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journal de bord, 10 février 2011

 Minuit ... passé de quelques minutes.

 

Une grève nationale est prévue à la poste, demain.

 

Retrouv'rai-je, dans quelques heures, mon PC et Internet, dans l'état où ils étaient, hier matin, avant que l'électricien ne passe ? Les lampes d'accompagnement retrouv'ront-elles leur sourire, dans la pièce principale ?

 

Objectiv'ment, je sais que oui. L'électricien passe vers 9 heures 30. Il me l'a encore confirmé, par GSM, y a quelques heures.

 

Dans les tripes, je suis plus confus. Je ne suis pas matérialiste, au point de ne jurer que par Internet. Mais ... l'idée, le sentiment d'être privé (même momentanément) de ... tout ce qui me donne accès à une partie du monde et de dépendre d'un autre (l'électricien ?) qui détient la clé ... oui, je me sens mal ... ai-je livré mon âme au diable ?

 

Et je ne dors pas.

 

"Elle t'a remis le bonjour", ai-je entendu, à un moment de la journée.

 

"Elle t'a remis le bonjour". La phrase trotte. La phrase s'enfouit sous mes pores, dans mon coeur. Elle me fait plaisir. Elle me réconforte. Elle me rassure ... quelque part.

 

Quand à "elle", qui me "remet le bonjour" ...

 

J'en déduis que la porte (chez elle) n'est pas (ou plus) fermée.

Je dirais même plus.

Si elle dit à une de ses amies (qui est aussi mon amie), en toute cordialité : "Remets-lui le bonjour" ...

Elle n'est pas dupe au point d'ignorer que l'autre amie me pass'ra la communication.

Elle sait aussi que je peux prendre l'initiative de la recontacter. Sans doute n'y est-elle pas indifférente. Sans doute le souhaite-t-elle. Sans doute le désire-t-elle. En cette période, du moins.

 

J'ai très fort envie de la revoir. Je connais trop bien la place qu'elle occupe dans mon histoire.

Et elle me connaît suffisamment pour supposer, deviner que ... j'ai très fort envie de la revoir.

Elle sait qu'elle m'a déjà fermé la porte ... vingt fois, cent fois, mille fois sur une échelle de ... vingt ans.

Elle sait (elle n'est pas bête, elle est fine) que si elle me rappelle directement, je pourrais figurer sur la liste des abonnés absents, que pourrais l'envoyer prom'ner, que je pourrais la traîner (même diplomatiqu'ment) dans la boue, dans la m..., et que je serais (encore) dans mon droit. Action-réaction, on se comprend.

 

Et je la connais, "elle", qui me "remet le bonjour".

 

J'ai quand même envie de la revoir, de savoir ce qu'elle devient. Je m'inquiète (encore) pour elle. J'angoisse (encore) pour elle.

 

Mais je connais le prix à payer si je l'appelle directement ou si je prends le risque de frapper à sa porte.

 

Tant qu'il me reste un souffle d'énergie pour m'orienter ailleurs, je garde mon cap.

 

Et je ne dors pas.

 

Le frigo s'active. La lampe de la cuisine fonctionne, elle. J'attends les premières lueurs de l'aurore. Du frascati, intact, partage sûr'ment, en haut du frigo, mon opinion au même moment. Paraît qu'un ministre français se trouve dans de sales draps, parce qu'il a logé, en Egypte, aux frais du président de la république locale. Plus d'oranges dans le panier en osier.

 

Neuf heures moins dix.

 

"Te remets pas trop en question !", m'a-t-on dit, dans mon dernier rêve.

 

Plus d'eau pétillante dans le frigo.

 

Et le ukélé résonne. Je me suis aperçu qu'on pouvait en jouer, tout en y attelant une lanière autour de la rosace (du ukélélé) et du cou.

 

Passé neuf heures.

 

"Les gens sont toujours faciles quand on sait les prendre", m'a dit, y a une paire d'années, mon frère.

 

Je l'ai souvent vérifiée, cette maxime. Avec tous les étonn'ments, toutes les satisfactions que ça engendre.

 

Maint'nant ...

Même avec la meilleure des volontés ...

Même avec l'esprit le plus positif ...

 

Il n'est pas possible, mathématiquement, de prendre la peine, le temps de "prendre en main" tous ceux que nous côtoyons, dans la même rue, dans le même bisto, dans la même bouch'rie, dans le même tram, tous les jours.

 

On n'a pas forcément envie de "prendre en main", "prendre avec soi" toutes les mains qui se tendent vers nous (même quand on a le temps).

 

Un soir, dans un resto (la s'maine dernière, je crois).

Je venais d'aller jouer au métro. J'étais content de m'asseoir quelque part, à une place où je trouvais un espace qui me conv'nait. Le futur repas allait canaliser un laps de temps bien défini pour un repos bien mérité. Et ... pour ne rien gâcher, je venais, encore une fois sur le vif, dans ce resto, de faire une chouette rencontre ... qui n'allait pas se limiter à un bonjour ni à un sourire de politesse.

Un monsieur (que j'ai déjà croisé dans les rues d'Etterbeek) arrive dans le coin, me reconnaît, me sourit, cherche une place et s'avance ... vers moi.

"Ca ne vous dérange pas que je m'asseye à côté de vous ?". Je lui réponds "oui" ; on est dans un lieu public, et ce monsieur est d'un abord courtois, souriant.

J'ai répondu "oui". Mais ... mon sang se glace. Rien qu'en apercevant ce monsieur. D'ailleurs, à chaque fois qu'il me croise, dans la rue, qu'il tente de me parler, je m'encours (c'est physique, c'est épidermique).

 

Et le monsieur commence, assis, dans le resto, à côté de moi, à me parler, à nouveau, le plus diplomatiqu'ment du monde, le plus social'ment du monde. "Tiens, y a un cabaret à Etterbeek ... vous n'y êtes jamais allé ?", amorce-t-il. Je sens que répondre "oui" ou "non", c'est déjà limite. Je sens un paquet de glu se répandre sur mes épaules (vais-je en ressortir, les membres atrophiés ?). Le gars essaie de poursuivre. Je reste bref dans mes réponses. Il finit, à la longue, par se retourner et plonger dans son assiette.

 

Je n'aime pas en arriver à ça.

 

Se respecter, quelle gageure !

 

Se respecter, quelle école !

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