Jeu de mots
Quels sont ces gens
Qui comptent
Leurs syllabes
Et coupent les mots
En pieds
Pour faire plus beau ?
Pied bot
Devant ces crimes
Mes idées fuient au galop
O Cupidon
O raison
Funeste oraison
Idées poinçonnées par
L’horloge rythmique
Ma pensée dit :
Non ! À la rime pénitentiaire
Non ! À la rime galère
Non ! Au génocide d’idées
Elle RECLAME droit de Cité
Devant l’Inquisition
Des Beaux Esprits
Le poète comparaît
Inquiet
La rime en bataille
Il craint le fouet mais
Sur une page
Blanche
S’étale sa…rébellion
Et, en boustrophédon
Oh ! Oh !
Nous lisons :
Je ne suis pas un fabliau
Je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche,
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos
Il connaît, ce poète
La vigueur des « maux »
Il en sait toutes les nuances
Pourtant, frôlant
L’impertinence
Il clame toujours
Plus haut :
Je ne suis pas un fabliau,
Je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche,
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos
Il y a les mots discours
Que l’on n’emploie pas tous les jours :
Drôlichons, abscons
Les mots « faubourg »
Les mots tendres
Qu’on aime entendre
Tous les jours
Mots
TROUBADOURS
Il y a des mots-porcelaines
Mots de Qu’on bourre
Mots sujet
« Qu’on sonne » !
Point n’est besoin
De mots vulgaires
Ainsi, la soupe
Devient
Velouté et
La « patate »
Pomme de terre
Nous acceptons la pomme frite
Toutes ces dames de se pâmer, de dire, de raconter
« Il se trouve un jardinier
Un peu sot
Bête, serait le mot
Il se nomme, voyons ?
C’est trop fort !
Attendez, que cela me revienne !
Attendez donc, encore
Oui, oui c’est élémentaire
Il s’appelle Voltaire
Ciel ! Voltaire, dites-vous ?
Ne serait-ce point ?
Si, Si
Mais encore ? Celui qui ?
Lui-même ! Vous dis-je
Il désirait,
Ma chèèèère,
Je vous le donne en cent,
Je vous le donne en mille,
Il désirait
Cultiver, CANDIDEMENT,
Son jardin
Quel manant !
Mais si mais si,
La chose est vraie,
La chose est sûre
Laissons donc ces petites gens
Arroser, suivant la coutume l
Leurs légumes
Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche j’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos
Tel mot bâtard
Me plaît beaucoup
Il ne vient de
Nulle part mais…je m’en fous
Il me charme et
Voilà tout
Tels mots sont équivoques
Ainsi vers, verres, vert
Vous exigez des vers à soie
Des verres pour soi
Moi ? Je désire
Des vers à moi
Il vous faut des verres
A vin
Pour y noyer
Votre chagrin
Moi ? Je veux mes vers LIBRES
Hybrides
Je ne suis pas un fabliau, je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche,
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos
Je n’aime pas les
Mots labeurs
Issus de pleurs
Mots crucifiés telles des
Idées fixes
Mots coulants
Mots brûlants
Mot CROISES
Soldats de ma
JERUSALEM
Mots pieux
O Dieu !
Odieux
Olivier, Mont, Père !
Pitié, pitié pour eux
Le Verbe s’est fait
Chaire-chair
Tabernacle
PENSEE CALVAIRE
En vérité je vous le dis
Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau, je suis poète du dimanche, j’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos
Il va ce poète récitant ces mots
Egrenant son rosaire
Jusqu’au tombeau
Ces méchants vers
Valent bien
Vos PRIERES
Il va
Cherchant le
REFUGE
Pour l’ETERNEL TRANSFUGE
Morceau de LUMIERE
Sur TERRE
Ave ! Ave !
LE VERBE EST PARMI NOUS
JE SUIS CELUI QUI EST
Les Grands Inquisiteurs
Rient aux éclats
Mais Qu’est-ce donc ce charabia ?
Celui qui est ?
Celui qui est !
C’est court
Bref
Pas clair du tout
Je suis celui qui est ?
Impossible
Même dans le livre des livres
Nous ne te trouvons pas
Alors ! Dis- nous
Où ?
Quand ?
Comment ?
Pourquoi ?
De quoi s’agissait- il encore ?
D’UN VERBE
TORTURE A MORT !
Y a-t-il ; longtemps de cela ? Etes-vous certain que j’étais là ?
Que je le savais cela a-t-il été prouvé ?
Vous dites ?
Je ne comprends pas
Depuis longtemps ! Ah bon !
Depuis toujours !
Savais pas ; Non, non
Encore au temps présent
Et au Futur aussi
Sans conditionnel possible
C’est un Impératif !
JE SUIS CELUI QUI EST
Mais
Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau, je suis poète du dimanche
J’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos
Les verbes se font chers ma chère
Non…cher mais CHAIRE très chère !
Le croyez-vous ?
Et vous ?
Elle rit :
Hi ! Hi !! Hi!
Hou ! Hou ! Hou !
Parmi nous !
A mort Barrabas
Vive le VERBE
A ce cri le poète
Evanoui
Revient à nous
Revient à lui
J’ai fait un rêve horrible Imaginez-vous j’affirmais
« Je ne suis pas un fabliau, je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche, j’aime jouer avec les mots, les faire rouler hors des enclos.
andree colon
Commentaires
Bonjour Andrée
A force de lire nombre de poètes illustres volontiers iconoclastes, et qui n’ont pu finalement balancer des siècles d’héritage poétique, je me suis affranchi depuis quelque temps déjà de ce débat entre ceux qui s’accrochent aux règles de la prosodie et ceux qui n’en veulent aucune dans leur affirmation de modernité et de liberté d’expression.
Alors que ce débat me semble éloigné, réducteur de ce qu’est la poésie, et sa substance, alors que j’écris de multiples façons, travaillées, versifiées, métrées, rimées ou pas, j’ai trouvé autant de murs de l’esprit dans les deux camps. C’est par là même autant d’abandon de poésie chez les défenseurs de l’arsenal des règles poussées au ridicule que chez les plaideurs des vers dits libres donnant toute vertu à la spontanéité qui n’est qu’un leurre. Cela m’a valu d’être exclu de fait par les uns et les autres. Mais qu’importe !
Si d’un côté, on peut faire étalage de richesse du mètre et de la rime, je crois pouvoir encore discerner une coquille qui s’ouvre sur la beauté d’une perle d’une coquille nacrée mais refermée et vide. Il n’y a nulle poésie dans les ateliers de la contrefaçon.
Si de l’autre, on peut revendiquer le dépouillement, le minimalisme, cela ne rend pas plus honnête si cela cache de grands pans d’ignorance, une pauvreté de culture et de travail. Il n’y a nulle poésie dans une sorte d’insulte à soi-même.
Le vrai débat autour des textes est pour moi : la poésie est ou la poésie n’est pas. Pour le reste, je n’ai aucune allergie mais ma préférence va à une forme accordée au contenu, aux textes dans une langue cohérente que je puisse lire à voix haute sans torture.
Quand je lis un texte, je me demande : y a-t-il là du sens traité de la meilleure façon qui soit ? Y a-t-il là quelque chose qui me touche et qui me parle ? Et puis y a-t-il ces silences, sièges des émotions, qui outrepassent le parler des mots ?
Je n’ai absolument rien contre votre liberté. Au contraire, j’ai aimé votre texte puisque la poésie a besoin d’être défendue hors des sentiers battus, et aussi puisque nous sommes chemins différents, et puisque nous évoluons à moins de ne rien vouloir apprendre et d’être insensible à ce qui nous entoure.
Je partage votre idée : il faut que la poésie parle fortement de son lien avec la vie la plus communément vécue. Laissons à chacun le bon soin d’une voie pour le faire : poète du dimanche ou poète artisan ou poète infiniment ou poète cherche-monde au-delà du présent …
Bonne fin de journée. Amitiés. Gil
Bonjour Andrée c'est avec plaisir que je suis venue sur votre page, car je savais y trouver des originalités et surtout beaucoup de tendresse pour le lecteur, c'est important, beaucoup de respect pour les mots et je ne suis pas déçue.
Je vous embrasse si vous le permettez, car j'adore ce poème qui n'a pas l'air d'y toucher, et pourtant....
Bonne fin de journée Andrée à très bientôt
Marie-Ange
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