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C’est en 1943 que Mauriac publie clandestinement sous le pseudonyme de Forez "Le cahier noir" qui se rattache à la période pendant laquelle Mauriac collabora à la presse clandestine et adhéra au Front National des Ecrivains. Par de violentes attaques, l'auteur condamna l'attitude du maréchal Pétain et des Français qui acceptèrent de composer avec l'ennemi: "Et seriez-vous de bonne foi, l'Histoire vous accusera d'avoir servi la vengeance de vos maîtres." Entre le peuple opprimé et le spectre de l'horreur et de la mort, il interposa les paroles d'amour et d'espoir. Il déclara que la guerre ne doit pas devenir une occasion pour fuir ses responsabilités ou pactiser avec l'ennemi. Au contraire, il faut plonger dans la mêlée et tenir jusqu'à la victoire: "Nous sommes de ceux qui croient que l'homme échappe à la loi de l'entre-dévorement, et non seulement qu'il y échappe, mais que toute sa dignité tient dans la résistance qu'il lui oppose de tout son coeur et de tout son esprit." De tels propos firent courir de grands risques à son auteur qui, retiré dans sa propriété de Malagar, près de Bordeaux, dut fuir pendant quelques heures à pied, dans la campagne, pour ne pas être arrêté. Tant pendant qu'après la seconde guerre mondiale, "Le cahier noir" a valu à Mauriac l'admiration de nombreux intellectuels.
Il y a de vieux livres que je caresse encore.
Cette histoire vraie lue il y a quelques mois dans mon quotidien local m’a émue . Un homme avait écrit un livre pour parler se sa vie pensant que le sens qu’il y avait trouvé pouvait rencontrer un écho. Il en avait fait imprimer un certaine quantité mais malheureusement ce
livre était resté dans les cartons, car pas un seul exemplaire ne s’était vendu.
L’auteur de ce livre n’est plus de ce monde. “Les écrits restent” dit le proverbe. Pour lui rendre hommage, sa famille a choisi de faire vivre son livre. Sortis des cartons, ils sont posés ça et là , oubliés sur une chaise de parc sur la banquette d’un bus, dans la salle d’attente d’une gare, à côté d’un téléphone public , sur la plage peut-être ou encore dans un café...
Un livre d’un auteur inconnu devient-il plus précieux dès le moment où il est semble n’être là que par les vertus du hasard ?
Lorsqu’un livre est offert gratuitement, il n’est pas toujours lu, car les gens qui le reçoivent ne l’ont pas choisi. Un livre trouvé n’est pas n’importe quel livre gratuit. La personne qui le découvre et le garde se demande si elle en a le droit et s’il n’a pas été oublié par quelqu’un qui n’a peut- être même pas fini de le lire. En l’emportant , elle a presque l’impression de le voler. Les conditions sont alors réunies pour exciter sa curiosité et la magie a quelques chances de produire son effet.
Si je trouvais un bouquin abandonné sur un banc au moment de m’asseoir , je regarderais s’il n’y a pas d’autre banc libre un peu plus loin. A cause du livre, je considérerais que le banc est occupé. Faute de place ailleurs, je finirais par m’asseoir à côté du livre que je feuilletterais par
curiosité j’y verrais peut-être un signe du destin et me dirais que ma rencontre avec ce livre a peut être un sens. L’auteur m’étant inconnu, j’entrerais donc par effraction dans une histoire dont je ne saurais absolument rien.
Si ma première impression ne me donnait pas envie de poursuivre cette lecture, je laisserais ce livre sur le banc me disant qu’il fera peut être le bonheur de quelqu’un d’autre un sans abri peut-être, heureux de tuer le temps en passant quelques heures avec un auteur aussi seul que lui lorsqu’il a découvert que son livre n’intéressait personne.
Ce livre déposé au gré du hasard par les proches de l’auteur aura peut-être l’avantage de donner une contenance à une femme éconduite par un amoureux volage manquant son rendez-vous. Absorbée par la lecture du livre providentiel, elle pourra rester un long moment sans regarder sa montre étirant ainsi jusqu'à l’évidence, la prise de conscience
redoutée.
Mais ce livre oublié pourra être aussi trouvé par quelqu’un, qui contre toute attente s’y reconnaîtra , y retrouvera sa propre histoire, aura l’impression d’en connaître l’auteur et ne se sentira plus tout à fait le même en le refermant.
Et peut-être la chance passera t-elle par là, le livre tombant entre les mains d’une personne en mesure d’ en amplifier la diffusion...
Si à travers ce beau geste de sa famille, le rêve survit à son auteur, ceci ne signifie-t-il pas qu’au delà de l’objet négligemment oublié ce livre, a aussi une existence spirituelle ? N’était-ce pas là, sa première vocation ?
Quoi de plus naturel que du lard ou du cochon .. peut-être du sanglier qui chaque jour laisse sa trace sur un parcours au long cours. Voilà que l'être humain avec son arrogance veut jouer au sanglier.. Laisser une trace de truffe.. Moi aussi sanglier et sans reproche, je vais jouer de la truffe, Tartuffe en diable, amateur d'absolu bien résolu à niquer mère nature..
Ici un état non définitif de "meetic ou le courrier du cœur" pour art en campagne 2010 qui ouvre ses sentiers dès mardi prochain. Boites aux lettres et autres matériaux.dimensions variables selon l'état de votre cœur.

C'est au contact de la beauté que l'on devient beau, c'est au contact du courage que l'on devient courageux, c'est au contact des couleurs que l'on devient coloré, c'est au contact du bonheur que l'on devient heureux, c'est au contact de l'art positif que l'on réfléchit positivement, c'est au contact de l'amour que l'on devient passionné, c'est au contact de la passion que l'on devient génial, c'est au contact du jour que l'on devient éveillé, c’est au contact du soleil que l’on devient lumineux, c'est au contact des cadeaux que l'on devient généreux, c’est au contact du jeu que l’on devient joyeux, c’est au contact des papillons, des fleurs et des chasses aux trésors que l’on devient romantique, c’est au contact de la désinvolture que l’on devient libre, c'est au contact du ciel que l'on devient puissant, c'est au contact de la nature que l'on devient sage, c’est au contact de l’exception que l’on devient naïf, c’est au contact de la légèreté que l’on devient insouciant, c’est au contact de la reine que l’on devient roi, c’est au contact du rêve que l’on devient idéaliste, c’est au contact de l’idéal que l’on devient optimiste.
C'est au contact de la souffrance que l'on devient méchant, c'est au contact de la haine que l'on devient malheureux, c'est au contact de la suspicion que l'on devient méfiant, c'est au contact de la jalousie que l'on devient possessif, c'est au contact de l'envie que l'on devient égoïste, c'est au contact du mépris que l'on devient aigris et meurtri, c’est au contact de la résignation que l’on devient soumis, c’est au contact de l’abnégation que l’on devient résigné, c’est au contact des jeux malhonnêtes que l’on devient mauvais perdant, c’est au contact de l’injustice que l’on devient révolté, c’est au contact de l’abandon et de la trahison que l’on devient désespéré, c’est au contacte de la ruse que l’on devient manipulateur, c’est au contact de la peur que l’on devient bourreau, c’est au contact des loups que l’on devient sorcière, c'est au contact des mauvaises intentions que l'on devient amer, c’est au contact de l’infidèle que l’on devient maitresse, c’est au contact des cochons que l’on devient salope, c’est au contact des menteurs que l’on devient parano, c’est au contact des complexés que l’on devient mégalo, c’est au contact du rejet que l’on devient seul, c’est au contact du mal que l’on devient fataliste.
C’est au contact de la réalité que l’on devient réaliste. C’est au contact de ses rêves accessibles que l’on accède à ses rêves. De la réalité au rêve, de l’idéal à la réalité, il n’y a qu’un jeu de miroir entre les neurones, un apprentissage par imitation ou par contamination.
Samedi 10 juillet 2010 à 14 h 30
Sur les traces de Simenon
Georges Simenon a passé son enfance et son adolescence à Liège. Plus tard, reconnu pour l’immensité de son œuvre, il ne dissimulera pas que, tout au long de sa vie, il a souvent puisé son inspiration littéraire dans le souvenir des paysages, des personnages, de l’ambiance de Liège. La promenade invite à retrouver, en compagnie du père de Maigret, cette atmosphère typique du premier quart du XXe siècle, une époque où Liège offrit à la littérature francophone un de ses plus illustres représentants. Rendez-vous : Office du Tourisme, 92 Féronstrée. Prix : adultes : 6 € ; seniors : 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans : 4 €.Guide : guides régionaux. Réservation recommandée à l'Office du Tourisme Renseignements : 04 221 92 21
Dimanche 11 juillet 2010 à 16 h 30
Quand Liège vous mène en bateau
Le fleuve et ses méandres ont façonné la ville. Longtemps abandonné à ses caprices, les Liégeois l'ont finalement domestiqué à partir du XIXe siècle. Source d'inspiration pour les artistes, son importance économique deviendra évidente à l'approche des installations du port autonome. En remontant le fleuve, on découvre la ville d'un point de vue inhabituel, du pont de Fragnée au canal Albert. On peut également admirer les berges de la Meuse restituées aux promeneurs, piétons ouécyclistes, et tronçon liégeois du RAVeL.Départ : amphithéâtre devant l'Aquarium-Museum, quai Van-Beneden, 22.
Durée : 16 h 30 à 18 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 9,50 € ; seniors 8,80 € ; 8,60 € étudiant et enfant à partir de 6 ans.
Réservation obligatoire à l'Office du Tourisme avant le vendredi midi précédant le départ.
Renseignements : 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be
Dimanche 11 juillet 2010 à 14 h 30
Liège, grand port d'Europe
Le Port autonome de Liège est le troisième port fluvial d’Europe en importance. Au cœur du réseau navigable le plus dense du monde, il est, notamment, relié à la mer du Nord par le canal Albert, cet ouvrage gigantesque auquel les Néerlandais ne croyaient pas. Notre port voit chaque année transiter plus de 15 millions de tonnes de marchandises de toutes sortes et de tous pays. C'est tout un monde qui vit et qui travaille et qui nous protège aussi d'une pollution qui pourrait nous asphyxier,en effet un bateau peut transporter l'équivalent de plus de 30 camions!
Départ et arrivée : devant la patinoire, quai de Coronmeuse - Bus n°1
Durée : 14 h 30 à 17 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Samedi 17 juillet 2010 à 14h 30
De la Médiacité au parc de la Boverie
Véritable colonne vertébrale d'un ensemble dévolu aux médias et aux loisirs, la galerie commerciale de la Médiacité, audace architecturale du célèbre architecte-designer Ron Arard, dote Liège de son deuxième monument d'architecture contemporaine de classe internationale. Ce projet urbain préside à la création d'un nouveau centre d'activités dans un ancien quartier industriel en déclin urbanistique. La visite nous emmènera ensuite jusqu'au parc de la Boverie, situé à la pointe méridionale de l'île d'Outremeuse. Superbe parc choisi comme site, non seulement en 1905 pour l'Exposition universelle, mais aussi à la fin des années 50 pour l'installation du palais des Congrès. Endéans les cinq ans, le parc de la Boverie sera le pivot du nouvel axe urbanistique reliant la gare des Guillemins de Calatrava à la Médiacité. Il sera également le siège du nouveau Centre international d'Art contemporain et de Culture.
Départ : devant l'entrée de la Médiacité, rue Grétry
Durée : 14 h 30 à 17 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Dimanche 18 juillet 2010 à 14h30
Liège, miroir du Moyen Âge
Le Moyen Âge a laissé à Liège des traces qui témoignent de la foi, des traditions, en un mot de la vie et de l’histoire de ses habitants. À la fin du Xe siècle, Notger a donné à Liège un statut de capitale principautaire, permettant ainsi l’édification des collégiales Sainte-Croix, Saint-Jean, Saint-Denis et l’achèvement de Saint-Paul et Saint-Martin. La vie sociale et civile s’est ensuite organisée. Des murailles ont ceinturé la ville. Les institutions religieuses ont encouragé l’éclosion de l’art roman et l’ont porté à son apogée. Un parcours original nous permettra de comprendre que le Moyen Âge n’est l’âge ni des ténèbres ni de l’obscurantisme.
Départ : Office du Tourisme - Féronstrée, 92
Durée : 14 h 30 à 17 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Dimanche 18 juillet 2010 à 14 h 30
La nouvelle gare des Guillemins et l'art nouveau au quartier du Jardin Botanique
La gare TGV de Liège-Guillemins, véritable cathédrale de verre et d’acier, dessinée pour Liège
par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, a été inaugurée le 18 septembre 2009. Monumentale, organique, aérienne, transparente, elle transfigure le paysage urbain et s’impose comme symbole du renouveau de la ville. Avec elle, la Belgique est devenue le premier pays à être entièrement couvert par le réseau à grande vitesse. Aix-la-chapelle n’est plus qu’à 22 minutes de Liège, Maastricht à 29 minutes, Lille à 1 h 44, Paris à 2 h 18, Londres à 3 h 16. Après la visite de la gare, la découverte se poursuit par une incursion dans le quartier - voisin - du jardin botanique, typique des beaux quartiers du XIXe siècle, avec notamment de superbes façades Art nouveau d’architectes liégeois tels que Pirnay, Jaspar, Rogister, Comblen, Devignée.
Départ : à l'entrée principale de la gare des Guillemins
Durée : 14 h 30 à 17 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Samedi 24 juillet 2010 à 14 h 30
L'urbanisme théologique de Notger
C’est le prince-évêque Notger qui reçoit des empereurs Otton II et III les moyens de relever la cité des ruines occasionnées par les Normands et les Hongrois. Il occupe le siège de saint Lambert de 972 à 1008. Liège devient un vaste chantier avec l’érection des premières murailles, la construction d’une cathédrale et d’un palais épiscopal. Bientôt retentiront dans « la ville aux 100 clochers » les cloches des nouvelles collégiales telles Saint-Denis, Saint-Jean et Sainte-Croix (les deux dernières collégiales formant, avec l’ancienne cathédrale Sainte-Marie-et-Saint-Lambert, une figuration du Golgotha) où Notger reposera pour l’éternité. Nous visiterons ces trois collégiales millénaires, autant de témoignages de cet urbanisme notgérien, autant de symboles de la puissance religieuse et politique de la principauté.
N.B. : pour bons marcheurs. Escaliers et rues en pente. Sous réserve d’accessibilité aux divers édifices.
Départ : devant l'église Sainte-Croix, rue Sainte-Croix
Durée : 14 h 30 à 17 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Dimanche 25 juillet 2010 à 14 h 30
Entre vignes et mines
Une promenade pour vibrer, se laisser emporter par une nature abondante avec ses parfums, ses couleurs et ses étendues à perte de vue. Le centre ville est à deux pas et pourtant, sans transition, la terre liégeoise, généreuse, nous inondera de sa luxuriance. Cette fertilité, déjà tant bénie par nos aïeux, s’étend le long du tout nouveau sentier des Coteaux de Vivegnis où s’entremêlent modernité et patrimoine. Le Bois Fabry avec son arbre à clou et sa laiterie, le Bâneux modelé par les houilleux et l’ex voie commerciale du Thier-à-Liège évoqueront pour nous le terreau des vignerons et des cotîs. Pour bons marcheurs. Chaussures de marche indispensables. Escaliers et rues en pente.
Départ : hall de l'hôpital de la Citadelle - Bus n°71
Durée : 14 h 30 à 17 h.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Samedi 31 juillet à 14 h 30
Une après-midi ludique en famille
Grands-parents, parents, enfants découvrent la ville et la Meuse en s'amusant ensemble!
De la rive gauche et son cœur historique à la rive droite et son bord de Meuse, venez vous amuser et découvrir Liège au travers de jeux et d’animations. Après deux heures de balade, prolongez le plaisir par une heure de mini-croisière sur la Meuse, si vous le souhaitez (facultatif).
Départ : Office du Tourisme - Féronstrée, 92
Durée : 14 h 30 à 16 h 30.
Commentaires : guides régionaux
Prix : adultes 6 € ; seniors 5 € ; étudiants et enfants à partir de 12 ans 4 €.
Réservation recommandée à l'Office du Tourisme
Renseignements: 04 221 92 21 – reservation.tourisme@liege.be.
Ce voyage écrit et relaté par Mauras entre 1896 et 1898 et qui fut accompli à l'occasion d'un reportage des "Jeux olympiques", n'a certes pas révélé à Maurras les principes de l'ordre classique, dont il était déjà familier. Mais sans lui il eut fixé moins aisément les traits définitifs de sa doctrine de l'ordre.
En disciple d'Anatole France, dont il était alors le secrétaire, Maurras ne va pas à la Grèce des philosophes et des tragiques, mais à la Grèce plastique, celle de Phidias. Le voyage d'Athènes était d'ailleurs à la mode chez les écrivains de ce temps qui partaient sur les traces de Chateaubriand et de Renan. Mais Maurras débarquait au Pirée dans un état d'esprit tout différent de celui de ses devanciers et de ses contemporains. Sa Grèce n'est plus la Grèce pittoresque qu'avait invoquée Renan pour se désennuyer, ni celle que Leconte de Lisle s'employait à faire ressurgir dans ses traductions des tragiques. Maurras se préoccupe aussi peu des obscures origines de l' art attique que des temps de décadence qui lui semblent commencer dès la Vénus de Milo: seul l'intéresse le moment du "miracle" quand la particularité grecque se confondit avec l'homme universel: alors "la Grèce fut le genre humain". Non qu'il oublie les humbles commencements de la raison athénienne. Avec Nietzsche, Maurras conviendrait "du caratère acquis des Grecs". L'ordre est une conquête, et difficile: "Avant de trouver l'essentiel...les Grecs ont ceuilli tout le reste, l'artificieux, le bizarre et aussi bien le laid". Mais cette passion de curosité infinie qui les anima, pouvait seule faire naître un ordre vrai et vivant.
Aussi est-ce l'humilité que Maurras admire le plus chez ces maîtres. Loin de les mépriser, de vouloir les écraser par une "religion" qui tire l'être humain vers quelque Infini trop lointain, les Grecs se sont employés à composer les passions, assignant à chacune sa place, réconciliant Dionysos et Apollon, faisant resplendir les visages incomparables de la vie dans une forme, un ordre, qui ne refuse rien de l'homme et où tout l'homme, par-delà le temps, peut se reconnaître.
Maurras, s'il s'enchante des belles figures découvertes sur chaque colline du Parthénon ou dans les salles grecques du British Museum, ne manque donc jamais de faire voir que l'Idée brille ici de tous les prestiges d'un coeur qu'elle maîtrise et exprime à la fois: triomphe de la raison, l' art attique lui paraît, par cela même, un triomphe exemplaire de la vie, "ne tirant son auguste apparence immobile que de la perfection, de l'abondance et de la vigueur du mouvement". Que le miracle de l'ordre, encore une fois, soit possible, c'est son orgueuilleuse certitude, qui fait de quelques pages de ce "Voyage", de véritables hymnes de joie.
Brève présentation de l'actualité culturelle de la Bibliothèque nationale de France Cet été, parallèlement aux week-ends de gratuité dans les salles de lecture du Haut-de-jardin (du 26 juin au 14 août), la BnF lance les Estivales : expositions, rencontres et visites-découvertes seront proposées gratuitement sur le site François-Mitterrand.
Le Festival Paris Cinéma investit la capitale une nouvelle fois et met le Japon à l’honneur. La BnF participe à l’événement du 4 au 11 juillet et propose dans ses espaces, masterclasses, débats et projections ouverts à tous les passionnés du 7e art.
À voir : jusqu’au 11 juillet, les expositions, Rose, c'est Paris. Bettina Rheims et Serge Bramly (Bibliothèque Richelieu) et Qumrân. Le secret des manuscrits de la mer Morte (Bibliothèque François-Mitterrand) ; jusqu'au 18 juillet l’exposition Gilles Aillaud Encyclopédie de tous les animaux y compris les minéraux (Bibliothèque François-Mitterrand). La Bibliothèque-Musée de l'Opéra présente jusqu'au 15 août une exposition en hommage à Régine Crespin.
EXPOSITIONS
Les Estivales - Des Trésors pour l’été : enrichissements remarquables de la Bibliothèque nationale de France
Comme un concentré des collections de la Bibliothèque nationale de France, en hommage à ses donateurs et mécènes, et pour présenter les enrichissements les plus récents, Des Trésors pour l’été vous propose une libre promenade pour découvrir, de vitrine en cimaise, des œuvres singulières, évoquant divers aspects de la connaissance, de l’histoire et de la culture.
du 19 juin au 29 août 2010
du mardi au samedi de 10h à 19h - dimanche de 13h à 19h - fermé lundi et jours fériés
François-Mitterrand | Galerie François 1er | Entrée libre
DÉBATS, CONFÉRENCES
Festival Paris Cinéma
Hommage à Koji Wakamatsu
Événement. Du 3 au 13 juillet 2010, le Festival Paris Cinéma donne rendez-vous aux spectateurs pour un début d'été cinématographique, populaire et festif. La BnF participe à l'événement du 4 au 11 juillet 2010.
Plongée en apnée dans l’œuvre âpre, sensuelle et violente de Koji Wakamatsu, ancien yakuza, maître du pinku eiga et cinéaste dérangeant. Le public pourra découvrir quelques-uns de ses nombreux films, ainsi que L’Empire des sens dont il a été le producteur.
Masterclass modérée par Philippe Azoury.
dimanche 4 juillet, 17h-20h
BnF François-Mitterrand | Petit auditorium | entrée libre
à noter
EXPOSITIONS
BnF François-Mitterrand
mardi - samedi de 10h à 19h
dimanche de 13h à 19h
sauf lundi et jours fériés
Qumrân. Le secret des manuscrits de la mer Morte
jusqu'au 11 juillet 2010
entrée 7€ / tarif réduit 5€
Les Estivales - Des Trésors pour l’été : enrichissements remarquables de la Bibliothèque nationale de France
du 19 juin au 29 août 2010
accès libre
mardi - samedi de 9h à 20h
dimanche de 13h à 19h
lundi de 14h à 20h
sauf jours fériés
Les Globes de Louis XIV
espace permanent
accès libre
Gilles Aillaud L’encyclopédie de tous les animaux y compris les minéraux
jusqu'au 18 juillet 2010
accès libre
BnF Richelieu
mardi - samedi de 10h à 19h
dimanche de 12h à 19h
sauf lundi et jours fériés
Rose, c'est Paris. Bettina Rheims et Serge Bramly
jusqu'au 11 juillet 2010
entrée 7€ / tarif réduit 5€
Bibliothèque-musée de l'Opéra
tous les jours
10h - 17h
Régine Crespin
du 19 juin au 15 août 2010
entrée 8€ / tarif réduit 4€
DÉBATS, CONFÉRENCES
BnF François-Mitterrand
entrée libre
dimanche 4 juillet, 17h-20h
Festival Paris Cinéma
Hommage à Koji Wakamatsu
lundi 5 juillet, 17h-19h
Festival Paris Cinéma
Paris Project accueille Ace
mardi 6 juillet, 14h30-21h
Festival Paris Cinéma
Paris Project accueille Europa Distribution
mardi 6 juillet, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mercredi 7 juillet, 17h-20h
Festival Paris Cinéma
Voyage au pays de la vidéo japonaise
dimanche 11 juillet, 17h-20h
Festival Paris Cinéma
Leçon de cinéma d'Eugène Green
mardi 13 juillet, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mardi 20 juillet, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mardi 27 juillet, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mardi 3 août, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mardi 10 août, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mardi 17 août, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
mardi 24 août, 17h30-18h30
Les Estivales
Autour… Des trésors pour l'été
Au vieux marché
Soleil radieux illumine l’azure
Platanes éblouis par la lumière
Le sourire éclaire les visages des passants
Bousculade dans le brouhaha
Place du Jeu de Balle
Hauts talons sur les pavés de la vieille époque
J’ai trébuché
Le vieux Henri m’attendait
Dans son sac en plastique
Des pièces de convoitises
Satzuma 19ème
La porcelaine japonaise
« J’adore », lui ai- je dit
J’ai choisi et emporté
« Oh mais quel beau collier de cristal ! »
« Je te l’offre », m’a-t-il dit
Je sursautai de joie : « Merci ! »
« Au revoir, Henri »
« À bientôt, j’espère… »
Nada
07/07/10
Les blogs appartiennent à la sphère du virtuel donc de l’illusion. Ceci ne signifie pas qu’ils soient inutiles... ou peut être que si justement ils sont inutiles et c’est en ceci qu’ils sont essentiels. En faisant de l’art, j’ai passé ma vie à construire de « l’inutile ». L’inutile, c’est la gratuité du don, reçu ou partager; c’est ce pas de côté, ce chemin de traverse ou le sens apparaît au moment où on ne le cherche plus, ce supplément d’âme selon la formule consacrée, comme si pour être admise l’âme avait besoin d’être quantifiée. L’âme déplie ses ailes dans l’inutile. En lui elle tisse sa lumière et trace sa direction.
Les blogs sont des fragments de vie, des cris heurtés, des interactions venimeuses, des silences subits, suivis de phases volubiles, des idées perçues à tort comme honteuses , des propos corrects aux effets pervers, des pensées partagées, des émotions dévoilées , des voiles utilisés pour tenter de dissimuler le cœur du réacteur social. J ‘aurais tout donné pour n’avoir pas besoin de m’abîmer dans des considérations sordides et ne pas avoir à parler chiffres et encore moins de vente. Le réel ne me va pas. D’ailleurs, il ne veut pas de moi.
J'écris pour restituer de l’instantané, de l’imprévisible, tenter d’explorer ces poussées de fièvre pendant lesquels les mots enfantent des pensées. J’utilise les blogs comme un pianiste fait ses gammes, peut être parce qu’ils permettent d’entretenir la fluidité de l’écriture, son ouverture au jaillissement de l’aléatoire. Des notes éphémères jouent une partition offerte aux quatre vents. Comme ils ne sont qu’illusion, les blogs mènent une danse à la fois plurielle et solitaire.
C’est en 1951 que Malraux nous livre cet essai de psychologie de l' art. Un écrivain, qui est aussi un historien de l' art, veut arracher leur secret aux chefs-d'oeuvre du monde entier, confronter leur langage avec celui de l' art moderne et approfondir par eux sa connaissance de l'homme. Sa recherche nous conduit à travers le "Musée imaginaire" des reproductions et des photographies, qui permettent de mettre en parallèle des oeuvres telles qu'un bas-relief et une médaille, et de découvrir le style qui les unit, comme s'il avait une "existence propre". Ce Musée, c'est, "pour la première fois, l'héritage de toute l'histoire. Encore est-il souvent altéré par le temps: comment se représenter des statues grecques multicolores? Et que reste-t-il d'une oeuvre quand le musée l'a dépouillée de sa fonction? Mais de toutes ces métamorphoses, le plus profonde commença lorsque l' art n'eut plus d'autre fin que lui-même". Pour l'homme du moyen âge, un crucifix était un crucifix avant d'être une sculpture. Comment savoir, même si l'on est historien ou sociologue, à quel appel profond de notre être répond une oeuvre? En fait, c'est à la lumière de notre temps que nous prêtons un langage à cet héritage du passé. Nous trouvons "moderne" tel tableau du Greco.
"Le chef-d'oeuvre ne maintient pas un monologue souverain, mais un invincible dialogue." C'est avec l' art moderne que s'établit le dialogue, avec une peinture qui a rejeté l' art de la fiction inventée par la Renaissance et découvert depuis Velasquez et Rembrandt un nouveau sujet "qui va rejeter tous les autres, la présence dominatrice du peintre lui-même". Quelle lumière va surgir de cette confrontation? Nous avons "le pressentiment d'un ordre mondial" qui unit les oeuvres ressuscitées du passé. Cet ordre, l'auteur essaie de le définir dans les "Métamorphoses d' Apollon", histoire des formes jusqu'au XVIe siècle. "Les formes antiques rencontrent chez les barbares dans l' Europe des invasions, et le Christ à Byzance, aux Indes le Bouddha." Ces formes commencent par se dégrader dans les oeuvres de la Grande Régression; le profil ou le cheval des monnaies macédoniennes en vient à se réduire à un idéogramme sur les monnaies celtiques, Puis apparaissent, à Byzance et en Occident, ces systèmes de formes féconds, doués d'une signification propre dans le monde où vivent les artistes qui les ont créées. Après les tâtonnements de l' art de Palmyre, du Fayoum, des mosaïques romaines, Byzance trouve l'expression de son art du sacré dans l'abside de l' église des Saints-Cosme-et-Damien, où le Christ en gloire se détache, isolé, sur un ciel grandiose: "il fallut autant de génie pour oublier l'homme à Byzance qu'il en avait fallu pour le découvrir sur l' Acropole." Pour exprimer cette conception tragique du christianisme, l' artiste a inventé la ligne brisée, le regard immense et les couleurs spécifiques du sacré. La renaissance de l' Orient, c'est "l'invincible conversion de l'homme libre et du héros à l'homme de Dieu". Quant à l' art occidental chrétien, il oppose à la figure théâtrale de la statue antique, le sourire expressif et vivant de l' ange de Reims. L' art roman refuse la "transcendance hantée" de Byzance, et humanise le visage des hommes et du Christ. Comment a-t-il forgé son style? L'art roman est né contre Byzance, a emprunté des formes à l' art mérovingien, et a trouvé son "accent propre". L' art gothique, lui, n'est pas le simple prolongement de l' art romain; en lui s'opère la création d'un système de formes encore différent.
Pourquoi ce vaste tour d'horizon des formes? Pour montrer qu'il n'existe "pas une forme décisive élaborée hors d'un conflit avec une autre forme: pas de problème de vision qui ne soit subordonné". Ce qui nous permet de mieux comprendre que la peinture "tend bien moins à voir le monde qu'à en créer un autre". C'est alors que le problème psychologique de la "Création artistique" qu'il faut élucider. Ce sera l'objet de la troisième partie du livre. On parle à tort de vision de l' artiste, comme si ce dernier se distinguait des autres hommes par de mystérieux pouvoirs. L' artiste, c'est tout d'abord "un homme qui aime les tableaux". Encore faut-il bien s'entendre sur ce dernier terme, et exclure de l' art proprement dit les dessins non dominés des enfants et des malades mentaux, et les dessins des naïfs, trop fidèles à un mode de représentation traditionnel. Faut-il appeler "artiste" l'homme capable de reproduire un objet sur la toile avec la plus grande fidélité? Cette notion bourgeoise de la ressemblance est périmée: "J'appelle artiste celui qui crée des formes", lesquelles ne naissent pas d'elles-mêmes achevées dès l'abord, mais du "conflit du peintre avec une autre forme d' art". Il est nécessaire que le peintre commence par le pastiche, avant de créer à son tour un nouvel ensemble de formes, une "écriture". Mais gardons-nous de réduire le style à une simple écriture. "Le style roman n'est pas un modern-style médiéval, il est un sentiment du monde." Il reste à rendre compte du mécanisme même de la création: pour Malraux, tout artiste travaille à partir d'un schème initial: il cite Flaubert qui définit "Salambô" comme un roman pourpre, et "Madame Bovary" comme un roman puce. A partir de ce schème, l'artiste regarde le monde pour le filtrer et l'annexer. Ici se pose le problème de la liberté de l' artiste: les formes qu'il invente sont-elles déterminées par son temps ou par sa vie? "...en tant que créateur, l' artiste n'appartient pas à la collectivité qui subit une culture, mais à celle qui l'élabore, même s'il ne s'en soucie pas". Ce n'est pas une biographie qui pourra rendre compte de la création qui s'accomplit dans les trois versions du tableau du Greco intitulé "Le Christ chassant les marchands du temple". Enfin rien de plus obscur et de plus impérieux que la "présence d'un monde pictural autonome", qui nous fait reconnaître le chef-d'oeuvre parmi les oeuvres secondaires et les faux.
C'est maintenant la signification de l' art moderne, qui est le nôtre, qu'il faut essayer de comprendre. "La monnaie de l' absolu", tel est le titre de cette dernière partie de l'ouvrage. Notre civilisation a remplacé l' absolu par la conscience de l' histoire. Alors naît une peinture qui, n'exprimant plus des valeurs, ne vaut plus que pour elle-même. L'artiste, refusant le monde bourgeois sans transcendance, fabrique sa propre transcendance, qui est son art. Vermeer fut ainsi le premier à créer une "abstraction sensible". En même temps, notre époque tente passionnément de sonder l'homme dans ses profondeurs les plus secrètes, interroge les dessins des malades mentaux, des enfants, des naïfs, des primitifs. Mais jamais, dans ces derniers, les sentiments archaïques exprimés ne sont leur propre fin. "Le créateur de masques est peut-être possédé par les esprits, mais il écoute en eux la voix du monde, et en tant que sculpteur, les possède à son tour." Si l'on peut admirer en même temps Poussin et un masque nègre, c'est grâce à la prise de conscience d'un langage de la peinture enfin isolé. Mais la résurrection massive, de nos jours, des arts primitifs ne peut s'expliquer que par un accord profond de ces arts avec le nôtre. "Ce qui unit notre art aux arts sacrés, ce n'est nullement qu'il soit comme eux, sacré, mais que, comme eux, il ne tient pour valables que les formes hétérogènes à celles de l' apparence." Notre art n'est pas un dieu, mais tout comme un dieu, il est absolu. "Il n'est pas une religion, mais il est une foi." La valeur fondamentale de l' art moderne, c'est "la très vieille volonté de création d'un monde autonome, pour la première fois réduite à elle seule". Qui dit création dit liberté. L' histoire de l' art est l'histoire d'une conquête de la liberté. "L' art est un anti-destin."
On n'aura pas rendu compte de ce livre tant qu'on n'aura pas dit le lyrisme d'un homme passionné par sa recherche, mais surtout d'un écrivain passionné par les mots. Le projet était grandiose et aurait demandé, pour satisfaire les esprits soucieux de rigueur, le concours d'un historien, d'un sociologue, d'un philosophe; or ce livre est, et il veut sans doute n'être que cela, le récit d'une aventure personnelle, que l'écrivain transforme parfois en véritable épopée. A cet ouvrage, déjà très riche en reproductions, s'ajoutent trois volumes de planches groupant des oeuvres choisies par l'auteur. Leur classement par ordre chronologique des civilisations tend à montrer ce qui unit entre elles des oeuvres qui sont "l'expression d'une aventure humaine, l'immense éventail des formes inventées". Des reproductions d'oeuvres modernes y sont jointes, qui témoignent du "dialogue avec le passé". Dans les préfaces sont précisées des idées déjà énoncées dans "Les voix du silence". Ces trois volumes, qui ont pour titre général "Le musée imaginaire de la sculpture mondiale", se partagent le sujet dans l'ordre suivant: "I. La statuaire (1953)"; "II. Des bas-reliefs aux grottes sacrées (1954)"; "III. Le monde chrétien (1955". En 1957, André Malraux a commencé une nouvelle série avec "La métamorphose des dieux". Entre-temps et sous le titre général de "L"univers des formes", André Malraux et Georges Salles ont entrepris la publication d'une immense encyclopédie de l' art universel.
Liberté,
ce mot qui fait sourire
et qui ne tombe jamais de très haut.
À peine un rond dans l’eau
et la surface vite étale.
Un marécage aussi
où se bousculent des grenouilles
et que seul traverse
innocenté,
l’enfant boueux.
En 1947, Artaud nous livre son « Van Gogh ou Le suicidé de la Société », livre poème sur la folie, Van Gogh et alentour de lui-même.
Comme Corrège aurait dit: "Et moi aussi je suis peintre", Artaud semble déclarer "Van Gogh c'est moi", et il écrit un oratorio.
La peinture de Van Gogh n'est pas celle d'un fou et Van Gogh ne peint pas la folie. L'écriture d'Artaud n'est pas celle d'un fou, mais souvent il peint, il représente l' aliénation mentale, et dans son "Van Gogh" il défend la folie en la situant. Ce sont les autres qui font de vous un fou. Plus précisément, le génie est une contestation radicale de la société, laquelle est injuste et criminelle. Extra-lucide, ennemi des institutions, le génie est taxé de folie, persécuté; aussi "la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie" et "l'aliéné authentique est un homme qui a préféré devenir fou, dans le sens où socialement on l'entend, que de forfaire à une certaine idée supérieure de l' honneur humain". Les psychiâtres érotomanes notoires, représentent la société et poussent les internés au crime; ils les "suicident".
Ces thèses, qui constituent l'ouverture du livre d’Artaud, ne se constituent pas en un réquisitoire organisé : en un déferlement de vagues cosmiques, Artaud fait toute la lumière sur les ténèbres dans lesquelles nous vivons. Et c'est bien la force toute-puissante avec laquelle Van Gogh a frappé (comme d'inanité) le monde inerte pour en tirer des feux d'artifice qu'Artaud va peindre avec un grand bonheur d'expression (qui consiste non pas en le mot juste, mais en le mot ailleurs, expressif, le mot à côté de la chose comme le couteau à côté de l'assiette): "...corbeaux noirs avec au-dessous une espèce de plaine livide peut-être, vide en tout cas, où la couleur lie-de-vin s'affronte éperdument avec le jaune sable des blés".
Cependant Artaud refuse ce bonheur, comme du début à la fin du poème il répète que Van Gogh est le plus grand de tous les peintres parce qu'il n'est pas peintre. Van Gogh, "c'est la réalité elle-même, le mythe de la réalité même...", que sa peinture fait "sonner" avec son "timbre supra-humain". C'est "un pauvre ignare appliqué à ne pas se tromper". C'est un boucher qui creuse le monde pour tracer sa route, un illuminé qui "entasse des corps", et à cet entassement correspond une formidable accumulation de traits cadencés par lesquels Artaud avance dans son discours.
Pour Artaud, la violence de Van Gogh est la réponse à l'obscénité haineuse du monde et des psychiatres: sa folie, une réponse de l' âme à l' imbécillité universelle (notamment celle de son frère Théo) qui lui souffle "Vous délirez". Et Van Gogh s'est tué parce qu'il ne pouvait tuer le psychiatre, le docteur Gachet; il s'est tué parce qu'il ne pouvait plus supporter ce "délire" qu'on attachait à ses pas.
J'ai le plaisir de vous faire part de cet entretien spontané avec Frédérico Alagna, artiste polyvalent qui sévit ici et là..
Je mettrai au gré des recherches les peintures qui illustrent cet entretien
Merci à Fdrco
Alain GEGOUT peintre
Présentation exhaustive
Qui osera encore remettre en question le magnifique outil de communication qu'est d'internet, même pour les arts plastiques!? J'ai découvert l'œuvre d'Alain grâce à Facebook, une œuvre picturale forte et délicate que je qualifierai d'un "maniérisme acidulé", représenté par des figures contorsionnées qui font la part belles aux chevelures, chapeaux, dentelles et autres vêtements qui gardent ainsi toute leur "féminité". Alain, lui, parle "d'art défiguratif" selon son propre terme, qui révèle un sérieux sens de la formule, teinté d'une légère ironie. Dans ses Paysages, il laisse « déborder » ses espaces picturaux sur une feuille accolée aux tableaux, qui prolonge en les magnifiant les effets de coulures. Après avoir échangé quelques mots et nos liens respectifs, Alain a accepté de se joindre à mes invités!
« Flo » par Alain Gegout
Technique mixte sur toile
Frédérico Alagna « Fdrco » - Alain bonjour et merci à toi de te prêter au jeu ! Quel rapport entretiens-tu avec les Arts plastiques au quotidien?
Alain Gegout - J'aime avant tout la peinture pour son aspect direct, en fait je travaille et vis dans l'urgence comme si la vie devait s'arrêter à chaque seconde.
René Magritte
« Le Jockey perdu » (2 versions)
Alain Gegout - J'ai fait de la peinture faussement hyperréaliste pendant 10 ans. J'aime la peinture à l'huile, j'ai aimé et je préfère maintenant l'acryl pour ce sentiment d'urgence qui m'anime… Je peins avec des pinceaux, des brosses et tout ce qui permet d'exploiter le geste hasardeux. Le marouflage est devenu est rituel incontournable. Cette technique qui consiste pour moi à dessiner d'une façon aléatoire sur du papier et de pratiquer ensuite une sorte de monotype. Les papiers sont ensuite déchirés et marouflés sur la toile… et je peins à partir de ces hasards à forme humaine.
Fdrco – Je crois que le hasard est un moteur de surprise essentiel à la « régénération » de l’invention dans la création. Mais je crois que c’est surtout la « force » de l’artiste qui fait la force des hasards (quand il parvient à en extraire une œuvre, par son travail intellectuel et manuel.) Car il n’y a que l’œuvre, une fois « terminée » qui puisse cautionner l’emploi de tels ou tels procédés créatifs, fussent-t-ils les plus hasardeux. Cela nous entraine vers les questions suivantes : Figuration ou abstraction? Dessins ou couleur? Démarche traditionnelle ou contemporaine? Est-ce que ce sont des questions si se posent à toi?
Alain Gegout:
« Ambiance tamisée, caresse du genou vers la cuisse,
la mort rode et nous fait chaque jour des avances».

Alain Gegout - Peu de noms viennent parmi les contemporains, je me sens bien sûr proches des expressionnistes. J'aime la peinture héroïque, celle de Eugène Leroy est un bel exemple, Je ne peux nier Bacon et Freud, Turner, Le Titien et Rembrandt.
Eugène Leroy Lucian Freud
William Turner Le Titien
Rembrandt Van Rijn « La fiancée Juive »
Fdrco - J’aime aussi ces peintres que tu cites. Toutefois, l’œuvre de Lucian Freud que j’adorais en bouquin ne m’a pas fait l’effet que j’en attendais en présence lors de son expo à Beaubourg, à l’inverse de Bacon qui m’intéressait peu en bouquin, mais qui gagne à être vu en vrai. Turner à la Tate Gallery de Londres m’avais énormément saisit. Rembrandt reste une évidence, la puissance des sujets traités par Titien que j’adorais me semble « affadie » aujourd’hui, mais côté réalisation il reste extraordinaire. Que penses-tu du marché de l’art actuellement ? C’est important le succès, la célébrité, pour un peintre, un plasticien ? Penses-tu que ce soit représentatif ou qu’il y ait un phénomène de mode ?
Alain Gegout - L'art contemporain est une arnaque le plus souvent. Peu de choses resteront dans l'histoire. Andy W. et quelques autres plus ou moins pop. L'art devenu un produit est condamné à vivre un rythme de produit vite « Has been ». Je n'aime pas l'art gadget, produit à jeter. L'art doit garder une dimension sacrée.
Fdrco - Oui je crois aussi qu’il y a méprise quand l’objet d’art s’apparente aux objets de consommation. Le caractère unique ou rare me semble définitivement un rempart contre la dérive commerciale. Je n’ai cependant rien contre les produits dérivés, tee-shirt, bouquin, carte postales etc. qui peuvent justement être un complément de rendement à même de préserver l’intégrité de l’artiste pour se consacrer à la création d’œuvre originale, sans avoir recours à la création d’œuvres « alimentaires ». LA question « à cent balles »: Si tu ne devais choisir qu'une seule œuvre à emporter avec toi dans la tombe ? (rires.)
Alain Gegout
« Lumière débordante »
Acrylique sur toile
plus feuille blanche
Alain Gegout - J'emporterais un rire de jeune fille "innocente".
Fdrco - Effectivement, qui pourrait réussir à transcrire ça ?? (Rires) Est ce qu'une œuvre doit avoir un sens, donner du sens ou suggérer le sens?
Alain Gegout - Le sujet c'est la peinture. Le sens de la peinture passe par ce postulat. Je n'aime plus les images, vu trop d’images.
Fdrco - Tu parles justement de la saturation d’image, c’est une évidence aujourd’hui, c’est un sujet que j’évoque dans un entretien avec un ami peintre et architecte (cf. Conversation avec Markus Gisin). Pour finir, Un seul mot : qu'est-ce que l’Art?
Alain Gegout - Un cri et une jouissance qui inclut la souffrance.
Fdrco - Là tu as dis trois mots, il faudra choisir !!! Merci Alain, j'attends pour une rencontre "de visu"!
www.alain-gegout.odexpo.com ----------------------------
L'été sert à tout, l'été sera fou. Il sera l'éclosion d'un type de relation.
2010 et ses recettes, laitue roquette, ciboulettes oignon coeur de lion à profusion répandus sur dos salé, laisser mijoter sous l'aisselle.. pas trop longtemps.. Ca fini par dégouliner et déguster en léchant.. Ah..! j'oubliais un demi avocat par personne et un autre de chair afin de soutenir la cause des laitues qui finissent flétries.
Flo et son chapeau comestible 80 x60 acry et marouflage sur toile

C’est en 1934 que l'historien d' art Henri Focillon publie cet ouvrage capital. Focillon fait une synthèse entre l'héritage historique et les découvertes bergsoniennes sur l' évolution et l' élan vital, appliquées à l' esthétique. L'auteur se dégage heureusement de toute conception a priori, et sa méthode part de l'oeuvre d' art, conçue comme donnée unique d' expérience, dégage ses éléments essentiels et en esquisse une explication psychologique. Rejetant l'opposition scolaire entre la "forme" et le "fond", il montre que la "forme" s'identifie à la pensée même de l' artiste, l' art consistant en effet, avant tout, dans l'effort d'expression concrète. L'étude des formes est inséparable de l'étude des styles, d'où l'on peut dégager quelques phases essentielles: expérimentale, classique, raffinement baroque. Cette seule constatation suffirait à prouver qu'il existe un monde des formes, autonome, avec son évolution propre, qui peut être objet de description.
Dans un second chapitre, Focillon étudie les formes dans l' espace: la forme décorative, élémentaire; la forme architecturale, "moule creux", qui crée à la fois un objet dans l' espace et un nouvel espace, intérieur; la forme sculpturale; enfin la forme picturale, qui enveloppe un espace complet, mais illusoire. La forme, d'autre part, n'est point séparable de la matière, et c'est l'objet d'un troisième chapitre: si la forme modifie la matière, elle est aussi affectée par elle. Chaque matière possède en effet une "vocation formelle", c'est-à-dire une disposition intrinsèque à recevoir telle ou telle forme: de là l'importance décisive de la technique.
Le quatrième chapitre étudie les formes de l' esprit: la thèse de Focillon veut que les conceptions de l' artiste se confondent complètement avec les formes de l'oeuvre d' art: la forme n'est pas "l' allégorie ou le symbole du sentiment, mais son activité propre". Enfin, dans le dernier chapitre, qui étudie les formes dans le temps, Focillon reprend, mais d'une manière très souple, la notion bergsonienne d' évolution: déjà l'étude des formes dans leurs différents rapports a pu montrer la diversité des facteurs qui influencent sur leur vie. Il est impossible, comme on le fit au XIXe siècle, de réduire cette évolution soit à la race, soit au milieu. Le milieu, la race, mais aussi bien l' histoire, la vie politique, les affinités personnelles, enfin la vie propre des formes déterminent leur développement, qui ne sera jamais systématique: "L' histoire, écrit Focillon, est généralement un conflit de précocités, d'actualités, de retards". Ce livre, dont on doit admirer le style d'une grande clarté, résume tout l'enseignement de l'auteur et marque une date importante dans l'histoire de l' art contemporain.
A voir aussi : Hommage à Henri Focillon
Les Lettres à Sophie Volland, c'est l'abondante correspondance adressée par Diderot à sa grande amie et confidente.
Diderot fit la connaissance de Sophie Volland en 1755: il avait alors 42 ou 43 ans et elle de 39 à 40 ans. Bien que nous ne sachions rien d'elle, il est certain que Sophie Volland avait une très forte personnalité, un esprit fort cultivé et fort juste. Grimm dit d'elle, répétant le mot du célèbre médecin Tronchin, que c'était "une âme d'aigle dans un corps de gaze". Cette rencontre fit naître une grande passion réciproque, dans laquelle intervint malencontreusement la mère de Sophie, envers qui Diderot semble avoir eu à la fois de l'affection et une irritation qu'il ne peut dissimuler. Les deux amis prirent l'habitude de se voir deux fois par semaine, exception faite pour les fréquents séjours de Diderot à la campagne chez les d' Holbach, ses voyages et les longs mois que Sophie passait avec sa mère dans leurs terres. Ce sont justement ces absences qui nous ont valu les "Lettres", enflammées au début, puis tendres, affectueuses, confiantes, qui nous permettent de suivre l'évolution de cet attachement qui ne se termina que par la mort des deux amants, disparus à quelques mois l'un de l'autre (1784).
Les premières lettres sont de 1759 et, immédiatement, elles nous donnent des renseignements précieux sur l' "Encyclopédie". La crise qui manqua d'en arrêter définitivement la parution vient de se terminer: d' Alembert s'est retiré de l'entreprise et c'est à Diderot, poursuivi par les libraires et seul responsable, qu'incombe toute la tâche, d'autant plus difficile à mener qu'elle est maintenant clandestine. Le voilà qui s'occupe, le plus souvent nuitamment, de l'impression des fameuses planches dans l'atelier de Le Breton, qui rassemble et compile les documents, qui écrit lui-même des articles de philosophie, d'histoire et surtout de sciences appliquées. Une lettre datée du château du Grand Val, résidence des d' Holbach (3 octobre 1759), est particulièrement intéressante, car elle nous montre dans quelle ambiance Diderot composait ses articles. Il en expose au salon les grandes lignes (il s'agit ici de l'article sur les sarrasins) et nous fait grâce d'aucun des commentaires humoristiques, cyniques, voire burlesques, des différentes personnes présentes et surtout des dames. Ainsi revit devant nous ce cadre dans lequel fut conçu le grand ouvrage, cette société qui poussait l' irrespect jusqu'au blasphème et la liberté d'expression jusqu'à la trivialité. Dans sa correspondance, Diderot tient également Mlle Volland au courant des travaux littéraires qu'il menait de front avec l' "Encyclopédie", et particulièrement de sa collaboration à la "Correspondance" de Grimm. C'est ici que nous prenons la vraie mesure de Diderot, de son dévouement et même de son héroïsme, à l'égard de l' "Encyclopédie", pour laquelle il sacrifia, sans en escompter de bénéfices, la meilleure partie de sa vie et de lui-même. A côté de cet immense travail, les oeuvres personnelles comptent peu: Diderot écrit à la hâte des articles pour Grimm, il commence ou reprend ses propres oeuvres seulement quand l' "Encyclopédie" lui en laisse le loisir. A partir de 1769, Diderot, toujours accablé de travail, donne plus de temps à ses oeuvres, c'est alors qu'il écrit le fameux "Entretien entre D'Alembert et Diderot" et qu'il fait jouer "Le Père de famille", qui connaît immédiatement un succès triomphal.
Enfin en 1772, l' "Encyclopédie" est entièrement parue; après plus de vingt ans d'un labeur acharné, Diderot peut enfin profiter de sa liberté, mais il n'est plus jeune. Néanmoins, il entreprend ce voyage en Russie, auquel Catherine II le conviait depuis si longtemps, ceci malgré les conseils de la famille Volland à laquelle il reste toujours très attaché; il entretient maintenant d'excellentes relations avec Madame Volland; quand à ses rapports avec Sophie, ils ont toujours le même caractère passionné, la même tendresse impétueuse.
Enfin nous pouvons, grâce aux "Lettres", suivre les étapes du voyage. Diderot séjourne d'abord à La Haye, de mai à août 1773 chez l'ambassadeur de Russie, le prince Galitzin, et ce n'est qu'en octobre qu'il arrive à Moscou. L'amie des philosophes, l'impératrice lui fait un accueil chaleureux, elle traite Diderot comme un ami et celui-ci refuse ses présents pour conserver son franc-parler. "J'ai vu la Souveraine, je l'ai vue tous les jours, je l'ai vue seul à seul, je l'ai vue depuis trois heures, toujours jusqu'à cinq, souvent jusqu'à six." Le philosophe ne tarit pas d'éloges sur celle que Voltaire appelait la "Sémiramis du Nord"; pour lui, "c'est l'âme de Brutus sous la figure de Cléopâtre; la fermeté de l'un et les séductions de l'autre", "Si elle règne jusqu'à quatre vingt ans, comme elle me l'a promis, soyez sûre qu'elle changera la face de son empire". C'est du retour à La Haye où Diderot séjourne de nouveau quelques mois avant de regagner Paris, qu'est datée la dernière lettre de cette correspondance (3 septembre 1774). Nous ne savons rien des rapports des deux amants au cours des dix dernières années de leurs vies, sinon par ce témoignage de la fille de Diderot, Mme de Vandeul, à propos de Mme Volland: "Il prit pour sa fille une passion qui a duré jusqu'à la mort de l'un et de l'autre."
Non seulement les "Lettres à Sophie Volland" nous aident à mieux comprendre quels furent le rôle et l'influence de Diderot en son temps et comment il mena à bien cette tâche énorme qu'était l' "Encyclopédie", mais elle nous font pénétrer dans son intimité, dans sa vie de tous les jours: ses rapports avec les Encyclopédistes, sa vie de famille traversée de scènes continuelles avec sa femme, Diderot ne cache rien de ses fautes, de ses folies, il déplore son caractère brouillon; mais sa franchise qui va jusqu'à l'inconséquence, sa spontanéité, la passion qu'il met en toutes choses nous le rendent fort sympathique. Cependant ses "Lettres" sont alourdies par d'interminables tirades où Diderot expose inlassablement son amour. Quelques jugements esthétiques fort singuliers nous surprennent et nous montrent selon quels critères, exclusivement littéraires et sentimentaux, Diderot jugeait des oeuvres d'art; ils confirment ainsi l'impression qu'on retire de la lecture des "Salons". Diderot écrit au courant de la plume et son style est le plus souvent débraillé, voire incorrect, les répétitions et les négligences sont fréquentes dans les "Lettres" généralement fort longues, dont le caractère direct s'en trouve d'ailleurs renforcé. Cette correspondance n'était pas destinée à la publication. Les "Lettres" sont non seulement un document irremplaçable sur l'époque, ce sont de véritables Mémoires de Diderot ou plutôt son Journal intime. Ecrites seulement pour lui-même et pour celle qu'il aimait, elles nous peignent, sans retouche, le véritable et vivant portrait du grand homme.
Damien Valère et 14-18. Petites Séquelles d'une Grande Guerre.
Arthème, le fils de François Champdeblés, l’auteur de 27 pièces décoiffantes, nous attend ce soir au Jardin de ma sœur. Esprit de famille ? L’estaminet est charmant et témoigne par son exiguïté, ses tables usées et ses éclairages dorés, de l’ancienne vie de village du quartier du Vismet ! Pompon L’ancien chat noir y répandit ses grâces et ses maléfices pendant 17 ans de connivence avec les artistes, jusqu’en mars dernier. Et son âme nous hante encore toujours lorsque l’on caresse les jeunes minets Mariette et Gaspard… de la nuit , les nouveaux maîtres des lieux !
Le spectacle commence : Jean Champdeblés, un grand-père placide assis à une table qui recèle un tiroir secret se redit une lettre d’amour. Est-ce la magie des chats qui réveille le personnage ou une pompeuse ouverture musicale qui fait apparaître sur la cheminée les tranchées, les soldats, toute la misère de la grande guerre. Et l’homme se transforme en jeune enfant de village qui pose ses questions innocentes sur la guerre, la patrie, son père disparu. Tout s’enchaine, ponctué de fragments musicaux de Prokofiev. Pour l’époque, pour l’enchantement qu’est l’enfance, pour la peur du loup… et la victoire sur la déraison des dictatures ? Pourtant Damien, nom d’emprunt, le père aux cheveux d’or, ne revient pas. Le drame s’installe. L’enfant devient otage. Il se console avec un chat roux débordant d’amour qui vient de quelque part. La suite du spectacle est magnifique… allez écouter avec ravissement un conteur vrai, un auteur, une histoire vraie. Celle de son grand-père. Ce n’est pas Bruges mais Ypres avec son cortège d’atrocités… au cœur de laquelle, un amour splendide est né, plus beau que tous les châteaux et les bijoux de la vicomtesse, marraine de guerre.
Tout est dit, du début jusqu’à la fin avec une immense tendresse, des silences éloquents, et un regard dans lequel brille le bonheur. Les silences lourds et le mépris ont perdu la partie, le jeune Jean a tout compris même s’il n’a jamais défié ses parents avec la moindre question embarrassante. Du vrai, passé par le filtre de la création pour en extraire un élixir de vérité émouvante. Et la voix de Maria Callas pour l’amour fou.
Au Jardin de ma sœur jusqu’au 10 juillet, les vendredis et samedis soirs
A l'angle du Quai au Bois à Brûler et de la Rue du Grand Hospice, à 1000 Bruxelles
(Marché au Poisson,
Métro Sainte Catherine)
Tel: +32.2.217. 65.82
E-mail: info@leJardindemaSoeur.be