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Messieurs les ronds-de-cuir est un tableau-roman de Georges Courteline, pseudonyme de Georges Moinaux (1858-1929), publié en feuilleton, de façon régulière puis irrégulière, dans l'Écho de Paris d'août 1891 à novembre 1892, et en volume, remanié et avec des ajouts, chez Flammarion en 1893. En 1911, Robert Dieudonné et Raoul Aubry adaptèrent le texte de Courteline pour le théâtre; la première eut lieu à l'Ambigu-Comique le 4 octobre de cette même année. Messieurs les ronds-de-cuir furent aussi portés à l'écran, notamment en 1937, par Yves Mirande, et en 1959, par Henri Diamant-Berger.
Fonctionnaire au ministère des Cultes où il s'ennuya ferme pendant quatorze ans tout en pratiquant assidûment l'absentéisme, s'assurant la complicité d'un expéditionnaire qui le déchargeait d'une grande partie de son travail, Courteline mit à profit son sens de l'observation et de la dérision pour, comme avant lui l'avait fait Balzac avec les Employés (1837), brosser un tableau satirique de la vie de bureau. Avec la même verve caustique qui l'avait animé lorsqu'il décrivait la vie militaire dans les Gaîtés de l'escadron (1886) et le Train de 8 h 47 (1891), il détaille les turpitudes administratives dans une série de portraits au vitriol et d'épisodes truculents liés entre eux par le fil ténu d'une très mince intrigue: les démarches du conservateur du musée de Vanne-en-Bresse pour entrer en possession du legs d'un certain Quibolle.
Employé à la direction des Dons et Legs, Lahrier a pris l'habitude de s'absenter une fois par semaine sans que «l'Administration, bonne bête, eût l'air de s'en apercevoir». Or, un jour de printemps, l'atmosphère joyeuse de la ville l'ayant peut-être retardé plus qu'à l'accoutumée, son chef de bureau, M. de La Hourmerie, s'avise de le tancer vertement, à propos précisément de ses absences. Sauvé de l'ire de son supérieur par l'arrivée inopinée du conservateur du musée de Vanne-en-Bresse auquel on fait croire que son dossier est en passe d'être réglé alors qu'il a été perdu, Lahrier va retrouver dans l'atmosphère poussiéreuse de ces bureaux confinés son vis-à-vis Soupe, baderne bougonne et obtuse, mais aussi Ovide, le garçon de bureau, Chavarax, aigri dans l'attente bilieuse d'un poste de sous-chef, l'expéditionnaire Sainthomme se surchargeant de travail dans l'espoir toujours déçu d'obtenir les palmes académiques, le sous-chef Van der Hogen, cloporte dénicheur de dossiers caducs et rédacteur d'invraisemblables rapports, enfin l'employé Letondu dont le comportement bizarre vire peu à peu à la folie. Le lendemain de l'algarade avec son chef, Lahrier, arrivé plus tôt que d'habitude au bureau, surprend Soupe en train de s'y laver les pieds. Il parvient à s'en débarrasser pour recevoir plus à l'aise sa petite amie Tata, mais se fait surprendre à son tour par La Hourmerie qui en réfère à son supérieur hiérarchique Nègre. Ce dernier refuse de prendre des sanctions à l'égard de Lahrier, mais aussi de Letondu de plus en plus détraqué. Au bout d'une dernière et longue errance dans le dédale des couloirs des Dons et Legs où, à chacun des détours, il découvre, interloqué, les scènes les plus loufoques, le conservateur du musée de Vanne-en-Bresse finit par trouver M. de La Hourmerie, qu'il cherchait en vain, atrocement égorgé par Letondu. Après l'enterrement de leur chef de bureau et les discours officiels, tout le monde se retrouve au cabaret de la Crécelle où la cérémonie se termine par un hourvari de chansons à boire et de bouteilles cassées, aux frais de l'Administration.
«On ne peut rire que des individus. Les idées générales n'affectent pas la glotte», écrivait Marcel Schwob dans une présentation de Messieurs les ronds-de-cuir. Il mettait ainsi en évidence une des qualités essentielles de Courteline: s'intéresser au comportement humain plus qu'aux péripéties. Il soulignait aussi les difficultés d'un travail de refonte qui consistait ici à transformer une suite parfois hétéroclite de charges d'atelier, hâtivement crayonnées pour la presse, en une oeuvre charpentée au style travaillé. Courteline y parvient en créant un mouvement d'entropie: au fur et à mesure que l'oeuvre avance, le personnage de Lahrier, qui peut apparaître comme le double de l'auteur, tend au fil des pages à se fondre dans la masse, comme phagocyté par l'univers déliquescent des bureaux (proche en fait de celui de la caserne courtelinesque). Les tribulations du malheureux conservateur dans ce labyrinthe servent de fil directeur et permettent de faire basculer le récit et les personnages de la bouffonnerie dans le loufoque, puis de la jobardise dans un absurde aussi farfelu que celui du Grand-Guignol.
La satire sociale et morale porte moins sur l'actualité des problèmes du jour, qui pour la plupart sont éludés, par prudence peut-être, ou pour mieux s'attaquer à la racine même du mal: l'esprit délétère de la bureaucratie, et à l'insupportable cohorte de ses déviations: hargne, envie, goût de la persécution, irresponsabilité, monomanie, excès de zèle, gâtisme, folie. Le système paraît d'autant plus absurde qu'il tourne sur lui-même à la manière d'un cercle vicieux ainsi que l'explique Lahrier à Tata: «Les uns (ce sont les rédacteurs) rédigent des lettres qui ne signifient rien; et les autres (ce sont les expéditionnaires) les reçoivent. Là-dessus, arrivent les commis d'ordre, lesquels timbrent de bleu les pièces du dossier, enregistrent les expéditions, et envoient le tout à des gens qui n'en lisent pas le premier mot. Voilà» (Quatrième tableau, II).
Participe de cette même inspiration caustique et désenchantée une «scène de la vie de bureau» dont le sujet avait fait l'objet d'une chronique dans l'Écho de Paris du 29 juin 1890: Monsieur Badin. Cette saynète qui fut représentée le 13 avril 1897 au théâtre du Grand-Guignol reprend avec des variations le premier tableau de Messieurs les ronds-de-cuir en accentuant encore le côté facétieux de l'absentéiste. On pourrait rattacher à cette veine Une lettre chargée, saynète jouée au Carillon le 10 juin 1897. Courteline, en peignant dans cette pochade l'employé Ratcuit qui observe le règlement jusqu'à l'absurde et avec la plus extrême mauvaise foi, semble se conforter dans une idée-force qui revient dans son oeuvre comme une antienne: «La bêtise insondable des hommes [est] un contrepoids à leur surprenante méchanceté.»
Vos caresses malhabiles au début,
balbutiantes, transparentes,
exploratrices sans fin de mon corps
en désordre, tout défait,
en font jaillir l’or blanc, jusqu’au ciel déchiré, rouge ;
Une rose apparaît grande et seule, juste après.
Solitude encore, petite peur.
La bouche tâtonnante et gourmande
du nouveau né, en fait bien tout autant,
lorsqu’elle s’ancre impatiente
au sein en fleur de sa mère,
pour en boire le nectar crème et chaud ;
la chambre bourdonne un peu, le sommeil vient,
les yeux se ferment.
Mère ensuite tu disparais.
Pépites de bonheur, amour nourricier, entier.
Don de soi.
C’est grave et très beau d’aimer.
jiembé, tu traverses une passe difficile, ton travail ,n'a rien avoir avec ton tempérament, tu as de la fougue en toi, que tu ne contrôles pas toujours, tu es entier et parfois sans mesure , être artiste c'est beaucoup d'humilité, c’est partager, apprendre et se remettre en question, c’est même la nécessité de tout un chacun, on est pas à chaque fois bon, il met arrivé de détruire un travail ,parce je le juger mauvais ,j’en suis sortie plus forte et heureuse, les artistes qui sont sur arts et lettres, on du talent , chacun différent, et cela fait la richesse du site ,
je pense ,que tu ne devrais pas te refermer sur de la rage au ventre, au contraire ta force ,serait d’écouter en silence et peut être, te dire ,que d’autres peuvent aussi avoir raison ,tu découvres le milieu artistique ,tu dois y apprendre des choses, c’est comme si demain, on prenait la place du fondeur à l’usine et lui dire qu’on est supérieur à lui !
j’aime ton travail en général ,pas tout il y a des choses que je trouve pas abouties ,c’est normal, heureusement ,qu’il reste encore la possibilité de grandir
amitiés jiembé
christiane
Lili rose a décidé de se marier. A son âge, pense-t-elle, il est temps de se poser qq part et de fonder une famille. Pleine d’espoir, elle attend donc avec impatience le fameux jour qui va changer sa vie. Tout est prêt, avec un soin tout personnel, Lili a tout préparé dans les moindres détails. Le temps lui semble long depuis le jour où elle a décidé de se marier.
La robe est arrivée il y a qq jours, toute blanche, une robe en dentelle comme elle a toujours aimé. Des petites fleurs bleues vont agrémenter ses cheveux et qq unes seront fixées dans le bouquet. Lili Rose a choisi un modèle avec une longue traîne comme dans les livres de son enfance. Une vraie princesse de conte de fée.
Le soleil est présent, une douce chaleur s’est posée sur toute la maisonnette et les fleurs se font un plaisir d’être plus jolies les unes que les autres.
Tout est prêt enfin…Les invités arrivent, chacun à leur tour, les bras chargés de fleurs et de cadeaux. C’est la tradition. De jolis rubans blancs sont posés sur les voitures et qq personnes ont du riz dans leurs poches.
Maman est émue et triste de voir sa fille partir pour une autre vie.
Le bouquet arrive accompagné du marié intimidé, un joli bouquet d’orchidées blanches parsemées de petites fleurs bleues.
Enfin le départ, direction la ville la plus proche, une file de mariés attend dans la cour. Lili Rose n’est pas la seule à se marier ce samedi matin.
La salle des mariages est ancienne, garnie de blasons et de peintures, elle inspire le respect et le silence. Certains regardent le plafond faisant mine de s’y intéresser.
Après cette cérémonie obligatoire vient le passage obligé à l’église. La place du village est couverte de monde, les parents attendent et les curieux sont venus voir la mariée. Un joli tintamarre se fait entendre.
Sur le seuil, la musique retentit donnant à cet instant un côté solennel. Tous entrent silencieux et se dirigent vers la nef. Les vœux se prononcent et s’échangent sous le regard bienveillant du prêtre.
A la sortie, le riz tombe et envahit tout. Signe de bonheur dit-on !
Le soleil ne quitte pas les participants à ce mariage. Voici Lili Rose partie pour une autre vie. Elle laisse sa maison d’enfance pour de bon et abandonne ses petits animaux qui ne peuvent la suivre.
Le cortège se dirige maintenant vers le restaurant où les invités vont pouvoir se restaurer. Sous cette chaleur, certains ont besoin de boire pour s’hydrater.
Photos, toasts, champagne, tout se déroule comme prévu.
Lili Rose est resplendissante dans sa robe blanche. Son bouquet a disparu, pris par une candidate au mariage.
Le champagne coule et la musique se répand doucement. Les mariés ouvrent le bal. Une valse lente, Un, deux, trois. Un deux trois..
Tout se passe comme dans un rêve et Lili est contente et heureuse de commencer sa nouvelle vie. Elle se dit qu’elle va déposer ses valises dans un autre univers où tout sera plus facile et plus agréable. Comme les rêves sont beaux à cet âge. Lili s’y est préparée et elle a besoin d’y croire.
Son nouvel appartement l’attend. Enfin, elle sera chez elle, tranquille et sereine.
La jolie robe est un peu déchirée. Lili Rose se promet de la recoudre et a acheté une belle boite en carton pour l’y ranger avec ses jolies fleurs bleues.
Ses parents sont partis, maman est triste à pleurer. Malgré ses sourires, son cœur est en peine et ses yeux font des efforts pour ne pas répandre les larmes qu’elle tient en elle depuis des jours.
Lili Rose le sait aussi et pour ne pas pleurer, elle s’enivre de pas de danse jusqu’au petit matin.
Commence alors une autre vie.
Eh oui même si le temps est capricieux cette année ...bon été à tous !
L'ombre s'approche du soleil,
le contemple de ses grands yeux tout noirs,
s'enchante de la luminosité de l'astre monumental,
s'étonne de sa jeunesse encore !
Rois tant désiré, jamais détrôné, que les étoiles nocturnes bordent et bercent.
L'ombre tremblante, avec lenteur défait sa longue robe bleu-nuit, ses bas ébène,
ses dentelles sombres ; pluie d'impatience, elle tombe.
Mélodie de la soie, à l'aube de l'amour fou.
Nue, son visage s'éclaircit, s'ouvre à l'instar d'une fleur mature et bleue,
à lui elle se donne enfin, toute entière.
Un jour, de petits astres sombres et blonds étoileront la surface
de la terre, diamanteront les mers, deviendront peut-être de grands soleils ?
Éternité du Monde.
Bonjour Amis d'Arts et Lettres,
Souvent ,dans ma boîte mail arrivent des messages dits indésirables , que je supprime rapidement .(Chaînes, envoyez ce message à 10 amis ... ).
Mais celui-ci , j'ai envie de le partager ...Exception !
L'amour,
C'était un matin chargé, vers 8h00 quand un homme d'environ 80 ans est arrivé pour faire enlever les points de sutures de son pouce.
Il était pressé, car il avait rendez-vous à 9h00.
Je le voyais regarder sa montre et j'ai décidé ,puisque je n'étais pas occupée avec un autre patient, d'évaluer sa blessure.
En 'examinant, j'ai vu que cela cicatrisait bien, j'ai pris les instruments nécessaires pour enlever ses points...
Je lui ai demandé si il avait rendez-vous avec un autre médecin.
Non, me dit-il, je dois aller à la maison de santé pour déjeuner avec ma femme .
Il m'a dit qu'elle y était depuis quelques temps et qu'elle souffrait d'Alzheimer.
J'ai demandé :'Sera-t-elle contrariée de votre retard ?'
Il a répondu qu'elle ne savait plus qui il était, qu'elle ne le reconnaissait plus depuis 5 ans.
Surprise:: "Et vous y allez encore tous les matins, même si elle ne sait pas qui vous êtes?"
Il a souri en me tapotant la main et dit :" Elle ne me reconnait pas mais MOI, je sais encore qui ELLE est !"
J'ai dû retenir mes larmes quand il est parti... en pensant que c'était le genre d'Amour que je voulais ...
Belle et bonne journée à vous .
Amicalement.
Liliane.
Artiste-peintre britannique
Wayne Sleeth
expose
du 16 juin au 20 juillet 2012
à la Galerie Rose Pompadour
Nancy (F).
LE POÈTE
En hommage au grand poète Aymé CESAIRE.
le poète est fragile
S'il caresse les ailes
Des oiseaux sur l'airelle
Ou poursuit les vents
S'il suit les papillons
Ou s'il frémit ou vibre
Au son des carillons
Comprenez-le il prie
Ou plutôt il expie
Les péchés des impies
Le poète est fébrile
Il souffre si une plaie
Déchire l'hymen du temps
Il est si contrarié
De voir les larmes du printemps
Se colorer de sang
Il tremble à écouter
La musique du vent
Le poète est sensible
Il s'émerveille devant
Les éclats de l'éclair
Les baisers qu'aux nuées
Distribue le tonnerre
Lorsque le firmament
Déclare sa colère
Le poète est sincère
Il possède le flair
Qui nous prévient des guerres
Et préserve la terre
De biens de viles misères
Le poète est prophète
Du lynx il a les yeux
Du tigre la vigueur
Du lion il a le cœur
Et de l'aigle les serres
Ce qui le rend prospère
De rêves et de chimères
Le poète est terrible
Sans jamais être hostile
Il opère avec style
Pour tisser de merveilles
La toile sertie d'étoiles
En couvrir le soleil
Pour nos maux adoucir
Il n'est jamais stérile
Si jamais il est las
Vous devez être là
Pour accueillir ses pas
Sachez qu'il n'aime pas
Qu'on cesse de croire
En sa divine gloire
Issue droit des dieux
Et même s'il se fait vieux
Son règne sous les cieux
Continue tel un phare
Et il cultive cet art
D'élever nos espoirs
Au rang de franc vouloir
Et à force de forger
Il donne des leçons
De noble volonté
Il n'est pas éphémère
Son legs à l'univers
Persiste à le rappeler
Consiste à nous appeler
A bien tendre l'oreille
A attendre l'éveil
De notre humanité
A répondre à l'appel
De solidarité
Si vous croyez en lui
Dites-le lui doucement
Vous pouvez chuchoter
Il aime comme les enfants
Qu'on lui chatouille l'oreille
Lui parle en murmurant
Du réveil des abeilles
De miel et de bonbons
D'effort des bûcherons
De rêve et de sommeil
Mais surtout de travail
C'est sa sainte bataille
Qu'il mène sur tous les fronts
Sans nulle indemnité
Que l'amour de l'autre
Amour de différence
Sans aucune hérésie
L'amour de la vie
Et de la poésie
KHADIJA , Agadir, un 16 mars, mois de la poésie.
Des fois je n’ai pas envie
Des fois je ne vis pas
Des fois mes pas sans vie
Sans foi faillent et cent fois
M’assaillent d’interrogations
Et mon cœur qui répond
Dit de la tête que non
Car le chemin est long
Je le prends et le plie
Comme un accordéon
Alors mes pas se lancent
Et suivent la cadence
De mes folles envies.
Khadija, Agadir, Mercredi 7/3/12.
UN PARFUM...
La première fois, c'est son frère qui le lui a offert. Elle était encore adolescente et ce cadeau féminin et précieux fit briller de joie ses yeux.
De suite, elle apprécia sa fragrance et se réjouit de la connivence qu'y trouva sa peau.
Après son passage dans une pièce, elle entendait souvent cette petite phrase magique... Cela sent toi...!
Le si joli flacon, ailes déployées attirait son regard et chaque matin, quelques gouttes distillées derrière les oreilles lui faisaient croire en la beauté de cette nouvelle journée!
Aussi, lorsqu'un jour la tête enfuie dans son cou, son jeune amant lui murmura "Ton odeur me rend fou"...un courant de bonheur parcourut sa jeune vie.
Mais la vie est ce qu'elle est! Et un jour ou l'autre, le bonheur tôt venu peut être tôt reparti, laissant le goût amer d'un parfum de défaite...
Alors, elle a changé ce parfum, pour effacer un souvenir trop douloureux.
Oh! Bien sûr, elle a retrouvé de fort jolis accords, de somptueux flacons où des grands couturiers avaient imprimé leurs noms, et fort souvent elle en changeait suivant la saison et l'humeur!
Les années ont passé et nous voilà un beau soir d'été. Elle a invité les voisins, des amis et même des collègues, elle fête aujourd'hui une nouvelle demeure et sa liberté retrouvée. Après 15 années d'efforts et de patience elle a gagné son indépendance en rejoignant toutefois le rang serré des divorcés!
Dans le jardin où la fontaine murmure, la grande table est joliment parée sous une tente dressée, car prudente, elle est toujours restée.
...Et voilà qu' arrivent les premiers invités. C'est en dernier que sonne le voisin de gauche, celui qui rentre toujours si tard et dont les phares de voiture en tournant vers le garage viennent éclairer la loggia où depuis son emménagement, elle a pris l'habitude de s'instaler à la veillée. Il a 2 grands fils, des jumeaux, qui ne viendront pas, ils sont en examen, première année d'université. Pas de femme dans la maison, hormis celle pour le ménage, qu'elle emploie également et qui lui a appris qu'il était veuf depuis 2 ans déjà.
En arrivant, il s'excuse de l'heure tardive et lui tend un petit paquet :-A cette heure, je savais les fleuristes fermés, j'ai donc choisi cette formule, sourit-il...
Lorsqu'intriguée, elle ouvre le paquet, elle est saisie et ses yeux brillent une nouvelle fois à la vue d'un flacon ailé...
Ce bouquet là, ce clin d'oeil du hasard, elle n'est pas prête de l'oublier et son coeur se met à battre plus vite...les yeux fermés, elle inspire la vie...
J.G.
les oiseaux noirs, blancs ou bien multicolores,
avec adresse et légèreté, juchés sur des fils électriques, sont des notes de musique, horizontales,
précises ou imprécises, toutes vibrantes au dessus de ma ville décolorée, assourdissante et froide ;
seuls la pluie et le vent, musicienne, musicien, en sont les traducteurs
à l'adresse des interprètes du monde ;
les poètes, les enfants résistants, les récalcitrants.
L'intervalle entre le ciel et la terre ; transparence de l'air en est la partition, l' entre-deux dont je parle parfois.
Laissons les enfants marcher le nez en l'air, les yeux écarquillés, très vastes ;
sait-on jamais ce qu'ils vont voir et entendre, recevoir.
Premier baptême peut-être du poète, du musicien, de l'écrivain ?
.
.
Un jour, très vite, nous cesserons nos habitudes. Ce sera le chemin à l'envers. Il sera aussi douloureux mais ce ne sera pas la même douleur. Abandonner tout ce qui a fait notre raison de vivre pour y substituer tout à coup d'autres façons d'exister ne va pas forcément nous enchanter. Il va bien falloir s'y faire pourtant.
Nous ne skierons plus. Peut-être irons-nous en raquettes dans la neige et ne participerons-nous plus à une quelconque compétition sportive ? Si nous aimions la compétition évidemment ! Nous ne voyagerons plus ou très peu, en tout cas moins que nous ne l'aurions imaginé. Les voyages sont fatigants et sans doute y réfléchirons- nous en deux fois avant de partir. Nous n'irons plus au bureau, à l'atelier, au magasin... là où il y avait les collègues, les syndicats, les chefs et les employés, les salaires, la machine à café ! Nous cesserons aussi de déménager en quête d'un endroit idéal, sans voisins bruyants, sans chiens qui aboient toute la journée. Les transactions immobilières de par leur lourdeur et leur lenteur nous découragerons et nous nous fixerons las de les subir.Les agacements deviendront donc, à force, relatifs ou secondaires.
Bien tôt, viendront les enfants de nos enfants et comme si rien ne s'était passé, comme si tout venait de commencer, nous leur apprendrons à lire, à jouer, à parler. Dans leurs yeux nous verrons notre image comme dans un miroir.Ce sera comme un pansement bienfaisant sur l'autre vie qui arrive : le club des aînés, les sortie-découvertes en bus, les salles d'attente des médecins, le ménage et la vaisselle soudainement devenus très prenants, les courses harassantes dans les rayons des supermarchés ...
Et puis souvent, l'après-midi, nous aimerons retrouver dans le calme de notre chambre ou sous le cerisier quand il fait beau toutes les promesses qui nous ont été faites, celles que l'on a faites qui ont ou pas abouti- car nous pensions avoir beaucoup de temps devant nous et que ce temps les exaucerait naturellement.
En définitive, il ne s'est rien passé d'extraordinaire que nous ayons pu imaginer et tenter de réaliser à l'heure des grands rêves de notre jeunesse. Nous avons beaucoup souffert et avons beaucoup fait pour cela. Nous aurions pu nous "contenter" des souffrances pour lesquelles nous n'étions pour rien ! Celles là n'oublient personne et ont la dent dure.
Maintenant, pour cette raison bien simple, nous devrions penser d'avantage à nous. Les autres, comme délivrés d'un avenir insupportable se déroulant sous leurs yeux, voyant notre amour intact et notre motivation recentrée, devraient se sentir grandement soulagés pour l'autre vie qui les attend demain.
Pensées à chaud et à froid.
Un Homme Seul
Un homme seul,
La tête basse,
Avec sa contrebasse,
Se mêle à la foule,
Inconnu,
Parmi d’autres,
Scrutant le sol,
Comme pour chercher,
Une épingle d’espérance,
A sa morne existence,
Traçant son chemin,
Guidé par ses inconnus,
Cherchant eux aussi,
Sur les rails de la Vie,
Le train qui les mènera,
Au terminus de l’Espoir…
Eric TOTARO (Juin 2012)
L'arbre est un corps s'accordant fabuleusement au mien.
Nos peaux ont des onctuosités et des teintes différentes,
mais irriguées par un sang aussi chaud l’un que l’autre,
traversées par un fluide lumineux suscitant le désir, l’enlacement.
Désir oh combien juvénile, baisers débutants tout le temps.
Transparence et simplicité des sentiments.
Désir de s'étreindre l'un dans l'autre,
lui avec ces longs bras vêtus ou dévêtus,
les miens recouverts de laine ou bien de coton clair.
Paix et chaleur nous échangeons ;
don de nos mères respectives, éternelles, pour lui la terre,
pour moi cette femme extraordinaire, disparue bien trop tôt,
blonde et légère.
Ai-je dis que ma mère ressemblait au soleil ?
Nous nous donnons l’un à l’autre un peu de vie.
Lorsque je rencontre un arbre, chuchotant, gracile ou fort,
je m'y approche d’un pas délicat, voire aérien,
je le contemple d’un regard bleu,
comme le fit le Petit Prince, du moins je le pense,
face à la rose éblouissante et blanche.
Alors le ciel se tait un peu, l’orage qui menaçait recule,
la brume se fait clarté, puis l’arbre à mon contact entonne
un chant étrange, sa voix en vérité,
incroyablement verte et chaude, mélodieuse ;
il me parle en secret, au milieu d’une foule mouvante,
dans un jardin public ;
personne ne se doute qu’une quelconque rencontre soit possible,
qu’un lien puisse se tisser entre un arbre ressemblant à ses pairs
et une femme parmi les autres femmes !
Mon chat, chaque matin, s’allonge puis se love sans un bruit,
avec sérénité, contre le tronc palpitant de mon arbre préféré,
mon ami.
À mon amie Rébecca
Jolis, peu chers, inconfortables!
En dépit d'un rejet durable,
Mes petits pieds devaient marcher
Dans des souliers à bon marché.
...
Je ne changeais pas d'habitude,
Mais sans avoir la certitude
Que mon corps les accepterait;
Je n'aurais pas pu le jurer!
...
Priorité veut dire choix,
Qui s'impose vite parfois.
Nulle manne descend du ciel
Quand des besoins sont essentiels.
...
Me promenant allègrement,
Je me souviens, évidemment.
C'est une grâce d'avancer,
Pensant que l'on n'est pas chaussé!
...
On apprécie chaque douceur,
Qui nous paraît une faveur.
On se résigne dans la vie,
Mais comment perdre ses envies?
...
19 juin 2012
...
Flèche brisée ton
Ton raison adversité
Raison réfléchie
Disparue humeur
Jour accentué brisé
Rouge n'est plus mis
Non écriture
Mots cachés sujets tabous
triste destin fin
Fers rougis violets
Scories agglomérées feu
Lame brisée sec
Sans sang ni regrets
Fusent les idées au loin
Nouveaux cieux sereins
Raymond Martin
En hommage aux petites bonnes à tout faire qu'on arrachait à l'école et faisait faire des travaux indignes d'une belle enfance. Un cri contre le travail des enfants dans tous les coins du monde.
Je n’ai jamais vécu l’enfance.
Depuis mes plus tendres années,
J’ai vu toutes mes fleurs se faner
Et en l’air partir mes fragrances,
Car la misère et la malchance
M’ont placée là où il n’y a pas
De place pour mes si jeunes pas
Ni de musique pour mes transes.
Le soir quand tous les vivants rêvent,
Je voguais loin dans mes souffrances ;
Je voyais jouir la belle enfance
Alors que mes jours, eux, s’achèvent
A servir les plus belles que moi,
A servir celles dont la richesse
A fait d’elles d’ignobles princesses
Moi, le Cendrillon sans éclats.
Car dans la compagne où je suis
Née entre chaume, faim et misère,
Le pain a un goût si amer
Que l’on en n’a jamais envie.
Enfance, doux âge de souvenirs !
J’ose à peine soulever ton voile
Où l’araignée s’est faite une toile
Cachant mes plus secrets désirs :
Des désirs simples d’une dite enfant
Qui a grandit à la naissance
Pour fournir une âcre pitance
A quatre bouches au père mourant.
Le matin quand le jour s’éclaire,
Quand les oiseaux de leurs nids s’envolent
Pour aller vivre ou à l’école
Je devais passer la serpillère
Ranger, racler, polir, laver,
Détacher gras, crasse et saleté,
Faire la cuisine mais sans manger
A ma faim que du pain, du thé !
Si vous parlez de votre enfance,
Si vous avez des souvenirs,
Sachez les garder et en rire
D’avoir eu ce bonheur intense.
Le mien ne peut être intégral
Tant que me manquent les vrais mots
Pour crier injustice si haut
Que le Ciel entende mon râle !