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administrateur théâtres

Il était une fois une Sonate  en trois mouvements : Allegro appassionato, Moderato cantabile et Orlando furioso. Ou la construction en  trois parties de ce mémorable concert donné à la salle Henry le Bœuf , salle comble, devant la famille royale en conclusion du prodigieux concours de violon Reine Elisabeth 2012 dont c’est la 75e édition. Trois concurrents extraordinaires: une Amazone Coréenne bleue, un Prince Japonais et un Titan de Russie. Jouer c’est se surpasser. C’est ce que les trois jeunes artistes ont fait, tenant en haleine un public captivé. Trois concerti monumentaux sous la baguette virevoltante de Michel Tabachnik, musicien éclairé débordant de vitalité. Au Programme :

- Concerto Nr 1 en sol mineur op 26 de Max Bruch, soliste: Shin Hyun Su, troisième lauréate

- Concerto  en mi mineur opus 64 de Félix Mendelssohn, soliste: Narita Tasuki, deuxième lauréat

- Concerto  en ré majeur opus 35 de Tchaikovsky,  soliste: Andrey Baranov, premier lauréat

Allegro Appassionato 

Shin Hyun Su assume un phrasé incisif qui tranche avec le puissant murmure de l’orchestre que Michel Tabachnik conduit avec une  souplesse virevoltante. Le voilà, tempérant les cors anglais, insufflant du  recueillement avant la vague passionnelle qui précède le premier solo de la tragi-musicienne. Celle-ci, Tantôt extrait des intonations salées comme des larmes de son instrument, tantôt et offre un déferlement de musicalité. Dans l’Adagio, elle sait aussi faire sourdre tout en finesse, comme un ruisseau invisible, des modulations romantiques de son archet. Les commentaires de l’orchestre se nourrissent de gravité une pluie de pizzicati évoque les tressaillements d’une invisible harpe. La musique, serait-ce faire ressortir l’invisible? Les quatre cors et les deux trompettes jettent soudain une amplitude de tonalités qui repoussent au loin tous les horizons. Le rêve et la sérénité lumineuse se sont installés. Le moment de grâce se termine sur deux petites notes descendantes. L’Allegro energico porte bien son nom : jeu subtil de  l’exultation victorieuse. L’Amazone bleue est en parfaite symbiose avec l’orchestre dont le cœur bat la chamade. Les percussions scandent un final glorieux. Tout est dans le geste du dernier coup d’archet.   

Moderato cantabile

Narita Tasuki émeut par sa grâce, son élégance et sa virtuosité tranquille. Un seigneur de la musique qui explore la partition avec aisance et maîtrise. Le duo avec les vents est empreint de tendresse et de générosité. Le musicien produit des respirations lentes  et des sommets délicats. La transparence de la porcelaine. Sa créativité artistique s’imprime dans la flexibilité  de son corps. Se prend-il pour un roseau dansant au gré du ruissellement des clarinettes ? Deux cors et deux trompettes brillantes soudain se liguent pour préparer l’écrin du monologue  extraordinairement émouvant du soliste. Son  babillage intime se dépose aux pieds de l’orchestre sous le charme. Dans le mouvement suivant, les plaintes sonores et douloureuses de l’orchestre seront bientôt couvertes par la volubilité juvénile du jeune artiste. Les répétitions en force du cadre dramatique de l’œuvre forcent le soliste à exprimer la chose qui meuble toute son interprétation : l’harmonie. Alors les violons glissent imperceptiblement dans des couleurs bienveillantes. La fin du deuxième mouvement  est une construction séraphique du plaisir. Le troisième se termine dans l’allégresse, la légèreté et l’intensité. Vivacité à l’état pur, perlée de hautbois avant l’estocade finale.

 Et deux splendides bis: le  caprice Nr 1 de Paganini et ...une perle japonaise.

Orlando furioso

La vie est un combat sans merci. Contre le malheur qui imprègne toute chose,  Andrey Baranov forge des sonorités d’une puissance incomparable. Cet athlète musical entraîne l’orchestre dans le dépassement absolu. Ses soli de virtuose sont mouvementés et douloureux. Transfiguré par la musique, il ferait chanter un morceau de marbre ! Paroxystique dans la douceur comme dans la  force. On est dans de l’expressionisme fantastique. Un Titan, dont la concentration est phénoménale et l’expressivité, celle de toutes les Walkyries réunies. Slaves,  bien sûr ! Mystère : la finale égrènera des étoiles.    

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Commentaires

  • J'ai adoré ce concert de clôture du Reine Elisabeth, avec ces trois magnifiques virtuoses !

    Alors oui, je vais essayer de profiter de cette offre et me rendre avec mon épouse à ce concert gratuit du 20 juillet au BOZAR, à l'occasion de la Fête Nationale du lendemain : une belle occasion de faire la fête en musique.

    Merci d'avoir ainsi relayé cette invitation, Deashelle.

    Amitiés de Léo

  • administrateur théâtres

    Andrey Baranov remporte le Reine Elisabeth

    Rédaction en ligne

    dimanche 27 mai 2012, 01:18

    Le Russe Andrey Baranov a remporté le Concours Reine Elisabeth 2012 consacré au violon. "Un palmarès exemplaire" : le commentaire de Serge Martin

    http://www.lesoir.be/culture/musiques/2012-05-27/andrey-baranov-rem...

  • administrateur théâtres

    Narita Tatsuki, l’équilibre et la lumière  

            Martine D. Mergeay  

                    Mis en ligne le 23/05/2012

    http://www.lalibre.be/culture/musique/article/739526/narita-tatsuki...

    SERGE MARTIN

    mardi 22 mai 2012, 23:49

    La finale violon Narita Tatsuki (Japon, 20 ans) affiche des moyens époustouflants (netteté des attaques, beauté rayonnante du son, diversité d’accents et de couleurs). (...)

    http://www.lesoir.be/culture/musiques/2012-05-22/reine-elisabeth-na...

  • administrateur théâtres

    Shin Hyun Su, une artiste de feu   

            Martine D. Mergeay   

                    Mis en ligne le 23/05/2012    La Libre Belgique       

                    La jeune Coréenne se révèle être une musicienne profonde et personnelle....
     
     
    Le Soir: la maîtrise assurée:
     
  • Merci de ces précieux renseignements

    J'ai écouté le concert de clôture! Un vrai moment de bonheur et 3 arristes d'exception

    J'ai envie de tenter ma chance pour le 20 juillet et en sus peut-être le plaisir de vous y rencontrer?

    Encore merci et beau week-end à vous

    Amitiés

    Jacqueline

  • administrateur théâtres

    À l’occasion de son 75e anniversaire

    et en prélude à la Fête Nationale,

    le Concours Reine Elisabeth vous invite à un concert gratuit, le vendredi 20 juillet 2012, à 20h.

    Le programme de ce concert réunira l’Orchestre National de Belgique, le violoniste Yu-Chien Tseng (5e lauréat en 2012) et la soprano Elena Galitskaya (3e lauréate en 2011).
    Le but de ce concert est d’inviter un nouveau public au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour y entendre l’Orchestre National de Belgique dirigé par un chef réputé, cette année le chef roumain Ion Marin, ainsi que des lauréats des sessions précédentes. Ce concert sera retransmis à la radio et à la télévision.
    Pour obtenir des tickets, envoyez au Concours Reine Elisabeth, 20 rue aux Laines, B-1000 Bruxelles une enveloppe vide timbrée (0,65 euros pour la Belgique, 0,99 euros pour l’Europe), adressée à vous-même. Merci d’indiquer le nombre de places souhaitées. Les tickets vous seront envoyés au plus tard le 13/07/12. Offre valable jusqu’au 10/07/12 (date de réception de votre enveloppe) et en fonction des places disponibles. Les enveloppes non timbrées et/ou non adressées ne seront pas prises en compte.

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