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Partage d'un bel instant.

Une aquarelle de  Marie-Josèphe Bourgau

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Quand tu reviendras,
je serai là... à t'accueillir.
Je n'aurais pas vécu dans l'attente.
J'aurais vécu chaque jour, avec le même espoir.
J'aurais partagé des joies et des peines avec d'autres.
J'aurais connu des étés et des hivers.
Quand tu reviendras,
c'est avec toi que j'oublierai les hivers.
C'est avec toi que je partagerai les étés.
Je serai plus belle et plus forte qu'avant.
Quand tu reviendras,
je serai là... à te sourire.

Antoinette Bärfuss

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Réunie, préfacée, annotée par Robert Mallet, cette "Correspondance" fut publiée en 1949. Elle comprend 167 lettres, 46 d'André Gide (1869-1951) et 121 de Paul Claudel (1868-1955), qui furent écrites entre 1899 et 1926. Le nombre plus restreint de lettres de Gide s'explique assez bien. Au cours du tremblement de terre de Tokio en 1923, Claudel perdit une partie de ses

archives; mais indépendamment de ce fait, Claudel écrivait plus fréquemment et plus longuement que Gide. Celui-ci reconnaissait ne pas être un bon correspondant: "C'est à cause du branle-bas que cause en moi chacune de vos lettres", répond-il à Claudel, qui lui reproche ses longs silences. Ces lettres nous retracent l'histoire d'une conversion manquée.

C'est en 1899, chez Marcel Schwob, que les deux écrivains firent connaissance alors que Gide venait d'envoyer à Claudel son "Prométhée mal enchaîné" et son "Philoctète". La vie itinérante de Claudel favorisa cette correspondance. Très souvent ce que Gide n'osait ou ne voulait pas dire à son convertisseur, nous le trouvons dans son "Journal". Après son entrevue avec Claudel en novembre 1905, Gide y note qu'il "a l'air maintenant d'un marteau-pilon". Analysant son attitude devant lui, il écrit encore: "J'étais occupé un peu trop à me défendre et n'ai répondu qu'à demi à ses avances". Claudel veut convaincre à tout prix, quitte même à passer pour "un zélote et un fanatique". Gide, lui, veut se protéger et défendre son indépendance intellectuelle. Mais Claudel revient toujours à la charge: "Pourquoi ne vous convertissez-vous pas?", ne cesse-t-il pas de demander à son ami. Partant pour l'Extrême-Orient, il lui laisse un "Abrégé de toute
la doctrine chrétienne". Gide ne manque pas d'être touché par l'affection véritable qui motive la conduite de son ami; cependant, chaque fois qu'il le peut il tient à dire qu'il n'est toujours pas converti. C'est ainsi que peu de temps après la publication du "Retour de l'enfant prodigue" qui a
déchaîné la colère de Francis Jammes, il écrit à Christian Beck: "Peut-être ne savez-vous pas que Claudel, après avoir trouvé en Jammes une brebis facile à ramener au Seigneur, a voulu m'entreprendre à mon tour. Cela s'appelle, n'est-ce pas convertir". Claudel est conscient de
l'irritation que peut faire naître son prosélytisme dans l'esprit de Gide. Il s'en excuse: "J'ai toujours peur que vous n'interrompiez votre correspondance". La "Porte étroite" parue en 1909, est une nouvelle occasion de dialoguer. Gide critique l'état de repos auquel incline le catholicisme, mais Claudel lui répond en soutenant qu'il est au contraire un combat perpétuel. Claudel profite de la mort de Charles-Louis Philippe, auteur de "Bubu de Montparnasse", qui cherchait à se convertir, pour revenir à la charge: "Je me reproche de n'être pas assez fanatique et prédicant". Un an se passe avant que Claudel n'entonne son Magnificat à l'occasion de la Noël: "Je vais communier demain..., de quelles immenses joies vous vous privez." Claudel cherche, semble-t-il, à toucher la sensibilité de son ami.
Au cours de l'année 1911, le sujet brûlant paraît évité, mais brusquement en fin d'année la conversion au catholicisme d'une belle-soeur de Gide ranime tous les espoirs de Claudel: "La nouvelle de cette conversion dans votre famille m'émeut grandement. A quand la vôtre, mon cher ami?" A nouveau, Claudel assiège Gide, le pressant d'adhérer "à une chose aussi vaste que la voûte étoilée où l'océan lui-même a place pour se mouvoir". Car, pour lui, demeurer incroyant c'est "ne disposer que d'un monde rétréci, amputé de moitié". Mais Gide se déclare empêché d'abandonner le protestantisme au nom de "la fidélité qu'exigent de lui ces figures de
parents et d'aînés qu'il a vu vivre dans une communion avec Dieu si constante, si souriante, si belle...". Claudel veut rencontrer Gide, afin d'avoir avec lui une conversation décisive: "Il faudra que nous causions un de ces jours comme ces personnages de Dostoïevski qui se disent des
choses tellement confidentielles que le lendemain ils n'osent plus se regarder et sont pris d'une haine mortelle l'un contre l'autre". A l'occasion d'une polémique qui l'oppose à des catholiques peu chrétiens, Gide écrit à Claudel l'aversion qu'il ressent pour tous ceux "qui se servent du Crucifix comme d'un casse-tête". Claudel lui répond brutalement que "ce n'est pas avec les pailles qu'on trouve dans l'oeil du prochain qu'on construit la maison de Dieu, mais avec les poutres que l'on ôte du sien" (15-1-1912). Gide paraît las de ce dialogue: "Je voudrais n'avoir
jamais connu Claudel, écrit-il dans son "Journal"; son amitié pèse sur ma pensée et l'oblige et la gène".
Lorsque "Les caves du Vatican" paraissent en 1914, le drame éclate à propos des "moeurs affreuses" auxquelles Gide fait allusion. Claudel le somme de s'expliquer, mais Gide pressent qu'il n'y a plus rien à expliquer, car "que je réponde ou que je ne réponde pas, lui écrit-il, je
pressens que vous allez me méjuger". Il lui écrit cependant avec franchise et comme s'il parlait à un prêtre. Mais sa lassitude grandit: "Par instant, j'en viens à souhaiter que vous me trahissiez, car alors je me sentirais délivré de cette estime pour vous et pour tout ce que vous représentez à mes yeux, qui si souvent m'arrête et me gêne". Claudel ayant demandé à Gide de supprimer le passage incriminé, celui-ci s'y refuse: "Ne me demandez ni maquillage ni compromis ou c'est moi qui vous estimerai moins". Le livre paraîtra non expurgé et le silence grandira entre les
deux amis. Dix ans plus tard, à l'occasion de la parution de "Numquid et tu", Claudel écrit longuement à Gide: "Il me semble qu'en ces dix années votre chemin s'est tout de même rapproché de l'humble grande route que je suis". Alors qu'il doit le rencontrer lors de son passage à Paris en mai 1925, Gide ne peut s'empêcher de lui écrire: "Je souhaite de vous
revoir... Et j'ai peur de vous, Claudel". Après cet entretien, Claudel écrira au bas de la dernière lettre reçue de Gide: "Longue et solennelle conversation. Il me dit que son inquiétude religieuse est finie. Le côté goethien de son caractère l'a emporté sur le côté chrétien". Avec une certaine ironie, Gide raconte cette entrevue dans son "Journal". Il trouve à Claudel l'allure d'Ubu et termine en disant: "Devant Claudel, je n'ai sentiment que de mes manques; il me domine, il me surplombe; il a plus de bases et de surface, plus de santé, d'argent, de génie, de puissance, de
foi, etc., que moi. Je ne songe qu'à filer doux".
Dans sa dernière lettre à Gide (25-7-1926), Claudel affirme: "Vous êtes l'enjeu, l'acteur et le théâtre d'une grande lutte dont il m'est impossible de prévoir la conclusion". Quelques années plus tard, Gide écrira dans son "Journal" (décembre 1931) à propos de Claudel: Je l'aime et je le veux ainsi, faisant la leçon aux catholiques transigeants, tièdes et qui cherchent à pactiser. Nous pouvons l'admettre, l'admirer; il se doit de nous vomir. Quand à moi, je préfère être vomi que de vomir."
Cette "Correspondance" nous semble particulièrement révélatrice du tempérament de ces deux écrivains. La violence prophétique de Claudel, "ce catholique à globules rouges", ne parviendra jamais à entamer l'intransigeant besoin de liberté spirituelle réclamée par Gide. Claudel ne peut s'empêcher de ne juger les idées et les hommes qu'au travers de ses propres croyances religieuses. Il a du génie, mais demeure foncièrement incapable d'impartialité. Il veut sauver les âmes malgré elles. Il condamne et méprise toutes les oeuvres qui ne sont centrées que sur l'homme. Voilà pourquoi Montaigne, Kant, Rousseau, Nietzsche ne trouvent pas grâce devant lui. Il n'a d'ailleurs guère plus de sympathie pour tous les catholiques modernistes: Péguy et Unamuno ne l'intéressent guère. En revanche, ses admirations sont enthousiastes: Platon et Rimbaud, Fabre et Chesterton reçoivent en quelque sorte son imprimatur. Quoiqu'il en soit, ce dialogue demeure l'un des plus beaux de notre littérature et l'un des plus représentatifs de positions spirituelles opposées.

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Fin d'automne.

 

 

Journée de fin d'automne,

matin gris, ciel bas,

peu de gens encore ;

un jardin amaigri respire,

 certains arbres y frémissent,

ondulent, quand d'autres,

demeurent silencieux, immobiles,

point fébriles, à l'instar des gens.

Journée de fin d'automne,

matin calme, paysage fusainé,

peu d'enfance encore,

un massif de fleurs pâles murmure,

certaines d'entre-telles,

y existent non sans joie, embaument,

quand d'autres,

regardent déjà le sol, défleurissent,

gémissent, à l'instar des gens.

Journée de fin d'automne,

matin blême, auréolé d'une brume solaire,

une femme pensive,

 chemine toute seule,

un oiseau sombre,

entonne un chant blafard et grave,

dans une clarté immaculée, intouchée ;

dans ma tête élargie,

monte, retentit,

le Requiem d'Amadeus Mozart !

C'est un chant de neige,

dont les sonorités sont bleues.

NINA

 

 

 

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"le petit rien".

Se cogner à un "petit rien",

 est un clin d'œil formidable du ciel,

destiné à notre regard devenu,

l'espace d'un instant,

démesuré, un peu fou ;

une parcelle d'éternel, toute bleue,

l'ayant délesté d'un voile obscur et froid.

Ce cogner à un "petit rien",

C'est être vêtu tout d'un coup,

de l'entier pull de l'univers,

chaud, ne pensant rien ;

de l'essentiel se désaltérer,

prendre de l'altitude,

puis écrire !

Au petit matin,

je suis née à nouveau,

en rencontrant une rose,

altière et éclatante,

empourprée, insoumise,

aux rudesses de novembre ;

l'ondée de l'aube bleue,

ayant exacerbé la splendeur inégalée,

de la fleur adolescente !

 

 

NINA

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Quand tu reviendras

Quand tu reviendras,
je serai là... à t'accueillir.
Je n'aurais pas vécu dans l'attente.
J'aurais vécu chaque jour, avec le même espoir.
J'aurais partagé des joies et des peines avec d'autres.
J'aurais connu des étés et des hivers.
Quand tu reviendras,
c'est avec toi que j'oublierai les hivers.
C'est avec toi que je partagerai les étés.
Je serai plus belle et plus forte qu'avant.
Quand tu reviendras,
je serai là... à te sourire.

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administrateur théâtres

lecole-38-5a530-3ea21.jpg?width=101 Dix sur vingt ? Trèees Bien!

 « L’école est finie ! » c’est le titre grinçant de la pièce de Jean-Pierre Dopagne.  Le théâtre n’est jamais loin de l’école et vice-versa. Demandez à vos  ex-profs préférés ! On espère donc sincèrement, que ni l’un ni l’autre ne seront finis de sitôt. Et pourtant, la menace couve, c’est notre culture que l’on assassine, dit-on dans les journaux! Voilà donc le propos de cet opus  éblouissant qui veut mettre l’alarme au camp!

 lecole-44-087bc-a78dc.jpg?width=150 Voici en tous cas, une pièce qui sauve, un radeau solitaire sur un océan de conformité. Cette pièce bourrée de vitriol, de dynamite et de phosphore est bien sûr aux antipodes de la version   éponyme de la chanson de Sheila, où après des années de travail scolaire ardu, on sortait de l’école équipés pour la vie et rêvant à l’amour! La comédienne d’aujourd’hui, Chloé Struvay, véritable virtuose des émotions,  perce les impostures modernes  les unes après les autres, cherchant l’adhésion du spectateur  de son regard incisif  - c’est du théâtre de proximité ! - et  explose toutes les hypocrisies contemporaines  à la manière d’une kamikase, avec un sourire ravageur. Elle diffuse une énergie sans pareille et se révolte de toutes ses fibres (les siennes et  celles de l’enfant qu’elle porte),  contre les tromperies qui ont semé son jeune parcours.

lecole-60-17e46-ad297.jpg?width=150Chloé Struvay (alias Caroline, 22 ans)  commence d’ailleurs par un mot très fort, elle parle du « viol » originel de sa personne. Elle a conscience que la société  en la privant de sens, lui a volé son unicité, sa conscience d’être et sa raison d’être. Même régime pour les élèves dont elle aura la charge une fois devenue enseignante à son tour!  Pour elle, l’enfant est sacré, il doit être éduqué, comme le verbe « educere » latin l’indique… « conduit, guidé  hors de… ». On ne peut se contenter d’étouffer les humains à petit feu. Elle a eu la chance incroyable de  résister, de s’accrocher aux nourritures spirituelles et s’en sortir, par sa seule volonté. Grâce à sa vitalité et sa rage de vivre, mais combien d’autres seront laminés ?

lecole-63-c5978-5c893.jpg?width=101L’enseignement au 21e siècle frise l’imposture et fait de plus en plus partie intégrante de la machine économique! Qu’il est loin le temps des arts libéraux ! Qui  lit encore Victor Hugo? Elle est une Antigone de notre société nouvelle. « Antigone, une fille comme vous et moi. Qui fait la guerre à la bêtise humaine et qui franchit les interdits » Au pays du surréalisme, la fausse nouvelle  récente du journal Nordpresse n’est pas si imaginaire que cela : « Depuis l’avènement d’Internet et des jeux vidéo, le Bescherelle a essayé de maintenir une conjugaison basée sur le sens et pas sur le son. Son usage fut conseillé à chacun, mais dans son édition 2015, tout change enfin. Dans sa prochaine édition, disponible en librairie dès le mois de Janvier, le manuel désire se conformer à l’usage courant de notre jeunesse. Au lieu de se braquer sur une pratique d’un autre âge écartant de facto les bloggeurs, joueurs en ligne et autres communautés de gens privés de vie sociale, il permettra enfin à chacun de choisir l’accord qui lui plaît. » Elle se bat férocement  pour la grammaire, les accords de participes passés,  les subjonctifs imparfaits, le scintillement du vocabulaire et  une  langue de culture, bref, ce qui nous relie entre nous ! Elle conspue les grilles de toute nature… les grilles de prison, celles  de lecture, celles d’évaluation… tandis que notre  propre grille horaire s’est arrêtée pile pendant ce spectacle courageux! Chloé Struvay (alias Caroline, 22 ans) va-t-elle réussir à arrêter le temps ?  

 

 lecole-87.jpg?width=501Le soir de la première au théâtre du Blocry (Jean Vilar) et le lendemain, les moindres strapontins sont occupés. On sent vibrer les réactions du public qui se boursoufflent de colère partagée contre un système qui dénature l’essence même de l’enseignement. En gros, on n’apprend plus aux gosses et adolescents à grandir en faisant des efforts sur eux-mêmes. On leur donne des leçons de vide et on leur apprend à simuler.  On les anesthésie  de paroles lénifiantes et de savoirs de plus en plus allégés, du berceau à la sortie de l’université, en espérant former des foules dociles et consentantes qui nourriront  le très rentable  collimateur du consumérisme économique. Cela passe  - comme dans le 1984 du célèbre George Orwell - par la réduction du langage à un kit de vocabulaire de survie, incapable d’exprimer ou pire d’énoncer  la moindre  pensée structurée.  

 

 lecole-71.jpg Large extrait : «- Parfaitement, Mademoiselle. - C'est Bouchard qui parle. - Le citoyen d'aujourd'hui doit être un citoyen de l'univers en expansion. Et l'expansion de l'univers, aujourd'hui, c'est la production et l'intégration. Ce sont les cadres, les normes, décrets et directives, indispensables à la bonne évolution des sociétés. Le poids des volailles, le calibrage des tomates, le temps de parole au journal télé, les quotas hommes-femmes sur les listes électorales, le nombre d'actes médicaux à poser dans un hôpital... tout est encadré et scientifiquement évalué par des organismes certifiés. Aujourd'hui, même les pays, les Etats reçoivent une note et un bulletin d'évaluation. C'est le devoir de l'Ecole d'assurer à tous les élèves une formation à l'encadrement, une qualification pour leur intégration dans la vie économique. Je traduis : citoyen signifie consommateur ; expansion veut dire mondialisation ; qualification : uniformisation ; formation : soumission ou formatage ; encadrement : emprisonnement ; vie économique : lois du marché ; formation : mise à mort de la liberté. »  Tout va « trèeees bien », madame la Marquise! Bravo Chloé Struvay (alias Caroline, 22 ans).  

L'Ecole est finie !



Théâtre Blocry / Louvain-la-Neuve

Une production de l'Atelier Théâtre Jean Vilar et du Festival Royal de Théâtre de Spa. Le spectacle est créé à Louvain-la-Neuve cette semaine, dans une mise en scène de Cécile Van Snick (interprétation : Chloé Struvay). Du 6 au 26 novembre.

www.atjv.be

Le livre de Jean-Pierre Dopagne (éd. Lansman) sera en vente en primeur lors des représentations.

photos © Véronique Vercheval

 




 
 
 
 
  



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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 12/11 au 30/11/2014 l’exposition  événement des artistes suivants : Claudine Celva (Be) photographies ChromaLux, Anne Parmentier (Be) céramiques, Jean-Paul Constant (Fr) sculptures, Ophira Grosfeld (Be) aquarelles, Margarita Bancells (It) sculptures et bijoux et Jade B. Rougerie (Fr) peintures.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 12/11 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Vernissage qui sera agrémenté d’extraits de Musique Celtique interprétés par la harpiste Françoise MARQUET.

 

Le FINISSAGE a lieu le 29/11 de 11h 30 à 18h 30.

 

Claudine CELVA (Be) photographies ChromaLux

                   « Scientifiquement poétique » 

 

Anne PARMENTIER (Be) céramiques

                  « Quand le raku s’habille de couleurs » 

 

Jean-Paul CONSTANT (Fr) sculptures

                  « Animal » 

 

Ophira GROSFELD (Be) aquarelles

                  « Lumière – puissance émotionnelle  » 

 

Margarita BANCELLS (It) sculptures et bijoux

                  « Silence Précieux » 

                           

Collectif de la GALERIE :

 

Jade B. ROUGERIE (Fr) peintures sur les fleurs      

 

        

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

 

Louis de VERDAL (Fr) sculpture

 

Exposition du 12 novembre au 30 novembre 2014.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0) 497 577 120

INFOS ARTISTES ET VISUELS SUR :

 

Le site de la galerie www.espaceartgallery.eu

Le site de la galerie se prolonge également sur

Le réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)

Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery :  

Voir: http://ning.it/KHOXUa

Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :

Voir : http://j.mp/1dDwL9m

 

 

Voici les quatre prochaines expositions :

 

-Titre : « Peintures » 

Artiste : Leonard Pervizi (peintures)

Vernissage le 03/12 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 03/12 au 28/12/2014

Finissage le 27/12/2014 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Corps et Âmes » 

Artiste : Sophie André (peintures)

Vernissage le 03/12 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 03/12 au 28/12/2014

Finissage le 27/12/2014 de 11h 30 à 18h 30.

 

 

-Titre : « Au commencement » 

Artiste : Cyril Clair (Fr) peintures

Vernissage le 07/01 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 07/01 au 25/01/2015

Finissage le 07/01/2015 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Différents regards sur l’art » 

Artistes : Collectif d'artistes

Vernissage le 07/01 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 07/01 au 25/01/2015

Finissage le 07/01/2015 de 11h 30 à 18h 30.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

Jerry Delfosse

Espace Art Gallery

GSM: 00.32.497. 577.120

Mail de réponse eag.gallery@gmail.com

Le site de la galerie www.espaceartgallery.eu

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge également sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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bonheur

Joie de vivre et bonne humeur font la jeunesse du coeur.
Amour et humour forment un couple heureux qui fait jaillir nos rires.
Le bonheur est un bouquet de fleurs parfumées, un gâteau au chocolat,
qui font chavirer nos sens.
La vie est un long fleuve pas si tranquille que ça.
Un voyage à la découverte de soi et des autres.
Le bonheur, quand il est là, se déguste sans retenue.

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Le mystère des arts

 

 

 

Tout art est un défi. La critique le sait.

D’infructueux efforts écartent les profanes.

Sans travail assidu le vrai talent se fane.

Maîtriser un savoir peut mener au succès.

 

Les patineurs professionnels font des prouesses.

Dans leurs rangs, il ne peut se glisser d’amateurs.

Les figures imposées, au mépris de la peur,

Ne permettent jamais un geste de faiblesse.

 

La poésie moderne demeure encore un art.

De beaux vers fleurissaient sur le terroir de France.

Les odes et ballades offertes en abondance,

Ravissaient la jeunesse autant que les vieillards.

 

Il y a, de nos jours, une autre poésie,

Qui émeut rarement à défaut de séduire.

Dans le dérèglement, elle devient délire.

On accueille déçu cette logomachie.

 

La créativité, a besoin du savoir.

On admire les lois régissant la nature.

Elles créent l'harmonie qui naît de la mesure.

Et donnent à la beauté son émouvant pouvoir.

 

 

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administrateur théâtres
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LES FILLES AUX MAINS JAUNES

de MICHEL BELLIER
Mise en scène Joëlle Cattino. Avec Anne Sylvain, Valérie Bauchau, Céline Delbecq, Blanche Van Hyfte. Violoncelle: Jean-Philippe Feiss
DU 05/11/14 AU 13/12/14
 
Accueil - Salles des Voûtes - relâche les dimanches et lundis
 
Qui étaient les filles aux mains jaunes?
« Si les femmes s’arrêtaient de travailler vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre ! » disait le  Maréchal Joffre. Un hommage rendu aux femmes laissées seules,  une fois les hommes partis en guerre. Auparavant employées dans des tâches mineures, elles vont tout assumer : travailler dix heures par jour dans les usines d’armement, assumer avec les vieillards et les enfants les durs travaux des champs, devenir marraines de guerre pour remonter le moral des combattants et pleurer les disparus. À la fin de l’année 1917, les ouvrières seront quatre cent mille. De nombreuses employées feront grève pour obtenir des salaires équitables. La place traditionnelle de la femme évolue enfin.
L’écriture de Michel Bellier, autodidacte, est une véritable trainée lumineuse qui n’en finit pas de faire palpiter un public pris à bras le corps, au confluent du souvenir de la première Guerre mondiale et celui de la justice enfin faite à la voix des femmes. Anne Sylvain, Valérie Bauchau, Céline Delbecq et Blanche Van Hyfte incarnent à la perfection les quatre cariatides de cette magnifique pièce épique et polyphonique, porteuses d’un monde nouveau. Toutes de condition plutôt  modeste - l’une sait à peine lire - créent lors du travail éreintant et insalubre dans cette usine d’obus, du lien indélébile, malgré leurs différences très marquées  qui vient nous  remuer au plus  intime… cent ans après.  Et c’est la création même  de ce lien qui libère la parole ! Enfin. 

Cette pièce est  donc un pavé dans la mare des adeptes du déni des femmes et au fur à mesure la dramatisation  se construit mot après mot, une sorte de cathédrale d’échos, d’appels, de rêves, de joies et de larmes  que nul ne peut désormais oublier. L’objectif pédagogique de l’auteur est pleinement atteint. Qu’il soit remercié ! 

 Quant à l’interprétation dramatique des quatre comédiennes, vivantes, charnelles et attachantes,  elle est à son zénith.  Chaque nouvelle vague de parole qui se déploie dans ce  lieu qui sent l’huile, le métal surchauffé, la sueur et le danger, ou la courette ensoleillée où les ouvrières respirent quelques instants sur le chemin des toilettes,  nous touche et nous émeut profondément dans leur splendide diversité. Jeanne : « Tu crois que c’est drôle, toute la journée, coudre des robes noires ? » Rose : 500.000 femmes … ensemble. Mais pourquoi faire ?  Tu crois qu’on l’aurait votée, toi la guerre ? Louise : une guerre ça ne se vote pas, ça se déclare. Julie, face au public : A quoi as-tu pensé ? Ta dernière, ta toute dernière pensée ? Celle qui restera dans tes yeux ? Et dans ta bouche, mon nom est-il resté ? 

 Le public est embarqué dans les rêves de ces femmes aux malheurs en cascades, et impliqué dans la lente organisation de leur combat. Le texte est d’une justesse de ton extraordinaire, en diapason total avec l’accompagnement musical émouvant de  l’homme silencieux (Jean-Philippe Feiss) qui joue sans discontinuer du violoncelle sur scène. Image de paix surréaliste, au milieu de ces planches bouleversantes. Les pulsions musicales subliment le texte et l’entoure d’un amour ineffable. A se demander qui induit l’autre, la mélodie ou le texte joué. Une communion parfaite dans laquelle on se perd et on s’abandonne. Le symbole de l’homme absent ?   

De cette première guerre mondiale, mère de toutes les atrocités, Michel Bellier fait  surgir une lumière, un bienfait fragile mais  toujours en construction : la parole des femmes et le mot liberté. Le mélange intime du travail de mémoire et du travail  d’avenir est nécessaire afin que les  immenses sacrifices consentis ne se perdent pas dans les sables de l’oubli ou du déni.  La construction progressive du récit dans une langue fluide et vivante est d’un équilibre parfait : pas un mot à retirer ou à suppléer.  Michel Bellier  semble porter en lui l’amour de toutes les femmes, et  aussi celui des jeunes générations auxquelles ils consacre une bonne partie de son temps en parcourant les écoles avec ses productions porteuses de sens. Est-il sur les pas du merveilleux romancier Gilles Laporte, l’écrivain Vosgien qui a consacré une grande partie de son œuvre à un engagement inconditionnel en faveur de la reconnaissance de la Femme dans la société ? On  y retrouve le même souffle de vérité que dans le  roman « Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France », ou  l’autre « Des fleurs à l’encre violette ». Cette modeste pièce oh combien bienfaisante, en a les accents  et participe de la même puissance sismique. Et tout cela… nous ramène à l’héroïne entre toutes : Marie Curie! 
  

 
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AU JOUR LE JOUR...

Chaque jour est un mondeJe peux m'y égarerEt d'humeur vagabondeJ'y veux ma vie... trouver!Chaque nuit attend l'aubeEt je sais m'y tapirEt puis être en maraudePour voir le ciel rougir...Chaque demain est un leurreY serons-nous encore?Et que sonnent les heuresElles auront toujours tort!Chaque hier est partiAu point de non retour...Il n'est qu'un parti prisC'est accueillir le jour..!J.G.
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Le réveil a été difficile. JGobert

Le réveil a été difficile. Sortie de son sommeil par une porte qui grince et une lumière qui s’allume brutalement. Elle est réveillée rudement chaque matin. Son cœur se crispe et tremble. La journée va être de nouveau un lourd fardeau à occuper.Le temps a passé trop vite et laissé un goût étrange d’épreuves renouvelées. Chaque jour amène son lot d’incompréhension. L’habitude ne fait rien à l’affaire. Toujours, elle saigne de cette dureté quotidienne.La maison la rassure, l’enveloppe d’un doux cocon qui lui rend presque le sourire. Elle est seule et reste un moment dans ses pensées les plus sombres. Toujours recommencer le processus du départ. Dans sa tête, les choses se mettent en place. Faire sa valise. Prendre le chien. Partir enfin.Mais la maison la prend dans sa tendresse et veut la garder. Tu es chez toi. Tu as tous tes souvenirs. Ta vie est ici. Pourquoi partir.Et encore une fois, après avoir fait le tour de son épreuve, elle s’apaise, s’adoucit un peu. Plus jeune, les larmes venaient facilement et aujourd’hui, plus dur qu’hier, elle sent néanmoins ses paupières se gonfler et retient difficilement les perles d’eau qui, malgré elle, s‘échappent et tombent doucement sur ses joues. D’un geste sûr, elle les essuie.Son vieux compagnon à quatre pattes la regarde et qu’un geste familier vient poser son museau sur son bras. Pauvre maitresse que la tendresse étouffe dans cette solitude.Lui aussi lui dit : pars, pars sans moi. Va-t’en ! Non, reste, reste avec moi, à nous deux, c’est plus facile.Les choses se lient contre elle et le quotidien revient vers elle. Ses préoccupations, ses obligations lui rappellent son emploi du temps. Le téléphone sonne. Sa voix s’adoucit, se fait douce et reprend le timbre du bonheur. Tout va bien.La raison aussi a donné son avis. Cette voix qu’elle n’écoute plus et qui lui dit : tu dois partir, arrête cette mascarade et trouve un peu de tendresse autre part. Hélas, elle n’y croit plus à ce bien-être, il est trop tard.La maison s’anime enfin. La cafetière pétarade, la machine à laver, programmée, s’est mise en route. Les bruits familiers l’entraînent dans ce monde où rien n’est facile. L’odeur du café la réconforte un peu.Il est parti jusqu’à ce soir…
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En ce jour paisible

 

Haïkus

Rue ensommeillée

tendresse de la lumière

espace attrayant.

...

Partout de l'or jaune

déposé en abondance

érables superbes.

...

De fin mimosa

sous les rayons du soleil

la haie semble jeune.

...

Victimes passives

locataires des jardins

en métamorphose.

...

Attendrissement

pétales couverts de rouille

fin des oeillets d'Inde.

...

Énergie tranquille

harmonie pénétrant l'âme

saveur de l'instant.

...

6 novembre 2014

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mes fantômes

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Je voudrais que le beau temps revienne.

Je voudrais moins d’incertitude.

Je voudrais pourtant y croire.

Je voudrais fuir ces orages.

 

Le voudrais-je vraiment ?

 

Je voudrais que vous fuyiez mes rêves.

Je voudrais que le temps les emporte.

Je voudrais qu’ils s’échappent de ma mémoire.

Je voudrais ne plus y penser.

 

Le voudrais-je vraiment ?

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Donner la vie,

 

La mère en donnant naissance à un être,

ne fait qu'offrir à celui-ci, la possibilité d'enlacer,

de s'approprier la vie,  donc de se la donner lui-même.

Ce qui peut signifier, qu'en fonction du climat

et du potentiel familial,

il sera plus ou moins aisé à l'enfant d'y parvenir.

Le sourire d'une mère, son étreinte,

sont des entrebaillements

en direction du monde vivant  ;

à l'enfant d'élargir ou non cet espace,

pour s'aérer le corps, l'esprit,

de rencontrer les autres, de les toucher,

de ressentir le vivant, de s'en émouvoir, s'en réjouir.

A lui aussi de s'inventer un peu lui-même,

donc de grandir de l'intérieur,

d'y planter des petites graines de folie "douce",

pour y acceuillir l'autre, le recevoir, échanger ;

de cette manière la vie,

ne se fabrique t-elle pas un peu ,

ou plus précisément,

ne lui donne t-on pas une certaine forme ?

La vie est une matière formidable,

pour chacun de nous "notre vécu, notre histoire".

Ne serions-nous pas alors,

les artisans de nous-même.

A méditer ......

 

NINA

 

 

 

 

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Soliloque sur le découragement

 

La fatigue et le découragement sont parfois si étroitement liés que l’on ne saurait distinguer la cause de l’effet.

On peut se sentir affaibli et en perte d’énergie alors que l’on couve une maladie ou que l’on vient à peine d’en sortir.

La convalescence permet de reprendre confiance et de faire des projets mais si elle perdure, il peut s’en suivre de l’impatience ou de l’inquiétude.

Les raisons de se décourager sont nombreuses. Des efforts appliqués continus ou répétés qui aboutissent à un échec entraînent une fatigue que teinte le mécontentement ou parfois la tristesse. Un espoir devenu, une quasi certitude, et qui sombre dans l’impossibilité de se réaliser peut être la source d’une langueur plus ou moins durable. Un travail achevé qui ne porte pas fruit incite à l’inactivité au fameux: à quoi bon!

La passivité à laquelle on associe le découragement ne survient pas toujours à la suite d’un échec.

Le hasard a bien des façons de nous désenchanter et de nous laisser temporairement sans ressort.

Il arrive parfois que la sagesse acquise qui engendre la liberté d’esprit et la sérénité ne puisse pas venir à bout d’un engourdissement désagréable dont l’origine reste incertaine.

Plaire est une jouissance pour certaines personnes qui s’y sont longtemps appliquées.

A la fin de leur existence, elles y renoncent avec regret si elles se sentent démunies.

Elles ont alors tendance à se laisser-aller à la langueur, surtout si leur atout principal tenait à leur beauté physique, ou peuvent demeurer sereines si leur esprit les rend toujours d’une approche agréable.

De Ferney, en mai 1970, dans une lettre adressée à Mme Necker, Voltaire devenu vieux mais

se sentant un coeur de vingt-cinq ans se dépeignait ainsi:

« Mes yeux sont enfoncés de trois pouces, mes joues sont du vieux parchemin mal collé sur des os qui ne tiennent à rien; le peu de dents que j’avais est parti. Ce que je vous dis là n’est point coquetterie ».

Il aurait pu ajouter, sans doute, ce que je vous dis là est découragement.

Relativiser les maux qui nous chagrinent est un remède d’une efficacité certaine.

On devrait pouvoir se plaindre des outrages du temps, avec humour, en se félicitant de demeurer en vie.

Les ressources de l’esprit et l’exaltation que cause la vue des choses belles permettent de conserver une énergie, qui diminue les effets des déceptions inévitables .

 

 

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Colère

La colère dans le ciel de novembre.

Des nuages noirs, denses qui s'entrechoquent

Un volcan proche de l'éruption.

La lave brûlante qui coule dans les veines.

La colère qui noue, qui ferme le cœur, le corps.

La colère au fond de soi comme une lionne tapie derrière les hautes herbes,

prête à bondir.

L'énergie folle pour la dompter.

Pour continuer à vivre, à sourire.

Des mots qui tournent en boucle dans la tête.

Des mots qui ont blessé, qui ont provoqué cette fureur.

Comment sortir de cet enfer?

Lâcher la lionne?

Rugir à faire trembler les murs?

Déchirer le silence?

Cracher des mots que personne n'a envie d'entendre?

Simplement déposer cette colère sur du papier.

Pour essayer de trouver un peu d'apaisement...

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Enfermée II JGobert

Enfermée dans cette pièce malodorante, malsaine, l'existence n'a plus le même piquant. La vie facile a viré au cauchemar. Loin de penser qu'un jour, elle se retrouverai dans une cellule, elle a joué, elle a perdu. Par toutes ses magouilles, elle a fini par attirer la foudre, la colère des hommes.
Etre entre deux gendarmes lui a révélé combien, à cette minute précise, la liberté est importante. Conduite les mains attachées dans le dos, dans un local décrépit, sale, lui laisse un goût amer dans la bouche, un véritable dégoût.
Enfermée, les heures s'égrainent et le temps prend soudain un chemin sourd, sa voix s'estompe dans l'enfermement.  Plus personne ne l'écoute, ne répond à ses questions. Elle attend sans trop savoir son devenir. Elle se perd dans ce labyrinthe de lois. Elle a peur.
Des hommes passent, pleurent les mains dans le dos. Leurs yeux ont perdu l'éclat du dehors. Certains marchent comme des automates devenus craintifs. Ils obéissent à d'autres hommes. Ils sont condamnés à vivre dans un bâtiment clos. 
Enfermée dans cette aile de femmes, son installation n'a pas été facile. Depuis quelques jours, elle partage son intimité avec une détenue qui ne l'apprécie pas beaucoup. Elle la déteste et sont maintenant face à face dans cette pièce fermée.  La conversation est nulle et chaque geste est difficile. Chacune reste sur son territoire aussi petit soit-il. Le partage des tâches est odieux mais doit être fait. Même son sommeil n'est pas tranquille. Elle dort à peine avec cette femme près d'elle.
Enfermée, au début de son incarcération, elle a exigé beaucoup. Voir son avocat. Avoir quelques objets personnels. Prendre des nouvelles de sa famille. Mais ses supplications sont restées sans effet. Elle a demandé à avoir du coca.  Hélas, il faut de l'argent pour se satisfaire en prison. Elle attendra des jours meilleurs.
Cette cellule d'un jaune sale la déprime de plus en plus. l'ampoule qui l'éclaire est à bout elle-aussi et le bruit du loquet la fait tressaillir. Ce lit en fer avec cette infâme matelas ne la satisfait pas non plus. Reste une petite ouverture sur la lumière du jour et de la nuit qui ne lui est pas accessible. 
Enfermée, elle se prend à rêver à ce ciel qu'elle n'a jamais regardé, remarqué, trop occupée à faire ses coups foireux. Dehors, son besoin de liberté ne l'a jamais préoccupée. La vie était facile. Elle avait la chance avec elle. Elle ne pensait pas au mal qu'elle faisait par ses agissements délictueux mais bien réels.
Enfermée, elle connait aujourd'hui le sens de ce mot.  Assisse sur son lit, elle voit partir cette femme peu loquasse qui lui adresse un sourire de défi, malveillant. Elle en tremble.
Elle a revu son avocat. Elle a eu des nouvelles de sa famille. Elle ira au procès. Elle fera sa peine et si elle se comporte bien, elle aura une remise de peine.
La liberté n'aura plus le même sens, la même saveur, le même charme. Elle sera précieuse.
Enfermée, elle a appris beaucoup sur la vie, la valeur des choses, la sagesse.

Ce séjour ne sera pas vain, c'est ce qu'elle dit. 

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Hommage reconnaissant

 

À Monsieur François Hollande, président de la république française.

L'histoire évalue les mérites

Porte un lucide jugement.

Les contemporains, eux hésitent.

Ou se laissent abuser, souvent.

Les Français ne connaissent pas

Quelle est la fonction essentielle,

Confiée au chef de l'état,

Par leurs lois constitutionnelles.

La séparation des pouvoirs

Établit les différents rôles.

Votent par choix ou par devoir,

Ceux qui ont droit à la parole.

Tous les élus sont animés

Par le désir de bien servir.

Ils essaient de se faire aimer.

Leur rigueur peut les desservir.

Je veux vous rendre un humble hommage,

Vous dire grandement merci.

L'ingratitude décourage

Or vous relevez les défis.

La France reste mon pays.

J'aime son ancienne culture.

Ses grands poètes m'ont ravie.

Que son humanisme perdure!

Montréal, mardi 4 novembre 2014

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