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journal de bord, mercredi 18 mai 2011 (2)

Parfois, j'ai des cas de conscience.

 

Il m'a suffi d'ouvrir une armoire, de tomber sur une boîte en fer où y avait plein de pièces de monnaie pour m'en rendre compte.

 

Voir en face sans trouver de réponse claire, c'est pas évident à assumer. POurtant, faut garder la tête froide. S'angoisser, se culpabiliser, ça ne sert à rien.

 

J'explique la situation ... un peu plus en détail.

 

Dans la boîte en fer où y avait des pièces, y avait aussi un billet de ... 50 euros. Qui me causait problème.  L'avais-je gagné honnêtement ?

 

Une fois par mois, dans le cadre de mon métier de facteur, je porte une pension à une dame ... moins âgée qu'elle n'y paraît. C'est mon avis. Elle est toujours heureuse de me voir, vers le quinze de chaque fois. Elle habite quelque part, dans un immeuble. Rue de la Croix. Nous réglons toujours le paiement de la pension, juste à l'entrée de l'immeuble, au dessus des boîtes aux lettres. Je lui fais d'abord signer un papier que je reprends, je lui donne le talon qui accompagne (le papier), comme preuve. Ensuite, je compte l'argent devant elle, je vérifie le montant (pour savoir si c'est juste), et je lui donne ce qui lui revient. C'est pas tout. J'ai droit à un pourboire (ça se fait toujours), mais pas n'importe lequel : pas cinq euros, pas dix euros, pas vingt euros (grosse somme, déjà) non plus. Mais carrément ... cinquante euros. Parfois plus.

 

Je suis à chaque fois plus qu'emmerdé. Je n'ai pas envie de profiter, bien sûr. D'un autre côté, autant je suis mal en acceptant cette situation (je me sens lâche et profiteur), autant je me sens incapable de refuser. Nerveusement. Cette femme (qui n'hésite pas, dès qu'elle remonte la rue des Champs Elysées, à traverser et à m'offrir des bonbons) m'épuise dès qu'elle arrive à ma hauteur. Elle sent le foin. Elle a l'air d'une ... qui couche chaque soir sous les ponts. J'ai comme un blocage nerveux qui fait que tout acte, toute initiative de ma part, envers elle, me semble ... de l'énergie perdue, bousillée. Communiquer avec elle, j'y arrive même pas vraiment, j'y arrive ... pas du tout. Quoi que je fasse, je deviens KO, vidé, liquéfié quand je la quitte.

 

En acceptant (plus qu'emmerdé) les pourboires "généreux" qu'elle m'offre (ou qu'elle m'impose), eh bien, c'est encore ainsi que je me ménage ... le plus.

 

J'essaie de relativiser. De me dire que ... je ne lui ai jamais demandé ce retour, ce "cadeau" aussi conséquent.

 

Je me suis quelquefois surpris à dire à cette dame (dans un esprit de pur respect et de pure reconnaissance) : "Si, un jour, je fais le tour du monde ou si je réussis à faire un nouveau CD, je vous le devrai". Elle n'entend pas. Elle parle en même temps. Elle paraît franch'ment ... allumée.

 

Ne rien tenter pour stopper le bazar, dans ce cas, reste, jusqu'à présent, de la survie (plus que de l'économie d'énergie).

 

Cette situation, assez embarrassante, dure depuis ... six ans. Depuis que je suis titulaire de la tournée.

 

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journal de bord, mercredi 18 mai 2011

Le président du FMI, en France, est toujours dans de beaux draps. Le frère de la femme de chambre "violée" a témoigné. Le drame se s'rait passé vers treize heures. L'entourage du président dément : DSK (Dominique Straus-Kahn) aurait quitté l'hôtel un peu après onze heures. Les avocats pourraient changer leur stratégie de défense. Un rédacteur aurait assisté à une "exécution médiatique".

 

Un destin se brise-t-il dans les yeux du monde entier ?

 

Où est la vérité, dans tout ça ?

 

"A mon avis, il a violé !", disait, catégoriquement, hier matin, une dame que je rencontre chaque matin, au p'tit bistro où je vais prendre mon café, avant d'aller bosser. "Quelle preuve a-t-on ?", me suis-je permis de demander. "Il l'a déjà fait", répond-elle. J'insiste pas. Logiqu'ment, elle a raison. N'empêche que ... on n'a aucune preuve tangible. En se basant sur un passé "peu reluisant" pour justifier un présent, qui, d'office, ne l'est pas (surtout quand des évén'ments sont là), on peut déboucher sur des erreurs judiciaires, aussi. L'histoire regorge d'exemples.

 

Au 18ème siècle, un homme a été roué pour le meurtre de son fils. Sur base de "preuves". Mais on n'a jamais rien pu certifier. L'affaire Callas, si mes souv'nirs sont bons.

 

Dans les années 70, y a eu l'affaire du ... pull over rouge. Un homme est passé sur l'échafaud. Il présentait tous les signes visibles, suite au meurtre d'un enfant. Et ... il avait, paraît-il, une tête pas sympa. Après la mort de l'accusé, on s'est rendu compte qu'il était innocent.

 

J'aim'rais tant voir, en entier, le film "Douze hommes en colère", sorti en 1957. J'ai pu en voir des extraits sur "youtube". Un gars est accusé de meurtre. Sur douze jurés, onze sont convaincus de la culpabilité de l'accusé. Avec des arguments qui tiennent, apparemment la route : on a retrouvé le couteau qu'il a utilisé (un qu'on ne trouve pas dans le commerce), il a déjà un casier judiciaire rempli (maison de correction pour avoir attaqué un instituteur, vol de bagnoles ...). Tout concorde. Les préjugés des jurés, liés aux antécédents, ne font rien pour atténuer, alléger l'affaire. Seul, un juré (interprété par Henry Fonda), sans être certain de l'innocence de l'accusé, n'est pas sûr à cent pour cents de sa culpabilité. Les preuves s'avèrent, à ses yeux, toujours un rien foireuses. Et je crois qu'il finit par avoir raison.

 

Belle leçon !

 

 

 

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[...] Je ne sais ce que c'est que vouloir sans faire.

Entretiens au bord de la mer (Gallimard).

 

Le petit mot "Je ferai" a perdu des empires. Le futur n'a de sens qu'à la pointe de l'outil.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

La loi suprême de l'invention humaine est que l'on n'invente qu'en travaillant.

Système des beaux-arts (Gallimard).

 

Si les locomotives étaient conduites comme l'État, le machiniste aurait une femme sur les genoux.

Politique (P.U.F.).

 

Tout homme est sensible quand il est spectateur. Tout homme est insensible quand il agit.

Vigiles de l'esprit (Gallimard).

 

L' âme, c'est ce qui refuse le corps.

Définitions (Gallimard).

 

Cette autre vie qu'est cette vie dès qu'on se soucie de son âme.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Aimer, c'est trouver sa richesse hors de soi.

Éléments de philosophie (Gallimard).

 

Le plus bel amour ne va pas loin si on le regarde courir. Mais plutôt il faut le porter à bras comme un enfant chéri.

Esquisses de l'homme (Gallimard).

 

La connaissance craque, aussi bien que l'amour, aux hommes sans courage.

Sentiments, passions et signes (Gallimard).

 

Ma grande objection à l'argent, c'est que l'argent est bête.

Propos d'économique (Gallimard).

 

L'art et la religion ne sont pas deux choses, mais plutôt l'envers et l'endroit d'une même étoffe.

Préliminaires à la mythologie (Flammarion).

 

L'art d'écrire précède la pensée.

Propos de littérature (Gallimard).

 

Le langage absolu se retrouve en tous les arts, qui, en ce sens, sont comme des énigmes, signifiant impérieusement et beaucoup sans qu'on puisse dire quoi.

Vingt Leçons sur les beaux-arts (Gallimard).

 

En toute oeuvre d'art, la pensée sort de l'oeuvre, et jamais une oeuvre ne sort d'une pensée.

La Visite au musicien, les Arts et les Dieux (Gallimard).

 

L'erreur propre aux artistes est de croire qu'ils trouveront mieux en méditant qu'en essayant [...] Ce qu'on voulait faire, c'est en le faisant qu'on le découvre.

Avec Balzac (Gallimard).

 

Jamais un orateur n'a pensé en parlant; jamais un auditeur n'a pensé en écoutant.

Propos sur l'éducation (P.U.F.).

 

Nous n'avons pas toujours assez de force pour supporter les maux d'autrui.

Propos sur le bonheur (Gallimard).

 

La loi du juste avenir se trouve dans les consciences solitaires et libres et ne se trouve nulle part ailleurs.

Correspondance avec Romain Rolland, "Salut et Fraternité" (Albin Michel).

 

Je sus toujours mieux louer que blâmer.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Il n'y a de bonheur possible pour personne sans le soutien du courage.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

On peut défaire n'importe quel bonheur par la mauvaise volonté.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

Est bourgeois tout ce qui vit de persuader.

Les Idées et les Âges (Gallimard).

 

L'homme pense son propre chant, et ne pense rien d'autre.

Propos de littérature (Gallimard).

 

Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre; par la résistance il assure la liberté.

Propos d'un Normand, tome IV (Gallimard).

 

La tentation d'être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l'exerce; et cela ne tient pas seulement à une contagion de société: la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles.

Souvenirs de guerre (Flammarion).

 

Les grands hommes sont plus grands que nature dans le souvenir. Ce que nous voyons en eux, c'est à la fois le meilleur d'eux et le meilleur de nous.

Préliminaires à la mythologie (Flammarion).

 

Les confidences [...] sont toujours de fausses confidences.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

La connaissance craque, aussi bien que l'amour, aux hommes sans courage.

Sentiments, passions et signes (Gallimard).

 

Toute douleur veut être contemplée, ou bien elle n'est pas sentie du tout.

Propos sur le bonheur (Gallimard).

 

La loi du juste avenir se trouve dans les consciences solitaires et libres et ne se trouve nulle part ailleurs.

Correspondance avec Romain Rolland, "Salut et Fraternité" (Albin Michel).

 

On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l'espère bien.

Propos sur l'éducation (P.U.F.).

 

Tout pouvoir sans contrôle rend fou.

Politique (P.U.F.).

 

Le corps humain est le tombeau des dieux.

Système des beaux-arts (Gallimard).

 

Désordre dans le corps, erreur dans l'esprit, l'un nourrissant l'autre, voilà le réel de l'imagination.

Système des beaux-arts (Gallimard).

 

Il n'y a de bonheur possible pour personne sans le soutien du courage.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

On peut défaire n'importe quel bonheur par la mauvaise volonté.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

Ce qui est aisé à croire ne vaut pas la peine de croire.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.

Propos sur la religion (P.U.F.).

 

Les grands hommes sont plus grands que nature dans le souvenir. Ce que nous voyons en eux, c'est à la fois le meilleur d'eux et le meilleur de nous.

Préliminaires à la mythologie (Flammarion).

 

Les morts ne sont pas morts, c'est assez clair puisque nous vivons.

Propos sur le bonheur (Gallimard).

 

La vie est un travail qu'il faut faire debout.

Propos d'un Normand, tome I (Gallimard).

 

L'erreur de Descartes est de meilleure qualité que la vérité d'un pédant.

Propos d'un Normand, tome IV (Gallimard).

 

C'est la foi même qui est Dieu.

Éléments de philosophie (Gallimard).

 

Je voyais donc l'imagination à sa naissance, l'imagination qui n'est que naissance, car elle n'est que le premier état de toutes nos idées. C'est pourquoi tous les dieux sont au passé.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Je ne me suis proposé rien d'autre que de savoir ce que je disais quand je parlais comme tout le monde.

Propos d'un Normand, tome V (Gallimard).

 

Une idée que j'ai, il faut que je la nie: c'est ma manière de l'essayer.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Penser c'est dire non.

Propos sur la religion (P.U.F.).

 

Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.

Propos sur la religion (P.U.F.).

 

Le langage absolu se retrouve en tous les arts, qui, en ce sens, sont comme des énigmes, signifiant impérieusement et beaucoup sans qu'on puisse dire quoi.

Vingt Leçons sur les beaux-arts (Gallimard).

 

L'ennui est une sorte de jugement d'avance.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

L'enseignement doit être résolument retardataire.

Propos sur l'éducation (P.U.F.).

 

Si on ne suppose pas que les hommes ont tous la même intelligence, et l'ont toute, il n'y a plus ni vérité ni erreur.

Cahiers de Lorient (Gallimard).

 

Il y a une forte raison de ne pas dire au premier arrivant ce qui vient à l'esprit, c'est qu'on ne le pense point.

Éléments de philosophie (Gallimard).

 

La morale consiste à se savoir esprit et, à ce titre, obligé, absolument; car noblesse oblige.

Lettres sur la philosophie de Kant (Flammarion).

 

C'est par l'esprit que l'homme se sauve, mais c'est par l'esprit que l'homme se perd.

Mars ou la Guerre jugée (Gallimard).

 

Il n'y a de paix qu'entre esprit et esprit.

Mars ou la Guerre jugée (Gallimard).

 

Nous n'aurons jamais trop de ces fiers esprits qui jugent, critiquent et résistent. Ils sont le sel de la cité.

Propos d'un Normand, tome I (Gallimard).

 

Tous les moyens de l'esprit sont enfermés dans le langage; et qui n'a point réfléchi sur le langage n'a point réfléchi du tout.

Propos sur l'éducation (P.U.F.).

 

Désordre dans le corps, erreur dans l'esprit, l'un nourrissant l'autre, voilà le réel de l'imagination.

Système des beaux-arts (Gallimard).

 

Si les locomotives étaient conduites comme l'État, le machiniste aurait une femme sur les genoux.

Politique (P.U.F.).

 

Exister, c'est dépendre, c'est être battu du flot extérieur.

Entretiens au bord de la mer (Gallimard).

 

Le style est la poésie dans la prose, je veux dire une manière d'exprimer que la pensée n'explique pas.

Avec Balzac (Gallimard).

 

L'homme pense son propre chant, et ne pense rien d'autre.

Propos de littérature (Gallimard).

 

[...] Un sage se distingue des autres hommes, non par moins de folie, mais par plus de raison.

Idées, Étude sur Descartes (Flammarion).

 

Un fou qui dit par hasard le vrai n'a pas la vérité.

Propos d'un Normand, tome V (Gallimard).

 

Nous n'avons pas toujours assez de force pour supporter les maux d'autrui.

Propos sur le bonheur (Gallimard).

 

Fondez une Société des honnêtes gens, tous les voleurs en seront.

Propos d'un Normand, tome III (Gallimard).

 

Toutes les passions, comme le nom l'indique, viennent de ce que l'on subit au lieu de gouverner.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

Les grands hommes sont plus grands que nature dans le souvenir. Ce que nous voyons en eux, c'est à la fois le meilleur d'eux et le meilleur de nous.

Préliminaires à la mythologie (Flammarion).

 

L'histoire est composée de ce que les hommes font contre leur propre génie.

Correspondance avec Romain Rolland, "Salut et Fraternité" (Albin Michel).

 

L'individu qui pense contre la société qui dort, voilà l'histoire éternelle, et le printemps aura toujours le même hiver à vaincre.

Politique (P.U.F.).

 

L'homme juste produit la justice hors de lui parce qu'il porte la justice en lui.

Cent un propos, 5e série (Marcelle Lesage).

 

La bonne opinion que j'ai de mes semblables sans exception est corrigée par cette idée qu'ils sont bien capables de faire les imbéciles, et longtemps, s'ils en font seulement le stupide pari.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

L'homme n'est heureux que de vouloir et d'inventer.

Propos sur le bonheur (Gallimard).

 

Le Prolétariat tient pour l'Humanité contre les Pouvoirs.

Mars ou la Guerre jugée (Gallimard).

 

Qui est mécontent des autres est toujours mécontent de soi; nos flèches rebondissent sur nous.

Propos d'un Normand, tome III (Gallimard).

 

Le pessimisme est d'humeur; l'optimisme est de volonté.

Propos sur le bonheur (Gallimard).

 

[...] Les idées, même les plus sublimes, ne sont jamais à inventer, et elles se trouvent inscrites dans le vocabulaire consacré par l'usage.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Le vrai poète est celui qui trouve l'idée en forgeant le vers.

Préliminaires à l'esthétique (Gallimard).

 

L'idée n'est pas au ciel de l'abstraction; mais plutôt elle monte des terres et des travaux.

Propos d'économique (Gallimard).

 

On doit appeler machine, dans le sens le plus étendu, toute idée sans penseur.

Propos sur la religion (P.U.F.).

 

Rien n'est plus dangereux qu'une idée, quand on n'a qu'une idée.

Propos sur la religion (P.U.F.).

 

Il n'est pas difficile d'avoir une idée. Le difficile, c'est de les avoir toutes.

Propos (Gallimard).

 

Je voyais donc l'imagination à sa naissance, l'imagination qui n'est que naissance, car elle n'est que le premier état de toutes nos idées. C'est pourquoi tous les dieux sont au passé.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Désordre dans le corps, erreur dans l'esprit, l'un nourrissant l'autre, voilà le réel de l'imagination.

Système des beaux-arts (Gallimard).

 

Il n'y a qu'une méthode pour inventer, qui est d'imiter. Il n'y a qu'une méthode pour bien penser, qui est de continuer quelque pensée ancienne et éprouvée.

Propos sur l'éducation (P.U. F.).

 

Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte.

Correspondance avec Romain Rolland, "Salut et Fraternité" (Albin Michel).

 

Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde.

Mars ou la Guerre jugée (Gallimard).

 

Nous n'aurons jamais trop de ces fiers esprits qui jugent, critiquent et résistent. Ils sont le sel de la cité.

Propos d'un Normand, tome I (Gallimard).

 

La loi du juste avenir se trouve dans les consciences solitaires et libres et ne se trouve nulle part ailleurs.

Correspondance avec Romain Rolland, "Salut et Fraternité" (Albin Michel).

 

Le plus difficile au monde est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Je hais sottise encore plus que méchanceté; mais réellement je ne crois ni à l'une ni à l'autre.

Propos de littérature (Gallimard).

 

Ce que j'appelle République, c'est plutôt une énergique résistance à l'esprit monarchique, d'ailleurs nécessaire partout.

Avec Balzac (Gallimard).

 

Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.

Propos sur la religion (P.U.F.).

 

Nous respectons la raison, mais nous aimons nos passions.

Propos (Gallimard).

 

J'aime mieux une pensée fausse qu'une routine vraie.

Propos d'un Normand, tome II (Gallimard).

 

Il y a une forte raison de ne pas dire au premier arrivant ce qui vient à l'esprit, c'est qu'on ne le pense point.

Éléments de philosophie (Gallimard).

 

Apprendre à ne plus penser, c'est une partie, et non la moindre, de l'art de penser.

Esquisses de l'homme (Gallimard).

 

Penser (peser) est fonction de peseur, non fonction de balance.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

Un fou qui dit par hasard le vrai n'a pas la vérité.

Propos d'un Normand, tome V (Gallimard).

 

En toute oeuvre d'art, la pensée sort de l'oeuvre, et jamais une oeuvre ne sort d'une pensée.

La Visite au musicien, les Arts et les Dieux (Gallimard).

 

Il n'y a guère que le sublime qui puisse nous aider dans l'ordinaire de la vie.

Préliminaires à l'esthétique (Gallimard).

 

Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.

Propos sur la religion (P.U.  F.).

 

Le Prolétariat tient pour l'Humanité contre les Pouvoirs.

Mars ou la Guerre jugée (Gallimard).

 

Cette autre vie qu'est cette vie dès qu'on se soucie de son âme.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

L'individu qui pense contre la société qui dort, voilà l'histoire éternelle, et le printemps aura toujours le même hiver à vaincre.

Politique (P.U.  F.).

 

L'homme juste produit la justice hors de lui parce qu'il porte la justice en lui.

Cent un propos, 5e série (Marcelle Lesage).

 

Je ne me suis proposé rien d'autre que de savoir ce que je disais quand je parlais comme tout le monde.

Propos d'un Normand, tome V (Gallimard).

 

Les grands hommes sont plus grands que nature dans le souvenir. Ce que nous voyons en eux, c'est à la fois le meilleur d'eux et le meilleur de nous.

Préliminaires à la mythologie (Flammarion).

 

Le style est la poésie dans la prose, je veux dire une manière d'exprimer que la pensée n'explique pas.

Avec Balzac (Gallimard).

 

Apprendre à ne plus penser, c'est une partie, et non la moindre, de l'art de penser.

Esquisses de l'homme (Gallimard).

 

Aucun possible n'est beau  ; le réel seul est beau.

Système des beaux-arts (Gallimard).

 

Ce qui est aisé à croire ne vaut pas la peine de croire.

Minerve ou De la sagesse (Gallimard).

 

Nous n'aurons jamais trop de ces fiers esprits qui jugent, critiquent et résistent. Ils sont le sel de la cité.

Propos d'un Normand, tome I (Gallimard).

 

Le plus bel amour ne va pas loin si on le regarde courir. Mais plutôt il faut le porter à bras comme un enfant chéri.

Esquisses de l'homme (Gallimard).

 

Les grands hommes sont plus grands que nature dans le souvenir. Ce que nous voyons en eux, c'est à la fois le meilleur d'eux et le meilleur de nous.

Préliminaires à la mythologie (Flammarion).

 

Nul ne pense pour soi  ; cela ne peut aller [...] L'universel est le lieu des pensées.

Propos de littérature (Gallimard).

 

Exister, c'est dépendre, c'est être battu du flot extérieur.

Entretiens au bord de la mer (Gallimard).

 

Le langage absolu se retrouve en tous les arts, qui, en ce sens, sont comme des énigmes, signifiant impérieusement et beaucoup sans qu'on puisse dire quoi.

Vingt Leçons sur les beaux-arts (Gallimard).

 

La loi du juste avenir se trouve dans les consciences solitaires et libres et ne se trouve nulle part ailleurs.

Correspondance avec Romain Rolland, «Salut et Fraternité» (Albin Michel).

 

La vraie méthode pour former la notion de philosophie, c'est de penser qu'il y eut des philosophes.

Éléments de philosophie (Gallimard).

 

Si on ne suppose pas que les hommes ont tous la même intelligence, et l'ont toute, il n'y a plus ni vérité ni erreur.

Cahiers de Lorient (Gallimard).

 

Je voyais donc l'imagination à sa naissance, l'imagination qui n'est que naissance, car elle n'est que le premier état de toutes nos idées. C'est pourquoi tous les dieux sont au passé.

Histoire de mes pensées (Gallimard).

 

La raison est virile devant l'objet, puérile devant le récit.

Vigiles de l'esprit (Gallimard).

 

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Les « Mémoires » du Cardinal de Retz

12272734295?profile=originalIl s’agit d’un ouvrage de Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz (1613-1679), publié à Nancy chez Jean-Baptiste Cusson en 1717.

 

Lorsque, au début de la Régence, parurent à Nancy (dans la Lorraine encore indépendante), puis à Amsterdam les Mémoires de Retz, on fut tenté d'en mettre en doute l'authenticité. Le libraire Cusson ne donnait aucune indication sur la provenance du texte; dans tous les passages consacrés à la Fronde, on retrouvait de nombreux et évidents emprunts au Journal du Parlement; en 1715 avait commencé en France une nouvelle régence, comparable, dans ses débuts, à celle d'Anne d'Autriche: le neveu de Louis XIV, comme jadis la veuve de Louis XIII, avait eu recours au Parlement pour s'octroyer un pouvoir régalien, et ces Mémoires auraient pu être forgés pour montrer l'iniquité et la malfaisance du despotisme, pour justifier en quelque sorte la sédition des frondeurs et pour proposer un équilibre des pouvoirs conforme aux anciennes traditions françaises. Même s'il subsiste bien des mystères dans ce texte, qui est d'ailleurs brutalement interrompu, il paraît plus raisonnable d'en admettre l'authenticité. Ce n'est pas sans arrière-pensée qu'on l'a fait paraître en 1717, mais nous pouvons penser que Retz l'a composé dans sa retraite de Commercy: ce travail l'aurait occupé à peu près dix-huit mois, de l'automne 1675 au printemps 1677.

 

Les Mémoires, dans l'état où nous les connaissons, comportent trois parties. La première va de 1613 à 1643; nous y trouvons l'évocation de la famille de Retz, de sa jeunesse désordonnée (duels et galanteries), de la folie de son père de mettre dans l'Église "l'âme peut-être la moins ecclésiastique qui fût dans l'univers". Il se mêle aux complots du comte de Soissons contre Richelieu, qui a abaissé sa famille. Le cardinal-duc meurt le 4 décembre 1642, et Louis XIII le 1er mai 1643. La régente, un mois plus tard (le 12 juin), le nomme coadjuteur de son oncle à l'archevêché de Paris. Dans la deuxième partie, nous assistons à tous les événements de la Fronde. Quand Broussel est arrêté et que le peuple de Paris se révolte, Retz concourt à apaiser cette sédition. Mazarin et Anne d'Autriche ne lui en savent aucun gré et le considèrent comme un factieux. Il demeure à Paris lors de la retraite de la cour à Saint-Germain et essaie vainement d'entraîner Condé dans le camp du Parlement. Il devient, avec Bouillon et Turenne, l'un des chefs de la rébellion et voit se conclure en mars 1649 la paix de Rueil. Puis c'est l'arrestation des princes, Condé, Conti et Longueville, la guerre civile, la fuite de Mazarin, enfin la victoire du roi, qui proclame, le 22 octobre 1652, une amnistie générale. Cela ne l'empêche pas de faire arrêter Retz le 13 décembre. Il est enfermé à Vincennes, puis à Nantes. Il s'évade le 8 août 1654, gagne l'Espagne, puis la Toscane, où il parvient trois mois plus tard. Là commence la troisième partie. Retz est à Rome; il est reçu par Innocent X (novembre 1654). Le pape meurt le 7 janvier 1655. S'ouvre un conclave qui durera quatre-vingts jours: Retz parvient à faire élire le cardinal Chigi, qui prend le nom d'Alexandre VII. Il apprend que la cour a remis l'administration de l'archevêché de Paris au chapitre de Notre-Dame. Il s'agite pour faire reconnaître ses droits et recouvrer son diocèse. C'est là que le récit s'arrête, de la manière la plus abrupte.

 

Au début du texte, Retz affirme entreprendre ces Mémoires à la prière d'une dame de ses amies, qui lui a demandé un récit fidèle de ses aventures. Cette dame a des fils, auxquels l'écrivain adresse, dans les dernières pages, quelques conseils et réflexions. Les historiens ont cherché à identifier cette mystérieuse destinatrice. On a cité Mme de Lesdiguières, Mme de Sévigné, Mme de La Fayette, Mme de Grignan. Aucune certitude, aucune preuve formelle; notons toutefois que les "fils" de la dame semblent encore des enfants au moment où le cardinal écrit, ce qui doit restreindre l'enquête.

 

Cela donne, en tout cas, aux Mémoires, un accent très particulier. Retz n'écrit ni des Confessions comme Rousseau ni un poème du temps et du rêve, comme les Mémoires d'outre-tombe. Il ne revit pas son passé et ne s'y plonge pas comme dans un songe éveillé. Il a en face de lui une lectrice qu'il ne faut pas lasser, qu'il importe d'amuser constamment, et peut-être de jeunes lecteurs qui ont quelque chose à apprendre de ses expériences. C'est ainsi que le ton est brillant, vif, et que le passé - peu coloré d'ailleurs, peu pittoresque - conduit, à chaque page, à des analyses et à des réflexions généralisantes. Cette intellectualisation presque permanente n'atteint pas la haute métaphysique; elle se borne à la morale et à la politique; elle demeure dans les limites qu'exigent la conversation et la plus souriante pédagogie.

 

Cette démarche qui ne fait, au fond, de la vie de Retz qu'une longue suite d'exempla, n'empêche nullement, impose peut-être même, une extrême précision. Tous les détails importent à qui veut persuader et éclairer. Avouons que ces détails n'ont pas tous la même valeur et qu'une sorte de myopie embarrasse souvent la narration. L'écrivain se perd un peu dans le pointillisme: il se retrouve heureusement, quand son impétuosité et sa vive intelligence interrompent cette trame trop serrée, réintroduisent des aperçus cavaliers et de séduisantes fulgurances.

 

L'autobiographe était, malgré tout, un historien, et il se plie, comme dans la Conjuration du comte Jean-Louis de Fiesque, aux topoi du genre - longues harangues, maximes, et cette célèbre galerie de portraits où défilent tous les protagonistes de la guerre civile. Mais une ironie subtile mine tous ces procédés. Les discours trop beaux paraissent à demi rêvés. Les portraits trop brillants éclairent moins sur le héros que sur le peintre, qui étale, presque jusqu'à la parodie, sa virtuosité: "M. de La Rochefoucauld [...] a voulu se mêler d'intrigue dès son enfance, et dans un temps où il ne sentait pas les petits intérêts, qui n'ont jamais été son faible; et où il ne connaissait pas les Grands, qui, d'un autre sens, n'ont pas été son fort."

 

La philosophie de l'Histoire est celle du XVIIe siècle - de La Rochefoucauld précisément, de Saint-Réal et de Fontenelle. Les hommes sont faibles; ils se trompent souvent; le hasard est souverain; on peut croire à une Providence, mais elle est presque toujours voilée, et relève de la foi bien plus que de l'examen des faits. Retz appartient au clan des dévots. Il n'est pas très loin, au temps d'Anne d'Autriche, du populisme aristocratique et clérical de la Ligue. Il démontre, comme tant d'autres à son époque, que la monarchie française s'est émancipée du joug des lois et des coutumes, et est presque devenue un despotisme. Il ranime discrètement le vieux rêve d'un monarque pieux, entouré d'hommes de robe, et proche de son peuple. Y croit-il encore? Y a-t-il cru en 1648? Il semble traiter la politique des dévots comme il traite la grande Histoire de Salluste et de Tacite: avec un respect que ronge l'ironie.

 

Il voudrait, nous dit-il, éviter, comme de Thou dans ses Mémoires, à la fois la fausse gloire et la fausse modestie, et il y réussit assez bien. Il ne cache pas ses erreurs. Il se montre dupé parfois par des apparences, manipulé par de mauvais conseillers. Il n'en éprouve aucune honte et ne marque aucune animosité contre ceux qui l'ont abusé. Il n'en veut à personne, et sa clairvoyance évite l'amertume. D'ailleurs il sait reconnaître les qualités. Il nous fait comprendre que l'action politique n'est qu'un jeu et recourt souvent pour la décrire aux métaphores théâtrales (pièce, actes, parterre, violons): c'est la clé de son oeuvre, ce qui en assure le charme le plus fort. Retz ne cherche pas à faire son apologie ni à nous transmettre un idéal; il rêve parfois aux belles âmes et à la vraie vertu, mais le rêve passe vite; il nous suggère que tout est à peu près équivalent et plus comique que triste: les conventions du récit historique, les grands principes politiques font partie de la représentation. Tout au plus ce spectacle peut-il, en nous distrayant, nous conduire à quelques idées assez sages et assez simples sur la nature humaine, nous faire supposer que nous ne voyons que l'envers des choses, et que pour Dieu l'Histoire a un tout autre sens, se dépouille de ses oripeaux comiques et va vers de vénérables fins.

 

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Prudemment J’ôtai les gants de mon cœur,

Pour effleurer votre aura et apaiser sa fureur.

A son contact éthéré, les oiseaux noirs de mon âme,

S’ébrouèrent et fuirent le blâme,

Dans une nuée vaporeuse de plumes et de peurs.

 

A travers la dentelle des voiles,

Ainsi qu’une braise ardente tombée des étoiles,

Embastillée parmi les écus de l’escarcelle,

Ma vie ne fut plus qu’étincelle,

Flammèche de supplice douloureux peint sur la toile.

 

Et ma joie devint odieux chagrin,

Mon souffle d’hier et de ce jourd’hui pensèrent demain,

Et jaillis soudain de la béatitude de jadis,

Oiseaux chamarrés de paradis,

Parurent, nuée céleste sur ciel de lit aoûtien.

 

Ô délectation innocente,

Apaisement de l’esprit dans l’empyrée indécente,

Des dieux coupables de ce désarroi éphémère,

D’un amour banni de la lumière,

Qui ressuscitait à la fécondation inconsciente.

 

Le spectre honteux du déshonneur,

Dissipé par les gouttes de chants bénis de cruels pleurs,

Avait cédé place à la raison et à la grâce,

Don clément qui fils entrelace,

 Et tisse la liberté d’une langoureuse pudeur.

 

Était-ce le larcin d’un rêve,

Ou la suspension d’un cauchemar sans repos ni trêve ?

Mes yeux s’ouvrirent vers une réalité sublime,

Sourire d’un soupir ultime,

Tu reposais à mes côtés purifié de ta sève.

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le retour aux corps

L'ultime toile pour l'expo en Suède.. le mot ultime a un aspect lapidaire dans ce cas . Je le dis parce que je devine une peinture qui a envie de retrouver les gestes d'arabesques. Je pense avoir fait le tour de l'horizon nordique. je rêve de courbes voluptueuses sans horizon plat et vide. J'ai aimé cette immersion dans l'imaginaire d'une île, mais je crains maintenant la répétition..

 L'expo va plaire, j'en suis sûr, je suis ici plus consensuel, enclin au désir de plaire..

 Pas de culpabilité pour autant , j'ai éprouvé des instants de plénitude face à ces embruns brouillés de vent, de froides terres givrées..

 Cette dernière peinture amorce mon retour au corps à corps

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acry sur toile gegout© adagp2011

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Patrimoine: La Maison d'Erasme à Bruxelles

La Maison d'Erasme et le Béguinage sont deux des plus anciens musées communaux de Belgique. Avec la Collégiale des Saints Pierre et Guidon ils forment un ensemble historique de qualité qui rappelle le passé glorieux de la Commune d'Anderlecht qui connut un développement important au Moyen Age grâce au culte de Guidon, saint protecteur du bétail, et à sa situation sur la route du grand pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle. C'est en 1252, grâce à une donation d'un chanoine, qu'un petit béguinage de huit personnes s'implanta, à l'ombre de la Collégiale.

Alentour de la Collégiale on trouvait une série de maisons d'importance dans lequelles résidaient les chanoines du chapitre d'Anderlecht (parmi lequel on compta un pape, Adrien VI en 1522). C'est dans une de celles-ci que vint le grand humaniste Erasme de Rotterdam en 1521 rencontrer son ami le chanoine écolâtre (chargé de l'enseignement), Pieter Wijchmans.

Anderlecht était à l'époque un tout petit village, à la campagne, dans lequel habitaient seulement 300 âmes, c'est pourquoi Érasme écrivit à son ami français Guillaume Budé, qu' il avait suivi son conseil en venant à Anderlecht, car lui aussi voulait se mettre à jouer au paysan ! Bien que son séjour fut bref, il marqua profondément les esprits, puisque au xviie siècle, on venait déjà en "pélerinage" voir la maison "où avait vécut le grand Erasme". Aujourd'hui, cette maison abrite à la fois un musée qui conserve des œuvres anciennes (des tableaux de primitifs flamands, des sculptures, des meubles) et un centre d'études riche de milliers de livres précieux dans lequel de nombreux chercheurs y poursuivent l'oeuvre scientifique d'Erasme.

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La Maison d'Érasme organise aussi avec la librairie Quartiers Latins des promenades en français sur le thème "Érasme à Bruxelles" avec le conférencier Emmanuel Dekoninck.



La Maison d'Erasme abrite également des Sociétés savantes

-FNRS, Groupe de contact Histoire de l'humanisme et des réformes
Bruxelles-Liège
Le Groupe de contact réunit des chercheurs universitaires travaillant en Belgique. Il organise deux fois par an une journée, alternativement, autour d'un thème humaniste ou d'une problématique religieuse.
Présidente: Marie-Élisabeth Henneau (ULg), Vice-Président: Franz Bierlaire (ULg), Secrétaire: Alexandre Vanautgaerden (Maison d 'Érasme)



-FISIER
La Maison d'Erasme abrite le site de la Fisier (Fédération internationale des sociétés et instituts pour l'étude de la Renaissance) dont le but est d'encourager, de promouvoir et de coordonner, sur un plan international, les études et recherches scientifiques sur la période de la Renaissance sous tous ses aspects. Président Philip Ford (IANLS), Trésorier Catherine Magnien (SFDES), Secrétaire Alexandre Vanautgaerden (Maison d'Érasme).

-Institut interuniversitaire d'Histoire de la Renaissance (IHR)
Bruxelles
La Maison d'Érasme abrite le site de l'Institut interuniversitaire d'Histoire de la Renaissance qui réunit des membres du corps professoral des deux universités bruxelloises, francophone (ULB) et néerlandophone (VUB), et des chercheurs seiziémistes affiliés à cet institut. Président Arnout Balis.

 


Voir également:


L’Eloge de la folie, message clandestin d'une culture qui va fonder l'homme sur le refus ou l'amour

Un billet sur un livre traitant de la Maison d'Erasme

 

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La Maison de Tante Léonie-Musée Marcel Proust a pour cadre la maison de Jules et Elisabeth Amiot, oncle et tante paternelle du futur écrivain. Enfant, il y passa des vacances entre six et neuf ans. A la pittoresque cuisine de Françoise, au salon oriental de l'oncle Jules, aux chambres de Marcel et de Tante Léonie, s'ajoutent les souvenirs familiaux et les portraits des amis de l'écrivain

  


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" Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine… " (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu)

 

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La Maison de tante Léonie-Musée Marcel Proust, qui a été aménagée en 1954 par Ph.-L. Larcher, a pour cadre la maison de Jules et Elisabeth Amiot, oncle et tante paternelle du futur écrivain. L'enfant y passait ses vacances, entre six et neuf ans, et il dut y renoncer à cause de ses crises d'asthme. Dans le roman, c'est là que tante Léonie offre rituellement au héros la Petite Madeleine qui bien des années après, fait renaître tout Combray. La maison, avec son jardin fleuri, sa pittoresque cuisine, son salon oriental, les chambres de Marcel et de tante Léonie, les chambres Weil, ainsi que le musée et la salle Nadar, rassemble tous les souvenirs liés à l'écrivain. Sa visite est à compléter par celle du Pré Catelan, jardin exotique créé par Jules Amiot, et devenu, sous la plume de l'écrivain, le parc de Tansonville et par celle du château de Villebon

 

Le Pré Catelan:

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Le Château de Villebon:

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Dans la réalité, château du duc de Sully, ministre d'Henri IV, dans l'œuvre de Marcel Proust, château de Guermantes, cette demeure historique privée et habitée, que rois et chefs d'état honorèrent de leur visite, est une imposante forteresse du XIVe siècle avec sa Cour Renaissance à laquelle on accède par un pont-levis toujours en état de marche ; elle est baignée par des douves en eau et entourée d'un parc aux belles perspectives avec ses daims, pièces d'eau et canaux. Visites en français ou anglais du 15 avril au 30 septembre. Pour les groupes sur réservation, pour les individuels les 1er dimanche d'avril à octobre, à 15h30. 28190 Villebon. Tél. 02 37 37 35 63

 

Maison de Tante Léonie
4-6 rue du Dr Proust
28120 Illiers-Combray
France

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PARTIR

12272731853?profile=originalJe pars sans bouger et il n'y a pas de retour

On ne part pas écrivait Rimbaud

On ne cesse de partir et les voyages ne sont pas ceux qu'on croit

Cette mer qui n'existe pas derrière les peupliers est pour moi plus réelle que la mer ...

Guy Goffette (Les derniers planteurs de fumée)

Figure de proue d'un grand voilier Brésilien ,( image AA )

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journal de bord, mardi 17 mai 2011

Un éventuel futur président de la république française se retrouve menotté aux Etats-Unis. Parce qu'il aurait tenté de violer une femme de chambre, là-bas. Paraît que le gaillard a déjà été visé dans des affaires judiciaires. Une Française, ce matin, entendrait aussi porter plainte. Certaines infos, concernant l'agression sexuelle de l'accusé, démentiraient que cette histoire est un coup monté. Contre toute attente, cette histoire pourrait ... ne pas profiter à "l'encore actuel" président de la république française.

 

Que dire ?

 

Un champion du marathon a fait une chute mortelle, depuis le deuxième étage de sa maison.

 

Des boîtes noires d'un avion ont été recueillies après avoir passé vingt-trois mois au fond de l'océan.

 

Que dire ? Que penser ?

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J'aime la nuit!

 

La nuit t’emmène aux rayons des baisers

Aux frisons des miroirs

Aux larges de l’essentiel

Aux promesses du ciel

Au mythe de la vie !

 

La nuit m’emmène aux tourbillons des sensations

Aux brouillards des miroirs

Aux ruines de l’essentiel

Aux orages du ciel

Aux averses du « pourquoi » ?

 

Monia Boulila

http://boulila.fr.nf

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Exposition - vente

Le 10 septembre prochain,  journée" portes ouvertes" à mon atelier à Bois Colombes (92270 - France)

Venez nombreux découvrir plus de mille peintures  sur toiles, papier, carton, et bois.

Qu'on se le dise!!!

 

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journal de bord, lundi 16 mai 2011

Un instantané.

 

Hier, en reprenant le train.

 

Arrivé à la première halte (Nivelles) ...

 

Mon voisin (de compartiment) se lève. A la quatrième vitesse. Il a les jambes ... croisées. Un objet, qu'il doit emporter, tombe. J'ai le réflexe de vouloir le ramasser. Il me dit : "non, ça va". Je laisse dire, je laisse faire. En une fraction de seconde, il récupère l'objet avec un de ses doigts de pied. Il file dans la pièce, la case d'à côté, où une chaise roulante l'attend. Il s'assied sur son trône, sans égratignures. Trois s'condes plus tard, grâce à l'aide de deux personnes, sur le quai, il a quitté le train.

 

J'avais capté le gars, déjà, quand je m'étais assis à côté. Gentil. Souriant. Sans complexes. Sans chichi. En train d'écouter "un peu de tout" dans son baladeur.

 

Divine éclaircie !

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Éguski

La lune du haut du ciel, regardait le petit chemin sur le plateau. Elle seule vit ces deux ombres noires sur le gravier jaune qui allaient vers l’église.

La jeune veuve suivie de sa mère, chassait les pensées de sa tête sans y parvenir une seconde. Éguski, lui, celui-ci en plus, avec son prénom à ne pas y croire, soleil. Qui sait…, quelle humiliation tout de même. Il ne demande rien mais on le devine. D’autre part…se mettre avec un autre homme…avant tout une perte de temps…et puis, qui sait combien d’embêtements, sans parler…sans parler des autres embêtements. Certes, les hommes sont si faciles ! On n’en rencontre pas tellement des biens.

Mais à quarante ans,… hé, à quarante ans, après en avoir perdu l’habitude, se remettre à penser à se découvrir pour un autre…hé, bé à quarante ans, ça ne doit pas être facile. Toujours être jolie, oui parce que les femmes ailleurs,…et puis cette envie qu’ils ont de toujours vouloir coucher, là ou ici, pour faire ça, hein, comment leur donner ce que je ne sens pas…Quoique… Me marier!!! Non mais quelle histoire. Au moins il a une paye fixe. On n’aime pas pour ça mais on peut aimer à cause de ça se disait elle. Il est presque vieux mais c’est un brave homme et veuf par dessus le marché. Bien veuf en plus. Depuis longtemps. Propre aussi. Oui, il se remariait, il le voulait le pauvre, plutôt par force que par amour au bout de plusieurs années de veuvage, parce qu’il avait besoin d’une femme, là-haut, pour tenir son ménage sa cuisine, le soir. Le soir, c’est là ou c’est pas facile, le soir. Voilà pourquoi il se remariait.
L’amour. Pour ça…elle se faisait confiance. Elle saurait faire. Parfois il n’entendait plus son pas sur le sol, un léger frou frou peut être, elle saurait se tenir, une manière de lever les bras pour qu’il la sente, de se pencher en dévoilant ses chevilles, oui elle y arriverait. Elle aussi l’aimerait peut être, le gardien du cimetière, à la sortie du village.

On était en Avril, il restait l’été à naître, la lune souriait et dans quelques heures, Marastelle serait mariée
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Amagnie

Silence de glace, odeur de cire sur le carrelage, fraîche candeur des rideaux de mousseline aux fenêtres, tel est depuis onze ans, l’appartement de Mme Leuca. Mais en ce moment, il plane sur toutes les pièces comme une étrange surdité. Et cela vous agace, oui vous agace, que l’horloge de la salle à manger fasse entendre dans cette surdité son lent tic-tac si distinctement détaché dans toutes les pièces comme si le temps pouvait encore couler aussi placide et uniforme que toujours.

Dans le salon, il y avait bien aussi le grillotis, oui mais pas trop fort, des bibelots en verre et en argent et l’on aurait dit que les pendentifs des candélabres dorés sur la console et les petits verres du service à liqueur sur la table à thé avaient des frissons de peur et des frémissements d’indignation après le départ des voisines. Les voisines, fallait les voir. Petit troupeau de madames avec des choses à dire sur chaque chose, elles quittaient la maison après l’avoir occupée comme de la poussière d’été, levée par l’orage.

- « La vie ! » elles disaient ça avant de s’enfoncer dans la ruelle sombre.
- La vie, ah la vie !

Silencieuse, madame Leuca les regardaient partir. Ce n’est pas qu’elle n’était pas d’accord, mais enfin, plutôt que de ne plus voir personne, elle avait choisi de dire moins, peut être au fond pour penser mieux. La vie, et oui, cette vie là justement : quelque chose de honteux impossible à avouer, une misère à laquelle il faut compatir ainsi ; en haussant les épaules et en baissant les paupières ou en tendant le cou comme s’il s’agissait d’une pilule bien amère à avaler.

La vie ! N’était ce donc pas la vie qu’elle savourait, elle souvent seule, dans une paix inaltérable, dans la perfection d’un ordre si net, dans ce silence accompagné du lent tic-tac de l’horloge qui sonne les heures et les demies heures du ton languissant et apaisant de son coffre vitré?

Qu’en savaient elles, elles de la vie, elles qui ne vivaient qu’en regardant le soleil les yeux plissés et le front usé de l’avoir tellement questionné pendant que la vie passait ? Alors elle se repencha sur la table ou son cahier l’attendait. Il fallait garder ces choses là secrètes. Écrire ici, c’est un peu perdre son temps, mais tant de choses sont à dire qui restent des secrets :

« Mon frère,
La terreur du monde réel n’a jamais cessé de peser sur ma destinée. La terre n’a jamais été solide sous mes pieds. Elle chavire souvent, je la sens sombrer, s’effondrer en moi-même. Cette instabilité parfois, me donne l’impression de gagner le monde entier. Je n’ai jamais trouvé la terre hospitalière mais j’ai vécu mon enfance comme un animal voué à la sensibilité. Cette terre natale qui revient tous les matins, comme un être aimé sans retenue, m’est souvent apparue comme quelque chose d’hostile, de terriblement angoissant en lutte contre moi. L’impression qu’elle s’imposait à moi, reflet de l’abîme et de la précarité de mon assise, l’empreinte d’une perte fondamentale. »

Hé bé, une fois écrites ces choses là devaient bien sur rester secrètes. De toute manière, qui pouvait lire autre chose que le ciel dans cette campagne ? Et que lit-on dans le ciel ? Et quoi encore, avec l’aide de Dieu surement, oui parce que évidement. Dieu. Dieu et ses grimaces. Un jour à genoux devant lui, parce que personne n’honore les vivants, elle avait écrit entre ses larmes, ce que la stèle de son mari aurait du avoir pour l’éternité.

« Il était un homme exigeant avec lui-même comme envers les autres mais à cette rigueur s’ajoutait un tempérament à la fois ténébreux et solaire, fier et passionné, de sorte que ses amitiés furent souvent marquées par des ruptures éventuellement suivies, le temps passant de chaleureuses mais rares réconciliations. Il aimait les femmes, adorait le grouillement de la rue, la terrasse du café sur laquelle il venait seul, rien dans les mains. D’ailleurs qui l’a vu dans ses solitaires replis, s’abandonner à la conquête d’une splendide passerelle entre le temps et les heures, toute de formes et de dentelle fut elle ? Rien dans son apparence, dans sa curiosité toujours en éveil pour toutes choses, n’aurait fait supposer que cet homme si bien portant, resplendissant et beau, cachait une blessure en son flanc, qu’il savait inguérissable. ».

Sur une stèle… et alors qu’auraient dit les autres ? Et qui l’aurait gravée la stèle ?

C’était ses secrets à elle, personne pour savoir qu’elle les écrivait, les pensait, loin des gens du village, des enfants, des cris du monde. La montagne se dressait là, comme un mur de toujours et son air d’éternité, se couchant dans son ombre au crépuscule et lourdement puissante les jours de pluies aux quatre saisons. Il y avait les enfants, heureusement, avant qu’ils ne deviennent grands, qui faisaient de la vie, des petits soleils en plus. Après tout, l’univers n’était pas que pour les autres, alors, oui parmi les mots, les secrets, de petits soleils pondus, des en plus, comme des surprises dans les poches, lorsqu’on est loin de la maison et qu’il reste quelques noix écalées tièdes, réchauffées à la peau humide d’avoir trop marché.

C’était aussi un secret que le départ de son frère, avec ses airs de souffrir plus que tout le monde. La ville qui les mangeait tous les uns après les autres. Il écrivait, parfois, deux fois rien, quoi, une lettre en 20 ans ? Et quelle lettre. Pour lui dire à quel point elle lui avait pris son enfance, piétiné sa destinée à lui, des mots qu’elle ne comprenait pas entièrement, des choses qu’on ne dit pas.

Oui, il avait trouvé une belle femme, oui il avait fait des enfants et oui il avait une maison. Elle n’avait rien vu de tout cela, mais ça devait être vrai. Depuis ce temps, il avait du sentir le temps passer, il faudrait bien qu’elle y aille à la ville voir cette maison. Et le voir lui, après tout, la maison, sa femme, ses enfants ce n’était qu’un prétexte. Elle l’avait tellement aimé, il l’avait tellement fait rire. Les tempêtes de l’enfance, ils les avaient traversées à deux, celles de la vie, elles s’étaient accrochées à chacun de ses cheveux à elle, surement aux siens aussi mais elle n’en savait rien au fond.

En attendant et depuis si longtemps, il fallait se résoudre à ce silence comme une cape de plomb sur sa vie. Il avait décidé qu’elle ne devait plus être en contact avec lui, cela lui faisait du mal, alors sans avis, il avait coupé les ponts. Juste bonne à rien ni à personne, voila comment elle s’était sentie. Triste destin que ces enfants qui s’aiment trop. Oh pas de vilaines choses non, des choses que les seuls ne peuvent pas connaître, que les singuliers ne peuvent pas apprécier. Des choses d’enfants, s’endormir le soir avec la main de l’autre, écouter son souffle régulier, entendre son pas dans les chemins, comprendre son appréciation de tout et de rien sans rien échanger, être dans le même camp devant les autres. Des riens, de ceux qui font que les autres cherchent toute une vie, l’âme sœur. Alors, la peur au ventre, elle avait continué, sans jamais bouger de ce village, fière tout de même, qu’un des deux soit parti.

La terre, les vaches, les saisons, les cochons, un mari et puis une fille. Voila la vie qui était passée dans ce silence étourdissant qui la dévorait encore parfois si elle se laissait aller. Un dernier coup de balai sur le sol et un coup de ce vin là et puis voila, la journée aurait été bien remplie. Comme la vie, un jour passé, un jour de plus.

Elle fuyait ces points d’interrogations qui surgissaient sans qu’elle les appelle, là dans la poussière, ou bien lorsqu’elle étendait le linge. Pourrait-elle lui dire un jour qu’il lui avait manqué tant et tant ? Voudrait-il l’écouter lui raconter la peur de ses silences et de ses cris profondément enfouis, lorsqu’il fallait aller bien et tenir la maison, s’occuper des champs, faire comme si rien n’était plus normal que de perdre son frère.

Pourquoi, n’était elle plus assez aimable pour être aimée, pourquoi ne lui avait il pas tendu un peu la main au cours de ces années de cœur sec. Oui c’était cela, la moitié du cœur sec et l’autre qui a besoin de l’eau de la vie. Un seul de ses mots à lui son frère jumeau et sa vie aurait été colorée de jaune, de bleu, avec une forêt de pleine vie. On ne devrait plus vivre sans son jumeau, non jamais.

Adolescent, il lui avait dit qu’il fallait vivre comme des « tout seul » avant de se mettre à courir les filles. Elle avait mis des années à comprendre, non pas que ce soit difficile, mais elle n’avait jamais pensé que les singuliers, ces solitudes qui passent leur vie à chercher l’âme sœur, pouvait être un modèle, un idéal. Elle avait mis la vie pour constater qu’il s’était peut être trompé et qu’elle ne pourrait jamais vivre avec le manque de frère, avec ce grand trou noir au fond d’elle, ce vertige qui l’emportait un peu chaque matin, parce qu’il fallait ne pas en parler. Alors elle avait meublé les vides, les mélancolies par l’abrutissante régularité des saisons, des choses qu’il avait fui. Un temps ramasser les noix, un temps le maïs, un temps les légumes, un temps le linge, un temps le bois, un temps les voisins, un temps les fleurs, un temps les plantes qui soignent, un temps lever les collets, un temps se ramasser avec tous ces souvenirs étalés, un temps pour tenter d’en faire une vie. Tous les temps avant le temps du rien.

Son frère, elle l’avait aimé comme elle n’avait rien aimé d’autre, il ne le savait pas, il n’existait plus, il était devenu ce qu’il avait toujours été, l’autre, son autre.
Alors, le balai elle le passait sans y penser. Dehors, le ciel léchait le ventre de la terre, elle était seule, un peu plus ce soir là. Le soleil se couchait derrière la montagne toute là, immense et éternelle, toujours changeante et tellement immobile.
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Matin de ruines à Bamako

Je marche dans un village fantôme. C’est mon quartier éteint, dans la nuit de Bamako juste avant l’appel de la mosquée. À peine sorti de chez moi, dans les rues, le jour bruyantes, je longe les murs silencieux, me heurtant parfois sur le sol, à des roches rouges et poussiéreuses. D’anciennes villas post colonial évoquent, avec un peu d’imagination, les fastes d’autrefois sans parvenir toutefois à donner le change : les lézardes dans les façades laissent deviner les trouées du temps sur les toits qui surplombent les vérandas, défoncées par l’abandon.
Dans la maison, de l’autre côté du carré, qui a le charme d’un petit palais de province ou les princes ont cessé de venir, un lustre est resté accroché au plafond du balcon.

Sous ce climat chaud, ou les chemises et les robes collent à la peau, parfois avec bonheur, seul paysage étonnant de beauté dans la ruine envahissante, il y a dans ces demeures délabrées mais encore habitées par des familles venues des villages de brousse, quelque chose qui s’apparente à la dignité perdue. Comme si les murs lépreux et couverts de poussière, détruits par endroits, tentaient de maintenir les apparences, à l’égal des clochards vêtus d’un smoking. Est-ce l’homme qui ne porte pas le bon habit ou l’habit qui n’est pas sur le bon homme ?

Dans cette vieille maison, devant laquelle, retournées, une dizaine de calebasses expliquent en un coup d’œil qu’elles sont sous contrôle d’autant de femmes pour une centaine de marmots et de maris feignamment éffouarés, dans leurs fauteuils de nylon tressé, des cordes à linge où pendent des maillots de corps et des soutien-gorge au dessus de la terre sur laquelle dansent des centaines de sacs de plastique noir, tels des feux follets sans flamme. Je fais le tour du quartier. Le muezzin entame son appel à la prière, les sotrama amorcent leurs rondes polluantes, brinquebalants leurs carcasses dangereusement tremblantes parmi les vendeuses de beignets qui vont rejoindre leurs étals poussiéreux avec des bassines sur la tête, les yeux encore pleins de sommeil.
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Tout va bien, Bamako, marché

Une chaleur écrasante dans laquelle les livreurs en vélo, suant sur leurs ruines mécaniques cent fois réparées, ahanant, poussent de lourdes charges entre les bagnoles scrapées qui lâchent des gaz polluants aux visages des passantes surchargées sur la tête de bassines bariolées. Cette chaleur inhumaine frappe la vie d'une violence intolérable à laquelle se soumettent ces millions de gens, comme repentis au châtiment de Dieu, Celui ci qu'ils adorent partout, le nez dans les ordures, les mains à plat sur la terre usée et sans eau.

L'éclat du soleil sur les mille plaques de tôle rouillée, à travers les manguiers vidés de leurs fruits, reflète dans la poussière de la ville, la lumière jaune du sable levé qui en tombant colore les fossés d'égouts, d'une boue dégueulasse. Elle sent la pisse et la merde, en coulant lentement sous le nez des hommes éjarrés. Ils sirotent du thé sucré; loin des femmes au dos cassé, au sexe mutilé, normalement soumises à l'usure domestique comme l'âne muet fléchissant sous le bat. Tout va bien.
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Montréal nord

Le ciel de l'ile ne s'enneige pas
Et mon âme lasse un peu,
Voudra regarder les vagues levées par le vent
En éternelle marée contre la digue
Ou je me penche pour presque toucher ravi,
Leurs crêtes chapeautées d'écume.
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Ouvres tes yeux


Repousses tes peurs au bord du gouffre, le printemps est là.
Dehors loin dans le ciel, les oies t'appellent
Elles sont en grands troupeaux
De retour sur nos rives encore glacées.
Demain, sans attendre, j'irai les saluer avec toi dans ma tête,
Toi libéré de notre peur, toi de retour parmi nous,
Toi enfin, de retour pour toujours.
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Amagnie

Au fil des jours et des mots, de ces nuits avides, sans aurores, elle se regardait aller comme une funambule sur le fil. Comme au cirque. Ah oui le cirque. D’ailleurs ce n’était pas normal de penser à un funambule alors que la maison respirait après sa première chaleur d’avril, les pierres sèches; elle les entendait haleter. Les enfants, Pierre le tordu et les jumeaux dormaient à côté, dans la chambre. Et s’ils n’avaient pas été là ces enfants, comment les jours seraient ils passés ? Au fond, bien avant les cimes d’où descendait une brise presque fraîche, les dernières maisons de la commune disparaissaient dans une brume légère qui montait de l’herbe tendre, chauffée par ce soleil pas encore tout à fait de l’été. Et là, trop proches, les cochons grognaient derrière le mur, il faudrait bientôt penser à les retourner au fond du jardin, avec les jours chauds, l’odeur allait devenir aussi intolérable que le bruit des truies en chaleur à la fin de l’hiver. Et s’ils n’avaient pas été là les cochons ? Comment les jours se seraient ils mangés ?

La dernière fois qu’elle avait vu un cirque, c’était au moins, avant sa première communion. Oh la robe de ce jour là…Il y avait la robe, le dieu, le dieu juste à côté des cierges allumés. Que tout était beau. Quelle histoire tout de même, le Dieu dans le bleu du ciel de l’église, les femmes du village avec leurs robes noires et leur air sévère d’être toujours en colère. Mais enfin, Dieu et les histoires du curé, on grandit trop vite pour toutes les retenir, faut-il vraiment s’en rappeler pour être heureux ? Aujourd’hui, à bien y penser, de la religion, ce qui se voit, ce ne sont que des grimaces partout sur la terre…Ils sont là avec leurs guerres, leurs croix et leurs bannières, leurs lunes et leurs faucilles, leurs voiles et leurs interdits, leurs commandements disent ils, qui sont ils pour commander avec leurs terreurs, jusqu’ici, partout ailleurs, les enfants dans les champs, les cuisines et sous les robes de leurs mères?

Et ses yeux se mouillaient du temps si vite passé.
Le temps, mais oui, le temps fait pleurer un peu. Oh pas grand-chose, le temps d’un oignon, d’une pelure de mémoire, le temps d’un souvenir. Alors oui, parce que le temps passe comme un funambule qui monte vers la plate forme. Elle avait souvent l’impression de n’avoir pas été en équilibre mais en chute et c’est vrai qu’un funambule qui tombe, eh bien ce n’est plus un funambule. Elle, elle n’était pas tombée. Elle n’était pas devenue
non plus une funambule. Enfin, parfois la vie prenait l’air et tardait juste un peu à reprendre sa place.
Entre les murs de planches des ruelles de Montréal, l'hiver vient de se poser sans gène, glissant sous mon blouson, sa main froide comme celle de ma diva à son retour de promenade. Il y a des débuts de saisons qui ressemblent en leurs mitans, à ces pleins qu'ils annoncent, à quelques heures à peine de la promesse enfuie, bien à la place qu'ils occupent sans frémir, tel cet hiver 'installé comme s'il n'y avait que lui.

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