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Histoires de Livres: Le salon du livre d’artiste

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A BRUXELLES – 02 & 03 AVRIL 2011

 

Le Salon du Livre d’Artiste « Histoires de Livres » se déroulera dans les locaux de

l’ERG (Ecole de Recherche Graphique) à Bruxelles, le week-end des 02 & 03 avril 2011.

 

Créé en 2003 à l’initiative du collectif « En Creux », le Salon du Livre d’Artiste

« Histoires de Livres » en est à sa cinquième édition. Il se tient en effet tous les deux ans.

A l’origine de cette belle aventure, deux jeunes artistes graveurs : Gwënael Guégan et

Laurence Léonard.

 

Pour sa cinquième édition, « Histoires de Livres » prend un nouvel envol : nouvelle

équipe, nouvelle dynamique, objectifs renforcés.

Aux côtés de Laurence Léonard, cheville ouvrière des premières éditions, une nouvelle

équipe s’est mise en place, constituée d’autres artistes mais aussi de collectionneurs et de mécènes qui permettent de donner une nouvelle dimension à l’évènement.

Le salon « Histoires de livres » est intégré à une structure plus vaste, initiée par un

collectionneur, dédiée aux arts graphiques en général, « Graphies » (www.graphies.org en

construction).

 

A côté du salon proprement dit, de nombreuses activités et animations autour du

livre sont programmées, dont, notamment grâce à la participation d’acteurs artistiques et

culturels, différentes expositions décentralisées sur le thème du livre.

Les visiteurs du Salon du Livre d’Artiste « Histoires de Livres » sont multiples : grand

public en quête de découvertes, curieux de la création graphique, amateurs de microédition,  professionnels de l’édition et de la diffusion artistique, collectionneurs et artistes eux -mêmes.

 

« Histoires de Livres » est une manifestation gratuite pour les visiteurs offrant une

fenêtre originale sur le monde du livre. Sur deux jours, ce sont plusieurs milliers de

personnes qui découvrent toute la diversité et la richesse du monde de l’édition du livre

d’artiste.


Les exposants aussi ont des origines variées. Belges et étrangers, ils sont plusieurs

dizaines à présenter leur travail : éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, plasticiens mais aussi écrivains, conteurs et poètes ou tout simplement créateur p assionné et amoureux du  livre.

C’est une fenêtre sur la création contemporaine, sur la vie actuelle du livre d’artiste

qui est ainsi proposée. Vendre bien sûr, mais aussi expliquer, montrer, détailler le processus  de création, tels sont les objectifs affichés des exposants.

 

Informations et inscriptions :

« Histoires de Livres », le Salon du Livre d’Artiste

www.histoiresdelivres.be

graphies@skynet.be

(+32) 0476 77 53 60


 

Qu’est-ce qu’un livre d’artiste ?

 

Le livre d’artiste est un livre, voire dans certains cas un livre -objet, édité à peu d’exemplaires, créé de manière artisanale et très souvent diffusé hors des circuits classiques de d istribution.

Le livre d’artiste, plus que n’importe quel ouvrage, crée un lien d’intimité entre le créateur et le lecteur.

Le livre d’artiste peut être un « objet » abstrait ou figuratif, contenir du texte ou non, avoir un sens littéraire ou non.

Tout est permis dans la création de l’objet « livre ».

Le livre d’artiste est le résultat entre une pensée originale d’un créateur et son intervention

personnelle au niveau des formes, de la présentation, des possibilités d’impression ou de

reproduction, des choix des papiers ou des matières.

L’idée même du livre d’artiste recouvre des pratiques et des productions très variées.

La création d’un livre d’artiste répond à sept étapes :

 

1° Le thème : l’origine de la création du livre d’artiste peut être, pour l’arti ste créateur, un mot, une phrase, un proverbe, un conte, un texte humoristique, une note satirique, un

poème, une histoire, une matière, une image, une illustration, des couleurs, des surfaces, …

Il n’y a pas de limite dans la création.

2° La reliure : différents types de reliure existent : en escargot, en serpent, en accordéon,

reliure centrale, japonaise, papillon, flip book, reliure inventée, …

3° La technique : le livre d’artiste peut être construit par collage, à l’encre, à la gouache, à l’acrylique, par photocopie, dessin, tissu, pop up, pliages, par la formation de trous, …

4° La mise en page : elle peut être classique (par exemple image à droite et texte à gauche),  graphique (jeu entre l’image et le texte), peut répondre à un rythme propre au fi l des pages, …

5° La typographie : le créateur utilisera le cas échéant une typographie adaptée au sujet et

au style de son livre

6° La couverture : elle est l’élément qui doit donner envie de prendre le livre, l’objet, en

main, et de le découvrir. Elle peut être simple mais cependant forte pour séduire le lecteur,

le découvreur. Tous les artifices sont permis ici aussi.

7° Le colophon : traditionnellement situé en fin d’ouvrage, le colophon donne quelques

indications quant au créateur, au nombre d’exemplaires, à la date et au lieu de la réalisation  du livre. Le colophon peut aussi contenir une justification signée par l’auteur.

Préalablement à la création d’un livre d’artiste, l’auteur réalise une maquette, ou blanco, qui servira de fil conducteur pour la construction et l’élaboration du livre. 

 

Programme provisoire:


> Jeudi 31 mars 2011


18 heures


Activité partenaire : Cabinet Artistique « Libre Choix »

Rue Defacqz, 152 – 1060 Bruxelles

Vernissage d’exposition


> Vendredi 01 avril 2011


18 heures


Activité partenaire : Espace de Création « Le Caméléon Coquet »

Avenue A. Buyl, 12 – 1050 Bruxelles

« Carnets et correspondances »

Exposition de la Collection de Livres d’Artistes des Bibliothèques de Watermael -Boitsfort


> Samedi 02 avril 2011


De 10 heures à 18 heures


« Histoires de Livres », le Salon du Livre d’Artiste

Exposition-vente

Dans les locaux de l’ERG (Ecole de Recherche Graphiq ue)

Rue du Page, 87 – 1050 Bruxelles


De 10 heures à 18 heures


Activité partenaire

Au Cabinet Artistique « Libre Choix »

Rue Defacqz, 152 – 1060 Bruxelles

Exposition


De 10 heures à 18 heures


Activité partenaire

A l’Espace de Création « Le Caméléon Coquet »

Avenue A. Buyl, 12 – 1050 Bruxelles

« Carnets et correspondances »

Exposition de la Collection de Livres d’Artistes des Bibliothèques de Watermael -Boitsfort


18 heures


Dans les locaux de l’ERG (Ecole de Recherche Graphique)

Rue du Page, 87 – 1050 Bruxelles

Cocktail officiel (sur invitation)


A partir de 20 heures


Dans les locaux de l’ERG (Ecole de Recherche Graphique)

Rue du Page, 87 – 1050 Bruxelles

« Tournez les Pages à la rue du Page »

Soirée du livre - Repas, divertissements, animation musicale


> Dimanche 03 avril 2011


De 10 heures à 18 heures


« Histoires de Livres », le Salon du Livre d’Artiste

Exposition-vente

Dans les locaux de l’ERG (Ecole de Recherche Graphique)

Rue du Page, 87 – 1050 Bruxelles


De 10 heures à 18 heures


Activité partenaire

Au Cabinet Artistique « Libre Choix »

Rue Defacqz, 152 – 1060 Bruxelles

Exposition


De 10 heures à 18 heures


Activité partenaire

A l’Espace de Création « Le Caméléon Coquet »

Avenue A. Buyl, 12 – 1050 Bruxelles

« Carnets et correspondances »

Exposition de la Collection de Livres d’Artistes des Bibliothèques de Watermael -Boitsfort

Les Partenaires:

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Avant-goût

Quelle chance inouïe,

J’ai goûté au printemps.

Quel plaisir pour l’ouïe,

Tous ces oiseaux chantant.

 

La frêle pâquerette

A redressé la tête

Ouvrant sa collerette

Pour faire partie de la fête.

 

La mésange charbonnière

De sa voix métallique

Chante telle une première

En cherchant le moustique

 

Qui vient à peine de naître

Sous cette douce chaleur

Appréciée de tout être,

Source de vrai bonheur.

 

Deux jours de doux printemps

Et on se sent revivre.

Soleil en s’éveillant,

Bienvenue aux sourires

 

Qui éclairent les visages

Des badauds que je croise.

Le glacier du village

A garni son ardoise.

 

Quand on goûte au printemps

En plein milieu de l’hiver,

On redevient enfant

Et on oublie ce fier

 

Qui risque de nous rappeler

Qu’il est loin d’être fini.

Flocons et giboulées

Reviendront par ici.

 

J’ai goûté au printemps,

Saveur particulière

Pour les petits et les grands,

Saison que je préfère.

 

08/02/2011

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des robes se froissent dans ma tête

Une Ménine de plus  ou une Flo revisitée.

Mignonne ou mignon..?

 Ménine  s'apparente à mignonne...pourtant le visage qui nous regarde hésite entre masculin et féminin. 

Les Mignonnes d'honneur, celles qui accompagnent l'infante sur la peinture de Vélasquez.

 


 Bon, on va pas en ajouter sur cette peinture ultra-commentée.

Une Flo ménine 150x120 acry et marouflage sur toile

gegout©adagp

flo ménine

juste un clin d'oeil à la figure si classique qui s'épanouit en pyramide.

 Je repense aussi tout à coup à une peinture d'Ingres que je ne retrouve pas à l'instant, peut-être un amalgame entre les épaules de l'Odalisque et un condensé de toutes ces robes qui se froissent dans ma mémoire..

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journal de bord, mardi 8 février 2011

 

 

 Une galerie, encore vide, à deux pas de l'avenue Louise, se réveille sous le soleil. Un monsieur, avec une barbe et une casquette, est passé. Des lampes. Un aigle royal en or. Et ... à nouveau des pas.

 

Dix heures.

 

Ce soir, je participe, à Jodoigne-Souveraine, à une émission, dans une radio. Un pote (chanteur) m'y a invité.

 

J'ai pris, de bon matin, ma guitare (avec mon ukulélé, dans une caisse en carton, que j'ai relié à ma guitare avec trois élastiques).

 

Paraît que Ryanair, la compagnie d'aviation, aurait des techniques douteuses, comme ... proposer des prix modestes pour les vols, si les passagers acceptent de voyager debout. Ca, je l'ai entendu à la radio.

 

Pour arriver à Jodoigne-Souveraine, je tent'rai la marche. Les sentiers de GR (grande randonnée) n'attendent peut-être que ça.

 

Un auteur de livres (Alexandre ou Pascal Jardin) dénonç'rait, avec humour, dans son dernier ouvrage, son grand'père qui occupait, à Paris, une fonction au début de la guerre de 40 et qui ... n'était pas au courant des rafles de Juifs dans le vélodrome hélas historique.

 

Ce matin, dans l'tram, entre la Place Saint-Pierre et l'avenue Louise, c'était déjà le branle-bas silencieux. Dans l'allée centrale, entre toutes les banquettes où les gens vont s'asseoir, j'ai à peine eu (ou pris) le temps de m'arrêter, de repérer un siège, de retirer la guitare de mon épaule sans bousculer personne (ça prend même pas cinq secondes) qu'une ombre, derrière moi, a déjà tenté de me pousser, sans s'excuser, pour ... trouver une place le plus vite possible.

Je ne me suis pas laissé démonter. Quand je me suis assis, j'ai repéré la personne : une ado avec un grand bloc de dessin, qui rejoignait un copain, une ado qui parlait haut, qui parlait à toute vitesse, qui parlait sans respiration. Je me suis abstenu de rouspéter. Ca valait peut-être mieux. Cette fille est sûr'ment plus nerveuse que méchante ou impolie. Cette fille est sûr'ment gentille, généreuse ... dans un autre contexte.

 

Ce s'ra de la haute voltige, aujourd'hui. Mais je le sais. J'agis en personne responsable. L'émission "Bulles d'air", où je participe, ce soir, se déroule entre 19 et 22 heures. Vraiment, c'est du temps d'antenne !

 Et je suis tributaire, ensuite, d'un train qui me ramène à Bruxelles. En partant de Namur (c'est pas très loin de Jodoigne, quand on roule vite), le dernier train part à 22 heures 21. Un peu juste. Je peux, bien entendu, me rabattre sur Wavre ou Ottignies, situées encore plus près de Jodoigne, et d'où des trains partent encore vers 22 heures 30 (si pas plus tard). Et ... je dois me trouver dans mon flat, demain matin, dès 9 heures, car un électricien vient vérifier les ampoules de la pièce principale et de la cuisine, tombées en court-circuit à cause d'un faux contact dans le plafond.

 

Onze heures dix.

 

Le tram 94, qui passe en plein sur l'avenue Louise, m'emmène dans son fourgon. Direction : Place Marie-José. A l'arrêt où j'ai attendu, un arbre a été abattu.

 

Le ciel bleu a des incidences sur mon appareil photo. Je le vérifie pratiqu'ment chaque soir sur le "diaporama" de mon PC. Le bleu l'emporte largement sur la majorité des couleurs. Le bleu éclabousse, ternit la majorité des autres couleurs. Comme le noir et blanc, ça a son charme.

Je me pose juste la question : est-ce normal ?

Y a plus d'un an que je l'utilise (et que je l'use), mon appareil. Et les couleurs diverses, dans mon souv'nir, ressortaient beaucoup plus avant, même par temps de ciel bleu.

Un autre problème sur mon appareil : les trois secondes de noir, qui apparaissent brusquement sur l'écran, quand je l'allume, accompagné d'une partie d'image ... qui se manifeste comme une ligne diagonale, avant de déboucher sur une image complète.

Mmm. Faudra vérifier chez un marchand d'photos (ça fait quinze jours que je me le dis).

 

Une dame âgée m'a reconnu dans le tram.

 

Une grève à la poste, ai-je entendu. Une de plus. Et y en aura encore, c'est pas possible autrement. Cette fois, c'est dans les Ardennes que ça se passe. Du côté de Libramont. Libin, Vaux-sur-Sûre, villages locaux, villages émérites, ne seront pas desservis en journaux aujourd'hui.

 

Libramont, Libin, Maissin. En passant par Lesse, Redu. Terres historiques. Terres d'une partie de ma vie, de mon adolescence. J'y plant'rai le décor d'une future chanson. Un gars, vêtu d'une casquette, bûch'ron, parcour'ra, sous une pluie battante, dans une forêt, des rues sinueuses qui n'en finissent pas, autour des sapins (ou des gratte-ciels), à la merci des sangliers, des braconniers, des pommes de pin et des scies à rubans. Il ira rejoindre sa princesse ... qui l'aura rapp'lé au bout de deux ans d'absence (ou de non-réponse à ses appels). Il marchera sur des routes où des bagnoles le dépass'ront, où les champs de maïs abond'ront, où des vaches feront des pas de danse (alourdis) dans les prés. Il ira rejoindre sa princesse, esseulée, sans un sou, sur le point d'être maman. IL écout'ra son coeur, sans oublier d'être lucide. Il saura que sa princesse en aura app'lé d'autres avant lui ... sans résultat.

 

Et ... une dame m'a reconnu dans le tram. Et ... je suis descendu à la Place Marie-José. Avenue du Bois de la Cambre. Avenue d'Italie. Chaussée de Boitsfort. Schoolgat (avec ses constructions ... neuves et moches). Avenue des Merisiers. Je connais ces coins, ces rues. Je les ai arpentés tant de fois, en tant que facteur, quand j'effectuais des remplac'ments.

 

Une montée. Une passerelle. Des appart's. Un pont. Un jardin d'enfants. UN carr'four.

 

Et c'est ici que deux choix opèrent : le GR 126 et le GR 57... (à gauche). Je dois emprunter le second (dont j'ai oublié le dernier chiffre). Dans le guide, ils disaient : prendre la rue du Bien-Faire, ensuite on arrive sur une place. Ouais. Malheureus'ment, je n'ai pas, sur moi, le guide du GR 57... Je n'ai qu'à me fier aux balises sur le chemin et ... à mon bon sens. Et je m'avance. Un pan de rue. Un second pan de rue. Pas une seule balise le long de la rue du Bien-Faire. Comme par hasard. J'emprunte une rue perpendiculaire, qui monte ... sans résultat. Je reviens dans la rue du Bien Faire, je la (re)parcoure jusqu'au bout. On arrive à la Place Keym. Délivrance : enfin des balises ! Je suis. Des élèves d'une école (gardienne ou primaire) attendent devant un centre culturel et une galerie. Encore une balise. Le ukulélé danse dans sa caisse. Hugues, sois donc un peu plus résistant ! Et ... encore une balise.

 Et ... je me retrouve au point de départ, à nouveau au début de la rue du Bien-Faire, là où les chemins de GR se séparent (théoriquement). Je ne me dégonfle pas. Je tente le GR 126, en me disant que le véritable départ, la véritable séparation des GR's démarre un peu plus loin, dans cette direction-là. Je monte la rue. Peine perdue. Une lueur, encore : reprendre la rue du Bien-Faire, continuer sur la Place keym et se diriger vers Auderghem. Au pire : si je n'aperçois pas de balise, si je tourne à vide, je peux me rabattre, vers 14 heures, sur un train qui me mènera à Gembloux, où je peux trouver, toutes les deux heures, un bus pour ... Jodoigne-Souveraine. En attendant, les dés ne sont pas complètement jetés. Marchons encore un peu.

Auderghem, le Rouge Cloître, prévus sur le chemin que je dois prendre (je l'ai vu sur Internet), je les franchirai sans réfléchir, à vol d'oiseau.

Et Virginie, qui habite dans le coin, débouch'ra p'têt de son avenue, pour me glisser un p'tit coucou, avec une caricole qu'elle se sera procurée sur le marché de Boitsfort.

 

Place Keym. Rue du Loutrier. Je n'en crois pas mes yeux : une balise.

Je savoure ma victoire ... dans un bistrot, où le roi Albert (qui a laissé son nom à l'établissement) s'exprime sur des photos ou des tableaux.

Tiens ! Y avait longtemps que je n'avais plus entendu le groupe Niagara.

 

Midi trente.

 

Boitsfort. Auderghem. Communes champêtres. Des statues vertes en plein milieu d'une prairie qui descend. Des canards dans une mare. Un gars qui joue aux boules, sur des graviers, près des buildings.

 

Cette dominante bleue (ou bleuâtre), sur mon appareil photo, ça me chipote, quand même. J'aime les effets impromptus, d'accord. Je me démerde toujours, d'accord. Mais ... j'aime aussi les couleurs naturelles. J'aime aussi retrouver, sur mes photos, les couleurs des éléments, telles que je les ai perçues à l'oeil nu. En attendant, je compense avec le flash : les couleurs reviennent et rééquilibrent le tout, mais ce n'est pas naturel.

 

Avenue des Arums, avenue des Phllox. Les log'ments sociaux de Boitsfort/Auderghem, avec leurs boîtes aux lettres jaunes, ont leur charme.

 

 

Et le ukulélé danse toujours sur mes épaules, dans la caisse en carton reliée à ma guitare. J'entends même les cordes vibrer.

Un étui serait plus approprié. Une nouvelle housse de guitare aussi : la tirette d'une des poches a définitiv'ment rendu l'âme, les lanières ont déjà été rafistolées une ou deux fois, des trous se déclarent à gauche et à droite.

Demain, ou après-demain, si j'ai la forme, je file à Nivelles, dans un magasin de guitares spécialisé, où les housses se chiffrent juste, paraît-il, à 25 euros.

 

Je marche, je marche. De sentiers en sentiers. Et je n'ai pas pris ma bombe "Ventolin" avec moi. Tant pis ! Je ne risque rien, si je le décide. Ma respiration ne s'alourdira, ne s'amputera pas, quoiqu'en dise ma mère (ou son fantôme) ... si je le décide.

 

Et si ... en attendant de trouver un étui pour mon ukulélé, je m'arrêtais pour remettre, à l'intérieur de la caisse en carton, le plastique qui entoure l'instrument ... dans de bonnes dispositions ...

Et si ... en attendant de trouver l'étui qui convient, j'amortissais, dès demain, les chocs, dans la caisse en carton, en y plaçant une ou deux paires de chaussettes ...

 

Tendre Virginie, je suis passé devant ton appart'. On y pendait du linge. La tentation de faire le détour, jusque chez toi, était ... plus que présente.

 

Bientôt quinze heures.

 

Des étangs. Des rues. Des balises bien mises. Des gens qui passent. Un magasin d'fleurs prévues pour les enterr'ments.

 

Chaussée de La Hulpe. Faut passer le long d'un étang où, parfois, un jeune gars casse la croûte. Pratiqu'ment plus de balises. Et le temps avance. Il n'est ni trop tôt ni trop tard. Je rebrousse chemin.

 

Faut prendre un train, maint'nant, Hugues. La gare de Boitsfort n'est pas loin. Même un omnibus fera l'affaire. Tu arriveras toujours à temps à Ottignies ou à Gembloux.

La gare de Boitsfort est devenue un terrain vague. Pas moyen d'acheter un ticket. Même la roulotte, juste derrière, semble fermée à double tour.

 

"Tout doux va l'horloge, tic-tac ...", dit une chanson que j'ai apprise dans une chorale, quand j'avais six ans.

 

J'attends le train. Dans le calme. Dans un silence ... paniquant. Des nuages. Une dame qui regarde l'heure, de l'autre côté du quai. Une étudiante, pas loin de moi, qui ouvre son sac. Une dame reste, de profil, les bras croisés, devant la pancarte indiquant "Bosvoorde".

 

Quinze heures bien sonnés.

 

Genval. La Hulpe. Bientôt Rixensart. Ensuite : Ottignies. Le train connaît sa course. Et les travaux qui n'en finissent pas sur les voies qui défilent. J'arrive pas à m'y faire. Et ... des monticules de sable, par ci-par là. Des futurs tunnels. Pour un futur ... RER.

 

J'aim'rais filer aux toilettes. Mais je ne me risque pas. Je suis seul sur ma banquette. Je n'ose laisser ma guitare et mon ukulélé tout seuls.

 

Gare de Rixensart. Encore debout, elle (pour combien de temps ?). La gare de Profondsart, sur la suite du trajet, a subi le coup des bulldozers. Faut que ça avance ! Faut que ça rentabilise ! Une âme (humaine ou autres), ça dérange trop.

 

Un contrôleur arrive. ON était si près du but.

 

Quinze heures vingt.

 

Gare d'Ottignies. Faut changer de train, tout en restant sur la même voie. OK. Le prochain (train) arrive dans cinq minutes. Et c'est le coup d'barre. Tant de kilomètres franchis, tant d'images accumulées. Déjà. ET la journée est loin d'être finie. J'ai peur. J'ai le blues. Et si, maint'nant, j'avais oublié quelque chose de précieux dans le dernier train ! Et ... je commence à avoir faim.

 

Seize heures onze.

 

L'ancienne gare de Gembloux a été démolie. Une autre (plus moderne, plus carrée, plus bétonnée, plus affreuse) a pris place. La "Taverne des Voyageurs", un peu plus loin, est toujours là. La rue du Coquelet, juste à côté, ne s'est pas envolée, j'imagine.

 

J'ai eu le temps de me restaurer dans un fritkot du coin, où y a pas de lavabo pour se rincer et s'essuyer les mains pleines de graisse, où une série télé américaine (avec une femme flique ... très dure) passait sur un écran moyen et où la serveuse m'a dit "veuillez jeter vos papiers dans la poubelle", sans me dire au revoir quand je suis parti.

 

Le bus 25, que j'ai capturé, qui se dirige vers Jodoigne, s'arrête à deux pas de l'endroit où se trouve la radio où je me rends.

 

Un café ne serait pas de refus.

 

Quatre meutes d'élèves grimpent bruyamment (c'est le moins qu'on puisse dire) dans le bus, à quatre arrêts différents.

"Je vais lui apprendre la musique des chtis", dit l'un. Non, ils ne me jett'ront pas de pierre(s) au visage. Non, ils ne me tireront pas les ch'veux. Non, ils ne me piqu'ront pas ma guitare. "Tout ça pour un élastique !", crie l'un d'eux.

 

Et le ciel bleu perdure.

 

Le distributeur, à la gare de Gembloux, était hors circuit.

 

Et pendant que le bus roule, roule, roule, que les églises passent d'un village à l'autre, mes pensées, comme toujours, (dé)filent à une vitesse v'.

Autant j'ai peur, autant je stresse quand je vois tant d'inconnus débouler dans le même bus que moi, autant je suis triste quand l'un d'entre eux (que j'ai eu le temps de regarder, d'entendre, de trouver sympa) sonne pour descendre à l'arrêt qui suit et disparaît (pour toujours, en principe) de ma vie.

 

Une roue de gouvernail devant une ferme. Un cycliste qui passe.

 

Aurai-je assez de fric pour reprendre un train, tout à l'heure, après l'émission ?

 

Mon pote Miche (qui m'invite) m'a donné un coup de GSM. L'émission (au feeling) durera une heure.

 

Le groupe Indochine passe, en sourdine, dans le bus.

 

Un moulin à vent.

 

Dix-huit heures.

 

Il fait toujours clair.

 

Le bus a eu le temps de me déposer sur la grand'route, à l'arrêt situé plic ploc à côté de la rue des Tombelles, à Jodoigne-Souveraine, là où la radio se trouve. Je reconnais le coin. J'ai fait, en son temps, une émission, déjà, à Radio Centre Jodoigne. A la seule différence que, dans mon souv'nir, on tombait directement, au sommet du début de la rue, sur l'endroit. Image faussée, oui. Il faut encore marcher un peu, juste un peu, encore un peu, longer les arbres, les mottes de foin. Oui, l'antenne se distingue au loin.

 

J'arrive sur place. La porte est fermée à clé. Pas de sonnette. Je frappe. Personne ne vient. De fait, l'émission où je suis convié démarre à 19 heures. Je ne veux pas tourner en rond. Je décide d'aller me ballader, sans m'égarer.

Deux chiens aboient dans la cour d'une propriété voisine.

C'est pas vrai : une balise. Oui, je me retrouve sur un sentier de GR (grande randonnée). Explorons rien qu'un peu. Evidemment, on rentre à nouveau dans un bois. Je fais trois pas. Rien de plus. C'est trop risqué. Le soir va bientôt tomber.

 

Pas de bistro sur la grand'route. Avec les huit euros qui me restent, c'est peut-être mieux.

Une poubelle rouge. Un abribus presque désaffecté.

 

Allez, Miche ! Maint'nant, c'est moi qui te dit (et pense), en contemplant les flaques d'eau éclairées : "rapplique !"

 

Vingt-et-une heures.

 

Sautons les étapes.

 

L'émission de radio, sur Radio Centre Jodoigne, a eu lieu. La commenter dans les détails, c'est difficile. Je suis encore sur le coup. Et ... noter des impressions précises durant le moment où elle avait lieu, pendant que je répondais à l'interview, pendant que je chantais en direct, j'aurais (encore) du mal à y arriver.

 

Mon pote Miche (qui a beaucoup insisté, à raison, sur la notion de "partage" entre artistes) et moi, nous nous sommes bien entendus, bien compris. Comme toujours.

"Au feeling !", tel était le leitmotiv entre nous.

 

Evidemment, il fallait jongler, entre le moment où il me questionnait et celui où je répondais, avec le même micro ... qu'il fallait à chaque fois déplacer sur la table, en fonction de celui qui parlait.

Le second micro était réservé à André, l'autre présentateur.

Si je devais laisser parler mon "feeling" ...

C'étauit dur. Car ... à peine avais-je entendu une question de Miche, spontanément mon coeur battait et j'avais besoin de répondre instantanément.  Or, il fallait prendre le temps, le soin de déplacer, de prendre le micro, de parler au micro. C'était juste l'affaire d'une seconde. Oui oui. Mais cette seconde, où je devais m'abstenir, m'était douloureuse ... et ça pouvait m'être difficile de reprendre mon souffle et de répondre, ensuite, sereinement, aux questions.

 

Sur antenne ...

 

C'était pas toujours évident, pour moi, de chanter en direct et d'entendre, au même moment, les sonn'ries de téléphone qui n'en finissaient pas. Mais bon : ça f'sait partie du challenge. Et je l'ai assumé (et j'en suis fier).

 

Sur antenne ...

 

J'ai tenté une percée avec le ukulélé. Je me suis gouré dans plus d'un accord. Parfois, je délaissais l'instrument en chantant "a capella" ou en parlant.

Une part de moi me dit : Hugues, t'as les yeux plus grands que le ventre, quand attendras-tu d'être au point ?

Une autre part de moi me dit : Hugues, c'est déjà ça, ce que tu fais a déjà de la valeur.

 

Sur antenne ...

 

J'ai chanté "DOUCE", à la demande de Miche, qui a le coup d'coeur (j'en ai un pour sa chanson "LA BRANCHE DU CHARME"). Pourquoi pas ? Mon pote trouve ma chanson ... romantique. Y retrouve-t-il une parcelle de sa vie ?

 

Il n'est pas dit que nous ne participerons pas, le 2 avril prochain, à un spectacle, là-bas, dans la région.

 

Un charmant technicien (qui pourrait être mon gamin) a pris des photos charmantes et ressortissantes ... d'André, de Miche, d'André et de moi.

 

Vingt-et-une heures vingt.

 

Dans le train du retour ...

 

J'en connais un qui ne rentrera pas chez lui avant de s'être attardé dans un chouette resto, où il s'enfil'ra une chouette assiette chaude et où des gentilles serveuses lui feront honneur.

 

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Comme

Tranquille comme

un chemin ourlé de champs de blé,

et piqueté de coquelicots

Chaleureux comme

une maison blanchie à la chaux,

percée de fenêtres quadrillées,

qui paresse sous une couverture de lierre

Puissant comme

un ciel sombre, zébré d’éclairs,

l’haleine du vent gémissant

et des bourrasques fouettant les peupliers blancs

Doux comme

un ruisseau qui gazouille

des yeux qui se mouillent

Suave comme

un bois pailleté de violettes

Frais comme

un jardin farci de menthe et de pâquerettes

Vaporeux comme

un voile de brume

et la terre, en été, qui fume

Léger comme

le matin, la rosée, le rêve

Fluide comme

l’air, l’envol d’un oiseau, le jour qui se lève

Pur comme

la vérité, le cristal, l’émotion

Fragile comme

la vie, le cristal, l’émotion

Si mon amour pouvait être comme…

Mon amour n’a pourtant rien de tout ça

Ses vulnérabilités, sa saveur éphémère, ses accents inachevés

n’en font guère l’amour rêvé

Mais voilà…

Sans défaut, sans tracas,

l’amour n’est pas

et si mon amour t’aide à vivre, rêver, être

et renaître,

s’il t’aide seulement à aimer à ton tour,

alors, c’était vraiment de l’amour©

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Publication chez Fuga Libera: Henri Vieuxtemps
Complete Violin Concertos
Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Patrick Davin

(FUG 575 - 3 CDs )

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Vineta Sareika, Hrachya Avanesyan, Nikita Boriso-Glebsky, Lorenzo Gatto, Yossif Ivanov, Jolente De Maeyer, Harriet Langley

 3 CD's pour le prix de 2

Voici un véritable événement discographique. L’intégrale des sept concertos pour violon de Vieuxtemps est une entreprise de taille. Trop pour un seul homme ? Peut-être. Mais pour Augustin Dumay, maître en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, elle était l’occasion de laisser un témoignage de vitalité de l’école franco-belge, dont il a recueilli la substance auprès de son maître Arthur Grumiaux. Sept jeunes virtuoses issus de son enseignement, et pour la plupart déjà couronnés par les grands concours internationaux, se sont attelé à l’ouvrage. En voici le résultat, impressionnant d’engagement et de maîtrise, capté dans la belle salle Philharmonique de Liège, avec son orchestre jouant Vieuxtemps « dans son jardin » sous la baguette experte de Patrick Davin. Cet séduisant coffret de trois CD est aussi l’occasion de retracer l’extraordinaire parcours de Vieuxtemps, souvent réduit à la virtuosité alors que toute sa vie a été marquée par la recherche d’expression et de contenu. C’est donc un hymne au violon, au bel canto, au panache, au romantisme, à la virtuosité transcendante et à la jeunesse qui constitue le quatrième volume à la collection « Chapelle Musicale Reine Elisabeth » chez Fuga Libera ; une belle suite aux premiers titres parus – Plamena Mangova (FUG517), Miloš Popović (FUG529), Trio Dali (FUG547) – qui ont enthousiasmé de nombreux auditeurs.

Extrait: 

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journal de bord, lundi 7 février 2011

 "Moi, il me faut des tonnes de calins !", me disait, au temps où j'étais son p'tit ami (et me dit encore, quand le hasard me remet sur sa route), une de mes potesses les plus précieuses.

 

"C'est fou, quand on t'entend, comme on a envie de te donner des câlins !", m'a dit, récemment, à la sortie d'une soirée, une jeune conteuse, très très talentueuse, qui était la dernière à croire en elle et qui a pourtant tout pour elle ... et qui aimait bien mes chansons et qui avait particulièr'ment flashé sur une phrase, inclue dans l'une d'entre elles.

 

"C'est fou, quand on t'entend, comme on a envie de te donner des câlins !"

 

J'ai entendu mon coeur battre à du cent, du deux cents à l'heure. Et le mot est faible !

 

Je me suis surpris à lui répondre, le plus maladroit'ment du monde, le plus sincèr'ment, le plus humoristiqu'ment : "Ne me le dis pas deux fois, je risque d'être en demande !"

 

Je n'ai pas osé lui dire : "S'il-te-plaît, donne-moi-z-en un, quand même !"

Je me suis abstenu de lui dire : "S'il-te-plaît, donne-z-en-moi-un, quand même !"

Je me suis surtout abstenu de passer moi-même à l'action, de faire le premier pas. J'en étais pourtant à deux doigts.

J'avais si peur ... d'être mal reçu, d'être rembarré (même poliment, même gentiment).

J'avais si peur ... de gâcher, de briser un moment, un élan.

J'avais si peur ... qu'elle me juge, qu'elle ne me remarque plus la fois d'après.

 

Comme si, pour préserver l'estime, l'élan chez quelqu'un d'autre, on se devait de rester lointain, distant, inaccessible, fantômatique.

Comme si on se condamnait à devenir, par notre faute, transparent, banal, quotidien, dès que l'autre, en appel au départ, était comblé dans ses attentes.

 

Y a trois heures d'ici ...

 

J'ai ouvert les bras à une personne du sexe opposé ... qui en était enchantée ... et qui s'est blottie dans les miens.

Ensuite ...

Je lui ai ouvert les bras ... encore une fois, deux fois. A chaque fois, elle s'est réfugiée dans les miens, avec le même enchantement.

 

A un moment donné, je me suis arrêté. Je me suis dit "Hugues, mets tes limites !". Je me suis mis en route. Avec un objectif ... pratique : payer mes vir'ments. Avec, surtout, la peur incommensurable de m'être mis, sans doute, une fois de plus, la tête dans l'seau en ouvrant mon coeur.

 

Mais bon ...

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journal de bord, dimanche 6 février 2011

journal de bord, dimanche 6 février 2011

 Assister à un concert (rock ou branché), dans le brouhaha, quand on est éclairé par des spots ou des fumigènes (même modestes), c'est de la haute voltige. Surtout quand il faut rester debout, au milieu (ou à l'intérieur) d'une foule, d'un public, d'ombres anonyme(s), surexcité(es). Surtout quand on s'est farci, au préalable, un quart d'heure pour trouver l'endroit où le concert a lieu, dix minutes pour attendre son tour avant de payer son ticket à la billett'rie. C'est le test de résistance, carrément.

 

Et quand on mesure 1 mètre 86, en plus ...

 

Et qu'on a un mal de chien à se trouver une place, un espace (même réduit), dans une espèce de grand hall, hyper peuplé, pour assister au concert.

 

Un premier morceau du groupe en vedette. Un second. Un troisième. Un quatrième.

 

Et au début du cinquième ...

 

"Monsieur, excusez-moi, mais à cause de vous, je ne vois rien"

 

Me balance, déjà, comme par hasard, une gamine de douze ans, juste derrière moi. Sur un ton arrogant.

 

Et pendant ce temps, d'autres gens, aussi grands que moi, me bouchent aussi la vue, limitent aussi mon accès (visuel) à la scène, bouchent aussi la vue des autres.

Et personne ne leur dit rien, à eux.

 

"Monsieur, excusez-moi, mais à cause de vous, je ne vois rien"

 

Ai-je entendu ... dans ma tête. Rien d'autre ne s'est passé. Juste des peurs, des angoisses, des phobies, que je connais par coeur et qui remontent à la surface.

 

Derrière moi, y a effectiv'ment une petite fille de douze ans qui ... me fixe, deux s'condes, en plein dans les yeux.

 

Petit à petit, je m'y fais, je me reprends, je me détends, je regarde les gens danser, s'embrasser, chanter, reprendre en choeur les refrains du groupe.

La guitare du chanteur (surtout quand il adapte la musique de "PORQUE TE VAS") me va droit au coeur.

Parfois, je capte un sourire dans l'assemblée. Je me surprends même à danser. Et mes muscles se relâchent. Je me surprends même à fredonner un des refrains.

 

Brusquement ...

 

Un petit doigt, venu de derrière, s'applique et pianote sur mon épaule.

Je me retourne.

 

"Monsieur, excusez-moi, mais vous gesticulez tell'ment que vous m'empêchez de suivre le spectacle"

 

Me dit un "charmant" père de famille, cheveux gris, cheveux proprets, lunettes bien montées, chemise bleue ouverte, sur un ton aimable et ... ferme.

 

Et pendant ce temps, des amoureux continuent de s'embrasser sous les néons.

Et pendant ce temps, des tas de gens dansent, chantent, lèvent les mains, sans que personne ne leur dise rien.

 

"Monsieur, excusez-moi, mais vous gesticulez tell'ment que vous m'empêchez de suivre le spectacle !"

 

Ai-je encore entendu, visualisé ... dans ma tête. Nulle part ailleurs.

 

Derrière moi, y a effectiv'ment, à côté de la p'tite fille de douze ans et d'une dame à côté d'elle (qui me sourit régulièr'ment), un monsieur, de taille moyenne, avec des lunettes, des cheveux gris et une chemise bleue ouverte.

 

Je ré-émerge.

Je sors mon appareil photo.

J'y capture, à l'occasion, la cravate d'un des musiciens du groupe, la petite guitare d'un autre musicien (originaire de Madagascar, je pense).

 

Un nouveau coup d'sang émerge.

 

"Monsieur, s'il-vous-plaît !"

 

Je me retourne et j'aperçois un agent de sécurité.

 

"Monsieur, on ne peut ni photographier ni filmer pendant les concerts !"

"Monsieur, excusez-moi, mais j'ai demandé à un de vos collègues ... oui, à un autre garde ... qui m'a dit ... qu'il n'y avait pas de problème". Je réponds en bafouillant.

"Monsieur, on ne peut ni photographier ni filmer pendant les concerts. Veuillez me donner votre appareil ! Il est confisqué"

 

J'obtempère. Je me retrouve sans appareil. Je me retrouve presque ... à poil.

 

Et pendant ce temps, d'autres gens, dans le public, sur scène, photographient, filment. Et personne ne leur dit rien.

 

"Monsieur, on ne peut ni photographier ni filmer pendant les concerts !"

Ai-je entendu ... dans ma tête.

J'ai, effectiv'ment, demandé à un gardien d'sécurité, avant le spectacle, si on pouvait photographier (ou filmer) les concerts. Et il m'a répondu, très gentiment, que ça ne causait pas de problème.

 

Et pendant ce temps ...

 

Le groupe qui passe en vedette (Suarez) a eu la bonne idée de reprendre et d'adapter, musical'ment, la "NON DEMANDE EN MARIAGE" de Brassens.

 

Brusquement, un nouvel éclair (encore un !).

 

"Dégage !", crie une voix (d'adulte).

 

Je retombe. Je re-sombre. Je reçois un nouveau coup de revolver.

 

"Dégage !"

 

On me l'a si souvent proclamée, celle-là !

 

"Dégage !"

 

Je me retourne. Je repère l'auteur de ce verbe ... assassin. Il s'agit, une fois d'plus, du monsieur, avec des lunettes, qui porte une chemise bleue ouverte et des cheveux gris.

Il se marre comme un petté.

Son "Dégage !" (c'est à peine flagrant) n'était que de la provocation ... gentille, amicale, humoristique à l'égard du groupe qui passe.

 

Et pendant ce temps ...

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journal de bord, samedi 5 février 2011

Quelque part, dans une cantine, sur les lieux de mon boulot ...

 

A côté des chocolats, des tasses de café ...

 

Un lecteur CD, doublé d'un poste de radio, veille, trône sur une espèce de buffet en acier.

Du côté droit de l'appareil ...

Une petite cuillère est solid'ment plantée.

Ca attire mon regard, bien sûr.

Je pose la question au cuisinier de service.

"C'est pour remplacer l'antenne", me précise-t-il.

 

Un autre instantané, quelques heures plus tard ...

 

Ca se passe sur les lieux de ma tournée.

 

Une gamine de six ans accourt dans mes bras.

Ca tombe bien. Il est déjà ... presque 17 heures. Eh oui ! Et la distribution du courrier est (encore) loin d'être terminée.

Et la gamine regarde mon caddy, sous le regard bienveillant de sa maman.

Et la gamine saisit la poignée de mon caddy, tente de faire bouger le caddy, sous le regard bienveillant de sa maman (qui lui recommande, quand même, de faire attention).

Et la gamine regarde à l'intérieur du caddy, touche un gros paquet (on dirait une grosse bûche) destiné à une cliente ... qui habite l'immeuble devant lequel je me suis arrêté ... pour distribuer du courrier.

 

Comme quoi !

 

Je laisse à la gamine le soin, la responsabilité de tirer, hors du caddy, le gros paquet ... assez lourd pour elle, soyons réalistes.

Et ...

La gamine attend, fièr'ment, devant la porte d'entrée, qu'on descende.

Et quand la cliente se pointe ...

La gamine, sans broncher, lui tend, avec une fièr'té pas possible, le paquet (ou la grosse buche).

Ensuite ...

La cliente (une dame au rouge à lèvres pas possible) remercie son facteur d'être aussi bien accompagné.

 

Les contes de fée, c'est pas rien que dans les livres !

 

Encore un autre instantané, quelques heures plus tard ...

 

Ca se passe à Mons, au soir.

Après un spectacle.

Dans les coulisses.

Quand les spectateurs vont boire leur verre.

 

Un comédien de la troupe me dit : "Mais moi, je ne suis pas un professionnel !"

 

En effet ...

Si on compulse le dépliant de la comédie musicale, qui a été jouée ...

Il est bien dit que ...

Des comédiens du Centre des Arts Scéniques du coin donnaient la réplique à des demandeurs d'emploi (ou des sans emploi) de Mons ou des environs.

Et on se doute que ...

Un comédien professionnel a plus de technique, plus de planches, plus de facilités (a priori).

 

Quant à moi, qui était spectateur ...

 

Je n'ai pas vu, perçu de différence dans l'unité du spectacle présenté.

La metteuse en scène avait eu la bonne idée de faire intervenir tous les acteurs, individuell'ment, chacun leur tour, au fil de la comédie musicale. Ainsi, ressortaient les particularités de chacun (ils jouaient tous avec leur fraîcheur, leur coeur, leur sincérité ... et je les aurais bien rejoints).

La metteuse en scène, était (et reste) habituée à bosser avec des gens pas spécial'ment formés à la scène (ça, je l'ai lu) et issus de communautés vulnérables, dans le but de susciter des chang'ments dans (ou entre) les individus.

La metteuse en scène, sur un siège à l'avant-plan, dirigeait, comme un chef d'orchestre, les opérations durant le spectacle. Elle indiquait, au fur et à mesure, aux comédiens, le moment où ils devaient intervenir. Rien n'était donc figé. Une part d'improvisation était requise pour les comédiens, sur le vif.

Bravo.

Et on se doute que ... comme le spectacle était prévu pour trois jours, le spectateur le plus régulier, le plus assidu assistait (ou assistera) à trois comédies musicales différentes.

 

J'aimais ... l'Africaine (la mama) qui répondait par "oui" ou "non"

J'aimais ... les gars au casque jaune qui s'en allaient travailler avec le sourire.

J'aimais ... la fille au cheveux courts, habillée de noir, qui était déprimée.

J'aimais ... le monsieur avec le chapeau du canotier qui chantait "Le travail, c'est la santé"

J'aimais ... l'espèce de drapeau soviétique (avec sa faucille et son marteau) reconverti en beige.

J'aimais ... Sébastien, avec sa perruque, quand il parlait d'attaché-case, que le public se bidonnait.

J'aimais ... la casquette d'un certain Virgile. J'aimais ... deux comédiennes, avec des longs ch'veux (que je confondais).

J'aimais ...

 

"Mais moi, je suis professionnel !", disait, encore, en coulisses, un des comédiens, comme pour s'excuser, quand je le félicitais de sa prestation ... qui m'avait beaucoup touchée.

 

Encore un autre instantané, encore quelques heures plus tard ...

 

Pas plus tard que cette nuit, dans mon dernier rêve.

 

Je parcoure, vers cinq heures du matin, un couloir (d'école ? d'hôpital ? d'appartement ?). Karine est dans le coin, je le sais, je le sens. Et ... je vois des portes, des portes, des portes ... fermées. Il fait obscur. Karine se trouve derrière une de ces portes. Et ... je n'ose frapper (ou toquer) nulle part.

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Tous les "hiers"…

Chercher des mots derrière les mots pour faire vibrer toute la dérive. Une chance de voir tous les sens… ceux qui chantent encore le chant d’une vie… d’une simple victoire… d’un grand retard celui qui accable tous les espoirs…

 

Oh ! Les mots ces êtres si fragiles, mais qui ont la force de tous les lions, de toutes les tornades, et de toutes les mers…le "de-vaguement" est toujours une guerre…tandis que le repli faits penser aux dégâts… de tous les airs et de tous les "hiers"…

 

Les matins sombres changent de visage pour rendre l’amour à son vrai âge…celui des petites fleurs…celui des grandes douleurs…une fois de plus pour garder figée toute une vie et tout un rêve…

 

Que faut-il dire encore pour que les choses entrent dans l’ordre..?! Un ordre qui jaillit de ces profondeurs, là où l’instant perd son équilibre, là où les mots quittent leurs nids, et là où l’oubli fait naître  tout un espoir…

 

Ah ! L’espoir ce grand mystère..! Seul avec ses pas change les couleurs… du sombre au vrai clair, et du froid à la vraie chaleur… !

 

L’être cherche refuge dans tous les mots… et dans tous les lieux… pour donner l’envie à toute une vie… à toutes les choses… celles qui gardent encore la vraie couleur… la vraie valeur..!

 

Ah ! Les mots… qui cherchent refuge, derrière les flaires… et derrière les reflets… des miroirs des yeux…et même ceux de toutes les âmes..!

 

A. Sbibi  

Le 05-02-2011

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Meilleurs voeux

Mille branches

sont les portées de nuées d' oiseaux

et de feuilles bruissantes

rythmant une musique de lumière

en reflets cristallins et organiques à la fois .

Que la Nature est envoûtante !

Meilleurs voeux pour une année 2011

tissée d' apothéoses esthétiques ...

Oxiane

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Banc public

Banc public

 

Je suis un petit banc public,

Vestige de ce parc grandiose.

J’accueille tout le grand public

Qui a envie de faire une pause.

 

La vieille dame aux cheveux gris

Est mon amie la plus fidèle.

Elle jette des morceaux de pain gris

À tous ces gros pigeons qu’elle aime.

 

À midi-trente, c’est l’heure du gars,

Un beau jeune homme bien de sa personne.

Silencieux, il reste là.

Il attend que la cloche sonne

 

Pour s’en retourner au travail,

D’un pas rapide et décidé,

Ses deux mains sous son chaud chandail

Par sa chère maman, tricoté.

 

Son amie, je ne la vois plus.

Elle était pourtant femme charmante.

Sa compagnie, il n’en veut plus

Car la peur d’aimer le tourmente.

 

Les gosses qui viennent le mercredi

Me sautent dessus sans ménagement.

Leur insouciance à ce qu’on dit

Leur permet d’aller de l’avant.

 

Le soir, ce sont les amoureux

Qui se bécotent au clair de lune.

Sous les étoiles, ils sont heureux,

Rêvent de voyages et de lagunes.

 

Mais l’air du temps vient de changer.

Les gros pigeons n’ont plus de pain.

La vieille cloche n’a plus sonné.

Autour de moi, tout est malsain.

 

Certains me donnent des coups de pied.

D’autres m’offrent leurs détritus.

Ceux qui s’amusent à m’abîmer,

J’aimerais qu’ils sachent que je n’en peux plus

 

De sentir la pointe du couteau

 Qui martyrise mes vieilles planches.

Ces tatouages sur ma peau

Me font honte quand vient le dimanche.

 

La jeune fille aux cheveux longs,

Le bourgeois lisant son journal,

Le musicien au diapason

M’évitent tous et ça fait mal.

 

Moi, le petit banc aux secrets,

J’ai vraiment l’air d’un moins que rien.

Mon cœur est rempli de regrets.

Je suis arrosé par les chiens.

 

Je suis un petit banc public

Gravé, Sali et tout cassé,

Moi qui m’offrais au grand public,

Vestige d’un passé oublié.

 

01/02/2011

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12272718469?profile=original«Pensées diverses écrites à un docteur de la Sorbonne » est un essai philosophique de Pierre Bayle (1647-1706), dont le titre complet est: Pensées diverses écrites à un docteur de Sorbonne, à l'occasion de la comète qui parut au mois de décembre 1680, publié à Rotterdam chez Reinier Leers en 1682.

 

Une comète apparut au-dessus de Paris en décembre 1680. Il semble bien, malgré le progrès des Lumières, depuis le Monde de Descartes et De la recherche de la vérité de Malebranche, que "les faibles et le peuple", selon les mots du Mercure galant, tremblèrent devant ce phénomène. Cette gazette, docile aux suggestions de Colbert et de La Reynie, le lieutenant de police, s'engagea dans la lutte contre la superstition; Donneau de Visé, qui dirigeait le Mercure, et Fontenelle, qui y collaborait régulièrement, composèrent une petite comédie pour ridiculiser ces terreurs insensées. Le 27 mai 1681, Bayle, qui enseignait alors à l'académie de Sedan, envoya à Donneau de Visé la Lettre sur les comètes (selon le premier titre), mais il ne put obtenir, malgré cet appui, la permission d'imprimer, et l'ouvrage parut l'année suivante (sous le titre ci-dessus) à Rotterdam.

 

Les Pensées diverses comprennent deux cent soixante-trois chapitres et vont un peu, selon l'habitude de Bayle (héritée de Montaigne et des humanistes de la Renaissance) "à sauts et à gambades". On peut toutefois distinguer quelques grandes séquences. Une fois critiqués les témoignages des poètes et des historiens (chap. 4-5), il est démontré que les comètes n'apportent à la terre aucun mal (9-15), et sont peut-être même bénéfiques (16); que l'astrologie est ridicule (17-23); qu'on n'a pas remarqué plus de malheurs après le passage des comètes (24-44); que la conviction générale des peuples ne prouve rien (45-49), ainsi qu'en témoigne l'absurde superstition des Anciens envers les éclipses (50-54); que croire aux présages des comètes revient à supposer que Dieu aurait fait des miracles pour conforter l'idolâtrie (55-58); que ces peurs doivent être simplement regardées comme une vieille superstition païenne introduite dans le christianisme par respect de l'Antiquité ou par politique (59-101). L'auteur réplique ensuite à trois objections: Dieu aurait formé les comètes pour faire connaître la Providence et éviter l'athéisme (objection: 102; réponses: 103-202); les comètes auraient été envoyées par Dieu (miraculeusement ou non) pour convertir les païens (objection: 203; réponses: 204-227); les comètes peuvent naturellement susciter des malheurs (objections: 228; réponses: 229-261). L'ouvrage s'achève par une Conclusion (262) et un Abrégé (263).

 

Le livre est présenté comme une lettre à un docteur en Sorbonne et l'auteur y "parle en catholique". Ces deux impostures sont évidemment liées, et elles signifient dans quel contexte Bayle a voulu se situer. Adressant cette "lettre" à Donneau de Visé, imitant, ainsi qu'il l'avoue, le style du Mercure galant, il tente une percée dans le milieu parisien. Il pratique le persiflage érudit qui régnait autour de Donneau de Visé et de Fontenelle. Il explique que les fables sont des impostures, et que seuls les ignares et les faibles s'en laissent impressionner. Ce persiflage se nourrit de tous les thèmes de la morale mondaine des années 1675-1680. Les passions règnent dans l'humanité, et les principes, pour être hautement proclamés, n'en sont pas moins inefficaces. Jansénisme? Faut-il penser aux Essais de Nicole et à son jansénisme "centriste"? Ou simple développement de l'épicurisme plus ou moins libertin, qui séduisait la jeune génération?

 

Éliminant les fables, le philosophe tend donc à éliminer les miracles et à instaurer dans la nature un légalisme inflexible, indispensable à la science moderne, qu'il ne paraît toutefois pas bien connaître. C'est un souvenir de Malebranche; c'est aussi bien un écho du calvinisme, qui se voulait émancipé des superstitions papistes, et les huguenots ne se scandalisèrent nullement de l'ouvrage ni de ses thèses. La morale et la religion, nous démontre Bayle, sont sans effet dans le monde, et les hommes, quoi qu'ils disent, agissent comme ils veulent et comme ils croient utile ou agréable. Cela n'est pas forcément un mal, et, ainsi que le diront Mandeville, Bentham et les plus authentiques philosophes des Lumières, la prospérité générale s'édifie sur les vices des particuliers. Faut-il en induire que Bayle nous convie à l'athéisme? Pas forcément. Il écrit en catholique pour des Parisiens du grand monde, alors qu'il est un pauvre professeur huguenot de l'académie de Sedan. Il affirme, après bien d'autres, que les principes et la foi sont inefficaces, mais aussi que les passions font aller le monde, et bien. Passions qui peuvent être voulues par Dieu. Autrement dit, comme l'affirme le jeune Fontenelle des Nouveaux Dialogues des morts, ce que la nature (ou, si l'on veut, la Providence) n'aurait pas obtenu de notre raison, elle l'obtient de notre folie.

 

La conclusion, c'est un grand éloignement du papisme, qui, malgré Malebranche et les siens, charrie trop de fables, et qui suppose une certaine conciliation de notre foi et de notre action, avec ce Dieu qui passe par notre esprit (et par l'Église codifiée et codifiante) pour modeler l'Histoire et y faire régner la Providence. Bayle souhaite au contraire une totale rupture entre l'univers de la théorie - ce qu'on appellera la "raison pure", et qui n'est, au fond, qu'égarement - et l'univers concret, "pratique", où s'incarnent les desseins de Dieu. Avant le Rousseau du "Vicaire savoyard"  et avant Kant, il nous fait comprendre que Dieu réside dans le réel et le sentiment, jamais dans l'argumentation ni la doctrine. Il n'est ni athée, ni sceptique, ni essentiellement calviniste. Il est le philosophe du concret, de la discontinuité, où réside le divin incarné. La raison ne lui semble au fond qu'un intermédiaire, trouble et peut-être perfide, entre le réel et Dieu.

 

Les hommes du XIXe, parfois du XXe siècle, s'y sont trompés: Bayle ne songeait pas à encourager l'athéisme, ni même l'indifférence religieuse. A l'intérieur de l'univers calviniste (qui s'y prêtait infiniment mieux que l'univers catholique) il promouvait une nouvelle conception de la réalité: elle n'était plus abordée à travers le prisme des doctrines - qui finalement ressemblaient toutes plus ou moins à des fables. Il fallait l'atteindre dans sa fraîcheur, et la méthode expérimentale était plus pertinente que les systèmes. Comme Gassendi, Mersenne, Galilée un demi-siècle plus tôt, Bayle, au lieu de se passionner pour un combat antireligieux dans lequel les générations futures l'ont abusivement cantonné, se faisait simplement l'interprète d'un renouvellement épistémologique, qu'exigeaient les sciences évidemment, mais aussi la littérature et les arts.

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FRANCE...Ma douce...

France, ma douce, ma belle, ma tumultueuse!

Fière et rebelle, soumise mais jamais prise...

Je ne sais pas quand, ni comment et si cela tient à la première bouffée d'air respirée? Logiquement, je ne crois pas...

Mais d'où vient alors ce sentiment qui me colle à la peau? Est-ce le fait de naître sur un territoire ou bien d'y revenir et de s'en imprégner? Est-ce partie de soi, est-ce dans les chromosomes? Pourquoi?

La terre est grande et belle, je n'en connais que peu ou beaucoup... C'est toujours une question de point de vue et de moyens, mais aussi toujours je compare! Alors pourquoi ne pas comparer à son pays, celui de ses ancêtres, de ses origines? Mais nos origines sont-elles celle que l'on croit? Ou bien se forge-t-on ses origines en se fondant à ce qu'on aime! Tout n'est-il pas une question d'amour?

On peut être subjugué par le Grand Canyon, être amoureuse de New-York, mais l'amour avec un grand A, c'est Paris la superbe, avec ses avenues larges et majestueuses, sans rien de pompier, tout en finesse, en esprit, en modernisme cartésien, en classicisme spirituel!

Paris un soir de printemps au bord de la Seine, c'est aussi beau que l'Arno un soir lourd de l'été de Florence, mais c'est plus léger... L'est-ce plus? Certainement non! Mais c'est Mon Paris, celui où la chance nichée dans le malheur d'une guerre m'a fait naître! Celui que j'aurais choisi entre tous! La ville où l'esprit et l'amour se rejoignent...

On n'est pas raisonnable quand on aime. Il faut excuser ce vocabulaire sans doute excessif.

Quittons Paris alors, et flânons à travers douce France...

De Bretagne en Provence, d'Honfleur à Chamonix! Avec un détour pour Chartres et sa dentelle, pour le cloître à Moissac, pour la sobriété de Reims et l'humilité parfaite des abbayes cisterciennes! Retrouver l'espace d'une heure la foi de son enfance dans la pureté froide et étoilée d'une nuit de Noël en Provence éthérée par le chant pur des petites soeurs de l'abbaye du Thoronet...

Et puisque nous sommes en Provence, restons-y.

Quoi de plus doux que ces coteaux où le vin murit au soleil? Quoi de plus âpre que cette terre rouge et rocailleuse? Quoi de plus accablant que ce lourd soleil, cette chaleur écrasante ponctuée par le cri des cigales? Quoi de plus délicieux que ce ciel si pur, cette végétation généreuse? Quoi de plus sauvage que ce Mistral réveillé qui glace et nettoie? Quoi de plus chantant que cet accent qui traverse les temps et ravi l'oreille de la nordique que je ne veux plus être?

Chaque coin cache ses merveilles pour retenir plus longtemps, l'amoureux impatient parti à ta découverte!

Oh France, pays de mon enfance, de mes premiers regards conscients, toujours émerveillés...

J.G.

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Mes rouges sont des rouages

      Mes rouges sont des rouages, rouages contre la passivité, contre le ciel bas, contre le temps qui passe trop vite, contre une évidente impuissance face à ce mot qui revient trop souvent..

"C'est la vie"

 Je continue à peindre, je sais que cela a du sens, en tous cas , l'acte de peindre fait partie des choses humaines qui prennent du sens.

 Descendre dans la rue a aussi du sens..

Bref, descendre dans la rue ou monter dans l'atelier..?

flo ébauche

flo fond rouge-copie-1

150x120 acry sans marouflage

 2 états de Flo fond rouge

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journal de bord, vendredi 4 février 2011

 Y a des gens (et j'en connais) qui, lorsqu'ils doivent passer par un distributeur (ou un terminal), prennent carrément une grosse somme dans leur porte-monnaie. Après tout, pourquoi pas ? Ca leur évite justement d'être obligés de repasser à un terminal et de perdre du temps. Comme ils ont un certain sens de la gestion, ils s'organisent, mental'ment, pour répartir, durant cinq ou six jours, leurs dépenses en fonction de leurs besoins, de leurs élans.

 

Quant à moi ...

 

Je serais du genre à passer, à repasser, un nombre record de fois, dans des terminaux, quitte à prendre, à chaque fois, une somme très limitée. Et à me démerder, selon l'endroit où je me trouve, avec l'argent que j'ai en poche, à ce moment-là. Ca fait partie de mes repères, de mes sécurités mentales. Et je m'y retrouve. L'idée de prendre trop d'argent, au même moment, me donne l'impression de foutre mon fric à la poubelle, de dépenser inutil'ment, de me saquer, de m'arracher trop brutal'ment une dent.

 

Tout est dans la tête, on est d'accord.



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