Longue et Heureuse vie :)
Fréd
Bonjour
Je viens de recevoir le mail signalant la première année d'Arts et Lettres
Bon Anniversaire!
Nous ici à Fréjus, nous avons annulé pour fin Juin toutes les fçetes en raison de la catatrophe que nous connaissons. Toute une plaine de milliers d'hectares avec les habitations, les animaux sous plus de trois metres d'eau. Des zones industrielles, des campings rayées de la carte.
Nous sommes tous abassourdis, hagards.
Fréjus avait déjà subit d'énormes dégats lors de la rupture du barrage faisans plus de 300 morts, j'avais alors 6 ans et voila que pour certaines personnes, nous avons l'impression de revivre ce cauchemar.
Le Général de Gaulle avait alors dit lors de sa venue "que Fréjus renaisse": c'est ce que nous allons nous efforcer de faire, une fois encore.
Pour ma part, je vais vendre des tableaux au profit de nombreux sinistrés.
Amicalement
Régis SIBRA
Vernissage de "air de bestiaire à la "galerie racines"
Vendredi 18 juin 18h30
J'ai proposer à 2 artistes de présenter ici un "best of" de best...ioles..
Si Jacques Guillon avoue un penchant pour le héron cendré, Tom Hallis batifole avec les papillons., papillonne avec les couleurs pétillantes de clins d'oeils

Jacques Guillon, un jeune homme de 81 ans rassemble et assemble des ingrédients, fait feu de tout bois..
Il y a chez lui, dans son bestiaire un homme qui sommeille les yeux grands ouverts sur les similitudes avec nos cousins à plumes écailles, ou à poils..
expo ouverte du jeudi au dimanche entre 15 et 18h
sous mon atelier à Bretigny , voir plan sur google en bas de page
Nuit sans fin.
Longue, sauvage,
Source de vérité.
J'ai mis ton cœur à nu,
Enlevée une à une
Les guenilles
Les tricots.
Le voilà tout tremblant,
Ses défenses en lambeaux.
J'ai gratté de ma plume
J'ai écorché la peau.
Et tu m'as laissée faire,
Docile.
Presque heureux d'avoir mal,
L'heure n'était plus au jeu.
Puis je l'ai recouvert
Ton palpitant usé,
De douceur,
De chaleur,
D'amour ou d'amitié.
J'ai mis mon cœur à nu,
Je t'ai donné mes mots.
Nad
27.05.2010
10h.Il fait nuit ou presque dans mon atelier. La baie vitrée fait de son mieux
pour éclairer l'espace.
l'amant déchu 80x60 acry et marouflage sur toile
1er état en ce jour.

Pénombre cérébrale, horizon déprimé. je peux encore peindre sans le recours aux chandelles. Je profite des fonds d'assiette , je lèche les couleurs affamé de chaleur.
Pourquoi ce retour incessant à la fenêtre, l'oeil pendu au gris du ciel.
Ce tic, je l'entretiens à cause de l'hiver, et de ce désir permanent de voir se transformer la pluie en neige.
Eh oui, le temps passe, et avec le temps tout s'en va.. sauf les couleurs de ces vieux pastels que je sors d'un carton à dessins des années 70.
Ah..! j'aimais les femmes en dégradés à l'époque..
c'était mon coté antimilitariste... (dégradé..!)
65x50 pastel et sanguine sur papier canson ocre 1976
voici 2 de ces survivants à peine abîmés par les années..


Barrès explique lui-même, dans la préface, qu'il a pris le titre de ce livre sur la facade "rococo" de l'église "Santa Maria della Passione" à Milan. Il ne faut pas y voir seulement l'effet du hasard. "Amori et Dolori Sacrum" devait servir de prétexte à l'écrivain lorrain pour exprimer l'idée essentielle de sa propre philosophie esthétique: l'union de l' art et de la vie. "Toutes les réalités où s'appuient nos regrets, nos désirs, nos espérances, nos volontés, se transforment à notre insu en matière poétique". N'y a-t-il pas dans l'art rococo, si facilement décrié par tous ceux qui ne le connaissent point, un sens, voire un besoin du drame? Là où l'on ne voit que prétextes à décorations inutiles, n'y a-t-il pas, au contraire, tout le drame de l'homme, c'est-à-dire sa faiblesse devant le cosmos et sa précarité en face de son destin? Le drame de l'homme -Barrès nous l'apprend dès les premières pages de son livre -est qu'il n'y a pas de volupté profonde sans brisement de coeur. Amour, douleur et mort sont les trois dimensions du monde dans lequel l'homme joue, pleure, évolue. Ce drame de l' "impermanence" de l'homme dont les besoins sont par ailleurs "infinis", est évidemment romantique; mais il est aussi, pour nous qui le voyons avec le recul nécessaire, le drame du "rococo" où la recherche de l'espace et l'ordonnance quasi symboliste des décorations, des fleurs et des panaches cachent presque toujours une infinie tristesse.
"Amori et Dolori sacrum", qui est de la même veine que "Du sang, de la volupté et de la mort", comprend six chapitres: "La mort de Venise"; "Stanislas de Guaita"; "Une impératrice de la solitude"; "Souvenir de Pau en Béarn"; "Leconte de Lisle"; "Le 2 novembre en Lorraine". Les trois premiers chapitres sont les plus importants, car, indépendamment de l'abondance, au demeurant bien venue, de leur texte, ils montrent les qualités exceptionnelles de caractère et de passion de personnages que, sans Barrès, nous n'eussions peut-être pas connus et qu'en tous cas nous eussions moins aimés. -Venise, qui meurt lentement sur la lagune où croissent les fièvres paludéennes, apporte certaine mélancolie pernicieuse à ceux mêmes qui la choisissent pour y chager le cours de leur destin ou pour y mourir. Tour à tour, Maurice Barrès évoque le souvenir de Goethe, de Chateaubriand, de Byron, de Musset et de George Sand. Il parle de la mort du peintre lorrain Léopold Robert, "qui se sentait malade du mal de ceux qui désirent trop". Il nous dit que Richard Wagner, après être venu à Venise en 1857 pour y écrire le deuxième acte de "Tristant et Iseult" y meurt un quart de siècle après. Entre la Venise des doges, disparue depuis longtemps et celle des toutistes et des marchands, l'on préfère, à qui sait comprendre la beauté intérieure des choses, la Venise agonisante et pauvre où persistent, en dehors des sacrilèges des reconstitutions, tant de prestiges et de charmes. La Venise du Carnaval, joyeuse et brillante, celle des courtisanes, des loups et des intrigues, n'est pas nécessairement la plus authentique, et Barrès de nous donner à cette occasion l'une des meilleures définitions du drame "rococo", de ce drame qui tout entier se trouve, dans la musique de Cimarosa et de Mozart et qui nous force à penser, malgré nous, au destin de Don Juan: "C'est quand Venise met son masque de satin noir qu'elle multiplie ses puissances de tristesse".
"Stanislas de Guaita", occultiste, psychologue, philosophe, et pour tout dire poète, "s'enfermait dans la catégorie de l' idéal". Guaita, poussé par un sens religieux fort rare, devint historien des sciences occultes. Sa vie, avenue Trudaine à Paris et dans son château d' Alteville en Lorraine, montre les étapes parcourues par une âme qui voulait, avec la certitude confiante des obstinés et des idéalistes, une société régénérée, une beauté morale sans cesse plus pure, - "Elisabeth de Bavière": ces pages furent, dans leur forme primitive, destinées à préfacer un ouvrage du docteur Constantin Christomanos, un des familiers de l'impératrice. Cette femme belle, forte, sensible à l'excès, et qui devait mourir si bêtement poignardé par un imbécile, Luccheni, resta toute sa vie animée d'un "invincible dégoût de toutes choses", en communion perpétuelle avec l'idéal et la mort. -"Pau", comme Hyères et Menton, apprendrait-elle à ceux qui y viennent goûter la douceur de son climat, qu'il faut parfois mourir dans la quiétude et la paix d'un beau paysage? "Quel amour de la vie, quelle tristesse sans voix de se savoir périssable!" Ce pèlerinage de l'artiste aux cimetières, cette nécessité sentimentale de trouver des disciplines spirituelles là où la mort a vaincu l'homme tout chargé qu'il est du poids de son amour et de sa poésie, Maurice Barrès nous l'explique dans une simplicité tragique: "Je pense qu'il faut aller aussi dans les endroits où l'on meurt, pour apprendre à se résigner".
Ce livre est celui d'un voyageur et d'un amant. Il mêle, à la connaissance des choses, le "Moi" barrésien de l'artiste délicat et sensible jusqu'à l'émotivité et c'est pourquoi, malgré son romantisme apparent, il reste de tous les temps.
« Les Dieux » est un des livres les plus importants de ce "maître à penser" qui eut une influence considérable sur les disciples qu'il a formés, et dont on retrouve l'empreinte chez plusieurs des meilleurs écrivains de notre époque. Alain n'était pas à proprement parler un philosophe, en ce sens qu'il n'a pas formulé de doctrine: mais plutôt un critique des idées qu'il passait au crible de son intelligence extrêmement aiguë, et très ouverte, en même temps, à toutes les formes de l'expression et de la pensée philosophiques. On ne saurait mieux le comparer qu'à ce Socrate, dont il se réclamait et à qui il emprunte la première phrase du chapitre intitulé "Autrefois". Comme le maître de Platon, il voulait enseigner aux hommes à penser par eux-mêmes et les aider à découvrir les vérités vivantes. De là découle une théorie toute nouvelle de la vérité et de l' erreur, dont les différentes parties de ce livre illustrent les nombreux aspects.
"Nous connaissons souvent les choses à travers une vitre", écrit Alain dans l'Introduction des "Dieux": "et il n'est pas besoin de mouche". Il fait allusion, dans cette sorte d'apologue, à l'histoire que lui aurait contée "un homme qui philosophait de la bonne manière, c'est-à-dire pour son propre salut". Cet homme, rapporte Alain, "se trouvait en wagon, laissant errer ses yeux sur un paysage de collines lorsqu'il vit sur une des pentes, et grimpant vers un village, un monstre à grosse tête, muni de puissantes ailes et qui se portait rapidement sur plusieurs paires de longues pattes: enfin de quoi effrayer. Ce n'était qu'une mouche sur la vitre". Cette fable résume bien la manière d'exposition d'Alain, qui en profite pour conclure que "ce court moment de l'erreur et de la croyance l'enchanta. La vérité, disait-il, nous trompe sur nous-mêmes: l'erreur nous instruit bien mieux". Cette maïeutique à la manière de Socrate, selon laquelle procède Alain, ne présente pas des certitudes toutes faites, mais conduit le lecteur à discerner, sous le masque des fables, les vérités essentielles. Cette méthode, toute personnelle à Alain, parmi les "maîtres à penser" modernes, est extrêmement féconde: elle ne redoute pas le paradoxe pourvu qu'il conduise, même par des chemins détournés, à une vérité: à vrai dire ce sont les détours du chemin, subtils, ingénieux et brillants, qui nous attirent le plus chez cet admirable essayste. Il soumet les Dieux eux-mêmes à cette méthode critique, non pas tant en leur qualité de divinités, mais entendant par ces mots les vérités admises comme telles et n'étant plus mises en question: le héros, le saint, la religion, voire le Diable qui inspire à Alain un des plus beaux essais de ce volume. Dans cette recherche du vrai, les légendes, les croyances populaires, les fables, devront, elles aussi, être interrogées, car elles contiennent leur part de vérité.
La conclusion de la pensée d'Alain est qu'il n'existe pas de vérités absolues, non plus que d'erreurs. Son scepticisme souriant et grave à la fois, admet qu'il est prudent de consulter aussi l' imagination et proclame que les oeuvres d' art sont porteuses de hautes et sereines vérités. "Le beau, dit-il, est un fidèle témoin du vrai, et qui anticipe sur le vrai". Ce volume contient une quarantaine de brefs essais, dont chacun ouvre des perspectives intéressantes sur quelques-uns de ces domaines de la sagesse, dont les passions, les idées, les sentiments, les figures mythiques, constituent les thèmes. La dialectique d'Alain formule des sentences d'une frappe gnomique extrêmement vigoureuse et brève, riche de sens: "Tout combat est dans nos pensées. Toute légende est dans les nuages" ("La légende").- "Le temps n'est rien, car une chose passée n'est plus rien si elle est passée, et une chose conservée est absolument et toujours présente" ("L'esprit"). -"Considérez longtemps la croix aux quatre chemins. C'est ce que j'appelle prier. Et pour finir là-desssus, je dirai qu'il importe beaucoup qu'une religion soit idolâtre. En de pures idées elle n'est plus religion, et elle n'est pas grand chose" ("Le figiuer").
Je n'ai même pas réalisé, je n'ai pas imaginé de ce qu'il advint de ce corps: mutilé et avant de l'être, affublé d'une fleur brunâtre qui s'épanouit là juste au niveau du sein gauche. Fleur du mal, fleur toujours innocente, fleur fière de l'être.

Et c'est après que j'ai regardé avec un œil neuf cette peinture que je l'ai vu ..
L'ablation d'un sein..
On sait que les peintures finissent, quand tout va à peu près bien, par se faire toutes seules.. Comme si on était spectateur de ce que nous peignons.
Pris par la peinture, par l'acte de peindre et oubliant le sujet..
Je ne voulais pas peindre une femme au buste marqué par une ablation d'un sein.
Cinq ans déjà, Demoiselle vous étiez et vous voici devenue Femme !
Laissez-moi d’abord vous étudiez de nouveau avant de vous rêvez. Je me complais pour l’instant de dessiner ces formes, à simplement y promener mon regard. Très agréable, je l’avoue, ces petits voyages, mais j’ai la nette impression qu’ils ne seront pas tous terminés que je vous aurais déjà rêvée !
La Ville de La Louvière consacre une importante exposition au sculpteur Fredy Taminiaux.
Ses œuvres monumentales jalonnent la Wallonie et le Nord de la France. Voilà plus de 40 ans que cet artiste autodidacte extrait de la pierre des formes pures investies de lyrisme.
Rassemblés en un ensemble rétrospectif, les tailles directes, bronzes et dessins pointillistes
seront associés aux mots et aux notes puisque l'artiste est aussi poète, conteur et musicien.
EXPOSITION
De pierre et d'émotion
Une trentaine de sculptures en petit granit, marbres de Carrara, onyx, bronze illustrent les thèmes chers à l'artiste, maternités, gémellités, fusion des corps,… en des contrastes sensuels de matière.
Les espaces d'expositions temporaires du Musée communal serviront de cadre à cet ensemble monographique. La salle des marbres de la collection permanente accueillera elle aussi quelques tailles directes de l'artiste écaussinnois de manière a créer un dialogue avec les œuvres de Ianchelevici.
De points et d'encres
Une sélection de dessins pointillistes témoigne du travail graphique du sculpteur. Attribuant au subconscient un pouvoir créateur, l'artiste se laisse guider par son inspiration dans un modus operandi proche de l'écriture automatique. Ses dessins mettent en scène des sculptures existantes dans des environnements oniriques, d'autres sont des compositions libres de formes et de contrastes.
De mots et de pensées Fredy Taminiaux cisèle les mots comme la pierre. L'exposition permet d'incessants va-et-vient entre sa pratique de sculpteur, son envie de manier la langue française et ses expériences musicales. Citations, aphorismes et pensées suspendront leurs sonorités dans une grande lessive poétique imaginée par l'artiste.
De créations et d'amitiés
L'exposition présente également des créations en broderie, tapisserie, dentelle contemporaine, verre soufflé, moulé et en chocolat réalisées par d'autres artistes et artisans qui se sont inspirés des œuvres originales.
Un film didactique sur les réalisations monumentales de l'artiste sera projeté dans les salles.
ACTIVITES CULTURELLES
Samedi 3 juillet de 14h30 à 17h : Démonstration de broderie par le Centre de Broderie du Hainaut. Lucile Coppée et son atelier.
Samedi 17 juillet à 15 h : Parcours-découverte de l'exposition par Fredy Taminiaux (durée 1 heure) .
Dimanche 11 juillet de 14h30 à 16h30 : Démonstration de tapisserie haute lice par Elisabeth Roux.
Dimanche 8 juillet de 14h30 à 17h : Démonstration de dentelle contemporaine par Catherine Parfait et son atelier.
Participation active du public.
Infos et réservations : 064/28.25.30
Vendredi 9 juillet à 20h : "Du bout des Lèvres" Spectacle poétique musical et graphique, par Fredy Taminiaux et sa compagnie. Salle du Palace, Place Jules Mansart, à La Louvière. Dans le cadre des Tournées Art et Vie de la Communauté française.
Infos et réservation : 064/21.51.21
Infos pratiques
Lieu : Musée Ianchelevici (21, place communale 7100 La Louvière)
Dates : du 26 juin au 15 août 2010
Jours et heures d’ouverture : du mardi au dimanche de 14 à 18h. Entrée libre le 1er dimanche du mois d’ouverture
Vernissage le 25/06 à 19 heures
J'ai beaucoup raboté sa chair, arrangé ses grains de beautés, (arranger ne veut pas dire ranger.)
j'ai aimé ses seins, son épaule nue, son regard sous l'ombre d'un chapeau. Sa peau devient diaphane, on ne voit pas encore son squelette, cela ne saurait tarder. Elle va se flétrir, d'autres taches vont apparaître.
Il lui arrive de ne plus vouloir se lever, que le ciel soit bleu ou vert, gris ou rouge.
Ses bras sont depuis longtemps tombés, à qui serviraient-ils maintenant qu'on s'alimente de pilules si légères.
Sa bouche pourtant est encore de chair, son sexe aussi, plaie ouverte entre ses jambes. Sexe devenu inutile, déserté...
Elle est seule devant le ciel vert
Flo sur fond de ciel vert timide 150 x120
acry et marouflage sur toile

Dans son essai « La difficulté d’être » (1947), Cocteau écrit : "Je sens une difficulté d'être", c'est, nous rappelle Cocteau, ce que répond Fontenelle, centenaire, lorsqu'il va mourir, et que son médecin lui demande: "Monsieur Fontenelle, que sentez-vous?" et l'auteur ajoute "seulement la sienne est de la dernière heure, la mienne date de toujours". Ce boîtement intérieur, l'auteur ne le soumet à aucune radiographie, n'en recherche nullement le pourquoi. Retiré dans un hôtel à Morzine, malade -"la douleur me harcèle et je dois penser pour m'en distraire"-, Cocteau lance son esprit à la recherche de tout ce qui, passé ou présent, témoigne en lui de cette nécessité de toujours: "accepter l'inextricable et s'y soumettre au point qu'il s'en dégage un charme et que la brousse rejoigne par son innocence sauvage les attraits de la virginité". Ayant pris conscience de son âge et accepté de ne plus être jeune, le magicien se fait botaniste patient pour nous offrir les fleurs étonnamment vivaces d'un passé qu'il prospecte avec sérénité.
Pour cet être qui se loue de "mieux faire l' amitié que l'amour", chaque souvenir lui impose un aveu de partage, de fidélité à une recontre, que ce soit celle de Proust, de Gide, Radiguet, Satie, Diaghilew, Nijinski, Apollinaire, ou Picasso, Bérard, Genêt, Colette. La qualité de ses hôtes, le plaisir et le bonheur avec lesquels Cocteau nous les présente par le dedans, ne le distraient nullement de son investigation. Elle nous vaut des pages brillantes sur l' amitié, la lecture, la mort, les mots, la jeunesse, les moeurs, la responsabilité, pages où le désordre s'ordonne avec une candeur contrôlée, où le moraliste dévoile l'homme qui n'en conserve pas moins élégance et mystère. A une jeunesse qui le prend pour exemple et l'oblige à marcher droit, Cocteau s'adresse sans ménagements pour lui déclarer qu'elle manque à son devoir lequel est "d'être l'armée des grandes aventures de l'esprit" et non de siffler l'audace, d'organiser des monomes, de vivre dans une anarchie farceuse et de surface-, "je conseille donc aux jeunes d'adopter la méthode des jolies femmes, et de soigner leur ligne, de préferer le maigre au gras... par ligne, j'entends la permanence de la responsabilité... chez l'écrivain, la ligne prime le fond et la forme...c'est pourquoi je répète incessamment que le progrès moral d'un artiste est le seul qui vaille, puisque cette ligne se débande dès que l'âme baisse son feu".
Ces textes qui ont le chatoiement et la séduction d'une conversation brillante sont-ils autre chose que les propos d'un homme d'esprit -vivant selon l'esprit? En effet pour Cocteau, sensible aux mots et aux images, "l'animal, le végétal, le semence ou l' oeuf "ne sont que rébus". Si la solitude l'entraîne au jardin, ce n'est que pour "y contempler l'absurde génie des fleurs", et seule la crainte du vide l'incite à "parler aux chiens... comme on lit des livres d'enfants". Arrivé au terme de cette oeuvre, Cocteau s'interroge et se juge "intrépide et stupide... toujours en fuite de quelque chose, en route vers quelque chose... tu as voulu ne te priver d'aucune cause. Te glisser entre toutes et faire passer le traineau... Eh bien avance. Risque d'être jusqu'au bout."
Un détail de Flo sur fond de ciel gris vert, sorti tout droit tel le mamelon en érection..
Flo sur un ciel gris vert 150 x120 acry et marouflage sur toile

Un détail de ce paysage, un fragment de bodyscape. Un morceau de peinture à part entière, posé à l'horizontal. Clin d'oeil aux ondulations de la Toscane.
Plaisir de la caresse, pinceau humide dégoulinant, chargé de matière jouant de l'ocre rosé au vert livide. Glacis sur gains de beauté.
.
cette fleur du bout de moi
cet oiseau fait de mes doigts
main que je tendais vers toi
.
je rêvais de longue main
qu'on se prendrait par la main
pour aller là-bas
.
main tenant à toi
maintenant... sans toi
.
j'avais le coeur sur la main
croyant être en bonnes mains
entre tes deux bras
.
tu avais la haute main
sur chacun des lendemains
qui s'offraient à toi
.
main tenant à rien
maintenant... sans rien
.
mais tu as perdu la main
lors j'ai pris à pleines mains
la vie qui s'en va
.
je mets la dernière main
avant de passer la main
pour aller là-bas
.
te tenant à coeur
maintenant sans cœur
.
.
le même soleil pour tous , pour vous , pour cet été ..
L'art permet aussi d'oublier les nuages plus ou moins nombreux qui assombrissent notre quotidien. Je vous propose de faire le voyage à St Gervais. Passer la porte qui s'ouvre sur le parc du Fayet afin d'y découvrir les œuvres d'artistes contemporains reconnus qui ont accepter de plancher sur : "UN MEME SOLEIL"