temporelles - "Après trois ans", "Comme avant" - ou à de simples préfixes itératifs - "J'ai tout revu", "J'ai retrouvé".

L'un des traits dominants du "signe SATURNE" réside sans doute dans cette perception aiguë et inquiète de la fuite du temps. Les Poèmes saturniens se plaisent à évoquer le passé qui ne reviendra plus - des titres tels que "Melancholia" ou "Nevermore" (ce dernier est utilisé deux fois) sont éloquents à cet égard -, ou à traquer la fugacité du présent: "Et fais-moi des serments que tu rompras demain, / Et pleurons jusqu'au jour, ô petite fougueuse!" ("Lassitude", "Melancholia", V). La femme rêvée est moins promise que d'emblée vouée à la mort dont elle procède et dont elle ne parvient pas véritablement à s'extraire: "Son regard est pareil à celui des statues, / Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a / L'inflexion des voix chères qui se sont tues" ("Mon rêve familier", "Melancholia", VI).

Les Poèmes saturniens sont peuplés de souvenirs et de spectres. De discrets mouvements s'y esquissent, presque toujours sous l'image du roulis, d'un balancement typique de l'hésitation et de l'indécision saturniennes: "Balancés par un vent automnal et berceur, / Les rosiers du jardin s'inclinent en cadence" ("Épilogue", I). Les teintes sont estompées, ainsi que l'atteste la récurrence d'adjectifs tels que "blême", "blafard" ou "morne". La mort envahit le texte poétique et la détresse - "Mon âme pour d'affreux naufrages appareille" ("l'Angoisse", "Eaux-fortes", VIII) - se dit à travers l'évanescence et la déliquescence des choses: toute présence est saisie dans sa précaire ténuité et porte l'angoisse d'une disparition.

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Le plein est le comble du vide..

"Le plein est le comble du vide" sanspitre-se-prom-ne.jpg

Le sans-pitre se promène dans la vieille ville de Genèèèèève

photo de Layla Gegout

Une de mes phrases que j'aime, empreinte d'une grande vérité, alliée à une profondeur d'analyse, cette réflexion en dit long sur l'étendue du sujet..

De retour d'une visite de galerie à Genève , le trafic et les travaux dans cette ville m'ont confirmé dans cette absurdité. Une visite vite fait à la galerie Fallet qui expose encore pour qqs jours les peintures de sud-Américain

Francisco SEPULVEDA. (prix azart 2009)

Cette galerie et le peintre actuellement présent méritent le voyage, malgré le bordel pour circuler en ville.. Prenez le vélo nom de dieu..!

Et n'écrasez pas les pelleteuses..!

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La mémoire du corps

Un commentaire d'une amie m'a inspiré, je vous le livre:

Elle semble paisible, plongée dans un bonheur primaire, celui de l'animal.
Elle ne semble pas se poser de questions.

Il est tellement bon de traîner au lit, nue, dans des draps froissés.
Il est tellement bon de promener sa main sur les draps blancs pour sentir leur douceur.
Il est tellement bon de s'entortiller dans ces mêmes draps et de sortir juste un pied pour sentir la fraîcheur.

En voyant ce corps nu de femme, j'ai pensé à la mémoire du corps.
Lorsque l'on est amoureux de quelqu'un et que l'on fait l'amour pour la première fois, les sens n'ont aucun repère.
Ils ne connaissent pas encore les contours du corps de l'autre, ni son odeur, ni son goût, ni son gémissement.
Cela peut être très perturbant.
Et puis, petit à petit, les sens acceptent l'autre et ce qui les gênait s'efface.

Imaginez que l'autre disparaisse, séparation, puis revienne.
Eh bien, les sens n'ont rien oublié de l'autre.
C'est la mémoire du corps.


Anne-Marie Cerciello

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Les hommages de Norge, Marie Gevers, Robert Guiette, Jean Cocteau et Paul Neuhuys

Hommage de Norge

Elskamp de bois

« J’ai triste d’une ville en bois,
J’ai mal à mes sabots de bois »
(Max Elskamp)


Le petit bonhomme de bois
Dans sa chair taille un poème
Et sa chair est aux abois,
Cet arbre doux, ce bon chêne,
Ce lisse pommier, donneur
De rondes pommes amènes
Est une pulpe souffrante.
Ah, le bois taillé de main
Ferme saigne quand il chante !
Une sève de carmin
Colore toute l’image
Où le monde est engravé.
Et le savent à douleur
Ceux de dur et franc lignage,
Sans Pater et sans Ave,
Que rouge est couleur du cœur.
Et lors, grands âges qui vibrent :
Un petit homme benoît
Pénètre d’amour pour toi,
Pour moi,
Tant la rime que la fibre.
O petit homme de bois
De foi,
O petit homme de croix
De bois.

Norge (1962)


Hommage de Marie Gevers :

Max Elskamp
Naissance : 5 mai 1862. Mort : 10 décembre 1931 .
Centenaire : 5 Mai 1962.


Le jour de la naissance.

Max Elskamp pensait-il au jour de son centenaire en publiant l’un de ses principaux recueils de poèmes : « Enluminures » ? Il n’avait alors que trente-six ans… Les premiers vers sont émouvants à citer aujourd’hui :

Ici, c’est un vieil homme de cent ans
Qui dit, selon la chair, Flandre et le sang :
Souvenez-vous en, souvenez-vous en,
En ouvrant son cœur de ses doigts tremblants.

Toujours, nous retrouverons son cœur dans ses poèmes à la fois tendres, discrets, intenses, réservés, douloureux et d’une valeur poétique et littéraire absolue.
S’il parle de ses cent ans dès 1898, i chantera sa naissance bien plus tard, en 1922, déjà touché alors par la maladie qui devait peu à peu l’étreindre, puis l’éteindre. Néanmoins, dans « La Chanson de la Rue Saint-Paul », il s’écrie qu’il est né à la marée haute, sur le ton joyeux dont on dirait : « Je suis né coiffé ! »

C’est ta rue Saint-Paul
Celle où tu es né
Un matin de mai
A la marée haute !

Pour pouvoir évoquer avec précision, aujourd’hui, en souvenir du poète, son jour de naissance, je me suis adressée au savant météorologue « Star », qui a bien voulu me donner les indications nécessaires :
La marée haute natale de Max Elskamp, le 5 mai 1862, eut lieu à 8.06h. Les gens qui n’ont jamais vécu au bord d’un fleuve soumis à la marée ignorent ce que signifient ces mots « Marée haute ! ». Certes, il y a de l’inquiétude, les jours de gros temps où la poussée de l’eau menace, mais que d’allégresse par les jours ensoleillés d’azur !. Le ciel se berce largement à fleur des rives, le clapotis anime les pierres des quais et une activité règne au port. A la marée haute, les sirènes mugissent ou sifflent, car les bateaux chargés se confient au courant qui les entraînera vers l’estuaire, tandis que les navires amenés par le flot attachent les amarres et jettent l’ancre.
Or, en 1862, le mois de mai fut l’un des plus beaux du siècle et, les 5 et 6 mai, les plus chauds du mois. Toute l’œuvre du poète sera sillonnée de navires, de matelots, de nostalgie maritime, et soulevée par le désir de la mer.
M. Louis, Jean, François Elskamp, propriétaire d’un brick nommé l’Ortélius et d’un trois-mâts carré baptisé « Le Louis », fut le père de Max et l’un des notables de la rue Saint-Paul. Nous aimons à croire que l’un de ses deux vaisseaux, quittant le quai, vogua vers sa destination maritime au moment om l’enfant commençait son voyage sur l’océan des jours.
Le voisinage apprit vite que la jeune dame Elskamp venait de mettre au monde un fils, mais nul ne se doutait que l’enfant serait poète. Cependant, Elskamp lui-même pensait que –peut-être- la poésie s’était emparée de lui dès avant sa naissance. Il nous suggère cette idée dans l’une de ses chansons :

Un pauvre homme est entré chez moi
Pour des chansons qu’il venait vendredi Comme Pâques chantait en Flandre
Et mille oiseaux doux à entendre,
Un pauvre homme a chanté chez moi.

Si humblement, que c’était moi
Pour les refrains et les paroles
A tous et toutes bénévoles,
Si humblement que c’était moi,
Selon mon cœur, comme ma foi.

Ainsi Elskamp s’identifiait-il à l’Homme aux Chansons, venu dès Pâques, célébré le 20 Avril de celle année-là. Son poème « A ma mère » confirme qu’il croit devoir sa plus intime sensibilité et ses dons poétiques à l’amour de sa mère :

O Claire, Suzanne, Adolphine,
Ma mère qui m’étiez divine

Comme les Maries et qu’enfant,
J’adorais dès le matin blanc…


C’est ta rue Saint-Paul
Blanche comme un pôle…

Le soleil reluisait à toutes les façades repeintes à neuf dès le début du printemps, comme il se devait dans une rue « Dévote, marchande –Trafiquante et gaie, Blanche de servantes- Dès le jour monté. » Cette rue, orientée du sud-est au nord-ouest, court droit sur le fleuve. Les matinées y sont donc triomphantes de lumière et nous devinons ce que fut le premier baiser de la jeune mère à son nouveau-né, en ce beau matin clair :

« O ma mère, avec vos yeux bleus,
Que je regardais comme cieux,
Penchés sur moi tout de tendresse… »

Le soleil monta, évoluant dans le plus merveilleux des azurs : celui du printemps, près d’une grande eau mouvante.
Ce jour-là, le vent venait du côté du fleuve. Il entrait librement et caressait d’une souple haleine les maisons de la rue Saint-Paul. Elskamp s’est toujours souvenu de l’air que l’on y respirait, aux temps de son enfance :
« Maritime en tout – L’air qu’on y boit – Sent avec la mer – Le poisson sauré… »
Ensuite, le soleil fléchit en direction des polders de la rive d’en face. Les transbordeurs allaient, venaient, sans cesse, battant des aubes pour faire passer le fleuve aux gens qui, journée finie, rentraient au logis. La nouvelle marée monta. Elle fut haute à 20.15 h. Ramenait-elle au port l’Ortélius ou Le Louis ? Qui le dira ? Mais nous savons que la première nuit du poète se glissa doucement dans « sa rue bien-aimée ». Il dormait, dans son berceau fanfreluché, près de sa mère. « O ma mère, dans mon enfance, - J’étais en vous et vous en moi ».
Dans son recueil : « Dominical » Max Elskamp se présente « avec les enfants du dimanche ». Sans doute eût-il préféré naître « un dimanche à midi », comme Mélisande ? Mais c’était un lundi –jour de la lune- et la lune est bonne aux poètes. Celle du 5 mai 1862 (premier quartier le 6) ne se couchera qu’après minuit. Elle entrera du côté du fleuve, comme le vent et le parfum de l’eau, elle aura eu tout le temps de baigner de rêve la maison de la rue Saint-Paul. C’est à elle sans doute que Max Elskamp doit d’avoir connu l’illusion, Maya :

Maya, l’illusion,
Vous ai-je assez aimée ?


La lettre à Van Bever

L’influence de la rue Saint-Paul occupe vraiment toute l’œuvre de Max Elskamp. Il le sait. Il l’écrit dans une lettre très importante pour lui, puisqu’elle est destinée à préciser son travail et son inspiration en vue de la fameuse Anthologie de Van Bever et Léautaud.

(Date de la poste : 20 juin 1907)
« Je crois que j’ai été très influencé par ces choses qui datent de ma petite enfance. Après la vie m’a pris, plus neutre, me semble-t-il, et à part la pratique des métiers, et ce qui touche à l’âme traditionnelle du peuple, peu de choses ont réagi sur moi. »
Sa mère tant aimée n’a pu lui donner l’âme traditionnelle du peuple de la rue Saint_paul, car elle venait d’ailleurs :
O Claire, Suzanne Adolphine – O ma mère des Ecaussines, mais il lui doit la sensibilité nécessaire à l’avoir ressentie, comprise, assimilée. Il a pu en nourrir sa poésie, au point d’être parvenu à lui donner une langue différente de celle que lui offrait la rue Saint-Paul. Je crois d’ailleurs qu’une telle métamorphose fut favorable à la magie si particulière à l’œuvre de Max Elskamp.
L’âme traditionnelle du peuple, le poète ne peut l’avoir reçue que des servantes. A cette époque, et dans toute la bourgeoisie, les enfants étaient, presque totalement, élevés par les servantes. Elskamp s’en souvient : « Bonne nuit, les hommes, les femmes -bras en croix sur le cœur ou l’âme - et rêve aux doigts en bleu et blanc – les servantes près des enfants ».
Retrouver comptines, proverbes, locutions originaires de la rue Saint-Paul, dans les poèmes d’Elskamp formerait l’élément d’une étude bien intéressante. De la nourrice de Juliette aux servantes, qui scandaient pour Max Elskamp l’histoire d’Anna-la-lune, en passant par celles dont Chateaubriand nous donne le souvenir dans les « Mémoires d’Outre-tombe », que de vigueur, que de poésie leur ont dû nombre de grands écrivains !
Elskamp a reçu du petit peuple de son enfance le goût du folklore, et sa magnifique collection d’objets patiemment rassemblés forme le fonds du Musée d’Anvers. Sa naissance ensoleillée ? Nous aimons à supposer qu’elle soit au départ de sa passion pour les cadrans solaires… Et là, sa sensibilité l’y portant, il fit don, en souvenir de sa mère des Ecaussines, des merveilles qu’il avait rassemblées, au Musée de la Vie Wallonne, à Liège.

Le Calvaire:

« Notre maison, écrit-il encore à Van Bever, se trouvait pour ainsi dire enclavée dans l’église Saint-Paul, et mon enfance s’est passée sous les cloches, au milieu des corneilles et tout contre un horrifique calvaire en grès et cendrée. » On voudrait citer ici tout le poème consacré au Calvaire

Mon Dieu qui mourez à Saint_paul,
Un peu autrement que les autres…
Mon Dieu qui savez les étoiles
Qui fixent à chacun son lot…

Elskamp m’a écrit un jour : « Je crois aux étoiles ». Il croyait aussi à la mer, et le bonheur avait pour lui, comme symbole, un matelot : « Et c’est Lui, comme un matelot – c’est lui qu’on n’attendait plus, - et c’est lui, comme un matelot – qui s’en revient les bras tendus… »
Un matelot ne reste jamais longtemps au logis, si chaud si doux qu’il y fasse. Pour Max Elskamp, il l’a quitté, peu après qu’il eût lui-même quitté la chère rue Saint-Paul. Une grande douleur, une grande déception d’amour l’a emporté :

Un jour où j’avais cru trouver
Celle qui eût orné ma vie,
A qui je m’étais tout donné,
Mais qui, las ! ne m’a pas suivi…

Le père du poète a tenté de le consoler en lui offrant les vastes espaces maritimes : Elskamp, alors, a navigué :

Va, mon fils, je suis avec toi
Tu ne seras seul sous les voiles,
Va, pars et surtout garde foi,
Dans la vie et dans ton étoile !

Elskamp s’est attaché à corps perdu à ses parents, à sa sœur Marie. La mort les lui a enlevées :

C’est vous, mon Père bien aimé,
Qui m’avez dit adieu tout bas,
Vos yeux dans les miens comme entrés
Qui êtes mort entre mes bras.

A sa mère, il a dit :

Et lorsque vous êtes partie,
J’ai su que j’avais tout perdu.

Alors, le poète est entré en maladie.
J’ai dit ailleurs les circonstances de la mort de Max Elskamp, comment je l’appris, et quelles étaient les personnes rassemblées à la table de François Franck ce 10 décembre 1931. On soupait là, après la représentation à Anvers de l’Œdipe d’André Gide : pour cette première, Gide était présent, les Pitoeff, et quelques écrivains d’Anvers. En remémorant, aujourd’hui encore, après tant d’années, l’instant où Willy Konincks, en retard, entra en disant : « Max Elskamp est mort », je puis mesurer la puissance d’émotion soulevée par ces mots. Cependant, le poète en lui se taisait depuis des années… et ses voisins l’entendaient souvent crier dans ses délires… L’émotion fut si profonde, ce soir là, chez Franck, que le regard de Gide fit lentement le tour de la table, en la cueillant à chaque visage comme s’il avait voulu rassembler un herbier du souvenir d’un poète qu’il savait grand.
Je veux citer ici quelques lignes d’un article nécrologique que je possède, auquel manque la signature, mais que je crois dû à André Salmon : « S’exténuant à combattre le désespoir, il passe des années avec Bouddha, mais cette culture de l’idée du néant ne pouvait combler un tel poète. Il traversa le monde d’un pas tremblant – il nous quittait- il s’avançait seul dans la nuit. »
Aux fleurs d’émotion cueillies lors de la mort du poète, par André Gide, et puisque Max Elskamp aimait le folklore, les saints et les fleurs, je veux, à l’occasion de ce centenaire, ajouter deux fleurs qui le concernent particulièrement, il les doit à deux folkloristes : le Baron de Rheinsberg, et Isidore Teirlinck.
La fleur-marraine, offerte par son saint-patron, Maxime, est la « primula véris » ou primevère du printemps, et les servantes de son enfance lui auront dit qu’elle est une clef du Paradis, et vient droit de Saint-Pierre, grâce à qui elle germa dans l’humus des polders… Le 10 décembre, par quelle étrange coïncidence est voué au cyprès. Il figure au jour où le poète sombra dans la mort.

Marie Gevers, Mai 1962, in « Le Thyrse » revue d’art et de littérature, numéro consacré au centenaire de Max Elskamp.



Hommage de Robert Guiette

La Ville en Ex-voto

Sa « petite ville », Max Elskamp la chante dès « Dominical, « la ville de mes mille âmes ». Cette ville en bois, douce ville à bâtir, la ville en rond comme une bague, les bonnes madones aux coins des ruelles. Ce port marchand, cette ville très port-de-mer, il y montre des barques et des grands vaisseaux, et les bâtiments à voiles, les chapelles et les tours et les cloches, c’est toute sa longue litanie qu’il faudrait redire. Poésie frêle, à la voix fêlée. « Mes dimanches morts en Flandre » et « dans la paix bonne d’un pays tendre », avec les petites gens des beaux métiers, la mer à l’horizon.
C’est plus qu’un décor, cette ville, c’est un personnage avec lequel on cause gentiment, à voix basse, retenue, comme pour soi.
Max Elskamp était demeuré très attaché à son vieux quartier de la rue Saint Paul bien qu’il n’y habitât plus. Ecolier, il y retournait passer ses jeudis après midi. Avec son ami, Henri van de Velde, il allait, près de la grande écluse du Kattendyk, à marée haute, voir entrer les bateaux. Les deux amis se mêlaient à une foule affairée d’employés de la douane, de commis, d’affréteurs, de curieux et de femmes aux toilettes extravagantes. C’était parfois « un voilier gigantesque, fatigué et souillé, dont l’équipage composé de nègres agités ou d’hindous lents, n’attendait que d’avoir accosté pour offrir en vente : perroquets, singes, plumes de couleurs éclatantes, peaux d’animaux inconnus, os d’albatros ; ou au départ de pitoyables émigrants polonais ou russes qu’on descendait à fond de cale sans ménagement, avec enfants et bagages ! Spectacles qui fouettaient nos imagination en entraînaient nos pensées si loin, si loin… »
Plus tard, les travaux de rectification des quais entamèrent le plus ancien quartier de la ville, cette « ville en rond » dont il ne reste qu’un morceau. L’ancien pittoresque ne demeurait plus que dans le cœur et la pensée du poète : l’ancien « werf », les quais plantés d’arbres, la population même de ces rues étroites, besogneuses et joyeuses.
Lorsque le lecteur d’aujourd’hui découvre cette image dans les petits poèmes de Max Elskamp, il la compare à ce qu’il voit : la rive droite, tracée au cordeau, les entrepôts et les construction aujourd’hui démodés qui attestaient, vers 1910, la grandeur récente des firmes allemandes fixées à Anvers. Le poète écrivait : « les Rietdijk, les Frascati, toutes les belles prostitution d’antan sont abolies… » ; et depuis, le joli village de Tête-de-Flandre rasé, surgirent les tours, les tunnels et les buildings. Le lecteur se demande alors si, dans les poèmes, ce n’est pas une petite ville ou un village de la Flandre zélandaise que le poète aurait chantée, et non Anvers, cette actuelle grande ville moderne où les anciens monuments et même la cathédrale se trouvent dépaysés. La beauté du spectacle –beauté très réelle encore- est différente de ce qu’a dit le poète. Le fleuve seul, malgré la métamorphose de ses rives, est resté sans doute semblable à lui-même.
Comment imaginer que le poète pourrait encore dans le bruit et le mouvement que nous connaissons, aller bavarder avec les bateliers et les artisans, vanniers et cordiers pour lesquels il avait tant de sympathie ? Les vieux quartiers le voyaient passer, chaque jour, par leurs rues souvent solitaires comme des rues de béguinages, des rues où ne se rencontraient de loin en loin que des vieilles femmes sous leur mante. Elskamp ne se lassait pas d’errer par les vieilles impasses, les cours intérieures, voyant aux murs les madones entourées de guirlandes… Son petit chapeau rond et son macfarlane ne détonnaient pas dans les ruelles grises et mornes. Le poète y poursuivait sa longue méditation.
Que de fois je l’ai vu, vieillard, aller vers les quartiers de son enfance, comme enveloppé de solitude ! Une femme discrète et qui avait dû être très belle, l’accompagnait. Ils ne se parlaient pas. Ils allaient côte à côte, d’un pas sans hâte. Etait-ce « sa » rue Saint-Paul qui l’attirait ? Pensait-il à son poème, à l’église et au calvaire, à ses morts et à son passé ? Voyait-il revivre ses chers fantômes ? Ou bien poursuivait-il sa longue recherche de la Voie ? Refaisait-il la longue route des saints naïfs et des processions, celles des philosophes qu’il avait étudiés, celle de la souffrance et de l’inconnaissable, de cette longue vie qui serait une vie manquée s’il n’y avait les poèmes. Par tout cela, il avançait dans la Voie de la perfection bouddhique, celle qu’il s’était choisie et qui lui était propre.
Le décor désormais n’importait peut-être plus. Le poète avait magnifié sa ville natale, et l’avait réduite en son cœur, en son œuvre, immuable. Comme les vieux marins, du temps des grands voiliers, construisaient des trois-mâts qu’ils enfermaient dans des bouteilles, tout gréés.. Le site, pour jamais à l’image de son cœur, demeurait comme une sorte d’ex-voto de reconnaissance à la vie, tandis que sa pensée plongeait dans d’autres contemplations, hors du temps.

Robert Guiette. (1962)


Hommage de Jean Cocteau:

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Il est de toute évidence que Guillaume Apollinaire, s’il doit aux « Serres chaudes » doit surtout à Max Elskamp. Il n’y a là rien qui le diminue, au contraire. Et si un grand poète fraternise avec un autre grand poète pour connaître ses œuvres, je m’en émerveille encore davantage. Mais il me semble que notre Apollinaire aimait Elskamp et que, de ces amours, naissent les monstres délicieux de la Poésie.
Ma découverte du poète anversois me laisse le souvenir d’un coup au cœur. Entre chaque page de l’herbier les belles plantes se mettaient à revivre et à embaumer ma chambre.
Je vous exprime toute ma reconnaissance de vous être adressé à moi, le presque belge.

Votre poète Jean Cocteau.



Hommage de Paul Neuhuys:

Je me souviens de Max Elskamp

Je me souviens de Max Elskamp comme d’un causeur charmant. Il me parlait de la Chine, de la poésie… Je l’ai connu pendant la guerre 1914-1918. J’allais le voir dans sa paisible maison du boulevard Léopold (aujourd’hui avenue de Belgique) dans la bonne maison qui, dit-il, l’attend sous les arbres « en la blanche façon d’un très gauche évêché ».
Max Elskamp était alors à l’apogée de son activité poétique. J’étais un écolier des lettres, et il y avait dans son accueil quelque chose d’ineffablement bon, mais aussi de cruellement désabusé.
Max Elskamp, né à Anvers en 1862, y est mort en 1931. Toute sa vie il est demeuré attaché à sa ville natale, la ville « très port de mer » où il reçut un jour, en 1893 exactement, Paul Verlaine.
« Il y a là une certitude pour moi, me disait-il, un point sur lequel j’attire votre attention, c’est que malgré toute liberté, le poème est « musique » par nature ». Et il me citait à ce propos le « Pantoum négligé » de « Jadis et naguère » :

Trois petits pâtés, ma chemise brûle.
Monsieur le curé n’aime pas les os.
Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,
Que n’émigrons-nous vers les Palaiseaux ?

-Le sens en est exquis à cause du son.
Elskamp parlait volontiers de la rime diminuée par l’assonance, de sa bémolisation (âne et âme) et de sa diézation (Anne et lame). Il m’ouvrait toute grandes les portes de sa bibliothèque, me montrait des éditions rares de Mallarmé, une lettre de Suarès écrite avec des encres variées, rouge, bleue, verte. Il aura toujours été apprécié en France, soit par Apollinaire, soit par Salmon, Cocteau, Eluard, et la poésie est bien chez lui cette flamme invisible dont parle Pétrarque, d’autant plus douce à découvrir par quelques élus du hasard.

Mysticisme

Qu’est-ce que le mysticisme ? Mystique vient d’un mot grec « mustos » qui veut dire muet. Fermer la bouche, être muet d’amour. « Wo man am meisten fuhlt, weist man nicht viel zu zagen », disent les Allemands. Ce qui signifie qu’en voulant exprimer un sentiment profond on risque d’en diminuer l’intensité. Aussi le mystique s’adresse-t-il à Dieu, comme à tout ce qui vaut d’être aimé, qu’il soit porté à la mysticité par la tendresse de l’âme ou par l’enthousiasme des sens.
C’est dans le mysticisme que le Flamand puise son optimisme fondamental : Verhaeren lorsqu’il voit dans l’homme un Prométhée qui un jour « saisira les astres fous entre ses poings » ; Maeterlinck lorsqu’il voit dans les écrits des mystiques « le plus pur diamant du prodigieux trésor humain » et Elskamp (exact contemporain de Maeterlinck), lorsqu’il concentre ses aspirations mystiques dans le refrain de la vielle chanson de Malbrough :

Je vous salue ma vie
d’un peu d’éternité
aujourd’hui en vigie
si haut qu’on peut monter.

Le Folklore

Elskamp me parlait de la Chine en levant un index philosophique et las : Ah ! qu’il eut fait bon vivre en Chine loin d’une pseudo-civilisation qui conduisait l’Europe à sa ruine !... Je voyais les paons faire la roue au sommet des pagodes, des jonques glisser au gré des moussons chaudes, Mr Yang et Mme Yng vendre du thé… Puis il se ravisait doucement : Je ne sais pas vraiment pourquoi je vous dis ça… Cette Chine de porcelaine était du folklore chinois.
Qu’est-ce que le folklore, sinon la mystique populaire ? Elskamp avait fondé le musée du Folklore dans la petite rue du Saint-Esprit, à Anvers, musée où il s’attache à connaître le peuple dans ses plus naïves traditions : comptines, images religieuses, drapelets de pèlerinage. C’est dans ces humbles reliques qu’il a rêvé l’âme de son peuple. Ami des jardiniers et des matelots, il dédiera son « Histoire du jeu de Loto en Flandre » au batelier Hannes qui « sur le fleuve me fut un ami ».
Elskamp, ami du peuple, écrivait en français, faisait scandale à Anvers. Il irritait ses concitoyens. Les uns ne lui pardonnaient pas de vouloir restituer l’innocence d’un peuple dont ils ne connaissait qu’imparfaitement la langue ? Les autres n’admettaient pas qu’un fils de banquier s’intéressât aux billevesées, comme de rassembler, quoi ? des têtes de pipe, des pots à persil, des hochets, des toupies, des moutardiers, des crassets, des étouffoirs, ni d’avoir écrit une histoire du jeu de Loto où il assimilait ce jeu à une ancienne institution bancaire…

Le moyen âge

Toute l’œuvre d’Elskamp est centrée sur le moye âge.
Ses « Enluminures » en font un imagier. Ses « Chansons Reverdies » en font un ménestrel. Avec lui, nous remontons à l’enfance de la poésie. Enfance de la poésie et poésie de l’enfance : Un pauvre homme est entré chez moi pour des chansons qu’il venait vendre… comme Pâques chantait en Flandre… et mille oiseaux doux à entendre…
Dominical, En Symbole vers l’Apostolat, D’anciennement transposé, Salutations dont d’angéliques… C’est une poésie du temps que les cathédrales étaient blanches.
Le moyen âge symbolise pour Max Elskamp la paix du cœur et le contentement de l’esprit.
Il écrit dans un français « anordi », le français du nord et veut apporter dans ces chansons la ductilité rythmique des chansons populaires flamandes. Comme les matelots et les jardiniers il se défend de ne connaître que très peu de mots et met à profit cette infirmité verbale par des ritournelles délicieusement chantonnées :

Et Marie soyez bénévole
à ces syntaxes mal au clair
Et marie de mes beaux navires
Marie étoile de la mer
Marie qui savez que tacites
sont ceux des voiles et des ailes…

Poésie mystique ! Rien de mièvre dans Elskamp. sa mère était wallonne, son père était d’origine danoise. Elskamp veut dire en danois « Champ d’aulnes ».

Nous n’irons plus au ciel

La guerre était finie, Elskamp ne reconnut plus sa ville.
Elle était saoule.
C’était l’époque du jazz et des chansons militaires : « It’s a long way »…
Je l’ai encore revu deux ou trois fois. Il était devenu tout blanc. Il publia encore deux ou trois recueil luxueusement imprimés chez son imprimeur Buschmann à 75 exemplaires : « Musique verte », je crois, et « Joies Blondes »…
Après quoi, cet esprit qui s’était efforcé de monter « si haut qu’on peut monter », plafonna dans le ciel des abstractions et, comme jadis Icare, retomba lourdement sur le sol :

Nous n’irons plus au ciel
nos ailes sont coupées.

C’est la bonne parole

Ecolier des lettres et assez chercheur de nature, il m’est arrivé, comme d’autres forment une collection d’icônes, de collectionner les définitions de la poésie. En voici quelques unes parmi tant d’autres :
La poésie est une création d’un monde imaginaire, une élégance de l’esprit, la musique de l’âme, un défilé de féerie, une éthique non euclidienne, l’art d’exciter l’âme, de se délivrer par un cri, d’enclore son rêve dans un rythme, un breuvage agressif, la quintessence humaine, le souvenir d’une émotion dans le calme…
Mais une des plus belles définitions de la poésie demeure celle de Max Elskamp :

C’est la bonne parole où tous les mots qui s’aiment
semblent des enfants blancs en robe de baptême…

et à cet égard, les « Six chansons de Pauvre Homme pour célébrer la Semaine de Flandre » sont bien, je crois, ce que notre poésie aura produit de plus remarquablement pur.


Paul Neuheuys. (1962)

 

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C'est qu'il y avait une petite ville, et peu de gens dedans, contre laquelle est venu un grand roi, qui l'a investie, et qui a bâti degrends forts contre elle.

Ecclésiaste, IX, 14


Ici c’est un vieil homme de cent ans
qui dit, selon la chair, Flandre et le sang :
souvenez-vous en, souvenez-vous en,
en ouvrant son cœur de ses doigts tremblants

pour montrer à tous sa vie comme un livre,
et, dans sa joie comme en des oraisons,
tout un genre humain occupé à vivre
en ses villes pies d’hommes et d’enfants.

Or à tous ici, ses pleurs et ses fêtes,
et, suivant le ciel peint à ses couleurs,
voici sa maison, ses fruits et ses fleurs,
en ses horizons d’hommes et de bêtes ;

et lors ses heures d’hiver et printemps
venues en musique ainsi qu’en prières,
sous des Christs en croix, des saints, des calvaires,
puis sa Foi aussi bonne en tous les temps,

pour la paix de sa vie trop à l’attache
dans les jours, les mois, des quatre saisons,
et le réconfort de ses mains qui tâchent
ici de leur mieux et très simplement.

PAYSAGES

I

Or pour commencer tout en foi


Or pour commencer tout en foi,
à la façon des gens des bois
qui sont les pauvres de chez moi,

avant de dire, en joies ou peines,
mon pays tout d’eaux et de plaines,
voici fait mon signe de croix

en l’amour des sots et des sages,
car aujourd’hui c’est la chanson
des fenêtres de ma maison,

d’où les villes et les villages
et le plus beau des paysages,
bêtes, gens, arbres et nuages,

passent, rient, vivent et s’en vont
avec leur geste et leur langage
pour l’ornement des horizons,

Or, c’est lors mon cœur en voyage,
et, prête à la bonne espérance,
mon âme avec sa confiance,

qui s’en va sur terre aux agneaux
et sur mer suivant les vaisseaux
au hasard du vent et des eaux,

puis par les bois et par les routes
où chante pour ceux qui l’écoutent
la simple Vie bonne entre toutes ;

et c’est ainsi que chez moi
quand c’est matin sur tous les toits
avec la rosée goutte à goutte,

et voici ce qu’on dit chez moi,
à la façon des gens des bois,
quand c’est Marie-des-primes-routes.


II

On dit :

Marie, épandez vos cheveux :
voici rire les anges bleus

et dans vos bras Jésus qui bouge,
avec ses pieds et ses mains rouges,

et puis encor les anges blonds
jouant de tous leurs violons.

Or c’est matin vert aux prairies
et, Marie, regardez la Vie :

Comme elle est douce infiniment
depuis les arbres, les étangs

jusqu’aux toits loin qui font des îles ;
et, Marie, regardez vos villes

heureuses comme des enfants
avec leurs cloches proclamant

les paix naïves comme des enfants
avec leurs cloches proclamant

les paix naïves d’évangile
du haut de tous les campaniles

dans l’aube en or aux horizons
que saluent, Marie-des-Maisons,

les miens des tâches coutumières
et dévouées tout à la terre.

Mais lors chantez, gais laboureurs
de mon pays où le meilleur

est Flandre douce aux alouettes
et dont les voix de joie concertent,

et passez au loin, les vaisseaux
sur la mer qui rit aux drapeaux,

car Jésus tend ses mains ouvertes,
Marie, pour embrasser la fête

que fait le ciel au prime jour
ici de soie et de velours.


III

Et Marie lit un Evangile

Et Marie lit un évangile
avec ses deux mains sur son cœur,
et Marie lit un évangile
dans la prairie qui chante-fleure,

et l’herbe, et toutes les couleurs
des fleurs autour épanouies
lui disent la joie de leur vie
avec des mots tout en douceur.

Or les anges dans les nuées
et les oiseaux chantent en chœur,
et les bêtes, t^tes baissées,
paissent les plantes de senteur ;

mais Marie lit un évangile,
oubliant les heures sonnées
avec le temps et les années,
car Marie lit un évangile ;

et les maçons qui font les villes
s’en vont leur tâche terminée,
et coqs d’or, sur les campaniles,
passent le vent et les nuées.


IV

Alors c’est un pays d’en haut

Alors c’est un pays d’en haut
tout aux oiseaux,
où chantent fête :
merles, pies, verdiers, étourneaux,
et passereaux, et loriots,
tous les oiseaux

montant au ciel leur voix de tête
et jusqu’au faîte :
ramiers, vanneaux,
émouchets, corneilles, corbeaux,
et plus haut encor alouettes,
mauves, mouettes.

Or c’est le doux concert des bêtes
au ciel, à l’eau,
disant son los,
en la joie toute bonne d’être
de la vie pour ne la connaître
que tout en beau
et tout d’en haut ;

et c’est alors un pays d’ailes
aux hirondelles,
Flandre des tours
et de naïf et bon séjour ;
et c’est alors un pays d’ailes
et tout d’amour.


V

Mais alors ici de ville en villages

Mais alors ici de ville en villages,
cloches sonnant haut pour ceux des métiers,
voici s’en aller mon cœur à l’ouvrage,
truelles aux mains et sabots aux pieds,

avec les rouliers disant litanies
à chansons de près et grelots de loin,
et les maçons marchant en compagnies
aux routes où c’est vie à tôt matin.

Or bonheur acquis dès bâton en mains,
puis si joyeux de rire et de ramage,
tailleurs et vanniers encensant leur saint,
vites de langue et dans tous les langages,

voici les cordiers en chemin aussi,
et dans leur moulin les meuniers qui chantent,
puis vous les soldats en si beaux habits,
éprises d’amour toutes les servantes,

et lors charpentiers sur vos plus hauts toits,
où c’est fête de marteaux à la ronde,
mon cœur avec vous aussi tout en joie,
et soleil à tous luisant sur le monde.


VI

Puis la mer monte

Puis la mer monte
et vaisseaux, nefs, barques, bateaux,
ohé ! ho !
aux mâts les voiles, les drapeaux,
car la mer monte ;

et bonne race,
houlques, otters, botters, pinasses,
ohé ! ho !
le pilote a mis son chapeau,
passez la passe.

Puis la mer monte,
et les femmes à leurs fuseaux,
ohé ! ho !
les maris reviendront tantôt,
feu ! les fourneaux ;

mais la mer monte,
et chalands au quai, bricks à l’eau,
ohé ! ho !
toutes les lumières en haut,
car le nuit tombe.


VII

Et lors en gris, et lors en noir

Et lors en gris, et lors en noir,
-araignée du soir, bon espoir,-

fumez les toits et, sur les tables,
les mets, aux bouches, délectables ;

et lors à tous, hommes et villes,
baisers donnés, garçons et filles,

bonne nuit ! car, à tricots chus,
voici déjà qu’on n’y voit plus

et que, fil aux doigts qui se lie,
c’est sommeil et tâche accomplie.

Or baume alors comme à mains pies,
ceux qui pleurent et ceux qui prient,

et paille aux bêtes, lits aux gens
de douceur et de pansement,

bonne nuit ! les hommes, les femmes,
bras en croix sur le cœur ou l’âme,

et rêve aux doigts en bleu et blanc
les servantes près des enfants ;

et paix alors toute la vie ;
arbres, moulins, toits et prairies,

et repos alors ceux qui peinent
au doux des draps, au chaud des laines,

et Christ au froid que l’on oublie,
et Madeleines repenties,

et Ciel aussi de large en long
aux quatre coins des horizons.


HEURES

I

Dormez-vous encor, paroissiens ?

Dormez-vous encor, paroissiens,
hier n’est plus, les anges causent
dans leurs jardins de fleurs de roses,

et c’est matin villes en bleu,
villes en blanc, villes en Dieu,
avec les clochers au milieu

des maisons, des toits, des bâtisses,
des chapelles, et des églises,
et des oiseaux, haut, plein les cieux.


Or, ici, et plus près la terre,
voici oraisons et prières,
et baptême, mauvais et bons ;

puis c’est le ciel vu de la mer,
et les vaisseaux par le travers,
et le soleil par le milieu,

et lors le monde à son grand vœu,
et lors, au loin, toujours la mer,
et puis, ici, sur les chemins,

mes bonnes villes familières,
où chacun a joie de sa pierre,
de sa maison et de ses saints,

Mais alors c’est vous tous les miens,
et dormez-vous ? car le temps passe
et le pêcheur est à ses nasses ;

mais alors c’est vous tous les miens,
et dormez-vous ? car le temps vient ;
or le boulanger cuit son pain,

et si sommeil vous est un bien,
voici passé le temps de grâce ;
dormez-vous encor, paroissiens ?


II

Mais revoici la vie

Mais revoici la vie
et dans son beau missel,
en marge, tout le ciel,
mais revoici la vie,

et qu’elle chante et crie
lors, pour sa gloire ici,
avec tous les oiseaux
et les enfants aussi.

Puis sonnez, cathédrales,
et haut, cloches d’en haut,
puis chantez, cathédrales,
et sortez vos drapeaux,

car revoici les heures,
comme un bouquet qui fleure,
car revoici les heures,
comme des sœurs unies,

pour la joie, yeux en larmes,
pour la paix, toutes âmes,
car revoici les femmes
et le Bonheur aussi.


III

Et c’est Lui, comme un matelot

Et c’est Lui, comme un matelot,
et c’est lui qu’on n’attendait plus,
et c’est lui, comme un matelot,
qui s’en revient les bras tendus

pour baiser ceux qu’ils a connus,
rire à ceux qu’il n’a jamais vus,
et c’est lui, comme un matelot,
qui s’en revient le sac au dos.

Or, bonnes heures, bonnes heures,
laissez alors choir vos tricots,
or, bonnes heures, bonnes heures,
endormez-vous jusqu’à tantôt :

il fait si chaud dans vos demeures
et c’est fête de si bon cœur !
Mais, partances aux mâts d’en haut,
voici s’agiter les vaisseaux,

et c’est Lui, comme un matelot,
qui, vides les pots, partira,
et c’est lui comme un matelot,
et Dieu sait quand il reviendra.


IV

Alors au loin, cheval au pas

Alors au loin, cheval au pas,
cheval en blanc, comme on les voit
aux joyeuses entrées des rois,
alors au loin, cheval au pas,

alors au loin, cheval au trot,
c’est le beau temps de nos soupirs
chez les autres qui s’en va rire,
alors au loin, cheval au trot.

Or, ici de si bon accueil,
alors nous voici tous en deuil,
et bonnes gens, de tous mes seuils,
la peine au cœur, le pleur à l’œil ;

mais vieilles gens qui priez d’or,
alors dans le livre où les morts
ont chacun leur croix et leur page,
mettez une nouvelle image,

pour le beau temps qui s’en est allé,
cheval au trot, cheval au pas,
vers ceux qu’il fallait consoler,
ainsi qu’un cavalier s’en va.


V

Moi je ne suis qu’un pauvre sacristain

Moi je ne suis qu’un pauvre sacristain
qui trouve déjà trop grand son village,
et, dans son clocher, vit ciel et nuages
à sonner sa cloche et regarder loin

l’hiver et l’été qu’ont les paysages,
passer les vaisseaux quand c’est le matin,
et s’en aller en foi, au long des chemins,
les gens de chez moi en pèlerinage.

Or aux horizons de toutes les vies,
mon cœur a trouvé celle à son souhait,
dans le monde ici si pur et si frais
qu’on dirait que Flandre au loin se marie ;

et les miens ici, les autres là-bas,
aux villes qui rient, aux villes qui pleurent,
paix vous soit du temps, paix vous soit des heures,
pour l’âme et le corps, les mains et les bras,

car, heures des miens, à tous en partage,
car, heures des miens, c’est un grand bonheur
de vivre en trêve, pour le vrai labeur,
ici de si bon et doux héritage.


Vies

I

A présent voici comme une prière

A présent voici comme une prière,
et c’est la vie d’ici qui dit son temps
selon le soleil, le jour et la mer,
et les villes où l’aller des passants

montre chacun oeuvrant à sa manière :
seigneur à cheval, à pied paysan,
et pour les fins de l’âme ou de la chair
moines, matelots, pêcheurs, tisserands,

Or bêtes, gens, et lors tous à l’ouvrage,
c’est la vie aussi qui veut son labeur ;
et voici qu’o naît, et voici qu’on meurt,
dans les chemins, les bois et les villages ;

mais voici qu’on rit après, et qu’on aime,
et qu’aux villes des sages et des fous
tournent les moulins, ainsi que des roues,
sous les cloches, haut, chantant les baptêmes,

car ici l’on plante, car ici l’on sème,
-et le temps nouant les jours bout à bout-
par la grâce des mains quotidiennes,
c’est alors la vie portant des fruits doux.

II

Et chacun faisant son métier

Et chacun faisant son métier,
voici planter le jardinier
selon la vie,
d’être aux plantes, avec ses mains,
doux comme à des humains,
sous le soleil et sous la pluie,

en son royaume des jardins,
des parterres et des chemins
où tout concerte :
tonnelles quinconces, berceaux,
et par ses soins, branches, rameaux,
pour faire, à tous, musique verte.

Or c’est ici ses harmonies
et voyez, lors, et tout en vie,
chanter les fleurs ;
puis, pour l’ornement du feuillage,
mûrir les fruits, sur les treillages,
en senteurs, parfums et couleurs ;

et yeux alors, comme un dimanche,
voici fête d’arbres et branches
de toute part,
et la terre comme embellie
de tant de choses accomplies
par ses mains et selon son art.


III

Alors voici sur un autre air

Alors voici sur un autre air
encor les mains qui viennent, vont,
et c’est ici bois, longerons
qui montent prendre place en l’air

pour des maisons et des églises,
qu’en leur vieux pacte d’amitié,
en prenant leur temps, réalisent
les maçons et les charpentiers.

Or aux villes, lors c’est la vie,
et montez clochers dans le vent,
et dans les cordes, leurs poulies,
haut, l’architecture, ouvrez vos plans,

et ceux d’en bas qui rêvez d’ailes
à cous tendus, venez aussi
regarder monter aux échelles,
drapeaux en mains, les apprentis,

car sur les tours voici les croix
toutes neuves dans la lumière,
et, bonnes gens, alors vs joies
suivant les briques et les pierres.


IV

Mais comme en image à présent

Mais comme en images à présent
voyez ici souffler le vent
et tout qui plie :
arbres, mâts, croix, roseaux, sapins,
et puis aussi la mer au loin
qui hurle et crie,

faisant écume, embruns et eaux,
pour la kermesse des bateaux,
les bleus, les verts,
vagues en bas, vagues en haut,
donnant du flanc, donnant du dos,
beauprés en l’air.

Mais lors, et tout à son métier,
voyez aussi le batelier
assis en poupe,
et comme il rit, l’écoute aux mains,
de s’aller ainsi corps et biens
de cap en coupe ;

car c’est la vie qu’il s’est choisie,
ainsi qu’elle parlait en lui
selon la chair,
de ceux de Flandre que l’on voit
depuis tous les temps, rame aux doigts,
à vau la mer.


V

Or dans les maisons

Or dans les maisons, et lors dans les villes,
où sont les jardins, les gens et la vie,
et, pour la couleur, le soleil aussi,
mais loin de la mer, et lors dans les villes.

voici la gent des servantes qui file
aux fenêtres des soirs et des matins,
et s’occupe dans la laine et le lin,
les yeux sur le monde au loin comme une île.

Mais voici leurs doigts aussi aux aiguilles,
et lors portement en long de leur croix,
écoutez leur cœur, car voici leurs voix
qui chantent leur pauvre et triste évangile ;

et le maître qui rentre de la ville,
et la maîtresse qui verse le vin,
aux mains rouges mais aux peines habiles,
dites alors paix et repos enfin,

car en tout ici, c’est leur tâche faite,
et leurs pauvres corps allés sous les toits,
implorant sommeil, après maison nette,
auprès des enfants couchés dans leurs bras.


Chansons

I

En rond les maisons

En rond les maisons
comme pour danser,
en rond les maisons
où, sur le marché,

l’homme qui dit là
des mots à chanter,
c’est moi pour la joie
des miens tout en paix.

Or, gai ! le fermier,
salut ! l’aubergiste,
et joie ! le berger,
que mai vous assiste,

c’est fête, à bras nus
cuisez boulangers,
et, papegai chu,
riez les archers ;

puis joie tout en rond
des toits, des bâtisses,
avec le printemps
ouvrez vos comices :

le joueur d’orgue est arrivé.

Mais l’heure sonne
avec sa voix
de toute douce et bonne foi,
et le soleil avec sa joie
met sa couronne ;

mais l’heure sonne,
et, gens de bien,
gagnez avec vos mains,
pour ceux de foi tous les chemins
mènent à Rome.

V

Or Saint Pierre et Marthe la bonne

Or saint Pierre et Marthe la bonne,
voici que le coq a chanté,
et que, Jésus ressuscité,
c’est grande fête chez les hommes

et que Pâques dit sa bonté
sur les villes et sur les toits,
et dans la chair, et dans la foi,
puisqu’il fait doux comme en été.

Mais Flandre alors déjà si bonne,
avec vos mains de charité,
et saint Pierre et Marthe la bonne,
que de beaux jours sont coptés

pour la joie simple d’être en fête
avec la bouche, avec les yeux
et de s’aller cœur au milieu
des choses, des gens et des bêtes,

car voici l’avare qui donne
et les prodigues amendés,
et saint Pierre et Marthe la bonne,
toutes mes villes en beauté.


VI

Mais lors ma joie étant Hollande

Mais lors ma joie étant Hollande,
j’ai bâti du côté du jour,
et dans les arbres tout d’atours,
ma maison qui est en Hollande
avec la mer autour,

et mon cœur y vit sa semaine
avec sa joie, avec sa peine,
si Jean qui rit, ou Madeleine
mon cœur y passe la semaine
avec le mer autour.

Or, en attendant son dimanche,
mon âme est là, comme un pêcheur
au bord de l’eau et sous les branches
à causer bas avec mon cœur
près de la mer autour,

d’une paix dont la bonté franche
serait de partager d’amour
toute ma vie dont c’est le tour
de mettre enfin sa robe blanche
avec la mer autour,

car tout est prêt, jusqu’à moi-même,
dans la maison de bon séjour
pour le bonheur qui vient quand même
quand on l’attend, celle qu’on aime,
avec la mer autour.


VII

Or c’est ma vie rêver ainsi

Or c’est ma vie rêver ainsi,
devant un peu trop d’espérance,
mains aux genoux comme l’on pense
à la mode de mon pays,

et cœur en foi, croyant de l’âme
que c’est déjà mon bien promis,
rien qu’à vous voir, hommes et femmes,
et toutes les choses d’ici.

Mais lors le ciel, la mer aussi,
et toute la vie bénévole,
mais lors le ciel, et plein aussi,
le monde de bonnes paroles,

musique, joie et bien acquis,
c’est mieux que d’attente et de gage,
mon cœur qui dit bonheur ici,
à drapeaux mis sur ses villages,

car c’est son lot s’aller ainsi
de joie aux hommes comme aux bêtes,
voulant en tout, dimanche et fêtes,
à la mode de son pays.


Grotesques

I

Et maintenant Voici que l’on boit et qu’on mange

Et maintenant voici que l’on boit et qu’on mange,
que les lèvres ont joie, que la bouche est aux anges,

et qu’à fruits d’ornements, figue, amande et raisins,
tout compte fait ici c’est mon livre à sa fin,

car à présent voici que l’on rit et l’on danse
à la mode d’Espagne, à la mode de France,

et que c’est vous et moi mes paroissiens
qui trouvons ainsi à nous tenir les mains

pour la douceur qu’on a d’être sœurs, d’être frères,
à s’entraîner ici en maisons, bois et terres.

Or Flandre dite alors de toutes les manières,
à façon des fils, à façon des pères,

c’est le roi qui boit et tout le monde qui rit,
hommes, femmes, enfants et les bêtes aussi,

puis dimanche avec vous, soldats et militaires,
et lundi menuisiers, et marchés maraîchères,

meuniers voici le vent, et printemps jardiniers,
et drapeaux mis aussi sur mes plus beaux clochers.

Mais lors douceur à tous, car tout est bien au monde,
quand c’est plaisir aux yeux, de jardins et verdures,

et midi des repas faisant les tables rondes,
voici rire la vie et mes mains en peinture

s’aller à vos souhaits enfin miens des villages
en rouge autour des toits et foi au raisin vert

et selon mon cœur d’ici qui sait vs usages,
prendre joie avec vous du ciel et de la mer,

car en toutes choses c’est simple le meilleur
et d’ornement au corps comme à l’âme santé,

et bonnes gens alors en musique à son heure
voici mon livre ouvert comme salle à danser.

II

Et vaisseau mon bon frère

Et vaisseau, mon bon frère,
et lors voile, ma sœur,
et tout autour la mer,
et la tulipe en fleur,

c’est Hollande avec nous ;

et mes bons camarades
d’abord les menuisiers,
donnez-nous l’accolade
et chantez les cordiers,

Hollande est avec Vous.

Puis baiser de nature
tout aussi de douceur,
riez les créatures,
bêtes et simples cœurs,

et bergers avec vous ;

et coqs d’or sur les villes
de profil, face ou dos,
et moulins en famille,
assis au bord de l’eau,

la paix soit avec vous ;

car maisons pour la pluie,
arbres contre le vent,
puis à chacun la vie
comme du sable blanc,

Hollande est bonne à tous.

III

Mais lors voici le grand concert

Mais lors voici le grand concert
des bêtes de toutes les peaux,
et comme sœurs et comme frères,
les loups au milieu des agneaux,

et fraternité sans amorces,
les forts à côté des plus doux,
et Foi des Fois, force des forces,
tous à chacun et tout à tous.

Or symphonie des symphonies,
lors sur le beau mode pitié,
voici vivre toute la vie,
à nu l’amour et cœur entier,

et Monsieur du Bœuf en sa chair,
Monsieur du Coq sur ses ergots,
et Messieurs aussi de la Mer
disant paix de face et de dos,

les objets de toutes manières
fidèles ineffablement.

Or foi mise ainsi dans les choses,
alors voici mon testament,
aux bois, à l’eau, aux fleurs de roses,
léguant mes joies d’homme et d’enfant,

car en arbres, toits et maisons,
à mains rouges mieux qu’en prières,
tout me fut doux, tout me fut bon
selon l’outil, selon la pierre,

et repos me soit à présent
en eux après labeur et peine,
et de mon blé, mauvais et bons,
à vous ici corbeille pleine.


Maintenant ici tirez le rideau
car voici matin et ma tâche est faite
comme je l’ai pu selon mes carreaux
et du mieux de mon cœur et de ma tête,

aux jours en long de ma peine et ma joie,
qui sont en couleurs jardins et verdures,
toutes les choses ainsi qu’on les voit
dans mon pays bien mieux qu’en mes peintures.

Or salut ici, tous ceux de chez moi,
car labeur fini de toutes manières,
et selon mon vœu à chacun son toit
en santé d’âme, de corps et de chair,

c’est le bien promis de mon temps qui vient,
maintenant qu’en moi deux bonnes personnes,
l’Amour et la Foi en chair à mes mains
sont pour qu’on les prenne et que je les donne,

avec mon baiser de saint sans couronne,
mais dont sait la paix mon cœur tout tremblant,
à présent qu’ici c’est un si vieil homme
qui l’a dite enfin toute sa chanson.

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C’est parti pour une nouvelle collection de mini livres d’artistes, numérotés et signés, qui vous seront présentés pour la première fois à la Randonnée d’Artistes de Rixensart, et plus précisément au 3, Rue Dyna Beumer à 1330 Rixensart !
Deux premiers livres signés respectivement Benoi Lacroix et Catho Hensmans



http://www.commeunweekendalamer.be/spip.php?rubrique85
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Mademoiselle

Quatre ans de passés, je ne vous rêvais plus. Vous avez été chair, pierre, envie, je vous ai multiplié, je vous ai fusionné et bien d’autres rêves vous ont vu posée sur la toile, le papier. Et puis, il y eu un rêve un peu plus fou qui changea la muse en femme, même en passion et il s’est terminé.

J’ai essayé de rêver d’autres Demoiselle, d’autres Dames mais sans succès. Je trouvais l’une trop sûre d’elle, trop imbue, une autre trop froide, une autre encore trop chaude, disons même, trop enthousiaste à vouloir faire de moi un homme dans les moments où je ne le suis plus, où seul l’artiste est présent.

Vous avez compris, vous qui avez si souvent partagé ces moments où seul mes rêves, parfois mélangés aux vôtres, avaient lieux d’être !

Nous ne nous perdions pas de vue, vous veniez parfois me rendre visite, partager un repas, une sortie et ce n’étais pas une gêne de vous avoir délaissée, je ne pensais simplement pas à vous demander de venir poser.

Plus beaucoup de rêves furent posés sur le papier, ni ne furent fait d’ailleurs !

Un jour, j’ai mis une grande toile sur le chevalet, vous êtes venue. Nous avons dîné, nous prenions le pousse café et vous vous êtes levée prendre je ne sais plus quoi, dans votre sac et le déclic :-

-J’ai besoin d’un beau dos !

Trente seconde plus tard, il était devant moi : -Comment dois-je me placer ?

-Vous étiez redevenue égérie !

Le silence se fit, couvert par un fond musical.

Ce fil rouge, je n’ai pas envie qu’il cesse, qu’il casse.

-Voilà la première toile, merci, Mademoiselle !

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lalla

De ta lointaine Afrique

Tes rêves sont prolifiques

Mais surtout, chimériques !

Tu offres ton amour

A tous les alentours

Espérant qu’il arrive un jour !

Rien n’a d’importance,

Même la différence !

Un exemple pour référence !

Tu imagines les avantages

En offrant ton jeune âge

Tu auras un semblant d’esclavage !

Il doit être peu scrupuleux,

Celui qui promet jours heureux,

Celui qui sera bientôt gâteux !

Tu te vois dans ses draps ?

Te promener à son bras ?

Il est peut-être laid et gras ?

Oseras-tu le regarder,

Lui donner un simple baiser

Quand il voudra te posséder !

Retombe les pieds sur terre

Même si tu fuis la guerre

Des avantages, il n’y en a guère !

L’Europe te fait rêver,

Tu risques de tomber

De haut et désenchanter !

Il n’y a même pas ce soleil

Car s’il brille, ne sera jamais pareil !

Et souffrir ici ou là, c’est pareil !

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