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Pluie d’amour

L’amour tombe en trombes.

Alors succombe et ne dis rien;

L’amour c’est bien !

Parfois soleil et parfois brume,

L’amour consume même les déesses,

Mais tu en vois toute la beauté

Car tu as l’âme poétesse.

Tu vois le printemps en été

Et l’espoir au fond des détresses;

C’est la noblesse de l’amoureuse,

Alors succombe et ne dis rien.

Aimer c’est bien!

Khadija, Agadir, dimanche 1er Avril 2012.

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administrateur théâtres

Enfin la clôture des activités scolaires ? Cool!

                                                                                        Venez vous réjouir  au festin  de la  musique espagnole dans un lieu bien de chez nous : à FLAGEY, du 29 juin au 1er juillet.  TOUTES LES ESPAGNES depuis  son âge d’or jusqu’à nos jours…seront rassemblées  lors du FESTIVAL MUSIQ’3 – FLAGEY - FESTIVAL DE WALLONIE 201212272816890?profile=original

 

 Leonardo García Alarcón est l’invité d’honneur du Festival de Wallonie 2012. C’est en compagnie de ses trois ensembles - Clematis, Cappella Mediterranea et le Choeur de Chambre de Namur – qu’il inaugurera cette édition 2012.

 

Né en 1976 à La Plata en Argentine, il commence ses études de piano à 6 ans. A l’âge de 14 ans, sa participation à un ensemble sur instruments d’époque lui permet de se familiariser avec la pratique de la basse continue, pour s’adonner ensuite au clavecin et à l'orgue. Poursuivant l’étude du piano, il entreprend parallèlement des études de direction d'orchestre à l'Université Nationale de La Plata. En 1997, il s’installe en Europe.Il a étudié le clavecin et l'orgue, et a été assistant de Gabriel Garrido pendant de nombreuses années, avant de fonder son propre ensemble, la Cappella Mediterranea, avec lequel il a donné des concerts dans de nombreux festivals, en particulier au Festival d'Ambronay. À la suite de la représentation de Il diluvio universale de Michelangelo Falvetti (1642–1692), il reçut la médaille de citoyen d'honneur d'Ambronay. Le CD enregistré à cette occasion remporte le Diaposon d'or, du mois d'octobre 2011. Leonardo García Alarcón enseigne au Conservatoire de Genève et effectue en parallèle des recherche sur le jeu de la basse continue au XVIIe siècle. Il a repris la direction artistique du Chœur de Chambre de Namur en 2010. Il partage la direction de l'Ensemble Clematis avec la violoniste Stéphanie de Failly.

 

Au cours du festival vous pourrez aussi apprécier l’intimité du clavecin du Padre Soler par Diego Ares. Les sonorités métissées des chants judéo-andalous de La Roza Enflorese, l’amour sorcier de Falla, ainsi que le jeu d’Oxalys et du trio Amparo Cortes. Les voyages dans les déserts d’Andalousie ou dans les toiles de Goya que nous font faire les pianos d’Albéniz ou de Granados, sous les doigts de leurs meilleurs interprètes (Luis Fernando Perez, Javier Perianes, Angel Sanzo).

 

 

Un rendez-vous d’instrumentistes des plus variés :

En tête les gambistes Jordi Savall et Philippe Pierlot, les violonistes Lorenzo Gatto, Shirly Laub et Mira Glaudeanu avec l’Orchestre baroque du Conservatoire, les pianistes Brigitte Engerer et Boris Berezovsky, le guitariste Milos Karadaglic, le Ricercar Consort, les clarinettistes Benjamin Dieltjens et Ronald Van Spaendonck, l’Ensemble Astoria, les violoncellistes Marie Hallynck et François Salque, les accordéonistes Christophe Delporte et Vincent Peirani, sans oublier le bandonéon de Manu Comté … et bien d’autres encore...

 

Enfin, Le Festival Musiq’3, c’est aussi, des dizaines de brillants musiciens, étudiants du Conservatoire de Bruxelles en formation de chambre ou d’orchestre, des animations, flashmobs, ateliers, concerts de jazz, films, expositions,

… et des spectacles pour enfants tels une histoire du piano par Eliane Reyes et Bruno Coppens ou un Homme de la Mancha concocté spécialement pour les familles.

 

Pas de fête sans la danse, elle aussi à l’honneur : Boléro, Fandango,Habanera, Mambo, Flamenco résonneront à tous les étages, tandis qu’un marathon du Tango réunira des danseurs venus des quatre coins de l’Europe.

 

 

Trois jours d’intenses émotions en ce début d’été. C'est l'embarras du choix, quels que soient vos goûts musicaux, difficile de trouver mieux pour commencer la période de vacances estivales.

 

 Rendez-vous sur le site pour télécharger le programme complet.

INFOS & TICKETS 02 550 13 30 - 02 641 10 20 www.festivalmusiq3.be

Date et lieu : du 29/6 au 1/7 - Flagey – place Sainte Croix – 1050 Bruxelles

La suite? dans les commentaires, par vous et moi! A bientôt!

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Jean-Sébastien Bach,

 

Écouter Bach,

le recevoir,

frissons, abandon ;

don,

dilatation des pores, de soi ;

exaltation.

Peau et âme indissociées, bouleversées,

entièreté,

toucher le ciel, envol ;

écrire peut-être,

mots bleu-cristal,

 transparence,

pluie dehors,

un soleil d’encre,

feu dedans,

une page blanche, toute musicale, chaude,

danse des mots alors,

sonorité de l’âme et du corps à la fois.

Poésie.

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Un homme, une femme,

          

Je voudrais ce quelque chose d’intime de vous,

voix dissidente, étrange et  équivoque.

Trouble ; musique dans la tête.

Ce « tu » de l’élégance vêtu en « vous »,

portant un loup, pour n’être jamais dit, ni vu.

Grand bal de la timidité, cœur désarmé, empourpré ;

 le vôtre si entier, calfeutré.

Espace tout maculé de vous, sans vous ;

obsédante présence à force de trop d’absence !

C’est trop fort et violent pour moi seule, en doutez-vous ?

Je voudrais le parfum de votre corps, de votre peau,

distillé dans le mien, dans la mienne ;

ce millésime exceptionnel, inestimable,

rendu secret.

Ce grand cru se goûtant, se buvant,

 à la coupe de nos bouches,

 pour s’écouler sur nos deux corps nus,

réciproquement voulus,  tout doucement.

Enivrement incessant, altitude, plénitude ;

Égalité et différence d’elle contre lui.

Nous.

 

 

 

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administrateur théâtres

Invitation cordiale à l’Ouverture de la 5EME BOURSE D’ART CONTEMPORAIN  au club de la faculté de médecine,  Leuven au profit  de la Banque de sang de cordon

 le vendredi 22 juin de 17 à 23 heures, le samedi 23 juin de 11heures à 19 heures et le dimanche 24 de 11 heures à 17 heures. 12272816699?profile=original


 

L’ouverture officielle avec réception, à laquelle vous êtes cordialement conviés aura lieu le vendredi soir à 19 heures et sera inaugurée par le Professeur Marc Bogaerts et le professeur Mark Waer recteur de l’université catholique de Leuven. La Banque de sang de cordon collecte du sans de cordon des nouveau-nés depuis 1997. L e sang de cordon, collecté immédiatement après la naissance, sans aucun risque, ni pour la mère, ni pour l’enfant, serait, sans ce geste intelligent,  simplement évacué comme déchet. Il contient néanmoins des cellules-souche qui peuvent potentiellement sauver un autre enfant atteint de leucémie. Il y a à l’heure actuelle environ 10500 échantillons. Tous les mois on envoie deux préparations  pour des transplantations quelque part dans le monde. Vu le succès de ces transplantations, on peut dire que chaque mois, au moins un enfant sera sauvé  de la terrible maladie, grâce à la solidarité bénévole de jeunes mères. Hélas cette initiative n’est soutenue par aucune institution officielle, ni remboursement. Il faut donc faire appel au mécénat et au travail bénévole. Voilà le pourquoi de cette bourse d’art  contemporain. Les galeries qui participent et les  nombreux artistes ne  recueillent aucun profit car le fruit des ventes est versé à la Banque de sang de cordon.

 

www.kunstbeursleuven.be  

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♦ Tout ce temps ... et Maintenant

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Tout ce temps, tout penser au bout d’un long voyage

Quel est mon âge quand je vois des jeux d’enfants

De l’abat des soleils comme ils vont déclinant

M’en reste-t-il au moins pour peindre mon visage    

 

Tout ce temps, puis comment calculer mon courage     

Maintenant et si je m’effeuille en sentiments

 

Me répondent l’esprit des choses invisibles

Ce flux des émotions à servir d’argument   

Aux larmes de mots bleus, je m’en veux l’instrument

Archer de poésie comme on y devient cible

 

Tout ce temps, mais de rien, ne me plains maintenant     

 

Tout ce temps, et penser à tout ce qui chemine

Quel est mon âge quand me revient un printemps

Du rouge de mes liens charnels infiniment

M’en reste-t-il au moins pour mes jours d’églantine

 

Tout ce temps, puis comment apprécier mon bagage

Maintenant et si je me prends l’air d’un mendiant

 

Me répondent l’esprit des choses à poursuivre

Ce qui fait mouvement et la marche en avant

Les grands effets de cœurs papillon ou volcan

La révolution des amours en perspectives

 

Tout ce temps, mais de rien, ne me plains maintenant      

 

Tout ce temps, et penser à être et ne pas être

Quel est mon âge quand je siège sur un banc

Du tissu de drap blanc et des jours de bon vent    

M’en reste-t-il au moins pour un dit jour de fête            

 

Tout ce temps, puis comment la vie encore engage

Maintenant et si je vais partout d’un pas lent

 

Me répondent l’esprit des choses d’accordance

Ce qui fait confluence à des pluriels de pluies

En soleils et qui vont au pays d’embellie  

Où rien ne vaut mieux que de garder confiance

    

Tout ce temps, mais de rien, ne me plains maintenant     

 

Tout ce temps, et penser à ce qui s’abandonne

Quel est mon âge quand je parle aux absents

De la mélancolie, et de rien qu’on n’attend

Je n’en fais pas raison, la vie toujours me donne

 

Tout ce temps, mais de rien, ne me plains maintenant

 

Par toi ma compagnie, de penser me ramène

A toujours conclure en ferveur pour la vie  

Par l’amour indéniable et qui nous est permis

Maintenant, in extenso, signe mon poème   

 

© Gil DEF -  26.04.2012

- Cherche-monde manifestement-

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Evasion

A cette heure, un besoin irrésistible d’écrire.  J’ai appris à m’évader dans un jardin calme et accueillant au milieu de nulle part, un endroit hors du temps pour me ressourcer en douceur. Les mots, les rêves rendent la vie agréable... La réalité est tout autre. Soyons gais comme cela doit être.

Sous le soleil enfin revenu, le besoin de sortir dans cette chaleur naissante me rappelle des images enfouies dans ma mémoire. Elle se mêle aux herbes folles, aux buissons en friches et court sur toute la nature. Tout s’entremêle dans ce joli capharnaüm coloré.

Dans quelques mois, plantes et fleurs se balanceront dans le souffle d’un vent chaud bienfaisant. Dans cette mêlée de végétaux, un carré de gazon vert attend.  Un vieux fauteuil abimé tend ses bras pour accueillir un moment de repos bien mérité. Un peu à l’écart, une clôture sépare le jardin d’un grand pré où les animaux se repaissent en paix couchés dans l’herbe fraiche.

Une cour fermée carrelée possède une jolie table et une balancelle usagée, offrant tout le long d’un mur, de multiples pots de fleurs prêts à fleurir. Géraniums, bégonias, roses miniatures s’abritent du soleil. Un immense rosier orange coure sur le mur de la bâtisse et sur les arceaux tendus d’un coté à l’autre. L’ombre escomptée donnera un peu de fraicheur le jour de grosse chaleur.

Une haie sépare la cour du jardin où commencent à pousser de tendres aromates. Dans ce potager à l’ancienne, tout est libre d’aller où il veut, un petit paradis ouvert au vent et aux sens. A qq mètres à peine, un vieux puits et de vieux seaux tout rouillés attendent de reprendre du service. Pour y accéder, des carreaux noirs, posés sommairement dans un faux ordre, recouvrent le sentier.

La maison, avec ses volets et ses châssis d’un autre temps a une porte à battant, laissant  apparaître une cuisine avenante et sobre. Un grand espace où tout se bouscule néanmoins.  Une table rustique, une armoire, un fauteuil, des étagères couvertes de pots de confiture, de fleurs séchées. Des bouquets de thym et de laurier parfument l’endroit.  L’évier sous la fenêtre donne sur le jardin. La décoration est ancienne, une photo du grand-père, des enfants à l’école et sur une petite commode, un abat-jour en dentelle sur un napperon fait main. La pièce respire la sérénité du présent avec toujours cette douce lumière qui pénètre par la porte et la fenêtre.

Près de l’entrée, un peu à l’écart, un panier en osier avec un couvercle serti de fer forgé, imposant, et dans lequel chaque visiteur dépose ses paquets.

 - Mon ami, ouvre-le, mets-y tes sacs et tes chagrins. Viens t’assoir près de moi.

De cet endroit où la lumière rayonne, trois marches mènent à l’étage.

Deux immenses pièces, une bibliothèque où s’entassent les livres de toute une vie et une chambre aux couleurs vieux rose.  Un ancien lit en bois de palissandre qui retient toujours les trésors d’une vie où les secrets parlent à qui veulent les entendre. Ces pièces s’ouvrent sur le dehors par de grandes fenêtres et l’on distingue le jardin entremêlé d’herbes hautes et de fleurs multicolores.

De là-haut, on voit aussi un petit banc de bois. Il est couvert de lierre et encastré dans la végétation, il se laisse enfin découvrir aux regards, gardant avec lui, le souvenir d’ombres disparues.  

Dans les heures chaudes de la journée s’envolent les délicieux parfums qui embaument l’air et nous rappellent notre enfance. Dans le passé, le terrain de jeux paraissait démesuré, les allées et les sentiers étaient des routes où nous rêvions nos vies, où nos désirs étaient à réaliser. A l’ombre des heures moins chaudes, restent les souvenirs parfois amers de nos échecs, de nos songes envolés à tout jamais.

Un endroit nostalgique, magique où la tendresse était au rendez-vous et la douceur de vivre nous rendait heureux.

 

 

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Bivouacs napoléoniens à Waterloo

Bonjour,

Voici les articles et albums photo que j'ai publiés sur Sudinfo Waterloo à propos des bivouacs napoléoniens :

 

16 juin 2012 - Bivouacs français et anglo-hollandais - Marche aux flambeaux

 

17 juin 2012 - Bataille de Waterloo - Entrée triomphale de Wellington dans Waterloo

 

Très bel événement dans l'attente du grandiose bicentenaire de la bataille de Waterloo en 2015.

 

Bonne journée ou soirée

 

Tanguy de Ghellinck

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L'âme et l'esprit invulnérables

Doux ami,

Le point d'arrêt s'est imposé.

S'est faite muette ta ligne.

Rester sage, se montrer digne?

Tu ne m'avais rien proposé.

...

Le pire s'imposa soudain.

Il arriva ce qu'on évite,

Partir, précipité, trop vite,

Privé d'espoir de lendemains.

...

Sartre avait foi en la vertu,

Après la mort inexorable,

De l'intelligence, capable

De briller tout autant ou plus.

...

Tes soliloques exprimés,

Vingt ans, défièrent l'absence.

Ils triomphaient de la distance,

Font vibrer ton âme, à jamais.

18 juin 2012

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Mendiants et orgueilleux est un Roman d'Albert Cossery (1913-2008), publié à Paris chez Julliard en 1955.

Considéré comme le chef-d'oeuvre d'Albert Cossery, Mendiants et Orgueilleux est assurément, de tous ses romans, le plus connu et le plus abouti. Admiré par Henry Miller, mis en bande dessinée, adapté au cinéma par l'Égyptienne Asma el Bakri, il n'est pas pour peu dans l'attribution du grand prix de la Francophonie à son auteur, à l'automne 1990, et s'est érigé peu à peu en «livre mythique» pour les tenants d'un «droit à la paresse» et d'un ressourcement spirituel qui est d'abord présence accrue au monde. Sous couvert de dérision, Cossery exprime ici de façon magistrale une philosophie du dénuement dont les fondements se situent aux antipodes du matérialisme des sociétés de consommation et de l'idéologie du progrès, perçu comme une servitude et un avilissement.

Gohar, ancien professeur d'université, s'est fait mendiant pour atteindre la sérénité. En manque de haschich, il se met en quête de son ami Yeghen, poète et fournisseur de drogue (chap. 1). Au bordel de Set Amina, il ne trouve que la jeune Arnaba; dans un moment d'éblouissement, il la tue de façon gratuite (2). Durant ce temps, Yeghen, dont la laideur est repoussante, va soutirer de l'argent à sa mère, puis cherche à glisser l'un de ses poèmes à la jeune fille de ses rêves (3). De son côté, l'inspecteur Nour el Dine mène l'interrogatoire au bordel de Set Amina; arrive El Kordi, jeune fonctionnaire aux idées révolutionnaires confuses et ami de Gohar, dont la mâle beauté trouble le policier (4). Dans la soirée, Gohar, Yeghen et El Kordi se retrouvent comme habituellement, au café des Miroirs (5). Le lendemain, El Kordi, délaissant son travail, rend visite à Naïla, pensionnaire phtisique de Set Amina, qu'il croit aimer et qu'il prétend sauver (6). Nour el Dine, pour sa part, cherche à gagner les faveurs du jeune Samir qui méprise en lui le représentant d'une morale conformiste contre laquelle il s'est révolté (7). Yeghen, quant à lui, a deviné que Gohar est l'assassin: il veut l'aider à fuir vers la Syrie (8). El Kordi, après avoir renoncé à dévaliser une bijouterie, retourne au bordel de Set Amina et se vante devant un policier d'être le meurtrier (9). Le soir, il retrouve ses amis au café des Miroirs, lorsque survient Nour el Dine qui ne croit pas à sa culpabilité. Gohar et Yeghen tiennent au policier des propos qui ébranlent ses certitudes (10). L'un des jours suivants, Nour el Dine se rend chez Gohar, dont il soupçonne la culpabilité, mais dont l'ascétisme le trouble profondément. Plus tard, l'insouciance de Yeghen, qu'il fait pourtant torturer, achève de le désemparer: il décide de devenir à son tour mendiant, afin de trouver la paix de son âme (11).

«J'ai toujours fréquenté les marginaux, parce que les marginaux sont ce qu'il y a de plus vivant dans le monde: ils font ce qu'ils veulent et sont donc plus amusants que les autres. Les marginaux sont souvent plus intelligents aussi», déclare, dans un entretien, Albert Cossery. En quelques mots, se trouve présenté l'univers de Mendiants et Orgueilleux. C'est parce qu'ils refusent les mascarades et les préjugés du monde civilisé que ses héros atteignent à un détachement essentiel et à une liberté d'esprit sans laquelle il ne saurait y avoir plénitude de l'être. Gohar, ainsi, aurait pu devenir un mandarin universitaire; mais il a rejeté tous les mensonges philosophiques et les escroqueries intellectuelles qui l'empêchaient de jouir de l'instant et le détournaient de la simplicité de la vie: «Enseigner la vie sans la vivre était le crime de l'ignorance la plus détestable.»

C'est pourquoi, si la tentation de la révolte était présente dans le premier ouvrage d'Albert Cossery, les Hommes oubliés de Dieu, elle disparaît totalement de Mendiants et Orgueilleux. Au contraire, l'idéologie révolutionnaire apparaît comme aussi risible que les autres et c'est «l'extrême futilité» qui caractérise au premier chef El Kordi, le jeune fonctionnaire écervelé qui rêve de se dresser en justicier du peuple des opprimés, mais ne parvient jamais à se dégager d'un comportement superficiel et risible. En revanche, Nour el Dine, le policier homosexuel, peut-être parce qu'il est, par ses attirances, un marginal potentiel qui ne se raccroche aux valeurs sociales que par peur de se regarder et d'affronter la réalité, reçoit comme une révélation l'anarchisme absolu de Gohar et de Yeghen. Celui-ci lui ouvre, en effet, la seule voie qui puisse lui permettre de donner un sens à sa vie et de trouver une certaine sérénité. La paix ou le progrès, voilà d'ailleurs le thème du débat qui oppose, au café des Miroirs, le représentant de l'ordre à ses négateurs.

Qu'on ne se méprenne pas toutefois: Mendiants et Orgueilleux n'est aucunement un roman à thèse. Cossery abhorre le sérieux qui complique les choses et éloigne de la vie. L'humour et la dérision caractérisent son regard comme son style et, loin des grandes considérations abstraites, il s'attache à montrer la richesse d'enseignement du monde quotidien, pourvu qu'on sache lui prêter attention. Finalement, Mendiants et Orgueilleux ne dit qu'une chose: c'est lorsqu'on n'a plus rien à perdre et plus d'espoir-refuge qu'on échappe à l'angoisse du temps pour accéder à l'extase.

 

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PIERRE-EMMANUEL MEURIS: HOMO LUDENS

Du 13-06 au 30-06-12, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles), une exposition consacrée aux œuvres de Monsieur PIERRE-EMMANUEL MEURIS, un artiste belge au style délicat qui nous offre un madrigal sur l’image du cube et ses variations possibles.


Le dénominateur commun qui gouverne l’œuvre de Meuris présentée à l’ESPACE ART GALLERY demeure, sans conteste, la forme géométrique représentée essentiellement par le cube. Mais il s’agit ici d’un cube issu d’un « cubisme » qui s’écarte de la définition usuelle que nous donne l’Histoire de l’Art pour rejoindre la géométrie dans toute la force de ses proportions.

Le carré n’existe que comme carré. Le reste est affaire de couleurs, cinétisme et plein-vide savamment dosé.

Issu d’une famille d’artistes (son grand-père était un paysagiste confirmé), Meuris a mis dix ans pour aboutir à l’œuvre dont il nous offre la plénitude du discours.

Grand admirateur de Jo Delahaut, il a voulu le « corriger » comme il le dit lui-même, en miniaturisant ses formes au maximum sans pour cela dériver vers un minimalisme géométrique.

En fait, les œuvres exposées où le trait s’avère être la dominante, dérivent tout droit de sa première période, la « période Folon », principalement dominée par un ciel parsemé de traits, en référence au firmament de Folon scintillant d’étoiles.

Aujourd’hui, le ciel a disparu mais les traits sont restés. Et ce sont essentiellement eux qui confèrent à l’œuvre de Meuris son style. De quelle manière ce style se définit-il ?  Il se définit avant tout par une réflexion chromatique à l’intérieur d’un cube faisant office de cadre, à l’intérieur du cadre total. Conçu en tailles différentes, le cube existe par lui-même en se multipliant à l’intérieur du cadre monochrome. L’œuvre de Meuris exposée est une œuvre tranquille qui, contrairement à l’atmosphère ludique qu’elle dégage de prime abord, ne se limite pas à former un jeu de cubes. Chaque élément interpelle le regard au fur et à mesure que l’on s’y attarde. Les cubes, de petite taille, s’inscrivent dans un cadre d’identiques dimensions (103 x 103 cm).

 

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Pour ne pas céder au style de son grand-père paysagiste qu’il admirait, l’artiste a toujours voulu échapper au paysagisme. Mais y a-t-il réussi totalement ? Force est de constater que depuis l’avènement de l’abstraction, en tant qu’écriture picturale au début du 20ème siècle, la nature même du « paysage » a subi d’immenses métamorphoses. Elle a surtout changé d’identité.

D’élément de la nature, le paysage est devenu l’alter ego psychanalytique du « peignant » face à la toile. Il n’est plus l’expression du peintre romantique allemand du milieu du 19ème siècle créant des paysages volontairement torturés, réfléchissant sa psyché.

Meuris, peintre de notre siècle, accorde la symbolique intime de la couleur comme expression ludique du volume insufflant la vie au cube, vers un questionnement inconscient sur sa propre « capacité »  à exister. Il se défend de vouloir être complexe. Il veut demeurer simple d’approche.

Bien sûr, son œuvre est « simple » mais jamais simpliste ! Car à l’intérieur d’une approche cognitive ludique, une simplicité complexe se dévoile, au fur et à mesure du trajet qu’emprunte le regard.

Pierre-Emmanuel Meuris a fréquenté le Beaux Arts à Liège. Il s’exprime surtout par l’acrylique.

 

François L. Speranza

Attaché critique d'art au Réseau Arts et Lettres


Note de Robert Paul: la page de Pierre-Emmanuel Meuris sur le réseau Arts et Lettres

 

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CES MAINS LA

Douceur, caresse, velours, chaleur, soie, finesse, volupté, amitié, amour...

Que n'expriment pas ces mains qui naissent, grandissent, s'embellissent, durcissent et vieillissent avec nous?

Elles accueillent nos petits corps tombant dès leur première chute dans ce monde encore étrange à nos sensations naissantes.

Elles bercent nos craintes et rassurent nos pleurs,

Adoucissent nos douleurs.

Elles se tendent vers nos attentes et les enveloppent d'espoir,

Nous font rêver de force et de gloire,

Sinon quelle serait une poignée?

Quel serait un coup de main?

Elles envoient nos baisers au soleil amoureux,

Elles trempent nos regards dans de tièdes sourires,

Elles chassent de nos âmes de languissants soupirs,

Elles occupent nos loisirs

A feuilleter le livre de nos vies

Et à combattre l'ennui!

Ces mains - là !

Elles resserrent nos étreintes ,

Elles embrassent nos désirs,

Elles encadrent nos rencontres,

Elles dessinent nos adieux!

Ah! Ces mains - là!

Elles sont roses, blanches ou vertes:

Sèment, enterrent ou déterrent,

Elles écrasent ou ressuscitent.

Ces mains - là sont nos otages:

Et portent le teint de notre âge

Et la couleur de nos plaisirs,

Trahissent nos flirts avec le temps

Mais gardent nos secrets volages.

Ces mains - là sont parfois plus sages !

Ces mains - là !

Ces mains - là !

Ces mains - là !

KHADIJA, Agadir, le 29/9 à 02h17

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Message aux paresseux.

Jean-Louis, entrepreneur depuis vingt ans avait prévu un travail important auprès d’un de ces clients.

En contactant son ouvrier pour lui parler de cette nouvelle mission, celui-ci annonça qu’il ne pouvait se rendre sur le chantier pour une cause non déterminée et peu transparente !

L’entrepreneur téléphona à son client pour lui apprendre la nouvelle et lui dit que ce ne sera pas possible d’intervenir comme prévu pour ce travail.

Le client insista et insista encore, c'était impératif ! Jean-Louis n’avait pas le choix et devait trouver un remplaçant dans les trente minutes vu l’urgence de l’intervention.

L’entrepreneur décida d’aller dans le centre de la ville, roda près d’un bâtiment qui recueille des demandeurs d’asile et des sans papiers. Il était déjà passé par là plusieurs fois et il se souvenait d’avoir vu quelques hommes munis d’un petit sac sur le bord du trottoir prêts à embarquer pour un travail à la journée.

Jean-Louis savait très bien que ces hommes ne pouvaient travailler, sans papiers, sans assurances sans avoir payés les lois sociales, c'était risqué ! 

Un homme fut accosté par Jean-Louis, durant quelques secondes ils négocièrent et il monta dans la camionnette. On voyait sur le visage d’Abdallah un air comme s’il venait de gagner quelque chose, il était heureux.

- Plus tard, durant le travail, je m’aperçu qu’il avait de très bonnes notions techniques, je dirais même que son sens pratique et logique était bien plus développé que chez mes propres hommes !

Il trouvait souvent des solutions que moi-même n’avait même pas pensé !

Après notre travail, durant la route, on s’échangea encore quelques mots. Abdallah avait quarante ans, était Algérien, il avait parcouru une quinzaine de pays avant d’arriver en Belgique, il voulait trouver une vie meilleure

- Je m’aperçus qu’il était d’un courage débordant, d’une grande positivité.

Il était musulman pratiquant, ne buvait pas, ne fumait pas et était d'une extrême gentillesse.  

Il avait le sourire aux lèvres d’avoir pu être actif cette journée et d'avoir gagné un peu d'argent.

 

Belle vie à Abdallah, (prénom Algérien, "serviteur de Dieu" en arabe)

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DOUCE DECHIRURE


Si jamais par hasard nos chemins se croisent
Comme se croiseraient dans la vie des destinées,
Et de là où tu es du coin de l’œil tu me toises,
Sois sûr que je n’ai pas ta belle âme oublié.

Dis-toi qu’au fond de moi ton goût survit encore.
Je t’ai gardé dans mon cœur une place de choix,
Mon doux, mon sage, mon prophète aux mots en or
Sertis de mes pleurs, que j’ai élu unique roi !

Que tu veuilles me parler ou tu désires te taire,
Je saurai comment faire pour dompter ton silence
Comme j’ai bien su avant gérer tes vertes colères ;
Lourds sévices engendrant ma douleur, mes souffrances.

Si tu cherches, ma foi, sans moi la tranquillité
Et la paix ; sans mes mots de pudique tendresse,
Recouvre donc comme l’air ta très chère Liberté.
Les vrais Amours n’admettent guère qu’on les mette en laisses !


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FEMME CAMELEON

Je voudrais devenir une Femme Caméléon !
Non de celles, versatiles, qui chaque jour changent de nom
Comme on change de maquillage, ou de robe, ou de gant ;
Non plus dans le genre vil, le genre vain qu’on comprend :
Incertain ou volage, lunatique ou louvoyant.
Mais plutôt quelque chose de tout à fait différent ;
Entre le chameau, l'aigle, la gazelle et le lion;
Quelque chose de rêveur, d’ambitieux, mû de passion ;
Quelque chose de subtile, pas dans le style de ces vamps
Mais d’un goût plus raffiné qui sait plus qu’avoir, donner ;
Qui sait changer avec le temps, changer en bien, changer de ton ;
Savoir quand il faut écouter, à qui accorder le pardon
Et à qui même servir de pont pour mette au clair ses beaux talents ;
Changer et faire changer le monde pour que tout ne soit que chanson
D’amour et d’amitié, de paix à diffuser aux horizons
Et n’attendre d’en récolter que l’exquis nectar en amont.
Voici donc ce que devrait être la Femme Caméléon !

KHADIJA, Agadir, dimanche 19/9/2010 à 20h30

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DE L'ECRITURE

 

Croire...
Parler...
Voir...
Penser...
Sentir...
Toucher...
Languir...
Vibrer...
ÉCRIRE!...Oui, écrire...
Et le verbe est idée
Et la lettre est dialogue
Et l'encre en est sang
...
  Écrire!...Oui, écrire...
Et l'écrit prend forme
Et l'œil rond égrène
Le chapelet des pensées
Et s'étonne sans gêne
De se voir s'écarter de la norme
Pour créer ou mourir...
...
 Écrire ou mourir
De ne pas ressentir
Les caresses intimes
Les douceurs infimes
Les malheurs sublimes
Loin des déprimes
Écrire pour ne pas languir
Ni se languir...
...
Écrire pour vibrer
Qu'on ait touché le fond
Ou qu'on soit au sommet
Écrire pour souffler
Siffler
Respirer
S'emporter
S'épater
S'épanouir
S'envoler
Vibrer
Revivre
Tenter
Sentir
Oser
Frémir
Parler
Occire l'ennui, le fuir
Renaître du plaisir
D'écrire!

 

 

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MICHEL MARINUS: LET THE ALTARS SHINE

Du 13-06 au 30-06-12 l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles), offre deux visions de l’œuvre de Monsieur MICHEL MARINUS.

Cet artiste belge nous invite à percer deux visions de son œuvre reliées par un discours identique, à savoir l’empreinte laissée en nous par le temps qui passe, en laissant un dialogue à l’intérieur de la matière, telle une offrande sacrée, mystique…d’où le titre de son exposition : LET THE ALTARS SHINE (LAISSEZ RESPLENDIR LES AUTELS).

Les « autels » sont ceux de la mémoire, sortis d’un passé, en l’occurrence archéologique, puisque la première série des tableaux exposés ont été créés à partir du souvenir de photos aériennes de sites archéologiques proche-orientaux.

Réalisés à l’acrylique, ces œuvres exposent une vision en plongée fortement stylisée (aérienne), de tumuli, enfermés au centre d’un halo lumineux, lequel met en exergue le mysticisme provenant du passé devenant par l’impact de la représentation plastique, intemporel.

Michel Marinus propose deux idées de tumuli prises d’en haut : dans un premier temps, le tumulus enserré dans une sorte d’enceinte, un kremlin dont le trait ressort pour en souligner le volume (composition n° 2, 52 x 52 cm).

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Ensuite, il nous propose le vestige enveloppé d’une masse de poussière séculaire réalisée au ciment et à l’acrylique, présentant un tout compact, pétrifié, indéfinissable, comme figé par la patine du temps (composition n° 4, 52 x 52 cm).

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L’idée d’intituler son oeuvre LET THE ALTARS SHINE lui est venue en écoutant le titre éponyme du groupe mythique des années ’70 MEAT LOAF.

La seconde série de tableaux peints par Michel Marinus est centrée sur le thème de la photographie ancienne que le temps a voilée. Une série de compositions dont il manque des morceaux. Ces morceaux sont ceux d’un puzzle qui se désagrège sur sa périphérie mais dont le centre est occupé par l’image floue, néanmoins vivante, ne fût-ce que par l’intemporalité de l’amour qui unit le couple portraituré sur le tableau n° 15 (61 x 61 cm), le faisant triompher de la mort et du temps.

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Nous assistons ici à la superposition de la peinture sur la photographie dans le but, peut-être absurde, de retrouver, en quelque sorte, l’origine même de celle-ci, en recréant la patine temporelle propre au daguerréotype ou à la photo d’ « époque » cloitrée dans le vieil album que nous ne sortons jamais de peur de l’abîmer.

L’humain confronté au passé magnifié par la beauté qu’il exhale. C’est essentiellement cela qui teint lieu de ciment aux œuvres créées.

Comment décrire le temps qui passe ? Faut-il laisser flétrir l’ « autel », l’abandonner à sa propre finitude ? Faut-il que l’Art le recouvre d’une poussière toute romantique ? Temps et Art peuvent-ils chanter à l’unisson ? Ils le peuvent, néanmoins, l’un ne sera jamais au diapason avec l’autre, comme les aiguilles de la montre sous le coup de midi. Ils ne peuvent être qu’en décalage car le rôle vital de l’Art est celui de saisir le temps au moment où le pinceau amorce le geste et le restitue sur la toile de l’intemporalité. C’est en cela que le couple, pris dans l’instant de l’amour sur la toile défunte, ressuscite à la vie. 

Michel Marinus est professeur de Morale au Lycée Charles Janssens, à Ixelles. Il a fréquenté les Beaux Arts de Bruxelles.

 

François L. Speranza

Attaché critique d'Art au Réseau Arts et Lettres

Note de Robert Paul: la page de Michel Marinus sur le réseau arts et lettres

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ADMINISTRATEUR GENERAL

Expositions du 13 juin au 30 juin 2012


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Pierre-Emmanuel Meuris (peintures)

Exposition du 13/06 au 30/06 2012 de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 13/06 2012 de 18h 30 à 21h 30

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Patrick Marin (peintures)

Exposition du 13/06 au 30/06 2012 de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 13/06 2012 de 18h 30 à 21h 30

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Michel Marinus (peintures)

Exposition du 13/06 au 30/06 2012 de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 13/06 2012 de 18h 30 à 21h 30

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Dominique Le Roy de La Chohinière (peintures et sculptures en verre)
et Patricia Izquierdo (Poète)

Exposition du 13/06 au 30/06 2012 de 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 13/06 2012 de 18h 30 à 21h 30

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Du 13-06 au 30-06-12, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), une exposition consacrée à Monsieur PATRICK MARIN, peintre français dont la peinture ne cessera pas de vous subjuguer une fois que votre regard l’aura croisée.

Ce qui saute immédiatement aux yeux lorsque l’on s’entretient avec l’artiste autodidacte Patrick Marin, c’est cette interpénétration faite de rationnel et d’irrationnel qui constitue sa personnalité intéressante. Ce qui en ressort, c’est une œuvre aux contours définis et carrés, à l’intérieur de laquelle un monde bouillonnant apparaît.

Lorsqu’on l’interroge sur la genèse des œuvres exposées, l’artiste nous parle de « flashs visuels », d’images imparfaites à l’origine qu’il retravaille pour les matérialiser en un seul jet sur la toile. Patrick Marin avoue sa hantise d’être influencé picturalement. Hantise à laquelle l’on répond que même si son travail reste éminemment personnel, il est impensable qu’il ne soit pas, de près ou de loin, consciemment ou inconsciemment, influencé. Surtout si l’on songe qu’en tant qu’autodidacte, son amour pour la peinture s’est manifesté dès son enfance, en fréquentant les musées. Il y a donc entre la peinture et lui une histoire d’amour de très longue date.

MAGNETIQUE 2 (100 x 100 cm), 009-7 ON OFF (81 x 100 cm), DRAKKARS 9 (81 x 100 cm). Ces titres procèdent également de « flashs visuels ». Et il faut, en ce qui les concerne, saluer le hasard heureux qui s’établit entre la nature des compositions et leurs intitulés.

A la rencontre de MAGNETIQUE 2, le visiteur peut, en toute légitimité, se demander si l’artiste entretient un rapport intime avec la science. Croyez-le ou non, il n’en est rien ! Cette œuvre, laquelle se révèle être un dialogue polychrome à l’intérieur d’un nid d’entrelacs enchevêtrés l’un dans l’autre, esquissés au pinceau tel des fils en apesanteur, rappelle, sans que le cerveau ne fournisse un effort considérable, l’univers des électrons évoluant sur un arrière-plan à dominante bleue et blanche.

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009-7 ON OFF nous montre, si besoin en est, la bipolarité « rationnel – irrationnel » de Patrick Marin. Comme nous l’avons dit plus haut, les contours définis et carrés qui caractérisent son œuvre, structurent également sa personnalité. Des chiffres, des sphères, des carrés se rencontrent sur la toile. Comme pour MAGNETIQUE 2, laissant supposer un rapport inexistant entre l’artiste et la science, les chiffres présents sur 009-7 ON OFF, ne cachent aucune symbolique. Ils ne font que mettre en exergue le jeu mathématique qui sous-tend l’ensemble de son œuvre, réfléchissant les arcanes de sa personnalité fort intéressante.

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DRAKKARS 9 propose une vue sur la technique de l’artiste. Celui-ci utilise très rarement le pinceau. Pour réaliser cette composition, il a utilisé une tige en plastic découpée pour lui donner la forme d’une spatule courbée. Après avoir appliqué la matière sur son bout, il a commencé à l’étaler sur la toile. Pour créer un contraste sur le noir, il a utilisé un chiffon qu’il a étalé sur la couleur pour l’atténuer en l’effaçant partiellement. La main en plâtre qui émerge sur la droite du tableau doit, selon l’artiste, être considérée comme le point final à l’œuvre. Le point de convergence entre la pensée créatrice et l’acte créateur se matérialisant dans l’œuvre.

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Patrick Marin, qui compose essentiellement avec deux ou trois couleurs qu’il applique par projection (technique qui consiste à projeter la peinture à distance sur la surface de la toile, adoptant ou non la forme recherchée, dont le précurseur fut Jackson Pollock), affectionne la peinture à l’huile.

Le définir c’est avant tout le chercher dans son œuvre.


François L. Speranza.

Attaché Critique d'Art au Réseau Arts et Lettres

Note de Robert Paul: la page de Patrick Marin sur le réseau Arts et Lettres

 

 

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Les amours jaunes

12272815093?profile=original"Les amours jaunes" est un recueil poétique de Tristan Corbière, pseudonyme d'Édouard Joachim Corbière(1845-1875), publié à Paris chez Glady frères en 1873.

 

Les poèmes des Amours jaunes, oeuvre unique de Tristan Corbière, ont été vraisemblablement composés à partir de 1862 et jusqu'en 1873. Le poète fit éditer le recueil à ses frais et le livre passa inaperçu. Il fallut attendre le premier article des Poètes maudits de Verlaine, en 1881, consacré à Corbière, et A rebours de Huysmans, en 1884, dont le héros, Des Esseintes, range les Amours jaunes parmi ses ouvrages favoris, pour que l'oeuvre de Corbière sorte de l'ombre.

 

Le recueil contient quatre-vingt-quatorze poèmes répartis en sept sections: «Ça», «les Amours jaunes», «Sérénade des sérénades», «Raccrocs», «Armor», «Gens de mer» et «Rondels pour après». Cette disposition est le fruit d'un travail de composition et ne reflète pas l'ordre chronologique de rédaction des poèmes. Bien que les renseignements sur ce sujet soient peu nombreux - les indications de date ou de lieu qui accompagnent souvent les textes sont fictives -, on peut avancer que les sections «Armor» et «Gens de mer», qui chantent la Bretagne natale du poète, ont été écrites à Roscoff, entre 1862 et 1871. La rencontre, en 1871, d'une jeune femme, nommée Marcelle dans la dédicace versifiée qui ouvre le recueil, engendre une rupture tant dans la vie que dans la poésie de Corbière qui effectue de nombreux séjours à Paris, entre 1872 et 1874, pour retrouver Marcelle. Les poèmes des «Amours jaunes», de «Sérénade des sérénades» et de «Raccrocs», composés sans doute entre 1871 et 1873 et caractérisés par une thématique amoureuse et un cadre urbain, sont d'une inspiration différente de celle des sections consacrées à la Bretagne.

 

L'organisation des Amours jaunes est donc le fruit d'une architecture concertée. Après une première partie, «Ça», consacrée à une présentation, ironique et dramatique à la fois, du livre et du poète, Corbière choisit de placer en tête du recueil les pièces parisiennes où s'expriment la détresse sentimentale et la distance douloureuse et hostile qui sépare l'homme de la femme («les Amours jaunes», «Sérénade des sérénades», «Raccrocs»). Ce ton pathétique et grinçant trouve une sorte d'apaisement dans les sections suivantes («Armor», «Gens de mer»), la terre natale apparaissant comme un refuge salvateur. La dernière section, «Rondels pour après», contient des poèmes en forme de berceuses qui font de la mort l'ultime havre libérateur.

 

Le titre du recueil est énigmatique et crée d'emblée, par les termes qu'il associe, une dissonance, élément clé pour l'ensemble de l'ouvrage. Le mot «amours», en effet, semble placer l'oeuvre dans la continuité d'une tradition poétique lyrique et sentimentale (on pense aux Amours de Ronsard) mais l'adjectif «jaunes» perturbe les repères et fait vaciller le premier signifiant. L'amour jaune serait-il une analogie du rire jaune, rire sans vraie gaieté, c'est-à-dire faux et douloureux? Ce rire jaune apparaît, explicitement lié à l'amour, dans "A l'Etna" («Raccrocs»): «- Tu ris jaune et tousses: sans doute, / Crachant un vieil amour malsain.» Le jaune est aussi la couleur symbolique de la tromperie («couleur de Judas», dit le Littré) et de la dégradation (par opposition à la pureté idéale du blanc). Le syntagme nominal «amours jaunes» place le recueil sous les auspices de la disharmonie.

 

La femme, objet d'un impossible amour, est toujours cruelle. Elle dit par exemple dans "Pauvre Garçon": «J'ai fait des ricochets sur son coeur en tempête. [...] / Serait-il mort de chic, de boire, ou de phtisie, / Ou peut-être, après tout: de rien [...] / ou bien de Moi.» Le poème "Bonne fortune et Fortune" est une sorte de fable symbolique qui conte l'échec de l'union amoureuse: la passante désirée par le poète prend celui-ci pour un mendiant et lui donne «deux sous». Lorsque le sentiment amoureux est miraculeusement partagé, un écart infranchissable persiste entre la femme et l'homme: «Lui - cet être faussé, mal aimé, mal souffert, / Mal haï - mauvais livre... et pire: il m'intéresse. - / [...] / Cet homme est laid... - Et moi, ne suis-je donc pas belle, / Et belle encore pour nous deux! - / En suis-je donc enfin aux rêves de pucelle?... / - Je suis reine: Qu'il soit lépreux!» ("Femme"). C'est seulement avec la mort que semble pouvoir advenir une fusion apaisée, à la fois érotique et idéale: «Sentir sur ma lèvre appauvrie / Ton dernier baiser se gercer, / La mort dans tes bras me bercer... / Me déshabiller de la vie!...» ("Un jeune qui s'en va").

 

Le manque d'harmonie ne concerne pas seulement la relation amoureuse. Il est inhérent au poète lui-même. Corbière endosse volontiers, dans ses poèmes, les masques de la laideur, de la misère et de l'infirmité. Ainsi, le poème "le Crapaud", sorte d'écho grinçant, car dépouillé de tout idéalisme, de "l'Albatros" baudelairien, s'achève par ces mots: «Ce crapaud-là c'est moi.» Ailleurs, le poète apparaît sous les traits du «lépreux» ("Femme", "le Poète contumace"), du «paria» ("Paria"), du «sourd» ("Rapsodie du sourd"), du «borgne» ou de l'«aveugle» ("Cris d'aveugle", "la Rapsodie foraine et le Pardon de sainte Anne"). Ces avatars d'un moi estropié et souffrant disent la difficulté d'être qui ne cesse de tenailler Corbière: «- Manque de savoir-vivre extrême - il survivait - / Et - manque de savoir-mourir - il écrivait» ("le Poète contumace"). D'autres périphrases délivrent pourtant une image lumineuse du poète: «beau décrocheur d'étoiles» ("Sonnet posthume"), «voleur d'étincelles» ("Rondel"), «peigneur de comètes» ("Petit mort pour rire"). Mais ces visions radieuses appartiennent toutes à l'ultime section du recueil «Rondels pour après», c'est-à-dire à l'univers de la mort réparatrice.

 

Ici et maintenant, la plénitude et l'harmonie sont refusées. Les multiples antithèses qui apparaissent dans les poèmes traduisent une identité douloureuse, écartelée toujours entre des postulations contradictoires: «Oiseau rare - et de pacotille; / Très mâle... et quelquefois très fille; / Capable de tout, - bon à rien; Gâchant bien le mal, mal le bien. Prodigue comme était l'enfant / Du Testament, - sans testament» ("Épitaphe"). Cette infernale lucidité dans l'analyse de soi donne le vertige et paralyse: «Trop Soi pour se pouvoir souffrir, / L'esprit à sec et la tête ivre, / Fini, mais ne sachant finir, / Il mourut en s'attendant vivre / Et vécut, s'attendant mourir. / Ci-gît, - coeur sans coeur, mal planté, / Trop réussi, - comme raté» ("Épitaphe"). L'effort de définition de soi tord le langage pour lui faire exprimer le paradoxe d'une existence déchirée par l'impossibilité de vivre: «Lui, ce viveur vécu, revenant égaré» ("le Poète contumace").

 

Le malheur et la souffrance sont donc au coeur de cette poésie. Toutefois, celle-ci mêle constamment, toujours selon le principe de l'éternelle réversibilité de toute chose, le rire au désespoir: «Viens pleurer, si mes vers ont pu te faire rire; / Viens rire, s'ils t'ont fait pleurer.../ Ce sera drôle... Viens jouer à la misère» ("le Poète contumace"). Cette constante présence de l'humour éloigne radicalement la poésie de Corbière de l'effusion romantique.

Cet humour frappe la poésie elle-même: des titres de sections tels que «Ça» ou «Raccrocs» témoignent d'une volonté de déjouer le sérieux et le formalisme de l'entreprise poétique. Ainsi, le premier poème du recueil, "Ça?", après de vaines tentatives pour définir la poésie des Amours jaunes, conclut: «C'est, ou ce n'est pas ça: rien ou quelque chose... Un chef-d'Oeuvre? - Il se peut: je n'en ai jamais fait. / [...] / C'est un coup de raccroc, juste ou faux, par hasard... / L'Art ne me connaît pas. Je ne connais pas l'Art.» Radicale et dévastatrice, l'ironie s'enracine dans le déchirement intérieur du poète. Le langage lui-même est frappé de suspicion car il peut sans cesse mentir. C'est pour cela que Corbière ne cesse de raturer, de retourner les énoncés.

 

Sa poésie puise sa force dans une sorte d'élan cahotique qui la caractérise. Une abondante ponctuation, à grand renfort de tirets et de points de suspension, bouscule le rythme et crée une respiration singulière. Images, idées ou mots paraissent s'enchaîner au fil de libres associations, si bien que les surréalistes ont cru déceler dans la "Litanie du sommeil" les prémices de l'écriture automatique. Or les témoignages de contemporains ou l'examen des brouillons et manuscrits de Corbière révèlent que cet apparent désordre est au contraire le fruit d'un minutieux travail. Jules Laforgue, dans «Une étude sur Corbière» (Mélanges posthumes, 1903), prétend qu'il est impossible d'extraire un seul beau vers des Amours jaunes. La remarque est peut-être excessive mais elle est fondée: Corbière travaille à désarticuler le vers. Sa poésie refuse les harmonies trop faciles et ne cède pas aux charmes de l'esthétisme: «Ce fut un vrai poète: il n'avait pas de chant» ("Décourageux").

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