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Le film de Joe Wright, "Anna Karénine"

Le film de Joe Wright, "Anna Karénine"

Fort de ses quatre millions de dollars de recettes depuis sa sortie le 16 novembre aux États-Unis, le film de Joe Wright, "Anna Karénine", est arrivé dans les salles de l’hexagone mercredi 5 décembre. Une adaptation osée du roman éponyme de Léon Tolstoï qui ne plaît pas à tout le monde… (LE PLUS, Nouvel Obs’)

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=191856.html

N’attendez donc pas une  reconstitution historique fidèle et l’illusion cinématographique, vous serez déçus !  Voici tout son contraire. Une mise en abyme théâtrale intelligente et moderne appliquant au pied de la lettre le principe de Shakespeare :

“All the world's a stage,

And all the men and women merely players:

They have their exits and their entrances…” 

12272856093?profile=originalLe gigantesque théâtre délabré de la première séquence est bien le  symbole de la Russie impériale de 1874. Il accueille des personnages virevoltants ou soudainement figés dans une chorégraphie méticuleuse (Sidi Larbi Cherkaoui). Les personnages se gèlent pendant qu’un autre prend vie. Une course de chevaux  surréaliste ébranle le théâtre bourré de spectateurs.  La locomotive est tour à tour, jouet et réalité.  Les cloisons basculent, les lumières cascadent, le plateau se transforme en vrai paysage l’espace de quelques instants de rêve, puis les personnages se retrouvent coincés en coulisses parmi les rouages et autres machines du destin. La femme impure est voilée.  Les scènes se superposent derrière la rampe lumineuse comme dans un kaléidoscope. Où est passée la réalité ? Le metteur en scène Joe Wright et le scénariste Tom Stoppard semblent attendre  intensément  les réactions du public du 21e siècle, la caméra est omniprésente. On retient l’étonnante musique,  toujours prémonitoire, de Dario Marianelli, qui n’est pas sans rappeler  l’opéra de quat’  sous de Kurt Weil ou la Valse de Ravel. « Dance with me » est entêtant et obsessionnel à souhait.

« Vanity fair » à la russe: la haute société impériale russe est décrite à l’emporte-pièce sur un mode  fortement  satyrique, on l’aura compris. Les costumes sont éblouissants, la vaisselle somptueuse,  les sourires exquis comme des cadavres. Et  tout est faux et irrespirable. Joe Wright nous fait penser à notre James Ensor et sa galerie de portraits dans sa présentation squelettique de l’œuvre de Tolstoï dont le roman foisonnant de près de 900 pages est réduit à l’ossature d’une romance cruelle.

12272856473?profile=originalAnna, (la voluptueuse Keira Knightley), plutôt que de chercher de nouvelles façons de faire revivre son mariage imposé avec Alexeï Karénine (Jude Law) désespérément blême et dénué de vie, joue la madame Bovary russe et ne résiste pas longtemps aux assauts du comte Wronski (Aaron Taylor-Johnson).  On l’aurait souhaité plus romantique et fougueux cet amant, il est un peu pâle et fade à notre goût, bien qu’excellent si l’on veut en faire un pur pastiche.  Pour Anna, bonheurs et malheurs s’accumulent dans la balance de l’amour mais les leurres de la société feront s’écrouler tous les rêves des amoureux qui semblent s’être  trouvés.  Et la mort est le prix que doit payer l’héroïne pour s’être  livrée  avec  convoitise aux jeux interdits. Comme de bien entendu, la morale du 19e siècle  sera  sauve,  surtout dans un monde fait par et pour les hommes et les pères. Ce monde clos du théâtre est devenu fou.  Le seul moyen d’échapper, pour Emma Bovary comme pour Anna, devient l’arsenic ou la morphine. Où  est la différence ? Toutes deux se  dissolvent dans l’amour chimérique. Mais pour  Joe Wright : "Tout le monde essaie d’une manière ou d’une autre d’apprendre à aimer". C'est son propos.  Et Aimer passe immanquablement par le pardon. Plusieurs situations dans le film en sont la preuve et en particulier le cri d'Anna privée de son enfant:  « Mon fils me pardonnera quand il saura ce que c’est qu’aimer.» La machinerie bureaucratique impériale est sans pardon et sans merci.

12272856877?profile=originalPar contre, le couple d’idéalistes Kitty-Levine (Domhnall Gleeson, très convainquant et la délicieuse Alicia Vikander)  qui a su reconnaître ses erreurs et pardonner s’est  échappé du décor et  vit  au grand air. Leur amour réciproque et l'amour des autres est leur nourriture quotidienne. Des scènes champêtres réelles rappellent la prairie où le couple Anna-Wronski a connu l’éphémère extase.

La verte prairie du « Golden Country » de  George Orwell dans 1984?

Une image de ce que pourrait être un monde de rêve  et de solidarité…  

Un monde qui se mettrait à vivre enfin, comme ces deux jeunes enfants élevés par Alexeï Karénine, devenu enfin un peu moins absolu?

 

 

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A mes amis membres du réseau et surtout à Robert Paul,

tous mes souhaits pour une Merveilleuse 12272855301?profile=originalAnnée  2013 riche de partages artistiques, de découvertes enrichissantes et de créations dynamisantes!

Amitiés.

Pascale

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Le lutin boudeur

Comme à chaque veillée de Noël où les cœurs cherchent à s’émerveiller, les portes s’entrouvrent et laissent passer les rêves les plus fous. Parfois des songes plus irréels encore apparaissent et nous plongent dans un monde de fées et de lutins.

Un soir où la lune éclairait mon petit jardin couvert de neige apparut un petit lutin boudeur. Il était sous les branches d’un arbuste et frissonnait de froid.

Dés que je l’ai vu, son regard posé sur moi, je me mis à trembler aussi. Je ne sais si c’était de froid ou de frayeur. Je restais un instant sans bouger.

La porte de la maison restée ouverte,  il s’introduit brusquement sans que je puisse m’interposer à son passage. Il passa tellement vite que je sentis à mes pieds un courant d’air.

Tout de go, il se blottit près de la grande cheminée pour se réchauffer. Le lutin s’installa confortablement  et  je restai là à l’observer. C’était la première fois que je voyais de si près un lutin. 

Un peu rassurée, je m’avançai  vers lui et je commençai à lui poser des questions. Il me regarda un moment et se mit à bouder, à ne pas vouloir répondre. Il se renferma sur lui-même et ne prononça aucuns mots.

N’ayant pas de répartie, le doute s’infiltra dans mon esprit et les interrogations vinrent à foison dans ma tête.

De son regard cherchant le mien, je lus l’incertitude, voir la zizanie et je sentis se rependre en moi un sentiment destructeur avec un doute cuisant d’inhumanité que cachait cet être boudeur. 

Ce petit  lutin maléfique allait tout saccager et détruire en qq secondes l’estime, la confiance que j’avais eu si longtemps à trouver et à assumer.

Perfide, il laissait les interrogations sans réponses et boudait de plus belle. N’ayant pas dit mon dernier mot, je lui dis qu’il fallait qu’il arrête de bouder.

Il devait me donner des réponses à mes questions,  à sa présence ou partir de suite.

De colère qui est toujours mauvaise conseillère, je lui dis que s’il ne voulait pas communiquer correctement, notre entretien tirait à sa fin.

J’étais maintenant triste d’en arriver là avec ce vilain qui n’avait pas de raison.

La fenêtre s’entrouvrit brusquement et d’un bond, il disparut à tout jamais.

Restée seule, je me dis que ce lutin n’est peut-être  pas unique. Les hommes

 aussi sont parfois boudeurs.  

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                  Bien Chers tous,

              J'espère que vous avez fait figure de privilégiés, en cette veillée et journée de célébration de la Noël : j'entends, que vous avez pour chacun d'entre-vous, amis "d'Arts et Lettres", pu jouir de chaleur humaine, tandis que tant de personnes inconsolables de leur sort, sont hélas, demeurées dans un isolement terrible...

              À celles là, je dédie cette pensée de Christian Bobin :

             "L'amour est le miracle d'être un jour entendu jusque dans nos silences, et d'entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l'état pur, aussi fine que l'air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse."

             (Citation issue du recueil "Ressusciter".)

             De mon côté, faute d'avoir pu participer à une animation artistique bénévole escomptée, dans le dessein d’apporter une once de rêve et de lumière, je me suis retranchée sur une tâche purement utilitaire me laissant fort marrie, étant donné que je n’ai pu que constater au coeur de ma région,  le manque de fédération autour d'un projet de solidarité, dont pourtant la presse locale se gausse...

              Hélas, trois fois hélas, serons- nous toujours condamnés à assister impuissants à une notable indifférence, à tant d'innocence sacrifiée, pendant que d'autres "Frères humains" se livrent aux agapes orgiaques et débauche de festins impudiques sans fin, ni faim, rivalisant à qui mieux mieux sur le menu ...indigeste composant le repas de Noël, dont ils mettront plus d'une dizaine de jours à s'en remettre ?

               N'est-ce pas, Mesdames, membres bénévoles d'une certaine antenne  que je ne nommerais pas, engagées dans vos bonnes œuvres caritatives à l'année, et incapables d'accorder de votre précieux temps, soit quelques heures seulement, lorsqu'il s'agit d'organiser "une table ouverte" en faveur des plus démunis ?

               Combien ont répondu à l'appel afin de préparer potage et gâteaux en l'honneur de cette nuit étoilée du 24 Décembre, plus préoccupées, semble t’il, à farcir à dindes, oies et chapons gras, à concocter moult mets sophistiqués de leur menu personnel ?

               Et bien, je vous laisse deviner... Un véritable fiasco, guère encourageant pour former une chaine  fraternelle !!! Au sein de cette structure, nous fûmes recensées aisément, puisque au matin, nous pûmes nous compter en demi-douzaine de volontaires, pour achever notre « mission » eau début de l’après-midi… en trio ! Vous avouerez qu’en guise d’élan, on peut mieux faire, non ?

               Et si nous nous remémorions, ne serait-ce que pour un instant, que la misère est plus que jamais intemporelle, qu’elle se déguise  tant en hôte de nos campagnes que de nos cités, semblablement à une malheureuse priant Notre-Dame durant la nuit du Réveillon :

 

Seigneur Jésus, je pense à vous !
Ça m’ prend comm’ ça, gn’y a pas d’offense !
J’ suis mort’ de foid, j’ me quiens pus d’bout,
ce soir encor... j’ai pas eu d’ chance

Ce soir, pardi ! c’est Réveillon :
On n’ voit passer qu’ des rigoleurs ;
j’ gueul’rais « au feu » ou « au voleur »,
qu’ personne il y f’rait attention.

Et vous aussi, Vierge Marie,
Sainte-Vierge, Mère de Dieu,
qui pourriez croir’ que j’ vous oublie,
ayez pitié du haut des cieux.

J’ suis là, Saint’-Vierge, à mon coin d’ rue
où d’pis l’apéro, j’ bats la semelle ;
j’ suis qu’eune ordur’, qu’eun’ fill’ perdue,
c’est la Charlotte qu’on m’appelle.

Sûr qu’avant d’ vous causer preumière,
eun’ femm’ qu’ est pus bas que l’ ruisseau
devrait conobrer ses prières,
mais y m’en r’vient qu’ des p’tits morceaux.

Vierge Marie... pleine de grâce...
j’ suis fauchée à mort, vous savez ;
mes pognets, c’est pus qu’eun’ crevasse
et me v’là ce soir su’ l’ pavé.

Si j’entrais m’ chauffer à l’église,
on m’ foutrait dehors, c’est couru ;
ça s’ voit trop que j’ suis fill’ soumise...
(oh ! mand’ pardon, j’ viens d’ dir’ « foutu. »)

T’nez, z’yeutez, c’est la Saint-Poivrot ;
tout flamb’, tout chahut’, tout reluit...
les restaurants et les bistrots
y z’ont la permission d’ la nuit.

Tout chacun n’ pens’ qu’à croustiller.
Y a plein d’ mond’ dans les rôtiss’ries,
les épic’mards, les charcut’ries,
et ça sent bon l’ boudin grillé.

Ça m’ fait gazouiller les boïaux !
Brrr ! à présent Jésus est né.
Dans les temps, quand c’est arrivé,
s’ y g’lait comme y gèle e’c’te nuit,
su’ la paill’ de vot’ écurie
v’s z’avez rien dû avoir frio,
Jésus et vous, Vierge Marie.

Bing !... on m’ bouscule avec des litres,
des pains d’ quatr’ livr’s, des assiett’s d’huîtres,
Non, r’gardez-moi tous ces salauds !

(Oh ! esscusez, Vierge Marie,
j’ crois qu’ j’ai cor dit un vilain mot !)

N’est-c’ pas que vous êt’s pas fâchée
qu’eun’ fill’ d’amour plein’ de péchés
vous caus’ ce soir à sa magnère
pour vous esspliquer ses misères ?
Dit’s-moi que vous êt’s pas fâchée !

C’est vrai que j’ai quitté d’ chez nous,
mais c’était qu’ la dèche et les coups,
la doche à crans, l’ dâb toujours saoul,
les frangin’s déjà affranchies....

(C’était h’un vrai enfer, Saint’-Vierge ;
soit dit sans ête eune effrontée,
vous-même y seriez pas restée.)

C’est vrai que j’ai plaqué l’ turbin.
Mais l’ouvrièr’ gagn’ pas son pain ;
quoi qu’a fasse, elle est mal payée,
a n’ fait mêm’ pas pour son loyer ;

à la fin, quoi, ça décourage,
on n’a pus de cœur à l’ouvrage,
ni le caractère ouvrier.

J’ dois dire encor, Vierge Marie !
que j’ai aimé sans permission
mon p’tit... « mon béguin... » un voyou,
qu’ est en c’ moment en Algérie,
rapport à ses condamnations.

(Mais quand on a trinqué tout gosse,
on a toujours besoin d’ caresses,
on se meurt d’amour tout’ sa vie :
on s’arr’fait pas que voulez-vous !)

Pourtant j’y suis encore fidèle,
malgré les aut’s qui m’ cour’nt après.
Y a l’ grand Jul’s qui veut pas m’ laisser,
faudrait qu’avec lui j’ me marie,
histoir’ comme on dit, d’ l’engraisser.
Ben, jusqu’à présent, y a rien d’ fait ;
j’ai pas voulu, Vierge Marie !

Enfin, je suis déringolée,
souvent on m’a mise à l’hosto,
et j’ m’ai tant battue et soûlée,
que j’en suis plein’ de coups d’ couteau.

Bref, je suis pus qu’eun’ salop’rie,
un vrai fumier Vierge Marie !
(Seul’ment, quoi qu’on fasse ou qu’on dise
pour essayer d’ se bien conduire,
y a quèqu’ chos’ qu’ est pus fort que vous.)

Eh ! ben, c’est pas des boniments,
j’ vous l’ jure, c’est vrai, Vierge Marie !
Malgré comm’ ça qu’ j’aye fait la vie,
j’ai pensé à vous ben souvent.

Et ce soir encor ça m’ rappelle
un temps, qui jamais n’arr’viendra,
ousque j’allais à vot’ chapelle
les mois que c’était votre fête.

J’arr’vois vot’ bell’ rob’ bleue, vot’ voile,
(mêm’ qu’il était piqué d’étoiles),
vot’ bell’ couronn’ d’or su’ la tête
et votre trésor su’ les bras.

Pour sûr que vous étiez jolie
comme eun’ reine, comme un miroir,
et c’est vrai que j’ vous r’vois ce soir
avec mes z’yeux de gosseline ;
c’est comm’ si que j’y étais... parole.

Seul’ment, c’est pus comme à l’école ;
ces pauv’s callots, ce soir, Madame,
y sont rougis et pleins de larmes.

Aussi, si vous vouliez, Saint’-Vierge,
fair’ ce soir quelque chos’ pour moi,
en vous rapp’lant de ce temps-là,
ousque j’étais pas eune impie ;
vous n’avez qu’à l’ver un p’tit doigt
et n’ pas vous occuper du reste....

J’ vous d’mand’ pas des chos’s... pas honnêtes !
Fait’s seul’ment que j’ trouve et ramasse
un port’-monnaie avec galette
perdu par un d’ ces muf’s qui passent
(à moi putôt qu’au balayeur !)

Un port’-lazagn’, Vierge Marie !
gn’y aurait-y d’dans qu’un larantqué,
ça m’aid’rait pour m’aller planquer
ça m’ permettrait d’attendre à d’main
et d’ m’enfoncer dix ronds d’ boudin !

Ou alorss, si vous pouez pas
ou voulez pas, Vierge Marie...
vous allez m’ trouver ben hardie,
mais... fait’s-moi de suit’ sauter l’ pas !

Et pis... emm’nez-moi avec vous,
prenez-moi dans le Paradis
ousqu’y fait chaud, ousqu’y fait doux,
où pus jamais je f’rai la vie,

(sauf mon p’tit, dont j’ suis pas guérie,
vous pensez qu’ je n’arr’grett’rai rien
d’ Saint-Lago, d’ la Tour, des méd’cins,
des barbots et des argousins !)

Ah ! emm’nez-moi, dit’s, emm’nez-moi
avant que la nuit soye passée
et que j’ soye encor ramassée ;
Saint’-Vierge, emm’nez-moi, j’ vous en prie ?

Je n’en peux pus de grelotter...
t’nez... allumez mes mains gercées
et mes p’tits souliers découverts ;
j’ n’ai toujours qu’ mon costume d’été
qu’ j’ai fait teindre en noir pour l’hiver.

Voui, emm’nez-moi, dit’s, emm’nez-moi.
Et comme y doit gn’y avoir du ch’min
si des fois vous vous sentiez lasse
Vierge Marie, pleine de grâce,
de porter à bras not’ Seigneur,
(un enfant, c’est lourd à la fin),

Vous me l’ repass’rez un moment,
et moi, je l’ port’rai à mon tour,
(sans le laisser tomber par terre),
comm’ je faisais chez mes parents
La p’tit’ moman dans les faubourgs
quand j’ trimballais mes petits frères.

 

La Charlotte de Jehan Rictus...

 

(se reporter également à l’interprétation de Marie Dubas :

http://youtu.be/mAM230WywT8)

12272855259?profile=originalTableau de William Bouguereau : " Petites mendiantes",  1890

 

                Tant qu’à la coutume qui consiste à marquer le « gui l’an neuf », cru 2013, je ne peux qu’y souscrire volontiers, affectionnant les traditions ponctuant notre calendrier, et vous adresse donc, mes vœux les plus florissants à l'aube de ce nouvel an porteur de nombre d'or, 13 !

               Gageons que les valeureuses "Galatées" officiant ici même en terres apolliniennes, sous le regard bienveillant, mais sans concession de notre Pygmalion à tous, Robert Paul, nous réjouissent plus que jamais par leurs créations, et ce, dans une saine émulation...

                Fasse que lyre orphique et palette de peintre s’entrecroisent avec grâce, nous offrant la respiration vitale afin de nous soustraire, le temps de visites enrichissantes et émouvantes, des contingences matérielles de l’existence, de la monotonie de notre quotidien !

                 Et que nos échanges d'êtres favorisés, soient une source perpétuelle de réflexion salutaire, sinon de jubilation :

 

"L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire.

 Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant

 une image privilégiée des souffrances et des joies communes.

 Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler ;

 il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. (…)

 C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ;

 ils s’obligent à comprendre au lieu de juger.

 Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où,

 selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge,

 mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel."

 

Albert Camus

 

(Discours de Suède, 1957)

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Épître retenue

 

À Claude M

Mon ami cher, je pense à vous,

Présentement dans la détresse,

Privé de la douce allégresse,

Qui se répand un peu partout.

Il est difficile d'admettre

L'impuissance de la tendresse

Contre une force qui agresse,

Mais que la chance peut soumettre.

Les prières, les voeux fervents,

Contrairement à la croyance

Que nous propose l'espérance,

Semblent sans effets évidents.

Lors, je demeure silencieuse,

Ayant, dans l'attente, conclu

Que mes mots seraient superflus.

Du sort, je suis respectueuse.

26/12/2012

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Dimitri Sinyavsky (Rus)

« Flux du Temps »

Peintures

 

Exposition du 16/01 au 03/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 16/01/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Jim Aile (Be)

« Sentiments et couleurs »

Peintures

 

Exposition du 16/01 au 03/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 16/01/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Gilles Jehlen (Fr)

« De la terre brute à la terre polie »

Sculptures

 

Exposition du 16/01 au 03/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 16/01/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Philippe Guenin (Fr)

« L’âme du chaos »

Peintures et photographies

+ Performance en live

 

Exposition du 06/02 au 24/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 06/02/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Barbara Stacher (Aut)

« Matières primaires »

Sculptures

 

Exposition du 06/02 au 24/02/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 06/02/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

Et qui sera agrémenté d’extraits de musique celtique

Interprétés par la harpiste Françoise Marquet

 

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XICA Bon de Sousa Pernes (Pt)

« Ombres de présence »

Peintures

 

Exposition du 2702 au 17/03/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 27/02/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

 Et qui sera agrémenté d’extraits de musique celtique

Interprétés par la harpiste Françoise Marquet

 

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Jonathan Bermudes (Fr)

« RÉTROSPECTIVE »

Photographies

 

Exposition du 20/03 au 07/04/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 20/03/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Françoise Clercx (Be)

« Détails et fascination »

Peintures

 

Exposition du 20/03 au 07/04/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 20/03/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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Veronica Barcellona (It)

« Welcome to my real world »

Peintures et sculptures

+ Installation

 

Exposition du 20/03 au 07/04/2013

De 11h 30 à 18h 30

Vernissage le 20/03/2013

De 18h 30 à 21h 30

 

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UN BONHEUR SIMPLE

"Je me lève, je suis très calme.
Les mois et les années peuvent venir.
Ils ne me prendront plus rien.
Ils ne peuvent plus rien me prendre.
Je suis si seul et si dénué d'espérance que je peux les accueillir sans crainte. "
Erich Maria Remarque. A l'Ouest, rien de nouveau. 1928

 

 

L’espérance… c’est pourtant tout ce qu’il me reste. J’en ai un bon paquet en réserve. C’est, au final, ce qui m’a toujours permis d’évoluer… d’aller encore plus loin. Cela ne pouvait être pire… j’étais en vie… alors il fallait avancer.

En me levant ce matin, je pensais à la prédiction des Mayas. Ce commencement d’un nouveau cycle. Ma fin du monde était donc terminée. Je me devais de me construire une autre vie. Tous n’auront pas cette chance. Je ne dois rien gâcher cette fois. En me servant de mon expérience passée et de ma connaissance du monde, ça devrait pouvoir se faire sans trop de bobos au cœur.

J’ai donc refait les mêmes gestes du petit matin, les indispensables. Mais seulement parce qu’ils me font du bien, me donnent ce petit apaisement d’une journée qui commence bien… sans précipitation… sans presque d’état d’âme… sinon le bonheur de serrer mes deux petits chiens contre mon cœur comme des petits ours en peluche tout doux, tout chauds… Je me sens très en harmonie avec moi-même et avec ce qui m’entoure : la maison épurée de tous ces objets inutiles qui avaient fini par m’étouffer, une petite poignée d’ êtres qui continuaient de m’aimer pour ce que j’étais et la généreuse et bienfaisante nature... Que demander de plus à la vie ?

Je m’octroie cette pause en dehors du temps et des contraintes, chaque matin jusqu’après le petit déjeuner, pris presque religieusement en communion avec le médicament qui m’a permis non seulement de continuer d’être là, mais aussi d’harmoniser mon existence entre terre et cosmos, les pieds bien ancrés sur la première, la tête sur les épaules et les mains tendues vers les étoiles…

Cela ne dure jamais longtemps bien sûr : de petits estomacs affamés se rappellent à moi et me font me secouer un peu. Presque aussi un rituel que les Choupinoux connaissent bien : ils me suivent de l’entrée de la cave où se trouve le panier aux légumes au plan de travail de la cuisine où j’installe les gamelles. Eux ont déjà pris leur petit déjeuner une fois rentrés de leur sortie libératrice du matin mais ils adorent ce partage de légumes entre tous mes pensionnaires… Ils sont tous devenus végétariens parce que c’est plus pratique et cela revient bien moins cher que donner  à chacun de la nourriture spécifique.

Je coupe, j’épluche et je répartis tout en donnant à goûter à mes petits chéris… Le canari s’énerve : lui aussi s’est mis au chicon/ pomme et je ne suis pas assez rapide à son goût. Je me chamaille un peu avec lui et continue de préparer consciencieusement les gamelles en écoutant la radio. Et je me surprends à chantonner… Je suis enfin heureuse.

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Réveillon d’une veuve noire.

 

Vague  à l’âme  vide  de  présence  et  d’éclats,

Eclats de vie de riens pour la peur des demains,

Demains  des  soirs  tristes  fanés  avant  d’être,

D’être  déjà  enfuis  mornes  de  mes  sanglots,

Sanglots des longs soupirs d’un refrain du désert,

Désert des sentiments  comme un amour perdu,

Perdu  comme  le  flou  de  notre  délire,

Délire en désespoir qui met fin à ce jour,

Ce  jour  de réveillon  sans rires ni fureur,

Fureur d’une voix de stentor perdue dans les cendres,

Cendres  à  jamais  froides  de  l’appétit  des  sens,

Des  sens  inquisiteurs de  mes  jardins  secrets,

Secrets  ordinaires  dont  tu  étais  jaloux,

Jaloux  intolérant  de  mes aptitudes,

Aptitudes  et  penchants  pour  l’excellence,

L’excellence  de  l’art,  l’élitisme  repu,

Repu et grisé de gaités ou de pleurs,

Pleurs sur mes pensées tournées vers le passé,

Passé  d’opacité,  de  vil  abaissement,

Abaissement public, transparence de moi,

De  moi  dépendante de  ta  vile  oppression,

Oppression qui pesait  lourdement sur ma nuit,

Ma  nuit  pour  toi  tyran  vivre  ma  lumière,

Lumière  volée  au  profit  de  ton  ombre,

Ombre qui me voilait jusqu’à ton absolu,

Absolu  rustique  vomi  par  les  amis,

Amis impossibles que nous n’aurons jamais,

Jamais  ensembles il est beaucoup trop tard,

Trop tard pour cette vie  enfuie avec ta mort,

Mort  d’une  aventure pleine de  souffrances,

Souffrances de ton corps dont le livre est fermé,

Fermé  avec  le  froid  de  ce  réveillon  d’ors,

D’ors des décorations restées dans les boîtes,

Boîtes  de  tes  râles  que  je  n’entendrai plus,

Plus que dans les traces de mes souvenirs lourds,

Lourds  des  paradoxes  de  ma  tristesse en deuil.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

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Saturée de vive allégresse

 

 

Boule blanche, éblouissante,

Éclatée dans un ciel nacré,

Le soleil répandant ses raies,

Me tient captive consentante.

Mon corps, impondérable, sain,

Fait la planche dans le silence.

Sans éprouver de joie intense,

Mon âme est à l'aise en ce bain.

Mon esprit, manquant d'intérêt,

Ne m'offre aucune idée nouvelle,

Venue d'ailleurs, à tire- d'aile.

Il semble être mis en arrêt.

Or me voilà soliloquant.

La pensée, qui jamais ne gèle,

Peut engendrer ardeur et zèle.

Parfois un discours éloquent.

Face à la neige immaculée,

Que mon regard errant caresse,

Je songe à la vive allégresse,

Que j'avais à la contempler.

                                                                                26/12/2012

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L'Ile d'Avalone ou Voyage au pays des rêves

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Une société régie par les rêves où tous vivent en harmonie, en développant des facultés oniriques et méditatives surprenantes….

Ne serait-ce pas là une terre promise pour le pauvre Matteo qui souffre d'atroces cauchemars et ne peut exercer aucun contrôle sur son esprit tourmenté ? Il décide de se lancer dans l'aventure et son étrange voyage vers l'Ile d'Avalone bouleverse complètement son existence. Les rencontres inattendues se succèdent et de recherches intérieures en déceptions, Matteo tente d'ouvrir enfin son cœur à la vérité.

Y parviendra-t'il ?

Ce livre reste avant tout un roman imaginaire où moultes rencontres et aventures attendent notre personnage principal. Néanmoins, j'y fais également partager mes expériences personnelles dans des domaines aussi divers que la méditation, le Reiki Usui, le yoga du sommeil, les rêves lucides ainsi que le travail psychologique sur les traumatismes et cauchemars. La plupart des rêves relatés dans cet ouvrage sont des songes que j'ai fait et les techniques pour induire les rêves lucides proviennent des méthodes bouddhistes ainsi que des fameux livres du docteur Laberge.

 

Ainsi le travail onirique se mêle à un récit où histoires d'amour, amitiés et drames se cotôyent pour laisser le lecteur en haleine tout en lui transmettant des informations sur les champs de développement personnel que j'ai moi-même mis en pratique.

 

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Etant artiste-peintre, j'ai également émaillé l'ouvrage d'illustrations en couleur tirées de mes tableaux. Pour en savoir plus sur mon travail artistique, vous pouvez consulter mon site web ci-dessous :

 

http://sophiedubois.blog4ever.com/blog/index-207705.html

 

 

PRÉAMBULE

Matteo se promenait sur un sentier verdoyant qui serpentait dans la forêt baignée de soleil.

Seul le chant des oiseaux l’accompagnait et il profitait pleinement de la douceur de l’air quand

abordant un détour du chemin, il eut juste le temps de s’arrêter face au gouffre immense qui s’ouvrait

sous ses pas. Complètement stupéfait par ce changement brutal, il chercha une prise où se raccrocher

mais ses doigts ne rencontrèrent rien à leur hauteur. Il tomba alors à genoux sur le sol, contemplant

épouvanté la terrible lutte des éléments qui se déroulait devant lui. D’énormes chutes d’eau éclataient

en embruns furieux qui se précipitaient avec un bruit de tonnerre dans des tourbillons noirâtres,

capables d’engloutir des pans entiers de falaise dans leurs abîmes grondants. Le vacarme de cet

univers démesuré était assourdissant et son hostilité au monde des vivants totale. Le jeune homme

se sentit glisser inexorablement vers le vide et agrippa à pleines poignées les rares touffes d’herbes

aux alentours, dérisoires garde-fous contre sa chute. Son corps bascula et hurlant de terreur, il fut projeté

dans la folie liquide qui le transperça de mille flèches acérées. Un grand rideau noir retomba lourdement

sur ses paupières, puis tout s’effaça dans l’inconscience.

INFORMATIONS PRATIQUES

 

FORMAT :  148/210/17 mm

Nombre de pages : 272 pages

6 illustrations en couleur (peintures de Sophie dubois

Coût : 20 euros

Pour le commander : contacter directement l'auteur : sophiedubois72@gmail.com  
ou la maison d'édition en suivant le lien :

http://www.teligate.be/

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la chambre double Beaudelaire

Une chambre qui ressemble à une rêverie, une chambre véritablement spirituelle, où l'atmosphère stagnante est légèrement teintée de rose et de bleu.

    L'âme y prend un bain de paresse, aromatisé par le regret et le désir. -- C'est quelque chose de crépusculaire, de bleuâtre et de rosâtre; un rêve de volupté pendant une éclipse.

    Les meubles ont des formes allongées, prostrées, alanguies.  Les meubles ont l'air de rêver; on les dirait doués d'une vie somnambulique, comme le végétal et le minéral.  Les étoffes parlent une langue muette, comme les fleurs, comme les ciels, comme les soleils couchants.

    Sur les murs nulle abomination artistique.  Relativement au rêve pur, à l'impression non analysée, l'art défini, l'art positif est un blasphème.  Ici, tout a la suffisante clarté et la délicieuse obscurité de l'harmonie.

    Une senteur infinitésimale du choix le plus exquis, à laquelle se mêle une très-légère humidité, nage dans cette atmosphère, où l'esprit sommeillant est bercé par des sensations de serre-chaude.

    La mousseline pleut abondamment devant les fenêtres et devant le lit; elle s'épanche en cascades neigeuses.  Sur ce lit est couchée l'Idole, la souveraine des rêves.  Mais comment est-elle ici?  Qui l'a amenée? quel pouvoir magique l'a installée sur ce trône de rêverie et de volupté?  Qu'importe? la voilà! je la reconnais.

    Voilà bien ces yeux dont la flamme traverse le crépuscule; ces subtiles et terribles mirettes, que je reconnais à leur effrayante malice!  Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regard de l'imprudent qui les contemple.  Je les ai souvent étudiées, ces étoiles noires qui commandent la curiosité et l'admiration.

    A quel démon bienveillant dois-je d'être ainsi entouré de mystère, de silence, de paix et de parfums?  O Béatitude! ce que nous nommons généralement la vie, même dans son expansion la plus heureuse, n'a rien de commun avec cette vie suprême dont j'ai maintenant connaissance et que je savoure minute par minute, seconde par seconde!

    Non! il n'est plus de minutes, il n'est plus de secondes!  Le temps a disparu; c'est l'Éternité qui règne, une éternité de délices!

    Mais un coup terrible, lourd, a retenti à la porte, et, comme dans les rêves infernaux, il m'a semblé que je recevais un coup de pioche dans l'estomac.

    Et puis un Spectre est entré.  C'est un huissier qui vient me torturer au nom de la loi; une infâme concubine qui vient crier misère et ajouter les trivialités de sa vie aux douleurs de la mienne; ou bien le saute-ruisseau d'un directeur de journal qui réclame la suite d'un manuscrit.

    La chambre paradisiaque, l'idole, la souveraine des rêves, la Sylphide, comme disait le grand René, toute cette magie a disparu au coup brutal frappé par le Spectre.

    Horreur! je me souviens! je me souviens!  Oui! ce taudis, ce séjour de l'éternel ennui, est bien le mien.  Voici les meubles sots, poudreux, écornés; la cheminée sans flamme et sans braise, souillée de crachats; les tristes fenêtres où la pluie a tracé des sillons dans la poussière; les manuscrits, raturés ou incomplets; l'almanach où le crayon a marqué les dates sinistres!

    Et ce parfum d'un autre monde, dont je m'enivrais avec une sensibilité perfectionnée, hélas! il est remplacé par une fétide odeur de tabac mêlée à je ne sais quelle nauséabonde moisissure.  On respire ici maintenant le ranci de la désolation.

    Dans ce monde étroit, mais si plein de dégoût, un seul objet connu me sourit: la fiole de laudanum; une vieille et terrible amie; comme toutes les amies, hélas! féconde en caresses et en traîtrises.

    Oh! oui! le Temps a reparu; le Temps règne en souverain maintenant; et avec le hideux vieillard est revenu tout son démoniaque cortège de Souvenirs, de Regrets, de Spasmes, de Peurs, d'Angoisses, de Cauchemars, de Colères et de Névroses.

    Je vous assure que les secondes maintenant sont fortement et solennellement accentuées, et chacune, en jaillissant de la pendule, dit: «Je suis la Vie, l'insupportable, l'implacable Vie!»

    Il n'y a qu'une Seconde dans la vie humaine qui ait mission d'annoncer une bonne nouvelle, la bonne nouvelle qui cause à chacun une inexplicable peur.

    Oui! le Temps règne; il a repris sa brutale dictature.  Et il me pousse avec son double aiguillon. -- «Et hue donc! bourrique!  Sue donc, esclave!  Vis donc, damné!»


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PLUIE DE MOTS

 

Perdue dans mes vaines réflexions

Grises et quelques fois bien noires

Noyée dans de forts torrents

De déboires et de désespoir

Je perçois sous mon ciel tapissé de nuages

Tomber une fine pluie de mots

Comme une averse d’étoiles

Brillantes et étincelantes

Scintillantes et parfois filantes

Je leur tends tous mes bras

Et comme le sable file entre les doigts

Je sens couler comme des filets d’eau

Les soyeux filets de ces mots

Joignant la terre au firmament

Dans un universel langage

Unissant les coins de l’univers

Dans une idylle de mots en vers :

Il y en avait des mots de paix

Des mots amour

Des mots espoir

Des mots bonheur

Des mots sérénité

Des mots tolérance

Des mots solidarité

Des mots innocence

Des mots prospérité

Des mots aisance

Contre les misères de la terre

Des mots pour redéfinir les mots

Tel le mot « prochain »

Le mot « frère »

Le mot « ami »

Le mot « terre »

Un vrai ballet or et lumière

Qui dissipa les tons amers.

 

Khadija, Agadir, Lundi 24/12/12

© Khadija ELHAMRANI

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Rêve de postérité

Rêve de postérité

 

Derrière un voile de flou, de vague,

Je vous regarde et je perçois,

Comme à travers un voile de soie

Ou derrière une vitre embuée

Où des vapeurs multipliées

Ont déposé des couches de gris,

Ou comme après un long tournis,

Un monde où les vaguelettes en ondes

Voguent,  plissées d’un ricochet,

S’en vont flottant comme un mirage.

Et plus l’envie d’y voir plus clair

Me prend et plus grandit ma rage

Et je voyage dans un tunnel

Où la brume enveloppe la clarté.

Mais, à force de bonne volonté,

Je me propulse et vois le ciel

M’ouvrant les bras de l’éternel.

Je fonce comme une comète ailée ;

La lumière est ma chevelure

Et les étoiles de la quiétude

Sont les dauphines de mes succès,

Les témoins de mon grand accès

Au rêve de la postérité.

 

Khadija, Agadir, Vendredi 21/12/12

© Khadija ELHAMRANI

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Légende musicale écite par le compositeur Gabriel Pierné (1863-1937), en 1902, sur le poème du même nom de Marcel Schwob. Charles Malherbe en a résumé l'argument dans les termes suivants "Vers ce temps-là, beaucoup d'enfants, sans chef et sans guide, s'enfuient ardemment de nos villes et cités vers les pays d'outre-mer. Et quand on leur demandait où ils

allaient, ils répondaient: "A Jérusalem, pour quérir la Terre-Sainte!" Ils portaient escarcelles, bourdons et la croix sur l' "esclavine" (manteau de pèlerin). Ils arrivèrent jusqu'à Gênes et montèrent sur sept grandes nefs pour traverser la mer. Et une tempête s'éleva, et deux nefs périrent. Et lorsqu'on interrogea ceux qui revinrent pour connaître la cause de ce départ, ils répondirent: Nous ne savons point!" Le poème de Marcel Schwob est fait de huit récits où les événements sont rapportés d'une manière différente selon que parle un des témoins: moine, mendiant, lépreux, pape, petits pèlerins ou musulmans. Gabriel Pierné en a tiré quatre tableaux:
1) "Le départ". -Dans une ville des Flandres, en 1212, des voix célestes réveillent les enfants et les envoient en Terre Sainte. Ils se rassemblent sur une place publique dans l'obscurité, au grand effroi des parents qui essaient en vain de les retenir. L'armée puérile s'organise et s'équipe dans l' enthousiasme. Même un aveugle, le petit Alain, veut partir: la petite Allys, le guidera. Le compositeur expose dans une fuguette les principaux motifs de cette première partie. Suit un choeur céleste qui
appelle les enfants à la croisade; puis la phrase d'enthousiasme des petits pèlerins réveillés, chantée d'abord par l'aveugle, Alain, reprise par le choeur. Enfin, le thème de Jérusalem, coupé par le motif des parents alarmés, traité en fugue.
2) "La grand route". -Le grand soleil du printemps exalte la confiance mystique des jeunes pèlerins; mais la fatigue alourdit leurs pas. "Allys, je sens ta main qui tremble dans la mienne. N'es-tu pas lasse, mon aimée? Parle-moi, toi, dont le visage doit être beau comme le lys du Seigneur!" Tous chantent, pour tromper leur fatigue, une chanson (qui date en réalité du XVe): "Trois enfants étions -Qui par chemin s'en allons...". Elle fournit un nouveau thème.
3) "La mer". -Gênes, la Méditerranée, apparaissent enfin devant les enfants émerveillés. Ils se rassemblent sur une plage, jouent avec le sable, avec les coquillages, avec les étoiles de mer dont un marin leur dit qu'elles sont tombées du ciel le jour où mourut Jésus. Devant un spectacle qui ravit les jeunes pèlerins, Alain essaie de comprendre la raison de leur joie: "C'est, répond Allys, la grande mer qui chante, et toutes ses vagues blanches roucoulent comme des colombes... Noël!
Jérusalem est au bout de la mer jolie!... Alleluia!". Les sept nefs abordent, et mettent à la voile. Avec le retour du premier thème exposé au début de l'ouvrage, et qui prend ici un caractère passionné, apparaissent deux autres motifs qui, à l'orchestre soulignent les paroles du récitant. Le motif initial, revient pour s'épanouir dans les cris: Noël, et Alleluia.
4) "Le Sauveur dans la tempête". -Dans l'obscurité de la nuit, la tempête s'est levée. Bientôt les manoeuvres des matelots sont impuissantes à maintenir les nefs dans leur route. Les enfants sont terrifiés. Dans le fracas de l'orage, les matelots, renonçant à la lutte, implorent la miséricorde divine pour les petits pèlerins. Le miracle se produit, et c'est Alain qui, de ses yeux éteints, voit ce que les clairvoyants ne peuvent apercevoir: la forme blanche de Jésus lui apparaît au milieu des nuées noires. Elle s'avance vers les nefs; elle va sauver les âmes innocentes, et c'est Alain l'aveugle qui les guidera vers l'éternelle
lumière. Il entonne un cantique qui réconforte ses compagnons: "Alleluia!" Résurrection! o joie des joies, joie éternelle!" Cet épisode est essentiellement descriptif, jusqu'au moment de l'apparition: orage, terreur, avec, à l'orchestre, le "De Profundis". Puis une phrase chantante domine le fracas de la tempête, et fait place à l'Alleluia triomphant.
Présentée au concours de la ville de Paris, "La croisade des enfants" fut couronnée sur le rapport de Samuel Rousseau. Son succès fut vif, et elle fut exécutée, en dépit des difficultés qu'elle présente (un choeur d'une centaine d' enfants qui s'ajoute au choeur mixte, neuf solistes et l'orchestre), plus de deux cents fois tant en France qu'en Europe, en Amérique, en Australie et jusqu'en Afrique du Sud. Cette grande fresque sonore, venant après "L'an mil" (1897), affirmait le don exceptionnel de Gabriel Pierné, capable de traiter les plus vastes sujets, d'ordonner les justes proportions de ces oratorios où il manie, avec une rare aisance, toutes les ressources de la polyphonie vocale et instrumentale. L'accueil chaleureux fait à "La croisade des enfants" le décida à écrire "Les enfants à Bethléem" (1907), puis "Saint François d'Assise" (1912, sur des textes de Gabriel Nigond, et qui ne furent pas moins réussis.

 

La Croisade des enfants, légende musicale, 2e partie (1902)
Interprètes : Paul Paray ; Orchestre National de l'ORTF ; Claude Giroux
Date : 05/06/1972

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12272847101?profile=originalMusique, le livre de Michel Serres dit ce qu’elle est. D’où jaillit la musique ? Trois contes pour écrire une philosophie de la musique, trois partitions du philosophe, sont déclinées au fil des pages dans ce livre des Editions Le Pommier, paru en mars 2011, pour chanter, louer, "l’expression la plus complète de l’humanité". Une interview de Michel Serres, de l’Académie française

(Document Canal Académie)

durée d'écoute: 37 m

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D'une étoile filante

D'une étoile filante

du néant 
du rien
sans but
et ensuite
disparaître
à jamais
totalement
sans mémoire
ou peut être
D'un Dieu nommé
respecté
adulé
des préceptes dictés
au nom du divin
des interdits, des obligations
Le bien et le mal
et le jugement final
L'homme alors victime
de ses non choix
ou si chacun de nous
conscients
acteur de notre vie 
reliés les uns aux autres
au tout
à une mémoire collective
L'univers étant un
Et la connaissance
au plus profond
de l'être
là maintenant
à chaque instant
tu peux choisir
cleardot.gif

 

Géraldine Audard 
Mon épouse
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JULIANE SCHACK : AU SEUIL DE L’EXPRESSIONNISME MYSTIQUE

 

Du 28-11 au 16-12-12, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) une exposition consacrée à l’œuvre de l’artiste Allemande, Madame JULIANE SCHACK, intitulée LUMIERE ET MOUVEMENT.  

Ce qui caractérise l’œuvre de cette artiste extrêmement cultivée à la fois de sa matière et de son temps, c’est la profonde dialectique qu’elle entretient avec le visible. Elle insiste, d’emblée, sur ce rapport en mettant l’accent sur la nécessité du vécu visuel, transfert de l’expérience émotionnelle, dans la réalité visible.

L’œuvre de cette artiste est centrée sur une interprétation relative aux possibilités qu’offre l’Expressionnisme aujourd’hui.

Expressionnisme et intériorité spirituelle se marient dans un foisonnement de détails qui donnent à l’œuvre un caractère extrêmement travaillé, sans pour autant la surcharger.

Chez JULIANE SCHACK, l’expressionnisme surgit non pas du traitement de la figure humaine mais bien de tout ce qui l’entoure. La représentation figurative est, en fait, réduite à sa plus simple expression. Elle acquiert les traits d’une silhouette frêle et lointaine, « couvée », si l’on peut dire, à l’intérieur d’une architecture exubérante dans ses formes.

MEDITATION(81 x 65 cm – 2010)

 

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nous offre la vision d’un personnage tout en intériorité dans sa pensée, presque sa prière. Cette intériorité se manifeste dans l’attitude du personnage en silhouette, replié sur lui-même, en position fœtale, à l’intérieur d’un « ventre » tout en énergies, en lumières et en mouvements. Son immobilité réflexive tranche avec le feu d’artifice qui l’entoure sans le perturber.

En cela, l’artiste pose une question essentielle, à savoir l’Expressionnisme est-il mystique ? Au contact d’un DIX ou d’un KOKOSCHKA, nous poserions-nous la même question ? Probablement pas. Parce que ce style, intrinsèquement lié par sa naissance, à deux des moments les plus douloureux de l’Histoire de l’Europe (et particulièrement de l’Allemagne), nous a trop habitués à une atmosphère de révolte, exprimée par une dilatation généralisée du volume apporté à la figure humaine ainsi que par une mise en scène obsédante de l’espace scénique, faisant office de protestation face à une situation humaine et sociale intolérable.

L’Expressionnisme a servi de repoussoir une première fois face à la menace pressentie de la Première Guerre Mondiale. Ensuite, taxé d’ « entartete kunst » (art dégénéré) par le régime nazi, il a vu maints artistes s’exiler à travers le monde vers des destins incertains.

Ne perdons pas de vue que sa naissance, au début du 20ème siècle s’est voulue une réaction viscérale contre l’Impressionnisme français, car il ne s’attardait qu’à la réalité physique du sujet, alors que le mouvement naissant se centrait sur ses états d’âme. L’Expressionnisme se voulait avant tout « politique » car son objet d’étude était l’Homme dans toutes ses composantes.

Pouvait-il, dès lors, aborder le courant « mystique » au sens où nous l’entendons communément ?

Néanmoins, l’Art évolue avec la société. JULIANE SCHACK, elle, nous donne à voir un Expressionnisme parcourant un voyage intérieur. Et cela se manifeste dans un rapport intime entre intériorité et technique. Car s’il est impossible d’atteindre l’œuvre « parfaite », du moins est-il possible de la faire vibrer par les cordes d’un dialogue intérieur. Elle demeure expressionniste, en ce sens que ses interrogations confinent avec le Symbolisme dans sa façon d’aborder l’activité méditative touchant presque à l’onirique. 

Ce dialogue intérieur, l’artiste le poursuit dans les arcanes les plus profondes de l’iconicité byzantine.

Ses ICONES (55 x 46 cm – 2003 groupe du haut et 2003 groupe du bas) offrent toujours la vision mystique de personnages en silhouettes où le visage n’est que pure cavité plastique, rehaussé d’un faisceau de lumière. Cet ensemble de six tableaux est divisé en deux parties : une première série à dominante rouge fauve (en haut) et une deuxième caractérisée par une palette aux couleurs tendres (en bas).

 

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Si l’œuvre assumant la dimension morale d’ « iconostase » (cloison parée d’icones séparant le sanctuaire – le divin – de la nef – l’humain) irradie l’ensemble de l’œuvre, la série aux couleurs tendres confère aux silhouettes un mélange de hiératisme et de douceur.

Assurément, THEOPHANE LE GREC et ANDREJ ROUBLEV ne sont pas loin. Néanmoins, l’Expressionnisme mystique de l’artiste entoure les silhouettes de lignes douces, à peine perceptibles, signifiant les plis des drapés, les arrachant ainsi à la pure et dure esthétique byzantine, laquelle en traçant des lignes abruptes, cinglantes, presque cubiques, pour signifier ces mêmes plis, durcit l’image de la figure humaine, dans sa perpétuelle recherche de gravité hiératique. Ces œuvres sont l’expression d’un voyage à Venise et du souvenir ressenti de la culture byzantine.

SIGNES (60 x 20 cm – 2004)

 

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forment un ensemble iconographique de six tableaux rectangulaires réunissant les différents symboles du monothéisme abrahamique (la croix chrétienne, la ménorah juive et le croissant de lune islamique).

Cette œuvre constitue un dialogue sur la spiritualité prise en tant qu’ensemble cognitif sur le Monde sans la moindre volonté de perspective morale.

JULIANE SCHACK est une immense artiste. Une artiste qui assure sa nécessité créatrice dans une perpétuelle recherche. Cela se perçoit au premier contact entre l’œuvre et le regard. Ce dernier étant, à la fois, l’origine et le réceptacle de celle-ci.

L’artiste est également pédagogue.

Sa vie est un itinéraire de rencontres artistiques qui l’ont, bien sûr, influencée mais desquelles elle a dû se distancier pour mieux se retrouver.

Sa rencontre avec OSKAR KOKOSCHKA fut déterminante. Elle fut son élève pendant un an à l’Académie de Salzburg, en 1960. Maître incontestable et incontesté de l’expressionnisme allemand mais qui, aux dires de l’artiste, ne cessait de réclamer de ses élèves une obéissance totale au point d’exiger d’eux une copie conforme à son  propre style. Cela, bien sûr, JULIANE SCHACK ne pouvait l’accepter.

Néanmoins, l’on ne sort pas indemne d’une rencontre avec une telle personnalité. Même indirectement, l’artiste en a sûrement été nourrie.

D’autres rencontres, telles que GIACOMO MANZU, EMILIO VEDOVA et JOHNNY FRIEDLAENDER dont elle avoue ressentir une véritable influence, ont beaucoup compté pour elle.

Native de Düsseldorf, l’artiste vit à Ramatuelle sur la Côté d’Azur. Lorsqu’on se penche sur son parcours l’on se rend compte du nombre impressionnant d’expositions dont elle a été l’objet.

JULIANE SCHACK qui affectionne particulièrement l’acrylique car elle sèche très vite, attaquant la toile en couches successives pour que chaque surface abordée ressorte vivante, n’hésite pas à travailler également avec ses doigts ainsi qu’avec des bouts de tissus. Bien que selon ses dires, elle se sent dans l’ensemble plus proche du Classicisme moderne français, elle poursuit l’odyssée de l’Expressionnisme en lui offrant la possibilité d’un autre voyage, parti de la peur et de la révolte, vers les profondeurs d’un questionnement humain éternellement renouvelé.

François L. Speranza.

© Copyright 20012

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

 

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