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12273059297?profile=originalLa Règle de la communauté, appelée «Manuel de discipline» par les éditeurs, est l'un des premiers grands manuscrits découverts à Qumran en 1947 (trad.française in A. Dupont-Sommer, Les Écrits esséniens découverts près de la mer Morte, Paris, 1959). Une recension pratiquement intacte en a été trouvée dans la grotte I. Il en existe aussi, venant de la grotte IV, des fragments qui représentent un texte bien plus pur. Le grand manuscrit comprend cinq feuilles de parchemin avec onze colonnes de texte. On possède deux annexes à cette Règle, retrouvées par fragments dans la grotte I; on les appelle: la Règle de la congrégation et les Bénédictions.

L'ouvrage comprend cinq parties. Titre et introduction (I, 1-15). En deuxième lieu, la description de la cérémonie de l'entrée dans l'Alliance (inspirée du Deut., XXVIII-XXX) et du rituel du renouvellement de cette dernière (I, 16-III, 12). La troisième partie, doctrinale (III, 13-IV, 26), présente l'histoire du monde comme dominée par la puissance des deux Esprits, l'humanité étant partagée en deux, les Fils de ténèbres et les Fils de lumière. Vient ensuite une série de prescriptions: organisation intérieure et vie de la communauté; châtiments à infliger pour toutes sortes de fautes; puis des éléments eschatologiques qui expliquent le rôle sanctificateur du groupe vivant dans l'attente messianique (V, 1-IX, 11). La dernière partie (IX, 12-XI, 22) contient des développements sur le calendrier (le même que dans le Livre des jubilés et les Livres d' Hénoch) et sur la pureté légale; et des résolutions pratiques sous la forme d'une longue composition hymnique.

Les genres littéraires de la Règle sont divers et se répartissent selon les sections de l'oeuvre. Familiers au judaïsme contemporain, ces genres ne sont pas propres aux auteurs de Qumran; mais ils trouvent ici une tournure originale globale qu'ils doivent à la qualité intrinsèque de la Règle, l'un des premiers essais connus de réglementation d'une vie monastique. L'unité d'inspiration est cependant sauve. L'auteur se fait l'écho incessant de la Bible, bien qu'il la cite rarement telle quelle. Beaucoup de passages ne sont qu'une mosaïque de textes bibliques adaptés et modifiés. On a affaire ici à une synthèse religieuse très biblique qui, à la différence du judaïsme traditionnel, donne autant de place aux grands prophètes d'Israël qu'à la littérature considérée comme étant de Moïse.

D'une foule de données internes (quinze membres suffisent pour que la communauté soit représentative; le départ de l'élite dans le désert est présenté comme une mission future; les bâtiments communautaires de Qumran n'étaient pas encore construits; l'allusion aux sacrifices cultuels montre que l'on ne s'était pas encore désolidarisé du Temple; etc.), il ressort que la Règle reflète un état encore embryonnaire de la communauté de Qumran. Peut-être s'agit-il du texte le plus ancien de la fraternité, qu'il faudrait situer avant la persécution du Maître de justice - personnage tenu par plusieurs comme l'auteur ou du moins l'inspirateur essentiel du document - par le Prêtre impie. D'aucuns y voient même le projet à partir duquel se serait ensuite constituée la communauté. Dès lors, la première rédaction serait à situer avant la persécution des pharisiens et probablement du Maître de justice et des siens par Alexandre Jannée (~ 103-~ 76).

La visée théologique de la Règle est éminemment communautaire. La communauté représente Israël; elle constitue le «reste d'Israël», seul groupe fidèle. Les prêtres y ont les fonctions prédominantes: on se rattache à Sadoc par une interprétation souple d'Ézéchiel XLIV, 15. En revanche, aucune allusion n'est faite à la descendance davidique ou à la fonction royale. La Règle se situe directement dans la perspective d' Ézéchiel: dans sa description du nouveau peuple postexilique, ce dernier omet en effet la place du roi à l'avantage d'un prince dont la fonction, diminuée, laissera toute la primauté au culte et au sacerdoce.

 

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L'anneau symbolique

 

 

Songerie

 

Tout humain, parce qu'il vit en société, se comporte selon des normes acceptables et ne peut enfreindre les lois morales, qui deviennent d'ailleurs exagérément permissives.

Certains s'acceptent tels qu'ils sont d'autres essaient de contrôler leur nature. Or les instincts sont difficilement modifiables.

Les célibataires qui n'aliènent nullement leur liberté d'action sur le plan affectif peuvent changer de partenaire à leur guise ou entretenir plusieurs relations amoureuses en un même temps de leur vie. Ils aiment différentes personnes pour leurs talents et ne se sentent pas coupables de satisfaire les plaisirs qu'ils prennent dans leurs multiples relations.

Les conjoints qui s'aiment deviennent-ils pour autant insensibles à l'attraction qu'exercent des êtres que le sort a mis sur leur chemin? Il semble bien que ce soit impossible.

Ils ont un choix à faire: renoncer à la tentation de joies intenses prévisibles ou au contraire la satisfaire.

Peu d'hommes optent alors pour le seul bonheur quotidien. Les autres se sentiront passagèrement comblés.

Le mensonge devient habituel pour l'infidèle qui n'ose pas avouer à sa moitié le sentiment qu'il ressent aussi pour une autre personne. Son manque de sincérité lui cause parfois du désagrément.

Chacun n'a qu'une vie, faite de joies et de souffrances. Les vertueux et les libertins finiront avec

ou sans regrets, soumis aux lois odieuses conduisant au trépas.

Lors ce soir, je souris en pensant à l'intolérance qui empêche d'admettre qu'un anneau

symbolique n'a pas la fonction d'une laisse.

Mais, en même temps, je m'étonne.

19 novembre 2014

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Promesse

 

Doux ami

Ma plus jolie lettre d’amour

Sera celle que j’écrirai

Quand ce qui doit nous arriver,

Peut-être nous surprendre encore,

Sera certes, bien terminé.

Ma dernière lettre d’amour,

N’aura pas de traces de pleurs

Mais d’heureux émois ranimés,

Parfumés des douces saveurs

Que nous recevons certains jours.

Lors, je glisserai sous ses plis,

Quelques clochettes de muguet,

Ravissantes gouttes de joie,

De la tendresse à conserver

Qui jamais ne se fanera.

Ma plus jolie lettre d’amour!

9 mars 1988

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«La mélancolie errante»

 

 

Élégies juives

 

Au son des violons, un message de vie.

- Si la mélancolie t’incite à la paresse,

Lève les bras, balance les épaules et danse!

Avec ton âme danse, sous la voûte céleste.

Léger, en liberté dans la pleine lumière,

Les bras levés, les épaules mouvantes, danse!

Laisse monter en toi la vibrante énergie.

Puis, restant en éveil, accueille le silence,

Pour les choses du coeur et de l’intelligence.

19/8/91

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en Art une petite boutade

En art, j’ai l’âge de me faire appeler maître, mais plus celui de me faire appeler maîtresse,
Je ne suis pas un homme mais une femme, ce qui en politique me servirait beaucoup,
Je ne suis ni étranger, ni homosexuelle,
Je ne fais pas partie de l’intelligentsia française,
Je ne suis pas la femme de… ni la fille de … ni de la famille de…
Alors que reste t-il ?

Et bien, l’honneur d’être et de devenir un grand peintre, quand je ne pourrai plus voir ce que je serai devenue. Une chance, non ?

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LE PLEIN BONHEUR !

Do,

un enfant endormi sous un pommier en fleurs,

ré,

un petit âne gris dans un pré vert,

mi,

un bol de lait posé sur une table de jardin,

fa,

un bouquet de coquelicots confectionné par l'enfance,

sol,

une corde à sauter bleue et rose dans une main minuscule,

la,

un lilas blanc dans un vase transparent,

si,

une tristesse bleue en plein soleil,

Do,

l'éveil d'un enfant, ses premiers pas.

Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do,

La joie de vivre tout simplement.

 

NINA.

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Monologues

 

A mon amie Adyne

Bien faire ou ne pas faire

Je vois mon voisin qui s’affaire.

Chaque jour, il a fort à faire,

S’appliquant à faire et défaire

Ayant le désir de parfaire.

Le plus souvent, moi je fais faire

Pour ne pas avoir à défaire.

Dehors, j’apprécie ne rien faire,

Sans aucun souci à me faire.

Pour pleinement me satisfaire,

Ce que j’ai grand plaisir à faire,

C’est flotter sur l’eau. Quelle affaire!

Le corps en croix, se laisser faire!

...

Dire ou s'interdire de dire

Certains se plaisent à prédire,

D’autres s’acharnent à médire,

Et des rancuniers à maudire.

On ne devrait pas s’interdire

D’oser combattre certains dires

Quand on pense avoir à redire.

Devenus vieux, on laisse dire,

On trouve vain de contredire

Et l’on n’ose plus se dédire.

5 juillet 2009

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Mon Cher Ami,

Ce paysage, cette ville, ce jardin,

prennent l'apparence,

d'une fin de monde ;

ce moment si étrange,

 entre le jour et la nuit.

Il s'agit là, d'un entre-deux apocalyptique,

 dénué de toute violence,

plein de douceur,

où chaque voix, chaque pas,

échappée ou posé,

sont ouatés et mesurés.

Ici et là,

se ferment des roses noires,

se lovent, se pelotonnent des chatons blancs,

puis dégringole sur ma joue pâle,

 ce grand chagrin de vous !

Cet entre-deux furtif et suave,

ne dure que le temps d'un claquement de doigts ;

la vie entière d'une femme, d'un homme ....

Savez vous, que lorsque j'ouvre ma bibliothèque,

y jaillissent des rires d'enfance, des bouts de soleil ?

Ceci, me rend infiniment joyeuse.

A l'instant où je vous écris ces quelques lignes

fort modestes, la Blue note dans le ciel

 sombrement invisible, chante,

éclaircit déjà le seuil de la nuit.

NINA

 

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Une pause prolongée

 

(Haïkus)

Décor sans brillance

page de ma rue mouillée

tapis enneigés.

...

Fond blanc sans limites

squelettes de fer forgé

géantes sculptures.

...

Tableau qui s'anime

tombe une pluie sans éclat

pas le moindre bruit.

...

Lumière filtrée

morosité qui persiste

l'âme se repose.

...

Ni joie ni tristesse

harmonie non perturbée

douceur de l'instant

....

17 novembre 2014

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La saveur du temps JGobert

Que dire sur le temps qui reste. Dire que je l’aime. Que je veux le garder. Que j’en veux encore et encore. Reprendre les paroles de Reggiani et en faire une chanson.

Que cette dimension du temps a pris une saveur exquise depuis l’arrivée sur terre d’un petit bout d’humain au joli minois. Que tout tourne dorénavant autour d’elle et cet avenir qu’elle me crée avec douceur me remplit de bonheur. Elle le conçoit enfantin, malicieux avec délicatesse, ce lendemain qu’elle installe et façonne à sa manière.

Tout ce temps perdu, occupé à des luttes, des combats, des batailles parfois vains pour garder haut et digne le respect de la vie. Ce temps employé à chercher la fortune, la gloire et à combler ce besoin de richesse. Ce temps consacré à se fabriquer une place enviable dans la société avec ce masque de clown que l’on a si bien travaillé et qu’un jour, il faut laisser tomber.

Cette saveur du temps que mille pensées ont combattue, parfois consciente du bien ou du mal.

Mais depuis peu, le temps a pris un autre chemin, celui qui est et qui m’oppresse. Qui m’oblige à bouger, remuer, respirer plus vite, aller venir pour ne plus en perdre une miette. Ce temps changé en saveur. Ce temps devenu si précieux, inestimable, irremplaçable, que j’aime tant.

Qui ne m’entrave plus dans de stériles batailles de pouvoir, d’orgueil.  Qui rend banal les querelles que cherchent certains hommes ou femmes pour asseoir une notoriété si fragile, une gloire si éphémère qui ne fait que passer et mourir.

Cette saveur du temps, qui collée à moi, s’endort tendrement et me paralyse, me bloque sur moi-même et aucun mouvement ne vient la déplacer le temps d’un moment.  Ce temps si précieux qui m’appartient tant.

 

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12273057287?profile=originalSauvage : dessus-de-porte en grisaille de la salle à manger de l'Empereur (palais de Compiègne).

Piat Joseph Sauvage (1744-1818) est un peintre belge oublié. Dessinateur habile, portraitiste apprécié, il se fera connaître comme peintre de cour, d'abord à Bruxelles, puis à Versailles auprès de Louis XVI. Mais c'est comme décorateur, maître du trompe-l'oeil en grisaille qu'il retient surtout l'attention. Il ornera ainsi la chapelle du château de Saint-Cloud, le théâtre de Chantilly (tous deux détruits à la Révolution), les palais de Fontainebleau et de Compiègne, la cathédrale de Tournai, sa ville natale.

Offrons-nous une digression. Pour mettre la peinture en général, le trompe-l'oeil en particulier, en perspective, il faut bien remonter à l'Antiquité...

12273057501?profile=originalPiat Joseph Sauvage : Anacréon

(poète grec ; dessus de cheminée de la salle à manger de l'Empereur, Compiègne).

Pour Parrhasios "la ligne de contour doit à la fois se clore sur elle-même et aller en mourant de manière à faire croire qu'il y a autre chose derrière, à montrer aussi ce qu'elle cache..."

... et le meilleur cicérone pour cela reste bien Pline l'Ancien.

Le vieux magister nous rapporte tant d'anecdotes... comme celle opposant Zeuxis (ca -464/-398) à Parrhasios (ca -460/-380).

"Zeuxis avait peint des raisins, avec un tel bonheur qu'attirés, des oiseaux volèrent à tire-d'ail vers l'estrade du peintre."

Magistral tour de passe-passe qui laisse bec bée.

Devant un tel miroir aux alouettes, Parrhasios ne se laissa pas démonter. "Alors Parrhasios représenta un rideau si exactement que Zeuxis, que le verdict des oiseaux avait rempli d'orgueil, perdant patience, demanda qu'on enlève ce rideau pour montrer enfin le tableau ; quand il eut compris son erreur, il accorda la victoire à son rival avec une noble humilité, parce que, s'il avait fait illusion aux oiseaux, Parrhasios, lui, avait fait illusion à l'artiste en personne !" Mais Zeuxis n'en resta pas là. "Il peignit par la suite un petit garçon portant des raisins ; là aussi, les oiseaux vinrent voleter tout près et Zeuxis, furieux contre son oeuvre, s'avança solennellement et déclara qu'il avait mieux peint les raisins que le petit garçon car s'il l'avait rendu à la perfection, sa présence aurait dû faire peur aux oiseaux."Il faut croire pourtant que Zeuxis ne fit pas piètre figure car, lorsqu'il représenta la belle Hélène, Aristide put écrire : "C'est la même chose d'avoir peint cette Hélène que pour Zeus de l'avoir engendrée."

Avec sa gueule de peintre grec, l'orgueilleux Parrhasios, qui peint un "Hoplite courant au combat qu'on croit voir transpirer et un Hoplite rendant les armes, qu'on croit entendre haleter", est décidément un lutteur vindicatif :

"Dans un concours de peinture qui avait eu lieu à Samos, sur le sujet suivant : Ajax et le jugement des armes, Parrhasios, classé second derrière Timanthe, se plaignit de souffrir à l'instar du héros parce que c'était comme si, une nouvelle fois, en sa personne, Ajax avait été vaincu par un homme qui ne le valait pas."

Cruelle incertitude de l'art... Derrière le tableau se cache la vanité.

Autre maestro du 4e siècle avant Jésus-Christ, Apelle de Cos.

"Apelle a peint des portraits d'une ressemblance si parfaite que le grammairien Apion, dans un texte, explique que des spécialistes de la divination par le visage pouvaient, en les voyant, dire le nompbre d'années qu'il restait à vivre aux modèles ou la durée de leur vie, s'ils étaient morts." Voila qui est visionnaire, qui range la peinture au rang des arts divinatoires... Trompe-l'oeil et trompe-la-mort ! trop fort !

Apelle, "c'est lui aussi qui exposait ses oeuvres achevées à la vue des passants, sur une terrasse : dissimulé derrière un tableau, il les écoutait parler des défauts qu'ils leur trouvaient, estimant que le public était meilleur juge que lui-même. On raconte qu'un cordonnier, un jour, blâma l'oubli d'une lanière sur la face interne d'une sandale d'un personnage. Apelle corrigea l'erreur. Le lendemain, enhardi par l'efficacité de sa première intervention, l'homme émit une critique à propos de la jambe. Alors Apelle bondit de sa cachette et indigné, déclara à son détracteur qu'"un cordonnier ne devait pas juger au-dessus de la sandale."" Expression devenue proverbiale.

Il est temps de retomber sur nos pieds pour revenir à Piat. Chassez le Sauvage il revient à la galerie et aux grisailles.

La grisaille, connue dès l'Antiquité pour imiter le marbre, atteint des sommets dans l'illusion optique aux revers des retables, notamment chez Van Eyck. Volets refermés, formant diptyque, le fidèle peut s'y recueillir comme devant des statues.

Ces camaïeux de gris renaissent avec Jakob de Wit (1695-1754) et connaissent une grande vogue sous forme de bas-reliefs imitant la sculpture à la perfection, mais remplaçant souvent des tapisseries démodées.
De Wit introduisit ainsi les witjes (blancs) dans de nombreux monuments. En France particulièrement, on ne compte plus dessus-de-porte, trumeaux et panneaux ainsi décorés.

12272930477?profile=originalDessus-de-porte (château de Champs-sur-Marne ; Christophe Huet ,1700-1759, ?).

A la suite de De Wit s'illustreront Marten Josef Geeraerts (1707-1791), Piat Joseph Sauvage donc, qui fut son élève, Dominique Doncre (1743-1820), maître de Louis-Léopold Boilly (1761-1845), peintre et graveur, qui inventa aussi des instruments d'optique et des vernis, Nicolas-Guy Brenet (1728-1792)...

Sans oublier Jean Siméon Chardin (1699-1779). "Ce Chardin pourquoi prend-on ses imitations d'êtres inanimés pour la nature même ? C'est qu'il fait de la chair quand il lui plaît.", Diderot.

Ou Jean-Baptiste Oudry (1686-1755). "Vous souvenez-vous de deux bas-reliefs d'Oudry sur lesquels on portait la main ? La main touchait une surface plane ; et l'oeil, toujours séduit, voyait un relief ; en sorte qu'on aurait pu demander au philosophe lequel des deux sens dont les témoignages se contredisaient était un menteur." (id.).

Grisailles. Modulant les ombres et les lumières, perspectives, contrastes et clair-obscurs, pour donner à ces monochromes des jeux qui troublent nos sens.

Soulages, à sa manière, saura s'en souvenir. Outrenoir... gardons également en mémoire que Zeuxis "peignit aussi des monochromes blancs."

Quant à Sauvage, issu d'un milieu ouvrier, sa situation enviée de peintre de cour ne le détourna pas des idées progressistes qui l'amenèrent à participer activement à la Révolution.

Puis, comme Carrier-Belleuse et Rodin après lui, il travailla pour la Manufacture de Sèvres de 1804 à 1817 . Aussi je ne résiste pas à faire ce petit parallèle :

12273054258?profile=originalLes Eléments (vase, détail de la frise, porcelaine, Carrier-Belleuse et Rodin pour la Manufacture de Sèvres).

L'imitation d'un bas-relief antiquisant atteint ici sa plus belle expression.

Tous ces maîtres ont poussé si loin la virtuosité dans le trompe-l'oeil que bien évidemment on ne les voit plus ! Et ainsi, du moins pour ceux qui si sont spécialisés, retombèrent dans l'oubli ! Sauvage, pour ne prendre que lui, est passé dans le gris de l'histoire. Au mieux cité, ce fils de vitrier est aujourd'hui complétement opacifié. Il fallait bien le réhabiliter un peu.

Bon... je me suis égaré en route, emboîtant les époques dans des histoires à tiroirs. Mais après tout, sur un tel sujet n'avais-je point licence de construire ce billet en trompe-l'oeil ?

12273057686?profile=original

Michel Lansardière (texte et photos).

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FIN DE SAISON

Déjà s'inanime l'aube,

tombé d'un rideau bleu,

en cette fin d'automne,

les feuilles font toutes ensemble,

bruirent  de vagues baisers,

sur la chaussée encore dissimulée.

Tout près, un oiseau noir,

signe sa présence,

 en émettant dans l'air glacé,

 un guttural chant,

annonciateur d'un dimanche de pluie,

de brume et de sommeil ;

ombre minuscule, tournoyante,

un peu lourde !

Dans ma chambre claire,

je resterais donc,

entourée de lainages,

à vous écrire seule,

ma saison intérieure,

 à la vôtre assemblée.

Je voudrais être parfois,

ce ballon tout vert,

s'envolant à jamais,

 dans un ciel hivernal,

étincelant et bleu-chaud.

Sans vous,

mon cœur ne serait

que neige,

avec ou sans soleil !

NINA

 

 

 

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L'hiver s'ra chaud!

Vous êtes prêts pour l'hiver.

Comme l'écureuil, vous avez fait des réserves.

Mais avez-vous pensé à tout?

Savez-vous qu'il est possible de faire des réserves de bonne humeur et de joie de vivre?

Tout le monde le sait, une journée sans rire c'est une journée perdue!

Faites une réserve de mots drôles, ce n'est pas compliqué!

Une journée sans rire, sans chanter, sans danser c'est une journée triplement perdue!!!

Chez soi tout est permis...ou presque. Pensez aux voisins!

Dansez!

De préférence sur des musiques du sud, chaudes et sensuelles.

Chantez!

Vous chantez faux? On s'en fout!

Et quand vous sortez, ne laissez pas votre sourire en réserve!

Quand on a la chance d'avoir un chez soi chauffé,

on peut être cigale toute l'année!

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Lettre à l'ami retrouvé

 

Je pense à toi, ou bien à vous,

Car il arrive que l’on joue

À vouvoyer ceux que l’on aime,

En se prenant au jeu soi-même.

Mais ce plaisir est démodé.

On tutoie pour accommoder,

Pour ne pas paraître pédant.

Mais sans tendresse, cependant.

Je t’ai vouvoyé à l’époque,

Qu'aux jours de nostalgie j'évoque.

Tu étais pourtant mon ami.

Et déjà tout était permis.

Je t’ai tutoyé en silence,

Durant ton obsédante absence,

Puis vouvoyé dans les sonnets

Que je t’écrivais chaque année.

Pensées et vœux d’anniversaire,

D’une âme aimante, solitaire.

Tu les liras, avec émoi,

Certainement, plus d'une fois.

30 juin 2008

 

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Mascarade JGobert

Se déroulent parfois des scènes étranges où se mêlent des hommes sournois, accoutrés d’un déguisement qui les cache, les dissimule de leur véritable vérité.  Ils se posent autour du pouvoir pour mieux le contrôler et en font un jeu de dupe. Une comédie, un divertissement qui rend la vie stérile et sans lendemain. Ils possèdent ainsi les rênes d’un ordre fantomatique qu’ils dirigent d’une main de fer et en font une cavalcade ridicule où personne n’est ingénu mais où personne ne bouge.

Comédie d’un autre temps où règnent toujours des despotes sanguinaires, ces pays meurent d’un manque d’oxygène, d’air pur, de liberté. Mascarade d’élections burlesques auxquels personne ne croit, ne résiste et laisse s’accomplir, une fois de plus, la tyrannie de certains hommes avides de pouvoir.

Ces pays, parfois dotés de bon sens, proclament fièrement leurs démocraties nouvelles à la face du monde et s’en font arrogance à mettre en doute les nôtres trop laxistes. Carnaval trompeur qui anéantit les gens de bonne volonté et les chasse du droit, qui laisse le peuple mourir d’épuisement à force de privation et de contrainte, qui détruit l’intellectuel, le sage, l’éclairé pour le rendre inopérant, vidé de sa substance.

Sous le déguisement burlesque de leur démocratie ridicule se cache, s’abrite la révolte bien vivante  qui s’amplifie et qui répandra le sang.  Bal masqué, Paillasse rit pour mieux pleurer sous son masque de tristesse. Ton peuple n’est pas naïf

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A Cappella

 

 

Quand il est recueilli, fixé sur une page,

Un instant qui me trouble y devient une image

Et puis une chanson, qui conserve vivants

Mes émois passagers vécus dans le courant.

...

L'irréversible temps n'a pas pu effacer

Les surprises sauvées intactes du passé.

En filigrane, y sont aussi des joies éteintes

Des soupçons de regret et peut-être de crainte.

...

Mon énorme journal, infaillible mémoire,

Présente des refrains, nostalgiques parfois,

Mais qui le plus souvent sont débordants de foi.

Ainsi chantée, ma vie est une tendre histoire.

...

12/04/2003

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Absence

 

Doux ami,

Ce blanc matin me rend maussade

Aucun rayon ne l’ensoleille.

Sur les orpins semblant malades,

Ne butinent plus les abeilles.

Rien ne tressaille dans ma rue,

Désertée et privée de vie.

En y laissant errer ma vue,

J’accueille la mélancolie.

Elle colore ma pensée

Qui m’apporte une certitude,

Irréfutable je le sais,

Que j’écarte par habitude.

Immobilité et silence.

Ne surgit nulle fantaisie.

C’est le temps de l’indifférence,

Vidée de toute poésie.

Il arrive qu’un oiseau passe

Et s’arrête dans mon jardin.

Alors naît un instant de grâce

Pendant qu’il picore mon pain.

Un promeneur avec des ailes

M’émeut irrésistiblement.

Je contemple cet être frêle

Qui certes vit intensément.

Lors dans l’absence qui perdure,

Des ouvrières et du soleil,

Pensive, immobile, en éveil,

Je souris et je me rassure.

9 octobre 2007

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12273056095?profile=original"La révolte des anges" est un roman d'Anatole Thibaut, dit Anatole France (1844-1924), publié en 1914. Des plus antireligieux ce livre maintient l'esprit qui s'était donné carrière dans "La rôtisserie de la Reine Pédauque".

Depuis quelque temps le bibliothécaire du baron d'Esparvieu, héritier d'une vieille lignée de grands magistrats lettrés, a constaté que des livres ont été dérobés et jetés en désordre. Un jour que le baron reçoit sa maîtresse, la belle Mme des Aubels, laquelle, nous dit l'auteur, étant femme, trouvait un grand plaisir à se déshabiller, un ange lui apparaît sous les traits gracieux d'un adolescent complètement nu. Cet ange a décidé de s'incarner sous le nom d'Arcade, pour préparer dans les salons parisiens une nouvelle révolte des esprits célestes, qu'il espère appelée à plus de succès que celle de Lucifer, Arcade est en effet plein de griefs contre Dieu, et ces griefs sont ceux qu'on trouve dans un grand nombre de livres d'Anatole France: Jéovah n'a pas créé le monde, il en a tout au plus organisé une partie, et fort mal; il "est moins un Dieu qu'un Démiurge ignorant et vain!" Un autre ange, Mirar, s'est installé au Quartier Latin: Mirar ne se soucie ni de politique, ni de théologie. C'est un artiste et, s'il se révolte, c'est par amour pour une chanteuse de café-concert. Arcade estime que le meilleur moyen pour armer la révolte est d'introduire la science humaine dans les hiérarchies célestes -et c'est pour cette raison qu'il dérobait les volumes dans la bibliothèque du baron d'Esparvieu. Un autre ange, incarné sous les traits d'une anarchiste russe, Zita, ne voit dans les projets d'Arcade qu'une stérile utopie. Par son truchement, France se livre à une critique amusée de la religion du progrès instaurée par le "courant des lumières": les sciences, affirme-t-il, ont eu jusqu'à présent bien peu d'influence sur la conduite des humains. Aucune révolution céleste ne sera possible tant qu'on ne fera point appel aux basses passions et aux instincts des natures angéliques, tant qu'on n'aura point persuadé celles-ci qu'elles seraient plus heureuses, étant libres. Le monde céleste, tel que le décrit Zita, ressemble étrangement à la société contemporaine. Il a ses ministres, ses généraux, ses dignitaires, ses petits bourgeois: la fraction la plus révolutionnaire, parce que la plus humiliée dans la distribution des honneurs et des places, est formée par les anges gardiens, "imbus des idées du siècle". Après avoir promené ses anges dans la société parisienne qu'il peint avec un art remarquable de satiriste, France les emmène consulter un ange vénérable, Nectaire, de son état de jardinier à Montmorency. Nectaire commence alors à refaire un "Discours sur l'histoire universelle", mais où le moteur ne sera plus Dieu, comme chez Bossuet, mais Satan. Cette philosophie diabolique de l' histoire, France l'avait mainte fois esquissée, en particulier dans "Thaïs". Satan devient le principe du Bien, du progrès, de la liberté, et Jéovah le principe du mal, de l' obscurantisme, de la tyrannie. Les démons n'ont cessé d'agir pour les hommes: tout d'abord sous la forme des Dieux antiques, les seuls Dieux qui furent bons, jusqu'au moment où, vaincus par l' Asie juive, le triomphe de Jahvé entraîna en Europe une effroyable régression. La civilisation faillit être perdue; fort heureusement les démons reprirent le dessus, s'infiltrèrent dans le moyen âge catholique, s'installèrent même sur la Chaise pontificale. Hélas, Luther, faisant renaître l'antique fièvre religieuse, contrignit l' Eglise à retourner à l'étroitesse et à la rigueur barbare des premiers chrétiens. Avec le XVIIe et le XVIIIe siècles français, les démons eurent leur revanche: car c'est eux encore qui animèrent cette période merveilleuse de l'humanité. Dans la Révolution, malgré ses sympathies socialistes, Nectaire-France serait assez enclin à voir un mauvais coup de Jéovah: les hommes de la Convention n'étaient-ils pas en effet des fanatiques de la vertu, le vice le plus funeste qui puisse accabler un homme d' Etat? Nectaire, qui semble décidément avoir lu les volumes de la "Vie littéraire", est à tel point horrifié par le romantisme, d'inspiration trop chrétienne, qu'ayant vu pareille folie, il décide de se désintéresser des humains et de faire retraite à Montmorency. Après de multiples épisodes, qui sont d'autant d'occasions pour l'auteur de se moquer des corps constitués, des catholiques, des bourgeois en général, la révolte des Anges échoue sur les bords de la Seine. Arcade et ses amis conviennent d'agir directement dans le ciel et d'aller prendre contact avec Satan lui-même pour le décider à la revanche immédiate. Mais Satan, qui habite sur les bords du Gange, a fini par prendre goût à la terre et ne se soucie plus du royaume céleste. Après mûre réflexions, il se laisse pourtant fléchir par les instances des anges et, au cours d'une bataille décisive, il défait Jahvé, précipité dans la Géhenne et se fait lui-même proclamer Dieu. Désormais revêtu de la Puissance absolue, Satan cesse d'être l'esprit de Liberté: sur terre, il laisse toutes les hiérarchies intactes, y compris le Pape de Rome! C'est le moment choisi par France pour nous apprendre que tout cela n'est qu'un rêve de Satan: le bon Lucifer, réveillé, met en garde ses disciples contre tout rêve de domination qui les rendrait aussitôt semblables à Jéovah, tyrans comme lui, comme lui jaloux, querelleurs, ennemis des arts et de la beauté.

Ce livre ambigu accentue encore l'évolution politique d'Anatole France: jamais l'auteur n'a mis tant de virulence et d'ironie dans ses attaques contre la religion catholique, jamais il n'a trouvé un plaisir aussi évident à ridiculiser les bourgeois bien pensants, les partis de l' ordre et de la tradition. Au terme de cette évolution, où le scepticisme conservera cependant ses droits, il apparaît de plus en plus clairement que "le fléau de la balance" penche, tout compte fait, "pour le camp de la négation, de la subversion, et finalement de la Révolution". (Henri Clouard).

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