www.barry4kids.net, le site web de mon chien Barry pour les enfants et petits-enfants de l’enfant que nous avons tous été autrefois, vient d’être mis à jour. Vous y trouverez une nouvelle histoire du mois, encore des activités ludiques et, bien sûr, mes livres jeunesse. Barry attend votre visite et vous remercie de passer le mot autour de vous. Une bonne journée. Dulce Rodrigues
Toutes les publications (16066)
À un pays que j’aime vraiment : La Grande Belgique
Hermétique vraiment
cette grande douleur..!
Oh ! Cette soif qui étouffe
tous ces espoirs…
Et tout ce bavardage
dans ces passages oubliés..!
Comment faire revivre
toutes les consciences des âmes ?!
Comment rendre le vrai éclair
à sa vraie flamme ?!
Comment faire renaître le sourire
pour faire revivre
toutes les roses..?!
Et comment pousser le cœur
à respirer vraiment
tous les battements de la vie..?!
De la joie..?! Et de bonheur..?!
Une vie si noble..! Et si sincère..!
L’amour et le sacrifice…n’ont
aucune langue..!
L’amour et le sacrifice…n’ont
aucune couleur..!
A. Sbibi
Le 31 Janvier 2011
Les perspectives de spectacle continuent. A petits pas (c'est l'hiver).
Prochainement ...
C'est-à-dire les 25 et 26 février prochains. A la Ferme du Harby, à Anseroeul. Une soirée-cabaret, à laquelle participent ceux (et celles) qui s'inscrivent à temps.
Evidemment, je suis partant. Les deux jours, carrément.
J'ai pris le risque de m'inscrire.
Je précise bien : j'ai pris le risque (sans le moindre regret aucun).
Je ne sais toujours pas, jusqu'à présent, comment je vais pouvoir m'y rendre (en voiture ? en train ?). Mais je ne casse pas la tête. Je trace. On verra toujours.
Anseroeul, ça se trouve, en effet, tout à l'ouest, en Belgique. Pas loin de Mouscron. C'est un p'tit village. Quant à trouver "La Ferme du Harby", c'est pas une histoire simple (je me suis déjà rendu à deux de leurs soirées-cabarets, j'ai pu m'en apercevoir).
Quelles sont les disponibilités en bus, pour y arriver (depuis la gare de Mouscron ... ou de Tournai) ? Quelles sont les heures ? Bien sûr, je peux encore vérifier sur Internet.
Sans oublier que ...
Le 25 février tombe un vendredi. Je ne suis pas sûr d'avoir congé à mon boulot. Et ... je ne finis parfois pas mon boulot (à Bruxelles) avant 16 heures. Tandis que la soirée à la Ferme du Harby démarre, elle, à 19 heures 30.
Mais bon ... mon optimisme et mon réalisme naturels m'ont déjà montré, prouvé plus d'une fois qu'en s'organisant, à partir des impondérables qui nous tiennent, on arrive parfois à un résultat (mieux : parfois, ça va tout seul) ...
Je ne désespère pas.
Comme j'aimerais tant y participer les deux jours ...
J'aim'rais (ça se comprend) trouver le moyen de loger dans le coin.
J'ai d'ailleurs demandé aux organisateurs ... quelles étaient les possibilités. Ils m'ont répondu. Malheureusement, les gîtes situés dans le coin ne se trouvent pas (d'après ce que j'ai compris) à moins de 5 kilomètres à la ronde. Comment, à partir du moment où les soirées ne se terminent pas avant 2 heures du matin, trouver aussi, en pratique, le moyen de se rendre à ces gîtes, quand on n'est pas motorisé ? Et ... sur Internet, en regardant les possibilités de log'ment, par là, je n'aperçois nulle part le prix d'une nuitée. Je présume que ça ne se chiffre pas à moins de 35/40 euros (j'ai déjà logé dans plus d'un gîte, plus d'une chambre d'hôte, en Belgique). Maint'nant, je devrais approdondir davantage ... mais c'est fou ce que ça demande comme énergie.
Maint'nant, il est peut-être encore trop tôt pour décider.
Le 26, je sais que je peux m'arranger avec une chanteuse (de la région de Quiévrain) qui s'y rend en voiture.
Quant au 25 ...
J'ai lancé un appel (GSM) à un pote (qui s'y est rendu l'an dernier, l'année d'avant et avec lequel j'étais allé là-bas en voiture) pour voir s'il y allait cette année. J'attends toujours sa réponse.
Je demanderai congé pour le 25. Agir, c'est important. Même si je n'aurai la confirmation de ce congé (demandé) que la veille. Mieux vaut tard que jamais, dit-on.
Les « Fragments » sont un essai de Roland Barthes (1915-1980), publié en 1977.
Déplorant l'"atroce réduction que le langage (et la science psychanalytique) impose à nos affects", l'auteur se propose de rendre au discours amoureux ses lettres de noblesse. Ce protocole d'écriture est organisé à partir de "figures": débats ou illustrations émaillés de citations et d'extraits de conversation avec des amis, ces figures sont celles éprouvées au cours d'une liaison. De la plénitude ("Adorable!", "Fête", "Je-t-aime") à l'accablement ("Catastrophe", "Langueur", "Suicide"), le lecteur est invité à parcourir tout le champ des sentiments amoureux.
Situées dans un temps indéterminé, tant il est vrai qu'au cours du drame de l'"énamoration" ("Drame") le monde extérieur semble irréel ("le Monde sidéré"), ces figures sont également énoncées dans un espace théâtral au sein duquel l'amoureux est toujours ramené à lui-même: "Ce que je lis dans ce malheur, c'est qu'il a lieu sans moi." Le rêve d'union totale avec l'autre n'est qu'une utopie ("Image, imitation: je fais le plus de choses possible comme l'autre", "Habit bleu et Gilet jaune"); l'amour, qui fait perdre le sens des proportions, s'éprouve essentiellement sur le mode souffrant ("Écorché") ou sadique: "Il n'y a aucune bienveillance dans l'écriture: je veux à tout prix te donner ce qui t'étouffe" ("Dédicace"). Cette accumulation de points de vue, qui s'attache à des gestes furtifs ("Une façon d'étendre les doigts en fumant", "le Corps de l'autre"), à des objets partiels ("La coupe d'un ongle, une dent un peu cassée en biseau", "Adorable") et réhabilite en même temps la valeur du code romantique ("Pleurer"), s'en remet finalement à un dur constat: "Vouloir écrire l'amour, c'est affronter le gâchis du langage" ("Inexprimable amour").
L'interrogation des « Fragments d'un discours amoureux » porte essentiellement sur la forme. La force du fragment selon Barthes est de se prêter à la fois à la "variation" et à l'"agencement". Antilinéaires, ces Fragments évitent, par leur forme simple et flexible, le diktat de l'unité et de la cohérence, et s'en remettent toujours au caractère des intermittences du coeur et des humeurs du désir. Le présent de l'indicatif se substitue au passé simple qui, lui, supposerait un monde achevé, stable et débarrassé de l'épaisseur complexe du réel. La substance de ces Fragments est toute romanesque en effet, et cette mise en écriture de figures amoureuses aurait pu faire le tissu d'un roman: les deux acteurs du "drame" - le sujet amoureux et l'"objet d'amour" - sont pris dans un discours à peine couvert par la référence littéraire (Werther, la Gradiva, Parsifal). Ce discours est toujours monologue: le "parler amoureux", fondé sur l'expression de la "loquèle" ("forme emphatique du parler amoureux", voir "Loquèle"), n'est jamais un dialogue véritable. Ce discours est bien plutôt l'histoire du sujet lui-même, toujours aux prises avec l'instabilité de ses jugements qui peut le conduire jusqu'à la folie, et irrémédiablement soumis au rythme capricieux des mutations de son écriture. De qui s'agit-il au travers de l'"amoureux"? Si toute "figure" de son discours est précédée d'une solide affirmation, d'un "argument" qui est instrument de distanciation - manière astucieuse de rappeler que le "je" qui écrit se tient toujours à distance respectueuse du "je" amoureux -, un savant brouillage chronologique et biographique décrit sa situation d'écriture comme celle d'un romancier. Cette ruse d'énonciation permet à l'auteur de ne jamais divulguer l'identité de cette énigmatique première personne du singulier. Ce livre du "moi" apparaît dès lors comme un espace de simulation. Le "je" n'est-il pas, comme le confie l'auteur, "l'organe suprême de la méconnaissance"? Car il s'agit avant tout, pour cet amoureux qui s'avance masqué, de déjouer tous les pièges de l'interprétation: "Je ne croirai plus à l'interprétation" devient son credo. L'amoureux n'est plus qu'un "empire de signes" ("Rien que des signes, une activité éperdue de paroles"), mais l'"objet d'amour" sort libéré de cette emprise du sens. Car c'est aux inflexions de la voix que l'amoureux s'intéresse désormais, marquant ainsi la nature proprement musicale et théâtrale de ce que Barthes nomme la "scène amoureuse".
Ces fragments lyriques d'inspiration plus grave (à la manière des stances du XVIe siècle) apparentent en effet le drame intime à un spectacle, la pratique intellectuelle n'en sera que mieux assimilée à une pratique érotique: "C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts." L'écriture, dans cette perspective ludique, est célébrée comme une activité gratuite, dans la tradition de Gide ou de Montaigne. Ce refus du tragique entraîne le lecteur sur le terrain de la complicité: l'Adresse au lecteur autorise à considérer ces Fragments comme une structure d'accueil où chacun peut aller et venir, dont chacun peut disposer à son gré, selon le mode de lecture qui lui convient (attitude qui correspond très exactement à la définition que Barthes donne du "discours" ou discursus: "action de courir çà et là, allées et venues, démarches, intrigues"). Comme dans les dialogues de Platon, le penseur, l'écrivain, le lecteur, le professeur et l'amant se rejoignent ici en une sorte de livre idéal.
Celui de Layla ma fille 
Chère Madame,
J'emploie le mot "Chère" car vous saisirez au fur et à mesure de votre lecture, combien vous êtes chère à mon coeur.
Mais d'ailleurs l'affection se mesure t-elle ? L'affection a t-elle un prix ? C'est ce que je vous propose de décider avec moi, après que je vous ai exposé ces quelques lignes :
Mardi dernier, à l'heure où le soleil rougoie, la poussière du chemin poudroie et le feuillage ploie sous la chaleur de midi - pardonnez cet élan lyrique, c'est vous qui me l'inspirez -, j'ai été diverti de mes rêveries de promeneur solitaire par des beuglements assortis de suppliques rauques.
J'ai immédiatement écarté l'idée d'une vache folle, qui eut pu beugler certes, mais non supplier comme c'était le cas...et je me suis caché derrière un buisson pour mieux observer la scène.
Quelle ne fut pas ma surprise, vous l'imaginez, lorsque j'ai reconnu vos douces mains blanches aggrippées au manche d'un marteau, votre frêle et gracieuse silhouette penchée sur le corps de Monsieur Hazebrouk, votre chignon défait et vos mèches folles encadrant votre regard courroucé. Bientôt le corps de Monsieur Hazebrouk cessa tout à fait de bouger et le pépiement des oiseaux reprit de plus belle...
Vous comprendrez, Madame la Marquise, que je ne veux nullement me mêler de votre vie privée et encore moins vous donner des leçons de morale : j'ai bien trop de tendresse pour vous..que dis-je...d'estime, d'admiration !
Non...je suis votre ami..
Et en tant que tel, je sais que vous serez sensible à mes difficultés :je dois restaurer le toit de tuiles de la maison, j'ai bien besoin d'un long congé au soleil et mon véhicule doit être changé.
Grâce à votre participation, d'un montant de 400 000 euros, calculé précisément par mes soins, votre ami retrouvera sa joie de vivre, et, moins stressé, il perdra toute mémoire de ce souvenir encombrant.
En espérant que vous saurez me rendre amnésique, je vous prie de croire, Madame la Marquise, en l'expression de mon amitié la plus sincère.
Votre dévoué,
Hippolyte Gute
(« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »)
Pour le plaisir de la parodie,
Sylviane Kaena
Ma chère Mère,
Te souviens-tu des nuits d'été passées ensemble à comptempler la voûte céleste depuis la tour de garde du palais d'Avignon ?
Malgré les tisanes et les breuvages odorants que te concoctait la mère Dugard, tu ne pouvais trouver le sommeil. Moi, réveillé par quelque cauchemar ou méchant esprit de la nuit, je me levais en sueur et courais à petits pas sur la pierre froide des couloirs ombres et humides. Mes 5 ans cherchaient ton odeur Mère, et lorsqu'enfin, je t'apercevais penchée rêveusement à la fenêtre, je me jetais dans les plis mousseux de ta robe et tes mains aussitôt passaient sur mes cheveux, tandis que tu commençais, toujours ainsi :
"Allons, mon tout petit, mon coeur, mon pain d'épice...viens dans mes bras, nous allons parler avec Dame Lune ce soir...". Une éternelle et même comptine commençait, semblable à la lithanie du baptême des étoiles. Tu débutais la description : " ici, le petit chariot.../" et je reprenais la suite...aussi enthousiaste qu'au premier jour.
Père m'a appris le soleil, la language des hommes et le prix de l'effort. A toi, je dois la douceur de la voie lactée et cette passion pénétrante qui ne m'a jamais quittée.
Aujourd'hui je t'écris Mère, pour te narrer un grand évènement et par Dieu Tout Puissant qui veille sur nous, tu dois me croire : quand ce seront écoulées les fêtes de la St jean, une conjonction extraordinaire dessus Avignon apparaîtra : Vénus, Saturne et Mars dans un mariage peu ordinaire crééront grande dissonance dessus la vielle car ce jour, je te le prédis, notre bon pape nous quittera.
Aussi, ma mère, avant ce jour bien triste, profite bien de sa bénédiction et viens-t-en nous rejoindre pour l'été dans la maison de Saint Rémy : le jardin de simples a grand besoin de tes soins et j'irai avec toi sur la tombe de Père.
Reçois, ma très chère Mère, la grande tendresse d'un fils.
Que Dieu te protège,
Dans un sommeil profond ou éveillé ...
Je me retrouvais devant un bureau égaré, sur lequel des objets avaient trouvé leur place.
A l'extrême-gauche, je repère l'appareil photo de ma femme.
Surprise surprise !
Sans le faire exprès, je laisse tomber l'appareil photo.
J'entends une bruit, une détonation. J'ai peur.
Je ramasse l'appareil photo.
Deux secondes plus tard ...
J'ai, dans ma main, une petite boîte en plastique, complèt'ment décoiffée. A l'intérieur (de cette boîte), je distingue ... des épingles.
Mon travail d’audio-psycho-phonologue m’a appris à toujours repartir du corps pour réfléchir aux questions fondamentales que je me pose. Non seulement sur ma propre vie et celle des gens que je rencontre, mais aussi sur ce bouleversement de l’espace humain et de ses représentations que l’on appelle généralement la "modernité". Par souci de clarté, j'ai repris toutes mes interventions de 2010 et janvier 2011 sur les forums d'Arts et Lettres pour en faire un texte suivi où, je l'espère, la cohérence de ma pensée sera plus perceptible. Et j'ai mis ce texte en format pdf (ci-dessous) pour en faciliter la lecture.
reflexions%20sur%20la%20modernite.pdf
Au plaisir de vous lire, Daniel Moline
Je mets la dernière main à une série d'histoires courtes ou billets d'humeurs, réunis sous le titre "A fleur de peau". La vie vue de l'extérieur, des instants perçus comme une évidence qu'on a envie de décrire comme des tableaux qui interpellent...
Ma question : Cela a-t-il un intérêt?
Voici donc ci-après une de ces histoires, volontairement très courte! Si la curiosité vous en dit... Merci de donner votre avis.
HUGUETTE OU LA RUPTURE SILENCIEUSE.
Dans ce couloir d'hôpital où les reproductions de Renoir étaient sensées rendre l'endroit plus chaleureux, les chaises inconfortables lui faisaient mal au dos et elle en avait changé en vain!
Huguette était bien lasse après cette nuit passée à essayer de calmer André une fois de plus! Elle avait craint un moment que sa violence se retourne contre elle, mais les poings n'avaient finalement frappés que la porte de la salle de bain où elle était partie chercher un calmant.
Son calme justement et sa placidité avaient fini par triompher et le médicament pris, André s'était affalé sur le divan et elle l'avait cru endormi.
Elle était occupée à se faire un sandwich lorsqu'il surgit dans la cuisine et incapable de proférer un mot s'écroula à ses pieds!
Maintenant, elle s'était assise là, près de la porte où le charriot avait disparu et elle attendait qu'on vienne lui donner des nouvelles...
C'est alors, que la chaise inconfortable l'insupporta d'un coup!
Huguette se leva et calmement se dirigea vers la sortie.
La nuit était noire et douce, elle respira profondément et quitta l'enceinte de l'hôpital serrant son sac sous le bras et partit vers la station de taxis.
Le confort et la douceur du cuir des sièges de la Mercédès lui firent fermer les yeux et se détendre avec une sorte de volupté! Le trajet lui parut très court.
Puis, la clé introduite dans la serrure, les chaussures jetées au travers du couloir, elle se précipita vers son lit et s'y écroula sans même prendre la peine de l'ouvrir!
Recroquevillée dans un soupir, elle s'endormit d'un coup, d'un sommeil aussi profond et paisible que cette nuit de printemps...
C'est la sonnerie du téléphone qui la réveilla brutalement, il faisait grand jour. Huguette décrocha, c'était l'hôpital; André avait repris connaissance et la réclamait ainsi que ses affaires...
Alors, après avoir raccroché, Huguette fit sa toilette, revêtit son joli et si confortable training en éponge grise, remplit une grande valise, appela un taxi et s'arrêta à la banque.
-Juste un instant, dit-elle au chauffeur, merci de m'attendre?
De retour, après avoir jeté son portable dans la rigole d'un geste sec, elle s'assit, referma la portière et dit : Maintenant nous allons à Roissy...
Huguette pour la première fois depuis ces dix dernières années était radieuse. Elle souriait le regard perdu sur l'autoroute qui lui semblait par cette belle journée aussi infinie et paisible que son futur...
J.G.
A quand les orages ?
La terre est assoiffée. Et puis c'est tellement beau les orages...
Entendre le clapotis régulier de la pluie contre la vitre, emmitouflé(e), bien au chaud, ou bien sortir et marcher à pas rapides dans le froid, contre le vent, les joues rosies...
Etre impressionné(e) et respectueux(se) devant les déchirements de l'éclair.
Et enfin humer l'odeur de la terre qui embaume après la tempête, et exhale un parfum de matrice sensuelle et herbeuse.
Tous mes désespoirs, tous mes élans sont là en désordre dans mon atelier. J'y passe le plus clair de mon temps, les oreilles assourdies de musique baroque.
Je fais et défais au même rythme, avec ce mélange d'élan et de désespoir.
Bloody Flo 55x46 acry et marouflages sur toile

Les têtes attendent indolentes leur tour accrochées sur les murs, elles sèchent sagement. Elles ne savent pas encore leur destin..
Bredi-Breda, elle jeta ses vêtements dans la valise noire ouverte sur son lit.
"Quelle navrance !" se dit-elle en contemplant le spectacle de sa lingerie roulée en boule et de ses chemisiers froissés. "Tant pis...pas le temps de les plier" pensa-t-elle, et elle referma précipitamment son bagage.
C'était une bachelette de 17 printemps, un peu fafelue et aliciante. Une gamine des faubourgs coquette et coquine, plus tout à fait fille, pas tout à fait femme. Elle ouvrit la vieille fenêtre branlante de la chambre et fut saisie par un vent froidureux qui la fit frissonner. En hâte, elle jeta un châle laineux sur ses épaules, emporta la valise et commença à enjamber coulamment le rebord de fenêtre.
De la corniche elle apercevait la cour, deux étages plus bas et, en arrière fond, la tortouillade multicolore du jardin de Hubert Mantaupan. Elle cracha par terre avec mépris et éructa : "Ce bélitre de Montaupan et sa guenuche de femme, ils vont voir ce qu'ils vont voir...Prépare-toi mon gros maroufle, à mon tour de m'ébaubir !".
Elle se glissa prudemment jusqu'à la gouttière qu'elle enserra entre ses cuisses et retrouva instinctivement des gestes de gymnaste. Sans bourrasquer, elle se retrouva aisément sur le plancher des vaches et courut vers le jardin qui n'était plus maintenant qu'à quelques mètres.
A rémotis, près du saule pleureur, se trouvait la véranda où le couple de bourgeois prenait habituellement son dîner.
Prestement, elle se glissa derrière un massif de rhododendrons pour mieux observer la scène et entendit : "Marie-Louise ! Marie-Louise ! ? Mais où donc est passé cette clampine ? Ah ! Hubert, mais pourquoi donc avoir choisi cette bonne ? Elle n'est jamais là quand on a besoin d'elle !".
L'Hubert en question safrait un boeuf en daube et n'écoutait pas sa moitié, dont il considérait de toutes façons qu'elle ne débitait que des billevesées.
"Ah les cochons, non mais regarde moi ce bélître !" songea Marie-Louise en observant l'homme.
C'est le moment que choisit Marie-Louise pour faire une brutale apparition.
De surprise, l'homme en lâcha sa fourchette, tandis que son épouse le regardait en échapade.
"Finis de me jobarder les paltoquets : quand donc recevrais-je mes gages ?! Voilà 6 mois que j'avale vos salmigondis, mais toujours pas la moindre piécette...".
Hubert s'en étrangla le gosier. Comment voilà cette donzelle, cette moins que rien, en train de causailler devant eux comme si elle était la maîtresse de séant ! Il faillit cette fois mourir tout çà fait étouffé, quand il vit la demoisselle remonter prestement ses jupons, se retourner et leur montrer ses fesses blanches en criant : "Allez les grenus, ça fait longtemps que je ne vous vois plus. Vous avez le bonjour de Marie-Louise !".
Et tandis que l'épouse affolée ranimait le coquin, Marie-Louise, à la venvole, s'enfuit prestement vers les fourrés où elle disparut.
On ne le revit jamais, mais sa remembrance resta longtemps dans la maison...
Sylviane Kaena,
Avec l'aimable concours du dictionnaire des mots disparus de la langue française.
Il s’agit d’u roman de l'abbé Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795), publié 1788.
L'abbé Jean-Jacques Barthélemy était fort savant. Numismate, historien, linguiste, connaissant à peu près tout ce qui se pouvait connaître en son temps sur le monde antique, il travailla durant trente ans au Voyage du jeune Anacharsis, qui recueillit un énorme succès, et connut maintes rééditions et traductions.
L'ouvrage est précédé d'une longue "Introduction au voyage de la Grèce", où toute l'histoire grecque, depuis l'"état sauvage et les colonies orientales" jusqu'à la prise d'Athènes, est retracée. Le jeune Scythe Anacharsis quitte son pays (chap. 1). Il traverse Byzance, Lesbos, l'Eubée, Thèbes, où il voit Épaminondas et Philippe de Macédoine (2-5). Il gagne Athènes (6-7), puis Corinthe (9). Athènes est longuement décrite: sa constitution, ses fêtes, l'éducation qu'y reçoivent les enfants (11-26). Puis c'est la Thessalie (35), l'Épire (36), l'Élide et la Messénie (38-40), la Laconie et Sparte (42-51), la légendaire Arcadie (52), l'Argolide (53). On revient à Athènes (55-59 et 65-67). On évoque les affaires de Sicile (60), les mystères d'Éleusis (68), le théâtre grec (69-71), Rhodes, Samos, Délos (73-79). Tout s'achève à Chéronée: la Grèce est vaincue, puis Alexandre succède à Philippe; Anacharsis regagne sa Scythie natale (82).
Ce Voyage témoigne d'une extraordinaire érudition. A preuve toutes les notes accumulées à chaque page, qui indiquent les sources de chacun des détails de la narration, et les longues tables chronologiques, qui suivent et justifient l'ouvrage. Barthélemy a voulu tout dire sur le monde grec de 363 à 337 avant JC. Comme plus tard les auteurs du Tour de France de deux enfants, il a oeuvré pour que ces connaissances fussent présentées de façon riante, englobées et entraînées dans une fiction comparable à un roman. La composition est d'ailleurs assez subtile, les passages didactiques ("la Bibliothèque d'un Athénien") étant divisés en plusieurs morceaux isolés les uns des autres. L'auteur a choisi un Scythe, pareil aux Siamois de Dufresny, aux Persans de Montesquieu, à tous ces Hurons qui découvraient la France dans les contes des Philosophes. Il a tenté de conduire à une philosophie, proche de celle de Rousseau. Les Arcadiens sont purs et valeureux; Anacharsis, à la fin, est écoeuré de voir la liberté grecque expirer sous les coups des rois de Macédoine: "Je revins en Scythie, affirme-t-il, dépouillé des préjugés qui m'en avaient rendu le séjour odieux [...]. Dans ma jeunesse, je cherchai le bonheur chez les nations éclairées; dans un âge plus avancé, j'ai trouvé le repos chez un peuple qui ne connaît que les biens de la nature."
Avec toute cette science, avec ces habiletés et ces ambitions, Barthélemy nous a donné une oeuvre un peu languissante. Son héros n'a guère de consistance; il ne connaît aucune aventure personnelle; il va d'un lieu à l'autre, comme un touriste qui aurait son guide à la main. Le style est euphonique, bien cadencé, mais il manque de couleur et de concret; on accumule les adjectifs stéréotypés: les poètes sont "excellents", les villes "opulentes", et "riches" les moissons. Nous sommes bien loin, malgré les apparences, de la magie et de la profondeur du Télémaque. Il n'en reste pas moins que ce livre a beaucoup fait pour le "retour à l'antique" au temps de Louis XVI et de la Révolution, et a donné à une ou deux générations une image nouvelle de la Grèce, bien différente de celles que Ronsard, Racine ou Fénelon avaient proposées.
journal de bord, samedi 29 janvier 2011
Quand un froid d'canard possible et des éclaircies inattendues se conjuguent, se marient dans le ciel ...
Ca donne des photos extraordinaires.
Ca donne des coups d'barre, tout aussi extraordinaires.
Oui, on se sent proche de l'ivresse. On tomberait par terre à tous les carr'fours. Surtout quand on marche quatre kilomètres d'affilée, sans pouvoir s'arrêter, vraiment.
Les rapports avec les gens s'en ressentent, évidemment.
Ce n'est pas qu'ils soient désagréables, malveillants, agressifs.
Non, parfois, ça se limite au ton de leur voix et à leur fous rires ... insupportables, qui vous rentrent dans la peau.
"Vous êtes tôt, aujourd'hui !", me lance la concierge d'un immeuble, situé sur ma tournée.
"Faut dire, c'est vendredi !", enchaîne-t-elle aussitôt ... sans me laisser le temps de respirer, sans me laisser le temps de lui répondre (le plus posément possible), que les centres de tri (postaux) avaient entamé une grève, que des camions (qui fournissent le courrier) à notre bureau ne s'étaient pas pointés, qu'on avait à peine reçu le tiers des lettres à distribuer ...
Croissant de lune
Nous deux enlacés
Herbes givrées
……………………..
Nuit d’hiver
La lune épinglée au ciel
Broche de nacre
…………………….
Lune froide
Tes yeux brillent
Hibou
………………………………
Froid piquant
Clair de lune, nos ombres
Emmêlées
………………………………….
Nada
28/01/11
Il me faut écrire une présentation de l'artiste pour le livre édité chez Patou concernant l'univers artistique du portrait..
Je pioche dans mes centaines de textes écrits sur ce blog, je vais finir par trouver ce qui me semble nécessaire de dire pour faire cette différence entre le portrait "pour trait" et la peinture que toute tête peut représenter
2ème état de Flo au fond indéterminé
100x80 acry et marouflage sur toile

Flo sur fond défini, rouge barrière, mur ou se brise le rêve, ou Flo sur fond d'infini aux tonalités gris verdâtres qui nous laissent passer au travers de la peinture
Réminiscence, résurgence, la tête est pleine d'images, certaines resurgissent comme ça quand tout glisse, sans la moindre volonté si ce n'est le fait de se laisser porte par le geste.
"Le crapaud trouve belle sa crapaude"
disait Voltaire pour définir la beauté::
Oui plutôt ça que la beauté aseptisée, formatée, la beauté qui n'est que jolie.
La beauté se révèle au soir
en glissant dans le caniveau.
La beauté aime le crépuscule
ne craint pas le noir.
Pour une fois petite digression vers un autre sujet que les arts et les lettres: resiprez la forêt: je sais que cela fera plaisir à certains d'entre vous.
Petite simulation (bien réelle) pour ceux qui n'ont pas une forêt près de chez eux ou qui ont des difficultés à se déplacer, ce lien est vraiment excellent,... pour les autres aussi d'ailleurs!
N'hésitez pas à cliquer sur les petites flèches directives ou de sélectionner l'une ou l'autre petite étoile: les oiseaux chantent pour vous et ils ont tous du talent comme vous;
... bon amusement ou plutôt bonne promenade!
http://w3.upm-kymmene.com/upm/forestlife/index.html
Ils ont balbutié
à la fracture des mots,
ont attisé le feu dans cette béance,
se sont dit tu
se sont dit nous
et puis n’ont plus su
à qui s’adressaient
leurs premières lèvres.
© Claude Miseur