"Moi, il me faut des tonnes de calins !", me disait, au temps où j'étais son p'tit ami (et me dit encore, quand le hasard me remet sur sa route), une de mes potesses les plus précieuses.
"C'est fou, quand on t'entend, comme on a envie de te donner des câlins !", m'a dit, récemment, à la sortie d'une soirée, une jeune conteuse, très très talentueuse, qui était la dernière à croire en elle et qui a pourtant tout pour elle ... et qui aimait bien mes chansons et qui avait particulièr'ment flashé sur une phrase, inclue dans l'une d'entre elles.
"C'est fou, quand on t'entend, comme on a envie de te donner des câlins !"
J'ai entendu mon coeur battre à du cent, du deux cents à l'heure. Et le mot est faible !
Je me suis surpris à lui répondre, le plus maladroit'ment du monde, le plus sincèr'ment, le plus humoristiqu'ment : "Ne me le dis pas deux fois, je risque d'être en demande !"
Je n'ai pas osé lui dire : "S'il-te-plaît, donne-moi-z-en un, quand même !"
Je me suis abstenu de lui dire : "S'il-te-plaît, donne-z-en-moi-un, quand même !"
Je me suis surtout abstenu de passer moi-même à l'action, de faire le premier pas. J'en étais pourtant à deux doigts.
J'avais si peur ... d'être mal reçu, d'être rembarré (même poliment, même gentiment).
J'avais si peur ... de gâcher, de briser un moment, un élan.
J'avais si peur ... qu'elle me juge, qu'elle ne me remarque plus la fois d'après.
Comme si, pour préserver l'estime, l'élan chez quelqu'un d'autre, on se devait de rester lointain, distant, inaccessible, fantômatique.
Comme si on se condamnait à devenir, par notre faute, transparent, banal, quotidien, dès que l'autre, en appel au départ, était comblé dans ses attentes.
Y a trois heures d'ici ...
J'ai ouvert les bras à une personne du sexe opposé ... qui en était enchantée ... et qui s'est blottie dans les miens.
Ensuite ...
Je lui ai ouvert les bras ... encore une fois, deux fois. A chaque fois, elle s'est réfugiée dans les miens, avec le même enchantement.
A un moment donné, je me suis arrêté. Je me suis dit "Hugues, mets tes limites !". Je me suis mis en route. Avec un objectif ... pratique : payer mes vir'ments. Avec, surtout, la peur incommensurable de m'être mis, sans doute, une fois de plus, la tête dans l'seau en ouvrant mon coeur.
Mais bon ...
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