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Les amours jaunes

12272815093?profile=original"Les amours jaunes" est un recueil poétique de Tristan Corbière, pseudonyme d'Édouard Joachim Corbière(1845-1875), publié à Paris chez Glady frères en 1873.

 

Les poèmes des Amours jaunes, oeuvre unique de Tristan Corbière, ont été vraisemblablement composés à partir de 1862 et jusqu'en 1873. Le poète fit éditer le recueil à ses frais et le livre passa inaperçu. Il fallut attendre le premier article des Poètes maudits de Verlaine, en 1881, consacré à Corbière, et A rebours de Huysmans, en 1884, dont le héros, Des Esseintes, range les Amours jaunes parmi ses ouvrages favoris, pour que l'oeuvre de Corbière sorte de l'ombre.

 

Le recueil contient quatre-vingt-quatorze poèmes répartis en sept sections: «Ça», «les Amours jaunes», «Sérénade des sérénades», «Raccrocs», «Armor», «Gens de mer» et «Rondels pour après». Cette disposition est le fruit d'un travail de composition et ne reflète pas l'ordre chronologique de rédaction des poèmes. Bien que les renseignements sur ce sujet soient peu nombreux - les indications de date ou de lieu qui accompagnent souvent les textes sont fictives -, on peut avancer que les sections «Armor» et «Gens de mer», qui chantent la Bretagne natale du poète, ont été écrites à Roscoff, entre 1862 et 1871. La rencontre, en 1871, d'une jeune femme, nommée Marcelle dans la dédicace versifiée qui ouvre le recueil, engendre une rupture tant dans la vie que dans la poésie de Corbière qui effectue de nombreux séjours à Paris, entre 1872 et 1874, pour retrouver Marcelle. Les poèmes des «Amours jaunes», de «Sérénade des sérénades» et de «Raccrocs», composés sans doute entre 1871 et 1873 et caractérisés par une thématique amoureuse et un cadre urbain, sont d'une inspiration différente de celle des sections consacrées à la Bretagne.

 

L'organisation des Amours jaunes est donc le fruit d'une architecture concertée. Après une première partie, «Ça», consacrée à une présentation, ironique et dramatique à la fois, du livre et du poète, Corbière choisit de placer en tête du recueil les pièces parisiennes où s'expriment la détresse sentimentale et la distance douloureuse et hostile qui sépare l'homme de la femme («les Amours jaunes», «Sérénade des sérénades», «Raccrocs»). Ce ton pathétique et grinçant trouve une sorte d'apaisement dans les sections suivantes («Armor», «Gens de mer»), la terre natale apparaissant comme un refuge salvateur. La dernière section, «Rondels pour après», contient des poèmes en forme de berceuses qui font de la mort l'ultime havre libérateur.

 

Le titre du recueil est énigmatique et crée d'emblée, par les termes qu'il associe, une dissonance, élément clé pour l'ensemble de l'ouvrage. Le mot «amours», en effet, semble placer l'oeuvre dans la continuité d'une tradition poétique lyrique et sentimentale (on pense aux Amours de Ronsard) mais l'adjectif «jaunes» perturbe les repères et fait vaciller le premier signifiant. L'amour jaune serait-il une analogie du rire jaune, rire sans vraie gaieté, c'est-à-dire faux et douloureux? Ce rire jaune apparaît, explicitement lié à l'amour, dans "A l'Etna" («Raccrocs»): «- Tu ris jaune et tousses: sans doute, / Crachant un vieil amour malsain.» Le jaune est aussi la couleur symbolique de la tromperie («couleur de Judas», dit le Littré) et de la dégradation (par opposition à la pureté idéale du blanc). Le syntagme nominal «amours jaunes» place le recueil sous les auspices de la disharmonie.

 

La femme, objet d'un impossible amour, est toujours cruelle. Elle dit par exemple dans "Pauvre Garçon": «J'ai fait des ricochets sur son coeur en tempête. [...] / Serait-il mort de chic, de boire, ou de phtisie, / Ou peut-être, après tout: de rien [...] / ou bien de Moi.» Le poème "Bonne fortune et Fortune" est une sorte de fable symbolique qui conte l'échec de l'union amoureuse: la passante désirée par le poète prend celui-ci pour un mendiant et lui donne «deux sous». Lorsque le sentiment amoureux est miraculeusement partagé, un écart infranchissable persiste entre la femme et l'homme: «Lui - cet être faussé, mal aimé, mal souffert, / Mal haï - mauvais livre... et pire: il m'intéresse. - / [...] / Cet homme est laid... - Et moi, ne suis-je donc pas belle, / Et belle encore pour nous deux! - / En suis-je donc enfin aux rêves de pucelle?... / - Je suis reine: Qu'il soit lépreux!» ("Femme"). C'est seulement avec la mort que semble pouvoir advenir une fusion apaisée, à la fois érotique et idéale: «Sentir sur ma lèvre appauvrie / Ton dernier baiser se gercer, / La mort dans tes bras me bercer... / Me déshabiller de la vie!...» ("Un jeune qui s'en va").

 

Le manque d'harmonie ne concerne pas seulement la relation amoureuse. Il est inhérent au poète lui-même. Corbière endosse volontiers, dans ses poèmes, les masques de la laideur, de la misère et de l'infirmité. Ainsi, le poème "le Crapaud", sorte d'écho grinçant, car dépouillé de tout idéalisme, de "l'Albatros" baudelairien, s'achève par ces mots: «Ce crapaud-là c'est moi.» Ailleurs, le poète apparaît sous les traits du «lépreux» ("Femme", "le Poète contumace"), du «paria» ("Paria"), du «sourd» ("Rapsodie du sourd"), du «borgne» ou de l'«aveugle» ("Cris d'aveugle", "la Rapsodie foraine et le Pardon de sainte Anne"). Ces avatars d'un moi estropié et souffrant disent la difficulté d'être qui ne cesse de tenailler Corbière: «- Manque de savoir-vivre extrême - il survivait - / Et - manque de savoir-mourir - il écrivait» ("le Poète contumace"). D'autres périphrases délivrent pourtant une image lumineuse du poète: «beau décrocheur d'étoiles» ("Sonnet posthume"), «voleur d'étincelles» ("Rondel"), «peigneur de comètes» ("Petit mort pour rire"). Mais ces visions radieuses appartiennent toutes à l'ultime section du recueil «Rondels pour après», c'est-à-dire à l'univers de la mort réparatrice.

 

Ici et maintenant, la plénitude et l'harmonie sont refusées. Les multiples antithèses qui apparaissent dans les poèmes traduisent une identité douloureuse, écartelée toujours entre des postulations contradictoires: «Oiseau rare - et de pacotille; / Très mâle... et quelquefois très fille; / Capable de tout, - bon à rien; Gâchant bien le mal, mal le bien. Prodigue comme était l'enfant / Du Testament, - sans testament» ("Épitaphe"). Cette infernale lucidité dans l'analyse de soi donne le vertige et paralyse: «Trop Soi pour se pouvoir souffrir, / L'esprit à sec et la tête ivre, / Fini, mais ne sachant finir, / Il mourut en s'attendant vivre / Et vécut, s'attendant mourir. / Ci-gît, - coeur sans coeur, mal planté, / Trop réussi, - comme raté» ("Épitaphe"). L'effort de définition de soi tord le langage pour lui faire exprimer le paradoxe d'une existence déchirée par l'impossibilité de vivre: «Lui, ce viveur vécu, revenant égaré» ("le Poète contumace").

 

Le malheur et la souffrance sont donc au coeur de cette poésie. Toutefois, celle-ci mêle constamment, toujours selon le principe de l'éternelle réversibilité de toute chose, le rire au désespoir: «Viens pleurer, si mes vers ont pu te faire rire; / Viens rire, s'ils t'ont fait pleurer.../ Ce sera drôle... Viens jouer à la misère» ("le Poète contumace"). Cette constante présence de l'humour éloigne radicalement la poésie de Corbière de l'effusion romantique.

Cet humour frappe la poésie elle-même: des titres de sections tels que «Ça» ou «Raccrocs» témoignent d'une volonté de déjouer le sérieux et le formalisme de l'entreprise poétique. Ainsi, le premier poème du recueil, "Ça?", après de vaines tentatives pour définir la poésie des Amours jaunes, conclut: «C'est, ou ce n'est pas ça: rien ou quelque chose... Un chef-d'Oeuvre? - Il se peut: je n'en ai jamais fait. / [...] / C'est un coup de raccroc, juste ou faux, par hasard... / L'Art ne me connaît pas. Je ne connais pas l'Art.» Radicale et dévastatrice, l'ironie s'enracine dans le déchirement intérieur du poète. Le langage lui-même est frappé de suspicion car il peut sans cesse mentir. C'est pour cela que Corbière ne cesse de raturer, de retourner les énoncés.

 

Sa poésie puise sa force dans une sorte d'élan cahotique qui la caractérise. Une abondante ponctuation, à grand renfort de tirets et de points de suspension, bouscule le rythme et crée une respiration singulière. Images, idées ou mots paraissent s'enchaîner au fil de libres associations, si bien que les surréalistes ont cru déceler dans la "Litanie du sommeil" les prémices de l'écriture automatique. Or les témoignages de contemporains ou l'examen des brouillons et manuscrits de Corbière révèlent que cet apparent désordre est au contraire le fruit d'un minutieux travail. Jules Laforgue, dans «Une étude sur Corbière» (Mélanges posthumes, 1903), prétend qu'il est impossible d'extraire un seul beau vers des Amours jaunes. La remarque est peut-être excessive mais elle est fondée: Corbière travaille à désarticuler le vers. Sa poésie refuse les harmonies trop faciles et ne cède pas aux charmes de l'esthétisme: «Ce fut un vrai poète: il n'avait pas de chant» ("Décourageux").

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Frétillement

 

Quand tout me charme en toi
M'appelle à la rébellion
Tout te désire en moi
Me pousse au consentement
Je vois venir à moi
Ton souffle si ardent
Tes mots me dévisagent
Ton œil me déshabille
Ton souffle me convoite
Ma peau du coup frétille
Mon voile ne tient plus
Mon teint si écarlate
Trahit mon pouls tonnerre
Et mes sens en émoi
Ne pensent plus à l'âge
Ni même à la pudeur
Mais seulement au voyage
De nos deux cœurs soudés
Que seul l'amour soulage
Au rendez-vous des corps
Qu'une flèche a guidés
Vers leur ultime port


Khadija, Rabat, jeudi 31Mai2012, 17h.

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Le passé, rêve évanoui

 

 

Sur la route de son destin,

Chaque être, en avançant espère.

Surpris, s'éveillant au matin,

Il pense, à ce qu'il devra faire.

...

Mektoub! veut dire:c'est écrit.

Vrai, la réalité s'impose.

Quand on se retrouve mal pris,

Faute de pouvoir, on compose.

...

Certes, on se croyait à l'abri,

La nature paraissant fiable.

Aussi ceux, tendrement chéris,

Dont l'absence était impensable.

...

Si l'on fut entouré longtemps,

Désormais seul, en fin de vie,

Peut-on goûter de doux instants,

Alors que la mémoire oublie?

...

16 juin 2012

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La Mer du Nord !

La Mer du Nord, c’est marée basse avec ses immenses plages de sable fin à perte de vue, les coquillages qui font mal aux pieds, le vent qui vous fouette le visage, c’est marée haute avec les vagues agressives et sauvages qui se brisent sur les jetées.

C’est tôt le matin, les pêcheurs de crevettes avec leurs chevaux tirant de grands filets, des bateaux au loin. C’est aussi des petits enfants qui ont le jeu et l’aube dans le regard,  des cerfs-volants qui se battent dans le ciel.

Ce sont les vacances si longtemps désirées et enfin arrivées.

 

Dans les petits villages côtiers, les maisons font l’objet de location, ainsi que toutes les annexes, garages, caves, tout est transformé en studio pour accueillir les vacanciers.

Les rues sont animées, décorées de grandes vasques de fleurs multicolores, la vie est gaie, les gens se promènent, les enfants jouent à vélo, au ballon, d’autres sont assis aux terrasses des cafés et se reposent.

 

Une petite famille s’est installée pour un mois de vacances, ce n’est pas le luxe, c’est correct. Le père amène la mère et les enfants et repart chez lui jusqu’au prochain week-end.

Avec eux, un garçonnet de 9 ans accompagne sa tante, confié à celle-ci par sa mère pour profiter de la mer et du bon air. Dans la petite location, la famille est néanmoins à l’étroit.

 

Commence l’histoire d’un petit garçon blond qui n’a rien compris, qui n’a pas saisi que les adultes ne sont pas tous gentils, qu’ils sont parfois investis de sentiments que la moral réprouve et de gestes pressants et dissimulés qui deviennent vite insupportable.

 

Comment un enfant innocent s’est fait piégé par une personne en qui il avait placé toute sa confiance, un parent, un être vil, où un moment d’innocence a basculé dans l’horreur.

 

Les jeux et les sorties à la plage font parties des joies des vacances et pourtant le drame se déroule à l’insu de tous. La semaine se passe dans l’angoisse et le week-end arrivant, l’enfant frémit.

 

Le monde s’écroule, devient laid pour l’enfant blond, l’incompréhension, des questions sans cesse répétées, des « pourquoi », des « comment », la honte.

 

Et l’engrenage…Que tout le monde dit connaître…

 

Vie d’enfants difficiles. Instabilité à l’école, perte de confiance en soi, incompréhension des parents, révolte. Une adolescence perturbée, un père absent, une mère dépassée. Une jeunesse laissée à l’abandon avec parfois la lueur d’une étoile qui brille dans cette nuit.

 

Pourquoi ce garçonnet a souffert et porté « cette faute » sur ses petites épaules envers et contre tous.

Pourquoi personne n’a rien vu de la tragédie qui s’est déroulée. Pour le chérubin, ce moment reste très vivace dans sa mémoire, il n’a jamais dévoilé ou du moins très peu abordé cette histoire au cours de sa vie d’adulte.

 

Poursuivi par ce mal rongeur et impossible à effacer, même si aujourd’hui, l’adulte devenu a pardonné à l’enfant en souffrance comprenant qu’il n’y était pour rien. Qui donc connaît le fond des choses ?

Pardon obtenu après bien des tourments et qui n’est pas un oubli, qui reste une blessure.

 

Que de conséquences pour un geste adulte irresponsable, un malade  en puissance, qui pour s’assouvir à provoquer  un déchirement sanglant chez un enfant.  Que de larmes arrachées pour survivre.

 

Le silence !

Ce silence qui est le moyen de garder  « l’horrible secret » alors qu’il aurait dû se débattre, hurler, crier, fuir…dénoncer. Accuser et punir.

 

A neuf ans…. Que savons-nous ?

 

Le silence qui rend coupable, complice de cette infamie.

Le silence qui efface aux yeux de l’enfant l’instant par un déni qui s’installe et qui suit toute la vie.

Le silence que les adultes n’entendent pas, ne voient pas.

Le silence qui est plus profond que le vide dans lequel se retrouve un enfant sali, profané…

Le silence qui reste à jamais écrit en lettres de sang.

Le silence qui s’arrache jour après jour pour une reconnaissance de soi et pour en sortir.

Le silence qui demandait juste un petit geste de compréhension des parents, de quelqu’un, un regard, juste un baiser qui aurait apaisé cette souffrance..

 

Parents qui ne comprennent pas le changement, l’échec et qui ne cherchent pas à savoir. Parents qui n’ont pas protégé ce garçonnet, ce désespéré.

Comment pouvaient-ils savoir ?

 

A l’heure actuelle, des professionnels sont parfois là pour trouver ce qui ne va pas, comprendre le mal de vivre d’un enfant. C’est une mission qui doit être prise au sérieux.

Parents qui se sont écartés de plus en plus de l’enfant qui ne partage pas sa souffrance, sa salissure et qui vit replié sur lui-même.

 

Un cercle infernal qui détruit tout sur son passage, et un travail de titan, de géant  pour reconquérir une paix qu’un geste assassin a arraché. 

 

Le monde est plein de prédateurs qui, sous le couvert du silence, de la honte, sévissent actuellement. Etre à l’écoute et dénoncer, encore et toujours, c’est la seule solution à adopter pour que ces choses cessent de détruire la vie d’enfants.

 

Au sein d’une famille respectable, au bord de la mer, une petite vie a basculé et  ce petit garçon a eu beaucoup de mal à se reconstruire.

On dira – «  C’est la vie. ». Non, ce n’est pas la vie…


Le retour à la maison s’est passé dans un silence confondu et avec l’obligation de fréquenter l’infâme avec cette fois, une attention toute nouvelle de défense. Un refus complet et un rejet total de cette personne que les membres de la famille n’ont pas compris.

L’enfant a été taxé de bizarre, d’enfant ayant mauvais caractère pour en arriver à une coupure dans les relations familiales avec les deux sœurs.

 

Jamais personne ne sut. On peut toujours croire que le père du garçonnet s’en soit rendu compte, ce n’est pas certain.

L’enfant n’aurait pas supporté de raconter qu’il s’était fait prendre à un jeu d’adulte. Qui dit que l’on ne l’aurait pas accusé.

 

Voilà un épisode peu glorieux de la race humaine ou la fable du plus fort s’applique avec une petite variante que la Fontaine peut défendre.

De cette leçon de vie, il reste que l’on ne doit plus « faire le silence autour de ces dérives », que l’on doit les dénoncer quoi qu’il arrive. Que la victime n’est pas coupable et ne doit pas se sentir salie…Que c’est bien l’agresseur qui doit payer…

 

Qu’un pardon n’est jamais un oubli et que ces faits sont de tous les jours.

Que peu importe le temps passé, la blessure est toujours là et saigne chaque jour.

On en a pour preuve les victimes que l’on voit à la télévision qui 30, 40 ans ou 50 ans  après sont toujours dans le vécu de leur histoire.

 

Que la majorité des personnes qui abusent un enfant sont des proches, amis, voisins. Et que le silence est toujours le plus fidèle compagnon de la victime et du bourreau.

 

Le vrai coupable est le « Silence » que la justice ne peut punir faute d’oreilles….

 

Le petit garçon s’en est bien sorti, c’est ce que l’on dit aussi.

Le temps a fini par remettre en ordre ce tas de nœuds de sa vie. Point d’oubli…Ce serait trop facile.

La révolte s’est estompée et à quel prix, la rancune a fini par disparaître.

 

Ce mignon petit garçon a empli son cœur d’amour pour oublier qu’il n’avait jamais eu d’aide de personne. Maintenant c’est un homme avec une blessure à l’âme, comme d’autres ont une blessure au cœur.

 

Parfois,  en souvenir de cet «  horrible silence » qui l’envahit toujours, il hurle comme les loups ou les chiens sa douleur d’enfant trahi, sali et abandonné.

Ces rêves n’ont plus jamais été d’une profonde douceur. Ce sentiment de culpabilité revient toujours, le jour, la nuit.

La honte revient aussi lui dire bonjour même si elle fait place à une certaine acceptation. Non, il n’est pas coupable.

 

Et le « Silence » veille toujours à ce que personne ne sache….

 

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Le coeur


On emploie ce nom dont beaucoup en jouent :
Coeur, comme le centre par définition.
Quand il bat plus fort il en rougit les joues ;
Désespéré, il se meurt par privation.

Quand il bat fort il dit qu’il aime.
Parfois il peut rendre fou,
Et tuer même,
Ses prisonniers, ses garde-fous.

On lui attribue la vertu du courage,
Il en serait à lui seul le moteur.
Porteur de ce noble message,
Il anime la foi du créateur.

Il est le centre par définition
Et se rappelle à nous de façon claire
Par ses brusques accélérations
Et un tambour à sa manière.

Rien d’étonnant qu’il nous donne,
Cet indicateur musical,
Selon que son allure est bonne,
Notre meilleur rythme vital.

Quand il est né solide
Il surmonte les avaries
Des autres pièces du bolide
Et nous raccroche à la vie.

Quand par malheur les ennuis le dépassent,
Qu’il ne peut plus rien faire pour eux,
Armé de ses battements tenaces,
Il les quitte pour un autre ailleurs qu’eux.

Un coeur qui s’est tant battu se voit fatigué,
Comme inutile, forcé d’être attentif.
Il finit par se ménager, devenir moins impulsif !
Qui en voudrait s’il voulait encore se donner ?

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Mon ami

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Oh,  l’amitié n’est pas une mince affaire.
Il ne faut pas avec elle, comme avec l’amour,
Badiner, jouer, y chercher un mystère ;
Elle n’est pas un secret à tourner autour !

Ni bases à jeter ou lignes à tracer,
Elle saute aux yeux comme le criquet au pré,
Telle un frère que l’on viendrait retrouver
Ou celui qui nous vient qui s’était égaré .

L’amitié n’est pas là pour la circonstance,
Pas d’avantage une simple connaissance.
L’ami est celui qui sait son âme fiable,
Simple, digne d’être pour lui honorable.

L’ami ne fuit pas. Son regard ne fuit jamais,
Y laisse entrer le soleil, ne clôt  ses volets.
Quand il cherche pour nous au fond de ses poches ,
Pas d’ombre au tableau, pas un air qui cloche …

Il ne se force pas à pousser la porte.
L’ami ne doute pas qu’on l’aime et s’assoit.
Il entre franchement comme on entre chez soi
Mais d’abus il n’en connaît d’aucune sorte.

Nue, solide, dépourvue d’apparats,
Elle n’a rien à nous vendre ou à nous saisir.
Vide d’arguments, l’amitié hait nous mentir .
Comme elle, mon ami, tu ne dénotes pas 

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N’aboyez pas sur nos aïeux.

 

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs branches sont votre avenir.

 

L’œil  d’un  Dieu te regarde,

L’œil d’un vieux lui raconte,

 L’œil d’un Dieu ma gaillarde,

                                                                         Arbitre  sur  ton  compte.            

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs rameaux sont votre avenir.

 

L’œil d’un vieux lui raconte,

L’œil  d’ une  vieille  pleure,

     L’œil d’un vieux pour ta honte,

      Larmoient tes cris et ses pleurs.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs tiges sont votre avenir.

 

L’œil d’une  vieille  pleure,

L’œil froid qui la repousse,

 L’œil d’une vieille se meurt,

                                                                          Personne  à  sa  rescousse.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs pousses sont votre avenir.

 

L’œil froid qui la repousse,

L’œil hymne à  la jeunesse,

                                    L’œil  froid  de  la cambrousse,……. à leurs tours,

    Auront  leur  deuil  d’ainesse.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs souches sont votre avenir.

 

                                                                         L’œil  hymne  à  la  jeunesse,

                                                                         L’œil des regrets du trop tard,

                                                                         L’œil  hymne  à  la faiblesse,……. du temps mes diables,

                                                                         Connaîtront  leurs  avatars.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs brindilles sont votre avenir.

 

                                                                        L’œil des regrets du trop tard,

                                                                        L’œil mendiant dans ton fauteuil,

                                                                        L’œil des regrets du lève-tard,

                                                                        Giteront en home cercueil.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs sarments sont votre avenir.

 

                                                                      L’œil mendiant dans ton fauteuil,

                                                                      L’œil des oublis d’Alzheimer,

                                                                      L’œil des attentes à l’accueil,

                                                                      Te sembleront doux-amer.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs rejets sont votre avenir,

Leur présent est ton demain.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

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Lettres de sang et d’or

Heureusement qu’il y a les mots,
Heureusement qu’il y a l’écrit,
Sinon qui aurait lu nos cris?
Qui aurait entendu si haut
Jaillir de nos entrailles nos maux,
Les joies, les amours, les pensées
Échappées aux limbes de l’oubli
Ceux que nos aïeux ont chuchotés?
Tant d’aventures se seraient tues,
Et tant d’actes glorieux omis!
Que serait-il resté de vous?
Ô algarades victorieuses!
Ô belles parades amoureuses!
Plutôt dans les échos moisies.
Heureusement qu’il y a l’écrit
Pour forcer les cages de l’oubli.


Khadija, Rabat/Agadir, mercredi 16/5/2012 à 17h20

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Ainsi soit-il…

Ainsi soit-il…
Une main qui tremble,
Un cœur en cendres.
L’œil en sanglots
N’éteindrait à lui seul
Ce feu !
Faudrait-il que
L’on pleure à deux ?
En aurait-on assez d’yeux ?
...................
Ainsi soit-il…
Une main qui panse
Un cœur qui saigne.
L’œil en témoin
Brûle d’impuissance,
Geint de chagrin.
Faudrait-il tant qu’elle nous consume
Cette fièvre
Au foyer si fougueux ?
...................
Ainsi soit-il…
Une main tendue,
Un cœur en paix,
L’œil à guetter
Le moindre jet
De cette lumière
De cet espoir
Lent mais radieux.

Khadija, Agadir, vendredi 25/5/2012 à 9h49

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ENTRER DANS LA QUIETUDE

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à la croisée de ses brisures

sous la lune pâle

son coeur traversé de pensées brumeuses

Il dérive sur l'onde noire

sa barque glisse

le ciel rejoint la mer

la nuit se refermera sur le vide

AA

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Partage

Partage

En hommage à Nicolas Schramm

Nicolas, en éveil, dans ses pèlerinages,
Se grise de beauté face à des paysages,
Grandioses ou sereins, toujours fort émouvants.
...
Au gré du temps qui passe, aux caprices des vents,
Chasseur infatigable, il va, carnet en mains,
Par des routes scabreuses ou de tendres chemins,
...
Les mots ne peuvent pas transmettre l'indicible.
Le révéler, pourtant, n'est pas chose impossible.
Il faut avoir le don d'en capturer l'image.
...
Le merveilleux, alors, resurgit, se partage.
Sans quitter son fauteuil, fasciné, on voyage,
On se laisse enchanter. Le monde est fabuleux !

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Cœur de mousse de café

Cœur de mousse de café

Antonia Iliescu

        Depuis quelque temps, des petits cœurs m’apparaissent partout, ils apparaissent soudainement et disparaissent vite, signe qu’ils ne veulent se montrer qu’à moi et à personne d’autre. Mon visage touche la vitre de la fenêtre ; mon regard lointain se perd au-dessus de la lisière de la forêt, tandis que ma respiration chaude et régulière dessine sur un petit lambeau de fenêtre glacée un petit cœur blanchâtre. Il reste figé le prix de quelques secondes, juste pour se faire remarquer, et ensuite disparaît. Il ne me reste que l’étonnement, une question et…

        J’essuie la poussière sur le piano noir, j’essuie avec insistance cette poussière perfide qui s’accroche aux pores invisibles du bois ; un petit cône de lumière qui vient de la fenêtre met le doigt dans un coin, comme une sorte de réprimande : regarde, ici tu n’as pas bien nettoyé ! C’était un petit cœur de poussière de la taille d’une mandarine qui avait échappé à mes yeux. Je le regarde et je ne sais que faire ; faut-il passer une fois de plus le plumeau sur le piano, ou le laisser comme ça ?... À quoi bon un cœur de poussière ?! Je fais un geste désespéré avec la manche et c’est fini ! Et…

        Je me repose. La tête sur le bras du canapé, je regarde dehors à travers la fenêtre couverte partiellement par le rideau orange. Je regarde le ciel. Un oiseau, avec dans son bec un brin de rameau sec, vient d’y tomber quelque part. Il prépare son nid. Cette partie de l’œil qui n’est pas focalisée directement sur l’objet, me fait signe discrètement : regarde ici un peu ! Je laisse l’œil principal examiner ce pli du rideau… Un petit cœur de lumière colorée par un discret arc-en-ciel s’était blotti dans les petits plis du tissu. Je m’élève et le petit cœur disparaît. Je reprends ma place sur le canapé, dans la même position, afin que je puisse le revoir, mais je ne vois plus rien. Le cœur de lumière colorée n’a duré que quelques secondes, le temps qu’il a fallu au soleil pour parcourir le biseau du miroir en cristal accroché au mur.
L’empreinte de mon cœur
        Je bois une tasse de café avec beaucoup de mousse, comme il se doit pour un bon café turc, fait à la petite verseuse et pas à la cafetière. De la mousse qui flotte à la surface de la tasse se détache, ondoyant comme une naïade, un petit cœur blanc. Il se promène ici ou là, afin que je le voie. Je le regarde tourner faisant des pirouettes comme dans la danse des derviches. Coquet, il s’arrondit encore un peu et se fait encore plus beau. Le cœur palpite dans la tasse, il crie, gagne du volume et de la vigueur et il prend vie. Maintenant il bat comme un cœur humain, crie après l’amour et appelle la liberté. La tasse lui paraît trop étroite, alors il se roule à l’intérieur de la paroi en porcelaine au diamètre de cinq centimètres, en augmentant ainsi l’illusion de vie en mouvement. Dansant seul, le cœur de mousse, mon cœur de la tasse de café avec son cœur à lui, encadré, assisté par des centaines de boules d’air accrochées à la paroi de la tasse par le si peu mystérieux effet de la tension superficielle, se laisse séduire. Il glisse inconscient vers ce piège en porcelaine, en espérant que l’univers tellement rêvé et désiré pendant ses quelques secondes d’existence va lui ouvrir bientôt une porte. Plus éphémère que l’éphémère, le petit cœur de la tasse de café se croit éternel et alors il ose. Il fait tout ce qu’il lui passe par la tête, il contourne les obstacles, en ignorant les dangers qui le guettent sur le disque chaud de l’espace qui lui a donné vie, et même au-delà de lui.

        Les boules d’air aux reflets volés à l’arc-en-ciel se mettent à danser une farandole quasi statique et chaotique. Jalousant mon cœur tellement libre elles l’appellent à leur côté : « Viens ! Vieeeens ! » Mon petit cœur de mousse n’oppose aucune résistance et glisse paresseux vers elles. Le voici s’allonger, en étendant son corps dépourvu de bras, comme dans une étreinte imaginaire ; il se laisse déformer par le désir et l’espoir jusqu’à son anéantissement total. Maintenant il est devenu une ligne blanchâtre, sans identité, sans personnalité. Je le vois glisser de plus en plus vite vers son idéal illusoire : la paroi en porcelaine avec son armée de boules d’air. Perfides, les boules l’attirent de plus en plus près, jusqu’à la dissolution complète. 
        Bien. Maintenant il a disparu définitivement dans la masse de liquide chaud que j’absorbe de plus en plus pressée. Le café refroidit. Les boules ont disparu elles aussi. Bientôt je vais goûter le solide amer et âpre. 
        Impassible, je continue à siroter le café, comme si rien ne s’était passé. Au fond de la tasse il ne reste que le marc noir, dense et menaçant comme un deuil. Et pourtant, distraite et neutre, je prends la tasse et la dépose sur l’évier, comme si elle était un objet inanimé. C’est ce que j’ai fait chaque fois que j’ai tué mes cœurs sur les fenêtres, sur le piano, sur le sable, sur la neige, dans les plis des rideaux et voici quelques secondes, dans la tasse de café… Mais en moi, combien de fois ?...

 

 

 

 

 

 

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RIDICULE FUNAMBULE

On peut sans aucun doute dire beaucoup de choses de mon éducation et peut-être la critiquer à juste titre… Cependant, j’aimerais qu’on m’explique ce qui peut pousser certains à mettre leur vie en danger.

Que n’inventeraient les médias pour faire de l’audimat ? Ce matin, un cinglé à vélo passait dans les rouleaux d’un carwash… Et c’est peu de chose face à ce qu’on peut zieuter sur certaines chaînes. Plus le défi est stupide et dangereux, mieux c’est…

Cette nuit, un funambule tentera de traverser les chutes réputées pour être les plus dangereuses … Si chute il y a, celle-là me laissera de marbre.

J’ai été éduquée selon le principe que la vie est précieuse et qu’il n’y a rien qui vaille la peine de la risquer… J’ai sans doute été trop bonne élève. Un de mes derniers grands défis consistait à sortir de chez moi pour aller prendre une tisane au « Vieux Moulin »… Et encore, il a fallu qu’on m’aide à le réaliser…

C’est surtout quand elle est menacée qu’on prend conscience du prix de la vie… Voulue ou non, il y a quand même à la base quelque chose ou quelqu’un (en fonction de la croyance de chacun) qui s’est esquinté à nous mettre au monde… Ce n’est pas si facile que cela après tout… Chaque naissance est une violence de la nature… Chaque respiration, un bienfait… Chaque mouvement, une bénédiction… Surtout quand on réalise les ratés, les échecs et les périls de cette même nature.

Qu’est-ce qui donne à certains individus l’envie de réaliser ces gestes extrêmes ? Quand on possède toute la fortune que représente une santé florissante, a-t-on le droit d’ainsi en faire fi ?

Si la notion de plaisir est un peu ma pierre d’achoppement, j’ai beaucoup de mal à imaginer ce que l’on ressent à affronter la mort. Je la regarde tous les jours en face mais jamais je n’oserais la défier. Je sais qu’elle finira toujours par gagner puisque c’est écrit d’avance. Je la respecte, elle me laisse en paix. Je mords à belles dents dans la vie, j’en fais mon alliée. J’espère ainsi qu’elle m’aimera assez pour se prolonger le plus longtemps possible.

A force de défier ainsi l’une et l’autre, cela finit souvent très mal… C’est leur choix après tout mais je trouve tout cela bien injuste alors que des enfants meurent tous les jours dans des unités de cancérologie, des adultes aussi, mais ils ont bénéficié d’un peu plus de temps.

Mon éducation m’a permis d’avoir assez d’ouverture d’esprit pour respecter le choix de chacun mais j’aimerais comprendre…

 

 

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LA MUSIQUE

Elle nous noie dans des vagues qui jouent en tourbillon
Elle nous berce et, pareils à de chétifs esquifs,
Nous traversons des miles et des miles de récifs
Et rejoignons le port, fragiles embarcations.

Sur chaque note nous dansons, du lundi au samedi,
Et même la nature accompagne nos transes
Et rythme ses saisons suivant nos pas de danse,
Conjuguant ses amours à la belle mélodie.

Musique de mon petit cœur, va, bas comme un tambour,
Fais vibrer les lilas au rythme des si la,
Si do dort et son lent timbre ne suffit pas

A faire tourner en ronde les noires, ni même les blanches,
Fais éclater si fort les tympans des cœurs sourds,
Et fais envoler haut les oiseaux sur les branches.

Khadija, Agadir, jeudi 9 décembre 2010, à 19h32

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VAGUES INFINIES DE BONHEUR


Tu dis « je t’aime » et dans mes veines le sang qui coule varie sons cours et en bouillant brûle mon cœur sous la douceur de tes « mon ange ! » de tes « mon cœur ! » de tes « chérie ! ».

Tu dis « je t’aime » et j’en oublie le bleu du ciel, le blanc des ondes et les secondes ne sont plus cet affreux supplice qui me meurtrit et à t’attendre me languit.

Tu dis « je t’aime » et le soleil manque d’ardeur sous la splendeur de ton regard et de la mer les vagues oublient comment faire des baisers au sable qui m’envie.

Tu dis « je t’aime » et fond la glace qui a fané mes joues moroses et dont le rose n’a repris que depuis que cet ardent volcan de feu en nous a rejailli.

Tu dis « je t’aime » et je vois même mes pires rivales dont les rafales des chauds soupirs m’avaient brûlée inclinées face au piédestal que ton amour m’avais bâti.

Tu dis « je t’aime » et cette douleur qui serre mon cœur à le briser devient caresse par la tendresse de ton amour qui m’ouvre les voies d’une liberté où je fleuris.

Tu dis « je t’aime » et en moi-même ces flots en courroux de colère vécue en vagues et en galères s’estompent pour laisser place aux vagues de bonheur infinies.


Khadija, Agadir, mercredi 30/5/2012 à 15h23

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RUINES.

Souffle un vent fort et sec
Sur les dalles et sur le roc
Et sur le vert et sur le sec
Emporte le parfum des anciens
Collé à ces murs délabrés
A ces pierres ocre des vielles bâtisses
Autrefois mille fois somptueuses
Aujourd’hui en ruine désastreuse
Traînent encore ici et là
Quelques vieux papiers tout jaunis
Par tant de soupirs et de soucis
Absentes sont les fenêtres
Absents également les mouchoirs
Seul reste l’écho des adieux
Et les larmes acides du temps
Se mirant tout en palpitant
Sur les portes et les meubles fêlés
Les armoires désarticulées
Qui n’abritent de vivants
Que cercueils serpents et scorpions
Et quelques vieux chats huant
Que tentent l’âpre vide et les ruines.


Khadija, Agadir, 28/5/2012 à14h46

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administrateur théâtres

Il était une fois une Sonate  en trois mouvements : Allegro appassionato, Moderato cantabile et Orlando furioso. Ou la construction en  trois parties de ce mémorable concert donné à la salle Henry le Bœuf , salle comble, devant la famille royale en conclusion du prodigieux concours de violon Reine Elisabeth 2012 dont c’est la 75e édition. Trois concurrents extraordinaires: une Amazone Coréenne bleue, un Prince Japonais et un Titan de Russie. Jouer c’est se surpasser. C’est ce que les trois jeunes artistes ont fait, tenant en haleine un public captivé. Trois concerti monumentaux sous la baguette virevoltante de Michel Tabachnik, musicien éclairé débordant de vitalité. Au Programme :

- Concerto Nr 1 en sol mineur op 26 de Max Bruch, soliste: Shin Hyun Su, troisième lauréate

- Concerto  en mi mineur opus 64 de Félix Mendelssohn, soliste: Narita Tasuki, deuxième lauréat

- Concerto  en ré majeur opus 35 de Tchaikovsky,  soliste: Andrey Baranov, premier lauréat

Allegro Appassionato 

Shin Hyun Su assume un phrasé incisif qui tranche avec le puissant murmure de l’orchestre que Michel Tabachnik conduit avec une  souplesse virevoltante. Le voilà, tempérant les cors anglais, insufflant du  recueillement avant la vague passionnelle qui précède le premier solo de la tragi-musicienne. Celle-ci, Tantôt extrait des intonations salées comme des larmes de son instrument, tantôt et offre un déferlement de musicalité. Dans l’Adagio, elle sait aussi faire sourdre tout en finesse, comme un ruisseau invisible, des modulations romantiques de son archet. Les commentaires de l’orchestre se nourrissent de gravité une pluie de pizzicati évoque les tressaillements d’une invisible harpe. La musique, serait-ce faire ressortir l’invisible? Les quatre cors et les deux trompettes jettent soudain une amplitude de tonalités qui repoussent au loin tous les horizons. Le rêve et la sérénité lumineuse se sont installés. Le moment de grâce se termine sur deux petites notes descendantes. L’Allegro energico porte bien son nom : jeu subtil de  l’exultation victorieuse. L’Amazone bleue est en parfaite symbiose avec l’orchestre dont le cœur bat la chamade. Les percussions scandent un final glorieux. Tout est dans le geste du dernier coup d’archet.   

Moderato cantabile

Narita Tasuki émeut par sa grâce, son élégance et sa virtuosité tranquille. Un seigneur de la musique qui explore la partition avec aisance et maîtrise. Le duo avec les vents est empreint de tendresse et de générosité. Le musicien produit des respirations lentes  et des sommets délicats. La transparence de la porcelaine. Sa créativité artistique s’imprime dans la flexibilité  de son corps. Se prend-il pour un roseau dansant au gré du ruissellement des clarinettes ? Deux cors et deux trompettes brillantes soudain se liguent pour préparer l’écrin du monologue  extraordinairement émouvant du soliste. Son  babillage intime se dépose aux pieds de l’orchestre sous le charme. Dans le mouvement suivant, les plaintes sonores et douloureuses de l’orchestre seront bientôt couvertes par la volubilité juvénile du jeune artiste. Les répétitions en force du cadre dramatique de l’œuvre forcent le soliste à exprimer la chose qui meuble toute son interprétation : l’harmonie. Alors les violons glissent imperceptiblement dans des couleurs bienveillantes. La fin du deuxième mouvement  est une construction séraphique du plaisir. Le troisième se termine dans l’allégresse, la légèreté et l’intensité. Vivacité à l’état pur, perlée de hautbois avant l’estocade finale.

 Et deux splendides bis: le  caprice Nr 1 de Paganini et ...une perle japonaise.

Orlando furioso

La vie est un combat sans merci. Contre le malheur qui imprègne toute chose,  Andrey Baranov forge des sonorités d’une puissance incomparable. Cet athlète musical entraîne l’orchestre dans le dépassement absolu. Ses soli de virtuose sont mouvementés et douloureux. Transfiguré par la musique, il ferait chanter un morceau de marbre ! Paroxystique dans la douceur comme dans la  force. On est dans de l’expressionisme fantastique. Un Titan, dont la concentration est phénoménale et l’expressivité, celle de toutes les Walkyries réunies. Slaves,  bien sûr ! Mystère : la finale égrènera des étoiles.    

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administrateur théâtres

                                            « SHERPA »  le dernier spectacle de  PHILIPPE VAUCHEL

 

 

        Après son spectacle mythique « La Grande Vacance »  au sujet de la mort et de la destinée, Philippe Vauchel  nous propose un nouveau voyage. «Un voyageur mystérieux fait halte de théâtre en théâtre... Il a le cœur gros. «Un cœur de 742 grammes, c’est magnifique, mon fils! Tu pourras grimper en haut et porter lourd! Tu seras grand, mon petit sherpa!»  Inspiré de ses rapports avec sa mère, Philippe Vauchel aborde dans ce nouveau monologue la question de la filiation, des rapports des humains entre eux et leurs démêlés avec la planète.

  

Si vous avez déjà assisté à un spectacle de Philippe Vauchel, vous y retournerez tant le bonhomme est attachant, tant l’artiste est généreux. Nous l’avions rencontré une première fois au théâtre des Martyrs dans son spectacle inimitable  et fascinant intitulé « la  Grande vacance ».

 Quand on aime son style débonnaire, tendrement philosophique, poétique, lucide et faussement naïf, on ne peut résister à l’appel de  son prochain spectacle. Car la proximité, qu’il a l’art de créer avec le spectateur, est un moment inoubliable.  Le voici dans « Sherpa »,  portant sa mère âgée sur le dos,  racontant sa difficulté à naître, à être et à n’être pas comme les autres.

On s’aperçoit bien vite qu’avec ses bardas humains dans sa hotte, il est la leçon vivante de la  tendresse humaine. Il porte sans se plaindre. Pourtant, il est un moins que rien, pour les grands de la terre. Et il promène, le sourire en coin, toute la mélancolie du monde.  Il a dépassé le ton sarcastique, la moquerie douce-amère de son premier spectacle et le voici tombé dans une marmite d’affects qui sentent bon le village, la terre humide, les goûts surranés simples et bons. Il est rare de voir un homme s’exprimer ainsi, mettre à nu sans vergogne toute son intimité  et déverser autant d’émotion et de poésie.

Il est votre compagnon de voyage, votre complice arpenteur de destins, votre copain de conscience, l’artisan de l’humain, votre frère au cœur gros. Gros de chagrins, gros de générosité. Il vous emmènera jusque sur le toit du monde - rien moins que l’Himalaya - qui donne  tant le vertige, si près du ciel. Il extirpera tous les non-dits, les souvenirs douloureux que l’on garde cadenassés,  pour les remettre en perspective. Ce qui fait retrouver l’essentiel.  Avec lui, on prendrait joyeusement  sur son dos une telle brassée d’humanité. Il transforme les peurs en légèreté de l’être,  la gerbe funéraire en  gerbe de bonheur. On reçoit en prime  un permis de pleurer, une assurance contre le nostalgisme et l’on finit par contempler  l’infini des horizons sans trembler. Wow ! Laissez-vous prendre sur le dos,  par la main ou par le coin du coeur !

UNE CREATION ET COPRODUCTION DE THEATRE LE PUBLIC ET DU THEATRE DE NAMUR
Mise en scène: JEAN-MICHEL FRERE / avec PHILIPPE VAUCHEL

DU 07/06/12 AU 30/06/12

Petite Salle - Création - relâche les dimanches et lundis. Durée : 1h15 / nouvelles dates supplementaires: le 3, 4, 5, 6 et 7 juillet 2012 à 20h30                                                                                                                                

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http://unpasse-unehistoire-77340.asso-web.com/44+le-chateau-de-combault.html

Surtout sur la photo de droite moins léchée et avec des enfants ...

Regardez comme il est beau « MON »  château de Combault – et pour cause ! Il a accueilli mon enfance et adolescence et renfermé tant de vécus précieux, de trésors.

Je pourrais en écrire un roman tant les souvenirs sont chers et nombreux et tant mes rêves m’y ramènent toujours. Et c’est ce qu’aimeraient bien certains de l’Hôtel de Ville actuel.

J'ai habité toutes les pièces en 9 années, y ai dormi ou vécu. Je revois des enfants à toutes les fenêtres, en vrai comme sur une des photos que j’ai gardée. J’entends  le chant de la flûte qui résonne dans les salles d'étude et salle à manger en bas à gauche. Devant la maison, nous dansions des danses folkloriques, puis israéliennes le vendredi soir du Shabbath, ou bien nous jouions au ballon prisonnier et au Volley. Mais dés 12-13 ans, j'aimais le plus souvent lire des heures assise sur le bord de la fenêtre en bas à gauche. Ma dernière salle de bains de jeune fille, tout en haut au dessus du perron....  Une autre fenêtre par derrière, mon meilleur poste pour admirer le parc par tous les temps. Toute petite, nos chambres étaient à côté des appartements de notre directrice Fanny, situés derrière le perron. Et lors de mes nuits agitées car privée de maman, j’allais me réfugier dans son lit.

Nous faisions parfois les 400 coups, lors d'épidémies, le dernier 3ème étage devenait une vaste infirmerie et les polissons essayaient de marcher sur les larges gouttières !

Trop d'images de toutes sortes et souvenirs heureux se pressent d’expériences inoubliables ou bien cocasses, de jeux en groupe ou contemplations dans les bois et vergers paradisiaques situés alors derrière le château.

Dans ce lieu, l’historique actuel ne nous mentionne pas, alors que notre Home d’enfants a occupé les lieux plus de vingt ans ! Et je suis en possession d’un livre de ce Château de Madame Sans Gène où nous les enfants de l’OPEJ sommes quand même bien mentionnés et mis en photos.

 

DOULEUR –

Qu’ont-ils fait de mon château !?!

Quand j’y ai amenée ma fille Marienka pour lui montrer mon enfance, j’ai eu trop mal et ce fut comme si l’on me mutilait  :

-        Les magnifiques parquets de bois avaient été arrachés pour faire les comptoirs de l’Hôtel de Ville

     

-        Les splendides moulures de plafond en fleurs sur lesquels je me réveillais le matin en les admirant .... étaient masquées par de faux plafond

   

-        Et j’ai failli faire une syncope lorsque je ne retrouvais plus le SENS, la direction juste de mon grand escalier

lequel je dévalais en voltigeant littéralement ou montait en vrai puis dans mes rêves et que je vois une fois gravir par la petite poupette Lily  de 6 ans avec sa nouvelle poupée Rébecca dont les grandes filles lui ont fait tous les habits...

Et pour cause, ils l’avaient tourné carrément dans un autre sens à son arrivée au rez de chaussée !

 

-        J’y ai encore pleuré la magnifique gigantesque salle de fête disparue du parc,  qui a vu tant de réjouissances. Elle était toute décorée par un artiste dans le genre Chagall avec tout autour de la salle en hauteur, entre les colombages, des personnages hassidiques pittoresques et aussi de magnifiques paroles en  lettres de feu Hébraïques.

 

-        Plus dur encore fut de constater que l’immense parc avec son grand jardin, ses  vergers et les bois avaient presque tous disparus : ils étaient complètement morcelés et vendus. 

Cassé mon beau paradis et sa nature prodigieuse idylique ! Profond malaise de voir endommagé le lieu de mes rêves et secrets, de mes expériences mystiques. Mais une fois reparti des lieux chéris,  j’ai bien vu qu’en moi, tout est demeuré inchangé : Intact mais je redoute de revenir sur place.

 

Pour être juste, je dois dire que ce monument historique lorsqu'il ne fut plus entretenu, après le retrait de l’OPEJ, ( la fondation qui a accueilli et veillé sur tant d’orphelins d’après guerre ou enfants juifs réfugiés de partout pour des raisons sociales ou politiques) aurait pu être détruit ! Alors que Fanny avait fait refaire la toiture.

Mais une Association de défense fut constitué et a volé à sa défense. Elle  a trouvé un financement et "mon" château  est devenu l’Hôtel de Ville non seulement de Combault mais de Pontault aussi.

 

Il y faisait bon vivre à la campagne.  Une vaste ferme jouxtait le domaine du château et nous passions juste devant en revenant de l'école située juste de l'autre côté du parc. Du haut du grenier bourré de déguisements, j’admirais la campagne paisible et les couchers de soleil. Mais maintenant, le village a bien changé en démultipliant sa population Avec le monstre capitale qui étend ses tentacules.

Peut être qu'un jour, je raconterai ...mais pour l'instant je préfère faire des livres pour enfants et m'occuper d'eux.

D'ailleurs mon engouement et projet pédagogique date du château, de mon enfance : je voulais créer un orphelinat avec des enfants de partout aussi. Mon aspiration était suscitée par mon admiration des bons soins que nous recevions. Vers 12-13-14 ans, j'avais conscience que de petits enfants mal traités auraient donné le pire et nous, bien traités, le meilleur, que nous étions sauvés par l'amour, la pratique des arts.

Alors ce n'est pas un orphelinat, L'Oiseau Lyre mais j'accueille les enfants depuis 7h45 à 16 h et nous avons une vie très familiale, par contre les enfants viennent aussi du monde entier et mon projet est bien éducatif pour épanouir au mieux les enfants, leur donner la force et la joie de vivre, la protection de leur enfance.

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