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Mots de tête

Et migraine.. mi raisin.. les mots s'enracinent dans la pierre. ils s'ancrent dans ma tête..

jpet-les-plombs

J'aime celui là écrit vite fait sous un tunnel qui se trouve sur le parcours de "L'art dans le ruisseau"

"Dieu existe, je l'ai sodomisé" lu dans les toilettes à Londres

Un autre cité par une amie sur F Book:

Il y à t-il une vie avant la mort?


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Si seul'ment javais du talent...

Si seul'ment j'avais du talent...

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"Oh! Mon Amour,

Mon grand, mon beau, mon merveilleux Amour,

De l'aube claire jusqu'à la fin du jour,

Je t'aime encore, tu sais, je t'aime..."

Ces quelques vers,

Combien j'aurais désiré,

J'en serais fière,

pour Toi, les composer.

On a tout dit,

tout écrit sur l'Amour!

Mes gribouillis,

Auprès d'autres n'ont pas cours.

Pouvoir poser

et faire vivre ces mots

sur le papier,

pour qu'à ton coeur ils tiennent chaud.

Tous ces auteurs,

ces merveilleuses chansons

émeuvent le coeur

et chavirent la raison.

Pauvre de moi,

qui rêverait de t'écrire

Rien que pour toi,

L'amour jusqu'au délire.

C'est difficile

de sublimer l'Amour,

d'avoir le style

Pour te dire "mes toujours".

Je semble bien piètre

devant la page blanche,

avec ces lettres,

qui sonnent faux , qui s'endimanchent.

Je les envie,

Ces Brel, Ferré, Ferrat,

Qui ont décrit

l'Amour et ses émois.

Ce qui est sûr,

même si je n'ai pas le don,

je te l'assure,

je t'Aime avec Passion.

Jamais je crois,

je ne saurai comme eux,

trouver la voie

du mot juste, de l'Aveu.

Aussi pour oser te le dire, là, tout bas,

Je choisirai plutôt le grand Ferrat

Chantant pour toi ces mots:

"Aimer, à perdre la raison,

Aimer, à n'en savoir que dire,

A n'avoir que Toi d'horizon,

Et ne connaître de saisons,

Que par la douleur du Partir,

Aimer, à perdre la raison..."

Clo (22 juillet 2010)

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Ainsi parlait Zarathoustra, par-delà le bien et mal


Friedrich du néant par Eric Migom

C’est en 1883 que parut « Ainsi parlait Zarathoustra » de Friedrich Nietzsche. C’est l’oeuvre philosophique et poétique capitale de Nietzsche, celle où les grandes idées du "Surhomme" et de "L'éternel retour" atteignent leur forme la plus achevée, leur signification la plus joyeusement positive.

Après dix années de préparation dans la solitude des Alpes, Zarathoustra éprouve le désir de faire don aux hommes du miel de sa sagesse et descend à la ville: mais le peuple n'écoute pas sa voix inspirée, car il ne pense qu'à applaudir les acrobaties d'un danseur de corde et rit des paroles qu'il ne comprend pas. Zarathoustra devra donc se chercher des disciples auxquels il pourra adresser ses "Discours", défis belliqueux aux anciens idéaux, conçus en un style biblique.

Le premier de ces discours est une parabole intitulée "Les trois métamorphoses": on y apprend quelle doit être l'évolution de l'esprit humain, depuis l' obéissance, symbolisée par le chameau, jusqu'à la négation violente personnifiée par le lion et enfin à la pure affirmation dont l'enfant est l'image. Les discours suivants abordent les sujets les plus divers: ils s'élèvent contre la pusillanimité des médiocres qui se réfugient dans la tranquille somnolence de la morale; contre la métaphysique qui discrédite le monde en prêchant l' abstraction; contre l'aridité livresque d'une culture trop formée sur elle-même; contre l' ascétisme qui fait penser à la mort; contre le culte de l' Etat qui étouffe les hommes en faisant d'eux les esclaves d'un organisme impersonnel; enfin contre la vulgarisation de la pensée. D'autres discours contiennent par contre d'exaltantes affirmations: l'un glorifie la guerre comme stimulant des énergies humaines; un autre reconnaît, dans le dédoublement de soi, fruit de la solitude et de la méditation, la forme la plus belle d' amitié; un autre encore oppose aux valeurs abstraites la valeur de la vie, qui porte en elle-même son but; un dernier enfin enseigne la débordante générosité de la vertu saine qui aime à se donner.

Zarathoustra se retire à nouveau dans la solitude de la montagne; après "des mois et des années", il revient à sa prédication contre les "idéalistes": la Vie doit triompher et l'homme se libérer, par la victoire sur lui-même, du pernicieux instinct d' obéissance, pour se hausser à l'affirmation joyeuse de sa propre volonté. De nouvelles polémiques sont alors engagées contre les faibles prosternés dans la crainte de Dieu, contre les altruistes, les prêtres et les vertueux, contre ceux qui prêchent l' égalité, contre les savants, les poètes qui enseignent des chimères, contre les politiciens.

En opposition avec ces polémiques, Nietzsche nous donne en intermède les trois magnifiques chants de Zarathoustra: le "Chant nocturne" où est exaltée la plénitude du bonheur qui aspire à donner sans cesse; la "Ballade" qui fête la vie dans sa spontanéité; le "Chant funèbre" qui est un hymne magnifiant la volonté de puissance. Enfin Zarathoustra, après avoir célébré la sagesse humaine comme divine imprévoyance et confiance dans la vie, délaisse une fois encore ses amis.

Ayant compris la doctrine de l' "Eternel retour", forme la plus haute de l'affirmation, il se présente pour la troisième fois aux hommes et glorifie maintenant l' inconscience du bonheur: il chante les puissances naturelles dont le déchaînement est une forme violente et merveilleuse de consentement, célèbre la victoire sur la mélancolie et invite les humains à se dépouiller de leur gravité: car pour la sagesse de Zarathoustra, il faut avoir "le pied léger". Il dicte enfin ses "nouvelles tables" des valeurs qui, en honneur de l' amoralité constructive de la vie, boulversent les antiques concepts fondés sur le principe du bien et du mal. Mais déjà Zarathoustra est retourné à sa solitude: après un pénible égarement dans le doute, il chante la plénitude de son âme et de la vie, invoquant l' éternité au nom de la joie.

C'est enfin la dernière partie du livre, une sorte de "tentation de Zarathoustra". Dans la solitude, il est surpris par l'appel d'un cri d'angoisse: s'étant mis en quête, il rencontre successivement sept créatures qui figurent symboliquement la survivance des antiques valeurs ou le travestissement des valeurs nouvelles: un devin qui incarne le dégoût de la vie; deux rois, écoeurés de la fausseté du pouvoir; un "scrupuleux d'esprit" empoisonné par son propre positivisme; un magicien, esclave de sa propre fantaisie inépuisable; le dernier pape, errant sans but depuis que "Dieu est mort"; l'homme le plus laid du monde qui par rancoeur a tué Dieu; le mendiant volontaire en quête de la félicité sur terre. Ces hommes supérieurs se sont réfugiés auprès de Zarathoustra. C'est ainsi que commence le banquet en l'honneur du "Surhomme" qui, surgissant de la masse, lui imprime une nouvelle vigueur. Mais aussitôt que Zarathoustra s'est éloigné, ses hôtes se sentent saisis d'une espèce d'angoisse équivoque: eux qui ne peuvent vivre sans Dieu, s'inclinent pour adorer un âne. Mais Zarathoustra revient à l'improviste, balaie cet opprobe, puis entonne le "Chant de l' Ivresse", ultime affirmation de la foi dans l'Eternel Retour; il termine par le "Rondo de Zarathoustra", intense et brève poésie dans laquelle est invoquée, comme dans le chant de minuit, la profonde, profonde Eternité". Ainsi prend fin, dans le matin radieux, l'histoire de Zarathoustra et ce sera bientôt l'avènement de vrais disciples.

Nietzsche a appliqué dans sa fable la loi du "talion", en voulant que ce soit ce même Zarathoustra, "qui créa l'illusion d'une organisation morale du cosmos", qui enseigne aux hommes à se libérer du moralisme. Quant au mythe du "Surhomme" il jaillit des plus pures profondeurs de la pensée nietzschéenne; cependant ce nom que l'auteur dit avoir "récolté dans la rue", lui vint de Goethe (voir "Faust", I, 1 et "Dédicace" des "Poésies").

La valeur artistique de Zarathoustra n'est pas toujours égale: un symbolisme lourd n'en est pas absent; des jeux de mots allant jusqu'au calembour douteux, une éloquence trop chargée, d'autant plus emphatique qu'elle est moins persuasive, se rencontrent souvent dans l'ouvrage. Tel quel, c'est néanmoins un chef-d'oeuvre poétique et, malgré la multiplicité des sources (qui vont de la Bible aux poésies de Goethe, de la prose de Luther aux aphorismes des moralistes français), il conserve une originalité totale. Nietzsche put à bon droit se vanter, comme il le fit auprès de son ami Rohde, d'avoir, avec "Ainsi parlait Zarathoustra", porté la langue allemande à sa perfection.

Cette oeuvre de Nietzsche inspira directement Richard Strauss (1864-1949) qui, en 1896, donna un poème symphonique intitulé: "Ainsi parlait Zarathoustra" (op. 30) qui est des plus brillants.

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Monceau, 4 décembre 1959. Le Hameau est gris. La pluie tombait depuis la veille au soir.

Mariette s'était levée à cinq heures, comme d’habitude. Rien ne la retenait au lit.

Sa place sur le vieux matelas était devenue un moule sans confort qui avait épousé la forme de son corps. Lorsqu’elle se couchait, elle roulait aussitôt dans « le trou », l'endroit où avait dormi Zéphyr ! Le ressort devenu mou criait toute son amertume et pleurait la misère qui règnait dans la maison.

Le plafond de la chambre sentait le carton dont l’odeur se mêlait à celle des souris qui grouillent dans le grenier.

Ce jour-là, la pluie avait précipité son lever. Elle rebondissait sur la pierre de la fenêtre pour venir taper à rythme irrégulier sur la vieille vitre. Sans doute résonnait-t-elle autant du fait qu’elle n'est plus qu’à peine tenue par un ou deux centimètres de mastique.

D’habitude, elle se dépêchait pour aller travailler chez madame Lefèbvre, la femme du boucher de Marchienne-Au-Pont. Mais depuis deux semaines, elle ne devait plus y aller. La dame lui avait demandé de ne plus venir tant qu’elle était enceinte.

Elle ne l'était plus, elle allait se représenter pour reprendre le travail. Plus tard sans doute, car sa maman lui avait demandé de garder la maison !

*

**

Comme chaque matin, après avoir enfilé le peignoir devenu trop étroit, elle avait allumé le vieux poêle crapaud. La veille, elle avait rempli deux charbonnières qu’elle avait placées contre la cheminée. A cause de l’humidité, elle avait eu du mal à faire craquer les allumettes, et le bois avait beaucoup fumé.

Pendant que le feu s’allumait, elle avait versé l’eau glacée dans le bassin bleu dont l’émail manquait à beaucoup d’endroits. Elle le déposa sur le poêle, là où elle venait d’enlever le couvercle pour avoir directement le contact des flammes. L’eau fut tiède après une dizaine de minutes.

Elle ne déshabillait que les parties du corps qu’elle lavait en un l’instant, sans se laisser le temps d’avoir froid.

Sa toilette terminée, elle s’était habillée de ses vieilles frusques en loque, étirées et décolorées par les nombreuses lessives. Ensuite, elle a fait le café. Elle a suivi les directives de sa mère. Elle a rempli la bouilloire aux trois quarts et l’a fait bouillir sur le feu, après y avoir retiré le bassin de sa toilette et l’avoir frotté à l’aide du gant de toilette.

La liturgie matinale se poursuivait. Nettoyage du filtre en tissu, en forme de chaussette, rinçage de la cafetière émaillée, pose de la chaussette ainsi que son remplissage, deux tiers de café moka, un tiers de chicorée Pacha… Il ne pouvait en être autrement, au risque que sa mère s’en aperçût !

Pendant qu’elle passait le café et que la bonne odeur lui caressait les narines, Ida, sa maman, arriva et s’assit dans le fauteuil qui lui était réservé, celui qui était couvert de la vieille couverture sur le siège et de la vieille dentelle sur le dossier. L’autre aurait pu être utilisé par Mariette si elle en avait eu le temps !

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La grammaire de l'amour

"Si la passion a cédé sous le poids des obstacles, si le désir a consenti à rebrousser chemin, si l’amour a accepté de se taire, je ne peux me défaire de cette affection pour lui, à la lisière d’un monde où tout redevient possible.

Précieusement consignés, les écrits gardent leur force émotionnelle, mais sont-ils toujours vrais ? Que signifient des mots d’amours protégés du temps qui pourtant en a décidé autrement ?

Les mots d’amour prononcés, chuchotés, criés, portés par des caresses, glissés dans l’étreinte des corps qui dansent et fusionnent sur leur musique avant de les laisser s’échapper, oui ces mots peut-être s’envolent quand l’amour n’est plus là. Ils s’enfuient pour se poser sur d’autres lèvres, faire trembler d’autres voix. Ces mots circulent d’une personne à l’autre et parcourent la Terre. Ce sont les mêmes mots, quelle que soit la langue dans laquelle ils se manifestent. Ils ne disent qu’une seule chose, c’est que nous sommes venus au monde pour aimer.

Mais comment ne pas trembler devant des écrits qui parlent d’amour en ayant peur de le nommer, qui en dessinent les contours, en expriment la fébrilité jusque dans les fautes traduisant l’élan plus que la précipitation ?

A-t-on vraiment envie de se relire lorsque l’écriture est une passerelle vers l’être aimé ? A-t-on envie de changer un accent, un accord ? S’encombre-t-on d’un mot manquant, d’une coquille forcément vide quand le désir frappe plus fort que les doigts sur les lettres du clavier ? L’Autre ne corrigera-t-il pas les défaillances avec le souffle de son âme ? La grammaire de l’amour invente ses propres règles que seuls les amoureux sont en mesure de reconnaître.

J’ai retrouvé l’essence de cette précipitation en relisant cette correspondance sauvée de ma rage d’effacer une promesse égarée. Je l'avais préservée malgré moi comme un défi lancé aux impossibilités.

À présent, je relis ses mots, leur retenue cachant mal son émotion, je retrouve aussi les frémissements d’une femme qui ne s’attendait plus à vivre pareille passion.Tout est si vrai que ces mots sont des étoiles qu’il ne resterait qu’à suivre, même si les tourments qui les accompagnent annoncent une saison de larmes.

Deux ans pourtant se sont écoulés. La vérité d’un instant ne peut ressusciter lorsqu’elle a subi les foudres de la lucidité.

"Extrait de mon livre ": L'être aimé invisible"

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Architecture contemporaine : Namur, 1945-1985

Une nouvelle brochure à la découverte du patrimoine architectural namurois
« Architecture contemporaine : Namur, 1945-1985 »


Après le succès de la brochure « Balades urbaines namuroises - Art nouveau, Art déco», l’Office du Tourisme de Namur lance un nouveau numéro dédié à l’architecture contemporaine namuroise, de 1945 à 1985, dont la figure de proue fut sans conteste l’architecte ROGER BASTIN. Ce dernier a réalisé de nombreux édifices tant en Europe qu’en Afrique. Il a aussi marqué sa ville de son empreinte. C’est, à l’évidence, le Quartier universitaire des Facultés Notre-Dame de la Paix qui représente son œuvre majeure à Namur. Vous pourrez également découvrir les réalisations d’autres architectes comme Albert Mairy et José Ledoux qui ont façonné le paysage urbanistique namurois.

Cet opuscule, illustré et détaillé, invite le Namurois et le touriste à (re)découvrir Namur avec un regard neuf.

La brochure est disponible dans les deux centres infos de l’Office du Tourisme de Namur (au Square Léopold et à la Halle Al Chair, rue du Pont, 21) ou sur simple demande au 081/24.64.48-49.

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Publié en 1929, Monsieur teste de Paul Valéry comprend: "La soirée avec M. Teste" (1896), "Lettre d'un ami", "Lettre de Madame E. Teste", "Extraits du Log-book de M. Teste". Paul Valéry a écrit une préface à "La soirée" à l'occasion d'une traduction de cette oeuvre en Anglais. "La soirée avec M. Teste" se présente sous les aspects d'un conte philosophique, d'une note hypertrophiée qui aurait pu devenir un roman. Tout aussi bien une autobiographie intellectuelle.

Les premières pages sont traitées dans un style volontairement rèche, expéditif, avec, comme par défi, tout le matériel brut du genre: confessions. La vie sentimentale sociale, mentale, du narrateur y est exposée à la hâte et sur un rythme exemplaire: "La bêtise n'est pas mon fort. J'ai vu beaucoup d'individus; j'ai visité quelques nations; j'ai pris ma part d' entreprises diverses sans les aimer; j'ai mangé presque tous les jours; j'ai touché à des femmes. Je revois maintenant quelques centaines de visages, deux ou trois grands spectacles, et peut-être la substance de vingt livres. Je n'ai pas retenu le meilleur, ni le pire de ces choses: est resté ce qui l'a pu". Puis nous apprenons que l'auteur rêve "que les têtes les plus fortes, les inventeurs les plus sagaces, les connaisseurs le plus exactement de la pensée devaient être des inconnus, des avares, des hommes qui meurent sans avouer". A partir de là, il s'agit donc de se donner par coup d'Etat, par effet de dictature sur sa propre liberté, l'image possible d'un homme de cet ordre, d'un de ces "solitaires qui savent tout avant le monde". Cette gageure nous est présentée sous les traits familiers et quotidiennement relevés, d'un certain M. Teste, auquel Valéry prête le comportement le moins visible, le plus banal qui soit. Il nous donne quelques renseignements sur le physique de cette créature: "M. Teste avait peut-être quarante ans. Sa parole était extraordinairement rapide, et sa voix sourde. Tout s'effaçait en lui, les yeux, les mains. Il avait pourtant les épaules militaires, et le pas d'une régularité qui étonnait. Quand il parlait, il ne levait jamais un bras, ni un doigt: il avait "tué la marionnette". Il ne souriait pas, ne disait ni bonjour ni bonsoir; il semblait ne pas entendre le "comment allez-vous?" M. Teste opère tout ce qui se pense et se sent chez un homme, sans autre but que de résoudre la question: "Que peut un homme?". Il parle:"Il y a vingt ans que je n'ai plus de livres. J'ai brûlé mes papiers aussi. Je rature le vif... Je retiens ce que je veux. Mais le difficile n'est pas là. "Il est de retenir ce dont je voudrais demain"... J'ai cherché un crible machinal..." Nous le voyons à l'opéra, tournant le dos au spectacle, et seulement intéressé par les éléments contagieux qui composent la salle. Dans la rue, dans sa chambre, couché, aux prises avec "un dixième de seconde qui se montre". Avec son angoisse, et sa certitude: "Je suis étant, et me voyant. Me voyant me voir, et ainsi de suite." Enfin: "Il ronflait doucement. Un peu plus doucement je pris la bougie, je sortis à pas de loup".

M. Teste est une mécanique extraordinairement bien réglée, sans transcendance possible, puisqu'il est cette transcendance. Sa puissance est réduite à rien par l'absolu qu'elle implique. S'il voulait, il ferait sauter le monde. Mais que peut-il vouloir? Il a prévu tout acte, par l'opération systématique qui l'annule de lui-même. "Pourquoi M. Teste est-il impossible? -C'est son âme que cette question. Elle vous change en M. Teste", dit Valéry dans la préface. On peut se laisser aller à imaginer ce qu'eût fait l'âme allemande -ou Edgar Poe- de ce héros, de cette idole de l'esprit, placé chez Valéry sous le signe cartésien. Dans quelle nuit fantastique elle l'eût égaré pour en tirer les sons les plus inouïs!

Cette chimère intellectuelle, cet homme d'île, devait séduire les personnalités les plus diverses, d'André Breton, qui savait "La soirée" par coeur, à André Gide, qui y voyait un code moral, une éthique. M. Teste ruine d'un coup l'avenir "philosophique" de Valéry, qui expulse à 23 ans l'ennui majeur, l'ennemi.

Issu d'une grossesse "nerveuse", M. Teste est un accouchement. Valéry, au moment de Teste, est enceint. Teste, ce n'est pas la réponse à une question, c'est la solution. C'est un abus de pouvoir, une dette irrécupérable. Les quelque vingt pages qui composent la "Soirée" dominent l'oeuvre entière de Valéry, avec, pour complément, l' "Introduction à la méthode de Léonard de Vinci".

On n'a jamais écrit, et aussi prématurément, oeuvre plus ambiguë, qui permette moins de repères auxquels se référer pour comprendre et prévoir l'homme qui a engendré ce monstre. Au-delà du réseau pensant, et régnant sur l'ensemble, indifférent aux détails parce qu'embrassant le tout, M. Teste est l'obsession sensible d'un lieu mental inapprochable par définition. Ni Dieu ni Maître, et n'en admettant aucun, M. Teste est une des plus "incroyables" dimensions que s'ajoute, sans préjugés de croyance ou de superstition, tout individu que l' intellect aveugle perpétuellement et perpétuellement sollicite.

Il est le point de religion personnelle que s'est donné Valéry, dans un moment de haute tension. Force est de reconnaître que toutes les réapparitions de M. Teste dans l'oeuvre de Valéry ne rappellent que vaguement l'insolite, l'humour, la hardiesse masquée de cet éblouissant début. Le merveilleux "absent" s'est fait homme, en même temps que son créateur, et cette complicité rend ses charmes plus valéryens: donc moins impersonnels. Nous le retrouvons marié et célébré par sa femme et par un mystérieux abbé que le renoncement de notre homme inquiète. "La lettre d'un ami" est une variation sur les avantages et les inconvénients de Paris. Le "Log-book" rassemble quelques pensées extraites d'on ne sait quel prestigieux cahier. Tout Valéry est dans chacune de ces notes.

Mais le "ferment" Teste s'est dissipé. Cruellement méditerranéen, Valéry aura sacrifié l' héroïsme impliqué dans une telle création, à son goût, à sa passion de l' intelligence, à son "refus indéfini d'être quoi que ce soit", dût ce "quoi que ce soit" ressembler à ce que les autres peuvent exiger d'un possible M. Teste. Mort à trente ans, Valéry eût derechef été considéré comme un Rimbaud de l' intellectuel. Sa vie, son génie propre, et son faible pour le langage, nous l'on rendu. Valéry a exploité la substance Teste; n'en a pas perpétué l'impossible durée: n'est pas devenu fou. Faut-il s'en plaindre?

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L’art des sculpteurs romans de Henri Focillon est une magistrale étude publiée en 1931 sur la sculpture romane, sous tous ses aspects, ronde-bosse, bas-reliefs, chapiteaux, sur ses techniques et sur son esthétique, sur les diffférentes écoles et les caractères régionaux qui leur donnent leur physionomie particulière. Beaucoup plus mystérieuse que la sculpture gothique, dit Focillon, la sculpture romane n'a pas encore été suffisamment examinée. L'auteur entreprend donc une étude d'ensemble, dans laquelle il s'attache à découvrir le contenu spirituel de cet art, à en définir l'iconographie, et à expliciter en quelque sorte le mystère dont il demeure chargé. A la différence de la sculpture gothique qui "nous est toute proche et familière", dans laquelle "nous nous reconnaissons nous-mêmes et ce qui nous entoure, et jusqu'aux plantes de nos jardins, jusqu'aux bêtes de nos campagnes...", la sculpture romane est un monde clos, en apparence impénétrable. "Les rêves dont elle nous fait part, dit Focillon, plongent dans des régions plus reculées de l'espace et du temps et nous semblent venir d'une autre humanité. Ils s'enchaînent selon des combinaisons très complexes qui ressemblent à une sorte de langue chiffrée, et ce secret d'une science cachée n'est pas ce qu'il y a de moins attachant en eux". Entre la sculpture romane et la sculpture gothique, il y a un abîme. Nous voyons difficilement le passage de l'une à l'autre, et, en réalité, il n'y a pas de passage, car ce sont des expressions plastiques répondant à des conceptions de la vie très différentes, presque opposées.

Henri Focillon avait traité de la sculpture romane dans les cours qu'il avait faits à la Sorbonne de 1926 à 1929; ce livre est né de ces cours, des controverses que Focillon y avait exposées, notamment, celle capitale, sur les origines asiatiques du roman. Il est vrai qu'un prodigieux et complexe ensemble de formes, de techniques, d'idées, de traditions, concourt à la formation de la sculpture romane. La Grèce hellénistique y a sa part, aussi bien que le monde syrien, la Perse sassanide, la Scandinavie, les miniatures irlandaises. Les sculpteurs ont pris pour modèles des tablettes d'ivoire, romaines et byzantines, des tissus égyptiens, des émaux rhénans et mosans, des objets rapportés d'Orient par les Croisés.

L'intérêt du livre de Focillon est de montrer comment, de ces innombrables influence qui ont pesé, certes, sur la formation et le développement de l'art mosan, il s'est formé "un" art original, qui a sa physionomie, ses caractères particuliers, et qui, malgré les racines lointaines qu'il enfonce jusque dans les antiques civilisations mésopotamiennes, par tout un ensemble de formes et de traitement de ces formes que Focillon a magistralement exposé, aboutit à "une nouvelle forme de la conscience humaine". L'auteur renouvelle ici, avec un grand bonheur, toute la connaissance d'une époque comparable à un tissu fait de matières les plus diverses et brodé de dessins fantastiques auxquels tous les peuples ont apporté leur inspiration. ce maître qui a imprimé à l'étude de l' histoire de l'art et de l' esthétique en France des directions fécondes, et marqué de son empreinte les jeunes générations d'archéologues, a donné dans ce livre un des exemples les plus convaincants et les plus émouvants de l'indépendance et de l'originalité de sa pensée, et du génie avec lequel il retrouvait le sens caché de l'oeuvre d'art, sa signification profonde et son plus haut message.


A voir aussi : Hommage à Henri Focillon


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administrateur théâtres

"Le malade imaginaire" (théâtre Argan 42)

"Les anciens, monsieur, sont les anciens, et nous sommes les gens de maintenant" Toinette

Rêver d’Avignon , être à Bruxellons

Festival de théâtre populaireavec Le Malade Imaginaire

On se prend à rêver qu’on est à Avignon, non c’est la première de Bruxellons. Le Château du Karreveld a revêtu des habits de fête, des lampions de 14 juillet illuminent le cadre grandiose, le public attend avec bonheur dans la sérénité d’un pur soir d’été… cependant que s’élancent au- dessus de nos têtes, des vols de perruches en liesse.

Un trône majestueux grandeur géant annonce en grand la dictature familiale du grand malade, celle des puissants et surtout celle des médecins honnis par Molière. Mais aussi celle de la maladie et de la mort. Daniel Hanssens qui interprète Argan le plus bel hypocondriaque de tous les temps, règne avec noblesse sur ses proches presque tous prosternés. Pas de chandelles, pourtant il en faudrait des brassées pour le jeu magnifique de la troupe Argan 42 qui nous ravit ce soir. Argan? Ce nom nous dit quelque chose,… le personnage favori de Molière et de l’illustre Daniel. Les éclairages sont magnifiques et la scène d’ouverture où se réveille notre personnage est exquise de mise en scène, au bord de la féerie. On ne vous en dira rien de plus pour laisser le charme agir et vous promener à travers les multiples trouvailles scéniques de cette production.

L’acoustique est excellente… les voix grandissent sur fond de murailles patinées, les costumes rivalisent de fantaisie, les rires fusent, le verbe s’amuse. Les gestes et accessoires anachroniques virevoltent se moquant des uns et des autres laissant la partie libre aux mélanges de musiques et tintamarres de tout poil. Les tirades résonnent et rappellent avec bonheur nos souvenirs scolaires enfouis par le temps. Et les correspondances éveillent en nous des battements de cœur selon l’histoire de chacun. Il s’agit donc d’une certaine magie…

Toinette exquise et déterminée, Marie-Hélène Remacle est d’une vivacité débordante, elle se joue avec virtuosité de son bougon de maître tout occupé que de lui-même, lui servant certaines leçons avec finesse et humour. Valérie Marchant, plus vile et monstrueuse que Cruella élève l’amour de l’argent à l’idolâtrie et nous donne une image de sorcière de Saint Trop tout à fait réussie. Quant à Angélique, elle est si tendre, si aimable, si aimante dans sa robe tilleul de chez Courrèges, plantée sur les planches du même camaïeu vert. De tous ses cheveux, elle fait face à la vie et à son père adoré, à chaque instant, épouvantée, elle tape du pied et éparpille ses moues boudeuses comme Alice au pays des merveilles. Et Louison, aussi farceuse que son père ! Les autres comédiens, tous plus artistes, polichinelles, facétieux, les uns que les autres nous gratifient de tranches de rire dorées sur tranche. Le public -tout public- bourdonne d’aise: ce Molière revisité nous offre sagesse, beauté de la langue, et rêves aboutis.

http://www.bruxellons.net/index.html Une distribution éblouissante : Daniel Hanssens, Marie-Hélène Remacle, Michel Hinderyckx, Alexandre Von Sivers,Jean-Paul Dermont, Valérie Marchant, Pierre Geranio, Simon Wauters, Alice Moons, Julien De Visscher, Maud Hanssens

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Mon parcours

Parcours

1965

Diplôme à l’Institut des Beaux-Arts St-Luc Liège

1965 à 1967

Nombreuses expositions de groupes

Liège, Bruxelles, Namur, Huy, Verviers

1967

Service militaire où je peints les blasons des provinces belges

destinés aux portes des chambres (et je traîne en longueur

échappant ainsi aux manœuvres de fantassin)

1968

Interruption pour cause de mariage et grossesse ( !... pas moi ma femme)

Jusque 1989, année de mon divorce, je peints une à deux toiles par an

et pour nourrir ma famille, je réalise de la décoration d’étalages

et du graphisme.

Je joue énormément de musique, auteur compositeur, je me produits

en concert.

1989

Je rencontre ma compagne.

Je suis repris par le démon de la peinture, qui ne me quitte plus

*(Par contre ma compagne me quitte en 2004)

1990 à 2004

Membre du cercle des Beaux-Arts de Verviers.

Prix de la Ville de Durbuy deux années de suite.

Prix d’Honneur au concours Dieudonné Jacobs à Spa.

Prix du public au symposium d’Hermalle-s/Huy.

Expositions : Huy, Amay, Durbuy, Liège, Esneux, Verviers, Lincent, Fléron, Spa, Villers-le-Temple, Vaux-sous-Chèvremont, Chaudfontaine, Bruxelles, Gand.

Symposiums 2003 et 2004 à la ferme castrale d’Hermalle-s/Huy.

Symposiums 2005, 2006,2007 et 2008 au centre culturel d' engis

2007 exposition à la ferme castrale d' Hermalle s:Huy

Festival André Coppens 2006, 2007, 2009

Barcelone, ou mes 6 toiles sont volées

Exposition permanente au château de Vierset, Condroz Belgique

Prix du jury pour la peinture au festival artistique international André Coppens 2010

Ma plus belle œuvre de collaboration : mes cinq enfants.

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Exposition The End of Education

THE END OF EDUCATION

jusqu'au vendredi 13 août 2010
Prix : Gratuit
RECYCLART HOLIDAYS

08.07 > 13.08 (19:00 > 22:00)

Départ d’un nouveau projet de Palli Banine et de Floris Verbeeck qui offre une plateforme aux artistes ayant fraîchement terminé leur enseignement dans une haute école d’art bruxelloise et qui les introduit à un plus large public.

17 Rue des Ursulines Bruxelles


• 15, 16/07: 'Nocturne Brûle' de Leslie Martinelli (La Cambre Sculpture)

• 22, 23/07: Aliye Dorkip (La Cambre Peinture) - Marco de Sanctis (ARBA-EsA Sculpture) - Anne Beigbeder (ARBA-EsA Dessin) - Agnès Dubart (ARBA-EsA Gravure)

• 29, 30/07: Chisato Ishiyama (La Cambre Peinture) - Thomas Amerlynck (La Cambre Gravure)

• 5,6/08: Elise Wynen (La Cambre Dessin)

• 12, 13/08: Joal Grange (La Cambre Dessin) - Siet Raeymaekers (P.A.R.T.S.)

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Ca roule pour "art en campagne"

L'expo sera ouverte officiellement aujourd'hui, mardi 13 juillet.

Sur la photo : Steph qui roule pour nous

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Le coup de "Joran" d'hier soir a inauguré à sa manière l'ensemble du site.. Beaucoup de branches cassées .. la plupart des œuvres furent bousculées. Je vais faire un tour d'inspection ce matin et prendre les photos qui s'imposent avec lumière matinale et états des lieux.

Que la fête commence en attendant l'officielle inauguration et vernissage le samedi 17 Juillet à Collex _Bossy

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Maître Charles Carson, AIBAQ ­̶ Prix ̶ «LEONARDO DA VINCI 2009 / MARTIN LUTHER KING 2009»

Le plasticien canadien Charles Carson a reçu un double prix de reconnaissance en Italie, pour son implication dans le monde de la peinture. Le Prix «Leonardo da Vinci 2009» et le Prix spécial «The Martin Luther King Human Rights Award 2009» décernés aux personnalités des arts, des sciences et de la culture.

C'est le 12 décembre dernier, lors d’une cérémonie organisée par l’association «Italia in Arte» dans la ville de Lecce (sud de l’Italie) que le lauréat canadien a été honoré «Vos compétences artistiques ont été reconnues par l’équipe de rédaction éditoriale de notre Association et par plusieurs experts en Arts qui ont aussi tenu compte des publications nationales et internationales, dans des magazines spécialisés, dans lesquelles vous êtes publié et reconnu; votre parcours et votre démarche artistique nous permettent de vous nommer lauréat de ce Prix» «C’est pour la promotion de son œuvre exceptionnelle, axée sur la création d’un nouvel isme, le ‘’Carsonisme’’ au niveau international et pour son engagement culturel par lequel une autre page d’histoire de l’Art Moderne Mondial pourra être écrite» a indiqué le jury italien dans sa remise de prix lors de cette cérémonie.

La remise des prix a eu lieu au cours de la soirée de Gala du samedi, empêché par ses obligations professionnelles Charles Carson n'a pu se rendre en Italie pour recevoir son prix et distinctions. Il tient toutefois à remercier l'Association ''Italia in Arte'' de l'avoir honoré lors de cet événement.

Dans le déroulement de la soirée des précisions ont été apportées sur le Prix Spécial Martin Luther King en ces termes : Comme vous savez sûrement, nous célébrons cette année la Sixième Décennie de la Charte des Droits de l’Homme enregistrée à New York en 1948; Le Prix des Droits de l’Homme représente une particularité essentielle et institutionnelle pour notre Association. Nous avons donc décidé de combiner les deux sujets parce que nous croyons que les artistes, par leur engagement intellectuel et culturel, peuvent promouvoir la diffusion de l’art, le développement social et par dessus tout l'accomplissement des libertés individuelles pour les citoyens du monde entier. Le Prix des Droits de l’Homme «Le Prix Martin Luther King», a été remis à des candidats sélectionnés dont Charles Carson fait partie. L’artiste a reçu ce prix afin de l’inciter à poursuivre, par ses réalisations artistiques, les idéaux de vie les plus élevés à l’échelle internationale.

Pour information la conférence portait sur les questions suivantes :

Qui était vraiment Léonard de Vinci ? Qui étaient les femmes dépeintes dans la célèbre «Joconde»? qui était le modèle du portrait de 1513 ? Serait-il possible que le visage de Léonard soit imprimé sur le Saint Linceul ? Les discours des scientifiques, des professeurs et des chercheurs, expliquant les théories existantes sur « le vrai visage de Léonard de Vinci», ont traité du sujet avant l'événement.

C'est un titre étroitement lié aux valeurs morales et culturelles qui, nous l’espérons, aideront le récipiendaire, à enrichir son Curriculum vitae artistique et professionnel.

Des personnalités mondialement connu ont participé à la remise de prix à titre d’invités d'honneur aussi bien que des représentants de l’autorité religieuse, civile et militaire.

Un célèbre critique d'art de télévision, des programmes de CIEL, aussi bien qu'un Commandant Carabinieri, expert en art et responsable du Détachement de Protection de l'Héritage Culturel, ont aussi participé à l’événement.

En conclusion le président a tenu à préciser en ces termes :

«Ces deux prix sont considérés comme une reconnaissance de votre activité culturelle et sont aussi considérés comme des messages d’encouragement pour votre œuvre artistique, un accomplissement dans la défense de la liberté.»

Source : Art Director ''Italia in Arte''

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rage en campagne

Réaction à chaud après la découverte d'une disparition sur le sentier d'artfin-de-meetic.jpg
Installation de courrier du coeur art en campagne 2010

Je suis très en colère, une 1ère alerte déjà avec trois de mes arbres enrubannés qui se retrouvaient désenrubannés .. sans la moindre trace de
vandalisme.. travail bien fait et rubans enlevés proprement.. Fond de défense des troncs morts ou autre commando forestier .. je me pose des questions
.. et hier j'apprends que les belles pièces demi-sphèriques et féeriques de Marianne sont volées.. Je veux juste dire ma colère et la démotivation qui
suit. A quoi bon travailler sur le terrain avec cette menace omniprésente d'un acte de vandalisme sitôt le dos tourné..
Néenmoins , nous continuerons la mise en place des derniers détails ce matin en placant les fiches de chaque artiste devant chaque œuvre présente
abîmée ou disparue..
Les dernières pièces seront mise en place aujourd'hui, je pense à Hérésidore qui vient de la région Parisienne, Je pense à Eva Gladys qui arrivait par le
bus droit venue de Zurich, 2 énormes valises remplies de.. valises . Nous avions rendez vous à Collex Bossy à 17h , je ne savais rien d'elle pas la moindre
photo ..le seul indice .. elle devait porter des valises .. je la revois encore demandant sa direction cherchant la mairie.. et c'est comme ça que nous avons
fait connaissance. Magie des rencontres .. Que cette expo se fasse encore, malgré les doutes et les colères pour la magie des rencontres entre artistes
Merci à vous
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Mer'moires de moi...

Mer’moires de Moi ...



Ma Mer, ta mère, mon maire,

Mais quelle « M.E.R. » me direz-vous ?

Mais La Mer, la mienne,

Pas celle de Brel,

Celle que l’on décline à tous les temps,

Mais celle qu’avant tout je me conjugue

Encore et toujours suivant le vent.



Celle que je mer’morise,

Celle qui me fait vibrer,

Qui à la douleur m’insensibilise,

Cette mer’dicament

Qui m’apaise et me tranquillise,

Cette mer’ssage, soporifique,

Au pouvoir calmant,

Qui dès que je suis devant

Refoule mes mer’tastases,

Les enfouit en son sein écumant.



Ma mer’tamorphose,

Qui me distille à juste dose

Ton optimisme lorsque je flanche.

Mer’ci, ma mer’veilleuse

Pour cette osmose si lumineuse,

Pour ta mouvance qui m’accompagne

Et qui me berce, mon Océane.



Mieux que la mer, tu es ma MER,

Celle dont je me nourris,

Qui m’alimente, par qui je vis.


Attends-moi Mer d’argent,

Mer’cure aux remous blancs,

Prends - moi et m’emprisonne

A jamais dans tes flots brûlants.



Ensorceleuse, oh, mer’matrice,

Ne soit plus la mer’moréenne

Qui sous tes appâts factices

Ne te changent soudain en Mer Noire.



Osmose-moi, mer’dicine moi

Et dans tes eaux engloutis - moi

Pour que tu demeures ma Mer’moire.



Et mer’de,

Je divague,

Tant tu me transportes et m’enflammes,



Ma Mer

Je t’Aime,

Toi, Ma Contrée,

Mon port d’arrivée, mon horizon infini,

En t on sein je suis née,

En ton sein je repartirai.



Clo ( 25 Août 2009 )




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Mer'moires de Moi...
Ce poème, je l'ai écrit d'un seul jet, un soir où la maladie prenait le pas sur le moral...
Se livrer à la feuille blanche, quel bonheur!!!
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C’est en 1907 que Claudel publie son « Art poétique », qui est en fait un ensemble de trois traités.

 

Le premier traité, "Connaissance du temps", avait paru en Chine en 1904. Il est daté de Kouliang, 12 août 1903. Le deuxième, "Traité de la connaissance du monde et de soi-même", est daté de Foutchéou, 1904. Le troisième enfin, "Développement de l' église", avait été écrit en France, d'avril à juillet 1900. Les trois traités s'inscrivent entre la première et la seconde partie de la première des "Cinq grandes Odes", "Les muses". Ce fut une période particulièrement tragique et déchirée dans l'existence de Paul Claudel, d'où est sorti le "Partage de midi".

 

De ce déchirement rien n'apparaît, d'ailleurs, dans les traités qui ont une forme sévèrement didactique. Le premier, ainsi que les différents articles du second, qui est, du reste, le plus long et le plus important, sont précédés par des "Arguments" analytiques où se trouvent résumés les principaux thèmes et la démarche de la pensée. Si l'ensemble a reçu le titre d' "Art poétique", cette expression ne doit pas être prise dans le sens d'Horace ou de Boileau. La traduction allemande de Robert Grosche s'intitule "Ars poetica mundi", et ce titre latin répond beaucoup mieux au contenu de l'ouvrage, car il s'agit, en réalité de goûter la création, telle qu'elle est sortie des mains du divin Poète (faiseur, créateur) et telle que peut l'apprécier, somme toute, un confrère. C'est en quoi la connaissance poétique diffère radicalement de la connaisssance scientifique ou de la connaissance métaphysique.

 

Claudel commence par la "connaissance du temps", c'est-à-dire de ce mouvement perpétuel et circulaire, qui anime l'ensemble de la création visible, et dont les hommes se servent pour marquer le temps. Il traduit l'insuffisance de la création, dont l'homme est à la fois le témoin et l'oblateur. Si aucune de ces choses qui passent était suffisante, elle ne passerait point. Or, non seulement elle passe, mais elle a besoin pour "être" du concours de toutes les autres. La connaissance du temps, c'est d'abord la connaissance de cette simultanéité totale qui fait, par exemple, qu'à l'heur même où Napoléon perdait la bataille de Waterloo, un pêcheur de perles, dans l'Océan Indien, émergeait de sa longue plongée. A une heure donnée, il est toutes les heures à la fois, et le poète s'efforce de percevoir cette heure totale, qui est en même temps une heure unique, et que l'on ne reverra jamais plus. Achevant ce premier traité, Claudel écrit: "Il ne me reste à tirer sous ces lignes aucune barre: que ce discours débouche dans le silence et le blanc! Où seule ne peut se dissoudre cette dernière question: Mais enfin, le sens, ce "sens" de la vie que nous appelons le temps, quel donc est-il? Tout mouvement, nous l'avons dit, est d'un point, et non pas "vers" un point. C'est de lui que part le vestige. C'est à lui que s'attache toute vie déroulée dans le temps, c'est la corde sur laquelle l'archet commence et achève sa course. Le temps est le moyen offert à tout ce qui sera d'être afin de n'être plus. Il est "l'invitation à mourir", à toute phrase de se décomposer dans l'accord explicatif et total de consommer la parole d'adoration à l'oreille de "Sigè" l'Abîme".

 

 

Le second traité repose en partie sur un jeu de mots que l'on rencontre dans son titre même: connaître, c'est co-naître, c'est-à-dire naître avec. Nous naissons, nous existons dans un certain rapport avec toutes les autres créatures, de sorte que, d'un bout à l'autre de la création, il ne cesse pas d'y avoir continuité. Nous avons affaire à une immense série d'existences complémentaires, et la vocation du poète est précisément de saisir ces rapports, qui sont l'origine et la justification de toute métaphore. Le traité est divisé en cinq articles, dont le premier porte sur la connaissance brute; le second sur la connaissance chez les êtres vivants; le troisième sur la connaissance intellectuelle; le quatrième sur la conscience, c'est-à-dire la connaissance que l'homme a de lui-même; le cinquième enfin sur la connaissance de l'homme après sa mort. Il ne saurait être question ici d'analyser en détail cette somme poétique, où l'on trouve tous les principes de la poésie claudélienne. Une citation encore donnera le ton: "O lecteur patient, dépisteur d'un vestige élusif, l'auteur qui t’a conduit jusqu'ici en menant ses arguments comme Cacus faisait des bêtes volées qu'il entraînait vers sa caverne, t'invite à bien te porter. Glissante est la queue de la vache biscornue! Ramène vers la crèche légitime cet animal maltraité, et que te rémunère l'ample don du laitage et de la bouse! Pour moi, les mains libres, je regagne la pipe et le tambour, je referme derrière moi la porte de la Loge de la Médecine. Qu'ai-je promis de vous donner la connaissance de vous-mêmes, quand, à celà, suffit au bout de votre bras votre main que vous refermez?"

 

 

Le troisième traité, moins important, est une sorte d'application des principes posés à un cas particulier, le développement de l' église; non de l'Eglise communauté des fidèles, mais de la maison où ils se réunissent. Claudel compare et oppose l'église chrétienne au temple païen, celui-ci étant la demeure du dieu, jalousement fermée aux fidèles qui se réunissent autour, et non pas à l'intérieur, tandis que celle-là est un carrefour de routes que l'on a barrées, un lieu de réunion et de communion.

 

 

On ne saurait exagérer l'importance de "L'art poétique", non seulement dans l'oeuvre de Claudel, mais aussi dans le développement de la poésie contemporaine. Ce sont ici les leçons de Mallarmé, les exemples de Rimbaud, tout l'effort poétique depuis Baudelaire qui trouvent leur aboutissement dans une vision cosmique, qui est en même temps celle de la philosophie de l'Ecole, puisque Claudel avait longuement lu et médité saint Thomas d'Aquin avant d'écrire son ouvrage. Le style est un mélange unique et savoureux de didactisme parfois très sec et d'élans poétiques qui interrompent tout à coup le développement, l'ouvrent ou l'achèvent. L'enseignement de "L'art poétique" se retrouve, sous une autre forme, dans les "Cinq grandes Odes" et il est impossible de vraiment comprendre les procédés dramatiques de Claudel si l'on n'a pas médité "L'art poétique", dont le style s'apparente, par ailleurs, à celui des poèmes de "Connaissance de l'est", qui furent écrits sensiblement à la même époque ou un peu auparavant. "L'art poétique" est à la fois l'oeuvre la plus dense et, à bien des égards, la plus importante de l'auteur du "Soulier de satin".

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