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La Puce à L'Oreille (Le théâtre des Galeries)

12272726475?profile=original     Le Vaudeville ? Déjà Boileau disait de lui :

 

D’un trait de ce poème en bons mots si fertile,

Le Français, né malin, forma le vaudeville :

Agréable indiscret, qui, conduit par le chant,

Passe de bouche en bouche et s’accroît en marchant.

 

 

Très jeune, Georges Feydeau usa de bons mots et écrivit des pièces à rires pour échapper aux devoirs d’école, … avec l’assentiment paternel.  Il était heureux. En faire un moyen de subsistance changea toute l’affaire: le voilà coincé dans des structures  contraignantes desquelles il voudrait sans cesse s’échapper. Paradoxe, même si ses pièces sont drôles,  il ne rit plus. Il adore l’amour, paradoxe, il en mourra, veillé par Sacha Guitry. Mais ses pièces restent. Le genre peut paraître secondaire mais… il y infuse de l’esprit mordant et de la critique sociale, sans être aussi venimeux qu’Octave Mirbeau. Il dénonce cette bourgeoisie pétrie d’hypocrisie, de bassesses et de moralité fort complaisante.

 

Dans La Puce à L’Oreille, l’imbroglio inextricable  de quiproquos les plus burlesques et de situations les plus risquées, tourne à la folie!  La couleur de la puce? Puce me direz-vous ! Non, Verte ! Verte comme la jalousie, insidieuse, dévorante, dévastatrice.  Elle règne en maîtresse absolue, du valet,  au plus nanti des assureurs.

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Les patronymes sont exquis: Victor-Emmanuel  et Raymonde Chandebise, Carlos  et Lucienne Homenidès de Histangua, Romain Tournel : …Ris, Tournel !…. On n’y échappe pas !

Le Docteur Finache qui « soigne » aux sels d’ammoniaque. Notre illustre comédien Michel Hindericks joue avec brio, Augustin Ferraillon, chef de l'Hôtel du Minet Galant. Sa femme Olympe, tout droit sortie des peintures de Toulouse Lautrec...est interprétée avec délices par Laure Godisiabois et ses rires de gorge sont  inimitables. Les décors - de l’art nouveau à l’art galant -  ne sont pas en reste.

 

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Les costumes sont magnifiques et caricaturaux : un robe de soie fuchsia qui déambule dans un décor saumon, une autre robe couleur puce, taillée dans la même soie que  la nappe qui recouvre la table sous laquelle  d’aucuns devront se cacher pour échapper à d’embarrassantes situations. Les détails humoristiques fourmillent… Robes de chambres, chemises de nuit et bonnets,  livrées de valets et de séducteurs, coiffes de bonnes, l’embonpoint de l’espagnol, sommité de la jalousie féroce, tout contribue aux rires!

 

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Le comique du neveu Camille  qui ne peut prononcer les consonnes fait mouche malgré le procédé un peu gros quand même.   Image incontournable d’une  dégénérescence de caste? La farce sera à son comble si on ajoute le comique technique d’une chambre  galante qui s’escamote et présente  subitement l’image d’un pauvre hère hébété malade et  alité, ou d’autres situations coquasses. L’auguste personnage de Victor-Emmanuel semble atteint de delirium tremens. Le jeu des sosies… lui fait voir des fantômes et perdre toute notion d’identité. On ne se remet pas des accès de rire à répétitions, qui bien involontairement nous échappent, nous qui, d’ordinaire, allons  au théâtre pour les idées et les grands sentiments.

 

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Le spectateur est happé par cette pièce délirante et s’y trouve heureux. Un tour de force du texte et de son interprétation magistrale par cette troupe de comédiens magnifiquement rôdée.

 

Victor-Emmanuel Chandebise

Michel Poncelet

Raymonde Chandebise

Perrine Delers

Lucienne Homenides

Angélique Leleux

Camille Chandebise

Luc Gilson

Romain Tournel

Pierre Pigeolet

Augustin Ferraillon

Michel Hinderyckx

Olympe Ferraillon

Laure Godisiabois

Docteur Finache

Marc De Roy

Carlos Homenides de Histangua

Toni d’Antonio

Etienne

Jean-Paul Clerbois

Antoinette

Cécile Florin

Rugby

Benoît Strulus

Baptistin

Bernard Lefrancq

Eugénie

Marjorie Berger

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Mise en scène

Bernard Lefrancq

Décors

Francesco Deleo

Costumes

Ludwig Moreau

 

http://www.trg.be/Public/Page.php?ID=2686&ancestor1=2463&saison=2448

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Ton souffle filigrane

Maintenant que tu es là

Nos mains se retrouvent

Et nos yeux sont inondés de soleil

Tes baisers légers au coin de mes lèvres

Écartelés par la lumière

Mille et une feuilles

Ailes papillons dispersées dans l’éther

Ton souffle doux filigrane

Murmures du printemps

Mais bientôt les tilleuls seront en fleurs

Et les feuillages en petits cœurs

Fragrances d’éden et la joie demeure

Oui il y a de l’âme encore

 

04/04/11

Nada

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de la lumière pour les morts

Je m'envestis dans la tourbe.

 Ce millieu hostile, en tout cas stérile.

 J'ai le souvenir de ce terrain enfoncé au creux de moi-même. Humus enchorgné, fumet acide ou si peu de choses parviennent à s'épanouir.

(des lumières vivantes pour les morts)

 phrase issue du livre de Johan Theorin

 50x50 acry sur toile avec marouflage

gegout©adagp 2011

tourbière marouflée

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journal de bord, lundi 4 avril 2011

Rue de Vergnies.

 

Y a du linge sur les balcons.

 

Chaussée d'Ixelles.

 

On a baillonné une boîte aux lettres.

 

Rue des Champs-Elysées.

 

Des roses dépassent un grillage. Un chien gronde dans les parages.

 

Place Flagey, juste avant dix-sept heures.

 

Des tables jaunes. des tables bleues.

 

En Côte d'Ivoire, dse émeutes commencent. La Libye pass'rait-elle déjà le relais ?

 

Sur Internet, ma page "yahoo" cale toujours ... trois fois sur quatre. Aux avancées de la nuit, y a parfois un semblant de relâche.

 

Rue de l'Ermitage, 48.

 

J'ai récupéré, au dessus des boîtes aux lettres, du courrier adressé à la ... rue des Champs Elysées, 48.

 

"Ils savent pas lire ?", me demanderont les clients.

J'ai envie d'abonder dans leur sens.

Mais je sais aussi que ...

 

Les facteurs remplaçants, dans le nouveau système, n'ont plus le temps d'être formés au métier (comme j'ai encore eu la chance de l'être, en 1989, quand je suis entré à la poste). Au bout de trois jours (parfois moins), on les envoie déjà sur le terrain. Quand je suis entré à la poste, l'initiation durait trois semaines (par certains points, c'était déjà insuffisant, mais bon ...).

 

Avant, le système de tri, sur les tournées, fonctionnait ainsi : les casiers, bien distincts, étaient répertoriés par rues. Et non par numéro.

Je prendrai un exemple symbolique, en partant de la tournée que j'accomplis : un casier disait "chaussée d'Ixelles, 324 à 290",un autre casier disait "rue de Vergnies, 1 à 21". Et ainsi de suite. Dans la dynamique de travail, on regardait d'abord le nom de la rue, avant de s'attarder au numéro.

Aujourd'hui, le système de tri, sur les tournées, fonctionne ainsi : y a plus de casier. La tournée est représentée du début jusqu'à la fin, chaque numéro de maison est séparé de l'autre, les différentes rues sont illustrées par des couleurs. J'avoue que ... je préfère ce système-là, il me paraît plus précis que l'autre. Mais rendons-nous à l'évidence : comme chaque numéro est isolé, l'attention envers le numéro prime. Pas étonnant que, tout en mémorisant le numéro, on se trompe parfois de rue. Moi-même, qui ai du métier, qui connaît ma tournée, mes clients, quand je me retrouve le matin, avec parfois plus de huit bacs à trier, quand on sait que le temps de tri est limité, qu'on doit garder un rythme, je me trompe aussi de rue, quand je prépare le bazar, au matin. Bien entendu, en tournée, je rectifie le tir : les noms des clients, sur les lettres, sont suffisamment explicites ...

 

Dix-neuf heures trente.

 

Je n'irai pas coucher tard.

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Petit survol de la gravure en Belgique

L'estampe a connu dans nos provinces une production ininterrompue du quinzième au dix-huitième siècle et son rayonnement s'est étendu bien au-delà de nos frontières; mais, comme chez nos voisins du Nord et de l'Est, le dix-huitième siècle constitue une période creuse, sans histoire.


L'Essor de la lithographie

Lorsque la Belgique accède à l'indépendance en 1830, la lithographie est déjà présente mais depuis peu. Un des frères d'Alois Senefelder (1771-1834), l'inventeur de la lithographie, fait les premiers essais à Bruxelles. Charles Senefelder annonce même des cours de lithographie et leur publication dans un volume vendu par souscription au prix de 15 F. A partir de là, d'autres ateliers ouvrent à Bruxelles, et, en province, à Mons, Tournai et Gand.
Après avoir réalisé des planches de voyage, Jean-Baptiste Madou (1796-1877) aborde le portrait et représente avec succès les événements de la jeune nation. A ses côtés, d'habiles praticiens produisent une abondante imagerie sous forme de romances, keepsakes et autres albums lithographiques qui sont faits pour être feuilletés en famille, le soir sous la lampe, dans la chaleur intime du salon: Henri Vander Haert (1790-1846), Charles Baugniet (1814-1886), Joseph Schubert (1816-1885), Paul Lauters (1806-1875), Charles Billoin (1813-1869), Gustave Simonau (1812-1870), Théodore Fourmois (1814-1871), François Stroobant (1819-1916), Eugène Verboeckhoven (1798-1881) et d'autres encore.
En 1856, paraît à Bruxelles le premier numéro d'une publication satirique, fondée par quelques jeunes écrivains sous le titre Uylenspiegel, journal des ébats politiques et littéraires, ornée d'une ou de plusieurs lithographies originales. C'est là que Félicien Rops (1833-1898) fait ses premières armes, compositions qui se distinguent par leur qualité, comme Tête de vieille anversoise, Un monsieur et une dame, et l'Enterrement au pays wallon. Mais Félicien Rops revient vite à l'eau-forte dont les possibilités et l'esthétique lui conviennent mieux.


La renaissance de l'eau-forte

En réaction contre la mièvrerie et le caractère léger de la gravure anecdotique fin dix-huitième siècle, le burin, instrument noble, qui avait si bien servi l'art du dix-septième siècle, est repris, perfectionné et retrouve une nouvelle jeunesse en renouant avec la tradition rubénienne. Ce réveil est cautionné par Luigi Calamatta (1801-1869), graveur italien installé à Bruxelles, en 1836, qui forme des élèves alors fort applaudis mais oubliés aujourd'hui. Auguste Danse (1829-1929) est le dernier représentant de cette école.
L'épanouissement de l'école belge de peinture après 1830 est l'oeuvre de Henri Leys (1815-1869). Il réhabilitel'eau-forte originale et peut être considéré comme le chef de file de l'école anversoise moderne. Les eaux-fortes de Leys dégagent une force de suggestion qui le hausse au niveau des grands maîtres. Pourtant, l'artiste ne mesure pas toute l'importance qu'à son oeuvre gravée, à moins que, comme Manet, il ne la prenne pas au sérieux. A côté de lui gravitent des peintres venus à l'eau-forte: Jozef Linnig (1815-1891), Egide Linnig (1821-1860) et Jan Stobbaerts (1838-1814). Fils du peintre Ferdinand De Braekeleer (1792-1883), neveu et élève de Henri Leys, Henri De Braekeleer (1840-1888) voit sa carrière de graveur se dérouler parallèlement à celle de peintre, simplement et aisément. Ses estampes sont comme ses tableaux des impressions fidèles, naïves de la nature, sans aucun des raffinements que procurent les artifices de l'impression propres à l'époque.
La carrière de James Ensor (1860-1949) aquafortiste est très courte. Elle commence en 1886, alors qu'il a vingt-six ans, pour se teminer en 1904 avec La plage à La Panne. Par respect pour sa mémoire nous passons sous silence les dernières planches d'une pauvreté déconcertante. Ce fulgurant parcours est un véritable feu d'artifice; en moins de vingt-six ans il grave cent vingt-neuf cuivres dont vingt-deux sont d'authentiques réussites.
A la fin du dix-neuvième siècle de nombreux artistes travaillent en Belgique en dehors de l'influence de James Ensor ou des écoles du Nord; c'est le cas d'Hippolyte Boulenger (1837-1874), Alfred Verwée (1838-1895), Adolphe Hamesse (1849-1925) et Charles Degroux (1825-1870).
L'école anversoise, toujours vivace, arrive en 1914 avec des talents et des promesses, mais la majeure partie des artistes se réclame toujours de Henri Leys et de Henri De Braekeleer, malheureusement sans renouveler son expression. Jakob Smits (1855-1928), un Hollandais installé en Campine, dans une simple maison de paysan, construit lentement, parallèlement à sa peinture, gauchement, son oeuvre gravé sans aucune formation technique, avec des moyens plus que limités. Autodidacte, il a trouvé en lui les ressources nécessaires pour rendre, sans aucun recours à l'impressionnisme, la vie et la lumière du ciel campinois. Son exemple n'eut pas de suite à l'exception de Dirk Baksteen (1886-1971) qui ne retint malheureusement que le côté extérieur de cette oeuvre toute intérieure et se répéta dans la représentation des calvaires ou des fermettes campinoises.
En feuilletant les estampes de Jules De Bruycker (1870-1945), on est frappé par son ampleur exceptionnelle, sa réalisation technique et surtout par l'esprit particulier qui l'imprègne dans la tradition de Brueghel; malheureusement l'anecdote des sujets et les tics d'écriture provoquent la lassitude.


L'Expressionnisme en estampes

L'expressionnisme qui s'est épanoui en Europe après le premier conflit mondial, s'est réalisé parfaitement chez nos peintres et plus particulièrement dans le groupe de Laethem-Saint-Martin. Gustave De Smet (1877-1943) et Jean de Bosschère (1878-1953) ont conçu dans cet esprit de belles estampes. Néanmoins, le pionnier de cette tendance dans notre pays fut Albert Servaes (1883-1966) qui l'annonçait déjà avant 1914 et qui a signé d'étonnantes lithographies. Toujours dans cette ligne, mais tempérés par l'esprit de Laboureur, Floris Jespers (1889-1965) et Joris Minne (1897-1988) s'imposent à notre attention. Ce dernier, fortement discipliné par son appartenance au Groupe des Cinq, est avenu plus tardivement au burin et à la pointe sèche où il a pu donner libre cours à son inspiration.
L'influence du néo-impressionnisme français et la personnalité d'Ensor ont conduit plusieurs artistes à employer la lumière comme élément constructif de leurs estampes; c'est ainsi que Théo Van Rysselberghe (1862-1926) a gravé des paysages où les traits sont petits et courts comme les touches de couleurs surs des toiles de Seurat. Dans la même ligne s'inscrit Rik Wouters (1882-1916), autodidacte pour qui seul compte le trait et pour qui les procédés savants ou les trucages d'impression n'existent pas. Ses compositions sont remarquables par la sûreté de la pointe qui mord le métal et qui donne une impression de noirs et de blancs très purs.


Le renouveau de la gravure à Liège

Parallèlement à la gravure anversoise renouvelée sous la houlette de Henri Leys et Henri De Braekeleer, à Liège, Adrien de Witte (1850-1935) prépare l'essor de la période moderne dans la tradition des Coclers, Natalis, de Bry, Lombard et Suavius. Adrien de Witte traduit fidèlement, sincèrement tout ce qui est plastiquement réalisable, avec un souci de justesse jamais défaillant.
A cet isolé succédera un groupe de disciples qui formera le noyau de l'école liégeoise de gravure au 20e siècle. Le plébéen François Maréchal (1861-1945) est le graveur par excellence, au réalisme intransigeant allant jusqu'à reproduire avec une tenace fidélité, certains décors connus. Son métier puissant et incisif lui aurait permis d'être un maître de l'estampe moderne s'il ne lui avait manqué le goût et la sensibilité indispensables. Armand Rassenfosse (1862-1934), intellectuel et dilettante distingué, aux goûts littéraires prononcés, a produit une oeuvre considérable au cours d'une longue et féconde carrière artistique. Elève d'Adrien de Witte, ami et disciple de Félicien Rops, il a longtemps subi son influence dont il ne s'est affranchi qu'après 1910. Souvent oublié comme graveur, le fougeux peintre de l'Ardenne, Richard Heintz (1871-1929), refusa tout autant le legs de ses aînés que l'enseignement académique. Indépendant jusqu'à la sauvagerie, il libéra la peinture liégeoise des contraintes traditionnelles et son action s'étendit également au domaine de l'estampe par quelques eaux-fortes magistrales qu'il jeta rapidement sur le cuivre sans s'embarrasser de technique. Plus près de nous, Jean Donnay (1897-1992), Georges Comhaire (1909), Roger Thomas (1912-1978) et Emile Hougardy (1899-1981) ont entretenu la pratique du beau métier et l'amour de la culture littéraire.
Pour terminer ce panorama de la gravure liégeoise, citons Auguste Mambour (1896-1968) dont le crayon lithographique puissant a dessiné de remarquables études africaines et Joseph Bonvoisin (1896-1960) qui exprime dans ses burins d'une technique irréprochable, un sens philosophique à la fois esthétique et mystique.


Renaissance de la gravure sur bois

La gravure sur bois qui a produit des chefs-d'oeuvre au seizième siècle, brilla d'un dernier éclat, au dix-septième siècle, avec Christoffel Jegher, l'interprète privilégié de Rubens, puis déclina devant le travail plus fin et plus nuancé de la taille douce. Cependant, le bois n'avait pas totalement disparu car il était toujours apprécié dans l'art du livre où il fournissait bandeaux, culs-de-lampe et vignettes d'ornementation. De son côté, l'image populaire restait fidèle au bois gravé colorié, principalement à Turnhout, centre de fabrication de la carte à jouer.
Il faudra attendre l'impulsion du groupe Lumière* avec le dynamique Roger Avermaete (1893-1988) à Anvers, sa revue, ses publications et ses expositions pour révéler la gravure moderne sur bois dans notre pays. C'est en effet au sein de ce groupe que se rencontrent Frans Masereel (1889-1972), travaillant à Genève, Jan-Frans Cantré (1886-1931) de Gand, Jozef Cantré (1890-1957), installé à Blaricum aux Pays-Bas, Joris Minne (1897-1988) et Henri van Straten (1892-1944) d'Anvers. Les peintres de Flandre s'enthousiasment pour ce nouveau procédé, mais il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, beaucoup renonçant après quelques tentatives, cas de Fernand Schirren (1872-1944), de Jos Albert (1886-1981) et de Floris Jespers (1889-1965). Il faut aussi parler des artistes honnêtes dont les conceptions esthétiques datent quelque peu, comme celles d'Albert van Holsbeeck (1877-1948), d'Emile-Henri Tielemans (1883-1960), Albert Droesbeke (1896-1929). Il y a aussi les marginaux abstraits, tels Karel Maes (1900-1974), Pierre-Louis Flouquet (1900-1967) et Marcel-Louis Baugniet (1896-1995). Il y a enfin des graveurs occasionnels qui réalisent leurs bois avec des yeux de peintre, sans se rendre compte que ce procédé possède ses lois propres, comme Jean Brusselmans (1884-1953), ou qui retiennent l'attention par la valeur du dessin et de la pensée, ce qui vaut pour Felix Timmermans (1889-1947) et Max Elskamp (1862-1931).
Tous ces travaux sans liens apparents ont pourtant une caractéristique commune: l'influence prépondérante des artistes flamands et, corollaire, l'influence insignifiante de l'étranger. Leur conception est très pure et très simple à la fois: les traits en réserve et les aplats blancs s'inscrivent sur la surface noire du bois ou du lino, mais ne rompent jamais la forme du bois. Elle ne découle d'aucune théorie et n'est issue d'aucun groupe: elle s'est imposée lentement à des artistes comme Masereel, les frères Cantré, Minne et van Straten qui, tous, constituent un fleuron de l'art graphique belge.
Après l'austérité et l'intransigeance du Groupe des Cinq, une réaction s'amorce chez les jeunes xylographes, qui conduit à un mode d'expression plus nuancé, reprenant les conceptions esthétiques de Victor Delhez (1901-1985). Ce mouvement s'est développé à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts d'Anvers sous l'influence de deux professeurs, Mark Severin (1906-1987) et Maurice Brocas (1892-1948). Maladroit et naïf, Edgard Tytgat (1879-1957) échappe aux classifications. Autodidacte, il peint et grave comme il respire et n'écoute jamais que sa fantaisie personnelle, pleine d'une humanité profonde, agrémentée d'un humour bon enfant, parfois coquin. Il introduit la couleur dans ses planches qu'il imprime lui-même à la manière des anciens avec des pigments liés au blanc d'oeuf.
Si la xylographie n'a pas toujours réussi aux artistes abstraits, les techniques de la taille douce ont permis à René Mels (1909-1977) de s'exprimer pleinement en prenant ses distances vis à vis de la nature et du visage humain et en utilisant des moyens puissants pour creuser le métal en vue de donner une troisième dimension à ses estampes formées souvent d'assemblages de pièces métalliques travaillées et encrées en couleurs.
De son côté Luc Peire (1916-1994), avec la lithographie comme avec la taille douce, édifie ses rythmes par une opposition des surfaces rectangulaires aux lignes verticales du dessin. Enfin Raoul Ubac (1910-1985), au métier sobre, ayant le goût de l'artisinat et de la belle matière, s'exprime aussi bien par le burin que la lithographie, mais il taille également des ardoises dont il tire des empreintes, et le gentil Jean-Michel Folon (1934) dessine des images tendres.


Une nouvelle technique: la sérigraphie

Le développement de la sérigraphie aux Etats-Unis a crée un nouveau style issu du pop'art qui a connu un certain succès chez nous. La sérigraphie a permis également aux peintres, généralement abstraits, de s'exprimer plus facilement en multipliant les essais: Jan Burssens (1925), Jo Delahaut (1911-1992), Jean Milo (1906-1993), Jean Rets (1910-1998), Marc Mendelson (1915) et Gaston Bertrand (1910-1994).


Les graveurs se réunissent

Avant de clore cette introduction, il est nécessaire de rappeler l'influence qu'ont eu les sociétés d'artistes sur l'évolution des arts graphiques. Avec la renaissance de l'eau-forte, plusieurs associations se formèrent pour promouvoir cet art à la mode. En 1862, A. Cadart et A. Delâtre créèrent, à Paris, la Société des Aquafortistes qui édita tous les grands artistes français de l'époque, ainsi que des étrangers dont quelques Belges. Devant le succès rencontré par cette réalisation, Félicien Rops (1833-1898) fonde, à Bruxelles, la Société internationale des Aquafortistes* avec pour objectif, rénover l'eau-forte belge et mettre en valeur un art moderne en réaction contre l'Ecole anversoise et les milieux officiels. En outre, il désirait faire de cette société le rendez-vous des graveurs internationaux. Dans un petit pays comme le nôtre, ce projet ambitieux et quelque peu farfelu n'avait aucune chance d'aboutir; néanmoins on voit paraître, dès 1875, les albums d'estampes Cahier d'études de la Société internationale des Aquafortistes*. Pour pallier le manque de collaborateurs, principalement étrangers, et le désintérêt du public, Félicien Rops livre des eaux-fortes sous les pseudonymes de Niederkorn et William Lesly. Feu de paille, la Société à bout de moyens financiers, privée de son mécène, Félicien Rops parti pour Paris, cesse ses activités malgré la protection de la Comtesse de Flandre (1845-1912), elle-même artiste.
En 1870, A. Siret, directeur du Journal des Beaux-Arts à Bruxelles, décida de donner en prime à ses lecteurs un album de dix eaux-fortes: Album du Journal des Beaux-Arts, renfermant les travaux d'artistes de renom, ainsi que de jeunes talents choisis par un concours: Franz Stroobant (1819-1916), Léon Dansaert (1830-1909), Charles Degroux (1825-1870), Rik Schaefels (1827-1904), Félicien Rops (1833-1898), Liévin Jacquelart (1820-1870). Le dernier concours du Journal des Beaux-Arts eut lieu en 1883, marquant ainsi la fin de cette initiative.
Fondée en 1881, la Société des Aquafortistes anversois* (Vereniging van Antwerpsche Etsers) limite le nombre de ses membres à 40, dont les trois quarts doivent être des artistes, parmi lesquels on retrouve la Comtesse de Flandre. La Société a publié annuellement pour les souscripteurs un album d'estampes d'artistes en renom: François Lamorinière (1828-1911), Charles Verlat (1824-1890), Theodoor Verstraete (1850-1907), Charles Mertens (1865-1919), Jules Guiette (1852-1901), Piet Verhaert (1852-1908)…
Bruxelles, à son tour, veut intervenir dans le renouveau de l'eau-forte et constitue, en 1887, la Société (royale) des Aquafortistes belges* sous la présidence de la Comtesse de Flandre et avec le concours des milieux officiels. Sur le modèle de la Société anversoise, elle publie, chaque année de 1887 à 1891, un album d'estampes destiné aux souscripteurs: Albert Baertsoen (1866-1922), Emile Baes (1889-1953), Louis Titz (1859-1932), Armand Heins (1856-1938).
En 1924, H. Liebrecht et Emile-Henri Tielemans (1883-1960) fondent la Gravure Originale Belge* qui a publié, jusqu'en 1939, 11 albums d'eaux-fortes et de bois gravés par ses membres: Dirk Baksteen (1886-1971), Jan-Frans Cantré (1886-1931), Maurice Langaskens (1884-1946), Armand Rassenfosse (1862-1934), Victor Stuyvaert (1897-1974), Walter Vaes (1882-1958).
Enfin, en 1964, est fondé, à Bruxelles, le groupe Cap d'Encre*, réunissant sept graveurs: Pierre Alechinsky (1927), Marc Laffineur (1940), Gustave Marchoul (1924), Jules Lismonde (1908) et André Toussaint (1923), avec pour but la promotion de la gravure de qualité par des expositions, des éditions et l'aide aux jeunes graveurs par la diffusion de leurs oeuvres. Le plus important d'entre eux, Pierre Alechinsky (1927), défenseur de la pensée libre et de la création spontanée, ami de Christian Dotremont (1922-1979) avec qui il a réalisé des travaux communs, s'exprime ainsi: "Au départ il n 'y a rien, au départ je ne sais rien, je n'ai aucune information sur moi-même. Après coup, il y a tout... souvent cela appelle des compléments d'information, sous la forme de notations marginales ou d'autres textes clarifiant, par contraste ou concomitance harmonieuse le motif central". L'aîné du groupe Jules Lismonde, est un dessinateur exclusif, un abstrait absolu dont la rigueur est tempérée par les tons qui vont du noir au gris le plus délicat, par la qualité des papiers et l'élégance des graphismes. En 1966, le groupe s'est adjoint un jeune artiste de valeur, Gabriel Belgeonne (1935), amoureux du beau métier, de la taille propre et pure, des rythmes éternels.
Nous terminons ici, car il est très difficile d'apprécier ses contemporains par manque de recul d'abord; en outre, ils sont en pleine évolution et ceux qui à vingt ans promettent beaucoup peuvent ne durer qu'un feu de paille par manque d'inspiration, par contre d'autres tâtonnent et sont lents à trouver leur voie.
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poete du dimanche

FESTIVAL DE LA POESIE FRANCAISE




Jeu de mots







Quels sont ces gens
Qui comptent
Leurs syllabes
Et coupent les mots
En pieds
Pour faire plus beau ?
Pied bot

Devant ces crimes
Mes idées fuient au galop
O Cupidon
O raison
Funeste oraison

Idées poinçonnées par
L’horloge rythmique
Ma pensée dit :
Non ! À la rime pénitentiaire
Non ! À la rime galère
Non ! Au génocide d’idées
Elle RECLAME droit de Cité

Devant l’Inquisition
Des Beaux Esprits
Le poète comparaît
Inquiet

La rime en bataille
Il craint le fouet mais
Sur une page
Blanche
S’étale sa…rébellion
Et, en boustrophédon
Oh ! Oh !
Nous lisons :
Je ne suis pas un fabliau
Je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche,
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Il connaît, ce poète
La vigueur des « maux »
Il en sait toutes les nuances
Pourtant, frôlant
L’impertinence
Il clame toujours
Plus haut :

Je ne suis pas un fabliau,
Je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche,
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Il y a les mots discours
Que l’on n’emploie pas tous les jours :
Drôlichons, abscons
Les mots « faubourg »
Les mots tendres
Qu’on aime entendre
Tous les jours
Mots
TROUBADOURS

Il y a des mots-porcelaines
Mots de Qu’on bourre
Mots sujet
« Qu’on sonne » !

Point n’est besoin
De mots vulgaires
Ainsi, la soupe
Devient
Velouté et
La « patate »
Pomme de terre
Nous acceptons la pomme frite

Toutes ces dames de se pâmer, de dire, de raconter

« Il se trouve un jardinier
Un peu sot
Bête, serait le mot
Il se nomme, voyons ?
C’est trop fort !
Attendez, que cela me revienne !
Attendez donc, encore
Oui, oui c’est élémentaire
Il s’appelle Voltaire

Ciel ! Voltaire, dites-vous ?
Ne serait-ce point ?
Si, Si
Mais encore ? Celui qui ?
Lui-même ! Vous dis-je
Il désirait,
Ma chèèèère,
Je vous le donne en cent,
Je vous le donne en mille,
Il désirait
Cultiver, CANDIDEMENT,
Son jardin
Quel manant !
Mais si mais si,
La chose est vraie,
La chose est sûre

Laissons donc ces petites gens
Arroser, suivant la coutume l
Leurs légumes
Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche j’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Tel mot bâtard
Me plaît beaucoup
Il ne vient de
Nulle part mais…je m’en fous
Il me charme et
Voilà tout

Tels mots sont équivoques
Ainsi vers, verres, vert
Vous exigez des vers à soie
Des verres pour soi
Moi ? Je désire
Des vers à moi
Il vous faut des verres
A vin
Pour y noyer
Votre chagrin
Moi ? Je veux mes vers LIBRES
Hybrides

Je ne suis pas un fabliau, je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche,
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Je n’aime pas les
Mots labeurs
Issus de pleurs
Mots crucifiés telles des
Idées fixes
Mots coulants
Mots brûlants
Mot CROISES
Soldats de ma
JERUSALEM

Mots pieux
O Dieu !
Odieux
Olivier, Mont, Père !
Pitié, pitié pour eux

Le Verbe s’est fait
Chaire-chair
Tabernacle
PENSEE CALVAIRE
En vérité je vous le dis

Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau, je suis poète du dimanche, j’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Il va ce poète récitant ces mots
Egrenant son rosaire
Jusqu’au tombeau
Ces méchants vers
Valent bien
Vos PRIERES

Il va
Cherchant le
REFUGE
Pour l’ETERNEL TRANSFUGE
Morceau de LUMIERE
Sur TERRE
Ave ! Ave !
LE VERBE EST PARMI NOUS

JE SUIS CELUI QUI EST

Les Grands Inquisiteurs
Rient aux éclats
Mais Qu’est-ce donc ce charabia ?

Celui qui est ?
Celui qui est !
C’est court
Bref
Pas clair du tout
Je suis celui qui est ?
Impossible
Même dans le livre des livres
Nous ne te trouvons pas
Alors ! Dis- nous

Où ?
Quand ?
Comment ?
Pourquoi ?
De quoi s’agissait- il encore ?
D’UN VERBE
TORTURE A MORT !

Y a-t-il ; longtemps de cela ? Etes-vous certain que j’étais là ?
Que je le savais cela a-t-il été prouvé ?
Vous dites ?
Je ne comprends pas
Depuis longtemps ! Ah bon !
Depuis toujours !
Savais pas ; Non, non
Encore au temps présent
Et au Futur aussi
Sans conditionnel possible
C’est un Impératif !
JE SUIS CELUI QUI EST
Mais
Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau, je suis poète du dimanche
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Les verbes se font chers ma chère
Non…cher mais CHAIRE très chère !
Le croyez-vous ?
Et vous ?
Elle rit :
Hi ! Hi !! Hi!
Hou ! Hou ! Hou !
Parmi nous !
A mort Barrabas
Vive le VERBE
A ce cri le poète
Evanoui
Revient à nous
Revient à lui

J’ai fait un rêve horrible Imaginez-vous j’affirmais
« Je ne suis pas un fabliau, je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche, j’aime jouer avec les mots, les faire rouler hors des enclos.

andree colon
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ADIEU 1

Adieu 1

PB est seul dans sa chambre et travaille dans le plus grand des silences possibles comme tous les matins





Il déposa son revolver devant lui et en caressa la crosse



Il n’est pas réellement angoissé ni franchement déprimé. Il se pose la question du « Pourquoi vieillir ? « Pas du « Pourquoi mourir ? » Mais du « Pourquoi vieillir ? » Il lui paraissait tellement évident que plutôt que de supputer le moment, l’heure, le jour de sa mort Il serait infiniment plus sage plus serein et pour tout dire plus logique de Prévoir » Tout est là. « Déterminer » sa mort. « Choisir » le moment du suicide. Mot tabou, défendu : « Suicide » mot étrange, à l’oreille il est vrai mais,, plus encore à écrire Lui, au contraire, le calligraphiait « suicide, » Délivrance, acte ultime d’autonomie. Echapper à la « Terreur des Blouses blanches » , à la chosification, aux numéros matricules qui jonchent notre vie. Depuis l’heure de notre naissance jusqu’à celle de notre suicide enregistré face à un numéro. Suicide : Evasion devant les hospices et autres joyeusetés pour « petits vieux », en attente de cessation de vie. Suicide : Appel au secours disent les « Psychoses » qui savent toujours tout, sur tout. Oui vous avez raison, oui, voyez comme la vieillesse m’a bonifié Je suis tout ouï…. oui, oui,
La possibilité du suicide lui rend la vie tolérable.

Le temps des larmes s’assèche quelque peu, Vient, à présent, le Temps du vide, de l’inoccupé, de la vacance non voulue.
Il ferme les yeux et se souvient Le coin de la rue où, tous les vendredis, il refaisait le monde avec son ami Bob Encore un qui sait laisser mourir plutôt que de supporter l’imbécillité du monde des soignants Bob qui a refusé sans rien dire ! ! ! ! D’être infantilisé bêtifié à plaisir
Il s’est levé sous l’emprise d’une émotion soudaine Il sifflote dans sa chambre, fait celui qui ne sent rien tandis que ses pensées, clandestines, frappent à la vitre du souvenir, passent à l’assaut des «convenances » se déversent en grandes coulées chaudes sur ses joues, Il se fait un Musée, se remémorant, engrangeant son passé au plus vite de crainte que les contours de l’être aimé ne se difforme. Il comble, à la hâte, les blancs, au-dedans, pour avoir une histoire, son histoire à raconter « chantefable » qu’il répète à satiété
Depuis des mois, depuis des jours, peu à peu, il entre dans la zone
» Détachement » Il donne ses affaires, ses vêtements, ses jeux, ses livres, pour faire de la place, dit-il ; On applaudit à cette initiative car … Quel boulot pour la famille quand un vieux meurt Quel fatras ! Pourquoi garder toutes ces vieilleries ? Quel capharnaüm ! Des tas. Comme vous faites bien d’être prévoyant, lui assure son Aide familiale ! Il prévoit son testament de vie. Prévoit le don de son corps à l’ULB COMPRENDS QUE LE MORT c’est lui. Il se dit adieu, se dépouille peu à peu de tout ce qui lui semblait important il y a encore peu Il s’en va au-dedans, à l’insu de tous, il part sans crainte ou si peu. Il est disponible, toujours présent. s’écoute sans fin…sans faille se blottit dans ses « couplets » dans ses « refrains » Je faisais, je disais, j’ai pensé, je, je, je. Il se laisse aller dans l’eau du Styx où, invulnérable à la morsure du souvenir il glisse. Il s’imagine la pièce entre les lèvres pour le Grand Voyage Il prit son manuscrit
« Apollon, dieu de la musique, de la poésie, de la connaissance Apollon méconnu, dieu de la divination guide mes pas ;
Mène--moi à la lumière du Parnasse. Vois la pièce entre mes lèvres. Offre-moi, oui, offre--moi le Fil d’Ariane pour le voyage initiatique et laisse-moi m’asseoir dans l’Olympe. Poebus, fils de Zeus, n’ai-je pas payé tribu ? Reçois-moi ; l’AUSPICE en est favorable. »
Il referma son livre ; déposa son revolver devant lui et en caressa la crosse
« Questions pour un champion » battait son plein. La TV faisait son « ronron »
Il songea à son Lancelot du Lac, messager dépositaire de ses amours clandestines Chloroformé à la souffrance, le voici dans un brouillard épais, dans une indifférence bienheureuse. Il écrit ces lignes, les dernières ; il le sait, il s’en est fixé lui-même le nombre 500 pages, cinq cents pages bien torchées. Et pfft…
Il nota Les psy ne supportent pas d’être remis en question Il sourit avec cynisme Depuis le temps qu’il s’en fout. Il paie pour qu’elle fasse semblant d’écouter, de l’écouter et, c’est ce qu’elle fait. Il nota encore Les psy se présentent comme des courroies de transmission entre le monde onirique et le monde réel Psys Télescopes avides d’images, ils prennent, voient, regardent, écoutent, plus encore imaginent… Déduisent avec hardiesse ce qu’on ne leur dit pas. Le non-dit l’éloquence du « non-dit » Ils Savent ! Ils sont Freudiens, Lacaniens Ils sont Nostradamus de notre avenir. Il nous faut être, étoiles bien rangées dans la galaxie, le système ! ! « Rangé » tel est le mot clef Nous voici ; ankylosés de l’analyse, le fantassin de l’explication tous azimuts qu’on nous dispense à gogo car, ils expliquent, argumentent nous poussant, gentiment, vers la chronicité. Nous sommes d’un bon rendement allez. ! Nous représentons le montant de la Maison de demain, les études des enfants, de leurs enfants bien évidemment
Depuis une bonne demi-heure « Neurone » lui parle plutôt lui récite les Romantiques, le Parnasse, les Symbolistes. « Neurone », encore un qui se prend pour un intellllectuellll…. Il écoute à peine ce merdique, ce buveur d’encre ce « Neurone » Il dit : « Oui » bien civilement Il est « ailleurs d’ailleurs » habité d’un grand tapage intérieur ; ramdam de réflexions ; Il note à la hâte
« Tout gueule en moi. « Je ne suis que cela, « une Plume une machine à produire du texte » Je suis un bogue de programmation une erreur, un hiatus. Je suis tout sauf, moi. On veut tout de moi. Je peux, je dois écrire sur tout, surtout, sauf, sur moi. « Et, sans rien dire, toujours souriant, joyeux, plein d’entrain, Je lève le FOC pour le sublime et chimérique dialogue. Voyage fantasmagorique
« Sens interdit, sans interdit » J’échouerai au rivage de l’impossible, de l’incohérence Je ne me recrée plus. Aide-moi, Zeus, j’ai mal à mon âme El était mon ellipse. El était spirale, volute, méandres
El était dangereuse ! Pour qui ? Dangereuse pour quoi ? C’est défendu ! Par qui ? Pourquoi ?
Il se regarde souffrir, il se souvient d’avoir eu si mal, d’avoir été
« Très mal » , comme on dit. Il s’étend, se raconte, se prolonge comme une ombre. Il, s’écoute, s’observe dans le creuset du jadis Il songe, s’étale comme un fruit trop mûr
Il la revoit. Il sourit C’est loin, très loin ! Le Temps passe rythmé par le balancier de la peur Il reprend son revolver, le guidon n’est pas droit remarque-t-il, contrarié.



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Jambes : un peintre du « Grand Dérangement » à la Tour d’Anhaive
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Les vacances de printemps arrivent… l’occasion pour vous de découvrir ou redécouvrir une exposition consacrée aux huiles récentes du peintre louisianais Francis X. Pavy.

Accessible jusqu'au 30 avril 2011 dans les locaux rénovés de la Seigneurie d’Anhaive.

Canada, an de grâce 1755. Le Grand Conseil (anglais) de Halifax décide que les colons venus de France ne feront jamais de bons sujets de la Couronne. Il faut donc les expulser, sinon les détruire. C’est alors que va commencer un exode sanglant et cruel. On l’appellera le « Grand Dérangement ».
Descendant des « évacués » en Louisiane, Francis X. Pavy (Lafayette °1954) est en quelque sorte une mémoire et un pionnier. Si le souvenir des vieilles légendes du bayou que les exilés de tous les horizons (Cajuns, noirs, indiens…) se racontaient le soir à la veillée a durablement marqué l’artiste, ses tableaux respirent aussi le « way of life » d’une Amérique actuelle. Celle du Grand Sud, avec ses cow-boys électriques, les armoires de frigos qui « claquent » comme des portières de Cadillac, le tout nimbé d’accordéonistes bleu pétrole, de pélicans fluo (le symbole de l’État de Louisiane) et autres emblèmes revisités par un peintre qui a su exprimer son pays avec un humour allié à une émotion vraie, sensible et superbement originale.
Une excellente opportunité pour saluer le printemps par une visite dans un lieu mémorable, rehaussé d’une exposition qui en appelle à la vie !


Seigneurie d’Anhaive
1 place Jean de Flandre
5100 Namur - Jambes
(plan d'accès)
Tél. : 081/322.330
Ouvert du lundi au vendredi de 13h30 à 17h30.
Le samedi de 14h à 18h
Et lors des vacances de printemps le dimanche de 14h à 18h
Entrée gratuite

La Seigneurie d'Anhaive à Jambes

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journal de bord, dimanche 3 avril 2011

L'inauguration de la radio, hier, dans le Brabant Wallon, où pas mal d'artistes (dont je faisais partie) avaient répondu "oui", en vue de passer sur le podium (entre 15 et 21 heures) ...

 

Eh bien ... c'était pas ça.

Eh bien, c'était pas ça ... pour moi.

 

Le bazar était bien monté. Rassurons-nous.

 

Je me place sur un autre point-de-vue.

 

Déjà ...

 

Certains halls omnisports (tout comme pas mal de centres culturels), fonctionnels, pratiques, hypermodernes (dans leur construction), susceptibles de faire venir beaucoup de monde me donnent, visuell'ment, des coups d'froid.

 

D'accord, ça n'engage que moi. D'accord, faut pas s'arrêter là.

Mais ... on a des yeux, on a des sens.

 

Le comité d'accueil de la nouvelle radio était chouette, accueillant. sympa. Rien à redire.

 

En pénétrant dans le hall, où l'évén'ment avait lieu ...

 

J'ai, d'abord, aperçu une salle qui n'en finissait pas, où les murs étaient hauts, où des tas de gens (du coin, je présume) étaient assis à des tables (en train de bouffer des merguez ou de boire leur bière, je suppose).

 

En tournant la tête, j'ai vu un podium très très large, avec des lumières bleues qui l'éclairaient. Des baffles, au devant de la scène (j'en ai r'péré quatre), dont les retours étaient dirigés vers un artiste programmé. Un gars chantait sur le podium.

 

Je suis tombé sur l'animateur de la radio, qui m'avait parlé du rendez-vous du 2 avril, qui espérait m'y voir et qui avait égal'ment annoncé son évén'ment sur "facebook".

On se sourit.

On se serre la pince.

Et j'embraie : "J'imagine qu'on a prévu des micros pour moi, qui m'accompagne à la guitare".

Il me répond, souriant, mais sur un ton qui sent ... la nuance : "Ecoute, c'est vrai, j'avais demandé des pieds de micro". Je comprends, à mi-mots, que c'est pas tout à fait ça. "Demande à Christian", poursuit-il.

Mouais.

Je m'avance vers le "Christian", occupé à régler les balances. Je me donne quand même un mal de chien à l'accrocher, à lui parler, à lui communiquer mon souhait de disposer de deux pieds de micro. Vagu'ment (il est occupé, soyons indulgents), il me répond ... qu'il s'occupera de ça tout à l'heure.

 

OK, OK. On peut s'arranger. Mais ... l'enthousiasme, de mon côté, a déjà pris un sérieux coup dans l'aile.

 

Pas loin du "Christian" ...

 

Je tombe sur une feuille avec le programme. Plein d'artistes sont notés. Une heure bien précise est notée pour chacun d'eux.

Nulle part, sur la feuille, je n'aperçois mon nom. Bizarroïde.

 

Je reparcoure la feuille. Tout en bas, je lis : "22 heures 30 : Miche Stennier et ses potes".

 

Le franc tombe.

 

Miche Stennier est un pote, oui. Miche Stennier est un chanteur, oui.

Déduction : je suis amalgamé, moi, Hugues Draye (qui s'est quand même inscrit dans les temps), dans ce melting pot.

OK, OK. Ca tient la route.

 

Mais, mais ...

 

Y a du soleil dehors. Et je traîne un état de fatigue chronique. Et je me vois mal ... attendre, glander jusque 22 heures 30 (si pas plus tard, on sait comment ça se passe, dans ce genre d'ambiance). Surtout que ... j'avais lu, sur "facebook", que ça se passait entre 15 et 21 heures, je m'étais (aussi) aligné sur ces fourchettes horaires.

 

Trop de confusion. Trop de manque de clarté.

 

J'ai décidé d'en rester là.

 

Un autre jour, j'aurais p'têt réagi autrement.

 

Je remercie (encore) la personne qui m'a véhiculé jusque là, qui m'a ensuite ram'né à domicile (sans me réclamer les frais de kilomètres) et qui m'a fait découvrir, sur les routes avoisinantes, de superbes paysages. Malgré les travaux sur la route. Ou, peut-être, grâce à eux.

 

Je suis rentré plus tôt que prévu. J'ai même, grâce à ce biais, pu aider une connaissance ... qui taillait sa haie.

 

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journal de bord, samedi 2 avril 2011

 

C'était la Saint-Hugues, hier.

 

25 degrés, paraît-il, aujourd'hui. Serait-on déjà en été ?

 

Paraît que les pantalons clairs, sur une scène, ce n'est pas très heureux quand les spots (qui éclairent les artistes) ont une dominante brune. Le noir, dans ces cas-là, serait l'idéal.

 

Entre Thuin, Luttre, Bruxelles-Central, Ottignies, Orp-Jauche ...

 

Le train m'emmène, mène, mène.

 

Hier, une soirée-cabaret, à Thuin, au "Carpe Diem" (péniche). Aujourd'hui, inauguration d'une radio, à Orp-Jauche, un podium où passent les artistes qui se sont inscrits.

 

Hier (ou plutôt aujourd'hui, sur le coup de ... deux heures du matin), j'ai réintégré un toit, un lit. Je n'étais pas sûr de me remettre en route le jour suivant. J'étais sur les g'noux.

 

Durant toute la soirée passée au "Carpe Diem", je me sentais à côté de mes pompes, à côté de moi-même.

 

Bien sûr, je ne regrette rien. Bien sûr, j'ai passé une bonne soirée. Bien sûr, j'ai revu des amis (un gars que je n'avais plus revu depuis presque quarante ans, avec lequel j'ai fait deux camps scouts).

 

Bien sûr, plein d'images toutes fraîches trottent : des chevaux de nuit (merci, Philippe), des étrangers mal considérés (merci, Véronique), un oiseau, le matin, sur le seuil de notre porte (merci, Miche), un "Père Prodigue" de Georges Chelon revisité, réhabillé, réhabilité (merci, Jean-Marie), un ring de Bruxelles (merci, Aurélien), des chômeurs en quête de boulot (merci, Grazzi), des notes gouvernementales et un aveu de dépression (merci, Jean-Paul), un conte pour adultes (merci, Dominique), des onomatopées proches du rap (merci, Serge et les deux Max), un vendeur de chez "Carrefour" (merci, Rafti ... j'ai p'têt écorché ton nom, excuses !).

 

Quant à moi, dans l'histoire, qui avait partie prenante, qui faisait partie du spectacle ...

 

Quand je chantais, je n'arrivais pas à m'installer confortablement dans mes propres morceaux.

 

En ouvrant l'oeil, ce matin ...

 

Malgré le peu d'heures récupérées, je retrouvais cet élan incommensurable ... qui me (re)donnait envie de prendre le large. On ne se refait pas.

 

Qui sait ...

 

Je me repose peut-être plus en poursuivant cette vie a priori trépidante, que je connais par coeur, où j'ai mes repères, que je gère comme je le peux, où il me suffit de faire ce que j'ai à faire (une chose à la fois).


Juste un regret, comme ça, en passant : hier (ou ... ce matin), au "Carpe Diem", au moment de lever la séance, de repartir, je n'ai pas eu la force de dire au r"voir à certaines personnes ... que j'aime beaucoup, par ailleurs. Peur, liée à la fatigue (ou à d'autres phobies) de grimper à l'échafaud et de r'cevoir des gifles ?

 

Et le train m'emmène, mène, mène ...

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Le Discours de la servitude volontaire

12272728454?profile=originalIl s’agit d’un essai d'Étienne de La Boétie (1530-1563), publié à Genève chez Simon Goulart en 1576 dans les Mémoires des Estats de Finance sous Charles Neufiesme.

 

Rédigé, d'après Montaigne, en 1548, le texte fait d'abord l'objet d'une circulation restreinte. Montaigne, qui publie en 1571 les oeuvres poétiques de son ami disparu, veut réserver au Discours une place digne de leur amitié, et en faire la pièce centrale du livre I des Essais. Il est malheureusement pris de vitesse par les idéologues calvinistes, qui publient une édition partielle du Discours en 1574, sans nom d'auteur, puis une édition complète sous le nom de La Boétie, 1576, et avec pour titre Contr'un. Le Discours connaît alors une certaine audience, avant de tomber dans un oubli relatif. Il faut attendre le XIXe siècle, et l'humanitarisme démocratique de Lamennais ou de Pierre Leroux, pour que le texte soit redécouvert et analysé en profondeur.

 

Le Discours s'ouvre sur une question énigmatique: comment est-il possible que le plus grand nombre obéisse à un seul homme? La servitude est un fait d'autant plus étrange que le peuple est lui-même artisan de son oppression: il montre une "opiniastre volonté de servir", qui témoigne de la méconnaissance de ses droits naturels. La liberté n'est-elle pas l'aspiration fondamentale de tout être vivant? C'est l'accoutumance, au premier chef, qui est responsable de cette dénaturation de l'homme: "Ils disent qu'ils ont esté toujours subjets; que leurs pères ont ainsi vescu; ils pensent qu'ils sont tenus d'endurer le mal [...]." Les tyrans s'entendent admirablement à "abestir leurs subjets" par divers moyens - jeux, fêtes, manifestations grandioses - qui leur ôtent le goût et jusqu'au souvenir de la liberté.

 

Mais le principal "ressort" et "secret de la domination", c'est de faire en sorte qu'un grand nombre d'hommes y trouve son intérêt: ainsi "le tyran asservit les subjets les uns par le moyen des autres", et fait d'eux des "tiranneaus", qui "s'amassent autour de lui et le soustiennent pour avoir part au butin". Un tel régime politique n'est qu'une assemblée de "meschans" qui "s'entrecraignent"; un tyran et ceux qui l'entourent ignoreront toujours le "nom sacré de l'amitié", qui signifie estime réciproque, et confiance en l'intégrité de l'autre.

 

Il est possible, comme l'ont soutenu plusieurs historiens, que le Discours ait été écrit sous le coup de la répression impitoyable qui suivit, en 1548, la révolte des communes de Guyenne contre la gabelle. Ce serait néanmoins réduire la portée du texte que d'en rendre compte par des circonstances sociales et politiques: la radicalité même du problème soulevé par La Boétie - qu'est-ce que l'essence de la domination? - suppose chez l'auteur une entière liberté intellectuelle, capable de s'arracher à d'étroites déterminations historiques.

 

Cette liberté rend d'ailleurs malaisée l'approche du texte, qui ne se laisse pas enfermer dans un genre particulier: il est tour à tour pamphlet, harangue et réflexion politique, comme si la difficulté de la question exigeait une grande plasticité rhétorique. Le début se présente comme un discours à la première personne: le "je" y dénonce avec véhémence le scandale de la tyrannie, en même temps qu'il amorce une analyse critique de la domination. Au bout de quelques pages, le "vous" surgit brusquement dans une apostrophe: "Pauvres et misérables peuples insensés, nations opiniastres en vostre mal et aveugles en vostre bien!" L'écrit devient parole, vivante injonction: "Soiés résolus de ne servir plus, et vous voilà libres..." L'apostrophe, néanmoins, s'efface aussi vite qu'elle a surgi, cédant la place à un "nous" ("Cherchons donc par conjecture [...] comment s'est ainsi si avant enracinée ceste opiniastre volonté de servir") dont la signification n'apparaît que plus tard: il regroupe les hommes qui, "aians l'entendement net et l'esprit clairvoiant", ne sauraient supporter la perte de la liberté. Il n'y a rien de hasardeux dans ces glissements pronominaux: le "je" suscite le "vous" pour mieux dramatiser le propos, mais cette harangue, adressée à un "gros populas" aliéné par la servitude, ne peut avoir qu'une faible efficacité; il faut donc que le "je" établisse un pacte d'amitié avec le lecteur lucide, pour que commence, dans le "nous", un effort commun de déchiffrement.

 

C'est que la domination d'un seul sur la multitude s'offre d'abord comme énigme scandaleuse: "Mais o bon Dieu, que peut estre cela? comment dirons-nous que cela s'appelle?" La servitude, c'est "ce que la langue refuse de nommer". Cet échec de la nomination voue le discours à inventer sa propre voie, hors du langage commun et des conceptualisations rassurantes: il se donne la tâche de penser l'impensable. C'est pourquoi il rejette d'emblée les facilités du causalisme psychologique - la servitude ne viendrait que de la lâcheté - pour forger une image neuve de l'homme opprimé, aussi scandaleuse que la question qui l'a suscitée: la servitude, dit-il, n'existe que parce qu'elle est volontaire. Rien de plus contradictoire en apparence que cette affirmation, puisqu'elle associe à l'état de passivité l'exercice d'une éminente faculté humaine. La contradiction s'atténue, néanmoins, si l'on prend acte de la profonde dénaturation de l'homme opprimé: c'est lui-même "qui se coupe la gorge", incapable de voir que celui "qui [le] maîtrise tant n'a que deus yeulx, n'a que deus mains, n'a qu'un corps"; c'est l'opprimé, en s'abandonnant à une image fantasmatique du pouvoir, qui produit à chaque instant sa propre oppression. Étrange scission du sujet, qui lui fait oublier et étouffer la liberté consubstantielle à son être premier: dans cet état de déchéance, les hommes deviennent "traîtres à eux-mêmes".

 

A cette intériorisation de la servitude s'ajoute un second ressort psychologique: le désir de chacun de s'identifier au tyran, en se faisant le maître d'un autre. Ce n'est pas à cause de ses moyens répressifs que la tyrannie perdure: c'est parce qu'elle libère la "meschanceté" des hommes, et qu'elle permet à chacun, même au plus opprimé, d'exercer son oppression sur un plus petit que lui. Si le Discours est un remarquable essai de psychologie politique, c'est qu'il brouille les images trop claires et distinctes. L'état de domination, semble dire La Boétie, ne met pas simplement face à face des dominants et des dominés: chacun, dans cette structure socio-politique, est à l'origine de sa propre aliénation et de l'asservissement d'autrui.

 

C'est en vain qu'on chercherait dans le Discours les moyens de briser cette dialectique du serf et du tyran. A l'oppression politique, La Boétie ne répond ni par un éloge du tyrannicide, ni, comme pourrait s'y attendre un lecteur moderne, par une apologie du républicanisme et de la démocratie: il prône, dans les dernières pages, le "nom sacré de l'amitié", et la "mutuelle estime" qu'elle suppose entre les hommes. Conclusion déconcertante, que l'on aurait tort de prendre pour une échappatoire ou un simple épilogue rhétorique: la cohérence du Discours est en réalité remarquable. Il ne saurait être question, pour La Boétie, d'opposer à la tyrannie un "bon" régime politique: n'a-t-il pas montré, dans les pages précédentes, que la typologie traditionnelle n'était guère valide à ses yeux, et que "toujours la façon de régner est quasi semblable"? Les institutions peuvent changer, l'essence de la domination reste identique. Ce pessimisme politique est peut-être discutable, il n'en explique pas moins que La Boétie déplace la question du plan politique au plan éthique: ce n'est pas une doctrine qu'il faut opposer à la tyrannie, c'est une forme de vie, une exigence qui fasse renouer l'homme avec son humanité. L'amitié n'est sans doute pas une arme qui renversera les despotes, mais elle est un ferment et une garantie: l'égalité qu'elle suppose entre les hommes entretient l'idée de liberté, même dans les pires moments d'oppression.

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L'arrache-cœur de Boris Vian

12272728292?profile=originalC’est un roman de Boris Vian (1920-1959), publié à Paris aux Éditions Vrille en 1953.

 

Le titre du dernier roman de Boris Vian renvoie à l'un de ses premiers, l'Écume des jours, dans lequel Alise usait d'une arme étrange, "l'arrache-coeur", pour se venger de Jean-Sol Partre et des libraires qui vendaient ses oeuvres au crédule Chick. Ici, l'intitulé n'évoque plus un objet, mais un comportement: celui d'un village où chacun, à sa manière, s'est vidé de tout sentiment d' amour du prochain...

 

Première partie. Ce 28 août, Jacquemort, psychanalyste de son état, aide Clémentine à accoucher de "trois jumeaux", les "trumeaux" Joël, Noël et Citroën... A Angel, le père, en butte à l'hostilité de l'accouchée, Jacquemort confie son projet de "psychanalyse intégrale": se nourrir des passions et des désirs d'autrui. Au village, les paysans organisent de sordides "foires aux vieux" et maltraitent les jeunes apprentis. L'idée de honte les insupporte et ils s'en délivrent en rémunérant avec de l'or qui a perdu toute valeur d'échange, La Gloïre voué à récupérer avec ses dents "les choses mortes" qu'ils jettent dans un étrange "ruisseau rouge". Le curé fustige le matérialisme paysan et organise des messes à grand spectacle: la religion doit être "un luxe". Quant à Jacquemort, il doit se contenter de lutiner la bonne, Culblanc, à défaut de pouvoir l'analyser.

 

Deuxième partie. Clémentine comprend que ses enfants deviennent autonomes. Jacquemort, toujours en quête de clients, entre dans la peau d'un "chat noir". Le "27 juinet", il surprend le brutal maréchal-ferrant en train de copuler avec un androïde, réplique exacte de Clémentine, à l'heure même où celle-ci connaît l'extase solitaire chez elle. Angel prend la mer sur un bateau à pattes de son invention. Et Clémentine décide de se dévouer corps et âme à ses "trumeaux".

 

Troisième partie. Quelques années plus tard, les enfants s'amusent dans le jardin: ils avalent des chenilles bleues qui leur permettent de s'envoler. Au village, le curé organise des matches de boxe pour prouver l'existence de Dieu: il se bat contre son sacristain diabolisé pour la cause et le vainc par tromperie. Clémentine, de plus en plus angoissée, imagine les dangers qui guettent Citroën et ses frères, jusqu'aux plus invraisemblables. Elle fait abattre les arbres du jardin, puis finit par enfermer les "trumeaux" dans des cages douillettes pour qu'ils ne puissent plus s'envoler. Jacquemort a enfin trouvé un client à psychanalyser: La Gloïre dont il prend bientôt la succession.

 

Curieux village qui tient lieu d' utopie négative (enfants maltraités, vieillards humiliés et vendus, violence primaire incontrôlée, etc.) et à l'orée duquel s'étend le jardin de Clémentine, petit paradis où les "trumeaux" s'adonnent à la découverte de la nature et vivent des expériences "fantastiques"; jusqu'au moment où leur mère croit déceler dans ce hâvre de paix les pires menaces pour ses enfants, imaginant, par exemple, "[qu'ils] creusent un peu trop profondément dans le jardin, que le pétrole jaillisse et les noie tous". Comportement de mère abusive qui, pour préserver la vie de sa progéniture, en va jusqu'à les priver de liberté. Démonstration qui, selon une pratique chère à Vian, pousse une logique jusqu'à l'absurde.

 

Un absurde qui se teinte aussi bien des couleurs de la fantaisie - la néologie botanique, le merveilleux enfantin, etc. - que de l'horreur - la "foire aux vieux" - et qui permet à l'auteur, comme dans la tradition du conte philosophique, de délivrer un message sans en avoir l'air. A ce jeu-là, Vian excelle: un coup pour l'Église, ridiculisée en la personne d'un curé bonimenteur, boxeur et tricheur, et qui n'a aucune valeur à incarner; un autre pour la psychanalyse, moderne religion, réduite à la figure d'un voyeur lubrique, "capacité vide" en quête de quoi se remplir; un troisième pour l'amour abusif qui n'est qu'un masque à l'égoïsme et au désert affectif. A la fin de ce chamboule-tout, que reste-t-il? Une vision qui serait désespérante si l'écriture de Vian ne suscitait sans cesse rire et sourire.

 

Du calendrier en folie - "39 juinaoût", "73 févruin", "347 juillembre", etc. - au décor que poétisent les fleurs et les oiseaux aux noms-valises - "brouillouse", "béca-bunga", "maliette", etc. -, tout est fait, comme dans les contes merveilleux, pour gommer la réalité: rien de surprenant que l'on croise dans le roman un chat noir comme échappé de chez Lewis Carroll. Il n'en reste pas moins que, dans cet univers imaginaire comme dans le nôtre, dès lors que les valeurs manquent et laissent la place au vide, l'état de nature reprend le dessus - et il n'a rien de la vision paradisiaque qu'en donne un Rousseau!

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LES MERVEILLEUX NUAGES

Souvent quand deux nuages se rencontrent il se forme un trou bleu ..... par lequel on pourrait être  aspiré pour ne jamais revenir ......

"Ya - t 'il une science de la brise? où Dieu se tient? brise plus effrayante que le tonnerre pour peu que l'on sache quel en est le signe ? Quand l'angoisse vient c'est sur les ailes de la colombe qu'elle approche et lève un vent minuscule capable  de ravager d'une tornade glacée le paysage le plus doux "

Pascal Quignard  "Le salon du Wurtenberg"12272729055?profile=originalAA

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HISTOIRE COURTE 5.

LA MANUCURE;

 

La petite fille avait appris à se faire oublier pour mériter un sourire et la considération des adultes.

Ses vacances, elle les passait en compagnie de son parrain et sa marraine; déjà dans la maturité, ils n'avaient pas eu l'enfant désiré et projettaient sur elle une affection réelle quoiqu'un peu rigide...

La première fois que le regard de la fillette fut vraiment attiré par des mains, elle devait avoir 7 ou 8 ans. Assise sur le long tabouret du piano, elle regardait sa tante faire des gammes, puis choisir une mélodie et se mettre à chanter.

Elle observait donc ces mains si soignées dont les ongles courts mais rouges attiraient l'oeil plus encore que le solitaire ou le rubis. Des mains précieuses qui caressaient les touches d'ivoire avec une telle désinvolture! Silencieuse et admirative la fillette était médusée.

La voix de mezzo caressait son oreille, mais se sont surtout ses yeux qui se régalaient.

C'est assez pour aujourd'hui s'interrompit la pianiste qui ajouta :-Nous allons bientôt déjeuner et cette après-midi, avant mon rendez-vous chez le professeur de chant, nous irons nous promener au Tuileries; tu prendras un livre, la leçon n'est pas longue, j'espère que tu ne t'ennuieras pas trop! Justement, j'entends ton oncle rentrer...

Un index caressa la joue de l'enfant qui couru accueillir l'arrivant à la porte de l'appartement. Il rentrait comme souvent, chargé de livres qu'il lui destinait.

Quelques vacances plus tard, ayant frappé à la porte de la chambre, Julie surprit sa tante à sa coiffeuse. Il y avait une odeur un peu forte.

-Cela sent bizarre, dit-elle.

-C'est l'acétone, lui fut-il répliqué, mon verni était écaillé.

Julie fixait fascinée les limes en carton souple, les petits instruments aux manches d'ivoire, les minuscules flacons avec les vernis incolores et aussi de différents rouges, et puis les crèmes dans les pots givrés...

-Je deviens maladroite soupira sa marraine. C'est cette arthrite que j'ai hérité de ton grand-père! C'est bien la seule chose qu'il m'ait donnée, il aurait pu garder le cadeau! Regarde, mes doigts se déforment, bientôt j'aurai beau les soigner mes mains ne seront plus jolies...

-Si tu m'expliques, puis-je essayer de te mettre du verni? Je ferai très attention, s'il te plait ma petite tante... interrogea la fillette.

Et c'est ainsi, qu'à chaque vacances, Julie retrouva un emploi de manucure attitrée et bientôt très habile...

C'est vrai que petit à petit les jolies mains se sont déformées, c'est même la raison pour laquelle un jour le piano à queue fut vendu. Le grand châle des Indes qui le recouvrait et que l'enfant adorait disparut aussi. la vieille amie et merveilleuse professeure de chant avait été emportée par la maladie...

Les promenades au Tuileries se sont allongées, mais Julie avait gardé le regret de ses visites où dans un coin, elle se faisait toute petite en observant l'ardeur des jeunes femmes qui venaient pleine d'humilité chez la vieille dame pour y receuillir de précieux conseils...

C'est toujours avec la même complicité qu'elle demandait :-Une manucure aujourd'hui, ma petite tante? -Mais oui, et toi aussi chérie...

Et c'est ainsi que Julie prit l'habitude de se soigner les mains...

On peut donc dire que son premier travail entre 9 et 18 ans, ce fut la manucure...

 

Puis la vie a passé, Julie a aimé, a souffert, s'est mariée, elle a eu des enfants et pratiqué d'autres métiers, mais elle a toujours soigné ses mains.

-Tes très jolies mains disait sa tante.

Parfois, elle songeait qu'un jour peut-être elles se déformeraient aussi.

Et puis un soir, alors qu'elle rendait visite à la vieille dame et lui demandait comme à l'accoutumée:-Tu veux une manucure? La réponse fusa :-Tu sais une fois par semaine à l'institut cela suffit maintenant, j'ai renoncé au verni rouge, l'incolore s'écaille moins vite et c'est plus discret à mon âge, ne trouves-tu pas?

 

Les années ont passés. La petite tante devenue une très vieille dame prit la décision de choisir une maison de retraite dans son pays d'origine, près de sa famille.

Julie, ravie prit donc la douce habitude de passer l'embrasser souvent. Elle la trouvait toujours pleine d'entrain, parlant du dernier livre lu, du dernier spectacle qu'elle avait vu à la T.L. ou entendu à la radio. Elle ironisait pleine d'humour sur le feuilleton de la politique. Elle encourageait la jeune femme à s'ouvrir encore d'avantage au monde et aux arts.

Ses visites semblaient à Julie toujours courtes et elle en sortait pleine d'énergie et le coeur léger.

 

L'année suivante, une fin de matinée, elle trouva la vieille dame couchée et pâle-C'est toujours mon sang, trop épais- maugréa-t-elle.

Qurelques semaines plus tard, elle ne se levait plus mais son regard restait vif et son intérêt pour les choses intact. Julie un peu inconsciente ne s'inquiéta donc pas trop.

-Le médecin m'a conseillé de rentrer en clinique pour des examens, expliqua-t-elle un jour. Il faut faire quelque chose, je ne puis rester ainsi couchée... Tu veux bien venir demain m'aider à faire une petite valise?

-Bien sûr que Julie viendrait!

-Demain matin si tu veux, ensuite je te conduirai lui répondit-elle

-Non ma chérie, le docteur a prévu une ambulance pour 2H. Tu viendras me voir là-bas le soir si c'est possible?

 

Le lendemain, la petite valise étant rapidement bouclée, la vieille dame dit soudain à Julie : Tu sais ce qui me ferait vraiment plaisir?  Une manucure...

 

Mais bien sûr, j'aurais du la proposer!... Et, elle retrouva les gestes, lima les ongles, caressa les mains avec les crèmes, puis posa le verni incolore.

-Elles sont douces et magnifiques tes mains malgré leurs déformations dit Julie.

-Profite de la crème pour enlever les bagues lui fut-il répondu. A l'hôpital ce n'est pas prudent. et porte les ma chérie, tu me les rendras si je reviens, elles sont pour toi de toute façon, je garde juste l'alliance. A ce soir...

Le soir en arrivant, Julie une fois encore remarqua d'abord les mains. Posées à plat sur le drap si blanc, elles étaient un peu jaunes, comme en cire... et reprirent vie au son de sa voix-Tu es un peu pâle, tout va bien demanda-t-elle?

-Ils m'ont fait mal, lui fut-il répondu sobrement. Reste un peu chérie, cela ira mieux demain...

Julie avait les pieds lourds pour quitter l'hôpital. Lorsqu'elle s'y décida, elle embrassa les mains et les caressa avec douceur, elles étaient froides, pourtant il faisait chaud dans la chambre par cette belle soirée de mai-Dors bien, je viendrai demain soir-Tu sais chérie, l'infirmière m'a dit que j'avais de jolies mains, tu as bien travaillé lui sourit sa tante.

 

Au milieu de cette même nuit, lorsque Julie fut appelée, les mains taient devenues de glace et ses pleurs ne les ont pas réchauffées...

J.G.

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Demandez le programme..!

Voici le programme de mes stages à l'atelier de la rocaille.Désolé pour le Queras que j'avais programmé, mais cette belle région n'attire pas les élèves en quète de créativité... sans les cimes en fond d'images !On me parle d'une possibilité en Ardéche, lieu de stage estival en diable.. faut voir..En fait l'atelier est une valeur sûre, valeur refuge , le dépaysement est dans la tête, le soleil sur les chevalets..la piscine peinte sur la toile...!Ah.. l'atelier et le parking assuré juste devant la porte.. cela n'a pas de prix.12272727079?profile=original
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Petites âmes solitaires dans des Serres chaudes

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« Serres chaudes » est un recueil poétique de Maurice Maeterlinck (Belgique, 1862-1949), publié à Gand chez Louis Van Melle en 1889.

 

Maeterlinck entame sa carrière littéraire par la poésie avec Serres chaudes; suivront le recueil Douze Chansons (qui deviendront Quinze Chansons en 1900), puis le silence: Maeterlinck abandonne alors définitivement cette forme d'écriture.

Ce recueil mûrit dans les serres d'Oostakker où son père, longtemps avant lui, s'interrogeait sur l'intelligence des fleurs. Dans Bulles bleues, en 1948, Maeterlinck dira de Serres chaudes qu'elles n'eurent "d'autre retentissement qu'un coup d'épée dans l'eau". Verhaeren fit pourtant dans le Mercure de France un compte rendu élogieux du recueil, où il saluait l'auteur de "n'avoir pas eu peur de son inspiration adolescente".

 

La solitude, la captivité et la douleur de l'âme dominent l'ensemble du recueil: "O serres au milieu des forêts / Et vos portes à jamais closes!" Mais à travers la prison transparente de la serre, le poète perçoit parfois l'activité du monde; il lui vient alors des regrets: "O mon âme vraiment trop à l'abri", et des désirs de sentir la vie pénétrer son univers clos: "Mon Dieu, mon Dieu, quand aurons-nous la pluie, / Et la neige et le vent dans la serre." Son renoncement au monde, imparfait, ne lui apporte pas la sérénité escomptée et la serre lui est un lieu aussi inconfortable que le monde des hommes: "Seigneur, les rêves de la terre / Mourront-ils enfin dans mon coeur? / Laissez votre gloire seigneur / Éclairer la mauvaise serre."

 

A côté des poèmes réguliers, composés d'octosyllabes à rimes le plus souvent croisées, Serres chaudes contient également des proses poétiques et des vers libres, où des images hétéroclites renvoient une vision chaotique du monde extérieur: "On dirait une folle devant les juges, / Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal..." Ces vers qui témoignent d'une extrême sensibilité, disent aussi la peur d'autrui, de l'homme en général: "Oh! j'ai connu d'étranges attouchements! Et voici qu'ils m'entourent à jamais." Et plus loin: "Il y avait des figures de cire dans une forêt d'été... / Oh! ces regards pauvres et las!"

 

De tous les recueils du symbolisme, Serres chaudes est sans doute le plus fidèle à cette école. Seule l'âme du poète habite ces pages; aucune passion forte, malgré l'expression d'une souffrance et d'une pitié pour le genre humain, aucun homme tangible ne peuplent ces vers. Le "je" qui se plaint dans ces poèmes monotones est une âme solitaire, gagnée par la mélancolie. Maeterlinck a la tête dans les étoiles; il est épris de comètes, de nébuleuses, de nuages, mais il s'enferme aussi dans des lieux clos dont les serres sont sans doute les plus étouffants qu'il ait jamais imaginés. Elles symbolisent ici la captivité de l'âme, la prison transparente; elles évoquent les touffeurs et les langueurs de l'ennui. Déjà toute la mythologie du théâtre de Maeterlinck est en place: princesses évanescentes, vierges pleurant au fond des grottes humides, petites filles solitaires dans un univers hostile.

 

A travers ces poèmes de l'introspection décadente, traversés d'images fulgurantes qui jouent d'une savante et délicate musicalité, Maeterlinck veut par le surnaturel appréhender la nature même de la condition humaine. Le symbolisme chez lui est une réponse à la vie et non un simple décor.

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Raoul et Jean Dufy au Musée Marmottan Monet

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Complicité et rupture

14 avril — 26 juin 2011

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Le musée Marmottan Monet organise pour la première fois en France une exposition consacrée à Raoul (1877-1953) et Jean (1888-1964) Dufy.
Si l’on connaît bien l’oeuvre de Raoul, celle de son frère Jean, peintre lui aussi, l’est moins. Cadet de 11 ans, Jean se forme à la peinture entre 1906 et 1914, encouragé par son frère qui participe alors aux aventures fauve et cubiste. À partir de 1920, date de ses premières peintures, Jean produit une oeuvre riche et partage avec Raoul des préoccupations artistiques communes.
Les frères sont proches et entretiennent une correspondance régulière. Raoul et Jean développent des parcours parallèles et collaborent peu, à l’exception notable de La Fée électricité qui est aussi l’objet de leur rupture en 1937. Chacun d’eux crée une oeuvre abondante (environ 2500 pièces), structurée en séries, traitant de thèmes plaisants, rendus par un sens de la couleur auquel on les identifie l’un et l’autre.

Regroupant une centaine de peintures, d’aquarelles et de céramiques provenant de musées et de collections particulières du monde entier, l’exposition cherche à mettre en évidence les liens qui unissent l’oeuvre de Jean à celle de Raoul comme ce qui les singularise l’une de l’autre. Esquissant en préambule les périodes fauve et cubiste de Raoul, le parcours présente ensuite des grands thèmes communs aux deux frères et propose de comparer leur peinture : mer, fenêtres ouvertes et ateliers constituent la première partie du parcours ; puis les thèmes se singularisentà travers deux sections parallèles : à la palette chaude et à la touche vibrante des cirques peints par Jean répond la musique évoquée par Raoul ; aux courses et paddocks de Raoul font ensuite face les allées cavalières de Jean ;
enfin, les tableaux ayant pour thème Paris et Nice sont consacrés aux oeuvres tardives des deux frères et soulignent une évolution commune vers un style graphique initié par Raoul et subtilement revisité par Jean.
Cette exposition s’inscrit dans le champ des études dédiées à la filiation dans l’art et des manifestations qui lui sont consacrées depuis dix ans. Elle propose une lecture croisée de l’oeuvre des deux frères et permet de mieux situer la peinture de Jean Dufy.

Commissariat
Marianne Mathieu, historienne de l’art
Charles Sala, professeur honoraire à l’université de Paris X
Jacques Bailly, auteur du Catalogue raisonné de l’oeuvre de Jean Dufy

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Programme des stages à l'atelier de la rocaille

ETE 2011

 


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Du 8 au 12 août

l'aquarelle et le portrait

le matin de 9 à 12h ou l'après midi de 14 à 17h

 

 Nous devrons choisir le matin ou l'après midi, je ferai la journée complète si les inscriptions dépassent 15 les personnes

130€
ou 170 sans le matériel que je vous fournis
 (papier  aquarelle et boite de couleurs et pinceaux)

 

nu devant miroir

 

 Du 22 au 27 août

Le nu et la figure .

Techniques mixtes et bidouillage

le matin de 9 à 12h ou l'après midi de 14 à 17h

 Nous devrons choisir le matin ou l'après midi,

je ferai la journée complète si les inscriptions dépassent  les  15 personnes

 Réservations dès maintenant.

10 personnes maxi par session


  mail:

alaingegout@gmail.com


  www.sans-pitre.com


www.alain-gegout.odexpo.com 


atelier de la rocaille rond-point de bretigny

01280 Prevessin moens


06 14 59 57 22

 

 prix pour chaque stage et pour 3h par jour à l'atelier

130€

 plus participation aux frais du modèle qui viendrait poser pendant 3 h 

Ensuite nous travaillerons à partir des études faites d'après nature


 Sans le matériel

170€

 je fournirai dans ce cas, papier peinture et vernis acrylique

 

50€ d'acompte lors de l'inscription

15% de réduction si participation au deux sessions


 

                                                  










 



 

 

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